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N OTIONS FONDAMENTALES

CHAPITRE 1

NOTIONS FONDAMENTALES SUR


LES HYPERFREQUENCES,
LES TELEPHONES MOBILES CELLULAIRES
ET LEURS STATIONS RELAIS

I. LES HYPERFREQUENCES OU MICRO-ONDES

1.1. Généralités
Les hyperfréquences sont des radiations non ionisantes faisant partie
du spectre électromagnétique et plus précisément des radiofréquences
(Figure 1). Comme toutes ondes électromagnétiques, elles se caractérisent
par :
• Leur fréquence (F) exprimée en Hertz (Hz : 1 Hz = 1 oscillation par
seconde) ou en unités plus élevées, le KiloHertz (1 KHz = 10 3 Hz), le
MégaHertz (1 MHz = 10 6 Hz) et le GigaHertz (1 GHz = 109 Hz).

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TÉLÉPHONES MOBILES CELLULAIRES ET S TATIONS R ELAIS. LES R ISQUES POUR LA SANTÉ . N OTIONS F ONDAMENTALES

Les hyperfréquences vont des fréquences de 300 MHz à 300 GHz.


Nature des radiations Fréquence Longueur d'onde Exemples
• Leur longueur d’onde (λ) qui est égale à C/F où C représente la 1/ Ionisantes.
vitesse de la lumière dans le vide (exprimée en mètres/seconde - 3.10 8)
et F la fréquence exprimée en Hertz. * Rayons X, rayons Supérieure à Inférieure à
6
gamma, rayons 3.10 GHz 0,1 µ
- Pour le four domestique à micro-ondes, la fréquence en France est de cosmiques
2.450 MHz [(2,45 GHz), à laquelle correspond une longueur d’onde
de 12,2 centimètres (cm)]. 2/ Non ionisantes.

- Pour les téléphones mobiles cellulaires fonctionnant en 900 MHz, la * Ultra violet de 750.10 3 GHz à 0,4 µ à Stérilisation
longueur d’onde est de 33,3 cm; elle est de 16,6 cm pour les 3.106 GHz 0,1 µ
téléphones mobiles cellulaires qui émettent en 1.800 MHz.
* Lumière visible de 400.10 3 GHz 0,8 µ à
à 750.103 GHz 0,4 µ

* Infra rouge de 300 GHz à 1.000 µ à Détection,


400.10 3 GHz 0,8 µ sécurité
* Radio fréquences
Fours,
- Hyper fréquences de 300 MHz 1 m à 1 mm Télévision,
(ou micro-ondes) à 300 GHz Téléphones
portables,

{
- Ultra courtes (VHF) 30 MHz à 300 MHz 10 m à 1 m ondes
- Courtes (HF) 3 MHz à 30 MHz 100 m à 10 m
- Moyennes (MF) 0,3 MHz à 3 MHz 1 km à 100 m
radio
- Longues (LF) 30 KHz à 300 KHz 10 km à 1 km

* Très basses 300 Hz à 30 KHz 1.000 km à 10 km Ecrans


fréquences (VLF) vidéo
* Extrêmement basses 0,1 à 300 Hz Supérieure à Courant
fréquences (ELF) 1.000 km électrique
50 Hertz
Figure 1 : Le spectre électromagnétique.

N.B. : La longueur d'onde ( λ) est inversement proportionnelle à la fréquence


c
(F) (λ= où c = vitesse de la lumière); de ce fait, lorsque la fréquence
F
augmente, la longueur d'onde diminue.

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Classiquement, les hyperfréquences (ou micro-ondes) ce subdivisent E (V/m)


en 3 catégories :
• UHF (Ultra High Frequency) de fréquences 300 MHz à 3 GHz. C’est
dans cette catégorie d’hyperfréquences que se situent le four
domestique à micro-ondes (F = 2.450 MHz) et les téléphones mobiles λ
cellulaires.
• SHF (Supra High Frequency) de fréquences 3 GHz à 30 GHz.
• EHF (Extremely High Frequency) de fréquences 30 GHz à 300 GHz.
Les deux premières catégories d’hyperfréquences sont des ondes
centimétriques (λ de 100 cm à 1 cm), la dernière catégorie étant des ondes (w/m∆)
P (W/m2
)
millimétriques (λ de 10 mm à 1 mm). H (A/m)
Les micro-ondes peuvent être émises en continu (CW), en pulsé (PW)
et être modulées en amplitude (AM) et (ou) en fréquence (FM).
Figure 2 : Propagation d’une onde électromagnétique.

E = champ électrique (V/m).


H = champ magnétique (A/m).
1.2. Unités P = vecteur de propagation (vecteur de Poynting) représentant la densité de puissance de l’onde (W/m 2).
λ = Longueur d’onde.
Les hyperfréquences, comme toute onde électromagnétique, sont
formées de l’association d’un champ électrique (E) et d’un champ
magnétique (H) qui sont perpendiculaires entre eux et avec la direction de
propagation de l’onde (vecteur de Poynting), (Figure 2).
Le champ électrique s’exprime en Volts/mètre (V/m) ou en Le vecteur de Poynting représente la densité de puissance de l’onde
KiloVolts/mètre (KV/m). Le champ magnétique qui représente la force de ce électromagnétique par unité de surface. Elle s’exprime en Watts/mètre carré
champ s’exprime en Ampères/mètre (A/m). (W/m2), en milliWatts/centimètre carré (mW/cm2) ou en valeurs plus faibles,
comme le microWatt/cm2 (µW/cm 2)… C’est ainsi, par exemple, que la
N.B. : L’induction magnétique (B) qui représente la densité de champ densité de puissance de fuite micro-ondes autorisée sur un four domestique
magnétique est liée à H par la relation : B = µH. Dans l’air, la perméabilité ne doit pas dépasser 1 mW/cm2 (1.000 µW/cm 2) à 5 cm des parois du four
magnétique (µ) étant voisine de 1, la relation précédente devient B = H. Ce (Normalisation Française 4).
qui conduit à employer comme unité de champ magnétique H, des unités
normalement destinées à l’induction magnétique (B) telles que le Tesla (T)
et le Gauss (G), la relation à retenir étant :

1 A/m = 12,5 milliGauss (mG) = 1,25 microTesla (µT)


4
Exposition humaine aux champs électromagnétiques hautes fréquences (10 KHz à 300 GHz).
Normalisation Française. C18 - 610. Nov. 1995. 46 pages.

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1.3. Notion d’exposition en champ proche et en champ Le «champ proche» inclut les deux premières zones et le «champ
lointain lointain» débute au niveau de la zone de Fraunhofer. En champ proche, on
ne peut pas déterminer correctement la densité de puissance de l’onde
Schématiquement, l’exposition d’un sujet est dite en «champ proche» électromagnétique incidente. On peut, dans ce cas, mesurer soit la valeur du
lorsque la source émettrice de l’onde hyperfréquence est à une distance champ électrique, soit celle du champ magnétique pour apprécier les niveaux
inférieure à une longueur d’onde et en «champ lointain» lorsque la distance d’exposition et donc les risques biologiques (cf. Chap. IV 122.).
est supérieure à une longueur d’onde.
Exemples :
a. Pour le courant électrique de fréquence 50 Hz, la longueur d’onde 1.4. Le taux d’absorption spécifique (TAS)
est de 6.000 Km; dans ce cas, l’exposition est en «champ proche»
Le taux d’absorption spécifique (TAS) ou «specific absorption rate»
car le sujet est toujours à moins d’une longueur d’onde d’une
(SAR) des auteurs anglo-saxons permet de quantifier les interactions entre
source émettrice. les ondes électromagnétiques et la matière. Il peut être défini comme la
b. Dans le cas du four domestique à micro-onde, dont la longueur vitesse de transfert de l’énergie de l’onde électromagnétique dans cette
d’onde est de 12,2 cm, c’est au-delà de cette distance que le sujet matière qui peut être un tissu, un organe, un être vivant. Le TAS peut se
est exposé en «champ lointain». mesurer au moyen de techniques calorimétriques ou se calculer; il s’exprime
c. Dans le cas des téléphones mobiles cellulaires, l’exposition est en en Watts/kg (W/kg) ou en milliWatts/g (mW/g) de tissu. Un TAS élevé
entraîne une augmentation de la température dans le matériel.
«champ proche» dans un rayon de 33,3 cm pour ceux qui
fonctionnent en 900 MHz, et dans un rayon de 16,6 cm pour ceux N.B. : Il est possible de comparer l’énergie absorbée lors d’expositions
qui utilisent le 1.800 MHz. aux ondes électromagnétiques (TAS) à l’énergie produite par le corps
humain durant ses activités physiologiques : 1 W/kg pour le métabolisme de
d. Les stations relais des téléphones mobiles cellulaires exposent les
base - 5 à 10 W/kg pour un exercice physique.
populations en «champ lointain» car les sujets se trouvent à des
distances de plusieurs longueurs d’onde de la source émettrice. Les
personnels de maintenance de ces équipements risquent, au
contraire, une exposition en «champ proche». Calcul du TAS :
N.B. : En fait, la notion de «champ proche» et de «champ lointain» est
plus complexe. A proximité de l’émetteur (par exemple une antenne de
station relais ou un téléphone mobile cellulaire) et dans l’axe de propagation TAS (mW/g) = 60 x L
F M
de l’onde électromagnétique, il existe une incohérence de phases entre le
F = Fréquence de l’onde en GHz - L = Longueur du sujet en cm
champ électrique et le champ magnétique. Ce n’est qu’à une certaine
distance de la source émettrice que l’onde générée est réellement formée. En M = Masse en g du sujet. (O. Gandhi 5)
fonction de D, la plus grande dimension de l’antenne en mètre, et de la
longueur d’onde λ, on distingue 3 zones en partant de la source émettrice :
• La zone de Fresnel à une distance D2/4 λ;
• La zone de Rayleigh à D 2/2 λ;
5 O.P. Gandhi et coll. Deposition of electromagnetic energy in animals and in models of man with
• La zone de Fraunhofer à 2D2/ λ. and without grounding and reflector effects. Radio. Sci. 1977. 12 : 39-47.

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La valeur du TAS dépend de nombreux paramètres et en particulier : Fréquences


2 2
• La densité de puissance (en W/m ou en mW/cm ) de l’onde
électromagnétique incidente, c’est-à-dire qui arrive sur le matériel ou
le sujet exposé (la «cible»).
• La fréquence de l’onde incidente : le TAS diminue avec
Radiations IONISANTES
l’augmentation de fréquence. Pour les radiations non ionisantes
l’absorption est maximale pour les fréquences faibles, elle est réduite
pour les fréquences élevées (Figure 3).
3.10
3. 10
66
GHz
GHz
• La taille et la masse du sujet exposé : du fait de leur plus petite taille,
les enfants absorbent plus les hyperfréquences que les adultes
(IRPA Guidelines 6).
• La nature de l’exposition de la cible en «champ proche» ou en
«champ lointain»,
Radiations NON - IONISANTES
• L’orientation du sujet exposé par rapport à la composante électrique
ou magnétique de l’onde,
• Le taux d’humidité et la température ambiante, les effets
thermiques des micro-ondes s’amplifiant avec l’augmentation des
valeurs de ces deux paramètres,
Absorption
• La pilosité ainsi que la nature des vêtements que le sujet exposé porte
et qui sont également à prendre en considération dans les effets
thermiques des hyperfréquences. Figure 3 : Absorption du corps humain vis-à-vis
des ondes électromagnétiques en fonction de la fréquence de l’onde incidente.

N.B. : La nature des tissus traversés n’est pas prise en compte.


Noter : Pour les radiations non ionisantes l’absorption décroît lorsque la fréquence augmente.

L’absorption d’une onde hyperfréquence par un organisme vivant peut


entraîner une élévation de la température qui peut être locale (création de
«points chauds») ou générale.
N.B. : Les points chauds correspondent à une augmentation localisée
de la température dans un matériel (prothèse métallique, tissu osseux, boîte
crânienne…), l’onde électromagnétique étant «piégée» dans le matériel
lorsque sa longueur d’onde est proche de l’épaisseur de ce matériel (création
6
IRPA Guidelines. Guidelines on limits of exposure to radiofrequency electromagnetic fields in the d’ondes stationnaires).
frequency range from 100 KHz to 300 GHz. Health Physics. 1988. 54 : 115-123.

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1.5. Interactions des hyperfréquences avec la matière vivante


Afin d’empêcher tout effet thermique général des
hyperfréquences chez l’homme (élévation de la température rectale), Une onde hyperfréquence (ou micro-onde) qui entre en contact avec
le taux d’absorption spécifique a été fixé à 0,4 W/kg pour les un tissu vivant est susceptible de créer des effets thermiques et des effets
travailleurs et à 0,08 W/kg pour le public dans le cas d’une exposition athermiques ou «spécifiques».
du corps entier et par période de 6 minutes (6) (cf. Chap. IV 12.).
1.5.1. Effets thermiques
N.B. : L’intervalle de 6 mn correspond à la constante de temps de la Ils résultent de l’action de l’onde électromagnétique sur les molécules
régulation thermique humaine. chargées électriquement et dont l’eau est le meilleur exemple. Les molécules
Dans le cas de l’exposition d’une partie seulement du corps et pour des d’eau présentes dans le tissu vont osciller à la fréquence de l’onde incidente,
tissus «autres que ceux des mains, des poignets, des pieds et des chevilles» créant des frictions internes responsables de l’apparition de chaleur dans le
(Normalisation Française 7), le TAS applicable à l’exposition de la tête ne tissu irradié. L’effet thermique est décelé (mesuré) lorsque la densité de
doit pas dépasser 2 W/kg pour le public et 10 W/kg pour les travailleurs, puissance incidente est suffisante pour créer un taux d’absorption spécifique
pour 6 minutes d’exposition, et cela afin d’éviter tout risque d’élévation (TAS) plus élevé que ceux cités précédemment (cf. 14.).
thermique.
L’échauffement sera plus ou moins étendu et intense selon la nature
N.B. : Raisons invoquées pour la distinction public/travailleurs dans des tissus traversés par l’onde hyperfréquence et leur richesse en eau. Des
les textes officiels : tissus tels que la graisse, les os, à faible teneur en eau, sont plus facilement
Les limites d’exposition aux hyperfréquences distinguent deux pénétrés par l’onde hyperfréquence que des tissus tels que les muscles ou la
populations : peau plus riches en eau (Figure 4).
a. Le public qui constitue un ensemble de sujets, d’âges et de statuts
sanitaires différents. Ces personnes ne sont pas, normalement,
N.B. :
informées de leur exposition aux hyperfréquences et des risques
biologiques; leur exposition peut être de 24 h/24 et peut durer la vie a. Lorsque l’échauffement est le fait de la composante champ
entière ! magnétique de l’onde hyperfréquence, on parle de chauffage par
b. Les travailleurs constituent un ensemble de sujets adultes, exposés induction : c’est le cas des corps métalliques (prothèses, stérilets…)
dans des conditions contrôlées et qui sont informés des risques qui peuvent être échauffés par l’onde hyperfréquence. Il peut en
biologiques potentiels, ce qui les conduit à se protéger. résulter des points chauds pouvant être dangereux ou être la cause
de dysfonctionnement d’appareils médicaux tels que les stimulateurs
Commentaire de l’auteur :
cardiaques, les pompes implantées délivrant des médicaments, les
C’est à partir de ces raisons, dont l’éthique est absente, que les appareils de surveillance cardiaque…
limites d’exposition aux hyperfréquences sont moins restrictives pour les
travailleurs que pour le public ! b. Lorsque l’échauffement est le fait du champ électrique de l’onde
hyperfréquence, on parle de chauffage par effet diélectrique : c’est ce
chauffage par effet diélectrique qui est responsable, par exemple,
7
Exposition humaine aux champs électromagnétiques hautes fréquences (10 KHz à 300 GHz). de l’élévation de la température des aliments placés dans un four à
Normalisation Française. C 18 - 610. Nov. 1995. 46 pages. micro-ondes domestique.

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TÉLÉPHONES MOBILES CELLULAIRES ET S TATIONS R ELAIS. LES R ISQUES POUR LA SANTÉ . N OTIONS F ONDAMENTALES

Quand un tissu est irradié, l’onde hyperfréquence passe de l’air (où se


trouve la source d’émission) dans le tissu. A la surface de discontinuité air-
a b c
tissu se trouve la peau. La différence de valeurs des constantes diélectriques
100 entre ces milieux fait qu’il y a réflexion plus ou moins grande de l’onde sur
la peau (la partie réfléchie constitue l’écho qui est, dans le cas de la détection
radar, recueilli par une antenne de réception).
-B- N.B. : Constante diélectrique : c’est un facteur (ε) qui précise la perte
GRAI SSE de l’énergie de l’onde dans la matière. Une constante diélectrique élevée
10 OS
(Faible teneur en eau)
entraîne une forte perte d’énergie de l’onde dans le tissu et une faible
eau) pénétration, associées à l’élévation de température du tissu : c’est le cas des
tissus riches en eau, tels que les muscles, la peau… Inversement, une
constante diélectrique faible entraînera une petite perte d’énergie dans le
-A -
1 MUSCLES, tissu (donc peu d’échauffement) et une forte pénétration de l’onde
PEAU, hyperfréquence : c’est le cas de tissus tels que les os, la graisse…
ORGANES IN TERNES
(Haute
(H aute teneur en eau) La fraction de rayonnement qui pénètre dans un tissu dépend du
eau)
coefficient de réflexion à l’interface. Selon les cas, 20 à 100 % de l’énergie
incidente de l’onde hyperfréquence pourra être absorbée par le tissu. La
0,1
propagation de l’onde hyperfréquence dans le tissu est plus ou moins
importante (existence d’un coefficient d’atténuation) et décroît, en
10 100 1000 10000 particulier, rapidement lorsque la fréquence de l’onde augmente et que la
Fréquences (MHz) teneur en eau du tissu augmente (Figure 4).
(MHz)
Le phénomène se complique dans la mesure où l’onde hyperfréquence
Figure 4 : Profondeur de pénétration des ondes électromagnétiques
rencontre, en traversant les tissus vivants, plusieurs interfaces successives :
dans les tissus en fonction de leur fréquence et de la teneur en eau des tissus.
air/peau - peau/muscle - muscle/os - os/cerveau… Cela donne naissance à
a, b, c = Hyperfréquences respectivement à 900, 1.800 et 2.450 MHz.

Noter :

- Pour la même catégorie de tissus (A ou B), la diminution de la pénétration de l’onde avec l’augmentation
de fréquence (a > b > c).
- Pour une même fréquence (a, b ou c), la pénétration plus grande dans les tissus pauvres en eau (B) par
rapport à ceux riches en eau (A).

(Figure adaptée de P.C. Myers et coll. Microwave thermography,


principles, methods and clinical applications. J. Microwave Power. 1979. 14 : 105-115).

8
IRPA Guidelines. Guidelines on limits of exposure to radiofrequency electromagnetic fields in the
frequency range from 100 KHz to 300 GHz. Health Physics. 1988. 54 : 115-123.

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des phénomènes de réflexions multiples à l’intérieur même du tissu et, si 1.6.2. Domaine domestique
l’épaisseur d’un des tissus traversé est voisine de la longueur d’onde, il peut
Le four à micro-onde domestique est constitué pour l’essentiel :
y avoir, à ce niveau, création d’ondes stationnaires concentrant l’énergie
électromagnétique sous la forme de «points chauds» (Figure 5). Dans le cas - D’un système électronique, le générateur à hyperfréquences ou
de la tête humaine, l’absorption de l’onde électromagnétique est maximale magnétron qui transforme la fréquence 50 Hz du secteur en
hyperfréquence de 2.450 MHz.
lorsque les dimensions de la tête sont voisines de la longueur d’onde de
l’onde électromagnétique incidente. Les risques de points chauds au niveau - D’une enceinte métallique réfléchissant le rayonnement
de la tête peuvent exister pour des fréquences allant de 300 MHz à hyperfréquence (cavité multimode) et lui permettant ainsi de mieux
2.000 MHz (IRPA Guidelines 8). On peut remarquer ici que c’est dans cet pénétrer dans l’aliment à réchauffer ou à cuire.
intervalle que se situent les fréquences utilisées par les téléphones
mobiles cellulaires (CF. Chap. I. 2.).

1.5.2. Effets non thermiques ou spécifiques 1 2

Des effets biologiques sont rapportés pour de faibles, voire très faibles, 2
2

densités de puissances des hyperfréquences (inférieures à 1 mW/cm2). Pour


certains scientifiques, ces effets résulteraient de faibles élévations de AIR

température dans les tissus irradiés, non décelables par les techniques
actuelles.
Dans le cas des téléphones mobiles cellulaires et de leurs stations PEAU
relais, ce sont ces effets non thermiques ou spécifiques qui sont à considérer.

MUSCLE

1.6. Quelques exemples d’utilisation des hyperfréquences


Les hyperfréquences ( ou micro-ondes) sont utilisées dans de OS 3 e=λ
nombreux domaines.

Figure 5 : Schématisation de la pénétration d’une onde électromagnétique


1.6.1. Domaine industriel dans un organisme vivant - Ondes stationnaires et «points chauds».
Dans ce cas, le but souvent recherché est la production de haute 1 : Onde incidente - 2 : Onde réfléchie - 3 : Onde stationnaire
e : Epaisseur du tissu - λ : Longueur d’onde
température à l’intérieur de matériaux les plus divers : séchage de carreaux
(D’après J.P. Pellissier et R. Santini. Bases physiques et physiologiques
de plâtre, de pâte à papier, collage et séchage du carton, séchage des encres de l’utilisation des courants électriques et des ondes en thérapeutique.
d’imprimerie, vulcanisation du caoutchouc, séchage des fibres textiles… Journée Nationale de Physiothérapie. Lyon. 1984.).

D’autres utilisations existent, telles que la détection électromagnétique


(principe des radars), le transport de signaux par hyperfréquences
(télécommunication, télévision…).

30 31
TÉLÉPHONES MOBILES CELLULAIRES ET S TATIONS RELAIS. LES R ISQUES POUR LA S ANTÉ.

L’énergie transportée par les micro-ondes est abandonnée à l’intérieur


même de l’aliment, ce qui réalise un chauffage à cœur de l’intérieur vers
l’extérieur, contrairement au chauffage traditionnel. L’augmentation de la
température de l’aliment est d’autant plus rapide que sa teneur en eau est
élevée.

1.6.3. Domaine biomédical


Les hyperfréquences sont utilisées en particulier pour :
- La lutte contre les parasites : désinsectisation des céréales infestées
par les charançons, les acariens, stérilisation des bacs à sable afin de
détruire les œufs de vers parasites (taenia, ascaris…);
- Leur action favorable sur la germination des graines, la lutte contre
certains cancers, par hyperthermie micro-ondes, tel le mélanome
chez la souris (R. Santini 9) ou en association avec d’autres
traitements comme la chimiothérapie ou les rayons X
(G. Arcangeli 10).
- Le traitement des méningiomes cérébraux (X. Zhou 11).
- L’accélération de la régénération des nerfs (L Kolosova 12).
- Les opérations de polypes de la vessie (H. Qjan 13).

9
R. Santini, Ch. Voulot, P. Deschaux. Incidences de l’hyperthermie micro-ondes sur le mélanome
B16 de la souris black. Innov. Tech. Biol. Med. 1982. 3 : 542-547.
10
G. Arcangeli et coll. Effectiveness of microwave hyperthermia combined with ionizing radiation.
Int. J. Radiation Oncology. Biol. Phys. 1980. 6 : 143-148.
11
X. Zhou et coll. Resection of meningiomas with implantable microwave coagulation.
Bioelectromagnetics. 1996. 17 : 85-88.
12
L.I. Kolosova et coll. Effects of low intensity millimeter wave electromagnetic radiation on
regeneration of the sciatic nerve in rats. Bioelectromagnetics. 1996. 17 : 44-47.
13
H. Qjan. The new method using microwave to treat gallbladder polyp. Second World Congress for
Electricity and Magnetism in Biology and Medicine. Juin 1997. Bologne, Italie. Abstract book.
Pages 164-165.

32