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Cours de V.R.

D 3ème année Génie civil Université de Khemis Miliana

II.7. Evaluation des débits


II.7.1. Débits des eaux pluviales
Les réseaux d'assainissement doivent évacuer les eaux recueillies par les surfaces
imperméables tels que:
- Toitures (terrasses)
- Chaussées (parking, trottoir, aire de jeux)
- Eau non absorbée par les espaces verts

Le calcul des débits peut se faire selon trois méthodes


- Méthodes simple (méthode rationnelle)
- Méthode superficielle de caquot
- Méthode linéaire

A/ Méthode rationnelle

Qep = C.I.S ………………………………………………..(2.1)


Qep: Débit des eaux pluviales (l/s)
S : surface du bassin en hectares (h)
I : intensité de précipitation (l/s/hab)
C : coefficient de ruissellement du bassin versant

Remarque
On utilise les diamètres suivant:
Q< à 25l/s =  200mm
Q compris entre 25 et 35 l/s = 250mm
Q compris entre 35/50 l/s =  300mm

La pente minimale des collecteurs est égale:

Dans le cas des eaux pluviales 5mm

1m

1/ Débit de pointe des eaux pluviales


a/ Introduction
L’estimation des débits à évacuer est basse sur les connaissances hydrologiques de la région
considérée et les statistiques relevées sur sa pluviométrie pendant une période donnée.

b/ Considérations générales
Le coefficient de ruissellement C est défini comme étant le rapport entre le volume d'eau qui
ruisselle (coule) sur une surface donnée au volume d'eau qui tombe sur cette dernière. Ce
coefficient varie entre 0,9 et 0,05.
- surface imperméable ………………………..0,90
- pavage à large joint …………………………0,60
- voie en macadam non goudronné…………...0,35
- allée en gravier…………………………..…..0,20
- surface boisée………………………………..0,05

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Si . Ci
CPi = ---------------- coefficient de ruissellement pondéré …………………(2.2)
 Si
Le temps de concentration :

La goutte d’eau tombée en un point M du bassin versant :


- ruisselle selon le trajet Mm (gouttières, caniveaux…) pendant un temps t’
- s’écoule dans le collecteur entre les points m et O pendant un temps t"
La durée totale de l’écoulement est t = t’ + t"
La durée maximale d’écoulement dans le bassin est appelée Temps de concentration
tc = max (t’+t")
Le temps de concentration “ tc ” est déterminé par :

tc = t1 + t2 ………………………………………….………………. (2.3)
t1 = 2 minutes pour les pentes de 10 % des voies et des toits ou branchements.
t1 = 15 minutes pour une pente de 0,1 %
t2 : délai d’écoulement en canalisation à une vitesse de 1 m/s sur parcours limite à 1500 m.

L’intensité de précipitation dépend du temps de concentration (tc) et de la fréquence (N) tel


que N = 1/T

T : la période de retour
Si la période de retour choisie augmente, le débit de pointe croit, le diamètre du collecteur est
plus grand, les dépenses d’investissement s’accroissent, mais le risque d’inondation diminue.
Il y a donc un juste milieu à trouver.
En assainissement urbain, les projets sont en général détermines pour la période décennale
T=10 ans en précisant la nature des débordements prévisibles pour la période centennale
T=100 ans.
L’expression de l’intensité
I = (280 – 250 log N) T (mm/h)
I = (805 – 694 log N) T (l/s/hab.) ……………………………… (2.4)

Exemple
- surface totale: 9 hectares
- surface du bâti = 4 h
- surface de chaussée = 2,37 h
- surface d'espace vert = 2,63 h
I: Intensité moyenne des précipitations égale à 120 l/sec/hab (donné par le service
d'hydraulique)

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Cb=0,9, Cc (chaussée)=0,9 et C espace vert= 0,5

Qep = C.I.S

Si.Ci
CPi = ----------------
 Si
Cp 
4  2,37x0,9  2,63x0,5  0,78
9
Qep  0,78 x120 x9  842,4 l / s

B/ Méthode linéaire
Elle permet de suivre la progression des débits le long d’une voie, elle est basée sur
l’expression du coefficient de ruissellement tel que :

C = 0,56 (L/2S) .µ …………………………………………. ……(2.5)


C : coefficient de ruissellement
S : surface du bassin d’apport
L : longueur des rues qui sillonnent le bassin
µ : facteur d’imperméabilité qui est donné par :

µ = 0,02 h/r. 1/R ; où h/r : nombre d’habitant par hectomètre

II.7.2. Détermination des débits des eaux usées (EU)


Les écoulements d’eaux usées ou de temps sec se composent des écoulements d’eaux
usées (domestiques, artisanales et industrielles) et des écoulements parasites (eaux pluviales
injectées dans le réseau). Les débits d’eaux usées sont estimes en général d’après les
consommations moyennes par habitant pour les eaux d’origines domestiques ou par activité
pour les effluents industriels. Elle est généralement estimée à 80% de la quantité d'eau
consommée.
a. α . N
Qmoy ( EU )  (l/s) …………………………………… (2.6)
86400
Avec :
a: Dotation à la norme moyenne de l'alimentation en eau
 : Le taux de rejet = 80% de dotation
N : le nombre d'habitants

a/ Débit de pointe des eaux usées


QP ( EU )  Qmoy ( EU ) xKp ……………………………………............... . (2.7)

b/ Coefficient de pointe
2,5
Kp  1,5  …………………………………………………………(2.8)
Qm
Si Kp > 4 on prend Kp = 4

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Exemple :
N= 164 habitants
164.0,8.250
a= 250l/jours/hab Qmoy ( EU )   0,38l / s
86400
 = 0,8 (coef de rejet)

II:5.2. Calcul des sections de collecteurs


Le dimensionnement rationnelle des collecteurs doit permettre un bon fonctionnement
du réseau et doit satisfaire les exigences telles que l'évacuation rapide et continue de tous les
déchets.
Le calcul se fait pour un bon fonctionnement du réseau à l'aide de la formule d'évacuation
suivante:
Q = V.S …………………………………………………….(2.9)
Q : débit (m3/s)
S : section (section mouillée) du collecteur (m2)
V : vitesse d’écoulement en m/s
Le calcul de la vitesse est donné par la formule de CHEZY

V  C RH .I ……………………………………………………(2.10)

V: vitesse d'écoulement en m/s


RH: Rayon hydraulique (m) appelé rayon moyen de l'ouvrage
surface.transversale
RH 
périmètre
I: la pente de la conduite [m/m]
C: coefficient de paroi (coefficient de rugosité) (la nature de la conduite).

87 RH
C …………….…………………………………………(2.11)
  RH
87
C (Formule de BAZIN)………………………………...(2.12)

1
RH
 : Coefficient de BAZIN tient compte de la nature de paroi et d'eaux transportées.

Système séparatif :
Réseau non perfectionné et paroi rugueuse ……….…………………………………  = 0,25
Réseau soigné et paroi plutôt lisse …………………………………………………..  = 0,16
Réseau bien soigné et paroi lisse ……………………………………………………  = 0,10

Système unitaire ou séparatif :


Ouvrages établis avec soin moyen, présence de sable dans les eaux, parois plus ou moins
lisses……………………………………………………………………………..…..  = 0,46
Ouvrages bien exécutés, paroi lisses…………………………………………………  = 0,30

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Exemple :
 =0,16 (collecteur en béton)
Toutes les formules citées sont résumées dans des abaques appelés abaques de BAZIN

Formule de MANNING STRICKLER :

1
C RH 1 / 6 ……………………………………………..….(2.13)
n

Avec :
RH : rayon hydraulique
n : coefficient de MANNING STRICKLER, il prend des valeurs selon la nature de la paroi
(tableau ci-contre)

Tuyau en béton lisse ou en métal …………………………………………n = 0,012


Tuyau en béton…………………………………………………………….n = 0,013
Canaux en béton …………………………………………………..………n = 0,250
Tôle ondulée (frisée)……………………………………………….………n = 0,450

Exercice 1:
On veut déterminer le diamètre d'un collecteur d'eau usée. Ce collecteur doit prendre en
charge les évacuations des logements et équipements suivants:
Nombre de logements 150 nombre d'habitants par logement=7, Mosquée 500 places, Cinéma
150 places.
Estimation des évacuations:
Evacuation par habitant 200 l/j/hab
Cinéma 4 l/j/place
Mosquée 4 l/j/place
i) Déterminer le débit moyen d'eau usée
ii) Déterminer le débit de pointe d'eau usée
iii) Déterminer le diamètre de la conduite si la vitesse d’écoulement = 0,9m/s
Solution
a. α . N
i) Qmoy= Qmoy ( EU )  = 1,96l/s
86400
ii) Kp= 3.28 Qp= 6.42l/s
iii) D= 0.094m

Exercice 2:
Dans une conduite circulaire, nous savons qu’il coule un débit de 1,4m3/s avec une pente de
0,0002. Le coefficient de Manning est de 0,01 et le rapport Y/D=0,25. Déterminer le diamètre
de la conduite ?

O
A B
c D

Eau Y
Figure 1
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Solution :
i) La surface du triangle OAB= 0.108d2
La surface de OACB
360° πd2/4
120 x
X= 120*π d2/360*4= 0.262 d2
La surface hachurée = 0.154 d2

ii) le périmètre
360° πd
120 x

X= 120*π d/360 = 1.047d

iii) RH= 0.154 d2/1.047d= 0.147d

iv) C= 72.647d1/6
v) le diamètre
Q=S*C(RH*I)1/2
Q2=S2*C2(RH*I)
d=3.245m

Exercice 3:
Une ville de 35000 hab. est assainie par une conduite d’assainissement en PVC d’une pente
moyenne I=2% est d’un coefficient C=62.
1- Si en admettant que la dotation d’alimentation est a= 175l/j/hab, que le coefficient de rejet
est  =65% et que le taux d’accroissement annuel de la ville est 2.8%
a- Calculer le débit moyen à évacuer actuellement par la conduite?
b- Calculer le débit maximum à évacuer actuellement ?
c- Calculer le débit moyen à évacuer à l’horizon de 25 ans ?
d- Calculer le débit maximum à évacuer à l’horizon de 25 ans ?
2- Estimer le diamètre de la conduite pour les quatre cas précédents ?

Sachant que le nombre d'habitant à un horizon de 25 ans peut être déterminé par :
N=N0 (1+T)n.
Avec
N0 : nombre d'habitants pendant l‘année de référence (actuelle)
T : taux d'accroissement de la population
n : nombre d'années à partir de l’année de référence

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CHAPITRE III: Alimentation en eau potable (A.E.P)

III.1. Généralité:
Dans les temps anciens, le transport de l’eau se faisait par des moyens rudimentaires, de nos
jours, l’évolution a permis de canaliser l’eau depuis la source jusqu'aux points d’utilisation.

III.2. Captage des eaux:


C’est une opération qui consiste à capter l’eau douce pour la mettre en réserve, puis la
distribuer après traitement; l’eau peut provenir soit des eaux souterraines soit des eaux de
surface.
a) Eau souterraine : (captage par puits)
L’eau de pluie pénètre dans des profondeurs variables de la terre pour former des nappes ;
cette nappe constitue la source de prise d’eau pour l’adduction en eau potable.
b) Eau de surface :
L’origine de cette eau est également la pluie sur les bassins versants du milieu récepteur, elle
finit par se déverser dans les cours d’eau, les lacs, rivière….etc, et qui constitue la source de
captage des eaux de surface.

III.3. Qualité d'eau-traitement :


L'eau distribuée pour la consommation provient généralement des barrages, des forages et des
sources naturelles. Dans tous les cas, elle doit arriver au consommateur pure et sans saleté.
Pour cela avant la distribution, l'eau doit être filtrée et stérilisée de façon à éliminer toutes les
matières en suspension et les microbes qu'elle contient.

III.4. Adduction des eaux:


Le terme adduction représente l'ensemble des installations reliant la prise d'eau jusqu'à la
station de traitement, stockage tel que le château d'eau et réservoir. Il existe deux types
d'adduction:
- Adduction par refoulement caractérisée par un écoulement sous pression
- Adduction gravitaire ; caractérisée par un écoulement sous pression, l'eau est
acheminée au moyen de canaux ouvert de forme suivant:

l Demi-cercle

Rectangulaire
Trapèze
III.5. Etude d'un canal:
a) On fixe le débit Q (m3/s, l/s)
b) La vitesse de l'eau (V) est déterminée en fonction de la nature de la paroi
-V 0,3m/s à 0,7m/s pour les parois non revêtues
-V 0,7m/s à 1,2m/s pour les parois revêtues
- La pente (i) 0,15mm/m à 1mm/m.

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c) Connaissant le débit et la vitesse, on déduit l'aire Am= (la section mouillée)


Q
Am 
V
d) On détermine ensuite le profil en travers du canal dont la section est égale à Am.

Remarque:
Les canaux de faible dimension sont généralement des éléments semi-circulaires en béton
préfabriqué.

L'inclinaison des parois:Dépend de la nature du terrain


  25 Terrain meuble, sable h
  45 Terrains revêtus
  60 Roches l
  90 Roches compactées
Trapèze
Exercice 1:
Soit un canal rectangulaire de longueur 4,5m, la pente i est égal 1/800. Calculer la
vitesse d'écoulement et le débit si la hauteur de l'eau est égale 1,2m et C=49.

1,2
Solution: 4,5m
RH=0.789m
V=1.53m/s
Q=8.27m3/s

Exercice 2:
Un canal à une section trapézoïdale dont les dimensions sont comme suit:
8,4m

1,2m
1
2
3,6m
Déterminer le débit si la hauteur de l'eau égale 1,2m. La pente i=1/1600 et le coefficient de
chezy C=49.

Solution :
Am surface mouillée= 7.2m2
Pm rérimètre mouillé = 8.96m
RH= 7.2/8.96= 0.804m
Q= 7.903m3/s

Exercice 3:
A quel débit doit-on s’attendre dans un canal rectangulaire de 1,22m de large, revêtu de
ciment (n=0,013), ayant une pente de 4m pour 10000m. Si l’eau a 610mm de profondeur ?
Utiliser le coefficient C de Manning.
Solution
Q= S*V = S * (RH2/3 *I1/2 ) / n =0.51 m3/s

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III.6. Canalisation sous pression (Distribution d'eau):


La canalisation sous pression est le moyen le plus utilisé pour la distribution de l'eau. L'eau
est maintenue sous pression, elle est à l'abri de contamination.
La canalisation peut être en acier ou en béton. Il existe deux types de réseaux
1 - Réseau ramifié
2 - Réseau maillé
R
a Réseau ramifié
1
f g
2
3 c
h
i
4 5
6 j d
k
7
- a, b, c, d et e canalisations primaires e 8
- f, g, h, i, j et k canalisations secondaires
- 1 à 8 canalisations tertiaires
-  ,  ,  et  canalisations quaternaires
R

f g

h Réseau maillé

j k
e
R-

Remarque:
- Dans un réseau ramifié si un arrêt se produit dans un point quelconque du réseau, toutes les
conduites placées en aval de l'arrêt sont privés d'eau car l'écoulement se fait dans un sens.
- Cet inconvénient du réseau ramifié est supprimé en assurant l'alimentation retour de la
canalisation primaire et secondaire. L'alimentation retour pour les canalisations tertiaires et
quaternaires des petites ruelles n'est pas assurée car c'est très couteux.
- Le réseau maillé est généralement utilisé pour les grandes agglomérations.
Remarque sur le tracé du réseau:
- Il faut rechercher le tracé qui permet de minimiser la longueur de la canalisation.
- Eviter si possible le réseau ramifié donner préférence au réseau maillé.

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III.7. Calcul d'un réseau :


a) Généralité :
Réservoir
- Régulation des débits
Rôle
- Sécurité d'approvisionnement
- Régulation des pressions
Types

- Souterrain
- Semi-enterré
- De sol
- Sur élevé
Capacité d'un réservoir:
VR = V0+Vinc
Vinc= volume (réservoir d'incendie) Qind= 17l/s
V0 = volume maximum journalier de consommation

Robinetterie
1- Robinets vannes:
Placés à chaque point de raccordement afin d'isoler le tronçon pour la réparation
2- Ventouses:
- Utilisées pour évacuation de l'air entrainé par l'eau
- Air s'accumule aux points le plus haut des réseaux
3- Robinet des vidanges:
Placé à la fin des canalisations pour permettre la vidange de tout le réseau.
4- Robinet de branchement:
Placé pour chaque utilisateur
5- Bouche d'incendie (poteau d'incendie)
Sont des organes imposés par les services de protection. Les caractérisations minimales
DN100/PN10
DN: Diamètre nominal 100m
PN: Pression nominale 10bars
Les raccords
Manchons
Coudes 90/60/45°

Phénomène du coup bélier:


Tout changement rapide de la vitesse d'écoulement peut provoquer des dépressions et
surpressions alternatives sont connues sous le nom coup de bélier. Ils peuvent provoquer
dommages à la canalisation (fuite d'eau).
Problèmes fréquents du réseau :
1- Formation des poches d’air dues à l’augmentation de la température T° et la diminution de
la pression Pr
2- Coup de bélier du à la propagation d’une onde de pression (ou dépression)
3- Détérioration des coudes dus aux grandes vitesses d’écoulement.

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Solution :
1- prévoir une ventouse (purgeur) aux points hauts du réseau
2- prévoir des robinets vannes à ouverture et fermeture progressive (à vis)
3- prévoir en face des coudes, des butées pour absorber les effets de vitesse

b) débit de pointe :
La plus grande consommation est enregistrée durant la journée, d’autre part, il faut
tenir compte des pertes admissibles liées au rendement du réseau qui sont généralement
estimées à 15 %.
L’expression qui donne le débit de pointe Qp pour alimenter les points à usage d’habitation
est :
1,15 C.N.KP
Qp = ------------------ (l/s)
86400
C : dotation journalière (l/j/hab.)
N : nombre d’habitant
KP : coefficient de pointe.
2,5
Kp  1,5 
Qm
Si Kp > 3 on prend Kp=3

c) vitesse d’écoulement :
La vitesse doit être comprise entre 0,5 m/s < V < 1,5 m/s
V < 1,5 m/s pour éviter le bruit et les dégradations des conduites.
V > 0,5 m/s pour éviter les dépôts.

d) calcul des diamètres :


L’expression qui permet de calculer le diamètre est :
Qp = V.S V : vitesse [m/s]
S : section de la conduite (m²)
Qp : débit de pointe (m3/s)

Sachant que S = D² / 4


4QP
D= D (m) : diamètre de la conduite
V
- Ne pas descendre au-dessous de 0,06m, voire 0,08m. Dans les tronçons sur lesquels il est
prévu l'installation de bouches d'incendie, le diamètre minimal sera de 0,1m ou, mieux encore
0,15m.
N.B :
- Le diamètre D calculé doit être normalisé par le diamètre, par conséquent la vitesse réelle
d’écoulement Vr est : Tableau III.1. Les diamètres (mm):
 40  150  450
4Qp
Vr = ----------- (m/s)  50  200  500
 ²  60  250  600
 80  300  800
 100  350  1000
 125  400  1250

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e) Pertes de charges :
Elles sont dues aux frottements entre particules du liquide et la paroi de la canalisation.
Elles sont données par la formule de COLEBROOKE :
dV 2
J
2 gD
J : perte de charge (m/m)
V : vitesse moyenne de l’écoulement (m/s)
g: accélération de la pesanteur (m/s²)
d: En fonction du nombre de REYNOLDS
V .D
Re  et K/D

K : coefficient de rugosité en m
 : Coefficient de viscosité cinématique du liquide en mouvement (m2/s).
La formule de COLEBROOKE donne le coefficient de perte de charge
1 k 2,51
--------- = - 2 log (------- + ----------)
d 3,7D Re d
- S'il s'agit de conduites fonte posées depuis plusieurs années, la nature du revêtement
intérieur de ces tuyaux anciens fait pencher pour le coefficient de rugosité k =2.10-3m.
- S'il s'agit de conduites nouvelles, quelle que soit la nature du matériau qui les compose
(fonte, acier, béton armé), le revêtement intérieur particulièrement lisse, le coefficient de
rugosité k =10-4m
En pratique, on utilise les tables de COLEBROOKE qui donnent les pertes de charges en
fonction du débit, la vitesse et le coefficient k.

III. 8.1. Réseau ramifié :


a) Débit fictif équivalent (débit de calcul Qc) :
Un tronçon d'une conduite AB est supposé que le sens d'écoulement étant dirigé de A
vers B. Cette conduite destinée à assurer, d'une part, un débit total (débit de route) Q=15 l/s
uniformément réparti sur un parcours et que, d'autre part, à son extrémité, le débit global
nécessaire pour alimenter les conduites des voies an aval soit égal à P= 10 l/s.

A B Voie Q=15 l/s


A B
L P=10 l/s

Exemple
Avec quel débit calculera-t-on la conduite AB?
Comme le débit P d'aval doit nécessairement passer dans la conduite AB, nous pouvons:
- Soit calculer AB comme si la conduite devait avoir, en B, un débit d'extrémité de
15+10=25 l/s. Cette solution à un diamètre surabondant, car les 15 l/s de AB se
répartissant uniformément sur cette longueur, se trouvent finalement absorbés en arrivant
en B.
- Soit, calculer AB avec un débit inférieur à 25 l/s. Dans ce cas le calcul de la conduite
est effectué si elle débitait à son extrémité q=P+0,55Q. Pour revenir à notre exemple, la

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conduite AB serait, en toute rigueur, à calculer, non avec un débit de 25 l/s, mais avec un
débit de :q=10+0,55x15=18,25 l/s.
Cette méthode conduit à des diamètres plus faible qu'en prenant comme débit de calcul celui
passant en A, encore appelé débit amont. La différence se fait d'autant plus sentir que le débit
P d'extrémité est faible devant Q. la limite est celle du débit d'extrémité nul (conduite en
impasse); dans ce cas, l'application de la formule s'impose.

2
Impasse
3 4

Le calcul rigoureux est employé surtout pour l'étude des réseaux importants. En ce qui
concerne les installations moyennes, on peut faire le calcul avec le débit d'amont, saut les
conduites en impasse.

b) Calcul d'un réseau ramifié:


Le calcul d'un réseau doit s'effectuer avec méthode. A titre exemple, on effectuera le
calcul d'un réseau simple, pour une ville de 2000 habitants, et l'on supposera le schéma de
distribution représenté sur la figure.
R

500m
1
520
2 Exemple simple de réseau ramifié

200
3 2000x150/86400
400 100
4 5

A raison de 150 l/hab/j, la consommation journalière est de 2000 x 0,150=300m3, ou 3,47 l/s
et par habitant 3,47/2000=0,0017 l/s.
Nous dressons successivement les trois tableaux suivants:
Tableau 1: Débit par tronçons
Désignation Nombre Consommation l/s
des tronçons d'habitation Moyenne de pointe (K=3)
R-1 0 - -
1-2 520 0,0017x520=0,9 2,7
2-3 200 0,0017x200=0,34 1,02
3-4 850 0,0017x850=1,47 4,41
3-5 430 0,0017x430=0,75 2,25
2000 10,38
(Inclure les pertes du réseau s'ils existent, 15%)

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Les valeurs trouvées sont reportées sur le schéma. Ensuite on procède à la répartition des
débits selon les différents tronçons. Pour cela, partons de l'extrémité aval du réseau et
remontons se proche en proche jusqu'au réservoir.
Tableau 2: Répartition des débits
1. Calcul des conduites à partir de débit d'amont R
Désignation En route Débit l/s
des tronçons aval du tronçon
1
3-4 4,41 - 4,41
2,7
3-5 2,25 - 2,25 2
2-3 1,02 6,66 7,68
1-2 2,7 7,68 10,38 1,02
1- R - 10,38 10,38 3
10,38 4,41 2,25
4 5
2. Calcul à partir de la formule q=P+0,55Q
Désignation En route Débit l/s
des tronçons Aval P du tronçon
q=P+0,55Q
3-4 4,41 - 2,42
3-5 2,25 - 1,24
2-3 1,02 6,66 7,22
1-2 2,7 7,68 9,17
1- R - 10,38 10,38
10,38

La différence entre les deux tableaux est surtout sensible pour les conduites en impasse. Le
tableau 3 (calcul des conduites) sera établi en tenant compte des débits amont, sauf pour les
conduites en impasse. Pour déterminer le diamètre D, on utilise les tables de COLEBROOKE
(k=2. 10m-3), la vitesse obtenue est acceptable et que la perte de charge totale donne
finalement, au sol, une pression suffisante. Si la pression au sol est insuffisante, il faut
recommencer les calculs en prenant un diamètre plus grand pour diminuer les pertes de
charges.

Exemple: Côte de départ (amont)


70m
J
R
A La pression
30m au sol
La conduite AB Minimum imposée
n'effectue aucun service minimum
B 35m
Altitude de B (cote du sol)
Cote piézométrique aval= Côte piézométrique amont – perte de charge totale
aval))aval
Pression au sol= Côte piézométrique aval – cote du sol aval

Avec une vitesse voisine 1m/s et K=2.10-3m


V=1 m/s j=0,0046  =0,35m
La perte de charge totale est J=0,0046x2000=9,2m
Pression au sol en B est de (70-9,2)-35=25,80m d'eau < 30m

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Avec une vitesse voisine 0,8m/s et K=2.10-3m


V=0,8m/s j=0,0024  =0,40m
La perte de charge totale est J=0,0024x2000=4,8m
Pression au sol en B est de (70-4,8)-35=30,20m d'eau
Pour satisfaire la condition de pression en B, soit 30m d'eau, il faut prévoir une canalisation
de 0,40m de diamètre inférieur.

Tableau 3: calcul des diàmètres des conduites


tronçon Long  (m) Débit j J V H piéz H piéz Côte Pression
(m) (l/s) (m) (m/s) amont aval du sol du sol (m)
R-1 500 0,150 10,38 0,0055 2,75 0,60 50,00 47,25 20 27,25
1-2 520 0,150 10,38 0,0055 2,86 0,60 47,15 44,39 21 23,39
2-3 200 0,125 7,68 0,008 1,60 0,65 44,39 42,79 18 24,79
3-4 400 0,080 2,42 0,008 3,20 0,50 42,79 39,59 17 22,59
3-5 100 0,060 1,24 0,022 2,20 0,25 42,79 40,59 16 24,59

10,38
1
10,38
2
7,68
3
2,42 1,24
4 5
A titre indicatif, selon la hauteur des immeubles, on prévoit les pressions maximales
suivantes, au sol, exprimées en mètres d'eau.
0,8 à 1bar 08 à 10m pour R.D.C
1,2 à 1,5 bars 12 à 15m pour un étage
16 à 19m pour 2 étages
20 à 23m pour 3 étages
24 à 27m pour 4 étages
28 à 32m pour 5 étages
33 à 36m pour 6 étages
37 à 40m pour 7 étages

Remarque:
- La pression minimale est égale à 5m (0,5 bar)
- La pression maximale est égale à 40m (4bars), des pressions supérieures à 40m
risquent d'apporter des désordres (fuites notamment).
- P > Pmax  réducteur de pression
- Pmin  P  Pmax  fonctionnement normal
- P < Pmin  surpresseur au sol du bâtiment
- En ce qui concerne les immeubles plus élevés leurs propriétaires se trouvent dans
obligation d'installer, dans les sous-sols, des groupes surpresseurs.

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III.8.2. Calcul d'un réseau maillé : (méthode HARDY-CROSS)


Le calcul d'un réseau maillé est conduit par approximations successives selon la méthode
Hardy cross. Cette méthode repose sur les deux lois suivantes:

1ère loi:
En nœud quelconque de conduite, la somme des débits qui arrivent à ce nœud est égale à la
somme des débits qui en partent.
QB QA
QE
J1 J6
B A F
q1 q6
J q2
+ q5
C2 q3 J5
J3 D q4
QC J4 E
QD
QE
Figure III. 1: Sens supposé de l'écoulement dans une maille

C'est ainsi que l'on a, pour le nœud A (figure1), et par le sens d'écoulement supposé indiqué
par les flèches:
QA  q6  q1
2ème loi:
Le long d'un parcours orienté et fermé, la somme algébrique des pertes de charge est nulle.
Cette loi, appliquée au contour ABCDEF, où l'orientation positive est donnée par le sens du
déplacement des aiguilles d'une montre, donne pour le sens d'écoulement de l'eau indiqué par
les flèches.
J6+J5-J4-J3-J2-J1=0 QA
Sur un réseau maille simple (figure1). q1 D

A q1 J1
q2
q2
B
J2 C QC
Figure III. 2: Exemple simple de maille

Choisissons les diamètres écoulant les débits q1 et q2, lesquels engendre les pertes de
charge J1 sur ADC et J2 sur ABC. On doit alors vérifier, d'après la deuxième loi, et compte
tenu le l'orientation de la maille, que :
J1-J2=0.
Ordinairement, cette égalité n'est pas vérifiée du premier coup et il est nécessaire de
modifier la répartition initiale supposée des débits q1 et q2 afin de rectifier en conséquence la
valeur de J1 et J2.
Soit  q1 la valeur dont il est nécessaire de modifier le débit pour arriver à ce but. Si
on l'ajoute à q1, par exemple, il faudra la déduire de q2 afin que la somme QA reste le même.

Par ailleurs, on sait que:


Les pertes de charges:
J1=R1 q12
J2=R2 q22
Avec R1 et R2 représentant les résistances des conduites sur les longueurs L1 et L2.

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En conséquence, la deuxième loi appliquée aux débits rectifiés donne:


R1 (q1+  q1)2 – R2 (q2 -  q1)2 = 0
En négligeant les termes en  q12, on trouve :

-R1q12 + R2q22
q1 = -----------------------
2(R1q1 + R2q2)
Ou, puisque :
J1 J2
R1=----------- et R2=-----------
q12 q22
-J1+ J2 -J1- J2
q1 = ------------------- = -
J J  J J 
2  1  2  2  1  2 
 q1 q2   q1 q2 
L'expression générale:
 ji
q1 = - --------------
2(ji/qi)
Avec  ji: la perte de charge totale dans le circuit fermé de la maille.
(ji/qi): la somme des termes J1/q1, J2/q2 … etc.

Si J1 – J2 > 0, ce que suppose un débit q1insuffisant, il faudra retrancher q1; ce que montre
bien l'expression trouvée, puisque q1 est alors positif.
Si J1 – J2 < 0, ce qui suppose un débit q1 trop important, il faudra retrancher q1; c'est
également ce que montre l'expression, puisqueq1 est lors négatif.

Les nouveaux débits deviennent ;


q1 + q1 et q2 - q1
Ou, en respectant l'orientation de la maille
+ q1 + q1 et –(q2 - q1)
Ou
+ q1 + q1 et –q2 + q1
Remarque:
Si, dans ces conditions, la deuxième loi n'est pas encore satisfaite, il faudra, de nouveau,
corriger les débits d'une nouvelle valeur q2.

Cas de la conduite commune à deux mailles contigües


Soit deux mailles contigües (figure1)
AFED ou maille I A E B
EBCF ou maille II

La conduite EF est commune aux deux mailles. On I q II


peut la considérer comme faisant partie de l'une ou de
l'autre maille. Si elle est considérée comme faisant
partie de la maille II, on doit, dans les mêmes débits q
qui parcourt EF, du signe négatif.
D F C
Cas de la conduite commune EF
EF
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En conséquence, nous pouvons énoncer que, pour l'observateur placé dans la maille I, le débit
q qui parcourt EF, considéré comme faisant partie de cette maille, doit être affecté du signe
contraire à celui qu'il possède dans la maille adjacente prise isolément.

Or, ce qui est vrai pour les débits est également vrai pour les rectifications q qui affectent,
avec des signes positifs ou négatifs, les débits propres à chaque maille. En particulier, si qII
est la valeur absolue de la rectification de débit calculée pour la maille II prise isolément, nous
pouvons énoncer : pour l'observateur placé dans la maille I, la rectification de débit qII qui
affecte EF considéré comme faisant partie de cette maille, devra être prise avec le signe
contraire à celui qu'elle possède dans la maille II adjacente prise isolément.
Illustrons ce qui précède par un exemple et supposons qu'au cours de la première correction
de débit, on ait trouvait:
- Pour la maille I: q1= -2 l/s
- Pour la maille II: q2= +3 l/s
Le débit initial q qui parcourt EF considéré comme appartenant à la maille I doit être corrigé:
1° de la valeur q1= -2 l/s; cette correction affectera, notamment toutes les conduites de
maille I;

2° de la valeur, changée de signe, trouvée pour correction de la maille II, c'est-à-dire –(+3) ou
-3 l/s. nous obtenons la correction globale : -2 -3=-5 l/s.
Il reviendrait au même de considérer EF comme appartenant à la maille II. La correction
serait de +3+2=+5 l/s: la valeur ne change pas ; seul le signe change puisque l'on change de
maille.
En résumé, les corrections de débit à apporter au débit transité par la conduite commune à
deux mailles s'ajoutent algébriquement, à condition de changer le signe de la correction de la
maille adjacente à celle considérée.

Application:
Soit le réseau défini par le schéma suivant où sont portés les débits nécessaires à
chaque tronçon de conduite. Les traits pleins sont les quatre mailles principales, numérotées 1,
2,3 et 4. Les traits en pointillé sont des conduites secondaires (réseau ramifié intérieur).
Maille 1: HIFG
Maille 2: IBKJ
Maille 3: JKEF
Maille 4: BCDE
Conduites intérieurs à la maille 1: alimentées à partir de T et de W
Conduites intérieurs à la maille 2: alimentées à partir de Z
Conduites intérieurs à la maille 3: alimentées à partir de S
Conduites intérieurs à la maille 4: alimentées à partir de Q
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V I 121 A B C
H 44
48
34 R 4 33
1 L M
72 P O
T 10 U 20 2 N
19 72 20 20
G K 28
18 J Z
20
3 35 24
37 18
17 D
W 14 10 Q
8 8 18
E
S
F

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