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Chapitre 2.

Les objectifs de la politique économique:


L’économiste britannique Nicolas Kaldor (1908-1986) est à l’origine de ce qui est connu par le
carré magique pour désigner quatre objectifs que la politique économique doit chercher à
atteindre. Ils portent sur le chômage, sur l’inflation, sur le déséquilibre extérieur et sur la
croissance économique. Ce sont les concepts relatifs à ces quatre objectifs que nous essayerons
d’expliciter dans le cadre de ce chapitre.

1. Le chômage:
1.1. Les principales formes du chômage :
On distingue entre le chômage lié à la mobilité du facteur travail, le chômage expliqué par le
niveau de l’activité économique, et le chômage engendré par des évolutions structurelles .
1.1.1. Le chômage de mobilité :
- Ce type de chômage est considéré volontaire.
-Il est compatible avec une situation de plein emploi (ceux qui veulent travailler au salaire
courant trouvent un emploi). Il est de ce fait considéré incompressible.
-Il est parfois désigné par les économistes de chômage frictionnel. 1
- Le chômage de mobilité est expliqué :
* Par le changement d’emploi : Ce changement se traduit souvent par un temps de recherche.;
* Par le passage de l’activité à l’inactivité, puis à l’activité: C’est le cas par exemple des
femmes actives qui peuvent décider, à un moment ou à un autre de leur carrière , d’arrêter de
travailler pour des raisons familiales liées le plus souvent aux enfants. Une fois ces derniers
sont devenus plus indépendants, elles se retrouvent sur le marché de travail à la recherche d’un
emploi.

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1.1.2. Le chômage conjoncturel :
- C’est un chômage associé à la conjoncture économique.
- Cette dernière montre des périodes d’expansion et des périodes de stagnation et de
récession. Le chômage augmente dans les périodes de récession et diminue dans les
périodes d’expansion. Il évolue donc en fonction de l’évolution de l’activité économique.

1.1.3. Le chômage structurel :


- Ce chômage est due à la transformation des structures de production expliquée par
exemple par des facteurs liés aux évolutions technologiques, à l’apparition de nouveaux
concurrents sur le marché mondial, ou encore aux changements des préférences des
consommateurs.
- Ces évolutions font que certains anciens secteurs disparaissent pour donner lieu à de
nouveaux secteurs. Les travailleurs licenciés ne trouveront pas facilement de l’emploi à
cause de l’inadéquation entre leurs qualifications et ce que les entreprises demandent.

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1.2. Les interprétations théoriques du chômage :
1.2.1. L’opposition traditionnelle entre classiques et keynésiens :
1.2.1.1. Pour les classiques:
- Comme tout autre marché, le marché du travail doit être régi par la loi de l’offre et de la
demande et dont l’équilibre serait assuré par la flexibilité des prix (les salaires).
- Le chômage serait donc volontaire : les travailleurs refusent de travailler au salaire
courant : ils sont donc responsables de ce phénomène.
- Aussi, le chômage peut être engendré par une rigidité des salaires à la baisse, expliquée
par exemple par des rigidités institutionnelles (exemple: salaire minimum).

Ce sont donc des entraves au fonctionnement libre du marché qui expliqueraient, selon
les classiques ce phénomène.

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1.2.1.2. Pour les keynésiens:
- Le facteur le plus important pour Keynes est celui lié à l’effet des salaires sur la demande.
Leur baisse réduirait la demande et aggraverait la baisse de la production et donc le chômage.
Ce dernier serait donc causé par une insuffisance de la demande
Pour résorber le chômage, la solution serait une relance de la demande par une politique active
de l’Etat (augmentation des dépenses publiques, diminution des impôts..).

- La rigidité des salaires à la baisse peut refléter un choix rationnel des entreprises plutôt que
des blocages institutionnels:
*Les entreprises peuvent en effet se mettre d’accord avec leurs employés sur des salaires en
moyennes faibles, mais stables quelle que soit la conjoncture (théorie des contrats implicites).
**Aussi, elles peuvent ne pas chercher à baisser les salaires pour garder les travailleurs les plus
expérimentés et ayant été en partie formés par et dans l’entreprise (théorie du capital humain).
*Enfin, le salaire est aussi un facteur de motivation et d’augmentation de la productivité et il
faut donc le maintenir acceptable par les salariés (théorie du salaire d’efficience).
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1.2.2. L’interprétation moderne du chômage :
Les différentes interprétations du chômage ne sont pas considérées comme des explications
uniques et antinomiques. On admet l’existence simultané des quatre types de chômage
(frictionnel (délai minimum pour retrouver un emploi, classique (coût de travail élevé),
keynésien (insuffisance de la demande), et structurel (inadéquation entre la formation des
travailleurs et les besoins des entreprises).

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1.3. Mesure du chômage:
Selon le Bureau International du Travail (BIT), une personne est considérée comme chômeur
si elle remplit simultanément les critères suivants :
• avoir 15 ans ou plus
• être sans emploi au cours d’une semaine précise, dite « semaine de référence »
• avoir effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche
d’emploi (réponse à une petite annonce, inscription dans une agence d’intérim, etc.) ou avoir
trouvé un emploi qui commence dans moins de trois mois
• être disponible pour travailler dans les deux semaines à venir.
L’importance du chômage est appréciée par le taux de chômage. Ce dernier est égal à:
[Nombre de chômeurs / Population active]*100
[(Population active – Population employée) / Population active]*100.
Avec:
Population active: Population en âge de travailler, apte à le faire, et qui est à la recherche d’un
emploi.
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2. Le problème de l’équilibre extérieur :
Le concept d’équilibre extérieur recouvre:
* l’équilibre de la balance des paiements, et
* l’équilibre du marché des changes,

Ces deux équilibres constituent les deux aspects d’un même problème:
*Les opérations entre résidents et non résidents sont en effet enregistrées dans la balance des
paiements et se traduisent par des offres ou des demandes de devises sur le marché des
changes.

**Si la balance globale des paiements est équilibrée (à distinguer de la Balance générale ; cette
dernière incluant en plus le mouvement des réserves de change), l’offre serait égale à la
demande des devises sur le marché des changes, et il n’ y aura pas des pressions sur le taux de
change.

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2.1. La balance des paiements:
- C’est un document comptable dans lequel sont enregistrées toutes les transactions
financières et commerciales entre les résidents d’un pays et les non-résidents au cours d’une
période donnée.

- On distingue généralement entre trois grandes rubriques dans la BP. Ce sont les opérations
courantes, les opérations en capital et financières, et les opérations d’ajustement.

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2.1.1. Les opérations courantes :
Elles incluent les opérations sur les biens, sur les services, sur les revenu, et sur les transferts
unilatéraux.
2.1.1.1. Les opérations sur les biens (ou marchandises) :
Ce sont les exportations et les importations de produits tangibles.
2.1.1.2. Les opérations sur les services :
Ce sont les opérations liées au transport (frets et assurances), voyage (tourisme, études et
stages), aux dépenses et recettes courantes de l’Etat liées à l’extérieur, et à d’autres services
(assurances autres que sur les marchandises, des redevances pour brevets…).
2.1.1.3. Les opérations sur les revenus:
Ce sont les revenus du facteur travail (salaires) et les revenus du facteur capital (bénéfices,
dividendes, intérêts).
2.1.1.4. Les opérations liées aux « transferts unilatéraux »:
Ce sont les opérations liées aux transferts sans contreparties au sens d’un paiement.

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2.1.2. Les opérations en capital et financières :
2.1.2.1. Les opérations en capital :
Elles sont liées aux dons (exemple : dans le cadre du programme d’appui à la compétitivité de
l’économie, l’union européenne a accordé à la Tunisie en 2001 un don de l’ordre de 40
millions d’euros).
2.1.2.2. Les opérations financières:
Ce sont les investissements directs, les investissements de portefeuille , les Prêts – emprunts à
long terme des administrations, les Prêts – emprunts à long terme des entreprises, et les Prêts –
emprunts à court terme (en général sur 90 jours tels que les achats et ventes à crédit).

L’ensemble des opérations en capital et financières de moyen et de long termes sont


récapitulées dans la balance des capitaux à long terme (BKLT).

La BKLT et la BOC constituent la balance de base (BB tel que BB = BKLT + BOC).

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2.1.3. Les opérations d’ajustement :
Elles sont constituées par « différence de change », les « opérations en cours ».
L’ensemble des opérations courantes (BOC), des opérations en capital et financières (BOKF) et
des opérations d’ajustement (Aj) constitue ce qui est appelé par balance globale (BG) ou
balance des règlements officiels.
BOC + BOKF + Aj = BG.

2.1.4. Le solde de la balance générale


Pour obtenir la balance générale, on ajoute à la balance globale le mouvement des réserves de
change. Ces réserves sont constituées d’or, de devises et de droits de tirage spéciaux.

Par définition, le solde de la balance générale des paiements est égal à zéro. L’équilibre entre
les recettes et les dépenses estt assuré par le mouvement des réserves de change:
BG = - Mouvements des réserves de change
Si BG > 0 : augmentation des réserves.
Si BG < 0 : diminution des réserves. 12
2.2. Relations entre soldes de la balance des paiements et agrégats macro-économiques :
2.2.1. Relation entre le solde de la balance des biens et services production interne :

Dans une économie ouverte, l’équilibre entre les ressources et les emplois permet d’écrire :
PIB + M = C + I +X
 PIB – (C + I) = X – M
 PIB – E = X – M = solde de la BOBS
 Excédent ou déficit de la production interne = solde de la BOBS.

Tels que PIB : produit intérieur brut ; E : emplois intérieurs ou demande finale locale
(demande de consommation (C) + demande d’investissement (I)) ; X : exportations des biens
et services et M : importations des biens et services.

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2.2.2. Relation entre le solde courant et la capacité (ou besoin) de financement :
On a : PIB + M = C + I +X
Or, PNB = PIB + RNFT, tels que PNB et RNFT.
 PNB – RNFT = C + I + X – M
 (PNB – C) – I = (X – M) + RNFT
 S – I = Solde de la balance des opérations courantes, avec S : épargne nationale.
A l’équilibre, le solde de la BOC est égal à la différence entre épargne et investissement. Un
solde positif (négatif) de la BOC indique une capacité (un besoin) de financement.

Remarque :
La désagrégation de l’épargne (S) en épargne publique (Spb) et privée (Spv) et de
l’investissement en invtestissement public (Ipb) et privé (Ipv), permet d’écrire :
(Spb – Ipb) + (Spv – Ipv) = Solde de la BOC.
Le solde de la BOC est donc expliqué aussi bien par le solde budgétaire que par la capacité ou
le besoin de financement du secteur privé. On parle de problème de double déficits en présence
d’un déficit budgétaire et d’un déficit courant 14
2.3. Principaux ratios liés à la balance des paiements :
Le ratio d’ouverture : ((X + M) / PIB)*100
Le ratio de couverture : (X / M)*100
Le ratio d’effort à l’exportation : (X / PIB)*100
Le ratio de pénétration : (M / demande finale locale)*100
Le ratio de la capacité à payer les importations : (stocks des réserves de change / M) * 360 j.
Le ratio (Service de la dette extérieure / X, ou recettes courantes)*100.
Le ratio (Principal de la dette extérieure / service de la dette)*100.
Le ratio (Intérêts liés à la dette extérieure / service de la dette)*100.

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2.4. Balance de paiements et mouvement du taux de change:
2.4.1. Cas d’un excédent de la BP:
Il se traduit par des pressions pour l’appréciation de la Monnaie nationale, c’est-à-dire
l’augmentation de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères. Le
mécanisme est valable aussi bien dans le cadre d’un régime de changes fixes que d’un régime
de changes flexibles, et peut impliquer l’intervention de la Banque Centrale:
- Dans le cadre d’un régime fixe, et pour respecter la parité déclarée, la Banque Centrale
interviendrait pour augmenter l’offre de la Monnaie Nationale en contrepartie d’une
augmentation de la demande des devises étrangères.
- Dans le cadre d’un régime de change flexible, il est possible de voir la Banque Centrale
intervenir par l’augmentation de sa demande de devises étrangères. Ceci est expliquée
essentiellement par des raisons de compétitivité ; l’appréciation rendant en effet les produits
nationaux plus chers sur le marché international.
- Dans les deux cas, il y’a des pressions inflationnistes liées à la création monétaire.

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2.4.2. Cas d’un déficit de la BP:
On assistera à des pressions à la baisse de la valeur de la monnaie nationale, c’est à sa
dépréciation par rapport aux monnaies étrangères. Ici aussi, la Banque Centrale intervient,
même si l’objectif est différent selon la nature du régime de change.
- Dans le cas d’un régime de change fixe, la Banque Centrale interviendrait sur le marché des
changes pour augmenter l’offre des devises en recourant à ses réserves de change. Le but
étant de garder la parité déclarée. Les réserves de change sont cependant en quantité limitée,
ce qui réduit la marge d’action de la Banque Centrale.
- Dans le cadre d’un régime flexible, la Banque Centrale pourrait chercher à intervenir, le plus
souvent limiter les effets potentiellement inflationnistes associés à la dépréciation de la
Monnaie Nationale (phénomène de pass-through).

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2.5. Les facteurs déterminants l’équilibre extérieur:
- La théorie économique démontre que l’équilibre extérieur peut être affecté par les facteurs
suivants:
* Les écarts de croissance
* Les écarts d’inflation
* Les écarts de taux d’intérêt
* La spéculation
- La contrainte extérieure est plus forte dans le long terme par comparaison au court terme. En
effet, dans ce dernier cas l’endettement international et les mouvements de capitaux peuvent
permettre de résoudre les déséquilibres.
- Dans le long terme, ce sont des transformations structurelles qui s’imposent.

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3. Croissance économique:
3.1. Définition et mesure:
La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services
dans une économie sur une période donnée, une année par exemple. En pratique, l'indicateur le
plus utilisé pour la mesurer est le produit intérieur brut (PIB) en termes réels ou aux prix
constants, c’est-à-dire évaluée par les prix d’une année de base, dans le but de contôler l’effet
de l’inflation.
Il est à préciser (rappeler) que le PIB est calculé, selon une optique dite de production, comme
la somme des valeurs ajoutées de tous les secteurs économique (Vaj = Production –
Consommations intermédiaires). Selon une optique dite de dépense (c’est celle qui nous
intéresse dans ce cours), il est calculé comme suit:
PIB = C + I + G + (X – M)
Où C, I, G, X et M représentent respectivement la consommation privée, l’investissement
privé, les dépenses publiques, les exportations des biens et services et les importations des
biens et services.
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Le taux de croissance économique, que l’on va noter g, entre une année t et une année (t+1)
est:
g = ((PIB(t+1) – PIBt) / PIBt)*100

Sur une période de plusieurs années, il peut être calculé par l’une des deux formules suivantes:
En temps discret:
g = ((PIBT/PIBt))1/(T-t) – 1) * 100
En temps continu:
g = (Log ((PIBT/PIBt)) / (T-t))*100

Le taux de croissance peut varier suite à la variation de facteurs liés à l’offre ou de facteurs
liés à la demande.

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3.2. Les causes des fluctuations du PIB :
Elles sont liées à des chocs touchant la demande des biens et services ou l’offre globale. La
politique économique est portée plus vers la gestion de chocs négatifs pouvant conduire à
une crise de demande ou à une crise de l’offre.
3.2.1. Une crise de la demande :
Elle peut être engendrée par :
*une baisse de la demande étrangère,
*une augmentation de l’épargne,
*une crise boursière qui appauvrit les agents…

La baisse de la demande conduit les entreprises à diminuer leurs prix de vente. Si les salaires
et les autres coûts de production restent inchangés, les profits des entreprises diminuent.
Cette baisse des profits incite les entreprises à diminuer la production, ce qui baisserait la
croissance économique.

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3.2.2. Une crise de l’offre :
L’offre des biens et services diminue parce que la production devient moins profitable.
Cette situation peut être engendrée par:
* une augmentation des prix des matières premières,
*une hausse des salaires,
*une augmentation des impôts frappant la production.

L’augmentation du coût de production rend celle ci moins profitable pour un prix donné.
La croissance diminue

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3.3. Les solutions proposées :
Qu’elle soit une crise de la demande ou une crise de l’offre, on distingue généralement entre
deux types de solutions :

3.3.1. Des solutions d’inspiration libérale:


Elles mettent l’accent sur l’ajustement par les salaires :
Crise → chômage → baisse des salaires → diminution des coûts de production →
augmentation de l’offre → baisse des prix → augmentation de la demande → retour à
l’équilibre.

3.3.2. Des solutions d’inspiration keynésienne:


Elles mettent l’accent sur l’encouragement de la demande :
Crise → action par la politique économique (budgétaire ou monétaire) → augmentation de la
demande de consommation ou d’investissement → retour à l’équilibre.

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4. L’inflation :
4.1. Définition :
L’inflation est une hausse du niveau général des prix. Elle ne doit pas être confondue avec la
hausse du prix d’un bien ou de quelques biens particuliers. Elle mesure une hausse du prix
moyen de tous les biens et services (approximés par un panier de biens).
Le contraire de l’inflation est la déflation. Cette dernière indique une baisse du niveau général
des prix.

4.2. Mesure:
L’inflation est généralement mesurée sur la base de l’indice des prix à la consommation (IPC).
Ce dernier met en évidence la variation des prix de la quasi‐totalité des biens et services
consommés par les ménages entre une période de base (ou de référence) et une période finale.
L’IPC synthétise, en un seul chiffre, une multitude de variations de prix élémentaires en
accordant à chaque bien et à chaque service l’importance qu’ils ont dans le budget des
consommateurs (source: « Méthodologie de l’Indice des prix à la Consommation Familiale »
www.ins.tn). 24
4.3. Les causes de l’inflation :
Elles peuvent être liées soit à un déséquilibre entre l’offre et la demande soit à une création
monétaire excessive.
4.3.1 Le déséquilibre entre l’offre et la demande :
Ce déséquilibre peut trouver son origine du côté de la demande ou du côté de l’offre. Dans le
premier cas on parle d’une inflation par la demande et dans le deuxième cas on parle d’une
inflation par les coûts.
Inflation par la demande:
La demande des biens et services peut augmenter suite par exemple:
-à une augmentation de la demande étrangère
-à une politique d’encouragement à la consommation.

Lorsque la production offerte est proche de celle de plein emploi des capacités productives, les
prix ne pourront qu’augmenter. Il s’agirait d’une inflation engendrée par une augmentation de
la demande.
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Inflation par les coûts:
Elle peut avoir différentes origines telles que :
*une hausse généralisée des salaires,
**un choc pétrolier,
***une augmentation des taxes,
****une dépréciation de la monnaie nationale.

Ces situations ont pour effet d’augmenter les coûts de production, ce qui est de nature à
réduire les marges bénéficiaires des entreprises. Pour contrecarrer cette baisse, les entreprises
vont augmenter leurs prix de vente, d’où l’inflation par les coûts.

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4.3.2. La création monétaire :
-Une partie de l’analyse économique (l’analyse monétariste) considère que l’inflation est
liée à une création excessive de monnaie par rapport à la production des biens et
services.

-Cette analyse montre que, si le prix des biens en dinars par exemple augmente, cela
implique que l’on dépense plus d’unités monétaires (de dinars) qu’auparavant pour
chaque unité de bien échangée dans l’économie. Cela suppose une augmentation de la
quantité de monnaie en circulation.

-Il revient donc au gouvernement et / ou à la banque centrale de veiller à ce que la masse


monétaire ne se développe pas plus vite que la quantité des biens et services offerts dans
l’économie.

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5. Le carré magique de Kaldor:
Les objectifs de la politique économique peuvent être résumés par le « carré magique de
Kaldor ». Il s’agit d’un quadrilatère qui a pour sommets les quatre objectifs de la politique
économique : le taux de croissance, le solde de la balance courante, le taux d’inflation et le
taux de chômage. En reliant les quatre points situés sur chacun des axes, on obtient un
quadrilatère : plus la surface de celui-ci est grande, plus la santé économique du pays
considéré est bonne.
En effet, la situation sera jugée d’autant plus satisfaisante que le taux de croissance est élevé,
que la balance courante est excédentaire, et que les taux d’inflation et de chômage sont faibles.
Dans la présentation graphique de ce quadrilatère, les échelles du taux d’inflation et du taux de
chômage doivent être inversées, les objectifs étant d’atteindre les moins élevés sur chacun de
ces axes.

Ci-dessous un exemple avec une croissance de 5%, une balance commerciale positive de 3%,
une inflation à 2% et un chômage à 10%.
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Source: https://les-yeux-du-monde.fr/wp-content/uploads/2013/05/carr%C3%A9-magique-
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