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Toto Riina

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Salvatore Riina (né le 16 novembre1930, Corleone), également connu sous le nom de


TotòRiina et surnommé Totò u curtu1, est un des membres les plus influents de la
Mafiasicilienne. Il a été surnommé la Bête, ou parfois le Petit à cause de sa petite taille, bien
que personne n'ait jamais osé l'appeler par l'un de ses surnoms devant lui. Durant sa carrière
dans le crime il a personnellement tué environ quarante personnes et est soupçonné d'avoir
commandité les meurtres d'un peu plus de mille personnes. Pendant les années 1980 et le
début des années 1990, Riina et sa famille de Mafia, les Corleonesi, ont mené une impitoyable
campagne de violence contre les truands rivaux et l'État avec l'assassinat de deux juges. Cette
terreur répandue dans la population par la Mafia a engendré des actions majeures des
autorités, entraînant la capture et l'emprisonnement de Riina et de plusieurs de ses associés. Il
a été capturé en 1993, et est en prison depuis.

Sommaire
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 1 Montée en puissance
 2 La deuxième guerre de la Mafia de 1981 à 1982
 3 La lutte s'intensifie
 4 Famille et personnalité
 5 Assassinats commis sur des personnalités politiques, de la justice et des médias sous
ordre de Toto Riinà
 6 Notes et références
 7 Bibliographie
 8 Autre
 9 Liens externes

Montée en puissance[modifier]
Né en 1930, Riina monte progressivement dans la hiérarchie des Corleone et rejoint la Mafia
locale, les Corleonesi, à l'âge de dix-huit ans après avoir commis un meurtre en leur nom.
L'année suivante il est

Le parrain des Corleonesi était alors MicheleNavarra jusqu'en 1958 lorsqu'il il fut tué sur les
ordres de Luciano Liggio, un mafioso de 33 ans devenu par la suite le nouveau boss. En
même temps que TotòRiina et Bernardo Provenzano, Liggio commença à accroître la
puissance des Corleonesi.

Les Corleonesi n'étaient pas un élément important de la Mafia sicilienne dans les années
1950, sans aucune comparaison avec les principales basées dans la préfecture, Palerme. Sous-
estimant les truands de Corleone, les patrons de Palerme se sont souvent référés aux
Corleonesi comme « les paysans ».
Au début des années 1960, Liggio, Riina et Provenzano, qui avaient passé les dernières
années en chassant et tuant des douzaines d'hommes de Navarra encore vivants, furent obligés
de se cacher, de nombreux mandats d'arrêt ayant été lancés à leur encontre. Toto Riina et
Luciano Liggio furent arrêtés et jugés en 1969 pour des meurtres commis au début de la
décennie. Ces derniers furent acquittés grâce à l'intimidation des jurés et des témoins. Riina se
cacha plus tard cette même année après avoir été accusé d'un autre meurtre. Il devait rester un
fugitif durant les vingt-trois années suivantes.

En 1974 Luciano Liggio est arrêté et emprisonné pour le meurtre de MicheleNavarra seize
années plus tôt. Bien que Liggio ait maintenu une certaine influence derrière les barreaux,
Toto Riina était maintenant la tête pensante des Corleonesi.

Pendant les années 1970 la Sicile devint un lieu important dans le commerce international
d'héroïne, particulièrement dans la synthèse et l'exportation de narcotiques. Les bénéfices de
l'héroïne étaient importants, et dépassèrent ceux des activités traditionnelles d'extorsion de
fonds. TotòRiina voulut prendre les commandes de ce trafic et entra dans une guerre avec les
autres familles de la Mafia.

À la fin des années 1970, Riina organisa les meurtres d'un certain nombre de hauts
fonctionnaires, tels que des juges, des procureurs ou des carabiniers. En plus d'intimider l'État,
ces assassinats servirent également à porter un coup aux rivaux des Corleonesi. Les parrains
de beaucoup de familles de la Mafia étaient souvent médiatisés, débattant avec des politiciens
et des maires, se protégeant par des relations plutôt que par la violence. En revanche, Riina,
Provenzano et n'importe quel Corleonesi étaient des fugitifs, se cachant toujours, rarement vus
par d'autres truands et encore moins par le public. En conséquence, lorsqu'un policier ou un
juge était tué c'était les familles les plus médiatisées de la Mafia qui étaient le sujet de toutes
les investigations officielles, les assassinats étant de plus volontairement commis dans leurs
territoires.

La deuxième guerre de la Mafia de 1981 à 1982[modifier]


Les principaux rivaux des Corleonesi étaient Stefano Bontate, Salvatore Inzerillo et Gaetano
Badalamenti, patrons de familles puissantes de la Mafia de Palerme. Le 23 avril 1981, Bontate
était sauvagement assassiné, puis quelques semaines plus tard, le 11 mai, Inzerillo fut
assassiné, criblé de balles. Plusieurs parents et associés des deux hommes furent ensuite tués
ou disparurent mystérieusement, y compris le fils de 15 ans d'Inzerillo, à qui Riina fit couper
le bras avant de le faire abattre. Badalamenti ne parvint à survivre qu'en s'enfuyant de la
Sicile.

De plus en plus de massacres eurent lieu au cours des deux années suivantes, illustrées par un
énorme carnage : en un seul jour, le 30 novembre 1982, douze Mafiosi furent assassinés à
Palerme dans douze actions distinctes. Les meurtres traversèrent même l'océan Atlantique,
avec le frère d'Inzerillo retrouvé mort dans le New Jersey après une fuite aux États-Unis.

Riina commandita les meurtres de juges, de policiers et de procureurs afin de tenter de


terrifier les autorités. Un des magistrats les plus hauts placés était le Général Carlo Alberto
Dalla Chiesa, qui fut muté à Palerme en qualité de préfet pour lutter contre l'action de la
Mafia. Le 3 septembre 1982, Dalla Chiesa, son épouse et un de ses gardes du corps furent
assassinés dans un guet-apens. On pense que le tueur était Pino Greco, l'un des tueurs favoris
de Riina. Toujours muni d'un AK-47, et portant le surnom de "petite chaussure"
(scarpuzedaen sicilien car il avait les pieds fins comme les danseurs), Pino Greco est suspecté
d'avoir tué environ quatre-vingts personnes au nom de Riina, y compris Bontade et Inzerillo.

En 1981 et 1982, autour de mille Mafiosi furent tués pendant que Riina décimait ses
adversaires. Ces derniers tentèrent de battre en retraite : au moins deux cents d'entre eux
disparurent sans laisser de traces.

Une des histoires les plus terrifiantes de cette période était la prétendue « salle de la mort »,
un appartement squatté à Palerme tenu par un des hommes de Riina, Filippo Marchese. Des
hommes étaient amenés là pour être torturés afin de leur soutirer des informations, puis tués et
dissous dans de l'acide ou démembrés et jetés à la mer. Un informateur ayant travaillé aux
côtés de Marchese raconta que Marchese insistait pour étrangler les victimes lui-même, bien
que ses hommes de main pussent s'en charger.

Riina recourait souvent à la trahison durant sa guerre, se liant avec des rivaux, puis les tuant
lorsqu'ils ne lui étaient plus d'aucune utilité. Il élimina même ses deux tueurs les plus
impitoyables et les plus fidèles, Pino Greco et Filippo Marchese. En 1982, après avoir décidé
que Marchese n'était plus utile, Riina le fit assassiner par Pino Greco, puis trois années plus
tard il fit éliminer ce dernier à son tour, le jugeant un peu trop ambitieux.

Tandis que les Corleonesi devenaient le clan le plus puissant de Sicile, leur tactique se
modifia quand, en 1982, un double-tueur condamné nommé Tommaso Buscetta devint le
premier Mafioso sicilien à devenir un informateur (repenti) et à coopérer avec les autorités.
Buscetta faisait partie d'une famille en difficulté dans la guerre des Mafia, et avait perdu
plusieurs parents et beaucoup d'amis, éliminés par les tueurs de Riina. Devenir un repenti
était, pour lui, la seule façon de sauver sa peau et de tenir sa revanche sur Riina. Buscetta
fournit beaucoup d'informations au juge Giovanni Falcone, et témoigna au « Maxiprocès »
(Maxiprocesso di Palermo) au milieu des années 1980 qui a vu des centaines de mafiosi
emprisonnés. Riina fut une nouvelle fois condamné pour meurtre mais par contumace : il était
toujours un fugitif.

La lutte s’intensifie [modifier]


Giovanni Falcone et son collègue Paolo Borsellino accomplissaient de sérieux progrès dans
leur guerre contre la Mafia, ce qui les plaçait donc dans le cercle des menacés de mort.

Le 23 mai 1992, Falcone, son épouse et trois gardes du corps étaient assassinés dans
l'explosion d'une bombe placée sous la route, dans les environs de Palerme. Quelques
semaines plus tard, Borsellino et cinq de ses gardes du corps étaient tués dans l'explosion
d'une voiture piégée. Les deux attaques furent commanditées par Toto Riina et exécutées par
quelques-uns de ses tueurs. L'opinion publique fut exaspérée envers la Mafia mais aussi
envers les politiciens, accusés de ne pas avoir fourni une protection suffisante aux juges
Falcone et Borsellino. Le gouvernement italien décida donc d'enclencher une lutte massive
contre la Mafia et sa violence.

Le 15 janvier 1993, en agissant sur les informations d'un indicateur, la police armée des
carabiniers arrête TotòRiina à Palerme dans sa voiture en compagnie de son chauffeur (son
chauffeur, Balduccio di Maggio, était l'informateur en question ; plusieurs de ses parents ont
été tués par la suite pour sa trahison). Riina a prétendu n'être juste qu'un pauvre comptable
harcelé, et, dans son costume de piètre qualité, cet homme de 62 ans beau parleur avait bien
l'air de n'être que cela. Questionné sur la société dans laquelle il travaillait, il répondit qu'il
n'en parlerait pas pour ne pas salir la réputation de l'entreprise. Placé en détention, Riina resta
poli et respectueux envers les officiers de police, et les remerciera plus tard de l'avoir bien
traité, bien qu'il soit parvenu à les « prendre pour des imbéciles » en disant non seulement
qu'il n'avait jamais entendu parler de la Mafia mais également en insistant sur le fait qu'il
n'avait « aucune idée » qu'il ait été le fugitif le plus recherché de Sicile des trente dernières
années. D'autres témoignages indiquent néanmoins que Riina n'a cessé de crier
« communistes ! » aux policiers qui l'arrêtaient.

La satisfaction du public lors de l'arrestation de Riina (un journal affichait la légende « Le
Diable » sous la photographie de Riina) fut tempéré lorsqu'il a été révélé que, pendant ses
trente années de fugue, Riina avait réellement habité dans sa maison de Palerme durant toute
cette période. Il avait obtenu une attention médicale en raison de son diabète et avait
enregistré chacun de ses quatre enfants sous leurs vrais noms à l'hôpital local. Il s'était même
rendu à Venise en lune de miel sans être inquiété. Beaucoup d'observateurs déclarèrent que
les autorités n'avaient arrêté Riina qu'en raison de la pression médiatique après les meurtres
des juges Falcone et Borsellino, et interprétèrent la facilité avec laquelle Riina avait berné la
justice comme un exemple de l'apathie des autorités siciliennes dans la lutte contre Mafia.

Bien qu'il ait déjà réussi à obtenir par le passé un non-lieu dans deux affaires de meurtre,
Riina fut cette fois jugé et condamné pour un peu plus de cent meurtres, dont ceux de Falcone
et de Borsellino. En 1998, Riina fut à nouveau accusé de meurtre, celui d'un politicien qui
avait été suspecté de traiter avec la Mafia et qui fut assassiné en 1992 après ne pas avoir
empêché l'emprisonnement de mafiosi dans les procès du milieu des années 80.

Riina est actuellement détenu dans une prison de sécurité maximum avec des contacts limités
avec le monde extérieur, afin d'éviter qu'il dirige son organisation derrière les barreaux
comme certains de ses prédécesseurs l'avaient fait. Plus de 125 millions de dollars de capitaux
appartenant à Riina ont été confisqués - probablement juste une fraction de son immense
fortune illicite - ainsi que son vaste manoir en 1997. Dans un mouvement symbolique, ce
manoir a été transformé en école pour enfants.

En 2003, Riina a subi deux crises cardiaques en mai et décembre. Un des amis proches de
Riina du clan des Corleonesi, Bernardo Provenzano, lui a succédé à la tête de l'organisation,
avant d'être lui-même arrêté le 11 avril 2006, dans une ferme située à quelques kilomètres de
Corleone.

Famille et personnalité[modifier]
TotòRiina s'est marié en 1974 avec Ninetta, qui a 13 ans de moins que Riina, et a eu quatre
enfants de ce mariage. Ses deux fils, Giovanni Francesco né le 21 février 1976 et Giuseppe
Salvatore né le 3 mai 1977, ont suivi ses traces et sont déjà derrière les barreaux. En
novembre 2001, à 24 ans, Giovanni Riina a été condamné pour quatre meurtres commis en
1995. Le 31 décembre2004, le plus jeune fils de Riina, Giuseppe, a été condamné à quatorze
années de prison pour différents crimes, y compris l'association de malfaiteurs, l'extorsion de
fonds et le blanchiment d'argent et est de peu sorti de prison. Cependant, une de ses filles,
Maria Concetta (née le 7 décembre 1974), a été élue représentante de classe dans son lycée.
La dernière fille Lucia (née le 11 avril 1980) TotòRiina a toujours exigé le respect des
femmes des hommes d'honneurs, (dans le code d'honneur, il est totalement interdit de tromper
sa femme et vice versa! Même si certains mafieux n'ont pas respecté cette règle (comme
Buscetta qui a été écarté de Cosanostra à cause de ce comportement)!) L'homme d'honneur
doit montrer l'exemple.

Par son attitude réservée et évasive, Riina demeure énigmatique quant à sa personnalité. Un
informateur, Antonino Calderone, décrit Riina comme étant « incroyablement ignorant, mais
possédant une intuition et une intelligence difficiles à sonder... très dure à prévoir ». Il déclara
que Riina était un beau parleur et un père et un mari consacrés. Une des anecdotes les plus
étranges était celle de Riina récitant en larmes un éloge à l'enterrement d'un frère assassiné de
Calderone, même si c'était Riina lui-même qui avait commandité le massacre. Calderone a
également indiqué que lorsque Riina voulut épouser Ninetta, la famille de cette dernière s'était
montrée fermement opposée. Calderone cita Riina en disant « je ne veux aucune autre femme
que ma Ninetta, et si elle (sa famille) ne me laisse pas l'épouser, je serai obligé d'en tuer
certains. » La famille de Ninetta ne montra immédiatement plus aucune opposition aux plans
matrimoniaux de Riina.

Giovanni Brusca, un tueur de Riina, et l'homme qui a personnellement fait exploser la bombe
qui a tué le juge Falcone, devint ensuite un informateur après son arrestation de 1996. Brusca
déclara que, en 1991 et début 1992, TotòRiina a projeté l'exécution d'actes de terrorisme
contre l'Etat pour obtenir l'arrêt de l'intensification de la lutte contre la Mafia, y compris des
actes tels que l'explosion de la tour penchée de Pise. Brusca a également cité Riina en
déclarant que les enfants des informateurs étaient des cibles légitimes. Déclarations
confirmées un peu plus tard, lorsque Brusca, "Lo scannacristiani", séquestra pendant vingt-six
mois, tortura puis fit étrangler en janvier 1996, Giuseppe Di Matteo, le fils de 12 ans d'un
repenti du nom de Santino Di Matteo.

Bien que les actions criminelles de Riina aient eu pour but l'acquisition de la richesse et de la
puissance, sa cruauté, ses trahisons et l'énorme nombre de meurtres brutaux qu'il a commis
furent excessifs même par rapport aux « normes » d'autres « hommes d'honneur ». Ceci
permet de penser qu'il était psychopathe, ou au moins qu'il a largement mérité son surnom, La
belva (La Bête).

Assassinats commis sur des personnalités politiques, de la


justice et des médias sous ordre de Toto Riinà[modifier]
Dans sa vague de meurtres contre l'État et tous ceux qui se sont opposés CosaNostra furent
tués entre autres :

 Le journaliste Mauro De Mauro (tué en 1970)


 Le procureur de Peter Scaglione (tué en 1971)
 Le lieutenant-colonel Giuseppe Russo (tué en 1977)
 Le journaliste Mario Francese (tué en 1979)
 Le politique Michael Reina (tué en 1979)
 Le capitaine de la brigade mobile Boris Giuliano (tué en 1979)
 Le tribunal Cesare Terranova et le maréchal Lénine Mancuso (tué en 1979)
 Le Président de la Région sicilienne PiersantiMattarella (tué en 1980)
 Le capitaine des carabiniers Emanuele Basile (tué en 1980)
 M. Pio La Torre : député communiste (tué en 1982)
 Le préfet général Carlo Alberto Dalla Chiesa (tué en 1982)
 Le policier Calogero Calotte (tué en 1982)
 Le juge Rocco Chinnici (tué en 1983)
 Le capitaine des carabiniers Mario D'Aleo (tué en 1983)
 Commissaires Beppe Montana et NinniCassara (tués en 1985)
 Entrepreneur de l'entreprise Sans gras (tué en 1991)
 Les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino (tués en 1993)
 Chefs de famille Montréalaise Don Jobino (tué en 1994)membre honorifique du clan
de la kesh dorée.

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