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IAS 37

"Provisions, passifs éventuels


et actifs éventuels"
Champ d'application

IAS 37 doit être appliquée (selon amendements publiés jusqu'au 31 mars


2004) par toutes les entités pour la comptabilisation des provisions, des
passifs éventuels et des actifs éventuels, excepté :
 ceux résultant de "contrats non (entièrement)
exécutés" sauf dans le cas où il s'agit d'un contrat déficitaire ;
 ceux couverts par une autre norme.

IAS 37 ne s'applique pas aux instruments financiers entrant dans le


champ d'application d'IAS 39 "Instruments financiers : comptabilisation et
évaluation".

Définitions

Une provision est un passif dont l'échéance ou le montant est


incertain. Un passif est une obligation actuelle de l'entreprise résultant
d'événements passés et dont le règlement devrait se traduire pour
l'entreprise par une sortie de ressources représentatives d'avantages
économiques.

Un passif éventuel est :

 une obligation potentielle résultant d'événements


passés et dont l'existence ne sera confirmée que par la survenance
(ou non) d'un ou plusieurs événements futurs incertains qui ne sont
pas totalement sous le contrôle de l'entreprise ;
ou
 une obligation actuelle résultant d'événements passés
mais qui n'est pas comptabilisée car :
- il n'est pas probable qu'une sortie de ressources
représentatives d'avantages économiques sera nécessaire
pour éteindre l'obligation ;
ou car
- le montant de l'obligation ne peut être évalué avec une
fiabilité suffisante.

Un actif éventuel est un actif potentiel résultant d'événements passés et


dont l'existence ne sera confirmée que par la survenance (ou non) d'un ou
plusieurs événements futurs incertains qui ne sont pas totalement sous le
contrôle de l'entreprise.

Comptabilisation

Une provision doit être comptabilisée lorsque :


l'entreprise a une obligation actuelle (juridique ou implicite) résultant
d'un événement passé ;
il est probable qu'une sortie de ressources représentatives
d'avantages économiques sera nécessaire pour régler l'obligation ;
et
 le montant de l'obligation peut être estimé de manière
fiable.

Si ces conditions ne sont pas réunies, aucune provision ne doit être


comptabilisée.

Le montant comptabilisé en provision doit être la meilleure estimation de


la dépense nécessaire au règlement de l'obligation actuelle à la date de
clôture. Les risques et incertitudes qui affectent inévitablement de
nombreux événements et circonstances doivent être pris en compte pour
parvenir à la meilleure estimation d'une provision. Une provision ne doit
être utilisée que pour les dépenses pour lesquelles elle a été comptabilisée
à l'origine.

Obligation actuelle

Dans de rares cas, l'existence d'une obligation actuelle n'apparaît pas


clairement. Dans ces cas, un événement passé est considéré créer une
obligation actuelle si, compte tenu de toutes les indications disponibles, il
est plus probable qu'improbable qu'une obligation actuelle existe à la date
de clôture.

Passifs éventuels

Une entreprise ne doit pas comptabiliser un passif éventuel. Il donne


toutefois lieu à une information en annexe.

Actifs éventuels

Une entreprise ne doit pas comptabiliser un actif éventuel. Une brève


description de la nature des actifs éventuels est fournie en annexe
lorsqu'une entrée d'avantages économiques est probable.

Valeur actuelle
Lorsque l'effet de la valeur temps de l'argent est significatif, le montant de
la provision doit être la valeur actuelle des dépenses attendues que l'on
pense nécessaires pour régler l'obligation.

Le taux d'actualisation doit être un taux avant impôts reflétant les


appréciations actuelles par le marché de la valeur temps de l'argent et des
risques spécifiques à ce passif. Le taux d'actualisation ne doit pas refléter
les risques pour lesquels les estimations de flux de trésorerie futurs ont
été ajustées.

Lorsque les provisions sont actualisées, la valeur comptable de la


provision augmente à chaque exercice pour refléter l'écoulement du
temps. Cette augmentation est comptabilisée en charges financières.

Evénements futurs

Les événements futurs pouvant avoir un effet sur le montant nécessaire à


l'extinction d'une obligation doivent être traduits dans le montant de la
provision lorsqu'il existe des indications objectives suffisantes indiquant
que ces événements se produiront.

Les profits résultant de la sortie attendue d'actifs ne doivent pas être pris
en compte dans l'évaluation d'une provision. A la place, l'entreprise
comptabilise les profits sur les sorties attendues d'actifs à la date spécifiée
par la norme traitant des actifs concernés.

Remboursements

Lorsqu'il est attendu que tout ou partie de la dépense nécessaire au


règlement d'une provision sera remboursée par une autre partie, le
remboursement doit être comptabilisé si, et seulement si, l'entreprise a la
quasi-certitude de recevoir ce remboursement si elle règle son obligation.
Le remboursement doit être traité comme un actif distinct. Le montant
comptabilisé au titre du remboursement ne doit pas être supérieur au
montant de la provision.

Dans le compte de résultat, la charge correspondant à une provision peut


être présentée nette du montant comptabilisé au titre d'un
remboursement.

Changements affectant les provisions

Les provisions doivent être revues à chaque date de clôture et ajustées


pour refléter la meilleure estimation à cette date. Si une sortie de
ressources représentatives d'avantages économiques nécessaires pour
régler l'obligation n'est plus probable, la provision doit être reprise.
Lorsque les provisions sont actualisées, la valeur comptable de la
provision augmente à chaque exercice pour refléter l'écoulement du
temps. Cette augmentation est comptabilisée en charges financières.

Application des règles de comptabilisation et d'évaluation

Des provisions ne doivent pas être comptabilisées au titre de pertes


opérationnelles futures.

Si une entreprise a un contrat qui est déficitaire, l'obligation actuelle


résultant du contrat doit être comptabilisée et évaluée comme une
provision.

Une provision pour coûts de restructuration n'est comptabilisé que lorsque


les critères généraux de comptabilisation (définis ci-dessus) des provisions
sont satisfaits.
Par exemple, une obligation implicite de restructurer existe uniquement si
une entreprise :

 a un plan formalisé et détaillé de restructuration


précisant au moins :
 l'activité ou la partie d'activité concernée ;
 les principaux sites affectés ;
 la localisation, la fonction et le nombre approximatif de
membres du personnel qui seront indemnisés au titre de la fin de
leur contrat de travail ;
 les dépenses qui seront engagées ;
et
 la date à laquelle le plan sera mis en oeuvre ;
 et a créé, chez les personnes concernées, une attente
fondée qu'elle mettra en oeuvre la restructuration soit en
commençant à exécuter le plan soit en leur annonçant ses
principales caractéristiques.

Une provision pour restructuration ne doit inclure que les dépenses


directement liées à la restructuration, c'est-à-dire les dépenses qui sont à
la fois :

 nécessairement entraînées par la restructuration ;


et
 qui ne sont pas liées aux activités poursuivies par
l'entreprise.

Informations à fournir

Pour chaque catégorie de provision, l'entreprise doit notamment fournir


une information sur :
 la valeur comptable à l'ouverture et à la clôture de
l'exercice ;
 les provisions supplémentaires constituées au cours de
l'exercice, y compris l'augmentation des provisions existantes ;
 les montants utilisés au cours de l'exercice ;
 les montants non utilisés repris au cours de l'exercice ;
et
 l'augmentation au cours de l'exercice du montant
actualisé résultant de l'écoulement du temps et de l'effet de toute
modification au taux d'actualisation.

L'information comparative n'est pas imposée. Pour chaque catégorie de


provisions, l'entreprise doit notamment fournir une brève description de la
nature de l'obligation, de l'échéance attendue, des incertitudes relatives
et, le cas échéant, le montant de tout remboursement attendu.

 A moins que la probabilité d'une sortie pour règlement


soit très faible, l'entreprise doit fournir, pour chaque catégorie de
passif éventuel à la date de clôture, une brève description de la
nature de ce passif éventuel et, dans la mesure du possible :
 une estimation de son effet financier ;
 une indication des incertitudes relatives au montant ou
à l'échéance de toute sortie ;
et
 la possibilité de tout remboursement.
Lorsqu'une entrée d'avantages économiques est probable, l'entreprise doit
fournir une brève description de la nature des actifs éventuels à la date de
clôture et, dans la mesure du possible, une estimation de leur effet
financier.

Dans des cas extrêmement rares, l'indication de certaines informations


peut causer un préjudice sérieux à l'entreprise dans un litige l'opposant à
des tiers sur le sujet faisant l'objet de la provision, du passif éventuel ou
de l'actif éventuel. Dans ces cas, l'entreprise n'a pas à fournir ces
informations mais elle doit indiquer la nature générale du litige, le fait que
ces informations n'ont pas été fournies, ainsi que la raison pour laquelle
elles ne l'ont pas été.
15. PROVISIONS POUR CHARGES – PASSIFS NON COURANTS

Sont enregistrées distinctement au crédit de ce compte :


 les provisions pour charges,
 les provisions pour pensions et obligations similaires
(engagements de retraite).

Lors de la constitution d’une provision pour charges, le compte de provisions


est crédité par le débit d’un compte de dotations soit d’exploitation, soit
financières.

Lors de la survenance de la charge, la provision antérieurement


constituée est soldée par imputation directe des coûts correspondant à la
charge. L’excédent éventuel du montant de la provision fait l’objet d’une
annulation par le crédit d’un compte de reprise (78).

Le compte de provision est réajusté, en tout état de cause, à la fin de chaque


exercice par :
 le débit des comptes de dotations correspondants, lorsque le
montant de la provision est augmenté ;
 le crédit d’un compte 78 de reprise (produit), de même
niveau que celui utilisé pour la dotation, lorsque le
montant de la provision est diminué ou annulé (provision
devenue, en tout ou partie, sans objet).

Le compte 153 « Provisions pour pensions et obligations similaires »


enregistre le montant des engagements de l’entité en matière de pension, de
compléments de retraite, d’indemnités et d’allocations en raison du départ à la
retraite ou d’avantages similaires des membres de son personnel et de ses
associés et mandataires sociaux.

La comptabilisation de ces régimes de pension, retraites ou assimilés à


prestations définies implique pour l’entreprise :
 d’utiliser des techniques actuarielles pour estimer de façon
fiable le montant des avantages accumulés par les
membres du personnel en contrepartie des services
rendus pendant l’exercice et les exercices antérieurs. Par
conséquent des estimations doivent être faites sur les
variables démographiques (mortalité et rotation du
personnel) et financières (augmentations futures des
salaires et des coûts médicaux).
 de déterminer la valeur actualisée de ces avantages dus au
personnel et assimilés.

Cependant des estimations ou moyennes et des calculs simplifiés peuvent


fournir une approximation fiable de ces engagements à faire figurer au passif.

Le compte 156 « Provisions pour renouvellement des immobilisations »


est destiné à recevoir les provisions constituées par les entreprises
concessionnaires qui, en vertu d’obligations contractuelles , sont tenues de
renouveler ou de remettre en état les immobilisations figurant dans la
concession avant de les transférer en fin de contrat au concédant ou à un tiers.
Application N° 01

La société ALPHA est un fabricant de machines outils « A » installé


sur le site de X. Vous êtes appelé auprès de la société ALPHA pour
analyser les opérations suivantes :

1. la société ALPHA s’est engagée à l’horizon N+30 (soit 50


après la mise en service) à démonter son unité de
production et en remettre en état le site. Le coût actuel de la
remise en état du site 80 millions de Dinars. Le taux
d’intérêt réel est de 2%.
2. un incendie a eu lieu en décembre N. Les travaux de remise
en état de l’immeuble sont estimés à 170 000 DA,  mais la
compagnie d’assurance n’en assurera qu’une couverture de
150 000 DA.
3. La société ALPHA a donné caution en N-2 à la banque Y d’un
crédit accordé à l’un de ses importants clients. Le client
vient d’être mis en redressement judiciaire. La garantie était
de 100 000 DA et on escompte récupérer 60% de cette
somme.
4. Tous les 5 ans, les systèmes d’alimentation d’énergie
doivent faire l’objet de révisions. Les dépenses liées à une
révision complète sont évaluées à 150 000 DA. La dernière
révision a été effectuée en N-2 et a coûté 148 500 DA.

Présenter au 31/12/N les analyses relatives aux points


précédents et comptabiliser les opérations nécessaires.

1. la provision doit être répartie sur 50 ans et être actualisée

19
80 000 x x 1 ,02−31 = 16 454
La provision fin N-1 était de : 50

20
80 000 x x 1 ,02−30 = 17 666
La provision fin N est de  50
La dotation de l’exercice doit être donc de 17 666 –16 454 = 1 212
Cette dotation pourra être analysée comme suit :

Intérêt sur provision = 16 454 x 0.02 = 329


1
80 000 x x 1 ,02−30 = 883
Augmentation de la provision = 50
Total 1212

68 dotations aux provisions pour risques et charges


1   d'exploitation 883 000,00  
68 dotations aux provisions pour risques et charges
6   financières 329 000,00  
15
  8 provisions pour remise en état   1 212 000,00

2. il y a lieu de comptabiliser une provision pour risque de :

170 000 – 150 000 = 20 000

68 dotations aux provisions pour risques et charges


1   d'exploitation 20 000,00  
  158 provisions pour risques   20 000,00

3. le montant de la provision est égal à :

100 000 x 0.4 = 40 000

68 dotations aux provisions pour risques et charges


1   d'exploitation 40 000,00  
15
  8 provisions pour risques   40 000,00

4. selon les normes IAS/IFRS il n’y a pas lieu de constituer des


provisions pour grosses réparations.