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Dossier spécial

DISCOGRAPHIE * BIOGRAPHIE * CONFIDENCES

N° 22
N°22 - juillet 2012

ÉTERNEL Maurice André


. . . et retrouvez toute l’actualité des
N° 22 II > page 1sur gazettedescuivres.fr
Cuivres
/ 2012
Aux âme bien nées...
Chers lecteurs,
nous vous attendons également sur le site Internet de
La Gazette des Cuivres pour suivre l’actualité et le par-
cours des jeunes, d’ailleurs de plus en plus jeunes, qui
Votre magazine préféré, La Gazette, vous infor- entament brillamment des carrières prometteuses.
me régulièrement de l’ensemble de l’actualité
des Cuivres.
Une fois n’est pas coutume, ce numéro 22 est
consacré entièrement au dossier spécial sur no-
tre Maître à tous, Maurice André.

Bien entendu, l’histoire, que dis-je, La Légende est con-


nue. Mais nous avons souhaité et nous pensons que cela
était attendu, retracer le parcours de cette personnalité
hors du commun qui laisse plus de 250 disques de trom-
pette traversant le répertoire du Baroque à nos jours.

Dans ces pages, nous insistons sur le répertoire


pour divertissement enregistré par Maurice André.

Mais l’ensemble de son répertoire ne nous a-t-il pas di-


verti.

Benjamin Gallon
Il a su, mieux que quiconque, nous ouvrir les portes d’un
répertoire Baroque et Classique, mettant les compositeurs
comme Haydn ou Hummel au top 50.
18 ans, nommé trombone soliste
Maurice André, par son charisme, sa vitalité et son sens
inné de la musique a su générer des centaines de trom-
de l’Orchestre de Paris
pettistes de haut niveau, se revendiquant de son héritage
artistique. Lucienne Renaudin-Vary
Qui, mieux que son fils cadet, Nicolas, était le mieux à trompettiste de 13 ans
qui épate par sa maturité
même d’évoquer son père.
Cela fut le choix de la rédaction.
Yves Rémy
artistique.

Parution trimestrielle.
Editeur : Association Studio des Arts
12, rue Plantin 37270 Montlouis sur Loire
Directeur de publication : Frédéric Casado
Directeur de la rédaction : Yves Rémy
Dépôt légal : N° 22 - juillet 2012
I.S.S.N. 0996-5122
Commission paritaire : CPPAP N° 0114G88792
Gazette des Cuivres 49, bld Paul Langevin 37700
Saint Pierre des Corps - France
Tel: +33 (0)2 22 06 85 77 Fax: +33 (0)9 55 39 92 64
email : gazettedescuivres@yahoo.fr
http://gazettedescuivres.fr
Imprimerie : CONTIPRINT SNC
1, Rue de la Chapelle 57205 SARREGUEMINES Cedex
Prix de vente au numéro : 6 Euros - Ludovic Louis
Abonnement annuel : 20 Euros
trompettiste français choisi pour sa
> Par courrier
> Par paiement Paypal
tournée internationale
Sur le site gazettedescuivres.fr par Lenny Kravitz
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Éternel
Maurice
André

LES RACINES

L’INTIME

L’ARTISTE
Dossier réalisé par
Michel Laplace
et Yves Rémy

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BIOGRAPHIE
Maurice André
s’est éteint dans sa 79ème année le 25 février 2012 à 23h45 à l’hôpital de Bayonne.
La cérémonie funèbre à la Cathédrale d’Alès le 2 mars, au matin, fut célébrée par
le père Gabriel Niel (qui fut organiste) devant une foule considérable d’amis et de
fidèles.
La musique fut confiée à 70 choristes et à l’organiste Jean-Claude Françon.
On a pu entendre l’Adagio attribué à Albinoni, l’Ave Maria de Schubert et
un choral de Bach.
La Marche d’Aïda jouée par 40 trompettistes parmi lesquels beaucoup d’anciens élèves
du Maître dirigés par André Bernard clôtura la cérémonie.
Maurice André fut enterré dans le jardin du presbytère de Saint-André-Capcèze.
S’il avait abandonné la scène en 2008, pas un trompettiste, pas un mélomane ne
l’avait oublié. Les témoignages venus du monde entier sont autant d’hommages au
“trompettiste du XXème siècle”
“C’était tout simplement notre père spirituel à tous”
la phrase la plus entendue de la part des trompettistes.
Et quasiment dans toutes les langues.

Né au cœur des Cévennes, à Alès, dans le quartier du Tamaris, le 21 mai 1933,


Maurice André passe sa jeunesse dans les cités de mineurs et il y vécut dans
un climat d’amitié et d’entraide. Ses origines sont humbles.

S on père, Marcel-Jean André (1901–


1967), né à Saint-André-Capcèze,
en Lozère, s’est fait embaucher à la mine
nes, son père l’envoie manger à la soupe
populaire du Secours Catholique : “Vas-y
Maurice parce que moi j’ose pas y aller”.
Depuis son arrivée à Paris,
il n’a cessé de jouer dans
tous les styles, enregistré
Cette misère, heureusement atténuée dès 1952 le “double de Vi-
d’Alès où il y travaille 34 ans. Marcel-Jean
par des parents aimants et attentifs, il ne valdi” avec Roger Delmotte
et son frère Jean André (son cadet de 4
l’oubliera jamais. Il rappellera volontiers Prix de Genève - 1950 et
ans) sont trompettistes. Marcel jouait dans
ses origines.
les harmonies locales et les bals populaires. fréquenté les séances d’en-
Maurice passe quatre années au fond des ga-
Jean deviendra cornet solo de la Musique registrement. Dès septembre
leries minières et obtient en juillet 1951, à
des Equipages de la Flotte, à Toulon, et pro- 1953, il est trompette solo de l’orchestre
18 ans, un Certificat d’Aptitude de Mineur.
fesseur au conservatoire de Nîmes. Lamoureux puis à l’orchestre symphonique
Dans la même période, il étudie avec Léon de la Radiodiffusion. Naturellement, il se
Marcel-Jean aura deux filles (Georgette et présente au prix international de Genève
Barthélémy, enseignant à Nîmes, ancien
Simone) et deux garçons (Maurice et Ray-
élève au Conservatoire de Paris de Merri en 1955. Mais ce n’était pas gagné. Lors
mond). Maurice va à l’école élémentaire des
Franquin. Son professeur lui fait travailler du premier tour Maurice a la tête ailleurs.
quartiers du Tamaris puis de Rochebelle.
la méthode Arban et la Méthode Complète Il vient de rencontrer dans le train qui le
En 1943–45, pendant la guerre, Maurice
de trompette moderne, de cornet à pistons mène en Suisse, une jeune femme qui de-
vit à Meymac (Corrèze) et Couffour (Lozère)
et de bugle de Franquin (Enoch & Cie) dont viendra sa femme, Liliane. Raymond Sa-
envoyé garder les vaches pour pouvoir man-
le concept des émissions influencera dura- barich, membre du jury, le “repêche”. Les
ger convenablement.
blement Maurice. Barthélémy insiste sur la deux autres tours seront brillants, Maurice
Ce n’est qu’après la fin de la guerre quand la
délicatesse de la sonorité.
famille s’est retrouvée que son père l’initie s’est ressaisi. Avec en finale, les concertos
Maurice joue une trompette Aubertin.
à la trompette. Maurice André a 12 ans. de Tomasi, Haydn et Telemann, il remporte
Les progrès de Maurice sont tels qu’en
Son père aurait souhaité que Maurice débu- le premier prix.
1951, il entre dans la classe de Raymond
te le violoncelle. Mais les temps sont durs
Sabarich au Conservatoire de Paris après
et comment trouver un tel instrument.
s’être engagé comme trompettiste dans le Que faire ensuite. Rentrer dans le rang ou
Son père lui offre deux ans plus tard un
8ème régiment de transmissions. Premier essayer une voie qu’aucun trompettiste
vieux cornet à pistons Couesnon. Sur deux
prix d’honneur de cornet (20 juin 1952) classique n’avait pu emprunter, celle de
notes, il joue les chansonnettes faciles.
avec Variations sur un Thème de Scarlatti de concertiste ?
«Trois mois plus tard, mon professeur, Mon-
Marcel Bitsch et premier prix de trompette L’élément déclencheur de sa carrière de
sieur Léon Barthélémy me fit passer direc-
(9 juillet 1953) avec Incantation, Thrène et concertiste viendra beaucoup plus tard en
tement à la trompette».
Danse d’Alfred Desenclos. 1963 avec le Grand Prix de Munich.
En 1948, pendant une grève dans les mi-
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En 1963, Maurice vient de quitter fâché l’orchestre radio symphonique et sa place de Il jouera sous la baguette ou enregistra avec
trompette solo pour celle de quatrième de l’Opéra Comique. Il a trente ans et s’impa- Jean-François Paillard, Karajan, Richter,
tiente de ne pas être reconnu comme véritable artiste classique. Il a pourtant déjà une Lombard, Münchinger, Böhm, Mutti, Neville
discographie intéressante et a déjà enregistré le second Brandebourgeois en 1961. Mais Mariner, Osawa… et Pierre Boulez.
ça ne décolle pas. Maurice André a su gérer sa carrière sans re-
A-t-il tant travaillé pour atteindre un tel niveau et être si peu écouté. Son épouse Liliane cours à des impresarios.
le rassure : “Tu es seulement en avance”. Roger Delmotte le prévient de l’organisation du «A mes débuts, ma femme Liliane est allée
concours international de Munich. Cette année là, il est ouvert pour la première fois à la voir plusieurs impresarios. Ils lui on dit – Vo-
trompette. La limite d’âge des candidats est fixée à trente ans. «Toi, la bête à concours,
tre mari veut être concertiste à la trompette,
Maurice, tu devrais t’y présenter». «Je ne peux pas, ils viennent de m’inviter comme
ça peut être drôle ! C’est donc ma femme
membre du jury». En comparant les indemnités offertes aux membres du jury (2 000
Marks) avec les prix offerts aux lauréats (25 000 Marks), Maurice réfléchit. C’est un défi qui s’est occupée de mes affaires, elle m’a
qu’il se lance à lui-même. En cas d’échec, il perd tout et se ridiculise. protégé de la sollicitation extérieures et a été
«En bon Méridional et pour narguer tous les camarades qui me charriaient. mon plus fidèle allié tout au long de ma car-
J’ai décidé de concourir». rière.»
Il remporte le premier prix avec au programme le deuxième concerto de Jolivet, le con- Maurice André a magnifié la formule trom-
certo de Haydn et l’Aria de l’oratorio de Noël de J.S. Bach. pette et orgue créée en France par le duo
Roger Delmotte et Pierre Cochereau. Il révé-

“A partir de lera à la trompette piccolo les pages des con-


certos des compositeurs baroques. Quelques
originaux pour trompette naturelle, d’autres
Munich souvent écrits à l’origine pour la flûte, le vio-
lon ou le hautbois.
tout m’a souri” Sa participation au grand ensemble de cui-
vres pour quelques enregistrements ou tour-
Les plus grands chefs l’invitent. Souvent Avec panache, Maurice André réclame et nées avec ses amis démontre un Maurice An-
pour interpréter ce concerto grosso écrit obtient pour la première fois pour un trom- dré attentif à faire connaître l’ensemble de
par Bach pour le margrave de Brandebourg pettiste des cachets de star. l’école française de cuivres.
où la trompette prend place à l’égale du Les légendes sont tenaces et Maurice An-
violon, de la flûte et du hautbois. Il ré- dré eut du mal à démentir la rumeur qui se Maurice André aura été un extraordinaire in-
clame du trompettiste une virtuosité ex- propageait faisant état d’un double cachet terprète et il a su transmettre par ses cours
ceptionnelle et des capacités physiques s’il parvenait à jouer ce second concerto au Conservatoire de Paris de 1967 à 1978
hors du commun. Avant lui, seuls le fran- Brandebourgeois sans ‘Couac’. “Faux, ab- puis lors de master-classes l’essentiel de
çais Ludovic Vaillant et l’allemand Adolf solument faux” écrit-il dans ses mémoires. son art.
Scherbaum s’y risquaient.
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«J’ai dû quitter l’enseignement au conserva- Les dernières années de sa carrière, Mau-
toire par contrainte, ma disponibilité n’était rice André resserra les liens familiaux et
pas assez grande et il me fallait faire un constitua un trio avec sa fille Béatrice,
choix dans ma carrière. Je me souviens être hautboïste et son fils Nicolas à la trom-
revenu de New-York en Concorde pour as- pette, Baroque en famille.
surer mes cours au conservatoire. Le billet
d’avion coûtait plus cher qu’un mois de sa- Ses interprétations des premiers concer-
laire ! Reste que j’ai assumé le professorat tos pour trompette chromatique de Haydn
pendant dix ans avec amour.» et de Hummel sont indénombrables.
Maurice André donnait au plus fort de sa
carrière plus de 200 concerts annuelle- Aux détracteurs qui ne voyaient en lui que
ment, puis réduira à 150 et 120... réali- l’interprète des classiques, il répondait
sant sur l’ensemble de sa carrière une qua- dans le N° de juillet 1997 de La Gazette
rantaine de fois le tour du Monde. des Cuivres : «L’on oublie, ou on ne sait
pas, que j’ai enregistré 34 œuvres moder-
Sa notoriété médiatique, Maurice André la nes. Mais hélas, la politique d’Erato, mon
doit à Jacques Chancel, journaliste et hom- ancienne maison de disques, était que
me de télé qui lui consacra deux “Grand l’on retirait du catalogue les œuvres qui
Échiquier”, émission de trois heures en di- ne dépassaient pas les 1000 ventes par
rect sur Antenne 2, en 1980 puis le 28 oc- an. Et c’est un de mes grands regrets que
tobre 1987. Il sera également récompensé avec Jacques Chancel cette discographie ne soit plus disponi-
par trois Victoires de la Musique classique ble, car pour moi, enregistrer ces œuvres
puis l’invité régulier des émissions de télé- marqué que mes dents d’appuis s’étaient du grand répertoire (moderne à l’époque)
vision animées par Jacques Martin. déplacées. J’ai immédiatement consulté n’était pas fait dans un but financier, mais
un dentiste spécialiste qui les a fixées par dans un esprit pédagogique. Pour les let-
En 1988, il est frappé par un drame fami- l’arrière, afin que mon «toucher de lan- tres de noblesse de notre instrument et
lial avec la mort de son fils Lionel, trom- gue» et mon contrôle de l’air restent in- pour rendre hommage aux compositeurs….
pettiste et alpiniste passionné. tacts. Plus récemment j’ai carrément fait Je me souviens quand André Jolivet m’a
«souder» l’entre-deux de mes incisives apporté Arioso Barocco, j’ai travaillé cela
En 1993, à l’aube de la soixantaine, Mau- supérieures afin de consolider cet appui… avec tant de passion… Cela me fait mal au
rice André se confie à Jean-Pierre Mathez Les choses ne sont plus aussi faciles qu’au cœur que ces œuvres modernes aient été
pour Brass Bulletin sur ses problèmes den- temps où je passais allégrement d’une em- retirées du répertoire du catalogue d’Erato
taires. bouchure à une autre. Aujourd’hui je dois (mes classiques sont chez EMI). Les avant-
«Avec l’âge les muscles durcissent et per- apprendre à calculer différemment afin de gardistes me tannent toujours pour que je
dent de la souplesse. La dentition change pouvoir donner à mon public ce qu’il at- crée leurs pièces. Mais je leur dis : Prenez
elle aussi. Tant que la motivation reste in- tend de moi. Je dois également maîtriser un autre trompettiste. Moi, j’ai assuré mon
tacte, je cherche à m’adapter à ces nou- un trac plus présent. Je souhaite continuer époque.
velles données dictées par le cours irréver- à jouer, mais sans excéder 30 concerts par Je suis triste quand j’entends les jeunes
sible de l’âge. A vingt ans, je me mettais an… » dire «Maurice André ne joue que du baro-
en parfaite conditions en 15 minutes, Ses difficultés surmontées, il enchaînera que». Mais merde, j’ai assumé mon épo-
aujourd’hui cela me prend infiniment plus les tournées et quelques enregistrements que au travers de son répertoire, qu’ils as-
de temps… Il y a quelques années j’ai re impressionnants. surent la leur».

T
A la question sur la pratique des instruments anciens,
ous ceux qui ont approché Maurice André, ne serait-ce il répondait laconiquement «Certains ont besoin de prendre
que cinq minutes, ont perçu de lui une personnalité qui des instruments baroques, d’autres non».
vivait intensément la musique et pour la musique. Pour
faire un parallèle avec ses racines ouvrières, il semblait puiser Le diabète lui gâcha ses dernières années, mais heureusement
son inspiration musicale au plus profond d’une source. Qu’il l’in- la trompette et la musique lui tinrent jusqu’au bout compagnie
terprète ou qu’il l’écoute, la musique lui procurait une émotion ainsi que sa passion pour le bois qui forcément remontait à ces
indescriptible et souvent la larme arrivait à l’œil. Evoquant sa sin- années de jeunesse passées en formation de mineur.
gulière sonorité «Quand je joue, j’y transfuse, en plus, l’émotion Il sculptait des bas-reliefs.
nécessaire au point qu’un Andante est capable de faire pleurer». «En musique je ne sais pas improviser mais en sculpture sur
bois, j’improvise excellemment».

Maurice André donna son dernier concert public le 9 octobre


2008 à la Cathédrale St. Nazaire de Béziers. Il avait 75 ans.

Des milliers de trompettistes et de musiciens de part le monde


se référent pour leur jeu musical à ce personnage hors du commun.
Que la jeune génération de trompettistes puisse également
s’inspirer de Maurice André, même si ces jeunes musiciens
n’auront pas eu la joie immense de l’entendre en concert.
Reste à écouter et réécouter son impressionnante discographie
rassemblant plus de 250 disques.

Réunion de famille
Roger Delmotte, Georges Jouvin,
Marcel Lagorce et Maurice André

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Maurice André,
Une trompette
pour la renommée
Guy Touvron
Editions du Rocher - 2003

avec André Jolivet


avec Marie-Claire Alain
et son frère Raymond André

Le Soleil doit pouvoir


briller pour tout le monde
Maurice André
& Thierry Martin
Publibook - 2007

avec Herbert von Karajan

étude d’une partition

avec Dizzy Gillespie

Michel Laplace
Trompette, Cuivres
& XXe Siècle, CD-Rom

avec sa fille Béatrice


et son épouse Liliane

Brass Bulletin
Jean-Pierre Mathez
www.editions-bim.com

1997 - N°28

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Jazz - Variétès

N
Entretien
avec icolas
Qui mieux que Nicolas, son fils, pouvait
évoquer Maurice André ?
Lui qui filialement a repris le flambeau de
la trompette, a côtoyé au quotidien celui qui
A dré
représentait pour des milliers de trompettistes
Beaucoup regrettent que les médias français ne se
de par le monde une légende vivante, qui soient pas davantage mobilisés.
s’est présenté à ses côtés lors de concerts Les grandes Radios, Radio-France avec Frédéric
Lodéon, RTL avec Alain Duault et d’autres ont réservés
pendant une dizaine d’années, et forcément a quelques émissions, les télés ont relayé l’information
et surtout les réseaux sociaux avec Internet…
été l’un de ses plus attentifs élèves. Certains attendaient une rediffusion d’un Grand
C’est tout naturellement que la rédaction de échiquier mais je crois que c’est le revers de la
médaille. Mon père a permis à la trompette d’être
La Gazette des Cuivres s’est entretenue avec reconnue comme un instrument soliste et a
Nicolas, personnalité discréte et attachante. développé une technique incroyable. A ses débuts,
il impressionnait par ses interprétations du second
Brandebourgeois ou des concertos baroques, ses
aigus faciles et sa technique quasi infaillible. C’était
Nicolas, la nouvelle du décès de ton père a ému la planète des donc nouveau, attrayant médiatiquement.
mélomanes. Grâce à son enseignement, des générations de
Les émouvants témoignages reçus de tous les amis trompettistes trompettistes ont suivi sa trace et la trompette soliste
et du monde de la Musique, français et étrangers, à l’annonce du est devenue commune aux grandes salles de concert.
décès de Papa, puis lors de ses funérailles et aussi pendant le Ceci peut expliquer qu’au-delà de sa personnalité et
concert en son hommage à Paris, le 15 mai à l’Eglise St-Roch, de sa chaude sonorité si personnelle, la banalisation
m’ont permis comme à la famille de surmonter notre peine. de la trompette n’ait pas inspirée les chaines de
J’ai eu des contacts venus de Hongrie, d’Allemagne, des Etats- télé.
Unis, du Japon… Au Venezuela, les trompettistes ont organisé De toute manière, les grands médias de télé ne se
des concerts pendant une semaine. C’est incroyable. préoccupent plus depuis longtemps des musiciens
Tous ces musiciens et mélomanes qui à travers la musique instrumentistes classiques. Mon père le dénonçait
portée par mon père retrouvaient une grande joie et une profonde régulièrement.
émotion. Cela redonnait vie à l’engagement artistique de mon J’espère tout de même qu’Alain Duault pourra un
père, qui chaque jour pendant plus de cinquante ans, a travaillé jour rediffuser le très beau documentaire réalisé
des heures durant la trompette pour en maitriser chaque son, par Franck Chaudemanche pour France 3, intitulé
chaque inflexion, simplement pour nous enchanter. «Maurice ANDRE, intime»

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“Eric Aubier, des jeunes profes-
seurs, fut le seul, et je comprends
les autres, qui parvint à parler à Ni- “
colas en oubliant un peu André
Reste l’artiste, ques, il disait que comme pour un peintre me donna mes premières leçons, d’abord
le trompettiste exceptionnel. il fallait au musicien une palette complète au cornet puis très vite il me confia une
Évidemment et c’est ce qui me touche de nuances, de sonorités, d’attaques (tu trompette en ut, une Getzen Eterna. Rapi-
le plus, les gens ne me parle pas de mon ou du) et même les attaques soufflées. dement avec une embouchure une 1 ½ C
père comme d’un musicien à la techni- Les notes attaquées se défendent, disait-il. Bach, le modèle standard de l’époque.
que parfaite mais bien d’un artiste qui Oui, c’est une réponse d’un élève à l’accent Dans les années 1980, il était extrême-
les charmait par une simple mélodie ou méridional au Conservatoire de Paris. Mon ment pris par ses tournées et enregistre-
quelques notes. Souvent on évoque une père lui demandait d’attaquer et l’élève lui ments plus ses cours au Conservatoire.
voix, un chant de trompette reconnaissa- répondit « A chaque fois que je l’attaque, Avec mon frère Lionel, notre père nous
ble dès les premières notes. C’est ce que la note se défend ». Il a fait sienne cette confia aux mains expertes de Robert Pi-
mon père recherchait. Il avait réalisé une phrase. chaureau. Il avait confiance en sa péda-
gogie. Après je suivis les cours particu-
synthèse du vibrato populaire provoqué par C’est pourquoi, tu as commencé la trom-
liers avec Gérard Boulanger, ancien élève
la main qu’il avait entendu chez son père pette avec Robert Pichaureau, lui qui
du Conservatoire de Paris et trompettiste
et celui de son maître Sabarich venant du fuyait le « tu » ? de l’Orchestre Philharmonique de Radio
souffle et des lèvres. D’ailleurs dans un de Depuis mon plus jeune âge, j’écoutais mon France. Ensuite, mes parents m’inscri-
ses premiers enregistrements, rééditions père travailler la trompette. Il s’installait vent dans la classe de Roger Delmotte
Label ILD années Odéon 1956-1959, on dans la grande pièce, près de la piscine à Versailles. J’ai le souvenir d’avoir reçu
entend une simple mélodie “J’ai tant be- dans la maison de Presles en Brie. Il trou- de très bons conseils de M. Delmotte, de
soin de toi” qui pour moi comporte déjà vait que l’acoustique était bonne. Tout trompette comme sur l’avenir potentiel du
toute l’inspiration de mon père et son vi- petit, je passais des heures à l’écouter, musicien professionnel. Il m’a enseigné la
brato que l’on retrouvera avec sa trompette c’était merveilleux. C’était toujours très discipline de travail et il orientait les élè-
piccolo. bien interprété comme au concert. Il prati- ves sur les échéances à venir, les concours
Ce vibrato, était son supplément d’âme quait sans cesse. J’ai souhaité, c’est bien et les diplômes pédagogiques comme le
Il avait su doser entre un son droit, vibré normal, faire comme lui. D.E, nouveauté à l’époque.
ou chanté s’étant inspiré de cantatrices Dans la famille André, les hommes prati- Sur ses conseils, je me suis rapidement
comme Maria Callas ou Montserrat Ca- quaient la trompette. Mon grand père, mes convaincu que les diplômes de conserva-
ballé, des violoncellistes ou même pia- grands oncles, mon oncle Raymond, mon toires me seraient indispensables.
nistes pour le staccato. Il recherchait le frère ainé Lionel, les grands cousins… J’avais, bien sûr, à l’époque conscience
bon goût. Dans ses dernières master-class Alors, moi aussi, je demandais à jouer que la carrière de mon père était excep-
ou rencontres à la maison au Pays-Bas- de la trompette. Vers huit ans, mon père tionnelle et que lui seul pouvait la mener

Raymond, son frère et Nicolas, son fils

Victoire de la Musique
Une première pour un
trompettiste

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à ce niveau. Je sais très bien et depuis du conservatoire, devenus artistes. Ce qui grande phrase, c’était : « Peu, mais sou-
longtemps où est ma place de trompettis- m’impressionna et reste gravé dans ma vent ». Donc on jouait beaucoup. Il était
te. Ni trop haut, ni trop bas. Je ne voulais mémoire se sont les accords jazz de Claude infatigable mais savait se ménager. Il ac-
pas rivaliser avec mon père. Mais j’aimais Bolling qui accompagnaient au piano notre cordait beaucoup d’importance à la sono-
comme il jouait et j’aime la trompette. duo, mon père et moi, dans la démonstra- rité, aux articulations, attaques douces ou
C’est pourquoi après mon diplôme de fin tion des différentes sourdines. prononcées. Il m’avait accordé de jouer la
d’études à Versailles, j’ai suivi les cours au Plus tard, j’enregistrais avec mon père. piccolo vers mes 16 ans. Nous parlions
Conservatoire de Paris, dans la classe de As-tu enregistré avec ton frère Lionel ? très peu de matériel. Une embouchure me
Guy Touvron, fidèle ancien élève de mon Non. Lionel avait fait plusieurs concerts convenait, elle était adoptée et on n’en
père. avec mon père et participé à plusieurs en- changeait plus. 7 DW Bach, celle qu’il
Puis avec Eric Aubier, à Paris. Des jeunes registrements. Il appréciait la trompette jouait à l’époque.
professeurs, fut le seul, et je comprends mais son aventure personnelle il la vivait C’était le phrasé qui lui importait. Le vi-
les autres, qui parvint à parler à Nicolas en avec la montagne. Il enseignait la trom- brato à bon escient. Notre cheval de ba-
oubliant un peu André. pette au conservatoire du XIVème arrondis- taille fut rapidement le double de Vivaldi.
C’est compréhensible que l’enseignement sement et partait chaque fin de semaine
de la trompette fût ardu pour les ensei- Il fallait être dans la même dynamique.
courir dans les sommets enneigés. Il fit Nous avons répété de longues heures.
gnants puisque rapidement tu joues en plusieurs “premières” dont l’une au Népal
concert avec ton père. Il avait interprété les concertos baroques
puis les Alpes… Chacun connait la tragé- écrits pour hautbois. Conseillait-il ta sœur
La première fois, c’était lors des croisières die. Une salle porte son nom au Conserva-
Paquet sur le paquebot Mermoz, Festival Beatrice pour leur interprétation ?
toire du XIVème et également une voie des Non, en revanche, il lui demandait souvent
Musiques en mer. J’avais douze ans et mon
Drus dans le massif du Mont-Blanc. d’abandonner la technique de respiration
père me confia la troisième partie dans une
fanfare de Jean-Baptiste Lully. Mon frère propre aux hautboïstes, placée assez haut.
Ensuite, mon père, nous emmena en tour- Il aurait préféré qu’elle inspire comme le
Lionel à 17 ans était à la seconde. Nous
née en Allemagne ma sœur Béatrice au font les trompettistes plus profondément.
avons joué à plusieurs reprises lors des
hautbois et moi à la trompette jouer la Parfois, elle suivait ses conseils, à d’autres
escales dans les théâtres Gréco Romain à
troisième Suite de J.S. Bach. Nous étions moments elle se référait à ses très bons
Epidaure, en Turquie. Emu, je l’étais, mais
également dans l’insouciance de ma jeu- chacun accompagné de notre professeur, professeurs, Pierlot, Maisonneuve ou Ja-
nesse. Pour moi, rien de plus normal que Gérard Boulanger à la trompette et Pierre boulet.
de jouer en famille. Puis après j’ai parti- Pierlot au hautbois. Ce fut magnifique. La Il disait parfois prendre chez un collègue
cipé à quelques concerts avec mon père et musique de Bach nous apporta réconfort. ou un élève un détail de jeu, une liaison ou
Guy Touvron à l’âge de 14 ans. Comment ton père te faisait-il travailler ? un accent. L’as-tu inspiré ?
En 1988, je participai au deuxième Grand Ce n’est que vers l’âge de 20 ans que j’ai Je ne pense pas. Mon père prenait sur
échiquier. J’étais fasciné par l’ambiance considéré les choses autrement. Et nous scène beaucoup d’espace. Il débordait
du plateau de télévision. Je jouai à la trom- nous sommes mis à travailler sérieuse- d’énergie. Il avait une telle prestance face
pette en ré dans Stœtzel avec ses élèves ment. De l’écoute, encore de l’écoute. Sa au public, une telle vitalité. Je me suis mis

La famille réunie lors d’une escale du Mermoz


Lionel, Maurice, Nicolas et Béatrice

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dans son énergie. Cela m’allait très bien. Flaum, trombone et Bastien Stil au
D’ailleurs, mon père, parce qu’il était mon tuba.
père, était plus exigeant avec moi qu’avec Mon père me disait, tu vas multiplier
d’autres, donc… les problèmes par cinq. Mais j’aimais
En revanche, nos concerts et répétitions se cela et j’aime toujours le quintette. Je
passaient dans une ambiance chaleureuse joue actuellement en Espagne avec
et détendue. Nous étions en famille avec Vent de LLevant, un ensemble basé à
l’Ensemble orchestral de Normandie pen- Valence. Les espagnols sont très mo-
dant les grandes heures du trio Baroque tivés par cette formule et les compo-
en famille. siteurs écrivent régulièrement pour
Dans une interview pour La Gazette en notre formation. Mais je ne m’impli-
1996, il disait que tu avais une mémoire que plus dans la gestion de l’ensem-
de fer. ble. J’ai par ailleurs en Espagne où je
C’est vrai. C’est grâce aux cours d’Eric me suis installé de très nombreuses
Aubier qui m’a incité à apprendre par sollicitations pour jouer en orches-
cœur. tre, à Madrid, Valence, Bilbao… Je
J’espère qu’en concert je rassurais mon ne m’attendais pas à être introduit
père. Lui avait besoin d’avoir la partition, comme musicien d’orchestre lors de plaisir un accord favorable à leur présence
même des concertos qu’il maitrisait et con- mon installation. J’y suis très bien et je juste après le service officiel.
naissait par cœur. Je peux dire que chaque postule pour un poste de professeur. Mais En plus, René Caron a merveilleusement
ligne mélodique jouée en concert était actuellement avec la crise aucune création joué en duo de bugle avec Thierry Caens.
répétée et répétée. Son grand truc était n’est envisagée à très court terme. Guy Touvron, Bernard Soustrot, Eric Aubier,

“grandes
de répéter les andantes Sergueï Nakariakov… Mineo Sugiki venu
extrêmement lentement
et les passages rapides
Regret de ne pas avoir joué les spécialement du Japon… enfin, je ne peux
les tous citer, mais du fond du cœur je les
à fond. Il se méfiait des œuvres de Bach, com- remercie tous.
chefs d’orchestre pendant
le concert et se préparait me la messe en Si, l’Oratorio Après le dernier concert d’adieu, ton père
a-t-il encore joué ?
à toute éventualité.
Il se souvenait de l’enre-
ou le Magnificat... J’ai comme Le dernier concert public a eu lieu le 9 oc-
tobre 2008 à la Cathédrale St. Nazaire de
gistrement avec Herbert l’impression d’un manque de Béziers. Il avait 75 ans. Il aimait ce con-
van Karajan qui dans le
lento de Telemann prit un ne pas les avoir entendues à
““ tact avec le public mais il confia ce soir là,
que les notes se bousculaient dans sa tête,
tempo extrêmement lent.
Les phrases étaient ten-
ses côtés il était plus sage de s’arrêter là.
Après j’ai organisé chez lui des rencon-
dues à l’extrême, intermi- tres avec des trompettistes et musiciens
nables. Mais mon père me dit plus tard, souvent espagnols. Avec mon quintette,
Certains de ses anciens élèves, considè-
que les temps de repos étaient eux aussi nous venions régulièrement lui jouer notre
rent ton père comme leur père spirituel.
plus longs, cela compensait. programme et il nous donna des conseils
Comment as-tu vécu cette concurrence ?
Ton oncle, Raymond, précisait dernière- avant notre premier enregistrement. Quel-
D’abord très bien, car comme je l’ai dit,
ment que lorsqu’il partageait les tournées ques grands élèves vinrent assister à des
mon père m’a accordé comme trompettis-
avec lui, ton père s’arrêtait fréquemment te rapidement sa confiance. Bien sûr, mes master-class à domicile. C’était toujours
en forêt pour s’échauffer et se mettre en ainés jouaient mieux que moi. Ils étaient une joie pour lui de parler de musique et
condition. déjà des artistes. Je me souviens lors du se- de communiquer sa passion.
Il aimait jouer dans les bois. Jouer en cond grand échiquier être en sandwich en- Durant tout cette période où tu étais à ses
plein air était pour lui un plaisir et comme tre Guy Touvron, Bernard Soustrot, Thierry côtes sur scène, a-t-il parfois éprouvé de la
une nécessité. Il disait que quelque soit Caens… Tous m’ont toujours apporté leur fatigue des lèvres ?
l’acoustique de la salle ou de l’église, ce confiance et amitiés. Nous l’avons vu lors Une seule fois, je l’ai vu fatigué. Ce n’était
serait de toute manière moins dur que du concert à l’Eglise St Roch. Ils étaient pas sur scène mais après des séances
dans les bois ou la forêt. tous là pour rendre humblement hommage d’enregistrement des musiques écrites
Une anecdote ! Un matin avant une répéti- à mon père et à leur professeur. D’ailleurs, par Michel Legrand. C’était en 1997, aux
tion dans une salle de concert en Allema- j’ai été ému de voir également ses ainés studios Guillaume Tell à Paris, les séances
gne, en Bavière, il s’arrête dans une forêt comme Roger Delmotte, Pierre Pollin et étaient très longues et les parties écrites
vers 8 heures et commence à jouer. Quel- tant d’autres trompettistes qui n’ont pas par Michel Legrand effroyablement diffici-
ques minutes plus tard des chasseurs ar- été ses élèves comme Antoine Curé… les. Pour une fois, j’entendis mon père dire
rivent et l’insultent. Ces chasseurs étaient Et aussi quelques musiciens de la fanfare « Basta, on verra cela demain ».
à l’affût depuis plusieurs heures. En quel- de la Garde Républicaine qui, en tenue, Il aimait le mélange des genres et enregis-
ques envolées de trompette, il avait fait ont souhaité être présent en quatuor de trer Haydn ou une mélodie populaire avait
fuir le gibier. Il a bien ri. trompettes. Et pourtant le moment n’était le même sens de l’investissement pour
Avec qui jouais-tu, à part les concerts avec pas propice car c’était le jour de l’inves- lui.
ton père ? titure du nouveau président de la Répu- Quel souvenir garder ?
En 1996, avec un élève de la classe de blique. Heureusement, un des premiers Je l’ai dit, Maurice André restera le père de
Guy Touvron, Simon Fournier nous avons élèves de mon père au Conservatoire, René la trompette moderne mais aussi un trans-
formé un trio avec orgue. Puis, j’ai joué Caron, ancien soliste de l’orchestre de la metteur. C’est pourquoi je souhaite conser-
et géré un quintette de cuivres jusqu’en Garde a intercédé auprès du Général com- ver le concours International Maurice André
2001 avec le trompettiste Jean-Christo- mandant de la Garde. Le Général, sachant pour que les jeunes générations puissent
phe Vasord, Jérôme Flaum, cor, Emmanuel que c’était pour Maurice André donna avec continuer à se confronter fraternellement.
N° 22 II / 2012 > page 13
Facture instrumentale
contemporaine
La carrière de mon père a vraiment décollé après le Prix de Munich et
nous nous devons de conserver une compétition comme il l’avait dyna-
misée. En France et si possible avec le concours de la Ville de Paris.
Mais les temps sont durs et la Ville de Paris a multiplié les Concours
d’interprétation sans augmenter la subvention. Il nous faut donc trouver
des sponsors. Nous verrons quelle suite donner à ce projet et je reste
JoyKey… en discussion avec Claude Samuel, qui a été la pièce maitresse dans
l’organisation de ce concours. D’autres pistes sont à explorer.
Une clé d’eau révolutionnaire Un concours national de trompette, programmé par l’association Ellipse
à Alès porte également le nom de Maurice André. J’en suis cette année
le président du jury. Ce concours concerne trois catégories de jeunes
pour tous les cuivres ! répartis selon leur niveau. Il aura lieu du 16 au 18 novembre 2012.
Prochainement, un musée Maurice André présentera à Alès, dans les
locaux de l’école de musique, ses trompettes, embouchures, accessoi-
res, partitions, photos, pochettes de disques, sa lampe de mineur qu’il
affectionnait, ses diplômes (de la mine au conservatoire) et ses prix
internationaux. Et bien sûr l’écoute de ses interprétations.
As-tu un regret ?
Un de mes regrets, même si j’ai fait de très nombreux concerts avec
mon père, c’est de ne pas avoir joué les grandes œuvres de Bach, com-
me la messe en Si, l’oratorio ou le magnificat.
J’ai eu récemment l’occasion en Espagne de jouer des extraits de ce
répertoire et j’ai comme l’impression d’un manque de ne pas avoir en-
L’humidité s’accumule dans tous les cuivres tendu ses formidables parties de trompettes à ses côtés.
au niveau situé le plus bas. À cet endroit, le Quels sont les projets médiatiques ?
En février 2013, lors de la cérémonie des Victoires de la Musique Clas-
JoyKey® permet à l’eau de s’écouler, tout en sique dans le tout nouvel auditorium de Bordeaux, un hommage lui
jouant, continuellement hors de l’instrument. sera rendu avec l’Orchestre de Bordeaux Aquitaine et l’invitation des
quelques uns de ses anciens élèves et Sergei Nakariakov, Alison Balsom
et Romain Leleu. Egalement invitée, la jeune trompettiste française de
Le système permet de conserver une perce 13 ans, Lucienne Renaudin-Vary.
débarrassée en permanence de toute accumulation
de liquide (condensation, salive).

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N° 22 II / 2012 > page 14


En mai 2013, un rassemblement de 200 trompettistes sera or- Comment vois-tu les prochains concerts-hommages à ton père ?
ganisé par Eric Aubier à Alès avec Pacho Flores. Eric préparait Avec ma sœur Béatrice, nous souhaitons laisser passer un peu
discrètement cette opération pour fêter autour de lui les 80 ans de temps et maitriser si possible ces commémorations.
de papa. Cette fête sera en son honneur. Nous reprendrons l’année prochaine la formule « Baroque en Fa-
EMI prépare la sortie d’un coffret regroupant 10 CD qui retra- mille », trompette, hautbois et orgue avec notre ami, l’organiste
cent le répertoire exploré par mon père. C’est le président d’EMI Jean-Claude Françon.
France, Alain Lanceron qui en est l’initiateur et a trouvé le titre, L’une des premières prestations se fera dans le cadre très intime
« L’éternel Maurice André ». Jacques Chancel a écrit le texte de où notre père repose, dans le jardin du presbytère de l’église de
présentation et la sortie est prévue pour la fin de l’année. Saint-André-Capcèze, en terre lozérienne. Un retour aux raci-
Quelques inédits seront ainsi restitués notamment des duos nes de l’histoire de la famille puisque notre grand-père paternel
trompette et harpe, avec la harpiste Joëlle Bernard. Marcel-Jean y est né et a été baptisé dans cette petite commune
D’autres enregistrements inédits existent-ils ? cévenole.
Propos recueillis par Yves Rémy
Un seul à ma connaissance. Il s’agit de Performance pour trom-
pette et ensemble composé par son ami Jean-Michel Defaye.
Cela a été enregistré dans les années 1970. J’ai écouté plu-

D
sieurs fois la bande originale, c’est vraiment spectaculaire. Je
sais que mon père et Jean-Michel Defaye souhai- ans sa pédagogie Robert
taient en laisser témoignage. Mais cet enregis- Pichaureau avait l’habitude
trement n’est pas dans la collection EMI. Nous d’évoquer la silhouette trapue
verrons par la suite comment faire entendre cette du Gorille. En la comparant
musique inattendue. souvent à celle de Maurice
Pour l’anecdote, mon père me proposa un jour de André bien calé sur ses pieds enfoncé dans
sélectionner les meilleurs titres de ses en- “ses racines”.
registrements. Difficile. A la fin, Lionel André avait poussé le premier
je lui propose «retirons plutôt la porte de ce pédagoque qui l’aida à
ceux que tu n’aimes pas». surmonter quelques difficultés passagères.
Après trois ou quatre titre Il fut un fervent adepte du clinicien de la
recalés, la liste fut com- trompette.
plète. C’est tout naturellement que Maurice André
adresse son cadet, Nicolas à Robert.
Il assistait régulièrement au cours de
trompette «méthode Pichaureau» avec une
attention soutenue. il s’exclamait souvent :
«Robert, mais TU AS RAISON
C’EST TOUT A FAIT CELA.»

Dessin Jean-Michel Gruet


http://jmigruet.blogspot.fr

Maurice André
signa la préface du
“Traité méthodique de
Quintette pédagogie instrumentale” de
Michel Ricquier.
Vent de LLevant Éditions Billaudot

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Concert
Hommage
Église St Roch
Paris
15 mai 2012

Photos Michel Bonnet


Yves Rémy
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Maurice andré intime
Q
ue dire de MAURICE ANDRE Le lendemain matin, il nous a demandé aurait lui méritée le César et la Palme d’Or
sinon que pour nous, ses cousins, de téléphoner à cette dame pour lui de- de la bonté et de la générosité !
c’était un être exceptionnel ! mander d’ouvrir la fenêtre de sa chambre.
Il n’a jamais oublié d’où il venait, ce qui a Dès qu’elle s’est ouverte, Maurice a pris Mais heureusement ces qualités là, dans
fait de lui, durant toute sa vie un exemple sa trompette et lui a joué L’Ave Maria… la famille André, se transmettent de géné-
de bonté. rien que pour elle. ration en génération. Avant lui lorsque les
C’était ça MAURICE ANDRE ! enfants du village défilaient dans la mai-
Son seul regret, nous disait-il ; c’était que Moi, sa cousine, je pouvais lui deman- son familiale après avoir soufflé dans leur
son immense carrière internationale ne der ce que je voulais, tout était d’accord instrument pendant quelques heures sous
lui ai pas permis de venir aussi souvent d’avance, mais à la condition que le menu la houlette de Marcel, le papa de Maurice,
qu’il l’aurait voulu se ressourcer dans ses comporte une omelette aux cèpes, une impossible de quitter les lieux sans rece-
Cévennes qu’il aimait tant. Mais dans les daube de sanglier et des pélardons (fro- voir quelques bons gâteaux confectionnés
dernière années de sa carrière lorsqu’il mages de chèvres de nos Cévennes). par Fabienne la maman. Outre le fait
faisait des concerts avec ses enfants Béa- Là lorsqu’il mangeait, quelques fois des qu’il passait son temps à leur apprendre
trice, Nicolas et Jean-Claude Françon son larmes coulaient…. Ce retour aux sour- la musique gratuitement, il leur donnait
fidèle organiste, dès qu’il le pouvait, il ces, aux vraies valeurs était pour lui iné- aussi son charbon (à cette époque, les mi-
venait passer quelques jours chez nous
galable. neurs recevaient gratuitement du charbon
à Saint-André-Capcèze. Et là, sur la ter-
Pour lui la famille, c’était quelque chose pour se chauffer).
rasse de la maison qui domine le petit vil-
de sacré ! Et maintenant, c’est Béatrice et Nicolas
lage, il jouait pour tous les habitants qui
On l’a vue, à plusieurs reprises, au diner qui ont reçu en héritage cette bonté et
n’avaient hélas pas la possibilité de venir
après un concert demander d’enlever de cette générosité !
l’écouter en concert.
A l’issue d’une soirée qu’il a donnée à Vil- sa table des couverts de personnalités
lefort, chef-lieu de notre canton, le pour y mettre les nôtres. A ses yeux nous Nous ses cousins, nous sommes fiers
Maire de Saint-André-Capcèze est venu étions plus important que quiconque. d’appartenir à cette Famille qui a un cœur
lui dire que sa maman souffrante n’avait Le cinéma récompense les acteurs par un gros comme ça !
pas pu venir l’écouter. Il lui demanda quel César et à Cannes la Palme d’Or est décer-
était son morceau favori. L’Ave Maria ! née au meilleur film… MAURICE ANDRE Christiane et Jean Polge

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Maurice André
et la facture des petits

Les rencontres de Maurice André


avec la facture des petits cuivres.
Une histoire dont on ne fera pas le tour.
En 1947, son père offre à Maurice André un vieux cornet Couesnon. Son premier profes-
seur, Monsieur Barthélémy le fit passer directement à la trompette, une trompette Auber-
tin. Elle le mènera aux portes du Conservatoire de Paris.
Mais Raymond Sabarich, après l’avoir auditionné, le pré-
sente au concours d’entrée dans sa classe de cornet à
pistons. Maurice achète un cornet Selmer avec lequel
il obtient un premier prix et prix d’honneur de cornet en
juin 1952. Ensuite pour la classe de trompette, comme
les autres élèves de Raymond Sabarich, Maurice utilise
une trompette Selmer. Pour le métier, il restera fidèle à
son Aubertin de petite perce “le mi bémol médium était
impeccable, le mi bécarre juste, le ré grave n’avait pas

A partir de 1955-56, Maurice s’intéresse aux Ses collaborations avec


Selmer, Stomvi, Couesnon...
exploits d’Adolf Scherbaum sur la trompette
piccolo Scherzer.

O
Pierre Pollin se souvient qu’il avait incité Mau- utre cette historique trompette piccolo si bé-
rice André à jouer de la petite trompette, la mol/la (modèle 4 pistons 360BL), la collabo-
piccolo. A l’époque, pour les œuvres de Bach, ration de Maurice André avec Selmer a donné
les trompettistes jouaient la trompette en ré. la série Radial (1968-78) avec des pistons disposés
Maurice pour la messe en Si, entre autres, en V (notamment mi bémol/ré 360E, et ut ou si bémol) et une embouchure de trom-
préférait le petit bugle mib. Pierre Pollin lui pette à bords asymétriques (1979).
dit : «Si il y en a un parmi nous capable de Michel Wykrykacz, chargé des prototypes chez Selmer (1955-78) se souvient : «Mau-
manier cette petite trompette, c’est toi Mau- rice André était extrêmement impliqué dans la fabrication, non seulement pour amé-
rice ». Il sut se laisser convaincre et Pierre liorer le son et l’ergonomie, mais parce que lui-même adorait bricoler».
Pollin lui donna la possibilité de jouer pour la Maurice passait le matin rue Myrrha pour des essais. Il a beaucoup travaillé sur les
première fois le 2ème concerto Brandebour- branches d’embouchure.
geois au Théâtre de Rouen. En 1981, Selmer transfert tout l’ate-
lier des cuivres à Mantes et la majorité
Comme l’a confirmé Roger Delmotte, c’est des employés décide de ne pas suivre.
Arthur Haneuse qui a vendu à Maurice une Une page Selmer est tournée.
trompette piccolo Scherzer. Reste une énigme Couesnon. Avant
Un projet de trompette piccolo à trois pistons 1979, lorsque la firme se portait
est en chantier chez Selmer d’abord avec encore bien, le PDG de l’époque a
l’aide de Sabarich. C’est une raison pour lancé la série limitée, avec l’accord
laquelle, Raymond Sabarich envoie Maurice commercial de l’intéressé, d’une
chez Selmer. La collaboration durera 19 ans trompette mi bémol intitulée «modèle
(1958-1977). Maurice André».
C’est cet instrument Scherzer (et non pas A partir de 1981, Maurice André aime
une Couesnon !) qui lui sert de prototype de plus en plus jouer du bugle, sur
pour créer la légendaire trompette piccolo lequel il développera une incroyable
Selmer. Maurice lui-même l’indique à la tessiture et une grande beauté de tim-
page 52 de son autobiographie. L’instrument bre. En mai 1982, lors d’une séance
est au point en 1959, et n’a que trois pis- qu’il produit chez RCA, trompette et
tons. C’est en 1967 que Maurice fait ajouter or (34), il joue le bugle Millereau de
le 4ème piston pour étendre le registre grave. Loulou Vezant fils, engagé dans l’or-
Grâce à Maurice, ce modèle court, fera le chestre d’accompagnement. En avril
tour du monde. 1982, il joue aussi, pour la télévision,
Un autre rôle historique de Maurice est la Pavane pour une infante défunte
d’avoir introduit l’enseignement de la trom- de Ravel au corno da caccia, ainsi
pette piccolo au Conservatoire de Paris. qu’une chanson napolitaine !

N° 22 II / 2012 > page 18


cuivres
Fin 1982, Maurice André sollicite Toshi Kameyama,
cadre chez Yamaha, pour qu’il lui réalise une embou-
chure à bord dévissable unique adaptable à divers des-
sous.
Jusque là, Maurice André jouait une embouchure dif-
férente selon l’instrument : trompettes piccolo, sol, mi
b, ut, si b, cornet et bugle. Kameyama s’est
inspiré de son embouchure de piccolo
dont Maurice avait lui-même abrasé
le bord en le frottant sur une toile
d’émeri posée à plat sur une table,
pour le rendre plus plat. Maurice André a hésité à racheter la maison Aubertin.
En 1987, Maurice André s’exerce au
buzz avec le BERP, son embouchure
modifiée est en photo dans le Brass Ses embouchures
Bulletin n°67. Maurice André a utilisé l’embouchure 12 ½ (à ses débuts), « Fo-
veau » n°3 de Couesnon (années d’études au CNSMP) et durant
De 1992 à 1995, Maurice André conseille le fac- sa période Selmer, des embouchures V. Bach 1 ½ C (pour les si
teur espagnol Stomvi de Valence (branche de l’entreprise Honiba bémol, ut, mi bémol/ré) et 7 DW (pour la trompette piccolo) ainsi
S.A.). C’est lors d’un concert à Bourges que Maurice présente que la Selmer 1 (pour le Brandebourgeois). En 1972, Maurice
la Stomvi en mi bémol qu’il faisait sonner admirablement. La André aurait joué une embouchure Rudy Mück 7E. Puis, il a joué
même année sort la piccolo Stomvi modèle Elite qui s’inspire de des embouchures Thein, V. Bach 7D (2), Yamaha (copies de 1 ½
la Schilke P5-4. En 1994, toute une gamme Stomvi associée au C et 7 DW) et Stomvi (bords asymétriques, le plus épais (2 mm)
nom de Maurice André est disponible : trompette en si b, en ut, était posé sur la lèvre supérieure).
en ré/mi b, en mi/fa/sol, piccolo en la/si b, bugle et cornet (série En fait, pour la piccolo (son instrument de prédilection) il a utilisé
Master). Maurice André qui avait depuis longtemps l’idée d’une une multitude d’embouchures : non seulement Bach, Selmer, Ya-
embouchure en pièces détachées a parrainé Stomvi pour son con- maha-Kameyama, mais aussi EM Winston, Getzen Eterna, Benge
cept d’ «embouchure à la carte» (Stomvi-Combi). 4P, Schilke P5-4, Besson, Kansrul, B&S Chal-
Il s’agit d’un écrin qui comprend trois éléments de
lenger et Courtois.
base:
1/ deux queues (standard et piccolo/cornet)
Reste à signaler son affection pour la gamme
2/ sept cuvettes de profondeur différentes
de trompettes V. Bach Stradivarius : «plusieurs
3/ un bord
«Nous sommes d’ailleurs reconnaissants à Maurice trompettes de Bach qui sont les meilleures du
André de nous avoir patiemment guidé grâce à son monde, dont celle en ut, mi b et ré» (autobio-
immense expérience et à sa formidable maîtrise du graphie).
son» (Vicente Roncero, 1994, Brass Bulletin n°87).
Mais Maurice André a déclaré en mai 2008 : «j’ai été Lors de la dernière rencontre, en novembre
déçu, voila une quinzaine d’années, par l’attitude de 2011, qu’il accorda à Michel Laplace, il
la firme espagnole que j’avais contribué à lancer». y avait sur son bureau un bugle Courtois
et une trompette V. Bach en ut “elle m’a
En 1994, Maurice André se prête à l’élaboration rendu beaucoup de services !” ainsi qu’une
et la commercialisation d’une série d’instruments de embouchure Stomvi de bugle avec un
parade manufacturé par la Société Couesnon (Châ- adaptateur pour la branche de trompette…
teau-Thierry) clairons, trompettes de cavalerie, cors
et trompettes naturelles. Ce qui n’est pas sans aider la Le moins qu’on puisse dire c’est que la facture
résurrection de l’historique fabriquant de cuivres. des cuivres n’a pas laissé Maurice André indifférent !

En 1994, Maurice André a aussi conçu


une sourdine polyvalente (la multimute) qu’il
produit lui-même («Création Maurice André»
à Presles en Brie), tout comme une gamme
“malle à portée” (ensemble d’étuis et acces-
soires) dessinée par Jean Vier.
La sourdine conçue par Maurice André en
comprend cinq en une, grâce à un concept
d’assemblage : sourdine sèche, muette, bol,
velours et plunger.
En dehors du cornet Selmer, des trompettes
Selmer (K-modified, Radial) et de la trompette
petite perce Aubertin, Maurice André a joué
la trompette mi bémol Schilke (en 1985), la
trompette piccolo Yamaha (en 1992).
N° 22 II / 2012 > page 19
Discographie
Les Incontournables
L
orsqu’en 1952, on demande à Roger
Delmotte d’enregistrer le Concerto
P75 de Vivaldi, Raymond Sabarich lui
conseille de prendre son jeune élève
(19 ans !), Maurice André. Ces deux artistes
essentiels à l’histoire de la trompette enre-
gistrent en première mondiale cette œuvre
importante (45 rpm, label Symphonium). Ils
jouent la trompette en ut !
C’est le premier disque de cette œuvre. Ils la
réenregistreront chacun de leur côté. Roger
Delmotte l’année même avec Albert Adriano
(Contrepoint/Mode). Maurice André à partir
de 1958 (deux versions) avec Marcel Lagorce
(Erato et Musidisc).

T rès tôt, Maurice André enregistre pour la


première fois en duo trompette et orgue :
«j’ai enregistré le récital trompette et orgue,
Le célèbre tandem Maurice André et Marie-
Claire Alain a joué partout dès 1970 (à Haar-
lem-Hollande, ils ont été filmés). En 1971,
avec Pierre Cochereau,… vers 1958, un en- Maurice reçoit le prix Edison Classique.
registrement qui nous a causé bien des sou- Si Maurice André fut hostile à une certaine
cis, on n’arrivait pas à s’accorder, l’orgue de «musique contemporaine», il aimait des
Notre-Dame étant trop bas. Ce disque s’est «musiques modernes» comme celles de Jo-
très bien vendu» (1972, Diapason). livet et de Tomasi à qui il a commandé des
œuvres nouvelles. Pour trompette et orgue,
Et 1958 est un tournant esthétique chez il y eut Semaine Sainte à Cuzco de Tomasi
Maurice. Cette année là, chez Erato, il et Arioso Barocco de Jolivet (1971). Puis
enregistre deux transcriptions qui vont Jolivet lui dédie Heptade pour trompette et
s’imposer dans le répertoire grâce à lui : un percussions (1972).
Concerto de Tartini et un autre de Stoelzel.
Mais surtout, à partir de là, Maurice André a Anecdote, Maurice André enregistre au cor,
trouvé les caractéristiques de son style (qui aux côtés de Robert Tassin (2ème cor), le 1er
bien sûrs évolueront un peu dans le temps). Concerto Brandebourgeois de Bach avec
A partir de 1963, il devient très demandé Jean-François Paillard (Erato). En 1973, re-
pour les Cantates de Bach et par des chefs tour aux sources, Maurice reprend sa trom-
comme Karl Ristenpart (1964, Magnificat pette Aubertin pour enregistrer Légende
avec Louis Menardi et Charles DeAntoni), d’Enesco et Sonate de Jean Hubeau avec le
Karl Münchinger (dont une version filmée compositeur au piano (Erato).
du Concerto de Haydn), Karl Richter (à Cette année là, il enregistre un beau duo de
partir de 1964).
trompette transcrit d’un Aria de la Cantate
BWV 78 de Bach avec son fils trompettiste
Parmi ses disques historiques, il y a en
1964 sa version du Concertino et du 2ème Lionel André (1959-1988).
Concerto de Jolivet (dirigée par le composi-
teur), le Concerto de Tomasi, puis en 1965, En 1974, Maurice André enregistre un pre-
le Concerto de Hummel. Un de ses succès mier album chez EMI avec le Philharmoni-
en disque est la Suite pour flûte en si mi- que de Berlin dirigé par Herbert von Karajan
neur de Bach (enregistré en 1969) : «Je la (Hummel, Léopold Mozart).
travaillais depuis 3 ou 4 ans comme exer-
cice, et puis un jour l’idée m’est venue de A partir de 1977, Maurice enregistrera plus
l’enregistrer… et Erato a accepté ma propo- régulièrement pour EMI. Les disques EMI
sition» (1972, Diapason). de Maurice André représentent une matu-
rité dans la maîtrise technique et l’expres-
sivité artistique qu’il recherchait et qui l’ont
amené à ré-enregistrer des œuvres qui ont
marqué sa carrière. Une excellente sélection
en 6 CDs a été éditée sous le titre les 100
Chefs-d’œuvre de la trompette (EMI Classics
377 926 2).

En 2005, Maurice a réalisé son dernier dis-


que à la cathédrale d’Alès avec ses enfants,
Nicolas et Béatrice, et l’organiste Jean-
Claude Françon.

N° 22 II / 2012 > page 20


Sélection d’enregistrements historiques et de référence

-Roger Delmotte, Maurice André (tp), -Maurice André (tp),


Collegium Musicum of Paris Concerts Lamoureux Orchestra
cond. by Roland Douatte. cond. by J.B. Mari.
Paris, 1952 45CL7 - Concerto P75 (Vivaldi) 1965
Symphonium (45rpm) 1107 Concerto en mi majeur (Hummel)
Erato 3368, 50268, 70268, 70372, 70439
-Maurice André (tp),
Electrola 95056,
P. Pierlot, J. Chambon (oboes),
Sarrebrück Chamber Orchestra Musical Heritage Soc 746
cond. by Karl Ristenpart. Erato 2564 69066-6 (6 CD)
1958
Concerto (Stoelzel) (Tartini) -Maurice André interprète J.S. Bach
Erato 70290, 3390, 50290, Maurice André (tp), Fernandez (vln),
Electrola 95061 Jean-François Paillard Orchestra.
Musical Heritage Soc 755 1969
Concerto pour tp, 2 hb, cordes (Telemann) Suite no2, BWV1067 (Bach) Erato 70511
Club Français du Disque 1156 -Maurice André (tp), Hedwig Bilgram (org).
Nonesuch 1132, 71132, Germany, 1971
Countrepoint 612, 5612 Semaine Sainte à Cuzco (Tomasi)
Sonata (Genzmer)
-Maurice André (tp), Pierre Cochereau (org).
Erato 70689
Paris, Notre Dame, 1958, (P)1962-3,
1965 Arioso Barocco (Jolivet)
Choral BWV 721 & 727 (Bach) Erato 70689, 70691
Philips 6517002
-Maurice André (tp), Sylvio Gualda (perc).
-Six Brandenburg Concerti Paris, 1972
Maurice André (tp), Pierlot (ob), Redel (fl), Heptade (Jolivet)
Barchet (vln), Munich Pro Arte Orchestra Erato 70691
cond. by Kurt Redel.
1-6 May 1962 -Maurice André (tp), ORTF National Orchestra
2d Brandenburg Concerto (Bach) cond. by Maurice Suzan.
Erato LDE3229/30, 50129/30,70130, 1972
EFM 8017
Concerto (Arutyunyan)
Christophorus 70307, 70308
Concerto (Planel)
-Jean Cocteau (speaker), Peter Ustinov (the Concerto (Zbinden)
devil), J.M. Fetey (the soldier), Maurice
Erato 70714
André (cnt), Roland Schnorhk (tb), Ulysse
Delécluse (cl), Hury Heberts (bsn), Manoring
Parekian (vln), Jo Gut (b), Charles Peschier -Maurice André (tp), Jean Hubeau (p).
(perc) cond. by Igor Markevitch. 1973
Vevey, October 1962 Sonata (Hindemith)
Histoire du Soldat (Stravinsky) Legende (Enesco)
Philips 2306, 835181, 6500321 Intrada (Honegger)
Philips (US) 500046, 900046 Sonata (Hubeau)
Erato 70730
-Maurice André (tp), Jean-François Paillard
Orchestra. -Maurice André (tp), Monte-Carlo National Opera
1963 Orchestra cond. by Marc Soustrot.
Concerto (J. Haydn) Monte-Carlo, June 1977
Erato 3261, 50161, 70161, 70371,
Flûte Enchantée, KV 620 :
EFM 18018
Christophorus 75796, 75797, -Air de la reine de la nuit no14, acte 2
Musical Heritage 533 -Air de la reine de la nuit no4, acte 1
Erato 2564 69066-6 (6 CD) (WA Mozart)
Casta diva, che inargenti, Norma (Bellini)
-Maurice André (tp), Annie d’Arco (p), René Lakmé (Delibes)
Allain (tb), Concerts Lamoureux Orchestra Erato 71132
cond. by André Jolivet. 1964
Concertino (Jolivet) -Maurice André (tp), Jane Parker-Smith (org)
Erato 3301, 50201, 70201, 70691 (P) 1978
Westminster 19118, 17118 Adagio (Albinoni-Giazotto)
Second Concerto (Jolivet) Ave Maria (Schubert)
Erato LDE 3301, 50201
HMV ASD 3453, C06902954
Erato 70201, 70691, 70439, 70363
Note : Maurice André aimait bien cette version de l’Adagio
Westminster (US) 19118, 17118
attribué à Albinoni.
-Maurice André (tp), Jean-François Paillard
Orchestra -Maurice André plays
1964 Bach, Haydn, Telemann & Torelli
Concerto (M Haydn) Maurice André (tp),
Erato Musical Heritage Soc 720
Philharmonia Orchestra
Erato 2564 69066-6 (6 CD)
cond. by Riccardo Muti.
-Maurice André (tp), Luxemburg Radio 1985, reissued 25 Oct 1990
Chamber Orchestra cond. by Louis de 2d Brandenburg Concerto (°)
Froment. EMI 7473112
1964
Concerto (Chaynes) - (Tomasi) Note : (°) version préférée de Maurice André (avec Warren
Erato 3327, 50227, 7022 Green, Gordon Hunt, Kenneth Smith, Leslie Pearson).
Musical Heritage Soc 829

N° 22 II / 2012 > page 21


Discographie
C’EST SI BON…

R
ien n’est plus difficile que d’établir une discographie de Maurice André.
Non seulement l’artiste a été très sollicité, mais ses disques ont été édités,
réédités, compilés, etc sous des titres les plus variés…
Le plus souvent sans précision de la date d’enregistrement, ni précision de
personnel. Sans chercher à être exhaustif, nous avons regroupé certains disques
de Maurice André qui illustrent un domaine de son activité. S’il a donné des
lettres de noblesse à la trompette, il tenait aussi à ce qu’elle reste populaire.

Georges Jouvin et Maurice André


Amicale Concurrence
Georges Jouvin, élève de la classe d’Eugène Foveau au Conservatoire de
Paris, aîné de 10 ans de Maurice André, installe en France après guerre,
sur scène comme sur disque, le style de la trompette de charme. Georges
Jouvin animera des milliers de bals populaires avec ses orchestres de dan-
ses et sera avant Maurice André celui qui provoquera le plus de vocations
à la trompette.
Maurice André réservera davantage les airs populaires et de charme à
l’enregistrement, jouant sur scène les baroques et les grands classiques.

N° 22 II / 2012 > page 22


Sélection d’enregistrements de divertissement de Maurice André

La Grande
Variété

Maurice André
n’a pas seulement eu des dispositions
Sabarich lui conseille de jouer quelques
mois durant l’été 1953 au Cirque Médra-
Merle & Pinson, Myrto, des airs de
bravoures comme Hora Staccato et
exceptionnelles immédiatement encou- no. Avec les trois séances journalières, il des arrangements jazz, Summertime,
ragées par ses professeurs, Léon Barthé- développe sa résistance légendaire. Caravan, The Man I Love… (1956-59,
lémy à Nimes puis Raymond Sabarich Le prodigieux trompettiste – les années
au Conservatoire de Paris. Il s’est donné Une anecdote : Arthur Haneuse lui pro- Odéon. Ild 690) (www.ild.tm.fr).
l’expérience du métier en jouant dans pose un enregistrement radiophonique
tous les genres, dans toutes les situa- du Concertino de Jolivet. Maurice ac- Il perpétue à l’instar de Georges Jouvin
tions. cepte à condition de le réaliser durant ou de Fred Gérard la trompette de di-
la pause entre la deuxième matinée et la vertissement lancée dans les années 40
Maurice André vient d’un milieu popu- soirée au Cirque Médrano. par Aimé Barelli et enregistre également
laire, il a débuté dans les harmonies Ce qui fut fait ! pour Barclay.
des mines d’Alès et de Salindres et les Cette expérience acquise dans le «mé-
orchestres de bal populaire. Dès 1948, Il accompagne ensuite les chanteurs tier» lui permettra d’aborder la musique
Maurice André joue les succès «swing» Luis Mariano, Tino Rossi, Edith Piaf, puis moderne comme le 2ème Concerto et
du moment dans l’orchestre Les Trou- Henri Salvador au Théâtre de l’étoile. Heptade pour trompette et percussion
badours de l’accordéoniste Frédo. En En parallèle, il alterne entre les propo- de Jolivet avec une aisance inégalée et
1949, son premier cachet important à sitions classiques et place d’orchestre un sens de l’interprétation qui implique
Canaules est de 100 F. symphonique ses entrées dans le monde la connaissance du style jazz. Il aimait
Monté à Paris, dès 1950, il s’engage de la variété. souligner que Jolivet et Tomasi citaient
dans la musique du 8ème Régiment de Louis Armstrong comme référence !
Transmissions dirigée par MM. Fidèle En 1955, il participe à l’enregistrement
et Mersenne au Mont Valérien et suit en avec l’orchestre de Guy Luypaerts de la Il enregistre pour les musiques de film
parallèle les études au Conservatoire de célèbre chanson de Charles Trenet, Na- et nous retiendrons le long passage de
Paris. tionale 7. Il y joue le cornet. la Cavatine (Éditions Mondialmusic)
signée Michel Legrand et Francis
Il commence à faire le métier en jouant En 1956, il donne à Vichy la création Lemarque pour le film Le Cave se
pour Wal-Berg aux côtés de Louis Me- du Concertino de Raymond Loucheur rebiffe de Gilles Grangier avec Jean
nardi, Alphonse Cox et Georges Jouvin. avec l’orchestre philharmonique de la Gabin et Bernard Blier (1961).
En 1952, il remplace Michel Decourriè- RTF dirigé par Louis de Froment. La A l’époque, il joue encore régulièrement
re au club Nouvelle Eve. Louis Vezant le même année, il est sous contrat chez sa trompette fétiche, une Aubertin.
fait entrer dans l’orchestre de Guy Luy- Odéon pour l’enregistrement de
paerts. disques de divertissement : des polkas, Il découvre les enregistrements de son
N° 22 II / 2012 > page 23
Discographie

modèle, Adolf Scherbaum qui vient


d’enregistrer à la petite trompette en Dès 1980, la popularité s’installe grâce aux émis-
1955 Le Magnificat de J.S. Bach et sions TV (Grand Echiquier de Jacques Chancel) et les
en 1956 le 2ème Concerto Brande- animations de Jacques Martin. Il s’y exprime souvent
bourgeois. dans le genre cross over (dont il fut un pionnier en
Pour la musique de divertissement, disque dès 1961) soit avec Claude Bolling, soit avec
il intègre petit à petit cette piccolo. le trio Bob Quibel. La Toot Suite que lui dédie Claude
André Carradot, corniste à l’orches- Bolling s’inscrit durablement dans le répertoire.
tre de la Garde Républicaine et sur- Le second Grand Echiquier, diffusé le 28 octobre
tout chef d’orchestre, connu également sous le pseudo de 1987 consacre Maurice André et sa trompette. Quelle soit
Jack Nilson arrange et compose pour Maurice André. On lui classique ou de divertissement comme ce clin d’œil de Fran-
doit notamment Ballade pour une Trompette ou le titre très çois Rauber sur le thème de Trumpet Voluntary de Jeremiah
jazzy Swanee dans lequel un passage est joué à la piccolo. Il Clarke, pour orchestre et big band. Maurice André en profite
adapte également pour trompette le Concerto d’Aranjuez. pour interpréter les mélodies populaires chères à son cœur et
qu’il n’a pas l’occasion de jouer lors de ces tournées de con-
En 1963, année de son formidable grand prix de Munich, certs (trompette et orgue ou avec orchestre).
Maurice André participe le 31 mars en tant que soliste à un
Festival Gershwin donné Salle Pleyel avec l’association des Dans les années 1990, Maurice André retrouve les studios
Concerts Lamoureux. Il interprète le Concerto en Fa, Porgy and pour graver quelques mélodies célèbres -Musiques de Kiosque
Bess (grande suite symphonique), Un Américain à Paris. - en 1992 avec son fils Nicolas et l’Orchestre de la Garde
Puis Salle Wagram à Paris à une séance d’enregistrement pour Républicaine dirigé par Roger Boutry, puis avec sa fille Béa-
Duke Ellington aux côtés de Louis Mellardi et Alex Caturegli. trice au hautbois et Nicolas pour interpréter les standards de
Gershwin en 1995.
A partir de l’année 1963, sa carrière de soliste classique prend
son envol. Sortie du disque avec Michel Legrand - enregistré en février
Maurice André joue de plus en plus la trompette piccolo bien 1997pour EMI avec « improvisations » simulées.
sûr pour les grandes œuvres de Bach et notamment le Bran- Maurice André simple spectateur au concert de big bands au
debourgeois mais aussi dans le registre de musique de diver- festival Jazz in Marciac de 1998, Michel Laplace se souvient
tissement. «J’ai pu, une fois encore, mesurer l’ampleur de l’affection que
Pour l’indicatif de l’émission de télévision Discorama de De- ses confrères américains lui témoignaient. Lorsque nous som-
nise Glazer, il enregistre à la piccolo une adaptation signée mes allés dans les loges
Jean-Michel Defaye avec section rythmique jazz de la chanson pour que je lui présente
J’ai du bon tabac d’après Michel Corrrette. Roy Hargrove (très sur-
pris !) dont il aimait la
L’édition en 1971 de Trompettissimo chez Erato sera un grand sonorité de bugle, tous
succès. Jean-Michel Defaye a arrangé diverses œuvres de Bach les jeunes de la Duke El-
et Vivaldi. lington School of the Arts
Dans cette même période, Jean-Michel Defaye écrit pour Mau- comme ses collègues du
rice André, Performance, pour trompette ut et trompette sib Vanguard Jazz Orchestra
aiguë et orchestre. D’une durée d’environ 20 mn, cette pièce (Glenn Drewes en parti-
porte bien son nom et ceux qui ont eu le loisir d’entendre l’en- culier) se sont rués sur
registrement sont époustouflés par l’aisance du grand maître. lui d’admiration !».
Un passage classique-jazz à la piccolo a été voulu par Jean-
Michel Defaye. Cet enregistrement inédit n’a toujours pas été Depuis toujours, Maurice
diffusé, au grand dam de l’interprète principal et du composi- a manifesté beaucoup
teur. La partition est éditée aux Editions Leduc. d’intérêt et de respect pour la trompette jazz.
Avec l’Orchestre Jean-Michel Defaye, sort en 1978, le fameux “J’ai beaucoup écouté Harry James. Il était très bon, mais se
disque avec Le canari succès démonstratif de Maynard Fergu- servir de ce vibrato pour la musique classique, non ! ». «J’aime
son que Maurice André reprend. Il y pousse des bi-contre-mi Dizzy Gillespie, et Clark Terry. Je pense que Doc Severinsen
à «plein tube» avec une grosse trompette sib. Il précise : “On est excellent et je suis un admirateur de Bill Chase” (interview
peut le faire dans le classique aussi, le super-aigu, ce n’est de Jeffrey Silberschlag, 1986).
pas ce qui m’épate le plus, franchement”

N° 22 II / 2012 > page 24


-Charles Trenet (voc), -Du Musette …au champêtre
Guy Luypaerts Orchestra, Maurice André (cnt), Orch. André Carradot
incl. Maurice André (solo cnt). Perles de Cristal ; Les Triolets
Paris, 1955 Puina des as ; Les drilles en trilles
7TCL568 - Route Nationale 7 Barclay 72 629
Pathé (45)ESRF 1079
-Trompette Hors-Série,
-Maurice André et Marcel Lagorce Pierre-Marcel Ondher
à la Guinguette
présente Maurice André (tp, cnt),
Maurice André, Marcel Lagorce° (tp),
Orchestre, cond. by Jacques Nilson ; André
Orchestra cond. by Jacques Mas
Carradot (arr). Paris, c1957
Paris, 1956
Carnaval de Venise (Benedict-Carradot)
Pierre et Pierrett (G. Allier)°
(mx7 ARE 1019 21/M3 1904 27) Ballade pour une Trompette (Carradot)
Merle et Pinson (J. Reynaud)° Good Night Mister Johnny (Carradot)
(mx7 ARE 1019 21/M3 1904 27)(°) Katrina (Carradot)
Coucou Polka (J. Mas)° Kiss Me (Carradot)
(mx7 ARE 1020 21/M3 1904 28) Liliana (Carradot)
Polichinelle (Busoni) (mx7 ARE 1020 21/M3 1904 28) La Tyrolienne, variations (Carradot)
Odéon (45rpm) 7 SOE 3363 Hora Staccato (Dinicu-Heifetz)
Note : (°) “Les Années Odéon”, Ild EAN Cavaquinho-Samba (Nazareth)
335115642300 Air Varié (Richard-André)
Le Vol du Bourdon (Rimsky-Korsakov-Carradot)
-Maurice André & son Orchestre La Truite (Schubert)
Arr. Pierre Guillermin Barclay BB94SS, 82 387
Paris, 1956 EMI 5099976.916427.
Come Prima (°)
Un certain sourire (°) -Les années Odéons
Plus je t’aime (°) ; Venticello di Roma (°) Paris, 1958-1959
Odéon (45rpm) 7 SOS 3396 Vénus ; La chanson d’Orphée
(°) Ild EAN 335115642300 Roulette : Bam-Bam-Bam
Ciao Ciao Bambina Milord : Je te tiendrai les bras
La marche des copains J’ai tant besoin de toi
Oui, oui, oui ; Nous deux
Bons baisers, à bientôt
Odéon (45rpm) 7 SOS 3447
Ild EAN 335115642300
-Le Prodigieux Trompettiste (**)
-ça c’est de la trompette -Maurice André,
Maurice André (tp, cnt), (studio) Orchestra Sa Trompette et les Grandes Orgues
Jean Faustin (Faustin Jeanjean) Maurice André (tp re-recording), with (1)
Paris, 1956 (+), 1957 (++), reissued c1961 org, b, dm ; (2) studio orchestra.
Rhapsody in Blue (Gershwin) Paris, c1961
Divertissement from Concerto in F (Gershwin) Ave Maria (Schubert, arr Defaye) (a, b)
Un Americain à Paris (Gershwin) Ave Maria (Gounod, arr Defaye) (a, b)
Summertime (Gershwin) (+) (**) (°) Largo, Xerxes (Haendel, arr Defaye) (a, b)
Serenata (Anderson) (°) Gloria in Excelsis déo (Haendel) (a, b)
Caravan (Tizol-Ellington) (°) Adagio, New World Symphony (Dvorak) (b)
The Man I Love (Gershwin) (°) Adagio (att. Albinoni) (b)
Vol du Bourdon (Rimsky-Korsakov) (*) (**) (+) (°) Magnificat anima mea (Bach) (1) (a, b)
Hora Staccato (Dinicu-Heifetz) (+) (**) (°) Mass in B : La résurrection (Bach) (1) (a, b)
Granada (Lecuona) (°) Allegro, Concerto P75, 1st mvt (Vivaldi) (1) (a,b)
Carnaval de Venise (Arban-Petit) (+) (**) (°) Adagio, Concerto Quattro (Telemann) (1) (a, b)
Les Feuilles Mortes (Kosma) (°) La Cavatine, Barbier de Seville (Rossini) (2) (a, b)
Myrto (Petit) (++) (**) (°) La Cavatine, Le cave se rebiffe (M. Legrand) (2)(a)
Odéon 0S 1104/CBS 52019, (cassette) 4053193 A coeur joie (Marchat) (2) (a)
(*) CBS cassette 4053211 (a) Polydor 657014, (b) Triumph 2472023
(°) Ild CD EAN 335115642300
Madeleine (Petit) (++)
-Trompette pour danser
Hylda (Reynaud) (++) (**)
Maurice André (tp), Jacques Denjean Or-
Eva (Petit) (++)
chestra : poss. incl. Denjean (p), Paul Pigui-
Odéon (45rpm) 3144
lem (g), René Nan (dm). Paris, c1961-2
-Les Joyeux Fanfarons du Bal Champêtre Siboney, cha cha cha (Lecuona)
Maurice André (cnt), André Carradot (arr). Tenderly, slow (Gross)
Paris, c1957 Serenade près de Mexico, boléro (Poterat)
Les Flamandes (Brel) La Paloma, slow (Iradier-Tagliasico)
Gais Lurons, mazurka Sans toi je n’ai plus rien, slow rock (Mackenben)
La Mondaine, polka Le grand Sam, rock (Philipps)
Marie Valeska, mazurka-valse Retour à Paris, slow rock (Trenet-Lasry)
Bop-polka Perdido, cha cha cha (Tizol)
La servante du château, marche Serenade, slow (Schubert)
Duschnoken Tyrol, mazurka-valse Les mercenaires, médium (Bernstein-Fontenay)
La Java Périgourdine, java-mazurka Parlez-moi d’amour, boston (Lenoir)
La polka des canetons Clopin clopant, slow (Dudan-Coquatrix)
Polka militaire Polydor/Triumph 240005
Philips P76171R

N° 22 II / 2012 > page 25


Discographie
Improbable trio
Maurice André, Michel Le-
grand, Dizzy Gillepsie.
-Duke Ellington
Cat Anderson,
Cootie Williams,
Roy Burrowes
(tp), Ray Nance (tp, vln),
Lawrence Brown, Buster
Cooper (tb), Chuck Con-
Le cousin de Wynton nors (btb), Russell Procope, Johnny Hodges, Jimmy Hamil-
Marsalis, Rodney Craig ton, Paul Gonsalves, Harry Carney (reeds), Billy Strayhorn (p),
Mack se souvient : Ernie Shepard (b), Sam Woodyard (dm) + Paris Symphonic
“When I was 11 years old, my cousin Orchestra incl. Louis Ménardi, Maurice André, Vincent Ca-
sino, Alex Caturegli (tp), Georges Barboteu (horn), Raymond
Wynton Marsalis, put a recording on the stereo system Fonsèque (tu), Jean-Pierre Wallez (vln), strings from Opera.
and said : it is the greatest trumpet player in the world”. Il s’agit bien Paris, salle Wagram, February 1963
sûr de Maurice André que Marsalis écoute dès l’âge de 14 ans sur Night Creature : Harlem Suite
les conseils de son professeur John Longo. Plus tard Wynton Marsalis Reprise R6097, RV 6024
bénéficiera de la meilleure publicité quand Maurice André dit de lui : « -Gaietés Champêtres : Les Drilles en Trilles
potentiellement le plus grand trompette de tous les temps” Maurice André (solo cnt, tp1), possibly Loulou Ve-
zant, Pierre Sellin (tp), André Carradot Orchestra ;
arr. by André Carradot
On se souvient du vote des musiciens organisé par Brass Bulletin à la Studio Hoche, Paris, (P) March 1964
fin du XXème siècle qui, dans le Top 12, place en tête des cuivres du siè- C’est l’piston ; Mireille
cle et dans cet ordre : Maurice André, puis Louis Armstrong et Wynton Dabrowna ; Sabrina
Marsalis. Il est intéressant d’écouter Wynton Marsalis jouer « La Vie en Marguerite ; La Boiteuse
Pavillon 18 ; Joli Petit Cœur
Rose » avec Richard Galliano : la parenté avec Louis Armstrong et le Romantique ; Insolite Polka
côté jazzy de Maurice André est réelle. Palmyra ; Marie Walewska
Signalons qu’Arturo Sandoval a été scandalisé par le fait que la chaine Jolk ; La Corso Blanc
TV CNN n’ait pas annoncé le décès de Maurice André : « a real true Barclay LP 82 347
artist » (26 février 2012). Maurice André (tp),
-
Orchestre & Choeurs J. Nilson.
1965
En novembre 2011, Maurice André confirmait ce qu’il disait déjà dans Adagio (Albinoni, Nilson)
la revue Jazz Hot en 1970 à propos de Louis Armstrong à qui il fut Adagio (Dvorak, Nilson)
présenté en 1958 : “Chaque note chante et vit… chaque note signifie Ave Maria (Gounod)
quelque chose… on est sidéré par une telle maîtrise et par un tel na- Polydor 2664103, cassette 3578006
turel !...” - Trompettissimo :
Eh bien cette description convient tout autant à Maurice André ! Maurice André (tp), Wolfgang Karius (org), Guy Pe-
Retiré dans le Pays Basque, en privé, il lui arrivait de jouer au bugle dersen (b), Gus Wallez (dm), Jean-Michel Defaye
(arr).
When the Saints ou … C’est si bon. 1971
J’ai du bon tabac (Corrette)
Greensleeves
pieces by Bach, Vivaldi
Erato 3502, 18009
-same as above but Jean-Marc Pulfer (org) repl. Karius.
1971
Suite in D, Aria (Bach)
3d Brandenburg Concert (Bach)
Melodia (Cimarosa)
Concerto Grosso : Allemande, Bourée (Corelli)
Water Music : Allegro, Aria (Haendel)
Adieu à Venise, final (Marcello)
On a Corelli’s Air (Defaye)
Melancolie (Bach-Defaye)
Fugatissimo (Defaye)
Erato 3504, 18010, cassette 18009/10

-Trompette Divertissement
Maurice André (tp),
Orchestre Jean-Michel Defaye.
Paris, 1978
Le Canari (Poliakin)
Caprice Viennois (Kreisler)
Chanson Espagnole (Delibes)
Concerto de Varsovie (Addinsell)
La Danza (Rossini)
Hungarian Dance no5 (Brahms)
Hungarian Dance no6 (Brahms)
Menuet (Boccherini)
Ritual Fire Dance (Falla)
Rondo alla turka (Mozart)
Sabre Dance (Khatchaturian)
Serenade (Schubert)
Barclay 90286, 45514

N° 21 I / 2012 > page 26


-Maurice André (tp), Claude Bolling (p), Guy -Maurice André (tp), Vocal Ensemble Stephan
Pedersen (b), Daniel Humair (dm). Caillat, André Carradot Orchestra
Paris, 1981 January 1983, reissued Oct. 2000
Toot Suite (Bolling) Les parapluies de Cherbourg (M Legrand)
CBS Masterworks CD 36731 (arr. A. Astier)
Adagio, Symphonie du Nouveau-Monde (Dvo-
-Maurice André (tp in G, cnt, fgh), Alès Munici- rak)
pal Band cond. by Claude Lagrange. (arr. A. Carradot)
Alès Theatre, September 1981, (P) 1982 Méditation, Thaïs (Massenet) (arr. A. Carradot)
La Truite (Schubert) Agnus Dei ; Christmas Bugle (Carradot)
Le Chant des Adieux (arr. F. Rauber) EMI/Angel LP 38067 - EMI CD 754914 2
Oh Bellos Montagnos (Petit)
RCA ERA 9243 -Jean-Pierre Rampal/Maurice André
-Children’s Songs
-Maurice André (cnt, fgh), Gardiens de la Paix Maurice André (tp), Jean-Pierre Rampal (fl),
cond. by Claude Pichaureau. St Laurent Children’s Choir, Instrumental
Paris, Notre Dame du Liban, February 1982, Ensemble cond ; by François Rauber ; James
(P) 1983 Pierpont (arr) (P) 10 July 1986
Carnaval de Venise (cadenza M. André) Au clair de la lune ; Cockles and Mussels
(arr. Cl. Pichaureau) Prom’nons nous dans le bois
Kein schoner Land ; Gentil coquelicot
Fantaisie Brillante (Arban)
Sakura ; Sur le pont d’Avignon
Goutte d’eau (Petit)
Jingle Bells : Es Es Es und Es
La Traviata (Verdi-Arban, cadenza M. André)
A la claire fontaine
Fête militaire (Petit)
Loch Lamond ; Il court il court le furet
Myrto ; Madeleine (Petit)
Die Blumelein sie schlafen
Erato 75041 En passant par la Lorraine
Greensleeves ; Alouette
-Trompette d’or Sony Classics/CBS - MK 39669
Maurice André (tp, fgh), François Rauber
Orchestra, incl. Loulou Vezant, Gilbert -Musiques de Kiosque
Dias(tp). May 1982, (P) 1983 Maurice André, Nicolas André (tp), Orches-
Tenderly ; Il Silenzio tre de la Garde Républicaine cond. by Roger
RCA ERA 9256 Boutry 1992
Aida (Verdi) (+) (arr A. Astier) ParisiAn DREam, suite concertante d’après
Un Americain à Paris (Gershwin) La Vie Parisienne (Offenbach)
Les feuilles mortes (Kosma) Tritsch-Tratsch Polka (J. Strauss)
O Mein Papa! ; Granada ; C’est si bon! Postillon d’amour (J. Strauss)
Ave Maria (Schubert) Other works - EMI CD C5551032
La Vie en Rose (arr A. Astier)
Je t’ai donné mon coeur (Lehar) (arr A. Astier) -Béatrice, Nicolas & Maurice André
La Strada (Rota) (arr A. Astier) play Gershwin
RCA ERA 9256 Maurice André, Nicolas André (tp), Béatrice
EMI/Angel LP 38067 André (ob), Orchestra André Astier
EMI CD 7 54914 2 25 Nov. 1995, (P) 1996
Note : (+) with 16 pupils (tp), incl. Guy Touvron. Swanee
Un Américain à Paris ; The Man I Love
-Album or Someone to watch over me
Maurice André (cnt, fgh), Orchestra cond. I get a plenty o’nuttin’
by François Rauber (arr) Embraceable You
(P) 1982 Bess, You is my woman now, Porgy & Bess
Trompettissimo (Astier) They Can’t Take Away From Me
Gouttes d’eau (Astier) Oh, Lady Be Good ; Strike Up the Band
Le Corso Blanc Fascinating Rhythm ; Summertime
Flons Flons champêtres I Got Rhythm
Viens poupoule ; Le coucou EMI Classics 5556202
Be Bop 1900 (Marceau)
Les Saltimbanques (Ganne) -Les Moulins de mon Cœur/The Windmills of
Perles de Cristal (Hamel) Your Mind
La Czarine (Ganne) ; La Mattchiche Maurice André (tp, fgh), Nicolas André (tp-
Vive l’Auvergne (Astier) ; Au Joyeux Tyrol 1), Béatrice André (ob-2), Catherine Michel
Les gais virtuoses (Astier) (hp-3), Christopher Laurence (b-4), Paul
Joli coeur (Astier) Clarvis (dm-4), London Philharmonic Orchestra cond.
Fanfare-valse (Astier) by Michel Legrand
RCA PL 37718 London, February 1997, (P)1998
Les Moulins de mon Coeur (Legrand)
Jeux Interdits (Yepès) (2)
-An Evening with Maurice André
‘Round Midnight (Monk) (4) - Cavatine (Legrand)
Ballades pour Trompette Un amour en Allemagne (Legrand) (3)
Maurice André (tp), Studio Orchestra cond. Sauts d’octaves (Legrand) (1, 2)
by André Carradot Mack the Knife (Weill) (4)
January 1983, reissued Oct. 2000 Send in the Clowns (Sondheim) (3)
Hora Staccato (Dinicu) (arr A. Carradot) Trumpet Train-ing (Legrand)
Old Man River (Kern) (arr. A. Carradot) Once upon a Summertime (Legrand) (2, 4)
Concerto d’Aranjuez (Rodrigo) (arr. A. Carradot) EMI 556566-2
Vol du Bourdon (Rimsky-Korsakov) (arr. A. Carradot) Maurice André (tp, fgh), Nicolas André (tp-1), Michel
Legrand Big Band : Christian Martinez, Kako Bessot,
Romance pour Trompette & Orchestre (Carradot)
Tony Russo, Claude Egéa (tp)
Ballade pour Trompette (Carradot) Paris, February 1997, (P) 1998
EMI/Angel LP 38067 Caravan (Tizol) (1)
EMI CD 754914 2 Night & Day (Porter)
EMI 556566-2
Maurice André (tp, fgh), Group Lourival Silvestre
Paris, February 1997, (P) 1998
One Note Samba (Jobim, arr. Legrand)
EMI 556566-2
N° 21 I / 2012 > page 27
Les
collectors
1973
Trompette et piano
Jean Hubeau - Sonate
Georges Enesco - Legende
Paul Hindemith - Sonate
Arthur Honegger - Intrada
Maurice Andre, trompette
Jean Hubeau, piano

1975 1976
Fanfares pour tous les Temps
- Delerue et Defaye
Erato STU 71075
Octuor de Cuivres de Paris
Pierre Pollin, Yves Couefffe, Jean Pirot, Ro-
ger Jeanmarie, Bernard Soustrot, Jean-Paul
Leroy - trompettes
Alain Manfrin, Jacky Fourquet, Michel Bec-
quet, Pierre Girard, Guy Destanque, Claude
Durand - trombones
Leopold Desmeulles - tuba
Fanfares pour tous les temps
Direction - Georges Delerue
enregistré le 17 Novembre 1975
Neuf flashes
Jean-Michel Defaye
André Navarra, violoncelle 17 Novembre 1976
Maurice André, trompette Grisy-Suisnes (Seine at Marne)
Orchestre des Concerts Lamoureux Eglise Notre-Dame des Roses
jouent Jolivet
POULENC
Concertino
Suite Francaise pour Orchestre
2ème concerto pour trompette
de Francis Poulenc
Concerto pour violoncelle et orchestre
CLUB FRANCAIS DU DISQUE
Dirigé par André Jolivet
Bassons
Sortie originale chez Erato
Maurice Allard, Paul Hongne
Clavecin, direction
Francis Poulenc
Hautbois
Lucien Debray , Pierre Pierlot
Percussion - Jacques Rémy
Trombones
Gabriel Masson
Marcel Caliègue, Roger Rouyer
Trompettes
Maurice André, Roger Delmotte

N° 22 II / 2012 > page 28


1978 - 1990
Marcel Landowski
(1915-1999)
Messe de l’Aurore
4 Pièces pour Trompette et Orgue
Maurice André
Alfred Mitterhofer
Orchestre de Strasbourg
Alain Lombard
Erato

1977
Le cadeau de la Vie
UNESCO
Maurice André & Alfred Mitterhofer
The Queen» s dolour - Henry Purcell
autour des artistes Nicolas Peyrac, Nicole Croi-
sille, Gilbert Bécaud, Elisabeth Schwarzkopf,
Victoria de Los Angeles, Gabriel Tacchino, Mady
Mesplé, Hertbert Von Karajan...
UNESCO
RECHERCHE CANCER VILLEJUIF
Philips / 6313 198

1981
Bande originale Nuit Ensoleillée
«Pour illustrer son film sur les exploits sportifs de 2000
athlètes handicapés, Patrick Ségal a choisi le composi-
Octobre 2011
teur Philippe Sarde. Lequel a fait appel à Maurice An-
Emi / Mixed Repertoire
dré (Trompette), Larry Corryel (guitare), Toots Tielmans
21 titres plus livret de Marc Trautmann
(harmonica), Frédéric Lodéon (violoncelle), et Didier
Maurice André partage ce privilège avec Maria
Lockwood (violon) pour des thèmes aux accents country
Callas comme artistes classiques d’être dans la
et aux titres poétiques»
collection “Pour les NULS”.
Philips / 6313 198

N° 22 II / 2012 > page 29


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trompette + fanfares liturgiques David Alonso, Cor, LAFOSSE
Alexandre Baty, Frédéric Mellardi, Marc Trénel, basson, ... Quintette de cuivres
ens. des cuivres de Rouen Les premiers prix Munich ARD 2008
INDE027

INDE018

INDE014
ART OF TUBA CLASSICAL TRUMPET CONCERTOS ERIC AUBIER
Wallerand, Godard, Labeyrie, ... Bach, Hummel, Mozart, Telemann, œuvres pour trompette et piano
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