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Kinesither Rev 2019;19(214):3–11

Savoir

Odontologie et kinésithérapie :
postures cranio-cervicales, DTM
et cervicalgies posturales
Odontology and physiotherapy: Cranio-cervical
posture, TMD and postural neck pains
Mathilde Hourseta a
Laboratoire AMIS UMR 5288 CNRS,
Rémi Esclassana,b Faculté de Médecine, 37, Allées Jules-Guesde
Florent Destruhautb 31073 Toulouse cedex 3, France
Julie Dufour-Machuretc b
MCU-PH Prothèses, Faculté d’odontologie
Antonin Hennequinb de Toulouse, 03 chemin des Maraîchers
3106 Toulouse cedex 9, France
c
7, rue des Braves, 31300 Toulouse, France
2, clos Rouanet, 31320 Vieille-Toulouse

Reçu le 01 mai 2017 ; reçu sous la forme révisée le


01 mai 2019 ; accepté le 21 mai 2019

MOTS CLÉS
RÉSUMÉ Cervicalgies
L’appareil mandibulaire fait partie intégrante du système postural. La posture céphalique Dysfonctions Temporo-
semble influencer le développement de cervicalgies communes ou non spécifiques liées à Mandibulaires (DTM)
des Dysfonctions Temporo-Mandibulaires (DTM). Cet article détaille les impacts articulaires Kinésithérapeute
et musculaires lorsque cette posture est modifiée ainsi que les rôles du kinésithérapeute et Occlusodontiste
de l’occlusodontiste pour comprendre comment la posture craniocervicale influe sur l’appareil Pluridisciplinarité
manducateur. Il met en lumière l’importance d’une prise en charge par ces deux disciplines. Posture cranio-cervicale
Niveau d’évidence : Non applicable.
© 2019 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés
KEYWORDS
Neck pains
Temporo-Mandibular
SUMMARY Dysfunctions (TMD)
Physiotherapist
Mandibular apparatus can be regarded as belonging to the postural system. The cranio cer-
Occlusodontist
vical posture seems to influence the development of postural neck pains related to Temporo-
Multidisciplinarity
Mandibular Dysfunctions (TMD). This article deals with articular and muscular impacts of the
Cranio-cervical posture
changes of this posture as well as the roles of physiotherapist and occlusodontist to under-
stand how the cervical posture influences the mandibular apparatus and the interest of multi-
disciplinary cares.
Level of evidence: Non applicable.
© 2019 Elsevier Masson SAS. All rights reserved

Auteur correspondant :
M. Hourset,
2 clos Rouanet,
31320 Vieille-Toulouse, France
Adresse e-mail :
mathilde-hourset@orange.fr

http://dx.doi.org/10.1016/j.kine.2019.05.009
© 2019 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés 3
Savoir M. Hourset et al.

remplir les fonctions de succion, déglutition et de nutrition


INTRODUCTION alors que « sa base » joue un rôle important dans la venti-
lation [8]. La place libérée dans la cavité buccale lui permet
Très tôt au cours de la croissance, des interrelations (embryo- une plus grande amplitude de mouvement pour façonner son
logiques, biomécaniques, neurologiques…) se développent environnement (palais, mandibule et arcades) [7]. Au niveau
entre les régions céphalique et cervicale. Ces régions sont embryologique, on note que la langue est issue de la migra-
influencées par la posture cranio-rachidienne adoptée par tion ventrale de muscles rachidiens incorporés secondaire-
chaque individu tout au long de leur vie. ment à l’extrémité céphalique [9].
Ces relations mettent en évidence l’intérêt du rapprochement Les nouvelles postures de l’os hyoïde et de la langue leur
entre occlusodontistes et kinésithérapeutes avec une prise confèrent un rôle central dans la croissance cranio-rachidi-
en charge pluridisciplinaire lorsqu’un contexte pathologique enne par l’intermédiaire des fonctions orofaciales (ventila-
touche la région craniocervicale. En odontologie, les praticiens tion, phonation, mastication et déglutition) [7,8].
s’intéressent à la région craniofaciale et plus particulièrement à Par la suite, au niveau osseux, les croissances verticales
l’appareil manducateur. Cet appareil est composé d’éléments du rachis cervical, de la base du crâne et de la mandibule
passifs articulaires (temporomandibulaires et dento-dentaires) s’effectuent en parallèle et au même rythme (Fig. 2). Au niveau
et d’un élément actif musculaire coordonné par le système
neurosensoriel [1]. Les régions craniofaciales mais surtout
cervicales intéressent aussi beaucoup le kinésithérapeute.
D’après PLESH (2011) et STORM (2006), 50 % des patients
atteints de Dysfonctions Temporo-Mandibulaires (DTM)
présentent des cervicalgies, et inversement, 20 % à 33 % des
patients atteints de cervicalgies présentent des DTM [2].
Dans cet article, le lien entre les cervicalgies dites communes
ou aspécifiques [3] (grades I et II de la classification « Neck
Pain Task Force ») [4] et les Dysfonctions Temporo-
Mandibulaires (DTM) [5] sont mis en évidence de même que
la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire. Pour
cela, les connaissances des professionnels de santé doivent
être élargies afin de mieux comprendre le rôle de chaque
discipline et notamment celui des dentistes.

CROISSANCE CRANIO-RACHIDIENNE

Le développement craniofacial est considéré comme le


résultat d’interactions entre la génétique et certains facteurs
environnementaux externes et internes, particulièrement les
fonctions orofaciales [6]. La lordose cervicale apparaît dès
les premiers mois après la naissance. Cette modification
importante de la posture céphalique du nourrisson permet Figure 1. Os hyoïde, langue et muscles associés (BRICOT, 2009).
le redressement (dé-enroulement) de la tête et la croissance
des vertèbres cervicales. Il marque aussi le début de la crois-
sance de l’étage inférieur de la face [7].
Ce redressement céphalique (Fig. 1) induit notamment la
descente de l’os hyoïde qui va tracter verticalement la base
de la langue. Le crâne s’éloigne de l’os hyoïde grâce à la
croissance du rachis cervical. La croissance axiale des carti-
lages vertébraux va permettre à la musculature de la nuque
d’élever le crâne et au pharynx de s’accroître. L’os hyoïde,
os mobile servant d’insertion à vingt-six muscles, se retrouve
alors appendu au niveau de la 3e vertèbre cervicale. Il est
intimement relié à la langue et à la mandibule par de très
nombreux muscles sus et sous-hyoïdiens. Après la nais-
sance, la posture de l’os hyoïde joue un rôle primordial dans
le passage de l’air au niveau du carrefour aéro-pharyngien et
dans la respiration nasale [8].
De son côté, la langue acquiert une nouvelle conformation
lors de la descente de l’os hyoïde avec une partie intra-
buccale persistante et une partie aéro-pharyngée. Cette double Figure 2. Croissance simultanée de la base du crâne, des sinus
situation est déterminante d’un point de vue fonctionnel et maxillaires, de la mandibule, du rachis cervical et situation de l’os
morphogénétique. En effet, sa portion libre lui permet de hyoïde (dessin de Dr Hourset inspiré de [4]).

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DTM et cervicalgies posturales Savoir

musculaire, les muscles masticateurs mais aussi les muscles et mandibule qui, par concept occlusal esthétique et fonction-
cervicaux vont participer activement à la mise en place et à la nel, est recherchée dans nos thérapeutiques [14]. D’après
croissance des éléments anatomiques de l’appareil manduca-
teur, notamment la croissance mandibulaire [10].

POSTURE CÉPHALIQUE FACE À LA GRAVITÉ


TERRESTRE

L’Homme réalise de nombreuses postures et s’adapte à des


situations variées de par l’anatomie et la biomécanique de
son rachis cervical, si ce dernier reste intègre et mobile. La
position de la tête conditionne la statique globale du corps
dans les conditions d’équilibre de la bipédie [11].

Situation statique
En situation statique verticale, la tête est en équilibre (Fig. 3)
sur le rachis quand la ligne de la racine du nez au bord
postérieur du foramen occipital est horizontale [12]. La pos-
ture transversale de la tête est fortement dépendante de la
vision et de l’œil dominant de l’individu. Cet œil participe à
la détermination du plan frontal d’horizontalité du regard et
de la posture neutre de la tête [8]. Cette posture céphalique
« équilibrée » assure le maintien d’une position neutre de la
région cervicale et le respect de la lordose cervicale avec
une flexion cranio-cervicale. En effet, le vecteur gravité ( ),
représenté par un axe vertical, passe au niveau de l’ATM en
avant de l’axe occipito-cervical et de la colonne vertébrale.
Cette situation antérieure de la gravité G amène une flex-
ion du cou vers l’avant. L’inclinaison en avant de la colonne
cervicale est compensée par la faible participation tonique,
représentée par le force ( ) des muscles sous-occipitaux qui
font « contrepoids » [12].

Situation statique Figure 3. Posture céphalique verticale équilibrée, gravité terrestre


(G) et forces des muscles sous-occipitaux (F) (dessin du Dr Hourset
En situation dynamique, selon les mouvements céphaliques réalisé à partir de [6]).
exécutés, les muscles cervicaux proches et éloignés du cen-
tre de gravité G sont recrutés. Ils ont pour objectifs d’aug-
menter la force transmise et de compenser à chaque instant
les déplacements du poids de la tête déviant de l’axe de
gravité [11,12].

POSTURES CÉPHALIQUES COMPENSATRICES


ET POSTURES MANDIBULAIRES

Lorsque l’extrémité céphalique s’écarte de sa situation


d’équilibre statique, des modifications physiologiques de pos-
ture apparaissent au niveau de la mandibule, de la langue et
de l’os hyoïde.
En odontologie et plus particulièrement en orthodontie, la
classification de Ballard définit trois classes de relations
squelettiques entre les bases osseuses maxillaire et man-
dibulaire dans le sens antéropostérieur [13] (Fig. 4). A par-
tir d’une céphalographie de profil, la classe squelettique est
déterminée par la mesure de l’angle ANB compris entre trois
repères osseux au niveau de l’épine nasale antérieure (N),
du maxillaire (A) et de la mandibule (B). La classe squelet- Figure 4. Classes squelettiques de Ballard et postures céphalo-
tique I représente une relation harmonieuse entre maxillaire rachidiennes (dessin du Dr Hourset réalisé à partir de Bricot, 2011).

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Savoir M. Hourset et al.

Clauzade et Marty, c’est une posture cranio-mandibulaire de Deux grands facteurs corrélés à l’antéposition céphalique
type adaptative. Elle correspondrait au modèle de posture sont retrouvés :
verticale qui assure un équilibre optimal face à la gravité ter- ● respiratoire : un comportement respiratoire pathologique
restre [15]. Chez les individus de classes squelettiques II, la chez les enfants et un Syndrome d’Apnée Obstructive du
position mandibulaire est reculée par rapport au maxillaire Sommeil (SAOS) chez les adultes [1,8,24,25,26] ;
tandis que chez les classes III, la position mandibulaire est ● posturale : positions prolongées lors de certaines activités
avancée. Ces postures cranio-mandibulaires avancées ou quotidiennes (sommeil, scolaire [20,27], travail sur écran
reculées semblent modifier l’équilibre vertical du corps et la [28,29] nécessitant de la concentration [30], travail manuel
posture cervicale (Fig. 4) [15–17]. Les enfants présentent en et activités sportives [12]).
fonction de leur dysmorphie sagittale des inclinaisons dif- Néanmoins, toute posture céphalique qu’elle soit adaptative
férentes des bases maxillaires et mandibulaires par rapport à ou compensée ne peut pas toujours être considérée comme
la colonne vertébrale. La posture céphalique serait corrélée un état pathologique. Elle le devient lorsqu’elle est associée
aux dimensions sagittales de la face [8]. Dans les classes à des signes ou des symptômes douloureux [15]. Selon
squelettiques II, la tête tend à s’avancer par rapport à l’axe certains auteurs, la pathologie cervicale avec ses douleurs
de leur colonne vertébrale [17,18]. Les conclusions d’une et ses symptômes apparaît lorsque le seuil de tolérance et
revue systématique de 2014 montrent des associations les capacités de modification sont dépassées [15]. En effet,
significatives entre la tête, la posture cervicale et la mor- lorsque les muscles stabilisateurs responsables du maintien
phologie craniofaciale. Toutefois, ces associations doivent d’une bonne posture corporelle ne sont pas stimulés pour
être interprétées avec prudence [19]. L’influence de la pos- résister à la gravité pendant une longue période de temps,
ture de la tête en avant sur la croissance craniofaciale déter- leur fonction stabilisatrice est perturbée. Le déficit de stabilité
minerait un modèle squelettique et neuromusculaire facilitant du système locomoteur déclenche un mécanisme compensa-
le développement de dysfonctions [19]. toire. Cependant, comme effet secondaire, une telle compen-
D’autre part, bien que les étiologies des classes II et III soient sation peut finalement conduire à une chaîne de réactions
nombreuses (hérédité, hormonales, etc.), l’étiologie fonction- pathologiques au sein du système musculo-squelettique.
nelle reste bien souvent déterminante. Lors de sa crois- Ainsi, les anomalies posturales sagittales peuvent être la
sance, le type de la dysmorphie cranio-mandibulaire peut en conséquence de postures pathologiques de la colonne
partie être conditionné par la posture rachidienne adoptée vertébrale [8,31]. L’anté-projection de la tête retrouvée
par le sujet pour ouvrir son pharynx et ses voies aériennes peut signer une modification compensatrice pouvant être
supérieures. Le développement d’une ventilation buccale, pathologique pour la région cervicale [23,32].
associée à une langue en position basse, est dysfonctionnel
et provoque par « cascade » des anomalies, notamment du
développement sagittal de la face [20]. Cette fonction ventila- POSTURE CÉPHALIQUE ET ARTICULATIONS
toire modelante pour la croissance craniofaciale ne peut être TEMPOROMANDIBULAIRES
séparée de l’étude de la posture. En effet, les conséquences
d’une respiration buccale vont parfois de pair avec une pos-
Au niveau articulaire, peu d’études se sont intéressées à
ture céphalique en hyper-extension [21,22]. L’antéposition
l’impact de la posture céphalique au niveau condylien et cer-
céphalique correspond à une position vers l’avant de la
taines se contredisent. Néanmoins, il semblerait qu’une pos-
tête qui s’écarte alors de l’axe vertical central du corps. Les
ture anté-projetée de la tête à l’âge adulte serait associée à
vertèbres cervicales basses sont en flexion et les vertèbres
un déplacement du condyle vers l’arrière [33].
cervicales supérieures sont en extension, et le poids de la
De plus, l’amélioration du centrage condylien dans la cavité
tête supportée par le cou est augmenté [23]. Cette « atti-
glénoïde serait liée à la diminution de la posture de la tête
tude » adaptative va aider la personne à dégager son car-
vers l’avant.
refour aérodigestif en augmentant l’espace pharyngé des
voies aériennes supérieures [8] pour améliorer sa ventilation
[20] [24]. De plus, sont souvent associées au mode respira- Cela suggère que l’optimisation de la position du
toire, la position de la langue ainsi que celle de la mandibule condyle mandibulaire devrait être prise en compte
[20]. L’avancée ou le recul de la langue semble se répercuter dans la gestion de cette posture adaptative [34].
aussi sur la posture de l’os hyoïde [15, 20].
Landouzy décrit plusieurs postures dysfonctionnelles de la Dans les classes squelettiques I et III, le condyle semble être
langue. Il associe une position en pulsion (due à la succion plutôt situé en antéro-supérieur. Tandis que dans les classes
d’un objet) à une langue en avant, un recul mandibulaire et II, il serait situé plus en position postérosupérieure [35]. Au
une extension cervicale. Tandis qu’une langue en position niveau des ATM, le décentrage articulaire par rétroposition
basse (due à une respiration buccale notamment) est retrou- condylienne génère une compression articulaire ainsi qu’un
vée avec une mandibule avancée et une flexion cervicale spasme réflexe de l’appareil tenseur du disque (temporal et
[9]. L’os hyoïde semble se révéler en position basse lors de ptérygoïdien latéral). Si ce spasme perdure, il s’accompagne
troubles respiratoires [22]. Une posture linguale anormale progressivement d’une désunion condylo-discale et d’un
est aussi une des causes fréquente de rapports maxillo- déplacement du disque articulaire en antérieur. Le déplace-
mandibulaires anormaux [22]. Ces situations dysfonction- ment discal peut favoriser à son tour le recul de la tête
nelles de la langue seraient liées respectivement à une ten- condylienne. Cette position postérieure du condyle favorise-
dance de rétro-mandibulie ou pro-maxillie pour la succion et rait les désordres articulaires de l’ATM [1]. Ainsi, les sujets
de pro-mandibulie pour la position basse [9]. avec un déplacement bilatéral du disque articulaire pourraient

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Odontologie et kinésithérapie : postures cranio-cervicales,
DTM et cervicalgies posturales Savoir

présenter une posture craniocervicale en extension, une signes articulaires sont dus à un déplacement discal (Groupe
classe squelettique II et/ou mandibule en position reculée II) ou une dégénérescence articulaire (Groupe III) [5]. Ils
[36]. L’acquisition de cette posture céphalique plus tardive- peuvent s’accompagner de signes extra-manducateurs tels
ment à l’adolescence (scolarité) ou à l’âge adulte (travail) que des douleurs du cou et des épaules, des douleurs dans
pourrait entraîner aussi des désordres au sein de/des ATM l’oreille, des troubles de la posture cranio-rachidienne et
par un recul du condyle dans la cavité glénoïde [33]. des signes ophtalmologiques (troubles de la convergence)
Des désordres musculaires peuvent être directement liés. [38]. Pour Chisnoiu et al. (2015), près de 60 % de la popu-
Le déplacement de la tête induit des changements dans le lation générale présente au moins un signe des DTM mais
comportement tonique des muscles masticateurs et cervi- seulement 25 % est consciente de ses symptômes et très
caux. Trop sollicités, les muscles postérieurs (extenseurs) peu consulte un spécialiste [39].
faiblissent et des contractures musculaires sont progres- Un total de 50 % à 55 % des patients atteints de Dysfonctions
sivement ressenties au niveau cervical [11]. Le déplacement Temporo-Mandibulaires (DTM) présentent des cervical-
mandibulaire induit une hypertension des muscles supra- gies (aspécifiques). Inversement, 20 % à 33 % des patients
hyoïdiens qui est compensée par l’augmentation de l’activité atteints de cervicalgies présentent des DTM [2]. Ainsi, plus
des muscles masticateurs élévateurs (masséters et tempo- d’attention doit être attribuée à la fonction manducatrice chez
raux) entraînant des contractures de ces muscles. Ces der- les enfants lorsqu’ils se plaignent de douleurs au niveau
niers se contracturent du côté du déplacement discal [20]. du cou et de la tête [40]. Les patients souffrant de DTM
D’autre part, cette position cervicale avancée pourrait présenteraient plus souvent des douleurs cervicales que les
avoir tendance à se pérenniser chez les respirateurs buc- personnes n’en souffrant pas. Mais aucune différence de
caux notamment au cours du sommeil [24]. Ceci tendrait à prévalence ne semble exister entre les différentes formes de
favoriser l’installation de désunions condylo-discales. Si une douleurs (articulaire et/ou musculaire) des DTM [41].
position de sommeil latérale est prédominante, les ATM vont Lorsqu’on s’intéresse aux facteurs étiologiques des DTM et
subir des contraintes asymétriques avec compression d’un des cervicalgies, on remarque qu’un certain nombre sont
côté et distension de l’autre, source possible de désunion commun aux deux pathologies :
condylo-discale asymétrique [24]. La position en décubitus ● facteurs psychologiques qui diminuent le seuil de résis-
ventral avec un côté prédominant aggraverait ce phénomène tance et d’adaptation des muscles (contraintes de travail
en augmentant la mise en torsion du cou et aurait tendance importantes, stress) [42] ;
à favoriser les désunions discales et la survenue de cervical- ● facteurs traumatiques avec notamment le « Whiplash
gies [24]. Associated Disorde » [3, 43] ;
● facteurs posturaux tels que les postures cervicales pro-
longées ou répétitives (travail sur écran, scolaire…) avec
CERVICALGIES NON SPÉCIFIQUES antéposition de la tête [3, 36] ;
● parafonctions avec la ventilation buccale [1, 24] et les posi-
ET DYSFONCTIONS TEMPOROMANDIBULAIRES
tions de sommeil [24].
Les cervicalgies ne représentent pas un facteur de comor-
Les cervicalgies aspécifiques ou communes sont à distinguer bidité [44], mais possèdent de nombreux facteurs favorisants
des cervicalgies symptomatiques. Elles correspondent aux ou déclenchants communs avec les DTM dont la posture
grades I et II de la classification « Neck Pain Task Force » [4]. céphalique fait partie [20].
Elles sont caractérisées par une origine inconnue et l’absence Les patients atteints de Dysfonctions Temporo-Mandibulaires
d’identification de lésion anatomique, infectieuse, tumorale, et des cervicalgies non spécifiques présentent les symptômes
inflammatoire… [3]. Les cervicalgies aspécifiques regroupent suivants :
de manière non exhaustive : les cervicalgies posturales de ● au niveau musculaire : une augmentation de la sensibilité
l’adulte jeune, les cervicalgies de causes inconnues, le tor- douloureuse des muscles masticateurs (masséters et tem-
ticolis (en phase aiguë). Les douleurs sont postérieures, poraux) et cervicaux (sterno-cléïdo-occipito-mastoïdiens et
touchant le rachis cervical et irradiant parfois vers le rachis trapèzes supérieurs) [45], une diminution de l’endurance
dorsal et les trapèzes [3, 37]. La palpation bilatérale permet des muscles extenseurs cervicaux [46] ;
de localiser une souffrance segmentaire, souvent située au ● au niveau articulaire : des désordres articulaires internes
niveau de C2-C3 et C5-C6 en pratique quotidienne. Des de l’ATM peuvent être associés à des dysfonctionnements
céphalées et/ou un vertige cervical peuvent être aussi asso- asymptomatiques des articulations vertébrales [47] ;
ciés. Les cervicalgies posturales touchent souvent les jeunes ● au niveau dynamique : une diminution de l’amplitude des
et les adultes fléchissant le cou de façon prolongée. Les dou- mouvements de la colonne cervicale supérieure [48] et des
leurs sont diffuses et bilatérales, irradiantes parfois en dorsal incapacités retrouvées dans les deux régions cervicale et
et aux bras, et les radiographies sont normales [3]. mandibulaire [49] ;
Les Dysfonctions Temporo-Mandibulaires (DTM) font par- ● au niveau général : une extension du rachis cervical et
ties des algies faciales. Elles forment des entités cliniques une position avancée de la tête [43], un risque d’altéra-
polymorphes, complexes, polyéthiologiques et multiformes tion de l’équilibre postural (bascule des plans scapulaire et
qui regroupent les pathologies musculaire et articulaire de pelvien) [11, 50] ainsi qu’un risque d’altération de l’activité
l’appareil manducateur. Les désordres musculaires sont oculomotrice et oculo-céphalogyre [45].
des douleurs des muscles masséters, temporaux, sterno- Depuis quelques années, le sujet de nombreuses recherches
cléïdo-occipito-mastoïdiens, ptérygoïdiens médiaux, région dans la littérature internationale sont les interrelations entre
des ptérygoïdiens latéraux (Groupe I des DC/TMD). Les des troubles impliquant le crâne, la colonne cervicale et les

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Savoir M. Hourset et al.

Dysfonctions Temporo-Mandibulaires (DTM). Jusqu’à main- ● médecin posturologue/rhumatologue : traitement médica-


tenant les résultats restent encore très controversés [51]. menteux ;
Les individus avec des DTM présentent des changements ● orthoptiste : rééducation des muscles oculomoteurs ;
récurrents au niveau du positionnement du crâne et de la ● podologue : confection d’une orthèse plantaire ;
courbure de la colonne cervicale [52]. Cependant, la posture ● ergonome : conseils ergonomiques de travail ou de vie [45].
céphalique seule ne peut expliquer la coexistence de dou- Chaque praticien peut devenir le chef d’orchestre du traitement
leurs cervicales et des DTM ; la cause est multifactorielle. Il postural pluridisciplinaire. Il oriente le patient vers les spécia-
semble aussi exister un lien entre le complexe trigéminal et listes impliqués dans sa prise en charge personnalisée. Les
l’hyperalgie associée [53]. Les différences peuvent s’expli- praticiens communiquent sur le déroulement des soins dans
quer par les biais présents dans les études mais aussi par chaque spécialité par l’intermédiaire de courriers cliniques [45].
certains mécanismes encore mal connus voire inconnus mis
en jeu (les multiples inter-connexions neurologiques cen-
trales et périphériques de l’ATM, le potentiel d’adaptation de SCHÉMAS PATHOLOGIQUES POSTURAUX
l’ATM aux contraintes biomécaniques, le caractère pluridimen-
sionnel de la douleur, les dimensions psychiques et sociales, À l’aide de son diagnostic, le praticien cherche à compren-
etc) [24]. dre si le problème initial est d’origine cranio-mandibulaire ou
postural ou mixte [45]. De façon synthétique, deux schémas
pathologiques posturaux ont été décrit par P.-H. Dupas
LES ACTEURS DU TRAITEMENT POSTURAL (2011), un schéma ascendant et un descendant, peuvent
être envisagés selon l’étiologie initiale (Fig. 5) :
Le traitement postural a pour objectif de modifier les ● lorsque l’appareil mandibulaire est responsable du
entrées du système par manipulation des capteurs déséquilibre du tonus postural et de l’hypoconvergence
posturaux (mandibule, yeux, muscles cervicaux et oculaire (si présente), on parle de pathologie descendante.
masticateurs, pieds…) dans le but de reprogrammer le L’occlusodontiste intervient alors en premier lieu. Un travail
tonus musculaire. Le but est de soulager les pathologies collaboratif est nécessaire avec le kinésithérapeute et l’or-
de contraintes afin d’optimiser le schéma moteur [54]. thoptiste [45] ;
● lorsque les contractures musculaires d’adaptation pos-
Plusieurs corps de santé sont acteurs du traitement postural : turale peuvent avoir des répercussions sur l’appareil
● kinésithérapeute : pour le système musculo-articulaire manducateur, on parle de pathologie ascendante. Un traite-
maxillo-facial et cervical, la rééducation des fonctions oro- ment principal médicamenteux et de rééducation/d’entre-
faciales (linguale, ventilation…), la stabilisation du nouvel tien doit être mis en place respectivement par le médecin
état postural après traitement [15] ; posturologue et par le kinésithérapeute. Le traitement de
● occlusodontologiste : par la mise en place d’une gouttière l’occlusodontiste vient alors en complément. Un orthoptiste
de reconditionnement neuro-musculo-articulaire ou/et d’un participe aussi à rétablir le réflexe oculo-céphalogyre
traitement occlusal ; lorsque des troubles de la convergence sont associés [45].

Figure 5. Schémas pathologiques ascendant (colonne gauche) et descendant (colonne droite) selon Dupas, 2011 [20].

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Odontologie et kinésithérapie : postures cranio-cervicales,
DTM et cervicalgies posturales Savoir

Figure 6. Exercices de rééducation linguale pour déglutition Figure 7. Gouttière occlusale réglée (photographie du Dr Hennequin,
dysfonctionnelle (photographie de Mme Julie Machuret-Dufour, 2018). 2016).

Ces deux schémas pathologiques peuvent être mixtes. Par


exemple, une pathologie descendante mixte signifie une
pathologie descendante associée à des troubles posturaux
indépendants.
L’identification de tous les facteurs de risque est essentielle
pour une prise en charge la plus complète possible et éviter
les risques de récidive [20, 54]. Selon les capteurs posturaux
déficients et les troubles associés, le patient doit être adressé
aux autres spécialistes concernés [20].
De manière générale, un traitement rééducatif [20] peut être
mis en place dans la prise en charge des DTM et des troubles
cervicaux aspécifiques. Les traitements symptoma-
tiques prennent en charge la douleur qui est la princi-
pale demande du patient et doit être la première étape du
traitement. Ils aident à la décompression des ATM et/ou à
la décontraction des muscles. Ce sont des prescriptions
pharmacologiques de type antalgiques de niveau 1 ou 2, Figure 8. Gouttière occlusale en bouche (photographie du Dr Hennequin,
des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des myore- 2016).
laxants. Mais aussi des injections de toxine botulinique
ponctuelles au niveau des muscles masticateurs (temporaux La troisième étape est la reprogrammation d’une position
ou masséters) qui diminuent des contractions pendant des mandibulaire centrée et d’une cinétique normale [20]. Le traite-
périodes de 3 à 6 mois [11, 20]. ment occlusal de l’occlusodontiste a pour but de diminuer les
Le traitement étiopathogénique cible les troubles de la ven- douleurs et la symptomatologie musculo-articulaire [57]. Il
tilation, les dysfonctions linguales, les parafonctions [20] et stabilise la position mandibulaire lors de la fermeture et peut
les troubles posturaux [55]. Ce dernier corrige les co-facteurs aussi aider à rétablir une union entre le condyle mandibulaire
étiologiques et pré-disposants [1]. Pour cela, le kinésithéra- et le disque articulaire [1]. Il débute par le port d’une gouttière
peute travaille avec le patient pour rétablir ses fonctions oro- occlusale en résine dure (Fig. 7 et 8) aux effets réversibles
faciales et le maintien d’une bonne posture craniocervicale [58]. La gouttière permet de retrouver une position mandibu-
[20]. La rééducation d’une dyspraxie, notamment linguale, laire stable et neutre au niveau articulaire et musculaire afin
doit être débutée le plus tôt possible (Fig. 6). Des techniques de diminuer la symptomatologie articulaire et musculaire
de rééducation maxillo-faciale peuvent aussi être associées (cervicaux et masticateurs) [1]. Elle est mise en place et
telles que les levées de tension des muscles de la fermeture modifiée régulièrement. Le contact des dents sur la gouttière
buccale (masséter surtout), les techniques de décoaptation doit être homogène et bien réparti. En cours de traitement,
de l’ATM [1,15]. le relâchement musculaire modifie la position mandibulaire
et les contacts dentaires sur la gouttière d’où la nécessité
Une étude de 2014 démontre l’intérêt de la thérapie de « ré-équilibrer » régulièrement la gouttière. Le temps du
physique sur les 511 patients. La prise en charge traitement est très variable selon la vitesse d’adaptation du
précoce en kinésithérapie des patients atteints de patient, sa compliance et ses symptômes. Le résultat obtenu
symptômes cervicaux et temporomandibulaires peut être ensuite stabilisé par des thérapeutiques dentaires
améliore l’efficacité du traitement dentaire [56]. définitives pour pérenniser la position thérapeutique [1,15].

9
Savoir M. Hourset et al.

figures), Dr Hennequin (encadrement, relecture et photographies),


Dr Esclassan (encadrement et relecture), Dr Destruhaut (encadrement
Points à retenir et relecture) et Mme Dufour-Machuret (relecture et photographies).

• Dans le sens sagittal, l’antéposition céphalique Déclaration de liens d’intérêts


peut être directement source de cervicalgies et indi- Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
rectement de DTM [1, 24].
• Les cervicalgies ne représentent pas un facteur
de comorbidité des DTM, mais possèdent de nom- RÉFÉRENCES
breux facteurs favorisant ou déclenchant communs
avec ces dysfonctions. [1] Gola R, Cheynet F, Richard O, Guyot L. Faut-il opérer les
• Les dysfonctions orofaciales notamment la ventilation syndromes algo-dysfonctionnels de l’appareil manducateur
buccale et la déglutition dysfonctionnelle sont des élé- (SADAM) ? Mem Acad Natl Chir 2005; 4: 30–41.
ments importants à relever lors de l’examen clinique. [2] Fougeront N, Garnier B, Fleiter B. Dysfonctionnements muscu-
• La prise en charge du patient atteint de cervical- laires douloureux de l’appareil manducateur et dysfonctionne-
gies et de DTM doit être pluridisciplinaire. Sa diffi- ments cervicaux et linguaux connexes (3e partie). Med Buccale
culté réside essentiellement dans la communication Chir Buccale 2015; 21: 11–8.
entre les différents praticiens libéraux et la connais- [3] Roux C.-H, Bronsard N. Cervicalgie commune et névralgies cervi-
sance des différents acteurs du traitement. cobrachiales. EMC – Appareil locomoteur 2016; 11: 1–17.
• Le traitement des différents co-facteurs associés [4] Haldeman S, Carroll L, David Cassidy J, Schubert J, Nygren Å.
aux deux pathologies nécessite la participation coor- Bone and joint decade 2000-2010. Task force on neck pain and
donnée du kinésithérapeute et de l’occlusodontiste. its associated disorders. Spine 2008; 33: S5–7.
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Néanmoins, la plupart du temps un sevrage progressif de la
[6] Aknin JJ. Croissance craniofaciale. EMC - Orthopédie dentofa-
gouttière est réalisé dans la mesure où le tableau clinique est
ciale 2008: 28-100-P-10.
amélioré et stable [59]. La compréhension et l’auto-prise en
[7] Caps Lukowiak C. Thèse pour le diplôme d’état de docteur en
charge du patient restent primordiales [20].
Chirurgie dentaire: Contribution à la prévention des troubles
associés structuraux et fonctionnels de la sphère oro-faciale chez
l’enfant en cours de croissance. Académie de Nancy-Metz. 2007.
CONCLUSION [8] Raberin M. Incidences cliniques des postures de la zone orolabiale.
Malgré l’absence de consensus sur le sujet, la posture EMC-Odontologie/Orthopédie dentofaciale 2007; 23-474-B-10:1-25.
céphalique semble être un des facteurs pouvant influencer [9] Landouzy JM, Sergent Delattre A, Fenart R, Delattre B, Claire J,
l’apparition de cervicalgies non spécifiques et/ou de Dys- Biecq M. La langue : déglutition, fonctions oro-faciales, crois-
fonctions Temporo-Mandibulaires (DTM). Les étiologies sance crânio-faciale. Internat Orthodontics 2009;7:227–56.
fonctionnelles (ventilation, déglutition) et posturales semblent [10] Salagnac JM, Delaire J, Mercier J. Développement vertical de la face
étroitement imbriquées. L’avancée de l’extrémité céphalique et du rachis cervical. Rev Stomatol Chir Maxillofac 1999; 100: 13.
apparaît comme pouvant être un co-facteur indirect influençant [11] Boussion L. Thèse Université Claude Bernard à Lyon 1, spé-
l’apparition des dysfonctionnements de l’appareil manducateur. cialité Biomécanique. Étude cinématique tridimensionnelle du
L’une des difficultés cliniques de la posturologie est de savoir rachis cervical : comparaison entre sujets asymptomatiques et
comment organiser et hiérarchiser un traitement entre les dif- pathologiques ; 2008.
férents praticiens. Actuellement, il n’existe pas encore de consen- [12] Lavignolle BG, Messina M, Sénégas L. Rééducation des
sus thérapeutique ni de méthodologie de traitement postural [45]. traumatismes du rachis cervical sans lésions neurologiques.
Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation 2008: 1–28.
[13] Ballard CF, Wayman JB. A report on a survey of the orthodontic
Des protocoles sont élaborés par les praticiens
requirements of 310 army apprentices. Dent Pract Dent Rec
kinésithérapeutes et occlusodontistes en fonction de
1965; 15: 221–6.
leurs acquis et de leurs connaissances permettant de
[14] Boute S., Kleutghen J. Early orthodontic treatment. Rev Belge
mieux appréhender la double symptomatologie [1, 8,
Med Dent 1898; 44: 39–53.
9, 15, 20, 24, 45]. Ils montrent l’importance d’un travail
[15] Clauzade M, Marty JP. Orthoposturodontie 2006; 2.
collaboratif entre ces deux disciplines pour une prise
[16] Liu Y, Sun X, Chen Y, Hu M, Hou X, Liu C. Relationships of sagittal
en charge plus globale du patient.
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Remerciements et soutiens et financements éventuels [17] D’Attilio M, Caputi S, Epifania E, Festa F, Tecco S. Evaluation of
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Dr Hourset Mathilde (travaux de recherche et d’analyse liés à thèse functional influence on the stomatognathic system, a conceptual
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Odontologie et kinésithérapie : postures cranio-cervicales,
DTM et cervicalgies posturales Savoir

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