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EXPERIENCE DU MALI SUR EN MATIERE DELA

DECENTRALISATION FINANCIERE

Introduction
Le transfert des compétences de l’Etat aux CT consiste au
partage des rôles et des responsabilités entre l’Etat et les
collectivités territoriales, afin de permettre à celles-ci d’assumer
leur mission de conception, de programmation et de mise en
œuvre des actions de développement. Il Le transfert des
compétences implique la mise à disposition des collectivités
territoriales de ressources humaines, matérielles et financière
nécessaire relatives ces compétences transférées.

Dans ce sens, la loi n°93-008 du 11 février 1993 modifiée,


déterminant les conditions de la libre administration des
collectivités territoriales, dispose en son article 4 que tout
transfert de compétences à une collectivité doit être
accompagné du transfert concomitant par l'Etat à celle-ci des
ressources et moyens nécessaires à l'exercice normal de ces
compétences.

La présente communication a pour objet de faire le point sur la


mise en œuvre du transfert de compétences et de ressources
de l’Etat aux Collectivités Territoriales.

Dans nos propos, nous mettrons particulièrement l’accent sur


l’expérience malienne en matière de décentralisation financière.

L’exposé sera articulé autour de 4


I. POINT DE LA MISE EN ŒUVRE DU TRANSFERT DES
COMPETENCES ET DES RESSOURCES DE L’ETAT AUX
COLLECTIVITES TERRITORIALES

Au Mali, la mise en œuvre du transfert de compétences et de


ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales s’inscrit dans
un long processus (qui n’est pas encore à son terme). Les
principales étapes de ce processus sont :
• L’adoption de trois lois qui définissent les compétences
générales et les compétences spécifiques des collectivités
territoriales :
 la loi n° 93 – 008 du 11 février 1993 modifiée,
déterminant les conditions de la libre administration des
Collectivités Territoriales ;
 la loi n° 95 – 034 du 12 avril 1995 modifiée, portant Code
des Collectivités Territoriales ;
 la loi n°96-025 du 21 février 1996 portant statut
particulier du District de Bamako ;

• le transfert, dès l’installation des organes des


collectivités territoriales, des compétences
d'administration générale (état civil, recensement, police
administrative, hygiène et assainissement, archives et
documentation, etc.).

• la définition des détails des compétences transférées de


l’Etat aux Collectivités Territoriales en matière
d’éducation, de santé et d’hydraulique, à travers les
décrets n° 313, 314, 315/P-RM du 04 juin 2002 ;

• la tenue de deux’un ateliers nationauxl sur les transferts


de compétences et de ressources de l’Etat aux
collectivités territoriales, les 18 et 21 octobre 2004, qui onta
validé les conclusions de l’étude d’élaboration du schéma
opérationnel de transfert de compétences ;

• l’identification des compétences transférables aux


collectivités territoriales au niveau de certains départements
ministériels sous l’égide de la Mission de Décentralisation et
des Réformes Institutionnelles en 1997 ;

• l’élaboration d’une stratégie nationale de transferts des


compétences ;
• la création de la Commission interministérielle de
pilotage des transferts de compétences et de ressources
de l’Etat aux Collectivités Territoriales (décret n° 05-089/PM-
RM du 04 Mars 2005)

• l’adoption par le Conseil des Ministres d’une


communication écrite et d’un rapport sur la mise en
œuvre du transfert de compétences et de ressources de
l’Etat aux Collectivités Territoriales au 31 décembre 2007 (20
février 2008).

• le transfert aux budgets des Collectivités Territoriales de


certains impôts et taxes prévus par le Code Général des
Impôts, telles que les contributions des patentes et licences,
la taxe de développement régional et local, la taxe sur le
bétail, en application des lois n° 96-058 du 16 octobre 1996
et n°0044 du 07 juillet 2000 déterminant respectivement les
ressources fiscales du District de Bamako et des communes
qui le composent, les ressources fiscales des communes,
des cercles et des régions ;

II.la loi n°93-008 du 11 février 1993 modifiée, déterminant les


conditions de la libre administration des collectivités territoriales,
dispose en son article 4 que tout transfert de compétences à une
collectivité doit être accompagné du transfert concomitant par
l'Etat à celle-ci des ressources et moyens nécessaires à l'exercice
normal de ces compétences. LES RESSOURCES FINANCIERES
DES COLLECTIVITES TERRITORIALES
En vue de permettre aux CT d’assumer les compétences qui
leur sont dévolues, l’Etat a défini en leur faveur un certain
nombre de ressources financières.

Ainsi, aux termes de l’article 180 de la loi n°95-034 du 12 avril


1995 modifiée, portant Code des Collectivités Territoriales, les
ressources financières des CT comprennent :
1. Des ressources budgétaires, constituées de transferts
du budget de l'Etat aux Collectivités :

- la Dotation Générale de Décentralisation qui repose sur


le principe que tout transfert de compétences de l'Etat aux
Collectivités s'accompagne d'un transfert de ressources ;

- la Dotation du Fonds de Péréquation, assure une


péréquation des ressources entre les différentes collectivités en
fonction de leurs caractéristiques propres ;

- les Subventions Spéciales de l'Etat destinées au


fonctionnement et/ou à l'investissement.

2. Des ressources fiscales qui sont :

- les Impôts d'Etat transférés aux Collectivités. Ces transferts se


font par affectation sur le produit des dits impôts. Un décret
détermine la clé de répartition des affectations,

- les Impôts et Taxes Directs qui résultent du produit des


bases d'imposition par les montants fixés par des délibérations
des conseils des collectivités,

- les Impôts et Taxes Indirects.

3. Les produits par nature :

- les produits de l'exploitation et les Recettes Tarifaires,

- les Produits financiers,

- les Revenus du Domaine.

4. Les Emprunts autorisés qui seront exclusivement


destinés aux financements des investissements.

5. L'autofinancement brut local qui constitue un prélèvement


des recettes de la Section de fonctionnement du budget des
collectivités devant être affecté à l'investissement
6. Les Dons et les Legs.

7. Les Autres Ressources

La nomenclature des ressources fiscales par catégorie de


Collectivités Territoriales et leurs taux maxima sont fixés par la
loi.

III. ETAT DE REALISATION DE LA Les principales


réalisations en matière de transfert de ressources
DECENTRALISATION FINANCIERE

1. Les transferts du budget de l’Etat aux Collectivités


Territoriales
Ces transferts, qui sont constitués de subventions (appuis de
l’Etat aux fonctionnements des collectivités territoriales de
communes, cercles, régions)
et d’appuis BSI (appuis aux Assemblées Régionales et au
Conseil du District pour la réalisation des infrastructures dans
les domaines de l’hydraulique, de l’éducation et du
désenclavement) sont effectifs

Depuis le démarrage des collectivités territoriales, l’Etat consent


annuellement aux CT des subventions destinées au
fonctionnement et/ou à l'investissement.

A titre d’illustration, ces efforts financiers se chiffrent


globalement à 18 124 000 000 FCFA sur la période 2001-2007.
Au titre des trois dernières années (2005, 2006 et 2007), les
subventions de l’Etat aux Collectivités Territoriales se sont
élevés à 13 713 600 000 FCFA, repartis comme suit :

• Subventions au fonctionnement : ………4 403 000 000 FCFA


• Subvention à l’investissement (Régions & District de
Bamako) .5 428 000 000 FCFA
• Subvention Agence Nationale d’Investissement des
Collectivités Territoriales (Fonds d’Investissement des
Collectivités Territoriales) : .. ...3 882 600 000 FCFA

Les tableaux 1 et 2 ci-dessous retracent l’évolution de la


situation de 2005 à 2007 :

Tableau n°1 : Evolution des appuis aux collectivités


territoriales sur la période 2005 à 2007 (fonctionnement et
BSI)

(en millions de FCFA)


Année 2005 2006 2007 Tota Tot Total
l al Géné
sub BSI ral
v.
Régions Sub BSI Sub BSI Sub BSI
v. v. v.
Kayes 242 400 242 350 242 148 726 898 1.624

Koulikor 243 320 243 280 232 50 718 650 1.368


o
Sikasso 273 126 273 456 264 280 810 862 1.672

Ségou 250 400 250 80 241 0 741 480 1.221

Mopti 225 200 225 400 217 100 667 700 1.367

Tombou 125 250 125 0 121 0 371 250 621


ctou
Gao 92 269 92 240 83 0 267 509 776

Kidal 35 150 35 416 33 170 103 736 839

Conseil 0 343 0 0 0 0 0 343 343


du
District
Total 1.48 2.45 1.48 2.22 1.43 748 4.40 5.4 9.831
5 8 5 2 3 3 28

Source DAF/MATCL

Tableau 2 : des contributions de l’Etat au droit de tirage


alloué aux collectivités territoriales

Montant total
(Droits de Contributions %
Année tirage) extérieures Etat ETAT
1 175 600
2005 9 590 553 091 8 414 953 091 000 12,26
12 275 186 1 170 000
2006 13 445 186 012 012 000 8,702
27 833 678 1 537 000
2007 29 370 678 997 997 000 5,233
48 523 818 3 882 600
TOTAL 52 406 418 100 100 000 7,409
Source : ANICT

2. Les Ressources Fiscales


La loi n° 96-058 du 16 octobre 1996 déterminant les ressources
fiscales du District de Bamako et des communes qui le
composent, et la loi n°00 - 044 du 07 juillet 2000 déterminant
les ressources fiscales des communes, des cercles et des
régions ont consacré le transfert aux collectivités territoriales de
certains impôts et taxes.

Il s’agit :
- des contributions des patentes et licences ;
- de la taxe de développement régional et local ;
- de la taxe sur le bétail.
En vertu des mêmes lois, les collectivités territoriales
bénéficient de ressources fiscales propres qu’elles peuvent
mobiliser pour le financement de leurs investissements.

Le recouvrement des impôts et taxes transférés du Code


Général des Impôts au budget des Collectivités et qui donnent
lieu annuellement à établissement de rôles, incombe aux
agents de l’Etat qui les versent au compte des CT à la Recette-
Perception.

Dans la pratique, ce sont les régisseurs des recettes, recrutés


par les présidents d’exécutif qui sont sur le terrain pour le
recouvrement.

3. Les produits par nature


A ce niveau, il faut tout simplement observer que le domaine
n’a pas encore été transféré aux collectivités.

4. Les Emprunts Pour le moment, il n’est pas permis aux


collectivités d’emprunter.

En ce qui concerne les autres ressources, elles proviennent des


redevances instituées par les collectivités elles-mêmes, des dons et
legs reçus de particuliers ou de subventions provenant de partenaires
techniques et financiers ou de la coopération décentralisée..
III. Mesures et actions relatives au transfert des ressources
financières de l’Etat aux collectivités territoriales :

Depuis le démarrage des collectivités territoriales, l’Etat leur


consent annuellement des subventions destinées au
fonctionnement et/ou à l'investissement. Ces efforts financiers
se chiffrent globalement à 18 124 000 000 FCFA sur la période
2001-2007. Au titre des trois dernières années (2005, 2006 et
2007), les subventions de l’Etat aux Collectivités Territoriales se
sont élevés à 13 713 600 000 FCFA, repartis comme suit :
• Subventions au fonctionnement : …………………………...4
403 000 000 FCFA
• Subvention à l’investissement (Régions & District de
Bamako) .5 428 000 000 FCFA
• Subvention ANICT (FICT) : ............................................ ...3
882 600 000 FCFA

Les tableaux 1 et 2 ci-dessous retracent l’évolution de la


situation de 2005 à 2007 :

Tableau n°1 Evolution des appuis aux collectivités


territoriales sur la période 2005 à 2007 (fonctionnement et
BSI)

(en millions de FCFA)

Année 2005 2006 2007 Tota Tot Total


l al Géné
sub BSI ral
v.
Régions Sub BSI Sub BSI Sub BSI
v. v. v.
Kayes 242 400 242 350 242 148 726 898 1.624

Koulikor 243 320 243 280 232 50 718 650 1.368


o
Sikasso 273 126 273 456 264 280 810 862 1.672

Ségou 250 400 250 80 241 0 741 480 1.221

Mopti 225 200 225 400 217 100 667 700 1.367

Tombou 125 250 125 0 121 0 371 250 621


ctou
Gao 92 269 92 240 83 0 267 509 776

Kidal 35 150 35 416 33 170 103 736 839


Conseil 0 343 0 0 0 0 0 343 343
du
District
Total 1.48 2.45 1.48 2.22 1.43 748 4.40 5.4 9.831
5 8 5 2 3 3 28

Source DAF/MATCL
NB :
- Subventions : représentent les appuis de l’Etat aux
fonctionnements des collectivités territoriales (communes,
cercles, régions)
- Appuis BSI : représentent les appuis aux Assemblées
Régionales et au Conseil du District pour la réalisation
des infrastructures dans les domaines de l’hydraulique, de
l’éducation et du désenclavement.

Tableau 2 : des contributions de l’Etat au droit de tirage


alloué aux collectivités territoriales

Montant total
(Droits de Contributions %
Année tirage) extérieures Etat ETAT
1 175 600
2005 9 590 553 091 8 414 953 091 000 12,26
12 275 186 1 170 000
2006 13 445 186 012 012 000 8,702
27 833 678 1 537 000
2007 29 370 678 997 997 000 5,233
48 523 818 3 882 600
TOTAL 52 406 418 100 100 000 7,409

Source : ANICT
Malgré les acquis enregistrés, le processus de transfert de
compétences est confronté à des difficultés et/ou contraintes
dont la persistance sera préjudiciable au bon fonctionnement
des institutions locales.

IV. DIFFICULTES/CONTRAINTES DANS LA MISE EN


ŒUVRE DE LA DECENTRALISATION FINANCIERE
Difficultés inhérentes au fonctionnement de la
Commission interministérielle :

Au nombre de ces difficultés, figurent :

- la faible participation des ministres aux réunions statutaires :


de sa création à ce jour, en moyenne, sept (07) ministres sur
14 ont pris part aux rencontres de la commission ;
- le déficit de communication entre les Ministres et leurs
structures techniques dans la préparation des rencontres et
la mise en oeuvre des recommandations ;
- le non respect de la périodicité des rencontres qui s’explique
très souvent par les contraintes d’agenda ;
- le caractère informel du comité technique ;
- la lenteur dans la création des cellules décentralisation/ ou
désignation des points focaux au niveau des départements
ministériels.

2.1Difficultés/contraintes liées à l’exercice des


compétences transférées :

Ces difficultés et/ou contraintes découlent principalement


de u non respect du principe de la concomitance du
transfert de compétences et de ressources inscrit à
l’article 4 de la loi n° 93-008 du 11 février 1993
déterminant les conditions de la libre administration
des collectivités territoriales. Elles ont trait
essentiellement à :
la vétusté et à la non fonctionnalité de la plupart des
infrastructures d’hydraulique transférées : le
transfert en matière d’hydraulique concerne les
communes et les cercles. Les missions de
supervision, organisées par la Direction Nationale
de l’Hydraulique (DNH), ont révélé que la plupart des
infrastructures sont vétustes ou en arrêt de
fonctionnement. Face à cette situation, la question
était de savoir s’il faut transférer en l’état ou après
restauration. Le processus de transfert a été
enclenché sur la base de la première option. Les
collectivités bénéficiaires ont, au cours des
différentes opérations de remise, attiré l’attention
des autorités sur le problème de maintenance et
d’entretien des ouvrages transférés.

la non dévolution des biens meubles et immeubles


aux collectivités territoriales : la loi n°96-050 du 16
octobre 1996 portant principes de constitution et de
gestion du domaine des collectivités
territoriales dispose en son article 1er : « Le domaine
des collectivités territoriales comprend un domaine
public et un domaine privé. Le domaine des
collectivités territoriales se compose de l'ensemble
des biens meubles et immeubles acquis à titre
onéreux ou gratuit par lesdites collectivités
territoriales ou attribués à celles-ci par la loi ». A ce
jour, aucun texte n’est intervenu pour concrétiser
cette disposition de principe. La problématique de
l’octroi de titres de propriété aux collectivités
territoriales est restée posée. Les contraintes
identifiées ont trait, entre autres, à la définition du
statut juridique de certaines infrastructures, et à
l’organisation des missions sur le terrain. La
Commission interministérielle de pilotage des
transferts de compétences, lors de sa rencontre du
18 décembre 2006, a invité le Ministère des
domaines de l’Etat et des affaires foncières à
diligenter l’octroi des titres de propriété des biens
transférés aux collectivités territoriales.

la non évaluation des ressources budgétaires


(fonctionnement et investissement) liées aux
compétences transférées et l’absence d’indications
précises sur les modalités concrètes de leur transfert
aux Collectivités Territoriales : en vertu du principe de la
concomitance du transfert de compétences et de ressources,
les ressources et moyens financiers à transférer aux
collectivités sont au moins équivalents à ceux que l’Etat
consacrait à l’exercice des compétences transférées.

L’évaluation des ressources financières constitue un préalable


à la mise en œuvre des mécanismes prévus, notamment « la
Dotation Générale de décentralisation » »1 (article 180 alinéa 1
du Code des Collectivités Territoriales), ou « les subventions
affectées ».2

», (articles 6 du décret 313 et 5 du décret 314. Dans le cadre


de la mise en œuvre du Plan Opérationnel du PDI (Programme
de Développement Institutionnel) (PO/PDI), au titre de 2006,
1
« les ressources des collectivités territoriales comprennent :
1- des ressources budgétaires, qui sont constituées de transfert du budget de l’Etat aux collectivités :
- la Dotation Générale de Décentralisation qui repose sur le principe que tout transfert de
compétence de l’Etat aux Collectivités s’accompagne d’un transfert de ressources ;
- la Dotation du Fonds de péréquation, assure une péréquation des ressources entre les
différentes collectivités en fonction de leurs caractéristiques propres ;
- les subventions spéciales de l’Etat destinées au fonctionnement et/ou à l’investissement. .. »
( article 180 al 1 du CCT).
2
« le Gouvernement mettra à la disposition des communes, des cercles, des régions et du District de Bamako
sous forme de subventions affectées, les ressources financières nécessaires pour la mise en œuvre des
compétences spécifiques transférées aux Collectivités Territoriales » (article 5, Décret 313).
une étude sur « la préparation et l’adoption des textes
réglementaires surrelatifs : la
 A la répartition des ressources entre l’Etat et les collectivités
territoriales » a été réalisée. Cette étude, qui devait permettre
de fournir aux départements sectoriels concernés des
repères nécessaires au transfert effectif des ressources
financières, humaines, matérielles aux collectivités
territoriales, n’a pas débouché sur une estimation des
ressources financières liées aux compétences transférées
dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de
l’hydraulique.

La principale difficulté qui a été relevée tient à la démarche


à suivre pour procéder à
- l’évaluation (s’agit-il des ressources budgétaires liées aux
différents secteurs ou des charges découlant de leur prise en
charge par les Collectivités Territoriales ?),
- aux critères devant présider à la répartition des
ressources (entre l’Etat et les Collectivités Territoriales et entre
celles-ci), ainsi qu’au mécanisme de transfert des ressources
aux budgets des Collectivités Territoriales.

 la non conformité de certains textes de politiques


sectorielles à ceux de la décentralisation : c’est
notamment le cas de la loi n°02-049 du 22 juillet 2002
portant loi d’orientation sur la santé et du décret n°04-137
(bis)/P-RM du 27 avril 2004 fixant la répartition des
recettes perçues à l’occasion de l’exploitation des
domaines forestier et faunique de l’Etat entre les Fonds
d’aménagement et de protection des forêts et de la faune
et les budgets des Collectivités Territoriales.

Une interrogation majeure tient au statut des Centres de Santé


Communautaires (CSCOM). Aux termes de l’article 24 de la loi
n°049 du 22 juillet 2002 portant loi d’orientation sur la santé, les
CSCOM sont assimilés à des « établissements privés de
santé ». Investies de mission de service public, les associations
de santé communautaire ne peuvent pas, en droit, mettre en
place des établissements de santé privé, sachant que plus de
80% des CSCOM ont été réalisés et équipés avec des fonds
publics.

la non détermination des modalités pratiques de la mise à


disposition des fonctionnaires de l’Etat : l’article 122 du statut
général des fonctionnaires dispose que les fonctionnaires
peuvent être mis à la disposition des collectivités territoriales à
la demande des autorités décentralisées. A ce jour, aucune
collectivité n’a fait de demande dans ce sens. A l’analyse, cette
disposition ne peut pas être assimilée à une mesure de
transfert de ressources humaines de l’Etat liées aux
compétences transférées aux collectivités territoriales. Le
transfert des ressources humaines s’opère, en principe, de
l’Etat aux Collectivités Territoriales, à l’initiative de l’Etat ; il ne
devrait pas être subordonné à une demande préalable de
celles-ci.

 la faible responsabilisation des élus dans la gestion du


personnel enseignant des collectivités territoriales : source
de contradiction (signature des contrats par les collectivités
et paiement des salaires par les CAP ou les académies),
cette situation est de plus en plus décriée par les élus.

 la lenteur dans la création des cellules d’appui à la


décentralisation/déconcentration au niveau des
départements ministériels concernés par les transferts
de compétences. :

IV- PERSPECTIVES :

Des mesures idoines s’imposent à court et moyens termes pour


impulser le processus de transfert de compétences et de
ressources afin de permettre aux Collectivités Territoriales de
mieux assumer leurs rôles en matière de développement
régional et local. Pour ce faire, noless propositions ci-après
s’inscrivent dans trois grandes orientations :

- accroître l’efficacité de la Commission Interministérielle


de Pilotage des Transferts de Compétences et de
Ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales ;

- assurer le transfert effectif aux Collectivités Territoriales


des ressources humaines, matérielles et financières
nécessaires à la prise en charge de leurs compétences ;

- accompagner efficacement les Collectivités Territoriales


dans l’exercice des compétences transférées.

4.1- Accroître l’efficacité de la Commission


interministérielle :

L’opérationnalisation de la Commission interministérielle passe


nécessairement par :

- la participation effective de l’ensemble de ses membres aux


réunions ;
- l’appui au comité technique dans la préparation,
l’organisation et le suivi des rencontres ;
- la révision de la périodicité des rencontres (une réunion par
semestre) pour permettre une bonne préparation et assurer
un meilleur suivi des recommandations ;
- la création de cellules d’appui à la
décentralisation/déconcentration au niveau des
départements ministériels concernés.

4.2- Assurer le transfert effectif aux Collectivités


Territoriales des ressources liées aux compétences
transférées :

Sans parler des autres ressources, Pour le transfert des


ressources financières :
Lles modalités opératoires du transfert des ressources
financières sont déterminées ainsi qu’il suit :

 l’évaluation des ressources budgétaires (fonctionnement


et investissement) que l’Etat consacrait à l’exercice des
compétences transférées, notamment en matière
d’éducation, de santé et d’hydraulique.

Ce travail revient naturellement aux DAF des départements


ministériels concernés en liaison étroite avec la Direction
Générale du Budget et avec la participation de la DNCT. Il
doit déboucher sur un montant global (MG), au moins
équivalent aux ressources budgétaires que l’Etat a
consacrées à l’exercice des compétences transférées au
cours de l’année précédant le transfert. Cette enveloppe sert
de base pour déterminer les contributions de l’Etat à la mise
en place de la Dotation pour l’appui au fonctionnement des
collectivités territoriales et de celle d’investissement des
Collectivités Territoriales. Ces deux dotations ont vocation à
recevoir les ressources financières liées aux compétences
transférées aux Collectivités Territoriales (FNACT).

 la détermination d’une clé de répartition du MG entre les


différents niveaux de collectivité en tenant compte des
compétences spécifiques qui leur sont transférées.

 l’allocation d’un pourcentage des recettes fiscales de l’Etat


aux Collectivités Territoriales, en compensation des charges
découlant des compétences transférées ;

En outre, le Ministère des Finances doit :

- déterminer la contribution de l’Etat à la constitution de


chacune des dotations du Fonds National d’Appui aux
Collectivités Territoriales ;
- amorcer une véritable réforme de la fiscalité locale, en
vue d’explorer les voies et moyensdes fiscalités locales, en
vue d’explorer les voies et moyens de l’amélioration du
potentiel de financement des investissements locaux, sur
ressources propres.

Le Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités


Locales devra, pour sa part, s’atteler à la préparation des
instruments de gestion du Fonds National d’Appui aux
Collectivités Territoriales.

Par ailleurs, la dynamique actuelle de basculement des fonds


sectoriels (PISE II, PRODESS, PNIR, etc.) sur le Fonds
d’Investissements des Collectivités Territoriales mérite d’être
soutenue.

Dans ce cadre, les départements sectoriels doivent être incités


à s’engager dans des démarches de contractualisation avec les
collectivités territoriales pour la mise en œuvre des
compétences transférées.

Pour le transfert des ressources humaines :

- le Ministre chargé de la Fonction Publique de l’Etat doit :


-
 définir les conditions et modalités de la mise à
disposition des fonctionnaires de l’Etat, en application
de l’article 122 du Statut Général des Fonctionnaires ;
 engager la relecture du statut général des
fonctionnaires pour faire de la mise à disposition une
position statutaire à part entière.

- le recensement des agents de l’Etat (fonctionnaires et
contractuels toutes catégories confondues) dont l’activité est
liée aux compétences transférées doit être fait :
-
au niveau national, par les DAF des départements

ministériels concernés, en rapport avec la Direction
Nationale de la Fonction Publique et du Personnel
(DNFPP), et le Bureau Central de la Solde (BCS) ;
 au niveau régional, par les gouverneurs de région, à
travers les commissions d’identification et de
recensement.

Ce travail d’inventaire, qui nécessite un appui logistique et
financier conséquent, débouche sur la détermination des
effectifs de la Fonction Publique de l’Etat à transférer aux
collectivités territoriales. Les agents concernés peuvent opter
en faveur de l’une des deux fonctions publiques. Outre la
garantie de l’emploi, il importe d’instituer des mesures spéciales
de motivation (avantages pécuniaires et en nature) en faveur
des fonctionnaires appelés à poursuivre leur carrière au niveau
des collectivités territoriales.

• Pour le transfert des ressources matérielles :



- le Ministère du Logement, des Affaires Foncières et de
l’Urbanisme doit :
-
* faire l’état des lieux des domaines constitués des
collectivités territoriales, en vue d’accélérer le
processus de dévolution des biens ;
* élaborer les textes d’application de la loi 96-050 du 16
octobre 1996 portant principes de constitution et de
gestion du domaine des collectivités territoriales ;
* créer, en relation avec le département en charge des
Collectivités Territoriales, la Commission d’inventaire
des biens appropriés visés à l’article 29 3 de
l’ordonnance n°00-27/P-RM DU 22 MARS 2000
3
« A moins de dispositions contractuelles contraires, les terrains domaniaux appropriés qui supportent des
édifices, ouvrages ou aménagements entretenus aux frais du budget d’une Collectivité Territoriale ainsi
qu’éventuellement les immeubles bâtis que ces terrains supportent sont attribués au domaine privé de cette
collectivité même s’il s’agit de titres fonciers établis ou transférés au nom de l’Etat ou d’une Collectivité autre
que celle qui pourvoit à leur entretien », al 1, article 29 de l’ordonnance n°00-27/P-RM DU 22 MARS 2000
portant Code domanial et foncier.
portant Code domanial et foncier qui constituent le
domaine privé immobilier des différentes collectivités
publiques ;
*
- le Ministère chargé des collectivités territoriales doit
apporter un appui logistique et financier aux commissions
d’identification et de recensement des infrastructures et
équipements publics.

- le Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau doit


accentuer ses efforts dans la mise en œuvre de sa stratégie
d’entretien et de maintenance des infrastructures.

4.3- Elaborer un véritable programme d’accompagnement


des collectivités territoriales dans l’exercice des
compétences transférées :

Les actions envisagées dans ce cadre concernent notamment :

- l’élaboration d’un canevas de présentation des plans de


transfert de compétences et de ressources des
départements ministériels concernés,

- l’élaboration d’une instruction gouvernementale précisant


la conduite à tenir par les départements ministériels pour
la préparation, la validation, la mise en œuvre et le suivi-
évaluation de leurs plans triennaux de transfert de
transfert de compétences et de ressources ;

- l’élaboration et la diffusion d’outils liés à l’exercice des


compétences transférées (maîtrise d’ouvrage
délégué, contractualisation, etc.)
- la formation des acteurs afin de les doter des savoir et
savoir-faire nécessaires à l’exercice des compétences
transférés ;

- la communication autour du processus de transfert de


compétences et de ressources ;

- l’appui technique et financier aux organes de pilotage et


de suivi du transfert de compétences.

CONCLUSION
CONCLUSION :

Cinq ans, après l’avènement des décrets n°313, 314 et 315, la


question du transfert de compétences et plus singulièrement
celle des ressources liées à l’exercice des compétences déjà
transférées, est au cœur des préoccupations et attentes de
l’ensembles des acteurs en vue de la réalisation de la
décentralisation financière au Mali.
.

Dans ce contexte, une impulsion décisive est nécessaire afin


de parvenir à un objectif chiffré de ressources financières à
transférer aux collectivités territoriales d’ici à la fin des mandats
actuels des CT. Le financement du transfert des compétences
doit combiner deux mécanismes, les dotations spéciales, telles
que prévues dans le cadre du Fonds national d’appui aux
collectivités territoriales, d’une part et les transferts fiscaux,
d’autre part. En outre, les efforts engagés dans le cadre de
l’identification et du recensement des ressources humaines et
matérielles à transférer aux collectivités doivent être soutenus
et encadrés.
2.1.1Mesures et actions relatives au transfert des ressources
humaines de l’Etat aux collectivités territoriales

Une étude commanditée en mars 2007 a permis de faire un


inventaire de ressources transférées aux collectivités
territoriales pour la prise en charge des compétences
transférées. Les résultats obtenus à l’issue de cette étude sont
les suivants :

• Secteur éducation :
 Nombre d’enseignants (premier cycle, second cycle et
enseignement secondaire) : 36.734.

• Secteur Santé :

A ce jour, en dépit des efforts déjà consentis par l’Etat et ses


partenaires, le processus de transfert est confronté à de
nombreuses difficultés, notamment :
le manque d'articulation entre les planifications
sectorielles verticales (PRODESS, PRODEC, etc.) et
les planifications décentralisées horizontales des
Collectivités Territoriales ;
le faible niveau de formation des élus et des services
déconcentrés ;
la lenteur dans la dévolution des biens ;
la disparité d’approches entre les départements
sectoriels, d’une part, et d’une Région à l’autre, d’autre
part ;
l'insuffisance d'indications sur le rôle des acteurs,
la non effectivité du transfert des ressources qui, selon
les principes, devait être concomitant avec le transfert
des compétences.