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Université mohammed premier

Faculté des sciences juridiques économiques et sociales oujda

Master financement banques et investissements

Module : financement et endettement

Travail de recherche sous le thème

Pourquoi les banques existent -elles ?

Réalisé par :

MACHRAA aicha

EL BOUKILI mohamed

Professeur

SETTA Bouchra

Année universitaire 2020/2021

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sommaire
Introduction ............................................................................................................................... 2
Chapitre 1 : les théories classiques (efficience de marché) ...................................................... 3
I. Théorie traditionnelle de l'efficience des marches selon FAMA 1965 : ........................ 3
II. Les conditions de la théorie de l’efficience des marchés .............................................. 3
1. La rationalité des investisseurs :................................................................................ 3
2. La libre circulation de l'information et la réaction instantanée des investisseurs : .. 4
3. La gratuité de l'information : ..................................................................................... 4
4. L’absence des coûts de transactions et d'impôts de bourse :................................... 4
5. L'atomicité des investisseurs et la liquidité : ............................................................. 4
III. Les diffèrent Forme de l’efficience ............................................................................ 4
1. La forme faible d'efficience ou appelé aussi "weak form" : .................................... 4
2. La forme semi-forte d'efficience ou "semi-strong form" : ........................................ 4
3. La forme forte d'efficience appelé aussi "strong form" : ......................................... 4
IV. Théorie de Modigliani et Miller : ............................................................................... 5
Chapitre 2 : Les théories modernes .......................................................................................... 5
I. La théorie d’agence ....................................................................................................... 6
1. La nature des asymétries d’information ................................................................... 6
2. La transposition de la théorie d’agence à la théorie bancaire .................................. 7
II. LA THEORIE DES COUTS DE TRANSACTION ................................................................. 10
1. Les fondements de la théorie de coûts de transaction ........................................... 10
III. LA TRANSPOSITION DES COUTS DE TRANSACTION A LA THEORIE BANCAIRE .... 11
I. La théorie de signal...................................................................................................... 12
1. Définition ................................................................................................................. 12
2. Objectif de la théorie de signal................................................................................ 12
Conclusion ............................................................................................................................... 13
Bibliographie et Webographie ................................................................................................ 14

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Introduction

Le marché des capitaux est un lieu où les titres à long terme et les titres de participation
sont négociés d’où les entreprises commerciales et les gouvernements peuvent collecter des
fonds contre l'investissement à long terme, ce qui indique l’importance des marchés des
capitaux dans la croissance économique des pays.

Le caractère important de ce marché est que les prix des titres doivent refléter toutes les
informations disponibles et que les nouvelles informations devraient rapidement être
ajustées aux prix ; s’en basent sur l’hypothèse de l’efficience du marché.

Problématique

Quelle importance présente l’intermédiation da la banque dans l’investissement sur les


marchés financiers selon la théorie traditionnelle et celle moderne ?

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Chapitre 1 : les théories classiques (efficience de marché)

La définition de l’efficience des marchés a évolué avec les apports des différents théoriciens
La plus simple des définitions étant celle reprise par FAMA en 1965: « Un marché financier
est dit efficient si, et seulement si, l’ensemble des informations disponibles concernant
chaque actif financier coté sur ce marché est immédiatement intégré dans le prix de cet
actif».

I. Théorie traditionnelle de l'efficience des marches selon FAMA


1965 :

EUGENE FAMA dans ses articles fondateurs de 1965 dans lesquels il définit l’efficience des
marchés par l’affirmation suivante : «Un marché dans lequel les prix reflètent totalement et
constamment toute l'information disponible est appelé marché efficient ».de sort que pour
lui un marché financier est dit efficient si et seulement si l'ensemble des informations
disponibles concernant chaque actif financier coté sur ce marché, est immédiatement
intégré dans le prix de cet actif.

En effet, on peut dire que dans un marché dit efficient, les prix des titres reflètent à tout
instant les valeurs fondamentales qui comprennent toutes informations concernant le cours
des titres, en particulier, on intégrant toutes les informations disponibles susceptible d’ avoir
une incidence ou d’influencé l'évaluation des actifs, tels que les informations sur les
entreprises cotées, sur la situation économique, politique et patrimoniale…, il faut donc
mettre l’accent sur la notion de l’efficacité informationnelle d'un marché.

II. Les conditions de la théorie de l’efficience des marchés

L'hypothèse d'efficience des marchés financiers est basée sur l'existence de cinq conditions
essentielles pour valider cette théorie, on distingue :

1. La rationalité des investisseurs :

Les marchés financiers ne peuvent être efficients que si les agents économiques agissant sur
ce marché sont parfaitement rationnels, ces dernier doivent agir de manière rationnelle
lorsqu'il est question de prendre des décisions, par exemple, lors d'une décision
d'investissement, un investisseur fait ses choix, en fonction de l'utilité qui en découle, on
regarde le bénéfice qu'il est possible d'obtenir à partir de chaque décision, C'est ce niveau
d'utilité, qui correspond donc à un niveau de satisfaction ou de bénéfice, qui nous amène à y
associer un niveau de risque acceptable.

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2. La libre circulation de l'information et la réaction instantanée des
investisseurs :
Cela signifie que les prix intègrent instantanément l'ensemble des informations disponibles ;
ce qui nécessite que l'information soit diffusée simultanément auprès de tous les agents
économiques.

3. La gratuité de l'information :
Les agents économiques doivent obtenir les informations sur le marché financier sans
supporter de coûts supplémentaires pour ces informations.

4. L’absence des coûts de transactions et d'impôts de bourse :


L'absence de coût de transactions et d'impôt constitue de ce fait une condition primordiale
de l'efficience puisqu'elle permet aux investisseurs d'agir librement sur le marché financier,
et de n’hésiter pas lors du choix d’investir ou désinvestir à la raison des couts de transactions
et d’impôts.

5. L'atomicité des investisseurs et la liquidité :


La théorie de l’efficience des marchés implique l’existence d’une liquidité totale et d’une
complète atomicité, cela signifie que le cours des titres ne doit pas être influence par une
simple intention d’achat des titres d’un ou plusieurs investisseurs.

III. Les diffèrent Forme de l’efficience


Ainsi, suite aux travaux de FAMA en 1970, la mise en place de graduations dans l’ensemble
d’informations a abouti à définir l’efficience informationnelle suivant trois formes
progressives :

1. La forme faible d'efficience ou appelé aussi "weak form" :


Comme son nom indique, il s’agit d’un marché d’où le niveau d’efficience est plus ou moins
faible, dans ce marché, il affirme que le prix actuel d'un actif financier est totalement
indépendant de l'ensemble des informations, concernant ce titre, publié dans le passé, en
conséquence il est impossible d’exploiter l’historique des cours pour prévoir la valeur future
d’un actif financier.

2. La forme semi-forte d'efficience ou "semi-strong form" :


Dans un marché avec une efficience semi-forte les prix reflètent toute l'information publique
disponible (Fusions, annonce de dividendes, résultats annuels,...) alors il n’est pas possible
de tirer profit des informations publiques au moment de leur révélation, dans cette situation
tous les investisseurs sont face à des informations identiques.

3. La forme forte d'efficience appelé aussi "strong form" :


Cette forme stipule que la détection des informations confidentiels ou privés ne permettra
pas de réaliser des gains au marchés financiers parce qu’il est impossible de prévoir le cours
futurs des titres.

Apres la présentation de l’ensemble des axes important qui contient la théorie traditionnelle
concernant l’efficience des marchés, on peut dire que selon cette théorie, les intermédiaires

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financiers ne disposent aucun pouvoir dans le processus d’investissement au niveau des
marchés financiers, d’où la gratuité et disponibilité des informations pour tous les
investisseurs avec une transparence, l’absence des couts supplémentaires de transactions et
d’impôts,; on supposant alors que l’intermédiation financiers est également inutile.

IV. Théorie de Modigliani et Miller :

Modigliani et Miller remportèrent le Prix Nobel d'économie respectivement en 1985 et en


1990, pour leur théorème et sa contribution à la théorie financière, ce théorème appelé la
structure du capital est l’un des théorèmes fondamentaux de la finance d'entreprise, selon
ce théorème, dans un monde sans taxes, exonéré de coûts de transaction et sous
l'hypothèse de l'efficience des marchés, la valeur de l'actif économique n'est pas affectée
par le choix d'une structure de financement, ça veut dire que le cycle d’investissent est
totalement indépendant du cycle de financement.

Cette affirmation de Modigliani et Miller, est basé sur les hypothèses principaux de
l’efficience des marchés, Le cadre de raisonnement établi par Modigliani et Miller est fondé
sur l’équilibre partiel et l’arbitrage, cela nous permettons d’avoir une certaine séparabilité
des décisions d’investissement et de financement.

En effet la valeur de l’actif économique que représente une entreprise dépend que de la
pertinence des choix d’investissement qu’elle effectue, mais pas de la façon dont elle est
financée, en conséquent les choix de financement effectués (fonds propres et dettes) n’ont
aucune incidence sur la valeur des actifs de l’entreprise et par conséquent son patrimoine.

Ce théorème déclare que pour définir la valeur d’un actif économique, c’est la valeur que
l’on attribue aux flux opérationnels qu’il peut générer (les cash-flow opérationnels) , et que
la somme des valeurs de l’ensemble des actifs financiers qui servent à financer cet actif
économique (actions, dettes, ou tout autre moyen de financement) doit rester égale à cette
valeur économique quelle que soit leur combinaison.

Chapitre 2 : Les théories modernes

L'existence des intermédiaires financiers est souvent justifiée par leur capacité à produire de
l'information sur les emprunteurs à moindre coût. Les banques, qui financent de
nombreuses entreprises et entretiennent des relations de long terme avec ces dernières,

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bénéficieraient d'économies d'échelle dans l'évaluation de la situation financière de leurs
clients. Elles seraient en outre plus aptes que les investisseurs directs à traiter l'information
disponible.

I. La théorie d’agence
La définition la plus classique d’une relation d’agence est celle donné dans un article fameux
de Jensen et Meckling dans l’année 1976 :« Nous définissons une relation d’agence comme
un contrat dans lequel une (ou plusieurs personnes) a recours aux services d’une autre
personne pour accomplir en son nom une tâche quelconque, ce qui implique une délégation
de nature décisionnelle à l’agent »

La relation d’agence pose un problème de la divergence d’intérêt et de l’asymétrie


d’information

1. La nature des asymétries d’information


Dans les sciences économiques, nous parlons d’asymétrie d’information lorsque certains des
acteurs disposent d’informations pertinentes que d’autres n’ont pas. Cela peut mener à des
abus de position, des problèmes d’anti-sélection et des risques moraux (comme par exemple
l’aléa moral). L’asymétrie d’information vient totalement contredire le modèle de la
concurrence pure et parfaite (CPP). Effectivement, dans le modèle de la CPP, nous émettons
l’hypothèse que les agents économiques sont parfaitement informés (qualité des biens/des
travailleurs, prix, ainsi de suite). Or, sur les marchés réels, que ce soit le marché du travail, le
marché des biens ou encore le marché des services, l’information est imparfaite.

Suite à ces conflits naissent des coûts d’agence qui sont en trois types on distingue alors :

les coûts de surveillance ; qui supportés par le principal pour limiter le comportement
opportuniste de l'agent.

les coûts d'obligation ou coûts d'engagement : que l'agent peut avoir lui-même encouru
pour mettre le principal en confiance appelés aussi coût de motivation, « Les coûts
d'engagement résultent de la rédaction par la firme de rapports financiers et de la
réalisation d'audits par des experts extérieurs à la firme»

le coût d'opportunité ; dénommé "perte résiduelle", qui s'assimile à la perte d'utilité subie
par le principal et l'agent.

Il faut signaler aussi que malgré le contrôle et l'engagement, on aura toujours une certaine
divergence entre les décisions prises par l'agent et celles qui maximiseraient le bien-être du
principal.

La relation d'agence s'applique donc aux rapports avec les clients, les fournisseurs, Les
banques, les salariés...etc. L'objectif est alors d'optimiser ces Relations en minimisant les
coûts d'agence

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2. La transposition de la théorie d’agence à la théorie bancaire
La prise en compte des imperfections d’information va révolutionner la théorie de la
banque. En effet dès la fin des années soixante-dix, plusieurs travaux théorique
entreprennent l’endogénéiser l’existence et l’activité des banques à partir de leur aptitude
de résoudre les problèmes engendrés par les imperfections de l’information.

La mise en évidence des phénomènes d’asymétrie d’information va donner une nouvelle


dimension à la traditionnelle relation de marché entre prêteur et emprunteur, la plus part
des modèles proposés vont faire l’objet d’un contrat de financement d’un projet
d’investissement, le cadre d’analyse privilégié de l’asymétrie d’une formation sur le marché
financier.

De fait, l’emprunteur dispose naturellement d’une meilleur information que le prêteur (ou
actionnaire) sur les divers paramètres de son projet (capacité réelle de production, nature
de marché, distribution des cash-flows, etc.).

L’asymétrie d’information apparait dès lors sous deux formes : anti-sélection et aléa moral

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La sélection adverse ou anti-sélection

C’est un type d’asymétrie d’information qui exprime un décalage d’information entre


l’offreur et le demandeur ne disposent pas la même quantité d’information, qui se déclare
au moment de la signature du contrat (ex-ante).

Au niveau de la banque

La banque applique des taux d'intérêts élevés, et elles se trouvent par la suite face au
problème des demandeurs de crédit de mauvaise qualité, ce qui pénalise les individus dont
les projets sont moins risqués. Car un taux d'intérêt élevé peut pousser les établissements
de crédit à entreprendre les projets dont la probabilité de succès est faible du fait cet effet
d'évolution du taux peut inciter les emprunteurs les moins risqués de quitter le marché de
crédit, alors qu'un taux inférieur les attirera. Ce type d'information (ex-ante) est au centre de
genèse de risque découlant de l'octroi de crédit.

L’anti sélection induite par l’asymétrie d’information montre que les perdants sont
toujours les « bons » produits et les « bons » clients.

Deux types d’implications découlent de ce problème d’anti-sélection :

Premièrement, les emprunteurs de bonne qualité doivent prendre des mesures pour se
«signaler » aux prêteurs (on parle alors d’équilibre de signalement). A travers une variable
financière ou «signal », les bons emprunteurs ont intérêt à annoncer publiquement les
informations qui permettent aux prêteurs de distinguer leurs projets de ceux de moins
bonne qualité.

Deuxièmement, les prêteurs doivent mettre au point des mécanismes «incitatifs » qui
amènent les emprunteurs à révéler leur véritable nature (on parle alors d’équilibre
séparant). Dans ce dernier cas, la méthode la plus utilisée par les prêteurs consiste à
proposer un « menu » de contrats différenciés aux emprunteurs (taux d’intérêt, collatéraux,
etc.). Le choix d’un contrat particulier dans cet ensemble est alors révélateur de la véritable
nature de l’emprunteur

Aléa moral ou hasard moral : Appelé aussi le risque de moralité (asymétrie ex-post)qui est
très fréquent dans le secteur bancaire, il se manifeste après la conclusion du contrat on
s’extériorisant par l'incomplétude de l'information qui provient du comportement non
observable à la suite de l'octroi de crédit.

Dans une relation classique de crédit, une situation d’aléa moral apparaît dès lors que,
l’emprunteur, une fois en possession du prêt et bénéficiant d’une meilleure information que

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le prêteur, engage des actions qui lui permettent d’augmenter son utilité espérée, sans que
le prêteur, faute de disposer de la même information, ne puisse réagir pour l’empêcher
d’agir à son avantage exclusif. Autrement dit, l’emprunteur change les caractéristiques du
projet et agit différemment que ce qui était prévu par le contrat de prêt.

Sous l’angle de la théorie de l’agence, on voit que la relation entre le prêteur (le principal) et
l’emprunteur (l’agent) est négativement affectée par le comportement opportuniste de ce
dernier, après la signature du contrat de prêt. Le prêteur va alors chercher à se protéger
contre ce genre de comportement. Il va s’intéresser à la forme optimale du contrat de prêt.
Ce dernier correspond à ce que Gale et Hellwig (1985) appellent « le contrat de dette
standard », dans lequel le prêteur reçoit un paiement fixe (non contingent aux résultats)
lorsque l’emprunteur ne fait pas faillite ou la valeur résiduelle de son investissement dans le
cas contraire. Mais, en l’absence de contrôle, l’emprunteur peut être tenté de faire de
fausses annonces sur les résultats de son projet, de façon à réduire ses obligations
contractuelles de remboursement et d’augmenter, par-là même, ses gains. C’est pourquoi,
plusieurs auteurs (Diamond, 1984, 1996 ; Ramakrishnan et Thakor, 1984 ; Gale et Hellwig,
1985 ; Williamson, 1986, 1987b ; Seward, 1990 ; etc.) se sont intéressés aux actions de
contrôle (monitoring) engagées par le prêteur tout au long de la relation de crédit
L’extension de cette démarche permet alors de rationaliser l’existence des banques en tant
que délégué de surveillance (delagated monitoring).

La délégation de surveillance : Diamond (1984, 1996 )

En 1984, l’auteur développe un modèle qui deviendra l’un des plus connu dans la théorie
contemporaine de la banque. En 1996, il présente une version plus simplifiée du même
modèle. Dans celui-ci, la banque joue un rôle de « surveillant délégué » des emprunteurs au
profit des déposants. Elle représente une solution supérieure aux arrangements directs du
marché financier, dans la mesure où son portefeuille d’investissements minimise les coûts
de contrôle délégué. En effet, elle résout à moindre coût les problèmes d’aléa moral liés à
l’information privée que détiennent les emprunteurs sur leur projet.

Grâce aux économies d’échelle, la banque diminue les coûts d’information et de surveillance
comparativement à une situation où il existe plusieurs prêteurs, La banque s’engage dans
deux types de relation de clientèle. La première, avec des prêteurs individuels, à qui elle
propose des contrats de dépôt. La seconde, avec des emprunteurs individuels, avec qui elle
souscrit des contrats de crédit.

Le modèle présente d’abord une situation initiale ou plusieurs petits prêteurs ayant chacun
une unité de richesse choisissent de prêter leurs fonds. Chaque emprunteur (entrepreneur),
supposé neutre au risque, est en charge d’un projet qui nécessite un financement supérieur
ou égal à une unité de richesse. A la fin de leurs projets, les emprunteurs connaissent sans
coût le véritable résultat de l’investissement, tandis que les prêteurs ne peuvent observer ce
résultat sans engager un coût de surveillance. En cas de non-respect de son engagement,
l’emprunteur fait face à une pénalité sociale non pécuniaire (non pecuniary penalty) qui
remet en cause sa réputation ou sa liberté.

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L’émergence de la banque est expliquée par sa capacité à minimiser les coûts de contrôle et
d’information, tout en optimalisant la diversification de son portefeuille de prêts. En effet,
alors que « N » prêteurs isolés supportent « N » fois le coût de contrôle des emprunteurs, la
banque ne le supporte qu’une seule fois. La délégation de la surveillance à la banque
s’apparente alors une solution optimale.

La banque fait donc écran entre les déposants (prêteurs) et les emprunteurs. Ce faisant, elle
garde pour elle les informations qu’elle récolte sur les emprunteurs. Aussi, les déposants
ignorent les résultats exacts réalisés par les emprunteurs ainsi que les paiements que ceux-ci
effectuent au profit de la banque. En fait, les déposants ne peuvent apprécier que la
rémunération que la banque doit leur payer en vertu du contrat de dépôt.

II. LA THEORIE DES COUTS DE TRANSACTION

La théorie des coûts de transaction s'inscrit dans le cadre de la théorie des organisations.
Elle s'attache à expliquer l'existence d'organisations économiques fondées sur la hiérarchie
par l'existence de coûts de transaction.

Le concept de coût de transaction apparait pour la première fois en 1937 dans l'article de
Ronald Coase, « The Nature of the Firm ». C'est cependant Oliver Williamson (Prix Nobel
2009) qui est considéré comme le fondateur de ce courant théorique.

1. Les fondements de la théorie de coûts de transaction

R. COASE et la question de l'existence de la firme

R. Coase est le premier économiste à poser la question de savoir la raison de l’existence des
firmes et plus largement la raison de la nature de la firme dans son article de 1937 "The
nature of the firm" . coase affirme, que une firme est un mode de coordination des
transactions alternatif au marché. Si le marché n'est pas l'unique moyen de coordonner
l'activité économique, c'est qu'il existe des coûts à recourir au système de prix, des coûts de
transaction. Ces dernies correspondent aux coûts de contractualisation répétée, recherche
d'information, et de négociation des contrats, ... Ultérieurement Williamson présentera une
définition précise de ces coûts. La différence entre marché et firme, est que sur un marché,
la coordination se fait par le système des prix, alors que la firme propose une coordination
administrative qui passe par l'autorité et la hiérarchie. Pour Coase, c'est l'autorité qui
caractérise une firme.

WILLIAMSON et la définition des coûts de transaction

Williamson pose deux hypothèses relatives aux comportements des agents.

La rationalité limitée: les agents ont des capacités cognitives limitées, ils ne peuvent
envisager toutes les éventualités qui peuvent parvenir dans le futur le fait que plusieurs

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paramètres futurs déterminants (évolution des taux d’intérêts, l’inflation, risque de
signature, etc.) soit difficilement probabilisable au moment de la conclusion de contrat qui
rend donc le contrat incomplet. Donc la nécessité d’une recherche d’information. La
rationalité limitée contribue à une augmentation des coûts de transaction.

L'opportunisme des agents : c'est une conséquence de la rationalité limitée. Comme le


contrat ne peut pas prévoir toutes les alternatives possibles, un agent peut être tenté
d'adopter un comportement opportuniste pour favoriser ses intérêts au détriment de ceux
des autres. en effet l’emprunteur peut être attiré par le non remboursement (total ou
partiel) de prêt, ainsi la réaffectation des fonds au profit de l’emprunteur .L’opportunisme
des agents repose sur une asymétrie d’information (révélation déformée de l’information) .
Donc la nécessité d’une surveillance et de contrôle.

Williamson pose aussi des hypothèses sur les caractéristiques des transactions :

La spécificité des actifs : un actif est dit spécifique s'il nécessite des investissements
spécifiques. Ce sont des investissements durables, effectués pour réaliser une transaction
particulière, et qui ne sont pas redéployables sans coûts vers d'autres usages.

L'incertitude sur les conditions de réalisation de la transaction risque d'augmenter son coût
(incertitude liée à des perturbations exogènes à la transaction par exemple).

La fréquence de la transaction : plus une transaction est répétée, plus les contractants ont
des occasions d'être opportunistes, ce qui augmente d'autant les coûts de transaction.

Compte tenu de ces caractéristiques des comportements et des transactions, il s'agit pour
Williamson de trouver la forme organisationnelle la plus adaptée, au sens où elle limite les
coûts de transaction. Ainsi pour Williamson, la firme est un système contractuel particulier,
un «arrangement institutionnel» caractérisé par un principe hiérarchique qui permet à la
direction de l'entreprise de prendre les décisions en cas d'événements non prévus par les
contrats, et qui permet de limiter les risques liés à l'opportunisme.

III. LA TRANSPOSITION DES COUTS DE TRANSACTION A LA THEORIE


BANCAIRE

Au regard des éléments précédents, il apparaît donc que la relation classique prêteur-
emprunteur est bien sujette à la rationalité limitée et à l’opportunisme, d’où l’existence de
coûts de transaction.

L’apparition d’une banque est alors économiquement justifiée, puisqu’en internalisant cette
relation de marché, la banque peut élargir la rationalité limitée du prêteur (grâce à sa
spécialisation et son savoir-faire dans la collecte et le traitement de l’information) et limiter
les comportements opportunistes de l’emprunteur (grâce au monitoring).

Selon Smith et Benston (1976) , les banques permettent de réduire les coûts de transaction
en terme de liquidité, à travers l’offre des services qui répondent aux besoins présents et
futures et par une participation active sur le marché , contrairement au marché financier.

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L’offre de produits financiers par les banques est expliquée par l’avantage comparatif que
celles-ci détiennent en matière de traitement des documents d’acquisition d’information sur
les emprunteurs et de gestion des paiements.

I. La théorie de signal

1. Définition
La théorie du signal, fondée par Stephen Ross en 1977, a été développée pour pallier les
insuffisances de la théorie des marchés à l’équilibre. Elle part du constat que l’information
n’est pas partagée par tous au même moment et ce qui permet à l’asymétrie d’information.
Celle-ci peut avoir des conséquences néfastes conduisant à des valorisations trop basses ou
à une politique d’investissement sous optimale.

Cette théorie participe à l'amélioration du fonctionnement du marché financier puisqu'elle


sert à réduire l'asymétrie d'information et à améliorer les transactions entre la firme et les
investisseurs. Cette théorie essaye d'expliquer ce qui motive les managers à rendre publique
une information facultative ou à opter pour cacher cette information et, justifier d'un autre
coté le fait de prendre un tel choix comptable par le manager de manière à arriver à
produire une information pertinente pour les investisseurs.

Cette théorie issue essentiellement des cherches de Ross (1977) et Leland et Pyle (1977),
elle est fondée sur l'hypothèse de l'asymétrie d'information entre le dirigeant, les autres
parties prenantes de la firme et du marché du capitaux. En d'autres termes, les différents
acteurs sur le marché ne disposent des informations privées sur les perspectives d'avenir de
la firme tel que les opportunités d'investissement. Selon cette théorie, certains choix
effectués par les ménages peuvent être interprétés comme des signaux révélant de
l'information aux utilisateurs en dehors de l'entreprise

2. Objectif de la théorie de signal

Les dirigeants supposés mieux informés sur les opportunités d’investissement et sur leur
rentabilité, cherchent à transmettre une information, sous forme de signal, sur les véritables
caractéristiques de leur entreprise à des acteurs extérieurs tels que les actionnaires et les
créanciers .L’enjeu de cette activité de signalisation comporte deux aspects qui différent
selon la nature de la firme :

 Les dirigeants d’une entreprise de bonne qualité vont publier des informations qui
permettront aux acteurs externes de la distinguer d’une autre entreprise de
moindre qualité.
 D’un autre côté, les mauvaises firmes auraient intérêt à communiquer à leur
environnement des informations lui faisant croire qu’elles sont bonnes au risque de
supporter certaines pénalités si le marché réalise qu’ils ont divulgué de mauvaises
informations.

Spence (1974) distingue entre deux types de signaux :

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 Des signaux non coûteux qui consistent pour le vendeur à accorder une série
d’options permettant à l’acheteur de connaître la qualité du produit offert et,
éventuellement, contracter avec lui.
 Des signaux coûteux pour le vendeur d’un produit de qualité surtout dans la mesure
où les réactions des acheteurs potentiels sont imprévisibles.

Les variables financières manipulées par les dirigeants pour signaler la valeur réelle de leur
entreprise peuvent être de différente nature, notamment la part des capitaux propres
détenus par les dirigeants, le niveau d’endettement et la politique de dividende. Ce sont
bien évidemment les modèles de signalisation basés sur les dividendes, sur l’augmentation
de capital et sur l’endettement.

Commençant tout d’abord par l’autofinancement qui est perçu favorablement par les
actionnaires car il est un signe d’augmentation de la valeur de l’action et aussi par les
créanciers comme un signe de garantie de remboursement. Puis on a l’endettement qui est
vu comme un indicateur de solvabilité de l’entreprise c’est-à-dire sa capacité à honorer ses
engagements et donc les investisseurs comme la capacité de l’entreprise à générer des flux
positifs. Et en ce qui concerne l’augmentation du capital se traduit par une augmentation
des capitaux propres et une réduction du risque de défaillance et des risques de
remboursement pour les créanciers. Ensuite on a la politique de dividendes ; en effet
lorsque les dirigeants disposent de bonnes informations sur les résultats futurs de
l’entreprise l’annonce de l’augmentation du dividende est utilisée comme un signal pour
déclarer la situation financière future de l’entreprise. Et en fin on arrive à l’investissement
qui est toujours perçu comme un signal positif montrant que l’entreprise a des projets
rentables ce qui incite les créanciers à chercher à investir leur argent.

La relation entre les banques et les clients est une relation complexe. Les clients des
banques se trouvent à la fois déposants et emprunteurs. Comme déposants, les clients
recherchent les banques qui proposent le taux créditeur le plus élevé; comme emprunteurs,
celles qui offrent le taux débiteur le plus faible. Par ailleurs, la relation ne s’arrête pas aux
produits d’intermédiation. Il faut aussi considérer les services fournis par les banques,
l’intervention des banques sur le marché financier pour le compte des entreprises et
d’autres opérations offertes aux entreprises. Sur le marché du crédit, se présentent des
entreprises dont le financement interne est supérieur au financement par crédit.

Conclusion

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En guise de conclusion la banque a un rôle primordiale dans le marché, par contre les
théories classiques, les théories modernes considèrent que la banque permet de réduire de
degré d’asymétrie d’information circuler sur le marché, la rationalité limité de l’emprunteur
et l’opportunisme des emprunteurs.

Bibliographie et Webographie

14
Brana, Sophie, Le financement de l'économie, Ed :E-theque, 2003,P :6-8

Dees, Stéphane, Macroéconomie financière,Ed :Dunod, 2019, P17-18

Laurence Scialom, Economie bancaire, QUATRIÈM E ÉDITION,P :9-10.

Williamson O. E. (1979), "Transaction Cost Economics: the Governance of contractual


relations", Journal of Law and Economics, 22.

Jézabel Couppey-Soubeyran,L'INTERMEDIATION BANCAIRE ET L'EFFICACITE DE LA


REGLEMENTATION PRUDENTIELLE , 1998 , P60

https://www.institut-numerique.org

https://fr.scribd.com/doc/75246334/La-Relation-Banque-Entreprise

15

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