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Marie

Joie de Dieu

son rôle dans l’histoire du Salut


et sa manifestation dans les nombres

Écrit par
Steve Desrosiers

© Steve Desrosiers
Courriel sdesro@oricom.ca
Marie, Joie de Dieu © Steve Desrosiers
Courriel sdesro@oricom.ca

Introduction

Qu'est-ce qui pourrait bien être dit sur la Sainte Vierge qui n'a pas déjà été écrit!
Tellement d'ouvrages sont parus sur la mère de Jésus qu'il semble que le sujet soit
maintenant pratiquement épuisé. Et pourtant, Saint Bernard, un des plus grands chantres
de Marie, affirma : « On n'en dira jamais assez de Marie ». Il avait raison. Marie est une
telle merveille de Dieu, si parfaite, que l'homme n'aura jamais fini de méditer sur le
mystère qui l'entoure.

Alors cet ouvrage a voulu apporter sa contribution, aussi petite soit-elle, dans le but tout
simplement de toujours mieux la faire connaître et aimer. Aussi parce que la
connaissance de la véritable doctrine sur la Vierge Marie constitue une clé pour la
compréhension du mystère du Christ et de l'Eglise. Cet ouvrage s'adresse à tous ceux et
celles qui, de par le monde, nourrissent une filiale dévotion envers la Vierge Marie, Mère
de Dieu et notre Mère.

Le livre se divise en deux sections. La première, divisée en chapitres, aborde différents


thèmes concernant la place et le rôle qu'occupe la Sainte Vierge dans le Plan du Salut de
Dieu. Nous verrons pourquoi Marie est appelée la Joie de Dieu et pourquoi elle est la
Mère de toute l'humanité. A partir d'une analogie, nous essayerons de mieux comprendre
son rôle spirituel de Mère.

Nous nous poserons quelques questions, à savoir quel âge avait-elle lors de son
Assomption? Et comment peut-on affirmer que Marie est une prêtresse? Ce qui nous
amènera à aborder le sujet controversé de l'ordination sacerdotal des femmes dans
l’Eglise.

On ne peut parler de Marie sans parler aussi de son Rosaire, cette arme par lequel
l'Adversaire sera vaincu. Mais d'où le Rosaire tire-t-il dont toute sa force? Mystiquement,
quelle est la valeur du chapelet? Une relation entre chaque grain du chapelet et le sang de
Jésus et les larmes de Marie sera avancée.

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Marie, Joie de Dieu © Steve Desrosiers
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Le dogme de l'Immaculée Conception sera aussi présenté et analysé. Depuis quelques


années une information circule laissant prétendre que Marie serait née suite à une
intervention divine. Nous remonterons à l’origine de cette nouvelle révélation et verrons
comment il serait possible ou non d’expliquer ce fait sans contredire les affirmations des
théologiens et celles de l'Église. L'histoire de la chute d'Adam et Eve sera également
abordée car nous verrons qu'il serait inconcevable de tenter de comprendre le mystère
entourant la naissance de Marie sans posséder un minimum de connaissance de ce qui
s'est réellement passé lors de la chute de nos premiers parents. Et puis finalement, dans le
dernier chapitre, chacune des phrases de la prière Ave Maria sera brièvement analysée et
expliquée.

La seconde section présente une liste de nombres dans lesquels sont décrit plusieurs faits
et gestes en correspondance avec la Vierge Marie. Ses diverses manifestations au travers
des nombres sont tirées des saintes écritures, des traditions religieuses et aussi au cours
de l'histoire lors de ses nombreuses interventions maternelles. Contrairement à la
première, la seconde section ne nécessite pas de la part du lecteur d’être lue du début à la
fin. Elle peut se feuilleter au hasard. Le lecteur choisira un nombre quelconque dans la
liste afin d'y lire les divers points se rattachant à la Vierge en liaison avec ce nombre. Le
lecteur s'aventure ainsi d'une certaine manière dans l'univers du symbolisme des nombres
et de leur interprétation, suscitant à la fois la réflexion et la méditation.

Le lecteur constatera que certains sujets sortent quelque peu des sentiers battus. Quelques
points délicats en effet concernant la Vierge Marie dans l'Eglise seront abordés et
analysés, de façon logique et structurée, de manière à demeurer le plus objectif possible
en regard de certains faits. Les réflexions s'appuient sur de nombreuses références
bibliographiques, tel que les saintes Ecritures, les révélations mystiques, quelques livres
apocryphes et les écrits de théologiens et d'exégètes.

Dans son ensemble l'ouvrage, malgré son envergure modeste, s'est voulu une petite mine
d'information touchant divers aspects de la Vierge Marie. L'apprenti y trouvera quelques

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matières d'introduction. Tandis que le lecteur chevronné en littérature mariale y trouvera


des points de réflexion en relation avec les connaissances qu'il possède fort possiblement
déjà.

Marie, c'est l'Arc-en-ciel de paix, pont entre Ciel et Terre, signe du pacte noué par Dieu
avec les hommes. Puisse ce livre contribuer à mieux la faire découvrir et aimer.

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Partie I : Marie dans le Plan du Salut de Dieu

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Chapitre 1
Qu'est que la joie de Dieu?

De nombreux passages bibliques font référence à la joie. Seulement dans le Nouveau


Testament, le mot joie écrit en grecque revient soixante fois. Les Ecritures nous la
recommandent avec insistance puisque l'équilibre intérieur de l'homme et sa relation avec
Dieu semble en dépendre fortement. La joie est tellement importante qu'elle est un fruit
de l'esprit.1 La véritable joie ne se laisse pas affecter par les circonstances contraires ou
douloureuses, agissant comme un rempart, un abri, contre tout ce qui pourrait nous
bouleverser.

La joie est la marque des fils de Dieu et les croyants seront réunis au Ciel avec Jésus-
Christ dans une joie éternelle. La sainteté semble impossible sans la joie. Pour l'apôtre
Jean, elle est très liée à la connaissance du Christ ressuscité2 et elle devient un état
intérieur de plénitude permanente.3 Le secret de la vie spirituelle, c'est la joie. « Apprends
la joie pure et tu apprendras Dieu » nous dit la sagesse orientale.

Si Dieu nous demande d'être joyeux, c'est que Lui-même l'est. Il ne nous demanderait pas
quelque chose qu'Il ne fait pas ou qu'Il n'est pas Lui-même. Par nature, Dieu est toujours
joyeux. Mais, dans sa création, qu'est-ce qui manifeste la joie de Dieu? Etrangement nulle
part dans la Bible il n’est question de la joie de Dieu, sauf Néhémie qui l’évoque une fois
brièvement : « La joie de Dieu est votre forteresse. »4 Nulle part il n’est question non plus
de la joie de Jésus. Au contraire : « Jésus, qui au lieu de la joie qui lui était proposé,
endura une croix, dont il méprisa l'infamie. »5 Et pourtant Dieu nous demande d'être dans
la joie, heureux de sa joie. 6

Personnification de la Joie

Le livre des Proverbes de l'Ancien Testament, écrit principalement par Salomon, est l'un
des trois livres sapientiaux de la Bible. C'est un recueil de la sagesse d'Israël où dans
certains passages c'est la Sagesse elle-même qui prend la parole.

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« Quand Il affermit les cieux, moi, j'étais là, quand Il grava un cercle face à
l'abîme, quand Il condensa les masses nuageuses en haut et quand les sources
de l'abîme montraient leur violence; quand Il assigna son décret à la mer et
les eaux n'y contreviennent pas, quand Il traça les fondements de la terre. Je
fus maître d'oeuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa
présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre; et je trouve mes
délices parmi les hommes. Et maintenant, fils, écoutez-moi. Heureux ceux qui
gardent mes voies! »7

La Sagesse qui parle dans ce passage ne semble pas n’être qu'un simple auteur
s'exprimant au nom de celle-ci. La Sagesse qui s'exprime semble à tout le moins être
vivante, comme si Elle était une vraie personne, l'écrivain retranscrivant ces lignes
n'agissant que sous l'inspiration de cette même Sagesse. L'idée d'une sagesse personnifiée
n'est peut-être pas qu'un simple artifice littéraire de l'auteur. Présentée comme une
personne, Elle révèle elle-même dans ce passage son origine ainsi que la part active
qu'elle prend à la création. Et si fondamentalement la joie de Dieu était également une
personne?

Durant environ la même époque, les grecs de la Grèce Antique étaient eux-aussi en quête
de sagesse. Notamment bien connus pour leur recherche de vérité, de beaux et grands
principes philosophiques furent établis avec intelligence et leurs textes sont encore
étudiés de nos jours. Malgré leur grande connaissance ils semblaient toujours demeurer
sur leur appétit car ils se plaisaient souvent à se demander entre eux « Qu'est-ce que la
vérité? »8 Mais la vérité n'est-elle pas elle aussi personnifiée? La question ne serait-elle
pas plutôt « Qui est la vérité? » Pour les chrétiens, la vérité est une personne. Et celle-ci
s'est manifestée en Jésus-Christ lorsqu'il a lui même déclaré « Je suis le Chemin, la Vérité
et la Vie. »9

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En posant les bonnes questions, on risque plus de trouver les bonnes réponses. Alors si au
lieu de poser la question « Qu'est-ce que la joie de Dieu? » la véritable question à se
demander serait « Qui est la Joie de Dieu? »

L’âme pure, miroir de Dieu

Par amour, Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance, est-il écrit dans le
Genèse, pour qu'Il puisse se mirer dans son oeuvre. Dieu étant parfait, seule une créature
sans taches dans son âme et son esprit pourra renvoyer à Dieu sa propre image. Une telle
créature fera forcément la joie de son créateur car il se verra en celle-ci. Et pour les autres
créatures, elle sera un véritable miroir de Dieu, reflet de sa divinité et de sa lumière.

Marie, Joie de Dieu

Marie c'est l'Immaculée, la sans tache, la toute belle. Elle est rayonnante de beauté, de
pureté et de lumière. Marie, c'est l'âme qui a toujours reflété les pensées et les désirs de
Dieu, comme dans un miroir parfait dont nulle ombre ne diminue l'éclat. C’est en elle que
Dieu imprime sa propre image. Même à supposer qu'au Paradis nous n'ayons qu'elle à
voir, nous serions bienheureux. Car Paradis signifie lieu où l'on jouit de la vue de Dieu, et
celui qui voit Marie voit déjà Dieu car elle est le miroir sans tache de la Divinité. C'est
pourquoi elle fait la Joie de Dieu. Cette Joie de Dieu, qui surpasse toutes les autres joies,
n’est donc pas une pensée ou une notion abstraite mais bien une personne. Dieu, le
Vivant, ne pourrait se contenter d'un principe inerte pour faire reposer sa joie. La Joie de
Dieu doit être un reflet de Sa propre nature et être vivante comme Lui-même est Vie. La
Joie de Dieu, c'est Marie, la créature la plus proche du Cœur de Dieu. Dieu lui-même
appelle Marie « La Joie de Dieu ».

« Elle est la Joie du Père, Sa Fille préférée et la plus chère. »10

« Joie de Dieu parmi vous, Marie, Mère du Divin Amour. »11

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« Elle est la Joie de Mon Sacré-Coeur, la Joie de Ma cour céleste. »12

Et dans les visions de Maria Valtorta, celle-ci est témoin d'un dialogue entre Jésus et sa
Mère le mercredi saint chez Lazare à Béthanie :

(Jésus) : « Tu sais obéir. Quel repos d'être avec toi! Car, Tu vois, Maman? Le
monde ne peut comprendre, mais je trouve tout repos auprès de ceux qui
obéissent... Oui. Dieu repose auprès des Obéissants. Dieu n'aurait pas eu à
souffrir, à se fatiguer, si la désobéissance n'était pas venue dans le monde.
Tout arrive parce qu'on n'obéit pas. De là vient la douleur du monde. De là
vient notre douleur. »

(Marie) : « Mais aussi notre paix, Jésus. Car nous savons que notre
obéissance console l'Éternel. Oh! pour moi spécialement, ce qu'est cette
pensée! Il m'est accordé, à moi, créature, de consoler mon Créateur! »

(Jésus) : « Oh! Joie de Dieu! Tu ne sais pas, ô notre joie, ce qu'est pour Nous
cette parole que tu viens de dire! Elle dépasse les harmonies des choeurs
célestes... Bénie! Bénie toi, qui m'enseignes l'ultime obéissance et me la rends,
par cette pensée, si agréable à accomplir! »13

Marie est la plus belle fleur du jardin céleste, qui ne fut jamais ternie par la moindre
poussière.

« (...) la Vierge dont la pensée était la joie de Dieu avant même que le temps
ne fut, joie du Ciel, salut de la Terre, fleur de la Création plus belle que toutes
les fleurs de l'Univers, astre vivant en comparaison duquel semblent éteints
les soleils qu'a créés mon Père. »14

Le nom de Marie à lui seul est déjà un reflet de l'amour de Dieu envers elle. Il est dérivé
du nom de Miryam, celui-ci étant composé de deux racines, l'une égyptienne et l'autre

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Marie, Joie de Dieu © Steve Desrosiers
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hébraïque. « Myr » en égyptien signifie l'aimée. Et « Yam » en hébreu est l'une des
abréviations de Yahvé (Ya ou Yam). Marie, ou Miryam, veut donc dire : l'aimée de Dieu,
la bien-aimée de Dieu.

Le mot joie en grec se traduit par « chara » et celui-ci est construit à partir de la même
racine que le mot charis, qui signifie grâce. Marie, joie de Dieu, possède du même coup
la grâce. Elle est la pleine de grâce comme il est mentionné dans le début de la prière de
l'Ave Maria: « Je vous salue Marie, Pleine de grâce. » Le Père l'a revêtu de toutes les
vertus, comme un vêtement étincelant de lumière. A lui seul, le doux nom de Marie est
déjà source de grâces et de bénédictions de Dieu. C’est à ce point que personne ne peut le
prononcer avec piété sans en retirer quelque grâce.15

Nous aussi il nous est donné de pouvoir faire la joie de Dieu. Faire la joie de Dieu en
imitant la Vierge Marie car Marie y est présentée comme le meilleur modèle qui s'offre à
notre foi pour faire la volonté du Père. Toutes les âmes que Dieu a créées, Il les a créées
pour Sa Joie.16 Et comment pouvons-nous imiter le mieux Marie pour s'assurer de faire la
joie de Dieu? En devenant nous aussi l'épouse de Dieu tout comme l'est Marie.

« On ne te dira plus : "Délaissée" et de ta terre on ne dira plus :


"Désolation". Mais on t'appellera : "Mon plaisir est en elle" et ta terre :
"Épousée". Car Yahvé trouvera en toi son plaisir, et ta terre sera épousée.
Comme un jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est
la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet. »17

Lors de sa création, l'âme fut faite à Sa ressemblance, belle et divine. Et nous devons
nous efforcer, au cours de ce pèlerinage terrestre, de la garder aussi brillante que Dieu
nous l'a confiée. Elle doit prendre bien garde de ne pas se ternir en entretenant une
relation intime avec son Créateur, en vivant de Lui et avec Lui, et en gardant ses
commandements. Alors tout comme Marie, nous ferons nous aussi la joie de Dieu pour sa
plus grande gloire.

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La plus grande qualité de Marie c'est d'être Mère. Dieu a fait de sa Joie Sa mère, et cette
mère est devenue aussi celle de tous les enfants de Dieu. Marie est mère,
merveilleusement mère. Refuge assuré des pécheurs, elle les attend pour les purifier, les
laver, les encourager et en faire de vrai fils de Dieu.

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1
Galates 5,22-29
2
Jean 15,11
3
Jean 16,22; 17,13
4
Néhémie 8,10
5
Hébreux 12,2
6
1 Thessaloniciens 5,16; Matthieu 25,21
7
Proverbes 8,27-32
8
Jean 18,38
9
Jean 14,6
10
« Confidences de Jésus à Ses Prêtres et à Ses Fidèles », message du 7 décembre 1975
donné à don Ottavio.
11
Message de Jésus donné le 24 avril 2004 à J.N.S.R., cette messagère qui protège son
humilité sous les initiales « Je Ne Suis Rien ».
12
Vassula, « La vrai vie en Dieu, Supplément 9 », Editions du Parvis et Editions
Spirimédia, 1996, page 166.
13
Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 9, page 116.
14
Marie Valtorta, « Les cahiers de 1943 », Centro Editoriale Valtortiano, 2002, p. 279
15
Saint Bonaventure
16
Message de Jésus donné le 14 mai 2004 à J.N.S.R.
17
Isaïe 62,4-5

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Chapitre 2
Marie, notre Mère

C'est au Calvaire, dans de terribles douleurs, que Marie est devenue officiellement la
mère de la nouvelle génération des fils de Dieu.

« Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère:
"Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple: "Voici ta mère." »1

La proclamation de la maternité spirituelle de Marie à l'égard des croyants représentés par


le disciple bien-aimé venait alors d'être faite.

De même que Marie est la Mère du Verbe Incarné, elle devient aussi la Mère de tous les
autres enfants de Dieu. Ayant été la mère de la Tête, il est normal qu'elle soit aussi la
mère des membres. Paul affirme que nous sommes tous les frères du Christ. Tous les
frères entre eux n’ont qu'une seule et même mère.

Au pied de la croix, Jean représente tous les enfants de Dieu, à qui est présentée leur
Mère. Le moment ne pouvait pas être mieux choisi car c'est au pied de cette croix, dans la
douleur, que Marie nous a vraiment enfanté spirituellement. C'est après l'accouchement
qu'on présente l'enfant à sa mère.

Même si c'est ce passage biblique qui est principalement cité pour expliquer la maternité
spirituelle de Marie, au sein du christianisme ce passage est loin de faire l'unanimité pour
en déduire pareille conclusion.

Plusieurs chrétiens ne reconnaissent nullement Marie comme leur mère. Plutôt que de
considérer l'esprit du texte, l'interprétation qui souvent en est faite est plus de nature
symbolique ou encore purement littéraire, allant jusqu'à présumer que Marie aurait eu
notamment d'autres enfants. Pourtant, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, est aussi le fils

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unique de Marie. Et la maternité spirituelle de Marie s'étend à tous les hommes que le
Christ est venu sauver.

Pour affirmer que Marie est notre mère, le passage en Jean 19,26 n'est donc pas celui qui
enlève tout doute dans l'esprit des chrétiens. Il faut donc regarder ailleurs dans la Bible
pour trouver un passage plus convaincant et qui sera sans équivoque. Mais avant de
croire que Marie puisse être notre mère, encore faut-il admettre que nous avons
effectivement une mère spirituelle.

Cette notion de Mère n'est pourtant pas nouvelle. Déjà dans la Genèse il est écrit que Eve
« a été la mère de tous les vivants ».2

Le nom d'Eve (qui est une transcription du grec et du latin) se dit en hébreu « Hawwâ ».
L'étymologie populaire rattache ce nom « Hawwâ » au verbe « hâyâ » qui veut dire «
vivre ». Pourquoi était-elle la mère de tous les vivants? Parce qu'elle porte en ses
entrailles le germe même de la vie de l'époux, figuré par l'étymologie de son nom mais
aussi par l'épellation de celui-ci en hébreu: hé-waw-heth. D'après le symbolisme des
lettres hébraïques, la lettre hé, première lettre de Eve en hébreu, représente le souffle de
l'existence, le germe de vie. Le waw représente entre autre l'union ou la fécondation et le
heth la renaissance.

Mais revenons au passage de la Genèse qui affirme qu’Eve « a été ». C'est donc dire
qu'elle « n'est plus » la mère de tous les vivants. Ayant chuté avec Adam, elle aurait
comme perdu son titre ou du moins son rôle de mère officielle dans le plan de Dieu tout
comme ce fut le cas avec Adam.3 Paul dit que Jésus est le nouvel Adam.4 Si Paul dit vrai,
mais alors qui est la nouvelle Eve? Dieu dit en plus au serpent qu'une femme lui écrasera
la tête.5 Mais de quelle femme s'agit-il? Ce passage laisse sous-entendre que si le péché
est entré dans le monde par une femme,6 Eve, c'est aussi par une femme qu'il va sortir. Et
nombreux Pères et docteurs de l'Eglise ont reconnu dans la femme annoncée dans ce
passage de la Genèse la mère du Christ, Marie, comme nouvelle Eve.

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Mais essayons de trouver dans les écritures un autre passage que Jean 19,26 qui
confirmerait que cette notion de mère spirituelle est toujours d'actualité dans le plan de
Dieu et que cette femme est maintenant Marie, la mère de Jésus.

Si le premier livre de la Bible nous a permis de soulever la question, c'est dans le dernier
livre de la Bible qu'on retrouvera la plus grande partie de la réponse.

Le passage de l'Apocalypse chapitre 12 verset 1 à 17 raconte que le Dragon voulut


dévorer un enfant mâle dès sa naissance mais qu'il ne put le faire car sa mère le protégea.
Il s'attaqua alors directement à elle. Mais celle-ci s’enfuit au désert pour y trouver refuge.
Après plusieurs essais infructueux, le Dragon vit qu'il ne pourrait rien faire contre la
femme. C'est alors qu'il décida de s'en prendre à sa descendance.

La femme et son enfant mâle dont il est question dans ce passage ne sont nul autre que
Marie et Jésus. Certains exégètes ont déjà même fait le lien de ce passage avec celui de
Mt 2,13-17 où il est mentionné que la sainte famille avait fui en Egypte afin d'échapper à
Hérode qui voulait faire périr l'enfant nouveau-né que lui avait annoncé les Mages. Ceux-
ci avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, il « fut pris d'une violente fureur et
envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de
deux ans ».7

De plus le verset Ap 12,5 mentionne que le fils qu'a enfanté la femme « doit faire paître
toutes les nations avec un sceptre de fer » et que son enfant fut emporté vers Dieu et vers
son trône. Ce passage est une citation du Psaume 2 connu par les exégètes comme traitant
du Messie dominateur du monde : « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour
héritage, et pour ta possession les confins de la terre; tu les broieras avec un sceptre de
fer ».8 L'enfant du verset Ap 12,5 est donc celui qui est désigné par le Psaume 2, le
Messie, soit le fils de Marie.

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Le mot descendance dont il est question au passage Ap 12,17 est le mot clé pour la
compréhension. Ce verset est traduit de plusieurs manières dans les différentes versions
bibliques.

Bible de Jérusalem:
« Alors furieux contre la Femme, le Dragon s'en alla guerroyer contre le
RESTE DE SES ENFANTS, ceux qui gardent les commandements de Dieu et
possèdent le témoignage de Jésus. »

Louis Segond:
« Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s'en alla faire la guerre aux
RESTES DE SA POSTÉRITÉ, à ceux qui gardent les commandements de Dieu
et qui ont le témoignage de Jésus. »

TOB:
« Dans sa fureur contre la femme, le dragon porta le combat contre le
RESTE DE SA DESCENDANCE, ceux qui observent les commandements de
Dieu et gardent le témoignage de Jésus. »

Bible d'Osty:
« Et le Dragon se mit en colère contre la Femme, et il s'en alla faire la guerre
au RESTE DE SA DESCENDANCE, ceux qui gardent les commandements de
Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. »

Bible Chouraqui:
« Le dragon brûle contre la femme. Il s'en va faire la guerre AU RESTE DE
SA SEMENCE, ceux qui gardent les misvot d'Elohim et qui ont le témoignage
de Iéshoua. »

Bible de la Société Biblique Canadienne:

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« Le dragon est très en colère contre la femme et il part faire la guerre contre
le RESTE DE SES ENFANTS, ceux-là qui obéissent aux commandements de
Dieu et qui sont les témoins de Jésus. »

Ainsi, selon les traductions, le mot descendance est parfois remplacé par les mots enfants,
postérité ou semence, faisant tous allusion à la maternité de cette femme outre le fils
qu'elle a eu et dont Dieu s'est réservé en l'emportant près de Lui sur son trône pour qu’il
mène toutes les nations avec un sceptre de fer. 9 Ce passage fait donc référence à tous les
autres enfants de Dieu de son Eglise dont cette femme, en l'occurrence Marie, est la
Mère. Elle est à la fois Mère de l'Eglise et Mère de cette grande descendance, considérée
comme étant sa grande famille spirituelle. Le dragon ne supporte pas la Femme, qu’elle
soit Marie ou l’Eglise.

Il peut donc être considéré que le verset Ap 12,17 est un autre passage biblique affirmant
que la Vierge Marie est la mère du genre humain puisque c'est bien de Marie dont il est
question dans cette vision de l'Apocalypse. Cette grande vision de la femme face au
dragon nous donne un regard divin sur Marie, un regard qui unit ses deux maternités :
maternité joyeuse à l'égard de Jésus, maternité douloureuse à l'égard des hommes. Ses
deux maternités de Marie, à l'égard de la Tête et à l'égard des membres, sont inséparables.
Et cette femme de l’Apocalypse, Marie, nouvelle Eve, mère de tous les vivants, écrasera
la tête de Satan, selon la promesse de Dieu mentionnée dans la Genèse.

Il y aurait peut-être une cause concernant cette réticence qu'ont certains chrétiens à
accepter l'idée d'avoir une Mère spirituelle. Durant la longue période qui sépara la chute
d'Eve et l'avènement de Marie, les enfants de Dieu furent pour ainsi dire orphelins. Sans
Mère, n'ayant plus que Dieu seul comme Père, la mémoire des gens d'avoir déjà eu jadis
une mère spirituelle s'estompa peu à peu dans leur esprit. Cet attitude se refléta au fil des
siècles dans leurs écrits sacrés de sorte que la Bible ne fit pratiquement plus référence
qu'au Dieu Unique en tant que Père. Maintenant que le temps de Marie est arrivé et que la
Mère se manifeste à ses enfants, certains se demandent comment se fait-il? Faute de bien
comprendre le rôle de Marie dans le plan de Dieu, ils se disent à quoi bon d'avoir une

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mère puisque les écritures n'en font pratiquement pas référence et que pendant des
millénaires nous nous sommes débrouillés sans Elle! D'autres cependant ont désiré la
connaître, savoir qui était la mère du Sauveur. Ils ont voulu découvrir son visage car au
gré du temps leur mémoire avait perdu ce à quoi pouvait bien ressembler le sourire de la
Mère. Et ils se sont mis à quêter son sourire.10 Les oeuvres artistiques ont bien tenté
pendant des siècles de représenter Marie. Mais comment peut-on représenter la
perfection? Elle transparaît de l'intérieur vers l'extérieur. Même si l'artiste réussissait à
faire une forme parfaite, il ne pourrait y mettre cette lumière de l'âme qui est une chose
spirituelle, la touche divine apposée sur toute chaire. Chaque fois que Marie est apparue
et que les gens se sont donnés la peine de reproduire son apparence, ceux qui avaient eu
le bonheur de la voir mentionnaient que l'oeuvre de l'artiste était belle mais que ce n'était
pas Marie. Elle est belle autrement, d'une beauté que l'artiste ne peut reproduire et qu'on
ne peut décrire.

Au Ciel, Marie sera le plus beau visage qu'il nous sera donné de voir.

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1
Jean 19,26-27
2
Genèse 3,20
3
Le livre apocryphe « L'évangile de Barthélemie » rapporte une scène de ce qui se serait
produit au Ciel après l'Ascension de Jésus. Après avoir fait venir Adam et Eve devant lui,
Dieu leur aurait dit que Marie était maintenant la mère des hommes et qu’Eve agirait
désormais comme mère au côté de Marie. L’interprétation de ce passage laisse présumer
qu’Eve aurait alors perdu son titre de mère officielle mais non son rôle de mère.
4
1 Corinthiens 15,45
5
Genèse 3,15. Ce passage de la Genèse est appelé Protévangile (ou encore
Protoévangile). Il est considéré comme la première lueur du Salut annoncé par Dieu dans
la Bible, la première annonce du Messie Rédempteur.
6
« Vois : mauvais je suis né, pécheur ma mère m'a conçu. » (Ps 51,7), « C'est par la
femme que le péché a commencé et c'est à cause d'elle que tous nous mourrons. » (Si
25,24) Les commentateurs bibliques mentionnent que si le texte accuse ainsi Eve d'avoir
été la première à commencer à pécher et d'être la première cause de la mort de tous, c'est
Adam et non pas Eve qui était le chef de toute l'humanité et c'est donc par lui qu'a été
transmis le péché et ses conséquences.
7
Matthieu 2,16
8
Psaume 2,8-9
9
Apocalypse 12,5
10
Psaume 44,13

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Chapitre 3
Marie et son rôle de Mère

Au dernier Concile, le Pape Paul VI souligna que la Vierge Marie exerce une maternité
spirituelle sur tous les baptisés et même sur toute l’humanité, puisque le Christ est mort et
ressuscité pour tous. Par la puissance du Saint Esprit elle enfante la vie de la grâce en
nous et elle veille sur son progrès.

Cette maternité spirituelle et universelle de Marie ne consiste donc pas seulement à


exercer en un lien affectif à notre égard. Par ses mérites et son intercession, elle contribue
de façon efficace à notre naissance spirituelle et au développement de la vie de la grâce
en nous. C'est pour cette raison que Marie est appelée par les Pères de l'Eglise « Mère de
la grâce », « Mère de la vie », puisqu'elle régénère en nous la vie divine, étouffée jadis
par la faute originelle.

Pour assumer entièrement ce rôle de Mère spirituelle et universelle, la Vierge Marie se


doit d'être membre à part entière du mystère de la Trinité. Elle se tient au coeur de la
Sainte Trinité, au centre de ce triangle symbolique souvent utilisé pour représenter la
Sainte Trinité. Dans les visions de la célèbre mystique allemande Anne-Catherine
Emmerick, celle-ci mentionnait qu'elle voyait souvent l'Esprit Saint représenté par l'Oeil
de Dieu au centre d'un triangle. Or, Marie étant l'épouse de l'Esprit Saint, elle se tient elle
aussi au centre de ce triangle. Ainsi Marie est-elle la créature qui est le plus près du coeur
de Dieu. Elle est celle par qui toutes grâces passent avant d'arriver jusqu'à nous.1

Dans les faits, cette perception spirituelle du rôle de Marie nous est à priori difficile à
imaginer considérant notre capacité limitée à bien comprendre les rouages spirituels de la
mécanique divine. Comment expliquer en effet que Marie, avec l'aide de l'Esprit Saint,
nous donne la grâce et la vie divine?

Cette difficulté à faire comprendre les choses de l'esprit, Jésus l'a rencontré également.
Peut-être est-ce l'une des raisons pour laquelle il enseignait parfois aux foules sous forme

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de paraboles. Ces paraboles, ces comparaisons mystérieuses, n'avaient nécessairement


pas pour but de recouvrir la vérité d’un voile hermétique mais bien de rendre accessible
aux gens certaines notions dans la mesure où ils étaient capables de les prendre. S’il avait
parlé en clair, les intelligences obscurcies dans la compréhension des réalités spirituelles
auraient fort possiblement été aveuglées par la pleine lumière de la vérité. Il convenait
donc que le Christ utilise des images, des analogies, pour leur faire comprendre
progressivement.

Alors utilisons le même principe dans le but de chercher à comprendre un peu mieux le
rôle de la maternité spirituelle de la Vierge Marie à notre égard.

D'abord il est nécessaire de comprendre comment l'homme est fait. Le modèle de


compréhension le plus simple est celui donné dans les saintes écritures, à savoir que
l'homme serait composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Essayons de trouver quelque
chose de bien connu qui reproduirait ces trois dimensions de l'être. Prenons comme
exemple l'ordinateur. Il s'agit alors de déterminer, par analogie, quelles parties de
l'ordinateur seraient associés au corps, à l'âme et à l'esprit.

Où est le corps?

Toutes les composantes matériels du l'ordinateur, circuits électroniques analogiques et


numériques, représenteraient par analogie le corps physique de l'homme.

Où est l'âme?

Cette partie immatérielle de l'homme manifeste la vie, extérieure et intérieure. C'est ce


qui donne l'apparence que l'homme est vivant. De même le logiciel est ce qui fait que
l'ordinateur peut interagir avec le monde extérieur. Le logiciel comme tel est invisible
mais il est pourtant bien présent dans la mémoire volatile et non-volatile de l'ordinateur.
Le logiciel serait donc l'âme de l'ordinateur.

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Où est l'esprit?

L'âme manifeste la vie, mais en elle-même elle n'est pas la source de la vie. L'esprit est
lumière mais il est aussi souffle de vie, celui qui donne la vie. Dans notre analogie, c'est
le courant électrique qui donne vie à l'ordinateur et qui permet au logiciel de s'exécuter.
Le courant électrique permet le fonctionnement, comme l'esprit donne vie à l'âme et au
corps.

A présent essayons d'aller un peu plus loin dans notre analogie. Où est la Vierge Marie?

De la Mère de Dieu passe toutes les grâces divines puisqu'elle est la Mère. Marie est la
boulangère de Dieu, celle qui façonne le Pain de Dieu pour qu'il soit comestible à
l'homme, d'où l'Eucharistie. Elle a pétri ce Pain en son sien virginal pendant neuf mois. Et
ce pain divin est devenu notre nourriture : « Je suis le Pain de vie. »2 De la même
manière ici le rôle de la Vierge Marie serait représenté par le transformateur situé dans le
bloc d'alimentation de l'ordinateur qui prend le courant alternatif, le réduit et le
transforme en courant continue très faible afin que les circuits électroniques ne grillent
pas sous une trop forte tension électrique. Les circuits de l'ordinateur ne pourraient pas
être branchés directement sur la source haute tension provenant directement des centrales
électriques. Ils ne sont pas conçus pour supporter une telle tension. De même l'homme ne
pourrait supporter la lumière divine dans toute sa gloire. Il a besoin d'une personne, d'une
mère, qui prend le Pain de Dieu, nous le transforme et nous le rend disponible et
comestible pour que nous ayons la vie divine. Mais la Mère de Dieu ne pourrait
accomplir adéquatement ce rôle si elle n'était pas l'Epouse de l'Esprit Saint.

En effet le transformateur électrique, agissant comme un convertisseur ayant un côté


primaire et un côté secondaire, permet à l'énergie d'être transférée de part et d'autre de ces
deux enroulements par l'intermédiaire du circuit magnétique que constitue la carcasse du
transformateur. Pour accomplir cette fonction, ces deux enroulements se doivent d'être
magnétiquement couplés, c'est-à-dire qu'ils doivent être très proche l'un de l'autre, sans se
toucher physiquement, séparés de quelques millimètres seulement pour éviter les courts

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circuits. Si la distance qui les sépare est trop grande, le transfert de l'énergie ne se fera
pas. C'est pourquoi que le terme « couple » magnétique est utilisé afin de bien souligner
que l'échange énergétique ne peut avoir lieu que s'ils sont unis en étant vraiment très près
l'un de l'autre. De même, pour rendre accessible la grâce et la vie divine, la Vierge Marie
et l'Esprit Saint doivent s'unir en formant un couple pour réussir à transférer et à convertir
ce Pain divin destiné à ses enfants. C'est pourquoi que Marie est considérée comme
l'Epouse de l'Esprit Saint, par cette union très proche et intime qu'elle entretient avec la
Troisième Personne de la Sainte Trinité, à l'image de l'époux avec son épouse formant un
couple parfait.

C'est un mystère d'union de vie et d'amour qui fait qu'elle est toute relative à l'Esprit
Saint; elle est toute à lui, cachée en lui pour lui. Toute sa vie est absorbée par le souffle
de l'Esprit, par l'amour de l'Esprit, qui la met dans une unité de vie avec l'Esprit Saint.

Le père Maximilien Kolbe, faisant référence au mystère d'intimité personnelle entre


Marie et l'Esprit Saint, affirmait que « la Mère de Dieu est si parfaite et si unie à l'Esprit
Saint qu'on l'appelle son épouse. »

L'Esprit Saint lui est totalement donné, et elle lui est aussi totalement donnée. Elle ne
peut agir que mue par lui et en dépendance totale de lui, tout en ayant une liberté parfaite.
Elle peut dire en toute vérité : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est l'Esprit Saint qui vit en
moi. »

Par cette analogie, on comprend mieux comment Marie est l'instrument par excellence de
l'Esprit Saint, et que l'Esprit Saint veut qu'elle exerce sur nous ce rôle de Mère, c'est-à-
dire que nous soyons enfantés à la grâce en elle et par elle; par l'Esprit Saint, certes, mais
par l'Esprit Saint se servant de Marie.

Pour nous faire comprendre que Marie est pour l'Esprit Saint l'instrument le plus
merveilleux, l'instrument qu'il a aimé d'une manière très particulière, Saint Louis-Marie
Grignion de Montfort nous dit que l'Esprit Saint ne peut pas agir en dehors d'elle, ou du

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moins qu'il ne le veut pas (car évidemment il le pourrait) pour que toujours Marie soit
l'instrument de prédilection de son action d'amour.

Il existe en effet un lien très intense entre Marie et l'Esprit Saint. On peut dire que l'Esprit
Saint est comme l'âme de l'âme de Marie. Il la prend tellement en charge dans son amour
qu'il lui transfert toute sa vie. L'Esprit Saint qui nous vivifie, donne en premier toute sa
vie divine à Marie dans toute sa plénitude, et celle-ci se déverse ensuite sur nous.

C'est donc avec Marie, non pas seulement par son intercession, mais par sa maternité
dans l'ordre de la grâce, que nous naissons à cette vie divine, dans son coeur immaculé,
dans la ferveur de son coeur immaculée.

De part son statut d'Epouse, Marie est placée au centre de la Trinité, au centre du Feu
divin. Et comme maman elle nous ouvre son coeur et nous reçoit dans un mystère
d'amour ineffable. Les saints amoureux de Marie ont compris cela, proclamant que ceux
qui veulent trouver Dieu, le Salut, la Vie, doivent aller à Marie. En elle se trouvent la
Charité, la Vie, la Lumière, la Sagesse. C'est là que l'homme peut renaître et devenir un
véritable fils de Dieu, d'homme qu'il était. Elle est la féconde et sainte Matrice qui jusqu'à
la fin des siècles accueille, et continuera d'accueillir, ceux qui veulent naître en Dieu.
Comme Corédemptrice, Marie coopère sans relâche au triomphe final de Dieu. Elle est
cette charité inépuisable qui travaille à la gloire de Dieu inlassablement et en habit de
Servante malgré sa gloire d'Epouse et de Reine. Elle est la Mère, la Mère parfaite de tous
ceux qui lui demandent la Vie.

Analogie très simpliste de prime abord mais qui apporte un peu d'éclairage sur ce que
peut bien être le rôle de la maternité spirituelle de la Vierge Marie. La comparaison
semblera peut-être prosaïque dans un domaine considéré comme sacré, mais elle a sans
doute le mérite d'être explicite. Le même exercice aurait pu être fait en utilisant un
projecteur vidéo : la lumière projetée représentant l'Esprit Saint, l'image projetée étant
l'âme et la lentille pour l'ajustement de l'image, la Mère de Dieu. Tout peut servir pour
celui qui sait méditer. Les explications fournis ici ne prétendent donc pas être autre chose

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qu'une tentative d'approche, une esquisse et une base de réflexion. On peut s'étonner de
mon insistance sur le principe d'analogie mais référons-nous à la méditation suggérée par
ces paroles fort connues : « Dieu créa l'homme à son image » et « Ce qui est en haut est
comme ce qui est en bas ».3 Evidemment ce ne sont que des analogies, des modèles de
compréhensions, au même titre que les physiciens utilisent des modèles physiques et
mathématiques très sophistiqués pour tenter de comprendre la mécanique de l'univers. Le
fonctionnement réel de la maternité spirituelle de la Mère de Dieu sera beaucoup plus
complexe dans sa dimension spirituelle. Néanmoins les analogies et les modèles peuvent
être d'une aide précieuse dans la tentative de l'homme à comprendre les choses de l'esprit.

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1
Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), fondateur des Rédemptoristes et auteur de
l'ouvrage le plus populaire du 18e siècle sur la dévotion mariale « Les gloires de Marie »,
affirme que toutes les grâces que Dieu donne aux hommes passent par Marie.
2
Jean 6,49
3
Paroles extraites de la Genèse 1,26 puis de la « Table d'Emeraude » d'Hermès
Trismégiste.

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Chapitre 4
L'Assomption de Marie

L'Assomption de Marie est l'ascension corporelle de la Vierge au Ciel. Elle a été élevée
corps et âme, dans la gloire de Dieu, pour être ainsi préservée de la corruption du
tombeau. Cette fête est célébrée le 15 août.

Assomption ou Dormition?

L'Assomption de la Vierge Marie n'est pas décrite dans la Bible. Cette croyance n'aurait
donc en principe aucune base scripturaire mais la tradition chrétienne très ancienne
témoigne de la mémoire de ce fait. L'Eglise Orthodoxe partage la même croyance que
l'Eglise Catholique pour l'ascension de la Vierge bien que le terme Dormition soit utilisé
au lieu de Assomption. L'Occident parle de l'Assomption et l'Orient de Dormition. La
différence est sémantique, diront les théologiens.

L'Assomption traduit l'idée que la Vierge ne s'élève pas d'elle-même au Ciel mais qu'elle
est élevée ou assumée. La Dormition insiste sur la douceur de la mort vécue par Marie.
Elle exprime la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de
paix spirituelle. Fondamentalement les deux termes sont valables puisque chacun
exprime à sa manière une réalité de l'enlèvement de Marie au Ciel.

Contrairement à l'Eglise Catholique, la Dormition n'est pas un dogme dans l'Eglise


Orthodoxe.

Les écrits apocryphes

Mis à part les révélations et visions mystiques1, c'est dans les écrits apocryphes2 qu'il faut
regarder pour en retrouver quelques informations. C'est ainsi que l'Assomption de Marie
serait attestée depuis l'apocryphe « Livre de Jean sur la mort de Marie » (au 4e siècle) où
est raconté son Assomption, de même que celui du Pseudo-Jean, « Sur la mort de Marie »

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(4e ou 5e siècle). Au 5e siècle, des écrits signalent aussi qu'une fête de la dormition du «
passage » existait déjà pour célébrer ce mystère. En 1805 F.-X. Berger publiait le texte
grec de la « Dormition de Marie du Pseudo-Jean », dans un recueil d'histoire et de
littérature chrétienne, en se fondant sur deux manuscrits alors connus. En 1866, K. von
Tischendorf fit paraître une nouvelle édition de ce même texte grec en se basant sur
d'autres manuscrits.

Référence biblique de l’Assomption

Le dogme de l'Assomption de la Vierge a été officiellement proclamé par le Pape Pie XII
le 1er novembre 1950. L'Eglise admet que l'Assomption n'est pas explicitement contenue
dans la Bible. Elle confesse cependant qu'il s'agit d'un très ancien acte de foi pleinement
garanti par la pratique séculaire des fidèles et par la liturgie.

Quoiqu'il soit vrai que le Nouveau Testament n'aborde jamais le sujet, un texte de
l'Ancien Testament pourrait peut-être y faire allusion subtilement. Le psaume 118 figure
parmi les psaumes les plus étudiés par l’exégèse contemporaine à cause de sa richesse
d’informations. Et les versets 17 et 18 sont normalement associés à la mort et à la
résurrection de Jésus:

« Non, je ne mourrai pas, je vivrai et je publierai les oeuvres de Yahvé; il m'a


châtié et châtié, Yahvé, à la mort il ne m'a pas livré. »3

Mais ce passage pourrait très bien aussi faire allusion à l'Assomption de la Vierge. Le
Christ a connu la mort physique et est par la suite ressuscité. Mais Marie, elle, n'aurait
jamais connu la mort de son corps physique. Châtiée, elle le fut également sur le Calvaire
lors de la crucifixion de Jésus car elle est Corédemptrice.

L'Assomption de Marie rappelle les enlèvements d'Hénock4 et d'Elie5 dont la Bible


mentionne qu'ils ne seraient pas mort mais qu'ils auraient été transportés à un endroit où
Dieu seul sait où. Si les prophètes Hénock et Elie ont trouvé grâce à ce point devant Dieu

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pour qu'ils soient ainsi enlevés afin qu'ils ne connaissent pas la mort, alors qu'a-t-Il dû
faire pour la mère de son Verbe!

Pour Alphonse de Liguori, s'inspirant d'un commentaire de Richard de Saint-Laurent,


c'est dans le Cantique des Cantiques que serait fait référence à l'Assomption de Marie.
Les anges, éprouvant une telle douceur à entendre le nom de Marie, s'informèrent de son
nom jusqu'à trois reprises au jour de son Assomption. Une première fois, ils s’écrièrent :
« Qu'est-ce là qui monte du désert, comme une colonne de fumée, vapeur de myrrhe et
d'encens, et de tous les parfums exotiques? » Puis, ils se demandèrent : « Qui est celle-ci
qui surgit comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil,
redoutable comme des bataillons? » Et enfin, ils se dirent entre eux : « Qui est celle-ci
qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé? »6

D'autres théologiens vont jusqu'à dire que l'Assomption de Marie serait révélée par ces
mots mystérieux de ce passage du chapitre 12 de l'Apocalypse :

« Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu'au
refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la
moitié d'un temps. »7

Le psaume 15 que Pierre cite dans sa version grecque lors de son discours au matin de la
Pentecôte est appliqué au Christ :

« Tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir
la corruption. Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de
joie en ta présence. »8

Mais il pourrait aussi bien s'appliqué à Marie car curieusement le psaume 15 dans sa
version hébraïque ne dit pas « voir la corruption » mais bien « voir la fosse ». Or
justement le corps du Christ a vu le tombeau mais non celui de Marie. De plus, Marie,

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Joie de Dieu, est nécessairement comblée de la joie de Dieu conformément à la citation «


tu me rempliras de joie en ta présence ».

Enfin citons un dernier passage pouvant faire référence cette fois-ci à la fois à
l'Assomption de Marie et à l'Ascension de Jésus. Il s'agit des deux témoins de
l'Apocalypse9 qui selon la description retrouvée dans ces versets pourraient très bien
s'identifier à Jésus et Marie. Ces deux témoins, trois jours après leur mort, ressuscitèrent
et montèrent au Ciel, tout comme Jésus et Marie. Jésus resta au tombeau pendant trois
jours et Marie demeura dans un sommeil profond également pendant trois jours avant son
Assomption.

Le rapprochement de ces deux témoins de l'Apocalypse avec les deux colonnes de la


vision de Don Bosco (1815-1888) semble assez évidente. Dans son livre, Don Bosco
raconte sa vision prophétique où il vit dans un rêve l'Eglise comme un grand vaisseau
gouverné par le Pape. Autour de ce navire majestueux, de petits bateaux surmontés d'une
croix (les fidèles) suivent le bateau-Eglise.

Ce qui est intriguant est que, derrière cette flotte, se profilent des vaisseaux ennemis
décidés à détruire l'Eglise. Des vents tumultueux, des vagues gigantesques menacent le
vaisseau-Eglise qui risque de chavirer. Soudain, deux colonnes surgissent des flots
déchaînés. La plus haute porte le Saint Sacrement, l'autre, la Vierge Immaculée. Le Pape
est blessé dans la bataille et par la suite atteint mortellement. Son successeur dirige alors
le Navire entre les deux colonnes qui font murailles et garde l'Eglise au milieu de ces
dangers. Tous les dommages subis par l'armada de l'Eglise sont guéris par un souffle
mystérieux émanant des colonnes. A la fin, les navires ennemis s'entre-déchirent et se
coulent les uns aux autres. Puis l'océan retrouve son calme et sa sérénité. Jean Bosco
précisa que ce rêve décrivait notre Eglise actuelle.

Age de la Vierge Marie à son Assomption

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Concernant l'âge que pouvait bien avoir Marie à son Assomption, les avis sont très
partagés. Selon le livre apocryphe « Transitus Mariae », relatant principalement la mort et
l'Assomption de la Vierge Marie, celle-ci aurait vécu sur la terre pendant 59 ans. Dans le
Livre des Prières des Filles de la charité sont énumérés 63 titres attribués à la Vierge
Marie, qui serait égal dit-on au nombre d'années de sa vie terrestre. La récitation du
chapelet de Sainte Brigitte comporte également 63 Ave Maria afin d’honorer le nombre
égal d’année que Marie aurait passées sur la terre. Sainte Brigitte croyait en effet que la
Sainte Vierge avait quinze ans lorsqu'elle donna naissance à Jésus, et qu'elle aurait vécu
encore quinze ans après l’Ascension. Jésus étant mort à 33 ans, on aboutit ainsi aux 63
ans de Marie. Sans prendre à son compte cette chronologie, l’Eglise n’avait pas jugé que
la dévotion elle-même fût à blâmer. Selon Baronius, ça serait plutôt à l'âge de 67 ans que
la Très Sainte Vierge serait morte. Pour avancer cette hypothèse, il se fonda sur un
passage du Chronicon d'Eusèbe. Toutefois ce passage demeure discutable et la tendance
actuelle est de le regarder comme une approximation. D'autres sources parlent aussi de 72
ans.

Faute d'être plus précis, c'est pratiquement vers les révélations privées qu'il faut se
tourner pour savoir quel âge avait la Vierge Marie lors de son Assomption.

Les seules références qui semblent avancer le même âge sont les visions de Maria
Valtorta (1897-1961), les révélations privées reçues par Marie d'Agréda au 17e siècle et
plus près de nous, celles de Mary Jane Even dans les années 1990. Pour ce qui est de la
célèbre mystique allemande Anne-Catherine Emmerick (18e siècle), celle-ci mentionne
dans ses écrits qu'elle l'aurait déjà su mais oublié par la suite. Toutefois elle avança l'âge
de 64 ans sans en être vraiment certaine. L'Assomption fut aussi révélée à d'autres saints
au cours de l'histoire, comme Saint Antoine au 12e siècle. Mais l'âge de la Vierge n'était
jamais précisé.

Les références de Maria Valtora, de Marie d'Agréda et de Mary Jane Even s'accordent
pour dire que la Très Sainte Vierge avait 70 ans lorsque a eut lieu son Assomption. Dans

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la « Vie divine de la Très Sainte Vierge Marie » de Marie d'Agréda, nous lisons, au
chapitre XVI de la troisième partie :

« Sa fin glorieuse était arrivée un vendredi, à trois heures du soir, le treize


août et à la soixante-dixième année de son âge, moins les vingt-six jours qu'il
y a du treize août au huit septembre, jour anniversaire de sa naissance. Elle
avait survécu à son divin Fils vingt et un an, quatre mois et dix-neuf jours. »

De même, dans un message de Jésus daté du 1er janvier 1993 adressé à Mary Jane Even,
on peut lire :

« Mon temps sur terre a été de 33 ans, alors que celui de Ma Mère fut de 70
ans. »

Dans Maria Valtorta, la révélation est moins directe mais tout autant précise. Lors du
Recouvrement de Jésus au temple, alors âgé de 12 ans, après que Marie eu demandé à son
Fils suite à sa disparition « pourquoi nous as-tu fait cela? »10, nous lisons ce commentaire
de Jésus retransmis à la voyante :

« Beaucoup de jours ensoleillés ou nuageux passeront sous le ciel, pendant


ces vingt et une années où je serai encore sur la terre. Beaucoup de joies et
beaucoup de peines et de pleurs passeront, les uns après les autres, en son
coeur pendant les vingt et une autre années qui suivront, mais elle ne
demandera plus: "Pourquoi, mon Fils, nous as-tu fait cela?" Apprenez cette
leçon, vous, hommes arrogants. »11

Sachant que l'annonciation eu lieu alors que Marie avait 15 ans, en faisant un petit calcul,
il est facile d'en arriver à 70 ans. Marie donne naissance à Jésus autour de l'âge de 16 ans
après 9 mois de grossesse. Lorsque Jésus a 12 ans, Marie est alors âgée de 28 ans,
auxquelles s'additionnent les deux périodes de 21 ans: 15+1+12+21+21 = 70 ans.

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Ainsi Marie vécut 21 ans après la mort de Jésus, tout comme il y avait 21 années entre le
Recouvrement de Jésus au temple à 12 ans et sa mort à 33 ans.

Date de l’Assomption

Quand se produisit l'Assomption? Les théologiens ont de la difficulté à avancer une date
précise. La thèse la plus probable serait qu'elle aurait eu lieu à Jérusalem, ni avant l'année
50 ap. J.-C., ni après l'année 57 ap. J.-C.

Sachant par contre à quel âge Marie vécue son Assomption, une date pourrait
possiblement être avancée.

La majorité des théologiens sont d'avis que Jésus serait né trois ans avant notre ère.
Comme la Vierge Marie avait autour de 16 ans lors de sa naissance, celle-ci serait donc
née en l'an 19 av. J.-C. La date de son Assomption aurait ainsi eu lieu en l'an 51 ap. J.-C.
Cette date se situe bien dans l'intervalle mentionné par les théologiens.

Cependant la Vierge Marie avait déjà déclaré aux voyants de Medjugorje qu'à la date du
5 août 1984, ça faisait exactement 2000 ans qu'elle était née. Sa date de naissance ne
serait donc pas 19 av. J.-C. mais plutôt 16 ans av. J.-C. Serait-ce que Jésus serait né
exactement en l'an zéro? Ou bien que Marie n'avait pas encore 16 ans lorsqu'elle aurait
donné naissance à l'enfant Jésus? Quelque soit la façon de corriger l'erreur, mais en
maintenant toujours le fait que la durée de sa vie sur terre fut de 70 ans, le calcul fait de
sorte que la date de l'Assomption demeure encore dans l'intervalle de 50 à 57 ap. J.-C.

Interprétation symbolique des nombres

Dans l'étude du symbolisme des nombres, un nombre donné peut prendre plusieurs
significations selon le contexte dans lequel il se trouve. Parmi les significations du
nombre 21, on note que celui-ci est parfois considéré comme un symbole de maturité.
C'est vers l'âge de 20 à 21 ans que l'homme atteint sa taille définitive. Son mental atteint

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son plein épanouissement qu'au environ de 21 ans aussi. De plus, chez beaucoup de
peuples, l'âge de 21 ans est choisi comme l'âge de la majorité.

Durant la première période de vingt et un ans, de l'âge de 12 ans à 33 ans, Jésus s'occupa
spécialement « des affaires de son Père ».12 Une longue préparation l'attendait auparavant
avant d'entamer son ministère public, pour finalement mener à terme sa mission à l'âge de
33 ans.

La trente-troisième année d'une personne, c'est l'âge parfait, celui du plein


développement, selon les écrits de Marie d'Agréda. Les 33 ans de la vie de Jésus sur terre
portent d'ailleurs le chiffre de sa Très Sainte Trinité, le chiffre 3, considéré comme le plus
sacré des nombres, symbolisant le Dieu Un, Trin et Trois fois Saint. L'âge de 33 ans de
Jésus se voyait donc tout désigné pour l'aboutissement ultime de sa mission : sauver le
monde par sa Passion et sa Sainte Croix.

La Vierge Marie était âgée de 49 ans lors de l'Ascension de son Fils Jésus, et évidemment
lorsqu'il fut aussi crucifié. Ce nombre rappelle les 49 litanies de la Sainte Vierge, de
même que le chapelet des larmes de douleur de Marie, composé de 49 grains, qui est un
chapelet dédié aux souffrances de la Vierge Marie. Les larmes de la Sainte Vierge ne sont
mentionnées qu'une seule fois dans l'Evangile, au moment où après trois jours ils
retrouvèrent l'enfant Jésus.13 Mais sûrement dût-elle aussi pleurer sur le Calvaire après
avoir retrouvé Son Fils au pied de la croix. Peut-être faudrait-il y voir un lien entre l'âge
de Marie à ce moment, les larmes qu'elle versa, et le chapelet des larmes ayant 49 grains.

Après l'Ascension de son Fils, la Vierge Marie a aidé l'Eglise naissante à prendre son
envol par ses prières et probablement aussi par son soutien moral et ses conseils pleins de
sagesse. Après vingt et un ans, les apôtres et les disciples avaient une certaine somme
d'expérience et de savoir faire pour continuer la croissance de l'Eglise. D'autant plus
qu'avec le concile de Jérusalem en 49 ap. J.-C., les bases de fondation et de structuration
de l'Eglise devaient sûrement être assez bien définies et solides pour l'orienter dans sa
mission et sa destinée.

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Donc après cette deuxième période de vingt et un ans, l'Eglise ayant acquis une certaine
maturité, le Seigneur pouvait enfin rappeler sa très chère Mère à ses côtés. Son passage
sur terre aura donc durée 70 ans, nombre correspondant à la totalité d'une évolution, où
un cycle évolutif est complètement achevé, selon Saint Augustin. Soixante-dix ans est
aussi la durée des jours d'un roi nous dit Isaïe.14 Peut-être pourrions-nous également
ajouter celui d'une reine. Comme Mère de l'Eglise et Reine du Ciel, Marie continua
toujours d'intercéder auprès de Dieu pour l'Eglise du Christ demeurée sur terre.

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1
Les visions de Maria Valtorta rapportent en détail l'évènement de l'Assomption de
Marie. Le seul apôtre qui en aurait été témoin est Jean. Voir « L'évangile tel qu'il m'a été
révélé » de Maria Valtorta, Tome 10, page 283.
2
Textes évangéliques non authentifiés par l'Eglise, le mot apocryphe signifiant secret,
caché, d'origine douteuse. Bien que non canoniques, les apocryphes ont exercé une
grande influence sur la foi populaire, notamment en ce qui concerne la Vierge Marie car
les Evangiles canoniques sont très avares de renseignements sur sa vie.
3
Psaume 118,17-18
4
L'enlèvement d'Hénock: Genèse 5,24 et Hébreux 11,5-6.
5
Elie enlevé dans un tourbillon: 2 Rois 2,11-12.
6
Saint Alphonse de Liguori, « Les Gloires de Marie », 1985, page 188. Cantique des
Cantiques 3,6; 6,10; 8,5. Concernant l'expression « redoutable comme des bataillons »
(Cantiques 6,10), cela n'est pas sans rappeler ce qu'un démon avait déjà dit à propos de la
Vierge Marie : « Oh! Marie, que tu es redoutable aux démons. Oh! Marie, que tu me fais
donc souffrir; tu es plus terrible qu'une armée rangée en bataille. » (J.-H. Gruninger, « Le
possédé qui glorifia l'Immaculée », page 53)
7
Apocalypse 12,14
8
Actes des Apôtres 2,27
9
Apocalypse 11,2-12
10
Luc 2,48
11
Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 1, page 266.
12
Luc 2,29
13
Luc 2,48
14
Isaïe 23,15

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Chapitre 5
Le chapelet, sa valeur et sa force

Partout où est apparue Marie à travers le monde, elle a demandé la récitation du Rosaire.
Le Rosaire est à la fois une prière vocale et une méditation contemplative, repassant en
revue les principaux évènements de la vie de Jésus et de la Vierge Marie.

Présentation du Rosaire

Le chapelet comporte cinq séries de dix grains, chaque série étant suivie d’un grain
séparé. La récitation du chapelet comporte en effet cinq dizaines d’Ave Maria (Je vous
salue Marie), chaque dizaine étant introduite par un Pater (Notre Père) et suivie par un
Gloria (Gloire au Père).

Un Rosaire correspond à la récitation de trois chapelets, la prière de l'Ave Maria étant


répétée 153 fois. Dans le premier chapelet, 53 Ave Maria, dans le deuxième et le
troisième, 50 Ave Maria car l'introduction des trois premiers Ave Maria n'est pas répétée,
ce qui donne pour somme 153, rappelant les 153 poissons de la pêche miraculeuse.1

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Le mot chapelet signifie « petit chapeau », au sens de couronne. Le mot rosaire vient du
latin, rosarium, « guirlande de roses ». L'usage de ces deux mots provient du Moyen Age
où les gens avaient l'habitude de couronner de roses les statues de la Vierge, chaque rose
symbolisant une prière. D’où l’idée de se servir d’un collier de grains pour prier la
Vierge. L’usage était déjà en vigueur au 12e siècle lorsque Saint Bernard contribua à le
développer. Saint Dominique en fit autant au 13e siècle et prescrivit à ses religieux de
porter un chapelet à leur ceinture.

Chacune des récitations du chapelet du Rosaire fut divisée en mystère par le Pape Pie V
en 1569 : mystères joyeux, douloureux et glorieux. Le Pape Jean-Paul II, par sa Lettre
Apostolique Rosarium Virginis Mariae, sur le Rosaire, le 18 octobre 2002, ajouta les
mystères lumineux au Rosaire pour méditer sur la vie publique de Jésus.

Le chapelet de la Vierge Marie comporte ainsi 60 grains. Et curieusement, par 60 fois


dans le Nouveau Testament il est fait référence à la Vierge Marie: 26 fois par le mot
mère, 10 fois par le mot femme, 3 fois par le mot Vierge, 2 fois par le mot servante et 19
fois par le nom de Marie.

Quoique paraissant relativement simple, la conception du chapelet est fort ingénieuse. Il y


aurait beaucoup à méditer sur la façon dont il est conçu et structuré. Certes le lien des 153
Ave Maria du Rosaire avec les 153 poissons de la pêche miraculeuse est assez facile à
faire. On pourrait ajouter également que la prière du Notre Père est, quant à elle, dite 17
fois. Or la somme des 17 premiers nombres donne 153. Les cinq dizaines d'Ave Maria du
chapelet rappellent les 5 plaies du Christ en Croix, et l'ensemble des quinze dizaines, les
quinze promesses du Rosaire données par la Vierge Marie pour ceux qui le réciteront
dévotement. Ce ne sont que quelques exemples, déjà bien connus pour la plupart.

Historique du Rosaire

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Sans vouloir entrer trop dans les détails, disons simplement que l'origine du Rosaire
remonte au 6e ou 7e siècle. Dans les monastères, les religieux qui ne comprenaient pas le
latin récitaient 150 Ave Maria à la place des 150 psaumes de l'office liturgique. On
appelait cette prière le psautier de la Vierge Marie.

Mais la forme actuelle du Rosaire remonte à Saint Dominique, agissant sur les
instructions de Marie elle-même. Grand prédicateur des débuts du 13e siècle, Saint
Dominique fonda l'Ordre des Dominicains qui, après sa mort en 1221, continua son
oeuvre. Les dominicains répandent donc le Rosaire. Plus tard, un dominicain nommé
Alain de la Roche fonde en 1470 la Confrérie du psautier de la Vierge Marie et il attribue
à Saint Dominique l'origine de la dévotion du Rosaire. Dans ces fonctions, il porta sans
doute sa dévotion au Rosaire. Mais c'est seulement deux ans avant sa mort que Marie lui
apparut dans tout l'éclat de sa beauté céleste et lui confia la mission de prêcher la pratique
du Rosaire. Le Rosaire est devenu une pratique commune après le concile de Trente
(1545-1563).

La force du Rosaire

Plusieurs saints de l'histoire ont affirmé, et certaines révélations privées sont venues le
confirmer, que le Rosaire est l'arme la plus forte pour combattre le mal, après la Sainte
Messe.2 Mais d'où donc tire-t-il toute cette force? Les prières récitées dans le Rosaire y
contribuent certainement. Mais dans ce cas, nul besoin du chapelet pour prier. Les dix
doigts de nos mains pourraient facilement remplacer chaque dizaine d'Ave Maria.
Pourtant il nous est toujours conseillé de tenir un chapelet entre nos mains lors de la
récitation du Rosaire. Mais pourquoi? A Medjugorje la Vierge Marie disait, « Mes
enfants, à chaque fois que vous priez le Rosaire, prenez en main votre chapelet pour bien
montrer à Satan que vous m'appartenez. » Le simple fait que la Vierge Marie le
demande, c'est déjà une bonne raison en soit. Le chapelet, étant normalement béni, peut
être considéré aussi comme une raison supplémentaire puisque porter sur soi des objets
bénis fait parti des formes de protection possibles contre l'esprit du mal. Mais n'y aurait-il
pas aussi une autre explication, plus subtile peut-être, mais tout autant valide?

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L’origine mystique du Rosaire

Afin de tenter de comprendre d’où proviendrait la force du chapelet, essayons de méditer


sur la façon dont il fut conçu. Quels sont les matériaux de base qui ont servi à sa
conception. Evidemment ici il n'est pas fait référence aux matières plastiques, métaux ou
bois communément utilisés pour sa fabrication mais plutôt à son origine mystique.

Par le sang de Jésus

Après le concile de Trente, les gens prirent l'habitude de réciter quotidiennement le


Rosaire. A cette époque, une croyance populaire circulait à savoir que le nombre de
plaies total que le Christ avait reçues lors de sa passion s'élevait à 5475, soit le nombre
exacte de mystère récité au cours d'une année dans le Rosaire quotidien. Un Rosaire
contenant 15 mystères :

15 mystères x 365 jours = 5475 plaies

Après chaque mystère récité (10 Ave Maria), le priant avait donc salué une plaie de
Jésus.

Mais un peu plus tard Jésus révéla à Ludolphe de Saxe au 14e siècle que le nombre de
plaies qu'il avait eu lors de sa passion était de 5490, 15 de plus, soit l'équivalent de réciter
le Rosaire pendant une année bissextile.

15 mystères x 366 jours = 5490 plaies

La valeur d'un mystère étant maintenant connu, et sachant qu'un mystère est composé de
10 Ave Maria c'est-à-dire de 10 grains, est-il possible d'établir la valeur d'un seul grain
d'un mystère? Avancer que sa valeur serait le un dixième d'une plaie de Jésus n'a pas

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d'intérêt particulier. Mais une information intéressante datant du 18e siècle viendra
compléter la réflexion.

Sainte Elisabeth, Reine de Hongrie, avec Sainte Mathilde et Sainte Brigitte, désirant en
savoir plus sur la Passion de Jésus-Christ, offrirent de ferventes prières dans ce but, à la
suite desquelles Notre-Seigneur Jésus-Christ leur apparut et leur donna un message qui
fut mis par écrit et ensuite gardé dans une boîte d'argent par Sa Sainteté et par les
Empereurs et Impératrices chrétiens. Cette lettre dictée par le Seigneur est consacrée aux
gouttes de Sang que Notre-Seigneur perdit sur le chemin du Calvaire. Voici le contenu
intégral de cette lettre mentionnant des détails très particuliers sur les souffrances qu'Il
endura :

« Je suis descendu du Ciel sur la terre pour vous convertir. Autrefois, les gens
étaient religieux, et leurs moissons étaient abondantes. A présent, au
contraire, les récoltes sont maigres. Si vous voulez récolter en abondance,
vous ne devez pas travailler le Dimanche, car le Dimanche vous devez aller à
l'église et prier Dieu de pardonner vos péchés. Il vous a donné six jours pour
travailler, et un pour vous reposer et pour prier, pour secourir les pauvres et
aller à l'église. Ceux qui murmurent contre Ma Religion et méprisent cette
Lettre Sacrée seront abandonnés par Moi.

Au contraire, ceux qui garderont sur eux une copie de cette lettre seront
préservés de la mort par noyade et de la mort subite, ainsi que toutes les
maladies contagieuses et de la foudre; ils ne mourront pas sans confession et
seront préservés de leurs ennemis et de la main des mauvaises autorités, ainsi
que de tous leurs calomniateurs et faux témoins. Les femmes en danger, au
moment de l'accouchement, surmonteront toutes les difficultés en gardant
cette prière près d'elle. Dans les maisons où l'on gardera cette prière, aucun
malheur n'arrivera jamais, et 40 jours avant la mort d'une personne qui garde
cette prière sur lui ou sur elle, la Vierge Marie lui apparaîtra.

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À tous les croyants qui réciteront pendant 3 ans chaque jour, 2 Pater, Ave et
Gloria, en l'honneur des Gouttes de Sang que j'ai perdues, J'accorderai les
cinq grâces suivantes :

L'indulgence plénière et la remise de vos fautes;


Vous serez exempts des peines du Purgatoire;
Si vous mourez avant d'avoir accompli les dits 3 ans, ce sera la même chose
que si vous les aviez terminés;
A votre mort, ce sera comme si vous aviez versé tout votre sang pour la foi;
Je descendrai du Ciel pour venir chercher votre âme et celles de vos enfants
jusqu'à la 4ième génération.
Sachez que le nombre des soldats armés étaient de 150; ceux qui Me
traînaient pendant que J'étais attaché de liens étaient 23; les exécuteurs de
justice étaient 83; J'ai reçu 150 coups sur la tête; 108 sur l'estomac; 80 coups
de pieds sur les épaules; Je fus traîné 24 fois par les cheveux; J'ai reçu 180
crachats sur la face; 6666 coups sur le corps...; 110 fois J'ai été poussé
brutalement et, à midi, J'ai été soulevé par les cheveux, piqué par les épines et
tiré par la barbe 23 fois; J'ai reçu 20 blessures sur la tête; 110 piqûres
d'épines sur la tête; 35 épines mortelles dans le front; puis J'ai été fouetté et
habillé comme un roi de dérision; 1000 blessures sur le corps; 608 soldats
M'ont conduit sur le Calvaire; 3 Me gardaient, et 1008 se moquaient de Moi.
Les gouttes de sang que J'ai perdues étaient au nombre de 28430. »

Cette lettre fut bénie par le Pape Léon XIII à Rome, le 5 avril 1890.

L'information à retenir de cette lettre pour notre réflexion est le nombre de gouttes de
sang que Jésus perdit lors de sa passion, s'élevant au nombre de 28430. Dans le domaine
médical, 15 gouttes de sang équivalent à 1 mL. Jésus aurait donc perdu soit environ
l'équivalent de 2 litres de sang lors de sa passion.3 En faisant l'hypothèse que tout ce sang
est issu de ces plaies, la relation est :

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5490 plaies = 28430 gouttes de sang

Ce qui fait en moyenne :

1 plaie = 5.17 gouttes de sang

Sachant que :

1 plaie = 1 mystère du rosaire = 10 Ave Maria

Donc :

10 Ave Maria = 5.17 gouttes de sang


1 Ave Maria = 0.517 goutte de sang

Ce calcul ne tient pas compte des trois premiers Ave Maria dit en introduction du
Rosaire. Pour un résultat plus précis, considérons qu'il y a 153 Ave Maria dans un
Rosaire, et non pas seulement que 150. Calculons le nombre de gouttes de sang pour un
Rosaire complet et divisons ce résultat par 153.

1 plaie = 1 mystère du rosaire = 5.17 gouttes de sang


15 mystères = 1 Rosaire = 15 x 5.17 gouttes de sang
1 Ave Maria = 15 x 5.17 / 153 goutte de sang

Finalement :

1 Ave Maria = 0.507 goutte de sang


1 Ave Maria ≈ 0.5 goutte de sang

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Ainsi, à chaque Ave Maria récité du Rosaire, le prieur salue la moitié d'une goutte de
sang de Jésus versée lors de sa passion. Autrement dit, chaque grain du chapelet vaut une
demi-goutte de sang de Jésus-Christ.

Cette logique d'établir une relation entre le Rosaire et les plaies et le sang de Jésus avait
aussi été révélée plus tard à Sainte Faustine par le Rosaire des saintes Plaies, ou «
Chapelet de la Miséricorde », qui est différent par contre de celui du Rosaire de la Vierge
Marie. Le lien est toutefois intéressant et mérite au passage d'être mentionnée. Le
Seigneur avait en effet révélé à Sainte Faustine : « A chaque mot que vous prononcez du
Chapelet de la Miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon Sang sur l'âme d'un
pécheur. » Par extension, pourrait-on avancer qu'à chaque Ave Maria récité du chapelet
de la Vierge Marie, Jésus laisse tomber une demi-goutte de son Sang sur l'âme d'un
pécheur?

Par les larmes de Marie

Le grain d'un chapelet cependant ressemble davantage à la forme d'une goutte qu'à la
moitié d'une goutte. Dans les visions de Maria Valtorta, Jésus affirma que si le Christ
racheta le monde par ses souffrances et son sang, Marie, elle, l'avait racheté par ses
souffrances et ses larmes. Cet enseignement concorde avec les Pères de l'Eglise qui
s'accordent pour dire que Marie est Corédemptrice avec le Christ. Elle a souffert
mystiquement dans son corps ce que Jésus a enduré lors de sa Passion, allant jusqu'à
ressentir parfois sur elle-même les coups que Jésus recevaient. Dans un texte de Léon
Bloy (1846-1917) sur les larmes de Marie, on lit :

« Les Larmes de Marie sont le Sang même de Jésus-Christ, répandu d'une


autre manière, comme sa Compassion fut une sorte de crucifiement intérieur
pour l'Humanité sainte de Son Fils. Les Larmes de Marie et le Sang de Jésus
sont la double effusion d'un même coeur et l'on peut dire que la Compassion
de la Sainte-Vierge était la Passion sous sa forme la plus terrible. »4

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Il n'est pas rare que des croyants aient demandé de recevoir des grâces par le mérite des
larmes versées par la Vierge Immaculée. Plusieurs images et statues de la Vierge dans le
monde ont déjà versé des larmes et parfois même des larmes de sang comme ce fut le cas
entre autre à Akita, au Japon, et à Civitavecchia. A Medjugorje les voyants l'ont même
déjà vu pleurer des larmes d'or pour exprimer sa joie lorsque nous répondons à ses
demandes réitérées. Il existe aussi un chapelet des larmes de douleur de Marie, composé
de 49 grains, qui est un chapelet dédié aux souffrances de la Vierge Marie. Ce chapelet
aurait été donné par la Vierge en 1929, lors d'une apparition, à Soeur Amalia au Brésil.
Tant qu'au chapelet traditionnel, il tirerait lui-même son origine par les larmes versées par
Marie sur le Calvaire, comme l'expliqua un jour le Seigneur au frère Joseph-François
sans lui mentionner toutefois la relation qu'il pouvait y avoir aussi avec son sang issu de
ses plaies, laissant toute la place à sa Mère.

« Le chapelet représente les larmes que ta Mère a répandues, quelques-unes


pour les pécheurs qui se sont convertis et d'autres pour ceux qui ne se sont
pas convertis. Quelques larmes ont été versées en vain. »5

Quoique la dévotion aux larmes de Marie soit répandue, il n'existerait aucune révélation
ou texte mystique qui mentionnerait que la quantité de larme versée par Marie lors de la
Passion serait équivalente à la quantité de sang versée par Jésus lui-même. Mais quelques
auteurs ont déjà avancé cette hypothèse comme le « Cantique de la Vierge Marie » écrit
par un poète nommé Jacques Davy Du Perron (1555-1618) qui en fait mention dans l'une
de ses strophes :

Elle serroit la croix de ses bras precieux,


Regardant par pitié ses blessures cruelles,
Et respandoit autant de larmes de ses yeux,
Comme il versoit de sang de ses playes mortelles.

En présumant cette hypothèse comme plausible, alors à chaque demi-goutte de sang de


Jésus vient se greffer l'équivalent d'une demi-goutte d'une larme de Marie, fusionnant et

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coagulant ensemble pour former à la fois un alliage indestructible et un joyau d'une


beauté surnaturelle. Les deux plus précieux liquides versés sur le Calvaire, qui ont servi
pour notre Rédemption, sont présents mystiquement dans chacun des grains du chapelet.
Relier ensemble par une lien d'amour s'apparentant à celui qui unissait la Mère et son
Fils, le Fils et sa Mère, ils forment une chaîne d'une rigidité à toute épreuve qu'aucune
force de l'enfer ne pourra jamais briser ni détruire, et par laquelle Satan sera enchaîné.6
Jésus confia un jour à Vassula Ryden, mystique orthodoxe :

« Je t’ai enseigné ce que signifie la Vraie Vie en Moi. Prie souvent, prie
chaque jour le Saint Rosaire, car cette petite chaîne sera la Chaîne par
laquelle Satan sera enchaîné et vaincu! »7

Conclusion

Pour qu'il puisse être affirmé que l'arme la plus forte contre le mal est, après la messe, le
Rosaire, il ne pouvait en être autrement. Il fallait nécessairement trouver dans les
matériaux de fabrication du chapelet les mêmes que ceux qui sont utilisés lors de la
célébration l'Eucharistique, qui ne sont nulle autre que ceux qui furent présents lors de la
première messe célébrée sur le Calvaire.

Dans la signification et l'étymologie du mot Rosaire, il est possible de retrouver


également un lien entre les grains du chapelet et le sang de Jésus et les larmes de Marie.

Le mot Rosaire veut dire « couronne de rose », chaque grain représentant une rose. Dans
l'iconographie chrétienne, la rose est la coupe qui recueille le sang du Christ, soit la
transfiguration des gouttes de ce sang, soit le symbole des plaies du Christ. D'autre part
selon Frédéric Portal la rose et la couleur rose constitueraient un symbole de régénération
du fait de la parenté sémantique du latin « rosa » avec « ros ».8 En latin le mot « rosa »
signifie rose et le mot « ros » signifie la pluie, la rosée, en fait tout liquide qui coule
goutte à goutte comme les larmes, le sang et le vin. Dans le mot Rosaire on retrouve donc
non seulement les mêmes notions de gouttes de sang et de gouttes de larme, mais

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également la notion de rédemption par la régénération de notre âme en la lavant dans le


sang de l'Agneau et les larmes de Marie.
Marie, en nous donnant son Rosaire, elle se donne elle-même, elle et son Fils. Car Marie
ne se présente jamais quelque part sans y présenter également son Fils. Son Fils est dans
son Rosaire, tout comme elle-même l'est. Les deux Coeurs unis de Jésus et de Marie sont
indissociables et ne forment qu'un. Unis dans leur Amour, unis dans leurs souffrances, et
unis aussi dans le fluide purificateur, versé pour nous.

Considérant maintenant la valeur de chacun des grains du chapelet, formé uniquement


par le sang de Jésus et les larmes de Marie, la pratique de le tenir entre ses mains lorsque
le Rosaire est récité s'impose alors d'elle même, avec respect et recueillement.

*
* *

Concernant la lettre consacrée aux gouttes de Sang que Notre Seigneur perdit sur le
chemin du Calvaire, les détails et les nombres qui y figurent ne manquent pas d'étonner.
Le passage qui attire possiblement l'attention un peu plus que les autres est celui où il est
précisé que Jésus reçu au total 6666 coups sur le corps. D'un point de vue symbolique, le
nombre 6666 représente les légions de Satan, parallèlement au nombre 666 qui représente
Satan lui-même.9 C'est comme si tous les démons de l'enfer auraient été libérés pendant la
Passion pour se ruer sur le Christ avec toute la rage donc ils sont capables. Dans ce
contexte, le nombre 6666 représenterait également les souffrances infinies endurées par le
Christ lors de sa Passion, en obéissance à la volonté du Père, afin de vaincre et de détruire
à jamais la racine du Mal et d'effacer le Péché par excellence qui fut le péché de
désobéissance à Dieu. En recevant cette multitude de coups sur le corps sans jamais faillir
à sa mission, le Christ a vaincu définitivement le pouvoir du Mal représenté par Satan et
ses troupes.

Par ailleurs des analyses numériques sur l'ensemble des nombres contenus dans la Bible
ont permis de découvrir qu'il y aurait dans la Bible de Jérusalem 365 nombres différents

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et que la somme de leur occurrence individuelle donnerait au total 6666.10 Les


souffrances du Christ se seraient-ils reflétées jusque dans les saintes écritures en portant
la marque de ces mêmes 6666 coups qu'il aurait reçus lors de sa Passion? Si c'est le cas,
la Bible, Parole de Dieu, porterait la signature indélébile de Sa victoire sur l'adversaire en
étant structurée sur l'accomplissement de ce nombre.

D'autres nombres mentionnés dans cette lettre peuvent aussi faire l'objet d'une
signification symbolique en relation avec le texte.

Par exemple, les 608 soldats conduisant le Christ sur le Calvaire. Le nombre 608
représente le soleil puisque la valeur numérique du mot soleil écrit en grec est 608 :
upsilon, éta et sigma, 400+8+200 = 608. Faisant référence à cette relation, un ancien
hymne au soleil mentionne : « Salut, vrai face de Dieu, visage de Ton Père, Toi dont trois
lettres valant 608 forment le Nom sacré. » S'inspirant d'un verset du livre de Malachie, la
venue du Christ est d'autre part considérée comme le soleil de justice : « Le soleil de
justice se lèvera portant la guérison dans ses rayons. »11 Le nombre de soldats de
l'escorte est donc une référence au Christ, soleil de justice, qui est conduit et qui sera
élevé au Calvaire pour que nous obtenions la guérison.

Comme autre exemple, prenons la mention où Jésus fut soulevé par les cheveux, piqué
par les épines et tiré par la barbe 23 fois. Au niveau symbolique, l'aspect de la chevelure
d'une personne parle parfois de son pouvoir magnétique sur autrui. Les cheveux sont
aussi un reflet du rayonnement de l'âme. La barbe est un symbole d'autorité, de puissance
et de sagesse. D'autre part, le système légal juif comprenait deux Sanhédrins distincts. Un
premier Sanhédrin composé de 23 membres jugeait de cas requérant la peine capitale.
L'autre Sanhédrin, composé de 71 membres, jugeait des cas dans lesquels était impliqué
le chef d'état ou le souverain sacrificateur, ou des offenses envers l'état ou le Temple. Le
Sanhédrin des 71 ne pouvait pas juger les cas requérant la peine capitale. Il est très
probable que ce fut le Sanhédrin des 23 qui jugea Jésus.12 Les 23 membres de l'autorité
juive étaient prêts à tout pour condamner Jésus. Tirer une personne par la barbe signifie
vouloir lui retirer son autorité, son pouvoir. Le tirer par les cheveux, c'est désirer lui

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retirer son pouvoir d'influence sur les autres. Tous ces gestes étaient un reflet des pensées
secrètes des 23 membres du Sanhédrin jugeant Jésus, symbolisés par les 23 fois qu'Il fut
soulevé par les cheveux et tiré par la barbe.

Les autres nombres cités dans la lettre pourraient également faire l'objet d'une analyse
similaire. L'exercice demande juste un peu de connaissance sur l'interprétation des
nombres et de leur cas d'usage historique.

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1
Jean 21,11
2
« Confidences de Jésus à Ses Prêtres et à Ses Fidèles », message du 14 mars 1977 donné
à don Ottavio.
3
A titre comparatif, lors d'un don de sang pour les organismes médicaux, une quantité
maximale de 450 mL de sang est prélevée. En moyenne le corps d’un homme contient
entre cinq et six litres de sang. Lorsqu’une personne perd 20% de son sang, ça commence
à devenir très dangereux et elle risque de perdre connaissance. Si elle perd plus de 40%
de son sang, c’est la mort.
4
Léon Bloy, extrait de « Le Symbolisme de l'Apparition », Paris, Librairie Lemercier,
1925.
5
Frère Joseph-François, « Les messages », Les Editions Fatima-Québec, page 71.
6
Apocalypse 20,2
7
Vassula Ryden, « La vrai vie en Dieu, Entretiens avec Jésus », Tome 2, Editions
O.E.I.L., message du 16 novembre 1988.
8
Frédéric Portal, « Des couleurs symboliques dans l'Antiquité, le Moyen Age et les
Temps Modernes », Paris, 1837.
9
Apocalypse 13,18
10
Voir le livre « Les Nombres: Symbolisme et Propriétés » de l'auteur du présent manuel
disponible en format électronique sur Internet au site « http://membre.oricom.ca/sdesr ».
11
Malachie 3,20
12
Josh McDowell, « La résurrection », Editeurs de Littérature Biblique, page 60.

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Chapitre 6
Marie, vraie prêtresse

La bienheureuse Vierge Marie est invoquée dans l'Eglise Catholique sous plusieurs titres.
Elle est la Fille du Père, l'Epouse de l'Esprit Saint, la Mère du Verbe, notre Mère, la Mère
du Corps Mystique du Christ, la Mère de l'Eglise. Elle est aussi Avocate, Médiatrice,
Corédemptrice, Consolatrice, Immaculée et Reine du Ciel pour ne nommer que ceux-là.
Mais peu de gens semblent savoir cependant que Marie est aussi une prêtresse. Et ceux
qui le savent n'osent pas toujours l'avouer ouvertement à cause probablement de la
controverse qui existe dans l'Eglise à propos de l'ordination des femmes.

Ce qu’en pensent les Pères de l’Eglise

De nombreuses raisons ont été avancées par les Pères de l'Eglise soutenant que Marie
peut à juste titre être appelée prêtre.

Parmi ces raisons, il y a le fait que Marie descendait d’une famille sacerdotale. Selon
Saint Augustin, « Marie descend à la fois d’une tribu royale (Juda) et d’une tribu
sacerdotale (Lévi). » Ce détail semble avoir une certaine importance puisque Jésus lui-
même, le Grand Prêtre éternel, reçoit d’elle son sacerdoce. D'autre part, Marie aurait
exercé des fonctions sacerdotales notamment lors de son offrande de Jésus durant la
Présentation au Temple1 et durant la crucifixion au Calvaire. Elle est aussi considérée
comme celle qui, avec le Christ, nous a donné l’Eucharistie. Et finalement, par son rôle
d’intercession et de médiation, Marie a été considérée comme pouvant nous obtenir le
pardon des péchés auprès de son Fils. Saint André de Crète écrivait à ce propos : « En
exerçant votre médiation vous nous réconciliez », « Le Christ nous a réconciliés avec
Dieu, ô Marie, par vous. » Intercéder et procurer le pardon des péchés sont considérés
comme des fonctions réservés uniquement aux prêtres, comme Saint Paul en fait part
dans sa lettre aux Hébreux.2

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Les fonctions sacerdotales exercées par Marie, lors de la Présentation au Temple et


durant la crucifixion au Calvaire, ont fait en sorte que Marie fut parfois appelée de
manière explicite « prêtre qui offre le sacrifice », la « sacrificatrice ». « Je vous salue
fille, jeune prêtre qui offre le sacrifice! »3 Lors de la Présentation de Jésus au Temple,
autrefois appelée Purification de la Vierge Marie, Marie et Joseph se rendirent à
Jérusalem pour présenter Jésus au Seigneur. Le contexte parle de sacrifice. Certains
théologiens considèrent cet évènement comme une préfiguration du Calvaire. Jésus étant
encore très jeune, Marie se rendit au Temple pour l’offrir au Père pour le monde. Puisque
Jésus n’a pu accomplir ce premier sacrifice, Marie aurait agi comme prêtre délégué pour
agir en son nom.

Mais c’est tout particulièrement au Calvaire que les actions sacrificielles de Marie se sont
déroulées. Plusieurs théologiens et auteurs spirituels pensent qu’il est très significatif que
Marie soit décrite comme se tenant debout au pied de la croix, « Près de la croix se tenait
debout sa mère »4, puisque c’est l’attitude même du prêtre à l’autel quand il célèbre le
rite sacrificiel de la messe. Marie est considérée comme agissante comme un prêtre qui
offre Jésus au Père, en conjonction avec Jésus lui-même.

« Oui, Marie se tenait debout au pied de la Croix, et c’est afin de pouvoir


faire pour l’homme perdu un sacrifice public et volontaire de tout ce qui est
cher à son cœur... Ainsi elle devient, autant qu’il est possible, coopérateur de
Dieu en son grand ouvrage : elle devint prêtresse, elle qui fut autorisée à
accomplir, de la part de l’humanité, l’holocauste d’un enfant bien-aimé. »5

Marie, au pied de la Croix, achève et complète le mystère du sacerdoce de Jésus par


l'offrande au Père de la blessure du Coeur de Jésus. Mais il y a plus: Marie, en offrant la
blessure du Coeur de Jésus, achève du même coup son propre sacerdoce. En effet, Jésus
est déjà mort lorsque le soldat, d'un coup de lance, blesse son Coeur duquel en sort ses
dernières gouttes d'eau et de sang. Au moment de cette blessure, son Coeur a déjà cessé
de battre. Le sacerdoce du Christ est dans son âme. Mais puisqu'il est mort, son âme est
alors séparé de son corps. Jésus n'exerce donc plus à partir de ce moment son sacerdoce.

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Marie, Joie de Dieu © Steve Desrosiers
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C'est comme si son sacerdoce s'effaçait pour faire place à celui de Marie. Jésus, lorsqu'il
est blessé par la lance, est donc vraiment dans un état de victime pure. Marie seule peut
l'offrir au Père. Par là elle complète, dans un geste sacerdotal, le sacerdoce de Jésus. Elle
l'achève.

Offrir à Dieu une victime est un geste sacerdotal réservé aux prêtres. Il n'est pas
nécessaire que ce soit le prêtre qui blesse et tue la victime. Mais l'essentiel est que c'est
lui qui doit l'offrir. Jésus ne s'est pas tué lui-même. Mais il a offert sa vie. Et son geste
sacerdotal consiste en l'offrande de sa vie au Père. De même, ce n'est pas Marie qui a
donné le coup de lance. Mais c'est elle qui offre au Père l'état de Jésus comme victime
réparatrice. Marie prolonge le geste sacerdotal du Christ en offrant au Père la blessure du
Coeur de Jésus. Le sacerdoce de Jésus s'efface pour que Marie achève et offre au Père ce
que Jésus lui-même ne pouvait offrir, soit la blessure de son Coeur ainsi que l'eau et le
sang qui en sorti. Ainsi elle achève le sacerdoce de Jésus pour le mener à sa plénitude. Et
ce faisant, elle devient associée à Jésus en tant qu'il est la source divine du sacerdoce de
l'Eglise.6

A partir du 17e siècle, une dévotion spéciale à Marie s'était développée parmi les prêtres.
Elle a été vue non seulement en tant que personne dont les vertus devraient être imitées
par les prêtres, mais également comme étant celle aidant les prêtres à bien exécuter leur
fonction sacerdotale et particulièrement leur rôle sacrificatoire dans le mystère
d'eucharistique.

« Il n'y a aucun statut ou ordre hiérarchique parmi le clergé qui ne voit pas
dans la Vierge bénie l'exercice de son propre ministère ».7

Saint Ignace de Loyola eut un jour une vision dans laquelle il vit la Sainte Vierge
l’assistant spécialement au moment de la consécration. Des prêtres saluaient ainsi Marie
comme leur modèle, le premier prêtre du Christ. Cette conviction chez les prêtres que
Marie les assistaient dans leur ministère apparaissait déjà au quinzième siècle. Une

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Marie, Joie de Dieu © Steve Desrosiers
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peinture française datant de cette époque témoigne de ce fait, montrant Marie se tenant
prête à donner la Sainte Communion, le pape étant agenouillé devant elle.

Aujourd'hui encore il arrive d'entendre témoigner certains fidèles d'avoir déjà vu la Sainte
Vierge accompagner le prêtre lors de la célébration Eucharistique. Un homme avait un
jour raconté qu'au moment de la communion, lorsqu'il reçu l'hostie de la main du prêtre,
celui-ci avait soudainement disparu pour faire place à une vision où il vit la Vierge Marie
se pencher vers lui pour lui offrir l'enfant Jésus qu'elle tenait dans ses bras.

Comment Marie peut-elle être considérée comme prêtre alors que les femmes ne peuvent
recevoir le sacrement de l’Ordre? A partir du Moyen Age ce problème fut abordé plus
directement. Des théologiens se demandèrent comment l’interdiction d’ordonner des
femmes affectait le cas particulier de la Vierge Marie. En général, ils arrivèrent à la
conclusion que, bien que Marie n’ait pas reçu le sacrement de l’Ordre de manière
normale, elle a bénéficié d'une certaine façon de la grâce sacerdotale et du pouvoir
sacerdotal que donne le sacrement, comme si elle avait été ordonnée prêtre par une
onction intérieure, par opposition à l’onction extérieure administrée aux prêtres
d’aujourd’hui durant l’ordination. C’est l’Esprit Saint lui-même qui a ordonné Marie.

« On peut dire que la Bienheureuse Vierge a reçu l’onction non pas


extérieurement mais intérieurement, et donc a été ordonnée prêtre, non pas
légalement, mais spirituellement. »8

« Lors de la première création, la femme fut tirée de l’homme. Lors de la


seconde, ce sera l’homme, l’homme descendu du ciel, qui sera tiré de la
femme, mais d’une femme véritablement extraordinaire : une femme grande-
prêtresse. Pour être grand-prêtre, on doit être ordonné, on doit présenter une
victime, la consacrer, l’offrir. On doit enseigner et prier. On doit
communiquer le sacerdoce. On doit donner naissance aux âmes et les recréer.
Eh bien, toutes ces conditions sont réunies dans Marie. Elle a reçu l’onction
et a été ordonnée par le Saint-Esprit lui-même... »9

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Marie aurait ainsi partagé le caractère sacerdotal du Christ.

« Marie... participe au caractère même de prêtre et de victime que lui


communique son fils. Ses mains pures sont à l’autel, sa soumission fait l’office
de prêtre et son cœur est la victime unie de sacrifice et d’amour à la grande
victime offerte pour le salut des hommes. »10

Ce que les révélations mystiques nous révèlent

On retrouve dans les révélations mystiques quelques informations additionnelles sur le


sujet venant corroborer certaines thèses des Pères de l'Eglise. Dans un message donné à
Maria Valtorta, datant du 6 septembre 1943, Jésus dit à propos de sa Mère :

« Sainte, sainte, sainte Prêtresse qui as célébré le premier sacrifice et préparé


avec une partie de toi-même l'Hostie à immoler sur l'autel du monde. »11

Aussi dans un autre message datant du 12 février 1948 :

« Déposé en Marie, paradis vivant de la Sainte Trinité qui y trouve ses


délices, l'amour de Dieu s'incarna, le Verbe aimé du Père prit chair pour être
offert comme victime pour le salut du monde. Et à côté, c'est la Vierge qui fut
la royale et très pure prêtresse: ardente de charité plus pure et forte que
jamais créature, née de l'homme, n'ait connu. »12

Le 8 mai 1903, en la fête de Saint Michel, soeur Marie-Eugène, agenouillée devant une
statue de la Très Sainte Vierge dans l'église des Sables-D'Olonne, entendit la bonne Mère
lui dire qu'elle désirait que, pour la glorifier, on lui dédiât une statue sous le titre de
Marie, Reine du Clergé. Elle s'exprima ainsi :

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« Il conviendrait de me représenter portant une couronne royale et ayant dans


mes bras l'Enfant-Jésus. Chaque jour le prêtre élève Jésus entre ses mains
consacrées, pour l'offrir, comme Victime, au Père Eternel... N'ai-je pas été le
premier Prêtre, en ce sens que j'ai offert, pour la première fois, sur le
Calvaire, la Divine Victime à Dieu le Père, pour le salut du genre humain?
Les vases sacrés, servant à l'autel, devraient être représentés ou symbolisés.
J'aurais pour sceptre un calice... N'ai-je pas bu, la première, au calice de la
douleur? C'est par la souffrance que je suis parvenue à la gloire. L'Enfant-
Jésus porterait un ciboire rempli d'hosties, pour se rappeler le Sacrement de
l'Amour, et exprimer le désir qu'Il éprouve de se communiquer aux hommes,
par le moyen de l'Eucharistie. Montrant Jésus, je serais l'ostensoir : Le
soutenant, je serais la Patène. Nos vêtements symboliseraient les ornements et
les linges bénits, servant pour le Saint Sacrifice. Ainsi serait représentée ma
statue, portant le titre de Marie, Reine du Clergé. »

Dans un autre message du Christ donné à Mgr Ottavio Michelini, on peut lire :

« Ma Mère fut vraie Prêtresse. Non dans le sens commun où le sont, d'une
certaine façon, les baptisés et les confirmés, ni non plus dans le sens
ministériel; mais d'une façon différente, et encore plus profonde, que ceux qui
ont reçu le Sacrement de l'Ordre. Ma Mère fut et est Prêtresse vraie, dans la
mesure où sur le sommet du Calvaire Elle offrit au Père la Victime pure et
Sainte, l'Agneau de Dieu, son Fils, et avec l'Agneau s'offrit Elle-même. Elle
est aussi victime pour les péchés. »13

Sur la Calvaire, près de l'autel de la Grande Victime, les païens entourant la scène de la
crucifixion de Jésus ont pu être témoins de l'héroïsme saint de trois femmes disciples :
Marie d'Alphée (dite de Clopas, la tante de Jésus, mère des apôtres Jude et Jacques),
Marie-Madeleine (nommée aussi Marie de Magdala, soeur de Lazare) et Marie sa mère.14
Sauf pour Marie-Madeleine qui n'avait jamais été mariée, les deux autres femmes avaient
été délivrées quelques années auparavant de leur devoir d'épouse par le décès de leur

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mari. Ces trois Marie présentes au pieds de la croix furent à ce moment précis élevées à
un mystique sacerdoce féminin.15 D'abord la Vierge Marie offrant au Père son fils en
victime pour la rédemption du monde, et ensuite les deux autres femmes jouant un rôle
pouvant se comparer à celui du diacre. Mais seule Marie, mère de Jésus, demeure dans
cette scène l'unique vraie prêtresse. Et si les deux autres furent l'instant du moment
élevées à une si sublime fonction, ils le doivent avant tout à la Grâce de Dieu et ensuite à
la présence sanctifiante de la Vierge Marie exerçant à leur côté le rôle du prêtre.

Pour donner suite au message de Jésus donné à Mgr Ottavio Michelini, la Vierge Marie
lui aurait également retransmis celui-ci :

« Le titre de Mère de l'Eglise Me revient vraiment. Mais il ne suffit pas. Si tu


te rappelles, ô fils, dans un message il t'a été révélé que, Moi, Marie, Mère de
Dieu, seule et unique femme dans l'Eglise, Je suis vraie Prêtresse. »16

La mention « seule et unique femme dans l'Eglise » signifierait que Marie a été la seule
vraie femme prêtre de l'histoire ne laissant donc en principe aucune place aux autres
femmes d’acquérir ce statut.

L’ordination sacerdotale des femmes

L'ordination de femmes est un sujet polémique qui a fait l'objet de plusieurs


revendications par le passé. Malgré les pressions provenant de la part des partisans de
l'ordination des femmes, l'Eglise Catholique a toujours su maintenir ses positions jusqu'à
présent affirmant que seuls les hommes peuvent parvenir au sacrement de l'ordination.17
Sur ce point, les Eglises Catholique et Orthodoxe ont la même règle.

Dans un message donné à don Ottavio, Jésus semble mentionner la même idée avec un
style qui laisse présumer que la prêtrise ne serait réservée qu'aux hommes :

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« On devient prêtre seulement par vocation; toute autre route serait non
seulement peccamineuse, mais sacrilège. Voici, mon fils, le problème des
vocations sacerdotales. De même que mon Père, dans le plan de la
Providence, met dans le coeur des hommes des aptitudes et des tendances
diverses afin que, dans la grande famille humaine, les hommes complètent et
s'intègrent dans l'ordre harmonieux préétabli, de même Moi, dans l'Eglise, Je
jette dans le coeur des choisis le germe précieux et sublime de la vocation (...)
»18

Cette affirmation serait également attestée de manière plus directe par un autre message
donné à Soeur Beghe mentionnant clairement que la prêtrise ne serait réservée qu'à
l'homme seulement. Dieu aurait donné aux mains du prêtre la grâce d'être les mains
bénies d'un être humain déchu mais rénové par les sacrements du Baptême, de la
Confirmation et puis de l'Ordre. Ainsi seules les mains des prêtres, ministres de Dieu,
seraient autorisées à administrer les sacrements.

« Le sacrement de l'Ordre est propre à l'âme de l'homme (par opposition à la


femme), ministre de la sainte Eglise, et les fidèles qui croient qu'ils peuvent,
sous prétexte de manquer de prêtres, s'en passer en agissant à sa place et en
son nom, sont condamnables de la même manière qu'un homme de la rue
serait aussitôt délogé s'il devait s'asseoir sur le trône d'un monarque. Les
mains de l'homme et de la femme sont des mains déchues et les mains du
prêtre sont des mains d'homme déchu mais attitré à la tâche qu'il reçoit de
Dieu Lui-même, qui bénit, sanctifie et ordonne aux mains de Son serviteur
d'agir à Sa place et en Son nom. »19

Dans un autre message donné dans les années 1990 à une âme mystique la Vierge Marie
avait mentionné « qu'une femme prêtre est un sacrilège devant Dieu ». Cette même
affirmation fut aussi reprise par Mary Jane Even dans l’un de ses messages daté du 17
avril 1994 concernant l’accès des femmes au service de l’autel.

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« Ne pouvez vous pas voir la pensée d’avant-garde que si les filles sont des
"filles à l’Autel", elles peuvent ensuite devenir diacres et éventuellement
prêtres? Pur Blasphème! »

Les enseignements de l’Eglise qu’on retrouve dans les Encycliques des Papes, ceux du
magistère et aussi dans Vatican II mentionnent tous que l’usage des « filles à l’Autel » est
interdite. Le message de Mary Jane Even faisait référence à l’époque à ceux qui au
Vatican voulaient forcer une nouvelle politique concernant justement l'interdiction du
service des femmes (jeunes filles, adultes, religieuses) à l'autel, aussi bien dans les églises
que dans les maisons religieuses, les couvents et les collèges. Malgré la pression, le Pape
Jean-Paul II avait refusé d’approuver cette nouvelle politique.

Il faut bien comprendre ici que les mentions de sacrilège et de blasphème s’adressent
dans le cas d'une femme prêtre qui aurait reçu le sacrement de l'Ordre. Car toute personne
est de par son baptême prêtre, prophète et roi.20

Il y aurait en effet plusieurs niveaux, plusieurs situations où le mot prêtre pourrait être
appliquée. Tous cependant n'ont pas la même fonction ni le même degré de force.

Au bas de l'échelle se retrouvent tous les baptisés. La fonction de prêtre se situe


principalement dans ce cas au niveau de la relation personnelle et intime que chacun
entretient avec son Dieu.

Situé au degré suivant viennent toutes les personnes donnant par leurs enseignements et
leurs engagements le pain de la Parole de Dieu à leurs frères. Garder et partager Sa Parole
sans la déformer, fait de nous des prêtres de Sa Parole. Les pasteurs des églises
protestantes par exemple pourraient se classer à ce niveau. L'ordination de femmes
comme pasteurs est une pratique répandue de nos jours dans diverses confessions
protestantes. A inclure aussi dans cette catégorie toutes les personnes que l'Eglise appelle
âmes victimes ou réparatrices, souffrant et expiant pour les fautes commises par les
hommes afin d'apaiser la justice divine. Toutes ces personnes, homme ou femme,

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exercent d'une certaine manière une des fonctions attribuées normalement à la prêtrise et
s'ils peuvent sous certaines conditions être déclarés prêtres, il n'est pas d'usage de les
nommer ainsi puisque le terme de prêtre identifie normalement tous ceux qui ont reçu le
sacrement de l'Ordre et qui sont en mesure d'exercer toutes les fonctions exigées par leur
ministère. Le rôle du pasteur protestant dans sa communauté, aussi noble soit-il, ne
correspond pas à celui d'un prêtre ayant reçu le sacrement de l'Ordre. Il serait davantage
comparable à celui que tiennent les diacres dans l'Eglise Catholique.

Il serait préférable d'autre part de laisser le soin à Dieu d'attribuer Lui-même le titre de
prêtre aux gens de cette catégorie afin d'éviter toute vanité ou pensée d'orgueil.

Ce fut le cas notamment de Vassula Ryden, mystique orthodoxe, ayant reçu durant de
nombreuses années plusieurs messages de Jésus et de Marie dédiés principalement aux
dirigeant des Eglises Catholique et Orthodoxe, mais aussi aux peuples de Dieu. Dans l'un
de ses messages Jésus la qualifiera lui-même de prêtre21 alors qu'elle n'ait jamais reçu
évidemment le sacrement de l'Ordre puisque étant femme. Ce titre dont Jésus lui attribut
démontre d'une certaine manière l’importance mais aussi la lourdeur de sa pénible
mission.

La catégorie suivante, située bien loin au-dessus des deux autres en terme de force et de
pouvoir, est celle réservée uniquement aux hommes et qui ont reçu le sacrement de
l'Ordre. Sublime vocation permettant à l'Eglise sur terre de demeurer vivante. Au-dessus
d'eux, la Vierge Marie, ayant reçu la grâce et le pouvoir sacerdotal par une onction
intérieure. Et finalement au sommet, Jésus-Christ, Grand Prêtre.

Cette classification est assez simpliste et mériterait d'être nuancée davantage. Le but
n'étant pas cependant de procéder à une analyse exhaustive mais seulement de les
présenter sommairement afin de bien faire la distinction entre les divers usages du mot
prêtre rencontré dans la littérature spirituelle et théologique. Dans l'Eglise Catholique par
exemple on observe des variantes au sein des ministres ordonnés et c'est pourquoi qu'ils
sont classifiés en plusieurs catégories. C'est ainsi que le simple prêtre ordonné ne possède

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pas la plénitude du sacerdoce et dépend de son évêque dans l'exercice de son pouvoir.
Mais les deux sont unis dans la dignité sacerdotale. Le diacre pour sa part peut accomplir
beaucoup de fonctions mais ils n'est pas un prêtre suppléant, ni un super-laïcs. Dans «
Lumen Gentium » il est bien spécifié qu'il n'est pas prêtre. Même s'il accomplit certains
ministères exercés par les prêtres, il occupe une place spéciale dans l'Eglise. Avec les
évêques et les prêtres, les diacres sont des ministres ordonnés.

En 1994, dans sa lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis sur l'ordination sacerdotale


exclusivement réservée aux hommes, le Pape Jean-Paul II mentionne que l'Eglise n'a en
aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes pour des
raisons tout à fait fondamentales, citant celle entre autre rapportée par le Pape Paul VI
qui, se référant à la Sainte Ecriture, avait fait remarquer que le Christ avait choisi ses
Apôtres uniquement parmi les hommes. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi était
venue par la suite appuyer les propos du Pape Paul VI en précisant que le Christ
n'obéissait pas alors à des motivations sociologiques ou culturelles propres à son temps
mais qu'il en avait disposé ainsi en donnant à l'Eglise sa constitution fondamentale.

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique publié en 1992 rappelle pour sa part au numéro de


référence 1577 que :

« Le Seigneur Jésus a choisi des hommes pour former le collège des douze
apôtres, et les apôtres ont fait de même lorsqu'ils ont choisi les collaborateurs
qui leur succéderaient dans leur tâche. Le collège des évêques, avec qui les
prêtres sont unis dans le sacerdoce, rend présent et actualise jusqu'au retour
du Christ le collège des douze. L'Eglise se reconnaît liée par ce choix du
Seigneur lui-même. C'est pourquoi l'ordination des femmes n'est pas possible.
»

L'ordination des femmes comme diacre, prêtre ou évêque est ainsi interdite et considérée
comme impossible par l'Eglise, avançant comme explication qu'il s'agit d'une pratique
inconnue dans l'histoire et la tradition de l'Eglise. Elle est liée par le choix que le Christ

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fit en choisissant comme Apôtres uniquement des hommes. Mais le Christ, par quelle Loi
de son Père était-il lui-même lié pour orienter ainsi son choix? L'homme et la femme
n'ont-ils pas été créés égaux? Alors qu'est-ce qui fait que l'âme de l'homme peut accéder à
la prêtrise et non pas celle de la femme?

Si actuellement l'Eglise n'a pas ce pouvoir, qui aura alors l'autorité de la lui donner
éventuellement si la volonté de Dieu le permet?

« Il dominera sur toi »

Le livre de la Genèse précise les conséquences du péché originel. Il montre entre autre le
déséquilibre qui s'est introduit dans les rapports entre l'homme et la femme, rapports dans
lesquels originellement la dignité de chacune des deux personnes se trouvait à être égale.

Le passage biblique des paroles adressées à la femme : « Ta convoitise te poussera vers


ton mari et lui dominera sur toi »22 témoigne désormais d'une rupture et d'un déséquilibre
affectant la relation entre les deux. L'éclat de leur l'âme créé à l'image et la ressemblance
de Dieu semble dès lors avoir diminué, menaçant par le fait même l'unité qu'il avait entre
eux. Mais cette menace apparaît plus grave pour la femme. Elle serait plus grave à cause
d'Eve qui fut la porte d'entrée de Satan dans le monde. Douée pourtant d'une science
proportionnelle à son état, et par conséquent consciente de la valeur de la prudence, elle
se laissa quand même tenter par le Serpent désirant connaître ce que Dieu seul connaissait
et de lui devenir semblable. Elle cueilla donc le fruit défendu et en mangea. Et une fois
tentée, elle devient tentatrice par surcroît. Passant du service de Dieu à celui de Satan,
elle oublie les paroles de Dieu pour répéter à son compagnon celles de Satan, l'entraînant
lui aussi à voler le droit de Dieu. C'est toute seule qu'elle a commencé le péché. Elle le
porta à son terme avec son compagnon. Voilà pourquoi il pèse une plus lourde
condamnation sur la femme. C'est par son intermédiaire que l'homme est devenu rebelle à
Dieu et qu'il a connu, comme nous le verrons au chapitre suivant, la luxure et la mort.

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Cette « domination » vient donc malheureusement perturber l'égalité entre l'homme et la


femme, et cela surtout au détriment de la femme. Cette perte de dignité qui semble plus
grande pour la femme, diminue aussi la vraie dignité de l'homme.

Cette affirmation du passage 3,16 de la Genèse a une portée significative. Elle fait
référence au rapport entre l'homme et la femme dans le mariage. La femme ne peut
évidemment devenir un objet de domination et de possession pour l'homme. Et dans les
cas où l'homme se rendrait responsable d'une offense faite à la dignité et la vocation de la
femme, il agirait contre sa propre dignité personnelle et contre sa propre vocation. Le
passage biblique concerne plutôt directement le péché originel et ses conséquences
durables chez l'homme et la femme. Si ce passage se réfère directement au mariage, il
s'étend aussi indirectement dans les autres domaines où situations dans lesquelles la
femme est désavantagée ou l'objet de discrimination par le seul fait d'être une femme.

Le choix que fit le Christ en sélectionnant uniquement des hommes pour recevoir le
sacrement de l'Ordre est-il le résultat d'un choix personnel ou encore dû au fait que seule
l'âme de l'homme aurait été conçue pour assumer ce rôle? Ou bien est-ce plutôt la
conséquence de ce jugement prononcé par Dieu qui pèse sur la femme à cause de la faute
d'Eve? Cette domination de l'homme sur la femme aurait-elle eu des répercussions
jusqu'au choix du sexe pour l'ordination? Dans une telle perspective, le Christ n'aurait pu
alors agir contre le jugement de son Père et son choix devait se limiter à ne choisir que
des hommes. Car si seule l'âme de l'homme avait été créée pour le sacerdoce, il serait
incohérent de penser que la Vierge Marie puisse avoir été prêtre. Marie put être prêtre car
sur elle ne pesait pas la condamnation commune qui touche tous les fils d'Adam. Ce
dernier point sera davantage analysé dans le prochain chapitre.

Le livre de la Genèse raconte comment le mal est entré dans le monde avec ses
conséquences qui depuis lors pèsent sur tout le genre humain. En même temps il contient
la première annonce de la victoire sur le mal, sur le péché, dans le passage que nous
lisons dans Genèse 3,15 appelées habituellement Protévangile : « Je mettrai une hostilité
entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au

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talon. » Ce verset est le premier passage biblique où Dieu fait l'annonce d'un rédempteur.
Et il est significatif que cette annonce contenue dans ces paroles concerne la femme.
Celle-ci est nommée à la première place dans le Protévangile, comme ancêtre de celui qui
sera le rédempteur de l'homme.23

Comme nous l'avons vu dans un chapitre précédent, la femme désignée dans le


Protévangile est Marie et elle est inscrite dans la perspective de la rédemption. Au
commencement Eve était « la mère de tous les vivants ».24 Avec le passage du
Protévangile, la comparaison entre Eve et Marie doit maintenant se comprendre dans le
sens que Marie assume en elle-même et fait sien dès lors le mystère de la femme. Marie
est « le nouveau commencement » de la dignité et de la vocation de la femme,25 de toutes
les femmes et de chacune d'entre elles.

Alors Marie, qui serait la seule et unique femme dans l'Eglise à être reconnu par Dieu
comme ayant été ordonnée prêtre, pourrait possiblement être considérée comme non
seulement la rédemptrice des enfants des femmes mais aussi de la femme elle-même.26
Ce qui avait été perdu et profané par Eve devait être gagné et sanctifié par la Vierge
Marie au travers de sa parfaite obéissance et humilité. Comme Corédemptrice sur le
Calvaire, Marie gagne le rachat de tous les enfants des femmes par la Rédemption et le
Sacrifice de Jésus. Sur la Calvaire Marie est, en cette heure-là, la Femme. La Femme qui
rassemblait en elle toutes les souffrances de la femme, souffrances causées par la faute de
la première d'entre elles. Marie devait les expier comme Jésus qui avait rassemblé en lui
toutes les souffrances de l'homme pour pouvoir les expier. En cette heure-là, Marie a tout
enduré comme aucune autre de ses soeurs du même sexe. Tout sauf les souffrances
physiques et les douleurs de l'enfantement car la faute et la malédiction d'Eve n'étaient
pas en elle. C'est pourquoi Marie peut être considérée comme étant la rédemptrice de la
femme, de toutes les femmes. Mais pour redonner entièrement toute la dignité à la
femme, il reste encore un acte à accomplir par la Vierge, soit celui mentionné par le
Protévangile qui consiste à écraser la tête de l'Adversaire. Lorsque finalement Marie aura
écrasé la tête de Satan et que celui-ci sera sorti de ce monde, toutes les conséquences de
la faute commise par Eve seront effacées, rétablissant du même coup toute la dignité à la

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femme. Elle ne sera plus alors soumise à l'homme et l'homme ne dominera plus sur elle.
Les deux seront de nouveau égaux car l'unité entre eux aura retrouvé son équilibre
originel.

La question maintenant est de savoir si l'ordination des femmes sera alors enfin permise
par Dieu lorsqu'elles auront retrouvé leur entière dignité par les mérites de la Vierge
Marie.

Jésus-Christ, Homme-Dieu et Grand Prêtre, vainqueur du péché et de la mort, s'est choisi


un peuple de prêtres parmi les hommes. Est-ce que la Femme victorieuse pourra à son
tour, lorsque sa victoire sur Satan sera concrétisée, et par le pouvoir qu'elle détient elle-
même en tant que prêtresse, ouvrir finalement la porte à la prêtrise chez la femme?
Aucune information révélée cependant ne permet de présager pour l'instant un tel
dénouement. Mais c'est toutefois une hypothèse qui n'est pas à rejeter.

Bien des théologiens et des auteurs spirituels ont déclaré que le sexe de Marie ne
constituait pas un obstacle à ce qu'elle soit prêtre. Mais si Marie fut prêtre, il n'est pas
permis d'en conclure pour autant que toutes les femmes peuvent l'être. Même si
l'hypothèse avancée peut paraître plausible, le statut particulier de Marie dans le Plan du
Salut de Dieu pourrait être à l'origine de ce cas unique dans l'histoire de femme prêtre
dans l'Eglise. A ce propos, H. Oswald apportent quelques commentaires intéressants :

« Marie est prêtresse car elle a été la représentante de son sexe dans l’oeuvre
de la rédemption — en totale dépendance avec la représentation universelle
du Christ. Toutefois le sacerdoce de Marie est limité à sa personne. Il n’y a
personne pour lui succéder et assurer sa tâche spéciale... C’est par
conséquent le prêtre homme qui, par son ordination, a reçu la part de Marie.
Mais de toute évidence il l’a reçue en faveur de toutes les femmes, plutôt que
pour son propre avantage. En un mot, ce lien affecte le sacerdoce ainsi que le
prêtre, le représentant et le ministre du Christ, et aussi pareillement et en
même temps ministre de Marie, instrument de Marie pour son sexe. Ainsi,

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dans une perspective mariologique, l’on perçoit sous un jour nouveau la


dignité et la signification du sacerdoce. »27

Le Vatican s'est toujours opposé à l'ordination des femmes. Et c'était la bonne attitude à
adopter si on en croit entre autre les raisons avancées par le Pape Jean-Paul II et les
diverses révélations mystiques citées précédemment. Ce qui est probablement dommage
cependant est le fait que le Vatican ait voulu cesser également la reconnaissance de Marie
en tant que prêtresse.

Le débat au sujet du sacerdoce de Marie a connu sa fin au début du 20e siècle. Alors
qu’en 1903 le Pape Léon XIII avait accepté et approuvé un tableau de Marie en habits
sacerdotaux, le Saint-Office a interdit en 1913 de peindre Marie en prêtre. Les images de
Marie revêtue d'ornements sacerdotaux furent alors interdites. Aussi, en 1907 le Pape Pie
X avait accordé 300 jours d’indulgence à la prière : « Marie, Vierge Prêtre, priez pour
nous ». Mais en 1926 le Saint-Office déclara que la dévotion à Marie Prêtre « n’est pas
approuvée et ne peut être répandue ». Ainsi fut proscrite, sous le règne du Pape Pie XI, la
dévotion à Marie Prêtre.

L’histoire de l’Eglise rappelle pourtant que lors de la définition dogmatique de


l’Immaculée Conception de Marie en 1854, celle-ci avait souvent été motivée par le fait
que la Sainte Vierge était prêtre. Il n'était pas rare en effet de voir la tradition lui
appliquer le verset de Hébreux 7,26 : « Et tel est bien le grand prêtre qui nous convenait,
saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux. » Se référant à
ce passage biblique, Jacques Biroat, prieur bénédictin, écrivait en 1666 que « le
raisonnement de saint Paul se rapporte à la mère du Christ. Elle partage le sacerdoce de
son fils et est à l’origine de notre réconciliation avec Dieu. Par conséquent, elle devait
être complètement innocente et séparée des pécheurs. Elle devait être préservée du péché
originel. » La Conception Immaculée de Marie lui permettait effectivement de pouvoir
devenir un prêtre sans tache.

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1
Luc 2,22-35
2
Hébreux 5,1; 8,6; 9,15; 12,24.
3
Théodore le Studite, 826 après J.C.
4
Jean 19, 25
5
Cardinal Wiseman, Sermons, New York 1866, page 364.
6
Père Marie-Dominique Philippe, « L'Etoile du matin, Entretiens sur la Vierge Marie »,
Editions Le Sarment Fayard, pages 82 et 215.
7
Jean-Jacques Olier, 1608-1657, Journée chrétienne, Paris, vol. 2, col. 233.
8
Ippolito Marracci, Sacerdotium Mysticum Marianum, env. 1647, passim.
9
F. Maupied, Orateurs Sacrés, Paris 1866, vol. 86, page 228.
10
Hubert Lebon, Marie, mère admirable, Paris 1861, page 98.
11
Maria Valtorta, « Les cahiers de 1943 », Centro Editoriale Valtortiano, 2002, page 280.
12
Maria Valtorta, « Leçons sur l'épître de Saint Paul aux Romains », Centro Editoriale
Valtortiano, 1999, page 98.
13
« Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles », Editions du Parvis, Tome I,
message du 28 juillet 1975, page 21.
14
Jean 19, 25
15
Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 2, page 332.
16
« Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles », Editions du Parvis, Tome II,
message du 7 janvier 1976, page 95.
17
Le Droit canon énonce au can. 1024 : « Seul un homme baptisé reçoit validement
l'ordination sacrée. »
18
« Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles », Editions du Parvis, Tome IV,
message du 23 novembre 1976, page 32.
19
Soeur Beghe, « Dieu et les hommes », Editions Résiac, 1994, page 100.
20
S’adressant aux baptisés comme à des « enfants nouveau-nés », l’apôtre Pierre écrit : «
Approchez-vous de lui, la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie, précieuse
auprès de Dieu. Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l'édification d'un
édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d'offrir des sacrifices spirituels,
agréables à Dieu par Jésus Christ. » (1 P 2,4-5) « Mais vous, vous êtes une race élue, un
sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de

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Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1 P 2,9) La
participation des chrétiens à la triple fonction de Jésus Prêtre, Prophète et Roi, trouve
d’abord sa racine dans l’onction du Baptême, puis son développement dans la
Confirmation et son achèvement et son soutien dans l’Eucharistie.
21
Vassula, « La vrai vie en Dieu, Supplément 4 », Editions F.-X. de Guibert, 1993, page
22.
22
Genèse 3,16
23
Saint Irénée, « Contre les hérésies »; Saint Epiphane; Saint Augustin.
24
Genèse 3,20
25
Saint Ambroise, De Instit. Virg., V, 33 : PL 16, 313.
26
Dans Maria Valtorta, « Les cahiers de 1943 », page 279, Jésus lui dicte comme
message : « Bénie soit la Rédemptrice de la femme et des enfants des femmes, qui annule
Eve et s'insère à sa place pour porter le fruit de la vie là où l'Ennemi a semé la mort. »
27
H. Oswald, Dogmatische Mariologie, Paderborn 1850, page 198.

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Chapitre 7
L'Immaculée Conception

L'Immaculée Conception de la Vierge Marie est un dogme de l'Eglise Catholique, défini


le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus, neuf mois avant la
fête de la nativité de la Vierge.

« Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine selon laquelle la


bienheureuse Vierge Marie fut dès le premier instant de sa Conception, par
une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de
Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute
souillure de la faute originelle, est révélée de Dieu, et que par conséquent elle
doit être crue formellement et constamment par tous les fidèles. »1

Selon ce dogme de l'Immaculée Conception, Marie aurait été conçue de façon tout à fait
ordinaire par ses parents, Anne et Joachim, descendants du roi David par la tribu de Juda,
mais son âme aurait été dès la conception préservée de la souillure du péché originel qui
frappe les descendants d'Adam et Eve. Marie serait donc vierge (ce qui est admis par
l'Eglise depuis le 3e siècle) mais aussi sans péché et sans tâche, c'est-à-dire immaculée.
Elle est ainsi la première-née qui devait concevoir le premier-né de toute créature.

Le dogme de l'Immaculée Conception n'affirme pas que Marie ait échappé au besoin de
rédemption et de salut, qui concerne toute l'humanité. Elle appartient au peuple des
rachetés, étant elle-même la première rachetée. Mais elle n'a pas été rachetée au sens
commun du terme, puisqu'elle n'a jamais péché. Le dogme mentionne en effet qu'elle fut
préservée dès le premier instant de la conception.2 Le salut prend donc chez elle, non la
forme de la guérison ou de la purification, mais celle de la préservation.

Tout comme l'Assomption, l'Immaculée Conception n'est mentionnée dans aucun texte
canonique des Eglises chrétiennes. Encore une fois, l'origine de cette croyance provient
d'un texte apocryphe datant du 2e siècle, soit le Protévangile de Jacques qui était aussi

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appelé dans l'antiquité chrétienne Nativité de Marie. Comme les parents de la Vierge,
Anne et Joachim, ne peuvent avoir d'enfant un ange leur apparaît leur annonçant une
naissance miraculeuse. Sept mois plus tard, Marie vient au monde.

Quatre ans après la proclamation de ce dogme, soit le 11 février 1858 à Lourdes, la


Vierge déclare qu'elle est l'Immaculée Conception lors d'une apparition à Bernadette. Et
depuis ce temps, non seulement ce terme est employé pour personnifier la Sainte Vierge
mais aussi de nombreuses révélations privées de Jésus et de Marie ont traité de ce sujet.

Précision sur le terme Immaculée Conception

Le mot conception indique que Marie n'est pas éternelle, qu'elle a eu un commencement.
Le mot immaculée indique que dès le commencement de son existence, il ne s'est pas
trouvé en elle le moindre éloignement de la volonté de Dieu. L'Immaculée se trouve ainsi
à être la créature la plus élevée parmi toutes les créatures, la plus parfaite. Lors de son
apparition à Lourdes, Marie ne dit pas « Je suis conçue immaculée », mais bien « Je suis
l'Immaculée Conception ». Par là se précise non seulement le fait de sa conception
immaculée, mais aussi le mode par lequel ce privilège est sien et appartenant à sa nature.

Tel le dogme de l'Immaculée Conception est formulé, il semble établir une relation
directe entre le terme immaculé et le fait que Marie fut conçue sans péché et sans tache.
Autrement dit, la conception serait qualifiée d'immaculée car on n'y retrouverait aucune
souillure du péché originel. A ce titre la création d'Adam et Eve pourrait également être
qualifiée d'immaculée puisqu’ils furent conçus eux-aussi parfaits et sans tache. Pour que
la conception d’une âme soit dite immaculée il est conséquent de penser que celle-ci soit
créée pure et sans tache. Mais une telle conception préservée de la souillure du péché
originel est-elle suffisante pour la qualifier d'immaculée?

Certains messages de Jésus et de Marie reçus par J.N.S.R. au début du siècle sont venus
tenter d'éclaircir ce mystère de l'Immaculée Conception. Dans le message daté du 23 juin
2003 est dévoilé ce que la messagère appelle le Secret de Marie :

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« Elle est, en Vérité, l'Immaculée Conception. Pour que le sein d'Anne puisse
porter cette sainte enfant, Dieu Lui-même le purifia; et le sein d'Anne fut lavé
de la Faute Originelle. Ainsi Marie fut conçue sans péché. Et si Sa
Conception fut Immaculée, c'est qu'elle ne pouvait être conçue d'un homme.
Sainte Anne, restée stérile jusque l’à, a été préparée pour recevoir la Toute-
Pure conçue du Saint Esprit qui est Dieu. A la différence de Ma Conception
Divine, c'est que Je suis né d'une Vierge et que Marie naquit d'Anne qui
n'était pas vierge. »3

Si cette révélation est juste, alors pour que le dogme du Pape Pie IX soit complet, il serait
nécessaire d'y rajouter quelque part dans le texte la mention « conçue de l'Esprit Saint ».

Suite à la divulgation de cette révélation, certains commentateurs ont conclu que Marie
aurait donc été conçue par l'Esprit Saint en Anne exactement comme Jésus l'a été lui-
même en Marie. Pourtant ce n'est pas exactement ce que dit le message. Il mentionne
bien que Marie fut conçue par l'Esprit Saint afin qu'elle puisse être Immaculée, mais la
mention qu'Anne ne serait pas demeurée vierge n'est pas à négliger. C'est une nuance qui
a son importance comme on le verra un peu plus loin.

Les théologiens se prononcent

Il fallait s'y attendre, cette révélation fut fortement critiquée au sein de l'Eglise. Pour
plusieurs prêtres et théologiens, l’affirmation « Marie a été conçue du Saint Esprit » est
une erreur théologique grave, manifestement contraire à la tradition et à l’enseignement
de l’Eglise. Dieu ne pourrait demander d'accepter par la foi ou par la raison, des choses
qui viendraient contredire des vérités de la Foi Catholique ou encore s'excluent l'une
l'autre. Pour eux, la conception du Saint Esprit, appelée conception virginale, est le
privilège exclusif du Christ. La « conception virginale » qualifie les modalités
particulières de la conception et de la naissance de Jésus. Conçu virginalement signifie
que le Christ s'incarne dans le sein de la Vierge par la simple opération de l'Esprit Saint et

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qu'il est enfanté par celle-ci sans que sa virginité n'en souffre. Miracle que les théologiens
qualifieront de virginité avant, pendant et après l'accouchement.

Le caractère virginal de la conception de Jésus est explicitement affirmée par la réponse


de l'ange à la question que Marie lui a posée : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la
puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre »4, et par la parole de l'ange à Joseph
: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme: car ce qui a
été engendré en elle vient de l'Esprit Saint. »5 Et Matthieu précise en écrivant : « Or tout
ceci advint pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : Voici que la vierge
concevra et enfantera un fils. »6 La conception virginale implique essentiellement non
seulement l'absence de toute union sexuelle, mais encore une action spéciale, directe,
miraculeuse de Dieu.

Cette idée que Marie aurait été conçue par l'Esprit Saint n'est pourtant pas nouvelle.
Eugène Vintras, un ouvrier de Tilly-sur-Seulles du diocèse de Bayeux, disait avoir reçu
des messages de l'archange Saint Michel, entre le 6 août 1839 et le 10 juin 1840. Vintras
publia en 1841 un Opuscule sur les communications annonçant l'Oeuvre de la
Miséricorde, qui fut fermement condamné le 8 novembre 1841 par Mgr Robin, évêque de
Bayeux, puis ensuite condamnation sévèrement confirmée par le Pape Grégoire XVI dans
un Bref du 8 novembre 1843 après une année d'enquête approfondie, puis par le Pape Pie
IX, le Pape de l'Immaculée, dans un Bref du 10 février 1851, tout ça parce que les
révélations faisaient état d'une conception virginale de Marie en Sainte Anne, « erreur
déjà réprouvée au 4e siècle » disait le texte. Et Vintras ajoutait de plus deux autres
affirmations, soit la préexistence de la Vierge avant sa naissance sur terre et qu'elle était
aussi complètement soustraite de la loi universelle de rédemption des fils d'Adam par
Jésus-Christ.

L'un des arguments avancés par les théologiens qui sont contre cette révélation, est tiré à
même l'énoncé du dogme de l'Immaculée Conception où il est écrit que c'est par une pure
grâce de Dieu qu'elle fut conçue et préservée immaculée.7

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Autrement dit, si Marie était conçue du Saint Esprit, le caractère immaculé de sa


conception serait une conséquence naturelle et non une grâce, car la conception du Saint
Esprit est immaculée naturellement, et son fruit ne peut être qu'immaculé.

Marie serait alors immaculée nécessairement et elle serait ainsi exempte du péché par
nature et non par grâce. Elle n'aurait pas eu besoin d'une grâce spéciale, même de
préservation, pour être immaculée. Et finalement elle n'aurait pas eu besoin non plus pour
elle-même de la Rédemption par la Croix de Jésus-Christ.

Marie pouvait par nature être touchée par le péché originel, mais par grâce elle ne l'a pas
été. Et elle ne devait pas l'être non plus par la grâce de préservation de son immaculée
conception puisqu'elle était prédestinée à être la Mère de Dieu. L'Eglise enseigne donc,
par sa Liturgie et son Magistère, que Marie aussi est un fruit de la Rédemption, le fruit le
plus merveilleux du Coeur ouvert de Jésus en Croix.

« Tu l'as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton
Fils... »8

« Le Seigneur a réellement racheté sa Mère, et de la façon la plus parfaite. »9

« L'Immaculée Conception de Marie est le premier fruit de la Rédemption


réalisée par le Christ. »10

Jésus a sauvé Marie, et elle le chante dans son Magnificat : « mon esprit exulte en Dieu
mon Sauveur. »11

La conclusion pour les théologiens est donc : ce qui fait que Marie est Immaculée n'est
pas dû à une conception du Saint Esprit, comme les révélations de J.N.S.R. le
mentionnent, mais à la Croix et au Sang de Jésus, comme l'enseigne l'Eglise. La
conception par le Saint Esprit de Jésus en Marie est unique au Christ.

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Propos confirmant les théologiens

Certains témoignages de la Tradition et quelques révélations mystiques semblent soutenir


cette thèse des théologiens, à savoir qu’Anne et Joachim se sont unis pour concevoir
Marie.

Marie « a été donnée à Anne du fait de Joachim... Elle n'est point née en
dehors des règles de la nature mais, comme toute créature humaine, de la
semence d'un homme et du sein d'une femme. »12

« La Vierge n'a pas été conçue en sa mère de la même façon que le Christ a
été conçu en Elle. »13

La Vierge « fut conçue de l'union d'un homme et d'une femme. »14

La Sainte Vierge dit à Sainte Brigitte que « jamais il ne se rencontrera de


mariage aussi chaste que celui de ses parents... Toute volupté était morte en
eux. Sur la parole de l'ange leur annonçant ma naissance, ils s'unirent par
amour pour Dieu; et c'est ainsi que de leur semence ma chair a été formée
par la divine Charité. »15

« Joachim et Anne engendrèrent cet enfant qui devait être la Mère de Dieu
d'une manière vraiment merveilleuse. Tout s'y passa selon l'ordre commun des
autres conceptions, néanmoins la vertu du Très-Haut ôta à celle-ci ce qu'il y
avait d'imparfait et de désordonné, ne lui laissant que le pur nécessaire, selon
les lois de la nature... La grâce éloigna entièrement des saints Parents toute
sorte de sensualité et l'aiguillon du péché originel n'y eut aucune part. »16

« N'oublions point que si Marie nous a donné le Froment des Cieux, c'est à
Joachim que nous devons Marie elle-même... Père de Marie, nous vous
rendons grâces: toute créature vous est redevable, depuis que le Créateur

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Lui-même a voulu vous devoir Celle dont Il avait résolu de naître pour nous
sauver. »17

« Il me fut montré que la conception de Marie avait été aussi pure, par la
grâce, que l'eût été, sans la chute originelle, toute conception humaine... La
Sainte Vierge fut engendrée dans une pureté parfaite et sous l'unique
impulsion de la sainte obéissance; dans la ferveur qui les animait, sans un
ordre envoyé d'En-Haut, Joachim et Anne auraient gardé une inviolable
continence. »18

« Considère comment le fait de porter en son sein une créature exempte de la


tache qui prive de Dieu, puisse donner à la mère qui l'a seulement conçue
naturellement, humainement, une intelligence supérieure... »19

D'autre part, la célébration Eucharistique commémore le fait que Jésus a donné son corps
et son sang pour la multitude en vue de notre Rédemption. Par la consécration du pain et
du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du
Christ et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Ce changement,
l'Eglise Catholique l'a appelé transsubstantiation.20 C'est la présence réelle du Christ, en
son corps et son sang, sous les espèces du pain et du vin. Les Pères de l'Eglise et certaines
révélations mystiques ont fait remarquer que de même que les espèces du pain et du vin
sont le corps et le sang de Jésus, de même ils pourraient être aussi bien le corps et le sang
de Marie car celle-ci n'a pas connu21 d'homme pour concevoir Jésus.22 La chair de Jésus
est entièrement issue de la chair de Marie. Jamais il ne fut dit qu'elle était également
entièrement issue de la chair d'Anne.

Dans les visions de Maria Valtorta, il est précisé cependant que Anne n'a jamais senti les
douleurs de la grossesse comme les autres femmes, ni connu les douleurs de
l'enfantement à la naissance de Marie. Selon la Genèse, ce phénomène de douleur à
l'enfantement est relié au péché originel. Le fait que Anne ne l'ait point ressenti
confirmerait ce que dit le message de J.N.S.R., à savoir que Dieu aurait purifié (lavé de la

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Faute Originelle) le sein d'Anne pour qu'elle puisse porter Marie. Si ce fait explique
pourquoi Marie fut conçue sans péché, il n'expliquerait pas sa Conception Immaculée par
l'opération de l'Esprit Saint.

La problématique

Comment expliquer une conception de Marie par l'Esprit Saint si Anne s’est unie avec
Joachim pour la concevoir? Avec ce genre de question, il est plus facile de croire que de
savoir. Ce « croire » est somme toute assez simple. Le « savoir » est autrement plus
complexe. Le but ici n'est pas de déterminer qui a tort ou qui a raison entre les
théologiens de l'Eglise et les révélations privées de certains mystiques. Rejeter
gratuitement d'un revers de la main un texte ou une notion contraire à nos convictions ou
nos croyances n'est pas faire preuve d'objectivité et démontre un manque de rigueur et
d'esprit d'analyse. La clé de la compréhension se trouve souvent dans la mise en parallèle
de tous ces textes.

Rien n'empêche d'essayer de comprendre le mystère qui s'y cache en nous penchant tant
soit peu sur les interrogations qui se posent d'elles-mêmes. Il ne s'agit pas de chercher à
obtenir des réponses définitives dans un domaine aussi complexe. Il est seulement juste
d'approfondir la réflexion.

Ce qu'on appelle communément « la foi du charbonnier » a sa beauté en raison de la


candeur à laquelle elle fait allusion. Mais il y a parfois des situations où elle doit être
dépassée surtout lorsqu'elle semble légitimiser l'ignorance, terrain idéal sur lequel les
mensonges se sèment et s'entretiennent.

Il y a parfois des informations révélées qui nous invite à élargir notre compréhension et
donc à modifier éventuellement nos points de vues. Cela exige évidemment de notre part
une prise d'altitude. Nos certitudes sont ébranlées, nous sommes troublés et nous
connaissons une sorte de vertige sur le plan cérébral comme sur la plan spirituel. On peut
alors faire demi-tour et redescendre là où tout redevient rassurant. Mais on peut aussi

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faire une pause pour digérer (en réflexion) les nouvelles informations reçues avant de
poursuivre la montée en altitude.

Il me semble que la sagesse plaide pour cette dernière solution si tant est que l'on soit
doté d'une réelle volonté de ne pas végéter.

Le dépôt sacré

Pour ajouter à la difficulté de comprendre le tout, un autre élément de mystère sur la


conception de Marie nous est donné par la célèbre mystique allemande Anne-Catherine
Emmerick au 18e siècle. Mais ce nouvel élément est peut-être aussi la clé qui nous
manquait pour nous aider à démystifier ce mystère. Celle-ci fait allusion dans ses visions
à un dépôt sacré, issu d'aussi loin que du paradis terrestre au temps d'Adam et Eve qui se
serait transmis de génération en génération, pour finalement aboutir mystérieusement
chez Anne et Joachim et qui aurait servi à la conception de Marie.23

Ce dépôt sacré, la mystique le définit comme étant quelque chose qui à l'origine est sorti
directement de la Sainte Trinité, une bénédiction, un germe divin donné initialement à
Adam :

« Je vis quelque chose, issu de Dieu, qui passa parmi tous les choeurs
angéliques et pénétra dans l'ostensoir : c'était un don sacré, étincelant, qui se
précisait au fur et à mesure qu'il se rapprochait. Il m'apparut comme le germe
de la bénédiction divine, destiné à une croissance très pure; donné par Dieu à
Adam, il lui fut retiré au moment où l'homme allait écouter Eve et acquiescer
à son désir de cueillir le fruit défendu : c'est la bénédiction qu'Abraham reçut
de nouveau, qui fut reprise à Jacob et de nouveau confié à Moïse, dans
l'Arche d'Alliance, d'où Joachim, le père de Marie, la reçut finalement, si bien
que Marie fut conçue aussi pure et immaculée qu'Eve, lorsque celle-ci fut
tirée du côté d'Adam endormi. »24

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Ce « quelque chose », ce don sacré issu de Dieu, Anne-Catherine Emmerick le décrit


dans d'autres passages comme une apparition se produisant devant la Très Sainte Trinité
comme l'haleine qui se condense devant la bouche en une petite vapeur, tel un souffle qui
se forme à l'écart de la bouche.25 Et c'est à partir ce don sacré que naîtra Marie. Cette
description n'est pas sans rappeler le texte que l'Eglise, depuis longtemps, applique à
Marie : « Je suis issue de la bouche du Très-Haut et comme une vapeur j'ai couvert la
terre. »26

Toujours selon la voyante, Dieu aurait donné ce don sacré à Adam après la création
d'Eve. Ce don était en lui, comme une bénédiction reçue de Dieu. Mais :

« cette bénédiction fut retirée à Adam à cause de l'usage qu'il fit du fruit
défendu, car je vis le Seigneur passer derrière Adam lorsque celui-ci quitta sa
colline pour rejoindre Eve et lui retirer quelque chose; et il me sembla que le
Salut du monde devait sortir de ce que Dieu avait repris à Adam. »27

Non seulement ce don sacré ou cette bénédiction serait relié au Salut du monde, mais la
voyante renchérit en affirmant que ce dépôt sacré ne serait nul autre que le germe de celle
qui un jour allait devenir la Vierge Marie.

« Mais je vis également la seconde Personne de la Divinité descendre vers


Adam et lui retirer la bénédiction divine, avec une lame recourbée, avant qu'il
consentît au péché. Au même moment, je vis la Vierge Marie sortir du côté
d'Adam, comme une petite nuée lumineuse qui s'éleva vers Dieu. »28

Ce dépôt sacré que Dieu avait retranché d'Adam se transmettra plus tard d'aîné en aîné
sous la forme de la bénédiction paternelle au fils aîné. Cette coutume était même devenue
au fil du temps une tradition pour tout le peuple juif.

« J'ai vu Noé et son sacrifice, au cours duquel il reçut la bénédiction de Dieu.


J'ai eu ensuite des visions sur Abraham, sur sa bénédiction, sur l'annonce

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d'Isaac. J'ai vu cette bénédiction se transmettre d'aîné en aîné, toujours sous


la forme d'un sacrement. »29

A d'autres moments le dépôt sacré était transporté dans l'Arche d'Alliance.

« Avant l'Exode d'Egypte, Moïse reçut de nouveau ce dépôt sacré qui, ayant
été autrefois un secret de famille, devint alors le mystère du Peuple entier. Il
prit place dans l'Arche d'Alliance, comme le très Saint Sacrement dans le
tabernacle et dans l'ostensoir. »30

Cette histoire de bénédiction, de dépôt sacré, se transmettant de génération en génération,


Anne-Catherine Emmerick ne serait pas la seule en avoir parlé. Dans le livre appelé
Sohar ou Zohar, « Le Livre de la Splendeur », qui est le plus célèbre de tous les Codex
mystiques Hébreux de la Kabalah et qui fut rédigé au 2e siècle de l'ère chrétienne, mais
qui contient des parties beaucoup plus anciennes, on retrouve des passages qui sont
semblables presque mot pour mot aux explications données par la voyante concernant
cette bénédiction et le mystère entourant l'ancienne Arche d'Alliance.31 Dans le Coran
également on retrouve un passage où Adam accepte de supporter le dépôt divin : « Nous
avons proposé le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes; ils en ont été effrayés et
ont refusé de le porter alors que l'Homme s’en est chargé car il est violent et ignorant.
»32 Dans d'autres traductions du Coran les termes foi, dépôt de la foi, l'amen et
responsabilité sont utilisés au lieu du simple mot dépôt. Le Coran ne donne pas de détail
sur ce dépôt et l'interprétation de ce passage demeure obscure. Mais selon certains
commentateurs du Coran, ce dépôt serait quelque chose comme le secret de l'être de
Dieu. Cette interprétation n'est pas sans rappeler qu'initialement Marie était inconnue des
entités célestes, comme si elle était cachée en Dieu. Ce n'est qu'après la chute des anges
déchus que Dieu leur présenta Marie comme modèle de pureté et d'humilité, et que c'est
par elle que viendrait le Salut.

La forme de ce dépôt sacré est à tout le moins assez mystérieuse. Parfois il est matériel :

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« J'ai vu ce mystère, ce dépôt sacré sous forme particulière, dans une sorte de
voile, comme un contenu, un être, une force. Il était pain et vin, chair et sang,
c'était le germe de la bénédiction avant la faute originelle; c'était la présence
qui fut préservée dans la religion et qui rendit possible aux hommes la
constitution, par leur piété, d'une lignée se purifiant toujours plus et
s'épanouissant finalement en Marie, afin qu'elle conçût du Saint Esprit le
Messie si longtemps espéré. »33

Et d'autre fois il semblait plutôt être immatériel ou semi-matériel, spirituel pourrait-on


dire, passant directement d'un être à un autre lors de la bénédiction paternelle. Ce
mystérieux dépôt sacré (réalité matérielle) porteur de bénédiction (réalité spirituelle) était
un secret ou mystère (réalité mystique) transmis de génération en génération. La voyante
relate par exemple comment Isaac, porteur en lui du dépôt sacré, bénit Jacob :

« Mais lorsqu'Isaac bénit Jacob, ils étaient tous deux seuls; Jacob découvrit
sa poitrine et se tint devant son père; celui-ci traça de sa main la bénédiction
sur Jacob, du front à la base de l'estomac, puis de l'épaule droite et de
l'épaule gauche à ce même point. Il lui posa ensuite la main droite sur la tête
et la gauche sur le coeur; Jacob dut ensuite boire le contenu de la coupe,34 et
finalement, ce fut comme si Isaac lui transmettait tout, toute sa force et sa
puissance, en retirant de ses deux mains quelque chose de son propre corps et
en le déposant dans le corps de Jacob. Je sentis que c'était là ce qui
constituait sa force et sa bénédiction. (...) Lorsque la bénédiction fut achevée,
par la transmission du "dépôt sacré", je vis Isaac complètement épuisé à
cause de la transmission même et de la perte de cette force qui était en lui.
Par contre, je vis Jacob tout épanoui, devenu très vigoureux, plein de vie et de
vigueur. »35

Et finalement c'est Joachim qui le reçu d'un ange, possiblement le même ange dont il est
question dans le Protévangile de Jacques qui leur est apparu pour leur annoncer la
naissance miraculeuse de leur enfant, Marie. Anne-Catherine Emmerick raconte :

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« Joachim reçut d'un ange le dépôt mystérieux retiré de l'Arche d'Alliance. Et


c'est alors que Marie fut conçue sous la Porte Dorée du Temple et devint elle-
même, par sa naissance, l'Arche du Mystère. Et le dessein de Dieu fut
accompli, l'arche de bois dans le Temple se trouvait dès lors vidée de son
précieux dépôt. »36

La voyante mentionne aussi qu'Anne avait une bénédiction en elle, faisant penser à la
purification de son sein lavé par Dieu de la Faute Originelle, comme mentionné dans les
révélations de J.N.S.R. :

« Souvent aussi, j'ai vu le Grand Prêtre, lorsqu'il se trouvait seul dans le Saint
des Saints, qui utilisait le dépôt sacré, le tournant d'un côté ou de l'autre pour
produire une force, une protection, un arrêt, ou une bénédiction, un bienfait,
l'exaucement d'un voeu, un châtiment. Il ne tenait jamais ce précieux dépôt
dans ses mains nues. Il en touchait également de l'eau, pour des usages
sacrés, et faisait boire de cette eau comme bénédiction. (...) Emerentia, mère
de Sainte Anne, burent de cette eau. C'est par ce breuvage qu'Emerentia fut
préparé à concevoir Saint Anne. Anne elle-même ne but point de cette eau,
car la bénédiction était en elle. »37

La conception de Marie par l’Esprit Saint

D'un côté il y a donc Anne dont le sein fut purifié, lavé de la Faute Originelle. Et de
l'autre côté, il y a Joachim qui porte maintenant en lui ce dépôt sacré, Immaculée par
nature car sorti directement de la Sainte Trinité nous dit Anne-Catherine Emmerick. Et ce
dépôt sacré était le germe spirituel de celle qui allait devenir Marie. A leur union, ce
dépôt sacré se transfert de Joachim dans le sein d'Anne de la même manière que se
transférait la bénédiction paternelle sur le fils aîné de génération en génération. Le dépôt
sacré étant Immaculé, le sein d'Anne étant purifié, tous les éléments étaient en place pour
que Marie soit conçue sans péché et demeure Immaculée. Dans le sein d'Anne, le germe

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Immaculée de Dieu pouvait enfin s'épanouir et croître jusqu'à devenir celle qui allait être
nommée la Vierge Marie.

Le Saint Esprit n'aurait pas conçu l'esprit de Marie au moment de cette union entre Anne
et Joachim. Spirituellement, il l'avait déjà conçu Immaculée depuis fort longtemps, c'est-
à-dire au moment où elle sortit de la Sainte Trinité, probablement même avant qu'Adam
et Eve ne viennent.

La présence de l'Esprit Saint fut toutefois nécessaire au moment de l'union de Anne et


Joachim pour l'incarnation de Marie. Après le transfert de ce germe Immaculé, de ce
dépôt sacré, à partir de Joachim, dans le sein d'Anne, l'intervention de l'Esprit Saint aurait
été principalement de concevoir le corps de Marie à partir de ce dépôt sacré, et non pas à
partir du corps d'Anne. Ce n'est pas une conception virginale identique à celle que vécue
Marie pour concevoir Jésus-Christ où seule la chair de Marie servit à l'Esprit Saint pour
former la chair de Jésus. Il s'agit bien d'une conception de Marie par l'Esprit Saint dans le
sein d'Anne, mais non d'une conception virginale comme ce fut le cas pour Jésus avec
Marie. Car c'est à partir d'une matière externe au corps de Anne que le corps de Marie fut
formé en son sein, alors que le corps de Jésus fut conçu uniquement à partir de celui de
Marie.

Le corps d'Anne ne fut pas utilisé pour la conception de Marie et celui de Joachim ne le
fut pas non plus. L'apport de Joachim ne fut que de permettre le transfert du dépôt sacré
dans le sein d'Anne. Sa semence ne fut jamais mis en cause lors de leur union puisqu'il
n'y aurait pas eu d'accouplement sexuelle. Le corps d'Anne servit toutefois à nourrir le
corps de Marie pour sa croissance.

Pour naître et demeurée Immaculée, Marie ne pouvait être conçue de façon humaine,
sinon elle aurait hérité de la tare originelle. Il y eut bien une union entre Anne et Joachim
pour le transfert du dépôt sacré, mais une union exempt de toute sensualité précise Marie
d'Agréda.38

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Le Divin Potier, dans Sa Sainte Volonté, ne prit pas de l’argile comme Il le fit avec le
premier couple. Le corps de Marie fut formé uniquement à partir de ce dépôt sacré, de ce
germe Immaculé. Et Marie naquit ainsi Immaculée.

C'est ainsi que le germe Immaculée issu d'aussi loin que du paradis terrestre, et même
plus encore, de la Sainte Trinité, servit à l'incarnation de la Vierge Marie. Marie est la
Vie-même de Dieu, de cette Création achevée. Par l'Esprit Saint qui créa jadis son esprit
et qui plus tard forma son corps, Marie peut à juste titre être déclarée la Divine
Immaculée Conception.

Autres éléments explicatifs

La faute d'Adam et Eve entraîna l'esclavage de leur descendance aux désirs de leurs corps
à cause de la naissance du corps par le corps. Dieu n'avait pas prévu dans son Plan de la
création de l'humanité que l'homme et la femme donnent la vie de la même manière que
les êtres de la création animale. En procréant le premier descendant de la race humaine
d'une manière uniquement corporelle, ils réduisirent du même coup toute leur
descendance à cette forme de procréation, avec les conséquences qui en suivirent. L'âme
résiste difficilement aux désirs du corps. Elle ne le domine pas entièrement. L'homme est
ainsi plus enclin à pécher et il doit vivre maintenant avec cette faiblesse. Le baptême et
les sacrements effacent en nous cette tache originelle. Ils nous redonnent la grâce ainsi
que les principales vertus. Ils peuvent aussi effacer les péchés commis après l'âge de
raison. L'Eucharistie contribue également à nous communiquer la force même du Christ.
Mais l'héritage du péché originel continue à demeurer en nous avec toutes ses faiblesses.
Le péché d'Adam et Eve fut grave car ils ont voulu s'approprier du pouvoir créateur que
Dieu leur avait confié non pas à des fins personnelles mais pour qu'ils puissent s'en servir
en étroite collaboration avec la volonté divine. S'ils n'avaient pas essayé de voler à Dieu
le pouvoir de créer la matière corporelle, les hommes ne seraient pas dominés à leur
naissance par la concupiscence et l'attrait du plaisir des sens qui sont la vue, l'ouïe,
l'odorat, le toucher et le goût. Dieu bénit quand même cette forme de procréation
corporelle dans la fidélité conjugale à cause de l'impossibilité de l'homme et la femme de

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propager la race humaine autrement. Le mariage est bien une conséquence de la Faute
Originelle. Il est un état de pénitence qui exige le renoncement, la prière, le jeûne et dont
le but est l'accroissement du Royaume de Dieu. La procréation par l'homme et la femme
telle que désirée initialement par Dieu excluait l'acte charnel et la sensualité. Après la
création d'Eve, Dieu avait accordé à Adam la faculté de se reproduire dans la sainteté et
la pureté. Si ce n'eut été de la Faute de nos premiers parents, les enfants naîtraient sur ce
plan terrestre d'une manière différente nous dit Anne-Catherine Emmerick (et bien
d'autres révélations) dans ses écrits sans toutefois en donner explicitement les détails.

Afin que Marie soit exemptée de la Faute Originelle et qu'elle naisse pure et sans tache,
sa conception ne pouvait donc pas se produire par la procréation corporelle telle que nous
la connaissons actuellement. Sa conception devait se faire telle que Dieu l'avait désiré
initialement pour nous. Marie est donc née comme auraient dû naître tous les enfants de
la Terre sans la Faute Originelle.

Le sang qui est versé dans le calice à chaque messe est le même sang que Jésus reçu de
Marie, le même sang qu'Il a aussi versé au Calvaire, par lequel Dieu avait le dessein de
racheter l'homme du péché et de la Faute Originelle. Ce sang se devait donc d'être d'une
pureté parfaite, sans avoir de lien avec le sang issu de la procréation corporelle qui est à
l'origine de la Faute Originelle. Il faut que ce soit une chair et un sang indemnes du virus
mortel du péché originel qui se transmet génétiquement. Une chair et un sang purifiés de
cette contagion héréditaire qui, comme un microbe, souille le sang de l'humanité. Le
corps de Marie ne peut donc provenir d'une union charnelle entre Anne et Joachim. Tout
deux, aussi saints et aussi pures soient-ils, sont quand même fils et fille d'Adam, conçus
avec la tare du péché d’origine. Le dépôt sacré, germe de l'Immaculée, était déjà pain et
vin, chair et sang, prédestiné à former le corps de Marie et le corps de Jésus, en vue de
notre Rédemption.39 Le corps de Marie est ainsi préservé non seulement pour elle même
mais aussi pour l'Enfant à venir.

Jésus fut conçu par l'Esprit Saint dans le sein de Marie et non par la procréation
corporelle. Et c'est précisément à cause de cela que ne lui a pas été appliqué la

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condamnation « Tu retourneras en poussière »,40 commune à tous les coupables enfants


d'Adam. Par son Ascension, il est le premier-né des ressuscités avec sa chair. La Mère de
Dieu, n'ayant pas elle non plus été conçue par la procréation corporelle, n'est pas non plus
retournée en poussière, étant elle aussi exempte de cette condamnation commune parce
que sans tache. Il aurait été inconcevable aussi que la chair qui avait été l'Arche
d'Alliance du Verbe pour en faire l'Homme-Dieu, tombe en pourriture et en poussière.
Avec son Assomption, Marie est ainsi la première-née. Marie est donc « morte » comme
auraient dû « mourir » tous les enfants de la Terre sans la Faute Originelle. Cette mort
n'aurait pas été une mort mais plutôt une dormition.

La mission manquée du paradis terrestre

Le paradis terrestre était un lieu sur la terre qui avait été gardé intact et où les influences
du mal n'avaient aucune prise. Il était destiné à s'étendre et à prendre une étendue qui
éventuellement aurait fini par couvrir toute la surface de la terre. Les frontières du paradis
terrestre étaient défendues par des anges. Cette zone bénie était riche de plantes et de
végétation, et bien des animaux y avaient trouvé refuge. Ils étaient à l'abri des maladies et
des agressions et ils n'étaient pas possible aux animaux agressifs de pénétrer dans le
paradis puisque les anges protégeaient les frontières. Les animaux et la vie végétale se
partageaient le paradis dans une parfaite harmonie. Mais lorsque les anges furent chassés
du paradis terrestre à cause du péché, plus rien ne protégeait cette zone et tout finit par
être saccagé.41

Il n'y avait pas seulement que des animaux agressifs à l'extérieur du paradis terrestre.
Dans ses visions, Anne-Catherine Emmerick dit que la plus grosse difficulté que
rencontrèrent Adam et Eve en sortant du paradis fut les bandits. Il y avait donc des
femmes et des hommes méchants sur la terre quand vinrent Adam et Eve. Pour sa part le
célèbre médium américain Edgar Cayce, mort en 1945, dénombrait plusieurs centaines de
milliers de personnes sur la terre au moment où ils furent chassés du paradis terrestre.

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Des hommes et des femmes étaient donc déjà sur terre à leur arrivée et ce, depuis bien
longtemps. Un autre indice qui le laisse croire est que lorsque Caïn, après avoir tué Abel,
fut chassé du « sol fertile » d'Eden, la Genèse mentionne qu'il alla séjourner au pays de
Nod à l'orient d'Eden42 et qu'il devint alors un « constructeur de ville ».43 On construit des
villes et des maisons pour des hommes évidemment, et non pour des animaux,
démontrant bien que des hommes existaient déjà à l'extérieur de l'Eden. D'ailleurs on lit
également que Dieu mis un signe d'une tribu sur Caïn lors de son expulsion afin de le «
premier venu ne le tue pas »44, cela venant renforcir l'idée qu'il y avait déjà des hommes
sur terre.

Le rôle d'Adam et Eve étaient de voir à l'expansion du paradis terrestre. Ils étaient pour
ainsi dire de parfaits missionnaires venus pour sauver ces peuplades en leur annonçant le
Royaume de Dieu et la vie sainte pour y arriver. Ils avaient les talents et la science
nécessaire pour accomplir leur mission. Pour prendre une comparaison, ils devaient faire
la même chose que les missionnaires font depuis le début du christianisme: aller porter le
message de l'Evangile pour faire de tous les hommes de parfaits fils d'homme en même
temps que de parfaits fils de Dieu. Quand les missionnaires partent en mission dans des
pays moins développés, c'est pour leur enseigner le message de Dieu, mais aussi pour
faire avancer leur civilisation dans tous les domaines. Ils avaient comme mission celle
d'aider la race humaine à remonter de la condition de péché dans lesquelles ces peuplades
vivaient. Mais finalement la mission échoua.

Avant d'entreprendre leur grande aventure, Dieu permit qu'Adam et Eve furent mis à
l'épreuve. Et malheureusement, après avoir été séduit par le Tentateur, Adam et Eve
succombèrent et préférèrent goûter au fruit défendu plutôt que de respecter la consigne
qu'ils avaient reçue de Dieu. Il y eu bien union entre Adam et Eve mais ceux-ci choisirent
l'union corporelle au lieu d'une sainte union exempt de tout sensualité comme Dieu l'avait
désiré. Le fruit défendu dont il est question dans la Genèse n'est pas une pomme comme
la pensée populaire aime se l'imaginer mais bien l'accouplement sexuel comme on le
retrouve dans le règle animal. Leur relation fit qu'ils tombèrent dans l'animalité, au même
niveau que les autres hommes et femmes situés à l'extérieur de l'Eden. Désormais, les

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enfants seraient conçus et enfantés comme ceux des animaux. Et c'est de cette manière
qu'Eve donna naissance à Caïn et Abel. La mission manquée d'Adam et Eve fit de sorte
qu'il n'y avait plus espoir que le paradis terrestre corrige cette situation par l'étendu qu'elle
était supposée prendre. Cela eu comme conséquence d'empirer la condition du genre
humain dans le péché, les rendant plus faibles pour résister aux tentations de la chair. La
chute d'Adam et Eve peut être considérée comme une seconde chute, la première étant
celle de l'homme lui-même, de toutes ces peuplades qui étaient présentes sur la terre, sans
parler aussi de celle des anges déchus qui, selon certains auteurs, se serait possiblement
produite en même temps que ces hommes. Quelle que soit la forme qu’elle prend, la
chute correspond toujours à un rejet puis à l’oubli du Divin par la conscience incarnée.
Désormais la race humaine devenait comme un peuple d’êtres qui n’étaient plus animés
que par l’instinct animal, voués ainsi à la mort du corps et de l’âme.

S'ils avaient restés innocents et fidèles au Seigneur, Eve aurait enfanté sans douleur et
tous les deux auraient atteints leur destin final sans lutte ni fatigue. Pareillement pour
toute la descendance d'Adam, les douleurs n'auraient pas été nécessaires pour leur faire
atteindre leur but ultime: être un vrai fils de Dieu par le Christ qu'ils ont engendré en eux.
C'est en effet ce qu'est le chrétien accompli : un autre Christ. Le dépôt sacré dont Adam
était porteur aurait servi à la naissance de sa descendance.

Mais la faute a engendré la condamnation. Et avec la condamnation sont venues les


fatigues et les peines de toute espèce. Pour devenir « enfant de Dieu » sont maintenant
nécessaires des fatigues physiques, morales et spirituelles. Mais malgré ces fatigues
soutenues, il y a quand même l'espoir certain du salut final.

Adam et Eve furent ainsi les artisans de leur propre malheur. Ayant désobéit à Dieu, leur
péché fit de sorte qu'ils furent chassés du paradis terrestre. Ils ne leur étaient plus possible
alors de poursuivre le plan que Dieu avait pour eux. Mais Dieu avait en réserve un autre
plan.

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Rien n'est inconnu à Dieu. Dieu n'agi pas « en espérant », comme parfois nous les
hommes l'écrivons incorrectement, mais « en sachant ». Le mot « espérer » ne peut pas
être appliqué à Dieu. L'espoir est pour nous qui ne connaissons pas le futur. Pas pour
Dieu. Il n'y a rien que Dieu ne connaisse depuis l'Eternité. Dieu ne serait pas Dieu s'Il ne
savait pas tout. Dieu connaît tout, y compris le destin des individus et celui des
collectivités.

Dieu a voulu soumettre sa création à l'épreuve. Et pour ce faire il a pris l'une des plus
parfaites créatures45 sachant fort bien que cette créature commettrait un péché d'orgueil et
de rébellion à cause de sa vanité de vouloir être comme Dieu. Mais Dieu a agi de la sorte
pour nous montrer en même temps l'incommensurable mesure de son amour. Dieu qui
aimait les hommes, voulait leur pardonner cette horrible faute originelle qui pesait sur
leur destin sans leurs laisser la possibilité de revenir à Dieu pour devenir, comme
l’Eternel avait promis à l’origine, des fils de Dieu avec un avenir divin.

Avant la création de l'homme, et donc avant l'épreuve, Dieu avait déjà établi le moyen par
lequel l'homme serait libéré de l'esclavage de la corruption pour ensuite recevoir la liberté
glorieuse des enfants de Dieu en touchant sa part d'héritage dans le Royaume céleste. Par
conséquent, Dieu n'a pas voulu notre chute, notre faiblesse ou notre ruine. Il nous a créés
pour se donner un peuple de fils. Et sachant que nous n'allions pas persistés dans la
Grâce, il a prédisposé, avant même de nous créer, le moyen le plus saint et puissant qui
soit pour nous sauvés et qu'on reçoivent notre part dans son Royaume.

Le dépôt sacré, ce germe qui devait servir à donner naissance à la descendance d'Adam,
lui fut retiré avant qu'il ne pèche afin qu'il ne soit pas contaminé par la faute. Ce dépôt
sacré s'est donc vu confier une nouvelle mission, celle par lequel allait sortir le Salut du
monde. Après sa désobéissance, Dieu avait gratifié Adam d'une vision durant son
sommeil, lui montrant qu'une vierge viendrait et réparerait la chute. Mais il ne sut pas
quand cela allait se produire et, jusqu'au moment où Eve mit au monde une fille, il fut
très triste car sa femme ne lui donnait que des fils.46

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Ce secret, qui s’appelait « dépôt sacré » car il n’était gardé que pour les patriarches,
consistait au « projet fou » que Dieu mit en route quelques millénaires après l’avoir
confié à ses Patriarches. Au fil des ans il fut protégé et transporté de diverses manières.
La lignée qui devait donner naissance à Jésus avait reçu le germe de la bénédiction en vue
de l'Incarnation de Dieu. Il fut ce Germe juste que Dieu confia à David.47 Il aboutira
finalement quelques milliers d'année plus tard chez Joachim.

Anne et Joachim étaient des êtres pieux mais ils étaient stériles et profondément attristés
de l'être. Au comble de leur douleur, ils promirent de consacrer à Dieu l'enfant qui leur
sera accordé si leur prière est exaucée. Leur prière trouve grâce auprès de Dieu et par un
ordre du Très-Haut, Joachim s'unit avec Anne mais, contrairement à Adam et Eve, ils le
firent dans une pureté parfaite où toute sensualité fut absente de leur relation ne donnant
aucune possibilité au péché originel de venir s'infiltrer. Et Marie, née de leur prière, est
consacrée à Dieu.

Anne et Joachim reprirent donc d'une certaine façon l'une des taches qu'auraient dû
accomplir Adam et Eve. A partir du dépôt sacré porté cette fois-ci par Joachim, et non
pas par Adam, le corps de Marie fut conçu Immaculé avec l'aide de l'Esprit Saint dans le
sein d'Anne. Et Marie à son tour enfanta par la suite, toujours avec l'intervention divine
de la troisième personne de la Trinité, Jésus le Christ. Et c'est ainsi que Marie donna
naissance à une nouvelle génération de fils de Dieu. Ce n'est plus la descendance d'Adam
et Eve, mais celle de Marie.

Ce que disent les écritures

Le Nouveau Testament ne fait jamais allusion à la naissance particulière de Marie. Cette


connaissance semble avoir été volontairement occulté aux gens de l'époque jusqu'à nos
jours, faute de ne pas avoir possiblement la maturité nécessaire pour supporter cette vérité
dont l'ampleur, il faut bien l'avouer, dépasse largement les limites de la compréhension
humaine. D'ailleurs les évangiles et les autres textes du Nouveau Testament parlent très
peu de la Vierge Marie, laissant toute la place au message et à la mission de Jésus-Christ.

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Par la volonté Divine, le Secret de Marie fut bien gardé. Si aujourd'hui les temps sont
mûres pour qu'il nous soit révélé, ce n'est sûrement pas parce que nous sommes plus aptes
à comprendre, et encore moins dû à nos mérites. C'est d'avantage une pure grâce de Dieu
désirant instruire son peuple sur la place qu'occupe Marie dans le plan du Salut et sur le
rôle qu'elle est appelée à y jouer, tout particulièrement en ces temps-ci où une nouvelle
ère est sur le point de naître.

Toutefois, sans être très explicites, certains passages du Nouveau Testament laisseraient
entrevoir un mystère entourant les circonstances de la venue du messie.

Les pharisiens et les juifs de l'époque semblaient croire que la venue du messie sur terre
serait empreinte de mystère, qu'il serait difficile d'en déterminer clairement son origine.
Lorsqu'ils virent Jésus se manifester et proclamer qu'Il était le Christ, ils eurent des
doutes car ils étaient capables de retracer ses liens de parenté et rien en apparence
concernant sa venue ne semblait anormale. Ils disaient en effet : « Mais lui, nous savons
d'où il est, tandis que le Christ, à sa venue, personne ne saura d'où il est. »48 Ils durent
avouer cependant dans un autre passage que l'origine de son autorité à enseigner leur était
inconnue : « Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-là, nous ne savons
pas d'où il est. »49 Mais Jésus leur fit clairement comprendre à un moment donné que leur
connaissance à son sujet n'était pas aussi bonne qu'ils le croyaient et qu'ils ne savaient
absolument rien de l'origine de sa provenance : « Bien que je me rende témoignage à
moi-même, mon témoignage est valable, parce que je sais d'où je suis venu et où je vais;
mais vous, vous ne savez pas d'où je viens ni où je vais. »50

Bien que l'origine de sa venue leur était totalement inconnue, la réponse de Jésus au
questionnement des pharisiens laisse sous-entendre cependant que leur attente concernant
l'avènement du messie était juste, c'est-à-dire que le Christ ne suivrait probablement pas
tout le processus normal d'enfantement pour se manifester sur le plan terrestre.

Même s'il n'est pas fait référence à la mère du Verbe dans ses passages bibliques, il est
logique de croire que celle-ci n'a pu demeurer étrangère à ce processus anormal

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d'enfantement de l'Homme-Dieu. Un autre verset pourrait même laisser croire qu'elle


aurait vécu une naissance hors du commun.

Jésus déclara en effet : « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des
femmes, il n'y en a pas; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus
grand que lui. »51 L'expression « parmi les enfants des femmes » fait référence au
processus normal d'enfantement des hommes et des femmes sur terre. Curieusement
Jésus n'affirme pas que c'est sa mère la plus grande. Le plus grand, né à la manière des
hommes, c'est Jean-Baptiste. Il est compréhensible qu'Il ne disent pas que c'est Lui le plus
grand puisque Marie n'a pas connu d'homme pour le concevoir dans son sein. Jésus n'est
donc pas né comme tous les enfants des femmes. Mais qu'en n'est-il de Marie?
Logiquement qui est le plus grand? Celui qui de ses lèvres annonce la venue du messie?
Ou bien celle qui donne naissance au messie? Laquelle de ces deux personnes doit avoir
la plus grande pureté intérieure? Laquelle a dû être comblée le plus des faveurs divines?
Le Précurseur du Christ ou bien la Mère du Christ? Sans rien vouloir enlever à Jean-
Baptiste, il est logique de croire que Marie est au-dessus de lui. Toutefois Jésus ne dit pas
que c'est Marie la plus grande, mais bien Jean-Baptiste. Cette précision de Jésus laisse
sous-entendre que Marie ne serait pas née elle non plus à la manière des enfants des
femmes. Jésus ne pouvait donc pas affirmer que c'était sa mère la plus grande puisqu'elle
se situe tout comme Lui dans une catégorie à part.

Ces quelques citations bibliques laissent présager que Jésus et Marie ne seraient pas nés à
la manière des enfants des femmes. Considérant la nature exceptionnelle et surnaturelle
de leur naissance, dans les deux cas, il est logique de croire qu'une intervention divine dû
être nécessaire pour la conception de leur corps.

Est-ce une conception virginale?

Pour qu'une conception soit qualifiée de virginale, il faut nécessairement que la femme
ait conçu tout en demeurant vierge, qu'elle n'ait eu aucun rapport avec un homme. Et

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comme dans « virginal » il y a également le mot virginité, il advient que la femme ne doit
jamais avoir eu dans sa vie de relation sexuelle avant de concevoir.

Dans le cas de Sainte Anne, peut-on vraiment parler d'une conception virginale de Marie
en son sein? Probablement pas. Même si dans leur union il n'y eut pas de procréation
corporelle, il y eut quand même une certaine forme de procréation entre homme et femme
car Anne a eu besoin de Joachim pour que le germe Immaculé se retrouve dans son sein.

D'autre part Jésus précise dans son message à J.N.S.R. qu'Anne n'était pas vierge. Donc
la conception de Marie en Sainte Anne ne peut être déclarée virginale. Anne-Catherine
Emmerick explique ce point par le fait que Anne et Joachim aurait déjà eu un enfant dans
leur jeunesse après leur mariage au temps ils habitaient encore chez le père de Anne.
C'était une fille qu'ils appelèrent Marie. Mais les parents ne reconnurent pas en elle
l'enfant de la Promesse que Dieu leur avait faite car les signes prédits ne se manifestèrent
pas à sa naissance. Quelque temps après, Anne et Joachim partirent pour habiter dans leur
propre maison. Mais la petite fille d'Anne continua de vivre auprès de ces grands parents.
Anne et Joachim persévérèrent dans une vie austère pendant plusieurs années après la
naissance de leur première fille, désirant ardemment la bénédiction qui leur avait été
promise. Ils vécurent toutes ces années dans la continence et l'espérance. Ce n'est
finalement que dix ans plus tard que la Vierge Marie naquit. Ces précisions d'Anne-
Catherine Emmerick semblent toutefois contredire un message reçu de J.N.S.R où Jésus
précise clairement qu'Anne n'eut qu'un seul enfant, Marie sa mère.52 Toujours est-il que si
Jésus précise dans son message à J.N.S.R qu'Anne n'était pas vierge, c'est probablement
parce que Anne et Joachim auraient déjà eu par le passé des rapports de nature sexuelle,
ne serait-ce que pour constater finalement qu'elle était stérile puisqu'elle n'avait jamais
réussi à tomber enceinte.

Cependant dans le Protévangile de Jacques une phrase dite par Anne avait suscité
quelques questionnements dans l'Eglise relativement à la conception de Marie. Anne
s'écrie : « Voici : la veuve n'est plus veuve et la stérile, moi, a conçu en son sein. » Les
théologiens et les exégètes s'étaient demandés s'il fallait en comprendre qu'elle a conçu

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sans l'intervention naturelle de son époux et donc de manière virginale. L'interprétation


qu'ils en firent fut de donner à ce passage la portée d'une annonce prophétique où Anne
célèbre au présent ce qui va s'accomplir au futur. La tradition a toujours refusé à Marie
une naissance virginale, ne pouvant être le privilège que de Jésus. Toutefois l'auteur de ce
récit apocryphe, sans vouloir faire nécessairement allusion à une conception virginale,
avait peut-être désiré signifier par cette expression qu'Anne n'avait pas conçu Marie de
façon normale.

Des jumeaux non identiques

Nous avons abordé précédemment comment Adam et Eve avaient désobéi à Dieu. Il y a
un autre point intéressant à observer dans la chute d'Adam et Eve et qui concerne la
naissance de Caïn et d'Abel.

Dans la Genèse il est mentionné qu'Eve goûta au fruit défendu deux fois tandis qu'Adam
n'y goûta qu'une seule fois. Et de leur union naquit deux enfants sans qu'il soit mentionné
qu'il y ait eu une autre union entre la naissance de Caïn et celle d'Abel. Les deux enfants
d'Eve étaient en fait des jumeaux non identiques, chacun issu d'un père différent. Les
jumeaux identiques proviennent de la division d’un seul ovule fécondé par un
spermatozoïde, formant ainsi deux embryons ayant le même code génétique. Pour leur
part les jumeaux non identiques proviennent de deux ovules fécondés chacun par un
spermatozoïde différent. Ils ont donc un code génétique différent et ils pourraient même
être de sexe opposé. La première fois qu'Eve goûta au fruit défendu, elle le fit avec un
autre qu'Adam. La question est de savoir avec qui elle aurait eu cette première relation.

Selon le livre apocryphe d'Hénock53 c'est par un ange, plus précisément par un fils des
dieux, qu'Eve fut séduite. Cela n'est pas sans rappeler le passage de la Genèse faisant
allusion à ces fils des dieux qui prirent comme épouse les filles des hommes.54 Selon la
mystique allemande Anne-Catherine Emmerick et également le livre d'Hénock, c'est suite
à la chute d'Adam et Eve que les autres fils des dieux commencèrent à contracter mariage
avec les filles des hommes, ce qui donna naissance à la race des géants dont la Genèse

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fait allusion et dont également Anne-Catherine Emmerick parle longuement dans ses
écrits. Qui étaient ces fils des dieux? Plusieurs auteurs ont formulé leur propre hypothèse.
Quoiqu'il en soit, leur péché d'avoir pris comme épouse les filles des hommes fut
grandement punis par Dieu car ils furent par la suite projetés sur la terre. L'histoire de la
chute des anges dont fait allusion l'Apocalypse pourrait bien leur être associée.55
Toujours selon la mystique allemande, la race des géants aurait été exterminée lors du
déluge. Mentionnons aussi que d'autres auteurs ont plutôt avancé comme hypothèse
qu'Eve aurait eu sa première relation avec l'un des hommes situé à l'extérieur de l'Eden.

Après avoir goûté une première fois au fruit défendu, la Genèse mentionne qu'Eve alla en
offrir à Adam. Celui-ci succomba à la proposition d'Eve. Sa seconde relation sexuelle elle
l'aurait eu ainsi avec Adam. De ce double accouplement, deux enfants forts différents
virent le jour.

Abel était pasteur et Caïn cultivait le sol. Ils firent des offrandes à Dieu selon ce qu'ils
produisaient. L'offrande d'Abel fut acceptée mais non celle de Caïn. Celui-ci en fut très
irrité. Jaloux, Caïn tua Abel. Abel était bon alors que Caïn ne l'était pas. Abel plaisait à
Dieu, mais son frère non. Caïn fut le fruit de la première relation sexuelle qu'Eve aurait
eu avec un autre. Et c'est de Caïn qu'Eve donna naissance en premier. Abel provenait de
la semence d'Adam, fruit de la seconde relation d'Eve. Et Abel sortit le second des
entrailles d'Eve.

Il existe une autre histoire dans la Bible où des jumeaux non identiques seraient nés suite
à un comportement similaire à celui que connurent Adam et Eve. Il n'est pas rare en effet
de voir dans la Bible les mêmes erreurs humaines se répéter. Il s'agit du cas de Rebecca,
épouse d'Isaac, mère d'Esaü et de Jacob.56 Esaü était le premier né. Il était roux et poilu,
ne ressemblant aucunement aux autres membres de la famille contrairement à Jacob qui
était pratiquement le portrait de sa mère. Selon la loi, c'était le premier né qui devait
recevoir la bénédiction paternelle.

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Même si Jacob n'était pas le premier né, sa mère, Rebecca, tenait absolument à ce que se
soit Jacob et non Esaü qui reçoive la bénédiction du père afin que cette bénédiction
demeure dans la tradition familiale. Elle savait bien, elle, que le père de Jacob était Isaac
et que celui d'Esaü était un autre homme avec qui elle avait eu une relation. Et c'est en ce
sens qu'il faut comprendre la phrase que Dieu dit à Rebecca lorsqu'Il lui mentionne qu'il y
avait deux nations dans son sein. Finalement, par une ruse de la mère, Esaü vendit son
droit d'aînesse à Jacob contre un plat de lentilles rouges. Et profitant du fait qu'Isaac était
pratiquement devenu aveugle, c'est Jacob qui reçu la bénédiction du père et non Esaü
conformément à la prophétie que Dieu avait faite à Rebecca : l'aîné servira le cadet.

La préexistence des âmes

L'Eglise ne semble pas accepter ouvertement le concept de la préexistence de la Vierge


avant sa naissance comme Eugène Vintras l'avançait. D'ailleurs elle avait déjà condamné
à une certaine époque la thèse d'Origène sur la préexistence des âmes en général. Et le
second concile oecuménique de Constantinople, en 553, avait ratifié la condamnation
d'Origène sur ce point. Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Eglise, aborda également ce
thème dans « La somme contre les gentils » pour résoudre les arguments par lesquels
certains prétendaient prouver l'éternité ou du moins la préexistence des âmes.

Même si l'Eglise n'admet pas ce concept, d'autres auteurs avancèrent qu'il faut bien
admettre la préexistence de toutes les âmes dans Adam pour expliquer la transmission du
péché originel à toute l'humanité. A ce propos, une ancienne croyance dans le Judaïsme
semblait admettre ce fait. Selon la mystique juive soixante myriades d'âmes seraient
issues de la différenciation d'Adam. Et chacune de ces parcelles d'Adam fut à un certain
moment incarnée dans un corps d'Israélite. Pour avancer cette affirmation, ils firent
référence à ce passage de l'Exode où il est question des 600000 Israélites qui quittèrent
l'Egypte avec Moïse lorsque le Pharaon consentit à les laisser partir à la suite des dix
malheurs.57 Et le processus de division se serait poursuivit par la suite. Quoique cette
théorie est discutable, l'idée cachée derrière serait peut-être intéressante à approfondir.

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Il n'est pas dans mon intention ici de débattre à fond ce sujet car ce n'est pas l'objet de cet
ouvrage. Mais curieusement cette même idée de la préexistence de la Vierge fut reprise
par Anne Catherine Emmerick comme le mentionne les quelques passages déjà cités. Et
pourtant les écrits de la voyante, contrairement à ceux de Eugène Vintras, ne furent pas
rejetés par l'Eglise. L'erreur d'Eugène Vintras aurait été en fait de parler d'une conception
virginale de Marie en Sainte Anne, alors qu'il aurait dû seulement affirmer qu'elle fut
conçue du Saint Esprit.

Cela étant dit, la mention de Vintras sur la préexistence de la Vierge avant sa naissance
ne serait peut-être pas à rejeter. Toujours dans le livre « Les mystères de l'ancienne
alliance » d'Anne-Catherine Emmerick, la mystique relate une autre vision qu'elle eut
d'un moment où, après la chute originelle, Dieu montra aux anges comment il allait
restaurer le genre humain :

« Je vis le roc de pierres précieuses d'Adam paraître devant Dieu, tout


resplendissant, comme s'il avait été apporté par des anges; ce roc était taillé
en degrés, il s'agrandit, il devint un trône, une tour, qui s'élargit jusqu'à tout
contenir. Les neuf choeurs d'anges se tenaient tout autour, et, au-dessus d'eux
dans le ciel, je vis l'image de la Vierge. C'était Marie, non dans le temps, mais
dans l'éternité, en Dieu. Elle était quelque chose qui sortait de Dieu. La
Vierge pénétra dans la Tour qui s'ouvrait devant elle, et ce fut comme si elle
s'identifiait au monument. Quelque chose apparut, qui sortait de la très Sainte
Trinité et se dirigea vers la Tour pour entrer en elle. »58

Dans les révélations reçues de Maria Valtorta, il est également question de la


préexistence de la Vierge avant sa naissance. Jésus mentionne :

« Marie, pont pacifique qui relie le Ciel et la Terre, elle est la Très-Aimée qui
par sa seule présence obtient miséricorde pour les pécheurs. Dans les siècles
qui ont précédé le Christ, lorsque les prévarications des hommes
accumulaient les nuages des divins châtiments sur l'humanité à l'esprit

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orgueilleux et à la cervelle dure, en contemplant, dans sa Pensée, celle qui


depuis toujours avait été établie Arche de la Parole divine, Source de la
Grâce, Siège de la Sagesse, Joie pacifique de son Seigneur, Dieu a dispersé
les nuages du châtiment inévitable, et il a concédé un répit supplémentaire à
l'Humanité qui attendait le Salut. La voix de la Vierge non encore née: "Paix!
Pitié! O mon Seigneur!". Son parfait amour et sa parfaite obéissance étaient
connus de Dieu avant que l'Etoile très pure ne soit dans le monde. Sacrifice
de suave odeur, ils apaisaient la colère du Seigneur. Et dans les siècles qui
ont suivi le Christ, Marie est toujours paix et miséricorde pour l'Humanité. »59

Quelques théologiens ont vu aussi une application faite à Marie de ce passage du livre
des Proverbes qui vise directement la Sagesse :

« Yahvé m'a créée, prémices de son oeuvre, avant ses oeuvres les plus
anciennes. »60

Créée avant tous les âges, Marie a été consacrée et prédestinée bien avant sa naissance à
être la Mère du Verbe. L'Incarnation de la Vierge est un évènement qui avait été prévu et
planifié dans la pensée de Dieu depuis les origines de la création.

Ce concept de préexistence de l’âme avant sa naissance ne serait pas le propre de la


Vierge mais semblerait s'étendre à l'ensemble de l'humanité. Dans les visions de Maria
Valtorta, Jésus fera allusion une fois à l'existence des âmes avant leur incarnation sur
terre.61 De même dans la Bible quelques versets semblent s'y reporter :

« Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton
livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun
d’eux existe. »62

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« Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et


avant que tu sois sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi
prophète des nations. »63

Paul dans sa Lettre aux Ephésiens va dans le même sens en affirmant que, dès avant la
fondation du monde, Dieu nous avait élus dans le Christ pour être saints et immaculés en
sa présence.64

L'Immaculée Conception toujours un mystère

Le mystère de l'Immaculée Conception n'est pas évident à comprendre. Pas étonnant qu'il
ait suscité et qu'il continue de susciter tant de controverse parmi les membres du clergé.
Notre degré de compréhension dépendra toujours de notre faculté à comprendre les
choses de l'esprit et de la connaissance que nous aurons de l'histoire de la Chute. On ne
peut espérer comprendre le mystère de l'Immaculée Conception si on néglige d'y voir un
lien avec la désobéissance de nos premiers parents. D'ailleurs il y aurait tellement à
méditer sur la Chute. Quoiqu'il en soit, il n'en demeure pas moins que l'Immaculée
Conception constitue un évènement exceptionnel dans l'histoire du Salut.

Le Secret révélé de Marie apporte toutefois un peu plus de lumière sur le mystère de
l'Immaculée Conception. Pour concevoir le corps de Marie, l'Esprit Saint utilisa le germe
Immaculé qu'Adam avait reçu de Dieu au Paradis Terrestre. Comme ce dépôt sacré lui fut
retiré avant qu'il ne pèche avec Eve, sa nature immaculée demeura préservée. Ce dépôt
sacré s'est vu alors confier une nouvelle mission. Pour se faire, Dieu se choisissa un
peuple à qui Il confia la responsabilité d'en prendre soin. Avec ce don que Dieu fit aux
hébreux, l'expression « le Salut vient des Juifs » vient subitement d'être enrichi d'un
élément pour le moins assez inattendu. Ce n'est plus seulement parce que Dieu s'est
manifesté à ce peuple tout au long de son histoire et que le messie est né parmi eux que le
Salut vient des Juifs. C'est aussi parce que ce peuple fut dès le début le garant du dépôt
sacré et ce pendant des siècles, se le transmettant de génération en génération, jusqu'au
jour où finalement il était temps au messie de naître sur terre.

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L'histoire du Judaïsme semble n'avoir laissé aucune trace de ce dépôt sacré quoiqu'une
information assez particulière ne manque pas de soulever quelques interrogations. Dans
les révélations de J.N.S.R. il est question d'une preuve de cette conception Immaculée de
Marie par l'Esprit Saint :

« (...) Ma Sainte grand-mère qui a eu son enfant unique conçue du Saint


Esprit, Ma Sainte Mère, née de Sainte Anne, conçue du Saint Esprit. Pourquoi
ceux qui ont la preuve matérielle de cette information, la cachent-il encore?
»65

Cet élément de preuve serait-ce un texte ancien? Ou un résidu matériel de ce dépôt sacré
ou de ce qui fut jadis son enveloppe? Une preuve scientifique? Et qui possède cet élément
de preuve? Le texte ne le précise pas. Peut-être sera-t-il dévoilé un jour.

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1
Bulle « Ineffabilis Deus », définition dogmatique de la Conception immaculée de la
bienheureuse Vierge Marie du 8 décembre 1854.
2
Dans les visions de Maria Valtorta, Jésus affirme à la voyante que Marie n'aurait pas
coûté un seul sou à Dieu pour sa rédemption.
3
J.N.R.S., « Et voici que le voile se déchire par le Souffle puissant de l'Esprit Saint et
qu'apparaît, comme un soleil flamboyant, le Secret de Marie; Témoins de la Croix; Actes
des apôtres, 4, 3e partie », Editions Résiac, 2003.
4
Luc 1,35
5
Matthieu 1,20
6
Matthieu 1,22-23
7
Bulletin trimestriel de l'Association « Dozulé Paix et Joie par la Croix du Seigneur »,
No 34 du 28 mars 2004.
8
Messe de l'Immaculée.
9
Pie XII, Encyclique Fulgens corona, 1953
10
Jean-Paul II, Angélus du 8 février 2004
11
Luc 1,47
12
Saint Epiphane, PG 42,748
13
Saint Augustin, De Genesi ad litteram, Ench. Patrist. RJ 1704
14
Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique III q. 27 a. 2.
15
Révélations I,9
16
Marie d'Agréda, « Vie divine de la Très Sainte Vierge Marie », chapitre 1.
17
Dom Guéranger, L'Année liturgique – Temps après la Pentecôte, Tome IV, Oudin
Edit., Paris 1912, imprimatur 1911, pp. 511-516.
18
Anne-Catherine Emmerick, « Visions d'Anne-Cathérine Emmerick », Tome I, page 30.
19
Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 1, page 28.
20
Concile de Trente, cité dans l'encyclique Ecclesia de Eucharistia, 2003, chapitres 1 à
15.
21
Dans la Bible, le verbe connaître signifie parfois avoir des relations sexuelles.
22
Les Pères de l'Eglise n'ont pas hésité à dire que dans la Sainte Eucharistie Dieu nous
donne à manger la chair de Marie. Le Sauveur, dit Saint Augustin, a pris sa chair de la
chair de Marie et il nous a donné à manger la chair de Marie pour notre salut. La chair de

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Jésus, dit-il encore dans le sermon sur l'Annonciation, est la chair de Marie, et quoique
cette chair ait été glorifiée, elle est restée telle qu'elle avait été prise de Marie.
23
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », Téqui, 1977. Voir
les pages de 175 à 187.
24
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 47.
25
Anne-Catherine Emmerick, « La vie de la Vierge Marie », page 61 et 62.
26
L'Ecclésiastique (ou Sirac) 24,2-3
27
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 35.
28
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 36.
29
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 49.
30
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 183.
31
Pour le lecteur familiarisé avec la langue chaldéenne, voir les textes suivants : Par
Toledoth, p. 340; ibid., p. 335; Béreschith, p. 155; T'rurrab. 251, etc.
32
Coran 33,72
33
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 182.
34
Anne-Catherine Emmerick précise que cette coupe était pleine d'un liquide rouge et
elle avait l'impression que c'était comme du sang, comme le sang d'Isaac. Voir « Les
mystères de l'ancienne alliance », page 146.
35
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 146 et 147.
36
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 185.
37
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 185.
38
Marie d'Agréda, « Vie divine de la Très Sainte Vierge », chapitre 1.
39
Un phénomène intéressant s'est produit aux mois de mai 2003 et mai 2004 où deux
icônes de Jésus et de Marie, appartenant au Padre Maria Chiriatti vivant à Alberobello
dans les Pouilles, ont versé des larmes de sang. Des échantillons du sang des larmes de
l'image de la Vierge et celui apparu sur le visage de Jésus ont été recueillis et furent
envoyés au Laboratoire de Génétique de l'Université de Bologne, spécialisé dans
l'analyse de l'ADN. Les tests en laboratoire ont démontré que le sang examiné est du sang
humain de groupe AB, masculin, et qu'il est identique pour les deux échantillons. Mais ce
qui est particulier est que le rapport de l'examen d'ADN mentionne que la configuration
des traits génétiques trouvés dans le chromosome Y ne correspond à aucune des

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configurations présentes dans la banque de données mondiales, et qu'il est tellement rare
qu'il faut le considérer comme presque unique. Un des savants aurait même déclaré que
ce sang humain semble provenir d'un autre monde. L'hypothèse alors que le corps de
Marie et le corps de Jésus furent formés, non pas à partir des corps d'Anne et de Joachim,
mais plutôt à partir d'une substance unique qu'Anne-Catherine Emmerick appelle dépôt
sacré, semble de plus en plus plausible.
40
Genèse 3,19
41
Selon les visions de Sainte Hildegarde et d'Anne-Catherine Emmerick, le paradis
terrestre n'aurait pas été détruit. Après la chute il aurait été rendu inaccessible sur la plan
strictement terrestre. Lorsque Adam et Eve l'eurent quitté, celui-ci fut retiré par les anges
de ce plan-ci de la terre pour l’élever à un niveau vibratoire supérieur. Dans son livre «
Les messages », le frère Joseph-François relate une vision similaire qu'il eut du paradis
terrestre qui, après qu'Adam et Eve en furent chassés, se détacha de la terre dans un bruit
terrible pour ensuite s'élever dans les airs. Certains saints personnages de l'histoire
chrétienne ont déjà raconté qu'ils furent emportés par leur ange sur le plan où il se situe
présentement. Ils le décrivirent comme un endroit vraiment merveilleux. C'est à cet
endroit qu'Hénock et Elie se seraient retrouvés suite à leur enlèvement. Selon Anne-
Catherine Emmerick, lorsque l'humanité aura été suffisamment purifiée, le paradis
terrestre sera de nouveau accessible.
42
Genèse 4,16
43
Genèse 4,17
44
Genèse 4,14-15
45
Dieu avait créé à l'origine trois créatures parfaites: Adam, Eve et Marie.
46
Anne-Catherine Emmerick, « La vie de la Vierge Marie », page 65.
47
Jérémie 23, 5
48
Jean 7,27
49
Jean 9,29
50
Jean 8,14
51
Luc 7,28

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52
« Ma Sainte grand-mère qui a eu son enfant unique conçue du Saint Esprit, Ma Sainte
Mère, née de Sainte Anne, conçue du Saint Esprit. », message de Jésus reçu par J.N.S.R.
le 25 octobre 2003.
53
Pierre Jovanovic et Anne-Marie Bruyant, « Enoch: Dialogues avec Dieu et les anges »,
page 100, 102 et 138.
54
Genèse 6,1-4
55
Apocalypse 12,4
56
Genèse 25,19-34
57
Exode 12,37. Le livre des Nombres mentionne également qu'à la sortie d'Egypte, « Le
total des recensés fut de 603550. » (Nombre 1,46) Or en hébreu la valeur numérique de
Bene'Israël (Fils d'Israël) donne 603550.
58
Anne-Catherine Emmerick, « Les mystères de l'ancienne alliance », page 46.
59
Maria Valtorta, « Leçons sur l'épître de Saint Paul aux Romains », Centro Editoriale
Valtortiano, 1999, page 103.
60
Proverbes 8,22
61
Dans Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 9, page 31, Jésus en
prière dit : « Regardez, ô âmes qui prendrez un corps dans l'avenir! »
62
Psaumes 139,16
63
Jérémie 1,5
64
Ephésiens 1,4
65
Message de Jésus reçu par J.N.S.R. le 25 octobre 2003.

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Chapitre 8
L'Ave Maria

Bienheureuses les lèvres et les contrées où l'on dit Ave Maria.

La prière « Je vous salue Marie » est connue aussi sous le nom latin Ave Maria. Elle est
évidemment dédiée à la Vierge Marie et elle est de loin la prière mariale la plus connue.

Je vous salue Marie, pleine de grâce.


Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Cette prière évoque la venue de l’archange Gabriel qui annonce à Marie la naissance de
Jésus dans l'Evangile selon Luc.1 C'est le seul moment dans la Bible où un ange s'incline
devant une créature humaine. Cette prière reprend en premier les paroles de l'archange
Gabriel qui, à l'Annonciation, aborda Marie en ces termes : « Réjouis-toi, pleine de
grâces, le Seigneur est avec toi. » L’Eglise a rajouté le nom de Marie que l’archange
Gabriel n’a pas prononcé. Puis la prière emprunte les paroles d'Elisabeth alors que Marie
lui rendait visite : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est
béni. » Ceci fait allusion à l'archange qui avait dit à Marie : « Tu vas être enceinte et tu
mettras au monde un fils que tu as appelleras du nom de Jésus. » La deuxième partie a
été ajoutée au 5e siècle dans les prolongements du Concile d’Ephèse. C'est d'ailleurs ce
Concile qui avait proclamé Marie « Mère de Dieu ».

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Ave Maria

Je vous salue Marie. Cette simple salutation purifie déjà les lèvres et le coeur lorsqu'elle
est dite de façon réfléchie et sincère. Dire ces mots, même seulement ces petits mots,
dans un état d'esprit véritable, nous rend déjà meilleur, plus pur, plus charitable, parce
que les yeux de notre esprit sont alors fixés sur Marie où, à travers cette contemplation, sa
sainteté entre dans notre coeur. Car elle est la source des grâces et de la miséricorde.
Avant même que Marie se soit manifestée (de quelque façon que ce soit), son simple
regard tourné vers celui qui la prie est déjà sanctifiant, lui ouvrant les portes de la
miséricorde. L'amitié avec Marie est en effet une source de perfection parce qu'elle
inspire et transmet à l'âme ses propres vertus.

Pleine de grâce

D'autres diront plutôt comblée de grâce qui signifie que Marie fut et demeure remplie de
la faveur divine. C'est avec raison que l'archange put dire Pleine de grâce. La Grâce était
en elle. La Grâce, c'est-à-dire Dieu et la grâce, c'est-à-dire le don de Dieu, qu'elle sut faire
fructifier. Grand en effet fut le don que fit l'Eternel à celle qu'il avait choisie, en la
préservant de la faute originelle, pour être le premier tabernacle du corps de son Verbe.
D'ailleurs, dans la salutation de l'archange, le nom de Marie n'est pas mentionné. C'est
Pleine de grâce qui semble être le nom de Marie.

Parmi toutes les phrases prononcées dans l'Ave Maria, elle est celle qui fait le plus rager
et souffrir Satan lorsqu'il l'entend. Dans son orgueil démesuré, il ne peut accepter
l'humiliante défaite qui lui a été infligée par une fragile créature de femme, bien
inférieure à lui par nature, mais plus grande que lui par la grâce.2 Saint Thomas d’Aquin
précise que Marie est la première créature humaine surpassant les anges par sa plénitude
de grâce.3

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Le Seigneur est avec toi

Le Seigneur est toujours avec l'âme qui est dans la grâce. Même lorsque le Tentateur
s'approche, Dieu ne s'éloigne pas. Il s'éloigne seulement quand la créature cède au
Tentateur et corrompt son âme. Dieu ne peut cohabiter avec l'Ennemi. Alors Dieu se
retire. Affligé, il attend que vienne le repentir dans le coeur de la créature et qu'elle
rétablisse le lien d'amour avec le Père.

Marie était avec Dieu et Dieu était avec Marie. Jamais elle ne se sépara de Dieu. Marie a
possédé l'union avec Dieu à la perfection, tendant toujours à se fondre davantage en Lui.
L'esprit de Marie et l'Esprit de Dieu restèrent fondus ensemble en une étreinte d'amour
qui eut son couronnement au Ciel. Cette union fut la principale force de Marie lors des
épreuves.

Tu es bénie entre toutes les femmes

Bénie soit la Femme pure destinée au Seigneur, la Femme victorieuse qui écrase le
Tentateur sous la blancheur éclatante de sa nature immaculée. Bénie soit la Mère devenue
telle par sainte obéissance à la volonté du Père, par son « oui » qui as permis à Dieu de
garder la promesse faite à Abraham, aux patriarches et aux prophètes, nous donnant le
sauveur, et qui a soulagé la Terre de la condamnation qu'Eve lui avait attirée.

Etre Mère de Jésus fut pour Marie une grâce dont elle ne peut se glorifier. Parmi les
millions et millions d'âmes créées par le Père, par un insondable décret, Il choisit celle de
Marie pour qu'elle soit sans tache. La grandeur de Marie provient plutôt du fait d'avoir
observé et écouté la parole de Dieu, et d'avoir gardé son âme pure dans les tentations. A
ce niveau les mérites de Marie sont immenses et ses bienfaits innombrables. Lorsqu'on
pense à la gloire de Marie, il faut aussi méditer sur la façon dont elle est parvenue à cette
gloire.

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Et le fruit de tes entrailles est béni

Les entrailles de Marie ont donné naissance à un Adam sans faute, à un Fils d'Homme
ayant l'Esprit incréé du Père. Le Verbe de Dieu s'incarnait sur Terre pour la Rédemption
de l'humanité. Sur Marie ne pesait pas la condamnation d'Eve de sorte qu'elle fut au-
dessus de la misère humaine attribuable à la grossesse et n'enfanta pas non plus dans la
douleur.4 Sa maternité divine fut pour elle une béatitude mais en même temps source de
douleur, conformément à la prophétie de Siméon,5 elle qui pourtant ne méritait pas la
douleur.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs

Cette invocation est similaire à celle du « Libère-nous du mal » de la prière du Notre


Père. Jésus a reçu tout pouvoir du Père. C’est lui seul qui peut exaucer nos prières. Par sa
prière, Marie peut obtenir pour nous auprès de son Fils les faveurs que nous lui
demandons sincèrement, avec amour et pour notre bien éternel. Les prières d'intercession
de la Vierge Marie auprès de Dieu sont très fortes car Dieu ne refuse rien à sa Mère, elle
qui non plus n'a jamais rien refusé à Dieu.6 Le secours de Marie est ainsi tout puissant
pour nous délivrer du péché et de l'enfer.

Maintenant et à l’heure de notre mort

A « l’heure de notre mort », c’est-à-dire à l’heure de la mort physique du corps notre


esprit et notre âme étant blessés par le péché risque aussi de périr, de connaître la mort
spirituelle. Cette grâce nous aide entre autres choses à choisir la lumière du salut.

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1
Luc 1,26-45
2
« Confidences de Jésus à Ses Prêtres et à Ses Fidèles », message du 10 janvier 1977
donné à don Ottavio.
3
Cette affirmation fut aussi révélée à plusieurs mystiques dont Vassula. Voir Vassula, «
La vrai vie en Dieu, Supplément 9 », Editions du Parvis et Editions Spirimédia, 1996,
page 158.
4
Ce fait est confirmé par les visions de Maria Valtorta et aussi par un passage biblique de
l'Ancien Testament : « Avant d'être en travail elle a enfanté, avant que viennent les
douleurs elle a accouché d'un garçon. Qui a jamais entendu rien de tel? Qui a jamais vu
chose pareille? » (Isaïe 66,7)
5
Luc 2,34-35
6
Vassula, « La vrai vie en Dieu, Supplément 9 », Editions du Parvis et Editions
Spirimédia, 1996, page 156.

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Partie II : Marie dans les nombres sacrés

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-3-

Le chiffre trois est possiblement le plus sacré des nombres puisque symboliquement il a
toujours représenté la Très Sainte Trinité. Il est aussi le chiffre du Saint-Esprit, la
troisième personne de la Trinité. Chez les Mayas, c'était le nombre sacré de la femme.

Joseph et la Vierge Marie perdirent l'Enfant Jésus pendant trois jours, pour enfin le
retrouver au Temple.1

La Vierge Marie resta trois mois auprès d'Elisabeth pour la naissance de Jean le Baptiste.

Les trois grandes extases de la Vierge Marie au cours de sa vie: au moment de la


conception, à la naissance de Jésus et lors de son Assomption.

La Vierge Marie entra dans un sommeil extatique pendant trois jours avant son
Assomption.

Dans les visions de Maria Valtorta, le Mystère de l'Incarnation du Christ n'est pas montré.
C'est Marie elle-même qui le dicte après l'Annonciation : « Dans la joie - parce que,
lorsque j'ai compris la mission à laquelle Dieu m'appelait, je fus remplie de joie - mon
coeur s'ouvrit comme un lys fermé et il s'en épancha le sang qui fut le terrain pour le
Germe du Seigneur. »2 Dans les révélations de Marie d'Agréda, au 17e siècle en Espagne,
la Vierge donne un peu plus de détails expliquant le mystère de la conception par trois
gouttes de sang qui jaillirent du coeur de Marie dans sa matrice où l'Esprit Saint s'en
servit pour former l'enfant Jésus.

Dans les visions de Maria Valtorta, Jésus explique que Dieu avait créé à l'origine trois
êtres parfaits: Adam, Eve et Marie.

Le Rosaire de la Vierge Marie correspond à la récitation de trois chapelets.

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En octobre 1993 et plusieurs fois jusqu'en avril 1995, à San Antonio Abbate en Italie,
trois images de la Madone et une photographie de Padre Pio ont versé d'abondantes
larmes et des pleurs de sang pendant près d'un an et demi au domicile du carabinier
Antonio Giovanni. Après enquête des autorités ecclésiastiques, toute supercherie a été
écartée. Le phénomène a été aussi accompagné par des guérisons étonnantes.

Au printemps 1991, à Potenza en Italie, quatre femmes auraient vu couler trois larmes des
yeux d'une statuette de la Vierge Marie placée dans une chapelle domestique érigée au
milieu d'un camp de préfabriqués hébergeant des sinistrés du séisme de 1981.
L'évènement avait attiré l'attention du public sur les conditions d'existence précaires des
sinistrés dix ans après la catastrophe.

-4-

La Vierge Marie se tient au centre de la Sainte Trinité pour former le chiffre quatre,
symbole de la famille, étant considéré comme une autre image du chiffre 1, soit l'unité
entre les membres. Et comme projection de l'unité, il est le nombre de l'organisation et du
rythme parfait. Symbole de la totalité, il est considéré également comme la racine de
toutes choses. Et pour des raisons anatomiques, il demeure le symbole du féminin de part
les quatre lèvres sur le corps de la femme.

Les quatre dogmes marials reconnus par l'Eglise: le dogme de Marie Mère de Dieu
(défini au Concile oecuménique d'Éphèse, en 431); le dogme de Marie Vierge Perpétuelle
(défini au troisième Concile de Constantinople, en 681); le dogme de l'Immaculée
Conception (défini en 1854 et confirmé par la Saint Vierge, à Lourdes, en 1858); et le
dogme de l'Assomption de Marie, élevée au Ciel corps et âme (défini en 1950).

Dans l'un des messages donné par la Vierge Marie à Medjugorje, celle-ci énumère les
quatre éléments nécessaires pour la conversion: prière, pénitence, jeûne et sacrifice.

-6-

111
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Le lys, avec ses six pétales disposées en deux rangées de trois équidistants, est, chez les
chrétiens, l'emblème de Saint Joseph et de la Vierge Marie. Le lys est aussi la fleur
mystique des vierges.

Thibaut De Langres attribue aussi ce nombre à la fécondité parce que six est le produit du
premier nombre pair par le premier impair et qu'il est considéré que tout nombre pair est
féminin et tout impair est masculin. C'est sur le Calvaire que Marie nous a enfanté pour
donner naissance à la nouvelle génération des fils de Dieu. Sa fécondité spirituelle lui
vaut à présent le titre de Mère des hommes.

-7-

Pour plusieurs auteurs, dont Ambroise, le nombre 7 représente la virginité. Thibaut De


Langres lui accorde aussi cet attribut parce qu'il est le seul des neuf premiers nombres qui
n'engendre pas et le seul qui ne soit pas engendré. Il est considéré comme vierge et
représentatif de l'Esprit Saint auxquels sont attribuées les mêmes propriétés. Le nombre
sept serait ainsi caractéristique de la Vierge Marie, épouse de l'Esprit Saint.

Le chapelet des sept douleurs commémorant les sept douleurs de la Vierge Marie. La
prière de l'Ave Maria est dite 52 fois et celle du Notre-Père 8 fois. Les sept mystères
médités sont dans l'ordre :

1. Le vieillard Siméon annonce à Marie qu'un glaive de douleur percera son âme.
(Lc 2,25-35)
2. La fuite en Egypte. (Mt 2,13-15)
3. La disparition de Jésus. (Lc 2,41-52)
4. Marie voit son fils chargé de la Croix. (Lc 23,27)
5. Marie au pied de la Croix. (Jn 19,25-27)
6. Marie reçoit le corps inanimé de son Fils. (Jn 19,38-40)
7. Marie au tombeau de Jésus. (Jn 19,41-42)

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La Vierge est parfois représentée avec une couronne au coeur de sept roses et aussi sept
poignards piqués sur son coeur, d'où l'appellation Notre-Dame des Sept Douleurs, dont 3
d'un côté et 4 de l'autre.

Les sept paroles de Marie dans les évangiles. Avec l'ange de l'Annonciation, elle n'a pris
la parole que deux fois : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme? »
(Luc 1,34) Et : « Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole. » (Luc
1,38) Ensuite deux autres fois avec sa cousine Elisabeth. D'abord pour la saluer : « Elle
entra chez Zacharie et salua Élisabeth. » (Luc 1,40) Et ensuite pour louer, lorsqu'elle dit :
« Mon âme exalte le Seigneur » (Luc 1,46) Avec son Fils, deux fois encore. La première
dans le temple : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! ton père et moi, nous
te cherchons, angoissés. » (Luc 2,48) La seconde, aux noces : « Ils n'ont pas de vin. »
(Jean 2,3) Et aux serviteurs de la noce, une fois seulement : « Tout ce qu'il vous dira,
faites-le. » (Jean 2,5) En tous ces cas, elle a toujours très peu parlé, sauf lorsqu'elle s'est
dilatée dans la louange de Dieu et l'action de grâce avec son Magnificat. (Luc 1,46-55)

Les chrétiens des premiers siècles faisaient naître la Vierge Marie après sept mois de
gestation.

Dans les visions de Maria Valtorta, sept personnes dont six femmes disciples sont
présentes sur le Calvaire lors de la crucifixion de Jésus : Marie sa mère, Marie d'Alphée,
Marie-Madeleine, Marthe, Marie de Zébédée, Suzanne et l'apôtre Jean.

-9-

Nombre de l'homme, en tant que symbole numéral de sa gestation, il est aussi


l'expression de « la puissance du Saint Esprit », selon Etchegoyen. En tant que produit de
3 x 3, il est l'expression de la perfection, en plus d'être associé au couple. Marie, en tant
qu'épouse de l'Esprit Saint, permet à Celui-ci à déverser les grâces de Dieu sur ses
enfants.

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La pratique des neuf premiers vendredis et samedis du mois, demandée par Jésus-Christ à
Sainte Marguerite-Marie : le premier étant pour honorer son Sacré Coeur et le second en
guise de vénération pour sa Mère. Le samedi est en effet dédié à la Vierge Marie pour
commémorer ses peines et sa douleur, entre la mort de Jésus et sa résurrection, moment
douloureux qui dura la journée entière sans qu'elle puisse bénéficier de la vision de son
Fils.

La Sainte Vierge avait un jour déclaré à Anne-Catherine Emmerick : « Toute âme qui, cet
après-midi, récite neuf Ave Maria pour honorer les neuf mois que je passai dans le sein
de ma mère, et par dévotion à ma Nativité, et qui prolonge ce pieux exercice durant neuf
jours, offre en quelque sorte chaque jour neuf fleurs aux anges qui les reçoivent dans le
ciel et en font un bouquet pour le présenter à la sainte Trinité, lui demandant de
répandre sa grâce sur cette âme. » Elle lui dit aussi une autre fois : « Si les femmes
enceintes solennisaient la vigile de la Nativité de Marie par le jeûne et la récitation de
neuf Ave en l'honneur des neuf mois qu'elle avait passés dans le sein de sa mère Anne, si
elles répétaient ce pieux exercice plusieurs fois au cours de leur grossesse et à la veille
de leur accouchement, la Sainte Vierge elle-même porterait leur prière devant Dieu et
leur obtiendrait, en ces circonstances délicates, la grâce d'une heureuse délivrance. »3

A la fin de l'année 1882 et jusqu'en septembre 1883 la Vierge Marie est apparue 19 fois à
une jeune fille habitant le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, Anne-Marie Coste, qui
devint par la suite soeur Marie de l'Eucharistie. Sous les traits de Notre Dame de
Fourvière, la Vierge Marie lui est apparue une fois avec l'Enfant-Jésus dans ses bras
tenant un globe surmontée d'une Croix brisée. Elle parla de châtiments à propos de la
mauvaise conduite de la France et elle confia à la jeune fille quelques révélations ou
prédictions dont celle-ci : « Je suis une Mère abandonnée! La cause de mon chagrin, c'est
l'ingratitude de mon peuple. J'ai bien de la peine à retenir le bras de mon Fils... II faut que
mon peuple se convertisse, qu'il fasse des pénitences et qu'il prie avec plus de ferveur.
Vous ferez faire des neuvaines dans toutes les paroisses, dans toutes les communautés, en

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récitant neuf Pater, neuf Ave Maria avec neuf fois les invocations: "Mère abandonnée,
priez pour nous. Mère affligée par des coeurs ingrats, priez pour nous." »

Dieu aurait répandu beaucoup de grâces prodigieuses sur la Vierge Marie les neuf jours
avant l'Annonciation, selon les visions de Marie d'Agréda.

- 12 -

Comme produit de 3 x 4, ce nombre représente la manifestation de la Trinité aux quatre


coins de l'horizon. Il est aussi le symbole de nourriture matérielle et spirituelle de par les
12 pains que le Jésus-Christ rompit à la dernière cène. Ce nombre exprime ainsi le
pouvoir créateur de Dieu et aussi la Mère Divine qui nous donne Jésus-Christ comme
Pain de Vie.

Marie s'est annoncée comme étant la « Vierge de l'Apocalypse » à Don Gobbi du


Mouvement Sacerdotal Marial le 24 avril 1980, ainsi qu'à Trois Fontaines, le 12 avril
1947, lors de son apparition à Bruno Cornacchiola, extrémiste protestant endurci, qui
complotait l'assassinat du pape. « Un signe grandiose parut dans le ciel : une femme
revêtue de soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. »4

En l'an 1100 vivait à Ville-Pommeroeul un notable nommé Josse le Barreteur qui


possédait plusieurs terres. Mais il était paralysé depuis plusieurs années. Un jour il apprit
que des guérisons avaient été obtenues par l'intercession de la Sainte Vierge de la Ville
d'Aix-la-Chapelle. La femme de Josse ainsi que sa servante entreprirent donc un long
pèlerinage vers Aix-la-Chapelle afin d'implorer sa guérison. Une nuit la Vierge Marie lui
apparut. Elle portait l'enfant Jésus sur les bras, un croissant sous les pieds, une couronne
de 12 étoiles au-dessus de la tête. Elle lui demanda de construire une chapelle en son
honneur sur une terre qui lui appartenait. Le lendemain, Josse en parla au curé. La nuit
suivante la Vierge Marie renouvela sa demande mais Josse ne pouvait accepter sans le
consentement de son épouse car la terre lui appartenait. C'est ainsi que pendant leur
sommeil la femme de Josse ainsi que sa servante furent ramenées mystérieusement d'Aix-

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la-Chapelle à Ville-Pommeroeul. Elles constatèrent que Josse était guéri. Josse se rendit
sur le champ choisi par la Vierge Marie et trouva un endroit délimité avec un fil de soie
lié à des baguettes blanches. De plus, ce champ semé de lin depuis trois jours seulement,
se trouvait déjà à maturité. Emerveillé devant ces signes, on posa une statue de la Vierge
Marie à cet emplacement. Avec l'accord de l'Evêque de Cambrai la chapelle fut érigée.

Sur l'un des côtés de la Médaille Miraculeuse de Sainte Catherine Labouré, dans le centre
il y a la lettre M de laquelle une croix monte avec à sa base une croix transversale qui
passe à travers la lettre M. En-dessous les deux Coeurs de Jésus et de Marie : le Coeur de
Jésus ayant un couronne d'épines et le coeur de Marie percé d'un glaive de douleur. Le
tout est entouré avec une couronne de 12 étoiles.

En 1927 la Vierge Marie apparaît à Maria Sérapio, en Espagne, toute de bleu vêtue avec
une couronne de 12 étoiles sur la tête. Elle lui demande d'aller soigner avec son mari les
malades, les infirmes et les affligés.

La Vierge Marie est apparue dans le petit village de Nsimalen, près de Yaoundé, la
capitale du Cameroun, en mai 1986. Six adolescents l'avaient alors vue pendant une
période de neuf jours. Le 19 mai en début d'après-midi une jeune fille, Anasthasie, dit
que la Vierge Marie lui a donné un Message en 12 points :

1. La Vierge a été chassée de Sa Maison, et a été obligée de Se réfugier en brousse.


2. La Prière vient du coeur.
3. Quelles que soient les tentations dont nous faisons l'objet, notre fidélité à la prière
du Chapelet (le Rosaire) met Marie à nos côtés.
4. La Sainte Vierge ne guérira que les fidèles qui ont Foi et Confiance en Elle.
5. La Sainte Vierge a donné à Anasthasie pouvoir de guérir les maladies les plus
désespérées.
6. On prostitue la Religion au Cameroun.
7. On doit prier le Chapelet le matin, l'Angélus à midi, le Chapelet le soir.

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8. Il ne faut pas incriminer les enfants qui ont lancé des cailloux; ils sont les anges
du Seigneur. Ce geste symbolise l'hostilité de chrétiens du Cameroun envers la
Sainte Vierge.
9. Nous ne devons pas prier en pensant à nos péchés, passés ou futurs.
10. La Mère de Jésus voit nos péchés, même les plus cachés. Si nous avons péché,
nous devons prier : « Maman, je suis tombé sous le coup des tentations et je le
regrette amèrement. Aide-moi à obtenir le Pardon de Dieu. »
11. La récitation du Chapelet est une voie qui mène infailliblement au Ciel.
12. La Vierge Marie est venue prendre en mains nos faiblesses et insuffler un souffle
nouveau à la Religion au Cameroun.

Selon les visions d'Anne-Catherine Emmerick, la Sainte Vierge naquit 12 jours avant le
terme ordinaire.5

- 13 -

Le nombre 13 représente parfois la Mort, Satan, le Diable, l'antique Serpent. Mais il est
aussi pour les chrétiens le nombre représentatif du Christ et également de la Vierge
Marie, dont la mission est justement d'écraser la tête de Satan.

Le nombre 13 se retrouve en effet souvent associé à la Sainte Vierge Marie. Son


Assomption eut lieu un vendredi 13, au mois d'août, à 3 heures du soir, selon les visions
de Marie d'Agréda. Cependant, selon les révélations de Mary Jane Even datant de 1994,
la Vierge serait décédée un 13 août et aurait ressuscité deux jours plus tard, soit le 15 août
pour être ensuite reçu Corps et Ame au Ciel. La première et la dernière apparition de la
Vierge Marie à Fatima eurent lieu respectivement le 13 mai et le 13 octobre 1917 et c'est
le 13 juillet 1917 que les enfants de Fatima eurent leur vision de l'Enfer, démontrant ainsi
que le treize est aussi étroitement lié à la souffrance et à la mort. Encore aujourd'hui, en
ces derniers temps, la Vierge apparaît à certains voyants et voyantes que le 13 de chaque
mois. Le 13e jour du mois dans la chrétienté serait ainsi particulièrement dédié à la
Vierge Marie. D'ailleurs plusieurs messages particuliers reçus tendent à le démontrer

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comme c'est le cas dans l'un des messages donnés à une âme privilégiée du Québec, soeur
Marie-Danielle surnommée « Buisson d'Épines », où Notre-Seigneur recommandait que
le 13 de chaque mois soit en l'honneur de sa Mère et établi dans chaque famille. Dans un
autre message donné par la Vierge Marie à Soeur Lucie de Fatima le 1er mai 1987 en vue
de la célébration du 70e anniversaire du jour où elle lui est apparue à Fatima le 13 mai
1917, celle-ci lui demandait de célébrer le 13 de chaque mois par des chants et des
louanges en esprit de réparation et d'expiation. Rappelons aussi que c'est le 13 mai 1981
qu'eut lieu l'attentat du Pape Jean-Paul II, à la place Saint-Pierre. Celui-ci fut sauvé de la
mort en tournant la tête pour regarder une gravure de Notre-Dame de Fatima au moment
même où la balle du tireur passait. Par ailleurs la France, consacrée à Marie depuis Louis
XIII, la célébrait par des processions.

Selon les visions de Maria Valtorta, lors de la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres en
prière dans le Cénacle, le Feu de l'Esprit Saint, alors en forme de globe très brillant au-
dessus de la tête de Marie, se partage en 13 flammes mélodieuses très brillantes pour
descendre sur les 12 apôtres et la Vierge Marie. D'autre part, le treizième mystère du
Saint Rosaire de la Vierge Marie se rapporte directement à la Pentecôte.

Sur la Médaille Miraculeuse, le M de Marie surmonte la Sainte Croix du Christ, Celui


auquel on associe aussi le chiffre 13. Or la lettre M est la 13e lettre de l'alphabet.
Pareillement 13 mots composent l'invocation à la Vierge sur la Médaille Miraculeuse: O
Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

Marie aurait donné naissance à Jésus dans une année comptant 13 mois. Lorsque les
hébreux célébrèrent leur première Pâque, ils abandonnèrent le calendrier solaire des
Egyptiens et adoptèrent le calendrier lunaire. Pour maintenir la correspondance entre le
mois de Pescha et le début du printemps, ils devaient à tous les trois ans environ
introduire un treizième mois dans l'année.

- 15 -

118
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Les Pères de l'Église rapportent fréquemment 15 aux deux Testaments parce qu'il
constitue la somme de 7, le Sabbat, et de 8, la Résurrection (la Sabbat représentant la
période couverte par l'Ancien Testament, et la Résurrection, la période couverte par le
Nouveau Testament). Pour sa part, J. Boehme l'appelle « désir de l'amour divin ». C'est
par Marie, Mère du Divin Amour, que Dieu nous a donné son Fils. C'est par elle que s'est
réalisée la transition entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance.

Les quinze promesses, les quinze gros grains, les quinze mystères et les quinze dizaines
de prières récitées du Rosaire de la Vierge Marie. Concernant les mystères, le Pape Jean-
Paul II, dans sa Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae sur le Rosaire, le 18
octobre 2002, en rajouta 5 autres qu'il appela les mystères de lumière et qui sont les
suivants: le Baptême de Jésus, les Noces de Cana, l'annonce du Règne de Dieu, la
Transfiguration de Jésus et l'Institution de l'Eucharistie.

L'Assomption de la Vierge se célèbre le 15 août et elle était âgée de 15 ans lors de


l'Annonciation.

Les 15 fêtes liturgiques par année de la Vierge Marie. Trois fêtes mariales sont cependant
considérées comme facultatives :

1. Sainte Marie Mère de Dieu: 1er janvier


2. Présentation de Jésus au Temple (Chandeleur): 2 février
3. Notre-Dame de Lourdes: 11 février (facultative)
4. Annonciation: 25 mars
5. Visitation: 31 mai
6. Coeur immaculé de Marie: samedi de la 3e semaine après la Pentecôte
7. Notre-Dame du Mont-Carmel: 16 juillet (facultative)
8. Dédicace de Sainte-Marie-Majeure: 5 août (facultative)
9. Assomption: 15 août
10. Marie Reine: 22 août
11. Nativité de Marie: 8 septembre

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12. Notre-Dame des Douleurs: 15 septembre


13. Notre-Dame du Rosaire: 7 octobre
14. Présentation de Marie: 21 novembre
15. Immaculée Conception: 8 décembre

Dans ses apparitions à soeur Catherine Labouré, la Vierge Marie lui avait demandé de
faire fabriquer une médaille miraculeuse. Lors de l'une de ces apparitions, la Vierge
portait, à chaque main, quinze anneaux, revêtus d'autant de pierreries, d'où jaillissent de
toutes parts des rayons proportionnés.

Il y avait 15 marches pour accéder au Temple. Les Hébreux avaient l'habitude de les
gravir en chantant les 15 psaumes, comme les 15 vertus menant au Ciel. A l'âge de trois
ans, les parents de Marie l'amenèrent au Temple pour qu'elle y demeure pendant douze
ans. Selon les visions de Marie d'Agréda et aussi selon E. Amann : « Quand elle - Marie -
eut été déposée devant le temple du Seigneur, elle monta en courant les quinze degrés,
sans regarder le moins du monde en arrière, ni réclamer l'aide de ses parents, comme le
font ordinairement les enfants. »

Le nombre des stations du Chemin de croix varia jusqu'au 18e siècle et est finalement
fixé à quatorze par Clément XII et Benoît XIV. En 1958, une quinzième est ajoutée à
Lourdes pour intégrer le culte marial : « Avec Marie dans l'espérance de la résurrection »,
mais les quatorze stations sont restées populaires.

Dans les révélations reçues par Eileen George des Etats Unis au début des années 1980, il
est question d'une grande guerre qui éclatera et qui durera quinze ans. Après quinze
années il y aura une grande paix, une très grande paix. Et le pays de la terreur ayant initié
cette guerre tombera aux pieds de Marie.

- 17 -

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A propos de ce nombre, Saint Augustin déclare : « Dans le nombre dix-sept comme dans
ses multiples on trouve un sacrement admirable ». Il est le symbole de l'homme
participant aux deux mondes, céleste et terrestre. Henri Blanquart va dans le même sens
en disant qu'il « représente la jonction entre le monde matériel et le monde spirituel ».
Dix-sept rétablit l'harmonie après les luttes de l'existence. Il est l'image de l'homme qui a
réussi son mariage intérieur. Selon Guy Tarade, c'est aussi le nombre de l'Esprit Saint.
Marie, Epouse de l'Esprit Saint, nous aide à nous rapprocher de Dieu. Elle est le pont
entre Ciel et Terre. Elle se fait l'Avocate devant Dieu pour que l'homme obtienne le
pardon de ses fautes et qu'il trouve miséricorde. Ayant ainsi retrouvé la paix intérieure,
l'homme encore sur terre mais animé par l'Esprit Saint peut alors lever les yeux vers le
ciel pour prier son Père Céleste.

La prière du Rosaire de la Vierge Marie est composée de 17 Pater et de 153 Ave Maria.
Or la somme des 17 premiers nombres donne 153.

Les révélations reçues par Mary Jane Even des Etats-Unis énumèrent au total 17 joies que
connue la Bienheureuse Vierge Marie, dont la plus grande fut d'être placée sur le Trône
de Dieu. Nul autre n'a jamais pu acquérir cet honneur.

Raoul Auclair fait remarquer que l'une des apparitions de la Vierge Marie manifeste le
nombre 17. C'était le 17 janvier 1871 (1+8+7+1 = 17) à 17 heures, dans le village de
Pontmain, composé de 17 hameaux. Cette apparition, se déroulant en 17 phases, se
produisit 17 ans après la date de l'épanouissement du Mystère de Marie: la promulgation
du dogme de l'Immaculée Conception. Elle parut devant 70 personnes, ne prononçant
aucune parole, mais écrivit son message en lettres d'or sur le ciel de la nuit. Ce message
comportait 70 signes.

Dix-sept jours séparent la fête de la Présentation de Marie, 21 novembre, de la fête de


l'Immaculée Conception, le 8 décembre.

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Selon les visions d'Anne-Catherine Emmerick, 17 semaines et 2 jours après la


Conception de la Sainte Vierge, soit environ au milieu de la grossesse d'Anne, celle-ci vit
au cours d'une nuit à côté d'elle comme un petit nuage lumineux. Tout à coup « un rayon
se détacha du nuage, se porta sur son côté et y pénétra sous la forme d'une petite figure
humaine. Anne au même instant se dressa sur sa couche, tout environnée de clarté. Elle
fut ravie en extase; son intérieur s'ouvrir devant elle semblable à un tabernacle, et elle y
vit comme une petite vierge toute rayonnante : c'était la vierge dont devait naître bientôt
le salut du monde. Ce fut alors que le petit corps de l'enfant tressaillit pour la première
fois sous le coeur maternel. »6

- 18 -

Pour R. Allendy, ce nombre représente la réalisation de l'amour. Il est un symbole de


bénédiction et de louange. A lui seul, le doux nom de Marie est déjà source de grâces et
de bénédictions de Dieu selon Saint Bonaventure. C'est à ce point que personne ne peut le
prononcer avec piété sans en retirer quelque grâce.

La Vierge Marie était souvent ornée par dix-huit séraphins lorsqu'elle était ravie au ciel
pour être placée à la droite de son Fils sur le trône de la Sainte Trinité, selon les visions
de Marie d'Agréda.

A Lourdes, en 1858, la Vierge apparaît dix-huit fois.

Le nom de Marie dans les Evangiles est employé 18 fois : cinq fois chez Matthieu, une
fois chez Marc et douze fois chez Luc.

- 20 -

Ce nombre est associé à la résurrection selon Creusot. Pour Saint Jérome cependant il est
considéré comme néfaste, de même que pour J. Boehme et R. Allendy, puisqu'il
représenterait le diable, c'est-à-dire le monde matériel opposé au monde spirituel. Dans

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ses promesses du Rosaire, Marie mentionne que celui-ci sera une armure très puissante
contre l’enfer, qu'il substituera dans les coeurs l’amour de Dieu à l’amour du monde et
que celui qui se confie à elle par le Rosaire ne périra pas. La dévotion au Rosaire de
Marie serait ainsi un gage de résurrection.

Les 20 mystères du Rosaire de la Vierge Marie. Le Rosaire en son entier se compose,


depuis le 16 octobre 2002, de 20 dizaines de « Je vous Salue Marie » suite à l'ajout des 5
mystères lumineux du Pape Jean-Paul II. Ces 20 mystères se divisent en quatre grandes
sections: les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux.

Le chapelet des Coeurs Unis de Jésus et Marie est composé de 20 grains, séparés en cinq
groupes de 4 grains, trois petits et un gros. Sur les gros grains, on récite le Notre Père et
sur les petits grains, on récite le Je vous salue Marie.

- 21 -

Selon la Bible, ce nombre symbolise la sagesse divine7, miroir de la lumière éternelle qui,
grâce à sa pureté, traverse et pénètre tout. Pour Claude de Saint-Martin, il est aussi le
nombre de terminaison universelle, tant dans le spirituel que dans le corporel. C'est
pourquoi qu'il est parfois considéré comme un symbole de maturité et de responsabilité
chez un individu. C'est vers l'âge de 20 à 21 ans que l'homme atteint sa taille définitive et
que son mental atteint son plein épanouissement. Peut-être est-ce pour cette raison que
certains pays ont choisi l'âge de 21 ans comme étant l'âge de la majorité.

La Très Sainte Vierge avait 70 ans lorsque a eut lieu son Assomption. Elle vécue 21 ans
après la mort de Jésus, tout comme il y avait 21 années entre la présentation de Jésus au
Temple à 12 ans et sa mort à 33 ans, selon les visions de Marie d'Agréda et de Maria
Valtorta. Ainsi Marie, après l'Ascension de Jésus, resta encore 21 ans sur la terre pour
servir de Mère attentive et priante à l'Église dans l'enfance, de conseillère aussi aux
Apôtres pour toute difficulté pouvant survenir.

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Le texte appelé « Sermo angelicus » ou « Hymne de l'ange », que Sainte Brigitte de


Suède (1303 à 1373) écrivit sous la dictée d'un ange, est composé de 21 lettres. Elles
étaient lues au cours des Matines, dans le couvent de Vadstena, en hommage à la Mère de
Dieu, comme un Office de la Vierge Marie.

Sainte Anne et Saint Joachim donnèrent naissance à la Vierge Marie 21 ans après leur
mariage, selon les visions de Marie d'Agréda.

La Vierge Marie dans ses apparitions à Medjugorje demande de prier le chapelet pour la
paix principalement pour les prêtres et la paix dans le monde. Ce chapelet se compose de
21 grains, auquel est ajoutée une médaille et une petite croix. Sur la croix ou la médaille,
on récite le Je crois en Dieu. Sur chacun des 7 groupes de 3 grains on récite un Notre
Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père

- 24 -

Symbole de totalité et d'accomplissement intérieur, de la double harmonie du ciel et de la


terre. Il représente l'individu conscient et maître de lui-même, en harmonie complète avec
la création selon Warrain. Comme multiple de douze, le nombre vingt-quatre pourrait
également représenter le peuple des deux Alliances: tribus d'Israël et apôtres.

On a l'habitude de représenter la couronne de la Vierge avec 24 fleurons, comprenant six


fleurs: lys, crocus, violette, rose, tournesol, camomille. Six astres: Vénus, Bouvier,
l'étoile marine, le Soleil, la Lune, Orion. Et douze pierres précieuses empruntées à
l'Apocalypse et au Pectoral d'Aaron.

Le Coran parle de Marie en termes respectueux, voire admiratifs, et invite fréquemment à


« se souvenir » d’elle. Son destin étant lié à tout jamais à celui de son fils, c'est par 24
fois que le titre « Jésus, fils de Marie » est cité dans le Coran.

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Sainte Anne avait 24 ans lorsqu'elle prit comme époux Saint Joachim selon les visions de
Marie d'Agréda. Ils furent plus tard les parents de la Vierge Marie.

- 30 -

Ce nombre représente l'équilibre parfait dans l'organisation cosmique. Il exprime la


maturité où l'homme peut finalement récolter ce qu'il a semé. Pour Huguette Hirsig, c'est
l'âge mystique, soit une forme de renaissance où la personne entre dans une nouvelle
phase de son existence.

Selon les révélations reçues par Maria d'Agréda, la Vierge Marie parvenue à l'âge parfait
de 30 ans, cessa de vieillir. Elle n'aurait jamais changé d'apparence physique depuis sa
30e année sur terre, sa beauté étant à la fois intérieure et extérieure.

Dans les apparitions de la Vierge Marie à Lourdes, en 1858, celle-ci se nomme en trente
lettres, « Che soy era immaculada counceptiou » se traduisant par : « Je suis l’Immaculée
Conception. »

Dans les révélations de frère Joseph-François, la Vierge Marie demanda un jour aux
prêtres de sa localité de se consacrer à son Coeur Immaculé, « mais au lieu de cela, ils se
moquent gravement de Moi. Des milliers de titres m'ont été donnés depuis 250 ans; en
connaissent-ils aussi peu que 30? »

- 33 -

Selon R. Allendy ce nombre montre la créature libre liée aux plans du Créateur par des
liens de justice et d'amour. C'est à l'âge de 33 ans que Jésus-Christ mourut par amour sur
la Croix afin d'apaiser la justice du Père pour que nous puissions obtenir miséricorde. Si
ce nombre porte le chiffre de sa Très Sainte Trinité, 3, c'est pour notamment mettre en
relief les Attributs qui forment le Caractère Saint de Dieu et dont dépend l'Harmonie de

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tout l'Univers: Amour, Justice et Miséricorde. Dieu doit faire en sorte qu'aucun de Ses
Attributs ne soit contrarié au profit d'un autre.

Les 33 promesses dites par le Seigneur pour ceux qui feront les neuf premiers samedis du
mois, dédiés à la Vierge Marie en réparation des offenses et des blasphèmes proférés
contre son Coeur Immaculé. Elle-même aurait ajouté une promesse supplémentaire pour
inciter les gens à cette pieuse pratique.

A partir du 29 novembre 1932 jusqu’au 3 janvier 1933 (couvrant la période de l'Avent et


de Noël), la Vierge Marie apparaît 33 fois à cinq enfants demeurant à Beauraing, petit
bourg de Belgique dans le diocèse de Namur, sous le vocable de « Marie au Coeur d'Or ».
Les noms des cinq enfants sont Gilberte et Andrée Degeimbre, Albert, Fernande et
Gilberte Voisin. Dans ses messages, Marie brosse sommairement la situation du monde
en péril et nous enseigne ce que nous devons faire pour changer ces ténèbres en lumière.
La Vierge aurait aussi apparu à 33 reprises à une femme nommée Mirna demeurant à
Damas et qui vivrait dit-on des phénomènes plutôt mystiques. Ses mains se mettent
parfois à suinter de l'huile et elle souffre quelque fois les plaies du Christ. Et la dernière
fois qu'elle lui est apparue elle lui aurait dit qu'elle ne reviendrait plus jusqu'à ce que les
dates de Pâques Catholique et Orthodoxe soient unifiées.

A Rome aux Trois Fontaines, samedi le 12 avril 1947, la Vierge Marie apparue à un
protestant, nommée Bruno Cornacchiola, au moment où ce dernier s'apprêtait à rédiger
un article virulent contre l'Immaculée Conception et contre l'Assomption de Marie. Suite
à ce fait, il se convertit à la religion Catholique. Trente-trois ans plus tard, jour pour jour,
de la première apparition, soit le 12 avril 1980, le samedi après Pâques (non seulement la
date mais la fête liturgique coïncide), plus de trente mille personnes rassemblées sur la
colline des eucalyptus pour la messe anniversaire furent témoins du miracle du soleil
comme il se produisit à Fatima, sauf que le soleil ne menaçait pas de fondre sur la terre.

- 37 -

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Selon les Pères de l'Église, trente-sept est un symbole christique. Il est le symbole de la
parole vivante de Dieu. D'autre part certaines tribus indiennes d'Amérique du Nord
avaient comme symbole de spiritualité une croix dessinée dans un cercle dont les
extrémités de la croix dépassaient un peu le cercle, symbolisant les quatre étapes de la vie
humaine. Le quatrième quart marquait l'âge de la sagesse et commençait à l'âge de 37
ans. Cet âge est considéré comme marquant une étape importante de la vie humaine.
L'homme cesse alors d'être comme un « petit enfant », passant à une maturité strictement
plus adulte. En réalité 37 ne désigne pas tant un nombre d'année de vie qu'un temps de
maturité nécessaire pour qu'un individu puisse entrer dans sa véritable dimension
spirituelle.

Le Rosaire de la Sainte Trinité, tel que révélé par la Vierge Marie à C. Alan Ames en
1993 compte en tout 37 prières8 : soit 33 Notre Père, 3 Gloire au Père et une fois la prière
Salve Regina dite à la fin.

Selon les visions d'Anne-Cathérine Emmerick, 70 saintes femmes faisaient parties des
disciples du Christ, dont Marie sa mère. Mais il semble que 37 d'entres elles le furent
presque depuis le début et d'une manière plus active que le reste des autres. On lit en effet
dans ses écrits : « Il (Jésus) se rendit ensuite à la maison de Marie, où toutes les femmes
étaient réunies, ainsi que beaucoup de ses parents et de ses disciples. On prit là un petit
repas. J'ai compté cette nuit toutes les saintes femmes qui, jusqu'à la mort de Jésus, firent
partie de la communauté chargée de l'assister. Il y en eut soixante dix : cette fois, j'en ai
compté déjà trente-sept qui prennent dès à présent une part active à cette oeuvre. Les
filles de Lais de Naïm, Sabia et Athalie, furent à la fin du nombre de celles qui se
portaient partout où leur présence pouvait être utile. Je les ai vues, au temps de saint
Etienne, parmi les fidèles qui avaient établi leur domicile à Jérusalem. »

Au 2e siècle l'empereur Dioclétien à Rome fut épris de la beauté de Sainte Philomène


alors âgée de treize ans et il la demanda en mariage. Mais comme celle-ci avait déjà fait
voeu de virginité (chasteté) à Dieu, elle refusa. Quand l'empereur Diocétien apprit sa
décision, il fut troublé et dit : « Si tu ne veux pas de mon amour, tu ressentiras mon

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pouvoir! » Et il donna l'ordre de l'enchaîner et de la jeter en prison avec seulement du


pain et de l'eau chaque jour. Après 37 jours, la Sainte Vierge lui apparut et lui dit qu'elle
devait rester en prison encore trois autres jours et ensuite qu'elle souffrirait à différentes
épreuves. Le quarantième jour elle fut fouettée. Après lui avoir fait subir plusieurs autres
supplices, et devant son refus à son autre proposition de mariage, l'empereur la fit
finalement décapiter.

La Cathédrale Notre-Dame de Paris compte à l'intérieur 37 chapelles latérales.

- 38 -

Pour R. Allendy ce nombre marque l'initiation individuelle, face à l'organisation et à la


volonté divine, résultant d'un effort d'initiative. Faisant allusion à l'homme guéri par Jésus
à la piscine de Bethesda qui était infirme depuis 38 ans9, Saint Augustin fait de ce
nombre le symbole de la maladie. Par extension, il symbolise la fin d'un temps d'épreuve
où l'homme peut finalement exprimer librement sa louange à Dieu.

La Magnificat de la Vierge Marie10 est considéré comme un hymne à la joie, une


mosaïque de textes de l'Ancien Testament que Marie a dû longtemps portés dans son
coeur. Certains auteurs mentionnent en effet que le Magnificat contient 38 allusions à des
passages de l'écriture dont 18 sont des Psaumes.

C'est en plein hiver janvier 1871 et en pleine guerre que la Vierge Marie apparaît à
Pontmain pour visiter son peuple plongé dans l'angoisse. Paris est assiégé, les Prussiens
sont aux portes de Laval. Parmi les soldats français, c'est le désordre et la panique. Sur
une population de cinq cents habitants, la paroisse de Pontmain a vu partir trente-huit
jeunes appelés sous les drapeaux. Aux misères de la guerre s'ajoute une épidémie de
fièvre typhoïde et de variole. Tout va mal. Mais le 17 janvier 1871 Marie apparaît devant
les villageois de Pontmain. Une veillée de prières s'organise vite. Tout à coup une
banderole se déroule dans le ciel. Lettre après lettre, un message s'inscrit pendant que la
foule chante les litanies de la Vierge : « Mais, priez mes enfants, Dieu vous exaucera en

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peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » L'armistice sera signé onze jours plus tard et
les allemands ne sont pas entrés à Laval. Les trente-huit soldats mobilisés dans la
paroisse de Pontmain reviennent tous indemnes.

- 45 -

Ce nombre symbolise la solidarité qui s'exprime dans la vie de tous les êtres selon R.
Allendy. D'autre part, un compas ouvert à quarante-cinq degrés indique que la matière
n'est pas complètement dominée, qu'il n'y a pas équilibre parfait entre les forces de
l'esprit et de la matière. Une façon d'exprimer la solidarité entre les hommes est de prier
pour les pécheurs afin de les libérer de l'attrait que la matière porte sur eux et qu'ils
élèvent leur esprit vers Dieu.

Sainte Gertrude d'Helfta (1256–1303) apprend de la Vierge Marie à réciter chaque jour
de l'octave de l'Annonciation quarante-cinq Ave Maria, « en mémoire des jours que le
Seigneur mit à croître dans son sein. » Gertrude compris qu'il fallait prier pour les
souffrants, pour la persévérance des pénitents et pour le pardon des pécheurs.

A ceux qui diront pendant un an les « Quinze Oraisons » révélées à sainte Brigitte par
Notre Seigneur, Celui-ci promet qu'un total de 45 personnes de sa lignée seront aidées par
Lui. Ainsi, celui qui fera cette pieuse pratique « délivrera du Purgatoire quinze âmes de
sa lignée; quinze justes de sa même lignée seront confirmés et conservés en état de grâce
et quinze pécheurs de sa même lignée seront convertis. » D'autres promesses sont
données aussi pour celui qui les dira. La récitation de ces Quinze Oraisons doivent être
accompagnés de quinze Pater Noster et de quinze Ave Maria.

- 49 -

Comme carré de sept, valeur numérique représentant la perfection, ce nombre serait un


symbole eschatologique. Jacob Boehme y voit pour sa part le Paradis. Pour R. Allendy il
représenterait le développement des étapes évolutives et de leurs degrés. Pour le peuple

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hébreu, le cycle du grand jubilé s'étendait sur une période de 49 années.11 La


cinquantième année, l'année jubilaire, était une année sabbatique rappelant
symboliquement la libération du peuple hébreu et le don de la terre promise. Dans ce
contexte, ce nombre représente une période de travail et de peine au bout duquel est
réservé un temps de joie et de fête. Selon Eckartshausen, il devrait normalement mener à
une ascension spirituelle, à l'illumination. A ce nombre est accordé également une
certaine dignité puisqu'on le retrouve dans les noms des douze Tribus d'Israël renfermant
au total 49 lettres hébraïques et dans la prière du Notre-Père constituée de 49 mots latins
sans compter le mot Amen à la fin.

La Vierge Marie était âgée de 49 ans lors de l'Ascension de son Fils Jésus.

Le chapelet des larmes de douleur de Marie, composé de 49 grains, est un chapelet dédié
aux souffrances de la Vierge Marie.

Les 49 litanies de la Sainte Vierge : Sainte Marie, Sainte Mère de Dieu, Sainte Vierge des
Vierges, Mère du Christ, Mère de la divine grâce, Mère très pure, Mère très chaste, Mère
toujours vierge, Mère sans tache, Mère aimable, Mère admirable, Mère du bon Conseil,
Mère du Créateur, Mère du Sauveur, Vierge très prudente, Vierge vénérable, Vierges
digne de louange, Vierge puissante, Vierge clémente, Vierge fidèle, Miroir de justice,
Siège de la sagesse, Cause de notre joie, Vase spirituel, Vase honorable, Vase insigne de
dévotion, Rose mystique, Tour de David, Tour d'ivoire, Maison d'or, Arche d'alliance,
Porte du ciel, Etoile du matin, Salut des infirmes, Refuge des pécheurs, Consolatrice des
affligés, Secours des chrétiens, Reine des Anges, Reine des Patriarches, Reine des
Prophètes, Reine des Apôtres, Reine des Martyrs, Reine des Confesseurs, Reine des
Vierges, Reine de tous les Saints, Reine conçue sans la tache originelle, Reine élevée
dans les cieux, Reine du très saint Rosaire, Reine de la paix.

- 53 -

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Les Juifs ne lisaient plus le chapitre 53 d'Isaïe. Autrefois, en effet, ce passage était
justement appelé « la mauvaise conscience des synagogues ». Isaïe annonçait qu'Israël
rejetterait le Messie qu'il attendait, parce que celui-ci ne serait pas revêtu de la splendeur
royale, « méprisé et abandonné des hommes ». « Il a été opprimé... et il n'a pas ouvert la
bouche ». « Qui a cru qu'il était retranché des vivants et frappé pour les péchés de mon
peuple? »12 Les trois évangiles synoptiques comportent en tout 53 mentions de récits de
guérisons opérées par la parole ou les mains du Christ. Ce nombre représente en quelque
sorte la sanctification de la nature humaine.

Dans la récitation du chapelet, la prière de l'Ave Maria est répétée 53 fois.

Le 19 septembre 1846, Notre-Dame est apparue à La Salette en France, à deux enfants,


Mélanie et Maximin, qui ont reçus des secrets ne pouvant être révélés qu'en 1858.
Mélanie s'est fait confier le secret que Lucifer, avec une multitude de démons, seraient
relâchés de l'enfer en 1864, qu'ils détruiraient peu à peu la foi, que Rome perdrait la foi et
deviendrait le siège de l'Antéchrist. Or 53 ans après 1864, soit après la libération de
Lucifer et d'une multitude de démons, la Vierge Marie apparaît pour la première fois le
13 mai 1917 à Fatima à trois jeunes bergers leur révélant un secret divisé en trois parties.
Dans ses messages, Marie parle entre autre du Dragon rouge de la Russie auquel elle
demande la consécration à son Coeur Immaculé. Sinon, la Russie répandra ses erreurs à
travers le monde, causant des guerres et la persécution de l'Église.

Une jeune fille, nommée Debora et demeurant à Manduria (ville située en Italie),
recevrait des messages de la Vierge Marie et de Jésus depuis environ 1992. Parfois elle
subirait aussi la passion où du sang coulerait de ses mains ou de son front. Souvent il y a
des signes qui se dessinent sur les mouchoirs qu'elle utilise pour tamponner ce sang,
comme par exemple des croix, le signe du poisson, un coeur avec la croix, etc. Quelques
fois il y a aussi des lettres qui apparaissent comme le mot grec formé par les lettres Iota,
Alpha, Omega et Tau. Dans la langue grecque tout comme dans la langue hébraïque, il
n'existe pas de chiffres et chaque lettre de l'alphabet est associée à un nombre. Le mot
grec apparaissant ainsi sur le mouchoir pourrait également être considéré comme un

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nombre donné par la somme de chacune des lettres valant respectivement 9, 1, 24 et 19.
Le somme donne 53.

Du 5 juin 1975 jusqu'en 1985, en Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis, une statue de Notre-
Dame de Fatima appartenant à une exilée cubaine, pleure 53 fois. D'autres par la suite se
mirent à verser des larmes (une deuxième statue de Notre-Dame de Fatima, une autre de
Notre-Dame de Lourdes, un Sacré-Coeur), ou à saigner (un crucifix, un Ecce Homo).
Cependant la propriétaire des objets ayant refusé de s'en dessaisir pour les besoins de
l'enquête, l'autorité ecclésiastique observa à l'égard de ces manifestations une attitude très
réservée.

- 55 -

Symboliquement ce nombre représente l'homme total et complet, mais il serait aussi


représentatif de la Vierge Marie par sa ferveur et son attitude priante, symbolisé par les
deux mains qui se joignent au moment de la prière pour refaire l'unité sous forme de dix,
mais pouvant aussi s'exprimer sous la forme de 55, « addition dans le sens de la divine
sagesse » selon Saint Martin. Par 55 fois dans le Nouveau Testament de la Bible de
Jérusalem il est fait référence à la Vierge Marie: 26 fois par le mot mère, 10 fois par le
mot femme et 19 par le nom de Marie. Dans la TOB, le nom de Marie revient 55 fois.

Cinquante-cinq années séparent l'Annonciation de l'Assomption de la Vierge.

Ce nombre se retrouve dans le chapelet de la Vierge Marie : le cercle formé par le collier
est composé de 55 grains. Dans les visions de Marie d'Agréda, celle-ci fait mention d'un
chiffre mystérieux rattaché à un collier dont la description fait penser à celle du chapelet.
Quelques jours avant la naissance de Jésus, la Vierge Marie fut portée au Ciel. En signe
des privilèges qu'elle avait comme Épouse de Dieu et comme Reine de l'Univers, elle fut
revêtue par deux séraphins d'habits et de joyaux splendides, dont un collier auquel
pendait trois pierres précieuses avec un chiffre mystérieux dont le sens ne lui fut pas

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découvert. Ce n'est qu'après la naissance du Sauveur que le secret des chiffres de


l'ornement lui fut révélé.

En tant que Corédemptrice avec le Christ, la Vierge ressentie de façon mystérieuse sur
son corps toutes les souffrances de son Fils depuis le début de sa passion. Suite à la mort
de Jésus en croix, ces souffrances continuèrent encore et ce, jusqu'à la résurrection de son
Divin Fils. Pendant 55 heures elle supporta ses souffrances depuis le début de l'agonie de
Jésus à Gethsémani jusqu'à sa résurrection. Le chiffre 55 pourrait représenter l'union des
5 plaies physiques de Jésus avec les 5 plaies mystiques de Marie.

Le chapelet de la Sainte Famille est composé de 55 grains, divisés en cinq dizaines. Sur
les petits grains, les noms de Jésus, Marie et Joseph sont invoqués. Sur les gros grains,
une prière est adressée au Coeur Sacré de Jésus pour protéger nos familles. Enfin, sur la
croix, le priant dit « actes de Foi, d'Espérance et de Charité ».

Les apparitions de la Vierge Marie à Amsterdam, Pays-Bas, ont débuté le 25 mars 1945,
fête de l'Annonciation, et se sont poursuivies jusqu'au 31 mai 1959. Il y eut un total de 55
apparitions. Notre-Dame est apparue à une femme d'âge moyen du nom d'Ida Perleman et
lui a confié des messages concernant les événements futurs dans le monde et dans
l'Eglise. La prophétie la plus significative donnée par Notre-Dame concerne le dernier
dogme de l'histoire mariale qui sera promulgué par le pape. Ce dogme déclarera que
désormais, Marie portera les titres de Corédemptrice, Médiatrice et Avocate.

- 56 -

Certains auteurs considèrent ce nombre comme néfaste pour les pécheurs non repentis
faisant face à la justice divine. Pour Claude de Saint-Martin, ce nombre représente « l'être
pervers aux prises avec les principes de la nature et livré à sa propre justice. » Saint
Martin déclare pour sa part que « la loi du nombre cinquante-six, loi effrayante,
épouvantable pour ceux qui s'y exposent. » Mais la Mère de Dieu, possédant également

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les titres de Mère de Miséricorde et de Mère des pécheurs, est connue comme celle qui
n'abandonne jamais le pécheur qui a recourt à son intercession.

C'est sous le vocable de « La Dame de Tous les Peuples » que la Vierge Marie apparut
plusieurs fois à la voyante Ida Peerdeman à Amsterdam. En quinze ans, à partir du 25
mars 1945 jusqu’au 31 mai 1959, la voyante reçoit en tout 56 messages de la Sainte
Vierge. Ces messages étaient recueillis la plupart du temps pendant l'apparition même,
avec l'aide de certains témoins qui consignaient les paroles de la voyante, celle-ci répétant
ce que la Dame lui disait.

- 59 -

Représente la solidarité des êtres poursuivie dans l'incarnation, selon R. Allendy. Et pour
Jacob Boehme il est la demeure l'Homme spirituel. La solidarité spirituelle des gens à
persévérer dans la récitation du saint Rosaire permettra de vaincre Satan nous a souvent
mentionné la Sainte Vierge au cours de ses différentes apparitions à travers le monde.

Le chapelet des larmes de douleur de Marie est un chapelet dédié aux souffrances de la
Vierge Marie. Il est différent du chapelet du Rosaire. Pour prier le chapelet des larmes de
douleur, il faut d'abord dire une prière d'entrée. Le chapelet compte 59 grains et les
prières habituelles du Rosaire (Notre Père, Ave Maria, Gloria et Credo) sont remplacées
par d'autres. Au lieu d'avoir une croix, ce chapelet a une grande médaille suivie de trois
petits grains, puis un seul grain, puis une autre médaille de Notre Dame de Lourdes.
Ensuite il y a sept séries de sept grains séparés par un grain chacun.

Les 59 promesses données par la Sainte Vierge Marie pour ceux qui réciteront et
porteront fidèlement le chapelet de corde. Il s'agit d'un petit chapelet en corde noué,
composé de 60 noeuds, et au bout duquel est rattaché un crucifix doré. Parmi ces
promesses on retrouve principalement des grâces de conversion, de guérison, de secours,
de protection et des bénédictions de toutes sortes.

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Selon le livre apocryphe « Transitus Mariae », relatant principalement la mort et


l'Assomption de la Vierge Marie, celle-ci aurait vécu sur la terre pendant 59 ans.

- 68 -

Ce nombre symbolise le monde de l'Homme, comparativement au 76 qui symbolise celui


des Ames. Considérant l'unité, le 1, comme étant l'Esprit qui les unit, le trait d'union ou le
lien, l'addition de ces trois valeurs, soit 144, représenterait la globalité de cet Univers. A
ce titre, le nombre 67 représente un stade de finalisation, ou plutôt une porte d'entrée où
l'homme voit s'ouvrir devant lui d'autres perspectives spirituelles.

C'est à l'âge de 67 ans que la Très Sainte Vierge mourut selon les propos de Baronius.
Celui-ci se fonda sur un passage du Chronicon d'Eusèbe pour avancer cette hypothèse.
Toutefois, ce passage demeure discutable et la tendance actuelle est de le regarder comme
une approximation. D'autre part il est écrit dans les visions de Marie d'Agréda que
lorsque la Vierge Marie fut rendu à l'âge de 67 ans, la Sainte Trinité envoya l'archange
Gabriel avec une multitude d'esprit bienheureux pour annoncer à leur reine que dans trois
ans elle passerait à la gloire éternelle. La Vierge Marie serait ainsi décédée à l'âge de 70
ans.

Du mois d'octobre 1998 jusqu'en janvier 2002, la Vierge Marie est apparue à
Valkenswaard près d'Eindhoven, au Pays-Bas, sous le vocable de Notre-Dame de tous les
peuples. Le contenu principal des messages est d'en finir avec les avortements, prier, y
compris devant les cliniques d'avortement, faire pénitence et répandre son mot d'ordre.
Elle a choisi comme instrument une femme originaire de Nouvelle-Guinée, Agatha
Molki, qui tombe régulièrement en extase pendant dix à quinze minutes. Elle voit souvent
Marie, parfois Jésus et plus fréquemment des anges. Jusqu'en janvier 2002 on compte 67
apparitions de la Vierge Mère et 128 apparitions multiples, dont 61 apparitions des anges,
de Padre Pio, de Saint Joseph et de Jésus.

- 70 -

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Ce nombre correspond à la totalité d'une évolution où un cycle évolutif est complètement


achevé, selon Saint Augustin. Soixante-dix ans est aussi la durée des jours d'un roi nous
dit Isaïe.13 Le psalmiste fixe également le cours ordinaire de la vie humaine à 70 ans.14
Selon la Bible, ce nombre représenterait l'universalité et il serait en rapport avec
l'administration du monde par Dieu.

La Très Sainte Vierge avait 70 ans lorsque a eut lieu son Assomption. Selon certaines
révélations mystiques, peu avant son Assomption, la Vierge aurait prié et demandé au
Seigneur la libération de toutes les âmes du purgatoire et cette grâce lui aurait été
accordée au moment même de son enlèvement. Ces âmes auraient par la suite participé
au Couronnement de la Vierge au Ciel. Aussi est-il coutume de croire qu'à chaque fête de
l'Assomption, célébrée le 15 août, la Très Sainte Vierge descend au purgatoire et remonte
au Ciel suivie d'une multitude d'âmes qu'elle a délivrées.

Lors d'une apparition de la Vierge Marie, dans le village de Pontmain, le 17 janvier 1871,
celle-ci parut devant 70 personnes, ne prononçant aucune parole, mais écrivit son
message en lettres d'or sur le ciel de la nuit. Ce message comportait 70 signes.

Un message de la Vierge Marie reçu par Don Gobbi le 13 octobre 1987, à Fatima, à
l'occasion du soixante-dixième anniversaire des apparitions, transmet certaines
informations concernant l'heure finale de Satan : « Il y a septante (70) ans que je suis
descendue du ciel parmi vous comme la Femme vêtue du soleil. Il y a septante ans que
mon adversaire est monté de l'abîme et se promène parmi vous, se manifestant comme le
dragon rouge dans toute sa terrible puissance. Il a réussi à étendre son règne dans
plusieurs nations et à répandre l'incroyance et la révolte contre Dieu dans chaque coin
de votre planète. (...) Bientôt son règne sera réduit à un morceau de ruines et son pouvoir
sera détruit parce que moi-même, je le lierai au moyen d'une chaîne et je l'enfermerai
dans son étang de feu éternel et de mort d'où il ne pourra plus sortir. »

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Le chapelet des sept allégresses, ou couronne franciscaine, fut enseigné par la Vierge
Marie à un novice franciscain nommé Bernardin de Sienne. Il se récite sur un chapelet
composé de sept dizaines de grains. Sur chaque dizaine sont dites les prières habituelles :
un Notre Père sur le gros grain, 10 Je vous salue Marie sur les petits grains, suivi à la fin
d'un Gloire au Père. On parvient ainsi à 70 Je vous salue Marie. Les gens avaient
l'habitude d'ajouter à la toute fin deux autres Ave Maria pour honorer pensaient-ils les 72
années passées sur la terre de la Mère de Dieu.

- 92 -

Symbolise la force de surmonter les obstacles et la vanité des choses terrestres.

Selon le livre apocryphe « Transitus Mariae », relatant principalement la mort et


l'Assomption de la Vierge Marie, un passage fait mention d'un miracle attribué à la
Vierge où 92 navires, poussés par de grands vents et par les flots, furent sauvés lorsque
les matelots prièrent en invoquant Marie.

Une jeune fille, nommée Debora et demeurant à Manduria (ville située en Italie),
recevrait des messages de la Vierge Marie et de Jésus depuis environ 1992. Mais avant
même que la Vierge apparaisse à Debora, il y eu plusieurs lacrymations de larmes
humaines, de sang et d'huile sur des statues et des images dans sa chambre. De la fin de
1993 à 1997, on a pu compter 347 lacrymations de sang de la grande statue de la Madone
et 92 du crucifix exposé à la chapelle.

- 101 -

En 1973, à Akita au Japon, la Vierge Marie apparut à Soeur Agnès Sasagawa et à partir
de ce jour elle reçue des messages quotidiens dans ces apparitions. La statue de son
couvent, une copie exacte de l'image de Notre-Dame de toutes Nations, a versé des
larmes à 101 occasions. Tout comme les apparitions à Amsterdam, les messages de Soeur
Agnès réfèrent à la Vierge Marie comme Corédemptrice. Un jour, son ange gardien lui

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apparut avec une Bible ouverte. Lorsque Soeur Agnès reconnut le passage du chapitre 3,
verset 15 du livre de la Genèse, l'ange lui expliqua : « Il y a une signification au chiffre
101. Il signifie que le péché est entré dans le monde par une femme et c'est par une
femme que viendra le salut. Le zéro entre les deux 1, représente le Dieu éternel qui est de
toute éternité jusqu'à l'éternité. Le premier 1 représente Eve et le deuxième, la Vierge
Marie. » Le Père Yasuda, le directeur spirituel de Soeur Agnès, commenta que ce
passage de la Genèse s'appelle le Protévangile et est considéré comme la première lueur
du salut, la première promesse d'un Sauveur, faite par Dieu. C'est aussi le premier verset
de la Bible à faire allusion à l'Immaculée Conception de Marie, qui ne fut jamais sous la
domination de Satan.

La dévotion envers Notre-Dame était particulièrement grande dans l'Eglise primitive et


plusieurs édifices religieux ont été consacrés en son honneur. C'est ainsi qu'en l'an 101,
Clovis 1 dédia une église près de Paris à Notre-Dame d'Argenteuil.

En hébreu, les lettres hébraïques sont aussi considérées comme des nombres, en
correspondance avec l'ordre de l'alphabet. C'est ainsi que la valeur numérique du mot
hébreux MLVKE (mem, lamed, waw, kaph, he), signifiant royaume et aussi princesse
vierge, donne 101 (=40+30+6+20+5).

- 108 -

Il est considéré comme le nombre de l'homme en tant que réalisant la synthèse du ciel
(36) et de la terre (72). Il symbolise le sommet qu'un homme peut atteindre pendant son
incarnation par la prière et la discipline personnelle, et il est ainsi le nombre de
l'accomplissement. Pour Henri Blanquart, il symbolise le cheminement des ténèbres vers
la lumière.

A Medjugorje, au cours du mois d'octobre 1997, 139000 communions ont été distribuées
dans le Sanctuaire de la Reine de la Paix. Il y eu 3364 prêtres du pays et de l'étranger qui
ont concélébré les messes, c'est-à-dire 108 prêtres par jour.

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Il y eu 108 statues ou icônes de la Vierge Marie qui sillonnèrent les routes de France
jusqu'en automne 1996. Ensuite, elles parcoururent l'Europe et le monde. Leur destination
finale de ce périple était Bethléem, lieu de naissance du Christ, le jour de Noël de l'an
2000. Ce pèlerinage a fonctionné à deux vitesses: d'un côte, les statues étaient placées
dans des églises, des couvents, des hôpitaux; de l'autre, il était aussi possible de recevoir
une Vierge à la maison, dans son foyer. Le but de ce périple était de convertir les âmes,
favoriser l'unité des chrétiens, mais aussi un appel pressant destinés aux croyants « tièdes
» pour qu'ils reviennent au sein de l'Eglise. Il est intéressant de mentionner au passage
que dans la Bible le mot grec « ekklesia », désignant l'Eglise, revient 108 fois.

Depuis le 25 mars 1976, c'est sous le vocable de « Mère de la réconciliation de tous les
peuples » que la Vierge Marie apparaît à Maria Esperanza Bianchini, à Betania au
Vénézuela. En plus des apparitions et des messages qu'elle reçoit, Maria est comblée de
phénomènes mystiques. Par exemples, le Vendredi Saint, elle saigne des stigmates du
Christ et à diverses reprises, une hostie apparaît miraculeusement sur sa langue. Une
apparition en particulier, au cours de laquelle 108 personnes ont vu la Vierge à Betania,
s'est produite le 25 mars 1984 et fut approuvée par l'évêque du diocèse, Mgr Pio Bello
Ricardi.

Le 8 septembre 1995, jour d'anniversaire de la Vierge Marie, fut célébrée en France, au


Puy, cette fête de Notre-Dame. Pour cette occasion, 108 statues différentes étaient
présentes.

Le 24 mars 1991, à l'Eglise de San Martino, pendant la prière à l'occasion de la


consécration à la Vierge de 108 personnes provenant de Saccolongo (Padoue) et villages
limitrophes, la Vierge aurait apparu en silence et les aurait beni.

Les 108 litanies de la Vierge de l'Olivier béni.15

- 120 -

139
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Représente la puissance et la gloire du Christ-Roi au sein de la Sainte Trinité. Et dans


l'universalité de la création il semble être également la limite à laquelle l'homme ne peut
dépassé.

Selon quelques livres apocryphes, ils étaient 120 qui reçurent le Saint Esprit le jour de la
Pentecôte, incluant les 12 apôtres et la Vierge Marie. Et juste avant l'Assomption de
Marie, 120 vierges étaient occupées à la servir.

Le jour de son Ascension, Jésus « avait réuni au cénacle cent vingt personnes, y compris
les apôtres, les soixante-douze disciples, saint Lazare et les Marie. Il leur dit avec une
tendresse paternelle : Mes très chers enfants, je vais revenir à mon Père, mais je vous
laisse en ma place ma Mère, qui sera votre mère, votre avocate, votre consolatrice. Celui
qui connaîtra ma Mère me connaîtra; celui qui l'écoutera m'écoutera; celui qui
l'offensera m'offensera et celui qui l'honorera m'honorera. Vous la reconnaîtrez tous
pour votre mère et votre supérieur, et vos successeurs la traiteront aussi de cette
manière. Elle résoudra toutes vos difficultés et vous me trouverez en elle toutes les fois
que vous me chercherez, car j'y demeurerai jusqu'à la fin du monde, et je m'y trouve, du
reste, maintenant, mais d'une façon qui vous est cachée. »16

- 150 -

La dévotion au Rosaire remonterait aux origines de l'Ordre des Dominicains où de vieux


livres de piété racontent comment Saint Dominique, venu à Toulouse combattre l'hérésie
cathare qui ravageait alors le Languedoc, s'était retiré au plus profond d'une forêt pour y
prier. Tandis qu'il « réclamait le secours de la Mère de Dieu » il vit soudain apparaître la
Vierge, « accompagnée de trois principales Dames et de cent cinquante autres
Demoiselles du Paradis », qui n'étaient autres que les figures symboliques « des trois
sortes de Mystères et des cent cinquante Ave Maria dont le Rosaire est composé ». La
Vierge lui aurait alors recommandé de propager la prière du chapelet qu'elle lui remit
pour triompher de l'hérésie. Fortifié par cette vision mystique, Saint Dominique s'en

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revint à Toulouse, où les habitants, miraculeusement avertis, s'étaient rassemblés dans la


principale église de la ville pour l'entendre prêcher « les Merveilles du Rosaire », dont la
pieuse pratique était le gage du salut éternel. C'est ainsi qu'il les aurait convaincus de
revenir à la vraie foi. Ce récit alimenta longtemps la ferveur populaire. Mais les historiens
ont établi qu'en réalité la pratique du Rosaire aurait apparue deux siècles plus tard et
qu'elle avait sa source dans un ouvrage intitulé « De utilitate psalterii Mariae », écrit vers
1470 par un religieux dominicain breton, Alain de la Roche, qui en attribua l'origine à la
vision de Saint Dominique. Comme cent cinquante psaumes sont contenus dans le
psautier, il préconisa la récitation du même nombre d'Ave Maria, groupés par dizaines et
séparés par un Pater, en recommandant de les accompagner par une méditation sur les
épisodes de la Vie du Christ et de la Vierge, répartis en mystères joyeux, douloureux et
glorieux.

Alain de l'Anvallay était chevalier breton et il combattait pour la foi contre les Albigeois.
Un jour, alors qu'il était environné de tous côtés par ses ennemis, la Sainte Vierge serait
venue à son secours en lançant contre eux cent cinquante pierres et le délivra de leurs
mains. Un autre jour, son vaisseau étant abîmé après qu'il eut fait naufrage, cette bonne
Mère lui fit paraître cent cinquante petites collines par sur lesquelles il aborda en
Bretagne. Et pour remercier la Sainte Vierge des miracles qu'elle avait faits en sa faveur à
cause du Rosaire qu'il récitait tous les jours, il fit construire à Dinan un couvent pour
loger les religieux du nouvel ordre de Saint Dominique et, après s'être fait lui-même
religieux, il mourut saintement à Orléans.

A la septième apparition de Notre Dame de Lourdes le 23 février 1858, Bernadette se


rend à la Grotte entourée de cent cinquante personnes. Mais à l'apparition la Vierge lui
révèle un secret « rien que pour elle ».

- 153 -

Les Pères de l'Église s'accordent à voir dans le nombre 153 un symbole de la catholicité
de l'Église, parce qu'il serait le nombre de l'universalité. Il figure aussi les fidèles et les

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saints admis au paradis où Dieu les récompense, symbolisant ainsi l'ensemble des
rachetés. Saint Augustin va dans le même sens en affirmant qu'il symbolise la totalité des
élus.

Dans la récitation du Rosaire, correspondant à la récitation de trois chapelets, la prière de


l'Ave Maria est répétée 153 fois. Dans le premier chapelet, 53 Ave Maria, dans le
deuxième et le troisième, 50 Ave Maria car l'introduction des trois premiers Ave Maria
n'est pas répétée, ce qui donne pour somme 153. La prière du Notre Père est, quant à elle,
dite 17 fois. Or la somme des 17 premiers nombres donne 153. Le Rosaire est souvent
considéré comme une couronne de rose de 153 Ave Maria, dont chacune d'elle serait
aussi composée dit-on de 153 pétales. Dans les messages reçus par J.N.S.R., Jésus lui
déclare à un moment donné : « Mon Enfant chérie, prends ton Rosaire en mains, égrène
les cent cinquante-trois Ave Maria et tu verras, à chaque fois ce même nombre, cette
même quantité d'Ames sauvées du fond des eaux troubles, du fond de ces trous qui n'ont
plus de fond, car nous les repêcherons avant qu'ils tombent dans le Néant. »

La Salutation angélique, l'Ave Maria, en latin comprend 153 lettres :

Ave Maria, gratis plena 19


Dominus Tecum 12
Benedicta tu in mulieribus 23
(et) Benedictus fructus ventris tui, Jesus 32
Sancta Maria, Mater Dei 19
Ora pro nobis, peccatoribus 23
Nunc et in hora mortis nostrae. 25
153

On ne tient pas compte du 'et' dans 'Et benedictus', conjonction tout euphonique, tandis
que le second 'et' dans 'Nunc et in hora' relie expressément le présent et l'avenir.

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Les apparitions mariales de Lourde en 1858 sont régies par le nombre 153, aussi bien
dans le nombre de jours que dans les structures des phrases prononcées. Signalons entre
autre que la Vierge apparaît dix-huit fois et qu'il s'écroule 153 jours entre la deuxième et
la dernière manifestation, du 14 février 1858 au 16 juillet 1858, soit au total 17
apparitions dans cet intervalle. De même, la durée de 153 jours se répète dans les
manifestations de Fatima, du 13 mai au 13 octobre 1917, où la Vierge Marie se présente
comme la Dame du Rosaire. Le chanoine Barthas, l'un des principaux historiens de
Fatima, compta 153 messes qui furent célébrées en même temps après la dernière
apparition de la Vierge Marie à Goa le 1er décembre 1949.

Dans l'une des apparitions de la Vierge à soeur Marie-Danielle, surnommée Buisson


d'Epines, Marie lui apparaît comme étant le Reine des Anges, toute vêtue de blanc pur,
avec derrière son voile très long et grand tenu en 153 points différents par 153 anges,
chacun des points du voile ayant en plus une rose rouge et une blanche attachées
ensembles.

Dans le livre « Le Père parle à ses enfants » de Soeur Engénie, on y retrouve un message
(datant de 1932) de Dieu le Père demandant qu'un jour de l'année ou du moins un
dimanche soit consacré à L'honorer tout particulièrement sous le NOM DE PERE DE
l'HUMANITÉ toute entière : « JE voudrais pour cette fête, une Messe et un Office
propres. Il n'est pas difficile d'en trouver les textes dans l'Ecriture Sainte. Si vous
préférez Me rendre ce Culte Spécial un dimanche, JE choisie le premier dimanche
d'Août: si vous prenez un jour de la semaine, JE préfère que ce soit toujours le 7 de ce
même mois. » Or, dans le cas du premier dimanche qui pourrait tomber pour certaines
années le premier jour du mois d'août, on compterait alors 153 jours jusqu'au premier jour
de l'année suivante, le 1er janvier, jour principalement consacré à la fête de Marie, Mère
de Dieu.

Certains chercheurs ont compté combien de personnes Jésus avait bénies dans le
Nouveau Testament et ils en ont trouvé 153. La liste commence par un lépreux.17 Elle
continue par le centurion et son serviteur, puis la belle-mère de Pierre. Vers le milieu on

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trouve les 72 disciples envoyés deux par deux et elle se termine par la bénédiction d'un
aveugle né, puis de Lazare, et enfin de Marie, mère de Jésus.18

En grec, les lettres grecques sont aussi considérées comme des nombres. La valeur
numérique du nom de Marie en grec donne 152 :

M A R I A
40 1 100 10 1 = 152

Additionnant la valeur numérique du mot grec Maria, 152, avec l'alpha du Dieu créateur,
1, l'on obtient 153, ce qui fait dire à Peignot que Dieu avait besoin de Marie pour l'oeuvre
du salut.

- 333 -

Dans l'un des messages de la Vierge Marie donné à Don Stefano Gobbi, du Mouvement
Sacerdotal Marial, Celle-ci lui disait : « Le chiffre 333 indiqué une fois, c'est-à-dire par
un, exprime le mystère de l'unité de Dieu. Le chiffre 333 indiqué deux fois, c'est-à-dire
par deux, indique les deux natures, la nature divine et la nature humaine, unies dans la
Personne divine de Jésus-Christ. Le chiffre 333 indiqué trois fois, c'est-à-dire par trois,
indique le mystère des trois Personnes divines; c'est-à-dire qu'il exprime le mystère de la
très Sainte Trinité. Ainsi, le nombre 333, exprimé une, deux et trois fois, exprime les
principaux mystères de la foi catholique, qui sont: I. L'unité et la trinité de Dieu. 2.
L'incarnation, la passion, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ. Si le
chiffre 333 est celui qui indique la divinité, celui qui veut se mettre au-dessus de Dieu
même est indiqué par le chiffre 666. »19

- 365 -

L'Evangile du Pseudo Matthieu est un texte apocryphe probablement écrit vers le 8e


siècle, racontant l'enfance de Marie et celle du Sauveur. Quelques détails sont aussi

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donnés sur la fuite en Egypte des parents de Jésus. Joseph et Marie « parvinrent sur le
territoire d'Hermopolis, et pénétrèrent dans une des cités d'Egypte qui est appelée
Sotinen. N'y connaissant personne dont ils pussent recevoir l'hospitalité, ils entrèrent
dans un temple, qu'on appelait le capitole de l'Egypte. Dans ce temple, trois cent
soixante-cinq idoles étaient placées, auxquelles chaque jour on rendait les honneurs
divins en des cérémonies sacrilèges. Or il advint que lorsque la bienheureuse Vierge
Marie pénétra dans le temple avec son petit enfant, toutes les idoles furent jetées à terre,
si bien que toutes gisaient en morceaux, la face brisée, et ainsi leur néant fut prouvé.
Ainsi fut accompli ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : "Voici que le Seigneur vient
sur une nuée légère et entre en Egypte, et tous les ouvrages faits de la main des Egyptiens
trembleront devant sa face." »

- 777 -

Représente la perfection céleste, 7, sur les 3 plans de la manifestation: corps, âme et


esprit. Pour l'homme pénitent, il symbolise l'ascension de l'âme à travers le corps
physique, c'est-à-dire de la transmutation qui s'opère en lui au moment où il devient
conscient de la nécessité de parcourir le sentier de l'initiation, et qu'il perçoit, même d'une
façon élémentaire, que le but est en Dieu.

Raoul Auclair fait remarquer que lorsque la Vierge Marie apparut à la Cova da Iria au
Portugal, le 13 août 1385, ce pays avait alors 777 ans. Et 532 ans plus tard, soit le 13 mai
1917, eut lieu la première apparition de Fatima.

Dans les collines de Judée, à seulement quelques kilomètres de Jérusalem et à 777 mètres
au-dessus du niveau de la mer, se trouve la ville de Bethléem. En hébreu, Beth-Lehem
signifie « maison du pain ». C'est dans cette petite ville de Bethléem que Marie donna
naissance à Jésus-Christ. Ainsi, selon le témoignage des évangiles, le « pain de vie » est
sorti de la « maison du pain ».

- 1000 -

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Symbole de multitude, il est souvent évoqué dans la Bible pour spécifier un temps très
long ou une quantité indéfinie. Les Pères de l'Église voyaient dans le nombre 1000
l'ensemble des générations et la perfection de la vie. Il possède également une
signification paradisiaque, c'est l'immortalité du bonheur.

La récitation de mille Ave Maria durant la journée du 24 décembre assurait, selon une
vieille tradition, l'obtention d'une grâce spéciale. Ainsi, tout en préparant son réveillon
pour la nuit de Noël, la mère de famille manquait rarement de réciter ses mille Ave car
elle avait toujours une petite faveur à demander à la Vierge Marie pour un de ses enfants
ou son époux.

Les mille anges gardiens qu'eut la Sainte Vierge Marie au début de sa vie terrestre : 900
anges ordinaires (100 de chaque choeur), 12 autres anges sous forme corporelle, 18 anges
ambassadeurs et 70 séraphins, selon les visions de Marie d'Agréda.

Voici ce que nous lisons dans la vie de la servante de Dieu, soeur Séraphine de Capri.
Etant un jour en prière pendant la neuvaine de l'Assomption de la très Sainte Vierge, elle
lui demanda la conversion de mille pécheurs, et elle craignit ensuite d'avoir demandé
trop. Mais la Mère du Sauveur lui apparut et la reprit de cette vaine appréhension, en lui
disant : « Pourquoi crains-tu? Ne suis-je pas assez puissante pour obtenir de mon Fils le
salut de mille pécheurs? Cela est déjà fait, les voilà. » Alors elle la conduisit en esprit
dans le paradis où elle lui montra des âmes sans nombre qui avaient mérité l'enfer et qui,
sauvés par son intercession, jouissaient de la béatitude éternelle.20

S'inspirant d'un passage de l'abbé Francon, Alphonse de Liguori a écrit : « Après le saint
nom de Jésus, celui de Marie est si riche en bénédictions! Aucun autre ne retentit, sur
terre et dans le ciel, chargé, pour l'âme pieuse, d'autant de grâces, d'espérance, de
douceur! C'est que le nom de Marie renferme quelque chose de merveilleux, de doux, de
divin et quand il irradie dans des coeurs aimants, il y exhale un parfum de sainte suavité.
Et la merveille, c'est que ce nom sublime, mille fois entendu par les aimants de Marie,

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sonne toujours nouveau à leur oreille et ils éprouvent toujours la même douceur à
l'entendre. »21

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1
Luc 2,46
2
Maria Valtorta, « L'évangile tel qu'il m'a été révélé », Tome 1, page 105. Voir aussi «
Les cahiers de 1945 à 1950 » de Maria Valtorta, message du 16 mai 1947, page 393.
3
Anne-Catherine Emmerick, « La vie de la Vierge Marie », pages 105 et 106.
4
Apocalypse 12,1
5
Anne-Catherine Emmerick, « Visions d'Anne-Cathérine Emmerick », Tome 1, page 32.
6
Anne-Catherine Emmerick, « Visions d'Anne-Cathérine Emmerick », Tome 1, pages
31-32.
7
Les vingt-et-un attributs de la Sagesse. (Sagesse 7,22-23)
8
C. Alan Ames, « Au travers des yeux de Jésus », Editions du Parvis, 1993
9
Jean 5,5
10
Luc 1,46-55
11
Lévitique 25,8
12
Isaïe 53,1-9
13
Isaïe 23,15
14
Psaumes 90,10
15
Christian Parmantier, André Castella, « Manduria », Editions du Pavis, 1999, page 262.
16
Marie d'Agréda, « Vie divine de la Très Sainte Vierge Marie », page 303.
17
Matthieu 2,1
18
Jean 19,25
19
Don Stefano Gobbi, « Aux prêtres, les fils de prédilection de la Vierge », 17e Edition
du livre Mouvement Sacerdotal Marial, Volume 1, 1992, page 822.
20
Saint Alphonse de Liguori, « Les Gloires de Marie », 1985, page 169.
21
Saint Alphonse de Liguori, « Les Gloires de Marie », 1985, page 188.

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VASSULA, "La vrai vie en Dieu, Entretiens avec Jésus", Tome I à 4, Editions O.E.I.L

VASSULA, "La vrai vie en Dieu, Supplément 1 à 13", Editions O.E.I.L., Editions
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Lettre apostolique "Ordinatio Sacerdotalis" du Pape Jean-Paul II sur l'ordination


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Lettre apostolique "Dignité et vocation de la femme" du Pape Jean-Paul II à l'occasion de


l'année mariale, Editions Paulines, texte tiré de l'édition publiée par la Libreria Editrice
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"L'Apparition de la Très Sainte Vierge sur la montagne de la Salette", Publiée par la


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"Je crois en Dieu: Les fondements bibliques du Credo", Editions Paulines, 1989, 223 p.

"Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de Saint Louis-Marie Grignon de


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"Le Tabernacle de l'Amour; Les plus beaux textes de Conchita Cabrera de Armida sur
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"Catéchisme de l'Eglise Catholique", C.E.C.C, 1992, 676 p.

"Compendium du Catéchisme de l'Eglise Catholique", C.E.C.C, 2005, 203 p.

"Catéchisme pour adultes", Les évêques de France, 1991, 450 p.

"Concordance de la Bible de Jérusalem", Editions Cerf Brepols 1982, 1229 p.

"Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles", Tome I à VI, Editions du Parvis.

"Concordance de la Traduction Oecuménique de la Bible, TOB", Les Editions du Cerf,


1993, 1261 p.

"Dictionnaire biblique pour tous", Editions L.L.B., 1999, 589 p.

La Bible, traduction de "La Bible de Jérusalem", Editions Anne Sigier, 1979.

La Bible, traduction de "La Bible de Jérusalem", Editions du Cerf, Les Editions


Médiaspaul, 1998.

La Bible Chouraqui

La Bible Crampon

La Bible, Société Biblique Canadienne, 2000

La Bible TOB

La Bible de Louis Segond

La Bible d'Osty, Editions du Seuil, 1973

La Bible, Société Biblique Canadienne, 2000

Bulletin trimestriel de l'Association "Dozulé Paix et Joie par la Croix du Seigneur", No


34 du 28 mars 2004.

Revue "Le Catholique Libéral, la revue internationale de l’Église Catholique Libérale",


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Sites Internet

www.vatican.va
www.jnsr.be
www.tlig.org
livres-mystiques.com
www.womenpriests.org
www.maria-valtorta.org
www.revue-kephas.org
seigneurjesus.free.fr
www.mariedenazareth.com
users.skynet.be/pommeroeul
www.spiritualite-chretienne.com
membre.oricom.ca/sdesr/nbprop.htm

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Table des matières

INTRODUCTION .............................................................................................................. 2

PARTIE I : MARIE DANS LE PLAN DU SALUT DE DIEU ......................................... 5

CHAPITRE 1...................................................................................................................... 6
QU'EST QUE LA JOIE DE DIEU?.......................................................................................... 6
Personnification de la Joie ......................................................................................... 6
L’âme pure, miroir de Dieu ........................................................................................ 8
Marie, Joie de Dieu..................................................................................................... 8

CHAPITRE 2.................................................................................................................... 13
MARIE, NOTRE MÈRE ..................................................................................................... 13

CHAPITRE 3.................................................................................................................... 20
MARIE ET SON RÔLE DE MÈRE ....................................................................................... 20

CHAPITRE 4.................................................................................................................... 27
L'ASSOMPTION DE MARIE .............................................................................................. 27
Assomption ou Dormition? ....................................................................................... 27
Les écrits apocryphes................................................................................................ 27
Référence biblique de l’Assomption.......................................................................... 28
Age de la Vierge Marie à son Assomption................................................................ 30
Date de l’Assomption................................................................................................ 33
Interprétation symbolique des nombres.................................................................... 33

CHAPITRE 5.................................................................................................................... 37
LE CHAPELET, SA VALEUR ET SA FORCE ......................................................................... 37
Présentation du Rosaire............................................................................................ 37
Historique du Rosaire ............................................................................................... 38
La force du Rosaire................................................................................................... 39

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L’origine mystique du Rosaire.................................................................................. 40


Par le sang de Jésus.................................................................................................. 40
Par les larmes de Marie............................................................................................ 44
Conclusion ................................................................................................................ 46

CHAPITRE 6.................................................................................................................... 51
MARIE, VRAIE PRÊTRESSE .............................................................................................. 51
Ce qu’en pensent les Pères de l’Eglise ..................................................................... 51
Ce que les révélations mystiques nous révèlent ........................................................ 55
L’ordination sacerdotale des femmes ....................................................................... 57

CHAPITRE 7.................................................................................................................... 69
L'IMMACULÉE CONCEPTION........................................................................................... 69
Précision sur le terme Immaculée Conception ......................................................... 70
Les théologiens se prononcent .................................................................................. 71
Propos confirmant les théologiens............................................................................ 74
La problématique ...................................................................................................... 76
Le dépôt sacré ........................................................................................................... 77
La conception de Marie par l’Esprit Saint ............................................................... 81
Autres éléments explicatifs........................................................................................ 83
La mission manquée du paradis terrestre................................................................. 85
Ce que disent les écritures ........................................................................................ 89
Est-ce une conception virginale?.............................................................................. 91
Des jumeaux non identiques ..................................................................................... 93
La préexistence des âmes.......................................................................................... 95
L'Immaculée Conception toujours un mystère.......................................................... 98

CHAPITRE 8.................................................................................................................. 104


L'AVE MARIA .............................................................................................................. 104
Ave Maria................................................................................................................ 105
Pleine de grâce ....................................................................................................... 105

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Le Seigneur est avec toi .......................................................................................... 106


Tu es bénie entre toutes les femmes ........................................................................ 106
Et le fruit de tes entrailles est béni.......................................................................... 107
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs............................ 107
Maintenant et à l’heure de notre mort.................................................................... 107

PARTIE II : MARIE DANS LES NOMBRES SACRÉS .............................................. 109

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES........................................................................ 149

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