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CAPTEURS

I. La mesure
Quoi de plus banal que la mesure ?
La mesure, qui n'existe jamais pour elle-même, fait partie de la démarche permanente qui permet de fonder toutes nos décisions.
Elle est intimement mêlée à tout « projet », qu'il s'agisse :

- d'analyser des paramètres,


- de contrôler, de réguler, de sécuriser,
- de commercer, d'argumenter.

Choix de la chaîne de mesure adaptée à ma réalisation?

Mesurande m ≡ Grandeur physique ou chimique à mesurer



Capteur

Alimentation/Conditionneur (capteur passif)

Transmetteur : Ligne de courant, télémétrie, bus de terrain
C.E.M.

Convertisseur Analogique Numérique
traitement et archivage des données

Vers des capteurs intelligents

Il faut penser « rentabilité globale » et qualité du plus faible de ses maillons.

Le choix de la chaîne de mesure (notamment du capteur) doit se faire par rapport à :


- une analyse, sur des bases physiques, du comportement du système avec et sans capteur, sous l'influence de l'environnement.
- des contraintes : fiabilité, rapidité, précision, sensibilité, encombrement, durée de vie, coût, normes du domaine applicatif.
Propriétés d'une chaîne de mesure
Etendue de mesure

- garantit les performances de la chaîne

- limitée par les grandeurs d'influence (environnement)

Linéarité df
Sensibilité S = dm m0
, m0 est le point de fonctionnement
m : mesurande, grandeur à mesurer
s : grandeur de sortie - Unité dépend du principe à la base de la mesure

s = f(m) = a.m + b a,b constantes - s = f(m) linéaire → S = a


s = f(m) non linéaire → S dépend de m0
- indépendante du temps si variations lentes
- souvent b = 0, par principe ou dispositif approprié
- En fonctionnement statique : S ≡ GAIN
- valable dans une plage d'amplitudes et de fréquences
En fonctionnement dynamique : réponse en fréquence
→ Ecart relatif de linéarité
Rapidité et temps de réponse

Facilité à suivre les variations de m dans le temps

Temps de réponse à l'échelon D près,


premier et deuxième ordre

Bruit et grandeurs d'influence


Signal parasite se superposant au signal issu de m, lié à la structure du courant électrique, aux alimentations électriques
et aux grandeurs d'influence (rayonnements, vibrations mécaniques, effets inductifs, températures, pressions, humidité)

Précision
Toute mesure doit être donnée avec une seconde valeur numérique, correspondant à la même unité, appelée incertitude.
Elle est due à des erreurs :
- aléatoires (résolution, hystérésis, parasites, montages)
- systématiques (calage du zéro, influence de la présence du capteur, compensation des grandeurs d'influence, …)

Pour réduire la dispersion des mesures, il faut « contrôler » les conditions expérimentales (conditions de répétabilité) :
- suivre le même mode opératoire,
- faire réaliser les mesurages par le même opérateur,
- répéter les mesures dans le même lieu,
- répéter les mesures durant une courte période de temps.

La mesure est un processus (règle des 5M : Matière, Main d’œuvre, Milieu, Moyen, Méthode).
La somme des erreurs liées à chaque M donne l'incertitude globale.
Etalonnage

Opération qui permet à l'aide du mesurande étalon (référence) d'établir, de contrôler ou de corriger la courbe de
réponse d'un capteur.

→ Normes : calibrage automatique et autodiagnostic, calibrateurs portables, sécurité

Capteurs passifs et capteurs actifs


Capteurs passifs :
le principe de fonctionnement est basé sur la variation de leur impédance (liée à R, L ou C) en fonction du mesurande m,
qui agit sur les paramètres dimension (élément mobile ou déformable) du capteur ou sur les propriétés électriques
(résistivité, permittivité, perméabilité) du matériau constitutif du capteur.
Il nécessitent donc une alimentation et un conditionneur (montage potentiométrique ou montage en ponts)
qui transfère l'information liée aux variations de l'impédance sur l'amplitude de tension du signal de mesure,
voire sur les fréquences du signal de mesure.

Capteurs actifs :
ils sont conçus à partir des effets physiques, ils convertissent l'énergie propre au mesurande m en énergie électrique.

- Effet piézoélectrique
- Effet d'induction électro-magnétique
- Effet Hall
- Effets photoélectriques
- Effets thermoélectriques
Capteurs de température
1) Thermomètre à variation de résistance métallique
L Longueur
* Relation de base R= ρ
S
(Résistance = Résistivité
Section
)

* Résistivité électrique r d'un métal en fonction de la température T ρ ≈ ρo [ 1 +α ( T− To ) ]


ro : résistivité à la température absolue To (.m)
 : coefficient de température de la résistivité d'un métal  ~ 10-3 K-1 (Cf. tableau, sensibiilité relative)

* Dilatation du métal (matériau isotrope) en fonction de la température T : négligeable

L ≈ L o [ 1+λ(T −To ) ] et S ≈ S o [ 1+λ (T −To )] 2


L0 : longueur à la température T0 (m)
 : coefficient de dilatation d'un métal :  ~ 10-5 K-1
Lo
d'où R= ρ ≈ R o [ 1+α (T − To ) ] linéaire Sensibilité = dR/dT = R0 en /°C
So
Métaux r  (°C-1) tfusion (°C) Domaine d'utilisation Avantages
(m.cm) 0-100°C Inconvénients
Cuivre 1,56 4,25.10-3 1083 -190°C/150°C - Linéarité
- Instabilités dues à des réactions chimiques
Nickel 6,38 6,6.10-3 1453 - 60°C/180°C - Sensibilité thermique
- Risques d'oxydation (>180°C)
Platine 9,81 3,92.10-3 1769 -250°C/1100°C - Domaine d'utilisation très large, pureté, ductile

Iridium 9 4,98.10-3 153 -269°C/27°C - Températures basses


modifié
Capteur passif Conditionneur (pont de Wheatstone par exemple)
2) Thermistances : semi-conducteurs
Thermistance à Coefficient de Température Négatif (CTN)
La variation de r, et donc de R, en fonction de T est plus importante que dans le cas des métaux, mais elle est non linéaire
1 1
B( − ) B
T T
0 T
R( T )= R o e =Ae

R0 : résistance à la température T0 ; 3000K < B(T) < 5000K, B étant souvent supposé constant.
1 d R B
Coefficient de Température Négatif : α= =− 2 (sensibilité relative)
R dT T

Sensibilité : détection de faibles DT = 10-4°C


Attention : le semi-conducteur ( ~ 10-3°C-1) est plus sensible à la dilatation qu'un métal
Linéarisation : résistance r, à choisir, en série ou en parallèle
I B
En série
B − 2 Tf T
f
r= Ae
B + 2 Tf

où Tf est la température de fonctionnement


T
Tf

Thermistance à Coefficient de Température positif (CTP)

Leur résistance varie de façon positive. L'ajustement par un polynôme de degré 3 n'a pas de sens physique
R(T) = AT3 + BT2 + CT + D
Détection de flux gazeux, de niveaux de liquides, d'incidents dus à une augmentation de température , ...

Capteur passif Conditionneur (pont de Wheatstone par exemple)


3) Thermocouple
Capteur de température formé de 2 conducteurs de nature différente, basé sur le l'effet Seebeck.
Dans un conducteur, si un gradient de température est maintenu, les porteurs libres diffusent vers la partie froide,
ce qui crée un champ électrique interne : E = θ⃗
⃗ grad T
T1 To
soudure froide

A C

jonction e
T2 (soudure chaude) mesurée
à mesurer

D
B
2 3 4 5 To
E =− gra ⃗
⃗ d V e = −∫ E D dl−∫ E B dl− ∫ E A dl− ∫ E C dl soudure froide
1 2 3 4
2 3 4 5
E = θ gra ⃗
⃗ d T e=−∫ θ D dT −∫ θ B dT − ∫ θ A dT −∫ θ C dT e=(θ C − θ D )( T 1− T O )+( θ A − θ B )(T 2− T 1 )
1 2 3 4

Mesure désirée : (θ A − θ B ) ( T 2− T O ) Erreur : ε = [( θC − θ D ) − ( θ A − θ B ) ] ( T 1− T O ) Câbles de compensation

Plage de Température Sensibilité


Métaux

Cuivre/Constantan (Cu/Ni)
-150°C à 400°C 50 mV/°C

Fer/Constantan -100°C à 900°C 56 mV/°C


Chromel/Alumel 0°C à 1100°C 41mV/°C
NiCr/ NiAlMnSi
Platine/Platine rhodié 600°C à 1500°C 10 mV/°C
4) Pyromètres de l'UV à l'IR (de -50°C à 600°C)

Mesure sans contact basée sur le rayonnement thermique : e(,T) – loi de Planck
Temps de réponse de quelques ms

Dans l'ultraviolet, l'erreur est minimisée


la sensibilité est accrue.
Mais les niveaux d'énergie sont faibles
nécessitant des détecteurs très sensibles
et des techniques de traitement de signal évoluées
4) Autres applications
a) Mesure de températures superficielles par capteurs luminescents
La luminescence, opposée à l'incandescence, fait référence à l'émission d'un rayonnement électromagnétique d'origine non
thermique. La lumière émise par luminescence résulte d'interactions entre particules électriquement chargées.

b) Capteur à fibres optiques, ponctuels ou délocalisés

c) Fluxmètres (mesure de flux)

- Isolation thermique des parois de bâtiments


- Contrôle d'isolation dans le domaine du textile
- Surveillance de cuisson en agro-alimentaire
- Régulation, interface liquide-vapeur
et échanges air-corps humain
- Contrôle thermique non destructif
- Calorimétrie industrielle lors de la prise de béton
sur de gros ouvrages (ponts, enceintes nucléaires, ...)
Capteurs de déplacement
* Les capteurs de déplacement constituent des capteurs auxiliaires pour d'autres capteurs (pression, force, accélération)

* Pour le repérage de positions et la mesure de déplacements :

- Le capteur fournit un signal, fonction de la position de l'une de ses parties solidaire de l'objet mobile
(capteurs électriques avec contact). Les variations de ce signal traduisent le déplacement.

- Le capteur délivre une impulsion à chaque déplacement élémentaire (règles magnétiques ou optiques).
La position ou les déplacements sont déterminés par comptage des impulsions émises.

- Le principe de fonctionnement des capteurs sans contact (capteurs optiques, à ultrasons, …) est basé sur
l’étude de l’onde réfléchie (comptage des franges d’interférences, mesure temps aller-retour).

1) Potentiomètres résistifs
Principe : le curseur (contact électrique) est solidaire mécaniquement de l'objet mobile,
qui se déplace sur une résistance fixe R.

L R l Potentiomètre de déplacement rectiligne


l R(l) = L
R

Bon contact curseur/résistance


Objet
en mouvement
2) Capteurs capacitifs de déplacement
- Capteurs de proximité, peu encombrants : condensateurs plans (rectiligne ou tournant) ou cylindriques

- Principe : l'objet est solidaire d'une armature


la cible mobile électriquement conductrice est une armature

- Effets de bord négligés : écartement << dimensions linéaires et anneau de garde

2-1) Condensateurs plans


er = permittivité relative du milieu placé entre les armatures
εε A
C= r o e0 = 8,85.10-12 F/m, permittivité du vide
Do
D0 = écartement et A = surface en regard

L’utilisation d'un second condensateur


en push-pull (montage différentiel)
permet la compensation
des effets non linéaires
de ces capteurs passifs
qui nécessitent un conditionneur.

Ecartement variable D(x) Surface variable A(x)


A constant D0 constant
Etendue de mesure faible (mm), Etendue de mesure élevée (cm),
sensibilité élevée sensibilité faible
2-2) Condensateurs cylindriques
2 πε o ε r
2 cylindres concentriques (rayons r1 et r2) C(x) = Kx = x x en mètre, déplacement longitudinal
Ln(r 2 /r 1 ) d'un cylindre par rapport à l'autre
3) Capteur inductif de déplacement : transformateur différentiel (LVDT)

Principe : 2 enroulements secondaires symétriques montés en opposition et un enroulement primaire.


L'objet est solidaire du noyau modifiant les coefficients d'induction mutuelle M'(x) et M''(x),
lors de son déplacement x.

j ω ( M ''( x ) − M ' ( x))


V2= R +jωL V
1
1 1

4) Capteur actif à effet Hall

Principe : Force de Laplace ⃗ v Λ⃗


Fm = q ⃗ B

1) Fm crée une déflection des charges mobiles

2) Il en résulte un champ électrique EH :

Fe = q EH opposée à Fm = q v Bz
VH = l EH = l v B = l m B V/L
Un conducteur de largeur l, de longueur L,
traversé par un courant I,
soumis à une induction uniforme Bz. m est la mobilité des porteurs (sensibilité du capteur)
Une tension V est appliquée aux bornes.
Jauge de contrainte

- Constituée par un fil résistant de faible diamètre (quelques mm)

collé en zig-zag (augmentation de la longueur) sur un support,

fixé sur la structure qui se déforme

- sensible aux contraintes transversales

L D R Dr D L D S
R=ρ   
S R r L S
* Supposons que la section du fil est circulaire de diamètre D :
ΔD ΔL
=− ν avec 0 < n < 0,5 coefficient de Poisson , « petites déformations »
D L
ΔS ΔL
S= π D ² ⇒ =− 2 ν
4 S L
* La variation de la résistivité Dr est due à celle du volume V du conducteur (effet piézorésistif)
Δρ ΔV avec C la constante de Bridgman
ρ =C
V

ΔR ΔL ΔL
D'où =[1+2 ν+C (1− 2 ν)] =K K : facteur de jauge ou sensibilité
R L L
Jauges métalliques : C ≈ 1 et K ≈ 2, grandes déformations et domaine étendu de températures

Jauges semi-conductrices : C > 100 et 100 < K < 200, mauvaise linéarité et grande sensibilité thermique

KT K
* Coefficient de sensibilité transversale KT : K total= K (1+ ν ) avec T =0,025
K K
ΔR
* Influence de la température : = A T Δ T avec A T =λ f (3 C− 1)+( K + K T )(λ s − λ f )
R
f coefficient de dilatation thermique du fil et s coefficient de dilatation thermique du support

* Importance du collage et du raccordement