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Royaume du Maroc

ECOLE HASSANIA DES TRAVAUX PUBLICS

A CASABLANCA

DRAINAGE ET ASSAINISSEMENT
ROUTIER

Elaboré par :Mr ALLA Ahmed

A Casablanca le 30-09-2013

1
SOMMAIRE
INTRODUCTION...........................................................................................

DONNEES DE BASE ..............................................................................

1ERE PARTIE : DRAINAGE DES EAUX SUPERFICIELLES...................


SURFACE DE ROULEMENT .........................................................
ACCOTEMENT...............................................................................
TALUS.............................................................................................

2EME PARTIE : DRAINAGE DU CORPS DE LA CHAUSSEE...............


DRAINAGE DU CORPS DE LA CHAUSSEE.................................
COUCHE DRAINANTE...................................................................
DRAIN EN ARRETE DE POISSON................................................
TRANCHEE DRAINANTE TRANSVERSALE.................................
TRANCHEE DRAINANTE LONGITUDINALE ................................
ECRAN DRAINANT DE RIVE DE CHAUSSEE (EDRC)................

3EME PARTIE : COLLECTE DES EAUX................................................


COLLECTE DES EAUX..................................................................
FOSSE TRIANGULAIRE NON REVETU........................................
FOSSE TRAPEZOIDAL NON REVETU .........................................
FOSSE TRIANGULAIRE REVETU.................................................
FOSSE TRAPEZOIDAL REVETU ..................................................
FILETS D’EAU ................................................................................
AVALOIR .........................................................................................
DESCENTES DE TALUS................................................................

4EME PARTIE : OUVRAGES DE FRANCHISSEMENT.........................

5EME PARTIE : INSPECTION ET SURVEILLANCE .............................

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS.........................................

ANNEXES............................................................................................

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INTRODUCTION

Assainissement : terme général concernant plus particulièrement l’évacuation


des eaux superficielles
Drainage : évacuation des eaux internes

Drainer le corps de la chaussée, l'assise et plate-forme, est un objectif souvent


mentionné, car tout professionnel de la route sait bien que " l'eau et la route ne font pas
bon ménage ".

En effet, l'eau de ruissellement à la surface de la chaussée occasionne une baisse


importante du niveau de service offert à l'usager. L'eau contenue dans le corps de la
chaussée qui provient d'infiltrations d'origines diverses est un élément décisif de
l'accélération des dégradations des structures de la chaussée.

La lutte contre les conséquences néfastes engendrées par l'eau, doit se faire en
établissant un système de drainage efficace. Or pour être efficace, un tel projet
nécessite un bon choix des dispositifs drainants, une bonne exécution, et un entretien
courant, ce qui n'est pas toujours le cas.

C'est pour cette raison qu'il a été jugé opportun d’enseigner ce cours dans les écoles
d’ingénieurs et qui regroupe un certain nombre de techniques pratiques avec des
recommandations pour l'exécution, l'entretien et le maintien du bon fonctionnement de
l'ouvrage.

Dans un premier temps ce manuel présente des données de base indispensables à la


réalisation d'un projet de drainage. Par la suite, il traite la collecte et l'évacuation des
eaux superficielles, le drainage du corps de la chaussée, les éléments de collecte des
eaux et les éléments spéciaux. Enfin il regroupe quelques recommandations pour le
drainage routier.

DONNEES DE BASE
Comme pour tout projet, l'établissement d'un système de drainage nécessite comme
étape préliminaire, le recueil des données de base sans lesquelles on risque d'avoir un
projet incomplet.

La variété de ces données montre aussi la diversité des matières auxquelles fait appel
le drainage des routes, et prouve aussi qu'un tel projet est le résultat d'un consensus
entre l'ingénieur concepteur de la route, le géotechnicien, l'hydraulicien, l'hydrologue et
le météorologue.

I- DONNEES METEOROLOGIQUES
Elles concernent surtout les précipitations, elles sont à recueillir auprès des stations les
plus proches du site.
Les événements pluvieux se caractérisent par :
 l'intensité i : (en mm/s)
 la durée de concentration t : (en min.)
 la période de retour T : (années)
 l'étendue de(s) bassin(s) versant(s) S : (Km²)

II- DONNEES GEOTECHNIQUES


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Elles doivent fournir tous les renseignements sur les sols à "travailler (enlever ou traiter)
" et sur les sols à maintenir en place.
Il s'agit donc de :
 Faire l'identification des couches de sol à terrasser : nature, état hydrique, classe
du sol.
 Prévoir les difficultés probables d'excavation et les conditions de réutilisation du
sol.
 Evaluer la qualité de la plate-forme et éventuellement les moyens à prévoir pour
augmenter sa portance.
 Connaître la position des nappes phréatiques et le sens des lignes de courant,
ainsi que la probabilité de formation des nappes perchées temporaires.
 Maîtriser les caractéristiques d'identification des sols, teneur en eau, angle de
frottement, cohésion, densité...etc.
 Détecter les zones des sols sensibles à l'eau.

III- DONNEES HYDROLOGIQUES


Elles nous renseignent sur l'ensemble des cours d'eau, des oueds et des ruisseaux
creusés à la surface de la terre et qui rassemblent les eaux de surface en les
conduisant vers les oueds.
Les données à recueillir sont relatives aux éléments suivants :
 Bassin versant (surface, longueur, pente).
 Détermination du temps de concentration.
 Ajustement statistique des crues.
 Evaluation empirique des crues.
 Débit de crue.

IV- DONNEES HYDRAULIQUES


Le dimensionnement des ouvrages de franchissement (petits ouvrages hydrauliques)
nécessite des connaissances pour mener à bien le calcul et le dimensionnement.
Il s'agit donc de maîtriser les formules hydrauliques à utiliser (exemple : Manning-
Strickler, Delorme...).

V- DONNEES RELATIVES AU PROJET


Ce sont les profils en long, en travers, le tracé en plan du projet routier. Elles nous
informent sur les pentes et nature des sections traversées par le tracé routier.

VI- DONNEES TOPOGRAPHIQUES


Ces données indiquent le type de relief traversé (vallonné, montagneux, plat), ainsi que
les cotes des différents niveaux croisés par le tracé et les limites des bassins versants.

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Quelles sont les eaux à drainer ?

D’où vient l’eau ?

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1ère PARTIE :
DRAINAGE DES EAUX SUPERFICIELLES
• SURFACE DE ROULEMENT
• ACCOTEMENT
• TALUS
POSITION DU PROBLEME
Le ruissellement de l'eau à la surface vers les points bas peut entraîner la formation
d'une lame d'eau d'épaisseur h. Cette lame d'eau a pour conséquences, des infiltrations
à travers les points faibles (joints fissures...) et un risque d'aquaplanage (perte
d'adhérence d'un véhicule due à la présence d'une mince pellicule d'eau entre la
chaussée et les pneus).

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance du problème
La projection d'eau à l'arrière des véhicules et aux cotés latéraux nous permet de
reconnaître la présence d'une lame d'eau. Une auscultation visuelle des lieux en saison
pluviale peut s'avérer utile en ce sens.

b) Collecte de données

1- Précipitations
Les données météorologiques sont à recueillir auprès des stations les plus proches du
site. Ils nous permettent de calculer l'épaisseur de la lame.

2- Données relatives au projet


Il s'agit de connaître la nature des sections traversées (remblai, déblai, dévers...) ; ces
renseignements peuvent provenir des documents suivants :
 Tracé en plan
 Profil en long
 Profil en travers

3- Données Topographiques
Elles nous renseignent sur la nature du terrain rencontré :
 Terrain plat
 Terrain vallonné
 Terrain montagneux

SURFACE DE ROULEMENT
OBJECTIFS
 Réduire l'épaisseur de la lame aux limites admissibles
 Evacuer rapidement les eaux de ruissellement
 Réduire les infiltrations

ETABLISSEMENT DU PROJET

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a) Etablissement de Profils
La réduction de la lame d'eau est possible donc, en donnant au profil en travers la
pente la plus forte compatible avec la nécessité de la circulation. En effet, un exemple
de formule, établie pour des chaussées en enrobés nous permet de mieux le constater
Pentes du profil en travers :

Relief Routes du profil en travers Routes non revêtues


Plat 2 à 3% 3 à 5%
Vallonné 1.5 à 3% 3 à 5%
Montagneux 1.5 à 2.5% 3 à 5%

Les pentes préconisées pour les chaussées revêtues

Remarque : Il faut veiller à ce que l'effet des pentes longitudinales et transversales


combinées, ne provoque ni un écoulement lent (stagnation) ni un écoulement intense
(érosion).

b) Réduction des infiltrations


On peut procéder par :
 Décalages des joints de reprise ;
 Imperméabilisation entre diverses couches ;
 Imperméabilisation immédiate par un traitement superficielle.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
 Reprofilage pour éliminer la stagnation des eaux ;
 Réfection profonde ou renforcement pour les cas extrêmes ;
 Les macrofissures et joints doivent être obturés en profondeur ;
 Faïençages et microfissures :
 Traitement des surfaces à l'aide d'un liant
 Resurfaçage en couche mince.

Remarque : On note d'autre part l'existence de la technique des enrobés drainants plus
performante, mais encore coûteuse pour le contexte Marocain.

ACCOTEMENT
POSITION DU PROBLEME
La lame d'eau d'épaisseur h, une fois drainée de la chaussée, ruisselle vers
l'accotement et peut provoquer l'érosion ou déstabiliser ce dernier.

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance du problème
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 Traces d'ornières ;
 Erosion régressive et déformabilité.

b) Collecte de données

1- Précipitations
Les précipitations météorologiques sont à recueillir auprès des stations les plus proches
du site. elles nous renseignent sur la valeur de la vitesse d'écoulement (érosion).

2- Données relatives au projet


 Tracé en plan
 Profil en long
 Profils en travers

OBJECTIFS
 Limiter l'érosion et l'infiltration par l'accotement et les joints ;
 Assurer la stabilité mécanique en cas de débordement de véhicules
 Assurer la continuité du flux de ruissellement.

ETABLISSEMENT DU PROJET
On procède par aménagement de profils ou traitement et revêtement de l'accotement.

a) Etablissement du Profil
Le Catalogue des Structures Types pour les chaussées neuves préconise des pentes
de 4 à 5 % pour favoriser le ruissellement vers le collecteur.

Le profil en travers type de l'accotement

Cependant, cette pente ne devrait pas entraîner l'érosion du matériau de l'accotement.


La valeur de V (vitesse d'écoulement) doit être maîtrisée pour contrôler les
phénomènes d'érosion, de transport et de sédimentation. (voir annexes)

b) Revêtement et traitement :
- Selon le Catalogue des Structures Types pour les chaussées neuves, la largeur
revêtue de l'accotement dépend du trafic. Elle varie entre 0.75 m et 1.50 m .
Plus cette largeur est grande plus profondes sont les couches protégées.
- Le traitement peut être effectué en :
 Traitant l'accotement à la chaux ou au ciment ;
 Dérasant les accotements non revêtues à un niveau légèrement inférieur à celui
de la chaussée ;
 Favorisant la végétation génératrice de l'évapotranspiration ;
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 Réalisant des pentes soignées.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
 Traiter les ornières
 Soigner les pentes dès l'apparition des désordres
 Faucher la végétation pouvant faire obstacle au ruissellement
 Sceller les joints
Selon le cas, on adoptera l'un des accotements suivants :

RECOMMANDATIONS
Les dégradations qui surviennent à la route, viennent la plupart du temps de
l'accotement. Constitué de matériaux moins élaborés, il mérite plus d'attention et de
surveillance.
L'accotement avec joint constitue un danger, car son étanchéité n'est pas assurée.
Il est aussi recommandé d'investir de plus en plus dans l'accotement (revêtement).

TALUS
POSITION DU PROBLEME
Le ruissellement de l'eau à la surface du talus entraîne l'instabilité de celui-ci. En effet,
l'eau peut acquérir une énergie suffisante pour arracher et entraîner les grains du sol en
créant des ravines qui s'approfondissent d'une année à l'autre.
Par ailleurs, l'eau est à l'origine de la déstabilisation de masse du talus, soit en exerçant
des pressions pouvant réduire le frottement et la cohésion entre les grains, soit en
s'écoulant parallèlement à la surface du talus conduisant ainsi au phénomène de
renardage.

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance du problème
L'existence de chenaux d'érosion ( griffes, ravines...) est un signe de l'action de l'eau
sur la surface du talus.
La présence de cas d'éboulements de terrain, pouvant parfois atteindre la chaussée est
une meilleure illustration de l'instabilité de masse.

b) Collecte de données
1- Précipitations
Les données relatives aux précipitations peuvent nous servir pour maîtriser la vitesse
de l'écoulement (voir annexes) et au dimensionnement des fossés.

2- Données relatives au projet


Elles nous indiquent la nature des sections traversées (déblai, remblai ..), l'inclinaison,
la hauteur des talus ainsi que les pentes.
 Tracé en plan
 Profil en long
 Profils en travers

3- Données topographiques
Nature du terrain traversé ( plat, vallonné, montagneux)

4- Données géotechniques

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La compagne d'études géotechnique nous permet de distinguer les types de sol
rencontrés, leur sensibilité à l'eau et à l'érosion ainsi que leur résistance (c , ø).
Elle nous permet aussi de savoir si le sol rencontrés une nappe ou non.

OBJECTIFS
 l Assurer la stabilité mécanique notamment pendant les averses ;
 l Réduire l'érosion et empêcher les éboulements d'atteindre la chaussée ;
 l Assurer l'équilibre des terres amont.

ETABLISSEMENT DU PROJET
Un projet de drainage de talus doit assurer la stabilité de ce dernier en limitant l'érosion,
en réduisant les infiltrations et en rabattant la nappe.

a) Lutte contre l'érosion


La lutte contre l'érosion passe en premier lieu par l'aménagement de descentes de talus
souvent sous forme de cascades en raison d'amortir la vitesse d'écoulement. (voir
chapitre descentes de talus).

Pour les talus de grande hauteur ( >10 m ), on doit aménager des risbermes ou des
banquettes avec une contre pente afin d'accroître la sécurité vis à vis d'un glissement
rotationnel, et en vue d'empêcher les matériaux éboulis ou érodés d'atteindre la
chaussée. Le raccordement de la banquette au terrain naturel doit se faire sans contre
pente pour assurer la continuité de l'écoulement.

La limitation contre l'érosion peut également se faire par :

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 La recherche d'un compromis entre l'aménagement du talus à faible inclinaison
et la vulnérabilité au glissement rotationnel ;
 En favorisant la végétation naturelle c'est un procédé économique de protection
mais il va falloir contrôler cette végétation, pour qu'elle n'entrave pas
l'écoulement.

b) Fossé de crête
Un fossé de crête doit être prévu chaque fois qu'un déferlement d'eau venant d'amont
peut atteindre la crête du talus ou qu'une accumulation d'eau peut se produire au
sommet.
Ce type de fossé nécessite une attention particulière vue les conséquences qu'il peut
avoir s'il n'est pas bien soigné.
 Un fossé de crête mal conçu ou mal drainé constitue un danger d'infiltration
pouvant déstabiliser le talus.
 Les vitesses d'écoulement dans le talus doivent être contrôlées pour éviter
l'érosion ( chaque sol a une vitesse critique d'érosion).
 La position du fossé de crête doit être telle que la ligne de glissement la plus
défavorable du talus soit située entre la crête et le fossé.
 La partie de terrain située entre la crête et le fossé doit être profilée avec une
contre pente vers le fossé.
 Instruire les riverains sur la nécessité du maintien en bon état de fonctionnement
du fossé de crête.

c) Aménagement du pied du talus

1 - berme de talus
Avec une largeur allant de 1 à 3m et dotée d'une pente vers le fossé pour éviter la
stagnation d'eau, la berme du pied de talus contribue à la protection des dispositifs de
drainage, et facilite le passage des engins d'entretien.

2 - Fossé de pied du talus


Il assure une double fonction de drainage de la route et du talus.

d) Disposition pour talus noyé


Un talus noyé est un talus qui rencontre une nappe phréatique permanente ou
temporaire.
Le cas d'une nappe permanente doit être signalée au cours de la reconnaissance
géotechnique du tracé. Le projet du talus en tiendra compte.
La nappe temporaire se manifeste lors des fortes averses. Elle nécessite une
intervention immédiate. Dans le cas de résurgence de source localisée, on procède au
captage de cette source. Le drain sera dimensionné pour évacuer le débit maximum.

Si la source produit un suintement sur une certaine longueur du talus, et à différents


niveaux, il faut apercevoir une des techniques suivantes :
 Les éperons drainants

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 Un réseau de drains profonds sub-horizontaux
 Le rabattement par tranchées drainantes placées en amont du talus, au delà de
la ligne de glissement potentielle.
Pour plus de détails ( voir annexes).

Remarque
Les talus de remblais sont faciles à traiter, mais encore faut-il que l'emprise soit
suffisante pour assurer la stabilité mécanique.
La facilité de leur traitement provient aussi du fait qu'ils sont réalisés par un matériau
d'apport normalement contrôlé et bien compacté.

EXECUTION ET ENTRETIEN

a) Exécution
Lors de l'exécution d'un talus il est déconseillé d'utiliser les outils de terrassement
munis de dents, ces outils, laissent des sillons dans le sol, qui seront par la suite des
amorces de ravins.
Il faut que la pente soit la plus régulière possible, et que la surface soit lisse.
Dans le cas des talus de déblai, il y a intérêt de procéder à la finition des talus au fur et
à mesure de l'approfondissement.

b) Entretien
Les systèmes de protection doivent être en bon état de fonctionnement.
La végétation anti - érosive doit être suivie dans son développement, et empêchée ou
limitée dans les systèmes de drainage.
Les exutoires des drains de captage de sources ou de rabattement des nappes doivent
être dégagés.
Les parties du talus éboulées doivent être régulièrement réaménagées et confortées
après avoir cherché les causes.
Correction des ravins actifs par des constructions en pierres sèches par des gabions si
c'est nécessaire.
Les risbermes doivent être dégagées des débris du terrain, de la végétation gênante et
de tout obstacle s'opposant à l'écoulement des eaux.
Les fossés de crête doivent faire l'objet d'une attention particulière.
Les sédiments déposés par l'eau doivent être évacués dans un lieu approprié.

RECOMMANDATIONS
Les fossés de crête devront être évités car leur efficacité est rarement durable.
Il est aussi recommandé de procéder à la correction des ravins actifs par des
constructions en pierres sèches et par des gabions si c'est nécessaire.

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2ème PARTIE :
DRAINAGE DU CORPS DE LA CHAUSSEE

• DRAINAGE DU CORPS DE LA CHAUSSEE


• COUCHE DRAINANTE
• DRAIN EN ARRETE DE POISSON
• TRANCHEE DRAINANTE TRANSVERSALE
• TRANCHEE DRAINANTE LONGITUDINALE
• ECRAN DRAINANT DE RIVE DE CHAUSSEE
(EDRC)

POSITION DU PROBLEME
Le drainage du corps de la chaussée a pour but de limiter, en durée et en quantité, la
présence à l'intérieur du corps de la chaussée d'eau libre pouvant former une nappe
suspendue.
La présence de l'eau libre représente un danger pour la structure. Elle entraîne en effet,
une perte de portance due à l'augmentation de la teneur en eau, des remontés de fines
causant la contamination des couches inférieures et le décollement des couches de
surface.

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance du problème
La présence de l'eau dans le corps de la chaussée peut se manifester par différents
types de dégradations :

DRAINAGE DU CORPS DE LA CHAUSSEE


b) Collecte des données
Il s'agit de recueillir les données relatives aux arrivées d'eau et aux perméabilités des
couches pour évaluer l'infiltration.
En effet, l'eau peut provenir soit directement des précipitations, soit des inondations
pouvant avoir lieu, ou encore des remontées capillaires.
Le diagramme suivant résume les étapes préalables à l'établissement d'un projet de
drainage interne. Ainsi, une fois que l'eau est parvenue aux différentes couches de la
chaussée, elle suit les chemins de plus grande perméabilité, l'évaluation de la quantité
d'eau à drainer passe par une estimation des infiltrations.

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OBJECTIFS A ATTEINDRE
 Eliminer ou réduire les effets de l'eau accumulée dans la chaussée et dans le sol
de fondation ;
 Rabattre les nappes proches des ouvrages ;
 Intercepter les remontées capillaires ;
 Eliminer les effets de bord ;
 Capter et collecter les eaux infiltrées dans les terres pleins et aménagements
annexes.

SYSTEMES ADOPTES
Le drainage des eaux internes peut se faire par des:
 Couches drainantes ;
 Tranchées drainantes (longitudinale et transversale) ;
 Drains en arrête de poisson ;
 Ecrans drainants de rive de chaussée.
Tous ces systèmes se caractérisent par un point commun qui est l'utilisation des
matériaux drainants.

CARACTERISTIQUES DES MATERIAUX DRAINNANTS

a) Matériaux enveloppés dans un géotextile


 Grave creuse 0/30 avec un E.S >50 passant à 2 mm < 10%
 Enveloppés dans un géotextile (200 à 300 g/m2) anticontaminant.
 Drain non enveloppé en béton poreux ou en PVC.
b) Matériaux non enveloppés
 l Solution facile sur chantier :
- Grave routière 0/30 de granulométrie continue avec un E.S >
passant à 2 mm < 10% pour le drain en béton poreux
passant à 2 mm < 15% pour le drain en PVC
- Drain en béton poreux ou en PVC dont il est conseillé d'envelopper dans un
géotextile.
 Solution élaborée et plus coûteuse (application des règles de TERZAGHI )
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- Le matériau doit vérifier :
D15 / D85 > 5 non contamination
D15 / d15 > 5 pouvoir drainant
D60 / D10 < 20 pour éviter la ségrégation à la mise en oeuvre.
avec Dx maille du tamis qui laisse passer x% du matériau drainant.
dy maille du tamis qui laisse passer y% du matériau à drainer.
Le LPEE propose un tout-venant 0/40 ou 0/60 ou un matériau à granulométrie serré
20/40.

Remarque : En traçant les courbes granulométriques des GNF et GNT proposées par
le C.S.T Marocain il s'est avéré que les GNF ne peuvent drainer les GNT car elles ne
répondent pas aux critères de TERZAGHI.

COUCHE DRAINANTE
DEFINITION
La couche drainante est un tapis de matériaux drainants supportés par le sol de
fondation ou éventuellement par la couche de forme.
On fait appel à cette technique de drainage interne, surtout lors des renforcements des
chaussées existantes.

DIMENSIONNEMENT
Dimensionner une couche drainante revient à déterminer son épaisseur H. Elle doit
satisfaire à certains critères à savoir :
 Epaisseur suffisante pour que la frange capillaire n'atteigne pas la couche
supérieure ;
 Epaisseur compatible avec la portance exigée pour supporter les contraintes du
trafic ;
 Epaisseur ayant un minimum de 20 cm.

SCHEMA REPRESENTATIF

DOMAINE D'APPLICATION
 Sous les accotements et le fossé latéral, pour drainer les eaux infiltrées à travers
l'accotement ;
 Sur toute la largeur de la chaussée, s'il y a risque de remontées capillaires, dans
ce cas la couche drainante doit être connectée à une tranchée drainante
longitudinale ;
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 Lors des travaux d'élargissement pour assurer une continuité du drainage
interne;
 Aux points bas du profil en long où il y a risque d'accumulation des eaux ;
 Passage déblai - remblai ou profil mixte ;
 Sous les accotements des chaussées renforcées ;
 Points bas du profil, appliquée sur toute la largeur de la chaussée.

EXECUTION
Il faut tenir compte des éléments suivants :
 Bonne communication avec le système de collecte (drains, fossés..);
 Respecter la pente de 6% à la base de la couche;
 Prévoir une couche anti - contaminante d'épaisseur de 10 cm.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
 Fossés et exutoires entretenus pour éviter la stagnation d'eau entraînant le
mauvais fonctionnement de la couche drainante;
 Evaluation continue du bon fonctionnement de la couche drainante.

Remarque : La couche drainante est le moyen le plus fiable mais il faut une justification
économique de son utilisation à cause du surcoût.
Au Maroc c'est la technique des drains en arrête de poisson qui est la plus utilisée.

DRAIN EN ARRETE DE POISSON


DEFINITION
C'est une technique dérivée du drainage par tranchées drainantes transversales.
Cette technique est largement utilisée au Maroc dans le cas de renforcement des
routes anciennes par une G.N.T, ils sont placés en quinconce de part et d'autre de la
chaussée et distant de 20 m.

DOMMAINE D'APPLICATION
Sous les accotements dans le cas :
 d'un renforcement d'une chaussée existante;
 d'un élargissement.

OBJECTIFS A ATTEINDRE
 Evacuer l'eau infiltrée dans le corps de la chaussée qui se trouve piéger entre
l'ancienne chaussée moins perméable et l'accotement ;
 Assurer la continuité du drainage interne.

DIMENSIONS

Le manuel de renforcement des chaussées


revêtues prévoit l'utilisation des drains en
arrête de poisson, sous les accotements,
dans tous les profils types qu'il propose.

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Perspective des drains en arrête de poisson

Les dimensions à donner aux drains en arrête de poisson sont les suivantes :
 40 cm de largeur
 dans le cas d'un renforcement, ils doivent empiéter dans l'ancienne chaussée de
0,50 à 1 m
- la distance entre deux drains successifs est 20 m.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
 Dans le cas du raccordement avec un fossé, il faut veiller à ce que l'aval des
drains soit bien dégagé, et le fossé aussi profond que possible, de façon à ne
pas introduire dans la chaussée, les eaux collectées.
 Il faut s'assurer que l'extrémité amont de la couche de la G.N.T ne puisse jamais
être plus basse que le niveau le plus haut de l'eau dans le fossé.

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TRANCHEE DRAINANTE TRANSVERSALE
DEFINITION
C'est une saignée réalisée dans le sol de fondation pour capter les eaux infiltrées dans
le corps de la chaussée. Elle est soit transversale soit en biais de 60 ° par rapport à
l'axe de la route.

DOMAINE D'APPLICATION
 Les points bas du profil en long ;
 Passage déblai – remblai ;
 Elargissement de plates formes ;
 Profil mixte.

OBJECTIFS A ATTEINDRE
 Accélérer l'évacuation des eaux dans les points bas du profil
 Intercepter l'écoulement de l'eau lorsque la pente longitudinale dépasse la pente
transversale (pour minimiser le chemin d'écoulement ).

DIMENSION

EXECUTION
 Fouilles exécutées à sec ;
 Toute partie du tuyau ou du filtre souillé doit être remplacée ;
 Drains construits de l'amont vers l'aval pour éviter la contamination par les eaux
superficielles ;
 Matériaux filtrant mis en couches minces et compacté à la main jusqu'à la
hauteur de 30 cm au delà de laquelle on utilise un engin mécanique léger.

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TRANCHEE DRAINANTE LONGITUDINALE
DEFINITION
C'est une tranchée exécutée au bord de la chaussée, remplie de matériaux drainants et
éventuellement d'un drain servant à la collecte des eaux.

OBJECTIFS A ATTEINDRE
l Conduire les eaux évacuées latéralement par la couche drainante et les drains en

arrête de poisson et éventuellement les eaux infiltrées à travers les accotements et


bermes centrales.

DOMAINE D'APPLICATION
 Lorsque l'emprise de la route est étroite et on ne peut pas exécuter des fossés
latéraux profonds;
 Sous les fossés revêtus;
 Lorsque la pente du profil en long est faible.

DIMENSIONS

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Remarque
Q est en général faible et conditionne rarement le choix du diamètre intérieur du tuyau .
On prend 6 cm au minimum, pour les tuyaux en poterie 10 cm au minimum, pour les
tuyaux en béton.
Pour un bon fonctionnement de l'ouvrage, il faut placer le tuyaux au dessous de la
couche drainante, si les conditions de l'exutoire le permettent.
Les tranchées drainantes sont munies de chambres de visite où débouchent les eaux
vers des fossés ou collecteurs enterrés.

EXECUTION
 Fouilles exécutées à sec;
 Toute partie du tuyau ou du filtre souillé doit être remplacée ;
 Drains construits de l'amont vers l'aval pour éviter la contamination par les eaux
superficielles ;
 Matériaux filtrant mis en couches minces et compacté à la main jusqu'à la
hauteur de 30 cm au delà de laquelle on utilise un engin mécanique léger.

ECRAN DRAINANT DE RIVE DE CHAUSSEE (EDRC)


DEFINITION
C'est une tranchée drainante étroite à parois minces verticales. Les éléments
constitutifs sont soit préfabriqués soit élaborés sur chantier.
Un EDRC joue le rôle d'un écran capillaire, en effet, si l'on interpose en rive de
chaussée un écran drainant celui-ci va entraver à l'immigration des eaux par succion
depuis les zones à forte humidité (accotements) vers les moins humides (sol de
fondation) donc il permet d'éviter l'effet de bord.
L'écran drainant permet en outre d'évacuer l'excès d'eau du corps de la chaussée.

DOMAINE D'APPLICATION
L'emploi d'un EDRC s'impose selon le type de route, le type de sol et le climat:

a) le type de route

1- chaussée neuve
Lorsque la solution de l'imperméabilisation des accotements ne peut pas être
envisagée, ou lorsque le sol de fondation est en déblai ou au voisinage du terrain
naturel.

2- chaussée existante
La recommandation d'un EDRC ne peut se faire qu'après un diagnostic des
dégradations. La constatation de fortes déflexions et affaissements de rive par rapport à
ceux de l'axe est un signe d'un effet de bord.
La résurgence d'eau chargée de fines en est un autre.
Dans le cas où la cause ne peut pas être décelée, il semble prudent d'inclure un EDRC
dans le projet d'amélioration de la route.

b) le sol
Dans tous les sols à forte succion (argiles fines).

c) le climat

20
Dans les régions où le phénomène du gel et dégel est limitée et où la nappe ne se
rapproche pas du sol de fondation (1m mini).
Dans tous les cas le besoin de drainage doit être mis en évidence par une étude
géotechnique.
DISPOSITION CONSTRUCTIVE

RS : revêtement superficiel
CF : couche de fondation
SF : sol de fondation.

DIMENSIONS

a) EDRC en matériaux drainants

H = 1.00 à 1.20 m
L = 0.15 m minimum = 0,25 m maximum
D : diamètre du drain collecteur
= 50 mm recouvert de fentes de largeur de 0.9 à 2 mm
= 0.25 m maximum

matériaux pour l'âme :


 D90 >=
 Teneur en particules inférieures à 0.02 mm < 3%
Si la teneur en particules inférieures à 0.02 mm est comprise entre 3 et 6% il faut avoir
D40 / D 90 < 5

b) EDRC préfabriqué
1 - EDRC à âme en polyéthylène ou polypropylène entouré d'un géotextile avec une
cuvette étanche à la base du drain PVC.
2 - EDRC à âme drainante en géotextile associée à un collecteur, le tout enveloppé
dans un filtre géotextile. les dimensions sont :
H de 0.50 à 1.00 m
L de 0.20 à 0.25 m

21
EXECUTION
 Excavation de la tranchée par les engins mécaniques ;
 Pose de l'écran. Elle doit être plaquée contre la rive de la chaussée ;
 Remblayer la tranchée ;
 Compactage du remblai ;
 Imperméabilisation du dessus de l'écran.

RECOMMANDATIONS
L'utilisation d'écran capillaire doit se justifier économiquement en le comparant à
d'autres dispositifs de drainage (tranchée drainante, imperméabilisation d'accotement,
..).
Un écran capillaire ne peut ni permettre le rabattement d'une nappe ni lutter contre le
phénomène du gel - dégel que si celui-ci est faible.

22
3ème PARTIE :
COLLECTE DES EAUX

• COLLECTE DES EAUX


• FOSSE TRIANGULAIRE NON REVETU
• FOSSE TRAPEZOIDAL NON REVETU
• FOSSE TRIANGULAIRE REVETU
• FOSSE TRAPEZOIDAL REVETU
• FILETS D'EAU
• AVALOIR
• DESCENTES DE TALUS
POSITION DU PROBLEME
 L'eau qui ruisselle trop rapidement sur les surfaces terrassées les érode et
déchausse le bord du revêtement .
 L'eau qui stagne provoque des éclaboussements et forme des plaques de glace
en hiver .
 L'eau qui s'infiltre réduit la capacité portante de la chaussée et colmate les
systèmes de drainage interne par les particules fines qu'elle porte.
 L'eau qui stagne sur l'accotement
- réduit la portance de ce dernier ;
- conduit à la formation des ornières ;
- s'infiltre vers le corps de la chaussée.

COLLECTE DE DONNEES
 Données pluviométriques;
 Données topographiques : forme du terrain (pentes) ;
 Données géotechniques : nature du sol (érosion) ;
 Données hydrologiques : détermination du bassin versant et du débit de
dimensionnement du projet.

OBJECTIFS A ATTEINDRE
 Conduire les eaux de l'emprise de la route vers l'exutoire naturel ou aménagé,
dans un délai convenable en maîtrisant les débits, afin d'éliminer et de diminuer
le danger qu'elles constituent pour la route.
 Plusieurs ouvrages sont utilisés pour répondre à cet objectif ; à titre d'exemple on
cite :
 Fossé revêtu ou non
 Canalisations enterrées
 Caniveaux
 Filets d'eau en surface ou avec tuyau souterrain et avaloirs
 Passages souterrains.

EVALUATION DE LA CAPACITE DES OUVRAGES


Pour calculer le débit que peut transiter un ouvrage de collecte on
utilise la formule de MANNING-STRICKLER.(voir annexe )

23
COLLECTE DES EAUX
FOSSE TRIANGULAIRE NON REVETU
SCHEMA REPRESENTATIF

DOMAINE D'APPLICATION
 Pied de talus de remblai;
 Pied de talus de déblai;
 Terrain naturel.

DIMENSIONS

Remarque

Les fossés triangulaires non revêtus ont les avantages suivants :


 Facilité d'exécution par les engins mécaniques
 Facilité d'entretien par les engins mécaniques.
 Plus sécuritaire vis à vis des usagers
 Moins cher.
Ils présentent toutefois quelques inconvénients :
 Capacité d'évacuation limitée par rapport aux autres formes
 Infiltrations possibles à travers l'ouvrage
 Dans le cas ou h est petite il n'y aura pas possibilité de drainage des couches de
la chaussée.
 Attaqués par l'érosion si la pente est forte.

FOSSE TRAPEZOIDAL NON REVETU


SCHEMA REPRESENTATIF

24
DOMAINE D'APPLICATION
 Pied de talus de déblai
 Pied de talus de remblai
 lAu droit du terrain naturel.

DIMENSIONS

b(m) B(m) h(m) Q(l/s)

0.50 1.50 0.50 5100.p1/2

Remarque

Le fossé trapézoïdal a les avantages suivants :


 Peut drainer les couches de la chaussée s'il est proche de celle-ci
 Economique
 Une capacité relativement importante
 Facile à entretenir et élargir le cas échéant.

Parmi ses inconvénients on cite :


 Infiltrations possibles vers le corps de la chaussée
 Attaqué par l'érosion si la pente est forte.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
 Il faut procéder à l'entretien et le curage de tels fossés avant les saisons
pluviales.
 S'il y a risque d'érosion dû à une forte pente longitudinale (généralement à partir
de 3,5% ) on a intérêt à couper le fossé en petits barrages pour ralentir les
vitesses, ou à revêtir le fossé(voir partie généralités) :

Schéma représentatif

RECOMMANDATIONS
 Si l'emprise de la route est large, il y a intérêt à prévoir des fossés larges de
pente aussi faible que possible pour diminuer la vitesse de l'écoulement.
 Le fossé trapézoïdal présente un danger pour l'usager dans
 le cas d'un stationnement accidentel ou provisoire.

25
FOSSE TRIANGULAIRE REVETU
SCHEMA REPRESENTATIF

le revêtement est en :
 béton
 enduit asphaltique
 perré

DOMAINE D'APPLICATION
il est recommandé dans les zones érodables de :
 Pied de talus de déblai
 Pied de talus de remblai

DIMENSIONS

Remarque

Le fossé triangulaire revêtu a les avantages suivants :


 facilité d'exécution
 favorable à l'aspect sécurité
 limite les infiltrations
 entretien facile
 non érodable

Parmi ces inconvénients :


 coûteux
 ne peut pas intercepter les eaux internes de la chaussée.

26
FOSSE TRAPEZOIDAL REVETU

Revêtement en :
 perrés, pavés ou moellon
 maçonnerie
 béton préfabriqué ou coulé sur place
 en produit bitumineux

DOMAINE D'APPLICATION
Dans les zones érodables de :
 pied de talus de déblai
 pied de talus de remblai

DIMENSIONS

b(m) B(m) h(m) Q(l/s)

0.50 1.50 0.50 1220.p1/2

Remarque :

Le fossé trapézoïdal revêtu a les avantages suivants :


 forte capacité
 entretien usé
 évite l'érosion
 élimine les infiltrations vers la chaussée.

Parmi ses inconvénients :


 coûteux
 ne peut pas recueillir les eaux infiltrées dans la chaussée
 présente un danger pour les usagers lors d'un stationnement accidentel.

RECOMMANDATIONS :
L'instruction de la DRCR préconise :
l pour les fossés non revêtus une hauteur de 0.50 m au minimum.

l les fossés revêtus du bord de la chaussée doivent être exécutés sur une tranchée

drainante longitudinale.
La pente longitudinale doit être suffisante pour éviter la stagnation et le dépôt (minimum
1%).

27
FILETS D'EAU
DEFINITION
Ce sont des éléments de collecte des eaux de ruissellement placés le long du
revêtement. Ils doivent guider sur de courtes distances les eaux superficielles vers des
ouvrages de capacité supérieure.
Ils peuvent faire partie du revêtement ou constitués de matériaux différents,
préfabriqués en béton, coulés sur place ou en pavage.

ETABLISSEMENT DU PROJET

I) FILET D'EAU EN BETON

DIMENSIONS
Type Dimensions (en cm)
a c h
A 5 5 3.5
B 75 7.5 5
C 100 10 6
D 20 10 0
E 20 3 2

Remarque
Les trois premiers types sont coulés sur place et les autres préfabriqués.
La longueur nominale est :
 De 1.00 m pour les filets d'eau posés en alignement droit
 De 0.50 m pour les filets posés en courbe.

DOMAINE D'APPLICATIONS
Création d'un filet d'eau en bord de plate-forme, ou à l'intérieur d'un ouvrage plus
important revêtu.
Ils sont utilisés en général dans les zones urbaines ou pour des sections en déblai
étroites.

EXECUTION
 Pentes des filets d'eau d'au moins 0.8% (0.4% comme limite ) pour éviter la
stagnation.
 Lorsque la pente longitudinale de la chaussée est inférieure à cette valeur, on
doit essayer de donner au filet d'eau un profil en zigzag pour avoir une pente
suffisante.
 Dans tous les cas, le décrochement de 1 ou 2 cm par rapport à la chaussée nous
permet ceci.

28
Remarque
On note que ce type d'ouvrage présente l'avantage d'être favorable à l'aspect sécurité,
d'entretien facile et évite l'infiltration et l'érosion.
Cependant, sa capacité est faible et il nécessite un entretien fréquent (la moindre
obstruction peut dévier l'écoulement).

II) FILET D'EAU NON REVETU


Les filets d'eau en asphalte coulé ont 0.20 m de largeur et 3 à 5 cm d'épaisseur selon
ce que prescrivent les documents d'adjudication. La composition de l'asphalte coulé,
répond aux caractéristiques suivantes :
 Teneur en liant 8 à 12 %
 Pénétration du liant 50 au maximum
 Matériaux utilisés ( sable , pierrailles , filer )

III) FILET D'EAU EN BLOCS ASPHALTIQUES


Les dimensions des blocs pour filets d'eau sont les suivants :

Dimensions (cm)

Type Largeur longueur

A 12.5 à 12.7 30.4 à 30.6

B 14.8 à 15.2 29.8 à 30.2

épaisseur : 50 mm (± 2 mm)

IV) AUTRES TYPES DE FILETS D'EAU

29
EXECUTION
 Imperméabiliser l'accotement;
 Soigner le raccordement filet d'eau / terrain naturel en ménageant un léger
décrochement.
 S'assurer que l'accotement ne constitue pas un obstacle au cheminement de
l'eau vers l'ouvrage.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
Les filets d'eau sont des éléments dont l'entretien est facile, mais encore faut-il le faire
régulièrement. Il consiste à :
 Dégager les éléments pouvant faire obstacle à l'écoulement (manuel ou
mécanique):
 Traiter et entretenir les accotements au cas où ils empêchent l'eau decouler vers
le filet d'eau;
 Maintenir le filet d'eau (remplacer les parties défaillantes).

AVALOIR
DEFINITION
Un avaloir est un ouvrage qui permet à l'eau s'écoulant sur la chaussée (le plus souvent
le long d'un filet d'eau) de descendre dans un ouvrage situé à un niveau inférieur et
généralement enterré (collecteur, buse de traversée ...).

ROLE
Les fonctions principales d'un avaloir sont les suivantes :
 capter toute l'eau superficielle de l'écoulement
 descendre l'eau à un niveau inférieur
 faciliter l'engagement de l'eau dans l'ouvrage suivant
 arrêter les déchets importés par l'eau
 laisser les particules fines se déposer (décantation )
 éviter la remontée d'effluves d'un réseau d'assainissement unitaire grâce à la
mise en place d'un siphon

30
L'avaloir peut être au même niveau que la chaussée il est alors recouvert d'une grille
métallique destinée à permettre le passage des véhicules et d'arrêter les corps
étrangers.
Il peut être aussi encastré dans une file de bordures de trottoir, et de toute façon il doit
assurer sa fonction sans atteinte à la sécurité des usagers.

DIMENSIONS
Les avaloirs ont une ouverture minimale de 30 cm pour les route à faible pente, et 40
cm pour les autres cas.

Remarque
Il faut tendre à diminuer son agressivité tout en veillant :
 Au bon fonctionnement de l'ouvrage
 A ce qu'il soit visible
 On peut rendre l'avaloir favorable à l'aspect sécurité en :
 Diminuant la hauteur des murets de retenue des terres
 Evitant les parois verticales
 Soignant les orientations des grilles.

SURVEILLANCE ET ENTRETIEN
L'entretien courant visera à maintenir et à améliorer toutes les fonctions de l'avaloir. Il
consiste à :
 Dégager les grilles
 Veiller à l'orientation des grilles ( grilles plates et carrées avec fentes
orthogonales au sens de la circulation )
 Nettoyer le fond de l'avaloir (dépôts évacués )
 Surveiller le fonctionnement en période pluvieuse
 L’entretien peut avoir comme objectif, l'amélioration du fonctionnement de
l'avaloir par l'exécution de modifications limitées :
 Reprise du cheminement d'eau (fraisage d'excédent d'enrobé)
 Abaissement de la tête de l'avaloir
 Elargissement de l'entonnement
 Nettoyage de la grille en cas de dépôts importants
 Stabilisation des surfaces de l'écoulement.

BOURRELET ET DESCENTES D’EAU


Bourrelet :
Il a pour rôle d’éviter l’érosion du talus lorsque la chaussées est déversée vers
l’extérieur.
Le risque d’érosion augmente avec la hauteur et la pente du talus ; il dépend
également de la pluviosité locale, de la cohésion du sol et de la présence de la
végétation.
Le bourrelet est un élément de collecte des eaux de ruissellement placé le long du
revêtement. Il doivent guider sur de courtes distances (50 à 60m) les eaux superficielles
jusqu’à une descente d’eau ou un système d’engouffrement vers un ouvrage enterré.
Les bourrelets sont en enrobé ou en béton.
En principe, on prévoit les bourrelets en crête de talus dès que la hauteur de remblai
dépasse 4m.
On remarque que ce type d’ouvrage présente l’avantage d’être favorable à l’aspect
sécurité, d’entretien facile et évite l’infiltration et l’érosion. Cependant, sa capacité est
faible et il nécessite un entretien fréquent (la moindre obturation peut dévier
l’écoulement).
31
• Descentes d’eau :

POSITION DU PROBLEME
L'eau collectée en haut des talus et aux bords de la chaussée doit rejoindre le système
d'assainissement qui borde la route.

DEFINITION
Une descente d’eau de talus est un ouvrage préfabriqué mis en place à la surface du
talus ou enterré, qui permet l’acheminement des eaux pluviales vers le système
d’évacuation.
Il existe deux types :

Quant les eaux sont canalisée en remblais on doit prévoir l’aménagement d’une
descente d’eau tous les 40 m environ ; en courbe, cette distance doit être réduite à 30
m du coté intérieur de la courbe.
Les différents espacements entre les descentes d’eau qui figurent dans le tableau ci-
après sont données en fonction de la pente longitudinale :

PENTE (%) DISTANCE ENTRE DESCENTE D’EAU (m)


I < 0.3 30
0.3 < I < 0.5 40
0.5 < I < 0.7 50
I > 0.7 60

Il existe deux types de descentes :


32
 Descentes d’eau de surface (les plus utilisées) ;
 Descentes d’eau enterrées.
a). Descentes d’eau superficielles :
� Talus – tuiles en béton : « petit modèle » 30 à 50 l/s
« grand modèle » 200 à 250 l/s

DOMAINE D'APPLICATION
 A la sortie d'une buse au d'un dalot
 Aux points de raccordement du fossé de crête à l'exutoire

 Des demis – tuyaux en amiante – ciment, en béton, ou métallique peuvent


également être utilisés. Ils sont emboîtés les uns dans les autres et ancrés dans les
talus à l’aide de plaques ou de plots en béton ; leurs pose est plus rapide que celle des
talus – tuile ;
 Pour des débits plus importants, on peut réaliser des ouvrages coulé en place.

Il est également possible d’utiliser des tuyaux (PVC) noyés dans les talus de remblai.
Les quelques éléments suivants peuvent guider le choix entre ces deux types de
descentes indépendamment des problèmes de coût.

ENTRETIEN COURANT
 Nettoyage et maintenance
 Surveillance de l'entonnoir pour voir si toute l'eau s'y écoule au lieu de prendre
un autre chemin.

33
4ème PARTIE :
OUVRAGES DE FRANCHISSEMENT

POSITION DU PROBLEME
Naturellement, les routes coupent des cours d'eau permanents ou saisonniers (oueds,
thalwegs, ...). Ces points d'intersection constituent les points les plus dangereux, ils
conduisent souvent soit à la destruction de la voie, soit à sa submersion et dans des
cas à l'interruption de la circulation, ou la diminution de la vitesse.

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance du problème
Pendant la saison pluviale, des petits ruisseaux d'eau s'établissent au bord de la
chaussée ou traversent celle-ci.
Pendant les averses, un nombre important des routes nationales sont impraticables à
cause des crues qui conduisent à des coupures de circulation.

b) Collecte de données
 Hauteur d'eau à l'amont et à l'aval
 Type d'entrée
 La rugosité des parois
 Longueur de l'ouvrage
 Pente de l'ouvrage.

OBJECTIFS A ATTEINDRE
Le rétablissement des écoulements sans danger ni pour la route ni pour l'usager. Les
buses et dalots sont généralement les ouvrages les plus utilisés.

34
DEFINITION
Ce sont des petits ouvrages hydrauliques qui permettent à l'eau de franchir la route, en
passant au dessous de celle-ci. Les buses sont de forme circulaire, en béton armé ou
en métal, alors que les dalots sont de forme rectangulaire, cadres ou portiques,
également en béton armé.

ETABLISSEMENT DU PROJET
Le dimensionnement d'un ouvrage de franchissement dépend, comme il a été déjà
signalé du niveau de l’eau à l'amont et à l'aval de l'ouvrage.
La méthode de DELORME permet d'obtenir un prédimensionnement de l'ouvrage

a) Sortie noyée (écoulement en charge)


C'est le cas où le niveau à l'exutoire immédiat de l'ouvrage dépasse le bord supérieur
de l'ouvrage. L'écoulement se fait alors par surélévation du niveau amont.

b) Sortie dénoyée (écoulement en charge ) :


C'est le cas où la hauteur amont du plan d'eau dépasse 1,25 D, avec D hauteur du
dalot (resp diamètre de la buse ). La sortie est libre.

c) Sortie dénoyée et écoulement à surface libre


Dans ce cas la hauteur d'eau amont est entre D et 1,25D

d) Ecoulement à surface libre


C'est le cas où l'entrée et la sortie sont libres, il s'établit alors un écoulement à surface
libre.

35
DOMAINE D'APPLICATION
Les buses sont généralement utilisées dans les sections où l'on dispose d'une
épaisseur de remblai suffisante (0,80 m minimum). Ils doivent avoir un diamètre minimal
de 80 cm exigé pour l'entretien, et dépassent rarement 120 cm.
Les dalots sont utilisés là où l'on ne dispose pas de remblai suffisant pour l'utilisation
d'une buse, et lorsque les débits à évacuer sont élevés (> 10 m3 / s).

FACTEURS INFLUENCANT LE CHOIX DES OUVRAGES


HYDRAULIQUES
I- Ouvrages types de franchissement
Les ouvrages de franchissement routiers peuvent être groupés selon la classification
suivante :
 Buses : conduites de section en voûte , en général circulaire, entourées par le
remblai.
 Dalots : ouvrages de section rectangulaire entourés par le remblai.
 Radiers : structures avec la ligne rasante près du fond des cours d’eau et qui
permettent le passage des eaux au dessus de la route; ils sont employés dans les
cours d’eaux dont le lit se maintient sec pendant une longue période de l’année.
 Ponts : structures où le remblai est interrompu et où la route continue par un
tablier sur
des appuis (piles et/ou culées).
II- Facteurs influençant le choix des ouvrages hydrauliques
Les principaux facteurs influençant le choix des ouvrages hydrauliques sont :
 L’importance du débit à évacuer, qui fixe la section d’écoulement et le type de
l’ouvrage.
 Les caractéristiques hydrauliques de l’ouvrage : coefficient de rugosité K,
coefficient de perte de charge à l’entrée Ke, forme de la section d’écoulement
(une section d’écoulement rectangulaire permet, dans le cas de faible hauteur
d’eau, des débits plus importants qu’une section circulaire).
 La largeur du lit. Un ouvrage unique adapté au débit à évacuer et à la largeur du
lit de la rivière est généralement préférable à des ouvrages multiples qui
augmentent les pertes de charges et rendent plus difficiles le passage des corps
flottants.
 La hauteur disponible entre la cote du projet et le fond du Thalweg. Pour
déterminer la hauteur disponible pour l’écoulement des eaux, il faut tenir compte
de l’épaisseur minimale des remblais de protection des buses ou de l’épaisseur
des tabliers des ponts et ponceaux ainsi que de la revanche jugée nécessaire
pour le passage des corps flottants en période de crue.

Dans le cas de remblais importants, il faut tenir compte de l’incidence de la charge du


remblai sur le coût de certains ouvrages ; par exemple, la buse circulaire métallique
permet une hauteur de remblai plus importante que la buse-arche métallique.

36
 Les conditions de fondation des ouvrages. Les buses métalliques déformables
sont mieux adaptés aux sols susceptibles de tassements différentiels que les
ouvrages voûtés massifs.
 La rapidité et la facilité de mise en œuvre. Les buses métalliques
approvisionnées en éléments facilement transportables et montées sur place
peuvent constituer une solution intéressante pour réduire les déblais d’exécution
ainsi que dans le cas où l’accès au chantier est difficile.
 La résistance au choc. Les ouvrages massifs résistent mieux aux chocs
provoqués par le charriage de matériaux solides : cas de torrents de montagne
par exemple.
L’examen des différents critères peut conduire à établir des comparaisons économiques
de solutions différentes qui justifieront le choix retenu.

IMPLANTATION DES PETITS OUVRAGES HYDRAULIQUES


I. Implantation des POH
L’implantation des petits ouvrages hydrauliques est à examiner en plan et en profil en
long.

I.1-Trace en plan
En plan, l’implantation d’un ouvrage hydraulique se fait en principe dans le lit du cours
d’eau, en veillant à assurer un bon alignement entre l’OH et le lit naturel de l’oued
comme illustré dans la figure ci-après.

Quant l’écoulement arrive sur la route avec un angle d’incidence aiguë, le respect du
principe du maintien du lit naturel de l’écoulement décrit ci-haut induit des longueurs
importantes pour les OH à projeter. Il est donc utile d’implanter l’OH de façon droite
(biais = 90°) et de canaliser les eaux à l’amont et à l’aval de façon à garantire la
continuité de l’écoulement.

37
Par ailleurs, cette configuration, pour les biais inférieur à 70°, sort du domaine
d’application du logiciel CAD90 pour les dalots. Ce qui induit en plus du surcoût déjà
mentionné, une difficulté conceptuelle qui n’est pas à la porté de tout le monde.
On procède ainsi à une rectification du lit de l’écoulement en veillant à signaler les
protections du coude du nouveau lit et des zones remblayées de l’ancien lit de l’oued.

I.2- Profil en long


Le calage de l’ouvrage peut être plus délicat, il est lié à la pente du lit et aux contraintes
éventuelles sur profil en long de la route.
 si la pente du lit est normale (0.5 à 6%) et s’il n’y a pas de contraintes sur le profil
en long de la route, l’ouvrage sera calé suivant le profil en long du cours d’eau.
 si la pente est très élevée, deux types de solutions sont possibles.
⇒ Aménager des dispositifs de ralentissement de l’eau (dissipation de l’énergie) en
conservant le profil en long du lit.

Dispositifs dissipateurs d’énergie


Cette solution est valable seulement dans le cas des dalots cadres, qui nécessitent la
réalisation d’ancrage de l’ouvrage contre le glissement.

Ancrage de l’ouvrage

38
⇒ Caler l’ouvrage avec une pente plus faible que celle du cours d’eau en faisant
déboucher l’ouvrage :
 en flan de talus
 en creusant la tête amont par rapport au terrain naturel

Solutions pour diminuer la pente


 si la pente est faible ou nulle, l’ouvrage sera implanté avec la pente maximale
que permet l’approfondissement du lit par curage.
Pour avoir un écoulement libre en aval, il faut que la pente d’ouvrage soit moins égale à
la pente critique d’écoulement dans l’ouvrage.

ORGANIGRAMME GENERAL DE DIMENSIONNEMENT DES OUVRAGES


HYDRAULIQUES

39
METHODOLOGIE DE CALCUL

Report du tracé sur un fond topographique souvent 1/50.000 au


1/100.000

Repérage des cours d’eau sur le fond topographique

Délimitation des Bassins Versants correspondants aux cours d’eau et


planimétrie des surfaces

Délimitation des débits correspondants aux différents cours d’eau par


l’application des formules empiriques notamment de Mac-Math pour
les BV de superficie inférieure à 1 km² et Mallet-Gauthier pour les
surfaces supérieures à 10 km²

Dimensionnement des ouvrages hydrauliques correspondants aux


différents cours d’eau
On utilise le plus souvent la formule de Delorme

Définition du système global

Les écoulements des eaux par rapport à une route

1- INTENSITE i: Se définit par le volume d’eau précipité par unité de temps et par
unité de surface: mm3/mm2.s.
2- DUREE t : C’est la durée de l’événement pluvieux. Peut être lue sur les
enregistrements d’un pluviographe.
3- PERIODE DE RETOUR T: Caractéristique statistique qui renseigne sur la
probabilité pour qu’un type d’événement pluvieux se présente en un endroit
donné.

40
Relation Intensité Durée et Période de retour

Les caractéristiques d'un bassin versant influencent fortement sa réponse hydrologique,


et notamment le régime des écoulements en période de crue ou d'étiage.

Cette réaction, mesurée à l'exutoire du système par l'observation de la quantité d'eau


qui s'écoule, permet d'établir un hydrogramme (représentation du débit Q en fonction du
temps).

Type de bassins
Les bassins versants peuvent être distingués en deux types :

Les bassins versants « urbains » : ils présentent une imperméabilisation supérieure à


20 %, qui conditionne exclusivement le volume de la lame d'eau ruisselée.

41
Les bassins versants « ruraux » présentent une imperméabilisation inférieure à 20 %.
Le volume ruisselé dépend de nombreux facteurs variables dans le temps, tels que le
couvert végétal, l'antécédent pluviométrique, les pratiques culturales, etc…

Coefficient de ruissellement Cr
La capacité d'un bassin versant à ruisseler est caractérisée par le coefficient de
ruissellement qui est très souvent utilisé en hydrologie de surface. Son calcul et son
emploi sont simples, mais notons qu'il peut conduire à commettre de grossières erreurs.
Ce coefficient est défini comme étant le rapport du volume d'eau ruisselé sur le volume
d'eau total précipité sur le BV.

Coefficient d'imperméabilisation
En l'absence de mesure (cas le plus fréquent) sur les bassins de type Urbain, on utilise,
en assainissement urbain, le rapport des surfaces imperméables raccordées au réseau
à la surface totale du bassin versant.

Tableaux des coefficients de ruissellement


Coefficient
Coefficient de
Nature du sol de Type d’occupation
ruissellement
ruissellement

Toits 0.70 à 0.95 Commercial 0.70 à 0.95

Asphalte 0.85 à 0.90 Résidentiel :

Pavé 0.75 à 0.85 Lotissements 0.30 à 0.50

Dalle 0.40 à 0.50 Collectifs 0.50 à 0.75

Gravier 0.15 à 0.30 Habitat dispersé 0.25 à 0.40

Parc, Gazon 0.05 à 0.25 Industriel 0.50 à 0.80

Parcs et jardins publics 0.05 à 0.25

Terrains de sport 0.10 à 0.30

Terrains vagues 0.05 à 0.15

42
Terrain
Couverture Terrain avec Terrain argileux
Morphologie Pente (%) argileux ou
végétale sable grossier compact
limoneux

Presque plat 0-5 0.10 0.30 0.40

Bois Ondulé 5-10 0.25 0.35 0.50

Montagneux 10-30 0.30 0.50 0.60

Presque plat 0-5 0.10 0.30 0.40

Pâturage Ondulé 5-10 0.15 0.36 0.55

Montagneux 10-30 0.22 0.42 0.60

Presque plat 0-5 0.30 0.50 0.60

Culture Ondulé 5-10 0.40 0.60 0.70

Montagneux 10-30 0.52 0.72 0.82

5ème PARTIE
INSPECTION ET SURVEILLANCE

POSITION DU PROBLEME
L’inspection a pour objet de contrôler périodiquement les systèmes de drainage et ses
dépendances afin d’évaluer son efficacité et détecter toute détérioration susceptible de
porter atteinte au bon fonctionnement du drainage.

COLLECTE DE DONNEES

a) Reconnaissance de problème
Les inspections doivent être organisées de la manière suivante :
 Une première inspection avant les pluies pour assurer le bon fonctionnement du
système de drainage existant (curage, entretien ....).
 Une deuxième inspection pendant les pluies afin de déceler les anomalies et les
défaillances constatées (stagnation, débordement, mauvaise condition
d’écoulement....)
 Une troisième inspection après la saison des pluies pour localiser les
défaillances et anomalies en vue de programmer les interventions à
entreprendre.

b) Objectifs
 Assurer un drainage efficace;
 Créer un système d’inspection permanent et organisé ;
 Préconiser l’entretien adéquat pour chaque partie des ouvrages à drainer.

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PLAN D’ACTION POSSIBLE
La visite par temps des pluies est la méthode de reconnaissance la plus utile, car elle
permet de percevoir immédiatement les problèmes liés au cheminement de l’eau et les
conditions de fonctionnement des ouvrages.
A cette occasion on doit vérifier les défaillances suivantes :

INSPECTION ET SURVEILLANCE
 Pour la chaussée : stagnation d’eau, cheminements longitudinaux ;
 Pour les accotements : stagnation, érosions ;
 Pour les ouvrages longitudinaux : présence ou non d’ouvrages écoulement
assuré ou non, obstacles, sens d’écoulement points hauts, points bas.....
 Pour les ouvrages enterrés : différents raccordements, des buses (transversales
ou longitudinales), stagnation par manque d’ouvrage têtes de buses......
 Pour l’environnement immédiat de la chaussée : venues d’eau extérieurs
(talwegs, voies adjacentes, drainage agricole); présence d’eau aux abords de
l’emprise (sources...) Il est impératif de compléter cette reconnaissance par
d’autres éléments :
 Résurgences sur chaussées
 Accotements surélevés ou non
 Section en déblai ou en remblai
 Relevé des dégradations ponctuelles de la chaussée
 Analyse des accidents de la route
 Exploitation des mesures de déflexion pour apprécier la portance de la
chaussée.
Durant les dernières décennies, le projeteur accorde, au dimensionnement des couches
de chaussées plus d'importance au critère de portance qu'au système de drainage.
Cependant, diverses expériences ont montré que la pérennité et le niveau de service
d'une chaussée dépend globalement du fonctionnement de son système de drainage.
Toutefois il s'avère nécessaire qu'un projet de drainage soit basé sur des calculs et des
dimensionnements propres aux différents dispositifs, une bonne exécution et un
entretien courant, pour s'assurer de son fonctionnement.
Donc pour améliorer les pratiques en cours, on peut tirer un certain nombre
d'enseignements, à savoir :
1) En matière de drainage, l'économie n'est pas à rechercher dans la réduction du coût
des travaux. Il faut tenir compte des effets d'un mauvais drainage sur le comportement
des chaussées et sur le coût d'entretien nécessaire pour maintenir la qualité du service
attendue par l'usager.
2) Sur le réseau routier existant, il serait recommandé de définir des programmes
d'amélioration de l'assainissement préalables aux opérations d'entretien et de
renforcement.
3) Le principe du drainage interne consiste à évacuer les eaux infiltrées dans le corps
de la chaussée, or cette eau une fois éliminée, il faut l'empêcher de revenir. On peut
songer à favoriser les stratégies de reprofilage ou de traitement et imperméabilisation
des surfaces.
4) La lutte contre le colmatage peut-être faite par usage de géotextiles donnant de bons
résultats (exp. : drains en arrête de poisson..), ceci en tapissant la tranchée drainante
du géotextile. Il y a lieu de garder un équilibre entre la perméabilité et le risque de
contamination. En général, pour les sols fins on adopte de faible perméabilité pour le
géotextile, pour les sols granulaires uniformes et sans fines on adopte des
perméabilités très élevées.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
44
On note aussi les facilitées de mise en œuvre et de construction lors d'utilisation du
géotextile.
5) Pour tout système de drainage utilisé, il est toujours impératif de garder l'exutoire
bien dégagé, débouchant au dessous du niveau d'eau du fossé.
6) Les systèmes de drainage doivent être conçus de manière à simplifier au maximum
leur surveillance et leur entretien (chambres de visites, éléments d'évaluation....).
7) La technique des écrans drainants est à expérimenter au Maroc, pour évaluer ses
avantages et justifier économiquement son utilisation dans le contexte national en
s'inspirant des expériences Belges et Françaises.
8) Le choix d'un ouvrage de drainage devra tenir compte de :
o La sécurité de l'usager.
o L'entretien et exploitation
o Dimensionnement mécanique.
o Conditions économiques.
9) En ce qui concerne les matériaux drainants, les structures de chaussées avec GNA
ou GNB sur GNF ne sont pas autodrainables.
En effet, et malgré la perméabilité croissante du haut en bat, elles ne satisfont pas au
critère de TERZAGHI.
10) Une attention particulière sera portée sur les dispositifs de drainage en cas de
renforcement ou d'élargissement de chaussées existantes.

ANNEXES

ANNEXE I
Pour des chaussées en enrobé, l’épaisseur de la lame d’eau est calculée par la formule
suivante :

avec l = ß x [1 + (n2 / n1)2] = longueur d’écoulement


ß : largeur de la chaussée (en m)
n2 : pente transversale (en %)
n1 : pente longitudinale (en %)
i : intensité des pluies (en mm/s)
n : pente de l’écoulement
Cette formule nous permet de constater que l’épaisseur de la lame est directement
dépendante des profils adoptés.

ANNEXE II
La vitesse d’écoulement peut être calculée par la formule de Manning- Strickler :

V: vitesse de l’écoulement (en m / s)


45
K: rugosité de Manning
h: rayon hydraulique (en m)
dans le cas d’une lame d’eau h est l’épaisseur de la lame.
p: pente de l’écoulement (en %)
Cette vitesse ne doit pas dépasser la vitesse critique du matériau sur lequel s’effectue
l’écoulement.

ANNEXE III
Dans cet annexe, on présente quelques techniques de rabattement des nappes tirées
du “Guide de Confortement des Talus Naturels Instables”, Edition Mars 1996. Elles se
présentent comme suit :
 Tranchées drainantes
 Eperons drainants
 Drains sub-horizontaux

46
ANNEXE IV
Perméabilité des matériaux :

Matériaux K (en cm/s)


G.N.T 10-3 à 10-5
Sable fin < 10-4
Sable grossier 10-1 à 10-5
Gravillon 1
Gravier sans matière d’agrégation 25 à 40
40 à 70
Pierres cassées

Blocage 40 à 80

Sols limoneux 10-5 à 10-7


Sols argileux 10-7 à 10-9

ANNEXE V
Dans les climats tempérés, l’infiltration uniforme dans les revêtements peu perméables
(K < 10-6 cm/s) est pratiquement continue avec un taux de l’ordre de 10-7 cm/s au plus.
Par contre, dans des revêtements perméables (K > 10-3 cm/s) l’infiltration est
discontinue et son taux peut atteindre l’ordre de 10-4 cm/s.
Les infiltrations localisées dans des fissures et des joints ouverts ne peuvent
généralement pas être évaluées à défaut de données relatives à l’emplacement et à la
largeur des fentes.

ANNEXE VI
Le dimensionnement de la couche drainante, au critère d’évacuation, se fait par la
formule suivante :

H: épaisseur de la couche (en cm)


K: perméabilité du matériau (en cm/s) voir annexe IV
L: longueur de l’écoulement (annexe I)
q: taux d’alimentation en (cm/s)
avec Hmin = 20cm

ANNEXE VII
Evaluation de la capacité des collecteurs :
La formule la plus utilisée est celle de Manning-Stricker :

47
Q: débit (en l/s)
K: rugosité de Manning dans les exemples donnés pour les fossés on choisit
K = 67 pour les fossés revêtus
K = 25 pour les fossés non revêtus
Rh: rayon hydraulique (en m)
p: pente de l’ouvrage en %
calcul de RH : pour le fossé trapézoïdal:

S = (B+b).h/2 : section mouillée


RH = S / (b+2. [h2 + (B-b)2/ 4]1/2)
dans le cas d’un fossé rectangulaire B = b
dans le cas d’un fossé triangulaire b = 0

ANNEXE VIII
Prédimensionnement des ouvrages de franchissment
La formule de DELORME sous sa forme générale:

avec Yc = 2/3 . H: hauteur critique à l’intérieur de l’ouvrage


L : largeur de l’ouvrage
H : hauteur de l’eau à l’amont
Qc : débit critique
pour les buses et dalots :
s et B=L (ouverture)

0,8h < H < 1,2h où h est la hauteur du dalot (resp diamètre de la buse)

ANNEXE IX : CALCUL DES AFFOUILLEMENTS


Affouillement normal
La hauteur d’affouillement normal est déterminée par les formules empiriques
communément utilisées dans le domaine des ouvrages d’art.
Les formules à utiliser sont : Kellerhals, LPEE, Levi et condolios.
La formule E.D.F est à écarter vu qu’elle donne une profondeur totale tenant compte de
l’affouillement localisé autour des piles, alors que les ouvrages type cadre-fermé ne
comportent pas de piles.
Les expressions de ces formules sont :

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Do : profondeur d’affouillement à partir du niveau d’eau,
Q : débit de pointe en m3/s,
Ws : débouché linéaire en cas de crue,
d50, d90 : granulométrie de l’oued.
La hauteur d’affouillement normal est déduite à partir de Do par : hN = Do-He.

Affouillement dû au rétrécissement du lit de l’oued


La hauteur d’affouillement relatif au rétrécissement du lit de l’oued est déterminée par
les formules empiriques suivantes :

Do : profondeur d’affouillement normal,


Ws1 : largeur au miroir du lit non rétréci pendant la crue,
Ws2 : largeur au miroir du lit rétréci pendant la crue,
Vmoy : vitesse moyenne dans le lit non rétréci,
d50sur : dimensions moyenne du matériau dans la couche de surface,
d50dr : dimensions moyenne du matériau dans la couche en profondeur,

Affouillement total
La hauteur d’affouillement total est la somme de la hauteur d’affouillement normal et de
la hauteur d’affouillement dû au rétrécissement du lit de l’oued.

ANNEXE X : DIMENSIONNEMENT DES ENROCHEMENTS DE


PROTECTION
Pour éviter l'occurrence des érosions en aval mais aussi en amont des ouvrages
hydrauliques, il est prévu de placer un tapis d'enrochement. Les enrochements à placer
ont un diamètre moyen D50 qui est fonction de la vitesse à la sortie de l'ouvrage. En ce
qui concerne l'épaisseur du tapis d'enrochement, il est considéré 2,0 x D 50.
Sous le tapis d'enrochement, est placé un géotextile non-tissé aiguilleté qui fonctionne
comme un filtre.
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La largeur du tapis est égale à la largeur totale de la tête aval de l'ouvrage hydraulique.
L'extension du tapis d'enrochement est faite en fonction de la section hydraulique de
chaque ouvrage.
Le diamètre moyen des enrochements D50 est évalué par la formule de Isbash, soit :

g : accélération de la pesanteur (9.81 m/s2)


P : masse volumique de l’eau (1.00 t/m3)
Ps : masse spécifique des enrochements (2.60 t/m3)
v : vitesse moyenne admissible pour la stabilité des enrochements
m : coefficient empirique qui dépend du régime d’écoulement et du type d’ouvrage à
protéger (1.20).

ANNEXE XI : DOMAINE D’UTILISATION DES FORMULES DE CALCUL


DE DEBIT DE CRUE

Formules Surface<1 km² 1<Surface<10 km² Surface>10 km²

Mac-Math Oui

Burkli-Ziegler Oui Oui

Rationnelle Oui Oui

Mallet-Gauthier Oui

Fuller II Oui

Régionale Oui

50
Royaume du Maroc

Ecole Marocaine d’Ingénierie (EMG)

Casablanca

DRAINAGE ET ASSAINISSEMENT
ROUTIER

Elaboré par :Mr ALLA Ahmed

A Casablanca le 30-09-2013

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