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Le rôle des règles d’origine dans le commerce international

Par l’Administration des Relations économiques

1. Introduction 2. Notions introductives

Les chefs d’entreprises qui font du commerce sur 2.1. La notion “d’origine”
le marché international sont souvent confrontés à
une demande de preuve en matière d’origine. 2.1.1. Origine
Dans certains cas, une marchandise ne peut être L’exportateur, confronté à une demande de certifi-
importée dans un pays que lorsqu’elle est accom- cat d’origine se pose automatiquement la question
pagnée d’un certificat d’origine (les prescriptions suivante: “qu’est-ce que l’origine?”.
du pays mentionnent le certificat d’origine comme
une formalité qui doit être accomplie avant qu’un Le Petit Robert, dictionnaire de la langue française
produit puisse être dédouané). (1), décrit la notion “origine” de la façon suivante:

Dans d’autres cas, l’importateur exige que l’expor- “….


tateur lui fournisse un certificat d’origine avant de 1. Ancêtres ou milieu humain primitif auquel re-
lui octroyer une réduction ou une exemption des monte la généalogie d’un individu, d’un groupe.
droits d’importation. ➔ ascendance …. Milieu social d’où est issu
qqn. ➔ naissance …
Enfin, dans le commerce international, on a sou- 2. Epoque, milieu d’où vient une chose. …..
vent recours au crédit documentaire. Les “letters of 3. Point de départ (de ce qui est envoyé).
credit” prévoient très souvent que, pour accepter le ➔ provenance … Endroit d’où (qqch.) provient.
paiement des marchandises fournies, l’exporta- Origine d’un produit. Appellation d’origine. …”.
teur doit transmettre un certificat d’origine.
Si l’on recherche le mot «provenance», on trouve:
Origine et certificats d’origine sont donc des no- «endroit d’où vient ou provient une chose, une
tions essentielles pour le bon déroulement d’une personne, origine, - au plur. vieilli, Les provenan-
transaction commerciale avec des pays tiers. ces: les marchandises et produits importés.»

Une bonne connaissance des règles d’origine est Par conséquent, le dictionnaire n’aide pas beau-
donc indispensable pour les commerçants qui sou- coup le commerçant s’il veut savoir ce que signifie
haitent négocier des marchandises sur le marché la notion d’origine dans le cadre du commerce
international. international.

L’objectif des trois articles qui paraîtront dans «Car- Dans ce cadre, on utilise dès lors un outillage concep-
refour de l’Economie» est d’informer le “profane” tuel spécifique qui définit l’origine des marchandises.
de cette compétence spécifique du Service Politi-
que internationale tarifaire et non tarifaire de l’Ad- Lorsqu’on parle de la notion d’origine dans le cadre
ministration des Relations économiques. du commerce international, on entend le lieu où les
marchandises sont fabriquées ou produites. Il existe
Le 1er article examinera une série de concepts de dès lors un lien géographique entre un pays et la
manière à situer la notion d’origine dans le com- fabrication du produit concerné.
merce international. Le deuxième article abordera
les règles d’origine de façon plutôt générale. Il Par conséquent, si l’on dit qu’une marchandise est
abordera également la notion d’origine non-préfé- originaire de l’Union européenne, on entend en
rentielle. Le troisième et dernier article analysera réalité que la marchandise a été produite au sein
un protocole d’origine préférentielle. de l’Union européenne. L’origine de la marchan-
dise est en quelque sorte la «nationalité» de la
marchandise.

Cependant, toutes les marchandises qui ont subi


un processus de fabrication au sein de l’Union
européenne ne sont pas de ce fait originaires de
l’Union européenne.

Ministère
2 des Affaires
économiques
Tant qu’il s’agit de produits entièrement obtenus au 2.1.2. La preuve de l’origine
sein de l’Union européenne sans le moindre ajout
d’un composant originaire d’un pays n’appartenant La douane n’acceptera cependant pas l’origine
pas à l’Union européenne, l’attribution de l’origine d’un produit sans coup férir. En effet, il faut présen-
ne posera pas de problèmes ou très peu. Cela vaut ter une preuve de l’origine. Qu’entend-on par attes-
par exemple pour les produits agricoles et hortico- tation d’origine et y a-t-il différentes attestations
les, pour les produits de la pêche et les minéraux. d’origine?

L’époque où la plupart des marchandises étaient En règle générale, on peut considérer qu’une sim-
entièrement fabriquées dans un seul pays est ple déclaration du fabricant, du producteur, du
révolue. En effet, depuis la mondialisation de l’in- fournisseur ou de l’expéditeur tient lieu de pièces
dustrie la fabrication de marchandises consiste en justificatives en matière d’origine. Aussi bien, on
l’assemblage de pièces ou composants de diver- appelle cette déclaration «déclaration propre en
ses origines. matière d’origine».

Par exemple: “lorsqu’un américain achète une Dans un certain nombre de cas, il est cependant
Pontiac Le Mans de General Motors, il effectue nécessaire que cette déclaration soit légalisée.
inconsciemment une transaction internationale. Des Cela signifie que la déclaration précitée est revêtue
10.000 dollars que reçoit GM, 3.000 dollars vont à du visa de l’autorité compétente.
la Corée du Sud pour le travail de routine et
l’assemblage, 1750 dollars au Japon pour les piè- L’annexe D.2 de la Convention de Kyoto (4) établit
ces de technologie de pointe (moteurs, arbres la distinction suivante:
transversaux et électronique), 750 dollars à l’Alle-
magne pour des projets techniques, 400 dollars à a) “certificat d’origine”: un formulaire déterminé au
Taiwan, Singapore et au Japon pour des petites moyen duquel les marchandises peuvent être
pièces, 250 dollars à la Grande-Bretagne pour des identifiées et dans lequel l’autorité ou l’orga-
services de publicité et marketing et environ 50 nisme compétent pour délivrer ce certificat dé-
dollars à l’Irlande et à la Barbade pour le traitement clare expressément que les marchandises sur
de données. Le reste, moins de 4000 dollars, va à lesquelles porte le certificat sont originaires d’un
des stratèges de Detroit, des avocats et banquiers pays déterminé. Ce certificat peut également
de New York, des lobbyistes de Washington, des contenir une déclaration du fabriquant, du pro-
collaborateurs qui s’occupent des assurances et ducteur, du fournisseur, de l’exportateur ou d’une
de la santé partout dans le pays et des actionnaires autre personne compétente.
de General Motors dont la plupart résident aux
USA mais parmi lesquels on trouve de plus en plus b) “déclaration légalisée en matière d’origine”: Une
d’étrangers”(2). déclaration en matière d’origine visée par une
autorité ou un organisme compétent à cet effet.”
En réalité, on peut dire que: “…nous sommes
entrés dans l’ère non seulement des entreprises On pense cependant généralement au «certificat
multinationales mais aussi des marchandises mul- d’origine» lorsque l’on parle de déclaration en
tinationales”(3). matière d’origine. On peut comparer le certificat
d’origine à la carte d’identité, comme on compare
Dans de tels cas, pour déterminer l’origine ou la l’origine d’une marchandise à la nationalité de
nationalité du produit, un ensemble de règles, cette marchandise.
appelées «d’origine», a été élaboré. Elles sont
principalement basées sur la composition des pro- 2.2. Origine et provenance
duits, plutôt que sur la valeur ajoutée réalisée.
Lorsque l’origine d’un produit est établie sur la
Dans ce cadre, les règles d’origine peuvent dès base de ces règles, cette origine est conservée
lors être décrites comme les conditions de produc- tant que le produit concerné ne subit pas, dans un
tion imposées sur le plan administratif, auxquelles autre pays, une transformation ou une ouvraison
un produit doit répondre pour être appelé produit suffisante pour modifier son origine.
européen, belge… Ce sont donc les conditions à
remplir pour qu’un produit obtienne la nationalité On peut comparer cela à la nationalité des ci-
d’un pays. toyens. On conserve sa nationalité quel que soit
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l’endroit du monde où l’on se trouve, jusqu’au L’origine des marchandises est importante pour
moment où l’on répond à certaines règles qui s’assurer que les mesures de politique commerciale
entraînent une modification de nationalité. soient favorables ou défavorables aux pays visés
par la mesure délibérée. En ce sens, on peut donc
On confond donc souvent les notions “d’origine” et dire que les “règles d’origine” constituent un instru-
de “provenance”. Le mot «Origine» porte sur le ment secondaire de politique commerciale (6).
pays de production, et le mot «provenance» indi-
que le pays où la marchandise a séjourné pour la 3.1.2. Politique commerciale non tarifaire
dernière fois, avant d’être envoyée au pays de
destination. Une première mesure non-tarifaire est d’interdire
l’importation au-delà d’un certain volume de mar-
Une voiture d’origine japonaise est importée dans chandises fabriquées dans un pays donné. On dit
l’Union européenne au départ de la Slovénie, par en l’occurrence que l’importation de marchandises
exemple. Dans ce cas, le pays d’origine est le originaires d’un certain pays est (partiellement)
“Japon” et le pays de provenance la «Slovénie». prohibée. Cette mesure est connue sous le terme
de «contingents» (restriction quantitative). Il existe
On peut également constater que: “Les règles aussi des contingents tarifaires selon lesquels,
d’origine sont l’ensemble des méthodes qui carac- après avoir atteint un plafond pour une période
térisent une marchandise en s’appuyant sur des déterminée, toutes les importations suivantes sont
éléments de référence tenant à sa constitution soumises à un tarif normal d’importation.
plutôt qu’au hasard des circuits d’acheminement
jusqu’au lieu de sa consommation” (5). Les limitations quantitatives sont certainement la
plus ancienne forme de politique commerciale et
3. La fonction d’origine dans le com- étaient déjà appliquées au Moyen Age. Les blocus
merce international imposés à la Flandre par la Hanse allemande ont
été à l’origine du Traité d’Utrecht, signé le 28 avril
1359, qui stipulait qu’un certain volume de mar-
3.1. Politique commerciale chandises ne pouvait être acheté et, pour les
draps, fabriqué ailleurs» (7). Bien que ceci ne
3.1.1. Introduction constitue pas un véritable certificat d’origine, le
document est intéressant car de telles déclarations
On entend généralement, par politique commer- sont encore requises de nos jours. L’exemple le
ciale internationale, l’ensemble des prescriptions plus récent en est le boycott des pays arabes
et règlements qui influencent les flux commer- envers Israël.
ciaux. Ces modifications peuvent être observées
sur le plan de la direction des flux commerciaux et Toutes les mesures visant à protéger l’économie «
sur le plan des volumes. Généralement, on fait une nationale » contre le commerce déloyal forment un
distinction en politique commerciale entre les me- second instrument de politique non tarifaire. C’est
sures non tarifaires et les mesures tarifaires. dans ce contexte que se situent les mesures
antidumping. Il est question de dumping lorsque
Généralement, on invoque les raisons suivantes des marchandises sont exportées à des prix nette-
pour, contrairement au libre-échange, influencer ment inférieurs au prix du marché local. Le pays
les flux commerciaux: importateur peut alors prendre des mesures qui
- protection contre la concurrence des pays à bas neutralisent une telle pratique commerciale dé-
revenus en vue de protéger l’emploi; loyale. Cela revient en général à lever des droits
- sécurité nationale et autonomie stratégique; antidumping sur certains produits originaires du
- protection de jeunes industries («infant indus- pays qui pratique le dumping. Des prix de dumping
tries»). peuvent aussi résulter de subventions publiques.
Dans ce cas, des mesures anti-subventions sont
Lorsque l’on prend des mesures de politique com- prises.
merciale favorables ou défavorables aux produits
fabriqués dans un pays particulier, on pense auto- Avant de procéder à un prélèvement antidumping
matiquement à l’origine ou à la nationalité des ou anti-subvention, il faut vérifier si le dumping
marchandises visées. A ce moment, la notion concerné (ou la subvention) affecte sérieusement
“d’origine” des marchandises est évoquée. l’économie locale.

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économiques
D’autres mesures non-tarifaires visent à promou- droits de douane effectivement appliqués pour
voir les produits « nationaux » (dans le monde l’importation. On les appelle aussi «droits de pays
entier) ou font partie d’une politique incitant à « tiers».
acheter national ». Nous entrons alors dans le
domaine de la détermination d’origine (made in). Ces droits sont connus aussi comme droits MFN
Le marquage d’origine n’a toutefois aucun rapport (most favored nation). Ils répondent au principe de
avec les dénominations d’origine géographiques. la «nation la plus favorisée» qui veut que chaque
membre de l’OMC traite les autres membres de la
Il faut encore mentionner le problème des marchés même manière. Lorsqu’un pays accorde un avan-
publics. Dans ce secteur, on préfère souvent des tage supplémentaire à un autre membre, tous les
marchandises indigènes à des biens «étrangers». autres Etats membres en bénéficient automatique-
Cette démarche peut être en contradiction avec le ment.
principe de l’OMC du «traitement national» selon
lequel des produits importés sont traités comme Lorsqu’un importateur veut négocier sur le marché
des biens produits sur le marché local. mondial, il est concerné par deux types de tarifs
d’importation:
3.1.3. Instruments tarifaires - les droits liés,
- les droits MFN.
3.1.3.1. Droits à l’importation
Certaines exceptions sont toutefois possibles.
Les flux commerciaux peuvent aussi être influen-
cés par des mesures dites «tarifaires». Dans une 3.1.3.2. Préférences
situation normale, l’importateur doit payer des droits
à l’importation sur la valeur douanière des biens Hormis ces différents types de droits d’importation,
importés. A la suite des négociations commercia- il existe une troisième catégorie pouvant être im-
les multilatérales dans le cadre du GATT (General portante, tant pour l’exportateur que pour l’impor-
Agreement on Tariffs and Trade), qui ont conduit à tateur.
la création de l’ OMC (Organisation mondiale du
Commerce), les membres de l’OMC ont convenu Une diminution ou même une exonération des
de réduire leurs droits à l’importation et, ce qui est droits à l’importation peut être accordée pour des
également important, de lier ces droits à l’OMC. produits originaires de certains pays dans le cadre
de conventions commerciales spéciales ou de
Durant les cycles de négociations successifs, les mesures unilatérales de politique commerciale.
diminutions de tarif suivantes ont été décidées
pour les secteurs industriels (chapitre 25 – 97 du Dans ce cas, on dit que les biens en provenance du
Système harmonisé de définition et codification pays concerné bénéficient d’un traitement préfé-
des biens (GS)): rentiel à l’importation. Il est dès lors question de
- Kennedy Round ( 1964 – 1967): 35 %; «commerce préférentiel».
- Tokyo Round ( 1973 – 1979): 34 %;
- Uruguay Round (1986 – 1994): 37 % pour les Ce commerce préférentiel peut être subdivisé
pays développés. comme suit:
- zones de libre-échange et unions douanières
Au terme du démantèlement tarifaire, les tarifs liés (accords régionaux);
à l’OMC seront les suivants (moyenne générale): - attribution unilatérale de préférences tarifaires
- 5 % dans les pays du QUAD (8); dans le cadre de l’aide aux pays en développe-
- 18 % dans les pays membres de l’OCDE ne ment (Système des préférences généralisées)
faisant pas partie du QUAD;
- 43 % des 13 pays non membres de l’OCDE (9). Bien que l’OMC applique le principe de la nation la
plus favorisée (non-discrimination entre les mem-
Pour les pays industrialisés, le droit d’importation bres), il est toutefois possible via l’article XXIV du
moyen obligatoire sera de 3,8 % pour les produits GATT de supprimer certains droits d’importation
industriels (10). dans le cadre de zones de libre-échange ou d’unions
douanières.
Des droits de douane autonomes qui, en principe,
sont inférieurs aux droits liés à l’OMC, peuvent en Dans une zone de libre-échange, les entraves
outre être perçus. Ces droits autonomes sont les commerciales (droits d’importation, restrictions
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quantitatives) sont abrogées entre les pays mem- - origine non préférentielle ou économique lorsque
bres. Chacun conserve toutefois sa propre politi- l’origine est déterminée dans le cadre de mesures
que commerciale et son système de droits d’impor- non tarifaires.
tation vis-à-vis de pays tiers. Cette situation a pour
effet de détourner les flux commerciaux car les Les objectifs des règles d’origine non préférentiel-
importateurs ont tendance à importer vers le pays les sont clairement décrites à l’article 1er de la
adhérant à la zone de libre-échange qui pratique convention relative aux règles d’origine qui a été
les droits de douane les plus bas, les produits conclue après les négociations commerciales
pouvant être négociés librement dans cette zone. multilatérales dans le cadre de l’Uruguay Round.
Afin d’éviter de tels contournements, il convient de
distinguer les « produits de pays tiers » de ceux Il existe une différence essentielle entre les règles
fabriqués dans les pays de la zone de libre-échange d’origine préférentielles et les règles d’origine non
qui y circulent librement puisqu’ils bénéficient d’un préférentielles. Un bien qui, dans le cadre de
traitement préférentiel règles préférentielles acquiert son origine d’un
certain pays, n’a pas nécessairement la même
Pour pouvoir profiter d’une préférence tarifaire, origine non préférentielle et vice versa.
l’importateur doit prouver que les marchandises
sont fabriquées dans le pays faisant partie de la Plusieurs pays ou unions douanières appliquent
zone de libre-échange et qu’elles en sont donc des règles préférentielles et/ou non préférentiel-
originaires. les. Quoique ces règles reposent fondamentale-
ment sur les mêmes principes (cf. Convention de
Au sein d’une union douanière, non seulement le Kyoto), dans la pratique, elles diffèrent souvent
commerce entre les pays membres est entière- selon le pays. Dans le cadre des règles d’origine,
ment libéralisé mais une politique commerciale par exemple, qui sont utilisées dans le Système
commune est menée à l’égard des pays tiers. C’est des préférences généralisées, les experts des
ainsi qu’un tarif externe et qu’une législation doua- pays donateurs ont exprimé leur souhait d’une
nière communs sont appliqués. Une fois mis en harmonisation des règles d’origine (préférentiel-
libre pratique par un des états adhérents, les biens les).
peuvent circuler librement au sein de cette union.
L’Union européenne, par exemple, est une union Un pays donné peut aussi, dans le cadre de divers
douanière. accords de libre-échange, appliquer différentes
règles d’origine. En ce qui concerne l’Union euro-
En outre, l’Union européenne a décidé unilatérale- péenne, un bien peut ainsi avoir une origine préfé-
ment de diminuer les droits de douane dans le cadre rentielle dans le cadre d’un accord de libre-échange
du Système des préférences généralisées. Les avec Israël par exemple, mais il peut ne pas être
produits de certains pays en développement (pays originaire de l’UE dans le cadre d’un tel accord
favorisés) peuvent ainsi bénéficier d’un traitement avec l’Afrique du Sud. Il faut en effet considérer
préférentiel à condition d’avoir été fabriqués dans le distinctement chaque accord.
pays bénéficiaire et d’en être originaires.
4. Conclusion
3.1.4. Types d’origine
Les règles d’origine jouent un rôle important dans
Il ressort de ce qui précède que la politique com- le commerce international. Elles permettent aux
merciale tarifaire et la politique non tarifaire repo- mesures de politique commerciale tarifaires et non
sent sur des « règles d’origine ». S’agit-il des tarifaires prises par un pays ou une union doua-
mêmes dans chaque cas? Non. nière de toucher réellement le pays visé par la
mesure (favorable ou non).
Une première distinction est établie entre les rè-
gles d’origine soutenant la politique commerciale Les règles d’origine forment donc un instrument de
non tarifaire et celles qui sous-tendent la politique politique commerciale même si elles ne se trouvent
tarifaire. Sur base des fonctions politiques du con- pas sous les projecteurs de l’actualité internatio-
cept d’origine, il faut distinguer: nale. Pierre angulaire de la politique commerciale
- origine préférentielle ou fiscale lorsque l’origine mondiale, elles empêchent les flux commerciaux
est déterminée dans le cadre de la politique de dévier.
tarifaire;

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6 des Affaires
économiques
Compte tenu des différences entre les règles d’ori- doivent aussi empêcher que ces règles soient
gine, il importe pour les négociants sur le marché utilisées à mauvais escient pour frauder ou con-
international de bien cerner leur fonctionnement tourner certaines mesures de politique commer-
pour mieux réagir aux mesures de politique com- ciale.
merciale.
Quels sont les principes de base des règles d’ori-
Ces règles ont aussi leur importance pour les gine? Comment fonctionnent les règles d’origine
pouvoirs publics. Comme elles déterminent les non préférentielles en Belgique? Comment fonc-
conditions de production qui permettent d’attribuer tionnent les règles d’origine dans le cadre d’un
une nationalité à un bien donné, les pouvoirs accord de libre-échange? Ces différentes ques-
publics doivent veiller à ce qu’elles protègent suf- tions seront abordées dans un deuxième et un
fisamment les entreprises tout en ne freinant pas troisième articles (qui paraîtront au cours de l’an-
inutilement le commerce. Les organes de contrôle née dans Carrefour de l’économie).

Notes

(1) Le nouveau petit Robert, Dictionnaire de la langue française, Paris, 1995


(2) REICH, Robert B., De Wereld aan het Werk, Politiek en economie in de 21ste eeuw, H.J.W. Becht –
Haarlem, 1993
(3) CNUCED, La Mondialisation et le Système Commercial International, Questions liées aux règles
d’origine, doc: UNCTAD/ITCD/TSB/2, 24 mars 1998
(4) Décision du Conseil, du 3 juin 1977, portant acceptation, au nom de la Communauté, de plusieurs
annexes de la Convention internationale pour la simplification et l’harmonisation des régimes doua-
niers, Journal officiel des Communautés européennes, L 166 du 4 juillet 1977
(5) AMAND, C., Stratégie commerciale et origine en douane de marchandise dans la production desquelles
sont intervenus deux ou plusieurs pays, dans Revue Générale de Fiscalité, Ced.Samson n° 90.10
(6) KINGSTON, E. Ivan, The Economics of Rules of Origin in Rules of Origin in International Trade, A
comparative Study, editeurs Edwin VERMULST, Paul WAER en Jacques BOURGEOIS, The Univer-
sity of Michigan Press, 1994
(7) GEMEREN, J. van, Certificaten van oorsprong in het handelsverkeer van de 14e tot de 20e eeuw, Een
wandeling door de historie, Kluwer, Deventer, 1979
(8) le QUAD comprend le Canada, l’Union européenne, le Japon et les Etats Unis.
(9) OCDE, Post-Uruguay Round Tariff Regimes, Achievements and Outlook, 1999
(10) OCDE, Post-Uruguay Round Tariff Regimes, Achievements and Outlook, 1999
(11) Le concept d’origine est également essentiel au niveau des mesures politiques (ex. boycot). Dans ce
cas, c’est l’origine non préférentielle qui est prise en considération.
(12) Décision du Conseil du 22 décembre 1994 relative à la conclusion au nom de la Communauté
européenne pour ce qui concerne les matières relevant de ses compétences des accords des
négociations multilatérales du cycle d’Uruguay (1986 – 1994), Journal officiel des Communautés
européennes n°. L 336 du 23 décembre 1994.
(13) CNUCED, La Mondialisation et le Système Commercial International, questions liées aux règles
d’origine, l.c.
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Le rôle des règles d’origine dans le commerce international
Partie 2: Règles d’origine non préférentielle
Par l’administration des Relations économiques, Valère Van Geel

Introduction ont été fabriquées sans ajouter le moindre élément d’un


pays tiers. Cela signifie aussi que si des marchandises
Dans l’article intitulé “Le rôle des règles d’origine dans le sont fabriquées avec des ingrédients originaires de ce
commerce international”, nous avons tenté de démon- pays mais qui sont eux-mêmes produits avec des élé-
trer que les règles d’origine et les preuves documentai- ments d’un pays tiers, elles ne sont plus “entièrement
res de l’origine sont des instruments indispensables au obtenues dans un pays déterminé”. C’est par exemple le
fonctionnement du commerce international (voir aussi cas si des conservateurs conçus avec des ingrédients
“Carrefour de l’économie” numéro 2000/3A). “américains” sont utilisés dans la fabrication de beurre à
base de “lait belge”.
Nous avons aussi fait remarquer que certaines marchan-
dises sont entièrement fabriquées dans un seul pays L’article 23 du code des douanes communautaires (CDC)
sans ajouter le moindre composant d’un pays tiers. énumère les marchandises qui peuvent être considé-
D’autres marchandises ne subissent dans un pays par- rées comme entièrement obtenues (en ce qui concerne
ticulier qu’une des phases de production ou sont fabri- les règles d’origine non préférentielle). La définition des
quées avec des matériaux de différents pays. marchandises considérées comme entièrement obte-
nues dans un pays particulier figure dans les protocoles
L’annexe D.1 de la Convention de Kyoto (1) prévoit que: concernés (voir article 3).
“Les règles utilisées pour déterminer l’origine des mar-
chandises font appel à deux critères de base différents, L’article 23 du CDC énumère 10 catégories de marchan-
à savoir celui des “marchandises entièrement produites” dises considérées comme entièrement obtenues dans
dans un pays déterminé, s’il n’y a qu’un seul pays qui un pays déterminé.
entre en ligne de compte pour l’attribution de l’origine à
une marchandise, et celui de la “transformation substan- On entend par “marchandises entièrement obtenues
tielle” lorsque deux ou plusieurs pays interviennent dans dans un pays”:
la production d’une marchandise.
a) les produits minéraux extraits dans ce pays;
Les règles d’origine contiennent les critères qui: b) les produits du règne végétal qui y sont récoltés;
- définissent ce que l’on entend par marchandises entiè- c) les animaux qui y sont nés et élevés;
rement produites dans un pays déterminé. Ce type de d) les produits provenant d’animaux vivants qui font
marchandises est appelé “marchandises entièrement l’objet d’un élevage;
obtenues dans un pays déterminé”; e) les produits de la chasse et de la pêche qui y sont
- déterminent quel est le pays d’origine d’une marchan- pratiquées;
dise lorsque des composants de plusieurs pays sont f) les produits de la pêche maritime et les autres pro-
utilisés, ou lorsque plusieurs pays ont participé au duits extraits de la mer en dehors de la mer territoriale
processus de fabrication. Ces marchandises sont obte- d’un pays par des bateaux immatriculés ou enregis-
nues au moyen d’une “transformation substantielle” trés dans ledit pays et battant pavillon de ce même
(pour les règles d’origine non préférentielle) ou d’une pays;
“transformation suffisante” (pour les règles d’origine g) les marchandises obtenues à bord de navires-usines
préférentielle). à partir de produits visés au point f) originaires de ce
pays, pour autant que ces navires-usines soient im-
Ces deux critères de base se retrouvent plus ou moins matriculés ou enregistrés dans ledit pays et qu’ils
sous la même dénomination dans les règles d’origine battent pavillon de celui-ci;
préférentielle et non préférentielle. Cela ne signifie tou- h) les produits extraits du sol ou du sous-sol marin situés
tefois pas que ces dénominations couvrent (toujours hors de la mer territoriale, pour autant que ce pays
exactement) la même notion. exerce aux fins d’exploitation des droits exclusifs sur
ce sol ou sous-sol;
Dans cet article, nous allons étudier ces deux critères et i) les rebuts et déchets résultant d’opérations manufac-
voir comment ils sont appliqués aux règles d’origine non turières et les articles hors d’usage, sous réserve
préférentielle actuellement en vigueur dans l’UE. qu’ils aient été recueillis et ne puissent servir qu’à la
récupération de matières premières;
j) celles qui sont obtenues exclusivement à partir des
1. Marchandises considérées comme marchandises visées aux points a) à i) ou de leurs
“entièrement obtenues dans un pays dérivés, à quelque stade que ce soit (2).”
déterminé”
1.2. Qu’entend-on par pays?
1.1. Définition
L’article 23, §2, du CDC stipule que la notion de pays
Lorsqu’on parle de marchandises “entièrement obte- couvre aussi la mer territoriale du pays concerné. Dans
nues dans un pays déterminé”, on entend par là qu’elles le cadre de l’origine, on estime que la zone de 12 milles
représente la mer territoriale (3).

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économiques
En d’autres termes, le poisson pêché dans la mer terri- 2.2. Transformation économiquement jus-
toriale d’un pays est considéré comme étant d’origine tifiée
(car entièrement obtenu), quelle que soit la nationalité du
pêcheur. Dans ce cas, le pavillon ou le pays d’immatricu-
En réalité, cette condition s’inspire de l’article 25 du
lation du bateau n’a pas d’importance, alors qu’il faut en
CDC, formulé comme suit: “Une transformation ou
tenir compte en dehors de la zone de 12 milles.
ouvraison pour laquelle il est établi, ou pour laquelle les
faits constatés justifient la présomption, qu’elle a pour
Cette zone doit être utilisée pour l’application des règles
seul objet de tourner les dispositions applicables, dans la
d’origine, même si un pays a instauré une zone écono-
Communauté, aux marchandises de pays déterminés,
mique exclusive (200 milles).
ne peut en aucun cas être considérée comme conférant,
au titre de l’article 24, aux marchandises ainsi obtenues
2. Définition des marchandises qui ne l’origine du pays où elle est effectuée.” (6)
peuvent pas être considérées comme
Supposons qu’un droit antidumping soit levé sur un bien
“entièrement obtenues dans un pays” particulier originaire du pays X. Il est bien possible qu’en
déplaçant la production vers le pays Y, le produit con-
2.1. Introduction – article 24 du CDC cerné acquière l’origine de ce pays. Des droits
antidumping ne seront dès lors plus prélevés lors de
Avec la globalisation et la mondialisation de l’économie, l’importation de ce produit. L’article 25 du CDC stipule
les marchandises sont de moins en moins souvent que lorsque la production a été déplacée dans le seul but
produites dans un seul pays. Ces dernières années, la d’échapper à des droits, l’origine Y ne peut pas être
structure de la production a considérablement évolué. octroyée même si les dispositions de l’article 24 sont
L’intensification de la répartition internationale du travail respectées.
a entraîné la délocalisation de la production de marchan-
dises vers des pays où la main-d’œuvre est moins Il s’agit du moins de la théorie. Dans la pratique, il est
coûteuse. Des composants de différents pays sont dès toutefois très difficile de prouver que le déplacement de
lors utilisés pour fabriquer des biens qui sont à leur tour la production a eu lieu délibérément pour contourner
incorporés dans des produits finis. certains règlements.

Pour déterminer le pays d’origine dans ces cas, on se 2.3. Transformation dans une entreprise
base, dans le cadre des règles d’origine non préféren-
tielle, sur l’article 24 du CDC. En ce qui concerne l’origine équipée à cet effet
préférentielle, il faut consulter les protocoles d’origine
concernés qui sont annexés aux accords de libre-échange L’existence d’une production est une condition néces-
et traitent de la notion de “transformation suffisante” (voir saire mais pas suffisante pour déterminer l’origine d’un
article 3). produit. La marchandise doit en outre être fabriquée
dans une entreprise équipée à cet effet. En d’autres
L’article 24 du CDC est libellé comme suit: “Une mar- termes, il doit s’agir d’un bâtiment avec personnel et
chandise dans la production de laquelle sont intervenus outils (machines) destiné à produire le bien concerné.
deux ou plusieurs pays, est originaire du pays où a eu L’inscription au registre de commerce permet générale-
lieu la dernière transformation ou ouvraison substan- ment de dire si la firme qui demande un certificat d’ori-
tielle, économiquement justifiée, effectuée dans une gine est une entreprise équipée à cet effet.
entreprise équipée à cet effet et ayant abouti à la fabri-
cation d’un produit nouveau ou représentant un stade de 2.4. Dernière transformation ou ouvraison
fabrication important” (4). substantielle et principe d’absorption
Il ressort de cette définition que quatre critères doivent Lorsqu’un produit résulte de trois transformations effec-
être remplis simultanément pour déterminer le pays tuées dans trois pays différents, le pays d’origine est le
d’origine (5): dernier pays où a eu lieu une transformation ou ouvraison
1. il doit s’agir du pays où a eu lieu la dernière transfor- substantielle (voir le schéma).
mation ou ouvraison substantielle;
2. la transformation doit être économiquement justifiée; Schéma: Transformations dans différents pays:
3. la transformation doit s’effectuer dans une entreprise
équipée à cet effet;
4. la transformation doit aboutir à la fabrication d’un Les matériaux utilisés qui ne sont pas originaires du pays
produit nouveau ou représenter un stade de fabrica- où a eu lieu la dernière transformation ou ouvraison
tion important. substantielle sont absorbés dans le produit fini. L’origine
de ces matériaux disparaît en quelque sorte. Ce principe
Nous allons maintenant examiner comment ces critères est aussi appelé principe d’absorption.
doivent être interprétés.
Cette notion est très importante. Étant donné que certai-
nes règles d’origine sont basées sur la valeur ajoutée, la
valeur des pièces utilisées pour fabriquer un composant
2000

Carrefour de
l'économie 3
6A
Le SH compte 97 chapitres répartis en positions et sous-
positions. Chaque code marchandise se compose d’au
moins 6 chiffres. En général, les quatre premiers chiffres
sont importants pour définir le pays d’origine.

Cette répartition se présente comme suit: ccppss:


- cc = chapitre
- pp = position
- ss = sous-position

Les mouchoirs par exemple sont classés à la position


62.13:
- chapitre 62: vêtements et accessoires du vêtement,
autres que les articles de bonneterie
- position 13

La règle du changement de position s’énonce comme suit:


“Fabrication avec des matériaux classés dans une autre
position.” On entend par matériaux, des matériaux qui ne
sont pas originaires du pays où la transformation a lieu.

coton, ni cardé ni peigné: position 52.01


fils à coudre: position 52.04
Le fil à coudre (52.04) est classé dans une autre
position que le coton (52.01). La règle du changement
de position est respectée: la fabrication de fil à coudre
en coton (ni cardé, ni peigné) est considérée comme
une transformation substantielle

Pour les produits textiles classés au chapitre XI du SH,


la règle de base est celle du changement de position.
L’annexe 10 du code d’application communautaire (CAC)
est une exception (10).
ne doit pas être prise en considération pour déterminer
l’origine du produit fini. Vu que le composant utilisé Il y a des variantes à cette règle de base du changement
acquiert l’origine, sa valeur intervient dans le calcul de la de position.
valeur ajoutée (7).
a. “Fabrication avec des matériaux de n’importe
2.5. Transformation ou ouvraison substan- quelle position”
Cette formulation indique qu’un changement de position
tielle
n’est pas nécessaire, sans donner un autre critère. Cela
signifie que n’importe quelle transformation de maté-
2.5.1. Introduction riaux n’étant pas d’origine engendre l’origine. Il faut
toutefois tenir compte des transformations minimes qui
L’annexe D.1 de la Convention de Kyoto stipule que le sont toujours insuffisantes.
critère de la “transformation substantielle” peut s’expri-
mer par différentes méthodes d’application (8). Les b. “Fabrication avec des matériaux de n’importe
méthodes suivantes sont proposées: quelle position, à l’exception des matériaux de la
- le changement de position tarifaire (règle du change- position....”
ment de position); Cela signifie que tous les matériaux ne doivent pas être
- la liste des transformations ou ouvraisons (règle de d’origine, sauf ceux visés par l’exception. Les positions
transformation); qui font l’objet de l’exception doivent être originaires du
- la règle du pourcentage ad valorem (règle de la valeur). pays de production (ou, comme dans certains cas,
entièrement obtenues dans le pays de fabrication).
2.5.2. Règle du changement de position
c. “Fabrication avec des matériaux de n’importe
Dans le commerce international, les marchandises sont quelle position, et.......”
classées à des fins douanières (pour établir les tarifs Cette formulation signifie que tous les matériaux peuvent
douaniers et pour dresser les statistiques du commerce être utilisés dans la fabrication du produit mais qu’il faut
international) selon le Système harmonisé (9) (SH). Envi- tenir compte de la condition particulière de la deuxième
ron 98 % des biens négociés sur le plan mondial sont partie de la formulation. Ces conditions supplémentaires
classés dans le SH, lequel est appliqué par 177 pays. peuvent être décrites comme suit:

Ministère
4 des Affaires
économiques
- certaines marchandises doivent être entièrement obte- 2.5.4. Règle de transformation
nues;
- la valeur des matériaux qui ne sont pas d’origine d’une Cette règle indique par produit ou groupe de produits
position SH ne peut pas dépasser un % déterminé du quelles transformations doivent subir les marchandises
prix départ usine (11); originaires de l’étranger (pas d’origine) pour que le
- une combinaison des deux conditions particulières. produit fini acquière l’origine.

La règle du changement de position permet ainsi au Position: ex42.03 – vêtement en cuir naturel ou artificiel
fabricant de prouver facilement l’origine sur la base de la Règle d’origine: “Assemblage de deux ou plusieurs mor-
composition de son produit. ceaux de cuir naturel ou cuir artificiel”.

Cette méthode présente cependant des désavantages. L’avantage de cette méthode est à première vue la
D’une part, on attend du fabricant de produits contenant simplicité de la description d’un processus de produc-
des centaines de composants qu’il tienne une liste pré- tion.
cise de leur codification (et de leur origine). Le SH n’étant
pas adapté en permanence, l’évolution technologique Toutefois, les règles d’origine doivent aussi être adap-
risque de ne pas être prise en compte. Par ailleurs, le SH tées constamment. Avec la mondialisation du processus
n’a pas été développé à des fins d’origine. Certaines de production, la production est davantage scindée, la
transformations substantielles n’entraînent donc pas une description du processus est de plus en plus rapidement
modification du tarif. D’autre part, des transformations dépassée et les règles deviennent particulièrement com-
minimes (et dans certains cas, il suffit d’emballer les plexes.
marchandises) peuvent engendrer un changement de
position. 2.6. Transformations ou ouvraisons mini-
mes
2.5.3. Règles de la valeur
Toutes les transformations ou ouvraisons ne permettent
Ces règles se subdivisent en deux catégories:
pas d’acquérir l’origine. Le CDC n’énumère pas les
opérations qui ne confèrent en aucun cas l’origine.
a) règles qui indiquent le pourcentage minimum à ajou-
L’annexe D. 1 de la Convention de Kyoto donne toutefois
ter à la valeur de tous les matériaux qui ne sont pas
un aperçu des transformations ou ouvraisons qui ne
d’origine pour que le produit fini acquière l’origine du
doivent pas être considérées comme substantielles.
pays où a eu lieu la dernière transformation;
b) règles qui partent de la valeur du produit fini (prix
“Ne doivent pas être considérées comme transformation
départ usine) et donnent un pourcentage reflétant le
ou ouvraison substantielle, les opérations qui ne contri-
maximum de pièces détachées (qui ne sont pas
buent en rien ou qui ne contribuent que faiblement à
originaires) étrangères dans le produit fini pour que
donner aux marchandises leurs caractéristiques ou pro-
l’origine soit octroyée.
priétés essentielles et notamment les opérations consti-
tuées exclusivement d’un ou de plusieurs éléments
Bien que la plus-value soit décrite dans certaines règles,
suivants:
il convient de signaler que l’origine des marchandises
a) manipulations nécessaires pour assurer la conserva-
doit en premier lieu être déterminée en fonction de
tion des marchandises durant leur transport ou leur
critères techniques. La Cour européenne de Justice a
stockage;
établi dans son jugement “caséine” que “la dernière
b) manipulations destinées à améliorer la présentation
transformation ou ouvraison visée à l’article 5 du règle-
ou la qualité marchande des produits ou à les condi-
ment 802/68 n’est substantielle au sens de cette dispo-
tionner pour le transport, telles que la division ou la
sition que si le produit qui en résulte présente des
réunion de colis, l’assortiment et le classement des
propriétés et une composition spécifique propres, qu’il
marchandises, le changement d’emballage;
ne possédait pas avant cette transformation ou
c) opérations simples d’emballage;
ouvraison.” (12)
d) mélanges de marchandises d’origine diverse, pour
autant que les caractéristiques du produit obtenu ne
L’avantage principal de cette méthode est qu’elle est
soient pas essentiellement différentes des caractéris-
simple et que l’origine des marchandises peut être déter-
tiques des marchandises qui ont été mélangées.” (13)
minée à l’aide de données comptables.
L’article 38 du CDC énumère toutefois, pour les produits
Un inconvénient est toutefois que l’origine des marchan-
textiles et d’habillement, les opérations minimes toujours
dises dépend des fluctuations du prix des matières
considérées comme insuffisantes pour conférer le ca-
premières et des taux de change. De plus, il convient de
ractère originaire, qu’il y ait ou non changement de
signaler que le seuil déterminé de valeur ajoutée est plus
position tarifaire (14):
facilement atteint dans les pays où les coûts salariaux
sont élevés. Tous les autres facteurs maintenus cons-
a) les manipulations destinées à assurer la conservation
tants, cela signifie qu’il est plus difficile d’acquérir l’ori-
en l’état des produits pendant leur transport et leur
gine non préférentielle dans les pays à bas salaires que
stockage (aération, étendage, séchage, extraction de
dans le monde industrialisé.
parties avariées et opérations similaires);
2000

Carrefour de
l'économie 5
6A
b) les opérations simples de dépoussiérage, de ciblage, La loi confie donc entièrement au Ministre de l’Économie
de triage, de classement, d’assortiment (y compris la le caractère politique et commercial des règles d’origine.
composition de jeux de produits), de lavage, de dé-
coupage; En vertu de ses compétences, le Ministre de l’Économie
c) - les changements d’emballage et les divisions et a désigné principalement les Chambres de Commerce
réunions de colis; et d’Industrie pour délivrer les certificats d’origine en son
- la simple mise en sac, en étuis, en boîtes, sur nom. Les exportateurs qui ont besoin d’un certificat
planchettes, etc. et toutes opérations simples de d’origine pour effectuer leurs transactions commerciales
conditionnement; peuvent dès lors s’adresser à la Chambre de Commerce
d) l’apposition sur les produits eux-mêmes ou sur leurs et d’Industrie de leur région. Vous en trouverez la liste en
emballages de marques, d’étiquettes ou d’autres si- annexe.
gnes distinctifs;
e) la simple réunion de parties de produits en vue de 3.3. Règles d’origine non préférentielle euro-
constituer un produit complet; péennes
f) le cumul de deux ou plusieurs opérations reprises aux
points a) à e).”
Les règles d’origine non préférentielle, telles qu’elles
sont fixées par les règlements susmentionnés, sont
3. Législation actuelle sur les règles basées sur les principes développés au point 2.
d’origine
En ce qui concerne les produits textiles et d’habillement,
3.1. Introduction ils ont déjà été étudiés de façon détaillée au point 2.

Le critère de la dernière transformation substantielle


Les règles d’origine (non préférentielle) s’appliquent
s’applique en principe aux autres chapitres du Système
dans un contexte national et européen.
harmonisé.
La législation nationale comprend l’arrêté royal n° 283 du
On a cependant jugé utile de spécifier ce critère dans
30 mars 1936 portant réglementation de la délivrance de
certains cas.
certificats d’origine, ratifié par la loi du 6 mai 1936 (15).
Cette législation nationale fixe aussi la compétence du
L’annexe 11 du CAC (16) donne pour certaines (ex)-
Ministre de l’Économie.
positions, les transformations ou ouvraisons de matières
non originaires qui confèrent le caractère originaire.
Au niveau européen, les règles d’origine sont contenues
dans:
Comme nous l’avons déjà dit pour les marchandises qui
ne sont pas reprises à cetteannexe, chaque cas doit être
- le règlement (CEE) n° 2913/92 du Conseil du 12 octo-
analysé individuellement. Certaines règles pratiques
bre 1992 établissant le code des douanes communau-
permettent d’interpréter l’article 24 du CDC.
taires (CDC) (art. 22 à 26) (JO n° L 302 du 19 octobre
Les questions suivantes peuvent nous éclairer:
1992);
- est-il question d’un changement de position (sous-
position)?
- le règlement (CEE) n° 2454/93 de la Commission 2
- la valeur ajoutée est-elle suffisante?
juillet 1993 fixant certaines dispositions d’application
- y a-t-il eu des transformations minimes?
du règlement (CEE) n° 2913/92 du Conseil du 12
octobre 1992 établissant le code des douanes commu-
En ce qui concerne les opérations minimes pour les
nautaires (art. 35 - 65 et les annexes 9 à 13) (CAC) (JO
marchandises qui ne relèvent pas de la section XI du
n° L 253 du 11 octobre 1993).
Système harmonisé, on distingue les catégories suivan-
tes:
3.2. Législation belge 1. les transformations destinées à assurer la conserva-
tion en l’état des marchandises pendant leur transport
L’arrêté royal n° 283 du 30 mars 1936 contient notam- et leur stockage;
ment les dispositions importantes suivantes: 2. les transformations destinées à expédier ou à trans-
porter plus facilement les marchandises;
Article 1er: les certificats d’origine sont délivrés par 3. les opérations en rapport avec l’emballage des mar-
l’intermédiaire du Ministre de l’Économie; chandises (ou concernant certains aspects de la
vente).
Article 2: le Ministre de l’Économie désigne les autorités
et fonctionnaires, ainsi que les organismes privés admis Des règles spécifiques s’appliquent aux produits sui-
à délivrer les certificats d’origine; vants (cf. annexe 11):
- œufs lyophilisés;
Article 8: le Ministre de l’Économie établit les critères - appareils radio et TV, magnétoscopes;
caractérisant l’origine. - vins de base et vermouth;
- viande et déchets de viande consommables;
- produits céramiques décorés;

Ministère
6 des Affaires
économiques
- jus de raisin; Le sujet relatif aux règles d’origine dans le cadre du
- roulements à billes; commerce préférentiel, sera traité dans la troisième
- circuits intégrés; partie de cet article qui paraîtra en automne dans ce
- photocopieurs. périodique.

Notes

1 Convention internationale pour la simplification et l’harmonisation des régimes douaniers, conclue à Kyoto le 18 mai
1973. L’annexe D.1 concerne les règles d’origine. L’annexe D.2 est consacrée aux preuves documentaires de
l’origine.

2 le règlement (CEE) n° 2913/92 du Conseil du 12 octobre 1992 établissant le code des douanes communautaires
(CDC) (art. 22 à 26) Journal officiel des Communautés européennes, L 302, 19 octobre 1992, l.c.

3 Conformément à l’article 3 de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, Montego Bay, 10 décembre
1982, Journal officiel des Communautés européennes, L 179, 23 juin 1998.

4 Journal officiel des Communautés européennes, L 302, 19 octobre 1992, l.c.

5 F. DEHOUSSE, Ph. VINCENT, Les règles d’origine de la Communauté européenne, Pratique du droit communau-
taire, Bruylant, Bruxelles, 1999, page 51

6 Journal officiel des Communautés européennes, L 302, 19 octobre 1992, l.c.

7 Pour autant naturellement que la fabrication du composant concerné puisse être considérée comme une
transformation substantielle et que, le cas échéant, le composant puisse être négocié en tant que tel.

8 Convention internationale pour la simplification et l’harmonisation des régimes douaniers, conclue à Kyoto le 18 mai
1973.

9 Convention internationale sur le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, Bruxelles,
14 juin 1986 (voir http://www.wcoomd.org).

10 Article 37 du règlement (CEE) n° 2454/93 de la Commission du 2 juillet 1993, Journal officiel des Communautés
européennes, L 253, 11 octobre 1993.

11 On entend par “prix départ usine” le prix payé au fabricant dont l’entreprise a effectué la dernière transformation ou
ouvraison. Sont déduites de ce prix toutes les taxes prélevées dans le pays qui sont (ou peuvent être) remboursées
à l’exportation. Les autres frais éventuellement compris dans le prix payé, comme les frais de transport et les frais
d’assurance qui s’ajoutent après que les marchandises ont quitté l’entreprise, doivent également être déduits. Les
frais généraux et le bénéfice font cependant partie du prix départ usine.

12 Cour européenne de Justice, 26 janvier 1977, Gesellschaft für Überseehandel m.b.H; v. Handelskammer Hamburg,
affaire 49/76

13 Convention internationale pour la simplification et l’harmonisation des régimes douaniers, conclue à Kyoto, le 18 mai
1973.

14 Règlement (CEE) n° 2454/93 de la Commission du 2 juillet 1993, Journal officiel des Communautés européennes,
L 253, 11 octobre 1993.

15 Arrêté royal n° 283 du 30 mars 1936 portant réglementation de la délivrance de certificats d’origine, ratifié par la loi
du 6 mai 1936, Moniteur belge n° 98, 7 avril 1936, p. 2253-2255.

16 Règlement (CEE) n° 2454/93 de la Commission du 2 juillet 1993, Journal officiel des Communautés européennes
L 253 du 11 octobre 1993
2000

Carrefour de
l'économie 7
6A
Annexe: Les Chambres de Commerce et KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN
BRUGGE, KUST EN WESTHOEK
d’Industrie belges Voorzitter: de Heer Filip Florizoone
Directeur-Coördinator: de Heer Freddy Laplace
KAMER VAN KOOPHANDEL OOST-VLAANDEREN Ezelstraat 25
Voorzitter: de Heer Ronald Everaert 8000 BRUGGE
Gedelegeerd Bestuurder: de Heer Karel Uyttersprot
Materlaarslaan 49 KANTOOR BRUGGE
9000 GENT Directeur: de Heer John Verzeele
Tél. 09/266.14.40 Ezelstraat 25
Fax 09/266.14.41 8000 BRUGGE
e-mail: k.uyttersprot@khndendermonde.be Tel. 050/33.36.96
http://www.kvkov.be Fax 050/34.22.97
e-mail: brugge@ccibkw.be
KANTOOR AALST http://www.ccibkw.be
Regiodirecteur: de Heer J. Van Gyseghem
Kasteel Terlinden KANTOOR IEPER
Square J. Geerinckx 2 Directeur: de Heer Freddy Laplace
9300 AALST Westhoek Expo, Industrielaan
Tel. 053/21.68.42 8900 IEPER
Fax 053/78.39.85 Tel. 057/21.91.90
e-mail: jvgyseghem@kknzov.be Fax 057/21.93.90
http://www.kvkov.be e-mail: ieper@ccibkw.be
http://www.ccibkw.be
KANTOOR RONSE
Regiodirecteur: zie Aalst KANTOOR VEURNE
Grote Markt 15 Directeur: Mevrouw Rita Mortier
9600 RONSE Grote Markt 9
Tel. 055/20.65.55 8630 VEURNE
Fax 055/20.89.01 Tel. 058/31.1180
e-mail: Fax 058/31.42.67
http://www.kvkov.be e-mail: veurne@ccibkw.be
http://www.ccibkw.be
KANTOOR DENDERMONDE
Regiodirecteur: Mevrouw Christel Geltmeyer CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE
Leopold II laan 7 BRUXELLES
9200 DENDERMONDE KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN
Tel. 052/52.01.41 BRUSSEL
Fax 052/22.23.04 Président / Voorzitter: Monsieur / de Heer J.L. Van der
e-mail: c.geltmeyer@khndendermonde.be Stappen
http://www.kvkov.be Directeur général / Directeur Generaal: Monsieur / de
Heer Olivier Willocx
KANTOOR GENT Avenue Louise / Louizalaan 500
Regiodirecteur: de Heer Philip Verstraete 1050 BRUXELLES / BRUSSEL
Martelaarslaan 49 Tel. 02/648.50.02
9000 GENT Fax 02/640.93.28
Tel. 09/266.14.40 e-mail: ccibrussels@cci.be
Fax 09/266.14.41 http://www.cci.be/brussels
e-mail: philip@kknge.be
http://www.kvkov.be CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE
CHARLEROI
Président général: Monsieur J.Cl. Logé
KAMER VAN KOOPHANDEL EN NIJVERHEID VAN Secrétaire général: Monsieur B. Moons
ANTWERPEN Avenue Général Michel 1A
Voorzitter: de Heer L. Meurrens 6000 CHARLEROI
Directeur Generaal: de Heer L. Luwel Tel. 071/32.11.60
Markgravestraat 12 Fax 071/33.42.18
2000 ANTWERPEN e-mail: ccicharleroi@cci.be
Tel. 03/232.22.19 http://www.ccic.be
Fax 03/233.64.42
e-mail: info@kkna.be INDUSTRIE- UND HANDELSKAMMER EUPEN-MAL-
http://www.dma.be/kkna MEDY-ST.VITH
Président: Monsieur A. Bourseaux
Directeur: Monsieur V. Klinges

Ministère
8 des Affaires
économiques
Herbesthaler Strasse, 1A Fax 016/23.78.28
4700 EUPEN e-mail: info@ccileuven.be
Tel. 087/55.59.63 - 55.59.64 http://www.ccileuven.be
Fax 087/55.79.04
e-mail: ihkeupen@euregio.net CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE CEN-
http://www.euregio.net/ihkeupen/index.html TRE HAINAUT
Secrétaire général: Monsieur Ph. Baise
KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN
LIMBURG BUREAU CENTRE
Voorzitter: de Heer J. Broekmans Président: Monsieur R. Bassetto
Directeur: de Heer J. Leten Rue Boucquéau 13
Gouverneur Roppesingel 51 7100 LA LOUVIERE
3500 HASSELT Tel. 064/22.23.49
Tel. 011/28.44.00 Fax 064/28.33.82
Fax 011/28.44.06 e-mail: ccicentre@cci.be
e-mail: info@khnl.be
http://www.khnl.be BUREAU MONS
Président: Monsieur P. Dupont
KEMPSE KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID Rue du Chapitre 1
Voorzitter: de Heer A Stynen 7000 MONS
Directeur: de Heer Jacques BROUWERS - de Heer Guy Tel. 065/40.17.00
Roefs Fax 065/35.13.11
Kleinhoefstraat 9 e-mail: ccimons@cci.be
2440 GEEL http://www.ccimons.be
Tel. 014/56.30.30
Fax 014/59.31.00 CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU
e-mail: info@ccikempen.be LUXEMBOURG BELGE
http://www.ccikempen.be Président: Monsieur P. Jerouville
Directeur: Monsieur F. Coulon
KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN Grand rue 1
KORTRIJK-ROESELARE-TIELT-OOSTENDE 6800 LIBRAMONT
Voorzitter: de Heer J. Van Marcke Tel. 061/22.26.80
Afgevaardigd Beheerder: de Heer J. Libeer Fax 061/22.40.20
Casinoplein 10 e-mail: ccilb@ccilb.be
8500 KORTRIJK http://www.ccilb.be
Tel. 056/23.50.51
Fax 056/21.85.64 CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE
e-mail: kamer@ccikortrijk.be LIEGE
http://www.ccikortrijk.be Président: Monsieur J. Arnolis
Directeur: Monsieur P. Neuray
KANTOOR ROESELARE C/o Palais des Congrès
Directeur: de Heer P. Herpels Esplanade de l’Europe 2
Polenplein 10 4020 LIEGE
8800 ROESELARE Tel. 04/343.92.92
Tel. 051/26.17.80 Fax 04/343.92.67
Fax 051/22.33.52 e-mail: info@ccilg.be
e-mail: kamer@cciroeselare.be http://www.ccilg.be

KANTOOR OOSTENDE KAMER VAN KOOPHANDEL EN NIJVERHEID VAN


Voorzitter: de Heer G. Taillieu HET ARRONDISSEMENT MECHELEN
Directeur: de Heer B. Vansevenant Voorzitter: de Heer G. Peleman
Zandvoordeschorredeijkstraat 289 Directeur: de Heer W. Ivens
8400 OOSTENDE O.-L. Vrouwestraat 85
Tel. 059/51.65.89 2800 MECHELEN
Fax 059/70.52.18 Tel. 015/45.10.20
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e-mail: khnmechelen@cci.be
KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN HET http://www.cci.be/mechelen
ARR. LEUVEN
Voorzitter: de Heer L. Sué CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE
Directeur: de Heer R. Leekens MOUSCRON COMINES
Tiensevest 61 Président: Monsieur L. Van Overschelde
3010 LEUVEN Directeur: Monsieur P. Verschelde
Tel. 016/22.26.89 Boulevard Industriel 80
2000

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6A
7700 MOUSCRON KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN HET
Tel. 056/85.66.66 ARR. HALLE-VILVOORDE
Fax 056/85.66.65 Voorzitter: de Heer J. Neyens
e-mail: cci@mail.ccim.be Directeur: de Heer P. De Vos
http://www.ccim.be/ccimc Medialaan 26
1800 VILVOORDE
CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LA Tel. 02/255.20.20
PROV. DE NAMUR Fax 02/255.20.30
Président: Monsieur J.C. de Gourcy Serainchamps e-mail: info@ccihv.be
Directrice: Madame M. Wolff http://www.ccihv.be
Résidence Paola
Avenue Gouverneur Bovesse 117, B7 ASSOCIATIONS REGIONALES / GEWESTELIJKE
5100 JAMBES-LEZ-NAMUR VERENIGINGEN
Tel. 081/32.05.50
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http://ccinamur.be C/o KAMER VOOR HANDEL EN NIJVERHEID VAN
LIMBURG
CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU Voorzitter: de Heer P. Kumpen
BRABANT WALLON Secretaris: de Heer J. Leten
Président: Monsieur P. Cardinal Gouverneur Roppesingel 51
Directeur: Monsieur M. Chapelle 3500 HASSELT
Rue de la Science 16 (Z.I.II) - BP 108 Tel. 011/28.44.00
1400 NIVELLES SUD Fax 011/28.44.06
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WAASLAND Place Ryckmans 28
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e-mail: khnwaasland@cci.be GING
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CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU D’INDUSTRIE DE BELGIQUE
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Ministère
10 des Affaires
économiques
2000/11-12A

Le rôle des règles d’origine dans le commerce international


Partie 3: Origine et commerce préférentiel
Par l’Administration des Relations économiques, Valère Vangeel

Introduction ......................................................................................... 1 Introduction


1. Des négociations internationales L’Union européenne a conclu des accords com-
en faveur du libre-échange ......................... 1 merciaux (de libre-échange) avec différents pays
1.1. Du GATT à l’Organisation afin de favoriser le commerce entre les partenaires
mondiale du Commerce ................................. 1 concernés; le principe étant la libre circulation des
1.2. Non-discrimination ............................................... 2 marchandises dans ces zones.

1.3. Article XXIV du GATT ....................................... 3 En réalité, cela signifie que “les marchandises
2. Notions de base d’un protocole originaires du pays partenaire concerné” peuvent
concernant la définition de la être négociées entre les partenaires sans droits
notion de “produit d’origine” et d’importation (1).
méthodes de collaboration
administrative ............................................................ 3 Dans ce troisième article, nous étudierons les no-
2.1. Introduction .................................................................. 3 tions permettant de comprendre les règles d’ori-
gine préférentielle.
2.2. Définition de la notion d’origine ............... 3
2.2.1. Notions de base ...................................................... 3 1. Des négociations internationales en
2.2.2. Cumul de l’origine ................................................. 4 faveur du libre-échange
2.2.2.1. Cumul bilatéral ......................................................... 4
1.1. Du GATT à l’Organisation mondiale du
2.2.2.2. Cumul diagonal ....................................................... 5 Commerce
2.2.2.3. Cumul total ................................................................... 5
2.2.3. Règle de tolérance ............................................... 5 La crise économique des années 30 a donné lieu à
diverses mesures de protection commerciale. Cette
2.2.4. Drawback ....................................................................... 6 politique protectionniste a été abandonnée à la
2.2.5. Principe de territorialité ................................... 6 suite des négociations de Bretton Woods qui ont
2.2.6. Transport direct ....................................................... 6 débouché sur la création de la Banque mondiale et
du Fonds monétaire international.
2.2.7. Preuve de l’origine ............................................... 6
3. Conclusion .................................................................... 7 Dans le cadre de ces négociations, une charte
Notes .................................................................................................. 7 provisoire a été rédigée qui devait permettre d’ins-
taurer l’Organisation internationale du Commerce

Publication mensuelle du Un numéro d’essai peut La reproduction de données Editeur responsable:


4ème année

ISSN 1370 - 7221

Ministère des Affaires être demandé par écrit à: afin de les utiliser dans H. D'Hondt,
économiques Administration de l’Information d’autres études est autorisée rue de l’Industrie 6,
économique à condition de mentionner 1000 Bruxelles.
Carrefour de l’économie clairement et précisément
2000

Carrefour de http://mineco.fgov.be rue de l’Industrie 6 la source.


l'économie 1000 Bruxelles Les articles - même non-signés - 1
fax: (02) 513 46 57 n’engagent que leur(s) auteur(s).
11-12A
(OIC). Cette OIC, réunissant 50 pays, était très de l’OMC accorde un avantage à un autre membre,
ambitieuse. En tant qu’organisation spécialisée de cet avantage est automatiquement étendu à tous
l’ONU, elle avait pour mission de déterminer des les pays de l’OMC. Ce principe de la nation la plus
disciplines du commerce inter-national, de l’emploi, favorisée est inconditionnel.
de la politique commerciale restrictive, des inves-
tissements et des services (2). Bien que la Charte Plusieurs arguments économiques plaident pour
portant création de l’OIC,connue sous le nom de une telle approche car elle:
Charte de La Havane, ait été approuvée en mars – permet une meilleure allocation des facteurs de
1948 lors d’une conférence extraordinaire de l’ONU, production;
elle n’a jamais été ratifiée par les membres. L’Orga- – contribue à la généralisation de la libéralisation;
nisation mondiale du Commerce (OMC), créée en – fait obstacle au protectionnisme éventuel;
1995, constitue le seul instrument multilatéral ré- – engendre une réduction des frais de transaction.
gissant le commerce mondial.
Lorsque nous appliquons le principe de la nation la
Avant l’approbation définitive de la Charte de La plus favorisée aux droits d’importation, cela signifie
Havane, 23 pays ont entamé en 1946 des négocia- que les membres de l’OMC imposent les mêmes
tions sur la réduction des droits d’impor-tation, droits d’importation, quel que soit le pays d’expor-
connues sous le nom de “GATT” (General Agree- tation. En outre, la plupart des droits d’importation
ment on Tariffs and Trade). Le GATT a fonctionné sont liés (consolidés). Ainsi, le commerce interna-
sur base provisoire jusqu’à la création de l’OMC. tional devient davantage prévisible.

Les sept rounds de négociations qui ont suivi ne se Ce principe connaît des exceptions. Une des plus
sont pas exclusivement limités aux droits de douane importantes est constituée par les zones de libre-
mais se sont étendus à différents secteurs du échange ou d’unions douanières (article XXIV du
commerce international. Le tableau 1 donne un GATT).
aperçu des différents rounds de négociations.
Il existe également le principe du “traitement natio-
1.2. Non-discrimination nal” (national treatment). Cela signifie qu’une fois
les marchandises importées dans un pays, elles
L’article Ier du GATT énonce le principe de la non- peuvent être traitées de façon plus défavorable que
discrimination qui se retrouve dans la notion de “la des marchandises similaires produites sur le mar-
nation la plus favorisée” (MFN – most favoured ché intérieur (par exemple, taux de TVA discrimina-
nation) et signifie que tous les membres de l’OMC toire). Ce principe ne sera pas abordé dans cet
doivent être traités sur pied d’égalité. Si un membre article.

Tableau 1: Aperçu des différents rounds de négociations

Round de négociations Nombre de pays Sujets


participants

1947 – Genève 23 Droits de douane


1949 – Annecy 13 Droits de douane
1951 – Torquay 38 Droits de douane
1956 – Genève 26 Droits de douane
1960 – 1961 - Dillon 26 Droits de douane
1964 – 1967 - Genève (Kennedy Round) 62 Droits de douane,
antidumping
1973 – 1979 - Genève (Tokyo Round) 102 Droits de douane,
mesures non tarifaires,
accords-cadres
1986 – 1994 - Genève (Uruguay Round) 123 Droits de douane,
mesures non tarifaires,
services,
propriété intellectuelle,
règlement des litiges,
création OMC,
textile,
agriculture

Ministère
2 des Affaires
économiques
1.3. Article XXIV du GATT titre d’un tel protocole est: “Protocole n°.. concer-
nant la définition de la notion de “produits originai-
L’article XXIV du GATT prévoit la possibilité pour res” et méthodes de collaboration administrative”.
deux ou plusieurs pays de se grouper afin de former
soit une zone de libre-échange, soit une union 2. Notions de base d’un protocole con-
douanière. cernant la définition de la notion de
“produit d’origine” et méthodes de col-
La création de la zone de libre-échange est cepen-
dant soumise à certaines conditions, résumées ci- laboration administrative
après:
– les obstacles au commerce doivent être éliminés 2.1. Introduction
dans presque tous les échanges commerciaux.
Cela signifie notamment que toutes les entraves Pour bénéficier d’un traitement préférentiel, il faut
doivent être totalement démantelées. Une zone remplir un certain nombre de conditions, lesquelles
de libre-échange qui ne supprime pas à 100 % les sont énumérées dans le protocole d’origine. Les
obstacles au commerce n’est dès lors pas com- commerçants qui souhaitent profiter du régime
patible avec le GATT. De plus, il y a lieu de préférentiel doivent toutefois tenir compte des diffé-
signaler que le terme “à presque tous les échan- rences considérables pouvant exister entre les
ges” (substantially all the trade) n’est pas suffi- différents protocoles d’origine.
samment clair;
– les obstacles au commerce doivent être déman- Un bien peut dès lors être considéré comme étant
telés pour le commerce de marchandises origi- d’origine préférentielle selon un certain accord (avec
naires de pays faisant partie de la zone de libre- la Suisse) en non un autre (avec Israël). Le produc-
échange. La libéralisation ne vaut dès lors pas teur doit ainsi, dès le début du processus de pro-
pour les marchandises originaires d’un pays n’ap- duction, prendre ces différences en considération
partenant pas à la zone de libre-échange; et savoir vers quel(s) pays sa marchandise sera
– les obstacles au commerce subsistants ne peu- exportée. Tous les produits ne relèvent donc pas de
vent pas être supérieurs ou plus restrictifs qu’avant l’accord de libre-échange et, dans ce cas, des
la création de la zone de libre-échange; échanges préférentiels ne sont en principe pas
– l’accord portant création d’une zone de libre- possibles.
échange doit être exécuté dans un délai raison-
nable. La structure des protocoles d’origine est similaire.
Dans la suite de notre exposé, nous nous basons
De plus, il est clair que la création de zones de libre- sur les règles d’origine applicables au commerce
échange peut entraîner un déplacement de flux de préférentiel entre l’UE et la Tchéquie (3). Les prin-
marchandises. Les importations pourraient avoir cipaux éléments de ce protocole sont:
lieu dans le pays où les droits d’importation sont les – la définition de la notion d’origine;
plus bas (barrières commerciales). Afin d’éviter le – le drawback;
déplacement de flux commerciaux, une distinction – le principe de territorialité;
est faite entre les biens originaires (du pays parte- – le transport direct;
naire) et ceux qui ne le sont pas (marchandises d’un – la preuve de l’origine.
pays tiers). Le principe de la libre circulation au sein
de la zone s’applique aux produits originaires, alors 2.2. Définition de la notion d’origine
que les marchandises de pays tiers restent soumi-
ses aux mesures de politique commerciale de cha- 2.2.1. Notions de base
cun des pays dont les constituants proviennent. La
libre circulation des marchandises (importation à Outre certaines définitions, la notion d’origine est
droits zéro), est appelée “traitement préférentiel”. définie sur la base des éléments suivants:
Les règles d’origine pratiquées sont donc les règles – entièrement obtenues;
d’origine préférentielle. – transformation ou ouvraison suffisante;
– transformation ou ouvraison insuffisante.
L’Union européenne, qui est considérée comme un
seul pays, a conclu de nombreux accords de libre- L’article 5 du protocole visé énumère les marchan-
échange. En vue de la libre circulation des mar- dises qui peuvent être considérées comme entière-
chandises de pays partenaires, un protocole fixant ment obtenues, soit dans l’EU, soit dans le pays
les conditions pour que les marchandises soient partenaire. Cette définition est analogue à la défini-
considérées comme originaires du pays partenaire tion “entièrement obtenues dans un pays” dans le
est annexé à chaque accord. Géné-ralement, le cadre des règles d’origine non préférentielle (4).
2000

Carrefour de
l'économie 3
11-12A
Pour les produits de la pêche maritime ou les Dans ce domaine, on distingue 3 formes de cumul
produits extraits du sol ou du sous-sol marin situés d’origine:
hors de la mer territoriale (zone de 12 miles), la – le cumul bilatéral;
nationalité des navires ou des navires-usines est – le cumul diagonal (5);
déterminée au moyen de règles spécifiques plus – le cumul total.
sévères que dans le cadre de l’origine non préfé-
rentielle. Les conditions sont applicables aux navi- 2.2.2.1. Cumul bilatéral
res ou navires-usines:
– immatriculés dans un Etat membre de la Commu- Dans les protocoles d’origine applicables à la zone
nauté européenne ou en République tchèque; de cumul paneuropéenne, la notion de cumul bila-
– qui battent pavillon dans un Etat membre de la téral n’est plus reprise en tant que telle.
Communauté ou de la République tchèque;
– qui appartiennent pour au moins 50 % à des Il y a cumul bilateral lorsque l’accord de libre-
ressortissants de la Communauté ou de la Répu- échange implique 2 pays. Dans un cumul bilatéral,
blique tchèque; les matériaux utilisés pour la fabrication de produits
– dont le capitaine et les officiers sont des ressor- finis et originaires d’un pays partenaire peuvent
tissants de la Communauté ou de la République être considérés comme étant originaires de l’autre
tchèque; pays partenaire. En ce qui concerne l’UE, le cumul
– dont l’équipage est composé, dans une propor- bilatéral est notamment repris dans les protocoles
tion de 75 % au moins, de ressortissants des d’origine annexés aux accords conclus avec Israël,
parties signataires de l’accord. l’Afrique du Sud et le Mexique.

Chacun de ces cinq critères doit être respecté. Cela signifie que les matériaux originaires du pays
partenaire ne doivent pas subir de transformation
L’article 6 porte sur la définition de l’origine des suffisante. La transformation doit toutefois être plus
marchandises non entièrement obtenues. Dans ce que minime. Ce n’est pas parce qu’une transfor-
cas, les biens (importés) doivent avoir subi une mation n’est pas suffisante qu’elle peut être consi-
transformation suffisante. La liste des transfor- dérée comme minime ou insuffisante (voir figure 1).
mations suffisantes se trouve à l’annexe II du pro-
tocole d’origine. Ces règles sont appelées “règles Par exemple, afin que des chemises d’homme
de listes”. puissent acquérir l’origine UE, l’étoffe doit être
tissée dans l’UE et les chemises doivent être con-
Cette transformation suffisante se détermine selon fectionnées dans l’UE. Si une entreprise utilise
différents critères. toutefois un tissu originaire de Tchéquie, il suffit que
la confection ait lieu dans l’UE. Cette transforma-
L’article 7 cite les transformations qui ne peuvent tion n’est cependant pas suffisante (exigence: tis-
jamais conférer le caractère originaire. Le produit sage + confection sur la base des règles de listes),
fini n’aura pas l’origine même si ces transforma- mais plus que minime (non cité à l’article 7).
tions à exécuter sur des matériaux importés (non
originaires) sont considérées comme des transfor- Si les chemises d’homme ainsi confectionnées étaient
mations suffisantes selon les règles de listes. exportées en Afrique du Sud, elles n’auraient pas
l’origine UE. Dans l’accord de libre-échange conclu
2.2.2. Cumul de l’origine entre l’UE et l’Afrique du Sud, la Tchéquie est en effet
considérée comme un pays tiers. Les tissus de
L’objectif de la création d’une zone de libre-échange Tchéquie sont à considérer comme matériaux de
est de favoriser le commerce. L’utilisation de maté- pays tiers. N’ayant pas subi de transformation ou
riaux originaires de pays partenaires est dès lors d’ouvraison suffisante dans l’UE, ils ne pourront
encouragée. Pour ce faire, des dispositions en jamais acquérir le caractère originaire. Chaque ac-
matière de cumul sont reprises dans chacun des cord doit donc être considéré séparément. Le pro-
protocoles d’origine. ducteur doit tenir compte du fait que ses produits
sont originaires dans un cas mais pas dans l’autre.

Ministère
4 des Affaires
économiques
2.2.2.2. Cumul diagonal vérifier si la règle spécifique de liste est respectée.
Pour savoir ce qui a été produit dans un pays
Le principe du cumul diagonal est expliqué aux précédent, le dernier producteur doit demander à
articles 3 et 4 du protocole d’origine visé. son fournisseur “une déclaration de fournisseur”. Il
lui est conseillé de compléter cette déclaration avec
Interprétés librement, ces articles signifient que la fiche de renseignements INF4, délivrée par les
des matériaux originaires d’un des pays de la zone autorités douanières compétentes qui confirment
de cumul paneuropéenne peuvent être utilisés pour ou non cette déclaration.
fabriquer des produits finis sans transformation ou
ouvraison suffisante dans le dernier pays de pro- Le cumul total est prévu dans l’accord conclu avec
duction. Le pays d’origine au sein de cette zone est les pays du Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie),
le dernier pays dans lequel a eu lieu une transfor- dans l’accord conclu avec les pays d’Afrique, des
mation ou ouvraison plus que minime (cf. article 7). Caraïbes et du Pacifique (ACP) et les pays et
territoires d’outre-mer (PTOM).
Cette disposition donne souvent lieu à des discus-
sions vu la description imprécise des transforma- Exemple: comme nous l’avons déjà mentionné ci-
tions insuffisantes. En outre, il faut tenir compte des dessus, les tissus acquièrent le caractère originaire
conditions dans lesquelles les règles d’origine pré- si les transformations suivantes ont lieu dans un
férentielle sont apparues (par exemple Chypre et seul pays: filature et tissage. Si l’accord prévoit le
Malte). Au début des années 70, de nombreuses cumul total, le territoire des pays participants est
transformations minimales permettaient “d’acqué- considéré comme un seul pays. Des fils peuvent
rir l’origine” selon les règles de listes. Actuellement dès lors être filés dans un certain pays et les tissus
ce n’est plus le cas et l’article 7 ne joue presque plus (produits sur la base de ces fils) être tissés dans un
aucun rôle. Afin de rendre les protocoles d’origine autre (voir figure 2).
plus lisibles, il faudrait limiter les transformations
insuffisantes à ce qui est nécessaire et ne plus faire 2.2.3. Règle de tolérance
intervenir l’article 7 pour l’attribution du pays d’ori-
gine dans le cadre du cumul diagonal (articles 3 et La règle de tolérance veut qu’en cas de dérogation
4) (et dans le cadre du cumul bilatéral pour les minime à la règle de la liste, le caractère originaire
autres accords). du bien ne soit pas perdu. Cette disposition se
retrouve à l’article 6, §2, du protocole visé. Par
Si aucune transformation n’a lieu ou s’il est seule- exemple, dans l’accord conclu avec la Tchéquie,
ment question d’une transformation minime, l’ori- des matériaux ne répondant pas aux conditions
gine des marchandises concernées ne change peuvent être utilisés à concurrence de 10 % du prix
pas. départ usine. Cette tolérance ne s’applique pas aux
chapitres 50 à 63 du Système harmonisé (textile et
2.2.2.3. Cumul total vêtements), qui connaissent toutefois des règles
de tolérance spécifiques.
Le Sommet d’Essen (décembre 1994) proposait à
terme le passage au cumul total pour les pays de la Exemple: pour la fabrication de conserves de pois-
zone de cumul paneuropéenne. sons, le poisson utilisé doit être entièrement obtenu
(voir 2.2.1.). En appliquant la règle de tolérance, du
Il y a cumul total lorsque toutes les transformations poisson non entièrement obtenu peut cependant
dans chacun des pays appartenant à la même zone être utilisé pour une valeur (douanière) de 10 % du
de libre-échange sont additionnées (cumulées) pour prix départ usine des conserves.
2000

Carrefour de
l'économie 5
11-12A
2.2.4. Drawback 2.2.6. Transport direct

Dans l’UE, le régime du perfectionnement actif Il y a transport direct (voir article 13) quand les
permet l’exemption du paiement de droits d’impor- marchandises sont transportées du pays d’expor-
tation sur les matériaux importés (qui ne sont pas tation vers le pays d’importation sans transiter sur
originaires d’un des pays partenaires). le territoire d’un pays ne faisant pas partie de
l’accord commercial.
Si le protocole d’origine ne mentionne pas l’inter-
diction d’exonération ou de remboursement des En cas de transit par un pays tiers, certains accords
droits d’importation, le producteur peut continuer à prévoient que la préférence est toujours garantie si
bénéficier du perfectionnement actif et en même les autorités douanières de ce pays tiers rédigent
temps exporter les produits finis sous un régime une déclaration de non-manipulation ou si les mar-
préférentiel. chandises n’ont subi qu’un transbordement sous le
contrôle des autorités douanières.
L’article 15 du protocole d’origine concerné interdit
toutefois l’exonération ou le remboursement de L’objectif d’un accord (commercial) de libre-échange
droits d’importation sur des matériaux qui ne sont étant de favoriser le commerce, on peut se deman-
pas originaires d’un des pays de la zone de cumul der si cette règle se justifie. En effet, les autorités
paneuropéenne. douanières d’un pays tiers ne sont pas liées par les
règles d’origine. Par exemple, on ne peut pas les
Bien que pour les produits agricoles, aucune exo- obliger à rédiger une déclaration de non-manipula-
nération ne soit possible, les pays d’Europe cen- tion. Si celles-ci refusent, les commerçants de l’UE
trale et d’Europe de l’Est peuvent en accorder une sont victimes d’un régime qui ne peut être imposé
pouvant atteindre par aucune autorité (6).
– 5 % du tarif MFN pour les biens industriels;
– 10 % du tarif MFN pour les biens relevant des 2.2.7. Preuve de l’origine
chapitres 50 à 63 du Système harmonisé (textile
et vêtements). Selon l’article 16 du protocole d’origine, la preuve
de l’origine est fournie au moyen du certificat de
Les accords avec les pays du Maghreb, l’Afrique du circulation des marchandises EUR 1 et de la décla-
Sud et le Mexique (jusqu’au 31/12/2002) ne pré- ration sur facture (ou d’un autre document commer-
voient aucune disposition en matière de “no cial). Le certificat EUR.1 est délivré par la douane.
drawback”. Un producteur qui exporte des marchan-
dises vers ces pays peut ainsi bénéficier et du Pour obtenir un tel certificat de la douane, l’expor-
perfectionnement actif et des droits d’importation tateur doit prouver que les règles d’origine ont été
préférentiels. Ces dispositions peuvent dès lors in- respectées (cf. supra).
fluencer des décisions en matière d’investissement.
Il y a lieu de faire une distinction entre un certificat
2.2.5. Principe de territorialité EUR.1 et une déclaration sur facture.

La plupart des protocoles d’origine prévoient que Un certificat EUR.1 peut être demandé à tout mo-
toutes les transformations ou ouvraisons doivent ment à la douane si les dispositions du protocole
avoir lieu sur le territoire des parties contractantes. d’origine sont remplies et si la preuve peut en être
La plus petite manipulation qui a lieu en dehors des dûment fournie aux autorités douanières.
pays cités dans le protocole d’origine entraîne la
perte du caractère originaire et partant le refus du Une déclaration sur facture est une preuve justifica-
régime préférentiel. tive de l’origine mais elle peut être apportée par
l’exportateur lui-même sur la facture (ou sur un
L’article 12 du protocole d’origine visé permet ce- autre document commercial), sans intervention de
pendant de procéder à certaines transformations la douane. Une distinction doit toutefois être faite
ou ouvraisons hors de la zone de cumul paneuro- sur la base de la valeur de l’envoi:
péenne à condition que la valeur ajoutée qui y a été – si la valeur de l’envoi est inférieure à 6 000
réalisée ne dépasse pas 10 % du prix départ usine EUROS (243 000 BEF), n’importe quel exporta-
du produit fini et que ces transformations ou teur peut indiquer l’origine des marchandises sur
ouvraisons soient effectuées sous le couvert du la facture;
régime de “perfectionnement passif ou des systè- – si la valeur de l’envoi est supérieure à 6 000
mes similaires”. Cette disposition ne s’applique pas EUROS, l’exportateur qui exporte des produits
aux chapitres 50 à 63 du Système harmonisé. régulièrement peut indiquer la valeur des mar-

Ministère
6 des Affaires
économiques
chandises sur la facture, à condition d’avoir été des restrictions quantitatives ou à des droits
reconnu par la douane comme “exportateur agréé” antidumping, ou qu’un bien peut porter le label
(articles 16, 17, 21). “Made in…”.

6 000 EUROS ne représentent toutefois pas la Bien sûr, la série d’articles publiés dans Carrefour
conversion exacte. Dans le cadre des protocoles de l’économie ne peut reproduire tous les détails de
d’origine, la conversion a été effectuée avant fixa- la réglementation en matière d’origine. Je souhaite
tion des taux de change exacts. L’article 32 prévoit toutefois revenir à la première partie de cette série
cependant que la valeur en monnaie nationale ne d’articles dans laquelle il a été fait référence au Petit
peut pas diminuer. C’est pourquoi, dans le cadre Robert pour définir l’origine. Dans ce dictionnaire,
des règles d’origine, 6 000 EUROS sont assimilés une des définitions de la notion “d’origine” était:
à 243 000 BEF. De plus, la limite de 6 000 EUROS “Point de départ”. Tout exportateur devrait com-
(ECUS) n’est pas reprise dans tous les protocoles mencer par recueillir des informations sur l’origine
d’origine. L’exportateur doit dès lors consulter les des marchandises qu’il désire exporter.
accords au cas par cas.
L’origine est un atout pour l’exportateur à condition
3. Conclusion de bien appliquer les règles d’origine. Mais, comme
le dit l’adage, il faut “réfléchir avant d’agir”.
Les règles d’origine sont une pierre angulaire du
commerce international. Elles déterminent le droit Pour toute information utile, ont peut s’adresser au
à une réduction ou à une exonération des droits Ministère des Affaires économiques, Administra-
d’importation (dans le cadre d’un accord de libre- tion des Relations économiques, Service “Politique
échange). C’est également en fonction des règle internationale tarifaire et non tarifaire”.
d’origine que les marchandises sont soumises à

Notes

(1) VANGEEL, Valère, Le rôle des règles d’origine dans le commerce international, Carrefour de l’Economie, 4e
année, 2000/3A
(2) World Trade Organization, 1995, Trading into the Future, Genève
(3) - Décision n° 3/96 du Conseil d’association entre les Communautés européennes et leurs Etats membres, d’une
part, et la République tchèque, d’autre part, du 29 novembre 1996, modifiant le protocole n° 4 à l’accord européen
établissant une association entre les Communautés européennes et leurs Etats membres, d’une part, et la
République tchèque, d’autre part (96/751/Euratom, CECA, CE) – Journal officiel des Communautés européen-
nes n° L 343 du 31 décembre 1996;
- Décision n° 6/98 du Conseil d’association entre les Communautés européennes et leurs Etats membres, d’une
part, et la République tchèque, d’autre part, du 21 décembre 1998 modifiant le protocole n° 4 – Journal officiel des
Communautés européennes n° L 35 du 9 février 1999.
Ces dispositions s’appliquent également au commerce préférentiel entre l’EU et la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie,
la Slovénie, la Bulgarie, la Roumanie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, l’Islande, la Suisse, le
Liechtenstein et (partiellement) la Turquie, c’est-à-dire la zone de cumul paneuropéenne.
(4) VANGEEL, V., Le Rôle des règles d’origine dans le commerce international, partie 2: règles d’origine non
préférentielle, Carrefour de l’économie, 4e année, 2000/6A
(5) Dans le cadre du Système des préférences généralisées, on parle de cumul régional. Il s’agit d’une forme de cumul
diagonal qui est toutefois limitée aux pays membres d’un groupement régional (ASEAN, ANDES, CMCA, SAARC).
(6) C’est la raison pour laquelle la Belgique plaide pour la suppression de cette disposition.

Adresse utile

Ministère des Affaires Economiques Tél: (02)206 58 11


Administration des Relations Economiques Fax: (02)230 73 42
Service Politique Internationale tarifaire et non tarifaire e-mail: Charles.Godart@mineco.fgov.be
Rue Général Leman 60
1040 Bruxelles
2000

Carrefour de
l'économie 7
11-12A