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Raymond
TOURNESAC
histoire d’une création
Patrick ARTERO N° 14 II-2009

14 juillet 2009

Les Orchestres
font Ecole à
N°14 deuxième trimestre 2009

l’Elysée

N° 14
. . . et retrouvez toute l’actualité des > page
II / 2009sur
Cuivres 1
http://gazettedescuivres.free.fr
VOTRE
INSTRUMENT
REMBOURSÉ ?
GRAND CONCOURS
du 24 août
au 31 décembre
2009

CHOISIR
YAMAHA
C’EST GAGNER !
Choisir la qualité Yamaha, c’est faire le bon choix. Du 24 août au 31 décembre 2009, Yamaha
organise avec ses distributeurs participants un grand concours vous permettant d’obtenir peut-être
le remboursement de votre instrument à vent d’étude (parmi les références de flûtes, clarinettes,
saxophones, trompettes et trombones sélectionnées*). Yamaha rembourse 40 instruments sur
l’ensemble du territoire national (hors DOM TOM).
*Modalités, enregistrement et liste des magasins participants sur www.yamaha.fr

Les instruments à vent d’étude Yamaha


Le choix d’un instrument d’étude est aujourd’hui très délicat : il faut savoir que certains instruments réalisés
de façon trop économique peuvent être parfois mal réglés, difficiles à jouer et ne sont souvent qu’un motif
de découragement pour les enfants. Les instruments à vent d’étude Yamaha offrent une véritable garantie
de qualité et s’imposent comme le meilleur choix. Soigneusement étudiés et réalisés avec précision,
grâce au savoir-faire Yamaha, ils offrent les qualités d’un instrument professionnel pour un prix
à la portée des étudiants. Grâce aux qualités sonores, à la justesse et à la facilité de jeu des
instruments à vent d’étude Yamaha, la pratique instrumentale devient un réel plaisir et
un véritable encouragement.
Période estivale,
Période de repos, de réflexion...

Sommaire Cette parenthèse, les musiciens la mettent à profit


pour continuer de s’entretenir et pour les jeunes élèves
ou futurs étudiants pour bénéficier des stages d’été afin
Editorial de parfaire leurs connaissances avec des enseignants
page 3 motivés. Qaunt aux professionnels cuivres sont, nous
Concours Petites Mains Symphoniques l’espérons tous, les invités des grands festivals nationaux
pages 4 à 5 et internationaux...
Orchestres à l’école
Voici la nouvelle gazette, le N°14 et le récit de
pages 6 à 9 l’actualité des cuivres de ce dernier trimestre.
Open Brass Band d’Amboise Des jeunes instrumentistes mis sous les feux médiatiques.
pages 10 à 13 Que ce soit en soliste et compétition pour le Concours
Brass Band - Ostende Roy Terry Petites Mains Symphoniques qui a vu exploser le nombre
de participants ou les enfants des Orchestres à l’école
pages 14 à 15 placés en responsabilité collective pour les festivités de
Xavier Teste par Michel Laplace la Fête Nationale du 14 juillet et bien entendu, les brass
pages 16 à 20 bands qui poursuivent en France leur dynamique.
Les trompettistes de Tomasi et de Jolivet Nous laissons à notre spécialiste anglais, Roy Terry, le
pages 22 à 26
soin de chroniquer avec talent, précision et amabilité
l’esprit du Brass Band.
JAZZASCONA Saluons, la création d’une Fédération de Brass Band en
pages 28 à 29 France qui devrait baliser la route du développement de
Partck ARTERO ce sympathique mouvement.
pages 30
La rédaction de La Gazette des Cuivres est aussi
Point de vue de Fred Gérard
heureuse de vous présenter des articles sur nos aînés
pages 31 à 32 qui ont servi les créations du répertoire. Sans oublier,
Chroniques de Claude Decugis l’actualité de la scène jazz où les cuivres trônent toujours.
pages 38 à 40 Remercions ici Michel Laplace.

Les réflexions sur la pédagogie et la manière


d’éviter de nous époumoner avec nos instruments sont
toujours les bienvenus.
Parution trimestrielle.
Editeur : Association Studio des Arts La chronique des disques de Brass Bands ou
12, rue Plantin 37270 Montlouis sur Loire d’Orchestre d’harmonie de Claude Decugis est toujours
Directeur de publication : Frédéric Casado très attendue.
Directeur de la rédaction : Yves Rémy
Dépôt légal : N° 14-II-2009 - 2ème trimestre 2009 Une rédaction d’un magazine aussi spécialisé que
I.S.S.N. 0996-5122
Commission paritaire : CPPAP N° 0114G88792
La Gazette des Cuivres n’est rien sans ses lecteurs.
Gazette des Cuivres 49, bld Paul Langevin 37700
Saint Pierre des Corps - France Merci à ceux qui à chaque renouvellement
Tél. 09 50 39 92 64 // Fax 09 56 11 14 87 d’abonnement mettent un petit mot amical et
email : gazettedescuivres@yahoo.fr d’encouragement à continuer l’aventure de la publication
http://gazettedescuivres.free.fr d’un trimestriel pour l’image des Cuivres.
Imprimerie : Graphival
3 r Sublainerie 37510 Ballan Miré Merci surtout, aux jeunes ou moins jeunes,
Prix de vente au numéro : 6 Euros - amateurs ou professionnels qui continuent de souffler
Abonnement annuel : 20 Euros
dans leurs tubes.
> par courrier

Bon buzz pour l’été


> Par paiement Paypal
Yves Rémy
Sur le site http://gazettedescuivres.free.fr
Pour sa troisième édition le concours devient Concours National
Petites Mains Symphoniques et s’élargit des cuivres - trombone,
trompette, cor et saxhorn-euphonium-tuba - au hautbois et à la
contrebasse à cordes.
Organisé par le corniste Eric Du Faÿ, il est subdivisé en 3 niveaux
pour les jeunes instrumentistes de moins de 13 ans à la date de
la finale vivant sur le territoire français.
• Catégorie A : 1re et 2e année de pratique instrumentale
• Catégorie B : 3e et 4e année de pratique instrumentale
• Catégorie C : 5e année et plus de pratique instrumentale

Les compositeurs Laurent Couson et


Pierre Cholley ont créé les pièces télé-
chargeables sur le site http://gazettedes-
cuivres.free.fr
Des centaines de jeunes instrumentistes
se sont inscrits obligeant les organisa-
teurs à déployer des moyens à l’extrême
pour essayer de contenter tout ce grand
monde. Ce qui n’est pas toujours évi-
dent.
La finale eut lieu dans le très beau théâ-
tre parisien - Le Déjazet. Un spectacle
fut offert à tous les lauréats ainsi que la
prestation des gagnants de chaque ca-
tégories.

Ci-contre Eric Du Faÿ, Romain Leleu,


Michel Barré et Pierre Cholley.

N° 14 II / 2009 > page 4


Palmarès communiqué
Prix décernés
Pour les deux premiers lauréats de chaque Trompette Trombone Tuba
catégorie : Catégorie A Catégorie A Catégorie A
• Un stage d’été (frais pédagogiques)
1)Meurin Obin 1)Pereira Félix 1)Fiorentino
Pour le vainqueur par catégorie :
2)Garcon 2)François Marilou
Catégorie A :
• Un instrument neuf avec étui Providence - Raphäel 2)Tissot Florent
• Un concert en soliste dans une salle Nsimire 3)Mathieu 3)Augendre
prestigieuse courant 2009-2010 3)Jaeger Emilie Benjamin Baptiste
Catégorie B :
• Un instrument neuf avec étui Catégorie B Catégorie B Catégorie B
• Un concert en soliste dans une salle 1)Jaeger Andréa 1)Camplong 1)Vidoni Blanchet
prestigieuse courant 2009-2010 2)Gouget Quentin Cyprien Luca
Catégorie C : 3)Laubier Isaac 2)Blasco Zoé 2)Malwory
• Un instrument neuf avec étui
3)Fricoire Juliette Clément
• Un concert en soliste au minimum
Catégorie C 3)Mauboussin
dans une salle prestigieuse courant 2009-
2010 1)Issarte Jean Catégorie C Victor
François 1)Hardy Benjamin
Association Petites Mains Symphoniques 2)Bonnin Florian 2)Barré Augustin Catégorie C
3 rue Riocreux 92310 Sèvres 3)Maggiolino 3)Malhowike 1)Betrancourt
Contact : Eric du Faÿ Marie Romain Couaillet Baptiste
Tél. mobile : 06 60 17 99 94 Le Pechon Marie 2)Barira Sarra
Tél. fixe : 09 54 01 60 84 3)Rouger Rémi
petites-mains@hotmail.fr manque malheureusement les lauréats cornistes, non communiqués
ericdufay@hotmail.com

N° 14 II / 2009 > page 5


Après le 14 juillet,
l’aventure continue
... de plus belle

Elysée

N° 14 II / 2009 > page 6


Jean-Claude Decalonne, initiateur du projet
orch e s t r e s à l ’ é c o l e ( O AE) ,
vient de vivre avec les enfants de certaines classes et
leurs accompagnateurs une aventure à peine croyable :
être invités au défilé du 14 juillet et à la Garden-Party à
l’Elysée.
Une médiatisation sans précédent du logo des OAE et
une reconnaissance par les plus hautes personnalités de
l’Etat.
Jean-Claude Decalonne, au charisme qui soulève les
montagnes, apparaît, avec l’Association Orchestre à
l’Ecole de plus en plus en premières lignes, au risque de
surprendre voire de gêner un système établi. Crédits photos : Sébastien Cabaret et Frédérique Davy
Certains ne voient derrière ses bonnes intentions que l’habile commerçant
ou un dangereux activiste contre les structures classiques d’enseignement de la musique.
D’autres reconnaissent ses qualités d’agitateur culturel créant du lien social. Il vient d’ailleurs
d’être reconnu comme ASHOKA FELLOW.
Qu’en pense-t-il ?
Entretien avec Jean-Claude Decalonne
Très bien.
Jean-Claude, les orchestres à l’école vien- le public et ont pu jouer avec les prestigieux
D’ailleurs, le
nent de connaître une médiatisation excep- musiciens de la Garde Républicaine.
dossier OAE
tionnelle avec la participation des enfants Et la chorale, place de la Concorde ?
intéresse beau-
lors du défilé militaire du 14 juillet et de Nous avons fait appel à deux autres clas-
coup, jusqu’à
l’invitation de deux orchestres à la garden ses d’Orchestres à l’Ecole, montrant ainsi
Madame Carla
party de l’Elysée. Comment as-tu pu ouvrir la cohésion du projet et la place impor-
Bruni-Sarkozy,
ces portes ? tante donnée au chant dans le processus
qui, après le
Concernant cet événement précis, c’est d’apprentissage artistique. Les enfants ont
défilé militaire,
l’aboutissement d’un travail de longue ha- vraiment très bien chanté, accompagnés
s’est déclarée
leine. Nous avions remué ciel et terre de- des Chœurs de l’Armée française et de la
«Marraine des
puis des mois en imaginant un projet de Musique de l’Air. C’est d’ailleurs la version
orchestres à l’école» et «heureuse d’ac-
ce genre. Le dossier que j’avais transmis grandiose arrangée par Hector Berlioz qui
compagner ce dispositif «. Elle nous ap-
au Président de la République était re- a été interprétée en direct devant la tri-
portera son soutien avec sa fondation pour
venu annoté d’une appréciation très favo- bune officielle et vue par huit millions de
une action artistique et culturelle à desti-
rable. Je me suis laissé dire que c’était téléspectateurs français et retransmis dans
nation de la jeunesse.
assez rare… Puis un jour, un appel de la le monde entier.
Certains pourraient y voir de la récupéra-
communication de l’Elysée propose qu’un Une préparation sans aucun doute très mi-
tion ?
orchestre joue pendant la Garden-party du nutieuse ?
Simplement une reconnaissance pour une
14 juillet 2009. La Présidence souhaite Vécue par les 80 enfants venus de Pont-
belle action. Je pense sincèrement que les
également que les enfants chantent aussi Audemer en Normandie et de Fougères
OAE dépassent largement les clivages poli-
la Marseillaise devant la tribune officielle en Bretagne plus leurs accompagnateurs,
tiques. C’est l’enfant qui reste au cœur des
pendant le défilé militaire. la semaine de préparation sur les Champs
préoccupations.
C’est donc une succession de concours de Élysées est à elle seule une expérience
Ce projet qui entraîne des collaborations
circonstance dans le secteur prestigieux des inoubliable. Aucune importance, ces ré-
nécessaires entre collectivités territoriales,
Champs-Elysées ? veils à trois ou cinq heures du matin pour
Education Nationale, Culture, les réseaux
Oui, car depuis le 20 Mai dernier, ces mo- se préparer… Les heures de répétitions…
des secteurs privés attendait une recon-
ments se sont multipliés. Les visites parisiennes et les concerts avec
naissance au plus haut niveau de l’Etat.
Invités du Général Combette le 20 Mai les instruments dans les jardins de Bercy…
C’est maintenant chose faite depuis ce 14
dernier pour la cérémonie de la flamme Rien que du bonheur, des sourires et des
juillet.
de l’espoir (nouveau nom donné à la céré- souvenirs impérissables.
C’est donc un nouveau départ pour le pro-
monie consistant à ranimer la flamme du Les OAE font revenir les musiciens à leur
gramme Orchestre à l’école qui rappelons-
soldat inconnu), à l’Arc de Triomphe, les vraie place : sur toutes les scènes, des
le a démarré dans le Val d’Oise à Auvers et
OAE y ont joué et chanté l’Hymne National plus modestes aux plus prestigieuses, re-
surtout à Cergy ?
et le Chant des Partisans. Un événement donnant des habitudes de présence de
L’histoire des orchestres à l’école est
citoyen au message fort qui laissa la place, musiques vivantes lors des grands événe-
belle… Surtout parce que c’est une his-
pour la Fête de la Musique, à un magnifi- ments… Pour cette simple raison, il faut
toire avec des enfants, une histoire qui se
que rassemblement d’orchestres à l’école continuer de les soutenir car ils contribue-
conjugue de dix mille façons, une histoire
sur le carré Marigny de la plus belle Ave- ront à l’enrichissement de l’environnement
qui apporte l’espoir d’avoir trouvé quelque
nue du Monde. artistique et tout ce qui en découle.
chose qui marche au sein d’un système
Ensuite les événements se sont enchaînés Comment se sont comportés les enfants ?
éducatif semblant peiner à trouver des so-
rapidement. Médiatisés, les enfants sont demeurés
lutions vraiment nouvelles.
Quels sont les ensembles qui ont joué à la simplement admirables, sans doute parce
Pourtant, l’idée n’est pas neuve ?
Garden-Party ? qu’habitués à l’exigence du travail d’or-
Bien sûr. Je me demande souvent pourquoi
Deux orchestres à l’école, l’harmonie de chestre, ils apprécient tout ce qui leur ar-
personne ne l’a exploitée avant. Le sport
Gorron en Mayenne et la fanfare de l’école rive.
ou autre pratique collective apporte son
Urbain Le Verrier de Nantes. Ils ont séduit Comment ont réagi les autorités ?
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lot d’atouts multiples. Mais l’Art en géné- veulent rien changer de la pédagogie qu’ils Oui, des règles sont répertoriées dans le
ral offre l’épanouissement, la Musique et ont apprise eux même) ou d’une hiérarchie mode d’emploi décrit sur le site www.or-
l’orchestre en particulier la cohésion de accrochée à de mauvais prétextes. chestre-ecole.com
groupe. Pratiquer en groupe, réaliser quel- Alors aujourd’hui, l’espoir semble renaître En fait, avec le recul de dix ans d’expé-
que chose de beau ensemble, pour séduire et même s’il n’existe que 300 écoles (pour riences multiples, nous avons répertorié
un public et se faire applaudir par lui fi- environ 500 orchestres) accueillant des les techniques infaillibles pour qu’un OAE
nit par être très apprécié des enfants. Le OAE, il en reste cinquante cinq mille dans fonctionne dans les meilleures conditions.
vecteur essentiel et unique lié à l’orchestre lesquelles il ne se passe musicalement et Ce ne sont pas des règles absolues et des
à l’école est que l’enfant s’approprie avec artistiquement pratiquement rien. En tout adaptations “locales” sont toujours envi-
respect un instrument de musique qui lui- état de cause, le chantier n’en est qu’à ses sageables, mais elles doivent faire l’objet
même à une histoire, une valeur culturelle, débuts… d’une réflexion
esthétique et financière. Quelles sont les recettes pour le dévelop- Une labelisation des OAE existe-elle. ?
Cet instrument devient naturellement la per ? C’est l’étape que nous souhaitons mettre
partie extérieure de la personnalité de l’en- A mon sens, elles passent par les musi- en chantier le plus rapidement possible.
fant, qui fédère le groupe. C’est ce qui ex- ciens professionnels. Une labellisation sera nécessaire si la
plique le succès des Orchestres à l’école. Un chantier qui devrait être soutenu mieux convention-cadre que nous proposons est
Dans cette idée d’Orchestre à l’école, la fi- encore par les musiciens puisqu’il consti- un jour signée avec l’éducation nationale,
nalité est-elle de constituer un orchestre ? tue le plus bel espoir de développement la Culture et l’Association des Maires de
Cela pourrait être l’Orchestre de l’école ? de la Musique de demain. Une génération France. Mais ce label devra permettre la
En fait, la Musique n’est qu’un prétexte… entière qui fait de l’orchestre à l’école, diversité, le respect de la philosophie des
Une merveilleuse excuse qui fait son che- ce sont, à terme, des dizaines de milliers OAE : c’est à dire préserver le désir de faire
min en rodant les pédagogies les plus di- d’individus qui deviendront au minimum le mieux possible, avec les autres, sans es-
verses, autant celles qui sont vieilles com- des auditeurs, un public éclairé et plus prit de compétition.
me le monde que les plus innovantes… enthousiaste, des concerts plus nombreux, Une fondation internationale vient de te
L’orchestre est redevenu cet outil social des emplois dans les domaines artistiques, sélectionner, sur quels critères ?
qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Il des écoles avec de vrais projets artistiques C’est une fondation, originaire d’Inde, As-
n’est pas un but, il est un moyen. Dans épanouissants, des conservatoires plus hoka qui repère et soutient les entrepre-
un orchestre, on apprend tout : à vivre, à remplis d’élèves préparés et volontaires, neurs sociaux. Au terme d’une étude ap-
respecter (les autres et soi même), à avoir des échanges multiples entre les collecti- profondie des projets passés et à venir, et
de la rigueur, à aiguiser sa sensibilité, à vités locales, l’école, le conservatoire, les d’une approche sensible de personnalité
lire, écrire, compter… parents… et de ma propre histoire, cette fondation
Alors pourquoi a-t-on l’impression de vivre Comment le fédérer ? vient de me reconnaître le titre d’ « Ashoka
une véritable victoire aujourd’hui, à l’heu- Le travail accompli depuis dix ans est Fellow ». Un Ashoka Fellow doit répondre
re où les orchestres à l’école naissent dans renforcé par une magnifique structure as- positivement aux cinq critères suivants :
presque toutes les régions de France ? sociative : «Orchestre à l’école». Celle-ci Le porteur de projet a déjà lancé son acti-
Les innovations pédagogiques et leurs accompagne quasiment chaque projet et vité – Il apporte une solution innovante à
effets sur les comportements semblent met en lumière les OAE en récoltant des la cause du problème - Le projet est sans
enthousiasmer certaines académies ; les mécénats qu’elle redistribue aux orches- but lucratif - Le projet est répliquable
responsables des pôles sociaux des muni- tres semblant en avoir le plus besoin, dans - Le porteur de projet possède l’envie et
cipalités des zones «à problèmes» adhè- les ZEP ou autres endroits «difficiles», les qualités entrepreneuriales suffisantes
rent à cent pour cent à la philosophie des mais aussi en créant des événements, ren- pour le développer à grande échelle. Il
OAE et j’apprécie pleinement, avec tous contres d’orchestres, organisations de par- existe seulement deux mille fellows dans
ceux qui accompagnent les orchestres rainages, créations d’événements extraor- le monde et chacun d’eux développe un
à l’école cette reconnaissance générale. dinaires… Car quoi de plus épanouissant projet ayant des effets positifs touchant
Sans doute parce que la route n’a pas été pour ces enfants (parfois issus de secteurs des milliers, voire des dizaines de milliers
un long fleuve tranquille. en grande pauvreté) que de se retrouver d’êtres humains.
Après ce succès médiatique, y a t-il encore sur une scène prestigieuse, entourés de Et DRaPOS, l’autre association ?
des obstacles à lever ? musiciens exceptionnels qui leur font vivre Elle est un peu en sommeil depuis que j’ai
Des résistances subsistent… De mauvais des moments inoubliables ? décidé de me concentrer sur l’Association
prétextes retardent encore le développe- La rentrée sera riche en nouveaux OAE OAE. DRaPOS (Développement, Rayonne-
ment des OAE : institutionnelles, de moins mais si on peut se réjouir d’en compter ment des Pratiques Orchestrales Scolaires)
en moins, sans doute parce que le besoin cent de plus, grâce à la conscience des est spécialisée sur les problèmes de péda-
de solutions semble vital… Mais les gar- collectivités locales et des porteurs de pro- gogie. Je sais que le Président, Philippe
diens fidèles de l’intégrité de l’Éducation jets courageux, aux mécènes, aux pouvoirs Langlet, a prévu une remise en route spec-
Nationale montrent encore des résistan- politiques s’impliquant de plus en plus et taculaire pour la rentrée prochaine et je
ces face à ce mouvement, comme aussi à l’efficacité de l’Association OAE qui en- m’en réjouis car les membres qui compo-
certains «intégristes du vieux système», cadre et fédère l’ensemble de cette belle sent l’association possèdent les meilleures
ceux qui pensent encore que l’éducation organisation, cinq cent ou mille serait un connaissances en matière de pédagogie.
musicale doit impérativement se faire en chiffre plus normal dans un pays de notre Ne crains-tu pas une personnalisation
transmission individuelle et que deux ans dimension. La crise est une très mauvaise trop importante de ce projet, Orchestres à
de FM (formation musicale, que l’on appe- excuse : c’est justement parce qu’il y a cri- l’école ?
lait autrefois solfège) sont indispensables se que les populations les moins favorisées Je sais où je veux aller et je pense être ga-
avant d’avoir le droit de toucher à l’ins- doivent pouvoir profiter de formules en fait rant des limites à ne pas dépasser. J’ai eu
trument. Partout, dans les institutions, bien peu coûteuses au regard des résultats la chance de croiser sur la route des OAE
dans les écoles, conservatoires, mairies, qu’elles produisent. de nombreuses personnalités qui me font
conseils généraux, des gens de cœur ont Une opération de pratique instrumentale à confiance, me soutiennent et m’offrent
pris le parti des OAE et mènent un combat l’école doit elle répondre à un cahier des leurs conseils : Claude Bébéar, des per-
passionnel vis à vis de collègues (qui ne charges pour être répertoriée OAE ? sonnalités politiques de droite comme de
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gauche, et des gens de valeur, talents des cela à des fins personnelles pour quelques service de l’Association Orchestre à l’école
cités ou autres Ashoka Fellows… Un jour, avantages imaginaires... Je sais que dans et des projets à venir. Le site Internet www.
d’autres réécriront peut-être l’histoire des notre pays, l’utopie, la philanthropie sont orchestre-ecole.com relaie toute l’activité
orchestres à l’école de France. Le dispo- presque toujours considérées comme sus- des OAE, conseille et dresse la carte des
sitif sera alors suffisamment installé pour pectes. Mon entreprise, depuis les mo- OAE existants. L’équipe qui m’accompa-
que l’Association et moi prenions du re- ments où j’étais seul à croire au projet des gne est constituée de Marianne Blayau qui
cul… Quoi de plus normal que de restituer OAE, a subi les effets de ma passion et en sait autant qu’il est possible sur le dis-
à l’école son plus bel outil d’égalité des je serais certainement riche aujourd’hui si positif OAE et nouvellement de Séverine
chances ? Ma plus belle satisfaction est je n’avais pas consacré les dix années qui Maret auprès de qui les porteurs de pro-
de voir le regard brillant d’enfants qui se viennent de passer au service des orches- jets peuvent s’adresser en toute confiance.
construisent vraiment, dans un épanouis- tres à l’école. Je continuerai plus encore L’Association Orchestre à l’école est une
sement total. (grâce au soutien de Ashoka), dès la ren- plate-forme collective entièrement dédiée
Certains imaginent sans doute que je fais trée prochaine, de mettre mon énergie au au service de l’enfant.
Propos recueillis par Yves Rémy

Débat : Faut-il avoir peur des


Orchestres à l’école ?
l’adapte au fur et à mesure de l’évolution du projet. Le professeur
Dans une intervention en 2004 au CEFEDEM Rhone-Alpes dans son cours d’instrument à l’école de musique, est fortement
« Un orchestre à l’école » – voir www.cefedem-rhoneal- incité à décliner son identité professionnelle de spécialiste de
pes.org – Jean-Claude Lartigot* s’interrogeait sur cette l’instrument dont l’objectif prioritaire est de former des instru-
nouvelle proposition pédagogique et ses dérives poten- mentistes, spécialistes du même instrument. Ce professeur, en
situation d’encadrement d’une pratique collective, se conduit
tielles relevées suite à son enquête menée sur Les prati- très souvent avec les élèves comme le chef qui fait répéter un
ques collectives de la musique, pour le CNSMD de Lyon orchestre, même si on n’est pas toujours en situation de répéti-
en collaboration avec l’ADDIM Drôme. tion. C’est une transposition dans le monde pédagogique du seul
modèle professionnel disponible puisqu’il y a très peu d’orchestre
Extraits de l’intervention de Jean-Claude Lartigot qui ne soit pas dirigé par un chef.
“Un Orchestre à l’école” Le profil d’un professeur « idéal » serait un mélange de compé-
Les questions politiques : tences d’un dumiste excellant dans le domaine de la création et
Au titre des choix politiques, il faudrait analyser l’orchestre en de la pédagogie collective, avec celles d’un professeur de forma-
tant que structure qui police les conduites sociales à des fins tion musicale aux compétences étendues à la direction, mêlées
productives. La grande majorité des orchestres que nous avons avec le savoir-faire d’un professeur instrumentiste qui saurait gé-
observés en milieu scolaire sont des microsociétés hiérarchisées rer un cours de musique d’ensemble avec un instrumentarium
où chaque élève est assigné à une fonction fixée par la partition des plus variés !
et une tâche répétitive, régulées par un pouvoir autocratique fort. Il est étrange, en tout cas, que le développement de ces orches-
Cette façon de fonctionner est héritée du rôle historique jouée par tres à l’école se fasse au détriment des pédagogies de l’invention
la structure de l’orchestre – ou des harmonies - dans les procédés et de la création dont les intervenants issus des CFMI sont deve-
de production des musiques au 19ème et dans la première moitié nus les référents. Tout se passerait alors comme si nous assistions
du 20ème siècle. Ici, on complète le dispositif de production par à un retournement des valeurs éducatives que l’on attribue aux
des séances d’apprentissage technique individuelles ou collecti- apprentissages artistiques. Alors que les pédagogies (vraiment)
ves dont le contenu est orienté vers ce que les élèves ont besoin actives sont basées sur le mythe fondateur de la créativité de l’in-
de savoir faire à l’orchestre, retrouvant ainsi la trace des structu- dividu et sur un modèle d’apprentissage constructiviste, le travail
res d’apprentissage pré conservatoires. Il existe même des métho- d’orchestre – tel que nous l’avons vu fonctionner – valorise la
des instrumentales qui permettent de transformer l’orchestre en répétition et l’imprégnation des modèles qui civilisent des élèves
cours collectif d’instrument. On est au cœur de la contradiction davantage placés sous le mythe fondateur du petit démon.
entre des logiques de production et des logiques d’apprentissage Ainsi, on peut se demander si l’introduction de la pratique de l’or-
: qu’apprend-on de la musique dans de tels dispositifs ? J’insiste chestre à l’école n’est pas un des vecteurs de cette étrange offen-
sur l’aspect politique d’une telle interrogation : l’orchestre est-il sive idéologique qui tente d’évacuer les méthodes et les contenus
une école de la soumission à l’arbitraire d’une loi extérieure au de pédagogies présentées comme innovantes au cours de ces 30
groupe ? Est-on conscient du choix politique réalisé par la promo- dernières années. Au moment où les baby boomers envisagent
tion de telles activités ? leur retraite, ce serait tout leur attirail pédagogique qui serait
Les challenges pédagogiques : ainsi rangé dans le Musée pédagogique.
Les projets se font à chaque fois suivant des réalités et des ren- Jean-Claude Lartigot, professeur au Conservatoire national supérieur de
contres locales mais les finalités tournent principalement autour musique de Lyon de la Classe de Pédagogie fondamentale de 1982 à 2005,
est directeur de l’Agence musique et danse Rhône-Alpes (AMDRA).
de deux points : la démocratisation de la musique par la pratique En 2003/2004, Jean-Claude Lartigot enquête sur Les pratiques collec-
instrumentale collective et l’orchestre comme outil de socialisa- tives de la musique, pour le CNSMD de Lyon, avec la collaboration de
tion. l’ADDIM Drôme.
En France, pour une pratique musicale en milieu scolaire, on fait Rapport téléchargeable sur le site www.addimdrome.fr
appel, en primaire, à des musiciens intervenants et, en secondai- En 1999, il publie le livre L’apprenti instrumentiste : la musique sur me-
re aux compétences d’un professeur de musique (de l’éducation sure ? aux éditions Van de Velde. Avec Éric Sprogis, il a écrit Écoles de
Musique : un changement bien tempéré (Édisud, 1991) et Libérer la mu-
nationale ou d’une école de musique). sique (Éditions Universitaires, 1975). Il est également l’auteur principal
Mais quand les professeurs d’école de musique interviennent des Repères bibliographiques pour les musiciens enseignants (Cité de la
dans les classes « …on se forme un peu sur le tas.. ». Les profes- musique centre de ressources musique et danse, 1998).
seurs de formation musicale sont souvent à l’aise dans ce nouvel En 2007, il cosigne avec Éric Demange et Karine Hahn aux Éditions Sy-
exercice. Les professeurs d’instrument pratiquent des « copier- métrie APPRENDRE LA MUSIQUE ENSEMBLE - Les Pratiques Collectives
coller » de leur pédagogie sur les groupes qu’ils rencontrent et de la Musique, Base des Apprentissages Instrumentaux.

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15ème BRASS BAND OPEN
OPEN de France AMBOISE

Soirée de gala avec le spectacle “Celtic concept show” présenté


par le brass band Nord Pas de Calais, horn pipes et conteur sous la
direction de Philippe Lorthios

Pour sa quinzième édition, le concours mêlent solistes du brass band, corne-


de Brass Band d’Amboise, a une fois muses, percussions irlandaises et un
Lesly Howie
de plus démontré sa pertinence. Au conteur. La soirée de clôture fit une photo www.trixtaphography.co.uk
niveau local puisque l’animation de belle part à l’alto mib, à la découverte
la Cité royale avec la compétition de de son répertoire interprété par la so- bien fondé de la dynamique des Brass
marche sur l’esplanade du château et liste anglaise Lesley Howie, évoluant Band en France et à milité ardemment
les concerts en extérieur ont donné au comme alto solo au sien du Fodens pour voir la création d’une fédération
public très présent la convivialité et Brass Band. Elle était accompagné par française de Brass Bands. Chose faite
l’exigence artistique. Dans la salle du le East Yorkshire Motor Service Band le 2 juillet 2009 (voir communiqué).
théâtre Beaumarchais, les prestations (EYMS) dirigé par Stain
des onze Brass Bands en compétition Lippert. On sentait un peu
ont été suivies également par un pu- d’aigreur chez les mem-
blic fourni et enthousiasme. Comme le bres du EYMS, troisième
note dans sa chronique, notre spécia- du concours derrière le
liste anglais, Roy Terry, il est encoura- BBNPDC qui confirme
geant que les jeunes ou moins jeunes avec sa deuxième place
des brass bands en divisions initiales sa progression depuis son
entendent les brass qui ont gravi les succès au Concours Na-
marches jusqu’à la division élite. tional CMF et le premier
Pour les concerts de gala, la salle de prix des hollandais du
deux mille places n’était pas assez Rijnmond dirigé par Ivan
grande. Le vendredi une ovation a été Meylemans.
faite au BB NPDC et son spectacle Jacques Gaudet, initiateur
“Celtic concept show“ sur des arran- en 1994, de ce champion-
gements de musiques celtiques où se nat, reste convaincu du
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Proclamation des résul-
tats et enthousiasme du
représentant du Brass
Band Hollandais Rijnmond
(premier prix). Quatrième
du dernier Championnat
européen à Ostende, Rijn-
mond est dans le peloton
de tête des Brass Bands.
Son chef, Ivan Meylemans
vient du monde sympho-
nique. Trombone solo du
Concertgebouw Orchestra
jusqu’en 2007, il y est
chef-assistant de Mariss
Jansons.

PALMARES
à l’Unanimité du jury composé de
David Horsfield, Peter Graham, Dennis Wilby,
Pascal Eicher et Chris Jeans.

3° Division / 4° section International


- 1° Prix 105,25 / 120 MEILLEUR SOLISTE
BLACKLEY BAND Adrian SMITH Royaume Uni Thomas CALLAUX, trombone du BBNPC
- 2° Prix 102,25 / 120 Récompensé par Composition d’un solo par Simon Kerwin
CONCORDIA Hervé PRIEM Francz dédiée à Thomas
- 3° Prix 101,00 / 120
EXOBRASS JUNIOR Gildas HARNOIS France CONCOURS DE MUSIQUE DE MARCHE
Brass Band - marche interprétée - Palmarès - Note sur 100
2rd Division / 3th section International EYMS (UK) RAVENSWOOD 1° Prix 95
- 1° Prix 109,75 / 120 RIJNMOND (NL) SOMORAINE 2° Prix 94
GOODSHAW Roy WAITE Royaume Uni BBNPC (F) THE AUSTRALASIAN 3° Prix 93
BBN (F) PUNCHINELLO 4° Prix 92
1° Division / 2° section International EXOBRASS (F) THE PRESIDENT 5° 91
- 1° Prix 111,25 / 120 CONCORDIA (F) CONCORDIA 6° 89
BORGIACQ Pierre DUTOT France BLACKLEY (UK) KNIGHT TEMPLAR 6° 89
- 2° Prix 110,25 / 120 GOODSHAW BAND (UK) CENTAUR 8° 88
MONS ST GEORGES Thierry DESCAMPS Belgique BRASS BAND BORGIACQ (UK) ON THE QUATER
DECK 9° 87
Division Elite / Elite section International Elite MONS ST GEORGES BRASS BAND (B) MARCHE DES
- 1° Prix 116,50 / 120 CHAMPION 2009 PARACHUSTISTES BELGES 10° 86
RIJNMOND Ivan MEYLEMANS Hollande
- 2° Prix 114,25 / 120 PRIX DU PUBLIC EN EXTERIEUR
BBNPC Philippe LORTHIOS France Place Michel Debré BBNPC
- 3° Prix 113,75 / 120 Square AFN EXO BRASS
EYMS Stan LIPPEAT Royaume Uni Meilleur soliste Place Michel Debré, Bugle DU BBN,
- 4° Prix 111,25 Pierre DUTOT
EXOBRASS Gildas HARNOIS Meilleur soliste square des AFN CORNET EXO BRASS,
France Arnaud JUCHAULT
- 5° Prix 109,50
BBN Philippe GERVAIS France

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Chronique de Roy Terry
à propos du 15ème Festival-Open de France Brass Bands

A
u festival d’Amboise, c’est mainte- Dans la première Division, BB Borgiacq le cadence dans le mouvement lent de
nant une évidence ; les meilleurs dirigé par l’unique Pierre Dutot a joué le Contest Music. Il a négocié avec aisance le
brass bands français sont à la hau- morceau imposé New World Sketches avec contre-ut bécarre et a ‘atterri’ sain et sauf
teur des meilleurs de n’importe quel pays. éclat, mais aussi avec une complexité con- de l’autre côtè ! Les solistes des brass
Pendant le concert du vendredi soir pré- sidérable. band anglais et hollandais n’ont pas atteint
senté par BB Nord-Pas de Calais, la mu- la même précision avec tant de confiance.
sique ’Celtique’ qui va à coup sûr devenir Division Elite : Le morceau imposé, Con- Philippe Gervais a choisi de jouer English
très connue et très souvent jouée avait de test Music par le compositeur anglais Wil- Heritage´de George Lloyd et fut félicité
la fraîcheur. Le niveau sonore était très fred Heaton était aussi le morceau imposé par le jury pour son interprétation. La dis-
bien ‘contrôlé’ et la sonorité de l’ensemble pour le concours britannique Grand Shield cipline de BBN était bien en évidence et
très cohérente et bien équilibrée. où de nombreux chefs d’orchestre avaient les instruments ‘moelleux’ sont bien équi-
Un autre signe du développement des brass de la difficulté à comprendre le style fon- librés.
bands français c’est qu’ils se soient placés damental de cette musique. Comme tout
3, 4 et 5ème dans le concours de marche compositeur de genre unique, les brass Nous avons apprécié que tous les membres
– c’est dire la maîtrise obtenue pour inter- bands ont besoin de se plonger dans toute du brass band junior soient présents pour
préter les marches ‘brass band’. son œuvre pour en comprendre le sens. entendre Exo Brass (Gildas Harnois). Ils ont
Les trois brass bands français avaient plus commencé Contest Music avec virtuosité
Dans la 3ème Division, la présence du BB de succès à rendre cette musique authenti- mais ils ne sont pas arrivés à une unani-
ExoBrass Junior était un point culminant que que tout autre brass band britannique. mité d’ensemble. Arnaud Juchault est à fé-
du week-end. Ils ont choisi de faire concur- C’est un signe du développement continuel liciter d’avoir joué si bien le Concerto pour
rence à armes égales avec les brass band des brass bands français que leur son se Trompette de Harry James et d’avoir gagné
‘adultes’ et aucune concession ne fut né- place dans les limites de ce que la plupart un des prix pour les solistes. Comme BBN,
cessaire. Le niveau musical est de grande considère être le son véritable d’un brass Exo Brass s’est donné une tache difficile
qualité vu le grand nombre des jeunes âgés band. Si on les écoutait les yeux bandés en terminant leur programme avec Fantasy
de moins de dix ans. dans un concours britannique on ne serait de Malcolm Arnold. Les trois autres brass
Cela fait toujours plaisir d’entendre un pas capable de distinguer leur pays natal. bands dans cette division ont choisi des
groupe qui participe pour la première fois. Les trois brass bands dans cette division morceaux beaucoup moins difficiles. Peut
Cette année, c’était le BB Concordia ré- sont de bons brass bands. C’était aussi le être faut-il clarifier les règles pour les fu-
cemment formé à Lesquin, près de Lille. jugement du jury. turs concours.
Il faut espérer le revoir l’année prochaine
et que d’autres qui ont participé autrefois Matthieu Lucas, cornet principal du BB Suivant l’exemple d’Aeolus, Nord-Pas de
seront persuadés de revenir. Normandie a joué d’une façon splendide Calais (Philippe Lorthios) a dépassé un
brass band anglais - EYMS - en gagnant
le deuxième prix, évidence d’un bon pro-
gramme en développement. Et ils ont fait
du concours un véritable concert de pre-
mière classe avec Rhapsody for Trombo-
ne de Gordon Langford joué par Thomas
Callaux en vrai style Lusheroso (le solo a
été écrit pour le célèbre tromboniste Don
Lusher). Bien entendu Thomas Callaux a
gagné le premier prix de soliste.

Le jury - David Horsfield, Peter Graham,


Dennis Wilby et Pascal Eicher - a bien
servi les brass bands. Dans leurs notes, ils
ont donné des évaluations détaillées. Et
très peu de points séparent les cinq brass
bands, plus d’évidence que les brass bands
français sont bien arrivés.

Pour terminer le dimanche matin un con-


cert apéritif de fraternité donné par les
quatre-vingt dix musiciens de Normandie,
Borgiacq et les visiteurs belges de Mons.
L’esprit de soutenir les uns et les autres est
clairement très fort parmi les brass bands
français. Vraiment le concours d’Amboise
est un modèle pour tous les autres con-
cours d’Europe.

Roy Terry
Spécialiste anglais des Brass Bands
et directeur de la rédaction du magazine
BrassBand World
Roy Terry et queques jeunes instrumentistes du Brass Junior Exo de Tours
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Communiqué

Thomas CALLAUX
Création de la FEDERATION
Élève au CNSM de Lyon dans la des BRASS BANDS de France
classe de Michel Becquet depuis
2006, Thomas Callaux, Prix du Le mouvement
Meilleur Soliste au Concours de
Brass Band à Amboise, vient de
des Brass bands se structure…
remporter le Premier Prix du Con-
Après de fructueux échanges en Mars dernier à
cours de Trombone du Lions Club Amboise, nous sommes heureux d’annoncer la
à Tours les 28 et 29 Mai 2009. naissance de la Fédération des Brass Bands de
France (F.B.B.F), le 02 Juillet 2009 à Paris lors de
J’ai passé les vacances à essayer de notre réunion à Eurosites La Chapelle.
faire une gamme. Je suis rentré, je Moment d’importance dans le paysage musical
voulais faire du piano ! français, le monde des Brass Bands peut désor-
Pour le trombone, c’est grâce à mon mais compter sur une volonté commune d’amélio-
père en fait. Il a fait son service mili- rer l’existant et de se donner des moyens supplé-
taire à Rouen, au 39ème RI, dans la mentaires afin d’amplifier cette pratique musicale
musique. Au même moment, Jacques populaire.
La FBBF à élu son Conseil d’Administration com-
Mauger, qui est maintenant l’un des
posé comme suit :
grands noms du trombone, le faisait
Présidents de Brass Bands :
également. Ils ont forgé les premiè- Frédéric MERLE (B.B. Méditerranée)
res pierres d’un lien d’amitié très fort. William HOUSSOY (B.B. Nord Pas de Calais)
Malheureusement, après le service mi- Directeurs de Brass Bands :
Thomas Callaux, d’où viens-tu ? litaire, ils se sont perdus de vue. C’est Philippe GERVAIS (B.B. Normandie)
Originaire de Diéval, petit village du alors qu’en 94, Jacques vient jouer Martial RENARD (B.B. des Savoies)
Ternois (62), j’ai débuté la musique dans la Région en soliste. Ce concert Mathias CHARTON (Brassage B.B.)
dans l’école de musique de Marles les a permis à mon père de retrouver son Musiciens de Brass Bands :
Mines avant d’intégrer, parallèlement ami, moi j’y ai trouvé le trombone… Michel PAPION (B.B. Val de Loire)
Les Concours ? Benoit MEURIN (B.B. du Hautbourdin)
à un cursus scientifique, le Conser-
Les concours de musique sont assez Elodie LUCAS (B.B. Normandie)
vatoire à Rayonnement Régional de Personnalités extérieures :
similaires à des épreuves sportives,
Lille, d’abord en piano, dans les clas- Jacques GAUDET
comme les JO. Les athlètes se pré-
ses d’Eric Pauwels et de Jean-Michel Pascal CARATY
parent des mois à l’avance pour être
Dayez, puis en trombone, dans la clas- Werner DUWE
efficace pendant les 10 secondes de
se de Christian Bogaert. Au sein du Une prochaine réunion de ce Conseil d’Adminis-
sprint. Pour nous, instrumentistes,
conservatoire, j’ai pu étudier divers do- tration aura lieu le 31 Aout prochain afin d’élire le
c’est la même chose. Durant toute
maines, comme l’analyse, l’écriture, la bureau et de lancer les premiers chantiers.
notre préparation, on travaille la mu-
culture musicale, ainsi que l’orchestre D’ores et déjà, les cotisations à la FBBF ont été fixées :
sique, la technique de l’instrument, le 180 € par ensemble
et la musique de chambre, et obtenir
mental pour être efficace au moment 20 € par musicien souhaitant s’affilier.
les Prix de trombone et de piano. J’ai
de passer devant le jury. Un site internet en cours d’élaboration est déjà dé-
aussi participé à la vie musicale de la Quels sont tes projets ?
Région Nord Pas de Calais en donnant posé : http//fbbf.fr
Le CNSMD offre pas mal d’ouvertures, Longue vie à cette nouvelle association et bonne
des concerts avec différents orches- et d’idées. Naturellement beaucoup de chance pour le développement du mouvement.
tres locaux (Harmonie de Calonne-Ri- projets en découlent. Pour ma part, j’ai
couart, Orchestre Lafolia…). deux gros projets actuellement. FBBF
J’ai également étudié à Paris durant Lors d’un voyage à Rotterdam, pour 48 rue Rabelais – 37400 AMBOISE
deux ans avec Jacques Mauger, avant un festival de trombone, la classe de Jacques GAUDET – B.P. 341
d’intégrer le Conservatoire National trombone de Lyon a pu rencontrer Joe 37400 Amboise – tél : 06 07 23 66 63
Supérieur de Musique de Lyon, et les Alessi, trombone solo au New York
classes de Michel Becquet et de Daniel Philharmonic Orchestra, et professeur l’adaptation d’un opéra pour quatuor de trombones
Lassalle (Musique Ancienne), profes- à la Julliard School. Durant une se- et récitant, avec mise en scène et jeux de lumières.
seurs qui m’apportent énormément. maine nous avons pris des cours avec C’est un long travail que j’aimerais développer à
Malgré ma vie Lyonnaise très chargée ce Maître du trombone. Nous avons long terme.
et très intéressante, je suis toujours même fait un concert en ensemble de Je suis curieux, j’aimerais toucher à tout durant ma
présent dans la Région Nord Pas de trombones, et c’est à cette occasion carrière : l’Orchestre, la musique de chambre, la
Calais, puisque je suis Trombone Solo que Monsieur Alessi nous a proposé de composition, la direction…
du Brass Band Nord Pas de Calais de- faire un échange de classe entre Lyon En avril dernier, nous avons eu une conférence au
puis septembre 2008. et New York. CNSMD sur le public Français. Seulement 7% des
Qu’est ce qui t-a conduit à la musique Nous sommes emballés par le projet Français déclarent aller écouter un concert de mu-
et au trombone ? et avons donc monté un ensemble de sique classique par an. Il faut tout faire pour ça
Je suis issu d’une famille de musi- trombones pour financer le voyage en change !
ciens amateurs. Mais avant tout, l’en- donnant des concerts.
vie m’est venue alors que nous étions Mon second projet est le Spectacle Vi- Bone’Y & Slide (quatuor de trombones) :
en vacances chez mon parrain, qui, à vant. Avec mon quatuor de trombones Thomas Callaux, Arnaud Labarthe, Jean-Baptiste
l’époque prenait des cours de piano. Bone’Y & Slide, nous travaillons sur Lacou et Jean-Michel Ledain
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Chronique de Roy Terry
à propos du CONCOURS EUROPEEN DE BRASS BANDS

L
e soleil brillait tout le week-end sur la salle de con- ci à Falstaff de Verdi.
cert Kursaal à Ostend située au bord de la mer sur Lyngby-Taarbaek (Danemark) avait de la chance d’être placé si
la promenade ‘Petit Nice’ où les brass bands de la haut vu que son interprétation de Harmony Music (Philip Sparke)
région jouaient en extérieur. était gâchée par des rythmes imprécis et un solo euphonium qui
Le jeudi soir, quatre morceaux étaient présentés pour éprouvait des difficultés. Sa justesse était aussi douteuse.
la finale du concours des compositeurs. Compositions
assez décevantes, qui suivaient une formule trop bien établie Le meilleur morceau était le dernier du jour – Contest Music (Wil-
sans apporter de nouvelles contributions au répertoire. La pièce fred Heaton) – joué par Tredegar. Vers la fin un point d’orgue de
du lauréat, Bertrand Moren, ressemblait beaucoup à celle écrite dix secondes sur la note ut dièse haut par le cornet principal.
l’année dernière pour le BB Oberosterreich.
Au sujet d’Aeolus, qui a joué Music for Battle Creek, le site
Le morceau imposé – ‘From Ancient Times’ – de Joost van der 4barsrest.com a déclaré : ‘Début impressionnant ; bon cadence
Roost est hommage aux compositeurs flamands (Orlando de Las- redoutable ; du panache, surtout l’euphonium ; perte de chaleur
sus, Josquin des Prez, Guillaume Dufay etc.). Un commencement de temps en temps ; dernière partie - manque de clarté au début
atmosphérique avec de la percussion accordée imitant les clo- et un peu dur – fatigué près de la fin. Promet bien. Effort coura-
ches d’un monastère et suivi d’un motet ont donné des difficultés geux - morceau très difficile. Bravo !’
à plusieurs brass bands - de même pour la cadence duo, difficile
et la partie exposée pour le cornet soprano. Le morceau, bien La Section B était remarquable puisqu’un brass band de la Li-
écrit et structuré sauf pour le final, trop brusque. tuanie a participé pour la première fois et le brass band allemand
Les interprétations les plus impressionnantes : Bavarian Brass Academy ont joué au niveau championnat.
Whitburn (Russell Gray) qui a joué d’une façon très raffinée et
‘cultivée, virtuose sans être ‘forcée’ ; Comme toujours le Brass Band Europeen des Jeunes était formé
Eikanger Bjorsvik (Bjarte Engeset) – son d’or ; de jeunes musiciens impressionnants de dix-sept pays dont trois
Oberosterreich (Hans Buchegger) motet authentique, interpréta- français. Le répertoire était un peu trop orienté vers les versions
tion qui s’est terminée avec éclat ; orchestrales (Oiseau du Feu et un extrait de Gotterdamerung) et
Cory (Robert Childs) a mérité son succès avec des couches de vu la qualité des participants le résultat général n’était pas si
dynamiques bien observées et des cadences superbes. impressionnant que l’année dernière à Stavanger.
Grimethorpe (Allan Withington) – très décevant – mais rappelons
qu’ils sont en train de reconstruire le pupitre des cornets solos La conclusion du morceau imposé rappelait Adolphe Sax et le
et le pupitre des trombones qui n’avait jamais joué ensemble concert de gala a commencé avec le quatuor Cosy Brass qui
auparavant. jouaient des saxhorns du dix-neuvième siècle utilisant de la musi-
Aeolus (Bastien Stil) : son médiéval authentique au début, plu- que du Musée de Musique à Bruxelles. Il est intéressant de noter
sieurs passages bien dépeints, soprano excellent mais les caden- que Sax a utilisé un quatuor anglais de la famille Distin pour faire
ces manquaient de liberté – Une performance, toutefois sachant le marketing de ses nouveaux instruments – voir les origines des
le temps limité de répétitions en comparaison à la plupart des brass bands en Angleterre plutôt qu’en Belgique.
brass bands.
Le concert (un peu trop long !) s’est terminé de façon virtuose
Le morceau choisi : par Belgian Brass et Cory. Ayant gagné deux ans de suite, Cory
Spirit of Puccini par Hermann Pallhuber, commande du Oberos- devrait, sans aucun doute confirmer sa suprématie une troisième
terreich. Hermann Pallhuber a inclus une version entière de O fois à Linz l’année prochaine.
mio bambino caro pour l’incomparable cornettiste Hans Gansch
(qui était trompette principal de l’Orchestre Philharmonique de Considérons maintenant les résultats et la polémique suscitée en
Vienne). Titan’s Progress par le même compositeur – hommage à France.
Mahler – est le morceau imposé pour le British Open (Symphony
Hall, Birmingham le 12 septembre 2009). Dans la discussion sur le site brassband.fr spéculant sur les rai-
sons du résultat décevant d’Aeolus, beaucoup de personnes ont
Le morceau joué par Cory (Standing on the Shoulders of Giants comparé le son ‘anglo-saxon’ au son ‘latin’ des brass bands fran-
– Peter Graham) n’était pas très impressionnant musicalement çais. Je ne trouve pas cette distinction justifiée !
mais exigeait d’être joué d’une façon virtuose ce qu’à réalisé avec
grand succès ce brass band. Aucun doute, Cory était le meilleur Le meilleur résultat qu’Aeolus jamais obtenu était à Cambridge,
brass band présent. placé troisième devant Foden’s et Treize Etoiles où le jury était
100% anglais ! Par contre à Ostende le jury se composait de deux
Aussi impressionnant Extreme Makeover (Johan de Meij) joué par Anglais, un Suisse, une Hollandaise, un Belge et un Autrichien.
Eikanger Bjorsvik qui a rendu la musique originale et créative En plus à Cambridge Clément Saunier a gagné le prix pour le
dirigée avec élan par le chef d’orchestre Bjarte Engeset. Il est meilleur soliste jugé par David Read, un des cornettistes les plus
intéressant de noter que Russell Gray (Whitburn) est aussi entré célèbres anglais – donc pas de parti pris cette fois-là.
dans le monde des grands chefs d’orchestre.
D’ailleurs il n’existe aucun son stéréotypique ‘anglo-saxon’. (Et
Grimethorpe avait répété jusqu’au petit matin après un morceau les Ecossais et les Gallois ne sont pas ‘anglo-saxons’ !!) Si on
imposé plutôt catastrophique et a paru transformé pour jouer assiste au concours british Open où jouent le top des brass bands
Masquerade (Philip Wilby) – encore un hommage – et cette fois- anglais, il n’y a pas deux brass bands avec un son similaire – par
N° 14 II / 2009 > page 14
OSTENDE 2009 Student

& brass
exemple, comparons Black Dyke avec Grimethorpe, ou
comparons la façon de jouer de Philip McCann (avec un
vibrato exagéré) avec Richard Marshall.

Il faut se rendre compte que le son des brass bands bri-


tanniques a tellement changé dans les quarante dernières
années. Le vibrato des cornets est plus subtil, le son des
altos plus riche et on ne se sert plus de trombones ‘peas-
hooter’ (de petite perce).

Pour voir la situation en perspective, regardons le place-


ment de chaque partie du concours. Pour le morceau im-
posé, Aeolus n’avait qu’un point de moins que Whitburn et
deux points de l’imposant Grimethorpe. Dans le morceau
choisi, il était derrière Whitburn d’un seul point et deux
points derrière Tredegar du Pays de Galles.

Le consensus de mes collègues de la presse britannique


des brass bands soulignait qu’Aeolus méritait d’être placé
huitième ou neuvième. Mais si on parle de manque de jus-
tice nous étions tous d’accord que Whitburn avait même
plus à se plaindre. Nous l’avons placé quatrième pour le
morceau imposé et le jury dixième ! De même nous étions
choqué de trouver Eikanger-Bjorsvik sixième et Oberoster-
reich septième pour le morceau choisi.

Le problème des résultats est un problème de qualité des


membres du jury. En effet, voila l’essentiel – David Read
est un juge expert de grande expérience. Trop de juges
aux concours européens sont formés dans la tradition des
D éc o uvre z la S é ri e 10 0 0
orchestres d’harmonies. Cornets - Trombones - Alto
Baritons - Euphoniums - Tubas
Laissont de coté la question de la qualité du jury. Premiè-
Cette gamme d’étude a été conçue pour
rement, les brass bands français ont besoin simplement
offrir la qualité sonore de notre gamme
de plus de répétitions (et la discipline que cela impose
professionnelle aux musiciens débutants.
!). Mais la France a besoin aussi de s’impliquer dans l’As-
La Série 1000, composée de cornets,
sociation Européenne des Brass Bands (EBBA). Pour la
trombones, euphoniums, tubas Mib et Sib
deuxième année consécutive, aucun représentant français
est facile d’émission, confortable et
n’était présent à l’assemblée générale d’EBBA. Cela veut
répond très bien à l’exigence de la
dire que le point de vue français n’est pas entendu et qu’il
pratique moderne des cuivres.
n’y a pas de possibilité de représentant français au con-
Pour les brass bands juniors comme pour
seil.
les élèves en école de musique, cette
série a été pensée pour aider l’élève à
Il est peu probable dans un proche avenir que le concours
progresser rapidement.
ait lieu en France malgré le grand nombre de villes fran-
çaises qui ont des lieux aussi bons ou meilleur qu’ailleurs
en Europe – par exemple, l’Acropolis à Nice pour n’en citer
qu’un. Donc la France avec plus de trente brass bands et
dont le nombre va croissant ne peut pas se porter candi-
date – par contre Linz en Autriche, pays de quatre brass
bands accueillera le concours 2010.

Si les brass bands français reste dans le cadre de la CMF


ou créent une organisation propre, la question d’argent
reste essentielle. On me dit qu’un brass band français paie
60 € comme contribution à la CMF. En Norvège, chaque
brass band paie à la Fédération Norvégienne 145 €, en
plus 22 € pour chaque musicien et 8 € pour le chef et www.b e sso n .co m
chaque membre du conseil. Donc, chaque brass band paie
environ 1 000 € par an. C’est le seul moyen de soutenir le B u f f e t Cr a m p o n S A S
développement national. 5, rue Maurice Berteaux - 78711 Mantes-la-Ville - France
Tél. : +33 (0)1 30 98 51 30 - Fax : +33 (0)1 34 78 79 02
Roy Terry E-mail : info@buffetcrampon.fr
N° 14 II / 2009 > page 15
Histoire
DES FAITS ET DES HOMMES
XAVIER TESTE, LE TROMPETTISTE
DE LAMOUREUX ET SAINT-SAENS
Ainsi TESTE, trompettiste sans prénom, doit son immortalité à un fait de
Combien d’artistes oubliés ? technique situé en 1885 à Paris. Cet évènement est signalé par Constant
Pierre dans La facture instrumentale à l’Exposition Universelle de 1889 et
Certains doivent la trace que nous avons initialement trouvé, quant à nous, dans le Grove’s Dictio-
qu’ils laissent à un fait inlas- nary of Music and Musicians d’Eric Bloom (édition 1960, p 563, Vol.VIII,
sablement recopié de généra- MacMillan) : « Teste de l’Opéra de Paris a essayé une trompette en sol dans
le Magnificat de Bach ».
tion en génération, de (vieux) Ce trompettiste est universellement signalé pour ce fait sans que personne ne s’in-
téresse à l’homme qui se cache derrière cette trompette aiguë : The Trumpet and
livres en (nouveaux) sites The Trombone de Philip Bate (1966), Brass Instruments d’Anthony Baines (1976) et
web. Mais le jeune trompet- maintenant divers sites web. En 1977, Edward Tarr dans La Trompette (Payot) rapporte
un autre fait, p126 : « Teste, trompette solo de l’Opéra de Paris, introduisit en France
tiste qui se doit de connaître non pas la trompette en si bémol, mais celle en ut (1874). En fait, il s’agissait d’une
le passé pour mieux illustrer trompette en ré munie de tons de rechange la faisant sonner en ut ». Mais, Tarr, mu-
sicologue minutieux n’en restera pas là et cherchera, comme le présent signataire, à
le présent artistique ne sau- donner une dimension humaine à ce faiseur de faits historiques. Non sans mal.
rait tout trouver sur internet. Edward Tarr fervent admirateur de Ludovic Vaillant (1912-1974) qu’il a rencontré dans
les années 60, a peut-être été sensibilisé par lui. Vaillant est celui qui nous livre le plus
Aussi quelques uns d’entre de précisions sur Teste dans son Traité Pédagogique (1969, A. Leduc) comme nous le
verrons. Sans doute est-ce le fait d’une transmission orale Franquin-Foveau-Vaillant.
nous ne cessent de chercher Roger Delmotte a connu la réputation de Teste par MM. Chaine et Adriano !
les faits, les vérifier, les croi- Réduire Teste à un apport technique est réducteur. La technique sert la musique et
non l’inverse. Et nous verrons que Teste s’est préoccupé du rôle de la trompette dans
ser pour comprendre et donc la musique de chambre à une époque où le cantabile de salon est monopolisé par les
décrire un passé illustre. cornettistes grâce au talent d’Arban (1825-1889), son aîné d’un peu plus de dix ans.
Si l’on présente dans ce contexte historique dominé par la vogue du cornet, Merri Fran-
quin et Théo Charlier comme les promoteurs du renouveau de la trompette, ce qui n’est
Michel LAPLACE pas faux, on oublie que Teste les a précédé dans cette démarche et qu’il a, à l’évidence,
influencé Franquin.

Retour sur les faits le Messie |Messiah], exécuté trois fois au aura coûtés, l’artiste se sera procuré l’in-
Précisons d’abord le fait rapporté par Ed- Cirque des Champs-Elysées, -et très con- signe honneur d’initier le public français à
ward Tarr d’après le témoignage transmis venablement, eu égard aux moyens la connaissance d’un
jusqu’à Ludovic Vaillant et que ce dernier dont nous disposons en France- le chef-d’œuvre… un
détaille p.9 de son Traité Pédagogique au Messie [Messiah] à (sic) changé ce de ces matins, M. La-
chapitre “Trompette en UT moderne” : goût en admiration. L’ouverture, l’Al- moureux, qui l’autre
« Le trompettiste TESTE l’a fait entendre leluia surtout, sont des merveilles… dimanche faisait au
le premier à Paris. Ayant à jouer la partie les hommes qui se dévouent à la pro- Conservatoire l’inté-
de première trompette du Messie d’Haen- pagande d’œuvres semblables ren- rim de M. Delvedez,
del, que Lamoureux fit exécuter au Cirque dent un service public… Il faut que se réveillera chef
d’Eté en février 1874 et dont il donna une le succès s’affirme, que le bruit s’en d’orchestre de la So-
série de représentations, TESTE fit cons- répande. En attendant, les frais aug- ciété des concerts, et
truire à cette occasion une trompette en mentent. Se figure-t-on les dépenses nous pouvons ajouter
Ré aigu qui, au moyen d’un changement que de telles entreprises causent à qu’il n’aura que ce
de coulisse d’accord, faisant l’effet d’un l’initiative privée du malheureux at- qu’il mérite ».
‘corps de rechange’, se mettait en Ut. Le teint de l’amour du grand art : as- Charles Lamoureux Charles Lamoureux
succès de TESTE fut considérable et, dès sembler un orchestre, des solistes, (1834-1899), de la
ce jour, il utilisa cette trompette dans les des choeurs, louer une salle, y installer même génération que Teste, dirige en effet
tonalités d’Ut et de Ré à l’orchestre des un orgue ! Alors commence le travail des la Société des Concerts du Conservatoire
‘Concerts Populaires de Pasdeloup’, vulga- répétitions, tout cela payé fort cher. Vient par intérim de Delvedez, notamment les
risateur de la musique classique en France ensuite la grande séance devant le public, dimanches 10 et 17 janvier 1875 dans
» (1). Ange-Henri Blaze dit F. de Lagenevais, laquelle ne rend jamais ce qu’elle coûte… trois extraits de la Messe en Si mineur de
a relaté les conditions de ce retour à Haen- M. Lamoureux, un des plus anciens et des Bach (credo, Et incarnatus est, Crucifixus)
del grâce à Lamoureux avec le concours plus vaillans (sic) membres de la Société (2) et surtout dès mars 1874 du Haendel :
de Teste dans la Revue des Deux Mondes des concerts du Conservatoire, s’est attri- Israël en Egypte et Saül dans des extraits
du 1er février 1874, p710-720 : « Aimez- bué cette vocation…. Lamoureux a ce rare et en traduction française. Pour sa création
vous Haendel [Handel] ? C’est quelquefois avantage de posséder une fortune qui lui française du Messie Lamoureux dirigeait
bien assommant… La Fête d’Alexandre permet de combattre à ses frais le bon sa propre Société Française de l’Harmonie
[Alexander’s Feast] aux concerts Bour- combat. Cette fois par exemple, pour une Sacrée. Teste joue aussi sous la baguette
gault-Ducoudray, nous avait mis en goût, vingtaine de mille francs que l’aventure lui de Lamoureux à l’Opéra (1877-9), et aux
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Histoire
DES FAITS ET DES HOMMES XAVIER TESTE
Concerts Lamoureux (1881-95). Pour 21 février 1892. technique mais de musique où notre ins-
l’heure Teste est amené à jouer souvent Il n’est pas sûr que Teste soit encore trom- trument doit jouer à égalité et de façon
Haendel à la Société des Concerts : l’Al- pette solo des prestations de janvier 1895. intégrée avec le piano et les cordes. No-
leluia du Messie sous la direction de Del- Il faut savoir que son cadet et confrère à blesse suprême. Le début de cette œuvre
vedez les dimanches 9 et 16 février 1879, l’Opéra (à partir de 1880), Merri Fran- fut créée à La Trompette en janvier 1880
les 3 et 10 avril 1881, puis sous celle de quin (1848-1934) est entré à la Société : « Merveilleux virtuose, compositeur gé-
Jules Garcin les 11 et 18 avril 1886 (5 ex- nial, Saint-Saëns s’était déjà maintes fois
traits), le 17 avril 1887 (3 extraits), les 24 prodigué au service de la Trompette. Le-
et 31 mars 1889 (3 extraits), mais aussi moine voulait plus encore. Cet homme est
Judas Macchabée (2 extraits) les 22 février insatiable dans sa frénésie de joies sono-
et 1er mars 1885 ou l’Ode à Sainte Cécile res. On lui donnerait Orphée en personne
avec la fameuse soprano Nellie Melba, les comme valet de chambre, qu’il demande-
26 janvier et 2 février 1890. rait Apollon, et qu’il l’obtiendrait, si déci-
Mais si Teste a introduit à Paris la trom- dément il se le mettait bien en tête. Bref,
pette moderne à pistons en ut/ré, il ne l’a il voulait du Saint-Saëns inédit, du Saint-
pas imposée à l’Opéra comme le raconte Saëns jalousement écrit pour la Trompette.
Ludovic Vaillant : « L’hostilité, à l’Opéra, Cette Trompette, il fallait que Saint-Saëns
unissait contre la nouvelle trompette non consentît à se la mettre, non plus seule-
seulement les cornettistes, mais aussi les ment sous les doigts, mais à l’emboucher
trompettistes eux-mêmes, qui voyaient cet- lui-même, sinon de ses lèvres épousant le
te nouvelle trompette faire une brèche dans cuivre, du moins de sa pensée créatrice. Et
la place et menacer d’en déloger les an- Saint-Saëns obstinément refusait, et non
ciennes (ce qui est un fait accompli depuis moins obstinément Lemoine réclamait,
1891) (3) et des cornets à pistons, que l’on priait, suppliait, menaçait.
remplace par des trompettes modernes par Saint-Saëns, exaspéré, répondait un soir :
voie d’extinction [en 1969]. Cette hostilité Camille Saint-Saëns « Je te ferai un concerto pour vingt-cinq
fut telle de part et d’autre que Teste, ayant des Concerts en 1894 et que Teste prit sa guitares ; et pour l’exécuter, tu seras obligé
à cœur de prouver qu’il pouvait, lui aussi, retraite de cet orchestre lors de l’exercice de dépeupler la Castille et l’Andalousie.
continuer à jouer de l’ancienne trompette, 1895-6. On remarquera cependant que » Vaine défaite, Saint-Saëns est vaincu,
revint à celle-ci, réservant la nouvelle pour Franquin qui ne devait pas avoir de problè- Saint-Saëns s’est rendu. La Trompette va
les concerts classiques du dimanche, à la me avec les aigus puisqu’il écrit p.11 de recevoir le sacre souverain. L’onction sain-
Société des Concerts du Conservatoire où sa Méthode Complète qu’il n’y a « pas de te descend sur le bronze. Le septuor est
il l’utilisait concurremment à la trompette limite précise dans l’aigu » et donc qu’il « écrit. Il va réveiller des échos qui traverse-
simple ». convient de s’en fixer une à soi-même » ( ront les âges. Trente ans sont déjà révolus;
Hors de l’Opéra, Teste ira plus loin. Il !), n’a pas d’estime pour la trompette en et ce Préambule triomphal sonne mieux
suit de près son aîné Julius Kosleck (de sol aigu (p.31, à propos de la trompette que jamais et n’est pas oublié.
la génération d’Arban) dans la réhabilita- en fa aigu et en sol aigu il écrit « ces deux
tion des parties de trompettes de Bach. dernières sont inutiles à notre avis »). Préambule, c’est la modeste appellation
Car dès le 21 avril 1885, un Teste n’est pas qu’un chaînon essentiel qui annonce cette naissance exquise et de
an après Kosleck dans la Messe dans la facture et le jeu (technique) des si heureuse destinée. Il semble, à n’écou-
en Si, il s’illustre dans le Ma- trompettes modernes en do/ré et en sol ter que ce titre, qu’il y ait là seulement un
gnificat avec les chœurs de la aigu, il donne, le premier, une dimension souhait de bienvenue, l’affirmation d’un
Concordia, une société chorale musicale, artistique à la trompette. Il lui retour désiré. C’est cela sans doute, car ce
amateur selon Baines et sans donne des lettres de noblesse en l’inté- morceau éclate d’abord d’une joie saine et
doute sans lien avec celle du grant à la musique de chambre. belle, mais ce n’est pas que cela. Saint-
même nom fondée par Gounod Ici s’ouvre le chapitre du salon parisien Saëns excelle à dire vite, et clairement, ce
et Widor (…en 1892). Pour de musique de chambre lancé par Emile qu’il veut dire, selon le précepte du sage
cette prestation, Teste s’est Lemoine et appelé La Trompette ( !!). Le- Boileau :
donc fait construire par F. Bes- moine tint l’alto dans le quatuor de l’Ecole Ce que l’on conçoit bien s’énonce claire-
son une longue trompette en sol Polytechnique (Peyrot, violon, F. Rossel, ment,
aigu (cf supra) dont il survit un cello, Ch. Bazaine, piano), mais l’histoire Et les mots pour le dire arrivent aisément.
dessin grâce à C. Pierre. Cette retient les soirées de musique classique
prestation pour le bicentenaire qu’il a organisé avec entre autres célébri- Ainsi, dès les premières notes, la phrase
BESSON en sol aigu - 1885

de Bach signe historiquement tés Camille Saint-Saens (1835-1921), directrice se pose, se déploie, s’affirme.
les débuts de l’affection du pu- compositeur et pianiste virtuose à peine Elle reparaîtra. La trompette revendique
blic français pour l’œuvre de ce plus jeune que Teste qui dès 1880 s’in- sa suprématie, bien que les instruments
géant. Teste participe ensuite tègre à ce salon. La détermination de Le- concertants lui soient mieux qu’un docile
aux représentations de la Gran- moine et le talent de Teste (appelé « le cortège. Ce sont là des amis plutôt que de
de Messe en Si mineur de Bach trompettiste suprême » lors d’une remise simpies suivants. Quelle dextérité dans ce
avec la Société des Concerts et de médaille par Lemoine en mai 1885) dialogue où la trompette fait sonner ses
la soprano F. Lépine sous la di- seront à l’origine d’œuvres de musique de lèvres d’airain! On pouvait craindre qu’un
rection de Jules Garcin (Kyrie, chambre avec trompette signées Vincent instrument aussi tapageur et certes de so-
Gloria, Credo, Sanctus, Agnus d’Indy, Alphonse Duvernoy, Bernardi, Ch. norité peu discrète, déchirât la trame de
Dei). Ces concerts du diman- De Beriot et surtout Saint-Saens qui com- l’œuvre tout entière.
che ont lieu les 22 février et 1er pose un Septuor opus 65 avec trompette Il n’en est rien. C’est un prodige d’adresse,
mars 1889, 3 mai 1891, 14 et en mi bémol, pages non pas d’exhibition en même temps que d’inspiration facile,
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plaisante, entraînante que ce septuor. jongler avec des rimes rares; et le trompet- Trompettistes et cornettistes encore rivaux
L’honneur n’est pas médiocre à Lemoine tiste Teste semble cadencer lui-même, sur aux débuts de Teste se sont rejoints dans la
d’avoir exigé et enfin obtenu cette glorifi- le cuivre sonore, sa gloire et son talent. musicalité du septuor de Saint-Saens dont
cation éclatante de sa fille bien-aimée. A il fut le créateur, Merri Franquin comme
son tour, la Trompette serait-elle oubliée, A ce rendez-vous du samedi suivant, le Alexandre Petit l’ont beaucoup joué, Pierre
que cette fanfare suffirait à brusquement trompettiste Teste, je l’atteste, programme Vignal comme Eugène Foveau (4)l’ont enre-
rappeler son souvenir et par delà les om- à la main, devait manquer; mais Teste cer- gistré tout cette tradition se trouvant réu-
bres mêmes de l’ingratitude. tainement proteste qu’il n’y a pas de sa nie aux débuts du vinyl dans l’art de Roger
D’Indy, Alphonse Duvernoy ont voulu ainsi faute ». Merri Franquin puis Albert Ber- Delmotte.
faire concerter la trompette elle-même en nard prennent le relais de Teste dès 1901
un morceau d’ensemble. (selon les textes) : « M. Tranquin |sic] est
En cette fête royale, aussi bien que des trompette de son état et de son beau ta-
Mais qui est donc Teste ?
rois, de janvier 1880, Saint-Saëns et son lent; le voilà qui trompette à la Trompette;
Nous l’avons vu, on peut sans peine tra-
œuvre nouvelle auraient pu suffire » et dans le morceau de concours qu’Alary
cer l’itinéraire d’un trompettiste Teste, sans
Saint-Saens n’en reste pas là : a composé pour les trompettistes de
prénom, de 1874 à 1895. Jusqu’à ce jour
« L’exercice 1880-1881 ouvre le 28 dé- l’avenir. Que de trompettes ! C’est triom-
aucun portrait de lui n’a été trouvé. Nous
cembre; et dès lors Le préambule de phal. On pourrait se croire à de grandes
Saint-Saëns, complété, passant d’un me- manœuvres de cavalerie, si ces trompettes avons, grâce à Constant Pierre, le dessin
nuet à une marche funèbre, pour continuer n’étaient pas pour faire dresser mieux que de sa trompette en sol aigu. Et il existe des
en gavotte, est devenu, dans cette forme les oreilles des chevaux tubicoles à quatre portraits de ses amis Lamoureux et Saint-
dernière, le fameux septuor, Dereul et Tes- pattes, pour ravir les oreilles des Tubicoles Saens. Le proverbe dit qui s’assemble,
te reviennent l’un et l’autre armés comme qui n’en ont que deux » (1901) se ressemble. Edward Tarr et nous même
naguère, celui-là de sa contrebasse, celui- (p979 du CD Rom) avons incorrectement
ci de sa trompette…Duvernoy, à l’exemple « Les concerts de la Trompette, bien con- attribués ces hauts faits à un Sylvain Le-
de Saint-Saëns, a voulu glorifier, lui aussi, nue du public Parisien, ont repris leurs clerc dit Teste (1864-v1920). Une étour-
la Trompette, de par les lèvres de bronze séances à partir du 5 janvier [1906]. Nous derie, car même s’il exista à cette époque
d’une trompette véritable. Il fait exécuter y avons applaudi, la première soirée, en une vogue pour les enfants prodiges du
une sérénade en septuor. Plus ambitieux, dehors du quatuor Parisien (Hayot, André, cornet, on imagine mal un jeune de dix ans
Bernardi, ce même soir, groupe, alentour Denayer, Salmon) qui est de fondation, jouer l’Alleluia de Haendel (1874). Dans
de la trompette obligée, un piano, quatre Mme Raunay, dans de très belles roman- un message personnel Edward Tarr indique
violons, deux altos, deux violoncelles, une ces grecques de Levadé accompagnées par qu’un Sylvain Teste est cité par Constant
contrebasse. Décidément, la Trompette Fauteur et M. Wurmser dans différents mor- Pierre dans Le conservatoire national de
fait beaucoup de bruit dans le monde ». La ceaux de piano et dans le beau septuor de musique et de déclamation (p857, 1900)
création du septuor de Saint-Saens date Saint-Saëns composé spécialement pour parmi d’autres comme suit :
bien de 1880 et non 1881. la Trompette dont il a été un des fonda- - Teste (André-Joseph Leclerc, dit), né à
L’épisode de La Trompette ne s’arrête pas teurs éminents ». « Tous doivent être nom- Paris en 1840, pas de mention d’instru-
là. Nouvelle création en 1886 : més qui sont là de leur présence, de leur ment
« Le 2 janvier de l’année nouvelle, la Trom- collaboration précieuse et touchante. Nous - Teste (François-Marie-Adolphe-Joseph),
pette reçoit en hommage pour ses étrennes, avons déjà nommé Silvain. Le quatuor est né à Paris en 1863 –solfège
premièrement une ouverture où Bernardi toujours de MM. Hayot, André, Denayer, - Teste (Sylvain), né à Paris en 1864 –cor-
associe trompette , piano, harpe, deux Salmon. Au piano, s’est assis Diémer. Une net à pistons
cors, un double qua- trompette réelle va sonner Ce Sylvain Teste de la même génération
tuor, une contrebasse tout à l’heure; M. Bernard qu’Alexandre Petit est le Teste qui figure
Il souffle comme il faut
— tout un petit orches- Le trompettiste Teste; en tiendra la promesse. dans un annuaire des musiciens de Paris
tre — secondement un Ses sons sont sans défaut Roger disparaît à demi der- (vers 1915) que m’a donné Julien Porret
septuor où de Bériot re- Il a la langue leste. . . . rière sa contrebasse; ils ne et qui à cette époque fit le métier à Pa-
prend les éléments, na- font qu’un…Il semblera ris, sous le seul nom de Teste, sans pré-
guère mis en usage par Lorsqu’il sonne son sol, que la terre entière se ré- nom mentionné, parmi les Porret, Adriano,
Saint-Saëns, et l’on sait Le trompettiste Teste jouit à fêter la Trompette. Bailleul, Albert Bernard, E. Carrière, E.
avec quelle maîtrise. Peut se pousser du col S’il est pourtant une œuvre Chaine, P. Dervaux, Fauthoux, Foveau,
Saint-Saëns fait école; Avec son large geste. triomphale qui, même dans Gravis, Lachanaud, Lamouret, Mériguet,
et la Trompette sonne le le voisinage du colossal Neff, Vignal, etc...
rappel plus bruyamment Le prochain samedi Beethoven, était, en ce soir D’après cet annuaire, il vécut au 5bis rue
et plus brillamment que Le trompettiste Teste du cinquantenaire, atten- de Berry dans le 8ème arrondissement. Il
jamais ». Puis en 1887 Chaudement applaudi due et voulue, c’était bien est possiblement un parent du Teste qui
« Voici Ch. de Bériot au N’aura point une veste. le fameux septuor que nous concerne, peut être son fils ?
piano; et c’est aussi un Saint-Saëns, en un temps Plus récemment Edward Tarr a opté pour
septuor, avec trompette Poème de Lemoine lointain, donnait pour pré- André Joseph Leclerc dit Teste (5 mars
obligée, qu’il accompa- lude magistral à la Trom- 1842/après 1912). Cette information est
gne et qu’il fait applaudir ». Alors qu’il pette. Un septuor, sept instruments, le aussi diffusée sur le site Emile Meuffels
est en retraite, Teste reste une inspiration nombre sept fut toujours fatidique et de Trumpet Page. La consultation des archi-
pour Lemoine en l’an 1898 : « A l’occa- mystérieuse attirance. Les sept planètes, ves de la Société des Concerts du Conser-
sion, Lemoine est poète. Toutes les muses les sept péchés capitaux, les sept mer- vatoire compilées par D. Kern Holoman
habitent, ou du moins fréquentent, derriè- veilles du monde! Il appartenait à Saint- révèle bien un « Leclerc, voir Teste » et
re ce front olympien. Cette fois, Lemoine Saëns d’en créer une huitième de plus » plus loin « Teste, vrai nom Leclerc, André
a voulu, comme un Théodore de Banville, (décembre 1909). Joseph. Basse Chantante. 452. Né le 5
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Histoire
DES FAITS ET DES HOMMES XAVIER TESTE
Ceux qui disposent du CD
mars 1840, intégré le 20 octobre 1874, ayant résigné le 6 juin Rom, Trompette, Cuivres
1900 ». Peut-on imaginer à ce niveau une double carrière de & XXe Siècle de Michel
chanteur et trompettiste ? Laplace pourront photo-
Non. Quel est le lien entre les Leclerc et les Teste ? Nous avions copier le rectificatif ci-
remarqué dans ces archives un Xavier Teste, né le 16 novembre dessous et le joindre au
1833 (mais déclaré le 17) et décédé en 1905 ou 1906. Nous livret.
en faisons part dans le CD Rom (p979) sans hélas mettre en
relation les faits et cet homme. Par intuition, Edward Tarr l’a fait Teste, Sylvain (n 8 juin
dans la dernière version, en anglais, de son livre The Trumpet 1864 ; d v1920).
(2008, éd. D. Hickman) à la page 112 citant Xavier Teste (dates Français. Expérience : cnt
inconnues) et page 134 la prestation historique du Magnificat signalé par Constant Pierre
de Bach (1885). Les archives de Holoman précisent tous les (Le Conservatoire national
prénoms : Xavier, Napoléon, Aimé. Elles indiquent qu’il est entré de musique et de déclama-
à la Société des Concerts le 19 novembre 1872, devint socié- tion, Paris, 1900, p857). A
taire le 19 octobre 1875 et prit sa retraite pour avoir atteint l’âge vécu vers 1915 au 5bis rue
limite (62 ans) en 1895-6. Chose intéressante, il est indiqué de Berry à Paris. A ne pas
qu’il n’est pas diplômé du conservatoire (sous entendu de Pa- confondre le fameux (Xavier) Teste dont il peut être un parent (le
ris). Ce qui est rare pour les positions qu’il a occupé. Amusant fils ?). Un Sylvain Leclerc dit Teste signalé dans certaines publi-
aussi de savoir, dans son cas, qu’il a assumé au Conservatoire cations n’existe pas. Un cornettiste nommé Leclerc fut toutefois
de Paris l’intérim de Maury (malade) en 1880. Six élèves dont élève de J. Forestier (1862-3).
Arthur Guillier (2ème prix) et Alexandre Petit (1er accessit). Il
n’y eut pas de prix décerné cette année pour cette classe…de Teste, Xavier (Napoléon Aimé) (n 16(17) nov 1833 ; d
cornet !. C’est son élève Alexandre Petit qui dans un beau texte 1905/1906).
de souvenirs de ses prédécesseurs, rédigé en juillet 1912 (et Français. Il exista une basse chantante du nom d’André Joseph
que Jean Sibra nous a transmis), nous donne des informations Leclerc (n 1840), surnommé Teste, actif à la Société des Con-
sur le passé militaire de Xavier Teste et sur ses qualités d’instru- certs (1864-84) et à l’Opéra-Comique (1862-74). Etudes : pas de
mentiste : « 1er cornet solo aux Guides de l’empereur (1854), prix au conservatoire de Paris. Expérience : Guides de l’Empereur
fit partie de l’Orchestre du Théâtre Italien et du Théâtre Lyrique, (1854, 1er cnt solo), Théâtre des Italiens, Théâtre Lyrique, Garde
fut soliste à la Garde Républicaine avec M. Paulus [5], puis devint Républicaine dir. Paulus (soliste), Société des Concerts du Conser-
Trompette solo à l’Opéra et à la Société des Concerts. Pendant vatoire (1872-95 : avec J. Cerclier, Dubois Aîné et Schlottmann,
la maladie de M. Maury et avant la nomination d’Arban, il fut en 1884), Concerts Pasdeloup (à partir de 1874), Société Françai-
chargé du cours à la classe de Cornet au Conservatoire (1879- se de l’Harmonie Sacrée dir. Ch. Lamoureux (févr 1874, Haendel,
1880). Il possédait une attaque sûre, des lèvres excellentes et le Messie), Opéra (Paris, tp solo ; dir. Ch. Lamoureux 1877-9), La
il se fit remarquer à la Société des Concerts dans la messe en Trompette d’E. Lemoine (1880-7), Concerts Lamoureux (1881-
ré [sic] de Bach, qu’il jouait admirablement. Retiré de l’Opéra 95) ; Bach, Magnificat (Paris, 1885, chœur Concordia, sur une
et de la Société des Concerts du Conservatoire, il fit partie de longue tp en sol Besson) ; Bach, Messe en Si mineur (Société des
l’Orchestre de la Comédie-Française, dirigé par M. L. Léon, et il Concerts, févr 1889), fin de carrière à l’Orch. de la Comédie-Fran-
mourut vers 1900 ». On notera qu’Alexandre Petit ne donne, lui çaise dir. M.L. Léon. Professeur : pendant la maladie de Maury
non plus, aucun prénom à Teste. Dans notre article Les fonda- (CNSMP, 1879-80). Elèves : A. Guillier, A. Petit. A utilisé une tp
teurs de l’école française, initialement publié en 1980, réédité à pistons ut/ré. Il a créé le Septuor de Saint-Saëns avec le compo-
au Japon, copieusement recopié par d’autres et disponible à la siteur au piano (1880). ‘Il possédait une attaque sûre, des lèvres
Médiathèque de la Cité de la Musique, nous ignorions le travail excellentes et il se fit remarquer à la Société des Concerts dans le
de pionnier de Xavier Teste qui a précédé celui, mieux connu, Messe en ré (sic) de Bach, qu’il jouait admirablement’ (A. Petit,
de Franquin. Nous espérons lui avoir cette fois rendu justice. Et juillet 1912). S’est retiré de la scène en 1895-6.
tout complément d’information est évidemment le bienvenu. TROMPETTE, CUIVRES & XXe SIECLE
Michel Laplace, mai 2009 30 euros, port compris,
Nos remerciements vont à Edward Tarr pour son aide et ses Michel Laplace
remarques stimulantes. 13 Résidence Bel-Horizon 32230 Marciac
michel.laplace@wanadoo.fr - michellaplace@neuf.fr
Notes
(5) d’après une liste d’archives de la Garde Républicaine que communiquez
(1) Edward Tarr émet l’hypothèse qu’il s’agit d’une Thibouville-Lamy. Nous
Marc Geujon à Edward Tarr, Teste est ajouté au crayon entre Dohib et Bellot.
pensons que Teste travaillait pour Besson
Et, il ne joue du cornet à la Garde, mais de la trompette (message Edward Tarr
(2) des extraits sans les trompettes.
à l’auteur, 28 mai 2009).
(3) Ludovic Vaillant n’est pas tout à fait exact ici. Avec la représentation de
Lohengrin à l’Opéra, en 1891, du temps d’un Teste vieillissant, la trompette
en ut commença à être jouée couramment (pour les facilités de transposition
Bibliographie
à vue), mais l’usage de la grande trompette en fa persista jusqu’à la représen-
E. Lemoine : La Trompette, un demi-siècle de musique de chambre
tation d’une œuvre de Paul Vidal écrite en 1898 : « il y a erreur concernant
www.archive.org/stream/trompetteundemi00aug/trompetteundemi00.aug.
l’introduction de la trompette en ut qui ne vit le jour à l’Opéra qu’après La
djvu.txt
Burgonde de Paul Vidal, tous les solos de concours : Hillemacher, Erlanger,
D. Kern Holoman : The Société des Concerts du Conservatoire (1828-1967
etc, jusqu’à Max d’Olonne sont écrits pour trompette en fa. Les premiers pour
hector.ucdavis.edu/sdc
trompette en ut, G. Allary, H. Dallier et G. Ropartz sont de 1910 » (lettre de
L. Vaillant : Traité Pédagogique de Trompette et Cornet, 1969, A. Leduc
Julien Porret du 4 novembre 1977 à Michel Laplace)
E. Tarr : The Trumpet , 2008, 3d edition, Hickman Music Editions
(4) la version Foveau est dans la réédition CD Eugène Foveau, le cornettiste
M. Laplace : Les fondateurs de l’école française de trompette. Merri Franquin,
du siècle (Vivartis 02 , vivartis@wanadoo.fr) produit par Thierry Caens avec
Eugène Foveau et Raymond Sabarich, Brass Bulletin 29, 1980
l’aide de Roger Delmotte, Pierre Pollin & Marcel Caens. Un disque indispen-
M. Laplace : Trompette, Cuivres & XXe Siècle, 2008, CD Rom,
sable à tous les élèves, amateurs et professionnels des cuivres, sans parler
michellaplace@neuf.fr
des amoureux de musique.
N° 14 II / 2009 > page 20
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Histoire
DES FAITS ET DES HOMMES

LES TROMPETTISTES
DE TOMASI ET JOLIVET EN 1946-1956.
par MICHEL LAPLACE

Regarder l’œuvre d’Henri Tomasi et Paris (en 1927), élève de Vincent d’Indy ces, le Conservatoire de Paris lui comman-
d’André Jolivet sous l’angle de la (composition), Paul Vidal (harmonie) et de de des œuvres pour les concours d’entrée
Philippe Gaubert (direction d’orchestre) dont le Concerto pour Trompette. Mais
trompette « contemporaine », c’est
a donc d’abord fait le métier déjà sous voici ce que Tomasi confie à Marie-Rose
aborder aussi toute une génération l’influence du jazz. Ses premiers succès Clouzot (1) : « En 1944, Claude Delvincourt
de trompettistes de Raymond Tour- de chef sont à la radio, au Poste Colonial m’avait demandé un Concerto de trompet-
nesac à Roger Delmotte, en passant (1931). Pendant la guerre, il dirige l’Or- te pour le concours de fin d’année au Con-
par Ludovic Vaillant et Arthur Ha- chestre National replié à Marseille (1940- servatoire. Le professeur de la classe (4) le
neuse, injustement sous estimée. On 43). Mais sa carrière de chef est relancée déclara injouable et vint dire au directeur
après la guerre dès 1946 quand, jusqu’en : ‘Avec une pareille musique je n’aurai pas
trouvera sur ces deux compositeurs un seul premier prix !’. Je dus retirer mon
1950 (ou 1952), il fait la saison d’hiver à
essentiels du XXe siècle d’utiles com- l’Opéra de Monte-Carlo, et celle d’été au manuscrit. J’avais pourtant bien étudié la
pléments biographiques sur le site Grand Casino de Vichy. Un accident sur- technique de l’instrument et j’étais sûr
de La Gazette des Cuivres. venu en 1952 va interrompre cette acti- qu’il était bien écrit. De fait, il fut créé à
vité. Certes, il a dirigé à Vichy, avant (par Hilversum par Doets (5) en 1948 et c’est
Commençons par l’aîné, Henri Tomasi exemple une symphonie de Pierre Kunc en seulement l’année suivante que Ludovic
(17 août 1901/13 janvier 1971), né à 1938) et après (en 1955 pour une création Vaillant en donna la 1ère audition à Paris.
Marseille et enterré à Avignon. Il a étudié de Landowski avec Ginette Martenot). Si Depuis, personne n’ose plus le dire injoua-
le piano au conservatoire de Marseille et son clarinettiste au Grand Casino de Vichy ble, et l’on m’a commandé d’autres parti-
chose intéressante, dès 1916, donc très est l’excellent Jacques Lancelot (1920- tions de concours, pour cor (6), trombone
jeune, il joue dans les cinémas de sa ville 2009) de 1947 à 1955, pour nous, l’im-
(7)
, basson, etc ».
natale (Le Fémina, Le Saint-Ferréole, etc) portant est son trompette solo, Raymond Les faits nous sont confirmés par Fred-
ce qui lui donne un savoir faire d’improvi- Tournesac (1909-v1999)(2). Tomasi a con- dy Grin, qui fit carrière au Concertgebouw,
sateur. Il confia à Marie-Rose Clouzot (1) : dans un courriel du 2 juin 2009 :
firmé cette activité à Yves Hucher (3) :
« Je suis arrivé à Paris avec Zino Frances- “Jas (Jason) Doets was the first who played
« -En effet, me dit Henri Tomasi, je mène
catti avec qui j’ai fait toutes mes études, the Tomasi concerto in 1948 at Hilversum
une vie errante, tantôt à Monte-Carlo
with the same Radio Philharmonic Or-
et qui jouait déjà splendidement du violon. .où vous êtes premier chef d’orchestre à
chestra [Netherlands Radiobroadcasting
Nous nous installâmes ensemble dans une l’Opéra
Philharmonic Orchestra] where he was the
petite pension de famille de la cité des -…tantôt à Vichy…
first solo trumpeter, Henri Tomasi was the
Fleurs. Ce fut financièrement assez dur .où vous dirigez durant « la saison », l’Opé-
Conductor. He is still living in Hilversum
pour moi les premières années : je ‘tapais’ ra et les concerts
and is on the age of 90 years. (Jas (Jason)
dans les cinémas et dans les boîtes de nuit -ajoutez à cela que je suis invité chaque
Doets fut le premier à jouer le Concerto
jusqu’à mon prix de direction d’orchestre année au Concertgebouw d’Amsterdam, à de Tomasi en 1948 à Hilversum avec le
qui m’assura un métier tout de même plus Hilversum et à Genève… ». même Orchestre Philharmonique de la Ra-
lucratif ». dio où il était le premier trompette solo,
Ce prix de piano du Conservatoire de A partir de 1946, selon certaines sour- Henri Tomasi fut le chef d’orchestre. Il vit
toujours à Hilversum et a 90 ans).”
L’excellente prestation publique et
radiodiffusée (dont l’enregistrement a
survécu… un ton trop haut) de Ludovic
Vaillant (1912-1974), donnée le 7 avril
1949 avec l’Orchestre National de la RTF
dirigé par Henri Tomasi n’est donc pas la
création, mais c’est la preuve que l’œuvre
était difficile mais jouable.
A propos de cet enregistrement radiopho-
nique par Ludovic Vaillant (que René Pé-
rinelli nous a transmis), Edward Tarr nous
en dit ceci par courriel le 1er juin 2009 :
« Je peux constater une fois de plus
la sûreté des attaques, le bon son et la
présence musicale de Vaillant. Il était im-
portant pour moi d’entendre sa version,
sous la baguette du compositeur, parce
N° 14 II / 2009 > page 22
de Vichy et des Concertos que
j’avais interprété, je lui pose
la question à brûle-pourpoint
: ‘Pourquoi n’écririez-vous
pas un grand concerto pour
Trompette ? Nous pourrions le
créer à Vichy ?’ Rêveur, Henri
Tomasi me répond : ‘Oui, c’est
à voir, j’y ai déjà vaguement
pensé’. Le temps passe et un
jour il me demande de passer
le voir. Il me remet alors un
manuscrit au crayon : c’était
le Concerto de Trompette. A
l’époque nous faisions douze
services par semaine et une ou
deux fois le Maître me deman-
dait : ‘Alors, ce Concerto, ça va
?’ Je me contentais de répon-
dre : ‘Oui, ça va’, sans plus.
Cinq semaines après avoir eu
ce Concerto en mains, je viens
dire à Henri Tomasi : ‘Maître,
quand vous voudrez entendre
votre Concerto, je suis prêt’.
Tout surpris, il me dit : ‘Lundi,
si vous voulez’. Je lui donnais
mon accord –c’était, je m’en
souviens, le Lundi de Pâques
! A l’heure convenue j’étais
Raymond Tournesac dans le bureau du Maître et
qu’avec cette performance, ils ont établi la lui demande de jouer chaque
tradition d’interprétation de cette oeuvre. mouvement sans arrêter et que
Les articulations diffèrent de temps en nous verrions les questions de
temps des articulations marquées dans la Tempi, interprétation, etc en-
partie du soliste. Il était intéressant aussi suite. Ainsi fût-il fait. L’entre-
de voir que Vaillant a opté pour la plupart vue devait durer plus de deux
des coupures proposées par la partition. heures. Je me souviendrai
Finalement, je peux constater qu’il a fidè- toujours de la satisfaction du
lement suivi les indications «con sord.», Maître – moi-même appréciant
trop souvent ignorées aujourd’hui (par son sentiment. En m’accompa-
exemple dans la longue cadence à la fin gnant à la porte de son bureau,
du 1er mouvement) ».
il devait me dire à nouveau : 61, rue de Rome 75008 Paris
‘Comment avez-vous fait pour
monter mon Concerto de mé-
Tél: 01 45 22 30 80
Toujours à propos de ce Concerto, Nor-
moire, avec tous vos services à
bert Carnovale écrit : « The writing for the
l’orchestre ?’. Je me contentais Pasdeloup en octobre ou novembre 1949.
solo instrument is idiomatic, albeit very
de répondre : ‘J’ai travaillé !’. A la fin de la A la création à Vichy, je reprenais mes in-
difficult » (8). Idiomatique puisque Tomasi
saison [1947], il allait présenter son Con- dications proposées à Henri Tomasi. Avec
a écrit ce Concerto (publié fin 1948) avec
certo aux éditions Alphonse Leduc qui ac- son accord, j’ajoutais une mesure d’impro-
les conseils d’un trompettiste, Raymond
ceptaient l’œuvre d’emblée. Vers la fin de visation dans le second mouvement ‘Noc-
Tournesac, disciple de Pierre Vignal (qu’il l’année suivante [1948] sortait le Concer- turne’, 1ère mesure du No9. cette premiè-
appelait « mon Maître »), lorsqu’il jouait to. En relisant le Concerto, qu’elle ne fût re du Concerto de Henri Tomasi fit grand
l’hiver à Monte-Carlo pour Henri Tomasi et pas ma surprise de constater que certains bruit à l’époque, étant le premier Concerto
l’été, toujours avec lui, au Grand Casino de tempi avaient été changés, des indications
Vichy dès sa réouverture en 1946 (le trom- pour Trompette d’auteur contemporain ».
de sourdine proposées au Maître changées
pettiste y est resté 25 ans et y a connu la L’édition d’Alphonse Leduc se situe donc
également. J’étais très contrarié de tout
chef algéroise Gaby Serra). Voici donc ce en 1948. Et la prestation de Raymond
cela et m’en ouvrait à Henri Tomasi lors
que Raymond Tournesac nous a écrit le 9 de notre première rencontre : ‘Ah oui, on a Tournesac de juillet 1949 se situe quoi-
juillet 1985, à propos de la génèse du Con- remis les anciens mouvements, etc’. Mais qu’il en dise après la première audition à
certo pour Trompette de Tomasi (janvier à je ne saurai jamais qui avait ainsi conseillé Paris de son ami Ludovic Vaillant en avril
fin 1947) : « En 1947, au cours de la sai- au Maître ces autres indications... Ludo- 1949. Il n’est pas impensable que Vaillant
son d’hiver à Monte-Carlo, lors d’un entre- vic Vaillant devait donner le Concerto chez ait aussi joué le Concerto de Tomasi en oc-
tien avec le Maître sur la dernière saison tobre-novembre 1949.
N° 14 II / 2009 > page 23
En tout cas Roger Delmotte a assisté à la Hucher (3) : En 1948, le big band de Dizzy Gilles-
prestation de cette œuvre que Vaillant a « .Quels sont vos projets immédiats ? Ne pie fait un grand effet salle Pleyel tandis
donné avec les Concerts Pasdeloup (con- venez-vous pas de diriger l’Orchestre La- que débarque à Orly (en vue du festival
firmant les propos de Tournesac). Mais, moureux ? de Nice) Louis Armstrong accueilli par la
il situerait ce concert avant l’émission de -oui, après avoir eu le plaisir de prendre trompette d’Aimé Barelli. Louis Armstrong
radio ! Ni Tournesac, ni Vaillant n’en sont contact avec la belle jeunesse qui bénéfi- est l’idole d’André Jolivet comme l’a sou-
donc les créateurs, et plusieurs versions cie des concerts éducatifs de colonne… vent dit Roger Delmotte (12). Ceci pour met-
et interprétations de l’œuvre ont existé ! Il .Mais vous repartez ? tre en situation ces œuvres savantes.
-oui, pour Monte-Carlo. Je serai ici au dé-
serait d’ailleurs intéressant de retrouver un
but de mars, pour régler une série d’enre- André Jolivet (8 août 1905/20 dé-
enregistrement de ce Concerto par Tourne- cembre 1974) est plus jeune que Tomasi.
gistrements : le Concerto de Trompette, le
sac, œuvre qu’il jouera souvent. Un article Parisien, Jolivet a des points communs
Concerto d’alto, le Vocero, Tam-Tam…
dans le Journal de Vichy en date du 28 avec le Marseillais Tomasi. D’abord il étu-
.donc nous vous garderons un bon moment ?
juillet 1949, signé Paul Cabanel, rapporte die le piano jusqu’en 1920 (auprès de
-pas trop. Car je dois penser aussi aux
les propos de Tomasi : « Si le cadre de mon grandes semaines internationales de mu- sa mère Madeleine Pérault -1874/1936-
concerto de Trompette est classique par sique qui vont se dérouler, cette saison, à puis de Francis Casadesus), mais il a
ses trois mouvements, le contenu de l’est Vichy… » (11). aussi travaillé le violoncelle auprès de
pas. Il n’y a ni sujet, ni allusion directrice. Louis Feuillard. Après son service militaire
C’est de la musique pure. J’ai essayé de Désormais, il ne nous reste dans l’état (1924-27), il se lance dans l’étude de
faire la synthèse de toutes les possibilités actuel de nos connaissances que l’édition l’harmonie, du contrepoint, fugue, choral
expressives et techniques de la trompette, Alphonse Leduc et l’enregistrement radio- varié auprès de Paul Le Flem. On est en
depuis Bach à nos jours (9), en passant par phonique de Ludovic Vaillant dirigé par le 1927 aussi lorsque Tomasi étudie l’harmo-
le jazz. On employait jusqu’ici la trompette compositeur qui est assez conforme à la nie et la composition. En 1929-33, Jolivet
très sommairement. C’était un instrument partition éditée. On pourrait en déduire prend des leçons auprès d’Edgar Varèse.
de second plan, alors qu’il était intéres- qu’il s’agit bien de la façon dont Henri To- C’est surtout l’époque (1923-34) où André
sant d’en découvrir toutes les ressources masi pensait son œuvre d’autant que l’édi- Jolivet a l’occasion d’écouter Billy Arnold,
expressives. Il est à remarquer combien tion A. Leduc a été dédicacée à Ludovic Jack Hylton, l’Orchestre de la Revue Nègre
l’utilisation en a été élargie par les com- Vaillant. Mais Roger Delmotte dans une (avec Sidney Bechet) où débuta chez nous
positeurs modernes (10). Je ne prétends pas conversation du 6 juin 2009 nous précise Josephine Baker (1925) et il s’intéresse au
être un précurseur ; je me situe au centre que Tomasi n’avait aucune exigence. Roger Negro-Spiritual : « Pour moi, c’est le point
d’une époque où on demande davantage Delmotte, qui n’a jamais eu l’occasion de de départ ; la principale valeur d’expres-
aux éléments mineurs de l’orchestre [sic]. jouer ce Concerto en concert, a par contre sion des Noirs qui commencent à se trans-
J’espère avoir apporté une utile contribu- été amené à corriger les Etudes de Tomasi former au contact des Blancs-Américains.
tion à des recherches captivantes ». No- pour les éditions A. Leduc. Il nous rapporta Il y a là un élément humain authentique et
tons que pendant sa captivité, Raymond l’anecdote suivante : demandant à Tomasi d’un grand intérêt pour le langage musical
Tournesac a pratiqué le jazz dans un or- son avis sur les articulations à employer, universel »(13). André Jolivet n’ignore pas
chestre du Stalag. On reste perplexe quant celui-ci lui aurait répondu : « Delmotte, l’ « histoire » des débuts à la Nouvelle Or-
à l’enregistrement de ce Concerto fait en vous êtes trompettiste, vous êtes meilleur léans, ni l’influence des « Musiciens Israé-
1950 d’après l’interview accordée à Yves juge que moi ». lites et Russes émigrés » sur la musique de

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N° 14 II / 2009 > page 24


jazz. Sa préférence se porte sur les « petits ensembles pratiquant l’a joué très bien » (Roger Delmotte, 6 juin 2009). Il fallut donc
l’improvisation collective » (ou ce qu’on crut en être) : « Il y a attendre deux années pour que cette œuvre capitale soit jouée en
des gens qui croient aimer le Jazz, mais qui ne l’admettent à vrai entier, sans coupures, et en public. Arthur Haneuse, toujours en
dire que pour avoir l’air ‘à la page’. Le Jazz, en effet, utilise un vie au moment de la réalisation de cet article, a quitté le métier
langage harmonique souvent plus rébarbatif encore que celui de de musicien pour celui de psychologue. En 1951, Roger Del-
beaucoup de musiques dites ‘modernes’ que le même public ne motte et Arthur Haneuse se sont présentés au concours d’entrée
supporte pas. Il est vrai qu’il y a beaucoup de Pseudo-Jazz. Par à l’Opéra avec le Concertino de Jolivet comme pièce imposée. En-
contre, je me souviens d’avoir entendu d’excellentes choses à une fin fin 1951, Roger Delmotte joue cette œuvre avec les Concerts
série d’émissions américaines qui avaient lieu au lendemain de Lamoureux à la salle Pleyel, en présence d’Eugène Foveau et de
la Libération [AFN] » (13). Et d’ajouter : « Dans le Concerto pour Raymond Sabarich (!), peu avant l’interview qu’accorda Jolivet à
Trompette, j’ai utilisé les principes employés par les grands trom- la revue Jazz Hot.
pettes de Jazz, Armstrong en particulier ».
Cette œuvre capitale a alors trouvé son interprète de prédilection !
Louis Armstrong venu à Paris en 1934, y revient en 1948 (14) ! Elle méritait d’être enregistrée et on a sollicité le très solide Roger
A cette époque, André Jolivet est directeur de la musique à la Aureggi : « Sabarich m’avait proposé de l’enregistrer à Paris, or
Comédie Française (1945-59) où il s’est montré très compétent étant à Lyon c’était trop compliqué pour que je puisse le faire,
à écrire des parties de trompette dans le style baroque (exemple il fallait être sur place » (lettre à l’auteur, 28 septembre 1984).
: Les Amants Magnifiques de Molière, en 1954). Lui qui a vu sa Outre le fait que Sabarich et Aureggi sont amis de régiment, ce
musique jouée à la radio dès 1935 (au Poste Colonial) et gravée dernier avait la réputation d’avoir de facilité dans le registre aigu
sur disques à partir de 1942, s’intéressa aussi, comme Henri et de l’endurance (dixit Julien Porret). Mais le choix s’est tout
Tomasi, à la musique pour cuivres. Ses Fanfares pour Britanni- naturellement porté sur Roger Delmotte qui en 1953 l’enregistre
cus (4 trompettes, 4 cors, 4 trombones) sont créées en Belgique, avec l’Orchestre du Théâtre des Champs-Elysées sous la direction
à Bruxelles en 1946, par la Musique des Guides. Comme celle d’Ernest Bour. Mr Charlin de chez Pathé/VSM testait déjà de nou-
de Tomasi, la musique de Jolivet s’exporte. Suit donc le fameux veaux procédés d’enregistrement et Roger Delmotte fut installé
Concertino pour Trompette destiné au concours du Conservatoire sur un praticable d’un mètre de haut. Bien sûr, il utilisait à cette
de Paris de juin 1948 et qui est une demande de Claude Delvin- époque une trompette en ut Aubertin de petite perce. Son enre-
court. Christine Jolivet nous a dit que l’œuvre a été écrite très gistrement reçut le Prix du disque 1954 et il servira longtemps
vite. Elle est publiée en avril de l’année même (Durand & Cie) et partout de référence d’interprétation. Dans les faits, lorsqu’il
semble-t-il un peu avant l’œuvre de Tomasi. C’est Jean Mauclaire fallait jouer le Tomasi on s’adressa alors à Vaillant et pour le Jo-
qui remporte le premier prix en jouant cette œuvre… avec des livet à Delmotte.
coupures. Norbert Carnovale écrit : « An oustanding post World
War II french solo piece is the very difficult and contemporary Il y eut un débat entre Tomasi et Jolivet que nous raconta
Concertino pour Trompette, orchestre à cordes et piano” (8). Selon Raymond Tournesac : « Ici vient se placer une entrevue et la dis-
le souvenir de Roger Delmotte, le Concertino aurait été proposé cussion qui s’en suivit entre André Jolivet, Henri Tomasi et moi-
un an avant (1947) et Eugène Foveau aurait demandé de l’ « même pris à temoin- tout ceci pour la petite histoire, bien enten-
alléger ». Roger Delmotte pense que Foveau a demandé à Pierre du. Ceci se passait à l’Opéra de Marseille où on devait donner un
Pollin, prix du conservatoire en 1945, de se pencher sur cette
œuvre avant qu’elle ne soit éditée et comme il en était témoin à
la classe, ceci pourrait en fait se passer en 1946 !...

André Jolivet a déclaré : “…la nature même de l’instrument


impose un style…La trompette, non seulement sa littérature,
mais sa technique ont été influencées par le Jazz, il me sem-
ble donc difficile d’écrire pour celle-ci actuellement en ignorant
les nouvelles possibilités qu’en ont tirées les Noirs Américains…
Sans doute, le Jazz a marqué la Musique occidentale, mais pas
tellement dans le sens où on le croit. Certes, des œuvres comme
La Création du Monde que je tiens pour une très belle réussite
de Milhaud, les Concerti pour piano de Ravel, ainsi que L’Enfant
et les Sortilèges –pour ne citer que les plus connues- puisent
dans le Jazz. Mais surtout, je crois à une influence sur le goût
du public. Je pense en particulier à la vogue dont jouit Bach : je
suis persuadé qu’elle doit beaucoup au Jazz. Tout un auditoire
qui ne le connaissait pas s’est senti attiré par lui par un ‘ostinato’
rythmique auquel la musique Noire Américaine l’avait habitué
3
» (13). Ces propos datent de 1952 et entre temps, le Concertino Po
pour Trompette de Jolivet sera enfin joué en public, notamment leu
par un ancien élève de Foveau, aujourd’hui totalement oublié. En se
effet, Raymond Tournesac nous écrit ceci : « La première audition
n’avait eu lieu qu’en 1950 (je crois me souvenir) aux Concerts 30
Pasdeloup avec un jeune Trompettiste plein d’avenir : Challot. Il ww
devait se tuer en voiture quelques années après ». Cette presta-
tion d’Eric Challot n’est citée nulle part dans pour ce qui est la
création de cette oeuvre. Christine Jolivet nous confirme, et elle ren
y a assisté, que la création officielle est la prestation d’Arthur Fré
Haneuse donnée sous la direction de Jolivet lui-même à l’Abbaye fre
de Royaumont, le 10 juin 1950. Dans les notes tenues par André
Jolivet, c’est ce concert qu’il tient pour être la création. Roger
Delmotte a assisté à cette création au Festival de Royaumont Jean Mauclaire, (centre, en haut), Eric Challot (1er à gauche,
par les Concerts Pasdeloup avec Arthur Haneuse en soliste : « il bas), E. Foveau, 1947, coll. M. Laplace
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Notes
grand gala de ballets. Le programme comportait la Suite Transocéane (1) interview d’Henri Tomasi par Marie-Rose Clouzot, 1968. in
d’André Jolivet et le Concerto pour Trompette d’Henri Tomasi (sur un site Web Henri Tomasi – Compositeur www.henri-tomasi.asso.fr/
argument de Jo Lazzini, je crois me souvenir). André Jolivet préten- (2) Toute information plus précise sur la date de décès de Ray-
dait que son Concertino pour Trompette était le premier sorti – il avait mond Tournesac est la bienvenue.
(3) Le Grand Concert, 24 février 1950, in site Web Henri Tomasi
en effet été imposé en juin 1948 au concours du Conservatoire Na- – Compositeur www.henri-tomasi.asso.fr/
tional Supérieur de Paris, mais la première audition n’avait lieu qu’en (4) Eugène Foveau est le professeur à cette date…refus tenace
1950…Quant à Henri Tomasi, il rappelait que son Concerto avait été ? Roger Aureggi nous écrit ceci : « Ce morceau avait été refusé aux
donné à Vichy en juillet 1949. Je renvoyais les deux antagonistes dos concours du Conservatoire. Je me rappelle que Foveau m’avait dit
à dos, chacun ayant été le premier quelque part ! » (lettre à l’auteur, ‘Sabarich est venu me trouver pour que nous le refusions’, étant trop
dur » (lettre à Laplace du 28 septembre 1984).
9 juillet 1985) (15). (5) Le trompette hollandais Jas Doets qui probablement parti-
cipe aussi à la création le 25 novembre 1947 à la Radio Hilversum
Si à l’évidence des faits le Concerto de Tomasi et le Concertino des Fanfares Liturgiques de Tomasi.
de Jolivet ont été publiés la même année, la génèse de l’œuvre de (6) Première audition à Paris le 11 octobre 1955 par Lucien
Tomasi remonterait à 1944 et elle a été créée en 1948 (en Hol- Thevet
avec l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire dirigé
lande) alors que celle de Jolivet, ébauchée en 1946 ou 1947, n’a été
par André Cluytens.
créée qu’en 1950 (en France). Evidemment, André Jolivet n’en resta (7) Première audition à Paris le 10 décembre 1957 par Maurice
pas là et après Air de Bravour pour trompette (ou cornet) et piano Suzan avec les Concerts Pasdeloup dirigés par Serge Baudo.
(1952, Billaudot, 1’10’’) enregistré chez Pathé par Roger Delmotte (8) Norbert Carnovale, thèse A comprehensive performance pro-
(en 1955), il compose en 1954 un 2ème Concerto pour Trompette ject in Trumpet Literature with an Essay on Published Music com-
encore plus influencé par le jazz. Jolivet consultait Roger Delmotte posed ca. 1900 for Solo Trumpet Accompanied by Orchestra (decem-
ber 1973, University of Iowa).
pour avis sur son écriture pour trompette, le stimulant par des « Al- (9) En 1948, Tomasi dirige le Concerto de L. Mozart à Vichy avec
lez, travaillez mon vieux ! Armstrong y arrive bien, lui ! » (16). Ce très Raymond Tournesac pour soliste.
difficile 2ème Concerto d’André Jolivet a été créé le 5 septembre 1956 (10) pense-t-il à Jolivet ? Le Concertino imposé au Conservatoire
à Vichy par…Raymond Tournesac mais enregistré la même année par de Paris en 1948, n’est toujours pas joué en public en 1949.
Roger Delmotte avec l’Orchestre National de la RTF dirigé par Jolivet. (11) Henri Tomasi parle ensuite de la première audition de son
Concerto pour saxophone donnée le 2 mars 1950 par Marcel Mule et
Cette œuvre servira de musique pour un ballet sur une chorégraphie l’orchestre National sous sa direction, puis une prestation des Con-
de George Skibine (décors et costumes de Bernard Daydé) créé à certs Lamoureux de ses Fanfares Liturgiques donnée le 4 mars 1950
l’Opéra-Comique en 1961 (17). En 1964, André Jolivet fit un séjour sous la direction de Jean Fournet. Toutes les œuvres dont nous avons
aux Etats-Unis. Sa fille nous a raconté le plaisir réciproque qu’ont eu parlé sont éditées par A. Leduc de même que Semaine Sainte à
Jolivet et Armstrong à se rencontrer à Chicago. Le Maître Jolivet passa Cuzco pour trompette, 4 timbales (ad lib), 2 harpes et cordes (1960)
et Variations Grégoriennes sur un Salve Regina pour trompette, 2
une soirée de bonheur assis derrière son trompettiste préféré.
harpes (ad lib) ou orgue, cordes (1964).
(12) Fait confirmé au signataire par Christine Jolivet, fille d’An-
Il est un fait qu’Henri Tomasi et André Jolivet ne sont oubliés de dré, le 23 janvier 2008 (mis en relation grâce à Roger Delmotte).
personne et surtout pas le Concerto de Trompette de l’un et le Concer- Nous avons eu un second contact téléphonique avec Christine Jolivet
tino pour Trompette de l’autre. Mais un compositeur a besoin d’être le 1er juin 2009.
joué. Si ces pièces sont aujourd’hui des « standards » du répertoire (13) interview de Jolivet par J.-J. Gaspard pour la revue Jazz Hot
(no66, 1952, p22) accordée après une prestation, fin 1951, de son
de la trompette, elles le doivent à un long chemin semé d’embuches Concertino pour Trompette. Texte que nous a signalé Christine Jolivet
emprunté par des instrumentistes méritants qu’il convient de ne pas et que nous a transmis Yves Sportis.
oublier, au premier rang desquels, ici, Raymond Tournesac, Ludovic (14) un document radiophonique survit, de l’arrivée triomphale de
Vaillant, Arthur Haneuse et Roger Delmotte (18). Louis Armstrong à Orly en 1948.
(15) à propos de ces faits, à la fin de cette longue lettre, Raymond
Tournesac écrit : « ils sont -pour certains – extraits de notes, de
Pour cette étude, nos remerciements vont à des titres divers à souvenirs, que je pense consigner dans ce qui pourrait être un jour
Roger Delmotte, Christine Jolivet, Edward Tarr, René Périnelli, Michel mes Souvenirs de Carrière »…qui à notre connaissance n’ont pas été
Ricquier, et à titre posthume à Raymond Tournesac, Roger Aureggi, écrits. Raymond Tournesac pensait sincèrement ceci : « Je vous de-
Julien Porret et Norbert Carnovale. manderai de vouloir bien spécifier que j’ai été le premier trompettiste
français à jouer en soliste et en faire une carrière. A la même époque
Michel Laplace Ludovic Vaillant s’était spécialisé dans le Brandebourgeois ».
juin 2009 (16) Roger Delmotte a fait le métier et a notamment joué en solis-
te avec la sourdine (dans la lignée d’Aimé Barelli) pour Jerry Mengo,
ce qui l’a initié au phrasé « balancé » ternaire qui génère le swing.
Lorsqu’il entra à l’Opéra en 1951, parfois sa façon d’interpréter une
phrase musicale faisait réagir le corniste René Reumont : « alors on
fait du jazz à l’Opéra ? ». Après la séance d’enregistrement, Roger
Delmotte a rejoué le 2ème Concerto de Jolivet pour la radio depuis la
salle Gaveau, le 10 février 1957 avec les Concerts Pasdeloup sous la
direction du compositeur.
(17) on ne saurait oublier non plus, et notamment, dans l’œuvre
pour/avec trompette (ou cornet) d’André Jolivet : Rapsodie à 7 re-
prenant l’instrumentation de L’Histoire du Soldat de Stravinsky (été
1957, qui sera enregistré l’année suivante à la Mutualité avec Roger
Delmotte au cornet), Arioso Barocco pour trompette et orgue (1968)
et Heptade pour trompette et percussion (1971, créé en 1972 par
Francis Hardy avec Francis Dupin).
(18) le lecteur trouvera plus de détails biographiques sur Ray-
mond Tournesac, Ludovic Vaillant, Jean Mauclaire, Arthur Haneuse,
Roger Delmotte dans notre CD Rom, Trompette, Cuivres & XXe Siècle
(1251 pages, ©2008, version 2 ; 30 euros, Michel Laplace, 13 Ré-
sidence Bel-Horizon, 32230 Marciac).
Ludovic Vaillant et Mlle Vervieuz - 1965 ph. Courtesy by M. Ricquier

N° 14 II / 2009 > page 26


EPSIVAL t 2009
[ ACADÉMIE INTERNATIONALE
DE CUIVRES ET PERCUSSIONS

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Direction "Académie ré août 1991
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le 20 août à
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Fin des cour h00 pour la classe de Jazz
le 22 août à
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utes les autre
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le 25 août à
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L'inscription gar ts du festival CUIVRES EN FÊ h00 à 17h00
à tous les concer ur s : 9h 00 à 12h00 & 14
or ai re s de s co qu e : 18 h0 0
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Horaire des n des stagiaires) 0
la pa rticipa tio en Fête : 20h0
(avec
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Modalités de août 1991
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nés après le lidée
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L'admission dod'Administration de l'asso
par le Conseil demande de dérogation
d'un parent obligatoire,
dèse
Jean-Pierre Céné adressée par courrier à :

Nicole BRO
iquement Présidente de l’ Association
Inscription en ligne un Les Amis de l'Ensemble Epsilon

.com
www.cuivresenfete
40, rue Charles Silvestre
87100 LIMOGES
Thierry Thibault www.epsilo n. as so .fr

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Chaque demande sera étudi
Professeurs

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en conseil d’administration

de l’Académie
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[ qui validera ou non la parti
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Brass - 24 août
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20 au 25 aoû t
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ss - 23 & 24 août - du 20 au 23 août
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77 63 97
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ne) , Con Vin
Luis Gonzales (Es
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- 20, 21, 23, 24, 25 aoû 20, rue Encom Po nt- Ne uf
nce), Orchestre SWR rs Verlin
nes Travailleu 55 31 45 00
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août Foyer des Jeu
ne - 87000 LIM
OGES - Tél : 05
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(France), Orc hestre Suisse-Romande lon - 20, 21, 23, 24, 25 août nt de l'IESF
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Marseille, CRR de Tou Foyer étudia
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tega (Espagne), Spanish
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(France), CNSM de ormation comp
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Paris - du 20 au 25
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(France), Opéra de - du 22 au 25 août ce (19 au 25 toire) : 50 €
Damien Petitjean re (France), Orchestre Philharmonique de Radio France - du 20 au 25 août
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Adhésion à l'as ue : 300 €
Jean Claude Genge re de Paris 10, Orchest
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(obligatoire po Coût péda
(France), Conservatoi - 20 & 21 août 0€
Coût total : 35de l’inscription :
Nicolas Martynciow (France), CRR de Toulon, Orchestre de Marseille
Bernard Boelling
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de 16H à 18 et un chèque
Classe de jazz : Réunion animée
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et les responsab sociation (obliga
Adhésion à l'as ue : 200 €
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Accompagnateu -Cénédèse (France), CRR de Toulon c
Coût pédagogiq
0€
Aurore Couteau Léger (France), CRR de Bordeaux Ouver te au publi Coût total : 25de l’inscription :
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Véronique Goud 50 € d’adhési
un chèque de de 150 € d’arrhes
et un chèque
du stage.
premier jour
Solde versé le
!
LA SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes-Interprètes de la Musique "ATTENTION er
s devront justifi ile
et de la Danse) est une société d’artistes-interprètes qui GERE LES DROITS DE L’ARTISTE-INTERPRETE (MUSICIENS,
CHORISTES OU DANSEUR) EN MATIERE D’ENREGISTREMENT, DE DIFFUSION ET DE REUTILISATION les sta gia ire
Tous ité civ
e responsabil
d’une assuranc
DES PRESTATIONS ENREGISTREES.
stage
Une action soutenue par la Ville de Limoges, le Conseil Régional du Limousin et le Conseil Général de la Haute-Vienne. le 1er jour du

N° 14 II / 2009 > page 27


JAZZASCONA
25 juin au 5 juillet 2009.
garden et avec Tommie Harris (voc)
il évoque le All Stars d’Armstrong («
Sleepy Time », « Swing That Music »),
mais avec des faiblesses de justesse.
Andy Cooper (cl) et ses Euro Top 8
(Debarcadero, 1) dont Mike Cotton
(cnt) et John Barnes (as, bs) ont fait
du bon travail (« CC Rider », « Oh
Baby », « Mardi Gras in NO »). Doc
Houlind (tp) dirige un orchestre dans
la lignée George Lewis (« Who’s Sorry
Now »,…Piazza, 3). Le Maryland Jazz
Band de Doggy Hund (tb, disciple de
Louis Nelson) est excellent dans le
genre (Piazzetta, 1 avec Don Vappie,
et 4 juillet) : « Moonlight & Roses », «
I Can’t Give You », « Short Dress Gal
» et un excellent « Exactly Like You
» qui mit en valeur Jan Wouters (cnt,
fgh, voc).
C’était le 100e festival pour les Du-
moustier Stompers de Laurent Ver-
deaux (ld, kazoo), un incontourna-
ble groupe français que nous avons
Rick Trolsen (trombone), Patrick Artero (trompette) Roderick Paulin (sax) entendu le 1er (Costello Schloss), 2
(Debarcadero) et 3 (Piazzetta). A pei-
Pour cet anniversaire du festival, ses 25 ans, la musique s’est ne arrivés (fatigués), il y eut de bons
exprimée sur six scènes le long du port (si on intègre le Jazz Bar moments pour tous les souffleurs de la front-line. Notamment des
à la Biblioteca), et comme les autres années à quelques terrasses solos de Boss Quéraud sur « Once in a While » (stop chorus de
de restaurants et hôtels, comme Piazzetta, Piazza et Seeschloss. trompette), l’exposé sensible d’Alain Martien (tp) dans « Just a
Parmi les grandes formations, le public attendait le Big Chris Closer Walk », la contribution avec plunger d’Henri Perrier (tb, 85
Barber Band que nous avons entendu à l’Elvezia le samedi 27. ans !) dans « Saturday Night Function ».
C’est dans les titres du Duke qu’il nous a le plus intéressé, no-
tamment dans « Jubilee Stomp » avec une parfaite complicité Programme différent à la Piazzetta. Laurent Verdeaux a participé à
des trombones, Chris Barber et John Service. Ce dernier est assez la trompette (tenues avec Henri Perrier) dans « Dallas Blues » et
éclectique, apte au jungle à la Nanton comme au sweet de Tommy au kazoo dans « Yellow Dog Blues/CC Rider » où Martien en grande
Dorsey (« The Spell of the Blues »). Il y eut aussi les Brass Bands forme a évoqué Louis Armstrong tout comme dans « Basin Street
dont l’Hurricane (Hugo Kujipers, tp) avec Lionel Batiste en grand Blues ». Boss fut fameux dans « I’ll Always Be in Love with You ».
marshall (notamment à l’Eden Roc et à la messe). Le 29 juin, Don Vappie (bj, g, voc) a occupé le Debarcadero avec
En début d’après midi, le 4, le Happy Feet Brass Band (NL) un show qui a laissé peu de place à Patrick Artero (tp) et Roderick
s’est montré efficace avec Joep Habraken, Daan Bogers (tp), Rob Paulin (ts). Patrick Artero a tiré son épingle du jeu dans « Panama
Adriaansen (tb) et Patrick Wittberg (sousa, embouchement très la- », « Down By the Riverside » et surtout « Alligator’s Boogaloo »
téralisé à gauche). Les Yallopin’ Hounds (Piazzetta, le 28, Elvezia, (tiré de son CD Artero Vaudoo). Prestation plus structurée le 2, à
le 29, Chiesa le 30) de Joey Cavaseno (as, voc, arr), avec Brian la Chiesa, en hommage à Danny et Blue Lou Barker. L’orchestre
Sledge (tp, voc) nous amènent sur le terrain du combo jump, augmenté de Rick Trolsen (tb) a commencé par un vigoureux «
genre Louis Jordan (« Caldonia » où Sledge utilise la respiration Sweet Georgia Brown ». Après un tube martiniquais, Don Vappie
circulaire, « Can You Make A Swing For Me » par Sledge et Leigh a lancé « Creole Blues » qui n’est autre que « Tin Roof Blues »
Vaiano, voc). exposé à la Ory par Trolsen et dans lequel le solo de Patrick Artero
fut excellent. Deux thèmes ont bénéficié d’excellents riffs pour les
L’Olympia Ragtime Orchestra (Italie, Roberto Bacciocchi, tp) pra- soufflants. A l’Elvezia (le 3), la cohésion était encore en progrès
tique le style Dream Band de Kid Thomas-Capt John Handy (« avec cette fois de vrais arrangements (« Short Dress Gal »).
Hindustan », « My Bucket », …Piazzetta, le 27) tandis que le Bo-
hém Ragtime Jazz Band (Hongrie) nous renvoie jusqu’à Scott Jo- Patrick Artero a brillé dans « Les Oignons », « Is You Is », et Trol-
plin (avec deux violons et des partitions). Cette formation a aussi sen dans « Nobody Knows You ». Rick Trolsen (tb, voc) n’a donné
un répertoire non strictement rag (« Do You Know What It Means qu’un seul concert sous son nom (Piazzetta, le 28). Ce fut l’un
», « Don’t Get Around Much Anymore »,…) qui met en valeur At- des meilleurs dans le genre. Parmi les temps forts, on signalera
tila Korb (tb, cnt, voc : « Gee Baby ») et Jozsef Lebanov (tp, fgh). « Ain’t Misbehavin’ » (exposé trombone et basse), « High Society
Les Satchmo All Stars (Piazzetta, 29 ; Piazza, 1) font un dixieland » (solo de clarinette joué au trombone !), « Pennies from Heaven
sympathique (« Blueberry Hill », « You Can Depend On Me », « » (exposé de trombone), « My Blue Heaven » (superbe solo de
Who’s Sorry Now ») avec de bons moments dûs à Otto Andrae (tp) Patrick Artero), « After You’ve Gone » (alternative trombone-trom-
et Roland Hirsiger (tb). Joe Wulf (tb, voc) est un disciple de Tea- pette) et en bis, « Panama ».
N° 14 II / 2009 > page 28
On attendait Kevin Mahogany (voc) avec son Superband pour
l’évocation de Kansas City : Red Holloway (ts), Grant Green Jr (g),
Reuben Wilson (org), Pretty Purdie (dm) et Kathy Kosins (voc).
Premier passage le 2, à Elvezia, et d’emblée une ambiance blues
et musclée. Le lendemain, au Lago, cette même équipe s’est ren-
forcée dès le deuxième thème (« Go To Kansas City ») de Jesse
Davis (as) et surtout Terell Stafford (tp) qui d’emblée prit un solo
stupéfiant d’énergie. On a aimé les attaques à la Lee Morgan et
l’art de monter la tension de Stafford dans « Route 66 ». Même
répertoire le 4, à Torre, avec un excellent solo de Terell Stafford
dans « Early in the Morning ». De bons moments qui appellent
une suite.
Michel Laplace
Photos Lisiane Laplace

Norbert Susemihl

La palme du festival (les 26, 27, 29 juin : Chiesa, Elvezia, Piaz-


zetta) va, pour nous, à Norbert Susemihl (tp, fgh, voc) et ses
New Orleans All-Stars, une formation euro-néo orléanaise qui a
trouvé une homogénéité expressive parfaite sur des répertoires
Du 26 au 30
(différents d’un soir à l’autre) couvrant la variété des styles de
la Cité légendaire. Norbert Susemihl est en état de grâce. Qui F ES TI V AL
peut enchaîner avec cette facilité « Swing That Music » (Jason,
AOUT
remarquable !) et « Dear Old Southland » (le 27) ? Excellent au
bugle (« Cake Walkin’ Baby », le 26), il est surtout un trompette
solide avec une bonne sonorité (marquée par son professeur Alvin 2009 C R US EI LL ES
Alcorn : « New Orleans Function », « Slide, Frog, Slide », « Float
Me Down to the River » de Thomas Jefferson, le 27). Pour le pro-
jet « Naquele Tempo », les Creole Clarinets de Thomas L’Etienne SYLVAIN MINO (EUPHONIUM) + MIRAPHONE TUBA QUARTET
(cl, ts) et Ulli Wunner (cl, as) se sont intéressées en partie au Salle des Ebeaux
compositeur brésilien Pixinguinha (1897-1973) avec l’excellent
Rick Trolsen (tb) et Antonio da Silva (perc) en invités (Chiesa, le LES HARICOTS ROUGES
28). Salle des Ebeaux
On retiendra « Samba Bolé Bolé » et « Andre with the new shoes
» où un ré grave de trombone relance la clarinette virtuose de CHRISTOPHE STURZENEGGER (COR) + RÉQUIEM DE FAURÉ
L’Etienne. Inclassables, mais très show, David Paquette et Pink Eglise
Turtle. David Paquette (p, voc) est notamment passé au Debar-
cadero (le 27) avec Attilo Troiano (ts, cl, vtb), swingman, et en 7TH ART ORCHESTRA ET MARIE-CHRISTINE BARRAULT
guest, Patrick Artero (« You Can Depend On Me » où la voix de Salle des Ebeaux
Paquette évoque Red Richards). C’est Artero qui a cimenté le
spectacle pour le rendre cohérent. Pink Turtle réunit Michel Bon- MEN IN BRASS + HAÏDOUTI ORKESTAR
net (tp, voc), Patrick Bacqueville (tb, voc), Pierre Louis Cas (ts, Château des Avenières
fl, voc), Christophe Davot (g, voc), Jean-Marc Montaut (p), Lau-
rent Vanhée (b) et Stéphane Roger (dm) (Elvezia, le 28). Il s’agit +‘‘LA RUE EN FÊTE’’
d’un spectacle sur des thèmes de la pop music (Pink Floyd, etc)
concerts plein air, fanfares de rue
qui a nécessité un gros travail, non seulement scénique, mais
aussi d’arrangements avec de nombreux riffs percutants très bien +‘‘CÔTÉ ENFANTS’’
menés par Michel Bonnet. Il y a place pour des solos de bonne spectacles jeune public
facture notamment dans « She’s Got It » (Bonnet avec plunger,
Davot, Montaut). Take 6, groupe de chanteurs a capella popu-
laire (gros travail d’arrangements) vaut pour l’effet vocal imitant www.croiseedescuivres.org
la trompette de Joey Kibble (« Eté 42 », « Seven Steps to Heaven 06.29.38.60.29
») (Torre, le 1er).
N° 14 II / 2009 > page 29
Le trompettiste Patrick ARTERO
nommé au Victoires du Jazz 2009
Révélation Instrumentale
Les Victoires du Jazz,
se dérouleront le mardi 1er septembre à 20h30 à la Cité de la
ARTERO/VAUDOO
Avec ce projet je voulais revenir sur mon
premier amour : La Nouvelle Orléans. Pas
musique à Paris en ouverture du festival « Jazz à la Villette pour jouer du « jazz traditionnel », déclen-
», présentées par Isabelle Giordano et Sébastien Vidal. Cette cheur de ma passion pour le swing au sens
cérémonie sera retransmise en différée le vendredi 4 septem- large, mais pour tenter de comprendre
bre 2009 sur France 3 autour de minuit et sur France Inter l’incroyable particularité de cette région
le dimanche 6 septembre de 23h à minuit. du globe, berceau d’une expression musi-
cale populaire sans précédents. Capitale
Révélation Instrumentale Française de l’Année des mélanges entre Europe et Afrique, le lieu de naissance du «
(Prix Frank Ténot) jass » semble indissociable du spirituel, du sacré, des croyances et
- Patrick ARTERO pour son album “Artero/Vaudoo” d’un syncrétisme religieux dont le Vaudou est un culte fondateur. Le
- Stéphane KERECKI TRIO langage créole, les rythmes ancestraux, ont été longtemps le seul
- Emile PARISIEN QUARTET lien pouvant réunir les esclaves loin de leur terre natale, séparés de
leur famille, de leurs tribus sur le sol de ce nouveau monde. L’héri-
Vote du public jusqu’au 9 août minuit tage africain resta, malgré les coups de bâtons, la musique avec ses
site Victoires du Jazz 2009 rythmes, ses tambours et une croyance animiste venue d’Afrique de
Sur http://www.lesvictoires.com/jazz/vote.htm l’ouest : le Vaudou. Partout où l’homme africain fût déporté, ce culte
se répandit...... Au Brésil c’est le Candomblé, à Cuba la Santeria, le
Regla de Ocha. Il est en en Haïti et dans tout le sud des états unis.
Révélation Instrumentale en 2009, PATRICK ARTERO, né en Je n’ai pas voulu réaliser un album religieux, non, j’ai eu simplement
1950, a pourtant déjà une longue carrière. l’envie de vous proposer un voyage. C’est à la fois mon regard et un
Révélé au sein des Ha- hommage à une culture resté présente dans les quelques états du
ricots Rouges de 1969 sud où sont arrivés les esclaves… La Louisiane, la Floride, la Caro-
à 1973, il a vite élargi line, l’Alabama, l’Arkansas. C’est pour cette raison que je souhaitai
sa palette en mettant sa réaliser ce projet avec la complicité de musiciens Louisianais et Ca-
trompette au service des ribéens. Je connaissais Don Vappie pour avoir fait quelques tournées
meilleurs jazzmen français avec lui ainsi que le contrebassiste Mark Brooks rencontré au sein
et américains, tous styles d’autres orchestres de la Nouvelle Orléans. Je savais que Don jouait
confondus. Compagnon surtout du banjo (notamment avec Winton Marsallis en dehors de sa
de route des plus grands formation «Les Creoles Jazz Serenaders»), mais c’est en l’écoutant
(Henri Salvador) et pion- jouer de la guitare qu’il m’est venu à l’esprit qu’il était la personne
nier de la scène salsa. la plus appropriée pour ce projet musical. C’est lui qui a proposé
le batteur Troy Davis. C’est un pur produit de NOLA (New Orleans
Alors, pourquoi nommé comme révélation de l’année 2009 ? Lousinana), il maîtrise toutes la musique traditionnelle de la ville
C’est qu’il lui aura fallu attendre longtemps avant d’enregis- du croissant (second line), mais a su intégrer toutes les évolutions
trer sous son nom (d’où son classement dans la catégorie des rythmiques que cette ville a fait germer en un siècle, du funk beat
révélations). Ce sera en 2004, pour ses relectures de l’oeuvre aux parades en passant par le latin jazz et toutes les musiques afro-
de Bix Beiderbecke, «2 BIX BUT NOT TOO BIX». Largement cubaines. Je dois dire que la complicité qui s’est créée entre lui et
salué par la critique et prix BORIS VIAN de l’académie du Arnold Moueza fut un vrai régal. Avec Emmanuel Duprey aux cla-
Jazz. Rappelons que Patrick Artero incarne en 1975 Bix Bei- viers j’ai eu le bonheur d’avoir une rythmique qui tournait «Aux P’tits
derbecke pour le téléfilm signé Jean-Christophe Averty. En Oignons».... Après,.... Y’avait plus qu’à...
2006, il rend hommage à Jacques Brel, «ARTERO/ BREL» Patrick Artero
avec un sextette de jazz sur des arrangements de Vincent
Artaud auquel s’ajoutent des cordes, des bois et des cuivres : ARTERO/VAUDOO
trombone, basson, clarinette, flûte et violon alto. Amsterdam, Patrick Artero
interprétée en duo par Artero au bugle et Giovanni Mirabassi (trompette, bugle),
au piano, est magistrale. Emmanuel Duprey
(piano), Arnold
Aujourd’hui, il revient à une Moueza (percus-
des sources de la musique sions), Don Vappie
afro-américaine, celle du (guitare, banjo),
vaudou. Pour bâtir ce projet Mark Brooks (bas-
ambitieux, il s’entoure de se), Troy Davis (bat-
musiciens louisianais, com- terie).
me le banjoïste Don Vappie,
digne héritier de Danny Bar- Label Plus Loin/Harmonia Mundi
ker, le bassiste Mark Brooks
et le batteur Troy Davis.
N° 14 II / 2009 > page 30
9ème Concours national Antoine Courtois
ouvert aux trombonistes de nationalité française.
deux catégories :
“Espoir” pour les candidats nés après le 23/10/92
“Prestige” pour les candidats nés après le 23/10/86
Concours Inter-régional ouvert aux élèves nés après
le 23/10/96 et inscrits dans un établissement situé
en région : Nord-Pas de Calais, Picardie, Champa-
gne-Ardennes, Basse et Haute Normandie.

Épreuves
Concours “Inter-régional”
Eliminatoires (1) :
A/
1. Aria et Minuetto de Y. Bordères et J. Naulais Éditions
Billaudot
2. Mini Concertino de O. Renault Éditions Combre
3. Fleur de Coulisse de M. Galiègue et J.Naulais Éditions
Leduc
4. Le trèfle à 4 feuilles de M. Méreaux Éditions Lafitan
5. Andante et Allegro de R. Mignion Éditions Billaudot
B/ Ecouter, Lire et Jouer 2 “les solos” n°2, 5, 9, Éditions
De Haske
(1) Une pièce au choix parmi les 5 propositions et un
“solo” communiqué en même
temps que le morceau pour la finale, le 5 septembre
2009.
Finale : une pièce pour trombone et piano (2)

Catégorie “Espoir”
Eliminatoires :
A/ un des “Exercices sur 2 octaves” (2) de G. Millière
n°2 page 4, n°1 page 5, n°2 page 12, Éditions Leduc
B/ une des “11 vocalises” (2) de G. Millière n°1, 3, 4,
Éditions Combre
Demi-finale :
A/ Requiem pour un trombone de M. Hulot Éditions
Billaudot
B/ une des “12 études rythmo-mélodiques”(2) de G.
Millière
n°1, 3, 4, 6, Éditions Feeling
Finale (2) : une pièce pour trombone et piano (2)

Catégorie “Prestige”
Eliminatoires :
A/ une des “15 études divertissantes”(2) de G. Millière
n°10, 13, 15, Éditions Combre
B/ une des “Etudes contemporaines 7 vol 2” (2) de J.
Naulais
n°12, 17, 22, Éditions Billaudot
C/ Morceau de Concours jusqu’à la fin de la cadence de
A. Bachelet
Éditions Leduc
Demi-finale :
A/ Gammes et Arpèges 10ème Niveau de G. Millière
Sol b M/mi b m, Si M/ sol#m, Éditions Combre
B/ Variations de E. Bigot, Éditions Leduc
C/ Extraits d’orchestre
Finale : pièce pour trombone et ensemble instrumental (2)
Les programmes définitifs seront communiqués aux can-
didats à partir du 5 septembre 2009

Date limite des inscriptions : 30 Septembre 2009


Renseignements : 06 70 60 74 31
N° 14 II / 2009 > page 31
Point de vue M’étant intéressé de longue date au jeu de la trompette, j’ai rencontré dans ce domaine, outre des idées souvent
farfelues, des théories dites classiques plutôt orientées vers le rationnel et le concret ainsi que d’autres que je
qualifierai de « parallèles » plutôt axées sur le psychologique et l’abstrait. J’aimerais faire part de mon opinion
sur certaines divergences entre ces deux types de théories.
N.B. Il n’est nullement question ici de nier l’influence du mental ou du psychologique sur toute acte humain.
Toutefois pour autant que je sache une profonde confiance en soi, une conviction solidement ancrée et un moral
d’acier n’ont jamais compensé à 100% un manque de connaissances ou de force musculaire.
Comme je suis un affreux matérialiste, et quel que soit l’angle sous lequel on aborde le problème, on eut poser
comme postulat qu’en l’état actuel des choses une trompette seule, tube de métal inerte ouvert aux deux bouts,
a peu de chance de produire un son. En conséquence nous en déduirons que pour produire un son la présence
d’un trompettiste est indispensable. Cet instrumentiste sera alors amené à prendre une posture et à faire des
gestes favorables à la production du son. Autrement dit la technique nécessaire au jeu de la trompette exige
du trompettiste qu’il se construise et emploie rationnellement : 1/ une anche dont le rôle sera de vibrer et de
communiquer ses vibrations à l’air contenu dans le corps de la trompette ; 2/ une source énergie suffisante et
nécessaire pour mettre et maintenir cette anche en vibrations.

Théories… et réalisme par Fred Gérard


L’anche Ceci est mon point de vue. ne peut provenir que d’une contraction
Sur certains instruments l’anche est consti- Où l’affaire se complique c’est qu’il existe musculaire, car c’est le rôle d’un mus-
tuée soit d’une double languette de roseau aussi différents courants (écoles ?) paral- cle de se contracter et de se décontrac-
fixée sur un tube assez court ‘hautbois, cor lèles pour qui la compréhension et donc ter. Sinon l’être humain serait incapable
anglais, ou long (basson) qui fait lui-même l’enseignement des gestes à accomplir de faire le moindre geste ou mouvement.
partie intégrante de l’instrument, soit d’une sont abordés souvent sans tenir compte de Lorsqu’un muscle agit il se contracte, s’il
languette simple de roseau (clarinette, la logique cartésienne, de l’esprit scienti- cesse d’agir il se décontracte. L’expression
saxophone) elle-même fixée sur un bec qui fique ni même de la linguistique, en parti- « contraction musculaire» est donc parfai-
lui aussi fait partie intégrante du corps de culier en déformant indûment le sens des tement justifiée.
m’instrument. Mais dans le cas qui nous oc- mots.
cupe, la trompette, cette anche est consti- Par exemple devant l’expression « contrac- Et les exemples de contractions muscu-
tuée d’une minuscule portion de la muqueu- tions musculaires » les tenants de ces cou- laires sont légions dans le jeu de trom-
se de lèvres qui font alors partie intégrante rants parallèles se hérissent et se braquent pette que ce soit au niveau des muscles
de l’instrumentiste. Il serait alors illogique sur le seul mot ‘contraction ». Sans doute contribuant à l’embouchement ou à ceux
que cette anche organique vivante, ne soit car leur interprétation de ce mot est dans permettant d’obtenir une bonne pression
pas l’objet de soins, d’attentions, d’entre- ce cas tout à fait erronée. d’air. Dans le cas de la pression d’air né-
tien, voire d’essais de perfectionnements En effet les personnes qui se focalisent cessaire pour mettre la muqueuse labiale
encore plus poussés que pour une anche en sur le seul mot « contraction » n’y voient en vibrations, je crois que personne ne
roseau. avant tout qu’un phénomène autant psy- soutiendra qu’une expiration dite naturelle
chologique que physiologique, à savoir peut engendrer une pression d’air suffisan-
La source d’énergie une tension mentale et nerveuse excessive te. Car si dans ce cas l’inspiration se fait
La source d’énergie nécessaire est fournie (stress ?), souvent inconsciente, amenant en contractant légèrement le diaphragme
par la pression d’air interne de l’instrumen- par contrecoup des contractions muscu- ainsi que les muscles intercostaux l’expi-
tiste. Cette pression d’air force le souffle laires, elles aussi inconscientes et indues, ration se fait sur une simple décontraction
à passer entre les deux lèvres fermées (en avant et pendant tout acte musculaire im- des mêmes muscles. Ce qui ne permet
contact l’une l’autre sur toute leur longueur) portant. Cette tension mentale et nerveuse même pas de gonfler un ballon de fête fo-
et placées sur l’embouchure. Or forcer l’air : 1/ demande aux muscles utiles une con- raine ! Pour obtenir la pression nécessaire
à passer entre les lèvres vers l’extérieur est traction hors de proportions avec l’acte à il est indispensable, durant l’expiration, de
actuellement le seul moyen connu de met- accomplir ; 2/ met parfois en jeu des mus- continuer à contracter volontairement le
tre ces lèvres en vibrations. C’en est aussi le cles inutiles avec l’acte à accomplir ; 3/ et diaphragme en même temps que les mus-
seul but. Pour y parvenir une expiration dite met parfois en jeu des muscles antagonis- cles abdominaux. Ce qui est un exemple
naturelle ne suffira pas et il faudra dans ce tes de l’acte à accomplir. Ce qui empêche parmi d’autres des contractions musculai-
cas employer ce qu’il convient d’appeler une évidemment le trompettiste d’agir avec cet res accompagnant logiquement l’expira-
expiration forcée. état de quiétude mentale, de sérénité, de tion forcée.
Or ni l’anche ni la source d’énergie ne sont relaxation (appelez cela du nom qui vous
une vue de l’esprit. Ce sont deux éléments conviendra !) si nécessaire à toute action Ici encore les termes « expiration forcée »
bien tangibles qui relèvent de sciences tel- musculaire. Dans ces conditions le mot « sont assez mal admis par certains car dans
les que l’anatomie et la physiologie. On peut contraction » présente évidemment une leur esprit ils impliquent l’envoi d’un cou-
alors poser que le jeu de trompette fait appel nette connotation péjorative car il n’est rant d’air dans le corps de l’instrument. Ce
en priorité à des lois inhérentes à la physi- pas compris, comme il devrait l’être, dans qui serait tout à fait exact si on se conten-
que, la mécanique, l’anatomie et la physio- son sens premier tel que défini plus bas tait de souffler lèvres ouvertes dans l’em-
logie. La recherche d’un bon embouchement mais celui, indu, de crispation. bouchure. Mais ce n’est pas du tout le cas
(bonne anche) et de la manière efficace Or si on se réfère à la physiologie, basée puisque la mise en vibrations se fait lèvres
d’obtenir une pression d’air utile (source sur des faits scientifiquement prouvés et fermées (voir plus haut) ce qui implique
d’énergie) nous amène obligatoirement à non sur des interprétations pour le moins une certaine obstruction à la sortie de l’air
l’emploi de contractions musculaires. hasardeuses, un geste (ou un mouvement) vers l’extérieur et toute expiration passant
N° 14 II / 2009 > page 32
à travers une quelconque obstruction se dudit fluide. Une onde (tsunami) n’est pas L’instrumentiste doit donc chercher
nomme expiration forcée (instantanée et un courant (Gulf Stream). C’est pourquoi et trouver :
explosive pour la toux, continue pour le il n’y a pas de courant d’air dans l’instru- 1/ la meilleure position et la meilleure
raclement de gorge ou pour le buzzing du ment. forme des deux lèvres pour l’obtention de
trompettiste). Les vibrations labiales se Ces deux exemples, parmi tant d’autres, vibrations ;
concernant les termes «contraction mus- 2/ l’exacte contraction musculaire de l’or-
produisent quand derrières les lèvres fer-
biculaire des lèvres ainsi que des muscles
mées la pression d’air est suffisante pour culaire» et « expiration forcée » nous dé-
faciaux qui lui sont reliés pour l’obtention
se frayer pendant une mini-seconde un montrent que certaines théories parallèles d’un son de fréquence déterminée ;
infime passage entre les lèvres et permet ne sont pas d’accord sur le sens à donner et derrière tout ceci :
l’expulsion d’une minuscule gouttelette à des mots pourtant clairement définis. 3/ la meilleure position des mâchoires
d’air. Cette infinitésimale quantité d’air Nous nous trouvons alors confrontés à un l’une par rapport à l’autre sur le plan ho-
une fois sortie, la pression d’air initiale langage codé dont nous n’avons pas la clé, rizontal ;
diminue et les lèvres se referment. Immé- c’est-à-dire carrément à une autre lan- ce qui implique aussi :
diatement après, la pression se rétablit et gue. Ce qui n’est sûrement pas le meilleur 4/ la meilleure distance (écart vertical) en-
moyen de se comprendre. tre ces deux mâchoires.
le phénomène précédent se reproduit sans
interruption tant que l’on maintient der- Comment peut-on penser que ces problè-
rière les lèvres la pression d’air initiale. Et maintenant
mes sont inexistants ou tout au moins à
Je voudrais tordre le coup à une théorie
tel point négligeables qu’ils vont se résou-
A partir d’ici il faut réaliser que le cycle qui me parait archi-fausse. J’ai relevé çà
dre d’eux-mêmes sous l’effet d’un souffle
et là, parmi certains courants dit parallè-
ouverture-fermeture de chaque vibration aussi bien compris soit-il ?
les, plusieurs phrases se résumant à : « la C’est pourquoi je ne peux que m’élever
labiale est si bref (1/440me de seconde
lèvre est un faux problème, c’est le souffle contre des théories qui posent pour prin-
pour un la de 440 vibrations à la seconde) qui fait la lèvre ». De telles phrases, qui
que la quantité d’air expulsée est infinité- cipe que le jeu des instrumentistes à em-
ne sont étayées d’aucun argument, res- bouchures relève uniquement de la réso-
simale et se dilue aussitôt dans la pression semblent fâcheusement à des affirmations lution de problèmes de respiration ou de
atmosphérique régnant dans l’instrument. gratuites. Je ne peux m’inscrire en faux souffle.
Conclusions : 1/ La pression d’air que le contre cette théorie. Voici mes arguments. Et n’en concluez pas pour autant que je
trompettiste utilise n’a pas d’autre rôle Nous avons déjà admis que le trompette néglige l’importance de la respiration, du
que de mettre les lèvres en vibrations. 2/ est un instrument à anche. Mais contrai- souffle, de la pression d’air, de la relaxation
S’il y a bien pression ou compression d’air rement à une anche en roseau qui est un (terme que je préfère à « décontraction »)
derrière les lèvres fermées il n’y a plus corps inerte, en fait un morceau de bois etc…. lors du jeu instrumental car ceci est
de pression et donc aucun courant d’air mort, l’anche membraneuse formée d’une une des deux idées clés qui doivent gui-
dans la trompette lorsque l’air franchi les petite portion de la muqueuse labiale du der le trompettiste, la seconde mais la non
trompettiste est un corps vivant de forme la moindre (car ces deux idées clés sont
lèvres.
variable suivant de nombreux facteurs. Elle aussi inséparables que nécessaires) étant
est étroitement tributaire des lèvres, lèvres la recherche d’une bonne manière d’em-
Chacune de ces infinitésimales gouttelet- boucher.
elles-mêmes tributaires de certains mus-
tes d‘air produit une onde de choc dans Je n’ose pas espérer que ce texte obtiendra
cles faciaux qui leurs sont rattachés. Le
la colonne d’air de l’instrument, onde de masque physiologique ainsi constitué est une approbation générale mais j’aimerais
choc qui, par résonance, s’amplifie 440 également tributaire du placement et de néanmoins qu’il amène certains non seu-
fois en une seconde pour l’obtention du La l’écart des deux mâchoires sous-jacentes. lement à réfléchir sur les points que j’ai
précité. On voit donc que grâce au souffle On peut dire que l’anche membraneuse évoqués mais surtout à se construire des
de l’instrumentiste il se crée un train d’on- vivante est de position, de forme et con- opinions basées en priorité sur la logique
des de hautes et basses pressions à l’in- sistance variables, modulables selon les et le rationnel.
térieur d’un fluide et non un déplacement besoins du jeu instrumental. Fred Gérard – mai 2009

N° 14 II / 2009 > page 33


Lesquin – 59
Brass Open
Les 11, 12 et 13
septembre 2009
Roubaix, Capitale
du Trombone
11éme rencontre européenne Ce grand rassemblement permettra de faire découvrir les
de cuivres multiples facettes de cet instrument à un large public,
autour de concertistes internationaux, solistes de grands
25 au 27 Septembre 2009 orchestres symphoniques mondiaux et lauréats de
Brass Open, pôle artistique
et pédagogique de dimension concours internationaux.
Européenne Nombreux concerts et master-classes
Avec la participation de
Ian BOUS FIELD

Tremplin Michel BECQUET


Frédéric POTIER
Fabrice MILLISCHER

jeune Denis LELOUP


Yves BAUER
Orchestre National de Lille

ensemble Quatuor Quartbone


L’Op’tuor
Quatre à 4

de Cuivres Classes de Trombones du C.N.S.M.D. de Lyon


Ensemble de Trombones de Cracovie
TrombonissimO
de 3 à 30 musiciens, Couleur Swing Big Band
sélectionnés le samedi 26 septembre Pedro de Alcantara
après midi pour une
participation au concert du soir et Fiche d’inscription et bulletin
Master class avec le jury. de réservation à retourner au
Conservatoire de Roubaix
S’adresse aux ensembles d’élèves,
65 rue de Soubise - 59100 ROUBAIX / FRANCE
d’étudiants ou amateurs
Places offertes pour le concert du Tél. 03 20 70 03 00 - Fax : 03 20 11 09 28
samedi 26 septembre 2009 pour Achetez vos places en ligne sur
l’ensemble www.roubaixtourisme.com
des participants Email : ileupe@ville-roubaix.fr
Information : M. Yves BAUER
Tél. 00 336 80 62 76 97
Contact et inscription Mail : yvestrbbauer@hotmail.com
centreculturel@ville-lesquin.fr Office du Tourisme : 03 20 65 31 90
Limite d’inscription fixée au Samedi
19 septembre 2009 Plaquette téléchargeable sur le site :
http://gazettedescuivres.free.fr

N° 14 II / 2009 > page 34


Blanc Musique

Organisé par l’association des « Balades acoustiques »


Situé à 1000 m d’altitude dans un véritable écrin de verdure le Lac de
la Beunaz est le lieu idéal pour le concert de clôture de cette journée de
« balade acoustique ».

En effet, son cirque naturel autour du plan d’eau en fait une véritable salle
de spectacle à l’état naturel.

Faire venir la musique classique dans ce lieu parcouru toute la journée par
les rires des enfants profitant des joies d’une eau purifier par l’action de la
nature environnante est un vrai délice insolite pour les organisateurs.

Ces sites sont reliés par un itinéraire adapté au plus large public afin de découvrir
la nature et ses sons… et la musique sur les pas des accompagnateurs.

Ce mélange d‛une demi heure de marche entre chaque lieu et d‛une demi heure
de musique avec une présentation du site par les guides permettra une vraie
rencontre entre passionnés de musique et amoureux de la nature.

David Guerrier commence la trompette à l’âge de sept ans avec Serge


Vivarès. Il poursuit ses études aux Conservatoires de Villeurbanne et d’Aix-
en-Provence. De 1997 à 2000, il se perfectionne au Conservatoire National
Supérieur de Musique de Lyon auprès de Pierre Dutot ; de 1998 à 2001, il y
étudie également la trompette baroque avec Jean-François Madeuf.

Organisé par l’association des « Balades acoustiques »


Situé à 1000 m d’altitude dans un véritable écrin de verdure le Lac de
la Beunaz est le lieu idéal pour le concert de clôture de cette journée de
« balade acoustique ».

En effet, son cirque naturel autour du plan d’eau en fait une véritable salle

N° 14 II / 2009 > page 35


Nouveautés Livres - CD

Les Virtuoses francs-comtois temporains pour des orchestres


d’harmonie… Une transition en
Pierre Lafitan douceur qui séduit un public
élargi. Parallèlement, le nouveau
UN LIVRE A LA GLOIRE directeur s’attache à développer
DE L’ORCHESTRE D’HARMONIE AMATEUR l’école de musique avec le sou-
L’épopée de l’Harmonie de Beaulieu-Mandeure (Doubs), tien des professeurs extérieurs
créée en 1886, inspire de belles pages à Pierre Lafitan. enseignant au conservatoire. Il
Hommage à la pratique amateur quand elle flirte avec l’ex- revalorise le parc d’instruments
cellence. et offre au cours des années
En 2006, l’Harmonie de Beaulieu-Mandeure (environ 7000 1990 un pupitre de percussions,
habitants) parvient à la division d’honneur selon la classifi- digne d’un grand orchestre. Ce
cation de la CMF. Une histoire qui ne pouvait que séduire travail porte ce fruit : en 2008,
Pierre Lafitan, le communicant et surtout l’éditeur musical. l’Harmonie reçoit le premier prix
Il a joué jeune dans des sociétés musicales amateurs et qui avec mention très bien avec ac-
s’est spécialisé dans la musique instrumentale pédagogique cession en division d’honneur.
et la musique pour harmonie et fanfare. Après 123 années d’existence l’harmonie de Beaulieu-Man-
De 1991 à 1994, il est responsable des relations extérieu- deure maintient la tradition musicale fondée sur le plaisir
res de Peugeot Motocycles et il découvre à Mandeure, une de jouer et l’esprit de challenge. Les virtuoses restent une
terre d’harmonie qui plonge ses racines dans les traditions « bande de copains » qui n’oublie jamais la troisième mi-
ouvrières de la fin du XIX e. « Comme dans le film anglais temps.
-Les Virtuoses- les musiciens de l’Harmonie de Beaulieu-Man- Ce livre de 156 pages, comprenant un hors-texte photos de
deure ont grandi dans un décor industriel et ont trouvé dans la 12 pages, est un véritable plaidoyer pour la pratique mu-
pratique musicale amateur une source de joies intenses et un sicale amateur. Par-delà l’exemple de Beaulieu-Mandeure,
moteur pour réinventer leurs vies », résume Pierre Lafitan. c’est la musique d’Harmonie dans son ensemble – avec tous
Claude Bouton, à la baguette depuis 1986, acquiesce. Cet ses acteurs bénévoles et anonymes – qui est mise en scène
autodidacte affecté aux services de prototypes de scooters, et valorisée.
a de nombreux chantiers devant lui. La fanfare est devenue
Harmonie et s’engage sur la voie de la qualité et du pres- Prix : 14 euros.
tige. Il renouvelle le répertoire avec une présentation plus ISBN : 978-2-917073-06-3
rythmée, des morceaux écrits par des compositeurs con- www.proxitude.com

Deux nouveaux CDs avec les enregistrements sur trompette naturelle


de Jean-François Madeuf

La trompette
Purcell’s trumpets de Birckholtz
“From Shore to Shore, de 1650
Sound the trumpets” Jean-François Madeuf,
Trompettes anglaises au Christoph Draeger, Hart-
XVIIème siècle munt Grün, Michael
avec l’ensemble ARIANNA Münkwitz (trompette na-
direction turelle)
Marie-Paule Nounou Christian Hess et Michael
avec Joël Lahens (trompette Hüttler (trombone), Anne
naturelle) von Hoff, Catherine Agli-
but (violon), Kryzsztof
Hommage musical à la lignée des trompettistes anglais, les Lewandowski (Dulcian), Philippe Tarr (Timbales) et Marc
Shore, Mathias, William, membres de la fanfare royale et et Meisel (orgue)
le fils de Mathias, John (1662-1753), le virtuose qui fut Ser-
geant-Trumpeter de 1707 à sa mort. Les Shore influencèrent Représentant de la tradition des trompettistes de l’Alle-
Henry Purcell qui dès 1689 utilisa la trompette dans ses œu- magne du Nord, le facteur Wolgand Birckholtz est le fil
vres, d’abord par paire pour Mathias et John puis en solo. conducteur du choix de ces fanfares ou signaux militaires
Œuvres de William Shore, Henry Purcell, Gedfrey Finger, Char- enregistrés ici.
les Dieupart, Daniel Purcell, William Topham, James Paisible, Le livret d’accompagnement du CD fort détaillé apporte la
Arcnagelo Corelli, Jeremiah Clarke. compréhension nécessaire aux choix des pièces enregis-
trées.
Label ARION Edition RAUMKLANG

N° 14 II / 2009 > page 36


> 34 > 10 >7 >8 > 14 > 22 > 19 > 38 >8 > 34 > 32 >4

Les Brass Bands en compétition Rencontre avec David Guerrier Symposium de la Trompette Bordeaux Portrait : Claude EGEA Orchestre à l’école Rencontre avec Jérôme Savary Maurice André & l'Orchestre de l’Olympia Batterie-Fanfare de la PP Brass Bands Français
Pierre Dutour en studio Jérôme Trioreau Brass Bands Anglais

N° 2 II-2006 N° 3 III-2006 N° 4 IV-2006

STRASBOURG ALTOS
&
MODÈLE UNIQUE BRASS
DEPUIS 150 ANS Sergent BANDS
Garcia
David Guerrier Sur Scène

Brass Band
Analyse
Philippe Gervais
Maynard
Ferguson
Homma g e

BRAVO
PACHO
Maurice André FRANCISCO FLORES
Grand Prix-Ville de Paris

! . . . et retrouvez toute l’actualité des Cuivres sur http://gazettedescuivres.free.fr . . . et retrouvez toute l’actualité des Cuivres sur http://gazettedescuivres.free.fr . . . et retrouvez toute l’actualité des Cuivres sur http://gazettedescuivres.free.fr

> 27 > 37 > 14 > 20 > 30 > 12


> 14 > 20

SIGMA, Nouvelle SELMER La trompette Baroque Messaoud Bellemou, Trompette et Raî Thierry THIBAULT, compositeur

N° 5 I-2007 N° 6 II-2007 N° 8 IV-2007


Christine ALBANEL, une ministre dans les VENTS Joël Eymard, amateur passionnant Nicholas PAYTON in MARCIAC
L’Orchestre National de Jazz fête ses 20 ans
N° 7 III-2007

PREMIER CD

LEESS CUUIVRES
IV RES
Théatre Dejazet
les Petites Mains
P RÉ
RÉSIDENTIELS
SIDEN TIELS en Concours Fabrice
Bruno
MILLISCHER KAMPMANN
Le nouveau L’ACIMV
visage DU À 20 ans

trombone

POUR QUI
SONNERONT-ILS ?
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EPSIVAL 2007
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> 22 > 28 > 15 > 28 > 10


> 12
> 10 > 33

Concours
Dossier

Tuba à Tours
Thomas Leleu
N° 11 III-2008 N° 12 IV-2008
Baptiste PIANI
N° 9 I-2008 N° 10 II-2008
Mauro Maur Bastien Baumet
Henri Salvador Dossier : Le Superbone La Trompe de Chasse Hommage à Freddie HUBBARD
Coutanson et Batterie-Fanfare

Vivre la Musique

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à DISNEYLAND PARIS

OPEN d’AMBOISE
Juin-2008

ENTRETIEN
AVEC
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ROBERT
Les Brass Bands
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La Facture FIENGA
Français en Évolution
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II/ 2008 > page


N° 10Cuivres
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> 28 > 10
Vu à
Musikmesse

Hommage à Ivan Milhiet N° 13 I-2009

Victoire
Pour 20 Euros Envoyer vos coordonnées
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Romain
LELEU� Recevez chaque trimestre La Gazette des Cuivres
le magazine des cuivres
49, bld Paul Langevin 37700
quatre parutions
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N° 14 II / 2009 > page 37


Chronique de Disques de Claude Decugis

Spécial Brass Band


The Music of Gilbert Vinter claudecugis@free.fr
Black Dykes Miles Band
direction: Geoffrey Brandt

To Serve The Present Age


NOW THAT’S WHAT I CALL BRASS ! Sunderland Monkwearmouth
VOL. 6 Band – direction : Nicholas
Hall
Références: MCMS – SPS 237
CD – disponible chez Salvationist
Publishing
Références: DOYEN – DOY – CD 256 – disponi-
ble chez Salvationist Publisher Cet enregistrement a été réalisé à
Personnalité éminente du monde du brass band, l’occasion du 125° anniversaire du brass
de l’après guerre jusqu’à son décès, Gilbert band Sunderland Monkwearmouth
VINTER (1909-1969) est ici à l’honneur avec Band, dont le directeur Nicholas Hall
le Black Dyke Band dans des enregistrements est en poste depuis 2004.
déjà anciens. Ils datent de la période allant de C’est un bonheur de voir le mélange
1968 à 1972, alors que le Black Dyke était di- des générations, en fait une famille,
rigé par un autre personnage d’envergure, Geof- où les plus jeunes ont une quinzaine
frey Brand. d’années, alors que bon nombre de
Références: WOB 140 CD – disponible chez musiciens sont des « gamins » de 70
Quatre œuvres conséquentes sont au program-
Salvationist Publishing ans et plus !
me, à commencer par JOHN O’GAUNT qui fut
Black Dyke Band, Grimethorpe Colliery Band, Pour vivre quotidiennement cette
écrite pour le concours Belle Vue de 1969. La
Eikanger-Bjorsvik Musikklag, Cory Band, situation, et étant moi-même dans
musique est basée sur un personnage du 13°
Gothenburg Brass Band, The Fairey Band, rien la fourchette haute, je l’apprécie
siècle, John O’Gaunt, pour ce qui, à l’origine
que du beau monde, un plateau de rêve ! ! Si on spécialement car elle est l’essence
devait être un opéra. Elle fourmille d’idées et
y ajoute les solistes: David Childs à l’euphonium, même de la vie où hommes et femmes
témoigne de la plénitude du compositeur, dans
Richard MARSHALL au cornet ou Steve Sykes de toutes conditions et de tous les âges
l’art de la composition. C’est vivant, sonore,
à la basse, vous conviendrez avec moi que pour se côtoient, ici grâce à la musique.
puissant et mélodieux. Belle pièce.
un seul album, on a vraiment la crème du brass Et quel enthousiasme, quel dynamisme
SPECTRUM date aussi de la fin de vie de Vinter,
band européen! !!!
plus précisément 1968, et on peut schématiser
Le répertoire n’est pas en reste avec, notamment, Ce n’est peut-être pas un répertoire
son contenu en quelques mots : force et vitalité,
la SEVERN SUITE opus 87 de Sir Edwatd ELGAR, exceptionnel, mais c’est un plaisir
légèreté et joie. Une œuvre maitresse ? Oui, on
œuvre originale due au génie de ce grand maître d’entendre cette formation dans
peut l’affirmer !
à une période où les cuivres n’intéressaient pas quelques œuvres de qualité joliment
C’est en 1965, pour le concours national de
les compositeurs de haut niveau ! interprétées.
Brass Band que l’auteur achève TRIUMPHANT
Le superbe SANCTUARY, mélodique, musical, La magnifique marche de George
RHAPSODY, intitulée auparavant A Matter of
bien phrasé, est signé d’un autre immense MARSHALL, THE LIBERATOR précède
Seconds. Œuvre de caractère, techniquement
personnage Eric BALL, et précède un jeune CELEBRATION OVERTURE de Martin
difficile, avec une séquence virtuose, elle per-
auteur dont la réputation n’est plus à faire : Philip CORDNER, au tempo allègre et au
met à l’orchestre d’explorer toutes ses possibili-
SPARKE qui nous offre MUSIC FOR BATTLE final enlevé. Autre marche animée
tés expressives et artistiques.
CREEK, au caractère vigoureux et belliqueux. et distinguée, LIGHT BRINGER de
Monument musical de 37 minutes, THE TRUM-
Le solo d’euphonium A CELTIC CHARM de Martin CORDNER enchaine avec
PETS fut achevé en juin 1969 sur une comman-
Philip WILBY nous « charme » réellement avec PRELUDE TO A NEW DAY de Harold
de de l’Association Néo Zélandaise des Brass
le jeune prodige David Childs en soliste, tout BURGMAYER, un negro spiritual
Bands pour son concours 1970. Elle comporte
autant que CONCERTPIECE pour cornet de expressif et tendre.
quatre mouvements et utilise le concours du
l’Américain James CURNOW, avec un fameux
chanteur Michael Langdon, du trompettiste
virtuose, Richard Marshall.
Maurice Murphy et de deux chœurs conséquents
J’ai aussi apprécié la marche d’un autre «
de bonne qualité. L’œuvre donne une impression
historique » William RIMMER, RAVENSWOOD,
de force et de masse, mais elle semble aussi
au tempo animé. Autre pièce intéressante,
porteuse d’un message, puisqu’elle conduit
plus consistante certes, mais de facture plus
chœurs et orchestre vers la Terre Promise, en
contemporaine, BRASS BLOT de Hakon BERGE
l’occurrence la Nouvelle Zélande.
où le Cory Band s’exprime totalement avec
Du beau, du grand répertoire. Recommandé à
ferveur et intensité.
tous les fans du brass band, et plus spéciale-
Que dire de plus ? Chacun trouvera dans ces
ment, aux inconditionnels du merveilleux Black
deux disques une part de plaisir correspondant
Dyke Band, ici dans une version des années
à ses goûts ! Et même plus !
1970

N° 14 II / 2009 > page 38


NATIONAL BRASS BAND
CHAMPIONSHIPS
Musique pour
OF GREAT BRITAIN 2008

Références: DOYEN – DOY 251


Orchestre à vents
disponible chez Salvationist Publishing
ALBION HERITAGE
MUSIQUE DE PHILIP SPARKE
DEUTSCH BLASERPHILHARMONIE – DI-
RECTION: WALTER RATZEK/TIMOR OLIVER
CHADIK
Anglo Records – AR 023.3
Disponible chez De Haske France

Faut-il encore présenter Philip SPARKE ?


Dans les précédents articles, nous avons
eu l’occasion de le faire, alors penchons
nous vers le Deutsche Blaserphilharmonie
Quelle effervescence et quelle ferveur entourent dirigé par Walter Ratzek et Timor Oliver
ces championnats de brass bands où s’affrontent Chadik. Cet orchestre d’harmonie alle-
musicalement les meilleures formations de Grande mand, fondé en 1990, est composé de
Bretagne, évidemment soutenues par leurs fans, musiciens professionnels, de professeurs, de grands
dans le cadre exceptionnel du Royal Albert Hall de Londres. étudiants et d’amateurs très avertis venus de tout le
Et le cru 2008 est encore une grande cuvée avec la victoire du Black Dyke Band pays. C’est un ensemble de très haut niveau apte à
avec son maestro Nicholas Childs. Une formation qu’on ne présente plus, tant interpréter le meilleur du répertoire original comme
elle fait partie de l’élite européenne, sinon mondiale. on pourra le constater dans ce florilège de Philip
Ce disque nous permet d’écouter les lauréats de chaque division –cinq au total- Sparke, avec neuf nouvelles œuvres.
et c’est assez étonnant de constater la vitalité et l’enthousiasme de tous ces Parmi les plus intéressantes, citons MUSIC FOR
musiciens amateurs venus de tout le pays, pour des joutes pacifiques. Car ici, LIFE commandée par le Community Band South de
les « armes » s’appellent cornet, euphonium ou trombone, et encore nuances, Pittsburg aux Etats-Unis et créé lors du 20° anni-
altérations ou interprétation. versaire de l’orchestre, en 2007. Hyper dynamique,
Je sais que je me répète, mais j’adore commenter ces enregistrements. Je nostalgique, léger ou joyeux, ce moment musical est
m’imagine dans la salle, vibrant et tremblant pour chaque orchestre, avant la l’exact reflet de ces vingt années de vie associative.
libération finale à l’instant des applaudissements. Ouf ! Pièce conséquente, bâtie sur des thèmes de la région,
KENTISH DANCES est une commande de Bromley
Parmi les œuvres de références, citons le Concertino pour Brass Band de
Youth Concert Band, direction Michael Purton, qui
Kenneth Downie, aux tempos vigoureux, aux belles teintes sonores, aux élans
en effectua la création le 16 mars 2008 à Londres.
poétiques et au presto final virtuose et véhément. Avec Black Dyke Band, c’est
Bromley se situe dans le Kent et les trois danses sont
toujours un peu hors normes !
issues du folklore régional. La première, rapide et
Autre grand, le Grimethorpe Colliery Band, direction : Allan Withington, dans
légère, précède un mouvement modéré fait de belles
un répertoire plus léger, nous propose plusieurs interventions dont Bohemian phrases généreuses. L’Allegro final, une danse ani-
Rhapsody de Freddie Mercury ou Love of my Life du même F.Mercury, magnifique mée, bénéficie d’une magnifique mélodie qui conclut
chant d’amour avec Robert Richardson au baryton solo. l’œuvre avec bonheur.
N’oublions pas les plus modestes ! Respectivement vainqueurs en 3° Division, Commandée par le Decatur Municipal Band, dans
puis 4° Division, le Wellington Telford Band, dirigé par Stephen Curtis et le l’Illinois, USA, A MIDWEST CELEBRATION a mar-
Lostock Hall Memorial Band et son chef John Wood, nous épatent par leur qué le 150° anniversaire de cette formation, sûre-
interprétation enthousiasmante et l’entrain apporté à mettre en valeur leurs ment une des plus vénérables du pays. Cette œuvre
partitions. Bravo à tous! est un allegro animé et chantant, comme une marche
enthousiaste, au tempo inflexible, alternant rythmes
et mélodies.
Dans une ambiance un peu irréelle, et surtout inha-
bituelle chez Philip Sparke, DESERTS nous conduit
DISTRIBUTION
cers d’autres horizons, avec une fin en douceur, com-
Éditions Marc Reift me dans un rêve ! Pièce commandée par le Sym-
Salvationist Publishing
Route du Golf -3963 phonic Wind Ensemble de l’Université St Thomas
66-78 Denington Road
Crans-Montana Suisse de Saint Paul dans le Minnesota, USA et créée le 2
Denington Industrial mars 2008 sous la direction de Matthew George.
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Estate - Wellingborough - Northants Enfin, l’œuvre titre ALBION HERITAGE est construite
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NN8 2QH - Grande Bretagne sur des thèmes populaires et divisée en trois parties.
www.worldofbrass.com - mail_ C’est une fantaisie qui reflète la joie, la nostalgie et
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N° 14 II / 2009 > page 39


Disques - Vient de paraître - Chronique Claude Decugis

CAPE HORN
MUSIKKORPS DER BUNDESWEHR
Musique pour
DIRECTION: WALTER RATZE
Orchestre à vents
(1966), une œuvre aux différentes facettes fan Klein.
relatant les conflits entre Palestiniens, Juifs Composition très conséquente, la ZEPPELIN
et Chrétiens. Calme, méditation ou agitation SYMPHONY de Thomas Doss est une com-
et tumulte précèdent le final d’un optimisme mande de la ville de Friedrichshafen, en Al-
évident. lemagne, à l’occasion du 100° anniversaire
Partant d’une légende issue du village de de la Fondation Zeppelin. Le comte Ferdi-
Fiss dans le Tyrol, Otto SCHWARZ (1967) nand de Zeppelin (1838-1917) officier, puis
a conçu THE GOLDEN SECRET, une pièce inventeur allemand, est le créateur du ballon
au début puissant et solennel, d’un peu de dirigeable portant son nom qui fut utilisé de
poésie et finissant sur une marche pesante 1900 à 1940.
et éclatante, sans que le « secret de l’or » ait Avec ses quatre mouvements, cette 1° Sym-
été dévoilé ! phonie nous emporte pour un voyage imagi-
Franco CESARINI (1961) est toujours très à naire non dénué d’idées et de ressource de
l’aise dans le genre de la musique ancienne, la part du jeune compositeur autrichien. «
ici RENAISSANCE SUITE, basée sur des L’idée fixe », c’est Zeppelin en recherche,
Références: Mitropa - M-DISC 208-035-3 dans un tempo animé, agité, parfois une
– disponible chez De Haske France œuvres du peintre italien Giorgio Vasari,
réalisées autour des années 1550. Un 2/4 accalmie, mais l’homme cogite en perma-
modéré, c’est la pavane, un brin pesante, nence. Le second mouvement décrit « Les
Le Musikkorps du Bundeswehr, en fait le Machines », avec sirène et bruits métalli-
grand orchestre d’harmonie de l’Armée Al- mais délicate. Au tempo plus alerte, Kemps
Jig nous offre donc une gigue avec fifres. La ques aux claviers. La machine est lancée,
lemande, a un double rôle de diffusion ar- puissante et impressionnante.
tistique et de participation aux cérémonies romance, donnée par un hautbois mélanco-
lique va se transformer en un mouvement vif Maintenant, on se retrouve suspendus dans
officielles de l’Etat Allemand. Il est placé les airs avec une harpe tranquille et des mé-
sous la direction de Walter Ratzek, un chef et léger avant le final « Bransle de chevaux
» qui avec ses timbres de cornemuse clôture lodies sereines, dans une intensité bienfai-
qui a su donner une impulsion nouvelle en sante.
matière de répertoire et de modernité. de façon distinguée et délicate.
Le solo de cor de CAPE HORN de Otto Mais voilà qu’arrive l’orage, tonitruant, tu-
Le présent album fait appel à des composi- multueux, le caractère de l’œuvre se transfor-
teurs en vue représentant l’Europe Centrale, SCHWARZ est un apport intéressant au ré-
pertoire pour un instrument qui en manque me et devient sombre et incertain. Toutefois,
Autriche et Suisse, une région où l’activité on terminera sur une note optimiste, puis-
orchestrale est intense. vraiment. La partition est assez difficile et
nécessite les services d’un professionnel que le Zeppelin a représenté une immense
Un narrateur lisant un touchant poème, c’est innovation dans l’histoire de l’aviation.
THE COLORS OF TALI de Thomas DOSS confirmé, ce qui est le cas du corniste Ste-

Petit fils de Massimo Boario, fondateur des solennelle suivie de tempos et genres divers,
éditions musicales du même nom, et com- mais toujours joyeux et rythmés.
positeur de talent, Davide Boario a repris le Très élaboré, PIUME D’AQUILA (Plume
flambeau tenu longuement et brillamment d’aigle) , avec soprano et récitant, nous a
par son grand père. Cet enregistrement séduit par la poésie et l’expression qui s’en
comportant deux disques est une preuve dégage.
supplémentaire du dynamisme et du flair de Le thème bien connu de GREENSLEEVES
Davide pour trouver les musiciens capables VARIATIONS, toujours de Paolo Mazza, gar-
d’élaborer une musique de qualité pour les de son esprit originel, avec une flûte solo
artistes de notre temps. Ainsi, se révèlent toute de douceur.
de nouveaux auteurs comme Paolo MAZZA, Dépeignant les différents numéros d’un
également directeur de Aveto Wind Ensem- spectacle, CIRCO FESTIVAL de Carlo PI-
ble dont l’excellente prestation est à souli- ROLA (1945) est dynamique, rythmé et vif,
gner. avec un final triomphal.
L’œuvre titre I CAVALIERI DEL GRAAL est Et puis, toute une série de marches de qua-
de la main de Davide BOARIO (1961) et fut lité, dont l’éternelle MONVISO, superbe
créée le 18 octobre 2008 à Toulon, par l’Or- modèle de la marche transalpine et GIORNI
I Cavallieri del Graal chestre d’Harmonie Hector Berlioz, dirigé DI GLORIA , au Trio somptueux, signées du
Aveto Wind Ensemble – direction: par un certain…Claude Decugis ! Elle relate maître Massimo BOARIO (1880-1956).
Paolo Mazza le voyage des Chevaliers partis vers la Terre N’omettons pas la dynamique SPLENDOR
Références: Bauer BCD 7353 Sainte à la recherche du Graal ; un périple à de Davide BOARIO à la mélodie enthousias-
Bauer Studio- Ludwigsburg – Allemagne l’issue incertaine, mais à la motivation évi- mante ou ATENEA de Massimo SANFILIPPO
Site : www.bauerstudios.de dente. La musique est dans cet esprit, posi- (1967) au tempo allant et énergique.
Références : EBCD 107 – Disponible chez tive, sonore, avec une bonne dynamique et Une nouvelle série qui démontre la montée
Boario – C.so Ferraris7 – 10121 Torino – Ita- de belles sonorités. en puissance des éditions Boario chères au
lie Site : www.mboario.com Très appréciées, trois pièces de Paolo MAZ- sympathique Davide.
ZA (1964) dont CLEOMBROTO, à la fanfare

N° 14 II / 2009 > page 40


Disques - Vient de paraître - Disques
CANTICLES
ŒUVRES POUR TROMBONE SOLO
ORQUESTRA DE VENTS FILHARMONIA
DIRECTION : JOSÉ PASCUAL-VILAPLANA
Références : Amstel Classics – CD
2008.02 – disponible chez De Haske
France
Compositeur, chef d’orchestre et trom-
boniste toujours actif, Johan DE MEIJ
(Pays Bas, 1953) a réuni ses adeptes
de l’instrument à coulisse, pour une
sorte de Fête du Trombone très réussie
et d’un très haut niveau artistique.
Et comme l’orchestre d’harmonie espa-
gnol Orquestra de Vents Filarmonica,
conduit par José Pascual-Vilaplana est
de la même veine, on en arrive à un
enregistrement hors du commun.

T.BONE CONCERTO, vous connaissez ?


C’est un monument d’une durée de 25
minutes qui nous émeut et nous épate
encore, plus de dix ans après sa publication. Œuvre pleine, complète, virtuose, poéti-
que, elle reste la référence dans le couple trombone/orchestre d’harmonie
Peu utilisé en soliste, le trombone basse fait son trou, après Hidas et sa magnifique
Rhapsody , la Musique de l’Air de Paris vient de sortir un disque avec Yves Bauer.
Voici donc CANTICLES qui commémore 35 années d’amitié entre Johan DE MEIJ et le
tromboniste Ben van Dijk, l’œuvre étant d’ailleurs dédiée à Piet van Dijk, père du so-
liste. C’est une pièce totale dans l’expression des différentes possibilités de l’instru-
ment, techniques ou expressives. Et Ben s’y trouve comme un poisson dans l’eau !
Autre grand, immense , virtuose, le Danois Jesper Juul Sorensen qui donne toute sa
mesure dans RAPSODIA BOREALIS de Soren HYLGAARD (1962) , un maitre nordique
qui écrit vraiment à bon escient. Avec vigueur ou raffinement, avec un final tonitruant,
on tient enCORE là, une des pièces maitresses du répertoire trombone-harmonie.
En complément, et en tant qu’amoureux du bel canto, Johan De Meij a orchestré deux
pièces de Giacomo Puccini et de Giuseppe Verdi où les deux trombonistes néerlandais
Jorgen et Ben se régalent, nous régalent. On a le sentiment de se retrouver sur la
scène de la Scala de Milan ! Ce n’était qu’un rêve, mais il était si beau ! Mais dites-
donc, ils jouent bigrement bien ces deux lascars ? En conclusion, oui, c’est vraiment
la Fête du Trombone !

IMAGE IN STONE
ROYAL NORTHERN COLLEGE OF MUSIC WIND ORCHESTRA – DI-
RECTION: MARK HERON
RÉFÉRENCES: CAMPION CAMEO 2077 –
SITE : WWW.DIMUSIC.CO.UK – E.MAIL : DIMUS@AOL.COM – TÉL: 44(0)161.491.6655

Stephen MC NEEF est né en 1951 à Dublin en Irlande, mais a passé toute sa jeunesse
à Swansea au Pays de Galles. Il a fait ses études principalement à la Royal Academy
of Music, avant de s’orienter vers la musique pour le théâtre. On lui doit également de
la musique de chambre, pour des ensembles de cuivres, pour le symphonique et pour
l’orchestre d’harmonie.
Le Royal Northern College of Music Wind Orchestra de Manchester est reconnu comme
un des meilleurs orchestres d’harmonie au monde, grâce à l’action incroyable d’un
artiste passionné Tim Reynish. Aujourd’hui retraité actif, il est remplacé à la tête du
RNCM par Mark Heron. C’est une formation talentueuse, et du talent il en faut pour
aborder la musique de Stephen Mc Neff.
Ce n’est pas clair et net comme du Sparke ou poétique comme du Serge Lancen ! 25 au 13 décembre
Ca suggère plutôt, dans une recherche de teintes, de timbres, d’images sonores, des
ingrédients sortant de l’ordinaire, en général. On y trouve aussi du rythme, de l’entrain Festival Couleurs Cuivres
parfois et, même, de l’humour. 15ème anniversaire
IMAGE IN STONE bénéficie d’une orchestration allégée permettant à la mezzo soprano
du Brass Band Normandie
Carolina Krogins de s’exprimer pleinement, avec grâce et caractère. Points d’envolées,
mais des phrases nostalgiques, délicates ou mystérieuses.
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Nous avons déjà apprécié ici Linda Merrick, la voilà à nouveau dans le CLARINET
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CONCERTO. Sa sonorité, c’est du velours au service d’une technique impeccable, né-
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cessaire pour retrouver toutes les subtilités de l’œuvre. Elle déjoue tous les obstacles
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avec beaucoup de talent et une

N° 14 II / 2009 > page 41


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N° 14 II / 2009 > page 42


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N° 14 II / 2009 > page 43
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N° 14 II / 2009 > page 44

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