Vous êtes sur la page 1sur 41

Chapitre 5

Adduction
de l’eau potable
Type d’adduction
L’adduction de l’eau potable est le transfert (transport) de cette eau de la source
naturelle de prélèvement ou éventuellement de la station de traitement (station de
potabilisation) vers le(s) réservoir(s) de stockage pour une distribution ultérieure.

On distingue trois types d’adduction :

 Adduction gravitaire
Si le point de captage (ou de la station de traitement) est situé à une altitude
supérieure à celle du réservoir de stockage (Conduite d’adduction)
 Adduction par refoulement
Si le point de captage (ou de la station de traitement) est situé à une altitude inférieure

à celle du réservoir de stockage ou même à une altitude supérieure mais avec une
dénivelée insuffisante pour un écoulement gravitaire économique (Conduite de
refoulement)
 Adduction mixte
Lorsque l’eau est refoulée du captage vers un
réservoir intermédiaire puis coule gravitairement
vers le réservoir de stockage (Conduites de
refoulement et d’adduction)
Type d’adduction
Adduction gravitaire
L’écoulement peut être à surface libre c’est-à-dire sans pression ou en charge.

Pour l’écoulement à surface libre, la force motrice est la pente, généralement


uniforme sur tout le long de l’adducteur.

Cet écoulement peut être réalisé par des aqueducs ou des canaux à ciel ouvert.

Il est caractérisé par :

 L’écoulement devra être à surface libre sur tout le long du parcours

 Pente fiable et sensiblement constante

 Vitesse faible et donc grande section transversale

 Système particulier selon la topographie naturelle : sur arcades en siphons, en


tunnels …

 Possibilité de drainage de la pollution


Type d’adduction
Adduction gravitaire

Adduction gravitaire en charge

Pour l’écoulement en charge, l’adducteur (ou le feeder) coule à pleine section, c’est-
à-dire sous pression.

Il est caractérisé par :

 Les vitesses sont plus grandes que dans le cas des aqueducs.

 L’eau est isolée du milieu extérieur : moins de perte et pas de risque de pollution.

 Aucune contrainte en ce qui concerne la pente de la conduite


Type d’adduction
Adduction par refoulement

Dans une adduction par refoulement, le captage se situe à un niveau inférieur à


celui du réservoir de distribution.

Les eaux de captage (ou traitées) sont transférées par une station de refoulement.

Le refoulement des eaux via la conduite de refoulement se fait par une station de
pompage (ou station élévatoire) comportant principalement :

 La salle d’arrivée des eaux (ou bâche d’aspiration)

 La salle des machines comportant généralement plusieurs groupes élévatoires

 La salle des commandes


Adduction
Gravitaire
Adduction Gravitaire
Tracé en plan
 Le tracé en plan doit être le plus direct possible (le plus court) entre la source et le
réservoir de stockage pour réduire les frais de premier établissement.

 Le tracé en plan doit emprunter de préférence l’accotement des routes et chemins


pour faciliter l’accès durant le chantier de mise en place et en cas de prospections
ou réparations éventuelles.
 Le tracé en plan doit prévoir le minimum d’ouvrages couteux tels que les traversées
de rivières, de canaux, ou de routes importantes.

Franchissement d’un ouvrage d’art Traversée en siphon d’un oued

 Le tracé en plan doit éviter le passage par les propriétés privées pour minimiser le
recours à la procédure d’expropriation pour utilité publique.

Cependant il sera difficile d’éviter le passage par les terrains particuliers pour les
conduites de gros diamètres.
Adduction Gravitaire
Profil en long
Le profil en long doit respecter les consignes suivantes :

1. Pente de la conduite
L’air au niveau des conduites étant l’ennemi des adductions d’eau potable car son
accumulation peut gêner l’écoulement et ne permet pas d’avoir une veine liquide
continue. Il peut même endommager les conduites en cas de cavitation suivie
d’implosion.

Le profil en long de la conduite doit par conséquent :

 Eviter des pentes nulles au niveau de certains segments de la conduite

 Prévoir des montées lentes de pentes minimales de 0.2 à 0.3% et des descentes
rapides de 0.4 à 0.6% afin de permettre à l’air de se déplacer lentement et
se focaliser aux points hauts pour être évacué.
Adduction Gravitaire
2. Profondeur de pose
Les conduites doivent être posées en terre, exceptionnellement en élévation au-
dessous du sol, en galerie, sur des ouvrages d’art ou même dans le lit des rivières.

La pose en terre se fait au niveau d’une tranchée avec une distance variant de 0.80 à
1.20 m au-dessus de la génératrice extérieure supérieure pour les raisons suivantes :

 Eviter tout acte de vandalisme ou de piquage illicite.

 Avoir une eau relativement fraîche en été

 Eviter en hiver d’avoir une eau trop froide voir même son gel dans les zones trop
froides
Adduction Gravitaire
3. Tranchée de pose
La tranchée pour loger la conduite doit présenter les caractéristiques suivantes :
 Les fouilles en tranchée doivent se faire avec une
largeur minimale de 0.60m pour permettre la pose de la
conduite et l’accès du personnel au fond de la tranchée.

 Le fond de fond doit être bien nivelé et ne présente


aucun objet pointu.

 Un lit de pose en sable ou en gravier de 0.15 à 0.20 m


d’épaisseur doit être bien étalé et couvert tout le fond
de la trachée.

 La pose de la conduite doit se faire au milieu de


la tranchée
 La conduite est ensuite recouverte par un
remblai dit primaire. Ce remblai peut provenir en
totalité ou en partie du déblai obtenu lors des
fouilles en tranchée ou d’un remblai d’apport.

Ce remblaiement est effectué jusqu’à une


hauteur d’enrobage de 0.30 m au-dessus de la
génératrice extérieure supérieure.
Adduction Gravitaire
3. Tranchée de pose (suite)

 Le remblaiement est achevé par un remblai dit


secondaire jusqu’à atteindre le terrain naturel.

 Pour la signalisation de la conduite, un grillage


avertisseur bleu est mis en place à l’intérieur du remblai
secondaire. Il doit dans tous les cas être situé à une
hauteur de 30 cm au-dessus de la génératrice supérieure
extérieure de la conduite.

 Il doit respecter les dispositions ci-après :

 DN≤500 mm : largeur du grillage sera 50 cm.

 DN>500 mm : juxtaposition de deux rouleaux de


50cm de largeur chacun.

 Le grillage doit obligatoirement avoir dans tous


les cas des renforts d'origine sur chaque bord.
Adduction Gravitaire
4. Equipement des points hauts
Les points hauts sont équipés par des ventouses.
Adduction Gravitaire
4. Equipement des points hauts
Ces ventouses permettent :

 L’évacuation de l’air à grand débit lors du remplissage de la conduite


Lors du remplissage, un volume important d’air est évacué par le grand
orifice. A l’arrivée de l’eau dans la chambre principale, le flotteur est
poussé vers le haut et ferme l’orifice. Le poids de la boule empêche tout
risque de fermeture prématurée avant l’arrivée de l’eau

 L’admission de l’air à grand débit lors de la vidange de la conduite


Lors d’une opération de vidange, la ventouse à travers le grand orifice,
permet de faire pénétrer l’air dans la conduite suite au vide qui s’est créé.
La ventouse agit comme un reniflard et évite la création de pressions
négatives qui risqueraient d’entrainer l’écrasement de la conduite ou
l’aspiration d’eau impropre à la consommation

 Le dégazage de l’air en fonctionnement normal


En fonctionnement normal, de petites poches d’air
s’accumulent dans la partie supérieure de la ventouse. N’étant
plus porté par l’eau, le flotteur tombe, libérant l’ouverture du
petit orifice et permettant ainsi l’évacuation de l’air. Le niveau
de l’eau et le flotteur remontent ensuite, fermant à nouveau
l’orifice
Adduction Gravitaire
4. Equipement des points hauts
Adduction Gravitaire
5. Equipement des points bas
Les points bas sont équipés par des vidanges (ou décharges) pour permettre :

 La vidange de la conduite en cas de réparations éventuelles

 L’évacuation de dépôts de sable constatés

 La chasse de pollution accidentelle


Adduction Gravitaire
6. Vannes de sectionnement
La conduite d’adduction comporte des vannes de sectionnement à la tête comme à
l’extrémité et à des distances selon la distances totale de l’adducteur pour permettre
d’isoler un tronçon donné sujet de défections en but d’effectuer des réparations ou des
entretiens

Vanne à opercule

Vanne papillon
Adduction Gravitaire
7. Brise-charges
Si certains tronçons de l’adducteur sont soumis à de fortes pressions, on peut installer
des brise-charges (ou réducteurs de pression).
Un brise-charge est un réservoir intermédiaire à surface libre dans lequel une partie de
l’énergie que possède l’eau à son entrée se trouve brisée par une vanne-pointeau
donnant lieu à une forte perte de charge singulière. Le jet d’eau débouche alors à l’air
libre à la sortie de la vanne.
L’autre partie étant transformée en énergie potentielle avec un niveau N de la bâche
pour le tronçon aval.
Adduction Gravitaire
7. Brise-charges (suite)
Détermination de l’emplacement d’un brise-charge

Supposons que la ligne piézométrique SR donne, au fond de la vallée, F, une pression au sol FP trop
importante et qu’il faut la réduire à la pression FP’’

La position du brise-charge B est déterminée en menant par P’’ une horizontale qui coupera la surface
topographique au point cherché. Ce qui revient à considérer le cas d’arrêt de débit par fermeture en R,
à ce moment, la pression maximale dans la conduite est rapportée à l’horizontale passant par le niveau
de l’eau dans le brise-charge

Le profil piézométrique avec le brise-charge sera l’un des suivants :

SCBP’R : de B à F, on a le même diamètre D1 qu’entre S et B


de F à R, on a un diamètre D3 plus grand que celui sans brise-charge D1.
En effet, la pente de la ligne P’R est plus faible que celle de BR. Bien entendu, il faut que P’
soit supérieur à R.

SCBR : de B à R, on a un diamètre unique D2 supérieur à D1


Adduction Gravitaire
8. Position de la ligne piézométrique
Considérons une conduite reliant deux réservoirs. La ligne piézométrique correspondant
aux pressions relatives est représentée approximativement par la droite AA’ (On a négligé
les pertes de charge dues à l’entrée et à la sortie des réservoirs. La ligne piézométrique
BB’ correspond aux pressions absolues.

Si la conduite toute entière est située au dessous de AA’, la pression dépasse la pression
atmosphérique. Cette hypothèse correspond à une situation normale. Il faut prévoir des
ventouses aux points les plus élevés N’ pour la sortie de l’air accumulé et des décharges
de fond en N et N’’ pour la vidange et le nettoyage.
Adduction Gravitaire
8. Position de la ligne piézométrique

Si la conduite passe au dessus de la ligne piézométrique AA’, la partie du tronçon


au-dessus de AA’ est en dépression. En général, on doit éviter les zones en dépression.

En effet, un cas de figure facilitera l’entrée de corps étrangers et peut contaminer l’eau.

La pose d’une ventouse normale est contre indiquée, étant donnée qu’elle permettrait
l’entrée de l’air et provoquerait en conséquence, une réduction du débit.
Adduction Gravitaire
8. Position de la ligne piézométrique

Si la conduite s’élève au-dessus de la ligne horizontale qui passe par A, il n’y aura
écoulement que si toute la conduite a été remplie d’eau au préalable (effet du siphonage)
Phénomène transitoire
- Coup de bélier -
Analyse physique du phénomène
Examinons le cas d’une conduite horizontale de diamètre et d’épaisseur constants et de longueur L.
1- Arrêt d’écoulement

Supposons que la vanne soit fermée instantanément au temps t = 0.

2- Surpression

La tranche d’eau adjacente à la vanne vient s’écraser contre celle-ci et s’immobilise. Comprimée par
la colonne d’eau, la tranche voit sa pression augmenter, elle se raccourcit et produit un gonflement de
la conduite.

Ce phénomène se reproduit pour les autres tranches d’eau et se propage de proche en proche,
jusqu’à l’entrée de la conduite.
Analyse physique du phénomène

IL s’agit donc d’une onde de surpression qui remonte la conduite de la vanne jusqu’au réservoir avec
une célérité µ.

La pression à l’entrée de la conduite est beaucoup plus élevée que la pression dans le réservoir. Le
gradient de pression fait couler l’eau de la conduite vers le réservoir.

3- Retour à l’état initial avec inversion du sens d’écoulement

Les tranches d’eau à partir de l’entrée de la conduite vers l’aval se décompriment tour à tour. L’eau
qui est en arrière du front de l’onde est expulsée vers le réservoir tandis que la conduite se contracte
et l’eau se décomprime
Analyse physique du phénomène

Quand l’onde de dépression descend la conduite, la pression est ramenée à sa valeur initiale.

Tout ce passe comme si l’onde de surpression avait été réfléchie avec un changement de signe

4- Dépression

Toute la masse d’eau est en mouvement vers le réservoir. L’amplitude de la dépression devient
inférieure à la valeur de la pression statique normale.

L’onde de dépression se propage vers le réservoir.


Analyse physique du phénomène

L’onde de dépression se propage jusqu’à atteindre le réservoir. L’eau de la conduite est de nouveau à
l’arrêt et la pression dans la conduite est inférieure à la pression au niveau du réservoir

5- Retour à l’état initial avec inversion du sens d’écoulement

L’eau envahit donc de nouveau la conduite, une onde de pression se propage vers l’aval et ramène la
𝟒𝐋
conduite à ses conditions initiales. Cette phase se termine à l’instant
𝛍

𝟒𝐋
Un autre cycle, qui va durer , commence immédiatement et de la même manière mais de façon
𝛍

atténuée par les pertes de charge (plus faible amplitude de pression). Après plusieurs cycles, les
ondes disparaissent, l’écoulement est complètement arrêté et la pression statique règne partout.
Nature des conduites
d’eau potable
Classification des conduites d’eau potable
Distribuer l'eau potable jusqu'au robinet de l'usager nécessite d'utiliser un réseau
souterrain constitué de 2 types de canalisations :

Les conduites d'adduction :

Elles sont destinées au transport des gros débits d'eau, souvent entre la station de
traitement et le réservoir. Elles ont un diamètre important.

Leur installation nécessite du matériel lourd, mais se fait en général en zone non
encombrée...

Les conduites de distribution :

Celles-ci sont utilisées pour desservir les domiciles des usagers. Leur diamètre est plus
petit.

Leur installation ou leur réfection en zone urbaine nécessite du matériel de petite


intervention et une extrême prudence, car les travaux sont souvent à réaliser en
encombrement souterrain maximum.
Classification des conduites d’eau potable
Il existe deux grandes familles conduites en terme de comportement aux charges :
 Les tubes rigides

 Les semi-rigides (ou flexibles).

Les tubes rigides sont fabriqués à partir de béton (Béton Armé ou Béton Précontraint),
de fonte ou d’acier.

Leur structure empêche toute ovalisation de leurs diamètres. Ces tube vont reprendre
l’intégralité des charges auquel il sont soumis. Ils résisteront aux charges jusqu’à leurs
points de fissuration puis jusqu'à ceux de rupture.

Les tubes semi-rigides sont généralement réalisés à partir de matériaux thermoplastiques


tels que :

 Polychlorure de Vinyle Chloré utilisé à l’extérieur de la structure du bâtiment code


U (PVC-U)
 PolyEthlylène Haute Densité (PEHD)
 PolyPropylène (PPR)
 Polyester Renforcé en fibres de Verre (PRV)
Conduites rigides
Conduites en béton :
Conduites rigides
Conduites en béton :
Conduites rigides
Conduites en fonte ductile :
Conduites rigides
Conduites en fonte ductile :
Conduites rigides
Conduites en acier galvanisé :
Conduites semi-rigides
Conduites en Polychlorure de Vinyle Chloré (PVC-U) :
Conduites semi-rigides
Conduites en Polychlorure de Vinyle Chloré (PVC-U) :
Conduites semi-rigides
Conduites en PolyEthlylène Haute Densité (PEHD) :
Conduites semi-rigides
Conduites en PolyEthlylène Haute Densité (PEHD) :
Conduites semi-rigides
Conduites en PolyPropylène (PPR) :
Conduites semi-rigides
Conduites en PolyPropylène (PPR) :

Elles se caractérisent par leur légèreté mais aussi leures


propriétés de résistance à la pression et à la corrosion.
Ces conduites conviennent particulièrement à
l'approvisionnement en eau des réseaux domestiques
(eau froide ou chaude).

Moins de pertes de calories lors du transfert de l’eau


chaude (phénomène de déperdition thermique).
Conduites semi-rigides
Conduites en Polyester Renforcé en fibres de Verre (PRV) :

Les conduites PRV sont classées selon le


Diamètre nominal DN qui est le Diamètre
Intérieur, par la Pression Nominale PN et la
Classe de rigidité Nominale SN.

Vous aimerez peut-être aussi