Vous êtes sur la page 1sur 14

ÉTUDE COMPARATIVE DE 3 TESTS DE « COPIES DE FIGURES » UTILISÉS

CHEZ L'ENFANT : BEERY VMI, NEPSY ET DTVP-2

Valérie Barray, Anne-Sophie Deborde, Cécilia Galbiati, Gaëlle Jaouen, Gwenaëlle


Lefévère, Marie Palu

De Boeck Supérieur | « Développements »

2010/2 n° 5 | pages 21 à 33
ISSN 2103-2874
Article disponible en ligne à l'adresse :
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
https://www.cairn.info/revue-developpements-2010-2-page-21.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Distribution électronique Cairn.info pour De Boeck Supérieur.


© De Boeck Supérieur. Tous droits réservés pour tous pays.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les
limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la
licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie,
sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de
l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage
dans une base de données est également interdit.

Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 21

Valérie BARRAY 1
Étude comparative Ergothérapeute
Anne-Sophie DEBORDE 1
de 3 tests de Psychologue

« copies de figures » Cécilia GALBIATI 2


Ergothérapeute

utilisés chez Gaëlle JAOUEN 1


Ergothérapeute

l’enfant : Beery VMI, Gwenaëlle LEFÉVÈRE 3


Ergothérapeute

NEPSY et DTVP-2 Marie PALU 2


Ergothérapeute
1. Service de médecine physique
et de réadaptation de l’enfant, Brézin 3,
Hôpital Poincaré, 92380 Garches
2. Centre de référence des troubles
des apprentissages, C.H.U. du Kremlin Bicêtre,
78 avenue du Général Leclerc,
94270 Le Kremlin Bicêtre
3. SESSD APF, 55 rue Gustave Courbet,
92220 Bagneux

Résumé Summary
Dans notre pratique d’ergothérapeutes, nous relevons In our occupational therapists practice, we often find
fréquemment des différences notables de résultats d’un important differences of results obtained by the same
même patient à trois tests de copie de figures, utilisées en patient using three different tests of copying geometric
pédiatrie dans le domaine des troubles d’apprentissage. shapes which are used in pediatry in the field of learning
Cette étude compare ces trois épreuves : celle du « Beery- disorders.
Buktenica Developmental Test of Visual-Motor This study compares these three tests : the « Beery-
Integration » 4e version de Beery et Buktenica, 1997 (Beery Buktenica Developmental Test of Visual-Motor
VMI), celle de la « NEPSY, bilan neuropsychologique de Integration » 4th version, Beery et Buktenica, 1997 (Beery
l’enfant » de Korkman, Kirk et Kemp, 2003 (Nepsy) et VMI), the one issued of the “NEPSY a developmental
celle du « Developmental Test of Visual Perception-2 » de neuropsychological assessment” Korkman, Kirk et
Hammill, Pearson et Voress, 1993 (DTVP-2). Leur Kemp, 2003 (Nepsy) and the test of copying of the
présentation détaillée montre des différences : matériels, « Developmental Test of Visual Perception-2 » de
propriétés psychométriques, notations et étalonnages. Hammill, Pearson & Voress, 1993 (DTVP-2). Their
detailed presentation shows some differences : material,
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


Une comparaison des résultats obtenus à ces trois
épreuves auprès de 90 enfants de 6 à 10 ans est réalisée. psychometric property, scoring, standard settings.
Après normalisation des données, l’étude de corrélation A comparison of the results obtained from 90 children
from 6 to 10 years is realized. After standardization of the
montre un lien unissant ces trois épreuves. Mais
data, the study of correlation shows a bond linking these
l’analyse de variance multivariée par mesures répétées
three tests. But the multivariate variance analysis by
révèle une différence significative entre les moyennes.
repeated measurements reveals a significant difference
Plusieurs hypothèses sont proposées pour expliquer les
between the averages. Several assumptions are
différences retrouvées. Afin d’éviter le biais introduit par
proposed to explain the found differences. In order to
les différences culturelles entre enfants américains et avoid the skew introduced by the cultural differences
français, les auteurs préconisent l’utilisation de l’épreuve between American and French children, the authors
de « Copie de figures » de la NEPSY pour comparer la recommend the use of the Nepsy test to compare the
performance du sujet testé avec celles de ses pairs. Celle performance of the tested subject with those of its peers.
du Beery VMI est recommandée quand il s’agit d’évaluer The Beery VMI is recommended when it is a question
la performance de l’enfant dans une trajectoire of evaluating the performance of the child in a
développementale. developmental trajectory.

Mots-clés Keywords
• Copies de figures • Copying tests
• Beery VMI • Beery VMI
• Nepsy • Nepsy
• DTVP-2 • DTVP-2
• Différences culturelles • Cultural differences

Développements / juin 2010 21


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 22

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

Introduction – déficit visuo-spatial : défaut de localisation de


points dans l’espace, d’orientation topographi-
Les épreuves de copie de figures géométriques sont que, négligence d’une partie du champ visuel,
classiquement utilisées dans l’évaluation des enfants difficultés sur la direction ou la distance
présentant un trouble des apprentissages (trouble – déficit visuo-moteur : problème oculo-moteur,
d’acquisition des coordinations, dyspraxie, dys- dans l’assemblage ou dans la performance gra-
lexie, dysgraphie…). Selon les auteurs, ces épreu- phomotrice.
ves sont classées dans le champ des praxies
constructives ou dans le domaine visuo-spatial. A l’heure actuelle en France, trois tests, entre autres,
La cognition spatiale n’est pas un concept unidi- sont couramment utilisés chez l’enfant, pour éva-
mensionnel mais inclut l’habileté à représenter et luer les capacités visuo-constructives dans des
à organiser l’environnement en un cadre spatial tâches de copie de figures géométriques :
cohérent, à intégrer des percepts visuels, à faire – l’épreuve d’« intégration visuo-motrice » du
attention à des endroits spécifiques dans l’espace Beery VMI,
et à manipuler des objets, visuellement ou tactile- – le subtest « Copie de figures » du domaine
ment (Morrow & Ratcliff, 1988). Benton (1985, cité visuo-spatial de la batterie neuropsychologi-
in Desmarais, Kaplan & Nollin, 2004) distingue les que NEPSY,
aspects visuo-perceptifs des aspects visuo-spa- – le subtest « Copie » du DTVP-2, intégré dans
tiaux et visuo-constructifs. Les composantes visuo- les épreuves mesurant l’intégration visuo-
spatiales comportent des éléments de localisation, motrice.
de direction, de distance et d’attention dans l’espace. Selon leurs auteurs respectifs, le but de ces trois
L’habileté à organiser un matériel complexe consti- épreuves est identique : évaluer l’intégration
tue les fonctions visuo-constructives. Desmarais et visuo-motrice. Selon Beery, Buktenica et Beery
al. (2004) ajoutent que les fonctions visuo- (2004), l’intégration visuo-motrice correspond
constructives résultent des habiletés visuo-per- à la coordination entre perception visuelle et
ceptives et visuo-spatiales et requièrent de la mouvements des doigts et de la main. Selon
planification. Korkman et al. (2003), il s’agit de l’intégration des
Selon Barisnikov (2009), l’évaluation des capacités aptitudes visuo-spatiales avec une activité motrice
visuo-constructives, réalisée le plus souvent par coordonnée.
des tâches de dessins et de constructions, peut être Dans le cas du DTVP-2, cette évaluation est réa-
intégrée dans celle des fonctions visuo-spatiales. lisée grâce à la passation de 4 épreuves dont
Dans la condition de copie de dessins (durant celle de « Copie ». Dans celui de la Nepsy et du
laquelle le modèle reste exposé devant l’enfant pen- Beery VMI, la passation des épreuves de « Copie
dant sa réalisation), les compétences d’analyse de figures » suffit à l’évaluation de l’intégration
visuo-perceptive et visuo-spatiale sont particuliè- motrice. Néanmoins, les auteurs du Beery VMI
rement sollicitées (Barisnikov & Pizzo, 2007). proposent la passation de tests de perception
Mais l’utilisation de tests de copie de figures géo- visuelle et coordination motrice sous la forme de
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


métrique est aussi souvent intégrée dans l’éva- quelques items supplémentaires comme un
luation des praxies constructives (Albaret & moyen d’évaluer les contributions visuelle et
Castelnau, 2005, Albaret & Soppelsa, 2005). motrice à la performance au VMI. Mais ils ajou-
Lussier et Flessas (2001) considèrent aussi que tent qu’il n’est pas nécessaire d’administrer les
la reproduction de figures géométriques fait par- deux épreuves complémentaires pour identifier
tie de l’évaluation des praxies de construction. les différents facteurs susceptibles d’affecter la
performance au Beery VMI. Pour cela, ils conseil-
La réalisation correcte d’activités constructives lent plutôt d’utiliser une procédure détaillée
nécessite une perception visuelle intacte ainsi que dans le manuel et qui semble cliniquement plus
des capacités visuo-spatiales et visuo-motrices intéressante. Alors que ces 3 épreuves sont pré-
efficaces. Chacun de ces 3 domaines (perceptif, sentées par leurs auteurs comme évaluant l’in-
visuo-spatial et moteur) peut présenter des défi- tégration visuo-motrice, que les tâches sollicitées
ciences qui entraînent des difficultés dans les acti- dans chacun des trois tests semblent très simi-
vités visuo-constructives (Groth-Marnat, 2009). laires : copie de modèles de figures géométri-
Benton (1979, cité in Groth-Marnat, 2009) les ques, notre expérience clinique dans le domaine
classe ainsi : de l’évaluation montre des différences impor-
– déficit visuo-perceptif : défaut de discrimina- tantes de résultats obtenus par un même enfant
tion de stimuli complexes, de reconnaissance à ces trois tests. Cette étude cherche à objecti-
visuelle ou des couleurs, de perception figure- ver les différences observées et à en comprendre
fond, ou d’intégration visuelle les raisons.

22 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 23

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

Pour cela, une présentation des tests de « copie de B - Présentation détaillée des 3 tests
figures » étudiés permettra de mettre en évidence
les différences éventuelles concernant le maté- 1. « Copie de figures » de la Nepsy
riel, la passation, la notation, l’interprétation des Il s’agit d’un subtest de base du domaine visuo-spa-
résultats et les propriétés statistiques. Au cours de tial de la Nepsy, destiné à évaluer l’intégration
cette présentation, les avantages et inconvénients visuo-motrice des enfants de 3 ans à 12 ans
propres à chacun des outils seront dégagés. Après 11 mois. Il fait appel aux capacités d’intégration
cette approche qualitative, un protocole de recher- visuo-spatiale et de coordination de l’activité
che sera développé dans lequel les résultats obte- motrice (Korkman et al., 2003).
nus à ces trois tests par une population de 90
enfants seront comparés. La méthode de recher- Passation :
che utilisée et les résultats obtenus seront pré- L’enfant doit reproduire le plus fidèlement possi-
sentés. La discussion évoquera les différentes ble 18 figures géométriques (3 à 4 figures par page
hypothèses expliquant les résultats retrouvés. en format paysage) sans utiliser de gomme. Ce
test comporte peu de figures classiquement pro-
posées (pas de triangle, ni de croix latine ou grec-
que, ni de losange). Différentes situations
I - Présentation des trois tests visuo-spatiales sont abordées : intersection, proxi-
de copie de figures mité, alignement, parallélisme, etc. L’arrêt de la pas-
sation se fait à partir de quatre figures consécutives
A - Présentation succincte et comparative notées 0.

NB : une 5e version du Beery VMI est commercia- Notation :


lisée depuis 2004, comprenant des réactualisa- Chaque figure est notée selon 4 critères définis
tions d’étalonnage. Elle n’était pas à disposition très précisément, chaque critère respecté entraîne
des auteurs de la présente étude lors de son l’attribution d’un point, la note brute maximale est
déroulement (cf. tableau 1). donc de 72 points. Ces critères tiennent compte
de la rectitude et de l’orientation des lignes, de la
Ces 3 tests ont donc des caractéristiques diver- taille des angles, des éventuels dépassements et
ses au regard de leur année d’étalonnage, du nom- espaces aux intersections, ainsi que du respect
bre de sujets composant l’étalonnage, du nombre des proportions entre différents traits d’une figure.
de modèles et du mode de notation. Pour vérifier le respect de ces critères, des prises

Beer y VMI (4e version) NEPSY DTVP-2

Contexte Inclus dans une batterie Inclus dans une batterie Inclus dans une batterie
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


d’évaluation de coordination d’évaluation des compétences d’évaluation de l’intégration
et d’intégration visuo-motrice, neuropsychologiques visuo-motrice et de la
visuo-perceptive. perception visuelle

Année d’étalonnage 1997 2003 1993

Pays d’origine Etats-Unis Etats-Unis Etats-Unis

Echantillonnage 2 614 enfants américains 1 000 enfants américains 1972 enfants américains
de sujets testés de 2 ans à 18 ans 11 mois 325 enfants français de 4 ans à 10 ans 11 mois
de 3 ans à 12 ans 11 mois

Nombre de figures
24 18 20
à reproduire

Type de cotation 0 ou 1 (2 niveaux) De 0 à 4 (5 niveaux) De 0 à 2 (3 niveaux)

Résultats exprimés en Note Standard, percentiles, Note Standard, âge équivalent Note Standard, percentiles,
âge équivalent âge équivalent

Auteurs K. E. Beery & N. A. Buktenica M. Korkman, U. Kirk & S. Kemp D. D. Hammill, N. A. Pearson
& J.K. Voress

Tableau 1 : Comparaison des caractéristiques principales des 3 tests.

Développements / juin 2010 23


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 24

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

de mesures très précises sont nécessaires. Une D’autre part, la rigueur de la notation constitue éga-
étude de comparaison entre les données américai- lement un intérêt. En effet, l’exigence des critères
nes de l’étalonnage et les résultats obtenus dans la de notation assure l’uniformisation des pratiques,
population française a montré qu’en moyenne, et donc limite les différences inter-notateurs. De
les enfants français obtiennent des notes supé- plus, la notation de chaque figure en quatre points
rieures à celles des enfants américains à l’épreuve permet de cerner très précisément la performance
de « copie de figures » de la Nepsy. Cette différence de l’enfant, celui-ci étant évalué sur un total de 72
est de l’ordre de 6 points. Pour pouvoir utiliser les points pour 18 figures. Par ailleurs, l’adaptation
valeurs de référence américaines, les auteurs recom- proposée par les auteurs, avec le retrait de 6 points
mandent donc de retirer 6 points à la note brute de la note brute, permet d’évaluer plus justement
obtenue par les enfants français. Dans le manuel, les performances des enfants français par rapport
des tableaux de conversion des notes brutes en à leurs pairs.
notes standard se répartissent par tranches de 6
mois. Les notes standard vont de 1, pour la note Points faibles :
minimale, à 19, pour la maximale, avec une La nécessité de prises de mesures précises pour la
moyenne à 10. Une équivalence des notes standard notation des figures allonge le temps de correction
en catégories descriptives est proposée. par rapport à d’autres épreuves de copies de figu-
Des données sont également disponibles sur la fré- res dont les critères de notation sont moins pré-
quence dans la population d’étalonnage de compor- cis.
tements moteurs comme des tremblements, des
syncinésies ou une tenue de crayon immature. 2. « Copie » du DTVP-2
Il s’agit d’un des 4 subtests du domaine « inté-
Interprétation (Korkman et al., 2003): gration visuo-motrice » du DTVP-2 administré
Un faible résultat peut être le signe d’une mauvaise aux enfants de 4 ans à 10 ans 11 mois. Les 3 autres
coordination motrice, de capacités visuo-spatia- épreuves de ce domaine sont « Relations spatia-
les insuffisantes, d’un manque d’intégration des les », « Coordination visuo-motrice » et « Vitesse
aptitudes visuo-spatiales avec une activité motrice visuo-motrice ». Le test « Copie » mesure la capa-
coordonnée (intégration visuo-motrice), d’une cité à reconnaître les caractéristiques d’une figure
inexpérience et/ou d’une difficulté à utiliser un et à la copier (Hammill et al., 1993).
outil pour planifier un comportement visuo-
moteur. Les auteurs recommandent de croiser les Passation :
résultats visuo-spatiaux et sensori-moteurs pour Ce test est composé de 20 figures à reproduire
déterminer l’impact de ces deux domaines sur la précisément sans utiliser la gomme (10 figures
performance de l’enfant. par page en format paysage ; 5 dans la moitié supé-
rieure et 5 dans la moitié inférieure). Comme
Propriétés psychométriques (Korkman et al., 2003): dans le test de copie de figures de la Nepsy, diffé-
La validité convergente de l’épreuve a été étudiée rentes situations visuo-spatiales sont abordées
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


en comparaison à l’épreuve de « Rétention (intersections, proximité, alignement, parallé-
visuelle » (copie) de Benton, et montre une cor- lisme, etc.). L’arrêt de la passation intervient après
rélation faible (35). Les études de validité clinique trois figures notées 0.
sont peu informatives car elles n’ont pas été réa-
lisées avec des groupes présentant des difficultés Notation :
visuo-spatiales. 0, 1 ou 2 points sont accordés pour chaque repro-
Les autres propriétés psychométriques n’ont pas duction, avec un total maximum de 40 points. La
été étudiées spécifiquement sur l’épreuve de copie notation se fait grâce à un livret de notation com-
de figures mais sur l’ensemble de la batterie de la portant une phrase explicative succincte préci-
NEPSY. Les coefficients de fidélité montrent une sant les critères à retenir pour considérer la
consistance interne satisfaisante (.70 à .87) et un production de l’enfant comme correcte, et des
degré de fidélité inter-notateurs très élevé (.99). exemples de productions d’enfants pour chaque
note 0,1 ou 2. Des tableaux de conversion per-
Points forts : mettent de transformer la note brute de l’enfant en
Le premier avantage de ce test concerne le choix note standard: celles-ci vont de 1 à 20, la moyenne
des items. En effet, les figures géométriques pro- étant à 10 et l’écart-type à 3, en percentile ou en
posées sont inhabituelles dans le quotidien de âge équivalent. Il n’existe pas d’indications dans
l’enfant, ce qui leur octroie un caractère de nou- le protocole concernant les observations clini-
veauté et permet d’évaluer le niveau de l’enfant ques additionnelles que peut faire l’examinateur
dans une situation dénuée d’apprentissage. (posture, tenue de crayon…).

24 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 25

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

Interprétation (Hammill et al., 1993): repères topologiques. Il peut alors devenir difficile
Dans le contexte de l’évaluation avec le DTVP-2, de savoir quelle note attribuer à la production de
donc l’évaluation de la perception visuelle, l’enfant. Ainsi, la notation peut rapidement deve-
« Copie » est interprété comme un test de coor- nir subjective si le dessin de l’enfant ne se rap-
dination visuo-motrice. proche pas des exemples proposés.
Des catégories descriptives sont proposées en cor- De plus, notre expérience clinique montre que
respondance avec les notes standard. Des informa- les résultats à ce test sont rarement révélateurs
tions sont proposées concernant un faible résultat des difficultés rapportées par les parents ou les
au quotient d’intégration visuo-moteur calculé enseignants. Par ailleurs, les données de l’étalon-
à partir des résultats obtenus aux 4 épreuves du nage sont américaines, elles ne sont pas forcé-
domaine « intégration visuo-motrice » : il peut ment représentatives des performances des enfants
être le reflet de difficultés perceptives visuelles, français.
motrices ou de coordination œil-main.
3. « Copie de figures » du Beery VMI
Propriétés psychométriques : Ce test s’adresse à des enfants de 2 ans à 17 ans 11
Les propriétés psychométriques du DTVP-2 sont mois et aide à identifier des difficultés significa-
satisfaisantes : pour l’épreuve de copie, le coeffi- tives d’intégration ou de coordination des capaci-
cient de fidélité est de .80, la fidélité inter-notateurs tés visuo-perceptives et motrices (Beery &
est de .92 (Hammill et al., 1993) et la validité Burktenica, 1997).
convergente avec le Beery VMI est de .87 (Albaret
et al., 2005). Passation :
L’enfant copie 24 figures (3 par feuille sur un for-
Points forts : mat paysage) le plus précisément possible, avec un
Sa passation est rapide et peu impressionnante, le crayon et sans utiliser la gomme. Les figures à
matériel du test ne comportant que deux feuilles recopier vont de dessins simples (lignes) à des
A4, présentant des dessins de petite taille. Sa nota- figures plus complexes représentant un objet en
tion est également rapide. 3 dimensions (cube). Pour les enfants les plus
Par ailleurs, certaines figures, analysées indivi- jeunes, les 3 premiers modèles sont d’abord pro-
duellement, sont particulièrement intéressantes posés en imitation, l’enfant regarde l’examinateur
pour observer la procédure constructive qu’uti- dessiner le modèle puis l’imite. L’épreuve s’arrête
lise l’enfant (mode d’appréhension de la figure, après trois figures notées 0 consécutives.
stratégies utilisées, etc.).
Notation :
Points faibles : Les productions de l’enfant sont notées selon des cri-
Les inconvénients sont nombreux. Le premier est tères stricts : respect des proportions et des liens
lié au matériel du test : les emplacements pour spatiaux entre les différents éléments, déviations
reproduire les modèles nous semblent très petits d’angles… Le correcteur attribue 1 à chaque forme
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


et n’autorisent qu’un geste de très faible ampli- réussie ou 0 pour l’échec, la note brute maximale
tude, l’examinateur n’a ainsi que peu d’éléments étant de 27 pour la 4e version. Des informations
pour juger d’un trouble d’organisation du geste. De supplémentaires sont fournies pour chaque figure
plus, la surcharge visuelle du support peut gêner concernant l’âge d’acquisition de la figure en fonc-
les enfants ayant des troubles visuo-attentionnels tion d’auteurs de référence (Gesell, Stanford-Binet)
importants. et l’évolution de la qualité de la reproduction en
Le second est directement lié au choix des figures- fonction de l’âge de l’enfant. Des tableaux de conver-
modèles elles-mêmes. Le test ne respecte pas la pro- sion des notes brutes en notes standard (moyenne
gression du développement spatial : par exemple, à 10 et déviation standard de 3), en percentile ou en
le triangle, habituellement reproduit à 6 ans, est âge équivalent sont présentés dans le manuel. Mais
demandé avant la croix (18 mois) et le carré (4ans), les auteurs, eux-mêmes, nous mettent en garde
alors que l’arrêt de l’épreuve est recommandé contre l’utilisation de ces âges équivalents qui doit
après 3 notes 0 consécutives. se faire avec précaution, car elle conduit facilement
Un autre inconvénient majeur se rapporte à la à une interprétation erronée (Beery et al., 2004).
notation trop subjective. En effet, il n’existe sou-
vent qu’une seule phrase d’explication indiquant Interprétation :
les critères à respecter avec quelques exemples Un tableau d’interprétation des notes standard
de productions d’enfants. Aucune prise de mesure est présenté dans le manuel : il propose une équi-
n’est prévue pour évaluer le respect des propor- valence entre les catégories descriptives de la per-
tions, l’orientation des traits ou l’exactitude des formance et les notes standard (performance dans

Développements / juin 2010 25


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 26

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

la moyenne, dans la moyenne inférieure ou supé- C - Synthèse de la présentation


rieure, etc.). L’évaluation peut être complétée par des trois tests
la passation de deux autres tests : « perception
visuelle » et « coordination motrice » afin d’éva- L’analyse détaillée des trois tests de copie de
luer les contributions visuelle et motrice à la per- figures met en évidence des différences notam-
formance au Beery VMI. ment au regard du type de figures à recopier et
des modalités de notation.
Propriétés statistiques : Ainsi, la Nepsy est le test qui propose les critè-
Le Beery VMI a des coefficients de fidélité test- res de notation les plus précis, réduisant le ris-
retest et inter-correcteurs satisfaisants (respecti- que de notation subjective. La taille des figures
vement .87 et .94). Sa consistance interne est à recopier et l’espace proposé pour tracer sont
élevée (coefficient de Cronbach : .96). La validité pratiques pour pouvoir repérer d’éventuels trou-
convergente avec l’épreuve de copie du DTVP-2 est bles de la régulation du tonus ou de la vitesse
satisfaisante (.75) (Beery et al., 2004). La com- d’exécution. De plus, c’est le seul test étudié qui
paraison de l’épreuve de la figure de Rey avec la a bénéficié d’une adaptation en langue française
troisième édition du Beery VMI montre un pour- avec une étude de comparaison des résultats
centage de variance commune de 7 à 31 % en entre enfants américains (étalonnage d’origine)
fonction de l’âge qui indique que les deux outils et français.
ne mesurent pas exactement les mêmes capaci- Quant au Beery VMI, il est similaire au regard de
tés (Albaret et al., 2005), même si, selon les auteurs la taille de l’espace de copie, mais propose des
de l’étude, une amélioration avec l’âge des per- modèles qui s’apparentent plus aux figures géo-
formances des sujets sur les deux tests indique métriques fréquemment rencontrées dans le
une similarité des mesures et leur sensibilité avec contexte scolaire, ce qui réduit l’effet “nou-
le développement de l’intégration visuo-motrice veauté”. Ses critères de notation sont stricts éga-
(Demsky, Carone, Burns & Sellers, 2000). lement, parfois à l’excès et difficiles à appliquer
compte tenu des différences d’unités de mesure
Points forts : entre les Etats-Unis et la France. Par ailleurs, il
La présentation est claire et aérée. L’espace d’ins- ne dispose pas d’une adaptation en langue fran-
cription est suffisamment grand pour reproduire çaise et l’absence d’études de comparaison entre
la forme, ce qui facilite l’exercice, particulière- performances françaises et américaines pose le
ment pour les plus jeunes, qui ont encore des dif- problème d’utiliser des étalonnages recueillis
ficultés à réduire leur production. De plus, l’ordre dans une population américaine pour évaluer
de passation des figures respecte la progression du des enfants français.
développement de l’enfant selon Gesell : trait ver- Enfin, malgré des figures très intéressantes et
tical, trait horizontal, rond, trait oblique, carré, une relative rapidité de passation et de nota-
triangle, losange… Enfin, la notation est assez tion, le DTVP 2 reste un test tout à fait subjec-
précise avec plusieurs critères à prendre en compte tif dans sa notation, par manque de critères
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


pour valider ou non le résultat de l’enfant. Le thé- précis, ne permettant pas, de ce fait, d’évaluer
rapeute peut apprécier de disposer de précisions correctement les difficultés de l’enfant. De plus,
concernant l’évolution qualitative de la reproduc- comme pour le Beery VMI, il n’existe pas d’étude
tion de chaque figure en fonction de l’âge. de comparaison entre performances françaises
et américaines.
Points faibles :
Il n’existe pas d’adaptation française de ce test,
ni même de traduction officielle du manuel. II - Méthode
Ainsi les unités de mesure de longueur utilisées
ne nous sont pas familières (pouce) et demandent L’objectif de cette étude était de comparer trois
aux correcteurs une conversion dans notre sys- tests de copie de figures. Pour cela, nous avons
tème métrique qui reste approximative. Même si choisi de proposer ces trois tests à une popula-
elles ont été réalisées sur un grand nombre d’en- tion de 90 enfants afin de comparer leurs résultats.
fants, les données de l’étalonnage sont améri- Après une présentation de la population, de la
caines, ce qui pose problème pour évaluer des méthode de recueil et de traitement des données,
enfants français. les résultats obtenus ont été comparés par une
Au niveau de la notation, le nombre de critères étude de corrélation et par une analyse de variance
(de 1 à 7) diffère d’une forme à l’autre et pourtant multivariée à mesures répétées.
le système de cotation reste toujours binaire (0
ou 1).

26 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 27

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

A - Population une pièce calme et bien éclairée, les enfants étant


correctement installés. Quelques mots d’explica-
Elle se compose de 90 enfants âgés de 6 ans à 10 tion sur ce que l’on attendait d’eux et le but de
ans 11 mois répartis en 5 groupes de 18 enfants l’étude servaient de préambule. Puis l’examina-
chacun en fonction de leur âge : teur appliquait le protocole de passation prévu
– enfants âgés de 6 ans à 6 ans 11 mois (moyenne par chacun des tests. L’ordre de présentation des
de 6 ans 6 mois) trois épreuves risquait d’influer sur la qualité de
– enfants âgés de 7 ans à 7 ans 11 mois (moyenne la production des enfants : ainsi, un effet de lassi-
de 7 ans 6 mois) tude était attendu pour le test proposé en dernier.
– enfants âgés de 8 ans à 8 ans 11 mois (moyenne C’est pourquoi l’ordre dans lequel étaient présen-
de 8 ans 7 mois) tés les tests a été randomisé.
– enfants âgés de 9 ans à 9 ans 11 mois (moyenne Afin que les ordres soient représentés équitable-
de 9 ans 5 mois) ment dans chacun des groupes d’âge, chacun d’eux
– enfants âgés de 10 ans à 10 ans 11 mois était proposé à trois enfants de chacun des grou-
(moyenne de 10 ans 5 mois). pes de 18 enfants.
La plupart d’entre eux étaient suivis pour des dif- La performance de chaque enfant est exprimée
ficultés d’apprentissage dans les centres de réfé- par la note brute recueillie à chaque test : elle cor-
rence de l’hôpital Kremlin-Bicêtre et de l’hôpital respond à la somme des points obtenus par l’en-
Poincaré à Garches : 82 % présentent des trou- fant en appliquant les règles de notation spécifique
bles développementaux, 10 % une paralysie céré- à chaque test.
brale et 8 % une autre pathologie (arthrogrypose,
amyotrophie).
Il n’a pas été tenu compte d’une éventuelle répar-
C - Analyse statistique des résultats
tition géographique, socio-culturelle ou par sexe L’analyse a porté sur les résultats exprimés en
ou pathologie. En effet, ces données ne devraient notes brutes. Pour pouvoir comparer les résultats
pas avoir d’influence sur les résultats de l’étude, bruts obtenus aux 3 tests, il a d’abord été néces-
puisque nous souhaitions observer les différences saire de normaliser les données afin d’utiliser
retrouvées entre les résultats aux trois tests de une même échelle de mesure. Ainsi pour cha-
copie de figures. que test, tous âges confondus, la moyenne des
La répartition par sexe est de 69 garçons pour 21 notes brutes a été calculée, il lui a été attribué la
filles, une large majorité de garçons est donc retrou- note de 0, alors que la note la plus basse obtenue
vée, probablement à cause du mode de recrute- dans notre population a reçu la note de -1 et la
ment de l’échantillon. En effet, les enfants de notre note haute, la note de 1. Puis à chaque note
population présentaient, majoritairement, des brute, a été attribuée une valeur proportionnelle
troubles d’apprentissage, cette population étant entre -1 et +1 correspondant à sa place entre les
décrite comme largement masculine. Un pour- notes brutes, minimale et maximale, de notre
centage de 75 % d’enfants dessinant avec la main population.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


droite est observé dans notre population. Celui- Afin de confirmer les liens entre les différents
ci est un peu inférieur à ce qui est retrouvé dans outils utilisés (Nepsy, Beery VMI et DTVP-2), des
des sociétés dans lesquelles il n’y a pas de pression analyses de corrélations (coefficients de corréla-
culturelle explicite en faveur de la main droite. tion de Pearson) ont été menées. De plus, pour
En effet, Fagard, Dellatolas et De Agostini (2004) vérifier si la nature du test utilisé a une répercus-
évoquent dans ce cas 85 à 90 % de sujets écrivant sion sur les scores obtenus (étude de l’effet prin-
de la main droite. cipal du test utilisé), une analyse de variance
multivariée par mesures répétées a été réalisée,
B - Recueil des données après vérification de l’hypothèse d’homogénéité de
la covariance ou sphéricité.
Les enfants ont été évalués par les ergothérapeu-
tes des deux centres de référence précités, après
que celles-ci aient harmonisé leur manière de pro-
céder, tant au niveau de la passation que de la III - Résultats
notation, afin de limiter l’impact d’une différence
inter-notateurs. Les enfants évalués n’étaient pas L’étude de corrélations confirme que les trois tests
suivis en ergothérapie par leur évaluateur. sont bien tous inter-corrélés. La matrice de corré-
Le recueil des données s’est fait la plupart du lation montre les liens les plus élevés entre Nepsy
temps en situation duelle. Les trois tests de copie et DTVP-2 et les liens les moins forts entre Nepsy
de figures étaient présentés l’un après l’autre dans et Beery VMI.

Développements / juin 2010 27


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 28

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

L’ANOVA à mesures répétées pratiquée à partir IV - Discussion


des résultats montre une différence significative
entre les trois tests avec un effet du facteur Test
A - Interprétation des résultats
[F(2,170)=6,46 ; p<0.01] indiquant que le type
de test proposé au patient détermine le score qu’il L’analyse des corrélations montre que les résul-
obtient. Aucun effet du facteur Age n’est retrouvé tats sont corrélés entre eux. Il existe donc bien
(F<1) mais il existe une interaction des facteurs un lien statistique unissant ces trois séries de don-
Test et Age [F(8,170)=2,74 ; p<0.01)]. nées. Ce résultat était attendu, étant donné que les
La comparaison des résultats bruts normalisés trois évaluations sont effectivement toutes des
montre des différences intra-individuelles très fré- tests de copie de figures. Ce lien est le plus fort
quentes entre chaque test. En effet, hormis quelques entre Nepsy et DTVP-2, ce qui indique une forte
sujets dont la performance aux trois tests se situe tendance à une variation parallèle et proportion-
dans les extrêmes (très médiocre ou au contraire nelle des deux séries de données. Ainsi un bon
excellente) et qui obtiennent les notes brutes nor- résultat à la Nepsy s’accompagne d’une bonne
malisées minimale (-1) ou maximale (+1) à chaque réussite au DTVP-2. Ce lien est un peu moins
épreuve, aucune similarité entre les résultats pour élevé entre Nepsy et Beery VMI, indiquant une
un même sujet à chaque test n’est retrouvée. tendance moins marquée.
Pour faire apparaître ces différences, les données Mais l’analyse de variance multivariée par mesu-
brutes de chaque test ont été, cette fois, normali- res répétées met en évidence que les résultats
sées par tranche d’âge puis les moyennes par âge obtenus aux 3 tests ne sont pas similaires. Ainsi des
de chaque test ont été calculées puis reportées différences de résultats entre les trois tests sont
sur le graphique 1. mises en évidence dans cette étude. Il semble,
La comparaison de l’évolution des courbes en donc, que les trois tests n’évaluent pas de la même
fonction de l’âge montre que la moyenne d’un manière les performances des enfants, alors que les
test n’évolue pas de la même manière par rapport objectifs de leurs auteurs respectifs étaient iden-
aux moyennes des deux autres tests. Ainsi la tiques puisqu’ils se proposaient, tous les trois,
courbe de moyennes par âge des résultats à la d’évaluer l’intégration visuo-motrice. Un effet du
Nepsy évolue de manière similaire à celle du facteur Test est donc retrouvé, mais aucun effet du
DTVP-2 uniquement entre les âges de 6 et 8 ans ; facteur Age, ce qui nous indique que les résultats
au-delà de 8 ans, les deux courbes présentent un en notes brutes normalisées sont significative-
tracé différent. Une similarité est retrouvée uni- ment différents d’un test à l’autre, mais pas d’un
quement entre 7 et 9 ans sur les tracés des moyen- âge à l’autre. Un effet du facteur « Age et Test » est
nes de la Nepsy et du Beery VMI. Les tracés aussi retrouvé, ce qui nous indique que les résul-
concernant le Beery VMI et le DTVP-2 ne montrent tats sont différents si on tient compte à la fois de
une évolution proche qu’entre 7 et 8 ans. l’âge et du test.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

Graphique 1 : Moyenne des notes brutes normalisées de chaque test par âge.

28 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 29

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

La suite de la discussion cherchera tout d’abord à sont identiques (trait vertical, trait horizontal,
expliquer ces différences de résultats, puis à déter- cercle et carré), même si leur ordre de présenta-
miner quel outil, parmi les trois utilisés dans cette tion diffère. Mais au-delà des premiers items, les
étude, il vaut mieux utiliser pour évaluer le plus modèles diffèrent. Même si certaines notions spa-
exactement la performance de nos patients. tiales sollicitées, comme l’inclusion d’une figure
dans une autre ou l’intersection de figures entre
elles, sont retrouvées dans les trois tests de notre
B - Proposition d’explications étude, il reste que la complexité des figures sem-
des différences de résultats constatées ble différente. Par exemple, des items de la Nepsy
et du Beery VMI présentent un modèle de trois cer-
Pour comparer ces trois tests de copies de figures, cles entremêlés, mais pour la Nepsy, ces cercles sont
nous avons constitué un groupe de 90 enfants disposés les uns en dessous des autres alors que
dont la plupart présentait des troubles d’appren- dans le Beery VMI, les trois cercles sont aussi
tissage. Nous leur avons proposé la passation des entrelacés comme les anneaux olympiques mais
trois tests sur lesquels portait notre travail. Le fait deux d’entre eux sont situés côte à côte alors que
que ces enfants soient porteurs de troubles d’ap- le troisième est en dessous des deux autres. Ainsi
prentissage ne nous a pas semblé pouvoir influer dans le premier cas, avant de tracer un cercle, le
sur la comparaison des moyennes de résultats sujet doit respecter l’emplacement de celui-ci par
puisque chaque enfant était amené à passer les rapport à un seul autre cercle (généralement le
trois tests. En effet, nous n’avons pas comparé cercle tracé précédemment), alors que dans le
leurs résultats par rapport à une moyenne mais les second cas, pour tracer le cercle situé sous les
résultats entre eux, ce qui devrait limiter l’impact deux autres, le sujet doit tenir compte de la posi-
de la pathologie. tion de ces deux autres cercles, ce qui complique
L’ordre de présentation des 3 épreuves nous a sérieusement sa tâche. Les compétences impli-
paru, par contre, capital puisqu’il était probable que quées dans la copie d’une figure illustrant une
l’investissement des enfants risquait de varier en situation spatiale donnée, même si celle-ci semble
fonction de l’ordre de présentation des épreuves. similaire d’un test à l’autre, pourront être sollici-
C’est pourquoi nous avons pris soin de proposer tées de manière inégale : ainsi la planification,
les épreuves dans les six ordres possibles de l’analyse visuo-spatiale et la coordination visuo-
manière équitable dans chaque groupe d’âge. motrice nécessaires à la réussite de la reproduction
Ainsi, chaque tranche d’âge a été divisée en six seront mises en jeu de manière plus ou moins
groupes de trois enfants, et l’ordre de présentation importante en fonction du type de situation spa-
des tests était différent pour chaque groupe. Cela tiale présentée et de la complexité du modèle. On
nous a semblé le meilleur moyen de limiter l’im- peut alors supposer que certains modèles d’un
pact de la lassitude, et donc d’un désinvestissement test présentent moins ou plus de difficultés que
inhérent à la répétition des épreuves. ceux d’un autre test. Une étude complémentaire
Pour éliminer l’impact possible de l’étalonnage permettrait d’évaluer et de comparer plus précisé-
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


propre à chaque test, il a été décidé d’utiliser les ment les difficultés présentées par chaque modèle
données brutes après leur normalisation. Ainsi, les et les compétences mises en jeu.
différences mises en évidence par notre étude ne
peuvent pas, non plus, être attribuées à des diffé- Les différences structurelles d’un test à l’autre ne
rences dans la constitution des échantillons de portent pas seulement sur le choix des items pro-
population dont les résultats ont permis l’étalon- posés dans chaque test, mais aussi sur l’ordre dans
nage de chaque test. lequel ils sont présentés. Cette différence a son
importance puisque les manuels des trois épreu-
Pour tenter d’expliquer les différences mises en évi- ves indiquent l’utilisation de règles d’arrêt. Une
dence entre les résultats à ces trois tests, nos hypo- règle d’arrêt autorise l’examinateur à interrom-
thèses portent tout d’abord sur la structure du pre la passation du test quand le sujet testé échoue
matériel utilisé, puis sur les modalités de passation à un certain nombre d’items, souvent consécu-
et enfin sur les différences de systèmes de notation. tifs. Ainsi le nombre d’items présentés à un sujet
dépend de sa performance au test. Puisque tous les
D’un test à l’autre, le nombre d’items est proche : sujets n’ont pas forcément effectué le même nom-
18 pour la Nepsy, 20 pour le DTVP-2 et 24 pour le bre d’items, même s’ils avaient le même âge, l’or-
Beery VMI. Mais les items proposés sont, dans dre de présentation des items dans chaque test
l’ensemble, très différents. La comparaison des s’avère important. Dès les cinq premiers modè-
modèles utilisés dans chacun des tests montre que les, l’ordre de présentation des items montre des
parmi les premières figures proposées, plusieurs différences d’un test à l’autre :

Développements / juin 2010 29


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 30

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

– DTVP-2 : trait vertical, trait horizontal, obli- réalise la figure, puis l’incite à l’imiter. Trois des
que, cercle, croix grecque enfants de notre population ont bénéficié de cette
– Berry VMI : trait vertical, trait horizontal, cer- passation avec imitation, ce qui semble toutefois
cle, croix latine, trait oblique peu pour modifier la moyenne au Beery VMI par
– Nepsy : trait vertical, trait horizontal, cercle, rapport à celles des deux autres tests.
carré, trait vertical auquel est accolé un trait
horizontal. Dans la description détaillée des tests, les règles de
notation ont déjà été décrites, mais il peut sembler
La surface allouée à la reproduction est elle aussi utile de les rappeler. Ainsi, la Nepsy est le test qui
très différente d’un test à l’autre : de 66 cm2 à propose, selon nous, les critères les plus précis,
88 cm2 selon les modèles de la Nepsy, 68 cm2 réduisant le risque de notation subjective. Le
pour le Beery VMI, 19 cm2 pour le DTVP-2. Au- Beery VMI propose aussi des critères stricts de
delà du fait déjà signalé que l’espace réduit proposé notation, mais parfois difficiles à appliquer compte
dans le DTVP-2 peut gêner l’observation clini- tenu des différences d’unités de mesure entre les
que de difficultés motrices, cette différence des Etats-Unis et la France. Cela demande aux correc-
surfaces de copie d’un test à l’autre peut s’avérer teurs une conversion dans notre système métrique
facilitatrice ou au contraire pénalisante. Disposer qui reste approximative. Le DTVP-2 reste un test
d’un espace de copie moindre semble introduire tout à fait subjectif dans sa notation, par manque
une contrainte supplémentaire car l’enfant va de critères précis.
chercher à faire « tenir » sa production dans le De plus, chaque figure est notée selon un barème
cadre, ce qui peut l’obliger à réduire certains de ses différent d’un test à l’autre :
traits par rapport à son projet initial et entraîner – 4 critères par figure entraînant l’attribution
une distorsion de la figure. Le DTVP-2 est le seul d’un point par critère, soit de 0 à 4 points par
outil qui pénalise systématiquement toute pro- figure pour la Nepsy.
duction correcte dépassant des limites du cadre par – Un nombre de critères variant selon les items
le retrait d’un point : une figure correcte est nor- mais un seul point accordé pour le respect de
malement notée 2 points, mais quand cette figure tous les critères par figure, soit un point par
est partiellement hors cadre, elle sera donc crédi- figure au Beery-VMI.
tée d’un seul point. Un enfant peut être donc péna- – De 0 à 2 points par figure au DTVP-2.
lisé à deux reprises : au cours de sa copie, pour La différence du nombre de points accordés par
respecter les limites, il peut décider de modifier la figure nous semble avoir un impact direct sur la
forme globale de la figure (respect des propor- capacité de ces tests à différencier les sujets entre
tions), mais s’il décide de ne pas tenir compte du eux. Si la « Copie de figures » de la Nepsy s’avé-
cadre, il le sera au moment de la notation. rait à même de discriminer des performances
considérées comme similaires au DTVP-2 ou au
Peu de différences en rapport avec la passation Beery VMI, cela pourrait expliquer au moins une
des tests nous ont paru susceptibles d’avoir un partie des différences retrouvées dans notre étude.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


impact sur les résultats de nos sujets. En effet les Malheureusement, nous n’avons pas retrouvé de
consignes d’un test à l’autre nous semblent très renseignements dans les manuels correspondants
similaires, si l’on ne tient pas compte du fait que ou publications concernant la sensibilité de ces
seules celles de la Nepsy sont traduites officielle- tests, dont la comparaison aurait pu confirmer
ment en langue française. Les règles d’arrêt sont un cette hypothèse.
peu différentes : à partir de 4 échecs consécutifs
pour la Nepsy, 3 pour le Beery VMI et le DTVP-2. Compte tenu que plusieurs causes sont susceptibles
Etant donné que la constitution d’une règle d’ar- d’expliquer pourquoi de telles différences sont
rêt est décidée à partir d’arguments objectifs par les retrouvées entre les résultats aux trois tests, il paraît
auteurs d’un test, l’impact d’une telle différence difficile de déterminer l’impact de chacune, mais
semble limité. Un dernier point mérite toutefois aussi comment elles interagissent ensemble.
d’être soulevé. Le Beery VMI est le seul des trois Le graphique 1 met en évidence une différence
tests qui prévoie une modification des modalités entre l’évolution des courbes de chaque test : les
de passation pour les enfants de moins de 6 ans ou moyennes des tests n’évoluent donc pas de la
ceux susceptibles d’être en difficulté dans les trois même manière en fonction de l’âge des enfants.
premiers items : les trois premières figures leur Notre hypothèse de la multiplicité des causes res-
sont d’abord proposées en condition d’imitation ponsables des différences entre les résultats per-
puis en copie. En condition d’imitation, facilitatrice met d’expliquer ce phénomène. L’impact de certaines
d’après les auteurs du test, l’examinateur demande causes pourrait être plus marqué chez les enfants
à l’enfant de l’observer pendant que lui-même les plus jeunes ; d’autres causes auraient un impact

30 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 31

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

important sur les plus âgés. Selon les âges et selon n’a bénéficié d’un nouvel étalonnage auprès d’en-
les tests, les enfants se trouveraient donc dans des fants français. Mais dans le cas de la Nepsy, une
situations plus pénalisantes ou plus facilitatrices, étude de comparaison des résultats entre enfants
ce qui expliquerait le fait que les moyennes des américains (étalonnage d’origine) et français a
tests évoluent différemment en fonction de l’âge. montré une différence plus que notable. Les
La petite taille des cases du DTVP-2 pénaliserait enfants français ont été évalués comme significa-
certainement les sujets les moins matures sur le tivement plus performants à ce test que leurs
plan de la coordination oculo-manuelle et, donc homologues américains. En effet, après avoir pré-
les plus jeunes aussi. senté ce test à 325 enfants français, les auteurs
L’impact de l’ordre de présentation des items ne ont relevé une discordance importante entre les
peut être raisonnablement envisagé que sur les résultats de ces enfants français et des enfants
premiers items, il est peut-être présent dans la américains qui constituent le groupe d’étalon-
poursuite du test mais impossible à repérer sans nage. De ce fait, ils indiquent qu’il est nécessaire
étude complémentaire. Il a paru intéressant de de retrancher 6 points à la note brute obtenue au
comparer le nombre de traits obliques à repro- test par un enfant français afin de pouvoir utiliser
duire dans les cinq premiers items de chaque test, les tableaux d’étalonnage américains.
car ils sont plus difficiles à reproduire que les Selon Grégoire (2006), tester, c’est toujours com-
traits verticaux ou horizontaux. Dans le DTVP-2, parer. Les résultats d’un sujet ne prennent sens
la présence d’obliques est repérée à trois reprises qu’en référence à ceux d’autres sujets. Sans les
dans les cinq premiers modèles. Un seul trait obli- valeurs d’un groupe de référence, un test est
que est demandé dans le Beery-VMI, et aucun comme un thermomètre sans graduation. Un test
dans la Nepsy. La présence d’obliques pourrait doit donc être normé. Pour cela, il doit être passé
pénaliser les enfants les plus jeunes dès les pre- par un échantillon de sujets représentatif de la
miers items du DTVP-2. population dans laquelle il va être utilisé. Un pro-
L’impact de la complexité des figures sur la plani- blème apparaît quand le sujet testé n’appartient pas
fication, l’analyse visuo-spatiale et la coordina- à la population dans laquelle le test a été normé.
tion visuo-motrice nécessaires à la réussite de la Grégoire ajoute qu’il est simpliste de penser que
reproduction serait plutôt retrouvé chez les sujets seules les connaissances verbales sont culturel-
les plus âgés, puisque ce sont les seuls à qui les les, les connaissances non verbales, comme les
figures les plus complexes sont proposées. formes géométriques, sont tout autant culturelles.
Beery et al. (2004) nous mettent aussi en garde :
En conclusion, des différences d’un test à l’autre dans l’idéal, chaque test devrait être normé loca-
dans le matériel, la passation et la cotation ont lement à partir de chaque population pour
été inventoriées comme causes possibles des dif- laquelle il va être utilisé. Ils ajoutent que comme
férences retrouvées dans les résultats entre les cela n’est pas possible, la meilleure population
trois tests. Pour certaines d’entre elles, l’impact normative est celle qui est aussi représentative que
sur les productions d’un enfant semble bien dépen- possible de la population du pays dans lequel le
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


dre de l’âge de celui-ci, ce qui permettrait d’expli- test est utilisé.
quer pourquoi les moyennes des tests n’évoluent Dans une revue critique de la littérature publiée
pas de la même manière en fonction de l’âge. par Brain and cognition, en 2003, Rosselli et Ardila
Limite de l’étude : insistent sur l’influence de la culture du sujet sur ses
Selon leurs auteurs respectifs, le but de ces trois performances non verbales, notamment dans les
épreuves est identique: évaluer l’intégration visuo- tests de copie de figures. Ces auteurs nous alertent
motrice, mais dans le cas du DTVP-2, cette évalua- sur l’utilisation de tests neuro-psychologiques non
tion est réalisée grâce à la passation de 4 épreuves verbaux avec des sujets d’une culture différente de
dont celle de « Copie », alors que dans les deux celle de l’échantillon d’étalonnage. Ils continuent en
autres tests, la passation des épreuves de « Copie affirmant que dessiner une carte ou copier des des-
de figures » suffit à l’évaluation de l’intégration sins ne sont pas des habiletés universelles et que
motrice. Dans notre étude, nous n’avons pris en les performances dans ces tâches peuvent être
compte que les résultats de l’épreuve de « Copie » influencées significativement par la culture du sujet.
du DTVP-2, contrairement à ce qui est recom- Berry affirme, dès 1971, que le développement per-
mandé dans le manuel du test. ceptif spatial de l’enfant dépend de plusieurs para-
mètres que sont la culture, la socialisation, la
nutrition et la génétique. Korkman, l’auteur de la
C - Recommandations des auteurs
Nepsy, en 2001, insiste sur la nécessité d’étudier
Les étalonnages du DTVP-2, du Beery VMI et de la les variabilités inter-culturelles afin d’établir l’impact
Nepsy sont américains. Aucun des tests étudiés des influences environnementales sur les fonctions

Développements / juin 2010 31


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 32

V. BARRAY, A.S. DEBORDE, C. GALBIATI, G. JAOUEN, G. LEFÉVÈRE, M. PALU

non verbales. Eviatar, en 2000, affirme que la cul- nettement les performances des enfants que nous
ture est une variable, comme l’âge ou le sexe, qui peut évaluons. Puisqu’il ne nous paraît pas traduire le
être capitale pour déterminer la manière dont des niveau réel de l’enfant, son utilisation ne nous
processus cognitifs de haut niveau s’intègrent dans semble pas souhaitable.
l’organisation cérébrale.

Les résultats recueillis au cours de cette étude Conclusion


nous amènent à systématiser notre manière d’éva-
luer l’intégration visuo-motrice. Compte tenu des Cette étude avait pour but de comparer trois
différences retrouvées dans notre étude en com- tests de copie de figures utilisés chez l’enfant
parant les résultats de notre population aux trois dans le domaine des troubles d’apprentissage.
épreuves, le choix d’un test d’intégration visuo- Une comparaison détaillée du matériel utilisé, des
motrice parmi d’autres n’a rien d’anodin. D’un propriétés psychométriques, des règles de nota-
test à l’autre, les compétences d’un enfant ne sont tion et des étalonnages montre des différences
pas évaluées de la même manière et il est donc notables d’un test à l’autre. La comparaison des
fort probable que son résultat soit différent selon moyennes obtenues par une population de 90
l’épreuve. Il est donc d’autant plus important de enfants aux trois tests fait apparaître aussi des dif-
choisir un test pour lequel les caractéristiques de férences statistiquement significatives. Les auteurs
l’étalonnage correspondent à celles de l’enfant de l’étude font l’hypothèse d’une multiplicité de
évalué. Malheureusement, un tel outil d’évaluation facteurs qui, selon les âges et les tests, place-
n’existe pas à l’heure actuelle en France. raient les enfants dans des situations plus ou
Néanmoins, l’utilisation de la Nepsy nous semble moins pénalisantes ou facilitatrices.
préférable quand il s’agit de comparer la perfor- Grâce à son adaptation française, l’épreuve de
mance d’un enfant avec celle de ses pairs car c’est copie de figures de la Nepsy est la seule qui
le seul outil parmi les trois étudiés dont les nor- prenne en compte les performances des enfants
mes tiennent compte des différences interculturel- français. Son utilisation semble donc préféra-
les entre enfants français et américains. ble aux deux autres tests si le but de l’évaluation
Toutefois, si on s’intéresse plutôt à l’aspect déve- est de mesurer précisément les performances
loppemental qu’à l’aspect normatif, le Beery VMI d’un enfant en les comparant avec celles des
semble plus approprié. L’ordre de présentation de enfants du même âge et de la même origine cul-
ses modèles suit la progression du développe- turelle. Toutefois, si le but de l’évaluation est
ment visuo-moteur. De plus, pour chaque figure, de situer l’enfant dans son développement, l’uti-
il donne un repère de l’âge de réalisation attendu lisation du VMI semble aussi indiquée, mais il
basé sur les études de différents auteurs qui ont serait préférable de disposer d’un étalonnage
observé les étapes de développement de l’enfant. recueilli auprès d’enfants présentant les mêmes
Il explique aussi les étapes successives par les- caractéristiques (culture, scolarité, etc.) que
quelles passe l’enfant pour arriver au résultat final ceux à qui il va être proposé.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)


avec toutes les variations observées. Il nous per- Il semble en outre important de rappeler que
met donc de situer l’enfant par rapport à ses pro- l’évaluation visuomotrice d’un enfant ne se limite
pres stades de développement. jamais au résultat d’un seul test, mais s’inscrit
En revanche, notre expérience clinique nous dans le cadre d’observations cliniques et se cor-
montre régulièrement que le DTVP-2 surévalue rèle avec d’autres tests.

Références
Albaret J. M. & Castelnau P. (2005). Démarches diagnostiques pour le Trouble de l’Acquisition de la Coordination.
In R. H. Geuze (Eds), Le trouble de l’acquisition de la coordination (pp. 29-85). Marseille : Solal.
Albaret J. M. & Soppelsa R. (2005). Evaluation et prise en charge des dysfonctionnements non verbaux. In C.
Hommet, I. Jamnacqué, C. Billard & P. Gillet (Eds), Neuropsychologie de l’enfant et troubles du développe-
ment (pp. 223-242). Marseille : Solal.
Barisnikov, K. & Pizzo R. (2007). L’examen des compétences visuo-spatiales. In Noël P. (Ed.), Bilan neuropsycho-
logique de l’enfant (pp. 139-170). Wavre : Mardaga.
Barisnikov, K. (2009). Les troubles des fonctions visuo-spatiales. In M. Poncelet, S. Majerus, M. Van der Linden
(Eds), Traité de neuropsychologie de l’enfant (pp. 373-402). Marseille : Solal.
Beery K. E., Buktenica, N. A (1997). The Beery-buktenica developmental test of visual-motor integration (VMI)
(4th rev. ed.). Parsippany, NJ : Modern Curriculum press.

32 Développements / juin 2010


MEP developpements juin 29/07/10 12:44 Page 33

Etude comparative de 3 tests de « copie de figures » utilisés chez l’enfant : Beery VMI, NEPSY et DTVP-2

Beery K. E., Buktenica, N. A. & Beery N. A. (2004). The Beery-buktenica developmental test of visual-motor inte-
gration (VMI) (5th rev. ed.). Parsippany, NJ : Modern Curriculum press.
Berry J. W. (1971). Ecological and cultural factors in spatial perceptual development. Canadian Journal of
Behavioural Science, 3(4), 324-326.
Demsky Y., Carone D.A. J.R., Burns W.J., Sellers A. (2000). Assessment of visual-motor coordination in 6- to -11yr.-
olds. Perceptual and Motor Skills, 91, 311-321.
Desmarais G., Kaplan E.& Nollin P. (2004). Evaluation neuropsychologique pédiatrique et neurotraumatologie.
In Nollin P. & Larent J.-P. (Eds), Neuropsychologie, cognition et développement de l’enfant (pp. 9-82). Sainte-Foix :
Presse de l’université du Quebec.
Eviatar Z. (2000). Culture and brain organization. Brain and Cognition, 42, 50-52.
Fagard J., Dellatolas G., De Agostini M. (2004). Origine de la latéralité manuelle. In Fagard J. (Ed.), Droitiers/Gauchers:
Des asymétries dans tous les sens (pp. 155-165). Marseille : Solal.
Hammill D. D., Pearson N. A., Voress J. K. (1993). Developmental test of visual perception (2nd ed.). Austin, Texas :
Pro-Ed.
Grégoire J. (2006). L’examen clinique de l’intelligence de l’enfant, 2e édition. Wavre : Mardaga.
Groth-Marnat G. (2009). Screening of neuropsychological assessment In Wiley J. (Eds), Handbook of psycholo-
gical assessment, 5th edition (pp 485-517). Hoboken : Wiley.
Korkman M. (2001). Introduction to the special issue on normal neuropsychological development in the shool-
age years. Developmental Neuropsychogy, 20(1), 325-330.
Korkman M., Kirk U. & Kemp S. (2003). NEPSY : bilan neuropsychologique de l’enfant. Paris : ECPA.
Lussier F. & Flessas J.(2001). Les troubles praxiques et visuo-spatiaux. In Lussier F. & Flessas J.( Eds),
Neuropsychologie de l’enfant : troubles développementaux et de l’apprentissage (pp. 297-358). Paris : Dunod.
Morrow & Ratcliff, (1988). Neuropsychologie de la cognition spatiale. In Stiles J., Stiles-Davies J., Kritchevsky
M. & Bellugi U. (Eds), Spatial cognition : brain bases and development (pp. 5-32). New Jersey : Laurence
Erlbaum Associates.
Rosselli M. & Ardila A. (2003). The impact of culture and education on non-verbal neuropsychological measu-
rements : a critical review. Brain Cognition, 52, 326-333.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 03/06/2021 sur www.cairn.info (IP: 176.158.148.166)

Développements / juin 2010 33

Vous aimerez peut-être aussi