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Fra 170 Littérature française

Le XIXe siècle
Le XIXe siècle constitue une phase d’activité littéraire au cours de laquelle plusieurs écoles
littéraires se sont succédées. Le XIXe siècle demeure pour la France celui du romantisme, du
Parnasse, du réalisme, du naturalisme et du symbolisme. Ci-dessous une vue panoramique
sur ces courants :-

Le Romantisme :-
Le romantisme puise ses origines dans les pays européens : les écrivains anglais, allemands,
italiens et espagnols avaient une grande influence sur la littérature française pendant cette
période. Ce courant s’intéresse à l’expression des aspirations de l’âme, à l'exaltation du moi,
c’est le Moi qui est en scène. Les écrivains décrivaient la nature d’une façon purement
personnelle, les poètes ont exprimé leur mal de vivre et leurs souffrances en songeant à la
mort, à Dieu et à l'amour…etc. En plus, le romantisme s’est caractérisé par la « liberté dans
l’art », chaque écrivain est devenu libre d’utiliser la langue qui lui plait. Le romantisme a
apparu dans : la poésie, le roman, le théâtre.
Le Parnasse :-
En réaction contre la liberté et le lyrisme romantiques, un mouvement se fait jour: le
Parnasse. Les parnassiens ont focalisé leurs efforts sur la forme et le style. Leurs poèmes
étaient pleins de descriptions. Ainsi, une nouvelle théorie « l’Art pour l’Art » a vu le jour.
Le Réalisme :-
Le réalisme s’attache à produire la réalité en décrivant les décors, les personnages et les faits.
Ce mouvement s’intéresse à représenter fidèlement la vie.
Le Naturalisme :-
C’est une forme du réalisme qui présente les classes sociales. Les écrivains ont employé la
langue propre aux classes décrites. Le chef de file de ce courant est Emile Zola.
Le Symbolisme :-
C’est un courant poétique qui cherche à se débarrasser des règles de la versification. Il
exprime le rêve et la sensibilité.

Balzac :-
Critique littéraire, critique d'art, essayiste, dramaturge, journaliste, Honoré de Balzac a laissé
une œuvre romanesque titanesque. La production balzacienne se présente sous plusieurs
aspects : a) le roman philosophique : la Peau de chagrin, la Recherche de l'absolu... b) roman
historique : les Chouans... c) le roman poétique : avec Le Lys dans la vallée d) le romans de
moeurs : la Femme de trente ans, le Colonel Chabert, le Curé de Tours. Maître du roman
réaliste, Balzac a approfondi son réalisme en créant des types humains puissamment dessinés
dont les plus célèbres Le Père Goriot et Eugénie Grandet.
Maître du roman réaliste, Balzac apparaît comme un observateur doué. Son univers est basé
sur l'observation et l"imagination. En tant qu'observateur, Balzac voit, fixe dans sa mémoire
et reproduit dans son oeuvre les sites, les objets et les hommes. Balzac excelle à nous
imposer la présence de la réalité. Les héros du roman balzacien sont des êtres de chair qui
mangent et boivent. Nous connaissons leur physique, leur costume, leur profession et leur
domicile. En outre, l'observation balzacienne à présenter les caractères qui distinguent les
individus, les sexes; les âges de la vie, les milieux, les époques. la Comédie Humaine, par la
peinture des moeurs, constitue le document le plus précieux sur la Restauration et la
Monarchie de Juillet. Quant à son imagination, elle est appuyé par la documentation, et les
fictions qui se basent parfois sur la réalité. L'imagination de Balzac est passionnante puisqu'il
s'agit de créer un personnage, de concevoir son caractère selon son apparence physique. Les
idées du réaliste embrassent tous les domaines, philosophique, psychologique, politique,
social, et économique. Balzac étudie la psychologie comparée des peuples. Il entreprend, de
même, la description et la classification.
Il a relié ses écrits l'une à l'autre de manière à organiser une histoire dont chaque chapitre
sera un roman et chaque roman sera une époque.
Historien des moeurs, le romancier n'a pas occulté le mal de la société. En plus, il a dépeint
des figures vertueuses, il a montré la "punition humaine ou divine" des fautes et des crimes.
Les descriptions : Balzac s'est beaucoup intéressé à exposé les milieux. Ainsi, les cadres ont
passé avant les portraits. Les moeurs, la pensée et la vie sont exprimés dans le cadre. Ces
descriptions sont, à la fois, minutieuses et réalistes.
Les portraits : après le cadre vient le portrait. Le réalisme balzacien consiste à aborder les
personnages de l'extérieur, à nous en faire un portrait physique détaillé. Leurs
comportements, leurs vêtements, leurs visages dévoilent leur caractère. Leur nom est même
significatif.
Les personnages : en chacun des personnages "se cache toute une philosophie". Chacun
incarne un milieu social, un tempérament et une passion. Vautrin constitue le crime,
Madame de Mortsauf est la vertu... .Les héros de Balzac ne sont pas seulement des
personnages, mais ce sont des personnes véritables, en chair et en os.
Les défauts dans l'écriture balzacienne: les romans de Balzac sont pleins de description et de
portraits trop minutieux. Les explications occupent la moitié de ses écrits. On révèle chez
l'écrivain de la lourdeur dans l'expression et la pensée. Quant au style, il n'est pas conforme à
l'idéal de la rhétorique classique : il manque d'aisance, de pureté. Mais ce style est personnel,
il donne au lyrisme un goût réaliste, il contribue à nous imposer la présence des personnages
et à souligner les situations dramatiques.
Emile Zola :-
Écrivain, journaliste et homme public français, Émile Zola est considéré comme le chef de
file du naturalisme. Il est né à Paris le 2 avril 1840, mort à Paris le 29 septembre 1902. Ses
romans ont connu de nombreuses adaptations cinématographiques.
Etant un écrivain Engagé, Zola a publié un article retentissant sur l'affaire Dreyfus «
J'Accuse...! ».Cet article a ranimé l'Affaire, et lui a donné une dimension sociale et politique.
En plus, Zola sort de cette affaire défenseur des valeurs de tolérance, justice et vérité.
La littérature a beaucoup fasciné Zola dès sa jeunesse. Il a considéré l'écriture comme sa
véritable vocation. Zola participe aux rubriques littéraire et artistique de plusieurs journaux.
Ceci lui a permis de publier ses écrits et ainsi, de révéler ses qualités d'écrivain au public. En
plus, son travail dans la presse lui a accordé l'opportunité de publier une centaine de contes et
tous ses romans en feuilletons. Observateur des hommes et des faits de son temps dans ses
romans, Zola s'est engagé dans des affaires sociales, artistiques ou littéraires. Il a, de même,
étudié l'influence des milieux et des circonstances sur l'homme. De ce fait, le romancier
naturaliste est considéré comme un « observateur et expérimentateur ». Son travail
d'observateur consiste à rassembler des informations sur la société et les milieux, sur les
conditions de vie et d'environnement. Quant à son travail d'expérimentateur, il consiste à
composer un scénario dans lequel il relie les faits de la réalité à ceux de son roman, tout en
se reposant sur l'influence de la société et le milieu. Le personnage naturaliste est donc la
conséquence des constantes physiques, sociales et biologiques.
Zola est un écrivain minutieux et méthodique. Sa façon de procéder consiste à se renseigner
par lui-même, par ce qu'il a vu et ce qu'il a entendu. En outre, Zola s'intéresse à la
documentation en préparant chaque roman par une enquête basée sur la réalité.
Selon Zola, ce sont les conditions psychologiques, les milieux et les circonstances qui
déterminent la personne humaine. Ses héros sont souvent des impulsifs, ils sont "entraînés à
chaque acte de leur vie par le fatalisme de leur chair".
Zola est principalement connu pour son oeuvre Les Rougon-Macquart, "fresque romanesque
en vingt volumes décrivant la société française sous le Second Empire et qui met en scène
l'évolution de la famille des Rougon-Macquart, à travers ses différentes générations et dont
chacun des représentants d'une époque et d'une génération fait l'objet d'un roman".
N.B. Le naturalisme est une école littéraire qui cherche à introduire dans la littérature la
méthode des sciences expérimentales appliquées par le biologiste Claude Bernard.

Victor Hugo :-
Romancier, poète, dramaturge, critique, journaliste, homme politique et intellectuel engagé,
Victor Hugo est, incontestablement, l’un des plus grands écrivains romantique du XIXe
siècle. Hugo a pratiqué tous les genres littéraires : roman, poésie, théâtre, essai…etc. Etant, à
la fois, écrivain et homme politique, Hugo a accommodé son activité d’écrivain à son
engagement politique.
Romancier du peuple, Hugo a répandu ses réflexions, parmi les générations, sur
l’engagement de l’écrivain dans la vie politique et sociale. Selon Hugo, l’art doit instruire et
plaire et le roman doit être au service des idées.
Hugo reste également le dramaturge de la fatalité. Les héros hugolien se trouvent toujours en
lutte contre les contraintes extérieures et une inéluctable fatalité. Parfois, c’est la société qui
est responsable, parfois c’est l’histoire, et parfois c’est leur naissance. Victor Hugo a situé
ses pièces dans le XVIe siècle et le XVIIe siècle. Il s’est beaucoup intéressé à se documenter
avant d’écrire. Ses pièces comportent rois axes : le maître, la femme, le valet ; deux monde
s’y confrontent : celui du pouvoir et celui des serviteurs et où les rôles s’inversent comme
dans sa pièce Ruy Blas.
Chef de l’école romantique, Victor Hugo est, à la fois poète lyrique, épique et engagé. Son
lyrisme est varié ; il a chanté l’amour, la famille, les enfants, la patrie…etc. Rénovateur de la
poésie française du XIXe siècle, Hugo a introduit beaucoup de couleurs et d’images et a
utilisé un vocabulaire très riche. Le chef du romantisme a considéré la Bible et l’histoire
nationale comme ses sources d’inspirations, abandonnant ainsi l’imitation des Grecs et des
latins. Pour Hugo, la poésie ne constitue pas seulement un art mais encore un moyen de
connaissance, un chemin permettant d’accéder au mystère du monde. Chez Hugo, la
perception du monde se caractérise par les contrastes. Il a considéré l’antithèse comme une
façon de saisir le réel, prenant ainsi pour exemple l’ombre qui appelle la lumière. Le monde
constitue, pour Hugo, une lutte qui oppose le bien au mal. L’œuvre hugolienne représente un
double aspect (exact et chimérique) correspondant à l’aspect visible des choses et son aspect
invisible. Les contrastes sont ainsi les deux faces d’une seule réalité. C’est l’unité que
cherche Hugo à travers les contrastes.
Le lyrisme hugolien est basé sur les souvenirs, les émotions, les rêves et les sensations. Sa
poésie est également une poésie cosmique. Le poète est, selon Hugo, l’écho répercutant
toutes les voix du monde, des hommes, de la nature et de Dieu. Dans son œuvre, le lyrisme
personnel et le lyrisme impersonnel se mêlent.
Il est à citer que l’imagination est la faculté maîtresse de Hugo et surtout l’imagination
visuelle. Hugo avait des sensations visuelles vives et le talent de voir les objets imaginés.
Persuadé que le poète remplit une mission humanitaire, il a appliqué la devise « l’art pour
l’humanité ». Toutefois, il avait le culte de la beauté dans sa vie et dans sa création littéraire.