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Objectifs du chapitre

Comprendre la notion d’amendement, connaître les


différents types d’amendements ainsi que les bases de leur
raisonnement et leur mise en œuvre.
Connaître les différentes types d’aménagements
hydrauliques pour la gestion des excès et des déficits en
eau.

Durée

90 min
Plan partie 4 : les améliorations
foncières des sols : amendements
et contrôle de l’humidité des sols
A- l’état calcique du sol
Rôle du calcium dans le sol-caractérisation

évolution de l’état calcique

recherche d’un état calcique optimal

diagnostic de l’état calcique du sol

modification de l’état calcique

B- le chaulage des sols : amendements calciques et basiques


action des différents amendements

principaux amendements calciques

gestion de l’état calcique, bilan et chaulage


Partie IV - Les améliorations foncières des sols : amendements et
contrôle de l’humidité des sols

Nous avons défini la notion de fertilité dans le chapitre précédent. Il est possible
de l’améliorer par les amendements et par un meilleur contrôle de l’humidité des
sols.

Un amendement : L’amendement est l'apport d'un produit fertilisant ou d'un


matériau destiné à améliorer la qualité des sols (en termes de structure et
d'acidité).
Il peut s'agir soit d'amendements basiques, qui agissent sur les qualités
physiques et chimiques des sols (par exemple sur le pH) en établissant un milieu
plus propice au développement d'une culture, soit d'amendements organiques,
qui agissent également sur la vie microbienne du sol. Les amendements
contiennent aussi souvent des quantités non négligeables d'éléments nutritifs et
sont parfois assimilés à des engrais.
Lorsque le sol est sec, les plantes ne sont plus capables d’extraire l’eau
du sol, elles cessent leur transpiration et se fanent. A l’inverse, l’excès d’eau
rend le sol asphyxiant et va produire des effets sur les propriétés physiques,
chimiques et biologiques. Ces conditions dans lesquelles un sol ne permet plus la
croissance des végétaux peuvent êtres contrôlées par respectivement,
l’irrigation et le drainage.
Source : Wikipédia
A - l’état calcique du sol
A1 - Rôle du calcium dans le sol-caractérisation

Consultez le cours en lien

Ce qu’il faut retenir : [voix]



Le rôle du calcium en tant qu’élément nutritif pour la plante mais aussi pour les
herbivores

Le rôle du calcium sur la structure, la stabilité structurale et la formation de CAH

Parce qu’il sature le complexe adsorbant, il augmente le pH . Le pH est déterminant
par rapport à la mobilité et la disponibilité des éléments minéraux, donc pour
l’alimentation minérale des plantes. Le pH optimum se situant autour de la
neutralité.

Le calcium est très important pour les micro-organismes du sol, responsables de la
minéralisation, de l’humification et de la fixation symbiotique de l’azote
atmosphérique par certaines bactéries symbiotiques des fabacées.
A2 – Evolution de l’état calcique

Consultez le cours en lien

Ce qu’il faut retenir : [voix]



Faire la différence entre calcaires total, actif, échangeable

Le calcium du sol provient de l’altération de la roche mère lorsqu’elle contient du
carbonate de calcium, et/ou du calcium apporté par les amendements ou
certains engrais

La teneur du sol en calcium peut varier fortement d’un sol à l’autre et pour un
sol donné, sa teneur à tendance à diminuer naturellement du fait de la
décarbonatation, de l’acidification, de la lixiviation, et des exportations
des cultures.
A3 - recherche d’un état calcique optimal

Dans les sols limoneux, pour favoriser la cohésion, un pH voisin de 7,5 est souhaitable.
En sol plus riche en argiles, une valeur proche de la neutralité est suffisante.
Pour les sols formés sur roche-mère acide (ex. granite) on va viser un pH compris entre
5,5 et 6,5.
En prairie permanente, où la préoccupation d’un état structural satisfaisant est moins
impérative, le pH optimal se situe aux environs de 6,5
A4 - Diagnostic de l’état calcique du sol
Deux approches complémentaires existent :

Le diagnostic de terrain :
- diagnostic phyto-écologique utilisant des plantes indicatrices
Ex : la digitale, la prêle, la fougère aigle sont des plantes acidophiles (qui ne poussent
que sur des sol acides)

- diagnotic à partir de symptômes d’un état calcique déficient ou temporairement


déficient, apparaissant parfois sur certaines plantes ( ex : rougissement des feuilles
d’orge...)

Diagnostic analytique

Mesure du pH eau : plus le pHeau est bas plus la concentration en ions H+ et aluminium
dans la solution du sol sont élevés (risques de toxicité)
Mesure du pH kcl : les ions K+ déplacent Al3+ et H+ échangeables vers la solution du sol :
c’est une image de l’acidité d’échange.

Mesure de la CEC Metson (méthode d’analyse) : mesure les charge négatives du sol
disponibles à pH=7
Mesure de l’aluminium échangeable : mesure la quantité d’ion Al3+ pouvant conduire à
une toxicité aluminique (lorsque le pH<=5).
Mesure du calcium échangeable : ion calcium (Ca2+) adsorbé sur le complexe argilo-
humique (CAH) pouvant représenter selon le pH de 30% à 95% du complexe.
A5 - Modification de l’état calcique et acido_basique du sol
En fonction du diagnostic calcique, il sera peut être nécessaire de modifier l’état
calcique du sol. On parle alors de chaulage ou d'amendement calcique ou
amendements minéraux basiques.
A51 - Les affets du chaulage :
Les effets directs
L’amendement apporte un cation et un anion. Le rôle de chacun doit être précisé :
l’anion, (OH-, CO3 2-ou O2-) par ses propriétés basiques, joue sur l’augmentation du pH
par neutralisation des H+,dégageant ainsi des sites négatifs et augmentant la CEC
effective.
le cation, (calcium ou/et magnésium), modifie la composition de la solution du sol et la
garniture ionique du complexe adsorbant,
.

Source : La chaulage, Comifer.


Mode d'action d'un amendement
basique
Source : La chaulage,
Comifer.
Mode d'action d'un
amendement basique
Les effets indirects :
Le chaulage permet d’améliorer les caractéristiques

physiques,

chimiques

et biologiques du sol
au travers de son effet sur l’acidité du sol, et aussi par des effets indirects sur

la mobilisation des éléments nutritifs,

l’immobilisation des éléments métalliques toxiques (Al3+)

et l’amélioration de la stabilité structurale et des capacités d’infiltration de
l’eau.

Source : La
chaulage, Comifer.
Mode d'action d'un
amendement basique
A52 – les 2 stratégies de chaulage
On désigne sous le terme SAB (Statut Acido-basique) la valeur des paramètres pH,
CEC, teneur en alimunium assimilabe.
On distingue conventionnellement deux situations de chaulage selon le différentiel
entre le SAB du sol et le SAB souhaité.

Redressement :
Apport d’amendement basique nécessaire pour atteindre un SAB suffisant pour éliminer
les risques liés à l’acidité excessive des sols.

Entretien :
Apport d’amendement basique régulier pour maintenir un SAB satisfaisant compte
tenu des pertes de bases.Le choix de l’une ou l’autre de ces stratégies impose
l’évaluation d’un Besoin en Bases dont le principe est décrit ci-après.

Schéma général de l’évolution du pH d’un sol


cultivé au cours du temps d’après Coppenet (1980)
et Bussieres (1978) : exemple théorique de
stratégie pour maintenir un pH entre 6 et 6,5.
Source : La chaulage, Comifer.Mode d'action d'un
amendement basique
Lorsqu'on apporte un amendement basique on prend en compte :

Sa valeur neutralisante : VN c'est le nombre qui représente la poids d'oxyde de
calcium (CaO) ayant la même capacité de neutralisation que 100kg du produit
considéré. En d'autres terme, VN est la quantité d'acide que le produit est
potentiellement susceptible de neutraliser
ex. : VN de la chaux vive agricole contenant 70 % de CaO et 0 % de MgO : 70 c
La valeur neutralisante du MgO > VN CaO : VN= 1,4 *%MgO de l'amendement.
ex. VN d'un amendement basique contenant 50 % de CaO et 12 % de MgO (chaux
vive magnésienne) = 50+1,4*12 = 76,8.


La Vitesse de réaction du produit : Elle dépend, pour un pH donné, de l’amende-
ment utilisé et des conditions d’emploi.
La vitesse de réaction dépend de la solubilité carbonique et de la finesse du
produit.
[Lien vers documents]


La durée d’action du chaulage : C’est le délai nécessaire à la consommation des
bases apportées.

Calcul de la quantité d'amendement basique pour un apport de redressement
Les méthodes de calcul sont variables selon les régions.
Exemple d'une méthode utilisée en Bretagne sur sols acides.
Principe : apporter la quantité de VN nécessaire pour remonter le pH de la valeur
indiquée par l'analyse de terre à la valeur objectif.
Formule avec l'approche par le pH :
(pH objectif-pH actuel)*3500 = x unités de VN à apporter par ha
ex : pour un redressement de 0,5 unité de pH, il faudra apporter 1750 VN/ha

Formule avec l'approche par la CEC :


(valeur de l'analyse de la CEC Metson en meq pour 100g) * ((taux de saturation
objectif – taux de saturation actuel à l'analyse)/100)*0,28*3500 = x unités de VN à
apporter par ha
ex : projet de passer le taux de saturation de la CEC de 53 % à 70 %, CEC
Mestson à l'analyse = 57meq/100g, il faudra apporter 1950 VN/ha.

Calcul de la quantité d'amendement basique pour un apport d'entretien
Les méthodes de calcul sont variables selon les régions.
Exemple en Bretagne sur sols acides, on considère forfaitairement cet apport à
300 VN/ha/an.
A53 – les modalités d'apport

Dans le cas d'une fumure de redressement :
La pratique du fractionnement des apports ne peut avoir de sens que d'un point de
vue économique (étalement de la dépense dans le temps) ;
Mais d'un point de vue agronomique, le fractionnement ne se justifie pas sauf si
l'objectif de pH est très au dessus (supérieur à 6,5) du pH actuel.


Dans le cas d'une fumure d'entretien :
Les apports seront plus fréquents et réguliers, et viseront à compenser les pertes.

Sinon le pH diminuera
L’efficacité des amendements basiques dépend, comme nous l'avons vu des
caractéristiques des produits mais aussi de leur répartition dans le sol.
L’incorporation de l'amendement par un labour ou un travail du sol superficiel
(ex.déchaumage), est essentielle.
Ne pas le faire limite l’action du produit à la surface du sol.

B - le chaulage des sols : amendements calciques et basiques
Nous connaissons les besoins en chaux pour une parcelle donnée, il faut
maintenant choisir le produit adapté.
B1 critères de choix d'un amendement basique
VN La valeur neutralisante d’un amendement basique
s’exprime d’autant plus que le

milieu est plus acide.

finesse Plus un matériau est fin et/ou tendre, plus sa vitesse de


dissolution est rapide.
C’est un indicateur intéressant de l’efficacité
des carbonates.
Il permet de définir 3 catégories légales : pulvérisé, broyé
ou concassé. Mais selon l’origine géologique et la dureté du
matériau de base, à finesse égale, l’efficacité ne sera pas
identique.
Solubilité carbonique Seulement pour les produits de type carbonates. Elle
représente une simulation d'attaque acide des carbonates
dans le sol et permet de les classer en 3 catégories : rapide,
moyennement rapide, lente.
prix

B2 – les principaux amendements calciques
Ils sont classés selon la norme NFU 44 001.

Source : lien

On distingue les amendements crus des amendements cuits, les amendements
mixtes et les calcaro-magnésiens

P r o d u it s c r u s P r o d u it s c u it s

Ca C a lc a ir e s Chaux
A m endem ents
c a lc o
M g D o lo m ie s C h a u x m a g n é s ie n n e s
m a g n é s ie n s

A m e n d e m e n t s m ix t e s
Source : lien (24/08/2012)
Du Besoin En Bases (BEB) à la quantité par ha :
Il est nécessaire de connaître la valeur neutralisante (VN) du produit, qui doit
figurer sur l’étiquetage légal règlementaire qui accompagne le produit lors de
sa livraison, ainsi que le besoin en bases (BEB) déterminé.

Quantité de produit = Besoin en bases


VN du produit x 10
Avec :
Quantité de produit : en tonnes/ha
Besoin en bases : en unités (ou Kg) de VN/ha
VN du produit : en Kg de VN pour 100 Kg de produit (voir étiquetage).
Exemple :
Le besoin en bases calculé est de 1800 unités de VN par ha.
Pour passer en tonnage d’un produit titrant 64 de VN :
1 800/(64 x 10) = 2,81 tonnes de produit par hectare.

C – l'état humique du sol
C1 – le rôle de la MO dans le sol et notion d'amendement humique
Dans la partie 3 du cours, nous avons vu à quel point la matière organique du sol
joue un rôle primordial :
- sur les propriétés physiques du sol : structuration du sol
- sur les propriétés physico-chimiques du sol : garde manger
- sur les propriétés biologiques du sol : stimulation de l'activité biologique.
Il en découle la nécessité pour agriculteur de gérer les stocks de matière
organique de ses sols.
S'il souhaite augmenter le taux de matière organique il veillera à ce que les apports
soient plus important que les pertes (cf minéralisation de la MO).
Les apports de matière organiques correspondent à la fois aux restitutions des
cultures en place (pailles, racines, fannes …..) ainsi qu'au apports réalisés par
l'agriculteur. Ces apports sont appelés les amendements organiques.
Ces amendements ont pour vocation première d'améliorer les propriétés
physiques du sol, mais de par leur composition chimique et grâce à la
minéralisation, ils vont aussi contribuer à fournir des éléments minéraux
indispensable à la nutrition des cultures.

Ce phénomène inquiétant est lié à la combinaison de plusieurs facteurs :
- dissociation de plus en plus accentuée entre fermes d’élevage et fermes de
cultures (spécialisation des systèmes de productions en fonction des régions) ;
Ainsi nous avons des régions en fort excédents d'effluents d'élevage (ex. Bretagne)
et des régions en déficit (régions de grandes cultures, ex/ Beauce)

Source : paysan.breton.fr Source : tice.agroparistech.fr



C2 – le statut humique des sols
On constate de manière assez générale une baisse de taux de matière
organique de sols en France

Source : lien
-Les raisons :
- développement de cultures restituant de moins en moins de résidus de
cultures après la récolte (ex : pomme de terre, betterave, céréales courtes sur
tiges...), et export de déchets de récoltes sans compensation(ex : vente de la
paille par les céréaliers au éleveurs d'autres régions) et l'élimination de certains
déchets par brûlage (pailles)

Exportation des pailles

Système betteravier : peu de


restitutions organiques

Brûlage des pailles


- Approfondissement des labours qui conduit à une plus grande dilution de
l'humus dans le sol

Source : agri-photographie.com

Les teneurs souhaitables de matières organiques :
Cette valeur indicative est celle permettant d'obtenir des propriétés physiques,
chimiques et biologiques du sol acceptables.
Rémy et Marin-Laflèche (1974) ont proposé un abaque permettant de qualifier
l’état organique d’un sol cultivé suivant sa teneur en matière organique et ses
teneurs en argile et en calcaire.

La teneur en MO d'un sol doit être


d'autant plus élevée que le sol est riche
en argiles et en calcaire.

Ces valeurs varient de 2 % à 3,5 % en


règle général

C3 – Les différents amendement humiques
On parle indifféremment d'amendements humiques, humifère, organiques.
On peut les classer en 2 grandes catégories :
- Ceux qui s’apparentent à la MOF (MO fraiche) : les déchets végétaux et les
déjections animales
- ceux qui s'apparentent à la MOT (MO transitoire) : les composts.

C31- Les déjections animales et effluents d'élevages :


Leur composition chimique est tellement variable, qu'il est fortement conseillé à
l'agriculteur de procéder à des analyses chimiques du produit.
- prélever des échantillons pour l'analyse : lien vers image
(analyser_effluents_elevage.pdf)
En effet cela lui permettra de prendre en compte les apports d'éléments minéraux
liés à l'amendement humique et d'ajuster au mieux ces apports d'engrais minéraux.

Les fumiers : il s'agit d'un mélange de paille et de déjections animales
- coefficient K1(coef. Isohumique) élevé (35 à 50%) = source importante
d'humus.
- valeur fertilisante : variable selon l'origine animale (voir lien 1) [ce point sera
abordé dans le cours consacré à la fertilisation]
- stimulateur de l'activité biologique des sols.

Source : http://www.syndicat-agricole.com

Les effluents liquides
Cette catégorie englobe, les lisiers, les purins, les eaux blanches les eaux vertes
et les eaux brunes.
-K1 : proche de 0 = incapables de produire de l'humus
-valeur fertilisante : Leur composition varie beaucoup en fonction de leur dilution
(Voir lien 2) [ce point sera abordé dans le cours consacré à la fertilisation].

Source : http://preverasso.fr/actualites0413.html

C32 : les déchets végétaux ou restitutions des cultures
Lorsque l'on récolte une culture, il reste nécessairement des déchets végétaux
sources d'humus.
Selon le type de récolte, l'espèce, le peuplement, ces restitutions sont plus ou
moins importantes :

Restitutions obligatoires=racines+bas de tige ; Restitutions facultatives : parties aériennes


-K1 : varie de 5 % (restitutions facultatives des engrais verts) à 20 % (restitutions
obligatoires des la culture de luzerne)
-valeur fertilisante : elle est prise en compte dans les bilans de fertilisations.
Cette valeur est variable et prise en compte à travers le poste : ''minéralisation des
résidus du précédent cultural'' [ce point sera abordé dans le cours consacré à la
fertilisation].

Résidus de récolte de maïs grain .


Source : http://www.syndicat-agricole.com/

C33 – les composts
Le compostage est essentiellement une technique consistant à aérer des matières
organiques en vue de déclencher un processus de décomposition de type aérobie.
Cette biotransformation entraîne à la fois leur décomposition et leur humification.
Le compostage est recommandé dans les systèmes de productions
biologiques :
Pour aller plus loin : lien1


Leur utilisation dans les systèmes de cultures conventionnels est tout à fait
possible également :
Pour aller plus loin sur les composts utilisés en agriculture : lien2


K1 : >50% = source importante d'humus

Valeur fertilisante : > au produit avant compostage
[ce point sera abordé dans le cours consacré
à la fertilisation].

Stimule fortement l'activité biologique du sol Chantier d'épandage de compost
source : terre-net.fr
C4 – Les critères de comparaison des amendements organiques

En plus du prix, il faut prendre en considération :

Le % de Matière Sèche (MS) /


matière brute
Le taux de matière organique /
matière brute (ou de carbone)
La proportion de MO susceptible de
donner de l'humus (K1, …..)
La valeur fertilisante
L'origine des matières organiques
Le processus de transformation, de
compostage
Les labels et certifications (ex. AB)
E - les aménagements hydrauliques de contrôle de l’humidité  des sols
Les excès d'eau (hydromorphie) comme les déficits en eau sont préjudiciables aux
rendements des cultures.
Quels sont les effets et les conséquences de l'excès d'humidité des sols ?
Propriétés physiques défavorables :
- dégradation de la structure et instabilité structurale (l'eau s’infiltre moins bien, et le
sol se tasse plus facilement en période humide)
- diminution de l'aération du sol (nuisible à la croissance des végétaux, et sol qui se
réchauffe plus lentement : diminution de la précocité).

Source : http://www.fiches.arvalis-infos.fr/
Propriétés chimiques défavorables :
-accélération de la décalcification (lixiviation du calcium avec les eaux de drainage)
-acidification du sol (du fait du remplacement des Ca++par H+ sur le Complexe
adsorbant)
-le milieu devient réducteur

Zones bleutées
réductrices, liées à
l'excès d'eau
Propriétés biologiques défavorables
-ralentissement de la minéralisation et de l'humification
-développement de la racine et nutrition de la plante perturbés
-risque accru de développement d'ennemis des cultures (adventices, maladies fongiques..)
E1- Le drainage
Le drainage est l’opération qui consiste à favoriser artificiellement l’évacuation
de l’eau présente dans la couche supérieure du sol.
Cette évacuation de l’eau stockée dans le sol peut se faire à l’aide de drains
agricoles (tubes plastiques perforées) enterrés dans le sol à une profondeur et un
écartement calculés, mais également à l’aide de fossés.

Drain plastique
enterré Drainage par fossé
La mise en place de grands réseaux de drainage est une opération coûteuse,
nécessitant une collaboration entre agriculteurs, chambre d'agriculture, association
syndicale, administrations (DDT(M) et DREAL en France), communes, Conseil
général, bureau d'étude et riverains. Elle peut être réalisée à grande échelle dans
le cadre des remembrements. Sa mise en œuvre doit répondre à une
réglementation précise.

Exemple de grand
projet de drainage

Source : http://bergamo.cemagref.fr/

Les matériaux utilisés

Drains plastiques avec sa gaine de


protection anti-colmatage (utilisés
Drains plastiques perforés dans les sols très riches en limons)

Le matériel utilisé sur un chantier de drainage
guidage laser : indispensable car les tuyaux sont posés à une profondeur très
précise (surtout lorsque les pentes sont faibles)

tractopelle ou pelleteuse : pour creuser les émissaires où les eaux seront


rejetées ainsi que pour assurer les liaisons entre les différentes branches du
réseau de drainage.

Draineuses :
Type trancheuse Type sous-soleuse

Source : lestracteursrouges.com Source : http://www.cig.ensmp.fr)

Visualiser une vidéo d'un chantier de drainage : trancheuse.mp4



E2 l'irrigation
E21 - introduction
L'irrigation consiste en un apport artificiel d'eau sur des terres agricoles. Elle
vise à pallier le manque ou l'insuffisance d'eau de pluie, particulièrement :
-pour les cultures très consommatrices d'eau, comme le maïs par exemple,
-ou lorsque le climat est très sec

irrigation

Photo : wikipédia.org Photo : lejapon.fr


E22 - Les différentes techniques d'irrigation
Techniques d'irrigation gravitaire
La technique la plus ancienne d'irrigation utilise un canal à ciel ouvert, qui apporte
l'eau par gravité à des canaux de plus en plus petits venant irriguer les parcelles
cultivées.
Grand inconvénient : ce système d'irrigation utilise énormément d'eau, d'autant
plus qu'une grande partie se perd par évaporation.

Photo ; lesjardinsdugroseau.fr
Photo : FAO.org
Irrigation par aspersion
L'irrigation par aspersion utilise des canalisations souterraines où l'eau circule
sous forte pression. Ces canalisations alimentent en eau à des tuyaux mobiles
auxquels sont raccordés des systèmes d'aspersion (arroseurs canons) : les
cultures sont alors arrosées par une fine pluie artificielle.
Cette technique nécessite des installations coûteuses, mais est beaucoup plus
économe en eau que la précédente.

Photo : aufaitmaroc.com Photo : FAO.org

Asperseurs en couverture partielle Rampe d'arrosage


Par enrouleur

Sens de déplacement du canon


d'arrosage
Irrigation localisée et micro-irrigation par le système du goutte-à-goutte
Développée depuis une trentaine d'années, cette technique consiste à apporter de
l'eau sous faible pression de façon intermittente et uniquement aux endroits où elle
est nécessaire, dans le voisinage immédiat des racines, ce qui se réalise à l'aide
de fins tuyaux posés sur le sol ou enterrés.
La consommation en eau est très réduite, mais la quantité et la durée des
apports en eau doivent être précisément contrôlés, ce qui est difficile en pratique.
De plus, l'eau doit être filtrée afin de ne pas obstruer les fins tuyaux qui la
distribuent.

Goutte à Goutte sur une culture


de céleris ,
photo : irrigation-arrosage-
enrouleur.com

Exemple d'installation (source : wikipédia)



E23 – Le pilotage de l'irrigation
Afin d'apporter la bonne quantité d'eau au bon moment, l'agriculteur doit piloter son
irrigation en fonction de paramètres précis, reposant sur le bilan hydrique ;

Le bilan hydrique d'une culture
Un bilan consiste toujours à comparer les entrées et les sortie du système étudié.

Entrées Culture en place Sorties



Les sorties : la quantité d'eau perdue par une culture constitue l'évapotranspiration
Réelle (ETR)
ETR = eau perdue par la culture par transpiration + eau perdue par le sol en
évaporation
L'ETR varie à la foi selon :
- les conditions météo, le type de culture, le stade (phénologie) de la culture,
l'humidité du sol.
Pour une culture donnée, lorsqu'elle est maximum, on parle d'ETM

Les entrées : ce sont les apports d'eau par les précipitations naturelles, et par
l'irrigation.

Remarque : les conditions optimales de production en terme de quantité et de
qualité de récolte correspondent à une situation où ETR = ETM.
Lorsque la plante manque d'eau, elle va réguler sa production, voir flétrir et mourir :

Source : Guide pratique de


l'irrigation p19

L'ETR étant une donnée très variable, il a été défini l'ETP ou évaportanspiration
potentielle : L'ETP est théoriquement la quantité d'eau que cède à l'atmosphère,
par transpiration de la plante et par évaporation du sol, une culture de végétation
abondante, en pleine croissance, couvrant totalement un sol largement pourvu
d'eau.

On affecte à ETP un coefficient Kc (coefficient cultural) qui prend en compte
l'espèce cultivée ainsi que son stade phénologique : ETM = ETP*Kc

Exemple de valeurs de coefficients culturaux :

Prise en compte de la réserve en eau du sol
Il faut prendre en compte dans le bilan, l'eau stockée dans le sol :

Le réservoir que représente le sol est


alimenté, par les pluies (qui s'infiltre
dans le sol), les irrigations ainsi que par
les remontées d'eau capillaire ou de la
nappe.

Lorsque ce réservoir est plein, les


excès d'eau sont évacués par
percolation en profondeur vers la nappe
.

Source : Guide pratique de


l'irrigation p22

Toute l'eau du sol n'est pas également disponible pour la plante
On distingue ainsi :
La réserve Utile (RU) : c'est la quantité d'eau contenue dans une tranche de sol
explorée par les racines entre le point de ressuyage et le point de flétrissement ;
Le point de ressuyage : humidité du sol saturé en eau (à la capacité au champs), une
fois que l'eau en excès a été évacuée (par percolation)
Le point de flétrissement ; humidité du sol, lorsque les forces de succion des racines
deviennent inférieures à celles des particules de terre.A cette humidité, la plante va
commencer à mourir par dessèchement


La réserve de survie : humidité du sol pour laquelle la plante peut encore
s'alimenter en eau, mais au prix d'un flétrissement.


La réserve facilement utilisable(RFU) : humidité du sol pour laquelle la plante
peut s'alimenter en eau normalement, sans flétrissement.

La réserve en eau du sol est variable selon sa texture

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