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Cours de 

: Gestion des écosystèmes et développement durable (Licence LMD : Spécialité: Agroécologie) – L3 – Semestre
6

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de l'Enseignement Supérieure et de la Recherche Scientifique
Université de Hassiba Ben Bouaali - Chlef –
Faculté des sciences de la nature et de la vie
Département : Eau, environnement et développement durable
Licence : Agroécologie
Niveau : 3ème Année (6ème Semestre)

Gestion des écosystèmes et développement durable


Programme

- Concepts
- Diagnostic d’un Etat des lieux et informations générales sur le site (Diagnostic de ressources
existantes, Diagnostic socio-économique)
- Proposition d'aménagement
- Restauration et gestion des écosystèmes et de la biodiversité
- Incorporation des services écosystémiques dans la planification du développement durable et
les décisions relatives aux investissements

- (Voir détail)

M. TEBANI (Département Eau, environnement et développement durable, Faculté de Sciences de la nature et de la vie, UHBC) -
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Cours de : Gestion des écosystèmes et développement durable (Licence LMD : Spécialité: Agroécologie) – L3 – Semestre
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Gestion des écosystèmes et développement durable


Programme
I. Concepts et définitions
1. Ecosystème
2. Biens et services écosystémiques
3. Développement durable
II. Diagnostic d’un Etat des lieux et informations générales sur un site
1. Objectif
2. Diagnostic de l’environnement
2.1. Milieu abiotique (physique)
2.2. Milieu biotique (biologique)
3. Diagnostic socio-économique
3.1. Démographie
A. Dynamique de la population (mouvement naturelle et migratoire)
B. Structure de la population (biologique, éducation et organisation des ménages)
C. Emploi, chômage et grands secteurs d’activité
3.2. Infrastructure et équipements existants.
4. Analyse de contraintes et potentialités physique et socioéconomique du milieu
4.1. Les facteurs internes : Les faiblesses et Les forces (Atouts)
4.2. Les facteurs externes : Les menaces et Les opportunités (Occasions)
III. Proposition d'aménagement dans un cadre de développement durable
1. Volet écologique
2. Volet économique
3. Volet social
IV. Restauration et gestion des écosystèmes et de la biodiversité
1. Biens et services de la biodiversité
2. Quantification des services rendus par les écosystèmes
3. La restauration écologique et le contenu des plans pour les projets de restauration
V. Incorporation des services écosystémiques dans la planification du développement
durable et les décisions relatives aux investissements
1. Concepts de base pour l’aménagement écosystémique durable
2. Le développement durable et l’eco-responsabilité de l'état
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3. Orientations des décisions publiques et privés vers la valorisation de la biodiversité
2 et
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Gestion des écosystèmes et développement durable

I. Concepts
1. Écosystème
En écologie, un écosystème est l'ensemble formé par une association ou communauté d'êtres
vivants (ou biocénose) et son environnement biologique, géologique, édaphique, hydrologique,
climatique, etc. (le biotope). Un écosystème peut être : un champ, une réserve agricole, une forêt,
milieu marin et Il y a des interactions entre la terre, l’eau, la faune et la flore.
C’est l'unité de base de la nature (Arthur George Tansley,1935), unité dans laquelle les
plantes, les animaux et l'habitat interagissent au sein du biotope. C’est un complexe dynamique
composé de plantes, d’animaux, de micro-organismes et de la nature morte environnante agissant
en interaction en tant qu’unité fonctionnelle (ONU, 2004).
 L’approche écosystème n'est pas principalement une approche d'écologie, puisqu'elle intègre à
la fois les caractéristiques des écosystèmes et les interactions sociales à l’œuvre dans leur
gestion.
Elle est définie comme une méthode pour rendre durables ou restaurer les systèmes
écologiques, leurs fonctions et leurs valeurs. Elle est orientée par les objectifs et basée sur une
vision développée collectivement sur les futurs désirés intégrant les facteurs écologiques,
économiques et sociaux. Elle est appliquée à l’intérieur d’un cadre géographique défini.

 L’agro-écologie : c’est l’application des concepts et principes de l'écologie à la conception et


la gestion d'agroécosystèmes durables et centrée sur la satisfaction des besoins alimentaires.
Elle propose de s'inspirer des fonctionnements des systèmes naturels pour concevoir des
systèmes productifs agricoles durables. Il s'agit notamment de restaurer la diversité agricole,
dans le temps et l'espace, par les inter-cultures ou l'association entre culture et élevage.

 L’éco-agriculture : cherchant à concilier protection des espèces sauvages et croissance de la


production agricole, se veut à la fois une stratégie de conservation et une stratégie de
développement rural. Elle applique une approche systémique intégrée aux territoires agricoles,
prenant en compte les trois piliers que sont la subsistance des ruraux, la protection de la
biodiversité et des services des écosystèmes, et le développement de systèmes productifs
agricoles durables. l’éco-agriculture est clairement centrée sur le territoire, et intègre la
biodiversité comme un des éléments clés du développement rural (et pas seulement agricole).

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2. Biens et services écosystémiques


Le 5 juin 2001, l’ONU lance l’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire (Millennium
Ecosystem Assessment ou MEA) pour évaluateur les interactions entre le fonctionnement des
écosystèmes et le bien-être social et économique. Ce programme s’est achevé en 2005.
L’objectif était de mettre en évidence aux yeux des décideurs publics l’importance de la
conservation de la biodiversité et d’un bon fonctionnement des écosystèmes pour le maintien de
l’activité économique et le bien-être des populations.
L’objectif était de donner aux décideurs

Nomenclature des services écosystémiques


 Les services d’approvisionnement, désignant la production, par les écosystèmes, de biens
consommés par l’être humain (terres fertiles propices à l’activité agricole, fourniture d’eau
potable ou pour d’autres usages, etc.); Ils sont essentiels pour offrir et garantir les moyens
d’existence pérennes, pour assurer la santé des communautés en toute sécurité.
 les services de régulation, les processus qui canalisent certains phénomènes naturels et
ont un impact positif sur le bien-être humain (la protection contre les catastrophes naturelles,
l’atténuation des pollutions de l’eau et de l’air, etc.) ; contribuent aux équilibres naturels de notre
planète qui bénéficient à la sécurité et au bien-être des hommes.
 les services à caractère social, à savoir les bénéfices immatériels que l’être humain tire de
la nature en termes de santé, de liberté, d’identité, de connaissance, de plaisir esthétique et de
loisirs (pêche de loisir, sports de nature, support de recherche, etc.), sont les bienfaits que les
écosystèmes nous procurent à travers l’enrichissement spirituel et dépendent tous les autres
services écosystémiques (Tableau)

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Nomenclature des services écosystimiques


Service Définition Exemple
1. Services d’approvisionnement
Cultures Végétaux cultivés et produits agricoles récoltés par •Céréales
les populations à des fins d’alimentation humaine •Légumes
ou animale •Fruits
Élevage de bétail Animaux élevés pour des usages ou •Poulets
consommations domestiques ou commerciaux •Bovins
Pêcheries Poissons sauvages capturés par chalutage ou autres •Cabillaud
méthodes non piscicoles •Crabes
•Thon
Aliments Espèces végétales et animales comestibles •Fruits et noix
sauvages cueillies ou capturées en milieu sauvage •Champignons
•Viande de brousse
Bois d’oeuvre et Produits sylvicoles récoltés dans les écosystèmes Bois rond industriel
fibres de bois boisés naturels, des plantations ou sur des terres •Pâte de bois
non boisées •Papier
Autres fibres (ex. Fibres non-sylvicoles et non combustibles extraites •Textiles (habillement, linge,
coton, chanvre, du milieu naturel pour des usages divers accessoires)
soie) •Cordage (fil, corde)
Biomasse Matière biologique issue d’organismes vivants ou •Bois de chauffe et charbon de bois
combustible précédemment vivants, à la fois végétaux et •Céréales pour production d’éthanol
animaux, servant de source d’énergie •Bouse

Eau douce Masses d’eau intérieures, eaux de nappe, eaux de •Eau douce pour boisson, nettoyage,
pluie et eaux superficielles destinées à des usages réfrigération, procédés industriels,
domestiques, industriels ou agricoles production d’électricité ou
transports
Ressources Gènes et données génétiques exploités en sélection •Gènes exploités pour optimiser la
génétiques animale, amélioration végétale ou en résistance aux parasites des
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biotechnologies cultures
Biochimie, Médicaments, biocides, adjuvants alimentaires ou •Échinacées, ginseng, ail
médicaments autres matériaux biologiques issus des •Paclitaxel utilisé dans le traitement de
naturels et écosystèmes employés à des usages commerciaux cancers
Produits ou domestiques •Extraits arboricoles utilisés comme
pharmaceutiques pesticides

2. Services de régulation
Contrôle de la Influence des écosystèmes sur la qualité de •Les lacs servent de “puits” aux
qualité de l’air l’air par émission de substances chimiques à émissions industrielles de composés soufrés
l’atmosphère (servant de “source”) ou •Les incendies de végétation émettent des
extraction de substances chimiques issues de matières particulaires, de l’ozone au niveau
l’atmosphère (servant de “puits”) du sol et des composés organiques volatile
Mondiale Influence des écosystèmes sur le climat •Les forêts capturent et stockent le gaz
planétaire par émission de gaz à effet de carbonique
serre ou d’aérosols à l’atmosphère ou par •Le bétail et les rizières émettent du méthane
absorption de gaz à effet de serre ou
d’aérosols issus de l’atmosphère
Régionale et Influence des écosystèmes sur les conditions •Les forêts peuvent influer sur les niveaux de
locale locales ou régionales de température, précipitations à l’échelle Régionale
précipitations et autres facteurs climatiques
Régulation des PInfluence des écosystèmes sur le rythme et •Un sol perméable facilite la recharge de
eaux l’ampleur des ruissellements, des crues et de nappe
la recharge de nappes phréatiques, •Les plaines alluviales et les zones humides
notamment en matière de potentiel de retiennent les eaux, ce qui
stockage des eaux dans l’écosystème ou de permet de tempérer les inondations pendant
paysage les pics de ruissellement, minimisant ainsi les
besoins en infrastructures de maîtrise des
crues
Contrôle de Rôle joué par le couvert végétal sur la •La végétation, herbages ou arbres, empêche
l’érosion rétention des sols les pertes de sols sous l’action du vent ou de
la pluie, et
prévient l’envasement des cours d’eau
•Les forêts sur les pentes
maintiennent le sol en place, évitant ainsi les
glissements de terrain
Épuration des Rôle des écosystèmes dans le filtrage et la •Les zones humides éliminent les polluants
eaux et décomposition des déchets organiques et des contenus dans l’eau en piégeant les métaux
traitement polluants dans les eaux; assimilation et lourds et les matières organiques

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des déchets détoxification des composés organiques par •La flore microbienne des sols dégrade les
le biais de processus en jeu dans les sols et déchets organiques, les rendant ainsi moins
sous-sols nocifs
Contrôle des Influence des écosystèmes sur l’incidence et •Certaines forêts encore intactes minimisent
maladies l’abondance de pathogènes humains l’occurrence d’eaux stagnantes, zones de
prolifération de moustiques, ce qui atténue la
prévalence du paludisme
Contrôle des Influence des écosystèmes sur la prévalence •Les prédateurs de forêts avoisinantes,
ravageurs de ravageurs, nuisibles et maladies chauvesouris, crapauds ou serpents, se
s’attaquant aux cultures et au cheptel nourrissent des ravageurs qui attaquent les
récoltes
Pollinisation Rôle joué par les écosystèmes dans le •Les abeilles de forêts avoisinantes pollinisent
transfert de pollen des composants mâles aux les cultures
composants femelles des fleurs
Contrôle des Capacité des écosystèmes à atténuer les •Les forêts des mangroves et les récifs de
risques naturels dégâts provoqués par les catastrophes corail protègent les zones littorales des ondes
naturelles, telles que les ouragans ou de tempête
tsunamis, et à réduire la fréquence et •Les processus de décomposition biologique
l’intensité des incendies naturels minimisent le combustible potentiel des feux
de forêts
3. Services culturels
Loisirs et Rôle Plaisir récréatif tiré des écosystèmes naturels •Randonnées, camping et
écotourisme ou cultivés Observations ornithologiques
•Safaris
Valeurs éthiques Valeurs spirituelles, religieuses, esthétiques, •Épanouissement spirituel tiré de terres
intrinsèques ou “existentielles” ou autres valeurs ou de rivières sacrées
personnelles rattachées aux écosystèmes, paysages •Croyance au mérite de préserver
ou espères de flore et faune toutes les espèces, quelle que soit leur
utilité pour l’homme -
“biodiversité pour le principe de la
biodiversité en soi”
4. Services de soutien
Cycle des Rôle Plaisir récréatif tiré des Rôle joué par les •La décomposition de la matière
nutriments écosystèmes dans les flux et le recyclage de organique contribue à la fertilité des
Production nutriments (ex. azote, soufre, phosphore, carbone) sols
primaire par le biais des processus de décomposition et/--ou
d’absorption
Formation de matière biologique par les végétaux •Les algues transforment la
par le biais de la photosynthèse et de l’assimilation lumière du soleil et les nutriments en
de nutriments biomasse, formant ainsi la base de la
chaîne alimentaire des écosystèmes
aquatiques

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3. Développement durable
Le développement durable est une forme de développement économique ayant pour objectif
principal de concilier le progrès économique et social avec la préservation de l'environnement.
La Commission Mondiale pour l'Environnement et le Développement de l'ONU , dite
"Commission Brundtland" en a donné en 1987 la définition suivante : "Le développement
durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la
possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins." Mme Gro
Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987).
En 1992, le Sommet de la Terre à
Rio, tenu sous l'égide des Nations
unies, officialise la notion de
développement durable et celle des
trois piliers
(économie/écologie/social) : un
développement économiquement
efficace, socialement équitable et
écologiquement soutenable.
 La dimension environnementale : préserver, améliorer et valoriser l’environnement et les
ressources naturelles sur le long terme, en maintenant les grands équilibres écologiques, en
réduisant les risques et en prévenant les impacts environnementaux.
 La dimension sociale : satisfaire les besoins humains et répondre à un objectif d’équité
sociale, en favorisant la participation de tous les groupes sociaux sur les questions de santé,
logement, consommation, éducation, emploi, culture...
 La dimension économique : développer la croissance et l’efficacité économique, à travers des
modes de production et de consommation durables.
Au terme de ces trois objectifs s'ajoute un enjeu transversal, La gouvernance : consiste en
la participation de tous les acteurs concernés, c'est une forme de démocratie participative.
Le développement durable, associé à la notion de bonne gouvernance, n'est pas un état
statique d'harmonie mais un processus de transformation dans lequel l'exploitation des

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ressources, le choix des investissements, l'orientation des changements technologiques et
institutionnels sont rendus cohérents avec l'avenir comme avec les besoins du présent.

II. Diagnostic d’un Etat des lieux et informations générales sur un site

1. Objectif
Un espace naturel n'est pas une île : il est intégré au sein d'écosystèmes, en étroite relation
avec d'autres espaces et au sein de zones d'activités humaines.
Aussi, des éléments tels que l'hydrographie ou la pédologie d'un site peuvent constituer des
informations précieuses et essentielles pour comprendre l’organisation des habitats naturels et
des espèces sur le site, le fonctionnement des écosystèmes et appréhender leur évolution.
L’état des lieux, à la fois descriptif et diagnostic, doit fournir l’information nécessaire pour la
définition d’une gestion cohérente et efficace.
Il ne s’agit donc pas d’une simple compilation d’éléments mais bien d’intégrer des
informations et des analyses qui permettent d’identifier et de hiérarchiser les enjeux de l’espace
naturel.
Diagnostics fondamentaux :
 Diagnostic de l’environnement : diagnostic abiotique (patrimoine géologique, climat,
etc) et diagnostic biotique : patrimoine naturel, fonctionnement écologique.
 Diagnostic socio-économique et diagnostic relatif à l’accueil du public et à l’intérêt
pédagogique.
 Diagnostics complémentaires selon les besoins : diagnostic paysager,
Diagnostic territorial, Diagnostic historique et culturel et diagnostic de défense……

2. Diagnostic de l’environnement
2.1. Milieu abiotique (Physique)
Ce diagnostic explique l’influence du milieu physique (climat, géologie, pédologie, eau,
topographie…) sur le développement des habitats naturels et de la flore et de la faune.
Ce diagnostic permet :
- Identifier les différents facteurs qui peuvent influencer le bon fonctionnement des
écosystèmes et l’état de conservation des habitats naturels et espèces afin d’orienter les
objectifs à long terme.

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- Récolter des informations en vue de la mise en œuvre concrète des mesures. 
- Pouvoir interpréter les données de suivi grâce à une compréhension du fonctionnement global
du site et des différents facteurs agissant sur les enjeux (voir Annexe pour plus de détail)

2.2. Milieu biotique (biologique)


Le diagnostic du patrimoine naturel (ou diagnostic écologique) s’intéresse au
fonctionnement écologique de l’ensemble du site en lien avec sa périphérie d’influence (bassin
versant…), aux habitats naturels le composant, et aux espèces imposées.
 Les habitats naturels : identifier les habitats naturels présents sur le site tout en
considérant leurs potentielles interactions avec ceux à l’extérieur, et les facteurs pouvant
influencer leur état de conservation. Ces habitats pourront constituer intrinsèquement des
enjeux, ou jouer un rôle fonctionnel pour les espèces à enjeu du site (zone de reproduction,
d’alimentation, de déplacement).
 Les espèces (faune, flore et fonge) qui caractérisent le site : mettre en exergue les espèces
patrimoniales, endémiques, rares/menacées, d’intérêt communautaire et leurs habitats etc.

3. Diagnostic socio-économique

L'homme fait partie intégrante des écosystèmes, ses impacts y sont envahissants. À l'instar
de toute autre forme de vie, il nous faut utiliser les ressources fournies par la terre. Certains
estimeront sans doute qu'il nous faudrait faire davantage pour préserver ces ressources et
protéger tout ce qui vit sur notre planète.
La réalisation d’un diagnostic socio-économique est pour mettre en perspective l'évolution
des activités, passées et à venir qui ont une influence sur les enjeux, et ainsi, sur les objectifs à
long terme et guider la stratégie de gestion à travers les effets positifs (opportunités, synergies),
afin de prévoir leur maintien dans le cadre du plan opérationnel et les effets négatifs (pressions
voire menaces), afin de proposer la modification de certaines pratiques.
Il est important de rechercher, dans la mesure du possible, une caractérisation des
activités qualitative, quantitative et spatiale, afin de recueillir les informations nécessaires
pour identifier les leviers sur lesquels agir pour améliorer l’état de conservation des habitats et
espèces et expliquer et anticiper les évolutions du territoire étudié. Cette vision fine peut venir en

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soutien en tant que support à l'action publique (propositions d'actions, perspectives...) dans un
objectif de développement économique (voir Annexe pour plus de détail)

3.1. Démographie
La démographie signifie la description de la population, c’est l’étude des populations
humaines, dans un espace donné. La démographie est aujourd'hui subdivisée en secteurs de
recherche distincts. La démographie statistique intéresse aux mouvements de la population et à
son évolution quantitative, ses domaines annexes s'inspirent de disciplines aussi diverses que
l'histoire, la sociologie, l'économie, la politologie et la géographie (géographie de la population)
en les enrichissant.

A. Dynamique de la population (mouvement naturelle et migratoire)


L'étude de la dynamique des populations est essentielle pour la démographie. Elle comporte
deux branches : la dynamique naturelle (naissances et décès) et la dynamique migratoire
(mouvements de population).
a) Dynamique naturelle
C’est la différence existante, pour une année donnée, entre le nombre des naissances et celui
des décès « solde naturel » pour la quantifier, on utilise le « taux d'accroissement naturel »,
exprimé pour 1 000 habitants (souvent pour 100) ; par exemple : un taux d'accroissement naturel
de 12 ‰ (ou 1,2 %) signifie que la population, en raison d'un léger excédent des naissances par
rapport aux décès, s'est en moyenne accrue de 12 habitants pour 1 000 au cours de l'année
étudiée. Systématiquement il faut procéder à l'analyse de l'accroissement naturel en examinant
les taux de natalité et de mortalité :
Natalité : Pour la quantifier, on utilise le « taux de natalité » exprimé pour 1 000 habitants
(un taux de 20 ‰ signifie qu'en moyenne 20 enfants sont nés dans l'année au sein d'un groupe de
1 000 personnes). Mais cet outil aussi doit être manié avec précaution, car il dépend étroitement
de la structure par âges de la population (une population connaît nécessairement une natalité plus
forte qu'une population vieille). Le « taux de fécondité », ne s'intéresse qu'aux femmes en âge
d'avoir des enfants (soit entre 15 et 50 ans selon une tranche d'âge établie). Pour la fécondité, elle

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expliquée par la fertilité (le nombre d’œufs produits par femelle ; la fécondité étant le nombre
d’œufs fertiles).
Mortalité : rapporte les décès à l'ensemble de la population, aussi est largement influencé par
la structure par âges et peut prêter à confusion. Pour obtenir une mesure satisfaisante, il est
nécessaire d'éliminer l'influence de l'âge !
L’Espérance de vie : Pour obtenir une mesure synthétique éliminant l'influence de l'âge, on
utilise fréquemment l'« espérance de vie à la naissance » : c'est l'âge moyen auquel parviendrait
une génération de nouveau-nés qui, tout au long de leur vie,
b) Dynamique migratoire
Elle est beaucoup plus difficile à appréhender que la dynamique naturelle. Les
informations sur les migrations externes (les mouvements entre les pays) font souvent défaut et
sont rarement fiables.
 Le solde migratoire : c’est la différence numérique entre les entrées et les sorties sur une
période donnée dans un territoire pour les migrations internes. Dans le cas des migrations
externes, cet indicateur mesure la différence entre le nombre des immigrants et celui des
émigrants (le solde est positif si les entrées sont plus nombreuses que les sorties).
On calcule le « taux d'immigration » et le « taux d'émigration » en rapportant le nombre des entrées et des
sorties à la population moyenne de la période considérée.
Les causes de migration ont toujours des causes diverses et complexes (liés généralement
aux possibilités d'emploi, déséquilibres économiques existant entre les diverses parties d'un
territoire, situation politique, conflits armés, pression démographique).

B. Structure de la population (biologique, éducation et organisation des ménages)

a). Structures biologique


L'analyse des structures de la population s'effectue au moyen d'indices et
de graphiques élaborés à partir des données de base collectées lors des recensements. Les plus
fréquents indicateurs se rapportent au sexe et à l'âge.
 Structure par sexe
Pour apprécier la part respective des deux sexes dans la population totale, on utilise le
«  rapport de masculinité » (nombre d'hommes pour 100 femmes), indicateur qui tend à baisser
au fur et à mesure que la population étudiée vieillit. La structure par sexe est très variable
suivant le pays étudié (exemple : excédents masculins inhérents à la surmortalité féminine
constatée dans des pays où les conditions de vie des femmes, très difficiles, entraînent un fort
accroissement des risques de mortalité lors des accouchements.
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 Structure par âges
Les démographes ont élaboré des indicateurs aussi variés que la part des jeunes et des
personnes âgées dans la population totale, l'« indice de vieillesse » (nombre de personnes âgées
pour 100 jeunes) ou encore l'« âge médian » (âge séparant la population en deux groupes
numériquement égaux, représentant l'un les plus jeunes, et l'autre les plus âgés). La définition
des tranches d'âge varie là aussi selon les pays : l'âge limite peut se déplacer, pour les jeunes, de
15 à 20 ans, et pour les personnes âgées, de 60 à 65 ans.

 Pyramide des âges : on voit les diverses tranches d'âge les unes sur les autres. Si on
utilise des groupes quinquennaux, on représente successivement les tranches d'âge 0-4 ans, 5-9
ans, 10-14 ans, et ainsi de suite jusqu'au sommet de la pyramide. Les femmes sont placées à
droite, les hommes à gauche. Ce graphique permet de visualiser la structure par âges en
résumant près d'un siècle d'histoire démographique d'un pays (dans les pays d'Afrique
subsaharienne, les populations sont très jeunes, dans certains pays européens, les populations
sont plus vieilles, cette différence s'explique, en grande partie, par des comportements différents
à l'égard de la natalité.

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b). Education et niveau d’étude


Le niveau d’éducation de la population d’un pays ou une région résume l’enseignement
qu’elle a reçu. C’est le « capital humain » d’un pays, le stock de connaissances et savoir-faire de
sa population.
L’éducation concerne la facilitation de l’apprentissage en vue d’aider les auditoires à
prendre des décisions rationnelles et en connaissances de causes et d’influencer leurs
comportements à long terme.
Les jeunes, les personnes plus âgées, les femmes et les personnes ayant un faible niveau
d’éducation ont souvent un attachement plus ténu vis-à-vis du marché du travail que les hommes
appartenant aux classes d’âge de forte activité et ayant un haut niveau d’éducation ; et lorsqu’ils
travaillent, les jeunes et les personnes ayant un faible niveau d’éducation ont aussi une plus
faible productivité.
Le taux d’analphabétisme des adultes est défini comme le pourcentage des membres de la
population âgée de 15 ans et plus qui ne savent ni lire ni écrire, avec compréhension, un texte
simple et court sur leur vie quotidienne (voir Annexe pour plus de détail)

c). Organisation des ménages


Un ménage se définit comme l'ensemble des personnes occupant habituellement un même
logement et vivant en commun. Le ménage est constitué, soit par une personne vivant
habituellement seule, soit par deux ou plusieurs personnes qui sont unies ou non par des liens de
parenté. La personne de référence dans chaque ménage est assumée réellement la direction des
affaires du ménage ou en assure, pour la plus large part, la subsistance (voir Annexe pour plus de
détail)
Exemple

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C. Emploi, chômage et grands secteurs d’activité


a). Emploi
 La population active : est l’ensemble des personnes des deux sexes qui fournissent la main
d’oeuvre pour la production des biens et services pendant une période de référence donnée.
 La population inactive  : sont ceux qui n’ont pas et qui ne recherchent pas d’emploi (élèves et
étudiants, Personnes du foyer (généralement des femmes), retraités invalides, vieillards, etc. et
les personnes qui n’ont pas ou plus l’âge de travailler (les moins de 16 ans et les retraités). 
La population active regroupe :
 La population active occupée : l’ensemble des personnes des deux sexes âgés de six ans et
plus qui ont travaillé au moins trois jours pendant la semaine de référence exercent un emploi
ou exploitent une entreprise
 Population active au chômage : l’ensemble des personnes des deux sexes âgés de six ans et
plus qui n’ont pas travaillé pendant la période de référence et sont prêtes à travailler et
cherchent activement du travail
 La population dépendante économiquement ou à charge : La population dépendante
économiquement ou à charge est constituée par l’ensemble des personnes âgées de moins de 6
ans et celles de 6 ans et plus qui sont inactives.
Le  taux de charge = (inactifs + chômeurs) / Population active totale.
Les indicateurs utilisés pour mesurer la participation à l’activité économique :
 Le taux brut d’activité : c’est le rapport entre la population active totale (occupée et en
chômage) et la population résidente totale ;
 Le taux net d’activité ou taux spécifique : c’est le rapport entre la population active et la
population en âge de travailler (6 ans et plus) ;

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 Le taux de chômage : c’est le rapport de la population au chômage à la population active ;
 Le rapport de masculinité de chômage : c’est le rapport de la population masculine à la
population féminine, il exprime le nombre d’hommes pour 100 femmes.

 Le rapport de dépendance économique se calcule en rapportant la population inactive totale


plus les moins de 6 ans à la population active totale occupée
 Le rapport de dépendance d’âge se calcule en rapportant la population de moins de 15 ans et
des personnes de 65 ans et plus à la population totale des 15-64 ans c’est à dire la population
potentiellement active.
b). Les grands secteurs d’activité
La division classique « production, distribution, consommation », ou la division
keynésienne « biens d'investissements », « biens de consommation » apparaissent comme une
division en « secteurs ». Mais aujourd'hui, l'on réserve généralement le terme de « secteurs » aux
divisions de l'activité économique liées à l'étude de la population active.
Le terme de secteurs utilisé pour des raisons de simplification de la classification des
activités économiques.
 Le secteur primaire regroupe l'ensemble des activités dont la finalité consiste en une
exploitation des ressources naturelles : agriculture, pêche, forêts, mines, gisements
 Le secteur secondaire regroupe l'ensemble des activités consistant en une transformation
plus ou moins élaborée des matières premières (industries manufacturières, construction
 Le secteur tertiaire recouvre un vaste champ d'activités qui s'étend du commerce à
l'administration, en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les
services aux entreprises et services aux particuliers, l'éducation, la santé et l'action sociale
Le primaire serait alors le secteur des activités à progrès technique moyen ; le secondaire,
celui des activités à grand progrès ; le tertiaire celui des activités à faible progrès (voir Annexe
pour plus de détail)

3.2. Infrastructure et équipements existants


Les termes « infrastructures et équipements » renvoient aux immeubles ou installations
nécessaires à la vie de la collectivité. Les infrastructures correspondent aux équipements de base
qui fondent les sociétés contemporaines et entrent dans le cadre de politiques d'aménagement du
territoire et de service public. Elles sont financées par des fonds publics mais aussi parfois, par
des fonds privés et permettent de faciliter la vie des citoyens et de développer la communication,

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le transport, la santé ou encore l'éducation, exemple: (Les hôpitaux, Les écoles et les centres de
formation, Les égouts, Les chemins de fer et routes, Les réseaux électriques....)
Les différents aspects du domaine Infrastructures et Equipements :
 Espace rural: Routes agricoles, viticoles, forestières ; Réseau d’irrigation, Réseau et
système de drainage et Infrastructures rurales
 Espace construit : Réseau d’assainissement, Adduction d’eau, Aménagement des voiries et
réseaux et Planification des équipements (transport, eau, énergie, etc.)
 Maîtrise de projets et gestion de chantier : Planification, rédaction d'appels d'offres et
évaluations des offres, Gestion financière et coordination et Direction générale et/ou locale
de travaux (voir Annexe pour plus de détail)

Exemple : La population active en Algérie (ONS : 2015)


- population active : 11,932 millions (population occupée de 10,6 millions et1, 337 million chômeurs)
- La population occupée se compose de 8,66 millions d'hommes et de 1,934 million de femmes,
- Le salariat occupé de 69,8%. ; les employeurs et indépendants représente 28,7%
- l'emploi selon le secteur d'activité : les services marchands et non marchands 1,6%, BTP (16,8%), l'industrie (13%) et
l'agriculture (8,7%).
- En fonction du secteur juridique : le secteur privé 58% (le secteur public avec 64,1% de l'emploi féminin)
- Pour l'affiliation à la sécurité sociale : 61,5% avec 6,515 millions affiliées et 4,08 millions ne le sont pas
La répartition de la population occupée entre les secteurs public et privé:
                       Hommes                Femmes         Total
Urbain
Public              40,1%                    65,8%          45,5%
Privé-mixte     59,9%                    34,2%          54,5%
 Rural
Public              31,5%                    57,9%             34,6%
Privé-mixte     68,5%                    42,1%             65,4%
Ensemble
Public              37,1%                    64,1%             42%
Privé-mixte     62,9%                    35,9%             58%. 
Répartition du taux de chômage selon le niveau d'instruction et le critère hommes-femmes :
                                         Hommes      Femmes      Total
 -Niveau d'instruction:
  -Sans instruction            3,9%              1,4%          3,6%
      - Primaire                   7,9%              5,5%          7,7%
      - Moyen                    12,9%            17,8%        13,4%
      - Secondaire                8,8%            14,8%        10,1%
      - Supérieur                  8,5%            20,5%        14,1%
-Diplôme obtenu:
  - Aucun diplôme             9,6%             11,7%           9,8%
  - D. format. Profess.      12,3%            16,9%         13,4%
  - D. Enseign. super.         8,2%              20,2%         14,1%
-Taux de chômage:            9,9%              16,6%      11,2%
Le taux de chômage selon l'âge
                                        Hommes        Femmes      Total
   - Moins de 20 ans          38,1%             43,1%         38,8%
  - 20-24 ans                     23,5%             45,7%         27,6%
  - 25-29 ans                     15,9%             25,4%         18,4%
  - 30-34 ans                       8,9%             13,2%           9,9%
  - 35-39 ans                       5,3%               7,5%           5,8%
  - 40-44 ans                       4,1%               7%              4,6%
  - 45-49 ans                       3%                  1,7%           2,8%
  - 50-54 ans                       2,9%               0%              2,5%
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  - 55-59 ans                       3%                  0%              2,7%
     Total                              9,9%            16,6%          11,2%. 

4. Analyse de contraintes et potentialités


Les décisions prises pour la l’aménagement d’un territoire ou zone cible doivent prendre de
nombreux facteurs en considération. Synthétiser la nature du site et de son environnement pour
une meilleure vision et fixer les objectifs concrets.
La SWOT, pour Strength, Weakness, Opportunities, Threats (FFOM), associe les résultats
d’un ensemble d’études réalisées. L’analyse SWOT porte sur :
A. Les facteurs internes : vont avoir des effets positifs ou négatifs sur le milieu, Ils sont
estimés à partir d’une technique d’évaluation interne, qui va déduire les atouts et lacunes.
a). Les faiblesses : sont les aspects de milieu physique et socioéconomiques qui limitent ou
réduire quelques mode de la capacité de développement de la zone.
b). Les forces (Atouts): sont les capacités de ressources naturelles et humaines avantageux de la
zone qui peuvent servir pour exploiter les opportunités qui viennent de l'extérieur.
B. Les facteurs externes : on distingue les opportunités et les menaces qui peuvent être
contrôlés dans le milieu lié à l’environnement économique, démographique, technique,
politique, …
a). Les menaces : sont les forces de l'extérieure qui peuvent empêcher le développement d'une
action proposé ou un projet réalisé ou réduire son efficacité.
b). Les opportunités (Occasions): sont tous qui peuvent supposer des avantages pour la zone
pour améliorer le développement (voir Annexe pour plus de détail).

Contraintes et actions proposées liées au milieu physique et socioéconomique (voir Annexe pour plus de détail)
Ressources accessibles Contraintes identifiées Actions proposées
milieu physique
milieu socioéconomique
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III. Proposition d'aménagement dans un cadre de développement durable

1. Volet écologique
La prestation conduit à intégrer le patrimoine écologique, et la prise en compte des
contraintes écologiques des projets, l’intervention demande de défrichement et de dérogation à
la protection des espèces ou toute autre opération spécifique liée aux risques de pollution sur
les écosystèmes.
Le secteur d’activité de la « Gestion et restauration des écosystèmes » (Génie écologique)
regroupe un savoir faire technique très spécifique, respectueux de la biodiversité, dans un
objectif d’aménagement des espaces naturels et de restauration des écosystèmes dans leurs
fonctionnalités. Ce secteur associe l’ingénierie traditionnelle et l’écologie scientifique. Il
s’exerce potentiellement dans tous les sites préservés ou à enjeu naturel, dans de nombreux
secteurs d’activité (agriculture, pêche, production électrique, chimie, extraction…).

2. Volet économique
Planification des infrastructures et des équipements
Le développement économique, social et culturel des collectivités, et son inscription sur le
territoire, suppose la présence d'un réseau d'équipements et d'infrastructures de tous ordres.
Le schéma d'aménagement et de développement doit indiquer 
- la nature des infrastructures et des équipements importants qui existent ainsi que l'endroit où
ils sont situés;
- la nature des nouvelles infrastructures ou des nouveaux équipements importants dont la mise
en place est projetée ainsi que l'endroit approximatif où ils seront situés.
Les équipements et infrastructures importants qui intéressent les citoyens et les contribuables de
plus d'une municipalité
Il peut s'agir d'équipements et d'infrastructures à rayonnement régional ou d'installations
dont la propriété peut être publique ou privée. Ceux-ci présentent un caractère structurant au
niveau régional et méritent réflexion quant à leur localisation compte tenu de leurs impacts sur le
milieu.

3. Volet social
Le volet social du plan d'aménagement vise 3 principaux objectifs. Ces objectifs doivent
obéir aux obligations légales en matière d'aménagement des concessions forestières, aux
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exigences du bois d'œuvres, aux réalités sociales économiques et culturelles des populations
locales et autochtones (Pierre, 2004). Ces 3 objectifs se définissent de la manière suivante:
Objectif 1 : assurer les conditions de vie adéquates sur les chantiers forestiers, le site industriel et
la base vie. Il s'agit des mesures concernant l'habitat, la scolarisation, la santé, l'hygiène et la
sécurité, l'alimentation, la formation, etc. ;
Objectif 2 : assurer une coexistence et une durabilité des différentes fonctions et usages de
l'espace et des ressources naturelles, pour garantir aux populations locales la préservation de leur
droit d'usage légaux et la satisfaction de leur besoin actuels et futurs.
Objectif 3 : contribuer au renforcement du processus de développement local par le financement
d'infrastructures et d'équipement sociaux collectifs au bénéfice des populations.
Les effets sociaux donc, sont de plusieurs types et doivent être considérés de façon large:
mode de vie, culture, liens communautaires, qualité du milieu de vie, santé, droits,
préoccupations et aspirations. L’objectif de ces évaluations est intimement lié à la perspective de
développement durable, qui reconnaît l’équilibre et l’importance égale de l’économie, du social
et de l’environnement.
Fondées sur des principes de transparence, de participation citoyenne, de reconnaissance
des savoirs locaux et de prise de décision partagée entre les autorités et les personnes concernées,
les évaluations d’impacts sociaux visent à promouvoir le développement des communautés
plutôt qu’à simplement mitiger les dommages possibles
Lors de l’élaboration de projets de développement, par impacts sociaux, on entend les
conséquences pour les individus de toute intervention publique ou privée qui change leur façon
de vivre, de travailler, de jouer, de communiquer avec autres, de s’organiser pour faire face à
leurs besoins et de s’assumer en général comme membres de la société.
Une évaluation d’impact social peut être réalisée à diverses étapes d’un projet ou de
l’application d’une politique, depuis la planification initiale jusqu’à la mise en œuvre et à
l’évaluation suivant celle-ci.
Les évaluations au niveau des projets ont des applications caractéristiques telles que l’étude
des incidences possibles de nouvelles activités industrielles, de la construction d’ouvrages et des
pratiques en matière d’occupation des sols et de gestion des ressources.
L’évaluation et l’analyse sociale sont largement employées dans les actions de
développement économique pour déterminer si un projet ou un programme est susceptible
d’atteindre ses objectifs sociaux et pour recommander des mesures en vue de les atteindre.
Les applications de l'analyse sociale employées à différents niveaux grâce à divers
instruments comprennent : l’analyse macro sociale du contexte socioculturel, institutionnel,
historique et politique, effectuée sous forme d’apports aux stratégies et aux programmes ou à
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l’appui de la formulation de politiques et de stratégies sectorielles, l’évaluation sociologique des
opportunités, des contraintes et des incidences possibles, réalisée dans le cadre de l’évaluation
des projets, l’évaluation sociale, où l’on demande l’avis des parties intéressées pour améliorer la
conception des projets et établir des processus participatifs de mise en œuvre et de suivi.
L’évaluation d’impact social est non pas une simple technique, mais un ensemble d’outils et
d’approches. On peut faire appel à un grand nombre de méthodes relevant des sciences sociales
pour procéder à une telle évaluation et l’on a recours à diverses techniques de collecte de
données selon l’objectif visé et le contexte.
La plupart des informations sont des données primaires issues de la zone considérée
(recherches par sondages, entretiens avec des informateurs, histoires orales, activités de groupe
en participation). On peut aussi utiliser des données secondaires : résultats de recensements,
données géographiques ; statistiques des autorités nationales et locales, documents
d’organisations communautaires, histoires locales, articles de journaux et, le cas échéant,
recherches antérieures en sciences sociales. Lors d’une évaluation d’impact social, il faut définir
des indicateurs qualitatifs et quantitatifs d’impacts pouvant être compris par les décideurs et les
particuliers.

IV- Restauration et gestion des écosystèmes et de la biodiversité

1. Biens et services de la biodiversité


La biodiversité est la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre
autres, les écosystèmes terrestres, marins, aquatiques et les complexes écologiques dont ils font
partie; cela comprend la diversité au sein des espèces, entre espèces ainsi que celle des
écosystèmes (Convention de Rio, 1992) a trois niveaux fonctionnels : Diversité génétique,
Diversité spécifique et Diversité écosystémique.
La biodiversité est importante à plusieurs niveaux pour la société, la biodiversité et les
écosystèmes fournissent un grand nombre des biens et services qui soutiennent la vie humaine
par :
- la Fourniture des aliments, les combustibles et les matériaux de construction
- la Purification de l’air et de l’eau
- la Stabilisation et modération du climat de la planète
- la Modération des inondations, des sécheresses, des températures extrêmes
- la Génération et renouvellement de la fertilité des sols
- le Maintien des ressources génétiques (cultures, animaux, médicaments et autres produits)
- des Avantages culturels, récréatifs et esthétiques
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A l’échelle globale, la biodiversité doit être considérée dans ses rapports avec les enjeux
majeurs que sont la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en
eau potable, la croissance économique, les conflits liés à l’utilisation et à l’appropriation des
ressources, la santé humaine, animale et végétale, l’énergie et l’évolution du climat (ONU)
Les forêts abritent 80 % de ce qui reste de biodiversité sur terre. Elles occupent également une
fonction de protection pour les ressources en eau et de réduction des risques de catastrophes
naturelles et d’érosion. La restauration tend vers le retour de l’écosystème à sa trajectoire
historique, la réhabilitation insiste sur la réparation, la réaffectation vise un autre usage.
Dans la pratique, il est courant de distinguer plusieurs catégories de biodiversité :
- Biodiversité «domestique» / Biodiversité «sauvage» : la première se réfère à des espèces et
sous espèces domestiquées ou cultivées par l’homme, et ayant été soumises à sa sélection. La
deuxième fait allusion à des espèces et sous espèces présentes spontanément, mais souvent
influencées par les activités humaines.
- Biodiversité «remarquable» / Biodiversité «ordinaire» : la première est associée à des
organismes vivants et/ ou habitats rares ou menacés de disparition, la deuxième correspond au
reste de la biodiversité.

Sans biodiversité, aucun bien ni service écologique ne peut exister (Limoges, 2011; EM,
2005b). Les biens et services écologiques sont les bienfaits des écosystèmes dont bénéficie
l’humain et qui contribuent à son bien-être. La qualité et la quantité de ces services écologiques
semblent dépendre de l’intégrité des écosystèmes et du maintien de la biodiversité, plus un
écosystème génère des biens et services écologiques utiles à l’homme, plus sa valeur
économique sera élevée.
Les écosystèmes, depuis les forêts et l’eau douce jusqu’aux récifs coralliens et aux sols,
fournissent à l’humanité des services essentiels estimés à plus de 72 trillions de dollars par an
pour les pays du monde. Actuellement (en 2010), près des deux tiers des écosystèmes du globe
sont dégradés suite aux dommages qu'ils subissent à leur mauvaise gestion et au manque
d’investissement dans leur productivité, leur santé et leur viabilité.  La perte de services
écosystèmiques prévue pourrait conduire à une diminution de la production alimentaire mondiale
allant jusqu’à 25 % d’ici à 2050 et tout le monde sur Terre prend part à la gestion des ressources
naturelles. « Les cycles physiques de l’eau, de l’air et de l’énergie, la circulation des êtres vivants
et personnes et les échanges internationaux croissants de biens et d’information engendrent de
puissantes connexions entre des écosystèmes distants ainsi qu’entre les êtres humains et les
animaux qui y vivent.

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2. Quantification des services rendus par les écosystèmes


La quantification mesure la contribution des types d’écosystèmes au bien-être humain, il
s’agit de quantifier à l’aide d’indicateurs le service rendu et/ou les bénéfices retirés par l’être
humain en mesurant la contribution de chaque type d’écosystème.
L'évaluation économique des services écosystémiques est un outil économique visant à
quantifier les  bénéfices  apportés par un écosystème (en unité monétaire la plupart du temps).
C'est un des outils importants de l'évaluation économique de la biodiversité
Il répond principalement au souhait et besoin d'utiliser le « langage économique » pour
la préservation de la nature et de la biodiversité pour mieux intégrer l'environnement dans les
dynamiques économiques.
Les services écosystémiques sont les bénéfices que les humains obtiennent
des écosystèmes (approvisionnement, régulation, culturel et soutien). L’évaluation économique
de ces services apparait au début des années 1970, le débat qui a eu lieu alors entre économiste
de l’environnement et écologue a maintenant lieu à une échelle plus grande pour l’économie de
la nature, de la biodiversité ou des services écosystémiques.
La Valeur Économique Totale (VET) est le cadre d'analyse économique le plus utilisé dans
l'évaluation économique des services écosystémiques (SE). Les méthodes d’évaluations
monétaires n’évaluent qu’un service à la fois, on peut ensuite les additionner pour obtenir une
VET. L’importance économique des écosystèmes peut être mise en évidence par le biais
d’évaluations monétaires, en mobilisant le concept de valeur économique totale (VET) comprend
généralement :
 les valeurs d’usage (valeur d’usage direct, valeur d’usage indirect, valeur d’option)
- La valeur d’usage direct : est issue de biens qui peuvent être consommés, ou dont il est
possible de profiter directement (matériaux de construction, alimentation, matières
énergétiques, etc.).
- La valeur d’usage indirect : renvoie aux services de régulation retirés des écosystèmes
(épuration de l’air ou de l’eau, protection contre les inondations, etc.).
- La valeur d’option : est liée aux valeurs d’usage direct et indirect précitées, mais désigne
l’attachement à la possibilité d’en profiter dans le futur.
 les valeurs de non-usage (valeur d’héritage et valeur d’existence),
- la valeur d’héritage : c’est-à-dire la possibilité de transmettre aux générations futures les
différentes valeurs liées aux écosystèmes,

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- la valeur d’existence : retirée de la simple connaissance de l’existence des systèmes vivants
ou de leurs composantes.

VALEUR ÉCONOMIQUE TOTALE

USAGE NON-USAGE

Valeur Valeur d’usage Valeur Valeur de Valeur Valeur


d’usage direct indirect option quasi-option d’héritage d’existence

Logement Produits et Préserver la Valeur d’une Transmission Valeur


Commerce services possibilité information d’un mode de esthétique,
Tourisme « dérivés » d’un usage future vie identitaire,
futur …

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L’évaluation économique de la biodiversité l’évaluation se fait en cinq étapes :


1) La valeur instrumentale de la biodiversité ou l’émergence de l’évaluation économique de la
biodiversité : Les modalités de protection de la biodiversité dépendent du choix de la valeur que l’on
souhaite lui associer et sont le reflet du contexte éthique dans lequel l’homme choisit de se placer. Les
acteurs placés dans un référentiel où la vision anthropocentrée domine préfèreront attribuer une valeur
instrumentale à la biodiversité. (donner une valeur économique à la biodiversité permet une gestion plus
efficace et plus rationnelle de la biodiversité).
2). La dimension sociale et temporelle liée aux valeurs économiques de la biodiversité : Une fois le choix
fait par la société d’appréhender la valeur de la biodiversité sous un angle utilitariste, l’économie de
l’environnement a développé le concept de « valeur économique totale d’un écosystème » qui repose
principalement sur deux types de mesures : les valeurs d’usage et de non-usage de la biodiversité. La
première mesure concerne les éléments fournis par la nature et qui ont un marché sur lequel il est possible
de relever des prix, ou qui ont des substituts marchands à des prix observables. La seconde résulte de la
volonté de donner une mesure monétaire à des objets et des fonctions de l’écosystème n’ayant pas de
marché : une espèce rare, un paysage, une fonction de recyclage, une fonction récréative par exemple qui ne
disposant pas de prix observables.
3). La notion des services écosystémiques : un pont vers l’évaluation économique de la biodiversité  :
l’approche par service écosystémique est devenue l’angle d’attaque le plus utilisé pour appréhender la
biodiversité, bien qu’elle offre une vision de la biodiversité nécessairement tronquée. Elle est
particulièrement privilégiée lorsqu’il s’agit réaliser des évaluations économiques. Le recours à cette notion
permet de contourner les difficultés à tenter d’évaluer directement la valeur de la biodiversité. Plutôt que
d’estimer la valeur d’une zone humide, il est plus aisé de calculer la valeur des services qu’elle rend par
exemple.
4). Les différentes méthodes existantes d’évaluation économique de la biodiversité Différentes approches
d’évaluation économique de la biodiversité ont été développées et sont aujourd’hui utilisées en pratique. Il
est important de garder à l’esprit que chaque méthode apporte un éclairage différent et original. Plusieurs
méthodes peuvent être utilisées conjointement pour mieux capturer cette valeur qui reste difficile à évaluer.
Valeur économique totale Valeur d’usage Valeur de non usage Usage direct Usage indirect Option Legs
Existence Biens et services d’utilité directe Biens et services d’utilité indirecte
5). L’émergence des « valeurs tutélaires » de la biodiversité : La notion de valeur tutélaire renvoie à
l’idée de valeur de référence attribuée par la puissance publique. Bien que la biodiversité et les services
écosystémiques ne sauraient être assimilés à des « biens et services marchands classiques », certains
économistes pensent que le fait de leur attribuer une valeur tutélaire permettrait de mieux les prendre en
compte dans nos décisions quotidiennes et dans la gestion des affaires publiques. Si elle semble être un
moyen de prendre en compte la biodiversité dans les évaluations préalables aux choix (notamment pour les
projets d’infrastructure), l’affectation de valeurs tutélaires à la biodiversité soulève des questions,
notamment sur la signification de ces valeurs.

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3. La restauration écologique et le contenu des plans pour les projets de restauration


Le sens strict de la restauration écologique est « le processus d’assister la régénération
des écosystèmes qui ont été dégradés, endommagés ou détruits »
Il s’agit donc d’une activité intentionnelle qui initie ou accélère le rétablissement d’un
écosystème antérieur par rapport à sa composition spécifique, sa structure communautaire, son
fonctionnement écologique, la capacité de l’environnement physique à supporter les organismes
vivants et sa connectivité avec le paysage ambiant. Ceci nécessite une bonne connaissance de
l’écologie fonctionnelle et évolutive des écosystèmes ciblés, de l’histoire de la dégradation
anthropique et, enfin, le choix d’un écosystème de référence pour guider la planification, la
réalisation, le suivi et l’évaluation du projet de restauration.
La projection intentionnelle d’une trajectoire d’un écosystème vers le futur est
nécessairement une probabilité plutôt qu’une certitude. Cependant, une telle démarche lourde et
coûteuse peut se justifier dans la mesure où un écosystème restauré a plus de chance d’être
résistant, résilient et donc viable qu’un écosystème délaissé et abandonné assemblé sans modèle
de référence.
La restauration écologique est une tentative globale qui s’efforce d’embrasser les réalités
et les tendances à la fois culturelles et environnementales, dans une perspective écologique, et
socio-économique plutôt que purement technique ou d’aménagement.
La restauration tend donc vers le retour d’un écosystème à sa trajectoire historique, de ce
fait, les conditions historiques sont un point de départ idéal pour un plan de restauration.
La restauration écologique et la réhabilitation écologique : les deux concepts ont le
même but pour faire des écosystèmes historiques ou préexistants comme références, mais les
buts et stratégies des deux activités diffèrent: la restauration vise à rétablir l’intégrité biotique
préexistante, en termes de composition spécifique et de structure des communautés, tandis que la
réhabilitation insiste sur la réparation et la récupération des processus, et donc sur la productivité
et les services de l’écosystème.
Les plans pour les projets de restauration comprennent, au minimum :
- un raisonnement holistique (global) sur la nécessité de restaurer une partie du paysage
- une description écologique du site
- une liste des buts et objectifs
- une désignation et une description de la référence
- une explication de l’intégration de la restauration au paysage alentour
- des plans explicites, des calendriers et des budgets pour la préparation du site
- les activités de restauration incluant une stratégie pour faire de rapides corrections à mi-course
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- des standards de performance développés et explicitement établis, avec des protocoles de
suivi grâce auxquels le projet peut être évalué
- des stratégies pour un maintien à long terme de l’écosystème restauré
- Lorsque cela est possible, un point contrôle non traité doit être inclus sur le site du projet pour
pouvoir comparer avec l’écosystème restauré.
Un projet de restauration bien planifié tente d’atteindre clairement les buts fixés qui
reflètent les attributs importants de l’écosystème de référence. Les buts sont atteints en suivant
des mesures concrètes spécifiques.
Deux questions fondamentales doivent se poser vis-à-vis de l’évaluation de l’écosystème
restauré. Les mesures ont-elles été prises ? Les buts ont-ils été atteints ? Les réponses à ces deux
questions ne sont valides que si les mesures ont été fixées avant la réalisation des travaux.
Les évaluations incluent celles de tous les buts et mesures fixés se rapportant aux aspects
culturels, économiques ou sociaux. Pour cela, les techniques d’évaluation doivent inclure celles
des sciences sociales. L’évaluation des buts socio-économiques est importante pour les décideurs
et par la suite pour les responsables politiques qui choisissent (ou non) la mise en œuvre de
projets de restauration.

IV. Incorporation des services écosystémiques dans la planification du développement


durable et les décisions relatives aux investissements
1. Concepts de base pour l’aménagement écosystémique durable
Les écosystèmes naturels font tout simplement partie intégrante des infrastructures de
développement puisqu’il s’agit de réserves en installations, en services et en équipements
indispensables pour permettre à la société de fonctionner correctement et à l’économie de
progresser (Emerton 2008).
La gestion des écosystèmes est une tâche extrêmement complexe, mais ses concepts de
base sont simples :
 Penser grand : prendre en considération des longues périodes de temps, et des régions
largement dimensionnées. Tout ce qu'on fait a des implications globales, et doit être validé à
échelle plus détaillée.
 Penser petit : le gestionnaire raisonnant au niveau d'un peuplement doit prendre en compte
les structures actuelles et l'histoire de ce peuplement. Les structures en question
commandent bien des évolutions à venir dans les écosystèmes.
 Penser interactions : les diverses parties d'un écosystème sont intimement liées. Tout
écosystème est comparable à un étang : le fait d'y jeter un caillou en un point donné
provoquera des ondes sur la totalité de sa surface.
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 Penser totalité : une vision amétrope sur des aspects particuliers peut rendre aveugle au tout:
le risque est grand de voir les arbres cacher la forêt.

2. Orientations des décisions publiques et privés vers la valorisation de la biodiversité et


les services écosystimiques
Même s’il n’y a pas de prix d’échange sur un marché, il est indispensable de faire
apparaître clairement à la société et au monde économique la valeur des services rendus par la
biodiversité et les écosystèmes afin de jeter les fondements de réponses plus efficaces. Sinon, les
bénéfices que nous retirons de ces biens seront négligés ou sous-évalués dans les décisions.
Cela entraîne une perte de biodiversité d’une ampleur effrayante et la disparition des
écosystèmes de grande valeur met en péril la sécurité de l’approvisionnement en denrées
alimentaires, en eau potable et en énergie, autant d’éléments susceptibles de devenir des
problèmes d’ordre mondial dans les années à venir.

a. Une meilleure connaissance scientifique du fonctionnement des écosystèmes et de leur


usage pour l’évaluation économique de la biodiversité
L’évaluation des écosystèmes est d’abord qualitative, puis physique et quantitative, avant
d’être, éventuellement, monétaire. Le processus d’évaluation lui-même est une clé importante
pour révéler les enjeux aux parties prenantes avec lesquelles cette évaluation est réalisée. Si
l’évaluation fait nécessairement appel à des scientifiques et aux bases de données disponibles, la
mobilisation des acteurs nationaux ou locaux concernés est une condition de succès de l’exercice
aussi importante que le résultat final. La démarche elle-même conduit en effet à prendre
conscience d’enjeux nationaux ou locaux et participe de l’objectif de sensibilisation.
Au-delà des aspects qualitatifs, quantifier les services aujourd’hui utilisés par l’homme
est le premier élément sur lequel se concentrent les études d’évaluation. Cette première approche

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peut jouer un rôle très important. Elle peut suffire à justifier des décisions publiques ou privées
visant à conserver ou à gérer durablement des écosystèmes sensibles

b. Type d’évaluation et nature de décision pour la valorisation des services écosystémiques


 Reconnaître les valeurs peut suffire pour assurer la conservation durable, c’est le cas
lorsqu’existent des valeurs culturelles ou spirituelles fortement basées sur la préservation de la
nature.
 Prouver les valeurs est souvent utile dans une logique analyse coût-avantage. Pour y
parvenir, il est plus pertinent d’évaluer différentes options et changements induits que
d’estimer la valeur économique totale.
 Internaliser les valeurs : les valeurs de la biodiversité et des services écosystémiques
peuvent être prises en compte par des signaux prix ou grâce à d’autres mesures incitatives.
Ceux-ci sont en général basés sur des coûts d’opportunité, sur des taux négociés ou sur
l’adaptation d’instruments préexistants (tels la fiscalité) plus que sur l’évaluation monétaire
des services.

c. L’évaluation monétaire n’est pas le seul moyen de reconnaitre les valeurs


Dans un contexte d’information imparfaite, reconnaître la valeur des services
écosystémiques dans les projets d’aménagement passe d’abord par une application plus explicite
aux services écosystémiques des cadres réglementaires intéressant la biodiversité et les milieux
naturels.

3. Le développement durable et l’eco-responsabilité de l'état


Concrètement un développement durable se traduit au niveau du citoyen par des gestes
quotidiens qui préservent son environnement avec l’implication dans la contribution à la richesse
de l'économie locale.
Toute la société est concernée : gouvernement, collectivités territoriales, acteurs
économiques, associations, institutions publiques ou privées etc. ayant chacun un rôle à jouer.
Pour Être éco-responsable, c'est en effet adapter son comportement et agir auprès de ses
partenaires pour limiter les impacts environnementaux de ses activités.
La stratégie nationale de développement durable invite les acteurs publics à se montrer
exemplaires dans leur fonctionnement quotidien. Dans ce cadre, les services de l'Etat doivent
intégrer le développement durable dans leurs modalités de fonctionnement interne, notamment
pour réduire l'impact sur l'environnement de leurs activités quotidiennes.

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La mise en oeuvre de l'éco-responsabilité s'articule autour des hauts fonctionnaires du
développement durable au niveau central et des pôles de compétences et missions interservices
au niveau déconcentré.
Il s'efforce de répondre de façon concrète, argumentée et pragmatique aux questions des
arguments utilisés pour convaincre les élus et les agents de l'importance de s'engager dans une
démarche éco-responsable ainsi les méthodes utilisés pour élaborer une démarche éco-
responsable dans une collectivité et la conduire des actions éco-responsables et la mobilisation
des agents dans la durée
Pour la prise en compte des bienfaits de la nature dans les décisions politiques il faut :
- Définir et adopter les questions politiques avec les parties prenantes afin d’éviter les
malentendus lors de la prise de décision et la mise en oeuvre.
- Identifier quels services écosystémiques sont les plus pertinents vis-à-vis des questions
politiques afin d’orienter l’analyse.
- Définir les besoins en information afin de traiter le problème et de sélectionner les méthodes
appropriées pour l’évaluation.
- Évaluer les services écosystémiques, les changements prévus dans leur disponibilité et leur
répartition.
- Identifier et estimer les options politiques en vous basant sur l’évaluation.
- Évaluer la répartition des impacts des options politiques sur les différents groupes de la
communauté.

4. L’aménagement écosystémique durable : cas d’une forêt


4.1. La notion d'aménagement durable d’une forêt
- L’aménagement est la planification et l'exécution d'actions destinées à assurer la conservation
et l'utilisation d'une forêt en fonction d'objectifs (entre autres de production ligneuse) et du
contexte physique et socio-économique;
- pour un développement durable de forêt, il faut aménager et conserver les ressources
naturelles, afin de satisfaire les besoins des générations actuelles et futures.
En ce qui concerne l'écosystème forestier; il s'agit de conserver les terres, les eaux, lé
patrimoine végétal et animal et de les valoriser en utilisant des moyens techniques
économiquement et socialement appropriés et respectueux de l'environnement et trouver un
compromis entre les tendances et les intérêts en apparence antagonistes que sont l'exploitation et
la protection
Les forestiers aménagistes doivent considérer les forêts non plus seulement comme un
stock à faire fructifie; mais comme un système écologique complexe à gérer de manière durable,
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Il faut accepter l'idée que l'utilisation d'un écosystème forestier donné entraîne certains
changements dans sa structure et sa composition et que sa durabilité ne se résume pas à la
reproduction identique de l'écosystème dans son étal d'origine. Il en va de même de la
conservation de la diversité génétique d'une forêt donnée.
La conception d'un plan aménagement forestier doit au minimum intégrer quatre niveaux
d'information dans son contenu:
- les facteurs sociaux, politiques et culturels,
- les facteurs physiques, biologiques et écologiques,
- les facteurs financiers et économiques
- les facteurs techniques (sylviculture, exploitation, transformation).
Les conditions d'élaboration des plans d'aménagement doivent, pour pouvoir assurer la
pérennité des massifs, être assujetties à la satisfaction des besoins en terres et en produits
forestiers des populations.
La connaissance de l'écosystème forestier, de son évolution, de ses potentialités et des
options de valorisation sera inutile sans une analyse approfondie d'éléments connexes agricoles,
politiques et sociaux. Il faut toujours garder à l'esprit que les forêts sont des écosystèmes
complexes, encore peu connus, localisés dans des zones socio-économiquement très diverses.

4.2. Les critères d’aide en aménagement forestier durable


6 critères servent d’outils pour mesurer et définir le progrès accomplis en aménagement
forestier durable. 
 Le premier critère concerne la diversité biologique, c’est à dire les êtres vivants et leurs
écosystèmes. la variété d’espèces et leur abondance ainsi que le nombre d’espèces
catégorisées comme étant en péri, ainsi la diversité génétique est la variation des gènes d’une
espèce qui permet une meilleure résistance de l’espèce face aux divers facteurs de destruction.
 Le deuxième critère est l’état et la productivité des écosystèmes, sans le facteur anthropique,
les écosystèmes forestiers s’adaptent et résistent aux perturbations naturelles, ils conservent
donc leur productivité. Par ailleurs, avec l’action de l’homme, certaines perturbations ont
nettement plus d’ampleur sur la productivité des écosystèmes et dégradent l’état de ceux-ci,
les perturbations peuvent donc surpasser la capacité d’adaptation des écosystèmes.
 le troisième critère concerne le sol et l’eau. La forêt assure une protection aux eaux de
surfaces ainsi qu’aux eaux souterraines en la filtrant de ses impuretés, ce phénomène permet
d’offrir un habitat essentiel pour plusieurs espèces aquatiques et riveraines, or, cette
protection peut s’en trouver menacer par l’aménagement puisque cette dernière crée des

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perturbations, du compactage des sols et de l’érosion, l’aménagement doit donc utiliser des
techniques qui réduisent l’impact sur les sols et l’eau. 
 Le quatrième critère de l’aménagement durable est la contribution aux cycles écologiques
planétaires, comme les forêts assimilent des quantités importantes de gaz carboniques, la
participation des forêts au cycle d’émission et de captation mondial de carbone est non
négligeable et doit être prise en compte lors de son aménagement.
 Le cinquième critère se traduit par les avantages économiques et sociaux résultant de la forêt,
celle-ci apporte économiquement à la population tant en exploitation forestière ligneuse et
non-ligneuse, qu’en tourisme et en gestion de l’eau, elle offre aussi des apports non
pécuniaires comme la présence de la faune, l’esthétisme, la nature sauvage, les loisirs, etc.
Cette valeur, doit être prise en compte lors de l’aménagement. 
 le sixième critère consiste en la responsabilité de la société, c’est-à-dire le respect des valeurs
des collectivités tributaires du territoire forestier. L’aménagement doit se faire dans la
protection du bien-être de ces communautés.
4.3. Les étapes de la réalisation théorique d'un aménagement forestier
a/ la connaissance et la description de l'existant : étape préalable et indispensable destinée à
établir l'inventaire de tous les éléments susceptibles de jouer un rôle lors de la conception du plan
d'aménagement, comprend deux niveaux majeurs d'information.
- L'environnement humain, en mettant l'accent sur l'identification des usages traditionnellement
réservés aux ressources des écosystèmes concernés (élevage, exploitation forestière de bois-
énergie, autres produits forestiers, chasse, tourisme, etc.) et sur les modes d'appropriation de
ces ressources.
- Le diagnostic de l'écosystème, en mettant l'accent sur la description de l'espace forestier
concerné par l'aménagement pour bien appréhender les facteurs physiques, biologiques et
écologiques, cette ressource doit être positionnée dans l'espace et dans le temps.
b./ La définition des outils et des moyens : les objectifs étant clairement définis, il s'agit alors de
préciser les moyens et les outils à mettre en oeuvre pour les atteindre:
- zonage spatial (parcellaire);
- techniques et paramètres sylvicoles (rotation, volume et assiette des coupes, etc.);
- mesures de protection (délimitation, gardiennage, etc.);
- parcours d'élevage (sylvo-pastoralisme);
- prélèvement de produits non ligneux;
- contrats liant les parties (cahiers des charges, taxations, etc.).

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c/ Le plan d'aménagement
C'est en fait le résultat de tout ce qui précède, consigné au sein d'un document exhaustif
et récapitulatif, la qualité de sa rédaction et son opérationnalité peuvent être nettement
améliorées en ayant recours à la constitution de bases de données connectées à un système
d'information géographique, mais des insuffisances dans ces domaines ne doivent pas constituer
un obstacle pour l'application d'un plan moins bien parfait.
d/ La mise en oeuvre du plan, le suivi et l'évaluation
L'application du plan d'aménagement est en principe sous la responsabilité du service
forestier gestionnaire, dont le rôle essentiel est de veiller à ce que les exécutants et bénéficiaires
respectent les règles édictées. La distribution des tâches et des obligations doit suivre les
spécifications (négociées) figurant dans le plan d'aménagement et aboutissant à des cahiers de
charges et des contrats liant les différents acteurs. Un plan d'aménagement n'est utile que si le
suivi et le contrôle sont assurés sur le terrain, étape fondamentale qui conditionne la réussite de
l'opération. Ce contrôle doit mener à une évaluation permanente qui consiste à analyser la
pertinence du plan vis-à-vis de l'évolution du contexte (marchés ruraux, filières de
commercialisation des produits, état des peuplements, évolution de la population riveraine, etc.),
(Voir Annexe pour plus de détail concernant l’aménagement des forets)

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Intitulé du projet Bref aperçu
Plaider en faveur de la gestion Sensibilisation et information du public et des décideurs sur les
des écosystèmes concepts de la gestion des écosystèmes.
Apprentissage et gestion des Renforcement des capacités des pays, des institutions
connaissances d’enseignement supérieur et des responsables de la gestion des
ressources en matière de connaissance et d’application de l’approche
écosystémique
Instruments d’évaluation et de Mise au point d’instruments et de méthodologies destinés à
préservation des écosystèmes renforcer la capacité des pays à évaluer, restaurer et maintenir le
d’eau douce fonctionnement des écosystèmes d’eau douce.
Instruments pour la gestion et la Conception et mise à l’essai d’instruments destinés à la gestion, à la
réhabilitation des écosystèmes restauration ou au maintien des multiples services fournis par les
terrestres écosystèmes terrestres.
Rôle des zones marines Accroissement des moyens de subsistance des communautés
protégées dans le côtières et renforcement de la résistance et de la résilience des
fonctionnement des écosystèmes marins, par l’application de dispositifs de planification
écosystèmes marins et côtiers et de mécanismes institutionnels appropriés
Biodiversité et fonctionnement Amélioration des connaissances sur le rôle de la biodiversité dans le
des écosystèmes fonctionnement et la résilience des écosystèmes; renforcement des
capacités des pays à évaluer la biodiversité et à identifier/concevoir
et tester des instruments et méthodologies, comme par exemple les
corridors écologiques, pour aider la biodiversité à s’adapter au
changement climatique.
Développement et investissement
Promotion de la coopération Promotion de la méthode participative comme base du dialogue et
pour la gouvernance des de l’élaboration des lois et politiques afin d’améliorer la coopération
écosystèmes pour une gestion durable des écosystèmes nationaux et
transfrontières
Intégration de la gestion des Renforcement de la coordination intersectorielle et de la
écosystèmes dans les processus participation multipartite
nationaux de développement
Evaluation des différents Renforcement des capacités nationales à identifier, mettre au point
systèmes possibles de et mettre en oeuvre des systèmes de production agricole durable.
production alimentaire durable
et de leurs avantages
Incorporation de la valeur des Renforcement des capacités des États membres à appliquer les
écosystèmes dans les décisions recommandations de l’Évaluation des écosystèmes pour le
en matière de planification et Millénaire et à incorporer la valeur des écosystèmes et de la
d’investissement au niveau biodiversité dans les processus nationaux de planification et de
national formulation des politiques
Renforcement de l’interface Rapprochement entre science et élaboration des politiques en
science-politique dans les matière de biodiversité et de services écosystémiques et facilitation
domaines de la biodiversité et de la création d’une Plateforme internationale sur la biodiversité et
des services écosystémiques les services écosystémiques.
Élaboration d’approches visant Élaboration, mise à l’essai et intégration dans les processus
à assurer le partage équitable nationaux de différentes approches telles que l’accès et le partage
des avantages fournis par les des avantages pour la bioprospection et la rémunération des services
services écosystémiques écosystémiques.
Collaboration avec des Incitation des acteurs commerciaux et industriels à intégrer une
institutions financières perspective écosystémique dans leurs opérations.
internationales
Évaluation des impacts des Évaluation des impacts des grandes infrastructures sur la
grandes infrastructures sur les biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes et prise en compte
services écosystémiques de ces incidences aux étapes de la planification et de la conception

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