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Chap 1: Les lois de Kirchho en régime sinusoïdal

B. SI LAKHAL
ENP, Département CP

B. SI LAKHAL (ENP, Département CP)Chap 1: Les lois de Kirchho en régime sinusoïdal 1 / 38


Introduction

Pourquoi le régime sinusoïdal ?


a) Le courant alternatif est largement utilisé dans divers domaines.
b) Presque dans tous les cas, l'énergie électrique est produite,
distribuée et consommée sous forme d'énergie à courant sinusoïdal.
c) L'élévation de la tension et/ou l'abaissement se fait par des
dispositifs simples : transformateurs.
But de ce chapitre
a) Notions élémentaires sur le courant alternatif (monophasé),
b) Rappel des lois de Kirchho et application en alternatif,
c) Simplication de ces lois en régime permanent grâce à l'utilisation
de la notation complexe,
d) Notion d'impédance.

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Rappels en régime continu

1) Règles de échage du courant :


a) Par convention, le sens de déplacement du courant électrique est
l'inverse du sens de déplacement des électrons.
b) Les électrons se déplacent du potentiel le plus bas au potentiel le
plus élevé.
c) Le courant est symbolisé par une èche se dirigeant du potentiel le
plus élevé au potentiel le plus faible,

d) Si le sens du courant n'est pas connu, alors un sens arbitraire est


choisi.

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Rappels en régime continu
1) Règles de échage de la tension :
a) Une tension aux bornes d'un dipôle est symbolisée par une èche à
proximité de ce dernier.
b) La pointe de la èche symbolise en général le potentiel le plus élevé
si ce dernier est connu,
c) sinon l'orientation de la èche se fait de manière arbitraire.

Figure  a) Cas d'un récepteur b) Cas d'un générateur

d) La direction de la paire tension/courant est cependant


dépendante : même direction pour un générateur et direction opposée
pour un récepteur.
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Les lois de Kirchho
La loi des n÷uds
Un n÷ud est un point de jonction de plusieurs conducteurs.
Une des lois de Kirchho, appelée loi des n÷uds stipule que :
 La somme des intensités des courants arrivant à un n÷ud est
égale à la somme des intensités des courants sortant du n÷ud. 
On peut aussi l'exprimer de façon plus générale comme suit :  La somme
algébrique des courants arrivant à un n÷ud est constamment nulle.
 : nk= Ik = 0
P
1

I2
I3

I4

I1

Figure  a) I1 + I2 + I3 + I4 = 0 Figure  b) I1 + I2 = I3 + I4
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Les lois de Kirchho
La loi des mailles
Une maille est un ensemble de conducteurs (ls) et de composants
partant d'un point et revenant au même point (formant une boucle).
La loi des mailles stipule que "la somme algébrique des tensions le
long de la maille est constamment nulle."

On choisit un sens arbitraire de parcours sur la maille et on exprime


toutes les tensions en fonction de ce choix.
Exemple

Figure  V1 − V2 − V3 + V4 = 0

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Dipôles usuels en régime variable

La résistance
La résistance a la propriété d'avoir une réponse en courant i (t )
proportionnelle à la tension appliquée v (t ) à tout instant.
Il s'agit de la loi d'Ohm établie en régime continu et qui peut être
généralisée au régime variable. On a donc : v (t ) = Ri (t )

Un élément résistif ne crée pas de décalage temporel entre la tension


et le courant.

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Dipôles usuels en régime variable
L'inductance (ou bobine)
1 Elle est régie par la loi de Lenz : La diérence de potentiel aux
bornes d'une inductance induit une force (contre) électromotrice e (t )
qui s'oppose au courant électrique.

2 La force électromotrice est égale à la variation du ux magnétique


ΦB (t )
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Dipôles usuels en régime variable

d ΦB (t ) di (t )
ΦB (t ) = Li (t ) → e (t ) = − = −L (1)
dt dt
La d.d.p. aux bornes de la bobine est donc
di (t )
v (t ) = −e (t ) = L (2)
dt
On en déduit que
1 La tension est toujours en avance par rapport au courant dans la
bobine à cause de l'eet Lenz.
2 En régime continu (permanent), la bobine se comporte comme un

court-circuit (circuit fermé) car v (t ) = L didt(t ) = 0.


3 La rupture brutale du courant électrique dans une bobine produit des
tensions très élevées car
di (t ) 6= 0 et dt → 0 ⇒ v (t ) → ∞ (3)

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Dipôles usuels en régime variable
Le condensateur (ou capacité)
Il est régi par les lois de base étudiées en électrostatique :
dq (t ) dv (t )
Q = CV → i (t ) = → i (t ) = C (4)
dt dt
On en déduit que
1 Le condensateur réagit comme une bobine sauf qu'il faut inverser
tension et courant, et donc,
2 Le courant est en avance par rapport à la tension,

3 Une variation brusque de la tension produit un courant inni car

dv (t ) 6= 0 et dt → 0 ⇒ i (t ) → ∞ (5)
4 En régime continu, le condensateur se comporte comme un
circuit-ouvert car le courant le traversant est nul i (t ) = C dvdt(t ) = 0.
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Représentation des grandeurs alternatives sinusoïdales
Symboles conventionnels
La grandeur g (t ) varie en fonction du temps selon :
g (t ) = Gm cos(ωt + ϕ), ou g (t ) = Gm sin(ωt + ϕ0 ) (6)

1 Les valeurs instantanées sont représentées par une lettre minuscule,


telles que g (t ),
2 les valeurs ecaces par une lettre majuscule, comme G ,
3 et les valeurs maximales par une lettre majuscule avec pour indice la
lettre `m', comme : Gm .
4 ω est la pulsation avec ω = 2π f où f est la fréquence.
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Le déphasage

Soient 2 fonctions sinusoïdales de même pulsation ω


g (t ) = a sin(ωt + ϕ
1 1 1 ) (7)
g (t ) = a sin(ωt + ϕ
2 2 2 ) (8)
Par dénition ωt + ϕ et ωt + ϕ sont les phases des fonctions g et g
1 2 1 2

respectivement. ϕ et ϕ sont les phases initiales.


1 2

Le déphasage, par dénition, est égal à la diérence des phases. Le


déphasage est un nombre relatif.
ϕ = (ω t + ϕ1 ) − (ω t + ϕ2 ) = ϕ1 − ϕ2 (9)
Si ϕ > 0, alors g est en retard sur g .
2 1

Si ϕ < 0, alors g est en avance sur g .


2 1

Le décalage temporel est τ = ωϕ .

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Représentation des grandeurs alternatives sinusoïdales
Valeur ecace
La valeur ecace, notée I (en majuscule) du courant i (t ), correspond à la
valeur continue du courant qui produirait le même échauement
(dissipation par eet Joule) dans une résistance R que i (t ), pendant le
même temps. On appelle souvent la valeur ecace par r.m.s. (acronyme
anglais de root mean square, c.à.d. moyenne quadratique). La valeur
ecace est celle indiquée par les voltmètres et ampèremètres.

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Calculons l'énergie dissipée en alternatif sur une période :
Z T Z T Z T
W (T ) = P (t )dt = v (t )i (t )dt = Ri (t )dt
2
(10)
0 0 0

Calculons l'énergie dissipée dans le cas d'un courant continu I :


Z T Z T Z T
W (T ) = P (t )dt = VIdt = RI dt = RI T
2 2
(11)
0 0 0

En s
égalisant les deux énergies dissipées, nous sobtenons :
Z T
1 1 T
Z
I= i (t )dt , soit en général G =
2
g (t )dt (12) 2

T 0
T 0

Application : Montrer que si g (t ) est de forme sinusoïdale, alors la valeur



ecace de g (t ) est reliée à la valeur maximale comme suit : Gm = G 2.

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Représentation vectorielle ou de Fresnel
Problème
Considérons la détermination des courants et tensions du circuit RLC en
utilisant les notions classiques.

1 La méthode directe mène à des calculs fastidieux ;


2 Cependant il existe des méthodes alternatives de calcul quand il s'agit
de déterminer les courants et tensions en régime permanent et quand
la source est sinusoïdale.
Diagramme de Fresnel (limité à des circuits simples),
Notation complexe (beaucoup plus facile à utiliser).
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Représentation vectorielle ou de Fresnel
Résolution directe (méthode temporelle)
Soit v (t ) = Vm cos(ωt ). Déterminons le courant j (t ).
La loi des mailles :
v (t ) = vR (t ) + vL (t ) + vC (t )
dj (t ) 1 t 0 0
Z
= Rj (t ) + L + j (t )dt
dt C 0

Dérivons l'expression ci-dessus


1
v̇ (t ) = R j̇ (t ) + Lj̈ (t ) + j (t ) (13)
C
ou
R 1 1
j̈ (t ) + j̇ (t ) + j (t ) = v̇ (t ) (14)
L LC L
On pose 2δ = RL et ω = √LC . L'équation devient :
0
1

1
j̈ (t ) + 2δj̇ (t ) + ω j (t ) = v̇ (t )
2
(15)
0
L
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Équation diérentielle du second ordre avec second membre dont la
résolution comporte une solution homogène jh (t ) et une solution
particulière jp (t ). Le discriminant de cette équation est ∆0 = δ − ω . 2 2
0

Selon que ∆0 > 0 ou ∆0 < 0 ou ∆0 = 0, on aura trois solutions homogènes


diérentes correspondant à trois régimes diérents.
Dans les 3 cas de gures, on a
jh (t ) ∝ e −δt (16)
Dans le cas du régime permanent, c.à.d. pour un temps susamment long,
on a jh (t ) → 0. Donc j (t ) ' jp (t ).
Comme v (t ) = Vm cos(ωt ), alors la solution est de la forme
j (t ) = Jm cos(ωt + ϕ) = Jm [cos(ωt ) cos(ϕ) − sin(ωt ) sin(ϕ)] (17)
Déterminons Jm et ϕ.

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On reporte (17) dans (15). On aura
Jm [cos(ωt ) cos(ϕ) − sin(ωt ) sin(ϕ)] (18)

ω02 − ω 2
ω Vm
+2δω Jm [− sin(ω t ) cos(ϕ) − cos(ω t ) sin(ϕ)] = − sin(ω t )
L
On identie les termes à gauche et à droite de l'équation.
ω02 − ω 2 cos ϕ − 2δω sin ϕ Jm = 0 (19)
  

ω Vm
− ω02 − ω 2 sin ϕ − 2δω cos ϕ Jm = − (20)
  
L
On en déduit
sin ϕ ω2 − ω2
tan ϕ = = 0
cos ϕ 2δω
(2δω)ω 1
Jm = Vm  2
L cos ϕ (ω0 − ω ) + (2δω)2

2 2

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ω02 − ω 2
ϕ = arctan (21)
2δω
(2δω)ω Vm 1 + tan
p
2
ϕ
Jm =
L (ω − ω ) + (2δω)2
 2

2 2
0

(ω02 − ω 2 )2 + (2δω)2
q
ω Vm ω Vm 1
=  =
L (ω0 − ω ) + (2δω) L (ω2 − ω2 )2 + (2δω)2 1/2
 2
2 2 2

0

ou, après avoir remplacé ω et 2δ par leur expression


0

1 − LC ω
 2

ϕ = arctan (22)
RC ω
ωC
Jm = q Vm (23)
(1 − LC ω ) + (RC ω) 2 2 2

On remarque que les calculs sont compliqués pour un aussi simple circuit.
Pour cela on va tenter une autre méthode : Le diagramme de Fresnel
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Représentation de Fresnel ou vectorielle
1 Solution alternative pour le régime permanent,
2 Représentation dans le repère (OXY) ie dans le plan complexe.
3 Le temps est gé (représentation atemporelle. On prend t = 0).
Y

Tourne à la vitesse
angulaire ω
φ

4 La sinusoïde est représentée par un vecteur à l'origine,


5 Le module du vecteur représente la valeur ecace.
6 L'angle entre le vecteur et (OX) représente la phase.
7 En réalité, le vecteur tourne avec une vitesse angulaire ω
8 La projection du vecteur sur l'axe (OX) ou (OY) permet de retrouver
la grandeur respectivement en cosinus ou en sinus. En général, c'est la
version cosinus qui est utilisée.
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Remarque : On peut aussi choisir la valeur maximale pour représenter le
module du vecteur. L'essentiel est qu'une fois notre choix est fait, il faut le
garder tout au long de la représentation vectorielle.
Le circuit RLC : Résolution graphique par la méthode de Fresnel
Considérons la détermination des courants et tensions du circuit RLC en
utilisant le diagramme de Fresnel.

• La loi des mailles


v (t ) = vR (t ) + vL (t ) + vC (t )
dj (t ) 1 t 0 0
Z
= Rj (t ) + L + j (t )dt
dt C 0

Dans le cas du régime permanent, la solution de cette équation


diérentielle tend vers la solution particulière. Comme v (t ) = Vm cos(ωt ),
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alors la solution est de la forme
j (t ) = Jm cos(ωt + ϕ) (24)
• On choisit plutôt le courant comme origine des phases. Donc :
j (t ) = Jm cos(ωt ), v (t ) = Vm cos(ωt + φ) (25)
• En remplaçant l'expression de J , nous obtenons :
1
Vm cos(ωt + φ) = R (Jm cos(ωt )) − Lω(Jm sin(ωt )) + (Jm sin(ωt ))

π i 1 h π i
= R [Jm cos(ω t )] + Lω Jm cos(ω t + ) + Jm cos(ωt − )
h
2 Cω 2
• Nous exprimons sous forme vectorielle les diérentes grandeurs
sinusoïdales.
V~ ⇔ Vm cos(ωt + φ)



VR ⇔ R [Jm cos(ω t )]
~




V~ = V~R + V~L + V~C avec V~L ⇔ Lω Jm cos(ωt + π )

2

V~C ⇔ J cos(ω t − π )
  
m
1
C



 ω 2

~J ⇔ Jm cos(ω t )

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• Commençons par représenter le courant ~J sur l'axe (Ox),
• Dessinons à présent V~R parallèle à ~J ,
• Reportons maintenant V~L sur l'axe (Oy)
• Dessinons nalement V~C sur l'axe
(Oy') opposé à V~L
• Traçons alors la résultante V
~ = V~R + V~L + V~C
• Nous en déduisons alors le module du
courant et la phase

de la tension.

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• Déduction du module du courant
1
 2
V = R J + Lω −
2 2 2
J (26) 2


• D'où la valeur ecace et max du courant :
ωC
J=q V (27)
(1 − LC ω ) + (RC ω)2 2 2

ωC
Jm = q Vm(28)
(1 − LC ω ) + (RC ω) 2 2 2

• Phase de la tension par rapport au courant :


LC ω − 1
  2

φ = arctan (29)
RC ω
• Phase du courant par rapport à la tension :
1 − LC ω
  2

ϕ = arctan (30)
RC ω
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Remarques
La tension vR (t ) est en phase avec le courant j (t ).
La tension vL (t ) est en avance par rapport au courant j (t ). Le
déphasage est de + π . On parle de quadrature de phase.
2

La tension vC (t ) est en retard par rapport au courant j (t ). Le


déphasage est de − π . On parle de quadrature de phase également.
2

Conclusions
Bien que ce procédé de calcul soit plus simple que la méthode
temporelle, il reste compliqué pour des circuits plus élaborés.
Existe-t-il une méthode analytique plus simple ? OUI : Utilisation des
nombres complexes.

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Représentation complexe et temporelle des grandeurs
sinusoïdales
• Soit une grandeur physique g (t ) = Gm cos(ωt + ϕ)
• Tout vecteur peut être représenté ecacement par un nombre complexe
dont la partie réelle exprime la projection de ce vecteur sur l'axe des X et
la partie imaginaire sur celui des Y .
g (t ) ⇐⇒ g̃ (t ) = Gm (cos(ωt + ϕ) + i sin(ωt + ϕ)) (31)

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Représentation complexe et atemporelle des grandeurs
sinusoïdales

• La manière la plus simple et la plus ecace de représenter g (t ) est de


l'associer à une grandeur complexe qui ne dépend plus du temps. Ceci n'est
possible que dans le contexte du régime permanent.
• En eet : g (t ) = √
Gm cos(ωt + ϕ) ⇔ g̃ (t ) = G̃m e i ωt = 2Ḡe i ωt
• G̃m = Gm e i ϕ est appelé amplitude complexe. √
• On peut aussi dénir Ḡ = Ge i ϕ = G̃m / 2
• Le résultat de nos calculs est une
autre grandeur telle que le courant par exemple
j̃ (t ). Pour obtenir la vraie valeur de j (t ),
nous revenons au domaine réel :j (t ) = R(j̃ (t )).
• Les calculs non linéaires tel que le calcul de
puissance ne sont pas faisables de cette manière !

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Représentation des courants et tensions dans les circuits
élémentaires
Règles de dérivation et d'intégration :
• Étant donné que g̃ = G̃m e i ωt , alors
d g̃ (t ) 1
Z
= i ωg̃ (t ) et g̃ (t )dt = g̃ (t ) (32)
dt iω
• On va déterminer le courant absorbé par un circuit électrique alimenté
par une source supposée parfaitement sinusoïdale.
• Le régime permanent est supposé atteint et la tension appliquée est, dans
tous les cas étudiés, donnée par :

v (t ) = V 2sin(ωt + ϕV ) ⇔ V̄ = Ve i ϕV (33)
On obtient alors un courant sinusoïdal noté j(t) qui s'exprime comme :

j (t ) = J 2sin(ωt + ϕJ ) ⇔ J̄ = Je i ϕJ (34)
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Circuit purement résistif

On dénit le déphasage ϕ entre la tension appliquée et le courant absorbé


comme étant :
ϕ = ϕJ − ϕV (35)
• Loi d'Ohm dans le cas réel : v (t ) = Rj (t )
• Passage dans le domaine complexe

V̄ = R J̄ (36)
• En d'autres termes seul le module est aecté :
Ve i ϕV = RJe i ϕJ , ⇒ V = RJ , et ϕV = ϕJ
(37)

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• Cela signie que la tension et le courant sont en phase (déphasage ϕ = 0)

2) Circuit purement selque (ou inductif)


• La loi de Lenz : v (t ) = L djdt(t ) , s'écrit en représentation complexe
comme : ṽ (t ) = L d j̃dt(t ) = iLωj̃ (t ),
• que nous pouvons écrire sous la forme de la loi d'Ohm généralisée :
ṽ (t ) = ZL j̃ (t ) avec ZL = iLω (impédance d'une inductance) (38)
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Circuit purement inductif

V̄ = iLωJ̄ → Ve i ϕV = iLω Je i ϕJ = Lω Je i (ϕJ + 2 ) . (39)


π

Ainsi, on tire le déphasage :


π π
ϕV = ϕJ + → ϕ = ϕJ − ϕV = − . (40)
2 2
La tension aux bornes de l'inductance est en avance par rapport au courant
et le déphasage est de −π/2.
• Diagramme de Fresnel et diagramme temporel :

Le courant est en retard par rapport à la tension.


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Circuit purement capacitif
dv (t ) 1R
La loi tension-courant : j (t ) = C → v (t ) = j (t )dt
dt C
En représentation complexe, cela s'écrit comme
1R 1
ṽ (t ) = j̃ (t )dt = j̃ (t ),
C iC ω
que nous pouvons écrire sous la forme de la loi d'Ohm généralisée :
1 i
ṽ (t ) = ZC j̃ (t ) avec ZC = =− (impédance d'une capacité)
iC ω Cω
i i J i (ϕJ − π2 )
V̄ = − J̄ → Ve i ϕV = − Je i ϕJ = e (41)
Cω Cω Cω
On en déduit le déphasage :
π π
ϕV = ϕJ − → ϕ = ϕJ − ϕV =
. (42)
2 2
La tension aux bornes du condensateur est en retard par rapport au
courant et le déphasage est de π/2.
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• Diagramme de Fresnel et diagramme temporel :

• Le courant est en avance par rapport à la tension.

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4) Le circuit RLC série
On voudrait déterminer les courants et tensions pour ce circuit en

utilisant la représentation complexe.


La loi des mailles :
v (t ) = vR (t ) + vL (t ) + vC (t )
s'écrit en représentation complexe comme
ṽ (t ) = ṽR (t ) + ṽL (t ) + ṽC (t )
Exprimons les tensions en fonction du courant :
1
  
ṽ (t ) = R j̃ (t ) + ZL j̃ (t ) + ZC j̃ (t ) = R + i Lω − j̃ (t ) = Z j̃ (t )

(43)
Z est l'impédance complexe du circuit.
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Circuit RLC : Dénitions et remarques
Dénitions
Z s'écrit, en général, sous la forme :
Z = R + iX (44)
La partie réelle de Z est R . Elle est appelée résistance,
La partie imaginaire de Z est X . Elle est appelée réactance.

Z̄ = |Z |e i ϕZ avec |Z | = R + X et ϕZ = arctan( XR ).
2 2

L'unité de Z est Ω tout comme la résistance.


Remarques
1
Pour le circuit RLC série, X = Lω −

X > 0 indique un eet inductif dominant,
X < 0 indique un eet capacitif dominant,
X = 0 indique un état de résonance.

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• D'après (43), on peut exprimer le courant complexe en fonction de la
tension complexe :
ṽ (t ) ṽ (t )
j̃ (t ) = = (45)
Z 1
 
R + j Lω −

• L'amplitude complexe du courant est
V¯ e j ωt
m

 m
J¯m e j ωt =  −→ J¯m =
1 1

R + j Lω − R + j Lω −
Cω Cω
• On en déduit l'amplitude du courant et la phase du courant par rapport à
ceux de la tension.
Vm e j ϕV 
Jm e j ϕ J =
1
R + j Lω −

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L'amplitude
Vm
Jm = (46)
1
s  2
R 2
+ Lω −

La phase
ϕJ = ϕV − ϕ(R +j (Lω− 1 ))

(47)
Lω − C ω LC ω − 1
!
1
 2

ϕJ = ϕV − arctan = ϕV − arctan (48)
R RC ω
LC ω − 1
 2

−→ ϕ = ϕJ − ϕV = − arctan (49)
RC ω

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Circuit RLC : Conclusions
La loi d'Ohm généralisée, dans le domaine complexe, s'écrit :
V̄ = Z̄ J̄ . (50)
Cette loi permet de tenir compte plus simplement des inductances et
des condensateurs connaissant l'expression de leur impédance :
i
R ⇒ ZR = R , L ⇒ ZL = iLω, C ⇒ ZC = − (51)

Les lois des mailles et des n÷uds sont utilisées exactement comme en
continu. Elles s'écrivent :
n n
J̄k = 0, V̄k =0 (52)
X X

k =1 k =1
Il est plus rapide de travailler directement avec les amplitudes
complexes Ḡ car le terme  phaseur  e i ωt se simplie.
Pour obtenir les valeurs ecaces,
√ il sura de diviser les√modules des
amplitudes complexes par 2. c'est à dire |Ḡ | = |G̃m |/ 2.
L'association des impédances est identique à celle des résistances.
B. SI LAKHAL (ENP, Département CP)Chap 1: Les lois de Kirchho en régime sinusoïdal 38 / 38

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