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K’eskon attend

Le journal des impatients gratuit

Les complexes
Un quart-heure lecture Juin 2021,
Ados végétariens n°71
Chiens de traineau
Au sommaire Edito : de Lucie Lardeau : Loup y es-tu ?
p.3: Restos du cœur Depuis que le loup a été vu dans la positifs comme des barrières
p.4 : Lycéens confinés Vienne, les avis divergent à son électriques ou des fermes plus
p.5 : Les fonderies du Poitou sujet. Pour moi, le loup devrait sécurisées. Et si accepter le loup a
être accepté car il est très impor- un coût, une aide de l’Etat ou de
p.6 : Ados végétariens
tant pour l’écosystème dans la la ville pourra être mobilisée. Pour
p.8 : Drogues mesure où il permet une régula- finir, certes le loup est effrayant
p.9 à 11 : Les complexes tion de la nature. Et puis, si le loup pour certaines personnes mais il
p.12 : Se contenter d’un « je est là (alors qu’il avait disparu de- n’attaque pas l’Homme et c’est
puis près d’un siècle dans la plu- une vraie richesse pour la biodi-
t’aime »
part des départements français) versité.
p.13-14 : Le 1/4 lecture c’est sans doute qu’il a ses rai-
sons : chercher de la nourriture, Et si mon opinion ne vous a pas
p. 15 : Accueillir des migrants
fuir les endroits d’où il était chas- convaincus, je vous encourage à
p.16-17 : Elly Rosemad suivre ce lien :
sé, bouger pour survivre.
p.18 : Etudier à l’étranger
De plus, je pense que les éleveurs https://www.youtube.com/
p.19 : Chiens de traîneau watch?v=Hzfsj-91ATc
pourront mettre en place des dis-

Journalistes : Chaïmaa Aizi, Eva


Bachelier, Emmanuel Baghdassa-
ryan, Juliette Braguier, Mallory
Bruère, Alice Chassagne, Joanès
Dale, Clémence Degeorges, Raphaël
Delepaul, Lorna Garino, Malou
Grandsaigne-Lenfant, Fayz Jayal,
Orsinio Lampé, Lucie Lardeau,
Martin Loizeau, Manon Mesnard,
Ninon Neveu, Janna Perrin, Amélie
Prioux, Pierre Renaud, Mohamed
Sakho, Issak Temurov, Evan Theve-
net, Yoni Thevenet, Sohane Verdier
et Julien Vaillot.

©Dessin Eva Bachelier

Imprimé à 800 exemplaires par Jouve, 733 rue St Léonard, Projet soutenu et financé exclusivement par la
53100 Mayenne . ville de Châtellerault et Grand-Châtellerault.
ISSN : 2107-5190 Merci à eux ! Partenariat avec le « 4 », pour l’
Collège René Descartes, 98 bd Blossac, 86 106 Châtellerault. atelier vidéo avec José Bourdon Merci !
Directeurs de publication : Jean Foret-Bruno et Séverine Lenhard. Couv et page2 ©K’eskon attend
Juin 2021
Les restos du cœur en
pleine crise sanitaire
Les Restos du cœur ont été créés en
1985 par Coluche pour lutter contre la
pauvreté en mettant en place plusieurs
actions comme l’aide alimentaire, le lo-
gement et l’hébergement mais aussi du
soutien à la recherche d’emplois, de
l’accompagnement scolaire, de l’aide
aux SDF, de la culture et des loisirs. Syl-
vie Moriceau, la responsable bénévole
des restos du cœur du 86, vous en dit
plus sur l’association.

adhérents. Pour cet été les bénévoles ont


décidé de préparer les vacances pour des
dizaines de familles afin de leur permettre de
voyager malgré leurs faibles moyens. Sylvie
explique : « nous mettons aussi en place des
vestiaires, ils permettent d’essayer des habits
en fonction de leurs tailles et si les vête-
ments plaisent aux personnes, elles peuvent
repartir avec. » En raison du covid cela a
quelque peu changé car les adhérents ne
©k’eskoon_attend

peuvent plus toucher ni fouiller eux-mêmes


dans les piles de vêtements. Il n’y a plus que
des habits d’enfants car « pour l’association
les enfants et les bébés grandissent plus rapi-
dement », c’est pour cette raison qu’ils privi-

S
ylvie est bénévole et responsable aux restos du légient les vêtements pour les jeunes. En effet 51% des
cœur depuis une vingtaine d’années et cela fait 5 adhérents ne sont pas majeurs.
ans qu’elle est la responsable départementale du
Les dons :
86. « J’ai commencé par donner des places de ci-
néma, accueilli les personnes au centre et fait des mis- Toute l’année les Restos du cœur reçoivent et accumulent
sions alimentaires. J’ai également été responsable des des dons comme des vêtements, des aliments, des pro-
stocks. » Durant 9 ans elle s’est occupée de la structure duits ménagers, des produits de beauté… Mais en raison
hébergements, où elle a pu découvrir de nombreuses de la crise sanitaire, les Restos du cœur viennent à man-
religions en échangeant avec les différents adhérents. quer de couches, de lait et de vêtements pour les enfants
Tous les jours elle apprenait de nouvelles choses : « aux et les bébés.
Restos du cœur, il n’y a pas de politique, et peu importe Si vous le souhaitez, vous pouvez entrer en contact avec
la couleur de peau ou la religion." le Centre alimentaire le plus proche et leur proposer vos
Les actions : dons. Pour cela, une cagnotte en ligne a été mise en
place : https://cagnotte-solidaire.restosducoeur.org. Il y a
Les actions principales des Restos du cœur sont d’aider
aussi « la ramasse » grâce aux entreprises alimentaires
les personnes qui ont des difficultés financières à se nour-
qui donnent à l’association les restes des marchandises
rir et s’habiller. En cette période de crise sanitaire l’asso-
non vendues.
ciation a moins de possibilités pour mettre en place
toutes les actions qui sont habituellement proposées aux Pierre, Janna, Ninon

3
Les lycéens confinés
Le confinement, c’est long et c’est dur pour tout le monde, mais qu’en est-il pour
les lycéens ? Pour le savoir nous avons interrogé des lycéens confinés à cause de
la crise sanitaire. Nous leur avons posé la question sur leurs méthodes de travail
à la maison. Nous avons également interrogé des parents pour savoir ce qu’ils
pensaient de cette situation compliquée pour l’apprentissage de leur enfant.

Côté lycéens et lycéennes


Côté parents
Eléa est en terminale et elle préfère de loin travailler
au lycée. D’une part parce qu’elle a une connexion Nordine Bouchehat est le père d’une élève de termi-
Internet un peu compliquée chez elle et d’autre part nale. Pour lui le confinement a eu des impacts sur le
car elle a du mal à se concentrer à la maison car il y a travail de sa fille. Il trouvait qu’elle était lente à se
beaucoup de divertissements comme son téléphone, mettre au travail à la maison. Quand on lui demande
Netflix… Dans ces conditions, dur dur de se motiver si le confinement lui a permis de mieux la connaître, il
pour le travail scolaire ! répond : « Je la con-
En revanche pour Te- nais déjà bien mais
mour, la situation lui a avec le confinement
convenu : « les devoirs à nous avons passé
la maison étaient plus plus de temps en-
faciles car j’avais plus le semble. Nous avons
temps pour les faire et je eu l’occasion de
pouvais les faire quand je travailler ensemble
voulais. » sur plusieurs exer-
Si la situation de l’ensei- cices… »
gnement hybride ou en
distanciel n’a pas modifié Ses craintes concer-
les choix d’orientation de nent le bac et les
Temour, cela a en re- études supérieures,
vanche modifié les pro- il a l’impression
jets d’avenir d’Eléa : au qu’ils auront moins
départ elle voulait faire de valeur. « C’est
une fac de physique mais surtout que les étu-
elle s’est réorientée vers diants ont eu beau-
une formation d’assis- coup moins de
tante sociale. cours en présentiel.
Temour nous dit que le Il va donc y avoir
confinement ne lui avait très certainement
pas permis de mieux se des manques dans
connaître lui-même mais leurs acquis de con-
« il m’a permis de pou- naissances. Et cer-
voir me poser et d’arrêter tains élèves ont
d’être agité tout le perdu en motiva-
temps !» Il a d’ailleurs tion. Mais mainte-
trouvé un autre rythme ©k’eskoon_attend nant, il faut surtout
de vie. Quant à Eléa, souhaiter que les
même si elle trouve qu’elle a gagné en concentration, cours en distanciel auront suffi à les faire progresser,
elle s’est cependant beaucoup ennuyée et son rythme et permis d’atteindre leurs objectifs d’orientation.»
de vie a changé car elle ne sortait plus et faisait sou-
vent les mêmes choses, comme des petits rituels. Issak Temurov et Mohamed Sakho

4
Les fonderies du Poitou brûlent-elles ?
On lit beaucoup dans la presse des articles au sujet des Fon-
deries du Poitou. Celle d’Ingrandes, dans la Vienne, est ac-
tuellement menacée de fermer. Pour mieux comprendre,
nous avons interrogé un salarié, un syndicaliste et un an-
cien salarié.

naires se sont succédé Fonderies du Poitou côté Aluminium


sans réelle volonté de et deux ans côté Fonte, entre 2009
diversifier la clientèle, la et 2013 : « Selon moi, la chute des
production, ni le procédé fonderies est du gâchis, les salariés
de fabrication. Renault sont fiers d'y travailler et ils ont un
délocalise ses productions réel savoir-faire mais ils ne savent
à l’étranger au détriment pas de quoi demain sera fait. »
des salariés français. » Pourtant, cet ancien salarié raconte
Pour lui, toutes les Fonde- que le côté fonte et aluminium
ries françaises sont ac- étaient productifs car des carters de
tuellement menacées de moteurs diesel étaient fabriqués à
fermer. M. Lamarche sou- Ingrandes pour Renault ou Fiat, ainsi
ligne que « l’actionnaire que des bras de suspension pour
actuel n’a pas respecté les Volkswagen ou des culasses pour
engagements pris au tri- Peugeot… La technologie du for-
bunal de commerce lors geage liquide était prometteuse.
du « rachat » des fonde- Mais Stéphane explique que le scan-
ries, où 10 millions d’eu- dale des diesels et, surtout, la mon-
ros devaient être attri- dialisation ont peu à peu amené

L
’usine d’Ingrandes, au nord de bués pour la remise en état de l’outil Renault, devenu progressivement le
Châtellerault, a été créée en de travail. » principal client des Fonderies, à vou-
1978 quand Renault a déloca- En ce qui le concerne, Abdelali nous loir produire à moindre coût, donc à
lisé ses fonderies de Boulogne confie : « la fermeture de l’usine délocaliser la production dans un
-Billancourt en Province. En 1981, le n’est pas un énorme problème, car pays où la main d’œuvre est moins
premier carter pour moteur diesel je travaille sur le site aluminium et chère, notamment en Pologne. Pour
est sorti d’usine. Mais depuis le dé- pour le moment la production est lui, lorsqu’une usine ne dépend plus
but des années 2000, les ennuis ont maintenue. » En revanche, si la fer- que d’un seul client, les salariés ne
commencé : Renault s’est désenga- meture le concernait, il ferait le sont plus en position de force pour
gé de l’affaire et a vendu l’usine à choix du reclassement profession- négocier.
Teksid (Fiat) qui a coupé l’usine en nel, car il dispose d’un diplôme
Mais pas question de baisser les
deux : une fonderie fonte et une d’électricien. Il ne trouve cependant
bras pour le syndicaliste Pierre La-
fonderie aluminium. pas normal que l’usine des Fonde-
marche : « Nous devons faire con-
Pour Abdelali Torbi, salarié des Fon- ries du Poitou puisse fermer ses
naître notre combat le plus large-
deries du Poitou, si l’usine est ac- portes après 40 ans d’existence et
ment possible afin d’obliger l’État et
tuellement menacée de fermer, de savoir-faire : « La production est
Renault à prendre leurs responsabili-
c’est parce que Renault - actionnaire digne du patrimoine français, c’est
tés dans la désindustrialisation de la
principal - s’est désengagé de ses dommage que ce produit devienne
France, mais nous ne voulons pas de
responsabilités du maintien du site. un produit importé, conçu ailleurs et
belles paroles. »
C’est également l’avis de Pierre La- au profit d’étrangers.»
marche, syndicaliste travaillant aux Même son de cloche pour Stéphane
Julien Vaillot et Fayz Jayal
Fonderies d’Ingrandes : « les action- Vaillot, qui a travaillé 12 ans aux

5
Végétarie ns en étant adolescents, c’est possible ?
C’est la question que nous avons posée à Lisa Barel, une diététicienne installée à Châtellerault ainsi
qu’à Hannah Frappé et Isabelle Gandin, toutes les deux végétariennes depuis plusieurs années.

C’est dangereux de devenir végé-


tarien-ne ?

C’est à Lisa Barel, notre nutrition-


niste, que nous avons posé cette
question. Si un végétarien équi-
libre ses repas avec une bonne
association des protéines, devenir
végétarien n’est pas nocif pour la
santé. Des études scientifiques
montrent qu’il y a un bénéfice sur
le transit, le cœur et l’immunité.
Tout ceci dépend d’un bon équi-
libre alimentaire.

« En revanche un adolescent en
pleine croissance a besoin de pro-
téines. Il est donc nécessaire de les
apporter. Étant donné que la
viande et le poisson ne font plus
partie de l’alimentation d’un végé-
tarien il sera primordial pour lui de
consommer des œufs mais aussi
des céréales associées aux légumi-
neuses, comme par exemple des
pois chiches, des haricots secs, afin
Pourquoi devenir végétarien-ne ? comme nous. En se faisant de recevoir toutes les protéines
abattre, ils ressentent de l’an- nécessaires et de bonne qualité. »
Hannah, végétarienne depuis C’est ce qu’on appelle les acides
goisse et de la tristesse et pour
maintenant trois ans, affirme aminés essentiels que l’on peut
elle nous ingérons leur viande avec
d’emblée que pour elle « manger retrouver dans l’œuf mais aussi
leur peur et leur peine. « Pour
doit rester un plaisir ». Et avec le dans l’association des céréales et
lutter contre la faim, le végéta-
temps Hannah a pris conscience des légumineuses. Il faut égale-
risme est la solution, car plus de la
qu’elle ne prenait plus de plaisir à ment penser à la vitamine B12 que
moitié de toutes les récoltes sert à
manger de la viande et du poisson. l’on retrouve dans le fromage et
nourrir les animaux. »
Isabelle Gandin est végétarienne également dans les œufs. Le fer
Hannah est lycéenne, et contraire- est aussi très important.
depuis une dizaine d’années. Pour
ment à ce que l’on pourrait croire,
elle les humains ont tendance à se Hannah et Isabelle n’ont jamais eu
manger à la cantine n’est pas un
sentir plus forts et plus intelligents de problème de santé depuis
problème pour elle : « ma cantine
que toute forme de vie. « C’est par qu’elles sont végétariennes. Han-
prend en compte le fait que je suis
respect pour toute forme de vie nah fait beaucoup de sport et cela
végétarienne mais malheureuse-
animale que je ne souhaite plus ne l’a jamais rendue plus faible.
ment ce n’est pas le cas dans
manger de la viande, et il est triste
toutes les cantines. » Hannah
de voir les conditions dans les-
ajoute qu’il y a toujours un moyen
quelles certains animaux sont éle- Amélie Prioux,
de manger végétarien même si ce
vés.» Isabelle pense que les ani- Clémence Degeorges
n’est pas tout le temps très équili-
maux ressentent des émotions
bré.

6
Femme journaliste
Vous avez envie de découvrir le métier de journaliste ? Cela tombe bien car cet article
en parle. Claire Le Nestour, une journaliste qui travaille entre autres pour le magazine
OKAPI, a répondu à nos questions à propos de son métier, tellement utile au quotidien.

L
e métier de journaliste est selon moi : un bon article, on a en- un sujet parce qu'elle cherche des
très varié. « Il y a un fossé vie de lire jusqu'au bout ! Les lec- témoignages et qu'elle a du mal à
entre ceux qui présentent le teurs d'aujourd'hui ont souvent un en trouver ou que les gens ne lui
flash infos à la radio à 6h du smartphone, des notifications, des répondent pas au téléphone. Mais
matin, ceux qui passent la journée tentations, des risques de déconcen- parfois cela va très vite. «J'écris
dehors pour alimenter les pages tration... En tant que journaliste, pour la presse jeunesse et aussi
d'un journal local, ceux qui rédigent c'est à nous de les prendre par la pour la presse adulte. Les articles
des magazines féminins ou ceux qui main et de leur donner envie de lire qui peuvent sembler les plus simples
partent à l'autre bout du monde ce que nous avons à leur dire. Il faut ne sont pas toujours les plus faciles
avec une caméra pour filmer des qu'ils prennent du plaisir à s'infor- à écrire.»
longs reportages sur une zone de mer.»
Claire ne sait pas si on peut parler
conflit ou une île ravagée par le
Pour être un bon journaliste Claire de vocation à propos du métier de
changement climatique, » explique
nous dit qu’il faut d’abord aimer journaliste mais dans son cas, c'est
Claire Le Nestour. En effet, d’un
parler avec les gens parce qu'on est un métier auquel elle a pensé assez
média à l'autre, le quotidien et les
toujours amené à échanger avec tôt, dès le collège. « Je cherchais un
conditions de
métier qui change-
travail d'un
rait tout le temps
journaliste
parce que j'ai un gros
diffèrent beau-
défaut : j'ai tendance
coup mais il y a
à m'ennuyer très
un point com-
vite ! Le journalisme
mun : le jour-
me correspond pas
naliste sert à
mal parce que je dé-
informer les
couvre régulièrement
autres, à lui
de nouveaux sujets.»
raconter « les
Quand elle était au
histoires vraies
collège, elle a quand
de la planète. »
même douté un peu
A la question parce qu'elle était
« qu’est-ce plutôt timide. Finale-
qu’un bon ar- ment elle a compris
ticle pour qu'on n'est pas obli-
vous ? », Claire gé de passer à la té-
©Claire Le Nestour
Le Nestour ré- lévision quand on est
pond que c'est d’abord un article des humains pour avoir des infor- journaliste.
avec des informations vraies. Le mations, être curieux et intéressé
Claire dit qu'elle n'a jamais reçu de
journaliste a une responsabilité, il par tous les sujets, même ceux qui
menaces suite à un article. Elle sait
doit toujours vérifier deux ou trois peuvent paraître insignifiants. Etre
que certains de ses articles n'ont
fois les informations qu'il publie. pédagogue aussi parce qu'il faut
pas plu à certaines personnes mais
C'est la règle essentielle que l'on savoir expliquer l'info pour la
celles-ci ne l'ont jamais menacée
apprend à l'école de journalisme. rendre accessible à tous.
parce qu'elles savaient que toutes
Un bon article, c’est ensuite un
Pour le temps d’écriture d’un ar- les infos publiées étaient vraies et
texte qui donne aux lecteurs une
ticle, il n'y a pas vraiment de règle, qu’elles auraient juste préféré
information qu'ils n'avaient jamais
explique-t-elle. Parfois elle peut qu'elles restent cachées.
eue auparavant. « J'ajouterais aussi
passer des semaines à travailler sur
un dernier point qui est essentiel Raphaël Delepaul et Yoni Thevenet

7
Drogues : du dealer au consommateur
Selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur, il y aurait pas loin de 4000 points de vente de produit illégaux
en France et environ 100 000 dealers de tous genres, que ce soit dans le cannabis, l’héroïne, le crack… Je ne
sais pas pour vous mais j'ai toujours voulu savoir ce que ça faisait de pouvoir avoir de l’argent facile, de
pouvoir en conquérir davantage sans vraiment faire d’efforts, être toujours dans le bénéfice sans vraiment
penser aux risques qu’il peut y avoir.

J
’aurais d’abord souhaité interroger un gendarme Ma curiosité m’a amené ensuite à interroger Corentin
mais celui que j’ai contacté m’a malheureuse- Mayul, un ex-toxico âgé d’une trentaine d’années. Sans
ment dit qu’il n’avait pas le droit de communi- s’étendre sur sa vie privée, Corentin m’a malgré tout
quer avec la presse à moins d’avoir une autorisa- raconté que sa plus grande détermination pour arrêter
tion de sa hiérarchie. a été sa santé car toutes ses consommations ont eu
Mon enquête m’a permis d’entrer en contact avec un beaucoup d'effets négatifs sur son organisme. Il a com-
dealer âgé de vingt ans, qui a bien sûr souhaité rester mencé à se droguer à l'âge 16 ans à cause de ses mau-
anonyme. Dans le « trafic » depuis plus de deux ans, il vaises fréquentations. Ses parents n'ont pas été pour,
m’a paru étrangement très mature pour son âge et évidemment, mais ils ont essayé de le raisonner en lui
semblait avoir beaucoup de responsabilités. Il m'a préci- disant que la « beuh » (l’herbe) avait de « meilleurs cô-
sé qu’il n'était ni consommateur ni fumeur car pas inté- tés » que les drogues dites « dures » qu’il s’injectait. Je
ressé et qu’il avait tout vendu (sauf des armes). Pour lui vous avoue que cela m’a paru un peu absurde car pour
vendre n’est pas une fierté ni un métier mais plutôt une moi, la drogue, qu’elle soit «douce » ou « dure », c’est
survie pour avoir de l’argent et réussir à nourrir les néfaste et interdit. Aujourd’hui sorti d’affaire, Corentin
membres de sa famille. « Si j’en avais la possibilité, je a lancé un message à tous ceux qui souhaitent arrêter :
stopperais tout et recommencerais ma vie à zéro, » « il faut se dire à soi-même qu’on est déterminé à arrê-
confie-t-il. ter. Si on le fait à contrecœur, il y aura toujours cette
envie de reprendre.”
Emmanuel Baghdassaryan
Très
COMPLEXE
tout ça !
©k’eskoon_attend

Beaucoup de personnes, à cause des critères de beauté de notre société


d’aujourd’hui, se fabriquent des complexes, qui parfois n’ont pas lieu d’être. Au
Être complexé(e) :
on dit d’une per- fil des années et des siècles, l’idéal de beauté n’a pas cessé de changer. Si vous
sonne qu’elle est comparez celui d’aujourd’hui avec l’idéal du Moyen-Age par exemple, vous
complexée lors- pourrez constater que ce sont tout simplement des opposés :

L
qu’elle est focalisée
sur certains de ses es personnes interrogées trouvent comparent à eux et assimilent leurs
défauts, réels ou que leurs complexes sont éner- différences à des défauts qu’ils doivent
imaginaires, et que vants, que ce soit pour elles- absolument changer. Certains évoquent
cela entraîne un mêmes ou pour leurs proches. « aussi l’éducation, et notamment le re-
sentiment d’infério- Ce sont des choses bêtes qui ne de- gard des parents à travers lequel on se
rité ou de mal-être. vraient pas avoir lieu d’être ! » Pour- construit : si ces derniers mettent plus
tant ces complexes sont bel et bien pré- en avant les défauts que les qualités,
sents dans nos têtes et nos vies de tous cela aura une répercussion importante.
Dysmorphophobie : les jours. Mais alors d’où viennent-ils ? On peut aussi parler de dysmorphopho-
se caractérise par bie chez les adolescents.
une obsession et La raison qui nous revient le plus sou-
des pensées exces- vent est le regard des autres : à se sen- Chez les garçons les complexes concer-
sives sur un défaut tir sans cesse jugé, observé, on veut nent en général le manque de muscles,
imaginaire. Elle in- toujours faire bon effet, être aimé et la taille, la voix, la corpulence, la pilosité
duit un stress chez apprécié des autres. Tout le monde a ou encore quelques autres petits dé-
la personne, un re- peur de recevoir de mauvaises critiques fauts comme l’acné, les cheveux, les
trait social et ou des remarques. Beaucoup parlent oreilles, le nez, les dents… Les filles
d’autres troubles aussi de comparaison, surtout chez les quant à elles seront plus focalisées sur
(alimentaires, ob- jeunes générations, avec la grande am- leur poids, leurs cuisses, leur ventre,
sessionnels, de l’hy- pleur que les réseaux sociaux ont prise, leurs formes, leur taille mais aussi sur
giène…). tous veulent ressembler aux « influen- leurs dents, cheveux, poils, nez,
ceurs » et en oublient parfois que ce oreilles…
n’est pas forcément la réalité. Ils se

9
Pour les hommes et les femmes Lors de sa jeunesse, Marie a été prendre soin de lui, être au meil-
adultes, nous pouvons observer ces atteinte d’une maladie qui lui a fait leur de lui-même. Il a aussi pris
mêmes défauts avec en plus l’appa- prendre beaucoup de poids. Cela exemple sur les séries qu’il pouvait
rition de nouveaux complexes dus l’a beaucoup atteinte car elle subis- voir, pris comme modèle les ac-
à la grossesse mais aussi à la vieil- sait beaucoup de moqueries et elle teurs sans vouloir leur ressembler
lesse comme les rides ou encore la n’arrivait pas à s’accepter comme comme deux gouttes d’eau mais en
calvitie. telle. Puis un jour, elle a eu son mettant ses propres goûts et ses
déclic, elle a arrêté d’écouter les formes. Et il est à l’heure actuelle
Marie-Alexandra Kasolter Pere est
gens et décidé d’arrêter de s’api- content d’avoir pris conscience de
psychologue à Châtellerault et
toyer sur son sort et de changer, son défaut : « c’est grâce mon
nous parle aussi des complexes que
elle s’est donc mise au sport. Au- complexe que j’ai pu progresser
rencontrent les jeunes mères, par
jourd’hui elle se sent bien dans sa dans ma vie ». Il se trouve mainte-
exemple la peur de ne pas pouvoir
peau et avec du recul elle voit son nant attirant et aime la façon dont
être à la hauteur, le sentiment de
ancien complexe positivement : il s’habille. Tout comme sa femme
ne pas être une bonne mère. Ou
« sans ce complexe, je ne serais d’ailleurs !
encore les complexes rencontrés
pas ce que je suis aujourd’hui.
par les personnes âgées ou Sandrine a beau avoir fait dispa-
Cette épreuve a forgé mon carac-
atteintes d’un handicap, le fait de raître son complexe extérieure-
tère. »
ne plus avoir le pouvoir de se dé- ment, elle n’arrive toujours pas à
placer seul, ne plus pouvoir prati- Pour André les complexes peuvent s’en persuader elle-même. Quand
quer son sport, ou simplement être autant bénéfiques que mau- elle était plus jeune elle avait
l’incapacité d’effectuer des tâches vais, car ils font partie de la décou- quelques kilos en trop qu’elle
du quotidien, cuisiner… Et aussi verte et la connaissance de soi n’assumait pas ; maintenant qu’elle
d’autres sortes de complexes qui mais, mal gérés, cela peut baisser a réussi à les perdre, ça va mieux.
vont être plus psychologiques, une ou détruire la motivation de quel- Mais un problème est survenu,
partie du « soi » intérieur que l’on qu’un pour s’accepter. Dans sa jeu- dans sa tête elle a toujours l’im-
rejette, que ce soit un prénom, un nesse son plus grand complexe pression qu’ils sont présents,
nom, ses capacités intellectuelles, était qu’il n’avait pas de petites quand elle se regarde elle se voit
un groupe social auquel on appar- copines car il ne plaisait pas aux avec son ancien corps, elle assume
tient, ça peut-être une famille filles. Pour lui il fallait qu’il change le fait d’être différente d’autres
pauvre ou une famille d’origine pour remédier à cela, il a donc de- femmes et aimerait avoir un autre
étrangère… mandé de l’aide à sa cousine pour corps mais « c’est mon corps donc
lui apprendre à mieux s’habiller, à je l’aime comme il est. »
©k’eskoon_attend

10
Certains rationalisent les choses. ses complexes une qualité, apprivoi- qu’ils soient petits ou grands, tout le
Hanna, qui a du mal à accepter son ser sa part d’ombre pour amener de monde en possède, on a peur du
acné, et Léo, qui contrairement à la lumière : « il n’y a pas d’ombre regard des autres peut-être car nous
ses amis n’a pas encore vécu sa sans lumière et de lumière sans faisons aussi partie de ces autres qui
poussée de croissance, se rassurent ombre. » Ou alors réussir à les jugent des personnes...
en se disant qu’ils ne sont pas les mettre de côté, à distance, sans pour
Il y aura toujours des critères de
seuls dans ce cas car oui beaucoup autant les garder pour soi ni les effa-
beauté malheureusement mais cela
d’autres personnes passent par là cer, il faut en parler, mais pour pou-
ne veut pas forcément dire qu’il faut
aussi. « Il faut que l’on prenne voir travailler essentiellement sur
répondre à toutes les cases, il ne
conscience que lorsqu’on est en- ses points forts, son potentiel. Cha-
faut pas essayer de ressembler à
core des adolescents, on n’a pas cun a ses faiblesses mais a surtout
Monsieur ou Madame tout le
fini de grandir, notre corps va en- des points positifs et ses ressources,
monde. C’est souvent dit et redit
core changer, maigrir, grossir, il faut les mettre en valeur.
mais c’est normal, c’est vrai, tout le
grandir… » « Accepter ses failles, ou du moins
monde est beau ou belle et s’il n’y
ce que nous pensons être des failles
Andy n’avait pas les mêmes origines avait pas toutes ces différences le
en valorisant sa potentialité, c’est
que ses camarades de classe, ce qui monde serait monotone et triste. Il y
tout le chemin d’une vie. »
a pu dans son enfance lui créer un aura toujours quelqu’un à qui l’on
complexe. Avec les critiques et mo- On peut durant ce « voyage » vers plaît, donc il ne faut pas changer
queries qu’elle recevait elle voyait sa l’acceptation de soi être aidé par nos pour d’autres personnes que soi. On
différence comme un fardeau, elle proches, l’entourage est très impor- parle souvent de confiance en soi
ne voulait pas s’assumer. Puis en tant, il doit nous soutenir. Il peut pour surpasser nos complexes mais
grandissant et en rencontrant des aussi nous aider à reprendre con- il suffit tout simplement de s’aimer.
personnes dans le même cas qu’elle fiance avec par exemple la rencontre Aime-toi, tu as le droit, tu peux assu-
et des amis qui la rassuraient sur ce d’un compagnon, une personne qui mer de t’aimer, de t’accepter, les
sujet, elle a fini par s’accepter : « j’ai va nous regarder différemment et gens seront heureux pour toi. Et cela
fini par voir dans cette différence de mettre en valeur nos qualités. les aidera à leur tour à s’accepter
l’originalité et une qualité ! » Ma- comme ils sont. Tu es SUPERBE !
Il faut généraliser l’idée que les com-
dame Kasolter Pere est d’accord
plexes sont des choses normales, Juliette Braguier , Lorna Garino
avec Andy, il faut essayer de faire de

La mode
a changé
au cours
des siecle
s, les com
plexes au
ssi !
©Dessin Eva Bachelier

11
Peut-on vraiment se contenter d'un je t'aime ?
« Quand j’aperçois du coin de mon œil
mon téléphone morose s’allumer et dé-
gager une luminosité si élevée qu'elle
fait plier mes petits yeux déjà beaucoup
abîmés par ce monde, alors une énergie stimulante
d'envie faisant rêver plus d'un me donne une dé-
charge électrique si agréable, alimentée par l’excita-
tion de voir ton prénom s’afficher avec ces fameux
Est-ce qu'un « je t'aime » peut faire rêver plus qu'une
phrase sincère et profonde qui grave à tout jamais ses
mots dans notre cœur ? J'ai toujours préféré recevoir
des phrases complexes et pleines de poésie, plutôt
que de simples mots, qui n'ont aujourd'hui plus au-
cune réelle signification. Les mots "je t'aime" ont été
trop utilisés pour n'importe quoi. Ils ont été souvent
confondus avec "j'apprécie", qui n'est absolument pas
mots « en train d'écrire » ; et cette même excitation la même chose. L'amour est intense et pour moi ne
surnaturelle me fait sauter sur mon téléphone pour devrait être utilisé que pour parler d'un objet ou de
pouvoir t'écrire les plus beaux mots de la terre ; et si nourriture. Aimer est devenu quelque chose de sub-
cela n'est pas assez je te les montrerai par des baisers jectif, d’idéaliste ou même d’extravagant. Notre so-
qui partageront mes petits courants électriques. » ciété a idéologisé l'amour. Mais en cherchant profon-
dément, qu'est-ce que l'amour ?
Voici comment je présenterais mon "je t'aime". Com-
ment le feriez-vous à ma place ? Il est vrai pourtant qu'un seul “je t'aime” peut tout
résumer, être profond, et dans certaines circons-
Une amie m'a affirmé qu'elle préférait exprimer son
tances correspondre à la phrase idéale, bien choisie,
"je t'aime" avec des mots courts et simples et se de-
qui peut faire tout autant rêver. Alors, je vous laisse
mandait pourquoi faire des phrases entières pour
choisir votre point de vue.
exprimer son amour. Elle parle d'une complication
juste pour quelque chose de simple. Je me suis alors Et vous, comment direz-vous votre « je t’aime » ce
posée cette question : peut-on se contenter d'un « je soir ?
t'aime » ?
Lucie Lardeau

12
Silence, on
(doit) lire !
14h00, silence total dans l’établis-
sement. Aucun bruit ne se fait plus
entendre pendant 15 minutes. Du-
rant ce quart d’heure, la lecture est
le mot-clé et personne ne doit par-
ler. Mais est-ce vraiment réalisé ?
Les collégiens sont-ils tous munis
de leur livre et sont-ils concentrés
pour une séance de lecture ? Allons
directement poser la question. En
passant nous irons voir qui est à
l’origine de ce moment de calme
au collège Descartes mais aussi
élèves et professeurs.

et avouent ne lire que pendant le


1/4 d’heure lecture.

Mais qui est derrière ce projet et


pourquoi est-il mis en place de-
puis deux ans au collège René
Descartes ? Séverine Lenhard, la
documentaliste du collège, a ré-
pondu à ces questions : « Avec
mes collègues, nous avons mis en
place ce ¼ d’heure lecture car
pour nous c’est important pour un
collégien de lire, surtout avec la
concurrence des jeux vidéo,
©k’eskoon_attend Netflix...”. Elle ajoute que pour
elle la lecture est utile, elle sert à

À
la question « trouvez-vous de le faire“. Et il y a les avis miti-
raisonner, à comprendre mais
utile le quart d’heure lec- gés : « cela m’est égal, on peut
aussi à aider les élèves à mieux
ture ? », un sondage réali- discuter pendant un certain
réussir leurs études. « C’est en
sé par le chef d’établisse- temps », « je ne lis que pendant le
regardant un reportage sur France
ment a montré que les élèves sont ¼ lecture et je ne continue pas le
3 que j’ai eu envie de l’instaurer
plus nombreux à répondre livre chez moi ou bien j’en prends
au collège!” Après plusieurs réu-
« oui » (69%) que les enseignants un autre.” On retrouve les mêmes
nions avec ses collègues profes-
(61%) ! Il y a les avis favorables : avis variés au collège de Ferronay
seurs et le personnel de direction,
« Je trouve ça intéressant et ins- à Octeville : « je trouve ça utile
l’expérimentation a été menée à
tructif », « ça nous calme un peu pour ceux qui n’ont pas l’envie ni
partir de 2019 puis continuée
avant les cours ». Il y a les avis l’habitude de lire. Cela permet de
cette année. Le sondage montre
contraires : « je trouve ça inu- les obliger à le faire et en même
que 88% des enseignants sont
tile », « je n’aime pas spéciale- temps à se calmer, » déclare Mé-
pour et 12% contre.
ment lire et quand je me sens un lanie Fekih, élève de 3ème.
peu forcé, j’ai encore moins envie D’autres ne partagent pas son avis À suivre page suivante
13
« Oui c’est utile, » déclare n’avons pas de bonnes con-
madame Olalde, professeur ditions et d’être tous agglu-
d’anglais, « mais encore tinés dans le gymnase pour
faut-il que les élèves em- lire, ce n’est pas reposant
mènent leur livre, c’est du tout,” continue l’une de
mieux pour lire !” Madame ses collègues.
Michaud, professeur de
Séverine Lenhard conclut
français, est d’accord avec
l’interview en disant pour-
sa collègue sur l’utilité de
quoi ce quart d’heure, lui
ce quart d’heure mais elle
tient à coeur: « Je suis une
trouve que c’est plus un
ancienne élève dyslexique,
moment de calme qu’un
la lecture m’a sauvé, elle
véritable moment de lec-
m’a permis d’améliorer
ture. « Ça favorise la lec-
mon raisonnement, ma
ture chez les jeunes !”
culture générale, elle m’a
ajoute-t-elle. Pour les pro-
aidée pour réussir mes
fesseurs disposant de
études et ma vie. Et, j’ai dû
salles, le quart d’heure est
mal à imaginer un monde
simple et ce même si des
sans lecture”. Pour finir,
élèves ne lisent pas. Mais
elle ajoute qu’en tant que

©k’eskoon_attend
pour les professeurs d’EPS
documentaliste, elle peut
qui sont dans un gymnase
conseiller des lectures : BD,
avec minimum trois classes,
mangas ou encore romans,
comment cela se passe-t-
magazines...Il suffit de
il ? « Je trouve l’idée gé-
pousser la porte du CDI.
niale mais sans espace où le
faire correctement, nous ne Martin Loizeau, Chaïmaa
le faisons pas,” commence Aizi, Eva Bachelier
Nicolas Martin. « Nous

©k’eskoon_attend

Est-ce que vous trouvez le quart


d’heure lecture utile ?
Oui Non
Elèves 69% 31%
Profs 61% 39%

Est-ce que vous participez à ce


quart d’heure lecture ?

Oui Non
Elèves 86% 14%
Profs 88% 12%

14
« 1 pour tous, 100 pour 1 «
Selon l'Organisation des Nations Unies, le nombre de migrants internationaux dans le
monde a augmenté considérablement entre 2000 et 2020 : ils étaient 281 millions en
2020, contre 173 millions en 2000. Pourquoi une telle augmentation ? Pourquoi quitte-t-
on son pays ? Qui leur vient en aide ? L’immigration crée-t-elle du chômage ? Autant de
questions que l’on se pose et auxquelles nous avons tenté de répondre en interviewant
une famille de migrants et une association de Châtellerault.

E
lle s’appelle Aloyan Lilit et elle a gentiment ac- restrictifs pour obtenir un titre de séjour car il faut
cepté de nous faire part de son parcours. Aloyan remplir de nombreuses conditions. Nous apprenons
a quitté son pays parce qu’elle et sa famille également que contrairement aux idées reçues l'im-
avaient des problèmes avec la mafia : « ça com- migration n'a que très peu d'effet sur l'emploi et a
mençait à être dangereux pour notre vie.» Après avoir même parfois un effet positif, notamment dans cer-
contacté et payé des passeurs (personnes qui s’occu- tains secteurs d’activités comme le bâtiment, la res-
pent des papiers des migrants et les aident à passer tauration ou encore l’agriculture.
clandestinement les frontières), Aloyan a pu arriver en
Malou Grandsaigne et Amélie Prioux
France : « La France accepte les étrangers qui ont des
problèmes dans leur pays. Je me sens bien
© k’eskon_attend
dans votre pays, en sécurité, et il y a des aides
pour mes enfants. » Elle explique que la chose
qui lui manque le plus, c’est particulièrement
sa famille et ses amis dont elle n’a plus de nou-
velles pour certains d’entre eux. « Le fait de
partir de son pays est très difficile, surtout à
l’âge de 21 ans. Au début c’était dur car je ne
connaissais pas les lois. »
L’association qui lui est venue en aide s’appelle
« 100 pour 1 ». Le concept est simple : 100 do-
nateurs donnant 5€ par mois permettent de
loger une famille sous un toit, dans l’attente de
son titre de séjour. Aujourd’hui, environ quinze
familles sont hébergées à Châtellerault, et
même intégrées car le but est bien celui-ci : ©Montage k’eskon_attend
assister mais aussi intégrer. « On demande aux
bénéficiaires d’apprendre le français, d’assurer
du bénévolat dans une association et de res-
pecter et faire respecter les lois. Un manque-
ment grave et c’est l’exclusion », précise Ar-
melle Massonneau, la présidente de l’associa-
tion dans la Vienne.
Armelle nous raconte aussi qu’il y a de moins
en moins de migrants depuis le pic de 2015 dû
à la guerre en Irak et en Syrie, que les pays en
développement comme la Turquie, la Jordanie
et le Liban en accueillent beaucoup plus que
l’Europe (au Liban, 1 habitant sur 4 est un réfu-
gié) et que la France est un des pays les plus

15
Écrivaine
moderne
Vous êtes fan de thril-
ler ? C'est votre jour
de chance, Elly Rose-
mad est une écrivaine
débutante qui a sorti
son premier livre inti-
tulé « Trauma Zéro »,
roman qui fait travail-
ler les sentiments et la
curiosité du lecteur.
Suspens garanti ! Mais
comment est-elle deve-
nue écrivaine ? Com-
ment vit-elle sa vie
d’écrivaine, métier où
© k’eskon_attend

l’on est souvent seul


face à soi-même ?

E
lly Rosemad écrit depuis toute petite, une passion vraiment nul. » Son conseil est alors de prendre du re-
qu'elle a développée depuis qu'elle sait lire. Et cul, de lever la tête du texte et d’y retourner un peu
aujourd’hui elle est écrivaine de thriller. Son pre- plus tard pour se rendre compte de ce qu'on a écrit.
mier roman s'intitule « Trauma Zéro ». « Les difficultés, elles viennent de soi-même, elles vien-
nent des exigences qu'on a. »
Pour elle, l'écriture c'est plus de doutes que de certi-
tudes, des moments avec beaucoup d'interrogations. Cependant, écrire fait travailler son imagination, cela a
Elly n’hésite pas parfois à se mettre des défis comme donc des vertus libératrices : « écrire un roman c'est
modifier une structure de texte, ce qui implique de véri- comme partir en voyage. Tu peux avoir un plan de dé-
fier ensuite les éventuelles incohérences narratives. Elle part, mais c'est l'inconnu qui t'attend avec des épreuves,
confie qu'elle s'impose des objectifs comme écrire une des moments de découverte et de bonheur. Faire des
histoire qui interpellera le lecteur et lui faire passer un recherches pour le travail préparatoire est également
bon moment de lecture, mais surtout de se faire plaisir très enrichissant car on apprend de nouvelles informa-
en écrivant. Ces défis sont la source de sa motivation ce tions pour mieux développer son livre. Écrire un roman,
qui lui permet d'écrire mieux. c'est s'engager dans un travail complet ! »
Cependant, Elly affirme qu'il y a des moments très diffi- « Ce qui me motive le plus c'est de réussir, de relever le
ciles dans l'écriture d'un roman : « tu as l'impression défi d'écrire une histoire qui soit intéressante, de réussir
par moments de ne pas y arriver, que ce que tu avais à écrire une histoire qui donne envie au lecteur de tour-
mis comme objectif tu ne l’atteins pas forcément, que ce ner la page ». À suivre page suivante
n’est pas comme tu l'imaginais, que ce que tu fais c'est
16
L’histoire de
Trauma Zéro
Trauma Zéro est une histoire
se déroulant dans un con-
texte où l'euthanasie a été
légalisée. Gabriel, un jeune
médecin séduisant et talen-
tueux, va profiter de cette
opportunité pour assouvir ses
pulsions criminelles et sa-
diques à l'insu de tous ses
collègues. Les proies qu'il
choisit sont toutes des
femmes en fin de vie, sans
exception, mais il va faire de
leur mort l'instant le plus vio-
lent qui soit. De l'autre côté,
nous allons découvrir Maddy,
une psychologue marquée
par son passé, qui a mis au
point Trauma Zéro, un proto-
cole expérimental destiné à
effacer les traumatismes de la
mémoire des patients. Mais
l'expérience a été suspendue
suite à un accident. « Chaque
être humain renferme en lui
des facettes plus sombres et
d'autres plus lumineuses, à
© k’eskon_attend
des degrés différents bien sûr,
et c'est ce que j'ai aimé explo-
(…) Pour finaliser son roman, Elly a évidemment posé des questions ou deman-
rer en écrivant Trauma Zé-
dé de l'aide à d'autres écrivains, à des éditeurs, en allant dans des salons ou sur
ro. » Elly Rosemad.
les réseaux sociaux par exemple. « Ils m’ont répondu la plupart du temps avec
beaucoup de sympathie et beaucoup de bienveillance, c’était vraiment très sym-
pa, surtout quand je les ai revus plus tard, une fois publiée. C'est aussi très im-
portant d'avoir un avis de personnes plus expérimentées que nous. »
Dès son jeune âge, cette jeune écrivaine a été fan de romans thriller mais elle
is d ' u n e l e c t r ic e :
ne lisait que des auteurs anglais ou américains. Ceux qui l'ont inspirée par la v
L ' a Zéro est très addic-
suite sont des romanciers français comme Amélie Nothomb, Ghislain Gilberti et « Trauma d e le lire pou
r
e n v ie
bien d'autres. Ce qui l'inspire aussi c'est sa vie professionnelle comme sa vie tif, j'avais t de
privée. « Parfois tu peux avoir une discussion avec quelqu'un et soudain il y a ît re le d énouemen
conna ages sont
quelque chose qui ressort de la discussion, dans ta vie personnelle, dans ton quo- ir e . L e s personn
l'his to l'im-
tidien tout simplement, avec tes enfants ou dans ton travail. » Juste un petit n d é c ri ts , j'avais
très bie re. Le
détail d'un film ou d'un livre peut grandement l'inspirer, mais sans pour autant n d e le s connaît
press io te-
plagier. Le principe est que cela l’amène à développer sa propre histoire et e s t é g a le ment main
suspens e. »
nourrir son imaginaire. q u 'à la d e rnière pag
nu jus
Elly Rosemad a maintenant terminé son deuxième roman qui devrait bientôt
sortir, et travaille désormais sur le troisième.
Lucie Lardeau
17
Étudier à
l’étranger,
aujourd’hui

De nos jours, en raison du con-


texte sanitaire, étudier à
l’étranger est devenu compli-
qué. Johana et Mélissa, étu-
diantes en Espagne et au Cana-
da, parlent de leur vie et de
leurs études hors de l’Hexagone.

©Abordage-shop

J
ohana n’a pas spéciale- mettant aux jeunes Réunionnais cours à l’étranger et les cours en
ment de regrets mais en de partir étudier à l’étranger). France, elles trouvent qu’ils se
raison du contexte sani- Mélissa est partie grâce à ERAS- ressemblent beaucoup. « Les en-
taire elle ne peut plus MUS (programme permettant à seignants sont plus disponibles
voyager pour aller voir sa famille. tous les étudiants en fac de pas- pour les élèves, » fait cependant
Mélissa, elle, explique qu’il y a ser de 3 mois à 12 mois d'études remarquer Johana.
moins de restrictions en Espagne dans une autre
mais qu’elle doit quand même Mélissa est partie étudier en Es-
s’adapter. Les deux pagne car elle n’avait pas été
étudiantes racontent prise dans l’école qu’elle
que ce qui leur manque voulait, de plus cela lui
le plus est leur famille permettait d’améliorer son
ainsi que la culture fran- niveau en espagnol. Johana
çaise. En effet en Espagne s’est décidée à partir au Ca-
et au Canada les cultures nada car c’était le seul pays
ne sont pas les mêmes qui donnait une bourse assez
nd

conséquente.
_atte

qu’en France. Johana


donne comme exemple la
skoon

Durant le confinement Johana


nourriture : « En France on
©k’e

avait des cours à distance.


aime le fromage, la nourri-
« Durant le confinement j’étais
ture plutôt raffinée, alors université
moins sérieuse, je mettais mon
qu’au Canada on aime beaucoup européenne tout en
réveil à 8h25 quand le cours (à
les fast-food.» validant leur cursus dans leur uni-
distance) commençait à 8h30. »
versité de départ).
Pour partir étudier à l’étranger
Orsinio Lampé et Joanès Dale
Johana est passée par « Région Ni l’une ni l’autre ne voient des
Réunion » (programme per- différences importantes entre les

18
Chiens de traîneau
Le Husky de Sibérie fait rêver. Comme son nom
l’indique il est originaire de Sibérie, une région
connue pour son froid. C’est un chien particulière-
ment magnifique, que ce soit par sa démarche,
son allure de “loup”, la beauté de ses yeux ou son
caractère particulier. David Blanchin dirige avec sa
femme Sandrine l'association « latitude nor-
dique » à Jaulnay, au nord de Châtellerault. Cette
structure propose à des particuliers ou à des entre-
prises des sorties en traîneau avec une meute de
Huskys, ces fameux chiens de Sibérie. Plus qu’un
métier, un rêve d’enfant devenu réalité !

L
'association « Chaque chien a son caractère particulier ! Cela peut
est consti- parfois entraîner de la violence entre eux mais cela se
tuée de gère très bien, dit David Blanchin. Ce sont des êtres
treize mâles vivants et non des machines ou des outils. Pas de pré-
et dix femelles âgés férence, ils sont tous sur le même pied d'égalité pour
de 1 à 26 ans. Tous ne pas faire de jaloux.» Et chaque chien est appelé par
les chiens sont des son prénom : Inuk, Ijji, Nymeria, Wan...
Huskys de Sibérie.
L'association a le plaisir d'accueillir un public très large
Leur tout premier
que ce soit des particuliers, des entreprises, des per-
était une femelle
sonnes en situation de handicap ou encore des enfants
bébé. Douze chiens
atteints de maladie qui pourront partager des mo-
sur vingt-trois ont
ments privilégiés avec les chiens et garder de bons
été récupérés, soit
souvenirs. Par exemple en pratiquant du Cani Kart qui
parce qu’ils étaient
consiste à être assis dans une petite voiturette sans
abandonnés soit
toit ou bien du Cani Rando qui permet de se promener
parce que les pro-
à pied, les Huskys au bout d’une sangle accrochée à la
priétaires n'arri-
taille.
©k’eskoon_attend

vaient plus à les


gérer : « un des Une légende raconte que les Huskys seraient le fruit
buts de notre asso- de l’amour entre un loup et la lune. D’une part pour
ciation est de don- leur apparence de chien sauvage, d’autre part pour
ner une meilleure leur queue rappelant un croissant de lune. Et s’ils hur-
vie à des chiens qui ont parfois mal débuté dans la lent comme les loups les soirs de pleine lune, ce serait
vie. » Les onze autres Huskys sont en revanche nés pour lui demander de redescendre sur Terre.
chez les Blanchin et sont tous issus de la même famille
car les propriétaires souhaitent garder une lignée du Sohane Verdier et Manon Mesnard
même sang.

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