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leS oBligationS

déclarativeS
en droit fiScal
tuniSien

Par: Ben Salah BalkiS


Liste des abbreviations:
BCI Bureau de contrôle des impôts

BCT Banque Centrale de Tunisie

BIC bénéfices industriels et commerciaux

BNC bénéfices non commerciaux

BODI Bulletin officiel des douanes et des impôts

CE conseil d’Etat français

CDET code des droits d’enregistrement et de timbres

CDPF code des droits et procédures fiscaux

CFL code de la fiscalité locale

CIRPPIS code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés

CSC code des sociétés commerciales

CTVA Code de la TVA

DC droit de consommation

DGE Direction des grandes Entreprises

DGELF Direction Générale des Etudes et de la Législation fiscale

DGCF Direction Générale du Contrôle Fiscal

DGI Direction Générale des Impôts

DT Dinar Tunisien

FOPROLOS Fonds de promotion de logement au profit des salariés

IRPP Impôt sur le revenu des personnes physiques

IS Impôt sur les Sociétés

JORT Journal Officiel de la République Tunisienne

LRAI Loi n°2007-69 du 27 décembre 2007, relative à l’initiative économique

NC Note Commune

NCT Norme Comptable Tunisienne

N° Numéro

PV Procès-Verbal
RCF Revue Comptable et Financière

SA Société Anonyme

SUARL Société Unipersonnelle à Responsabilité Limitée

TCL Taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel

TFP Taxe de Formation Professionnelle

TIB Taxe sur les Immeubles Bâtis

TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée

V. Voir
Problématique :

Dans quelles mesures les obligations déclaratives sont


accomplies?

Plan :

I- Le cadre procédural des obligations déclaratives:


A- Les règles relatives à l’accomplissement des obligations
déclaratives
B- Les modalités de l’accomplissements des obligations
déclaratives

II- Les garanties de l’accomplissement des obligations


déclaratives:
A- Le droit de contrôle de l’administration des obligations
déclaratives
B- Les divers sanctions pour défaut de déclaration
Introduction

Les citoyens sont appelés à se conformer à leurs obligations fiscales en tant que
devoir sacré. Toute infraction à cet égard, constitue une violation du droit de la
communauté toute entière et un affaiblissement de l'esprit de citoyenneté.
Le civisme fiscal dépend du respect du formalisme fiscal qui est lui-même
subordonné à l’accomplissant des obligations et fait qu’il soit mis en place un
système déclaratif exigeant aux contribuables le dépôt d’une déclaration des
bénéfices et revenus, telles que prévue par l’article 59 (paragraphe II) du CIRPP et
de l’IS. À cet égard, les obligations déclaratives gardent une spécificité qui leur
distingue d’autres sortes d’obligations fiscales. Les obligations fiscales sont trop
bien nombreuses pour être recensées. Les principales obligations fiscales sont :
les obligations déclaratives bien évidement, mais aussi les obligations en cas de
commencement ou de cessation d’activité, les obligations de dépôt des logiciels,
des PV d’assemblées et du rapport d’audit, les obligations de tenue des livres et
registres, les obligations liées à la détermination du résultat fiscal , les obligations
liées aux déductions et aux dégrèvements fiscaux , les obligations liées aux
restructurations et aux transmissions, les obligations fiscales en matière de tva ,
les obligations fiscales liées aux factures, les obligations fiscales liées a
l’enregistrement, les obligations fiscales liées a la formation professionnelle, les
obligations relatives au transfert des revenus et bénéfices.
Alors qu’est-ce qu’une obligation fiscale ?
Dans le cadre de la relation qui se noue entre l’administration et le contribuable
qui se caractérise par l’étendu des prérogatives du sujet actif qui est
l’administration d’une part et la passivité du contribuable qui légitimise un souci
de cohérence accrue, par l’organisation de ces rapports juridiques par un statut du
contribuable fait de droits et obligations, d’où l’obligation fiscale serait le lien de
droit qui unit le redevable de l’impôt au trésor public.
Le contenu de cette obligation est double, il recouvre une obligation pécuniaire et
des obligations diverses d’ordre administratif ou comptable, auxquelles les
contribuables sont assujettis.
Au premier rang de ces obligations, figure celle de la formalité « de la
déclaration » de préalable pour le déclenchement de l’imposition, il faut donc la
distinguer des différentes communications qui jalonnent le processus fiscal d’où la
nécessité de cerner sa définition.
Du latin « déclarare », on retient de la décomposition du verbe déclaro, qu’il
signifie rendre clair, révéler, dévoiler, faire la lumière. C’est bien ainsi que le droit
en a retenu le sens1.
En droit positif, la déclaration a essentiellement pour objet de révéler un fait
préexistant, ignoré ou contesté. Cette reconnaissance a souvent un caractère
solonnel, elle est marquée d’une publicité tendant à rendre opposable la situation
en cause2. Mais elle est aussi une manifestation d’intention de volonté ; c’est
l’acte par lequel s’exprime le consentement.
A première vue, la déclaration fiscale entrerait dans le schéma d’une
manifestation de volonté enfermée dans un délai, consistant à révéler un fait à
une autorité.
Or la doctrine ne s’est pas suffisamment attachée à définir ce qu’est une
déclaration fiscale. Les rares définitions sont celles présentées par exemple avec
Guy-Gest3 celui-ci retient une définition large de la déclaration : « Formalité par
laquelle certains éléments relatifs à l’établissement et au contrôle des impositions
individuelles sont portés à la connaissance de l’administration fiscale ».
Ou celle présentée par Serlooten4, en tant que « toute pièce ou tout document
que le contribuable est tenu de déposer auprès du service des impôts en vue
d’une imposition légale ou réglementaire et qui comporte des éléments servant à
établir ou à liquider l’impôt. »
On peut retenir à ce titre de la déclaration fiscale la définition suivante : « l’acte
initial par le contribuable reconnait entrer dans le champ d’application de l’une
des dispositions du CGI et engage, de ce fait, avec l’administration un dialogue de
nature à permettre à celle-ci d’établir sur des bases en principe exactes, une

De La Mardière Christophe, RFFP, n°71, Septembre 2000, p122.


1
ème
G.Cornu (dir.), vocabulaire juridique, 3 édition, PUF, 1992, p236.
2
3
G.Gest, Déclaration fiscale, in L. Philip (dir.), dictionnaire encyclopédique de finances publiques, économica, 1991,
p562.
4
Serlooten (P.), Traité de droit commercial, tome III, droit fiscal de l’entreprise. Paris, Monchristien, 1998, p.137.
cotisation d’impôt5 ». La déclaration se présente alors comme une formalité
initiale et un acte d’information.
En tant qu’acte d’information, la déclaration permet d’établir la réalité du fait
générateur, soit parce qu’il est déjà intervenu pour le plus grand nombre de
déclarations, soit parce qu’il n’est plus susceptible d’intervenir pour les
déclarations négatives, soit pour les déclarations d’existence parce que
probablement il interviendra. A ce titre, la déclaration permet la liquidation de
l’impôt en portant la connaissance de l’administration l’évaluation des bases
d’imposition. C’est pourquoi elle doit être souvent accompagnée d’annexes
explicatives ou justificatives.
Enfin, la formalité de déclarer peut être imposée non seulement au débiteur légal
ou réel de la dette d’impôt mais aussi aux tiers qui détiennent des renseignements
utiles aux contrôles de l’administration.
Ainsi, l’ensemble du processus fiscal repose sur la déclaration.
Il faut distinguer l’acte déclaratif en droit fiscal d’autres branches de droit :
1-En droit civil, l’acte déclaratif a pour objet de rendre certain et précis un droit
dont la source préexistait. On ne voit pas en droit fiscal le droit antérieur que le
contribuable pourrait affirmer en déposant sa déclaration. De plus, celle-ci est
constitutive et non déclarative de droits.
2-en droit administratif, l’usage le plus abouti de la déclaration fait de celle-ci une
méthode d’aménagement des libertés publiques ; le citoyen doit prévenir
l’autorité de l’action qu’il décide d’entreprendre. Mais le rôle de l’administration
doit rester passif6, elle se contente d’enregistrer la déclaration et de délivrer un
récépissé. Or, il n’est pas douteux que le fisc dispose d’un droit de contrôle qui
l’autorise à remettre en cause la validité de la déclaration fiscale.
Donc la déclaration fiscale reste méconnue du droit commun et se distingue
également d’autres actes fiscaux.

5
P.Lobry, concl. Sur CE, 22 octobre 1976, req 92182, DF, 1977, 16/17. 677.
J.Rivèro, les libertés publiques, t1, 8éme édition, PUF, coll.Thémis 1997, p197.
6
-certains voient dans la déclaration une confession, un aveu, Or cette qualification
est fausse, car l’impôt n’est pas une punition, déclarer la base imposable n’est pas
une faute, au contraire, c’est le fait de ne pas déclarer qui est fautif7.
-l’aveu civil présente des analogies avec l’acte déclaratif fiscal, car il consiste dans
la reconnaissance d’un fait8. Alors que l’aveu civil suppose un litige, la déclaration
fiscale ne peut être la manifestation d’un contentieux. Elle est un acte initial à
l’origine duquel aucun litige n’a pu encore prendre naissance.
D’un point de vue théorique, la déclaration fiscale se fait sur la base des principes
de la légalité et de l’égalité devant l’impôt et ne peut être par conséquent l’objet
d’un accord entre le fisc et le contribuable, elle résulte de la loi et non d’un
contrat préalable. Seule la transaction fait exception9.
Ainsi le système fiscal tunisien est un système déclaratif qui met à la charge des
contribuables l’obligation de déposer plusieurs10 déclarations prévues notamment
dans le code de l’IR et IS et dans le code de la TVA.
Celles-ci sont en fait de deux sortes : des déclarations qui comportent la base
d’imposition et de paiement d’impôt d’une part et des déclarations exigées pour
des raisons de vérification ou de contrôle pouvant être effectuées par
l’administration telles que : la déclaration d’existence, de cession ou de cessation
d’activité, d’autre part ces textes fiscaux affirment que la déclaration est un acte
général, obligatoire, d’origine législative, assortie de sanctions. Ils supposent que
les contribuables soient conscients de leur devoir fiscal et qu’ils se soumettent
scrupuleusement aux obligations déclaratives.

7
F.Déruel, la preuve en matière fiscale, thèse Paris 1962, p 209.
8
Il y a aveu « toute les fois que l’une des parties reconnait elle-meme comme exacte l’allégation dirigée contre elle
par son adversaire » M.Planiol, traité élémentaire de droit civil, t II, 4 éme édition, LGDJ, 1907, n°22.
9
De La Mardière Christophe, réflexion sur le caractère objectif du consentement administratif de l’impôt, th, Paris
II, 1996, p205 et s.
10
Il s’agit notamment de la déclaration de TVA, de la déclaration de droit de consommation, de la déclaration de
l’impôt sur le revenu (Article 59CIR), de la déclaration de retenue à la source (Article 52 CIR), de la déclaration
d’acompte provisionnel (Article 51 CIR), de la déclaration de l’avance (Article 51 bis CIR), de la déclaration de
cession(Article 57 CIR) ou de cessation d’activité (Article 58), de la déclaration de la taxe sur les établissements à
caractère industriel, commercial ou professionnel (Article 39 du code de la fiscalité locale), de la déclaration de la
taxe hôtelière(article 44 CFL), de la déclaration de la taxe de formation professionnelle, de la déclaration des fonds
de promotion du logement pour les salariés, de la déclaration en matière de droits d’enregistrement (article de 1 à
7 du code des droits d’enregistrement et de timbre), de la déclaration en matière de droit de timbre, de la
déclaration de la taxe unique sur les assurances, de la déclaration de taxe unique de compensation de transport
routiers.
A cet égard le code des procédures fiscales a introduit dans son article 2
expressément la notion de devoir fiscal, son accomplissement suppose le dépôt de
la déclaration spontanée de l’impôt dans les délais impartis par la loi.
Historiquement, le procédé de la déclaration n’est pas une idée contemporaine
née avec notre siècle mais une vieille pratique qui remonte à Rome.
A Rome, le premier régime fiscal connu celui de Servius-Tullins était déclaratif ;
chaque citoyen devait faire une déclaration de sa fortune.
Ce système avait fourni de bons résultats sous la République où la cohésion de la
cité était la plus grande. Mais, lorsque la ville s’étendit, la fraude devient si
considérable que le législateur renonça à la déclaration pour une méthode
indiciaire qui consistait à présumer l’existence de la matière imposable et à
évaluer à partir de signes extérieurs estimés en relation étroite avec elle.
Concernant le système fiscal français, source d’inspiration constante du législateur
tunisien, le système déclaratif fut utilisé bien que Bodin en fasse l’éloge dans son
traité de la République11, il connaissait les faveurs des gouvernants de l’ancien
régime.
Le procédé déclaratif apparait dès 1188 pour la perception de la dime saladine
établie par Philippe-Auguste ; chaque contribuable devant procéder lui-même à
l’évaluation de son revenu sous la foi du serment12. L’église était seule juge de
l’estimation des biens ; celui qui faisait une fausse déclaration commettait donc un
parjure puni de l’anathème13
Les impôts votés par les Etats généraux en 1355 reposaient également sur une
déclaration initiale des contribuables, comme le rapport Isambert 14 . Les
représentants des contribuables nommaient des collecteurs qui, assistés de
quelques notables, recevaient les déclarations des contribuables sur l’état de leur

J.Bodin, les six livres de la République à Lyon par Jaques du Pup 1576 livre VI chapitre II selon cet auteur il
11

conviendrait « qu’un chacun apporte par déclaration les biens et revenus qu’il a par ce moyen il serait pourvu au
justes plaintes et doléances des pauvres que les riches ont accoutumé charger et s’exempter en tout le royaume de
France par ce moyen les concussions, les parts, les faveurs des élues, essayeurs et autres officiers qui ont la charge
d’égaler les impots seraient découvertes. »
F.A.Isambert, Receuil général des anciennes lois Françaises depuis l’an 420 jusqu’à la révolution de 1789, Paris,
12

1824, T1, p.171.


13
G.Hugo, le role de la déclaration en matière d’impot directs ; thèse paris Giard et Brière.
14
F.A.Isambert, Receuil général des anciennes lois françaises depuis l’an 420 jusqu’à la révolution de 1789, op cit p
171.
fortune. Lorsqu’une déclaration paraissait exacte, ils taxaient immédiatement.
Dans le cas contraire, ils renvoyaient le déclarant devant les élus ; ceux-ci
déféraient le serment au contribuable et si le serment était refusé, ils imposaient
d’office.
A l’origine la déclaration est apparue comme élément du système d’imposition
mais cette vision ne s’adapte plus aujourd’hui à l’environnement fiscal de notre
époque, la déclaration ne possède désormais le plus souvent aucune valeur
juridique, elle n’est qu’une indication pour les collecteurs.
Après il y a eu plusieurs changements au niveau de la législation fiscale au cours
des siècles pour mettre fin au système indiciaire, jusqu’à l’époque du 19ème siècle,
pour que le procédé déclaratif deveint dans le cadre des nouvelles réformes
portant sur l’établissement de la justice fiscale et à opter pour l’impot personnel,
pour etre donc conçu (le procédé déclaratif)comme le seul moyen d’asseoir un
impôt juste.
Donc la déclaration part à ce stade, inévitable, avec l’adoption de la loi Caillaux de
1914, il y a lieu de parler d’une nouvelle conception de l’impot direct basé sur la
place de la déclaration qui dépend de « demander aux assujetis d’annocer
eux-même la base de l’impot15». Dans ce projet la déclaration était facultative, la
seule sanction au contribuable défaillant était la taxation d’office où
l’administration est dépourvue de tout pouvoir discrétionnaire. Le contribuable
était encouragé à déposer sa déclaration ; si celle-ci était souscrite spontanément,
elle lui permettait de déduire ses charges. Mais elle ne comportait que le total des
revenus sans fournir le détail ce qui rend tout contrôle impossible16.
La loi de finance pour 1917 mit fin à cet Eldorado ; la déclaration devient
obligatoire, elle devait être détaillée. Par la suite les sanctions devirent de plus en
plus sévères et les moyens du contrôle fiscal considérablement renforcés. Enfin, le
procédé déclaratif fut étendu et généralisé pour donner naissance au système
actuel.
En Tunisie, la mise en place du système déclaratif remonte à la période du
protectorat ; cette période a été caractérisée par l’instauration d’un systéme fiscal
moderne largement inspiré du systéme français, ce mouvement de modernisation
15
J.Caillaux ministre des finances.
E.Allix, m.lecercle, l’impot sur le revenu, op.cit p153.
16
s’est traduit par la réorganisation de l’administration fiscale et la création de
directions financières pour gérer les affaires financières du pays17.
En 1954, les autorités du protectorat ont adopté et un code de l'impôt de la
patente et de l'impôt sur les bénéfices des professions non commercial. l'article 42
du code exigeait de contribuable, avant l'exercice d'un commerce, d'une industrie
ou d'une profession de faire une déclaration d'existence sur un modèle établi par
l'administration. De son côté l'article 7.29 imposait aux contribuables l'obligation
de souscrire des déclarations concernant l'établissement de l'impôt.
La multiplicité des impôts introduits par la législation fiscale à cette époque à
donner lieu ainsi à instituer une déclaration pour chaque catégorie de revenus. De
ce fait, le contribuable devait souscrire au moins deux déclarations, l’une au titre
de la cédule et l’autre au titre de l’impot général sur le revenu appelé
« contribution personnelle d’Etat ».
La loi n°72.62 du 31/12/1962 a substitué à ce régime de déclarations multiples
une déclaration unique où devrait figurer tous les revenus du contribuable. Cette
loi avait également généralisé le paiement au comptant « l’institution de cette
déclaration a permis de déceler de nouveaux contribuables qui précédemment
n’acquittaienet que certains impots cédulaires ou n’acquittaient aucun »18.
Ces nouveautés, qui n’ont pas, semble-t-*il, aider à limiter la fraude et à
s’attaquer à la psychologie méfiante des contribuables, ont poussé les pouvoirs
publics, depuis les années quatre-vingt à introduire une réforme fiscale qui a
touché les principaux impots d’Etat : la TVA en 1998, l’impot sur le revenu et
l’impot sur les sociétés en 1989 et les droits d’enregistrement en 1993.
Avec ces réformes on a assisté à une généralisation progressive du systéme
déclaratif à l’exception de certains impots locaux créés par le code de la fiscalité
locale de 1997 qui ont continué à échapper à cette vague de fond de la
déclaration.

17
La direction des finances (décret 4 novembre 1882), la direction des douanes et des contributions diverses
(décret 2 octobre 1884), la direction des monopoles (1890) et la direction de l’enregistrement et de timbre (décret
20 septembre 1917).
18
J.Magmet ; les finances publiques Tunisiennes, ENA, 1962, p 108.
Par rapport à la législation précédente, le code des droits et des procédures
fiscaux adopté par la loi n°200.82 du 9 aout 2000 portant promulgation du CDPF
présente un triple avantage :
- La loi a seule la compétence pour déterminer les élèments essentiels de
l’impot à savoir l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement.
- L’harmonisation des procédures pour faciliter sa compréhension et d’éviter
les divergences de sa lecture.
- La codification des procédures
A l’image de plusieurs pays19, la Tunisie a entamé le chantier de la simplification
des procédures fiscales. L’arrêté du ministre des finances du 22 novembre 2011
partant adoption et mise en œuvre d’un processus participatif de simplification
des formalités fiscales et douanières a posé les confiances entre les services
fiscaux et douaniers et leurs usagers20.
Sur le plan pratique du sujet, on tient à souligner les conséquences qui s’attachent
aux obligations déclaratives, vue que la déclaration conduit d’une part
directement à l’impôt mais surtout c’est elle d’une autre part, qui va commander
la procédure que devra suivre un éventuel contrôle.
Ainsi « la déclaration-information », menace le contribuable défaillant d’une
amende, mais aussi, la non-déduction de la somme qui n’a pas été déclarée, aussi
pour le cas de « la déclaration-assiette », il y a lieu d’imposer des majorations de

La Belgique a dédié à la simplification administrative une agence, un programme de communication et un site


19

web (http://www.kafka.be) dont le nom est inspiré de Franz Kafka, l’écrivain qui, dans ses écritures, dénonçait
l’indifférence de l’Etat et qui décrivait l’impuissance du citoyen vis-à-vis de la toute-puissance des autorités
arrogantes et inaccessibles qui n’étaient pas ou peu en contact avec la réalité.
En France, les assises de la simplification de réglementation tenues en 2011 ont débouché sur des dizaines de
mesures incluant les obligations comptables et fiscales.
v. R. YAICH, Le cout du respect des obligations administratives et légale, RCF n° 95, premier trimestre 2012, p.5.

Dans le site du ministère des finances ce projet vise :


20

- L’amélioration de la qualité et de la transparence des prestations des services fiscaux et douaniers


- la réduction des couts administratifs supportés par les entreprises
-la mise en place d’une démarche participative de gouvernance publique fondée sur la participation du secteur
privé.
v. http://www.portail.finances.gov.tn/formalites/
l’impôt en cause. Les manquements à l’obligation de déclarer justifient
l’application d’une procédure d’imposition d’office.
Il s’agit donc, d’une formalité substantielle du processus fiscal ; l’inexécution de la
formalité, ou son exécution irrégulière ou incomplète entraine toute une série de
conséquence.
L’article 5 du CDPF consacre le droit pour l’administration de contrôler le respect
par les contribuables de leurs obligations fiscales. Cet article dispose, en effet, que
l’administration fiscale contrôle et vérifie les déclarations, actes, écrits, mutations,
factures et documents utilisés ou justifiant l’établissement des impôts et leur
paiement ou présentés en vue de bénéficier d’avantages ou de dégrèvements
fiscaux ou de la restitution des sommes perçues en trop au titre de ces impôts.
Plus explicitement cet article ajoute que l’administration « contrôle également le
respect par le contribuable de ses obligations fiscales ».
Le contrôle du respect par les contribuables de leurs obligations fiscales pour
intervenir dans le cadre de la vérification préliminaire des déclarations en ce qui
concerne les pièces, documents et déclarations dont dispose l’administration. Il
peut s’agir de la vérification de l’exhaustivité des pièces devant être annexées
auxdites déclarations21, du contrôle du respect des conditions exigées pour le bénéfice des

Dans une note interne sur la vérification préliminaire des déclarations fiscales (parue en 2002) la DGCF a invité
21

les chefs des BCI à s’assurer de l’exhaustivité des pièces annexées auxdites déclarations.
Selon cette note interne les services de contrôle fiscal doivent, en cas d’anomalies appeler les contribuables à
déposer les pièces manquantes dans un délai de 15 jours. Passé ce délai, la note prévoit l’établissement d’un PV
conformément à l’article 71 du CDPF, l’application des sanctions pénales prévues par les articles 89 et 91 du même
code, l’établissement de redressements dans le cadre d’une vérification préliminaire, s’il s’agit de l’état des dons et
subventions, des documents exigés en cas de réinvestissement ou de l’état des affaire résiliées ou annulées.
Cette même note prévoit également la programmation des dossiers fiscaux des contribuables contrevenants à la
vérification approfondie, et ce, en cas de récidive en matière de l’obligation de joindre l’état des amortissements et
provisions
‫لذا وباعتبار أهمية هذه المعلومات على مستوى نجاعة أعمال المراقبة الجبائية ونظرا النعكاساتها على الوضعية الجبائية للمطالبين‬
‫باألداء خاصة أن اإلخالل بالبعض منها يترتب عنه عدم قبول طرح بعض األعباء أو عدم طرح األ ق م’ فإن السادة رؤساء مكاتب مراقبة األداءات‬
‫مدعوون للقيام بمراجعة التصاريح الجبائية بهدف الحد من سوء تعميرها والتثبت في الوثائق المصاحبة الواجب ارفاقها بهذه التصاريح المودعة من قبل‬
،‫األشخاص المعنويين وكذلك األشخاص الطبيعيين الخاضعين للضريبة على الدخل حسب النظام الحقيقي‬
}....{ ‫وفي هذا اإلطار فإن أعوان المراقبة الجبائية مطالبون بصفة عملية ب؛‬
‫ يوما‬15 ‫ اشعار المطالبين المطالبين باألداء بضرورة موافاة مكتب مراقبة األداءات الراجعين له بالنظر له في أجل أقصاه‬/2
‫بالوثائق التي لم يتم ارفاقها بالتصاريح المودعة طبقا للتشريع الجاري به العمل وبانقضاء هذا األجل يتعين؛‬
‫ من م ح إ ج‬71 ‫*تحرير محضر في الغرض طبقا ألحكام الفصل‬
‫ من المجلة المذكورة‬91‫ و‬89 ‫*تطبيق العقوبات المنصوص عليها بالفصلين‬
‫*القيام بالتعديالت الالزمة في إطار مراجعة أولية إذا تعلق األمر بالهبات واإلعانات وكذلك بطرح األرباح بعنوان إعادة‬
‫االستثمار و األ ق م القابل للطرح بعنوان عمليات وقع فسخها أو الغاؤها فيما بعد‬
avantages fiscaux ou du régime suspensif en matière de TVA et d’une manière générale, de la
vérification du formalisme lié aux déclarations fiscales.

Le contrôle des obligations fiscales peut également intervenir dans le cadre d’une
vérification approfondie et peut alors concerner, au-delà des obligations formelles
inhérentes aux déclarations, toutes obligations comptables, les conditions de tenue des
livres, registres, la qualité des pièces justificatives…
La connaissance de l’étendu des obligations fiscales est primordiale pour une gestion
fiscale saine. Les amendes du CDPF qui sanctionnent le non-respect de certaines
obligations fiscales ; amendes qui, pour certaines d’entre-elles, peuvent depuis le 1er
janvier 2014, faire l’objet d’une taxation d’office exécutoire et non susceptible de
suspension22, ne représentent pas l’unique facette du risque fiscal imputable au
non-respect de ces obligations. Le contrôle fiscal d’une entreprise conduit parfois à des
redressements conséquents imputables à une gestion fiscale négligente qui méconnait
l’intérêt du strict respect du formalisme fiscal.
Une simple omission, même commise involontairement peut priver une entreprise de la
possibilité de déduire certaines charges ou taxes récupérables ou l’écarter du bénéfice

‫*اقتراح برمجة الملفات الجبائية للمخالفين للمراجعة المعمقة وذلك في صورة العود او إذا تعلق األمر بعدم ارفاق قائمة‬
‫مفصلة في االستهالكات وفي المدخرات‬
La loi n°2013-54 du 30 décembre 2013, portant loi de finances pour l’année 2014 a supprimé
l’obligation de dépôts de l’état des affaires résiliées ou annulées.

22
La loi de finance pour l’année 2014 a institué un nouveau cas de taxation d’office pour
les amendes fiscales administratives prévues par les articles 84 bis à 85 du CDPF, à
savoir l’amende fiscale administrative pour non-respect de la procédure prévue par
l’article 112 du CDPF, l’amande fiscale administrative pour non-apurement des bons de
commande, l’amende fiscale administrative en cas de déduction de la TVA lors de la
reconstitution extracomptable du chiffre d’affaire, l’amende fiscale administrative en cas
de ventes en suspension de la tva sans disposer des originaux des bons de commande
et la pénalité pour défaut de déclaration des revenus et bénéfices exonérés. Ces
amendes fiscales administratives prévues par les articles 84 bis à 85 du CDPF sont
établies en cas de non régularisation de la situation fiscale du contribuable dans un délai
de 30 jours à compter de la date de sa mise en demeure conformément aux procédures
prévues par l’article 10 du CDPF.
La taxation d’office est établie nonobstant les procédures de vérification approfondie.
Elle est également exécutoire nonobstant les actions en opposition y afférentes. Le
caractère exécutoire signifie qu’après sa notification, les sommes taxées d’office au titre
des pénalités administratives sont constatées dans les écritures du receveur des
finances compétent
Enfin et à l’instar des retenues à la source, les sommes en question sont exclues de la
possibilité de suspension de l’exécution par le paiement de 20% du montant de l’impôt
en principal ou par la production d’une caution bancaire pour le même montant.
de certains avantages fiscaux, au motif qu’un tel état n’ait pas été déposé ou joint à la
déclaration fiscale, ou qu’une telle mention n’ait pas été transcrite sur une pièce, etc.
A cet égard, il parait légitime de poser la problématique suivante : Dans quelles mesures
les obligations déclaratives sont accomplies?
Et afin d’y répondre on va analyser dans un premier temps (I)- Le cadre procédurale des
obligations déclaratives, pour voir ensuite (II)- Les garanties de l’accomplissement des
obligations déclaratives.
I-Le cadre procédural des obligations déclaratives:
Dans cette première partie nous allons traiter le cadre procédurale à travers
l’identification des différentes régles relatives à l’accomplissement des obligations
déclaratives(a) d’une part et les diverses modalités relatives à l’accomplissement des
obligations déclaratives (b)

a- Les règles relatives à l’accomplissement des obligations déclaratives :


Dans ce cadre on distingue entre : Les régles spécifiques aux délais de l’obligation
déclarative (a-1) et Les régles spécifiques au lieu de déclaration (a-2)
a-1)- Les régles spécifiques aux délais de l’obligation déclarative :

En ce qui concerne les délais, on distingue entre (1)-Les délais relatives à l’existence de
l’entreprise et (2)-Les déclarations relatives à l’activité de l’entreprise
(1)- Les délais relatives à l’existence de l’entreprise :
On distingue dans ce cadre différents sortes de déclarations, d’abord, la déclaration
d’existence :
Selon l’article 56 du CIRPPIS cette déclaration est à déposer avant le commencement
de l'activité et elle concerne :
- les titulaires des professions non commerciales ;
- les titulaires des professions commerciales et industrielles ;
- les personnes morales.
La loi de finance pour la gestion de 2019 dans son article 44 a fait une extension au
champ d’application de cette obligation et exige le dépôt de la déclaration d'existence
aux associations.
On relève aussi, la déclaration de cession et de cessation de l’activité : qui doit être
déposer selon le délai fixer au niveau de l’art 58 du CIRPPIS dans un délai de 15 jours à
partir de la date de cession ou de cessation.
(2)-Les délais relatifs à l’activité de l’entreprise :
On commence tout d’abord, par, La déclaration annuelle :

- IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES :


La déclaration de l’IRPP doit être déposée :
A/ jusqu’au 25 février
Ce délai s’applique pour les personnes qui ne réalisent que :
-des revenus de capitaux mobiliers
-des revenus de valeurs mobilières23
- des revenus fonciers et ;
- des revenus de source étrangère autres que les salaires, pensions et rentes viagères).
Ces catégories de revenus sont considérées pour l’application des délais de déclaration
comme une seule catégorie. Aussi, et au cas où le contribuable réaliserait d’autres
revenus catégoriels, il convient de retenir le délai spécifique applicable à ces autres
revenus.
B/ Jusqu’au 25 avril
Ce délai pour les commerçants
C/ Jusqu’au 25 mai
Ce délai est applicable pour les prestataires de services et les personnes qui exercent
une activité industrielle ou profession non commerciale, ainsi que les personnes qui
exercent plusieurs activités ou qui réalisent plus d’une seule activité et qui ne sont pas
expressément soumises à une autre date.
D/ Jusqu’au 25 juillet
Ce délai s’applique pour les personnes qui exercent une activité artisanale. Il s’applique
aussi pour les contribuables qui réalisent en sus des revenus provenant de l’exercice de
leur activité artisanale, des revenus de capitaux mobilier et/ou des revenus de source
étrangère ou des revenus d’une activité artisanale.
E/ jusqu’à 25 aout
Ce délai s’applique pour les personnes qui réalisent des bénéfices d’exploitation
agricole ou de pêche, y compris lorsqu’elles réalisent en sus de leurs revenus agricoles
ou de pêche, des revenus de capitaux mobiliers et/ou des revenus fonciers et/ou des
revenus de source étrangère ou des revenus d’une activité artisanale.
F/ Jusqu’au 5 décembre
Ce délai s’applique pour les salariés et les bénéficiaires de pensions ou de rentes
viagères (et ce, pour les salaires, pensions et rentes viagères de source tunisienne et
étrangère 24 ), y compris lorsqu’elles réalisent en sus de leurs salaires, pensions ou

23
Avant sa refonte par la loi de finances pour la gestion de 2011, le paragraphe I de
l’article 60 du CIRPPIS n’avait pas fixé de délai pour le contribuable réalisant
uniquement des revenus de valeurs mobilières.
24
La loi de finances pour la gestion de l’année 2009 a prorogé le délai de dépôt de la
déclaration annuelle de l’IRPP pour les personnes physiques percevant des revenus de
source étrangère constitués par des salaires, pensions ou rentes viagères. Ce délai
auparavant fixé jusqu’au 25 février est aligné au délai du 5 décembre prévu pour les
salariés et bénéficiaires de pensions ou de rentes viagères.
rentes viagères, des revenus de capitaux mobiliers et/ou des revenus fonciers et/ou des
revenus de source étrangère et/ou des bénéfices des exploitation agricole ou de pèche.
G/ Contribuables cumulant plusieurs catégories de revenus ou exerçant plusieurs
activités
Lorsqu’un contribuable cumule plusieurs catégories de revenus ou exerce plusieurs
activités, sa déclaration annuelle des revenus regroupant l’ensemble des revenus doit
être déposée jusqu’au 25 mai si l’une des activités relève du commerce, de l’industrie,
des prestations de services ou des bénéfices des professions non commerciales. Il en
est de même des personnes qui cumulent une activité artisanale et une activité salariée.
H/ Contribuables ne réalisant aucun revenu
Selon la note commune n°1 de l’année 1994, les personnes qui ne réalisent pas de
revenus doivent déposer leur déclaration dans le délai prévu à la catégorie de revenus à
laquelle ils se déclarent. Cette doctrine considère également que les personnes qui se
déclarent sans activité ou profession ne sont pas soumises à un délai déterminé de
dépôt de déclaration. Dans ce cas, la déclaration qu’ils déposent peut-être reçue à
n’importe quelle date sans pénalité25.
I/ Personnes physiques soumises au régime forfaitaire prévu par l’article 44 bis du
CIRPPIS
La déclaration de l’impôt forfaitaire est effectuée, conformément aux dispositions de
l’article 60 du CIRPPIS dans un délai ne dépassant pas :
-Le 25 avril pour les commerçants
-Le 25 mai pour les personnes exerçant une activité industrielle, les prestataires de
services et la consommation sur place, ainsi que les personnes exerçantes, en sus de
l’une de ces activités, une activité commerciale.
Néanmoins, les entreprises bénéficiaires du forfait d’impôt pourront payes une avance
au titre de l’impôt forfaitaire, et ce, dans un délai ne dépassant pas la fin du mois qui suit
le premier semestre de chaque année. L’avance est calculée sur la base du chiffre
d’affaire réalisé au cours dudit semestre et selon les taux de 2% et de 2.5% susvisés.
L’avance est imputable sur l’impôt forfaitaire sur le revenu26

25
BODI, Texte DGI n° 94/02, Note commune n°1
26
Ainsi, les avances au titre de l’impôt forfaitaire sur le revenu des personnes soumises
au régime forfaitaire se limitent à la retenue à la source au taux de 1.5% sur les
montants des ventes marchandises, matériel, équipement et de services supérieur ou
égaux à 1.000 DT et à l’avance optionnelle au titre de l’impôt forfaitaire sur le revenu
liquidé au taux de 2% ou de 2.5% sur la base du chiffre d’affaire réalisé au cours du
premier semestre de l’année concernée.
Aussi, les bénéficiaires du forfait d’impôt sont-ils dispensés du paiement des acomptes
provisionnels.
Enfin, les personnes concernées sont tenues de déposer les déclarations relatives à la
contribution au FOPROLOS et à la retenue à la source dont ils sont redevables et de
payer les montants exigibles à la recette des finances concernée :
-dans les 15 premiers jours des mois de janvier et de juillet qui suivent le semestre au
cours duquel ces retenues et contributions ont été effectuées, et ce, pour les personnes
exerçant dans le secteur du transport de personnes par taxis, louages, ou transport
rural, et
-dans les 15 premiers jours du mois qui suit chaque trimestre de l’année civile au cours
de laquelle ces retenus et contributions ont été effectuées pour les autres personnes
soumises au régime forfaitaire.
J/ Plus-value immobilières et plus-values réalisées sur la cession des actions et des
parts sociales non rattachées à un actif professionnel
L’article 60 du CIRPPIS prévoit, pour les personnes physiques, 3 délais spéciaux pour
les déclarations des plus-values immobilières et des plus-values sur cession des actions
et des parts sociales :
-la déclaration relative à la plus-value immobilière doit être déposée, au plus tard, à la fin
du troisième mois qui suit celui de la réalisation effective de la cession27
-l’impôt du au titre de la plus-value de cession de lots ou parties de lots dont l’origine de
propriété provient de la cession, autre que par voie d’échange, de terres domaniales à
vocation agricole et qui ont perdu cette vocation est payé au vu d’une déclaration initiale
à déposer au cours du mois qui suit la date de la notification de la valeur fixée par
l’expert du domaine de l’Etat.
-la déclaration relative à la plus-value réalisée sur la cession des actions et des parts
sociales non rattachées à un actif professionnel doit être déposée au plus tard le 25
février de l’année qui suit celle de la réalisation des opérations de cession.
K/ Autres délais particuliers
Les paragraphes III et IV de l’article 60 du CIRPPIS prévoient deux délais particuliers :
1/ les personnes auparavant résidentes en Tunisie, qui transfèrent leur domicile hors de
la Tunisie doivent déposer leur déclaration et payer les impôts à leur charge dans le
mois qui précédé celui de leur départ28

27
Selon la doctrine administrative, la déclaration demeure obligatoire, même dans le cas
où le contribuable réalise une moins-value.
28
Visés à l’article 7-3 du CIRPPIS les contribuables, auparavant résidents en Tunisie,
qui transfèrent leur domicile hors de Tunisie, paient l’impôt sur le revenus réalisés ou
2/ en cas de décès, la déclaration doit être par les ayants-droits du défunt dans les 6
mois de la date du décès et ne peut donner lieu à un impôt excédant la moitié de l’actif
net successoral avant paiement des droits de mutation par décès29

- IMPOT SUR LES SOCIETES :


A/Les délais de dépôt de la déclaration annuelle
La déclaration doit être déposée dans un délai n’excédant pas le 25 mars de chaque
année ou dans un délai n’excédant pas le 25éme jour du troisième mois qui suit la date
de clôture de l’exercice si celui-ci est arrêté à une date autre que le 31 décembre.
Les déclarations comportant liquidation de l’IS pour les sociétés soumises légalement à
l’audit d’un commissaire aux comptes conservent un caractère provisoire :
-lorsqu’elles sont déposées avant la réunion de l’assemblée générale des associés
devant approuver les comptes de cet exercice
-avant la certification des comptes de l’année concernée par un commissaire aux
comptes pour les SUARL
Ces déclarations sont susceptibles de modifications :
-dans les 15 jours qui suivent la date d’approbation ou la certification des comptes Delon
le cas et ;
-au plus tard le 25éme jour du troisième mois suivant la date limite de dépôt
Le tribunal administratif considère que l’administration ne peut pas contrôler l’IS d’un
exercice, alors que le délai limite de déclaration ne s’est pas écoulé30
B/ Avance due par les sociétés de personnes
La déclaration de l’avance et son paiement doivent avoir lieu en même temps que le
dépôt de la déclaration des bénéfices dans les délais prévus par l’art 60 du CIRPPIS,
soit au plus tard le 25 mars de chaque année ou dans les 25 premiers jours du 3éme
mois qui suit la date de clôture de l’exercice si celui-ci ne coïncide pas avec l’’année
civile
c/ Cas particulier:
-Les sociétés totalement exportatrices peuvent déposer leurs déclarations de l’IS
jusqu’au 30 juin de l’année qui suit l’année au titre de laquelle la déclaration est faite,
sans être tenues de déposer une déclaration provisoire.

perçus pendant l’année de leur départ jusqu’à la date de ce départ, ainsi que sur ceux
qui leur sont acquis sans avoir la disposition avant cette date.
29
Tribunal Administratif, Affaire n° 38234 du 8 juin 2009
30
Tribunal Administratif, Affaire n° 31928 du 10 Avril 2001
-les banques d’investissement la déclaration se fait dans 25 jours après la date de tenu
de l’assemblée générale (Article.1 loi n°88-93 du 2/8/1988

- Déclaration de l’employeur
Toute personne physique ou morale qui à l’occasion de l’exercice de son activité
industrielle, commerciale ou non commerciale paie des traitements, salaires, pensions ou
rentes viagères, honoraires, commissions, courtages, loyers, jetons de présence, revenus
de capitaux mobiliers etc…
l’Article 69 de la loi de finances 2003 a prorogé le délai de dépôt de la déclaration
d’employeur prévue par l’Article 55 du CIRPPIS jusqu’au 28 février de chaque année.

Ensuite, il existe des délais spécifiques à la déclaration trimestrielle :


Les contribuables, personnes physiques, soumis au régime réel exerçant une activité
commerciale, industrielle ou non commerciale et les personnes morales soumises à l’IS,
Il en est de même des contribuables soumis au régime forfaitaire, doivent déposer une
déclaration trimestrielle d’acomptes provisionnels comme suit :
-pour les personnes physiques soumises à l’IRPP, pendant les 25 premiers jours des
sixième, neuvième et douzième mois qui suivent la date de clôture de l’exercice
-pour les personnes morales soumises à l’IS, pendant les 28 premiers jours des
sixième, neuvième et douzième mois qui suivent la date de clôture de l’exercice
- pour les entreprises nouvelles : la deuxième année d’activité.
Toutefois, sont exempts du paiement des 3 acomptes :
1-les agriculteurs
2-les artisans
3-les salariés et pensionnés réalisant des revenus fonciers
Et par conséquent, ne sont pas soumis à cette déclaration.

On traite ensuite, La déclaration mensuelle :


Qui est relative: -à la TVA et au DC

- Aux retenues à la source en matière d’IR et d’IS


- Aux taxes parafiscales revenant au FODEC, au FODECAP, au FODECOT, au
FOPROLOS, au FSN, au fonds de la protection civile et de la sécurité routière, au
fonds de garantie des victimes d’accidents automobiles ;

- à la TH, à la TCL, à la TFP, à la taxe unique sur les assurances, au droit de timbre,
au droit de licence sur les débits de boissons; et ce, dans les 15 jours du mois
suivant pour les personnes physiques et dans les 28 jours du mois suivant pour les
personnes morales.

- Il est à noter que ces déclarations mensuelles sont groupées en un seul document
appelé « déclaration mensuelle d’impôts ».
La loi de finances pour la gestion 1994, a rendu mensuelles les déclarations relatives à
la taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel, ainsi
que les déclarations relatives à la TVA pour les personnes exerçant une profession non
commerciale.
-Les Redevances de compensation : L’art 63 de la loi de finances pour l’année 2013 a créé
au profit de la caisse générale de compensation, une redevance de compensation due :

- pour les casinos et les boites de nuit non affiliée à un établissement touristique, les
restaurants classés, les cafés de la 2éme et 3éme catégories, les salons de thé et
les pâtissiers soumis à l’IRPP selon le régime réel ou à l’IS, sur la base d’une
déclaration mensuelle dans les mêmes délais prévus en matière de la TVA.
-Sur les voitures particulières et les voitures mixtes, telles que définies par l’art 2 du
code de la route, et dont la cylindrée excédé 2000 cm pour les voitures utilisant
l’essence et 2500 cm pour les voitures utilisant l’huile lourde. L’agence technique de
transport terrestre est chargée de verser ladite redevance au Trésor sur la base
d’une déclaration mensuelle selon un modèle établie par l’administration à déposer
auprès du receveur des finances durant les 28 premier jours du mois suivant le mois
au cours duquel le recouvrement a eu lieu.
-Par chaque résident dans les établissements touristiques. La redevance est
recouvrée par l’établissement touristique concerné contre délivrance d’une quittance
à cet effet. Elle est payée sur la base d’une déclaration mensuelle à déposer à la
recette des finances compétente par l’établissement touristique dans les mêmes
délais prévus en matière de retenue à la source.
TPF, FOPROLOS, IMPOTS ET TAXES QUI SONT RATTACHES DU POINT DE
VUE DE LA PERCEPTION A LA TVA, RETENUE A LA SOURCE, TAXE UNIQUE
SUR LES ASSURANCES, TAXE HOTELIERE, TAXE SUR LES ETABLISSEMENTS
A CARACTERE INDUSTRIEL, COMMERCIAL OU PROFESSIONNEL ET AVANCE
SUR L’IMPOT AU TITRE DES ACQUISITIONS DES PERSONNES NON
SOUMISES A L’IMPOT SELON LE REGIME REEL Les délais de déclaration sont
fixés comme suit31 :
-Jusqu’au 15éme jour du mois suivant celui au titre duquel la déclaration est
déposée pour les personnes physiques
-Jusqu’au 28éme jour du mois qui suit celui au titre duquel la déclaration est
déposée pour les personnes morales

Ensuite, on ajoute la déclaration occasionnelle :


A ce titre on peut relever deux exemples :
- La déclaration relative à la plus-value immobilière
En cas de réalisation d’une plus-value de cession de droits sociaux dans les sociétés
immobilières, de terrains à bâtir ou d’immeubles bâtis, ainsi qu’en cas de cession de lots
ou parties de lots provenant de terres domaniales ayant perdu leur vocation agricole, la
déclaration doit être déposé dans 3 mois de la date de réalisation de la cession.
- La déclaration des opération occasionnelles : Les personnes effectuant
occasionnellement une opération passible de la TVA, doivent souscrire dans les 48
heures une déclaration, au lieu d’établissement des impôts tel prévu par l’article 3 du
CDPF32

Enfin, on identifie les délais spécifiques à la déclaration relative au droit


d’enregistrement :
Le CDET prévoit plusieurs délais pour l’enregistrement des actes :
A/ Délai de 24 heures
En vertu de l’article 23.1 n°2 du CDET, sont enregistrées au droit fixe, les déclarations
ou élections de command, par suite d’adjudication ou contrat de vente de biens
immeubles, lorsque la faculté d’élire un command a été réservée dans l’acte d’adjuration

31
Ces délais ont été institué par les articles 31, 32, 33, 34, 35, 38, 39 et 40 de la loi n°
93-125 du 27 décembre 1993, portant loi de finances pour la gestion 1994, qui a rendu
mensuelles les déclarations relatives à la taxe sur les établissements à caractère
industriel, commercial ou professionnel, ainsi que les déclarations relatives à la TVA
pour les personnes exerçant une profession non commerciale, et modifié les délais de
dépôt des déclarations. Ces dispositions visent selon la note commune n° 1 de l’année
1994, à « améliorer le recouvrement des divers impôts et taxes d’une part et afin d’éviter
l’encombrement constaté au nveau des recettes à l’occasion de chaque fin de mois »
32
La loi de finances pour l’année 2011 abrogé l’exemption prévue par le CTVA pour les
personnes effectuant occasionnellement une opération passible de la TVA et qui leur
ou le contrat de vente, et que la déclaration est faite par un acte public et notifie à la
Recette des finances compétente dans les 24 heures de l’adjuration ou du contrat de
vente.
B/ Délai de 3 jours
Selon l’article 23.1 n°24 du CDET, est enregistrée au droit fixe, la résiliation pure et
simple des actes, à la condition qu’elle intervienne dans les 3 jours qui suivent la date
des actes résiliés et qu’elle soit présentée à la formalité de l’enregistrement dans la
même période.
C/ Délai de 10 jours
Aux termes de l’article premier du CDET, doivent être enregistrés dans un délai de 10
jours, à compter de leur date :
-les exploits et procès-verbaux dressés par les huissiers de justice et autres personnes
habilitées à cet effet ;
-les procès-verbaux de vente des courtiers et autres personnes ayant pouvoir de
procéder à des ventes publiques de meubles.
D/ Délai de 30 jours
Aux termes du paragraphe I de l’articles 3 CDET doivent être enregistrés dans un délai
de 60 jours à compter de leur date :
-les actes administratifs portant transmission de propriété, de nue-propriété, d’usufruit
ou de jouissance de biens immeubles et ceux relatifs aux marchés de toute nature, ou à
la constitution, cession et mainlevée d’hypothéqué, ainsi que les cautionnements relatifs
à ces actes ;
-les actes sous seing privé portant transmission de propriété, de nue-propriété ou
d’usufruit d’immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle ou cession de droit à un
bail ou au bénéfice d’une promesse de bail portant sur tout ou partie d’un immeuble ;
-les actes sous seing privé portant transmission entre vifs, à titre gratuit de meubles ;
-les actes sous seing privé portant constitution, cession et mainlevée d’hypothéqué ou
de nantissement ;
- les actes sous seing privé portant mutation de jouissance d’immeubles ou de fonds de
commerce ;
-pour les successions, les inventaires sous seing privé de meubles, titres et papiers,
ainsi que les prisées de meubles ;

permet de déclarer la TVA à la recette des finances du lieu où s’est effectuée


l’opération.
-les actes sous seing privé constatant la formation, la prorogation, la transformation ou
la dissolution d’une société, l’augmentation, l’amortissement ou la réduction de son
capital, ainsi que les actes sous seing privé portant cession de parts de fondateurs, de
parts bénéficiaires ou de parts d’intérêts dans les sociétés dont le capital n’est pas
divisé en actions ;
-les actes de formation, de prorogation, de transformation ou de dissolution de
groupement d’intérêt économique, d’augmentation, d’amortissement ou de réduction de
leur capital, ainsi que les actes sous seing privé portant cession de parts de ces
groupements.
-les actes sous seing privé constatant un partage de biens immeubles
-les actes sous seing privé constatant un partage de biens meubles faisant partie d’une
succession ou de l’actif d’une société
-les concessions et marchés conclus en Tunisie ou conclus à l’étranger et destinés à
être exécutés en Tunisie
-les actes sous seing privé portant prêts, crédits-bails ou ouvertures de crédits
-les actes portant cautionnement de sommes ou de valeurs
-lorsqu’il n’existe pas de conventions écrites constatant une mutation de la jouissance
de biens immeubles, il y est suppléé par des déclarations détaillées et estimatives faites
par le bailleur dans les 60 jours de l’entrée en jouissance.
-lorsqu’il n’existe pas d’actes constant les transmissions de propriété, de nue-propriété
ou d’usufruit d’immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle ou cession de droit à
un bail ou au bénéfice d’une promesse de bail portant sur tout ou partie d’un immeuble
(situations qui relèvent plutôt des cas d’école), il y est suppléé par des déclarations
détaillées et estimatives faites par le possesseur dans les 60 jours de l’entrée en
possession des biens objets de ces mutations.
F/ délai de 90 jours :
En application des dispositions des art 3.II, 4 et 6.1 du CDET le délai de 90 jours
s’applique pour :
-L’ancien possesseur et le bailleur qui veulent s’affranchir de la solidarité avec les
redevables des droits d’enregistrement et ce, en déposant à la recette des finances
l’acte constant la mutation dans le délai de 90 jours susvisé les actes sous seing privé
portant transmission de propriété, de nue-propriété ou d’usufruit d’immeubles, de fonds
de commerce ou de clientèle ou cession de droit à un bail ou au bénéfice d’une
promesse de bail portant sur tout ou partie d’un immeuble, ainsi que les actes sous
seing privé portant mutation de jouissance d’immeubles ou de fonds de commerce§.
Toutefois, à défaut d’acte, l’ancien possesseur peut s’affranchir des pénalités et du
versement du droit simple en faisant la déclaration verbale estimative dans un délai de
90 jours de l’entrée en possession des biens objets des mutations portant transmission
de propriété, de nue-propriété ou d’usufruit d’immeubles, de fonds de commerce ou de
clientèle ou cession de droit à un bail ou au bénéfice d’une promesse de bail portant sur
tout ou partie d’un immeuble.
-les testaments qui doivent être enregistrés dans un délai de 90 jours à compter du
décès du testateur
G/ Délai de 120 jours
En application des dispositions des art 3 et 5 du CDET, le délai de 120 jours s’applique
pour :
-les actes touchant à la situation juridique des immeubles ou des fonds de commerce
établis à l’étranger portant transmission de propriété, de nue-propriété ou d’usufruit
d’immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle ou cession de droit à un bail ou au
bénéfice d’une promesse de bail portant sur tout ou partie d’un immeuble, et ce, sous
réserve des conventions fiscales de non-double imposition.
-les jugements : les jugements et arrêts rendus par toutes les juridictions doivent être
enregistrés dans un délai de 120 jours, à compter de la date de leur prononcé.
H/ délai d’une année
Selon l’art 7 du CDET, les héritiers ou légalitaires doivent, dans un délai d’un an, à
compter du décès, déposer et enregistrer les déclarations des biens qui leurs sont
échus ou transmis par décès. Ce délai court, pour les successions des absents, à
compter de la date du prononcé du jugement de disparition.
I/ enregistrement sans délai
Les actes et mutations non soumis à la formalité de l’enregistrement à titre obligatoire
peuvent être présentés volontairement à l’enregistrement à tout moment.

a-2)- Les régles spécifiques au lieu de déclaration :


L’art 3 du CDPF a unifié le lieu d’établissement des impôts régis par ce code, à
l’exception des droits d’enregistrement, ainsi que le lieu de leur déclaration, et ce, sur la
base de :
-la qualité du contribuable : personne physique ou personne morale,
-la catégorie des revenus ou bénéfices du contribuable,
-la source des revenus ou bénéfices souls à l’impôt,
-la nature de l’opération soumise à l’impôt
La note commune n°42 de l’année 2002 souligne que le lieu d’imposition et de
déclaration de l’impôt détermine la recette des finances territorialement compétente pour
le dépôt des déclarations fiscales et les services du contrôle fiscal habilités à effectuer la
vérification préliminaire ont approfondie de la situation fiscale du contribuable, à établir
l’impôt en cas de redressement et à rendre les services fiscaux (délivrance des
attestations…)
1/IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES
Pour les PP exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, de services ou
une profession non commerciale, l’impôt est établi et déclaré pour ces personnes au lieu
de l’établissement principal33 de l’exercice de leur activité, et ce, même si ces personnes
réalisent d’autres catégories de revenus, tels que les bénéfices des exploitations
agricoles, les salaires ou les pensions…
Pour les personnes physiques réalisant des revenus ou bénéfices provenant
exclusivement de sources autres que les activités industrielles ou commerciales ou des
professions non commerciales, l’impôt est établi et déclaré au lieu de leur domicile
principal. Selon la doctrine administrative, le domicile principal est la résidence
habituelle déterminée sur la base du domicile mentionné par le contribuable dans ses
déclarations fiscales ou admise par celui-ci explicitement ou implicitement par tout écrit
ayant une force probante, y compris le document électronique (contrat, convention,
correspondance, attestation administrative, CIN.)
Ceci concerne les personnes physiques dont les revenus ou bénéfices sont
exclusivement constitués de :
-Bénéfices des exploitations agricoles et de pèche
-traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes viagères
-revenus fonciers
-revenus de valeurs mobilières et de capitaux mobiliers
-revenus de source étrangère n’ayant pas été soumis à l’impôt dans le pays d’origine

33
Selon la doctrine administrative, l’expression « établissement principal » désigne
l’établissement qui procure habituellement la part essentielle des revenus ou bénéfices
du contribuable dans la catégorie des BIC ou BNC.
L’impôt est établi et déclaré pour les PP non-établies en Tunisie, et qui y réalisent des
bénéfices ou des opérations soumises à l’impôt au lieu de la source principale des
revenus et bénéfices en Tunisie.
2/IMPOT POUR LES SOCIETES
En vertu des dispositions du n°3 du 1er paragraphe de l’art3 du CDPF, l’impôt est établi
et déclaré :
- Pour les sociétés ayant un siège social en Tunisie : au lieu de leur siège social fixé par
leur statut
- pour les sociétés qui exercent en Tunisie une activité soumise à l'impôt dans le cadre
d'un ou de plusieurs établissements au lieu de leur principal établissement sis en
Tunisie
- Pour les sociétés et autres personnes morales non établie ou non domicilié en
Tunisie : au lieu de la source principale des revenus et bénéfice réalisé en Tunisie
- pour les autres personnes morales aux autres que les sociétés : au lieu de leur
principal établissement.
3/DROIT D’ENREGISTREMENT
Article droit du CDPF a prévu la reconduction des dispositions des articles 10 11 et 12
du CDET relative aux lieux d'accomplissement de la formalité de l'enregistrement.
Doctrine administrative explique cette reconduction par « la particularité des droits
d'enregistrement qui repose dans la plupart des cas sur le principe de solidarité des
parties dans le payement des droits exigibles sur les actes, écrits et mutations ».
Il s’ensuit que le lieu d’accomplissement de la formalité de l’enregistrement, ainsi que la
compétence territoriale des services du contrôle fiscal en matière de droits
d’enregistrement et de timbre dus sur les actes et écrits soumis à la formalité de
l’enregistrement, demeurent régis par les dispositions desdits articles du CDET34.
En application des dispositions de l’art 10 du CDET :
-Les actes des huissiers de justice et autres personnes ayant pouvoir de faire des
exploits et procès-verbaux sont enregistrés à la recette des finances de la résidence des
personnes précitées.
-Les actes des représentants des administrations publiques et des notaires doivent être
enregistrés à la recette des finances dans la circonscription de laquelle ces personnes
exercent leurs fonctions.

34
Les règles de compétence territoriale des services du contrôle fiscal en matière de
droits d’enregistrement peuvent déterminer la validité d’une taxation.
Tribunal Administratif, affaire n°38079 du 18 avril 2009.
-Les jugements et arrêts doivent être enregistrés à la recette des finances dans la
circonscription de laquelle se trouve le tribunal qui a prononcé le jugement ou l’arrêt.
-les actes sous seing privé portant transmission de propriété, de nue-propriété, d’usufruit
ou de jouissance de biens immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle, du droit à
un bail ou au bénéfice d’une promesse de bail portant sur tout ou partie d’un immeuble,
ainsi que les déclarations afférentes à ces mêmes opérations au cas ou elles
interviennent verbalement, sont enregistrés à la recette des finances de la situation des
biens.
-lorsqu’un même acte ou déclaration comporte transmission de biens situés dans le
ressort de différentes recettes, la formalité peut être accomplie dans l’une des recettes.
- Les actes sous seing privé constatant la formation la prorogation la transformation ou
la dissolution d'une société l'augmentation l'amortissement ou la réduction de son
capital ainsi que les actes sous seing privé portant cession de parts de fondateur, de par
bénéficiaire ou de part d'intérêt dans les sociétés dont le capital n'est pas divisé en
actions, sont enregistrés à la recette des finances dans le ressort de laquelle est situé le
siège de la société
En outre et selon l'article 11 du CDET, les déclarations de succession sont enregistrées
à la recette des finances du domicile du décédé. A défaut de domicile en Tunisie,
l'enregistrement s'effectue à l'une des recettes des finances suivantes :
- la recette du lieu du décès au cas où ce dernier est survenu en Tunisie ;
- la recette du lieu de l'enterrement dans le cas où le décès a eu lieu à l'étranger et
l'enterrement en Tunisie
-la recette des mutations immobilières et des successions à Tunis dans les aux autres
cas.
Enfin, l'art 12 du CDET dispose : « Dans tous les cas autres que ceux visés aux art 10
et 11 du CDET, les actes et mutations peuvent être enregistrés dans l'une des recettes
compétentes en matière d'enregistrement."
4/ TFP, FOPROLOS, IMPOTS ET TAXES QUI SONT RATTACHES DU POINT DE VUE
DE LA PERCEPTION A LA TVA ? RETENUE A LA SOURCE, TAXE UNIQUE SUR LES
ASSURANCES, TAXE HOTELIERE, TAXE SUR LES ETABLISSEMENTS A
CARACTERE INDUSTRIEL, COMMERCIAL OU PROFESSIONNEL ET AVANCE SUR
L’IMPOT AU TITRE DES ACQUISITIONS DES PERSONNES NON SOUMISES A
L’IMPORT SELON LE REGIME REEL
La déclaration mensuelle doit etre déposée à la recette des finances dans la
circonscription de laquelle se trouve le siège ou l’établissement principal.
Pour les personnes ne disposant pas d’un établissement stable en Tunisie, la TVA doit
etre prélevée au lieu d’imposition du client par voie de retenue à la source libératoire au
taux de 100%
5/IMPOTS LOCAUX :
Hormis la TCL et la taxe hôtelière, les impôts locaux sont payés au profit de la
collectivité locale où se situe l’immeuble ou l’opération assujettis auxdits impôts.
6/iMPOT FONCIER
L’impôt foncier est payé au plus tard à la fin du mois de mars de chaque année sur la
base d’une déclaration à cet effet selon un modèle établi par l’administration à déposer
à la recette des finances dans la circonscription de laquelle se trouve la résidence
principale du contribuable.
7/ENTREPRISES A PLUSIEURS ETABLISSEMENTS
En application des dispositions de l’art 3 du CDPF, les contribuables exerçant leurs
activités professionnelles dans plusieurs établissements doivent joindre à leurs
déclarations fiscales des renseignements détaillés sur l’activités de chacun de leurs
établissements, et ce, selon un modèle fourni par l’administration.
Les dispositions susvisées ne font pas obstacle à l’exercice du droit de contrôle par les
agents de l’administration fiscale dans la circonscription de laquelle se situe le lieu
d’exercice de l’activité du contribuable.
Selon la doctrine administrative, l’art 3 du CDPF emporte « l’habilitation des agents de
l’administration fiscale à exercer toutes les prérogatives qui leur sont autorisées dans le
cadre de l’exercice du droit de contrôle fiscal prévu par le CDPF, et ce, dans la limite de
leurs compétences territoriales, et dont notamment :
-contrôler l’observation des obligations fiscales
-demander des éclaircissements et des justifications nécessaires concernant la situation
fiscale du contribuable
-^procéder à des visites des locaux et à des perquisitions dans les locaux soupçonnés
-exercer le droit de communication
Toutefois, ce droit de contrôle n’est pas assorti d’un droit de redressement, lequel
demeure du ressort des services fiscaux dans la circonscription desquels se situe le lieu
d’imposition au sens de l’art 3 susvisé ».
8/CAS PARTICULIERS DES « GRANDES ENTREPRISES »
L’art 69 de la loi de finances pour l’année 2007 prévoit que le lieu de l’établissement des
impôts peut être désignée par un décret en se basant sur des critères qui prennent en
considération notamment le secteur d’activité des contribuables et l’importance du
chiffre d’affaires.
L’art 2 du décret n°2008-94 du 16 janvier 2008, portant organisation et attributions des
services extérieurs de la direction générale des impôts précise que la DGE est chargé
de la gestion des dossiers fiscaux d’une catégorie d’entreprise compte tenu, notamment,
de leur secteur d’activité ou de l’importance de leur chiffre d’affaires.
L’art 3 ajoute que la DGE est chargée, dans la limite de son champ d’intervention, de
veiller à l’application de la législation fiscale en vigueur et d’assurer les opérations de
contrôle fiscal des impôts, droits, taxes, redevances et autres prélèvements fiscaux régis
par les dispositions du CDPF, et ce, notamment, en matière de contrôle sur place, de
régularisation des défauts et des découvertes et de vérifications fiscales.
Le champ d’intervention de la DGE a été fixé par le décret n°2008-201 du 29 janvier
2008, fixant le champ et les conditions d’intervention de la DGE relevant de la direction
générale des impôts.
Notons enfin que la loi de finances pour l’année 2011 a exclu les droits d’enregistrement
de la compétence de la DGE. Il s’ensuit que les dispositions des art 10, 11 et 12 du
CDET relatives au lieu d’accomplissement de la formalité de l’enregistrement
s’appliquent aux grandes entreprises.

B-Les modalités relatives à l’accomplissement des obligations déclaratives :

1/ La Déclaration sur imprime :


Sauf déclaration par Internet (vaincra), Le contribuable doit souscrire sa déclaration
fiscale sur une imprimé spéciale.
A cet égard, le CIRPPIS prévoit plusieurs dispositions exigeant le dépôt de la
déclaration d’existence et la déclaration annuelle selon des modèles établis par
l’administration35. Le CIRPPIS prévoit également que certains documents ou annexes à
la déclaration soient préparés conformément à des modèles établis par l’administration36
Pour la TVA, le paragraphe IV de l’article 18 (nouveau) du CTVA exige des assujettis à
la TVA autres que ceux soumis au régime forfaitaire, de souscrire et de déposer à la
recette des finances une déclaration selon un modèle fourni par l’administration, en vue
de leur imposition à la TVA. Même lorsque la déclaration mensuelle ne contient pas
d’impôts ou taxes à liquider, il convient de porter la mention « Néant » au niveau de la
case appropriée37.
En matière de droits d’enregistrement, l’article 68 (nouveau) du CDET prévoit le
paiement du droit proportionnel exigible sur les sommes recouvrées par les parties non
condamnées aux dépens et ayant bénéficié de l’enregistrement des jugements et arrêts
au droit minimum sur la base d’une déclaration du modèle établi par l’administration.
2/ La signature de la déclaration fiscale
La signature qui sert à authentifier la personne qui a souscrit la déclaration est en
principe obligatoire38

35
L’article 56 du CIRPPIS prévoit le dépôt d’une déclaration d’existence selon un
modèle établi par l’administration.
L’article 59 du CIRPPIS dispose que, en vue de l’établissement de l’IRPP ou de l’IS,
toute personne soumise à l’un de ces impôts ou dont elle est exonérée est tenue de
souscrire selon le modèle établi par l’administration une déclaration annuelle de ses
revenus ou bénéfices ou une déclaration de plus-value.
36
En vertu des dispositions de l’article 49 bis. I. du CIRPPIS, la demande de bénéfice
du régime de l’intégration fiscale doit être faite sur la base d’une demande écrite de la
société mère, accompagnée de l’accord des autres sociétés, et d’un état détaillé selon
un modèle établi par l’administration. L’article 49 sexies du CIRPPIS exige, également,
de la société mère ayant opté pour le régime de l’intégration fiscale de fournir, à l’appui
de la déclaration annuelle des résultats, un tableau de détermination du résultat net
intégré selon un modèle établi par l’administration.
La paragraphe VII quaterdecies de l’article 48 du CIRPPIS exige l’enregistrement des
créances radiées par les établissements bancaires sur un registre selon un modèle
établi par l’administration fiscale. En outre, l’établissement bancaire doit joindre à sa
déclaration annuelle de l’IS, un état détaillé des créances radiées selon un modèle
fourni par l’administration fiscale, comportant le montant des créances radiées, le
montant correspondant des provisions constituées, l’identité du débiteur et les
références des jugements dont elles ont fait l’objet.
37
Prise DGCF n° 1605 du 27 juillet 2006
‫وفي صورة عدم وجود مبالغ مستوجبة بعنوان معلوم الطابع الجبائي فإنه يتعين تعمير الخانة المخصصة للمعلوم المذكور ضمن‬
"‫مطبوعة التصريح باألداء الشهري والتنصيص على عبارة "ال شيء‬
38
Pour la TVA l’obligation de signer la déclaration est prévue par la paragraphe IV de
l’article 18 (nouveau) du CTVA.
Le CDET contient deux dispositions ayant trait à l’obligation de signature des
déclarations fiscales :
3/ Le Paiement de la déclaration :
Lorsque la déclaration du contribuable dégage un impôt à payer, ce dernier doit être
payé au comptant39
Toutefois, les personnes physiques autres que celles ayant opté pour le régime du
forfait d’impôt ont la possibilité d’acquitter ce complément d’impôt, moitié lors du dépôt
de la déclaration et moitié avant la fin du quatrième mois qui suit la date limite du dépôt
de la déclaration. Ce fractionnement n’est accordé que si la déclaration est déposée
dans les délais légaux.
Une autre exception, inattendue, a été récemment apportée par l’arrêté des ministres
des finances et de l’équipement et de l’environnement du 18 novembre 2013,
déterminant les conditions d’octroi des prêts pour compléter le financement des

-D’abord, le paragraphe III de l’article 16 dispose : « Si les sommes et valeurs ne sont


pas déterminées par un acte donnant lieu au droit proportionnel ou au droit progressif,
les parties sont tenues d’y suppléer avant l’enregistrement par une déclaration
estimative certifiée et signée au pied de l’acte ».
- Ensuite, l’article 93 qui dispose : « Pour les besoins de l’accomplissement de la
formalité de l’enregistrement, chacune des parties doit indiquer dans l’acte ou
déclaration soumis obligatoirement à l’enregistrement, son matricule fiscale et à défaut,
le numéro de sa carte d’identité nationale. En cas d’omission, le Receveur des finances
doit inviter les parties à compléter ces indications certifiées et signées, au pied de l’acte
ou de la déclaration ».
Pour plusieurs autres déclarations (notamment celle de l’IRPP et de l’IS), aucune
disposition légale ne prévoit explicitement la signature du contribuable.
39
Ainsi, et en matière d’impôts directs, le paragraphe II de l’article 54 du CIRPPIS
dispose : « S’il résulte de la liquidation de l’impôt un complément du au profit du trésor, il
est acquitté au comptant ».
En matière de droits d’enregistrement, plusieurs prises de position précisent que ces
droits doivent être payés au comptant.
Prise de position DGELF n° 103 du 30 janvier 1999
‫اما بالنسبة إلمكانية دفع معاليم التسجيل بالتقسيط و بعد امضاء اعتراف بالدين يجدر اإلشارة الى ان األداءات و المعاليم‬
,‫ بالحاضر و ال يمكن تقسيطها‬1997 ‫تستخلص بالنسبة للكتابات و العقود المبرمة ابتداء من غرة جانفي‬
Prise de position DGCF n° 1144 du 26 novembre 1999
‫تبعا لمكتوبكم المشار اليه بالمرجع أعاله و الذي تطلبون بمقتضاه الدفع بالتقسيط لمعاليم التسجيل المستوجبة على عقد اقتناء‬
‫ يشرفني اعالمكم بأن معاليم التسجيل المستوجبة على العقود و الكتابات بداية من غرة‬,1998 ‫ نوفمبر‬18 ‫عقار مؤرخ في‬
‫ ال يمكن تقسيطها بل يجب دفعها بالحاضر بدون أي امهال للحصول على اجراء التسجيل‬1997 ‫جانفي‬
Prise de position DGCF n° 396 année 2002
‫تبعا لمكتوبكم المشار اليه بالمرجع أعاله و الذي تطلبون بمقتضاه الدفع بالتقسيط لمعاليم التسجيل المستوجبة على عقد بتاريخ‬
‫ يشرفني احاطتكم علما بأن التشريع الجاري به العمل في مادة معاليم التسجيل و‬.‫ و المتعلق بإقتناء محل سكني‬2000 ‫ ماي‬16
,‫الطابع الجبائي ال يسمح باإلستجابة لطلبكم‬
En matière de TVA, le paragraphe IV de l’article 18 du CTVA oblige les assujettis à la
TVA autres que ceux soumis au régime forfaitaire d’acquitter au comptant le montant de
la TVA lorsque la déclaration dégage un solde débiteur.
logements sociaux attribués dans le cadre du programme spécifique pour le logement
social.
L’article 3 de cet arrêté prévoit qu’à la demande du bénéficiaire du logement social, les
frais d’enregistrement peuvent être déduits du montant de subvention accordée
4/ Le minimum de perception
L’article 49 de la loi de finances pour l’année 2006 a fixé un montant minimum de
perception du principal de la taxe du au titre de chaque déclaration fiscale mensuelle ou
trimestrielle au titre de l’ensemble des retenues, impôts, droits et taxes de 5DT40, 10DT41
ou 15DT 42 selon la catégorie du contribuable. Ce minimum demeure du, lorsque le
contribuable ne réalise aucun chiffre d’affaire 43 ,
lorsqu’il se situe dehors du
champ d’application de l’impôt ou lorsqu’il est exonéré de l’impôt44.

40
Le minimum de de perception fixé à 5DT est exigible au titre des :
-Déclarations trimestrielles dues par les personnes physiques soumises à l’imposition
forfaitaire, à savoir les personnes physiques qui réalisent des revenus dans la catégorie
des BIC et qui sont soumises au régime forfaitaire.
-Déclarations mensuelles dues par les personnes physiques soumises à l’IRPP selon
une base forfaitaire citées ci-après :
-les personnes physiques qui réalisent des bénéfices des professions non commerciales
et qui sont soumises à l’impôt sur la base d’un bénéfice forfaitaire égal à 80% du
montant de leurs recettes brutes,
-les personnes physiques qui réalisent des bénéfices d’exploitations agricoles ou de
pèche et qui sont soumises à l’IRPP sur la base de l’excédent des recettes sur les
dépenses nécessitées par l’exploitation et ce compte tenu du jeu des stocks ou sur la
base d’une évaluation forfaitaire déterminée après consultation des experts du domaine
et tenant compte de la nature des spéculations selon les régions
-les personnes physiques qui réalisent des revenus fonciers et qui sont soumises à
l’impôt sur la base d’un bénéfice forfaitaire
41
Le minimum de perception fixé à 10DT est exigible au titre des déclarations
mensuelles dues Paer les personnes physiques soumises à l’IRPP selon le régime réel
sur la base d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises, et
ce, nonobstant la catégorie du revenu.
-les personnes physiques qui réalisent des revenues dans la catégorie BIC et qui sont
soumises à l’IRPP selon le régime réel sur la base d’une comptabilité simplifiée.
42
Le minimum de perception fixé à 15 DT est exigible au titre des déclarations
mensuelles dues par les personnes morales, nonobstant leur régime fiscal en matière
d’IS au taux de 35%, de 30% ou de 10%, ainsi que celles qui sont exonérées dudit
impôt ou qui sont situées hors champs d’application de l’IS (les entreprises bénéficiant
du droit de déduction intégrale des bénéfices et revenus provenant de l’exportation, les
sociétés d’investissement à capital variable, les associations,)
La loi de finances pour 2014 a réduit le taux de l’IS de droit commun à 25%, et ce, pour
les bénéfices et aux plus-values réalisés à compter du 1er janvier 2014.
43
Prise de position DGELF du 14 janvier 2008
Selon la doctrine administrative, le minimum de perception n’zest pas exigible au titre :

- Des déclarations ayant enregistré un report au titre des droits et taxes objets de la
déclaration mensuelle

- - des déclaration relatives aux acomptes provisionnels

- -des déclarations rectificatives étant donné l’application du minimum de perception


au titre de la déclaration initiale sera déductible à la date de dépôt de la déclaration
rectificative.

- Conformément aux dispositions de l’article 86 du CDPF, et dans le cas de


non-déclaration de l’impôt dans les délais légaux, les pénalités de retards prévues
aux articles 81, 82 et 85 du même code s’appliquent et sans que le montant ne soit
inférieur à 5 DT pour chaque impôt exigible même en cas d’absence d’un montant à
payer. Dans ce cas, et vu que le minimum de perception prévu par la loi de finances
pour l’année 2006 se calcule sur la base du principal de l’impôt, ce minimum
demeure exigible en sus des pénalités de retard.

- 5/ La dématérialisation des obligations déclaratives :

- A/ La souscription et le dépôt des déclarations fiscales par des moyens électroniques


fiables

- Un dispositif de télédéclaration fiscale été mis en place par la loi de finances pour
l’année 200145. Conformément à l’article 57 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre
2000, portant loi de finances pour l’année 2001, le contribuable peut souscrire et
déposer ses déclarations fiscales, acquitter l’mot et les pénalités y afférentes et
échanger les données et documents utilisés pour l’établissement de l’impôt ou
destinés à l’administration fiscales ou aux services du recouvrement de l’impôt par
des moyens électroniques fiables, et ce, conformément à la législation en vigueur
relatives aux échanges électroniques.

- Les contribuables concernés :

‫و يكون الحد األدنى لإلستخالص مستوجبا حتى في صورة عدم تحقيق رقم معامالت‬
44
Prise de position DGELF n° 1278 du 3 septembre 2010
‫ دينار يستوجب على التصاريح الشهرية لألشخاص المعنويين بصرف النظر عن نظامهم‬15 ‫هذا و بإعتبار ان الحد األدنى لإلستخالص المحدد ب‬
‫ تبقى المنظمة‬,‫ أي بما في ذلك المعفيين منها و الموجودين خارج ميدان تطبيق الضريبة على الشركات‬,‫الجبائي فيما يتعلق بالضريبة على الشركات‬
.‫مطالبة بدفع الحد األدنى لإلستخالص المذكور بعنوان تصاريحها الشهرية‬....‫العربية‬
45
En application des dispositions de l’article 9 de la LRAIE, les services administratifs
compétents sont tenus d’assurer les formalités de déclarations à la charge des
entreprises notamment auprès des caisses de sécurité sociale, des services fiscaux ou
des services douaniers, et ce, en offrant la possibilité de télédéclarer par les nouveaux
moyens de communication et dans des délais et suivant des modalités fixées par décret.
Conformément à l’article 57 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre 2000, la
souscription et le dépôt des déclarations fiscales ainsi que l’échange des données et
documents utilisés pour l’établissement de l’impôt ou destiné à l’administration
fiscale ou aux services de recouvrement de l’impôt par des moyens électroniques
fiables sont obligatoires pour les contribuables dont le chiffres d’affaires annuel brut
dépasse un montant fixé par arrêté du ministre des Finances.
L’arrêté du ministre des finances du 7 février 2012 a fixé à un million de DT, le chiffre
d’affaires annuel brut réalisé par les contribuables tenus d’utiliser des moyens
électroniques pour l’accomplissement de leurs obligations fiscales à distance.
Le paiement de l’impôt et la solidarité de l’organisme bancaire ou postal chargé du
paiement
Selon l’article 57 de la loi n° 2000-98 susvisée, le paiement de l’impôt, ainsi que les
pénalités y afférentes s’effectue par la procédure du prélèvement postal ou bancaire
ou par toute autre procédure utilisée par le secteur postal ou bancaire. En cas de
retard dans le paiement de l’impôt suite à une erreur commise par le service de la
poste ou par l’établissement de crédit qui a le caractère d’une banque, une partie
responsable de l’erreur est solidaire avec le contribuable dans le paiement des
pénalités de retards.
La DGELF a précisé que, en cas de retard dans le paiement de l’impôt par des
moyens électroniques fiables, suite à une erreur commise par le service de la poste
ou par l’établissement de crédit qui a le caractère d’une banque, la partie
responsable de l’erreur est solidaire avec le contribuable dans le paiement des
pénalités de retard46

Les modalités d’application de la télédéclaration finale :


Le décret n° 2005-2494 du 12 septembre 2005 a fixé le champ et les modalités
d’application de l’article 57 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre 2000 relative à la loi
de finance pour l’année 200147

46
Prise de position DGELF n°862 du 10 juin 2006
47
Selon l’article 2 de ce décret, l’utilisation des moyens électroniques à distance pour la
souscription et le dépôt des déclarations fiscales l’acquittement de l’impôt et des
pénalités y afférentes ainsi que l’échange des données et documents utilisés pour
l’établissement de l’mot ou destinés à l’administration se fait suite à la présentation
d’une demande d’adhésion à cet effet, au BCI territorialement accompagné d’une
autorisation de prélèvement et ce selon des modèles établis par l’administration.
L’article 3 ajoute que l’adhésion est matérialisée par l’octroi au contribuable, sous pli
fermé, selon son choix, d’un ou de deux mots de passe, et ce, dans un délai maximum
de 24 heures à compter de la date de son dépôt. L’adhésion prend effet à partir du mois
qui suit le mois de l’adhésion.
L’utilisation des moyens électronique à distance se fait également suite à l’obtention
d’un certificat électronique en cas d’option pour un seul mot de passe ou de deux
certificats électroniques en cas d’option pour deux mots de passe.
Lesdits certificats sont délivrés par les services compétents selon la réglementation en
vigueur dans ce domaine.
Après sa première entrée au site de la déclaration à distance l’adhérant procède, selon
l’article 4, à la modification du ou des deux mots de passe sans informer les services
fiscaux du nouveau mot de passe
En cas de perte de mot de passe, l’adhérant peut contacter le BCI territorialement
compétent pour recevoir un ou deux mots de passe qui annulent et remplacent les
précédents.
Selon l’article 5, est mis fin à l’adhésion volontaire, en cas de défaut de déclaration de
paiement et d’échange de données à distance par les moyens électroniques après
l’expiration d’une période de 6 mois successifs, à compter de la date de de la dernière
déclaration, paiement ou échange de données effectués par lesdits moyens.
L’article 6 considère que la liquidation et le paiement des droits dus se fait en utilisation
un seul mot de passe sera utilisé par la personne chargée de la liquidation alors que la
validation du paiement sera faite par celle chargée du paiement en utilisant le deuxième
mot de passe.
Selon l’article 7, le contribuable peut mander, pour le dépôt et l’échange des données à
sa place, une personne parmi les professionnels habilités par la loi qui doit être
obligatoirement adhérente à l’utilisation des moyens électroniques à distance.
Dans ce cas, une demande doit être déposée à cet effet au BCI territorialement
compétent selon un modèle établi par l’administration comportant notamment l’identité
du professionnel mandaté.
Dans ce cas, le professionnel recevra un mot de passe qui lui permettra de liquider les
montants dus sur ses propres déclarations, ainsi que sur les déclarations des clients qui
l’ont mandaté.
Le contribuable recevra dans ce cas un mot de passe qui lui servira pour ordonner le
paiement des droits dus.
Selon l’article 8, le paiement de l’impôt et des pénalités y afférentes est faits par le biais
du prélèvement postal ou bancaire ou par tout autre moyen utilisé par le secteur postal
ou bancaire
En cas d’option pour le paiement par prélèvement postal ou bancaire, la demande
d’adhésion sera accompagnée par une autorisation de prélèvement d’un compte
courant signée et visé par l’établissement auprès duquel est ouvert le compte
sus-indiqué.
Le contribuable valide les montants dus et ordonne à l’établissement bancaire ou au
bureau de poste de prélever les dits montants, et ce, avant l’expiration du délai légal de
paiement.
Les services fiscaux informent le contribuable par courrier électronique du sort de l’ordre
de prélèvement selon l’une des hypothèses suivantes :
- Le compte est suffisamment provisionné pour payer les montants dus
- - le défaut de paiement des montants dus. La situation fiscale du contribuable est
considérée, dans ce cas, comme irrégulière
Etant précisé que l’obligation concerne actuellement toutes les déclarations
exigibles, à savoir les déclarations de l’avance due par les sociétés de personnes et
assimilés, les acomptes provisionnels et les déclarations mensuelles des impôts

- B/ La production des déclarations, listes et relevés comportant des renseignements


destinés à l’administration fiscale ou aux services du recouvrement de l’impôt sur les
supports magnétiques
Cette obligation a été prévue par l’article 58 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre
2000, portant loi de finance pour l’année 20001 qui dispose :
« Les personnes morales et les personnes physiques soumises à l’impôt selon le
régime réel peuvent produire les déclarations, listes et relevés comptant des
renseignements destinés à l’administration fiscale ou autres services du
recouvrement de l’impôt sur des supports magnétiques intelligibles pouvant être
consultés en cas de besoin, accompagné de bordereaux de transmission selon un
modèle établi par l’administration.
L’application de ce dispositif libéré l’intéressé de l’obligation de produire les
déclarations, listes et relevés susvisés sur papier ».
Les contribuables concernés :
Selon l’article 58 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre 2000, le dépôt sur supports
magnétiques des déclarations, listes et relevés est obligatoire pour les contribuables
qui tiennent leur comptabilité par des moyens informatiques et dont le chiffre d’affaire
brut annuel dépasse un montant qui sera fixé par arrêté du ministre chargé des
finances

L’article 9 considéré que le contribuable reçoit, en contrepartie, en contrepartie de sa


déclaration à distance, une quittance de paiement dématérialisée sécurisée par la
signature électronique
La quittance de paiement dématérialisée vaut quittance de paiement papier
L’article 10 prévoit que le site de la déclaration à distance est ouvert tous les jours de la
semaine d’une façon continue avec une interruption de deux heures entre dix-sept
heures et dix-neuf heures.
Les pénalités de retards sont dues sur tout dépôts intervenant après dix-sept heures du
dernier jour du délai prévu par la législation en vigueur pour l’accomplissement des
obligations fiscales.
Selon l’article 11, le contribuable détenteur d’un certificat électronique est le seul
responsable de la confidentialité et de la sécurité du certificat. Toute utilisation de ce
certificat est présumée émanant de sa part.
L’article 12 prévoit que la déclaration à distance concerne la déclaration mensuelle des
impôts, la déclaration de l’IS, la déclaration de l’avance due par les sociétés de
personnes et assimilées, la déclaration des acomptes provisionnels et la déclaration de
l’IRPP.
C’est l’arrêté du ministre des finances du 7 février 2012 qui a fixé à un million de DT
le chiffre d’affaire au-delà duquel le dépôt sur support magnétiques des déclarations,
listes et relevés devient obligatoire48.
Au-delà des contribuables dont le chiffre d’affaire annuel brut dépasse le montant
fixé par arrêté du ministre des finances, l’article 72 de la loi n° 2012-27 du 29
décembre 2012, portant loi de finances pour l’année 2013 a étendu l’obligation de
souscription et de dépôt des déclarations fiscales et du paiement de l’impôt à
distance par les moyens électroniques fiables pour les contribuables exerçant des
activités dont la liste est fixée par décret, nonobstant le chiffre d’affaire réalisé49
Nonobstant le chiffre d’affaire réalisé, l’article 35 de la loi n° 2012-27 di 29 décembre
2012, portant loi de finances pour l’année 2013 a prévu que les personnes
bénéficiant du régime suspensif de la TVA sont tenues de communiquer aux
services de contrôle fiscal, durant les 28 jours suivant chaque trimestre civil, une liste
détaillée des factures d’achat sous ledit régime, et ce, selon un modèle établi par
l’administration. Ladite liste doit être déposée sur supports magnétiques,
conformément à un cahier de charges établi par l’administration. En outre, les
assujettis à la TVA sont tenus de communiquer à l’administration fiscale, durant 28
jours qui suivent chaque trimestre civil, une liste détaillée des factures émises n
suspension de la TVA selon un modèle élaboré par l’administration, et ce, sur
supports magnétique, conformément à un cahier des charges établi par
l’administration50
Les modalités d’application :
Le champ et les modalités d’application de l’article 58 de la loi n° 2000-98 ont été
fixés par le décret n° 2001-2802 du 6 décembre 2001, relatif à la fixation du champ

48
La DGI a considéré que l’arrêté du Ministre des finances du 7 février 2012 qui a réduit
le chiffre d’affaire annuel brut de 2 à 1 million DT s’applique aux déclarations déposées
en 2013.
Il concerne donc la déclaration de l’employeur de 2012 et des années suivantes
Prise de position DGI n° 1517 du 30 octobre 2012
49
Selon l’exposé des motifs de la loi de finances pour 2013, le dispositif de la
télédéclaration compte au 30 septembre 2012, 8.000 entreprises dont 6.200 sont
obligatoirement soumises à ce dispositif.
50
La DGELF a même étendu ce dispositif aux associations qui achètent en exonération
de la TVA, estiment que l’association doit fournir au BCI une liste des achats en
exonération de la TVA, sur supports magnétiques, conformément au cahier des charges
proposé dans le site web du Ministère des finances, et ce, durant les 28 jours suivant
chaque trimestre civil.
Prise de position DGELF n° 2404 du 20 décembre 2013
et modalités d’application de l’article 58 de la loi n° 2000-98 du 25 décembre 2000,
portant loi de finances pour l’année 200151

II- Les garanties de l’accomplissement des obligations déclaratives :


L’accomplissement des obligations déclaratives exige l’existence d’un ensemble de
garanties pour se réaliser, on identifiera à ce stade, la première garantie qui est celle du
droit de contrôle de l’administration des obligations déclaratives (a) pour voir ensuite la
deuxième garantie qui est celle des diverses sanctions imposées pour défaut de
déclaration (b).

a) Le droit de contrôle de l’administration des obligations déclaratives


Selon Gaston Jèze: « La déclaration du contribuable lorsqu’elle est exigée par la loi doit
être présumée exacte par l’administration fiscale. »52
Ainsi, le contribuable n’accomplissant pas son devoir de collaboration avec le fisc et ne
respectant pas son obligation de déclarer, perd le bénéfice d’une présomption

51
Selon l'article premier du décret n° 2001-2802 du 6 décembre 2001, les personnes
morales ou les personnes physiques, soumises à l’impôt selon le régime réel, peuvent
présenter les déclarations, états ou relevés comportant des informations sur des
supports magnétiques à déposer auprès du BCI territorialement compétent
Peut être accepté, l’un des supports magnétiques suivants :
-disques pour système de lecture par faisceaux laser (CD-ROM)
-disquettes magnétiques destinés à être utilisés pour le traitement automatique de
l’information de type 3’1/2.
Le dépôt sur supports magnétiques susvisé est obligatoire pour les déclarations, états
ou relevés déposés par les personnes qui remplissent les conditions prévues par la
législation en vigueur.
52
JEZE(G), « Les principes généraux du droit administratif, théorie générale des
contrats de l’administration », op.cit, p. 789.
d’exactitude, c’est une façon de sanctionner la négligence de ce dernier, par contre celui
qui dépose sa déclaration profite de cette présomption seulement parce qu’il remplit ses
obligations déclaratives.
Maurice-christian Bergres voit un lien entre la présomption d’exactitude et la procédure
contradictoire de redressement53
La plupart des auteurs modernes démontrent un fondement logique à la présomption
d’exactitude54 : « du moiment qu’on sollicite le contribuable pour une participation active
au processus de l’imposition, il est nécessaire, à défaut de preuve contraire de
considérer que l’administré se plie de bonne foi à ses obligations55 ».
En effet, la présomption d’exactitude existe dés la souscription de la déclaration ; mais
son effet est différé jusqu’à la mise en œuvre de certains prérogatives de
l’administration fiscale, notamment le droit de demande des renseignements, des
éclairsissements et des justifications enumérés par le CDPF.
-Les droits de vérification dotés à l’administration fiscale : ces droits conduisent l’agent
vérificateur à procéder à un examen de comformité entre les documents souscrits et les
documents vérifiés.
Dans ce cadre on va distinguer entre deux sortes de vérifications : la Simple vérification
sommaire et la vérification fiscale approfondie.
1/ La vérification préliminaire
La vérification préliminaire correspond à la vérification sommaire56, qui a été définie par
le CDPF « La vérification préliminaire des déclarations, actes et écrits détenus par
l’administration fiscale s’effectue sur la base des éléments y figurant et de tous
documents et renseignements dont dispose l’administration57 »
Cette vérification consiste d’une part, à un contrôle de la présentation formelle des
documents remis et d’autre part, à un contrôle du contenu de ces documents à l’aide
des pièces en possession de l’administration58.
En effet la vérification préliminaire a lieu dans les locaux de l’administration sur la base
des seuls documents figurant dans le dossier du contribuable et elle n’est pas
subordonnée à l’information préalable de ce dernier59.

53
BERGERES (M-C), « La valeur juridique de la déclaration controlée », op.cit, p.246.
54
CASIMIR (J-P), « Les signes extérieur des revenus, le contrôle et la reconstitution du
revenu global par l’administration fiscale », Préface de Maurice COZIAN, Paris, LGDJ,
1970, p.123.
55
Article 558-559 du code des obligations et des contrats (C.O.C)
56
GADHOUM(O) , « L’insuffisance de protection du contribuable lors du contrôle
fiscal », Mémoire, Faculté de droit de Sfax, 1997, p.113.
57
Article 37 du CDPF.
58
Gour (G), Tournier (G), Molinier (J), « Procédures fiscales », op.cit, p.61.
Ce type de vérification facilite la détection des contribuables qui n’ont pas déposé leurs
déclarations fiscales et elle semble être le prélude à une vérification approfondie.
2/ La vérification approfondie
L’A.38 du CDFP définit cette notion comme étant : « la vérification approfondie de la
situation fiscale porte sur tout ou partie de la situation fiscale du contribuable ; elle
s’effectue sur la base de la comptabilité pour le contribuable soumis à l’obligation de
tenue de comptabilité et dans tous les cas sur la base de renseignements, de
documents ou de présomptions de fait ou de droit ».
Donc cette vérification prend la forme d’une vérification de comptabilité60 qui peut être
définie comme un ensemble d’opérations qui ont pour objet la confrontation des
déclarations souscrites avec les écritures comptables par l’examen de la régularité61.
Un deuxième type de la vérification approfondie a été invoqué, il s’agit d’une vérification
extracomptable qui suppose la recherche ou la reconstitution des éléments ayant des
incidences sur la matière imposable en dehors de la comptabilité.
Le législateur a instauré le principe, pour la même période et au titre du même impôt, où
le contribuable ne subit qu’une seule vérification approfondie . Toutefois, 62

l’administration fiscale peut disposer de renseignements touchant


l'assiette et la liquidation de l'impôt et dont elle n'a pas eu connaissance
précédemment.
Dans ce cas elle peut procéder à une nouvelle vérification approfondie
soumise à l'autorisation du ministre de finance sur rapport motivé du
directeur général des impôts.
Les opérations vérification approfondie obligatoirement l'objet d'une
notification un avis préalable soit par la lettre recommandée avec
accusé de réception soit par l'intermédiaire des agents de
l'administration fiscale63. Le commencement des procédures de cette

59
NC n°20/2002, textes DGI 2002/33
60
C.E du 13 mars 1967, n°62338, RDCE , 1967, p.19.
61
Article 10 du CDPF, sont soumis à la vérification de comptabilité, tous les
contribuables astreints par la loi fiscale à la tenue d’une comptabilité indiquée dans
l’article 62 du code de l’IRPP et de l’IS.
62
.2013 ‫ منشورات المطبعة الرسمية للجمهورية التونسية‬,2011 ‫ فقه قضاء المحكمة اإليدارية‬311535 ‫قرار تعقبي‬
63
CROSCLAUDE (J), MARACHESSOU (P), « Procédures fiscales », op.cit, p.136. La notification est « une garantie
personnelle essentielle du contribuable lors du déroulement de la vérification approfondie ».
vérification est fixé de 15 jours à partir de la date de notification de cet
avis. Toutefois, ce délai peut être porté à 60 jours sur demande par le
contribuable ou par l’administration fiscale64.
En vertu de l’article 40 alinéa 1 du CDPF, la vérification approfondie se
déroule généralement dans les locaux des entreprises65. Toutefois, elle
peut se dérouler dans les locaux de l’administration fiscale en cas de
nécessité.
Cet article ajoute que la durée suffisante, pour effectuer la vérification
approfondie, est de 6 mois lorsque la vérification commence à etre
décomtée à partir de la date du commencement effectif de la
vérification. Aussi, la durée de cette vérification est d’une année dans
les cas de défaut de comptabilité. Il est à noter que les périodes
d’interruption de la vérification ne sont pas pris en considération pour
le calcul de la période de 6 mois ou d’une année.
Le législateur impose à l’administration de communiquer, par écrit, le
résultat de sa vérification et d’accorder au contribuable un délai de 30
jours pour répondre aux conclusions 66 . En cas de réponse à la
notification dans les délais précis, l’administration doit établir une
contree réponse motivée du rejet total ou partiel de l’opposition du
contribuable. Ce dernier dispose, alors, d’un délai de 15 jours à partir de
la notification de la réponse de l’administration, pour formuler ses avis
et ses observations en la matière.
-Les moyens de contrôle des déclarations fiscales :

Article 39 du CDPF.
64

NC n°20/2002, textes DGI 2002/33, relative au commentaire des dispositions des articles de 36 à 46 du CDPF
65

relatives aux procédures de la vérification fiscale. Le législateur a cité les cas où le contribuable demande
l’affectation des procédures de contrôle qui se déroulement dans les locaux administartifs.
66
Article 44 du CDPF.
A cet égard l’administration possède des moyens puissants afin d’éviter
d’éluder l’impôt67. Ainsi, ces moyens se résument dans le droit de
communication(a) et le droit d’investigation et de recherche (b).
a/-Le droit de communication :
C’est le fait d’exiger à un contribuable ou à un tiers la production des
documents et pièces permettant le contrôle de sa situation fiscale et
sans que l’administration serait dans la plupart des cas désarmée68. En
effet, c’est le droit reconnu à l’administration fiscale de recueillir des
informations auprès de certaines personnes ou administrations, en vue
d’effectuer le contrôle des déclarations des contribuables69.
Le droit de communication consiste dans le fait que le détenteur de
l’information et du document est tenu de les présenter à
l’administration sur sa demande (1) ou d’une manière automatique à
son initiative (2).
*Le droit de communication sur demande de l’administration :
-Le droit de communication a lieu sur la base d’une demande écrite70
par les services du contrôle fiscal auprès du contribuable et des tiers. Le
but de cette demande est de communiquer sur place71 les documents
(livres, factures et pièces comptables...) et les informations jugées utiles
dans le cadre des activités72.

CROSCLAUDE (J), MARCHESSOU (P), « Procédures fiscales », op.cit, p.110.


67
68
Il faut distinguer entre le droit de communication et le droit de vérification : la vérification est soumise à une
série de garanties pour le contribuable énoncé par le législateur. Par contre, le droit de communication peut être
exercé autant de fois alors qu’une vérification approfondie une fois terminée elle ne peut être renouvelée à l’égard
des mêmes impôts pour les mêmes périodes.
LAMARQUE(G), « Droit fiscal général », Paris, Litec, Tome I, 1998, p.626.
69

70
La demande écrite remise directement au moment de l’intervention sur place ou envoyée à l’intéressé ou à son
représentant selon les conditions fixées par l’article 10 du CDPF.
C’est-à-dire au lieu de l’exploitation ou du siège social, au lieu de la direction effective ou du principal
71

établissement et plus généralement sur les lieux où sont effectivement détenus les documents comptables.
72
Article 16 du CDPF.
Selon l’article 9 du CDPF, le droit de communication s’applique auprès
des personnes morales soumises à l’obligation de tenir une comptabilité
en vertu de l’article 62 du code de l’IRPP et de l’IS. Les personnes
concernées doivent fournir les informations et les renseignements
demandés, dans un délai de 30 jours à partir de la date de notification
de la demande.
*Le droit de communication sans demande préalable de
l’administration :
Certaines personnes doivent fournir, aux services de contrôle fiscal
compétents, des informations ou des documents d’une manière
spontanée et de leur propre initiative. Il s’agit des personnes publiques
ou assimilées (A16 parag2 du CDPF) et de l’agent du ministère public
(Article 18 du CDPF)
D’une part le ministère publique communique aux services de
l’administration fiscale tous les renseignements et documents ou tout
agissement ayant pour but de frauder l’impot ou de compromettre son
paiement.
D’autre part, les services de l’Etat, les collectivités publiques, les
établissements publics, les entreprises publics et les sociétés en
participation de l’Etat doivent faire parvenir aux services de
l’administration fiscale tous les renseignements relatifs aux marchés
publics de construction qu’ils passent avec des tiers. Ces
renseignements doivent être fournis selon un modèle établi par
l’administration fiscale et dans un délai ne dépassant pas 30 jours à
compter de date de leur passation.
2-La diversité des moyens d’investigation et de recherche :
Les moyens d’investigation auprès du contribuable consistent
essentiellement dans le droit de visite 73 et dans la perquisition
domiciliaire. L’article 8 paragraphe I et II du CDPF définissent ces droits
comme des visites inopinées sans avis préalable, destinées à éviter tout
risque de destruction des documents et des éléments matériels de
l’exercice de l’activité. Ces visites sont réparties en : droit de visite (1) et
droit de visite en vue de la perquisition ou de la saisie (2)
1.Droit de visite : afin de s’assurer du respect des obligations fiscales
l’administration fiscale dispose de la technique de droit de visite,
l’article 8 paragraphe I du CDPF indique que ce droit est exercé par les
agents de l’administration fiscale qui sont habilités à effectuer un
contrôle simple, unilatéral et quotidien.
La visite signifie le fait d’aller voir quelqu’un chez lui, mais elle signifie
aussi le fait d’aller dans un lieu pour l’inspecter. Historiquement, ce
droit n’est pas une nouveauté de la CDPF mais remonte au code de la
patente article 47-1).
Ce moyen de contrôle suggère l’idée d’un déplacement de
l’administration fiscale dans le cadre d’une recherche de l’information.
Il peut être effectué dans les locaux professionnels, magasins et
entrepôts ainsi que dans tous les lieux utilisés pour des activités
soumises à l’impôt.
2-Le droit de visite en vue de la perquisition ou de la saisie : Ce droit est
dans le but de constater les infractions commises et de recueillir les
éléments de preuves y afférentes74.

73
Dans la rédaction initiale de l’article 8 du CDPF le terme utilisé est celui de « visite européenne » qui a été changé
par le terme « visite », mais ce changement n’a aucune incidence sur le régime juridique.
74
LAMARQUE (G) , « Droit fiscal général », op.cit, p.622. Le droit de perquisition fiscale étant le pouvoir reconnu à
l’administration fiscale de procéder à des fins fiscales, à la perquisition de tous les locaux, memes privés, et à la
saisie des pièces et documents susceptibles d’y etre détenus et constituant la preuve des agissements fiscaux
délictueux.
D’une part la perquisition est un pouvoir reconnu pour les agents du
fisc75. Cette technique représente la recherche opérée dans un lieu pour
trouver des objets, des documents utiles à une enquête ou à une
instruction. D’autre part, le droit de saisie consiste dans la saisie de tous
documents ou objets prouvant l’exercice d’une activité soumise à
l’impôt et non déclarée ou présumant l’infraction fiscale. Ce droit
concerne la prise en possession de quelque chose par voie
administrative ou judiciaire76.
Les agents de l’administration fiscale procèdent à des visites et
perquisitions domiciliaires chaque fois qu’il y a la présomption de
l’exercice d’une activité soumise à l’impot et non déclarée ou de
manouevre de fraude. Ce droit nécessité l’assistance des autorités
civiles et des autorités de police (Article 14 du CDPF). L’article 8
paragraphe 2 du CDPF exige, à la fin de chaque opération de saisie,
l’établissement d’un procès-verbal (article 71 et 72 du CDPF) qui sera
adressé et donné dans une copie au contribuable ou à son
représentant.
Les conséquences du droit de contrôle sur les déclarations fiscales :
A la lumière du contrôle effectué par l’administration fiscale, les agents
de l’administration peuvent aboutir d’une part, à la confirmation des
déclarations où le dossier du contribuable sera classé. D’autre part, ils
peuvent aussi aboutir à la découverte des irrégularités qui appellent à la
rectification des déclarations pour les rendre conformes à la réalité
(article 6 du CDPF), doc on verra les procédures de redressement (a) et
leur déroulement (b)
-les déclarations fiscales présupposent la présomption de sincérité et de
régularité qui met l’administration fiscale dans l’obligation de procéder

75
Article 8 paragraphe 4 du CDPF.
lors des procédures de redressement à un débat contradictoire dans
lequel elle supporte la charge d’un dialogue entre le vérificateur et le
contribuable.
1-la procédure contradictoire : se déclenche quand l’agent vérificateur
constate des insuffisances au niveau de la déclaration. Cette procédure
est considéré comme une fraude fiscale et elle peut prendre la forme
d‘une omission d’un élément d’assiette ou d’une dissimulation.
La procédure contradictoire est ouverte aussi dans le cas où la
déclaration est considérée comme inexacte, lorsqu’il y a un manque de
certaines informations nécessaires à l’imposition, or lorsqu’elle contient
des informations erronées non conformes à la réalité.
2-Les techniques de rectification : une fois les inexactitudes et les
insuffisances sont constatées et relevées, les agents de l’administration
ont le droit de rectifier les déclarations. I est ainsi exigé de reconstituer
et de déterminer la base imposable, par référence aux présomptions
qui découlent des renseignements et des élements receuillis auprés des
tiers.
3-Les redressements retenus doivent faire l’objet d’une notification
écrite au contribuable77 ou à son représentant , par les agents de
l’administration fiscale ou des huissiers notaires, au domicile réel de la
personne concerné. Cette notification suppose une réponse écrite du
contribuable sur les redressements effectués , dans un délai de 30 jours.

b)- Les sanctions pour défaut de déclaration :

CHAABANE (N), « Le droit de visite, de perquisition et de saisie à travers le code des droits et des procédures
76

fiscaux », article précité, p.29.


77
Article 10 et 43 du CDPF (les modalités de la notification du redressement).
L’élaboration d’un arsenal de sanctions 78 permet de garantir la
pérennité de tout système fiscal déclaratif. Ainsi, les sanctions fiscales,
constituent une « zone de grisaille dans le paysage de notre fiscalité »79.
Il en résulte que le sujet est réputé « austère, rébarbatif, rebutant par
sa technicité et sa complexité et à son caractère faussement ordonné et
hétérogène80 ».
Le droit de sanctionner est un droit partagé qui n’est pas octroyé à une
n’est pas octroyé à une seule autorité81. Il existe une distinction légale
entre les sanctions administratives appliquées par l’administration
fiscale, sous le contrôle du juge (1) et les sanctions pénales qui sont du
ressort des tribunaux correctionnels (2).
1/Sanctions administratives :
L’infraction fiscale commise par le contribuable aboutit à une sanction
infligée par une autorité administrative 82 . Cette sanction est une
réparation pécuniaire83, entant qu’une indemnité allouée au trésor.
La CDPF a énuméré les sanctions administratives concernant la
déclaration de l’IS à savoir : l’établissement de la taxation d’office (1) et
les pénalités de retard (2).
1-La taxation d’office :
L’article 47 paragraphe 1 du CDPF implique que : «La taxation est
établie d’office en cas de désaccord entre l’administration fiscale et le

CORNU (G), « Linguistique juridique », Paris, Montchrestien, 2000, 2éme édition, p.98. La définition des sanctions
78

doit etre préalable, concréte et précise. Cet auteur retient une double définition : dans une conception restrictive,
les sanctions sont réservés aux seules mesures répressives destinés à punir. Dans une conception plus large, le
terme signifie toute mesure meme réparatrice justifiée par la violation d’une obligation, ou par tout moyen destiné
à l’inéxécution effective d’un droit ou d’une obligation.
79
MOLINIER (J), « Pour une classification du droit de la répression fiscale », classification DF, 1980, p.1201.
Ibid.
80

LAMBERT (Th), « Contrôle fiscal, droit et pratique », Paris, PUF, 1991, p.180.
81
ème
82
GROSELAUDE (J), MARCHESSOU (Ph), « Procédures fiscales », Paris, Dalloz, 3 édition, 2004, p.314.
BACCOUCHE (N), « Les problèmes juridiques et pratiques posés par la différence entre le droit criminel et le droit
83

administratif pénal », RIDP, 1988, p.429.


contribuable sur les résultats de la vérification fiscale préliminaire ou
approfondie, prévues par l’article 36 du présent code ou en cas de
défaut de réponse dans le délai de 30 jours, à la notification de
redressement par l’administration des résultats de la vérification
préliminaire ou approfondie, ou en cas de contre réponse de
l’administration ».
La taxation d’office apparait comme un moyen d’autorité publique
permettant à l’administration fiscale d’imposer d’office le complément
d’impôt au contribuable84. Il en résulte un caractère unilatéral et accentué85, celui de
reconstituer et d’arrêter unilatéralement l’assiette de l’impôt sur la base de renseignement,
documents ou présomptions de fait ou de droit.

2-Les pénalités de retard :


C’est une sanction pécuniaire constatée par l’agent compétent habilité à exercer le droit
de contrôle. Ces pénalités sont divisées en plusieurs types : des pénalités de retard
pour défaut de déclaration des revenus ou bénéfices exonérés ou bien soumis à une
retenue à la source libératoire(1), des pénalités en cas de paiement spontané (2), des
pénalités suite à l’intervention du services de contrôle fiscal (3).
*Pénalités de retard pour défaut de déclaration des revenus ou bénéfices exonérés ou
soumis à une retenue à la source libératoire
L’article 85 du CDPF prévoit que « le défaut de déclaration dans les délais impartis, des
revenues et bénéfices exonérés de l’impot sur les sociétés ou soumises à une retenue à
la source libératoire de l’impôt donne lieu à l’application de la pénalité de retard de 1%
des revenus et bénéfices concernés ». Sachant que le minimum de la pénalité de retard
est fixé à 5 dinars 86 . Cette sanction s’applique pour les entreprises bénéficiaires du
régime fiscal de l’exportation totale, à compter du 1er jour du 4ème mois suivant celui au
cours duquel prend fin le délai imparti pour la déclaration des revenus et bénéfices87.
*Les pénalités de retard en cas de paiement spontané

‫ منشورات مجموعة األطرش بالتعاون مع المحكمة اإلدارية‬2008 ‫ فقه قضاء المحكمة اإلدارية لسنة‬2008 ‫دد في ديسمبر‬67414‫قرار تعقيبي ع‬
84

.439‫ ص‬.2010 ‫تونس‬


85
BEN JABBRA (R), « La prérogative de taxation d’office », Mémoire, faculté de droit de
Sfax, 2006, p.56
86
Article 86 du CDPF
87
Article 85 paragraphe 2 du CDPF, « C’est une prorogation des délais de déclaration à
3 mois supplémentaires pour les entreprises bnéficiaires du régime fiscal de
l’exportation totale. »
L’article 81 du CDPF prévoit que « tout retard dans le paiement de tout ou partie de
l’impot entraine l’application d’une pénalité de retard liquidée au taux 0.5% du montant
de l’impot exigible est acquitté spontanément et sans l’intervention préalable des
services de contrôle fiscal. ». Cette disposition est applicable chaque fois que le
contribuable dépasse le délai fixé par la loi pour le paiement de l’impot. Le retard est
calculé, selon les dispositions de l’article 87 CDPF : à partir du 1er jour suivant
l’expiration du délai légal imparti pour le paiement et jusqu’à la fin du mois au cours
duquel est intervenu le paiement de l’impot, ou à partir de la reconnaissance de la dette
ou de la notification des résultats de la vrification fiscale.
*les pénalités de retard suite à l’intervention de service de contrôle fiscal
L’article 82 du CDPF prévoit que « le taux de la pénalité de retard prévu par l’article 81
du CDPF est porté à 1.25% lorsque le retard dans le paiement de l’impôt est constaté
suite à l’intervention des services du contrôle fiscal ».
Le meme article ajoute au dernier paragraphe que cette pénalité est réduite de 50%
lorsque l’impot exigible est acquité dans un délai maximum de 30 jours à compter de la
date de la reconnaissance de la dette prévue par l’article 45 CDPF.

2/Sanctions juridictionnelles :
Ils existent à cet égard des sanctions fiscales pénales pécuniaires « les amendes »
Amendes pour défaut de dépôt de déclaration :
Article 89 CDPF : -Toute personne qui ne dépose pas une déclaration ou ne produit pas
un acte/document dans les délais prescrit par la législation fiscale doit payer une
amende de 1000 dinars à 10.000 en sus des pénalités prévues par l’Article 81 à 86 du
CDPF. Cette amende n’est pas applicable lorsque le contribuable régularise sa situation
avant l’intervention des services de l’administration fiscale. Les amendes sont
constatées qu’à partir d’un procès-verbal et encouru malgré la bonne foi de la personne
en question. La charge incombe au juge de première instance de fixer le montant final
de l’amende et de la rendre exécutoire.
-Toute personne n’ayant pas déposé la déclaration d’existence prévue par l’Article 56 du
CIRPPIS: amende entre 1000 et 50.000 Dinars.
Amendes en cas de récidives de non dépôt d’une déclaration de l’impôt sur les sociétés
L’Article 90 du CDPF: une amende de 1000 dinars à 50.000 dinars pour toute personne
qui ne produit pas à l’administration fiscale dans un délai de 60 jours à compter de la
mise en demeure, les déclarations, actes et documents. La production de ces
documents est prescrite par la législation fiscale, en sus des pénalités prévues par les
articles 81 à 86 du présent code et ce en cas de récidive dans une période de 5 ans.
- Art. 91: Tout renseignement non fourni dans les déclarations, actes et documents visés
à l'article 89 du présent code ou fourni d'une manière incomplète ou inexacte donne lieu
à l'application d'une amende de 10 dinars par renseignement.
-Art. 89 bis Note Est passible d’une amende de 100 dinars à 5000 dinars, toute personne
ayant déposé une déclaration ou produit un acte ou un document prescrit pour
l’établissement ou le contrôle des impôts sans l’observation de la législation en vigueur
relative à la souscription et au dépôt des déclarations fiscales, des informations et
documents servant à l’établissement de l’impôt ou destinés à l’administration fiscale ou
aux services du recouvrement par les moyens électroniques fiables ou sur supports
magnétiques.

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De droit SFAX 2011

EL JAZIRI Fatma, La déclaration fiscale en Tunisie, Mémoire pour l'obtention du D.E.A


en droit fiscal, Faculté de droit et des sciences économiques et politiques de Sousse,
2002-2003
BEN KAHIA Hassen, La déclaration fiscale en matière d'impôt sur le revenu des
personnes physiques et d'impôt sur les sociétés, Mémoire de DEA en droit public,
Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, 2001-2002.

Webgraphie :
http://www.finances.gov.tn/index.php?option=com_jdownloads&view=viewcategory&cati
d=9&Itemid=306&lang=fr
https://www.webmanagercenter.com/2019/01/04/429345/loi-de-finances-2019-texte-com
plet/
Annexes : La loi de finance pour la gestion de 2019 :
l’Abandon des pénalités de retard et amendes dues au titre du dépôt des déclarations
fiscales et de l’enregistrement des contrats et actes dont l’échéance est survenue avant
le 31.12.2018 et qui ne sont pas couverts par la prescription.