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La physiologie musculaire 2006/2007

1 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Faculté de Médecine
Département de Chirurgie Dentaire
CHU Issad Hassani Benni Messous
Service d’ODF
Pr. S.LARABA

Thème :

Réalisé par : Dirigé par :


Dr. Mohamed BOUZIANE Pr. S.LARABA

2 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

Introduction :

1- Le tissu musculaire :
1-1- Définition et propriétés :
1-2- Les différents types de muscles :
1-3- Etude histologique des muscles squelettique :
1-3-1- Au microscope optique :
1-3-2- En lumière polarisée :
1-3-3- Au microscope électronique :
1-3-4- Composition chimique du muscle :
1-3-5- La physiologie neuromusculaires :
1-4- La contraction musculaire.
1-4-1- Définition :
1-4-2- Mécanisme de contraction :
1-4-3- Les différents types de contraction :
1-4-4- Phénomènes biologiques accompagnent la contraction musculaire :

2- Les muscles de la sphère oro-faciale :


2-1- Les muscles masticateurs :
2-1-1- Les muscles élévateurs :
2-1-2- Les muscles abaisseurs :
2-2- La langue :
2-2-1- Définition :
2-2-2- Description :
2-2-3- Constitution
2-3- Les muscles peauciers de la face :
2-3-1- La région génienne :
2-3-2- La région mentonnière:
2-3-3- La région labiale :
2-3-4- La région nasale:
2-4-5- La région orbitaire :

3- Comportement et équilibre neuromusculaire :


3-1- Au repos :
3-1-1- La posture mandibulaire :
3-1-2- La posture linguale :
3-1-3- La posture labiale :
3-1-4- Le couloir dentaire de CHATEAU :
3-2- En fonction :

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4- Etude des fonctions :


4-1- Á la mastication.
4-1-1- Définitions :
4-1-2- Le cycle masticatoire :
4-1-3- Trajectoire du point inter incisif :
4-1-4- Les trajectoires condyliennes :
4-1-5- L'Efficacité masticatoire :
4-1-6- Activité musculaire lors de la mastication :
4-1-7-Contrôle nerveux de la mastication
4-1-8- Maturation de la mastication :
4-1-9- Physiopathologie de la mastication :
4-1-10- Examen clinique de la mastication :
4-2- Á la déglutition.
4-2-1- Définition :
4-2-2- Déroulement de la déglutition chez l’adulte :
4-2-3- Activités musculaires pendant la déglutition :
4-2-4- Contrôle nerveux de la déglutition :
4-2-5- Maturation de la déglutition :
4-2-6- La déglutition dysfonctionnelle :
4-2-7- Examen de la déglutition :
4-3- Á la respiration.
4-3-1- Définition :
4-3-2- Mécanisme ventilatoire :
4-3-3- La respiration et muscles oro-faciales :
4-3-4- Troubles de la respiration :
4-3-5- Examen clinique de la respiration :
4-4- Á la phonation.
4-4-1- Définition :
4-4-2- Mécanisme de la phonation :
4-4-3- Contrôle nerveux de la phonation :
4-4-4- Répercussions phonétiques des malformations oro-faciales et des
malpositions dentaires
4-4-5- Classification des troubles de l'articulation :
4-4-6- Troubles articulatoires et morphogenèse :
4-5- Á la mimique.
4-5-1- Action de quelques muscles sur l'expression du visage :
4-6- Les para fonctions :
4-6-1- Le suçage digital :
4-6-2- Succion de la lèvre inférieure :
4-6-3- Le bruxisme :

Conclusion :
Bibliographie

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Introduction :

La contraction des muscles squelettiques permet à tout être vivant d’entrer en relation
avec le milieu environnant par des actes moteurs de complexité variable, les muscles
représentent 40-50 % de la masse corporelle totale, la mise en place de structure musculaire
met en jeu de multiples étapes embryonnaires afin d’obtenir la présentation musculaire géante
plurinucléée des fibres musculaires, celles-ci sont électriquement et chimiquement excitables
et la machinerie de la contraction permet de transformer directement l’énergie chimique en
énergie mécanique et en chaleur.
Il est évident que la forme et la fonction sont étroitement liées, donc la morphologie
d'un sujet adulte est le résultat de l'activité des différents muscles qui moulent le squelette.
Dans la partie qui nous intéresse, la sphère oro-faciale, il en est de même, c’est le jeu des
muscles qui commande la forme, il détermine les rapports des mâchoires entre elles ainsi que
la position des dents.

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1- Le tissu musculaire :
1-1- Définition et propriétés :
C'est un organe doué de la propriété de se contracter, il est fait de cellules spécialisées
qui transforment l'énergie chimique en énergie mécanique, la source principale d'énergie
provient de la dégradation du glucose et de la réaction d'oxydation en présence d'enzymes
spéciales.
Le muscle présente quatre propriétés essentielles au maintient de l'homéostasie :
L’excitabilité : c'est la propriété du tissu musculaire à recevoir des stimulations et
d'y réagir.
La contractilité : c'est la propriété de pouvoir se raccourcir ou se contracter sous
l'effet d'un stimulus.
L'extensibilité : c'est la propriété du tissu musculaire de s'allonger, plusieurs
muscles sont antagonistes, l'un se contracte tandis que l'autre se relâche et
s'allonge.
L'élasticité : c'est la propriété du tissu musculaire de reprendre sa forme initiale
après une contraction ou extension.

1-2- Les différents types de muscles :


Les muscles striés squelettiques: ce sont les muscles volontaires destinés à la vie de
relation, ils se contractent sous l'influence du système nerveux cérébro-spinal.
Les muscles lisses: ce sont les muscles bancs ou involontaires destinés à la vie
végétative, ils assurent la contraction de la paroi des viscères (estomac, intestins,
vaisseaux sanguins...). Les muscles lisses diffèrent des muscles striés aussi bien sur le
plan anatomique, biochimique que fonctionnel.
Le muscle cardiaque: i1 est très semblable au muscle strié. Il se contracte
rythmiquement et harmonieusement de façon spontanée.

Muscle strié
squelettique
Muscle
lisse

Muscle
cardiaque

1-3- Etude histologique des muscles squelettique :


Le terme tissu musculaire s’applique à tous les tissus contractiles de l’organisme (les
muscles squelettiques striés, les muscles lisses et le muscle cardiaque). Le terme système
musculaire s’applique, par contre, aux muscles squelettiques (le tissu musculaire squelettique
et le tissu conjonctif qui composent les organes musculaires).
La formation embryonnaire du muscle squelettique à partir des cellules myoblastiques
fait intervenir des étapes morphologiques rythmées par les facteurs de croissance et par la
mise en place de l’innervation, les membranes, le cytosquelette et les myofilaments sont les
éléments morphologiques de la fibre musculaire et intervient dans la fonction de l’unité
motrice, l’activité musculaire est observable dès la huitième semaine de vie intra-utérine,
entre la 15eme et la 20eme semaine intra-utérine, les mouvements fins d’exploration sont bien
établis.

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Un muscle squelettique est constitué de milliers de cellules musculaires cylindriques


nommées fibres musculaires, une seule cellule musculaire constitue une fibre musculaire,
chaque fibre musculaire squelettique est un cylindre ayant un diamètre de 50 à 150 microns et
une longueur qui peut atteindre 30 centimètre. Ces longues et fines fibres multi nucléées sont
parallèles les unes aux autres et la force de contraction s'applique dans le sens du grand axe de
la fibre, chaque fibre est enveloppée et séparée des autres par une mince couche de tissu
conjonctif, l'endomysium, une autre couche de tissu conjonctif, le périmysium enveloppe
jusqu'à 150 fibres pour former un faisceau. Un fascia (aponévrose) de tissu conjonctif fibreux
ou l'épimysium, enveloppe l'ensemble du muscle. Cette gaine protectrice se referme aux
extrémités et s'unit aux autres enveloppes du tissu intramusculaire pour former le tissu
conjonctif dense et fort des tendons. Les tendons réunissent chaque extrémité du muscle à la
membrane externe des os, le
périoste. Le sarcolemme situé Structure d’un muscle squelettique
sous l'endomysium entoure
chaque fibre musculaire, cette
fine membrane élastique délimite
le contenu cellulaire de la fibre.
Le protoplasme aqueux ou
sarcoplasme de la cellule
renferme des protéines
contractiles, des enzymes, des
particules de graisse et de
glycogène, des noyaux et
plusieurs autres organites
spécialisés.

1-3-1- Au microscope optique :


La fibre musculaire apparaît striée aussi bien longitudinalement que transversalement. Elle
comprend :
Une membrane cytoplasmique appelée sarcolemme.
Un cytoplasme appelé sarcoplasme qui renferme des mitochondries et des globules
gras, des particules de glycogène, un réticulum sarcoplasmique et un grand nombre de
noyaux.
Des fibres appelées myofibrilles situées dans la région centrale du sarcoplasme, ces
myofibrilles présentent des disques alternativement clairs et sombres. C'est à
l'alternance de ces disques que les fibres musculaires doivent leur aspect strié. Les
myofibrilles représentent les parties contractiles des cellules musculaires, on peut en
effet les isoler et provoquer leur contraction en dehors de celles ci.

1-3-2- En lumière polarisée :


Les bandes sombres sont fortement biréfringentes d'où leur nom bandes anisotropes ou
bandes A.
Les bandes claires sont très faiblement biréfringentes, ce sont des bandes isotropes ou
bandes I.
La bande A présente en son milieu une région plus claire appelée bande H.
Une ligne plus sombre partage la bande I en son milieu c'est la strie Z.
La portion de myofibrille comprise entre 2 stries Z est appelée sarcomère, la
myofibrille est donc constitue d'une succession de sarcomères identiques.

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1-3-3- Au microscope électronique :


On voit que les myofibrilles sont constituées de Ultra structure d’un muscle squelettique
filaments longitudinaux de deux espèces
différentes :
1ere série : les myofilaments épais de
diamètre de 100Å s'étendent sur toute la
longueur de la bande A.
2eme série : les myofilaments fins de 50 Å
de diamètre s'étendent de part et d'autre de
la strie Z et s'engagent entre les filaments
épais. La strie Z correspond à une zone ou
les filaments fins des sarcomères voisins
sont reliés entre eux par un système de
filament spéciaux : filaments Z.

En résumé :
La bande I est formée uniquement de filaments fins.
La bande A est formée de filaments épais entre lesquels s'engagent les
filaments fins laissant une zone claire au milieu.
La bande H est formée uniquement de filaments épais.

1-3-4- Composition chimique du muscle :


L’étude de 100 g de muscle frais montre qu’il existe :
75 % à 80 % d’eau ;
20 % à 25 % de matières solides.
Parmi les matières solides, il y a 1 % de minéraux, le reste étant constitué d’éléments
organiques.
Eléments minéraux : le Na+ et le K+ presque exclusivement à l’état ionisé, le Ca++ et
le Mg++ entrent principalement dans la constitution de complexes organiques, le
phosphore se trouve combiné à d’autres
éléments.
Eléments organiques :
Protéines 15% ;
Glycogène 1% ;
Lipides 1%.
Parmi les protéines, on distingue :
Les protéines ayant un rôle métabolique ;
Les protéines de la structure filamenteuse : on
les rencontre au niveau des myofibrilles. Il
s’agit de :
Myosine : globuline insoluble dans
l’eau.
Actine : protéine globuleuse soluble
dans l’eau contenant de l’ATP. Ultra structure d’un sarcomère
Tropomyosine.
Les réactions chimiques organiques qui permettent la contraction musculaire sont très
complexes, elles s’accompagnent de consommation d’oxygène de production de gaz
carbonique.

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1-3-5- La physiologie neuromusculaires :


Chaque muscle reçoit une ou plusieurs
ramifications d'un motoneurone, les muscles
privés d'innervation sont totalement paralysés. La
jonction musculaire ou plaque motrice est une
zone de contact intime entre deux structures
cellulaires très différentes, d'une part une
ramification axonique capable de propager et
transmettre un influx nerveux et d'autres part une
cellule musculaire capable de se contracter.
L'unité motrice est l'ensemble formé par
un neurone moteur et les fibres musculaires qu'il
stimule. Un seul neurone commende par ses
terminaisons la contraction de nombreuses
cellules (100 à 1800 chez l'homme). Structure d’une plaque motrice
1-4- La contraction musculaire.
1-4-1- Définition :
La contraction est un raccourcissement ou mise sous tension d'un
muscle permettant à celui ci d'assurer son rôle mécanique ou statique, il
existe deux types de contraction :
La contraction isométrique : elle ne s'accompagne pas de
changement de longueur des fibres musculaires mais elle met ces
fibres sous tension, ainsi un travail musculaire assurant la position
du corps et le maintient de l'équilibre crée, c'est le travail statique.
La contraction isotonique : elle s'accompagne d'un raccourcissement
du muscle afin de produire un mouvement.
Le tonus musculaire: c'est une contraction légère et permanente d'un
muscle squelettique de type isométrique qui s'oppose à une force
d'extension, le tonus est essentiel au maintien de la posture.
La contraction excentrique (contraction avec étirement forcé) : ce
type de contraction se retrouve en situation physiologique comme
dans le cas de la descente d’un escalier ou le muscle activé est étiré
par un groupe de muscles antagonistes également activé mais
développant une force supérieure.
1-4-2- Mécanisme de contraction :
Au cours de la contraction, les sarcomères des myofibrilles
diminuent de longueur par inter - digitation des filaments
ainsi :
Les bandes 1 deviennent plus courtes.
Les bandes H diminuent.
Les bandes A restent inchangées.
Lors de ce raccourcissement, les myofilaments fins glissent
entre les myofilaments épais, ce phénomène fait en trois
étapes :
Attachement : en présence de Ca++ et fixation
d'ATP, les têtes de myosine se lient à l'actine Contraction musculaire
fermant le pont «actomyosine ».
Pivotement : l’hydrolyse d'ATP fixé sur la tète de myosine provoque le pivotement de
celle-ci faisant ainsi glisser les filaments fins sur les myofilaments épais et donc la
contraction
Détachement : le pont actine myosine est rompu par mouvement inverse et les fibres
musculaires retrouvent leurs positions initiales.

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1-4-3- Les différents types de contraction :


Lorsqu'un muscle exerce une force sur une charge donnée, celui-ci produit une
tension, le terme contraction désigne le déclenchement du processus producteur de tension
dans le muscle. Si la tension musculaire équilibre la charge résistante, on parle de contraction
isométrique (à longueur constante), dans ce type de contraction, les filaments épais et minces
ne glissent pas les uns sur les autres et la longueur du muscle demeure constante. A l'inverse,
on parle de contraction isotonique (à tension constante) lorsque la charge sur le muscle reste
constante, alors que sa longueur subit une variation, dans ce type de contraction les filaments
fins se déplacent au-delà des filaments épais, amenant ainsi le muscle à se raccourcir.
Quelques soient le type de contraction, les phénomènes électriques sont les mêmes
mais produisent des réponses mécaniques différentes, selon le nombre et la fréquence des
excitations, la contraction peut prendre différents aspects :

a) La secousse musculaire : L'intensité contractile est fonction de la fréquence des


stimuli nerveux. Pour une excitation isolée d'un muscle, on obtient une secousse musculaire
simple, suivie d'une période de relâchement, sa durée moyenne est de 0,1 à 0,5 secondes. Une
secousse est la réponse mécanique d'une fibre à un potentiel d'action. Lors d'une secousse
musculaire, la réponse mécanique n'est pas immédiate, le temps qui s'écoule entre
l'application du potentiel d'action et l'activité contractile correspond à la période de latence, la
période de latence correspond au temps nécessaire aux séquences des phénomènes chimiques
qui aboutissent à la contraction suite à une décharge électrique, la période de latence est plus
longue pour une secousse isotonique que pour une secousse isométrique. Ceci est du au fait
que la force développée par les ponts transversaux doit
devenir supérieure à la charge pour enregistrer un
raccourcissement. C'est la raison pour laquelle plus la
charge est lourde, plus la période de latence est longue, si
on augmente la charge d'une fibre, on finit par atteindre un
niveau de charge que le muscle est incapable de déplacer,
la vitesse de raccourcissement est alors nulle et la
contraction devient isométrique. L'intervalle de temps qui
sépare le début du développement de la tension du Myogramme
maximum de tension correspond au temps de contraction.
L'examen du myogramme montre que la secousse musculaire comprend 3 phases :
Phase de latence (1 /100 s) : c'est le temps compris entre le moment de l'excitation et
le début de la réponse. ceci correspond au temps mis par l'influx nerveux pour se
transmettre du nerf au muscle.
Phase de contraction (4 /100s) : correspond au raccourcissement du muscle.
Phase de relâchement (5/100s) : correspond à la décontraction du muscle.

Secousse
isométrique Secousse
isotonique

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b) Le tétanos musculaire : À une excitation isolée d'un muscle, on obtient une


secousse isolée. On désigne par secousse une brève période de contraction suivie d'une
période de relâchement. Lorsqu'une seconde secousse arrive avant que le relâchement ne soit
complet, les deux secousses musculaires fusionnent, et la tension développée est supérieure à
celle produite par une seule secousse. Le terme de sommation désigne cette augmentation de
la réponse mécanique d'une fibre musculaire à un second potentiel apparaissant au cours de la
réponse mécanique produite par un potentiel d'action précédent. Si la fréquence est encore
augmentée par l'arrivée de nouvelles secousses la sommation se produit jusqu'à ce qu'un
plateau soit atteint, on donne le nom de tétanos à ce plateau, deux types de tétanos sont
rencontrés :
Le tétanos imparfait : la contraction
est due a des rythmes d'excitation
assez lents. Les excitations atteignent Tétanos
le muscle en phase de relâchement et
empêchent son retour au repos. L'effet
des excitations s'additionne jusqu'à Tétanos imparfait
mobilisation de toutes les unités
motrices. Le myogramme montre une
partie ascendante et une partie
ondulée.

Le Tétanos parfait : la contraction est


due à des rythmes d'excitation assez
rapides. Les excitations atteignent le
muscle en phase de contraction. Le
myogramme montre un palier
rectiligne.

1-4-4- Phénomènes biologiques accompagnent la contraction musculaire :


a) Phénomènes thermiques : la contraction musculaire émit de la chaleur, mais même
au repos, le muscle produit une petite quantité de chaleur (chaleur de repos). Cette production
de chaleur augmente rapidement lors de contraction ce qui explique l’échauffement observé
lors du travail musculaire.
b) Phénomènes électriques : pendant la contraction, un changement de la charge
électrique à la surface du muscle se produit, c’est le courant d’action.
c) Phénomènes hormonaux : dans les conditions normales, la contraction musculaire
est déclenchée par un influx nerveux, libération au niveau de la jonction nerf-muscle de
substance chimique spéciale (médiateur chimique), qui est pour les muscles striés
l’acétylcholine.
d) Phénomènes mécaniques : la contraction provoque un déplacement des os (travail
dynamique) soit par le maintien d’une position fixe (travail statique).
e) Phénomènes chimiques : la contraction musculaire nécessite une dépense d’énergie
qui se manifeste par une réaction chimique (dégradation des glucides «sucre », de l’acide et
du gras). Cette réaction se fait en deux temps :
Contraction.
Restauration : c’est la reconstitution des réserves du muscle.

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2- Les muscles de la sphère oro-faciale :


2-1- Les muscles masticateurs :
On devrait designer sous le nom de muscles masticateurs tous les muscles qui servent
à la mastication c.à.d les muscles élévateurs et les muscles abaisseurs de la mandibule.
2-1-1- Les muscles élévateurs :
a) Le temporal : c'est un muscle
large, aplatit, en éventail qui s'étend de la Muscle temporal
fosse temporale au processus coronoïde de
la mandibule. Il est élévateur de la
mandibule par ses fibres antérieures et
rétropulseur par ses fibres postérieures
horizontales.
b) Le masséter : c'est un muscle Muscle masséter
volumineux quadrilatère qui s'étend du bord
inférieur de l'arcade zygomatique à la face
externe de la branche montante (faisceau
interne) et de l'angle mandibulaire (faisceau
externe), sa contraction bilatérale élève la
mandibule et sa contraction unilatérale
provoque un mouvement de diduction. Le
masséter est aussi un muscle propulseur
grâce à son obliquité.
c) Le ptérygoïdien médian (interne) : c'est un muscle épais, quadrilatère, oblique de
haut en bas, d'avant en arrière et de dedans en dehors. Son origine est au niveau de la fosse
ptérygoïde et sa terminaison au niveau de la face interne de la branche montante et de l'angle
mandibulaire. C'est un muscle essentiellement élévateur mais aussi déducteur avec sa
contraction unilatérale.
d) Le ptérygoïdien latérale (externe) :
il est situé en dehors du médian, c'est un
muscle composé de deux faisceaux, un
faisceau supérieur (sphénoïdal) qui s'insère
sur la grande aile du sphénoïde et un faisceau Ptérygoïdien latéral
inférieur (ptérygoïdien) qui s'insère sur la Ptérygoïdien médial
face externe de l'aile externe du ptérygoïde,
de l'apophyse pyramidale du palatin et de la
tubérosité maxillaire. La terminaison des
deux faisceaux sera au niveau de la capsule
articulaire et du condyle mandibulaire. Le
ptérygoïdien latéral est élévateur, abaisseur,
propulseur et déducteur de la mandibule
2-1-2- Les muscles abaisseurs :
Ce sont des muscles élévateurs de l'os
hyoïde, de ce fait abaisseurs de la
mandibule.
a) Les muscles abaisseurs sus hyoïdiens :
Le digastrique ;
Le mylo-hyoïdien ;
Le genio-hyoïdien ;
Le stylo-hyoïdien.

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b) Les muscles abaisseurs sous


hyoïdiens :
Le sterno-cleido-hyoïdien ;
Le sterno-thyroïdien ;
Le thyro-hyoïdien ;
L'omo-hyoïdien.

2-2- La langue :
2-2-1- Définition :
La langue et un organe musculaire complexe qui participe en permanence à l'équilibre
neuromusculaire de la sphère oro-faciale et aux fonctions vitales essentielles la gustation, la
mastication, la déglutition et l'articulation
des sons.

2-2-2- Description :
C'est une masse ovoïde à grosse
extrémité postérieure et à pointes antérieure,
on lui décrit deux parties :
Une partie mobile ou libre, visible à
l'examen et où on décrit une pointe,
une base, deux faces (supérieure et
inférieure) et deux bords latéraux.
Une partie fixe ou racine.
Dos de la langue

2-2-3- Constitution : elle est constituée par :


a) Un squelette ostéo-fibreux : autour duquel vont se
disposer les muscles et qui comprend : l'os hyoïde, La
membrane hyo-glossienne et le septum lingual.
b) Une muqueuse : qui est en continuité avec celle de le
cavité buccale et du pharynx. Elle est caractérisée par la
présence au niveau de sa face dorsale et des bords de
papilles gustative (filiformes, fongiformes et
caliciformes) et de petites glandes salivaires.
c) Des vaisseaux et nerfs : La vascularisation artérielle Squelette de la langue
provient des artères palatines ascendantes, pharyngiennes
ascendantes et linguales. La vascularisation veineuse est assurée par les veines linguales
profondes et superficielles. L'innervation linguale est motrice, sensitive et sensorielle.
Motrice par le nerf grand hypoglosse.
Sensitive par le nerf laryngé externe, glosso-pharyngien et lingual.
Sensorielle par le glosso-pharyngien (au niveau et en arrière du V lingual) et Le
linguale (partie antérieure).

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d) Des muscles linguaux : le nombre des muscles linguaux ne réunit pas l'unanimité des
auteurs leur nombre est variable avec une moyenne située autour de 17, huit (8) sont pairs et
symétriques, un (1) est impair et médian. Certains sont intrinsèques, c'est à dire qu'ils naissent
dans l'épaisseur même de la langue, Ils sont orientés dans les trois sens de l'espace et leur
contraction modifie la forme de la langue, d'autres sont extrinsèques c'est à dire qu'ils
prennent une insertion sur les organes voisins.
Les Muscles extrinsèques :
Le genio-glosse : Pro-tracteur, abaisseur de la langue, sa contraction unilatérale
permet de dévier la pointe.
L'hyoglosse : abaisseur et rétracteur.
Styloglosse : c’est le seul muscle reliant la langue à la base du crâne, il est
élévateur et rétracteur de la base de la langue, il durcit ses bords latéraux
(forme une gouttière).
Palatoglosse : élévateur de la langue et abaisseur du voile, sa contraction
bilatérale rétrécit l'isthme du gosier et canalise le bol alimentaire.
Pharyngo-glosse : élévateur de la langue vers l'arrière.
Amygdalo-glosse : élévateur de la base linguale.
Longitudinal inférieure : abaisseur et réfracteur de la pointe.
Longitudinal supérieure : seul impaire et médian, il est raccourcisseur et
rétracteur de la langue en haut.

Muscles intrinsèques : Le transverse pair et symétrique, il participe à l'allongement et


le rétrécissent de la langue.

2-3- Les muscles peauciers de la face :


Les muscles peauciers de la face possèdent trois caractères communs principaux :
Ils ont tous une insertion cutanée mobile et osseuse fixe.
Ils sont tous innervés par le nerf facial VII.
Ils sont disposés autour des orifices de la face dont ils sont constricteurs ou dilatateurs
Les muscles peauciers sont au nombre de l9sur chaque côte et sont divisés sur 5
régions :

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2-3-1- La région génienne :


Le releveur commun de la lèvre supérieure et de l'aile du nez : attire la lèvre
supérieure et l'aile du nez vers le haut.
Le releveur propre de la lèvre supérieure : attire la lèvre vers le haut.
Le canin : élève la commissure et la lèvre inférieure.
Le petit zygomatique : élève en haut et en dehors de la lèvre supérieure.
Le grand zygomatique : élève en haut et en arrière la commissure labiale.
Le buccinateur : attire la commissure en arrière et en dehors, il allonge l'orifice buccal
et participe à la mastication et aussi a l'action de siffler, souffler.
Le risorius : attire en arrière et en dehors la commissure.

2-3-2- La région mentonnière:


Le triangulaire des lèvres : abaisse la commissure et la porte en dehors.
Le carré du menton : attire la lèvre inférieure en bas et en dehors.
La houppe du menton : élève le menton et secondairement la lèvre inférieure.

2-3-3- La région labiale :


L'orbiculaire des lèvres : constriction de l'orifice buccal, projection en avant des
lèvres.

2-3-4- La région nasale:


Le Pyramidale de nez : abaisse la région inter sourcilière.
Le Transverse du nez : dilate les narines.
Le Dilatateur des narines.
Le Myrtiforme : abaisse la narine et rétrécie transversalement l'orifice buccal.

2-4-5- La région orbitaire :


L'Orbiculaire des paupières : permet l'occlusion des paupières et favorise
l'écoulement des larmes.
L'Abaisseur des sourcils.
Le Sourcilier : attire les sourcils en dehors.
L'Occipito-frontal : élève les sourcils

Les muscles peauciers de la face

15 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

3- Comportement et équilibre neuromusculaire :


On appelle comportement neuromusculaire la réponse motrice â une fonction qui se
traduit par la coordination et l'adaptation des contractions musculaires, contrairement à la
fonction qui est commune à tous les individus d'une espèce donnée, le comportement
neuromusculaire est individuel, il présente une extrême variabilité d'un sujet à l'autre.
L'équilibre neuromusculaire est réglé au niveau des chaînes musculaires antagonistes
verticales et horizontales, l'activité musculaire qui résulte de cet équilibre se déroule aussi
bien au repos qu'en fonction.
3-1- Au repos :
La posture musculaire à l’état de repos est conditionnée par le tonus musculaire,
contraction légère et durable. Cette activité musculaire n’engendre ni mouvement, ni
déplacement, elle est établie lentement, elle persiste, elle subit peu la fatigue et ne consomme
que peu d’énergie. Le système nerveux central reçoit constamment des informations
proprioceptives sensorielles provenant des différents secteurs du corps. Pour le système
stomatognathique, ces informations sont essentielles pour la position mandibulaire, la
phonation, la mastication et la déglutition.
L’activité des muscles élévateurs est un facteur majeur contribue à la position de
repos, cette activité est en rapport avec le reflex de fermeture déclenché par les fuseaux
musculaire, par exemple l’abaissement de la mandibule, entraîne une élongation des muscles
élévateurs, les fuseaux musculaires ainsi activés envoient une information proprioceptive au
noyau sensorielle du trijumeau, puis au noyau moteur qui active les motoneurones des
muscles élévateurs, stimulant ainsi leur contraction. L’équilibre de repos est conditionné par
trois éléments, susceptibles de connaître des variations, ces éléments sont :
Le tonus musculaire variable d’un individu à un autre, car il est déterminé en grande
partie par l’hérédité ;
Le rapport des bases maxillaires, il agit directement sur la posture musculaire ;
Les caractéristiques propres du muscle, le développement et la forme d’un muscle sont
essentiellement variables d’un sujet à un autre.
La connaissance de la régulation et des anomalies des postures oro-faciales permet
d'optimiser le diagnostic clinique et de mieux comprendre le mode d'action et les
modifications physiologiques apportées par les moyens thérapeutiques orthopédiques,
orthodontiques et chirurgicaux, les incidences cliniques des postures sont étudiées au travers
de l'intérêt du diagnostic précis et des moyens d'études des postures mandibulaires labiales et
linguales.
3-1-1- La posture mandibulaire :
a) Définition et description :
Elle correspond à un état de repos apparent des muscles masticateurs élévateurs et
abaisseurs lorsque le sujet est assis ou debout en position verticale. Le terme position de repos
physiologique a été employé pour indiquer que la musculature de la mandibule se trouve dans
une position de contraction toniques minimale afin de maintenir la posture et de
contrebalancer la force de pesanteur, il faut savoir que à l’état de repos les arcades dentaires
ne sont pas en occlusion complète, il existe une distance interocclusale ou espace libre en
moyenne de 1,7 mm environ. RAMFORD défini de nombreuses positions de repos qui
déterminent « une zone de repos »’ admettant des changements mineurs avec la croissance et
le vieillissement mais qui est relativement stable, la position de repos varie cependant au
cours de la journée en fonction de l’activité de l’individu.
Selon POSSELT : La posture mandibulaire est définie comme étant "la dimension verticale
de posture étudiée en présence d'un rythme respiratoire calme et d’une tranquillité
émotionnelle et psychique ", les études laminagraphiques de RICKETTS montrent que la
position de repos s'établit grâce à une légère rotation des condyles en bas et en avant.

16 Dr. M.BOUZIANE
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b) Aspect neurophysiologique de la posture mandibulaire :


La posture habituelle de la mandibule, ou position de repos, résulté de l'action
combinée des forces qui s'appliquent à la mandibule, les principaux facteurs sont :

Le tonus des muscles abaisseurs et élévateurs : on désigne par tonus la tension


légère à laquelle se trouve normalement soumis un muscle à l'état de repos. Le
tonus mandibulaire varie avec la position de la tète par rapport à la verticale, en
effet, le tonus du temporal est du digastrique est maximal lorsque le sujet est à la
verticale et est minimal dans la position allongée. En revanche celui du
ptérygoïdien externe présente une activité maximale quant la tète et le tronc font
un angle de 45° avec la verticale et une activité minimale en position allongée.
L’equilibre des muscles masticateurs :
Dans le plan occlusal, la mandibule est attiré simultanément en avant par
les propulseurs (la résultante des ptérygoïdiens externes et des masséters),
en arrière par les rétropulseurs (digastriques et génio-hyoïdiens),
latéralement par les déducteurs (mylo-hyoïdiens et ptérygoïdiens internes).
Dans le plan verticale La mandibule est attirée en haut par le tonus des
muscles élévateurs (masséters, temporaux, ptérygoïdiens), et retenue en bas
par son poids et surtout par le tonus des abaisseurs (digastrique, genio-
hyoïdiens, mylo-hyoïdiens).
Cet équilibre de tonus est sous la dépendance des centres nerveux (noyaux gris
centraux).
La pression atmosphérique : lors de la déglutition, la langue classe dans le
pharynx au même temps que la salive une partie de l'air qui se trouve dans la cavité
buccale, lorsque celle-ci est fermée hermétiquement, il se produit un vide partial
développant ainsi une pression atmosphérique intra-buccale négative par rapport à
la pression atmosphérique extra-buccale, cette pression égale à 10 mm/hg qui peut
engendrer une force de 300g capable de supporter le poids de la mandibule.
Le poids de la mandibule : la force de pesanteur tend à abaissé la mandibule grâce
à son poids.
c) Posture mandibulaire et position des ATM :
La posture de la mandibule conditionne la position des condyles dans leurs cavités
glénoïdes, durant une posture dite normale, l'inclinaison de la pente condylienne par rapport à
l'axe charnière orbitale est de 30° chez l'enfant en denture mixte, 60° chez l'adulte.

d) Posture mandibulaire et dysmorphoses :


Dysmorphoses verticales : De nombreux auteurs ont démontré que l'extension de
la tète par adaptation à une fonction respiratoire défectueuse pour faciliter le
passage de l'aire était souvent associée à une hyper-divergence. Cette posture
céphalique serait un déterminant de la posture mandibulaire et aurait des
incidences d'une part sur les pressions labiales sur les incisives et d'autre part sur la
posture basse de la langue qui conduirait à la constriction de l'arcade maxillaire et
la béance antérieure c'est le syndrome de long face. Plusieurs auteurs ont démontré
aussi que plus l'angle goniaque est ouvert et le Ramus court plus la sangle ptérygo-
massétérine est étroite et son insertion est postérieure, chez les hypo-divergents au
contraire la sangle ptérygo-massétérine est large et son insertion est en avant des
molaires.
Dysmorphoses sagittales : Le sens sagittal n'aurait pas d'incidence sur l'importance
de l'espace libre qui varie de 0.9 à 1.8 mm pour les cl I et III, l’espace libre est
nettement supérieur dans les cl II/2.

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e) Postures mandibulaires pathologiques :


Chez le nourrisson les incoordinations posturales peuvent être liées à des
anomalies anatomiques (fentes labiales) ou un trouble psychologique primaire, ces
anomalies peuvent être supprimées par un apprentissage rapide des fonctions
buccales aidés par le reflex de nutrition, cette rééducation de la posture de la
posture mandibulaire dépend de l’apprentissage de la déglutition grâce au
maintient de l’alimentation maternelle, de la stimulation des lèvres et de la zone
palatine antérieure pour obtenir une herméticité buccale.
Chez l’enfant et l'adolescent : les pathologies de la posture mandibulaire sont en
relation avec une anomalie du chemin de Fermeture lors de la présence de
dysmorphoses de classe II, de classe III ou d'endoalveolie supérieure associé
respectivement à une "double occlusion ", un proglissement, une latéro-déviation
mandibulaire complétant le syndrome de Cauhépé et Fieux.
Chez l'adulte : les pathologies de la posture mandibulaire sont le témoignage d'un
déséquilibre musculaire en relation possible avec une pathologie occlusale,
articulaire voir psychique (bruxisme).

3-1-2- La posture linguale :

a) Définition :
C’est la position qu'occupe la langue au repos dans la cavité buccale, le comportement
lingual au repos est indissociable de la forme, du volume et de la position de la langue, ce qui
entraîne une grande variabilité d'un individu à l'autre, chez un même individu (le sommeil,
stress, fatigue ou effort modifient le comportement lingual).
Chez le nourrisson : la langue occupe la majeure partie de la cavité buccale, il
existe une macroglosie relative, l'absence du système dentaire qui permet de
s'interposer entre les crêtes alvéolaires, voire même entre les lèvres. La langue
recule peu à peu pour s'orienter vers le palais entre l'âge de 4 à 8 mois et
définitivement au niveau du palais vers l'âge de 1 à 2 ans.
En denture mixte : la posture linguale subit plusieurs variations, en effet La
langue présente jusqu'à 9 à 12 ans un taux de croissance accéléré par rapport à son
environnement, il y a dysharmonie bucco linguale transitoire qui se stabilise par la
suite, aussi, plusieurs études rapportent une fréquence élevée de pulsion linguale
jusqu'à 8 ans et une diminution après cet age.
En denture adulte :
Verticalement : le dos de la langue épouse le profil de la voûte palatine, les
bords étalés contre les collets des dents maxillaires antérieures et latérales.
Sagittalement : la pointe de la langue repose sur la papille rétro incisive
sans pulsion sur les dents antérieures.
Postérieurement La langue déborde en partie vers le pharynx, la distance
entre la base de la langue et le pharynx est déterminé de manière à libérer le
passage d'air, c'est donc la fonction ventilatoire qui impose à l'appareil hyo-
lingual en premier lieu de se maintenir à une distance suffisante en avant
du plan rachidien.

En conclusion : On considère comme normale une langue contenue sans effort dans la cavité
buccale et ne s'interposant entre les arcades ni antérieurement ni latéralement.

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b) Moyens d'étude de la posture linguale :


L'examen clinique : il reste déterminant surtout en ce qui concerne l'inspection et
la palpation, la meilleure façon d'examiner la langue au repos serait d'utiliser soit le
moment qui suit immédiatement la déglutition, soit en réponse aux pressions
digitales provoquant un déplacement lingual en arrière puis vers le bas. Il faut
noter la forme, le volume, les bords, les insertions musculaire, la mobi1ité...etc.
Examen téléradiographique : on utilise le plus souvent la téléradiographie de
profil en 1CM, elle permet d'apprécier globalement le volume, le bombé du dos de
la langue, sa situation par rapport au pharynx, la position de l'os hyoïde...etc.
Examens complémentaires du volume lingual : la macroglossie est une
dysharmonie entre le volume lingual et son habitacle, elle peut être considère
comme relatif lorsqu’elle n’est décelable qu’à l’ouverture buccale, contrairement à
la macroglossie absolue qui se traduit par l’impossibilité é de garder la langue à
l’intérieure de la cavité buccale.
Les examens ORL : peuvent être pratiqués afin d’effectuer un diagnostic
différentiel entre langue volumineuse et posture antérieure due à une anomalie de
la ventilation liée à une obstruction des voix aériennes supérieures.

c) Facteurs de variation de la posture linguale :


La posture linguale peut varier :
Avec la maturation : L'interposition linguale entre les arcades du nouveau-né se
transforme avec le changement d'alimentation et l'apparition de la denture.
Avec la croissance : jusqu’a 2ans, l’os hyoïde se situe verticalement a peu près
entre la 3ème et la 4ème vertèbre cervicale, c.à.d qu'il suit la croissance vertébrale
et s'éloigne de la mandibule, la langue conserve le même niveau buccal et
augmente de volume régulièrement entre le menton et l'os hyoïde. A l2 ans, le
niveau buccal de la langue descend légèrement puis ensuite s'élève jusqu’à l9 ans,
a l'âge adulte, la langue et l'os hyoïde descendent de 7mm environ.
Avec le type morphologique : par exemple chez le brachycéphale la croissance
horizontale est plus importante que la verticale, il s'ensuit une poussée linguale
antérieure qui favorise la cl III.
Avec le volume lingual : La microglossie ou la macroglossie modifient la posture
linguale.
Avec la conformation linguale : langue allongée, étroites, en triangle... etc.
Avec l'environnement musculaire : la posture linguale est indissociable de
l'équilibre musculaire environnant.
Avec son attache mandibulaire : l'insertion du frein linguale influence sa position
par exemple un frein bref ═langue basse.

d) Rôle morphogénétique de la posture linguale :


La langue, organe musculaire remplissant la cavité buccale joue un rôle principal dans
la morphogenèse des arcades et la position des dents, elle permet le développement sagittal et
transversal du palais ainsi que le positionnement correct de la mandibule, sur cette dernière la
langue exerce une poussée directe postèro-antérieure et une poussée indirecte en augmentant
l'activité contractile des ptérygoïdiens latéraux ce qui stimule le cartilage condylien.
En réalité, l'action morphogénétique de la posture linguale n'est pas contestée, mais la
localisation de sa ligne d'action fait encore l'objet de controverses des auteurs la situent au
niveau dentaire, d'autres au niveau alvéolaire et enfin certains au niveau basale.

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e) Postures linguales pathologiques :


Plus de 80% des enfants présentent une poussée linguale et une béance antérieure à
l’age de 08 ans et montrent une normalisation sans traitement à l’age de 12 ans.
Dans le sens sagittale : la posture antérieure, postérieure, les bords mobiles
s'interposent entre les arcades dans la région incisive.
Dans le sens vertical : La posture basse, la pointe de la langue est située derrière
l'arcade incisive inférieure.
Dans le sens transversal : L'interposition linguale postérieure.
Ces troubles de la posture ont été souvent associés à des dysmorphoses spécifiques,
mais la discussion est encore ouverte entre les auteurs pour connaître si ces troubles font
partie des facteurs étiologiques ou ne sont qu'une caractéristique des dysmorphoses.

f) posture linguale pathologique et anomalies orthodontiques :


Dans le sens vertical : la plupart des auteurs sont d’accord pour indiquer qu’une
posture linguale antérieure associée à une déglutition infantile est universelle
pendant l’enfance, les forces délivrées par la pression lingual antérieure au repos
peuvent être en partie responsable des béances antérieures. En effet, si la relation
de cause à effet entre la posture antérieure linguale et la béance antérieure n’est pas
confirmé dans tous les travaux chez le jeun enfant, il ne faut cependant pas nier la
relation entre une posture linguale antérieur et la vestibulo-version des incisives
avec apparition de diastèmes inférieure (signe d’une boite à langue trop exigu)
peuvent être une manifestation possible d’une rétrognathie mandibulaire. Pour
LOWE, la posture linguale varie en fonction de la divergence faciale :
Chez les hypo-divergents, la ponte linguale est située en dessous du plan
d’occlusion.
Chez les hyper-divergents, la pointe linguale part en avant et au dessus des
incisives inférieures.
Dans le sens transversal : une posture linguale basse est souvent responsable
d’une insuffisance de développement transversale du maxillaire en raison de
l’absence de sollicitation de la suture inter maxillaire lors de la croissance, par
contre les excès de croissance alvéolaires transversales du maxillaire sont aussi en
partie liés à une posture linguale haute et postérieure souvent associées à une
rétrognathie mandibulaire.

Excès de croissance
transversale

Insuffisance de
croissance transversale

Dans le sens sagittal : HOPKIN pense que ;


Dans les clII/1 : la position haute et antérieure qu’occupe la langue serait
une posture d’accommodation différente de la position de repos, pour
permettre l’obtention du verrouillage antérieure, la position de repos réelle
de la langue correspond à une position plus postérieure et plus basse.

20 Dr. M.BOUZIANE
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Dans les clII/2 : la langue est plus haute mais postérieure, ce type de
posture linguale soutient peu la région antérieure et permet ainsi sa lingo-
version sous l’action des lèvres.
Dans les clIII : la langue occuperait une position basse et antérieure.

Position basse et
antérieure de la
langue à cause d’un
frein lingual court

f) Importance de la langue dans la sphère oro-faciale :


La plupart des fonctions de la sphère oro-faciale sollicitent l'activité linguale, que se
soit pour assurer la survie (respiration, déglutition et mastication) ou pour établir un contacte
avec le monde extérieur (phonation), la langue participe en permanence à l'équilibre
neuromusculaire de cette région, s'il y a équilibre entre les différents groupes musculaires au
cours de la croissance, le développement est harmonieux, en revanche, tout déséquilibre
retentit sur la morphogenèse, de façon directe ou indirecte. Le rôle de la langue est présent
dans les activités oro-faciales, il est primordial au cours de la vie intra utérine ou la sensibilité
linguale constitue un des premiers contactes avec le monde extérieur, il est prépondérant tout
au long de la petite enfance où l'activité linguale et surtout sa posture, modèle littéralement la
mandibule et le maxillaire. Toute la vie, la langue participe à l'équilibre musculaire oro-
faciale, si son rôle morphogénétique diminue progressivement avec la croissance, il ne cesse
jamais complètement, puisque le comportement lingual et surtout l'équilibre entre la langue et
les autres muscles influence en permanence la position des dents.
L'orthodontiste, dans le but de rétablir des rapports maxillo-mandibulaires et dento-
dentaires harmonieux, devra être un observateur vigilant de la fonction linguale s'il veut
assurer la stabilité de ses résultats.

3-1-3- La posture labiale :


a) Définition :
Comme la posture mandibulaire, la posture labiale ne peut être obtenue que par une
contraction minimale de la musculature labiale, linguale et masticatrice, elle dépend de :
Comportement oro-facial au repos ;
Schéma dento-squelettique ;
Anatomie des tissus mous (langue volumineuse, lèvre courte....) ;
Pathologie éventuelle neuromusculaire.
Selon RICKETTS : une posture labiale normale est obtenue lorsque les lèvres sont closes
pour maintenir un joint effectif afin de protéger, les dents, la gencive et d'assister à la
déglutition adulte.
Selon BRUSTON il existe deux types de postures labiales en fonction de deux types de
positions mandibulaires :
Position de repos : Le sillon inter labial à une profondeur de 3.7 mm.
Position d'ICM : La profondeur de sillon labiale est égale à 1.8 mm.

21 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

b) Approche descriptive :
Position des lèvres dans le sens sagittal : RICKETTS examine la position sagittale
des lèvres par rapport à la ligne esthétique E sur photographie (ou TLR), de la
pointe du nez au pogonion cutané, en fonction de l'âge :
Chez le nourrisson les lèvres sont en avant de la ligne E.
Chez un enfant en denture mixte la lèvre inférieure affleure la ligne E et la
lèvre supérieure la dépasse de 1 mm.
Chez l'adulte la lèvre inférieure affleure la ligne E, la lèvre supérieure en
retrait de 1 mm.
Il faut noter que la convexité du profil diminue avec l'âge, les lèvres deviennent
de plus en plus rétrusives dans le profil et ceci en raison de la croissance sagittale du
nez et du menton et ceci malgré les effets d'élargissement et d'épaississement liés à
leur croissance propre.
Position des lèvres dans le sens vertical : Selon SUBTELNY
Jusqu'à 3 ans, le bord inférieur de la lèvre supérieure est au-dessous du bord
incisif supérieur.
Après 9 ans (date d'éruption des incisives permanentes), le bord inférieur de
la lèvre supérieure au-dessus de 3 mm du bord incisif supérieur.
En denture adulte, la lèvre supérieure recouvre les deux tiers de la hauteur
coronaire de l'incisive centrale supérieure, le reste est pris en charge par la
lèvre inférieure.
Position des lèvres dans le plan frontal : les commissures doivent se situer entre
les deux verticales passant par les pupilles.

c) Physiologie du contact bilabiale :


La musculature responsable de la dynamique labiale se regroupe autour des muscles
peauciers ayant une seule insertion, soit 10 dilatateurs et 04 constricteurs, les muscles
responsables du contact bilabiale au repos possèdent des récepteurs sensoriels dans la zone
vermillon, des terminaisons nerveuses libres amyéliniques autour des ces zones et leurs fibres
véhiculent des influx extéroceptifs, la mise en jeu du contact bilabiale dans la posture labiale
et lors de la déglutition est basée sur l'action des neurorécepteurs suivants :
Capsulaires et musculaires ;
Proprioceptifs situés au niveau du désmodonte renseignant sur les contacts
occlusaux ;
Sensitifs labiaux, chez le nourrisson, qui sont les seuls vrais guide de la cinétique
mandibulaire car la posture mandibulaire n'est pas déterminée par l'occlusion mais
par le contact bilabiale.

d) Pathologies de la posture labiale :


Les pathologies de la posture labiale peuvent être liées à des anomalies de forme, de
volume ou d’une insertion haute d'un frein labial qui entrave la mobilité labiale. RICKETTS
caractérise l'innoclusion labiale par une absence de contact bilabiale spontané lors du repos
musculaire physiologique, il objective une dysharmonie labiale lorsque la position
harmonieuse des lèvres est rompue par rapport à la ligne E, dix (10) formes de positions
labiales pathologiques sont décrites :
Biprotrusion labiale ;
Birétrusion labiale ;
Lèvres courtes ;
Contraction labiale avec contraction de l'orbiculaire des lèvres et
approfondissement du sillon canin ;

22 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

Contraction de la houppe du menton ;


Succion labiale inférieure ;
Contraction péri-orale ;
Contraction du sillon labio-mentonnier ;
Pro-version labiale supérieure ;
Eversion labiale inférieure.
e) Anomalies orthodontiques et posture labiale :
A l’issus de leurs travaux, THUER et INGERVALL suggèrent que la pression des
lèvres sur les dents pourrait être le résultat de la position des incisives, et non une
participation à l’étiologie de positionnement incisif, contrairement aux théories de nombreux
autres auteurs. Le tableau ci-dessous indique les pressions des lèvres au repos sur les
incisives, en fonction de la classification d’ANGLE :
Pression de la lèvre supérieure au Pression de la lèvre inférieure
Classe d’ANGLE
repos (g/cm2) au repos (g/cm2)
Cl I 1.4 0.8
Cl II/1 3.6 1.1
Cl II/2 -1.4 1.4

f) facteurs étiopathologiques de l’innoclusion labiale :


On distingue deux aspects anatomiques différents :
Une attraction médiane du philtrum vers l’épine nasale, déformant la lèvre en
« chapeau de gendarme » avec exposition des incisives, ce qui démontre une
brièveté labiale primitive d’origine musculaire.
Une rétraction labiale étalée d’une commissure à l’autre avec un aspect arciforme
de son bord libre. L’exposition dentaire s’étendant d’une région prémolaire à
l’autre au repos et lors du sourire ou la fibromuqueuse gingivale est largement
visible, signe une pseudo-brièveté labiale secondaire à une anomalie alvéolaire
sagittale et/ou verticale maxillaire.

3-1-4- Le couloir dentaire de CHATEAU :


Au niveau de l'arcade dentaire on note localement
deux masses musculaires antagonistes, la langue qui
exerce une force centrifuge, les lèvres et les joues
(orbiculaire des lèvres et buccinateur) qui exercent une
force centripète, classiquement ces forces s'annulent au
niveau de l'arcade dentaire et ceci tant au repos qu'en
fonction, donc il existe un réel équilibre de ces deux
masses musculaires au niveau de l'arcade dentaire. C'est
le "couloir dentaire " décrit par CHATEAU pour la 1er
fois en 1957, ou "la zone 0 " de DANGY.
C’est en quelque sorte, la boite dans la quelle les
dents peuvent migrer verticalement, mésialement, et
distalement jusqu'à sa limite postérieure constitué par le
ligament sphénomandibulaire et les insertions de
buccinateur.
La pression exercée par la langue, par les
Le couloire dentaire de CHATEAU
buccinateurs et par l’orbiculaire en posture habituelle, au
repos, n’est pas seule à prendre en considération, car les fonctions de déglutitions et
d’articulation de la parole agissent également, et pas toujours de manière proportionnelle.

23 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

3-2- En fonction :
On définit la fonction comme une réponse à un besoin effectué par un organe et
nécessitant la mise en place d’une conduite motrice qui est la réunion d’un certain nombre
d’activités banales non spécifiques en un faisceau d’actions finalisées, un certain nombre de
conduites motrices sont mises en œuvres pour réaliser une fonction.
Les différentes fonctions de la sphère oro-faciale sont :
Les fonctions de nutrition : mastication, déglutition et respiration ;
Les fonctions de relation : phonation et mimique.
L’équilibre musculaire de fonction joue un rôle morphogénique, en faite la forme et
les rapports des arcades alvéolo-dentaires sont conditionnés par l’action modelante des
muscles, eux-mêmes considérés comme des effecteurs du système neuromusculaire, il est
nécessaire de préciser que la croissance osseuse n’a aucune action sur la croissance
musculaire, le développement du muscle précède celui des os, il est indépendant des éléments
squelettiques sur lesquels il s’insère secondairement, la croissance musculaire peut se faire en
l’absence de toutes pièces osseuses.
Il y a toujours une forte tendance des procès alvéolaires à s’incliner de façon à
compenser tout au moins partiellement les anomalies squelettiques. Ceci peut se produire si
l’équilibre musculaire qui existe entre la langue, les joues et les lèvres sont normales
physiologiquement. La direction de croissance des procès alvéolaires, objectivée par les axes
des dents, sera déterminée par la résultante des divers équilibres constatés. Les dents sont
donc orientées en fonction de la structure ostéo-musculaire de la tête.

4- Etude des fonctions :


4-1- La mastication.
4-1-1- Définition :
La mastication est la première étape de la digestion, c'est un acte complexe grâce
auquel la consistance des substances alimentaires placées en bouche est mécaniquement
modifiée afin de les rendre aptes à être dégluties. Ces substances seront coupées, écrasées puis
broyées par les mouvements précis et conjoints des dents, des lèvres, des joues, et de la
langue. Le bol alimentaire, une fois préparé et analysé grâce aux récepteurs somesthésiques
(consistance granulométrique, température) et gustatif (goût), pourra être dégluti ou rejeté
suivant ses caractéristiques propres.

4-1-2- Le cycle masticatoire :


La préparation du bol alimentaire est assurée par des mouvements rythmiques
d'apposition et de séparation des arcades. Leur analyse dans chacun des plans de l'espace
montre qu'ils sont constitués d'enchaînements d'abaissements et d'élévations de la mandibule,
associés à des mouvements de propulsion rétropulsion et de diduction. Le même type de
mouvement ou "cycle masticatoire" est répété jusqu'à ce que le bol alimentaire soit prêt à être
dégluti, l'ensemble des cycles masticatoires constitue une séquence masticatoire (une
séquence est composée de 15 cycles masticatoires en moyenne).
La mastication peut être :
Unilatérale 12 % des cas.
Bilatérale dans 8 % des cas.
Bilatérale alternée dans 80 % des cas.
Les cycles masticatoires ont une durée de (0.59 à 1.25 Sec) et varient en fonction de :
Le cycle masticatoire est plus long et d'amplitude plus grande lorsque l'aliment est
dur.
L'âge : l'amplitude verticale des cycles masticatoires augmente au cours de la
croissance mais elle semble en diminution avec l'âge chez l'adulte.

24 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

4-1-3- Trajectoire du point inter incisif :


a) Dans le plan frontal : un cycle masticatoire typique a une forme ellipsoïdale, en
goutte d'eau, ce trajet peut être décomposé en 3 phases principales :
Phase d'ouverture : le dentalé (point de
contact inter incisif médian inférieur) Trajectoire du PII dans le plan frontal
s'abaisse depuis la position d'ICM en
s'écartant légèrement de la ligne médiane,
généralement du côté non travaillant, puis
la rejoint et la franchit en continuant de
descendre latéralement du côté travaillant
jusqu'à ce que les bords incisifs soient
écartés de 16 à 18 mm. Le dentalé s'est
alors écarté de 5 à 6mm par rapport à la
ligne médiane. Cette première phase du
cycle masticatoire occupe en durée relative
36% du cycle.
Phase de fermeture : la mandibule commence alors à remonter et cette nouvelle
phase amène les dents en contact avec la nourriture, le moment d'établissement des
contacts dentaires avec le bol alimentaire pendant le cycle dépend de la taille de
celui-ci, les contacts seront d'autant plus précoces que le bol sera de taille plus
importante. Le mouvement de remontée se poursuit alors pratiquement
verticalement, puis rejoint progressivement la ligne médiane de sorte que lorsque
les dents sont espacées verticalement de 3mm, le dentalé n'est décalée latéralement
que de 3mm par rapport à la ligne médiane. A cet instant, les positions relatives de
dents sont telles que les cuspides vestibulaires des dents mandibulaires sont
placées sous les cuspides vestibulaires des dents maxillaires du côté travaillant.
Comme la mandibule continue à remonter, les aliments se trouvent coincés entre
ces versants cuspidiens. On assistera à un broiement du bol alimentaire. A la fin de
cette phase, la remontée de la mandibule est ralentie par la résistance physique des
aliments, si la nourriture mastiquée est molle, les dents peuvent entrer en contact
vers la fin du cycle. La mandibule est alors guidée par les frottements
interdentaires entre versants cuspidiens travaillants. Si les aliments sont durs, ou
que la bouchée est de taille importante, les contacts interdentaires peuvent ne pas
apparaître lors des premiers cycles.
Une phase d'intercuspidation : c'est a partir de Trajectoire du PII dans le plan sagittal
laquelle un cycle suivant recommencera.
b) Dans le plan sagittal : si les mouvements du dentalé sont
suivis dans le plan sagittal pendant un cycle masticatoire
typique, on s'aperçoit que le cycle a la forme d'un fuseau très
allongé, il est incliné en bas et en arrière et forme avec le
plan d'occlusion un angle d'environ71°, la trajectoire
d'ouverture se situe en avant de celle de fermeture.
c) Dans le plan horizontal : Le cycle a une forme très
variable, ovalaire ou circulaire, l'enveloppe fonctionnelle des
mouvements masticatoires se situe en arrière de l'enveloppe
des mouvements limites, en raison du recul de la mandibule lors de son abaissement.

En résumé : pendant un cycle masticatoire le point incisif s'abaisse en se dirigeant


vers l'arrière et légèrement vers le coté non mastiquant, puis il s'élève en se dirigeant vers le
coté mastiquant et vers l'avant pour se retrouver en ICM au début et fin de chaque cycle.

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La physiologie musculaire 2006/2007

4-1-4- L'Efficacité masticatoire :


Le résultat de la mastication peut être évalué de deux manières :
L'efficacité masticatoire : compte le nombre de coups masticatoires nécessaires
pour réduire la nourriture en particules d'une taille donnée.
La performance masticatoire : estimée en mesurant la taille des particules de
l'aliment mastiquée après un nombre donnée de corps masticatoires, l'évaluation de
la performance masticatoire est réalisée au moyen de tests qui consistent à faire
mastiquer un bol alimentaire de référence, généralement des rondelles de carotte
crues, pendant un nombre de cycles spécifié au départ, puis à le faire recracher
pour le recueillir, le nettoyer, et le filtrer à travers des tamis d'inter-maille
progressivement décroissants. Plus les particules passent vers les tamis inférieurs,
plus l'efficacité masticatoire est élevée.
Cette efficacité masticatoire est directement liée au nombre et à la surface des contacts
occlusaux en ICM. Elle n'est pas directement liée au nombre de dents présentes sur l'arcade,
celles-ci pouvant en effet se trouver en malposition et sans contacts avec leurs antagonistes,
mais au nombre de dents établissant des contacts fonctionnels. Le remplacement des dents
naturelles par des dents artificielles (prothèses partielles ou complètes) s'accompagne d'une
diminution de l'efficacité masticatoire. Les individus qui ont une efficacité masticatoire
réduite ne mastiquent pas leurs aliments plus longtemps pour compenser une mauvaise
préparation du bol, ils déglutissent simplement des particules de plus grosse taille. L'estomac
est l'un des organes régulateurs de la prise alimentaire, il se remplit à chaque repas (en 20mn
environ) et ne se vide qu'en 4 à 6 heures, la vitesse d'évacuation dépendant à la fois de la
nature, de la quantité et aussi de la taille des particules alimentaires dégluties, donc de
l'efficacité de la mastication. Cette fonction régulatrice de l'estomac, peut être compromise par
un manque d'absorption des nutriments lorsque les particules alimentaires ne sont pas
suffisamment broyées au cours de la mastication (diminution de la surface de contact avec les
enzymes digestives). Une mastication inefficace peut ainsi altérer progressivement le
comportement alimentaire de l'individu, pouvant conduire à des dysfonctions du tractus
gastro-intestinal, et entraîner l'apparition d'ulcères gastriques ou duodénaux.

4-1-5- Activité musculaire lors de la mastication :


Les mouvements de la mandibule lors de la mastication sont classiquement décrits
comme des mouvements engendrés par un recrutement coordonné et alterné de muscles
symétriques élévateurs et abaisseurs, cependant, cette image trop schématique doit être
corrigée à la lumière des récentes études électromyographiques. En effet, il serait faux de
croire que les muscles des côtés droit et gauche agissent toujours de manière synergiste; les
masséters droits et gauches, par exemple, sont antagonistes lorsque la mandibule dévie du
côté travaillant lors de sa remontée pendant le cycle masticatoire. On ne rencontre aussi
jamais d'activité restreinte à un seul muscle ou à une paire de muscles symétriques au cours
d'un cycle masticatoire. On peut de même observer des contractions de certains muscles
considérés anatomiquement comme abaisseurs au cours de la phase d'élévation. La
contraction d'un muscle s'accompagne d'un raccourcissement de ses fibres contractiles, et
donc d'un rapprochement de ses insertions. Il en résulte généralement un mouvement lorsque
l'une des insertions est mobile et l'autre fixe. Cependant, la contraction d'un muscle peut aussi
permettre la stabilisation d'une insertion mobile, sans générer de mouvement, comme c'est
souvent le cas au niveau des muscles masticateurs, dont certains sont penniformes (comme
par exemple le masséter). C'est l'activité simultanée de différents faisceaux musculaires
(éventuellement répartis entre différents muscles synergistes) qui aboutira à un mouvement.
De nombreuses études par électromyographique de la mastication ont permis de montrer que
les activités musculaires situées des côtés travaillants et non travaillants sont différentes.

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La physiologie musculaire 2006/2007

a) Activités musculaires pendant la phase d'élévation : on considère classiquement


que les muscles se contractent de manière isotonique pendant la phase d'écrasement, et de
manière isométrique durant la phase de broiement. Il est utile de rappeler ici que c'est lors des
contractions isométriques que les muscles développent les forces les plus importantes, lorsque
la mandibule dépasse sa position d'abaissement maximum dans le cycle masticatoire, les
muscles ptérygoïdiens médians sont les premiers des muscles élévateurs à se contracter. Avec
les masséters, ils sont à l'origine de la majeure partie des forces d'écrasement du bol
alimentaire. C'est seulement vers la fin du cycle que les faisceaux postérieurs du temporal
côté non travaillant, en association avec le ptérygoïdien médian côté travaillant, vont ramener
la mandibule vers la ligne médiane permettant aux arcades dentaires de rejoindre l'ICM. Les
muscles élévateurs atteignent leur contraction maximum simultanément à l'arrivée en ICM,
puis voient leur activité s'interrompre totalement pendant une courte période appelée "période
silencieuse" (de 15 à 20ms de durée) pour reprendre avant de diminuer progressivement,
pendant que les muscles abaisseurs commencent à se contracter.

b) Activités musculaires pendant la phase d'abaissement : les muscles abaisseurs de


la mandibule n'entrent pas en jeu simultanément lors de la phase d'abaissement du cycle
masticatoire. Les premiers muscles qui se contractent sont les mylo-hyoïdiens, suivis des
digastriques puis des ptérygoïdiens latéraux. Pour que la contraction des muscles sus
hyoïdiens soit efficace, il est nécessaire que l'os hyoïde soit stable par rapport à la base du
crâne, ce qui sera réalisé grâce à la contraction simultanée des muscles sous hyoïdiens et des
stylo-hyoïdiens. La contraction des faisceaux inférieurs des muscles ptérygoïdiens latéraux
durera jusqu'au début de la phase d'élévation, c'est le faisceau inférieur du ptérygoïdien latéral
situé du côté travaillant qui se contracte le premier, suivi peu après par la contraction de son
symétrique côté non travaillant. Cette contraction asymétrique va permettre d'entraîner la tête
condylienne en avant et latéralement. Ces muscles peuvent être actifs aussi bien pendant la
phase d'abaissement que durant celle d'élévation, ainsi que lors des propulsions de la
mandibule. Cette diversité d'action est due à l'action indépendante de ses chefs supérieurs et
inférieurs. Les muscles digastriques se contractent également dès le début de cette phase
d'abaissement, jusqu'à la position d'abaissement maximal. Les muscles élévateurs, comme les
temporaux, masséters et ptérygoïdiens médians sont inactifs pendant cette phase
d'abaissement, de même que les faisceaux supérieurs des muscles ptérygoïdiens latéraux. Les
buccinateurs et les orbiculaires des lèvres sont également des muscles masticateurs
importants: ils coopèrent avec la musculature linguale pour placer le bol alimentaire en bonne
position occlusale. Ces muscles sont surtout actifs lors de la phase d'abaissement du cycle
masticatoire.

4-1-6-Contrôle nerveux de la mastication


Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer l'origine de l'aspect rythmique des
cycles masticatoires, elles peuvent être regroupées en trois catégories, celles qui présentent la
mastication comme un acte volontaire conscient, non inné, c'est à dire qui doit être appris
comme par exemple l'écriture, dans la seconde théorie, la mastication est considérée comme
une série de réflexes qui s'enchaînent successivement, pour donner cet aspect rythmique, enfin
les tenants de la troisième théorie considèrent que l'activité rythmique prend directement
naissance au niveau du bulbe rachidien, et ces rythmes bulbaires sont placés sous le contrôle à
la fois des structures corticales et sous-corticales et dépendent également de l'activité réflexe
segmentaire.
a) Dans le cas du premier type d'hypothèse : on considère que l'activité masticatrice
rythmique est due à l'activité du cortex cérébral, et en particulier du cortex moteur, cette
hypothèse a pour origine des résultats expérimentaux montrant que la stimulation électrique

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La physiologie musculaire 2006/2007

de certaines régions bien circonscrites du cortex moteur, chez les animaux d'expérience
comme chez l'Homme (expériences réalisées au cours d'interventions neurochirurgicales),
s'accompagnent de mouvements de type masticatoire. De plus, il est bien établi que des
lésions des mêmes régions corticales chez l'Homme s'accompagnent de déficits moteurs.
Cependant, on s'est aperçu chez les animaux d'expérience, y compris les primates, qu'ils
étaient capables de se nourrir même après des lésions corticales s'étendant à l'ensemble des
aires motrices. Par conséquent, les centres initiateurs des mouvements masticatoires
rythmiques ne peuvent se trouver dans le cortex ; par contre, celui-ci peut exercer un certain
niveau de contrôle sur ces centres rythmiques. La stimulation électrique d'un certain nombre
de structures nerveuses centrales, comprenant la capsule interne, le système limbique, et
l'hypothalamus latéral, entraîne l'apparition de mouvements rythmiques de type masticatoire.
Cependant, même ces régions ne sont pas indispensables à l'apparition de rythmes
masticatoires, puisque ceux-ci peuvent également apparaître chez l'animal décérébré. On peut
ainsi observer chez le lapin décérébré des mouvements rythmiques de mastication, tout
comme chez son équivalent humain, le nouveau-né anencéphalique, des mouvements
spontanés rythmiques de succion. Ces observations conduisent à la conclusion inévitable que
les mouvements rythmiques manducatoires ne prennent pas naissance au niveau de structures
nerveuses corticales ou sous-corticales, bien qu'ils puissent être influencés par elles.

b) Le second type d'hypothèse : est situé à l'opposé des précédentes, puisqu'il est basé
sur une théorie générale des mouvements pour laquelle ceux-ci prennent leur origine dans une
succession de réflexes interactifs. Ainsi l'activation d'un réflexe A produit un mouvement qui
va engendrer à son tour des influx sensitifs (par réafférentation). Ces influx sensitifs
déclenchent à leur tour un réflexe B, produisant lui un mouvement contraire au précédent, et
engendrant à son tour des influx sensitifs qui re-déclencheront le premier réflexe A. Cette
séquence de réflexe ressemble ainsi à un mouvement perpétuel. Cette conception générale de
la motricité rythmique fut initialement appliquée à la motricité orale par SHERRINGTON en
1917, elle était fondée sur l'existence chez l'animal d'expérience, d'un réflexe d'ouverture de la
gueule, déclenché par la stimulation tactile légère des téguments de la face ou de la muqueuse
buccale, lorsque de la nourriture touche ces régions. Ce réflexe était alors suivi par un
"phénomène de rebond central" entraînant la fermeture de la gueule, et ayant simplement pour
origine un réflexe myotatique trigéminal, déclenché par l'étirement des fuseaux
neuromusculaires, nombreux au niveau des muscles masticateurs élévateurs. Cette fermeture
engendrant à son tour une stimulation des mécanorécepteurs parodontaux et des muqueuses,
donnait naissance à un nouveau réflexe d'ouverture de la gueule, et le cycle pouvait ainsi se
reproduire à l'infini. Le principal attrait de cette théorie venait du fait qu'elle permettait
d'expliquer l'origine des mouvements rythmiques observés chez les animaux décérébrés, chez
lesquels seules les structures nerveuses segmentaires fonctionnent encore. Les principales
objections qui ont été faites à l'encontre de cette théorie réflexe de la mastication tiennent au
fait que les contractions réflexes musculaires sont brèves, apparaissent et disparaissent
rapidement, alors que les contractions musculaires observées au cours de la mastication sont
plus progressives et de plus longue durée. Par ailleurs, cette théorie réflexe repose sur le
principe d'une réafférentation centrale, or la persistance chez l'animal profondément curarisé
(paralysé) d'influx moteurs rythmiques contredit directement cette théorie, puisque la
paralysie musculaire devrait, selon elle, bloquer le réflexe myotatique et donc interrompre le
processus rythmique. Les expériences réalisées par LUND, chez des animaux totalement
désafférentés (dont les nerfs sensitifs crâniens étaient sectionnés) montrant que les potentiels
d'action rythmiques enregistrés au niveau des noyaux moteurs du V persistaient, vont
également dans le même sens, contredisant la théorie réflexe de la mastication.

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La physiologie musculaire 2006/2007

c) Le troisième type d'hypothèse : cette hypothèse est basée sur l'existence d'un
"centre générateur d'activités rythmiques" au niveau bulbaire, ce centre générateur de rythmes
nerveux est aussi parfois décrit comme un centre générateur de "modèles" de rythmes car il
doit être aussi à l'origine de toutes les diverses séquences rythmiques suivant lesquelles les
muscles masticateurs se contractent. Ce centre, parfois appelé "centre de la mastication" doit
recevoir des influx sensitifs issus de la cavité buccale, ainsi que des influx en provenance des
centres nerveux supérieurs, pouvant les uns comme les autres moduler la fréquence de ses
rythmes, bien qu'il n'existe plus aucun doute sur l'existence d'une région voisine du noyau
moteur du trijumeau qui reçoive de telles afférences, l'existence d'un générateur de "modèles"
de rythmes n'a pas encore été prouvée, cette particularité du générateur pourrait provenir des
propriétés membranaires spécifiques des motoneurones des muscles masticateurs.
L'hypothèse de BREMER permet d'expliquer néanmoins pourquoi il est possible d'obtenir des
activités rythmiques, d'une part chez l'animal décérébré grâce à des stimulation appropriées de
la cavité buccale, d'autre part chez l'animal entier après stimulation du cortex moteur.

4-1-7- Maturation de la mastication :


Contrairement à la succion et la déglutition, la mastication est une fonction apprise, les
mouvements masticatoires apparaissent avec l'éruption des premières dents temporaires et se
développent progressivement avec la dentition et le passage de l'alimentation liquide ou molle
à l'alimentation solide, la maturation de la mastication est assez rapide et serait vers deux ans.
Cependant, pour certains auteurs elle ne ressemble à celle de l'adulte que lors de l'installation
de la denture définitive.

4-1-8- Physiopathologie de la mastication :


Les perturbations de la fonction masticatrice peuvent se manifester par différents
symptômes :
Modifications spatiales et temporelles des cycles masticatoire.
Diminution de l'efficacité masticatoire.
Douleurs articulaires musculaires durant la mastication, craquement…etc.
La mastication faisant intervenir de nombreuses structures, les causes des dysfonctions
sont multiples : causes dentaires, causes musculaires, nerveuses sans oublier la
fréquence des dysfonctions de l'appareil manducateur.

4-1-9- Examen clinique de la mastication :


Il débutera par un examen statique et descriptif de la musculature oro-faciale en notant :
l'aspect général ;
la symétrie ;
l'insertion générale antérieure, moyenne ou postérieure ;
l'hypertrophie, hypotrophie ou atrophie ;
le tonus musculaire au repos.
l’activité musculaire, par exemple :
palpation du temporal au niveau antérieur et postérieur ;
observer la symétrie de la contraction.

Un examen dynamique :
Analyse des mouvements mandibulaires d’ouverture et de fermeture en précisant la symétrie,
l’amplitude des mouvements et l’occlusion en RC.

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La physiologie musculaire 2006/2007

4-2- La déglutition.
4-2-1- Définition :
Terme issu du latin deglutio : j'avale.
Avaler, autrement dit action de faire passer le
bol alimentaire (contenu de la bouche une fois
mâché et mélangé à la salive) dans le pharynx
puis dans l’œsophage et enfin dans l'estomac,
elle survient 500 à 2000 fois/jour, dure environ
une seconde chez le jeune adulte et nécessite
l'arrêt de la respiration, cette fréquence
augmente au cours du repas, jusqu'à 300 fois/h,
alors qu'en dehors des repas tombe à 10 fois/h.
Lors du sommeil, les déglutitions sont un peu
plus rares (de 2 à 6/h), témoignant de la
diminution des sécrétions salivaires. Plus de la
moitié de ces déglutitions au cours du sommeil
surviennent lors des changements de position du
corps pendant les transitions entre les différents
stades de sommeil, elle se fait en trois phases : buccale, pharyngée, oesophagienne.

4-2-2- Déroulement de la déglutition chez l’adulte (déglutition mature) :


Au cours du développement phylogénétique, la déglutition a évolué en trois principaux
stades, décrits il y a plus de 150 ans par Magendie. Lors de la prise alimentaire, si la bouchée
est de trop grosse taille, ou de consistance inappropriée, le bol
alimentaire doit être modifié au cours du premier stade de la
déglutition nommé phase préparatoire ou buccale. Cette phase se
distingue des autres car la déglutition peut être arrêtée
volontairement à n'importe quel moment de ce temps. La phase
suivante ou phase pharyngée permet le passage du bol au travers
du pharynx, voie commune à la respiration et à la digestion, par
conséquent, cette phase doit se dérouler suivant un mécanisme
semi-automatique efficace. La troisième étape, ou phase
oesophagienne, complète la déglutition et permet au bol
d'atteindre la partie du tractus digestif où sa modification
chimique sera poursuivie.
Phase buccale : la déglutition débute avec le déplacement du voile du palais qui
reposait sur la partie pharyngienne dorsale de la langue. Après la préparation du bol
dans la cavité buccale, ou lors de la prise de liquide, la partie dorsale de la langue se
creuse en cuillère en son milieu, le bol est contenu dans
cette dépression, limitée antérieurement par le joint
d'étanchéité formé par zone de contact entre la pointe de
la langue et la musculature labiale ou la face palatine des
incisives supérieures et latéralement par la zone de
contact entre les bords de la langue et les faces palatines
des dents ainsi que la muqueuse alvéolaire palatine, le
joint est formé postérieurement par la partie pharyngienne
de la langue qui s'arrondit et rencontre la région
postérieure de la voûte palatine. Les lèvres sont pendant
cette phase encore séparées, comme les dents des arcades
supérieures et inférieures, une fois le bol en place sur le

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La physiologie musculaire 2006/2007

dos de la langue, la pointe de celle-ci va se placer sur la région de la muqueuse


alvéolaire palatine adjacente aux incisives supérieures. Une ouverture volontaire du
joint périphérique lingual débute par la dépression de la partie postérieure de la langue
synchrone avec l'élévation du voile du palais. En même temps, les lèvres se ferment en
se rejoignant, et les dents entrent en contact, suite à la contraction des muscles
élévateurs de la mandibule. La pointe de la langue développe alors une succession de
poussées s'enchaînant rapidement de la muqueuse alvéolaire supérieure à la partie
antérieure de la voûte du palais, ce qui permet de propulser
le bol alimentaire vers l'arrière sur le dos puis la base de la
langue, jusqu'aux piliers antérieurs du palais. Il faut noter
ici que la langue ne se déplace pas au cours de cette
manœuvre, elle se déforme activement et progressivement
par la contraction péristaltique de sa musculature
intrinsèque, en repoussant vers l'arrière le bol alimentaire, à
la manière d'un tube de dentifrice que l'on comprime pour
en faire jaillir la pâte. Le voile du palais est en position
élevée pour laisser passer le bol au travers de l'isthme du
gosier, et il contacte alors la paroi pharyngée postérieure
afin de prévenir le passage du bol dans le naso-pharynx. La
paroi postérieure du pharynx participe activement à cette manoeuvre, en se
contractant, ce qui l'amène vers l'avant, et lui permet de fermer l'isthme palato-
pharyngé. Les patients glossectomisés n'ont plus la possibilité d'effectuer cette
manoeuvre de propulsion postérieure du bol alimentaire, et doivent rejeter la tête en
arrière pour déglutir.
Phase pharyngée : peu de temps avant la phase pharyngée,
et dès que le bol atteint le voile du palais, l'os hyoïde
s'élève légèrement pour se placer dans une position
préparatoire, la manipulation buccale alimentaire
s'interrompt, comme la respiration, durant toute la phase
pharyngée. Dès lors, la déglutition ne peut plus être arrêtée.
Cette phase débute dès que le bol atteint la région
pharyngée, une fois passée l'isthme du gosier. La langue,
toujours en appui antérieur, reste le principal transporteur
du bol alimentaire, le pharynx présente alors deux types de
mouvements une élévation du tube pharyngé dans son
entier suivi d'une onde descendante péristaltique, la
contraction des muscles constricteurs du pharynx le
déplacent en haut et en avant, puis propulsent le bol alimentaire progressivement par
contractions séquentielles, c'est la phase "d'engouffrement" de la déglutition qui dure
environ 100ms. Le pharynx développe des forces
relativement considérables lorsqu'il éjecte le bol
alimentaire dans l'oesophage. La vitesse du mouvement
peut atteindre près de 100cm/s, ce qui équivaut à la moitié
de la vitesse d'éjection sanguine cardiaque dans l'aorte. En
même temps, le larynx monte vers l'avant en étant poussé
vers la base de la langue. L'épiglotte se rabat sur l'orifice
laryngé vers l'arrière et le bas. Ce sont cependant les vraies
et les fausses cordes vocales qui, en se contractant, jouent
le premier rôle de protection du vestibule laryngé en
l'obturant. L'épiglotte ne doit pas nécessairement obturer

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La physiologie musculaire 2006/2007

l'ouverture laryngée, puisque les patients ayant subit une épiglottectomie déglutissent
sans fausses routes, si leurs muscles adducteurs laryngés sont intacts. Ce sont en fait
ces derniers qui vont rapprocher, en se contractant, les cartilages aryténoïdes et les
cordes vocales, obturant ainsi la glotte. L'épiglotte facilite cependant le passage du bol
dans le pharynx vers l'oesophage. Elle retournera vers sa position initiale lorsque le
bol aura franchi le sphincter oesophagien supérieur. La phase pharyngée se termine
lorsque le voile du palais retourne dans sa position initiale, en se rabattant sur le dos de
la langue, permettant ainsi la reprise de la respiration.
Phase oesophagienne : la troisième et dernière phase de la
déglutition, la phase oesophagienne, débute 600 à 900ms après le
commencement de la phase pharyngée, lorsque le bol alimentaire
atteint le sphincter oesophagien supérieur. Rappelons que chez
l'Homme, la partie supérieure de l'oesophage en continuité avec le
pharynx est strié sur ses deux premiers centimètres, puis se
poursuit par une musculature lisse, organisée en une couche
interne circulaire recouverte d'une couche externe longitudinale.
Lorsque le bol alimentaire arrive à son niveau, le sphincter
oesophagien supérieur est relâché, depuis la phase de
compression postérieure. Il va se dilater au passage du bol, puis
se contracter activement. Une succession de contractions
péristaltiques descendantes vont entraîner alors, pendant environ
9s, le bol situé maintenant dans l'oesophage vers le sphincter oesophagien inférieur.
Les aliments liquides progressent trois fois plus rapidement que les aliments solides
dans l'oesophage.

4-2-3- Activités musculaires pendant la déglutition :


La phase buccale de la déglutition s'accompagne de différents types de recrutements
musculaires, propres à chaque individu, et qui varient suivant la nature du bol alimentaire
ingéré, parmi les muscles impliqués lors de l'accomplissement de cette phase, il existe une
chronologie de recrutement relativement constante montrant que l'orbiculaire des lèvres puis
le temporal, le genio-glosse et le ptérygoïdien médial se contractent en premiers, suivis par la
contraction simultanée du masséter, du chef supérieur du ptérygoïdien latéral, du mylo-
hyoïdien et du digastrique antérieur, entraînant une élévation mandibulaire suivie de
l'établissement de contacts occlusaux qui dureront jusqu'à la fin de la phase pharyngée.
L'apparition de contacts est d'ailleurs facultative, en particulier chez le jeune enfant, et lors de
déglutitions de liquides chez l'adulte. Le recrutement des muscles sus hyoïdiens est toujours
postérieur à celui des muscles élévateurs, et sert à stabiliser la base de la langue pendant le
déroulement de son action de piston, indispensable à la déglutition de bols solides. Les
muscles faciaux (orbiculaires, buccinateurs) sont également recrutés et servent à la fois à
assurer l'étanchéité de la cavité buccale vers l'avant et la stabilisation de la mandibule.
La phase pharyngée se distingue de la précédente par la complexité du recrutement
musculaire qui l'accompagne et qui, une fois déclenché, se déroule suivant un processus en
tout ou rien, c'est à dire de manière inéluctable. Cette phase met en jeu les muscles sus
hyoïdiens, linguaux, pharyngiens et laryngés, parmi ces muscles, on en distingue certains qui
ont une activité précoce, en particulier le genio-glosse, qui est le principal muscle propulseur
de la langue. Ces muscles à activité précoce sont situé à trois niveaux anatomiques: les
muscles suspenseurs sus hyoïdiens (en particulier le mylo-hyoïdien, le stylo-hyoïdien et le
génio-hyoïdien) qui participent au placement de la partie postérieure de la langue en attirant
en haut et en avant l'os hyoïde, les muscles participant à l'élévation du voile du palais, et les
muscles impliqués dans la fermeture de l'isthme palato-pharyngé (naso-pharynx, les palato

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La physiologie musculaire 2006/2007

pharyngiens). C'est également durant cette phase que le tensor tympani se contracte, ce qui
permet de ventiler l'oreille moyenne en dilatant la trompe d'Eustache. Simultanément à cet
enchaînement de contractions musculaires, la respiration s'interrompt. Le groupe de muscles
recruté ensuite (une fois que le 1/3 de la contraction des muscles précédents se soit déroulé)
est constitué des trois muscles constricteurs supérieur, moyen et inférieur du pharynx, la
contraction des muscles laryngés s'enchaîne simultanément, impliquant en particulier d'une
part le thyro-hyoïdien qui participe à l'élévation du larynx, le sphincter crico-pharyngien, avec
la contraction des muscles thyro-ryténoïdiens et crico-thyroïdiens, entraînant l'adduction des
cordes vocales, donc la fermeture de la glotte. La durée totale de cette phase pharyngée est
d'environ 1s.
La phase oesophagienne suit la précédente et se caractérise par la contraction
péristaltique des muscles striés (rapides) puis lisses (lents) de l'oesophage. L'activité
péristaltique de la partie basse de l'oesophage peut se poursuivre après paralysie par
curarisation de la partie haute, ce qui suggère que cette dernière est sous le contrôle d'un
générateur de rythme central, et qu'i existe un mécanisme de rétroaction périphérique
permettant à l'onde péristaltique de se poursuivre. Le sphincter oesophagien inférieur (gastro-
oesophagien) se relâche dès que le bol pénètre dans l'oesophage. Il faut noter ici que les
phases pharyngées ne sont pas nécessairement suivies chacune d'une phase oesophagienne,
surtout lorsqu'elles surviennent de manière répétée, puisqu'une longue période d'inhibition suit
la phase oesophagienne et ne permet pas à l'oesophage de se contracter à la même fréquence
que les muscles impliqués dans la phase pharyngée, cette observation indique que ces deux
dernières phases sont relativement indépendantes du point de vue de leur mécanisme de
contrôle central, ce qui confirme l'existence de régions centrales distinctes contrôlant chacune
des phases de la déglutition. Le recrutement des muscles lors de ces deux dernières phases est
à la fois précédé et suivi de périodes d'inhibition de leurs motoneurones. C'est le centre de la
déglutition qui coordonne ces différentes inhibitions, comme celle de la respiration après
chacune des phases pharyngées.

4-2-4- Contrôle nerveux de la déglutition :


La compréhension des mécanismes neurophysiologiques de la déglutition a progressé
grâce aux enregistrements électromyographiques (EMG), des différents muscles impliqués
dans cette fonction, ainsi qu'aux enregistrements nerveux périphériques et centraux. D'autres
techniques ont également été utilisées dans le même but, comme celle des lésions nerveuses
centrales et périphériques, des ablations musculaires sélectives, ou encore des stimulations
nerveuses électriques périphériques ou centrales, appliquées au cortex, aux régions sous
corticales, supra segmentaires et aux régions segmentaires (en particulier au niveau bulbaire)
pour déterminer celles d'entre-elles dont la stimulation est capable d'évoquer la déglutition. La
stimulation du cortex moteur primaire n'entraîne pas de déglutition, cependant celle de la
région antérolatérale placée juste en avant du cortex précentral évoque des déglutitions
souvent associées à des cycles masticatoires. La stimulation de cette région est capable
d'évoquer des déglutitions même si le cortex moteur primaire est détruit, montrant ainsi son
indépendance par rapport à lui. La déglutition peut encore être déclenchée après l'éviction de
la totalité du cortex et des régions sous corticales antérieures au bulbe, indiquant par
conséquent que le cortex n'est pas nécessaire à l'accomplissement des phases pharyngées ou
oesophagiennes. Les expériences associant les stimulations électriques aux enregistrements
par microélectrodes ont permis de cartographier précisément les voies nerveuses descendantes
associées à la déglutition partant du cortex antérolatéral, ces fibres nerveuses empruntent la
capsule interne, passent dans la région sous thalamique près de la substance noire et se
dirigent vers la formation réticulée mésencéphalique. La stimulation de ce faisceau de fibres
nerveuses à chacun des niveaux précédents a le même effet que la stimulation corticale,

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La physiologie musculaire 2006/2007

évoquant simultanément mastication et déglutition. Cependant, certaines fréquences de


stimulation, à des intensités très faibles, semblent optimales pour évoquer spécifiquement la
déglutition. Cette spécificité pour certaines fréquences de stimulation s'applique aussi pour les
stimulations de certains nerfs périphériques innervant les principales régions de l'oro-pharynx,
et évoquant elles aussi spécifiquement des déglutitions (voir plus loin). La déglutition peut
être aussi évoquée à partir de la stimulation électrique d'autres zones centrales, comme
l'hypothalamus et l'aire tegmentale ventrale, régions connues pour participer au contrôle et à
l'intégration de nombreuses fonctions viscérales. L'injection d'agonistes dopaminergiques
dans ces régions abaisse également le seuil des déglutitions déclenchées électriquement, ce
qui suggère que la région amygdalo-hypothalamique où sont intégrés les comportements de
prise alimentaire participe au contrôle de la déglutition.
Ces régions corticales et sous-corticales peuvent donc modifier le seuil des
déglutitions réflexe, et peuvent représenter certaines des voies de commande des déglutitions
volontaires, ces voies nerveuses peuvent aussi permettre d'intégrer la déglutition aux autres
fonctions oro-faciales. Il faut bien noter cependant que ces centres et ces voies ne sont pas
indispensables à la coordination de l'activité musculaire oro-pharyngée et oesophagienne,
puisque ces contractions musculaires coordonnées peuvent se dérouler en l'absence de ces
structures, comme l'ont montré les expériences de déconnexion centrale, ainsi que les
observations cliniques de patients atteints de lésions nerveuses importantes.
Les déglutitions se déroulent normalement chez les bébés anencéphaliques, ainsi que
chez le foetus humain normal dès la 12ème semaine in utero, bien avant que les voies de
communication entre le cortex et le bulbe ne soient fonctionnelles. Les principaux noyaux
moteurs impliqués dans la déglutition sont, au niveau du pont, le noyau moteur du V (nerf
trijumeau), puis un peu plus en arrière au niveau bulbaire le noyau moteur du VII (nerf facial),
suivi du noyau ambigu et enfin le noyau du XII (nerf hypoglosse), situé plus caudalement. Les
motoneurones de ces deux derniers noyaux moteurs sont tous recrutés lors de la déglutition, et
leur intégrité est nécessaire à l'accomplissement de la fonction. La stimulation électrique
bulbaire des différents noyaux moteurs crâniens n'entraîne jamais de déglutition, malgré le
fait qu'ils contiennent tous les motoneurones activant l'ensemble des muscles impliqués lors
des phases pharyngées et oesophagiennes. La stimulation de certaines régions bulbaires a
permis d'isoler deux sites dont la stimulation évoque des déglutitions réflexe: une région
dorsale de la formation réticulée voisine du noyau du faisceau solitaire (NFS), incluant
d'ailleurs une partie de celui-ci, et une région ventrale de la formation réticulaire située aux
environs du noyau ambigu. Les lésions antérieures au NFS, ou les lésions partielles de celui-ci
abolissent les déglutitions réflexes, mais la stimulation périphérique des nerfs déglutiteurs
controlatéraux peut encore provoquer des déglutitions réflexes. Cependant, une petite lésion
de la partie dorso-médiale du NFS empêche le déroulement de la phase oesophagienne, ce qui
suggère que le centre de contrôle de l'activité péristaltique oesophagienne se situe dans le NFS
ou à proximité immédiate. Les lésions placées plus en avant du bulbe, près de la ligne
médiane, et assez profondément pour inclure une partie de la formation réticulée fractionnent
la séquence de contractions pendant la phase pharyngée de la déglutition. Cette observation
indique que les inters neurones reliés à la phase pharyngée et oesophagienne sont situés à des
niveaux différents du bulbe. Ces rassemblements d'inter neurones spécialisés sont souvent
appelés "centres générateurs d'activité rythmique de déglutition ou centres déglutiteurs ". La
séparation chirurgicale longitudinale médiane du bulbe ou de la moelle cervicale montre que
la stimulation périphérique d'un nerf déglutiteur n'active alors que les muscles homolatéraux
aux nerfs stimulés, à l'exception des muscles constricteurs moyens et inférieurs du pharynx,
qui sont contrôlés par des centres déglutiteurs controlatéraux. Ces résultats indiquent que
chaque côté du bulbe possède ses propres centres déglutiteurs. Des études complémentaires
ont été menées au moyen de microélectrodes insérées dans le bulbe afin de décrire l'activité

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La physiologie musculaire 2006/2007

unitaire de ces neurones pendant les déglutitions réflexe. Les champs récepteurs périphériques
d'où des déglutitions peuvent être déclenchées comprennent la partie postérieure de la langue
et la région de l'oropharynx innervée par le nerf glosso-pharyngien (IX) ou par les branches
du nerf pneumogastrique (X), le nerf laryngé supérieur (NLS) et le laryngé récurrent (NLR).
Les fibres sensitives de ces nerfs crâniens se projettent au niveau du NFS, comme l'ont montré
les expériences de dégénérescence, de transport antérograde de marqueurs, ou de potentiels
évoqués. Les inters neurones enregistrés à ce niveau présentent des activités rythmiques, qui
persistent après paralysie au curare. Ceci suggère que ces activités rythmiques ne sont pas
dues à un phénomène réflexe de réafférentation pendant la déglutition (processus par lequel
des neurones peuvent être activés après une première stimulation par une boucle de
rétroaction positive d'origine sensorielle), mais qu'ils appartiennent au centre déglutiteur. Les
neurones actifs pendant la phase pharyngée ou oesophagienne sont souvent excités aussi par
la distension du pharynx ou de l'oesophage, ce qui indique l'existence de boucles de
rétroaction sensitives sur ces neurones pendant l'accomplissement réel de la fonction. La
région du NFS et de la formation réticulée adjacente ventrale sert à de multiples fonctions,
puisqu'on y trouve des neurones activés lors de la respiration, lors de réflexe vasculaires, ou
par des stimulations gustatives. Il est par conséquent très probable que cette région soit en
même temps un centre d'intégration responsable de l'inhibition respiratoire survenant pendant
la déglutition.
4-2-5- Maturation de la déglutition :
La déglutition est une fonction évolutive, elle s'adapte au cours de la croissance, à la
maturation du système nerveux central et périphérique, et au développement des structures
anatomiques locorégionales (langue, procès alvéolaires, dents, os hyoïde).
Déglutition foetale : Les phases pharyngées et oesophagiennes de la déglutition
sont présentes chez le foetus humain, où la déglutition apparaît dès la douzième
semaine (3eme mois) de la vie intra utérine. Elle peut être alors déclenchée par la
stimulation des lèvres, innervées par le V, contrairement à l'adulte où elle ne peut
plus être déclenchée que par des stimulations appliquées sur les champs récepteurs
innervés par le IX et le X. Le foetus à terme avale et rejette par jour plus de 50%
du volume amniotique total, soit une quantité équivalente au volume de lait qu'il
ingèrera à la naissance. La fréquence de ces déglutitions peut être modifiée par des
stimuli gustatifs. Il est intéressant de noter d'ailleurs que les gusto récepteurs
arrivent à maturité au même moment que le début des déglutitions.

Déglutition du nouveau-né et du nourrisson : Chez le nouveau-né, le voile du


palais occupe une grande partie de la région pharyngée supérieure, beaucoup plus
compacte que celle de l'adulte. La bouche fonctionne alors, lors des mouvements
de succion, comme le piston dans un cylindre. Chez les prématurés, ou les petits
nourrissons, la déglutition est précédée d'une suite de petites succions rapides,
alors que chez le nourrisson normal, chaque succion prolongée est suivie d'une
déglutition. Lorsque le nourrisson grandit, le pharynx s'allonge et s'élargit; le voile
du palais devient plus mobile. Le squelette facial se modifie également, la cavité
buccale s'élargit en même temps que la langue s'allonge. L'épiglotte s'abaisse et
modifie alors la respiration, qui de purement nasale, va pouvoir aussi être aussi
buccale. Le bébé déglutit différemment de l'adulte, puisque la mandibule est
stabilisée par la contraction des muscles faciaux (innervés par le VII) alors que la
langue s'interpose entre les crêtes alvéolaires et prend appui en avant sur le
sphincter labial. Au fur et à mesure que la consistance de la nourriture s'épaissit,
que les dents lactéales prennent place sur les arcades, les contacts interdentaires
déglutiteurs apparaissent et la langue n'avance plus.

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Déglutition de l'enfant :
En denture temporaire l'apparition des dents modifie le comportement
nutritionnel et la dynamique linguale, l'orbiculaire des lèvres perd son rôle
de joint puissant, cependant la propulsion linguale cesse rarement à ce
stade.
En denture mixte l'apparition des molaires permanentes agrandit la "boite à
langue ", la mobilité linguale augmente et le contact molaire pendant la
déglutition est fréquent, les déglutitions avec propulsion linguale
deviennent de moins en moins fréquents quant l'enfant grandit et leur
incidence devient minime au-delà de 10 ans, après cet âge là, la déglutition
est considérée comme pathologie c.à.d dysfonctionnelle ou atypique

La déglutition mature ou adulte : elle se fait avec :


Arcades serrées, les molaires étant en occlusion ;
Les lèvres jointes mais non contractées ;
La pointe de la langue en appui palatin antérieure ;
La langue contenue à l'intérieur des arcades.
La déglutition mature est le résultat de l'activité coordonnée des muscles
faciaux (orbiculaire des lèvres, buccinateur et houppe du menton), élévateurs et
abaisseurs de la mandibule et linéaux.

4-2-6- La déglutition dysfonctionnelle :


La déglutition évolue en fonction de la maturation du système nerveux central, en
fonction des changements de l'anatomie et de l'évolution du système sensitivomoteur. Si les
conditions anatomiques ne changent pas normalement par exemple : une macroglossie qui
persiste, la déglutition atypique proprement dite s'installe, comme elle peut le faire aussi en
présence d'amygdales hypertrophiées par les même mécanisme d'adaptation, une succion du
pouce réalise chez un enfant des conditions anatomiques incompatibles avec
l'accomplissement d'une déglutition adulte et donc l'installation d'une déglutition atypique.
La déglutition dysfonctionnelle se fait avec :
Absence de contact dentaire ;
Contraction exagérée des lèvres et muscles faciaux ;
Projection linguale antérieure, latérale ou les deux à la fois.

Déglutition avec
interposition
linguale antérieure

Déglutition adulte
(appui palatine de la
pointe de la langue)

BALLARD différencier 3 formes de déglutition atypique :


1) Déglutition avec poussé en avant de la langue, les arcades étant en occlusion ;
2) Déglutition avec poussé en avant de la langue, les arcades étant en innoclusion.
3) Déglutition de la langue, celle-ci étant en position haute et distale avec innoclusion
des arcades et construction importante de l’orbiculaire.

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La physiologie musculaire 2006/2007

Classification des poussées linguales de BAUMER et HOLT :


Type 1 : poussée de la langue sans déformation ;
Type 2 : poussée de langue avec déformation antérieure :
Béance antérieure ;
Proalveolie supérieure et inférieure associées ;
Occlusion inversée postérieure.
Type 3 : poussée de la langue avec déformation latérale :
Béance postérieure ;
Articulé croisé postérieur.
Type 4 : poussée de la langue avec déformation antérieure et latérale :
Béance antérieure et postérieure ;
Protrusion associe des dents antérieures ;
Occlusion croisée postérieure.

4-2-7- Examen de la déglutition :


L’interrogatoire cherchera :
l'existence d'éventuelle succion digitale ou labiale associée ;
si l'oreiller est humide le matin ;
éventuelle tétée de la langue au cours du sommeil ou en position de repos ;
une interposition linguale au cours de la phonation.
L'examen exo-buccale cherchera:
la contraction du muscle buccinateur (forte grimace au cours de la
déglutition) ;
contraction des muscles de la houppe du menton (aspect en peau d'orange).
L’examen endo-buccale : écarter légèrement les lèvres avec un instrument ou avec le
pouce et l'index au niveau des canines puis noter :
le type de déglutition ;
s'il y a interposition linguale antérieure ou latérale ;
la position des arcades (serrées ou non).

4-3- La respiration :
4-3-1- Définition :
La respiration est une fonction vitale qui comprend
l'ensemble des processus fondamentaux assurant à l'organisme
l'apport d'O2 et l'élimination de CO2, c'est la fonction primordiale à
la naissance.

4-3-2- Mécanisme ventilatoire :


Des échanges gazeux entre le milieu extérieur et le poumon
se font sur un mode rythmique selon une succession ininterrompue
de cycles ventilatoire, chaque cycle ventilatoire comprend une
inspiration et une expiration, normalement, l'air pénètre dans les
voies aériennes par le nez et accessoirement par la bouche, il
emprunte le passage pharyngien puis le larynx et ensuite la trachée
pour se rendre au poumon où s'effectuent les échanges gazeux.

La respiration bucco-nasale

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4-3-3- La respiration et muscles oro-faciales :


Pour assurer une respiration nasale, adéquate, tout va être mis en oeuvre pour libérer le
carrefour aéro-pharyngien, c'est la posture du massif hyo-lingual qui permet le passage de l'air
à travers ce carrefour.
Lors de l'inspiration, ce sont les muscles génio-hyoidiens, mylo-hyoïdiens et le
ventre antérieur du digastrique qui par la traction antérieure qu'ils exercent,
permettent le dégagement de la filière oro-pharygée.
Pendant l'inspiration et également l'expiration il existe une activité au niveau des
muscles linguaux (genio-glosse qui contrebalance l'action stylo-glosse) et ce afin
de permettre une posture linguale stable empêchant d'encombrer l'oro-pharynx, son
dos affleurant le palais et ses bords affleurant les pourtours des dents.
4-3-4- Troubles de la respiration :
La respiration nasale est innée, s'il existe un obstacle dans les voies respiratoires
hautes :
Hypertrophie
déviation de la cloison nasale ;
des amygdales
végétations adénoïdes ;
polypes ;
rhinite allergique ; Végétation
grosses amygdales infectées. adénoïde

L'air ne passe pas par le nez, la respiration devient buccale, elle peut être aussi mixte bucco-
nasale, cette respiration acquise sera à l'origine d'un déséquilibré de la sphère oro-faciale
perturbant ainsi la morphogenèse des bases squelettiques et alvéolaires.

Il existe un faciès caractéristique du respirateur buccal :


face longue et étroite ;
nez pincé avec narines peu développées ;
bouche entre ouverte pour permettre le passage de l'air ;
lèvres sèches et craquelées ;
langue basse protrusive ou au contraire a position postérieure provoquant ainsi
l'hyper-divergence faciale ;
arcades dentaires étroites, palais en V;
pâleur et augmentation de la fréquence respiratoire.
Les respirateurs buccaux sont généralement des sujets qui présentent une hyper-
divergence faciale et une hvpo-tonicité généralisée, l'ouverture buccale constante sollicite
l'activité des abaisseurs de la mandibule et installe un déséquilibre entre les élévateurs et les
abaisseurs, cela entraîne une augmentation de l'étage inférieur de la face et une ouverture de
l'angle goniaque, il faut noter aussi les conséquences de la posture linguale basse et protrusive
sur les arcades maxillaires et mandibulaires, chez ses sujets, il existe également des troubles
de la statique céphalo-vertébrale, l'enfant parait voûté, les épaules sont rentrées, le thorax
creux et ils présentent souvent des déformations de la colonne vertébrale (cyphose, scoliose).

4-3-5- Examen clinique de la respiration :


Le patient doit normalement respirer par le nez, la respiration buccale n’étant qu’une
respiration de suppléance lors de l’effort physique, la respiration buccale habituelle est
anormale, elle peut être liée à une hyperplasie des tissus lymphoïdes, une diminution de la
perméabilité nasale, une praxie (succion du pouce) ou anomalie anatomique (frein lingual trop
court) à l’origine d’une interposition linguale entre les arcades dentaires, l’examen de
respiration comporte :

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L’interrogatoire : il met en évidence certains signes révélateurs :


Plus de 2 ou 3 rhino-pharyngites par an ;
Sinusites et otites fréquentes ;
Sensation de narines bouchées en décubitus ;
Ronflement nocturne.
Les tests de la respiration :
Le teste du miroir : une miroir placé sous les narines se couvre de buée
lorsqu’il y a passage de l’aire par le nez.
Le teste des ailes du nez : on pince entre deux doigts puis on relâche
rapidement les ailes du nez, si le reflex narinaire est bon, le retour des narines à
leur position initiale est suivi d’une petite dilatation qui témoigne de leur
capacité à bien fonctionner.
Le teste de ROSENTAL : on demande à l’enfant d’inspirer et d’expirer 10 fois
par le nez, il doit y arriver facilement sans s’essouffler.
Examen radiologique :
C’est un examen complémentaire, on demande une téléradiographie de profil, de face
ou une incidence de HIRTZ, l’examen téléradiographique de la lumière pharyngée nous
fournit un certain nombre d’information sur les variations du pharynx, dans sa forme et dans
sa taille, et nous révèle la présence d’éventuelle obstruction par des végétation adénoïdes.

4-4- La phonation.
4-4-1- Définition :
La phonation est une fonction de relation qui participe à l'élaboration du langage oral
qui est un des véhicules de la pansée, la phonation n'est pas réalisée au moyen d'un appareil
spécifique: mis à part le larynx, les organes qu'elle met en jeu sont d'abord affectés aux
fonctions vitales de respiration et de nutrition.
4-4-2- Mécanisme de la phonation :
La phonation résulte en fait de la superposition de 2 conduites :
Conduites phonatoires : ce sont des conduites innées
qui produisent la voix, elles utilisent les effecteurs
pneumo-trachéo-laryngo-pharyngés.
Conduites articulatoires : qui permettent la
production des voyelles et consonnes, elles utilisent
les effecteurs bucco-labiaux (lèvres, langue, palais,
voile du palais) soumis à l'influence du milieu
environnant.
le système laryngien travail en continu tout le temps
de l'expiration, il y a vibration des cordes vocales qui
se rapprochent pour produire le son.
le système bucco-pharyngien a une activité
discontinue qui correspond à la fabrication des consonnes, entre chaque consonne
seul subsiste le son laryngé qui forme les voyelles.

Les différents aspects de la glotte (les cordes vocales)

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La physiologie musculaire 2006/2007

Les phonèmes : ce sont les supports élémentaires du langage, ils sont constitué de
voyelles et de consonnes.
a) Formation des voyelles : elles se forment à partir du son laryngien primaire, la
place du dos de la langue détermine le point d’articulation des voyelles. La relation de la
langue avec le voile du palais et la paroi postérieure pharyngée conditionne l’ouverture du
conduit pharyngo-buccal ou l’aire circule, on classe les voyelles selon leurs formats, elles
peuvent être antérieures ou postérieures, elles peuvent être également ouvertes ou fermées
(voire le tableau). Exemples :
« A » se prononce avec une bouche grande ouverte et la langue au plancher, c’est
une voyelle très ouverte antérieure.
« I » est une voyelle prononcée par rapprochement des mâchoires, c’est une
voyelle fermée antérieure (palatale) obtenue avec étirement des commissures
labiales.
« OU » est une voyelle fermée postérieure, obtenue avec étirement vers l’avant des
lèvres augmentant l’espace.
L’abaissement du voile entraîne la nasalisation, exemple : le « o » se prononce « on ».
Palatales (antérieure) Vélaire (postérieure)
Non labiales labiales Labiales
Très fermées I – lit U – ruche Ou – fou
Fermé , é – fée E – peu O – mot
Ouverte , è – mère In – lin On – bon
Très ouverte A – sac Œ – cœur Un – brun An – grand
b) Formation des consonnes : elles se forment sous la dépendance des effecteurs
buccaux et sont dues à l’activité de la musculature linguale, labiale, vélaire, sus et sous
hyoïdiens, les consonnes sont classées selon :
Le type d’émission : soit elles sont perçues durant toute la durée de l’expiration,
elles sont dites continue, soit elles sont momentanées, elles sont dites alors
explosives.
Le point d’articulation : lié à la position de la langue ou des lèvres pendant
l’articula, exemple : les labiales, les linguo-dentales…etc.
Le mode d’articulation :
Orale : le passage de l’aire est exclusivement buccal.
Nasale : l’aire passe en partie par la bouche et d’autre par le nez.
La sonorité :
Les sonores : exigent la formation de la voix (vibration du larynx).
Les sourdes : sans vibration du larynx.
continue Explosives
Sourdes Sonores Sonores Sourdes
Orales Orales Nasales Orales Orales
Bilabiales M B P
Labiodentales F V
Apico-palatale antérieure L N D T
Apico-dentale inférieure S Z
Pre-dorso-pre-palatale Ch J
Medio-dorso-medio-palatal Gn
Post-dorso prévelaire R K
Post-dorso post-vélaire G
Laryngés H

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La physiologie musculaire 2006/2007

4-4-3- Contrôle nerveux de la phonation :


Certaines lésions cérébrales d'étendue limitée intéressant l'hémisphère gauche peuvent
faire perdre la capacité d'utiliser le langage comme moyen de communication et comme
moyen de représentation symbolique, il s'agit tout d'abord de l'aire de BROCA, dont les
lésions s'accompagnent de difficultés d'élocution (aphasies motrices). Les patients qui
souffrent de telles lésions peuvent produire des sons mais ne peuvent les combiner de manière
harmonieuse pour s'exprimer. Ils ont également des difficultés motrices d'écriture, mais ils
comprennent très bien ce qu'ils entendent.
La seconde région corticale impliquée est l'aire de WERNICKE, dont les lésions
s'accompagnent de difficultés à déchiffrer les messages reçus sous forme de langage parlé ou
écrit (aphasie sensorielle), chez ces patients, l'expression orale est fluide, mais sa valeur
significative est amoindrie (difficultés à trouver les mots, utilisation de périphrases).
L'anatomo-pathologie ou l'observation clinique ne peuvent à elles seules fournir assez
d'informations précises sur la localisation des centres du langage. Les stimulations électriques
corticales entraînent deux types d'effets, suivant l'emplacement des zones stimulées, ainsi la
stimulation de la région oro-faciale du cortex moteur primaire ou de l'aire motrice
supplémentaire, aussi bien à droite qu'à gauche de l'encéphale, engendre une vocalisation
continue, mais n'engendre jamais la production de parole. Cette constatation démontre que la
production de la parole nécessite une coordination complexe de différentes zones corticales,
qui ne peut être obtenue par une stimulation locale électrique. Le second type d'effet produit
par la stimulation électrique n'a été rencontré que lors de la stimulation du côté gauche de
l'encéphale, sur les aires de BROCA, de WERNICKE et de l'aire motrice supplémentaire. La
stimulation électrique de ces zones engendre généralement une interruption de l'élocution, des
hésitations ou des confusions sur les mots, ainsi que des difficultés de lecture ou d'écriture.
Les aires de BROCA et de WERNICKE peuvent être considérées comme responsables
des fonctions associatives et interprétatives de la phonation.

4-4-4- Répercussions phonétiques des malformations oro-faciales et des malpositions


dentaires
Les fentes labiales et palatines et les malocclusions dentaires représentent les
principales causes de défauts de production de la parole.
Les fentes palatines sont à l'origine de troubles de prononciation dus à l'incapacité
à contrôler la communication naso-pharyngée, du fait de la malformation vélaire,
s'accompagnant de résonances nasales anormales et de problèmes pour la
prononciation des consommes plosives.
Les fentes labiales sont également à l’origine de difficultés de prononciations, en
particulier de consonnes plosives et fricatives faisant intervenir les lèvres.
Les malocclusions dentaires peuvent être également à l'origine de troubles de
prononciation, telles les béances occlusales antérieures, l'absence d'incisives
supérieures ou leur malposition, et en général à chaque fois que la langue ne peut
avoir de relations normales antérieurement avec les incisives supérieures et
inférieures, ou latéralement avec les molaires et prémolaires. Dans un cas comme
dans l'autre, ces malocclusions peuvent être à l'origine de zézaiements, qui peuvent
être également engendrés par des prothèses complètes trop volumineuses ne
laissant pas assez d'espace pour le positionnement correct de la langue.
Les pressions exercées par la langue sur les dents au cours de la phonation surviennent
essentiellement pendant la prononciation des voyelles. Elles ne sont pas négligeables, même
si elles sont toujours plus faibles que celles exercées au cours de la déglutition. En effet,
intégrées sur 24h, elles contribuent tout autant que la poussée linguale aux forces exercées sur
les dents.

41 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

4-4-5- Classification des troubles de l'articulation :


Les troubles de l'articulation sont très fréquents avant l'age de 5ans, l'acquisition du s,
ch et z correspondrais à une déglutition mature, la persistance des points d'articulation avec
les dents est considérée anormale après 7 ans. Les troubles de l'articulation peuvent être
classées en :

Les sigmatismes : ce sont des altérations S, CH, on distingue :


Le zézaiement ou sigmatisme inter dental : le plus courant, la pointe de la langue
prend appui sur les incisives supérieures ou passe entre les arcades dentaires
(prononcer Z à la place de J et g / S à la place CH).
Le sigmatisme dorsal : avec point d'articulation trop postérieur.
Le sigmatisme occlusif : S se dit T.
Le sigmatisme nasal : Le S est remplacé par un souffle nasal.
Les sigmatismes sont souvent liés à un retard de la maturation affective, sur le plan clinique,
l'altération, du S se rencontre fréquemment dans le cas de classe III.

Le lamdbacisme : altération du L, le point d'articulation devient dorso-palatal.

Le rhotacisme : altération du R qui peut être remplacé par L ou ye. Remplacement du k, G


par T, D ou l'inverse.

Assourdissement : absence de vibrations laryngées dans les sonores qui sont remplacées par
des sourdes B devient P, D devient T.

Rhinolalie : Le voile ne s'abaisse pas pour des phonèmes normalement nasalisés.

4-4-6- Troubles articulatoires et morphogenèse :


L'articulation des phonèmes consonantiques ne retentit sur la morphologie dento-
maxillaire que lorsque le point d'articulation intéresse la région antérieure : soit :
Qu'il se fasse sur les dents antérieures au lieu du palais ;
Soit qu'il y ait interposition de la pointe de la langue entre les incisives
(sigmatisme et zézaiement).
Pour CAUHEPE, l'anomalie de phonation ne retentit sur la morphologie que dans un
environnement musculaire déséquilibré, l'action exercée par la langue lors de l'articulation
d'une consonne dure 1/10 de seconde pour une seconde par rapport à la déglutition.

4-4-7- Examen de la phonation :


L’examen clinique concerne essentiellement
La langue : son volume, sa position au repos et sa mobilité.
Le voile du palais : on cherchera une éventuelle fissure à l’origine du
nasonnement.
L’écoute et l’observation clinique de la prononciation de certains mots comme,
cheval, lunette et mississipi.
Le praticien doit faire le diagnostic différentiel entre retard de langage et phonation
anormale, le retard de langage commence à être positif après 4 ans.

42 Dr. M.BOUZIANE
La physiologie musculaire 2006/2007

4-5- La mimique.
C'est l'expression d'une pensée ou d'une émotion par le geste et le jeu de la
physionomie, c'est un comportement spécifiquement humain, la mimique fait participer les
muscles labiaux et faciaux.
4-5-1- Action de quelques muscles sur l'expression du visage :
Triangulaire des lèvres → tristesse, dégoût ;
Carré du menton → tristesse et dégoût avec le triangulaire des lèvres, terreur avec
le peaucier du cou ;
Le canin → agressivité ;
Releveur du nez → les pleurs ;
Houppe du menton → fronce le bout du menton ;
zygomatiques → le rire.

4-6- Les para fonctions :


4-6-1- Le suçage digital :
Le suçage des doigts chez l'enfant présente
plusieurs variantes dont le suçage du pouce est l'aspect le
plus habituel, il y a en effet un suçage des deux doigts et
de plusieurs doigts, on peut par ailleurs trouver des
suceurs des lèvres, des joues, de la langue ou d'objets.
Le suçage du pouce pendant les deux premières
années de la vie représente un comportement normal, en
âge préscolaire (2à5ans) le suçage du pouce au coucher
ou en cas de fatigue est une habitude normale de la petite
enfance, cependant la persistance de la succion de 8 à
l2ans est un signe d'immaturité et ou d'un comportement
émotif (échec scolaire, manque d’affection…etc.
Effet sur la denture : tous les suceurs ne
développent pas de malocclusion, tout dépend de la durée,
de la fréquence et de l'intensité de la succion, si l'habitude
déformante disparaît avant 6 ans, 60%des cas montrent
une correction spontanée des anomalies provoquées par le
pouce, conséquences orthodontiques :
Au maxillaire : béance antérieure et/ou
proalveolie, béance asymétrique.
A la mandibule : rétroalvéolie inférieure due à l'appui sur les incisives inférieures

4-6-2- Succion de la lèvre inférieure :


L'existence d'un important surplomb horizontal
inter-incisif suscite fréquemment l'interposition de la
lèvre inférieure entre les arcades dentaires, elle s'enroule
contre la face palatine des incisives maxillaires, ce qui
provoque son éversion et accentue la concavité de la zone
labio-mentonnière, il y a innoclusion labiale et le bord
libre des incisives maxillaires peut apparaître entre les
lèvres non jointes. La position de la lèvre supérieure
dépend de son tonus, de sa morphologie et de
l'importance de la version vestibulaire des incisives
maxillaires.

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La physiologie musculaire 2006/2007

4-6-3- Le bruxisme :
C'est une parafonction qui serait d'origine psychologique, elle peut être diurne
(grincement des dents) ou nocturne (craquement des dents).
Les conséquences du bruxisme au niveau des muscles sont :
L’hyper développement musculaire ;
L’asymétrie ;
La sensation de fatigue des muscles élévateurs ;
Sur le plan dentaire, on a des abrasions, des fêlures.

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La physiologie musculaire 2006/2007

Conclusion :
Nous savons tous maintenant à quel point la forme et la fonction sont liées, la
morphologie d’un sujet adulte est le résultat de l’activité des différents groupes musculaires,
qui tout au long de la croissance modèlent le squelette.
L’équilibre entre groupes musculaires antagonistes, élévateurs abaisseurs, langue
lèvres, ainsi qu’entre groupes musculaires symétriques droits gauche, entraîne un
développement harmonieux.
A l’inverse tous déséquilibre fonctionnel retentit sur la morphogenèse et peut entraîner
des déformations osseuses ainsi que des malpositions dentaires.
Cependant la forme à son tour influence la fonction, un important décalage maxillo-
mandibulaire de clII par exemple, rend difficile la fermeture de la bouche et entretient une
instabilité occlusale, cela empêche de déglutir correctement, il faudra d’abord obtenir des
rapports maxillo-mandibulaires harmonieux pour pouvoir réhabilité la fonction, par ailleurs, il
existe une dépendance étroite entre la typologie générale des individus et leurs activités
musculaires, qui s’exerce dans les deux sens.

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La physiologie musculaire 2006/2007

Bibliographie :
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Orthopédie dento-faciale Michel Edition CDP, Paris 1993
(bases scientifiques) CHATEAU
Manuel d’orthopédie Francis Masson, Paris 1982
dento-faciale BASSIGNY
Biologie moléculaire de la Albert BRUCE 3emme édition 1998
cellule
Anatomie, tête et cou Pierre KAMINA Edition MALOINE 1996
(tome 1)
Le cours d’anatomie, Si-Salah OPU, édition 2002
fascicule XII (tête et cou HAMOUDI
1)
Les EMC
Diagnostic orthopédique Edith LEJOYEUX 23-465-A10, année 1996
Théories et étiologies des Elisabeth 23-470-A10, année 1997
anomalies dento- CUILLARD
maxillaires KONIGSBERG
Phonation et orthodontie Eva AMEISN 22-009-B10, année 2003
Temps buccal de la Isabelle BRETON 22-008-A20, année 2000
déglutition salivaire
Cinématique mandibulaire Jean-Daniel 22-009-A08, année 1997
ORTHILIEB
Ventilation nasale Jean-Marie 23-474-C10, année 1995
DOUAI
Temps buccal de la Jean-Pierre 22-008-A20, année 1991
déglutition salivaire DEFFEZ
Incidence clinique des Monique 23-474-B10, année 1997
postures de la zone oro- RABERIN
labial
Ventilation nasale, bases Jean-Marie 23-474-C11, année 1991
anatomophysiologiques DOUAI
F Brulin-Sauvage
A Doual-Bissier
Pathologie de la langue et Benoît PIOT 22-055-A-10, année 2003
des joues Clémentine
VINCENT
Jacques BILLET
Revue d’ODF
Revue d’ODF (posture mandibulaire) Vol 29 № 4 – 1995
Revue d’ODF (posture mandibulaire) Vol 23 № 3-4 – 1989
Revue d’ODF (déglutition) Vol 36 № 4 – 2002
Revue d’ODF (déglutition) Vol 31 № 1 – 1997
Revue d’ODF (déglutition) Vol 24 № 3 – 1990
Revue d’ODF (déglutition) Vol 17 № 2 – 1983
Revue d’ODF (déglutition) Vol 17 № 3 – 1983

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La physiologie musculaire 2006/2007

L’orthodontie française
L’orthodontie française (posture mandibulaire) Vol 71 № 4
L’orthodontie française (posture mandibulaire) Vol 63 № 2
L’orthodontie française (posture linguale) Vol 60 № 2
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