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Chapitre 1

Quelques notions sur les espaces


fonctionnels
1.1 Espaces fonctionnels

Dénition 1.1.1 Un espace fonctionnel est un espace vectoriel dont les éléments sont des fonc-
tions.
Exemple 1.1.1 C n ([a, b]) est l'espace des fonctions dénies sur [a, b] dont toutes les dérivées
d'ordre p (1 ≤ p ≤ n) existent et sont continues sur [a, b].

1.1.1 Espaces de fonctions intégrables

Soit Ω un ouvert de Rn .
ˆ On note par Lp (Ω) (p ∈ N∗ ) l'espace des fonctions réelles u dénies sur Ω telles que :
Z
|u(x)|p dx < +∞ ( c-à-d existe )

Ici l'intégrale est dans Rn . C'est une intégrale simple si n = 1, intégrale double si n = 2,
intégrale triple si n = 3.
ˆ L'espace Lp (Ω) peut être muni de la norme dénie par :
Z 1/p
p p
∀ u ∈ L (Ω) ; kukp = |u(x)| dx

En particulier :
pour p = 1 : L1 (Ω) est nommé espace des fonctions absolument intégrables (ou sommables) :
 Z 
1
L (Ω) = u : Ω → R/ |u(x)| dx < +∞

L1 (Ω) peut être muni de la norme dénie par :


Z
1
∀ u ∈ L (Ω) ; kuk1 = |u(x)| dx

pour p = +∞ : On dénit aussi l'espace L∞ (Ω) qui est l'espace des fonctions bornées sur Ω
c'est-à-dire :
L∞ (Ω) = {u : Ω → R / ∃ M ∈ R ; |u(x)| < M ; ∀ x ∈ Ω}

1
À cet espace, on associe une norme dite norme innie dénie par :
∀ u ∈ L∞ (Ω) : kuk∞ = sup |u(x)|
x∈Ω

Théorème 1.1.1 Lp (Ω) muni de la norme k.kp est un espace de Banach (c'est-à-dire qu'il est
complet).

1.1.2 Le cas particulier de l'espace L2 (Ω)


ˆ Soit Ω un ouvert de Rn .
On dénit l'espace L2 (Ω) des fonctions de carrés intégrables sur Ω par :
( Z 1/2 )
2 2
L (Ω) = u : Ω → R / |u(x)| dx < +∞

ˆ L2 (Ω) peut être muni du produit scalaire < . , . > déni par :
Z
∀ u, v ∈ L2 (Ω) ; < u, v >= u(x)v(x) dx

et donc d'une norme notée k.k2 dénie par :


1/2

Z
2 2
∀ u ∈ L (Ω) ; kuk2 = < u, u > = |(u(x)| dx

et On a le théorème suivant :
Théorème 1.1.2 (Fischer - Riesz) Muni du produit scalaire ci dessus, l'espace L2 (Ω)
est un espace de Hilbert (c'est-à-dire complet pour la norme associée à ce produit scalaire).

Propriétés
1. Si u, v ∈ L2 (Ω) alors u v ∈ L1 (Ω).
2. Si u, v ∈ L2 (Ω) alors u + v ∈ L2 (Ω).
3. Si λ ∈ R ; u ∈ L2 (Ω) alors λu ∈ L2 (Ω).

1.2 Fonctions tests

Dénition 1.2.1 Soit Ω un ouvert de Rn et ϕ : Ω −→ R.


On appelle support de ϕ le plus petit fermé en dehors duquel ϕ est nulle :
supp (ϕ) = {x ∈ Ω / ϕ(x) 6= 0}
Exemple 1.2.1
La fonction nulle : θ : R −→ R
x 7−→ θ(x) = 0
supp (θ) = ∅ = ∅
Exemple 1.2.2
ϕ : R −→ R
x 7−→ 1
supp (ϕ) = R = R

2
Exemple 1.2.3
La fonction de Schwartz : ϕ : R −→ R
si |x| < 1
(
exp( x21−1 )
x 7−→
0 sinon
supp (ϕ) = ] − 1, 1[ = [−1, 1]

Dénition 1.2.2 On note par D(Ω) l'ensemble des fonctions ϕ de Ω dans R, de classe C ∞ , et
à support borné (donc compact).
D(Ω) = ϕ : Ω → R / ϕ ∈ C ∞ (Ω) et supp (ϕ) est borné


On dit aussi que D(Ω) est l'ensemble des fonctions tests.

Exemple 1.2.4
La fonction nulle : θ : R −→ R est une fonction test c-à-d θ ∈ D(R)
x 7−→ 0


θ ∈ C (R)
En eet :
supp (θ) = ∅ qui est fermé borné donc compact.

Exemple 1.2.5
La fonction de Schwartz : supp (ϕ) = [−1, 1] bornée.
On peut montrer aussi que ϕ ∈ C ∞ (R) et donc ϕ ∈ D(R).
La fonction ϕ peut être représentée graphiquement comme suit :

φ( x )

−1 1 x

1.3 Espaces de Sobolev

Soit Ω un ouvert de Rn .
On s'intéresse à l'espace de Sobolev d'ordre 1 déni par :
 
1 2 ∂u
H (Ω) = u : Ω → R / u ∈ L (Ω) ; ∈ L2 (Ω) ; ∀ i = 1, . . . , n
∂xi

3
L'espace de Sobolev d'ordre 2 est déni par :
∂2u
 
2 2 ∂u
H (Ω) = u ∈ L (Ω) ; ∈ L2 (Ω) ; ∈ L2 (Ω) ; ∀ i, j = 1, . . . , n
∂xi ∂xi ∂xj

En particulier, en dimension 1, c'est-à-dire si Ω est un ouvert de R alors :


H 1 (Ω) = u ∈ L2 (Ω) ; u0 ∈ L2 (Ω)


H 2 (Ω) = u ∈ L2 (Ω) ; u0 , u00 ∈ L2 (Ω)




Dans cette extension, on voit que :


H 0 (Ω) = L2 (Ω)
Et on a le théorème suivant :
Théorème 1.3.1 L'espace H 1 (Ω) peut être muni du produit scalaire suivant :
Z Z
1
∀u, v ∈ H (Ω) ; < u, v >H 1 = u v dx + ∇u · ∇v dx
Ω Ω

et dénit un espace de Hilbert pour ce produit scalaire.

A partir de ce produit scalaire, on dénit une norme dans H 1 (Ω) par :


Z Z
1
∀u ∈ H (Ω) ; kuk2H 1 = 2
|u(x)| dx + |∇u(x)|2 dx
Ω Ω
= kuk2L2 + k∇uk2L2

On dénit aussi l'espace H01 (Ω) par :


H01 (Ω) = u ∈ H 1 (Ω) , u = 0 sur ∂Ω


∂Ω étant la frontière de Ω.
Par exemple si n = 1 et Ω =]a, b[ ouvert de R alors :
H01 (]a, b[) = u ∈ H 1 (]a, b[) , u(a) = u(b) = 0


1.4 Formules de Green

Nous rappelons ici les formules de Green qui sont tout simplement des extensions en dimension
supérieure de l'intégration par parties :
Soit Ω un ouvert de Rn . Notons par ∂Ω sa frontière et n la normale unitaire extérieure à ∂Ω.

Ω

4
Formule de Stokes
Z Z Z
div(u) v dΩ = − u · ∇v dΩ + (u · n) v dσ
Ω Ω ∂Ω
ici u est un vecteur et v une fonction.

La formule de Stokes est une généralisation à un espace à plusieurs dimensions de la formule


d'intégration par parties : Z b Z b
u0 v dx = − u v 0 dx + [uv]ba
a a

En particulier :
ˆ Si v=1, on obtient :
Z Z
div(u) dΩ = u · n dσ
Ω ∂Ω

ˆ Si on remplace u par ∇u dans la formule de Stokes, on aura :


Z Z Z
div(∇u) v dΩ = − ∇u · ∇v dΩ + (∇u · n) v dσ
Ω Ω ∂Ω

qui s'écrit aussi :


Z Z Z
∂u
∆u v dΩ = − ∇u · ∇v dΩ + v dσ (Formule de Green)
Ω Ω ∂Ω ∂n

∂u
où = ∇u · n
∂n