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Opportunité d’isolement

sur le territoire de

Bruxelles pentagone

David Bayle
© START XXI 2010

STARTXXI
ARTEFACTUM FACTORY FOR THE XXI CENTURY

Allée Verte, 1 Place Flagey, 19


1000 Bruxelles 1050 Bruxelles
Royaume de Belgique Royaume de Belgique
www.startxxi.eu www.lacambre-archi.be
David Bayle

Opportunité
d’isolement
sur le territoire
de Bruxelles
pentagone
AVANT-PROPOS

Ce mémoire ne devra pas être considéré comme un


acte isolé. Il est le prolongement d’une étude plus vaste
que je mène sur l’isolement et la remise en question de
l’espace destiné à l’Homme. Pour beaucoup d’entre nous,
mener une réflexion sur son passé, sur son futur, sur sa vie
ou la vie en général demande un effort de concentration
souvent trop important1 et cette « introspection » intel-
lectuelle est souvent parasitée par des éléments perturba-
teurs intérieurs (angoisse, stress, fatigue...) ou extérieurs
(bruit, luminosité...)2.

C’est à partir du constat de cette difficulté à obtenir un


état propice au retour sur soi pour l’être humain que j’ai
décidé d’étudier les paramètres spatiaux qui en offriraient
la possibilité.

1. CLAVERIE Bernard, La ville n’est pas propice à la concentration, Articles, Idc Bordeaux, 2009.
2. ZARDINI Mirko, Sensations urbaines, Lars Muller, 2005.

7
Genèse

Cette étude a débuté, lors de ma troisième année


d’étude d’architecture, par une réflexion sur l’acquisition
de nos connaissances (fig. 1). Lors de notre apprentissage
au travers des données offertes par les supports multimé-
dias, nous subissons un important déficit sensoriel. Ces
données virtuelles concentrent beaucoup d’informations
sous forme visuelle et sonore, mais nos autres sens ol-
factifs, tactiles et gustatifs ne sont peu voire jamais mis
à profit.
Dans un premier temps, mon but était d’installer des
lieux d’apprentissage, connectés à un réseau, sous forme
de cellules individuelles. Ces espaces devaient offrir un
savoir « universel » sous la forme d’une expérience senso-
rielle reprenant aussi les informations tactiles, gustatives
et olfactives. Une fonction aléatoire s’intégrerait égale-
ment à l’expérience pour répondre au désir et au plaisir
de découverte ou à la curiosité naturelle de certains uti-
lisateurs3.

Néanmoins, cette réflexion sur la création d’un espace


dédié au savoir a dégagé une autre problématique : cet es-
pace d’apprentissage serait-il vraiment utile et bénéfique
si l’on n’offre pas à l’utilisateur la possibilité d’assimiler
tous ces nouveaux éléments afin qu’il puisse vraiment se
les approprier ?

Une autre forme d’espace de connaissance est donc


nécessaire. De fait, celui-ci se trouve en opposition avec

3. « Il m’arrive souvent de rentrer dans une bibliothèque et de prendre un livre au hasard ».
Propos retenu lors d’une discussion avec Anna Laura GOVONI, 2006.

8
fig. 1 : Concours d’idées «future library», Royal Kunstakademiets Arkitektskole, 2006.

9
l’espace d’apprentissage décrit ci-dessus. L’objectif était
d’offrir un lieu où aucune connaissance ne serait pro-
posée, les personnes devant réfléchir exclusivement sur
elles-mêmes à partir de leurs émotions, des connaissances
acquises et de leurs représentations.

Espace intime et infini

Au sein de cette même année, j’ai eu l’occasion de


poursuivre et d’approfondir cette problématique par le
biais du mémoire (fig. 2). J’ai réfléchi sur la définition des
conditions d’un retour sur soi lié à l’espace. Ceci m’a per-
mis de mettre en lien ce phénomène de retour sur soi avec
un état de solitude de la personne. Je me suis aussi rendu
compte que c’était un état souvent désiré par l’homme et
que l’histoire de la civilisation pouvait être observée sous
l’angle d’une solitude désirée4.
J’ai pu ensuite définir deux catégories distinctes d’es-
paces propices au retour sur soi:

- Les espaces intimes: Ils correspondent à l’univers


domestique que représente le ‘chez-soi’5. Je me suis alors
inspiré des travaux de Gaston Bachelard pour relier les
espaces de la maison à un ensemble d’espaces cosmo-poé-
tiques6: tiroirs, grenier, chambre...

4. HANNOUN Michel, Solitude et sociétés, Collection Que sais-je?, 1993.


5. SERFATY-GARZON Perla, Texte « Le chez-soi: habitat et intimité », Dictionnaire critique de
l’habitat et du logement, Armand Collins, 2003.
6. «  L’imagination a donc, outre son versant qui plonge dans l’inconscient, une dimension,
une valence cosmique, non parce qu’elle se greffe seulement sur des éléments ou des lieux de la
nature, mais parce qu’elle agit comme un médium, qu’elle fait vivre les images dans un espace ni
intérieur ni extérieur, où les figures du dehors et du dedans se mêlent, se nouent, s’emboîtent, se
retournent les unes dans les autres ».
Bachelard Gaston, La poétique de l’espace, Quadrige, 1989.

10
fig. 2 : Mémoire, «l’espace de vide psychologique», Royal Kunstakademiets Arkitektskole, 2006.

11
Georges Pérec, quant à lui, m’a permis de redécouvrir
le lit7 comme un lieu propice au retour sur soi par sa forte
valeur d’appropriation et l’état d’oisiveté qu’il procure.
Dans la notion d’espace intime peuvent être inclus les
espaces dits ‘anthropiques’ dont parle Michel De Cer-
teau8; Ils correspondent aux lieux inhérents à l’histoire
de chaque individu et permettent d’établir une corréla-
tion entre certains espaces et l’introspection particulière
de chaque individu.

- Les espaces infinis: Ce sont les espaces naturels en


tant que modèles d’immensité (fig. 3). Face à de larges
panoramas, le regard se perd dans l’immensité pour faire
place à une réflexion personnelle9.
En premier lieu, j’ai voulu associer ces formes d’espaces
à la recherche continuelle de certains artistes peintres
pour des espaces sauvages porteurs d’immensité. A titre
d’exemple, pendant la période romantique, des artistes se
sont réappropriés les environnements naturels assimilés
à des lieux sauvages10.
On peut également rattacher cette catégorie d’espaces
au phénomène de non-lieu appréhendé par l’anthropolo-
gue Marc Augé. Ce dernier les définit comme des espaces
qui « ne créent ni identité singulière, ni relation, mais so-
litude et similitude »11. Il souligne la pratique des lieux qui

7. PEREC Georges, Espèces d’espaces, Galilée, 2000.


8. « Les lieux sont des histoires fragmentaires et repliées, des passés volés à la lisibilité par
autrui, des temps empilés qui peuvent se déplier mais qui sont là plutôt comme des récits en
attente et restent à l’état de rébus, enfin des symbolisations enkystées dans la douleur ou le
plaisir du corps. »
DE CERTAU Michel, L’invention au quotidien I, p. 163, Gallimard, 1990.
9. BARTHES Roland, Le Neutre : Cours au collège de F rance (1977-1978), Seuil, 2002.
10. LE SCANFF Yvon, Le paysage romantique et l’expérience du sublime, Champ Vallon, 2007.
11. AUGE Marc, Non-lieux, p.130, Seuil, 1992.

12
fig. 3 : Mémoire, «l’espace de vide psychologique», Royal Kunstakademiets Arkitektskole, 2006.

13
se définissent spécifiquement par ‘le voyage’, et il ajoute
qu’il existe des espaces où « l’individu s’éprouve comme
spectateur sans que la nature du spectacle ne lui importe
vraiment »12. Ainsi j’ai pu comprendre que la mise à dis-
tance simultanée du spectateur et du spectacle exprimait
l’expérience du non-lieu comme le renvoi de ‘soi vers soi’.

Processus de détachement

A partir d’un travail réalisé dans le cadre de ma 4ème


année d’architecture, j’ai pu mettre en parallèle la méca-
nique des utopies (fig. 4) et du tourisme, dans leur vo-
lonté commune de créer une insularité. Ce besoin d’être
‘un insulaire’ et de se détacher du reste du monde s’ins-
crivait dans mon approche globale sur l’isolement. « Pour
les mondes utopiques et touristiques, un concept de rup-
ture est ainsi nécessaire pour permettre à l’utilisateur de
se sentir lui-même inclus dans ce nouvel univers, qui se
doit d’être différent de celui quitté. La logique d’insularité
se construit autour du thème de l’évasion-rupture avec le
quotidien et permet ainsi de se laisser aller au microcosme
désiré »13. La création d’une frontière spatio-temporelle et
d’un univers qui marque une différence avec le monde
extérieur m’ont conforté dans l’intérêt de créer un espace
voué à la solitude.

12. AUGE Marc, Non-lieux, p.110, Seuil, 1992.


13. Extrait du texte, Insularité: la fabrique d’un mythe, présenté à La Cambre Architecture, 2007.

14
fig. 4 : Ambrosius Holbein, gravure pour l’édition bâloise de l’Utopie, édition deJohannes Froben, 1518.

15
Première expérience de l’immobilité

Au cours de cette même année, mon travail a consisté à


proposer au visiteur une installation spatiale modifiant le
rapport habituel qu’il entretient avec la nature en utilisant
un processus d’empathie et d’abstraction dans la person-
nification de l’arbre. L’objectif formel était de mettre en
place un espace confrontant le visiteur à son rapport à la
nature de manière symbolique. En fait, il s’agissait d’in-
vestir la perception émotionnelle de la nature en créant
un univers spatial proposant des expériences sensorielles
au visiteur. À partir de cet objectif visant à réinvestir la
perception émotionnelle de la nature par l’empathie, les
expériences sensorielles avaient été organisées et classées
selon six facteurs cruciaux donnant lieu à six expériences
spatiales  : la circulation, la coexistence, l’équilibre, l’im-
mobilité, l’approche sensorielle globale, l’adaptation à un
rythme.

L’expérience de l’immobilité était représentée par un ob-


jet trapézoïdal contre et sur lequel le visiteur devait venir
se poser (fig. 5), l’obligeant à s’installer dans une position
d’immobilité similaire au statut végétal d’enracinement et
d’implantation durable à une même place. Une fois le vi-
siteur installé contre l’objet, les sensations de confort et de
bien-être étaient suscitées par une matière textile douce
et par une atmosphère visuelle de blancheur dans laquelle
était plongé le visiteur. Ces sensations étaient recherchées
afin de ‘postposer’ au maximum l’envie de s’extraire de la
position et de se remettre en mouvement. Cette expé-
rience m’a permis d’appréhender de manière tangible une
situation d’immobilité. Il s’agissait d’une façon de créer
l’isolement par la concentration du regard de la personne

16
fig. 5 : Installation «Être Arbre» 2008.

17
dans une situation précise, et par sa posture.

Distances liées à la pause

Durant la 5ème année, j’ai poursuivi ma réflexion sur


l’aménagement d’un espace amenant l’individu à faire une
pause dans l’espace public. Mon processus a été d’imagi-
ner la création d’un nouvel espace urbain dont la particu-
larité était de se situer en intérieur et d’être intégré dans
la gestion des espaces publics de la ville. La spécificité de
la création d’espaces intérieurs offrirait la possibilité de
réfléchir à un espace « total »14.

En effet, les espaces publics « sans activité » étant es-


sentiellement extérieurs, proposer l’aménagement d’une
ancienne galerie commerciale en un espace public était
l’occasion de réfléchir à un espace expérientiel « total »,
neutre d’activités, en opposition au passé commercial et
intense du lieu. A cette volonté d’aménager un espace
neutre, j’ai voulu y ajouter une notion phénoménolo-
gique. Je me suis donc appuyé sur les travaux et réflexions
d’Edward T. Hall15 et sur l’approche phénoménologique
d’Abraham Moles16 (fig. 6). Tous deux travaillaient sur la

14. Référence au concept esthétique issus du romantisme allemand du « Gesamt Kunstwerk »


(L’œuvre d’art totale) au 19ème siècle. « Le concept a été transposé dans un courant architectural
pour lequel l’intégration d’œuvres d’art, la décoration intérieure, le mobilier, la conception des
espaces ou des jardins revêtent autant d’importance que le bâtiment lui-même.  » Définition
extraite de Wikipédia.
15. HALL T. Edward, La Dimension cachée, Seuil, 1978.
16. MOLES Abraham, Psychologie de l’espace, en collaboration avec Élisabeth Rohmer, Cas-
terman, 1972.

18
fig. 6 : Extrait MOLES Abraham, Psychologie de l’espace, p. 41, Casterman, 1978.

19
catégorisation des distances entre les individus17.
J’ai donc créé, en rapport à cinq comportements, un
paysage intérieur (fig. 7) reproduisant des distances liées
à un temps de pause.

Le premier espace révélait une attitude liée aux es-


paces ouverts. Le champ visuel était dégagé. L’espace se
développait sur la longueur et pouvait accueillir de nom-
breuses personnes en mouvement.

Le second se déployait en périphérie du premier en le


délimitant. Il correspondait à une assise attenante à une
colonne. La personne avait la possibilité de s’adosser à
celle-ci et de contempler le premier espace.

Un troisième espace était conçu pour un comporte-


ment dynamique et instable. Des volumes émergeaient
du sol pour produire des assises basses. Des chemins se
voyaient ainsi dessinés au travers des saillies. Tout ceci
permettait une attitude de déambulation et de jeux, tout
en conservant un champ visuel encore très ouvert.

La quatrième forme spatiale permettait à un petit


groupe de se créer un espace plus personnel. Cette forme
spatiale était composée d’un regroupement de plusieurs
assises attenantes à des volumes de faible hauteur. Les
personnes ayant une position assise se soustrayaient aux
regards, mais restaient visibles lorsqu’elles se trouvaient
debout.

17. « Il était aussi destiné à évoquer le type d’activité et de rapports propres à chaque distance, et
par là même à les associer à des catégories spécifiques de relations et d’activités. »
HALL T. Edward, La Dimension cachée, p. 144, Seuil, 1978.

20
fig. 7 : Perspective du projet d’amménagement urbain, 2009.

21
La dernière forme spatiale était composée d’une
concentration de colonnes rapprochées afin de permettre
aux personnes de se dissimuler derrière celles-ci et d’ob-
tenir ainsi une déambulation très lente. À quelques en-
droits, les colonnes présentaient une hauteur d’assise et
offraient alors la possibilité au visiteur de s’asseoir.

Ces différentes formes spatiales tentaient de corres-


pondre à une pluralité d’attitudes au sein de l’espace pu-
blic, allant d’une position dynamique à une position sta-
tique avec une possibilité de déambulation. Ces espaces
répondaient aussi à différentes formes de groupes, du col-
lectif à l’individuel, en passant par la réunion de quelques
personnes.

Ce projet tentait de mettre en valeur différentes atti-


tudes liées aux espaces d’attentes : la personne qui sou-
haite un espace ouvert pour déambuler, celle qui a besoin
de s’asseoir en profitant d’une vue dégagée ou encore celle
qui a le désir d’arpenter des espaces plus exigus.

Expérience de prise de conscience de soi

Dans la suite de mon parcours, je me suis concentré


dans la réalisation d’un espace qui servirait à la prise de
conscience de soi. Mon ambition a été de produire une
cellule d’expérience acoustique. Je cherchais à réaliser un
espace qui permettrait d’amplifier le son produit par le
corps : la respiration, la voix... Je souhaitais occasionner
une prise de conscience de son propre corps à travers une
perception acoustique optimisée.

22
fig. 8 : Projet d’installation «s’écouter», 2010.

23
J’avais imaginé la construction d’un volume cubique
(fig.8) qui aurait été évidée d’une sphère dans sa partie
intérieure. L’expérience consistait à pénétrer dans ce vo-
lume vide et à se placer en son milieu. La hauteur du vi-
sage de la personne à l’intérieur correspondait au centre
de la sphère. Ainsi, la totalité des sons produits serait ré-
verbérée à la hauteur des oreilles. En effet, la particularité
acoustique d’une sphère est qu’elle présente un accrois-
sement du niveau sonore sur les fréquences de la voix, et
même le souffle pourrait donc être perçu.

Les contraintes techniques du projet demandaient un


financement trop important, la qualité de l’expérience ré-
sidant dans le choix des matériaux et dans la fabrication
de la sphère évidée. J’ai donc reporté la construction de
cette expérience spatiale après mon travail de fin d’études.
Ce travail m’a permis d’envisager la matérialisation d’un
modèle d’espace voué à l’isolement d’une personne dans
le but de favoriser la perception de son propre Corps.

Prémisses d’isolement

En voulant rompre avec mon travail sur un espace idéal,


je me suis servi de situations existantes afin de mettre en
place un modèle applicable.
Existe-t-il des espaces dédiés à l’isolement? Existe-t-il
des espaces isolés de fait? Quelles formes prennent-ils?

Je me suis tout d’abord intéressé à l’espace privé (fig. 9),


figure évidente de la nécessité d’un isolement de l’Homme
par rapport au monde. Ma recherche m’a permis d’appré-
hender la notion d’intimité, qui est sous-jacente à l’étude

24
fig. 9 : Extrait MOLES Abraham, Psychologie de l’espace, p.49, Casterman, 1978.

25
de l’habitation. Dans l’architecture, la création d’enve-
loppes, dont l’objectif de séparer ‘le chez-soi’ du reste du
monde18, mais aussi l’habitation19 elle-même en pièces,
préservant ainsi l’intimité. Cette séparation permet à
l’Homme de se cacher de l’autre, de conserver le secret et
d’assouvir ses propres jouissances. L’intimité est donc le
garant d’une liberté nécessaire à l’humanité20.

Toutefois, en conservant l’idée que l’isolement était né-


cessaire pour l’Homme, j’ai voulu orienter cette recherche
sur l’espace public, ouvert.
L’homme ayant besoin de s’isoler, peut-il également le
faire dans l’espace public, qui se veut destiné et ouvert à
l’ensemble des gens? A cet égard, l’étude des formes d’iso-
lement devient alors plus intéressante par son opposition
sémantique.
Existe-t-il des espaces d’isolement dans l’espace public?

18. SERFATY-GARZON Perla, texte « Habiter » , Dictionnaire critique de l’habitat et du loge-


ment, Armand Collins, 2003.
19. BOYER Charles-Arthur, texte «Architecture, intimité, promiscuité», issus du livre collectif
L’intime, ENBA, 2004.
20. WAJCMAN Gérard, texte « L’architecture, l’intime et le secret », http://www.lelaa.be, 2008.

26
INTRODUCTION

Démarche

Sans vouloir trop m’éloigner d’une recherche théorique,


j’ai voulu confronter mon travail à une réalité tangible,
à un espace délimité et connu, à la réalité du terrain et
du territoire. J’ai alors décidé de faire une exploration sur
le territoire du centre-ville Bruxellois pour me rendre
compte de la possibilité d’isolement dans cet espace pu-
blic. J’ai donc répertorié les espaces révélant un caractère
d’isolement et défini différents degrés d’isolement sur
l’ensemble du territoire étudié. Cette observation m’a per-
mis ensuite d’entreprendre une analyse à travers l’étude
du bâti, de l’accessibilité, de la spatialité ou des traces
relatives à chacun des espaces répertoriés.

29
Espace public

On considère communément l’espace public comme la


partie non bâtie d’un espace, affectée à des usages publics.
Celui-ci est moins défini comme « un territoire appar-
tenant à la collectivité que comme un lieu traversé par
des usages et marqué par des stratégies collectives et/ou
individuelles d’appropriation et de cohabitation »1.
L’espace public est marqué par l’état de droit qui « ga-
rantit droits et libertés des citoyens dans le domaine pu-
blic, dont la liberté de circulation »2.
Il est aussi la structure spatiale des voiries qui relie les
parcelles privées groupées en îlots.
Par essence, l’espace public est l’espace négatif de l’es-
pace privé. Néanmoins, la délimitation de l’espace privé
n’est pas toujours claire. L’espace privé comprend l’em-
prise des bâtiments, formant une limite visuelle facile à
saisir.
Toutefois, l’intérieur des îlots pourra être identifié
comme un espace privé, un espace public ou encore semi-
public. Cette notion sera très importante, car elle sous-
tendra la question de son ouverture au public.
Il est aussi très difficile de savoir si certaines parties
jouxtant les bâtiments peuvent être considéré comme
de l’espace privé ou de l’espace public, car elles sont très
souvent accessibles au public, mais leur sol est souvent
privatif.

Pour délimiter le territoire de cette recherche, j’utili-


serai plus simplement la définition de l’espace public

1. Définition Espace Public, Wikipedia.


2. Ibid.

30
comme « l’espace de vie collective de ses riverains qui pré-
servent le statut social et l’anonymat de chacun »3.

Isolement

S’isoler est l’antonyme du verbe se montrer. D’une ma-


nière simple, l’espace public implique une démarche de
mise à nu. Il se trouve donc dans une complète opposition
à l’idée même de s’isoler, pour se séparer des autres4.
L’isolement chez une personne correspond au détache-
ment de celle-ci à une source. J’oriente mon analyse dans
l’isolement d’une personne aux regards des autres. Ce dé-
tachement à l’autre permet à la personne isolée d’agir sans
devoir craindre un jugement extérieur et se rapprocher
d’un sentiment de liberté5.

Il est important de prendre en compte le fait que ce


travail porte sur l’étude des espaces qui génèrent, pour
l’individu, une qualité d’isolement.
La perception sensorielle est définie par l’ensemble des
stimuli que perçoit l’individu et qui définissent la spécifi-
cité de son environnement6. L’isolement correspond à un
degré de séparation que peut avoir une personne avec son
environnement.
Le degré de séparation est perçu par la distance au sti-

3. Définition Espace Public, Wikipedia.


4. Définition, Dictionnaire encyclopédie, Larousse
5. WAJCMAN Gérard, texte « L’architecture, l’intime et le secret », http://www.lelaa.be, 2008.
6. « La perception est une saisie de sens dans l’environnement, occasionnée par une stimulation
sensorielle actuelle. Elle nous permet de nous comporter dans l’environnement d’une façon qui
lui soit adaptée, comme en connaissance de cause. »
DECLEVE Geneviève, Psychologie de l’espace, p. 3, Compendium école d’architecture de La
Cambre, 1986.

31
mulus émetteur.
Cette distance est modifiée cependant par le caractère
perceptif de l’individu.
Il peut exister une pluralité de formes d’isolement pour
l’individu dans l’espace public. On doit donc envisager
une multiplicité d’attitudes qui permettent de qualifier
un état d’isolement chez l’individu. Chaque individu aura
une perception singulière de l’espace où il évolue et donc
de son désir d’isolement.
Sans développer le principe d’isolement qui aurai pu
être subi, je tâcherai de limiter mon travail dans l’analyse
d’individus qui auront fait le choix de s’isoler.

Temporalité

Lors de mon parcours, je me suis attaché à définir pour


chacune des rues empruntées, un certain degré d’isole-
ment relatif à une donnée temporelle de l’isolement.
J’ai pu les regrouper en six grandes parties: une infinité
de temps, quelques heures, quelques minutes, quelques
secondes, quelques millisecondes ou l’impossibilité d’iso-
lement.

Une « infinité de temps » correspond à une temporalité


d’isolement potentiel jusqu’à une personne viennent elle-
aussi s’isoler à cette endroit.

En opposition, «  l’impossibilité d’isolement  » corres-


pond aux lieux, où l’activité urbaine est sans interruption.

32
Méthodologie

Lors de mes parcours journaliers, je décrivais de ma-


nière spontanée et sensible les milieux que je traversais
à l’aide d’un microphone afin de rapporter mes percep-
tions de l’environnement et l’opportunité qu’il offrait pour
s’isoler.
Cela m’a permis de les réécouter par la suite. Muni éga-
lement d’un appareil photo, j’ai pu conserver la trace de
chacun des espaces sélectionnés initialement.
Ces parcours étaient décidés le jour même de l’inter-
vention et j’ai tenté d’explorer rigoureusement chaque
espace accessible du territoire étudié. Ma classification
comprenait l’étude des différentes typologies que consti-
tue l’espace public : la rue, le boulevard, la place, le parc,
la ruelle, l’impasse... avec un critère relatif à son degré
d’isolement.

Ces trajets ont été réalisés entre 10 h et 18 h. Cette


tranche horaire correspond à un moment particulier où
la ville est active et les personnes qui la pratique peuvent
éprouver le besoin de s’isoler. J’ai décidé de ne pas parcou-
rir la ville pendant la nuit, car il est plus facile de s’isoler
que durant la journée.

J’ai agi de façon discrète afin de ne pas attirer l’atten-


tion des usagers. Ce comportement permettait de réagir
de manière sensible dans la découverte du territoire.

Pour la recherche de ces espaces, je n’ai parcouru la ville


dans son ensemble qu’une seule fois, en plusieurs jours.
Chaque place, rue, ruelle, recoin a été sujet à une analyse
qui m’a permit de déterminer et de sélectionner un cer-

33
tain nombre de lieux. J’ai pu ensuite revenir sur chacun
de ces espaces pour détailler chaque analyse et affiner la
sélection.

Territoire d’intervention

Mon territoire d’intervention s’est porté sur la zone


de Bruxelles pentagone. L’intérieur du pentagone repré-
sente le centre-ville de Bruxelles et accueille un très grand
nombre d’usagers. Ce centre est extrêmement mixte, tra-
versé par un large panel de population issu de tous mi-
lieux sociaux et culturels, il est pour moi représentatif
d’une certaine image mentale, d’une expérience partagée
de « Bruxelles » .
Le centre-ville concentre une grande quantité d’activi-
tés commerciales, administratives et culturelles à la hau-
teur de son statut de capitale, de région, d’état, de capitale
de l’Europe. Je souhaitais explorer un terrain qui regor-
geait d’une riche en activités. Ce territoire reste abordable
à l’échelle du piéton, je pouvais ainsi le parcourir à pied, à
faible vitesse donc, et observer un maximum de lieux pour
tenter de déceler ses lieux isolés.
Le territoire de recherche sera alors délimité par front
bâti à l’intérieur de la petite ceinture de Bruxelles.

34
OBSERVATION

Sélection d’espaces

Lors de mon cheminement, j’ai procédé à une sélection


intuitive d’espaces qui présentait des qualités propre à un
important degré d’isolement. Au sein de cette première
sélection, j’ai pu répertorier 32 espaces à l’aide de photos
et de notes.

Mes critères lors de ma déambulation était les suivants:

- la temporalité: un minimum de quelques minutes

- un détachement avec l’espace public: vis à vis des ha-


bitations, des passants et des automobilistes

- sa facilité d’accès

37
#01 #02

#05 #06

#09 #10

#13 #14
#03 #04

#07 #08

#11 #12

#15 #16
#17 #18

#21 #22

#25 #26

#29 #30
#19 #20

#23 #24

#27 #28

#31 #32
Limites de l’inventaire

Mon parcours m’a permis de répertorier 32 espaces po-


tentiels.
J’ai ensuite décidé de refaire une sélection plus rigou-
reuse. J’ai pu conserver 16 espaces qui avaient pour moi
les caractéristiques assez convaincantes d’espace d’isole-
ment dans l’espace public.
J’ai dû donc extraire 16 espaces de ma première sélec-
tion.
Angle de façade trop proche du flux piéton : #1, #2, #4,
#5, #8, #10, #12 = 7
Espace clairement distingué comme espace privé ac-
cessible depuis l’espace public  : #3, #11, #13, #16, #18,
#24, #25, #30, #31 = 9

Sept de ces espaces sont définis à l’aide d’un angle


constitué par seulement deux murs. J’ai décidé de les re-
tirer, car ils étaient encore trop ouvert sur le flux urbain.
Ceux-ci avaient été sélectionnés au début de mon par-
cours alors que je n’avais pas encore définit l’échelle de
ma recherche.

Neuf de ces espaces étaient localisés dans l’espace privé


accessible par tous. Tout au long de ma promenade, je me
suis autorisé à m’insérer dans des lieux qui relevaient de
l’espace privé, comme des cours intérieures, des zones de
stationnement, des dents creuses, des locales poubelles...
J’ai eu le réflexe de considérer ces espaces comme des lieux
relevants de l’espace public du fait de leur facilité d’accès,
et de leur contiguïté avec l’espace public. Par la suite, j’ai
fait le choix de retirer cette catégorie d’espace. Même si
l’on peut encore s’infiltrer dans quelques parcelles, celles-

42
ci ont la possibilité de se fermer complètement à l’espace
public. Ces espaces ont ainsi été retirer de la sélection ne
répondant pas à sa facilité d’accessibilité comme l’espace
public.

Fiches

Ce travail a soulevé un problème sous-jacent à la car-


tographie. La cartographie est un merveilleux outil. Elle
permet d’énoncer, de clarifier, d’expliquer... Elle est ainsi
utilisée de manière usuelle dans des buts stratégiques.
Ainsi, la question de la forme de diffusion de mon travail
a été très importante dans le travail de relevé et d’analyse.

J’ai avant tout souhaité présenter un travail d’indexa-


tion qui transposerait une perception sensible par une in-
dexation d’ordre cartésien, pragmatique. Le domaine de
la psychologie de l’espace, engagé par Abraham Moles,
accueille des approches similaires entre un travail sensible
et une transmission scientifique, interrogeant « une évi-
dence sensible, de la perception immédiate (...), et une
appréhension cartésienne, créatrice des axes de coordon-
nées pour mesurer l’espace »1.

Il s’agit ici de reproduire deux formes de représentation


pour chacun des espaces considérés.

La première tentera de dégager une vision intime, per-


sonnelle, narrative et autocentrée de l’utilisateur qui sera
composé d’un texte et d’un panoramique. Le texte de

1. MOLES Abraham, Psychologie de l’espace, p. 10 - 11, Casterman, 1972.

43
chaque espace sélectionné s’articulera autour de 4 thé-
matiques  : la situation, le bâti, la spatialité et les traces.
Le panoramique transcrit la vision de la personne isolée
dans cet espace.
Alors que la deuxième prendra un caractère plus om-
niscient, plus abstrait et permettra de désigner un point
de vue extérieur par une perspective axonométrique et un
fragment de plan. La perspective permettra de saisir la
tension entre l’espace d’isolement et son environnement
proche. Le plan permettra de positionner le lieu dans le
territoire analysé et de définir et de préciser les rapports
plein / vide, l’orientation et les proportions de chaque es-
pace. Cela permettra aussi aux connaisseurs de saisir le
contexte dans lequel ces espaces sont inscrits.

44
L' Espace # 6
vendredi 26 mars 2010
aux alentours de 14h30
temps ensoleillé, avec quelques nuages, environ 10 – 12°c

L'espace # 6 se situe au nord de la se tenir dans une position debout.


place De Broukère. Le corps est masqué par les pans
Il s'inscrit dans l'aménagement issus de la jonction des façades.
du bas d'un immeuble qui donne En s'adossant au recoin, la dis-
sur le boulevard Adolphe Max. tance visuelle se profile sur toute la
Il se présente dans le coin sud- longueur du passage.
ouest de l'îlot qui siège entre la rue
du Finistère et la rue de la Fiancée. L'espace # 6 permet d'observer
des traînées d'urine.
L'espace # 6 se situe dans l'abou-
tissement d'un passage créé par une
colonnade au bas de l'immeuble.
Cette rangée de colonnes ferme la
façade le long de la rue du Finistère.

L'espace # 6 est créé par la forme


du bâti. La dernière colonne de la
façade sud joint la façade ouest en
formant un angle aigu dans l'inté-
rieur du passage. Une personne peut

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

06 LAT :
LON :
50°51'10.14"N
4°21'15.51"E
QQM 2 x 1.5 x 2.6 1
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06

Espaces
L' Espace # 7
vendredi 26 mars 2010
aux alentours de 14h30
Temps ensoleillé, avec quelques nuages, environ 10 – 12°c

L'espace # 7 se situe au nord de la pour laisser apparaître un espace


place De Broukère. libre. Une personne peut se glisser
Il s'inscrit dans l'aménagement à l'intérieur tout en restant dans
du bas d'un immeuble. une position debout. Le corps est
Il se présente dans le coin sud-est masqué par la colonnade dans son
d'un l'îlot qui siège entre le boule- rapport à la rue.
vard Émile Jacqmain, la rue St Mi- En s'adossant au recoin, la dis-
chel et la rue de la Fiancée. tance visuelle se voit limitée par
l'exiguïté du lieu.
L'espace # 7 se situe à l'extrémité
d'une colonnade. Cette rangée de L'espace # 7 ne laisse transpa-
colonnes ferme la façade au croise- raître aucun signe d'une quelconque
ment de la rue St Michel et de la appropriation.
rue de la Fiancée.

L'espace # 7 découle de la com-


position du bâti. La façade du bâti-
ment exécute un retrait d'un mètre
vers l'intérieur de l'îlot pour laisser
place à une colonnade. La dernière
colonne de la rue de la Fiancée clô-
ture le renfoncement de la façade

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

07 LAT :
LON :
50°51'9.58"N
4°21'14.59"E
∞ 1.2 x 1 x 7 1
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07

Espaces
L' Espace # 9
vendredi 26 mars 2010
aux alentours de 15h10
temps ensoleillé, avec quelques nuages, environ 10 – 12°c

L'espace # 9 se situe dans la gale- Debout, assis, accroupi; le corps


rie du commerce. est masqué par le renfoncement par
La galerie n'est plus active et le rapport au couloir.
passage de la rue neuve est fermé. En s'adossant à la porte, la dis-
Elle prend la forme d'un « L » in- tance de vision représente quelques
duit par les deux passages qui amè- pas, équivalant à la largeur de la ga-
nent sur la rue d'Argent et de la lerie.
place des Martyrs.
L'espace # 9 dévoile des traces sur
L'espace # 9 est suscité par la pré- les surfaces qui le constituent.
sence d'un chambranle de porte de Le sol révèle des mégots de ciga-
la sortie de secours d'un commerce. rettes et des résidus de crêpes, tandis
La boutique présente une vitrine qu'il y a des marques d'urine sur les
sur la rue neuve et s'étire jusqu'à murs et des lettrages inscrits par des
la galerie. La porte de sortie donne personnes venues marquer leur pas-
dans l'allée qui mène à la place des sage. On peut lire: némo, snao, obx,
Martyrs. ubalo, kone, pozr.

L'espace # 9 provient du recul


de la double porte. La profondeur
de celui-ci correspond à la giration
d'une simple porte.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

09 LAT :
LON :
50°51'4.31"N
4°21'19.98"E
QQM 2.2 x 0.8 x 3 30
Espaces
09

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L' Espace # 14
vendredi 30 mars 2010
aux alentours de 15h30
Temps nuageux, avec une pluie fine, environ 9 – 11°c

L'espace # 14 se trouve dans le Debout, assis, accroupi, couché


quartier de la Gare du Congrès. dans cette trouée ; le corps est mas-
Il se situe à l'arrière du bâtiment qué par ce bouclier de feuilles.
de la Monnaie royale de Belgique En s'adossant au feuillage, le
qui siège entre le boulevard Pachéco champ visuel cadre le bas de la fa-
et la rue du Meiboom. çade qui est à quelques centimètres.

L'espace # 14 est au croisement L'espace # 14 laisse apparaître


de la rue du Meiboom, avec le haut une diversité de vestiges.
de la rue des Sables, le début de la Le sol est recouvert d'embal-
rue St Laurent et le bas de l'escalier lages plastiques, d’un pull de grande
qui mène au boulevard Pachéco. taille, de deux tee-shirts d'homme,
Il apparaît derrière un bosquet d'un sac de couchage éventré, de
juxtaposé au bâtiment. Le bac mégots de cigarettes et de trois can-
contenant les arbres est issu de nettes de bière.
l'aménagement de l'espace public Quelques branches sous les
de la rue du Meiboom. arbres ont été sectionnées.

L'espace # 14 se fond dans la vé-


gétation. La couverture végétale, qui
subsiste toute l'année, permet à un
homme de s'allonger sans visibilité.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

14 LAT :
LON :
50°51'2.95"N
4°21'38.17"E
QQH 2x1x2 2.5
Espaces
14

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De nombreuses entrées de parkings souterrains compor-
tent un espace plus en retrait.

Chaque porte de la
L'impasse St Jacques a été pour moi une ville génère une
découverte du quartier des Sablons. Un grande intensité.
encadrement en pierre taillée fait office
d'entrée. L'impasse étroite conduit vers une
petite place détachée de la forte activité de
la place du Sablon. La place accueille une
terrasse de café et s'ouvre sur un hall d’hôtel,
ce qui exclut la possibilité de répertorier cet
endroit comme un lieu d'isolement.

L'impasse de la cité du
Sureau, malgré sa dénomi-
nation, permet peu de La majorité des églises du centre-ville sont
s'isoler par le fait d'un trop ouvertes et représentent un espace calme.
important vis-à-vis avec les De plus, la plupart regorgent de recoins qui
habitations de la rue. permettent d'être à l'abri des regards.
Le quartier entre la rue neuve et la cité administrative comporte essentiellement des immeu-
bles de bureaux et des habitations, mais contient très peu de commerces. Ceci engendre peu
d'activité au sein de l'espace public.

Le quartier, à l'Est de la cité adminis-


trative, renferme principalement des
habitations et ne comporte pas
beaucoup de commerces; donc est très
calme.

Dans la rue de Villers, se situe une placette qui offre


quelques bancs. Cette place a pour particularité, en plus du
fait qu'elle soit de petite taille, d'être desservie par une seule
rue qui est peu fréquentée. Ainsi, elle prend un statut plus
isolé au sein de sa typologie pour accueillir des usagers.

La rue de la Chaufferette est un lieu qui m'a


particulièrement intéressé. Celle-ci est
marquante par sa forme courbe et par sa
condition. Elle traverse un ancien coeur
d'îlot où se situent dorénavant des places de
stationnement. Le début des rues courbes
génère un détachement aux rues avoisinan-
tes et le contexte d'arrière des bâtiments
renforce une impression de retrait. Néan-
moins, le nombre important de vis-à-vis et
l'ouverture de cet espace ne permettent pas
de créer un réel lieu d'isolement.
L' Espace # 15
vendredi 30 mars 2010
aux alentours de 16h00
Temps nuageux, avec une pluie fine, environ 9 – 11°c

L'espace # 15 se trouve au sein de En s'adossant au mur, le champ


l'ancienne cité administrative. visuel cadre le bas de la façade qui
Il se situe sur une terrasse ac- est à quelques centimètres.
cessible par le boulevard Pachéco
et l'esplanade contigu à la place du L'espace # 15 laisse apparaître
congrès. une très importante quantité de
vestiges.
L'espace # 15 apparaît derrière Le sol est jonché d'emballages
un bosquet au bas du mur de sou- plastiques, de trois paquets de ci-
tènement de l'esplanade. La terrasse garettes, d'un sac de sport, de trois
est restreinte par l'ajout de deux clô- t-shirt, de deux polos hommes, d'un
tures de chantier qui obturent l'ac- pull d'homme, d'une trousse conte-
cès à l'ensemble de l'ancien aména- nant de la papeterie, de trois bou-
gement végétal. teilles d'eau, de trois cannettes de
bière, de deux excréments, d'un sac
L'espace # 15 se fond dans la vé- plastique de grandes tailles et d'une
gétation. La couverture végétale, qui multitude de papiers d'emballages
subsiste toute l'année, permet à un de sucreries.
homme de s'allonger sans visibilité.
Debout, assis, accroupi, couché
dans cette trouée ; le corps est mas-
qué par ce bouclier de feuilles.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

15 LAT :
LON :
50°51'2.51"N
4°21'43.24"E
∞ 2 x 1.5 x 2.5 40
Espaces
15

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L' Espace # 17
vendredi 30 mars 2010
aux alentours de 17h30
Temps nuageux, avec une pluie fine, environ 9 – 11°

L'espace # 17 se trouve dans un impasse qui comporte une déclivité


quartier entre la Tour Administra- particulière et d'une faible probabi-
tive et la place Madou. lité de vis-à-vis venant des habita-
Il se situe dans une impasse à tions. L'espace prend la forme d'un
deux pas de la place des Barricades. chemin entre des murs de clôture.
L'impasse pénètre dans le coeur Il correspond à la largeur d'une per-
d'un îlot, circonscrit par la rue de sonne allongée. L'espace considéré
l'Association, la rue de la Sablon- s'étend sur une vingtaine de pas.
nier, la place des Barricades et la rue Debout, assis, accroupi, couché ;
de la Révolution. le corps est masqué par les parois
qui délimitent les jardins autour et
L'espace # 17 se découvre en la distance à la rue passante.
parcourant l'impasse qui débute de En s'adossant au mur de son ex-
la rue de la Révolution. L'impasse trémité, le champ visuel est restreint
comporte deux pentes formant un par les parois connexes, mais la vue
sommet au milieu de sa longueur. se dégage sur toute la profondeur de
L'espace considéré correspond à la l'impasse.
deuxième partie de l'impasse, qui
dessert quelques portes de jardins et L'espace # 17 est recouvert de
les portes d'entrée de deux maison- feuilles mortes et laisse juste ap-
nettes en bout d'allée. paraître un mouchoir usagé et un
sachet plastique contenant quelques
L'espace # 17 provient de cette mouchoirs.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

17 LAT : 50°51'4.97"N
LON : 4°21'59.63"E
QQH 7x2x3 90
Espaces
17

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L' Espace # 19
vendredi 30 mars 2010
un peu avant 18h00
Temps nuageux, avec une pluie fine, environ 9 – 11°c

L’espace # 19 se trouve dans la Le couloir s’étend sur une ving-


zone dépendante de la Tour Admi- taine de pas. À son extrémité, on se
nistrative. retrouve à trois hauteurs d’hommes
Il se place au coeur du nouvel de la rue Royale.
aménagement au bas de la tour qui Debout, assis, accroupi, couché
donne un accès de la rue Royale. dans cette trouée, le corps est mas-
qué grâce à la profondeur de l’in-
L’espace # 19 se découvre en terstice.
contrebas d’un escalier qui débute En s’adossant au mur de soutè-
de la rue Royale et qui amène sur nement de la rue Royale, le champ
l’esplanade située à l’arrière de la visuel est restreint par les parois
Tour Administrative. connexes, mais la vue se dégage sur
L’espace est accessible par le bas toute la largeur du bâtiment atte-
de l’escalier, et se prolonge entre ce- nant.
lui-ci et la façade annexe.
L’espace # 19 laisse apparaître un
L’espace # 19 est issu de la néces- sol qui contient un briquet usagé,
sité d’un recul de l’escalier par rap- une canette de bière, deux bouteilles
port à la façade. de bière en verre, une douzaine de
L’espace prend la forme d’un cou- mégots de cigarettes et une page
loir de la largeur de deux personnes arrachée du format d’un livre de
qui l’emprunteraient côte à côte. poche.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

19 LAT : 50°51'8.20"N
LON : 4°21'54.18"E
QQH 17 x 2 x 5 24
Espaces
19

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L' Espace # 20
jeudi 01 avril 2010
aux alentours de 16h00
temps ensoleillé, environ 12 – 14°c

L'espace # 20 se situe dans la partie sud de L'espace # 20 reprend une montée d'es-
la cité administrative. Il est circonscrit par la calier de vingt-six marches et un petit cou-
rue de la banque à l'Ouest, la rue de la Mon- loir qui mène à la porte d'entrée de la tour.
tagne de l'Oratoire au Sud et la rue de Ligne La largeur de l'escalier peut accueillir deux
à l'Est. Il est attenant à la tour de la rue de personnes qui se déplacent côte à côte.De-
la Montagne de l'Oratoire, dans la partie qui bout, accroupi, assis, le corps est masqué par
surplombe le boulevard Pachéco et le boule- le mur du socle de la tour. En étant assis sur
vard de Berlaimont. L'espace apparaît à l'une les marches, le champ visuel est restreint par
des entrées du bâtiment, inoccupé à l'heure le mur du socle de la tour et les barrières de
actuelle. sécurité attenantes, mais permet de contem-
pler une longue percée sur les toits de la ville.
L'espace # 20 se laisse approcher en mon-
tant les escaliers qui prennent naissance au L'espace # 20 rapporte une vingtaine de
croisement de la rue de la Banque et du bas mégots de cigarettes, de deux canettes métal-
de la rue de la Montagne de l'Oratoire. Dans liques de bière, d’une canette métallique de
la continuité des escaliers, une large terrasse boissons gazeuses, de deux mouchoirs, d'un
s'allonge devant la façade ouest du socle de paquet de cigarettes écrasé et de deux bou-
la tour, rendant accessible l'espace considé- chons en plastique rouge.
ré. Une succession de barrières de chantier Les parois verticales permettent d'obser-
coupe le lieu sur la largeur de la terrasse, juste ver un dessin à la bombe de peinture repré-
après un escalier qui mène à une entrée, au- sentant une radio, et des tags où l'on peut lire
dessus du socle de la tour, sur la façade sud. : mixer, geneva, zoker, skor, fars, cremer, mo7,
nav, et 3 autres moins lisibles.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

20 LAT : 50°50'59.24"N
LON : 4°21'41.18"E
QQH 17 x 1.80 x 3 40
Espaces
20

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La rue de la Cigogne a la largeur d'une
ruelle, mais doit être considérée comme
une impasse. Elle se trouve bloquée par
une grille sur la sortie de la rue de
Flandres. Je n'ai pas pu sélectionner
cette impasse comme lieu d'isolement,
car elle est très étroite et comporte un
important vis-à-vis avec les habitations.

J'ai pu répertorier deux rues impraticables.


Elles comportent toutes les caractéristi-
ques des rues publiques  : avec leurs
trottoirs, leurs délimitations de stationne-
ments, leurs marquages au sol et leurs
textures. Néanmoins, ces rues sont doréna-
vant sous la tutelle des deux bâtiments
d'habitations, par le contrôle de l'ouverture
et de la fermeture des accès.
Certaines cours intérieures sont ouvertes et peuvent être assimilées à des espaces publics.
Néanmoins, elles sont très souvent accessibles durant la seule période de la journée.
Une grande quantité d'impasses que je devais arpenter étaient obstruées par des portails. Ne
desservant que quelques habitations, les occupants ferment ces espaces pour pouvoir en
contrôler leurs accès.
L' Espace # 21
jeudi 01 avril 2010
aux alentours de 15h30
temps ensoleillé, environ 12 – 14°c

L'espace # 21 se trouve dans le Un muret gêne la vision de la


quartier de la Cité Administrative. rue. Celui-ci débute au niveau de la
Il se situe à l'entrée principale du haie à hauteur de genou et grandit
socle de la tour de la rue de la Mon- jusqu'à masquer une personne de-
tagne de l'Oratoire. Le bâtiment est bout à mi-longueur.
inoccupé et ses entrées sont obs- Debout, accroupi, assis, le corps
truées. est masqué suivant où il se situe
dans la longueur de l'espace.
L'espace # 21 est accessible par En s'adossant dans son extrémité,
un chemin pavé de dalles béton et le champ visuel est restreint par les
bordé d'une haie de conifères. Ce deux murs attenants, mais on peut
chemin relie la rue de la Montagne avoir un regard sur une distance au-
de l'Oratoire au niveau du numéro delà de la longueur de la façade.
« vingt » de la rue.
L'espace considéré apparaît sur la L'espace # 21 contient plusieurs
droite, à la suite des arbres. vestiges de son histoire.
On peut voir sur le sol une ca-
L'espace # 21 fait office de vo- nette de soda en aluminium, deux
lume libre devant une grille de ven- mouchoirs usagés.
tilation, celui-ci peut être comparé Les murs rendent visibles des
à un couloir, d'une largeur de deux traces d'urine et un tag où l'on peut
personnes avançant côte à côte. lire : amor.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

21 LAT : 50°50'57.71"N
LON : 4°21'41.86"E
∞ 8.5 x 2 x 2 12
Espaces
21

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Espace # 22
jeudi 01 avril 2010
aux alentours de 16h30
temps ensoleillé, environ 12 – 14°C

L'espace # 22 se trouve au sein du Debout, assis, accroupi, couché


parc Royal. devant cette frondaison, le corps
Il se situe dans la partie nord du est masqué par le filtre dense des
parc qui se termine devant le Parle- feuilles.
ment belge. En s'adossant au feuillage, le
champ visuel s'ouvre sur le terrain
L'espace # 22 est proche de la adjacent.
grande fontaine. Il est accessible en
gravissant la butte de terre à l'Est de L'espace # 22 se fait jour d'an-
la fontaine. Il apparaît derrière des ciennes activités.
arbres et se limite par un grillage. Au bas des arbres, la terre est
Celui-ci sépare l'utilisateur du parc, sculptée par le passage d'individus.
au terrain attenant qui comprend Le sol laisse apercevoir des ré-
un commissariat, l'arrière du théâtre sidus d'excréments humains, deux
du parc Royal et une bâtisse inoc- emballages plastiques, 3 mouchoirs
cupée. et quelques feuilles de papier « toi-
lette ».
L'espace # 22 résulte de la fron-
daison des arbres et de leur carac-
tère filtrant. La couverture végétale,
qui subsiste toute l'année permet à
un homme d'être inobservable.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

22 LAT :
LON :
50°50'43.36"N
4°21'52.41"E
QQH 15 x 11 x 3 25
Espaces
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L' Espace # 23
jeudi 01 avril 2010
aux alentours de 17h30
temps ensoleillé, environ 12 – 14°C

L'espace # 23 se trouve sur la rue Hertog.


Place du Trône.
La place est adjacente au boule- L'espace # 23 provient de l'inter-
vard du Régent, à la hauteur du Pa- valle entre les arbres et de la per-
lais Royal. Elle est située au-devant méabilité du feuillage.
de l'entrée est de l'enceinte du Pa- Le volume libre généré s'ap-
lais Royal. La place est circonscrite parente à la forme d'une tente de
par le boulevard du Régent, la rue quatre places.
Hertog, la fin de la rue Brederode et Debout, assis, accroupi, couché
la rue de la Pépinière. dans cette clairière, le corps est mas-
qué par la densité des feuilles.
L'espace # 23 est présent au En s'adossant au pourtour de la
coeur de l'aménagement paysager frondaison, le champ visuel est res-
de la place. La place est divisée en treint à la voûte que crée la masse
trois surfaces de pelouse entre les végétale.
voies qui la traversent. Chaque zone
comporte une seule entrée qui est L'espace # 23 contient plusieurs
révélée par une interruption de la excréments humains, quatre mou-
haie de buis qui la délimite. choirs de différentes couleurs, deux
L'espace considéré est au centre canettes de boissons gazeuses.
d'un bosquet qui se trouve au milieu Les copeaux de bois au sol lais-
de la zone de pelouse qui longe la sent apparaître des sillons.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

23 LAT :
LON :
50°50'26.45"N
4°21'52.32"E
∞ 4.5 x 2.7 x 1.8 5
Espaces
23

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L' Espace # 26
lundi 05 avril 2010
aux alentours de 14h00
temps ensoleillé, environ 12 – 15°C

L'espace # 26 est situé à l'est de dimension d'un homme de profil.


la Gare Centrale et à l'ouest du Parc Une personne peut se glisser à
Royal. l'intérieur tout en restant dans une
Il se présente dans le pied du bâ- position debout.
timent de la banque Fortis. Le corps est masqué par la lar-
Il réside à l'angle de la rue du Ba- geur de la colonne dans son rapport
ron et du bas de la rue Ravenstein. à la rue et à l'intérieur du bâtiment.
L'étroitesse du lieu provoque un
L'espace # 26 représente une champ de vision très limité.
suite de dix espaces identiques der-
rière des colonnes. L'espace # 26 se caractérise par le
La structure du bâtiment est dépôt de poussières observable sur
composée d’une double colonnade la façade.
en symétrie avec la façade.
Les colonnes extérieures sont
donc en retrait de la façade et for-
ment un péristyle.

L'espace # 26 découle de la com-


position du bâti.
Le retrait des colonnes accepte la

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

26 LAT :
LON :
50°50'38.10"N
4°21'32.51"E
QQH 2.8 x 1 x 6 1
Espaces
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Le passage du Travail est un
exemple prégnant. Ce passage
aurait pu convenir à un espace
d'isolement, car il comporte des
accès de petite taille qui créent un
réel détachement de la rue avoisi-
nante. Cependant, un café a une
large vue sur le passage, et le fait
qu'une personne emprunte cet
espace étriqué attire l'attention des
personnes assises aux tables.

Le parc du Sablon comporte un gardien qui est très présent. J'ai pu m'en rendre compte, car
lorsque j'ai tenté de m'infiltrer derrière un bosquet, celui-ci m'a délogé prétextant que je
devais rester dans

La rue des Bouchers et la petite rue des


Bouchers, sont des rues piétonnières
accueillant un flux de personnes quasi
continu. Elles sont de petites tailles et
consacrent, de part et d'autre de la rue, un
espace de terrasses pour les restaurants. De
plus, les personnes de services, debout au
milieu de leurs terrasses, scrutent chacun
des passants comme un client potentiel. Ces
rues comportent un attrait tout particulier
dans mon travail par le fait qu'elles ne
permettent absolument pas de s'isoler en
raison de la densité de la rue, du flux des
piétons et du regard omniprésent des
serveurs de restaurant.

Le parc du Sablon comporte un gardien qui est très présent.


J'ai pu m'en rendre compte, car lorsque j'ai tenté de m'infiltrer
derrière un bosquet, celui-ci m'a délogé prétextant que je
devais rester dans les allées.

Autour du Palais de justice se trouve une grande esplanade qui est utilisée
comme un lieu de stationnements. Lors de mon parcours, l'espace était peu
occupé et comportait quelques renfoncements propices à un isolement.
Néanmoins, ce lieu se situe à une hauteur équivalant au quatrième étage des
habitations avoisinantes, créant un réel vis-à-vis entre les deux espaces.
Le parc de Fontainas ne recèle aucun espace d'isolement. Le parc est particulier par le fait
qu'il ne contient aucun arbre et ainsi devient perméable à la vue.

Le bas des tours d'habitations est Les entrées de commerces, et de bâtiments publics
souvent occupé par des person- sont souvent munies de caméras. J'ai pu découvrir
nes, qu'ils soient en position de nombreuses caméras de surveillance, autour de
statique, dans une attitude de nombreux bâtiments du domaine public, et tout
jeux ou bien dans une dynamique particulièrement au pourtour de l’hôpital Saint-
d'entrée et de sortie du bâtiment. Pierre. Quelques habitations ont aussi une vidéo-
surveillance sur la rue qui observe leurs entrées.

L'impasse du Cheval a marqué mon parcours par le fait qu'elle avait des
attraits qui pouvaient correspondre à un lieu ayant une possibilité d'isole-
ment. Mais en revenant sur mes pas, je me suis aperçu qu'un arrêt de bus
était situé juste en face de l'impasse. Les passants ne font pas souvent
attention aux alentours, se concentrant essentiellement sur leur trajectoire;
néanmoins, les lieux où les personnes sont en attente, comme cette fois-ci à
l'arrêt du bus, révèlent que les gens observent leur environnement.

La rue Zinne est conjointe à l'ambassade des États-Unis. Elle a attiré mon attention, car
elle est régie par une surveillance armée et en cela ne permet pas de s'isoler.

Mon observation a été particulièrement


attirée par la situation des caméras de
surveillance dans l'espace public. On retrouve
deux types de caméras: celles qui sont
orientées dans une seule direction et celles
qui observent à 360°. Les entrées de parkings
sont souvent dotées d'un système de vidéo-
surveillance. Certains parkings sont même
équipés sur la totalité de leurs superficies.
L' Espace # 27
lundi 05 avril 2010
aux alentours de 14h30
temps ensoleillé, environ 12 – 15°c

L'espace # 27 se trouve dans le quar- double porte de secours.


tier des Arts. Il se situe à l'arrière du mu-
sée BOZ'ART de Bruxelles. Le bâtiment L'espace # 27 est induit par la situation
longe la rue de Ravenstein et s'étend de d'un arrière de bâti sur un niveau inférieur
la rue du Baron Horta jusqu'à la rue Te- à la rue. Le dégagement obtenu résulte de
rarken. L'entrée principale se trouve à la largeur des deux portes de secours.
hauteur de la rue du Baron Horta. L’accès Debout, assis, couché contre la porte, le
secondaire est présent au niveau de la rue corps est dissimulé par la hauteur des murs
Terarken, qui se situe en contrebas de la qui délimitent l'espace.
rue Ravenstein, et attenante à l'hôtel de En s'adossant à la double porte, la dis-
Coudenberg.. tance visuelle est dégagée en direction de la
descente d'escalier.
L'espace # 27 est localisé dans un esca-
lier. Celui-ci démarre de la rue Ravenstein, L'espace # 27 lève le voile sur quelques
pas très loin de l'entrée de l'hôtel de Cou- indices d'appropriation. Le sol compte un
denberg, et descend en plein cœur de la sachet plastique, un emballage de pizza,
rue de Terarken. L'escalier se développe en et laisse apparaître deux flaques d'urine
contrebas de la rue Ravenstein et au pied dans les angles.Les murs sont tachetés de
de la muraille qui délimite l'enceinte de coulées d'urine et sont le support de tags
l'hôtel de Coudenberg. À la suite du pre- où il est inscrit : « lmc, tg, cette rue pue la
mier tiers de la descente, l'escalier s'élar- pisse du monde, obes, lera, rulione, lezoy,
git. Un palier se forme pour desservir une gran, astey, daric, sanigera, un autre monde
sortie de secours sur sa gauche. L'espace est possible, renpye, l'opera, monkey  » et
considéré prend place sur le devant de la quelques autres.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

27 LAT :
LON :
50°50'37.14"N
4°21'31.44"E
QQH 1.8 x 2.3 x 2 1
Espaces
27
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L' Espace # 28
lundi 05 avril 2010
aux alentours de 15h00
temps ensoleillé, environ 12 – 15°c

L'espace # 28 se trouve entre la


place Royale et le Mont des Arts. L'espace # 28 est induit par la
Il se situe à l'arrière du Musée des forme que prend le bâti. La façade
Beaux Arts de Bruxelles. Le bâti- exécute un repli pour laisser la di-
ment s'amorce dans la rue de la Ré- mension nécessaire à la rotation
gence et s'enchaîne par deux autres d'une porte de sortie. Ce dégage-
volumes qui s'enroulent autour de la ment constitue la surface libre d'un
place du Musée. homme à la verticale les bras écar-
tés.
L'espace # 28 est attenant au bâ- Debout, assis, accroupi dans le
timent principal et à proximité de la recoin, le corps est dissimulé par la
place du Musée. façade.
La place s'ouvre sur deux pas- En s'adossant à la paroi de cet es-
sages. Un premier rejoint la place pace, la distance visuelle est courte,
Coudenberg et le deuxième monte en raison des murs du bâtiment qui
vers la place Royale d'où s'amorce la sont très proches.
rue de la Régence.
Une impasse courbe se forme en L'espace # 28 nous divulgue
contre bas du deuxième passage, li- quelques indications d'activités.
mitrophe au bâtiment principal du Le sol compte un emballage plas-
musée, ce qui permet d'accéder à tique et deux mouchoirs en papier
l'espace considéré. usagé.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

28 LAT :
LON :
50°50'32.85"N
4°21'28.83"E
QQH 1.8 x 1.5 x 3 40
Espaces
28

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ACE DE LA JUSTICE

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L' Espace # 29
mardi 06 avril 2010
aux alentours de 11h30
temps nuageux, avec quelques ondées, environ 10 – 12°c

L'espace # 29 apparaît dans une du bâti. Un retrait de la façade crée


zone de tours d'habitations du un espace nécessaire pour une porte
quartier des Marolles. à deux battants et une porte simple
Il se situe à la jonction de deux de sortie. Ce renfoncement consti-
bâtiments. L'un des deux longe la tue une profondeur accessible à
rue du Lavoir et le second donne un homme couché au sol, les bras
sur la Place de la Querelle. contrent le torse.
Debout, assis, accroupi, couché
L'espace # 29 est situé à l'arrière dans l'angle, le corps est masqué par
des deux bâtiments. la façade.
On y accède par une impasse si- En s'adossant au recoin, la dis-
tuée à l'arrière du bâtiment de la rue tance visuelle est faible par l'exi-
du Lavoir. Celle-ci est accessible en guïté de l'espacement entre les pans
empruntant le passage qui borde de murs.
l'aire de jeux qui se trouve entre la
rue de la Querelle et la rue du La- L'espace # 29 dévoile quelques
voir. L'impasse apparaît entre un traces d'occupation.
édifice qui donne accès au parking Le sol laisse place à une bouteille
souterrain et le front du bâtiment de d'eau vide et à deux mégots de ci-
la rue du lavoir. garettes.
Les murs sont imprégnés de
L'espace # 29 résulte de la forme traces d’urine.

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

29 LAT :
LON :
50°50'19.31"N
4°20'40.48"E
QQH 3x2x2 25
Espaces
29

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L' Espace # 32
mardi 06 avril au début du printemps
aux alentours de 17h00
temps nuageux, avec quelques pluies, environ 10 – 12°c

L'espace # 32 se trouve au pied nère un angle rentrant, représentant


d'une tour d'habitation du quartier une longueur d'une personne assise
des Marolles. les jambes tendues.
Le bâtiment est en forme de Debout, assis, accroupi dans
« L ». Il est délimité par les rues des l'angle, le corps est masqué par la
Brigittines, des Vistandines et du façade.
Miroir. En s'adossant au recoin, le champ
de vision s'ouvre sur un panorama
L'espace # 32 est situé au bas de dégagé du Nord jusqu'à l'Ouest.
la façade arrière, sur le côté ouest.
Il est accessible en longeant l'édi- L'espace # 32 révèle des frag-
fice par le Sud ou le Nord. ments d'occupations.
Il se situe en contre-haut de la Le sol est jonché de mégots de
rue des Brigittines, sur une partie cigarettes, de déjections canines,
plus étroite de l'esplanade. d'emballages de boissons et de vê-
Un parapet, d'une hauteur de tements détériorés.
1,20 m, sépare physiquement l'es- Les murs témoignent de traînées
pace ouvert d'un talus qui descend d'urine et de projections de papiers
sur la rue. toilette désagrégés. Un tag est vi-
sible à hauteur d'homme.
L'espace # 32 résulte de la forme
du bâti. Le retrait de la façade gé-

ID COORDONNÉES DURÉE ESPACE DISTANCE AU FLUX

32 LAT :
LON :
50°50'19.31"N
4°20'40.48"E
QQM 3 x 1.3 x 5 20
Espaces
32

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Systématisation

L’observation de ces espaces au degré d’isolement si-


gnificatif permet de dégager des généralités ou des par-
ticularités face à ce phénomène. Je reprends donc les
catégories précédemment initiés pour entreprendre une
analyse de ceux-ci.

La situation

Les espaces d’isolement sélectionnés n’émergent pas


d’un seul et même contexte. Ils proviennent de zones
diverses de bureaux, de commerces, de parcs ou d’habi-
tations.
Néanmoins, certains espaces de la ville sont marquées
par leur inactivité, comme l’ancienne cité administrative
(cf. #15, #20, #21) et l’ancienne galerie de la Monnaie (cf.
#9). Ce caractère de désaffectation engendre plus facile-
ment des espaces d’isolement.
Les zones de bureaux et de commerces sont des lieux
qui génèrent beaucoup d’animations. Les commerces, en

85
rez-de-chaussée, attirent des promeneurs et d’éventuels
clients. Le va-et-vient des travailleurs au niveau des en-
trées de bureaux engendre également une grande activité
dans la rue. Malgré tout, j’ai pu constater la présence de
quelques espaces d’isolement dans ces zones d’activité
(cf. #6, #7, #19, #26, #27, #28). On ne peut donc pas les
considérer catégoriquement comme des environnements
sans possibilité d’isolement.
Les parcs constituent des lieux plus calmes dans la ville.
Cependant, mon étude s’est déroulée pendant la période
où les arbres avaient été taillés et les nouvelles feuilles
n’avaient pas encore fait leur apparition. Les parcs se
trouvaient donc perméables à la vue. Je n’ai donc pu ré-
pertorier qu’un seul espace isolé visuellement lors de mes
recherches (cf. #22).
Les zones composées essentiellement d’habitations
sont remarquables par leur quiétude, mais ne sont fina-
lement pas révélatrice de quantité d’espaces d’isolement
(cf. #17, #29, #32).

Le bâti

De nombreux espaces d’isolement se situent sur le front


du bâti. La plupart d’entre eux correspondent à l’aména-
gement arrière de bâtiments (cf. #9, #19, #20, #21, #27,
#28, #29, #32). Ceci révèle une certaine complexité de
conception des aménagements de bâtiments quand ceux-
ci sont donnent sur la voie public. Il s’agit le plus souvent
d’espaces privés qui sont récupérés à l’espace public du fait
de leur accessibilité à la rue.
Trois des espaces sélectionnés (cf. #6, #7, #26) ont la
particularité de se trouver dans le front du bâti, sur la fa-

86
çade avant du bâtiment. Ceux-ci découlent de la singula-
rité de la façade et pour chacun, la création d’une colon-
nade permet de se soustraire à la vue des passants.
Certains espaces résultent d’un aménagement paysa-
ger de l’espace public (cf. #14, #22, #23, #15). La création
d’un bosquet comportant un feuillage abondant garantit
un isolement vis-à-vis des usagers de la rue.
Pendant mes recherches, je n’ai sélectionné qu’une seule
impasse (cf. #17). Celle-ci a la qualité d’offrir une butte
qui en dissimule le fond depuis la rue.

La spatialité

L’étude des espaces permet de révéler quatre typologies


spatiales: le dôme, le couloir, le renfoncement et le bou-
clier.
Le dôme résulte du creux formé par les espaces verts
(cf. #14, #15, #22, #23). Au sein de ces clairières, l’isole-
ment provient de la couverture végétale qui filtre la vue.
Une grande catégorie d’espaces reprend la typologie du
couloir (cf. #6, #17, #19, #20, #21)Ceux-ci ont la parti-
cularité de s’appréhender dans leur longueur. L’isolement
est particulièrement significatif à leur extrémité.
Le renfoncement quant à lui est créé par le recul de la
façade du bâtiment (cf. #9, #27, #28, #29, #32). L’isole-
ment est induit par la profondeur de ce retrait.
Enfin, le bouclier est représenté uniquement par deux
espaces issus de ma sélection. Ils sont créés par la po-
sition d’une colonne proche de la façade (cf. #7, #26).
L’intervalle qui en découle forme un espace exigu où une
personne a la possibilité de s’infiltrer pour s’y tenir uni-
quement debout.

87
Les traces

Quatorze espaces sélectionnés comportent des traces


attestant d’une utilisation1. Seuls deux espaces qui ont
pour particularité d’être exigus ne révèlent aucune trace
(cf. #7, #26). Pour cinq autres espaces (cf. #9, #17, #19,
#29, #32) quelques objets trouvés pourraient être le ré-
sultat de l’action du vent, ou encore de personnes qui , en
déambulant dans des espaces connexes, ont pu les jeter.
Une majorité de lieux laisse présumer une occupation
sur la durée, par la découverte d’éléments tels que des mé-
gots, des canettes, des restes d’aliments... (cf. #9, #14, #19,
#20, #21, #22, #23, #27, #28, #29, #32)
Au centre d’espaces verts, deux espaces révèlent un
usage lié à un besoin d’intimité, par l’identification d’ex-
créments humains (#22, #23).
Un autre, revêtu de sacs de couchage et de quelques
habits permet de supposer une utilisation comme abris
pour dormir (cf. #14).

1. « Volonté de s’isoler? Encore une fois, ne confondons pas les motivations avec les postures
d’espace. Au-delà des intentions, conscientes ou inconscientes, ce qui importe ici c’est de déceler
une manière commune de fabriquer de l’espace. »
BLANC Jean-Noël, La fabrique du lieu, p.181, Université de Saint Etienne, 2004.

88
Réflexions

Activité et isolement

Les quartiers avec peu de commerces se sont révélés


plus calme. Le degré d’isolement est lié à la forme d’ac-
tivité d’un ensemble. Les zones de commerces et de flux
urbains sont les principaux générateurs d’activités.
Néanmoins, les zones de commerces comportent elles
aussi des espaces spécifiques avec un fort degré d’isole-
ment.

On peut mettre en rapport la configuration des rue avec


une certaine logique d’isolement. Les rues perpendicu-
laires aux axes principaux offrent un degré d’isolement
supérieur à ces derniers, mais restent souvent visuelle-
ment dépendantes de ceux-ci. Par contre, les rues paral-
lèles aux voies principales permettent de s’isoler.

La ville comporte des rues, des places, des ruelles, des


impasses, des galeries... qui ont chacune des degrés d’iso-
lement particulier. Les dénominations ne garantissent pas

91
exclusivement un type d’isolement. La possibilité pour un
espace de contenir un certain nombre de personnes ne
défini pas non plus son degré d’isolement.

Mobiliers urbains

Une certaine catégorie de mobilier urbain répond à des


critères d’isolement. Les toilettes publiques nécessitent
un isolement visuel. Les cabines téléphoniques compor-
tent elles-aussi un certain degré d’isolement par rapport
l’espace public.
Néanmoins, ces deux éléments sont peu représentés.
La ville vient de déposer cinq nouvelles pissotières dans
le territoire étudié, qui s’ajoutent à celle situé au pied de
l’église St Catherine. Je n’ai pas découvert de toilettes pu-
bliques mixtes.
De plus, la ville de Bruxelles ne conserve plus que sept
cabines téléphoniques, en raison de l’évolution de la télé-
phonie mobile et la présence de boutiques réservées à cet
effet (téléphonie et internet).

Le comportement des usagers face aux bancs publics


est révélateur des relations de distances entre les per-
sonnes. Lorsque quelqu’un choisit un banc, son choix
se portera sur un banc vide. Si cette personne décide de
s’installer sur un banc occupé, elle s’assoira généralement
le plus loin possible des personnes présentes.
Le comportement des individus dans l’espace public
peut être analysé du point de vue des distances à l’autre.
Cette étude proxémique est à mettre au crédit de l’anthro-

92
pologue Edward T Hall1 qui a analysé ces différentes dis-
tances. La notion cruciale de son analyse, a été de mettre
l’accent sur le caractère culturel du principe de distances.
Si mon travail s’inscrit à Bruxelles, en Belgique, mon
opinion est influencée par mon identité française. Mon
jugement est toutefois marqué par une certaine connais-
sance du comportement Nord européen dans l’espace pu-
blic, ayant vécu une année au Danemark.

D’un point de vue proxémique, l’isolement renvoi à


un détachement de l’autre. Deux personnes sont isolées
l’une de l’autre, lorsqu’elles ne se perçoivent plus. Mais
des notions culturelles viennent ajouter certaines notions
d’isolement. Pour les indiens le fait de se tourner vers
l’extérieur du centre de la pièce, signifie que la personne
coupe toute volonté de communication.

Complexité : publique, privée

La majorité des espaces sélectionnés sont des espaces


privés qui sont rétribués au public par leur usage.

Les limites de l’isolement

Les bars et restaurants sont des éléments très impor-


tants dans la ville, en matière de surveillance.
Les automobilistes sont un élément central de la sur-
veillance des rues, car ils ont accès à un important terri-
toire.

1. HALL T. Edward, La Dimension cachée, Seuil, 1978.

93
En général, les personnes statiques dans l’espace public
sont plus propices à rompre l’isolement avec autrui. Cer-
taines rues comptent des usagers qui surveillent assidu-
ment l’activité s’y déroulant: les guetteurs, les prostitués
ou encore les personnes qui fument au bas des bureaux.

Le vis-à-vis avec les habitations est plus important


lorsqu’on emprunte de petits rues. Il est parfois si présent
que l’on a l’impression de circuler dans un espace privé.
Néanmoins, en parcourant les grands axes, beaucoup plus
vastes, on a l’impression d’être invisible dans la foule.

Une envie de vision totale, rien ne doit échapper

à la ville

Le contrôle par la vidéo-surveillance est plus impor-


tant que je n’avais pu l’imaginer. Après avoir recherché
dans des articles de journaux2, j’ai pu découvrir le réfé-
rencement du triple de caméras de surveillance publiques
situées dans le périmètre du pentagone de Bruxelles par
rapport à celles que j’ai pu relevées. Je ne les avais pas
remarquées au cours de mes trajets quotidiens.

Lors d’une deuxième visite, des agents de sécurité m’ont


interdit l’accès de deux des espaces sélectionnés au sein de
la cité administrative. Ils prétextaient qu’il était dangereux
de stationner près des bâtiments en ruine. J’ai dû revenir
un autre jour mais cette fois-ci de manière beaucoup plus

2. Bruxelles aime les caméras, Extrait du Journal Le Dernière Heure, 16 janvier 2008.

94
discrète, que la notion d’espace publique et d’espace privé
est parfois très floue.

Quels sont les espaces pour les sans abris?

Les lieux où j’ai pu découvrir des personnes sans do-


micile fixe n’étaient pas des espaces isolés. J’en ai déduit
qu’ils ne cherchaient pas des espaces complètement dé-
connectés du reste de la ville, mais plutôt attenants.

Temporalité de l’usage

Ces espaces existent. On peut s’isoler mais seul le


temps d’isolement est variable. Même pour des espaces
où le temps est infini, on peut se faire déloger par une
autre personne qui souhaite elle-même s’isoler.

Temporalité de leur existence.

Il est possible que ces espaces ne soient pas encore trop


gênants ou qu’ils soient dans une période de transition, en
attente de suppression ou de modification.
Les espaces d’isolement ont la possibilité d’être éphé-
mère avec l’arrivée d’un chantier, le stationnement d’un
camion ou par le blocage d’une rue.

Attitude de confort

Les espaces qui généraient en moi une certaine quié-

95
tude étaient souvent caractérisés par le fait qu’ils nous
permettaient de contrôler leur accès. Les buissons per-
mettent de voir à l’extérieur tout en étant masqué. Mais
aussi quelques espaces comprenant des vitres, permet-
taient d’utiliser la réflexion pour en surveiller les accès.

Le belvédère de la place Pollaert me rappelle le carac-


tère du panorama décrit par Roland Barthes, qui l’assi-
mile à une « méditation puissante où le temps est aboli »3.
Certaines personnes avaient une attitude solitaire
et réflexive mais celles-ci se retrouvaient plus dans des
esplanades, des places, des parcs ou dans quelques rues
aménagées avec des bancs, préférant ainsi le confort d’une
vue large, de lieux propres ou même d’une assise, qu’à un
confort lié à l’isolement.

Perception sensorielle

Il est facile de s’isoler de stimuli tactiles ou olfactifs


d’autrui car nos récepteurs ont une distance de percep-
tion très faible.
Néanmoins, nos yeux permettent de percevoir un élé-
ment à très longue distance. Générant une difficulté de
s’isoler visuellement à l’autre.
En ce qui concerne la perception sonore, j’ai pu re-
marqué qu’il était en rapport à l’intensité de l’activité de
la zone. Pour s’isoler, il suffira de s’éloigner de ces zones
d’activités.
Les limites sonores sont moins évidentes que les li-

3. BARTHES Roland, Cours au collège de France (1977-1978), Seuil, 2002.

96
mites visuelles4. Le son se répercute malgré l’existence
d’obstacles. À l’inverse, la vue est arrêtée par un obstacle
opaque sans rapport avec la distance de la source.

Traces

La particularité de ces espaces d’isolement tient dans


le fait qu’ils contiennent de nombreuses traces expliquant
une utilisation. La ville comprend très peu d’espace simi-
laire, s’efforçant de nettoyer l’ensemble de son territoire5.

Résultats de la fabrication de la ville

Ces lieux d’isolement apparaissent sans avoir été déter-


miné. Ils sont le résultat de la construction de la ville et de
sa complexité. Ces espaces nous renseigne sur le fait que
la ville ne peut pas encore être contrôlé dans son entièreté.
Subsistent encore des erreurs qui permettent des appro-
priations synonyme de complète liberté.

4. « A une distance de 400 mètres, la barrière sonore est pratiquement indécelable, ce qui ne se-
rait pas le cas d’un mur élevé ou d’une barrière visuelle masquant une perspective. L’information
visuelle est en général moins ambigüe et mieux centrée que l’information auditive »
HALL T. Edward, La Dimension cachée, p. 64, Seuil, 1978.
5. « Dès lors qu’une trace, une activité ou une présence est perçue comme une souillure, elle ne
peut être ignorée de ceux dont la mission est de maintenir l’ordre dans la ville, et donc de gérer,
soit par l’occultation, soit par l’éradication de cette souillure. »
SECHET Raymonde, Le populaire et la saleté: de l’hygiénisme au nettoyage au karcher, Ar-
ticle, 2006.

97
Vers une redéfinition

Aujourd’hui, les politiques urbaines tentent générale-


ment de faire disparaitre ou de se réapproprier ces es-
paces. Elles peuvent les condamner (l’ajout de grille ou
l’obstruction par un mur), les sécuriser en installant une
surveillance humaine ou vidéo. Elles peuvent également
en redéfinir le statut.
Néanmoins, ces endroits possèdent une capacité à se
mouvoir. En effet, même si ils sont générés par la ville, ces
espaces existent avant tout au travers des personnes qui
les utilisent, quel qu’en soit la finalité. Et si un individu
veut se cacher des autres, il arrivera toujours à le faire. Si
on clôture ces lieux, ils trouveront d’autres endroits, à l’in-
térieur de propriétés privées par exemple ou encore dans
des recoins qui apparaissent en ville : une rue bouchée par
des travaux, derrière une voiture...

De nombreux artistes ou architectes ont eu différentes


manières d’appréhender ces espaces et de les utiliser.

L’artiste Étienne Boulanger transforme des espaces in-

99
terstitiels sous la forme « d’abris précaires permettant à
l’artiste de passer la nuit, des cloisons réduisant la circu-
lation à l’intérieur d’un lieu, des obstructions totales ou
partielles de bâtiments abandonnés... »1.

L’artiste Sophie Calle crée une interaction avec les uti-


lisateurs. Elle a réalisé un travail2 dans une cabine télé-
phonique, où elle transforme cet objet en son lieu domes-
tique. Elle expose une représentation d’interaction qu’a
pu susciter son installation. Même si, la cabine télépho-
nique, comme j’ai pu l’évoquer précédemment, répond à
une certaine logique d’isolement. Le désir d’une interac-
tion expliquerait un désir de les reconnecter au monde.

L’artiste Lara Almarcegui met ces lieux en évidence.


Elle cartographie des espaces délaissés dans la ville, puis
les dévoile au public. Elle a présenté un guide pour Ams-
terdam qui incite à aller voir des lieux situés en dehors des
espaces d’exposition traditionnels3.

Certains architectes ont l’envie de redéfinir ce type


d’espace par de nouveaux programmes. Il faudrait alors
accepter une forme de « nettoyage » volontaire de ceux-ci.
La formalisation d’une activité entrainerait la disparition
du facteur isolement par la détermination d’une fonction
précise car cela attirerait de nouvelles personnes. De plus,
mon étude ne permet pas de révéler la totalité des utili-
sations possibles de ces lieux. Mon analyse provient des
traces que j’ai pu découvrir au sein des espaces. Celles-ci

1. Boulanger Etienne, Plug in Berlin,Work in progress 2001-2003, Catalogue, 2003.


2. CALLE Sophie, travail de notes et de photos, exposition Boz’art, Bruxelles, été 2009.
3. ALMARCEGUI Lara, Oeuvre, Guide des terrains vagues, Amsterdam, 1999

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ne permettent pas d’identifier les activités ne laissant au-
cun indice explicite.

Il serait aussi possible de proposer un travail critique


de ces espaces en projetant des utilisations de ces lieux
de manière ironique. C’est-à-dire émettre des proposi-
tions utopiques ou fantaisistes pour remettre en question
l’utilisation de ces formes d’espaces en imaginant à quoi
ils pourraient ressembler ou comment ils pourraient être
réutilisés. Que deviendrait ce lieu si on lui ajoutait un ob-
jet domestique: un canapé par exemple, un hamac ou un
téléphone. Il deviendrait alors la projection d’un ‘chez-
soi’ et provoquerait des comportements de l’intérieur de
la maison, mais tout cela rapporté à l’espace public. Tout
comme rajouter des éléments du mobilier urbain tels
qu’un banc public, un distributeur de canettes, une toi-
lette publique.
Redonner une fonction à chacun de ces espaces les
dénaturerait. Ceci provoquerait une réappropriation par
l’état et donc une forme de polissage de ces espaces.

Je pense qu’il est préférable d’accepter ces espaces tels


qu’ils sont. Entrevoir la beauté de leurs imperfections, la
particularité de leurs apparitions. Même si les architectes,
les urbanistes, les politiques essaient de supprimer ce type
d’endroits, certains ont le mérite d’exister. Car la ville peut
échapper au contrôle et à la vigilance des gens qui font la
ville.
Aseptiser la ville n’est pas forcément un bien. Elle a be-
soin d’espaces de liberté. C’est cette liberté d’action qui
est mise en avant, cette liberté de se cacher de l’autre que
ce soit d’une personne de l’espace public, de l’état ou de
ses lois.

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Le but de ma démarche est de mettre en avant des lieux
que j’ai ressentis comme « espaces d’isolement ». Je pense
que ces lieux sont nécessaires pour la liberté de chacun
et qu’ils ne doivent pas être transformés. Ils soulignent
l’importance de pouvoir s’isoler à l’intérieur d’un espace
urbain.

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SOMMAIRE

AVANT-PROPOS 7

INTRODUCTION 29

OBSERVATION 37

Systématisation 85

Réflexions 91

Vers une redéfinition 99


Imprimé en Belgique

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