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PRODUIT SCALAIRE

I. Le produit scalaire de deux vecteurs


1. Introduction
Le théorème de Pythagore donne une caractérisation du triangle rectangle.
On peut formuler cette caractérisation de la manière suivante :

"Le triangle ABC est rectangle en A" équivaut à "AB 2 + AC 2 − BC 2 = 0".

Au delà de la situation où le résultat du calcul est nul, peut-on néanmoins donner une interprétation
plus générale au résultat :∆ = AB 2 + AC 2 − BC 2 ?
L’étude géométrique de cette expression nécessite de distinguer trois cas de figures.

B B B

θ
θ
θ
A H C H A C A C H
Cas 1 Cas 2 Cas 3
Dans chacun on a un triangle ABC on note H le projeté orthogonal de B sur (AC) (pied de la
÷
hauteur issue de B) et θ l’angle géométrique BAC.
1. On a ∆ = HA2 + AC2 − HC2 .
En effet, d’après le théorème de Pythagore dans le triangle BHC rectangle en H
BC 2 = HC 2 + HB 2 et d’après le théorème de Pythagore dans le triangle AHB rectangle en
H AB 2 = HA2 + HB 2 . Donc :
∆ = HA2 + HB 2 + AC 2 − HC 2 − HB 2 = HA2 + AC 2 − HC 2 .
2. Dans le cas 1, on a ∆ = 2AC × AH = 2AB × AC × cos(BAC) ÷
Comme H ∈ [AC], HC = AC − AH,
∆ = HA2 + AC 2 − (AC − AH)2 = HA2 + AC 2 − AC 2 − AH 2 + 2AC × HA .
Soit ∆ = 2AC × AH.
AH
Dans le triangle ABH rectangle en H, cos ÷
BAC = , soit AH = AB cos ÷
BAC.
AB
On obtient ainsi : ∆ = 2AC × AB × cos ÷BAC .
÷
3. Dans le cas 2, on a ∆ = −2AC × AH = 2AB × AC × cos BAC.
Dans ce cas A ∈ [HC] et donc HC = AC + AH. D’où ∆ = HA2 + AC 2 − (AC + AH)2 =
HA2 + AC 2 − AC 2 − AH 2 − 2AC × HA = −2AC × HA.
÷ = π − HAC
Par ailleurs, BAC ÷ donc cos BAC
÷ = cos(π − HAC) ÷ = − HA , soit
÷ = − cos HAC
AB
÷ On a ainsi ∆ = −2AC × HA = 2AC × AB × cos BAC.
AH = −AB cos BAC. ÷

4. Dans le cas 3, comme C ∈ [AH] on a HC = AH − AC.


Cela donne ∆ = HA2 + AC 2 − (AH − AC)2 = HA2 + AC 2 − AC 2 − AH 2 + 2AC × HA.
AH
Ainsi ∆ = 2AC × AH. Par ailleurs, cos ÷
BAC = , soit AH = AB cos ÷
BAC. Comme dans
AB
le cas 1 on obtient ∆ = 2AB × AC × cos ÷
BAC.
Ainsi, si l’angle θ est obtus, ∆ = −2AC × HA, si l’angle θ est aigüe, ∆ = 2AC × HA et
dans tous les cas ∆ = 2AB × AC × cos ÷ BAC.
−→ −−
→ −→ −− → −− → −→
Si l’on pose ~u = AC et ~v = AB. on aura AC = ||~u|| et AB = ||~v ||. Comme AC − AB = BA + AC =

1
−−→ −−→
BC, ||~u − ~v || = ||BC|| = BC. D’où ∆ = AB 2 + AC 2 − BC 2 = ||~u||2 + ||~v ||2 − ||~u − ~v ||2 .
1
On a obtenu plusieurs expressions du calcul de ∆. Si l’on considère les différentes expression de ∆,
2
on a :
1
• ∆ = AC × AH lorsque l’angle ÷ BAC est aigüe
2
1 ÷ est obtus.
• ∆ = −AC × AH lorsque l’angle BAC
2
1 1
||~u||2 + ||~v ||2 − ||~u − ~v ||2 = ||~u|| × ||~v || × cos ÷

• ∆= BAC
2 2
Ces différentes expressions donnent des informations sur les positions relatives des vecteurs ~u et
~v , en particulier l’angle entre les deux vecteurs. On dénomme produit scalaire des vecteurs ~u et ~v le
1
calcul de ∆ .
2

2. Expressions du produits scalaires


Définition
• Soit ~u et ~v non nuls deux vecteurs et les points A, B, C et H du plan tels que : .

B B
−→ −−→
~u = AC, ~v = AB et H le ~v
~v
projeté orthogonal de B sur la
droite (AC). θ
θ
A ~u H C H A ~u C
Le produit scalaire de ~u par ~v , noté ~u.~v , est le nombre défini de la manière suivant :
( −→ −−→ ÷ est aigüe).
AC × AH si AC et AH sont de même sens, ( l’angle BAC
~u.~v = −→ −−→
−AC × AH si AC et AH sont de sens contraires, ( l’angle÷ BAC est obtus).
• si ~u = ~0 ou ~v = ~0, alors ~u.~v = 0.

Propriété
−→ −
−→
Soit deux vecteurs ~u et ~v avec ~u = AC et ~v = AB
Ä ä
~u.~v = 1
2 ||~u||2 + ||~v ||2 − ||~u − ~v ||2
®
÷
||~u|| × ||~v || × cos(BAC) si ~u 6= ~0 et ~v 6= ~0
~u.~v =
0 sinon

Preuve. réalisée dans l’introduction.

Exemple 1.

• Soient le triangle ABC tel que Å


AB = 6, AC = 5, et CB = 4. ã
−−→ −→ 1 −−→ 2 −→ 2 −−
→ −→ 2
On remarque que :AB.AC = 2 ||AB|| + ||AC|| − ||AB − AC||
Å ã Å ã
1 −−→ 2 −→ 2 −→ −− → 2 1 −−
→ 2 −→ 2 −−→ 2
= 2 ||AB|| + ||AC|| − ||CA + AB|| = 2 ||AB|| + ||AC|| − ||CB|| .

−→ −→ 1 1 45
AB 2 + AC 2 − CB 2 = 62 + 52 − 42 =
 
On peut ainsi calculer AB.AC = 2 2 .
2

2
÷ = π.
• Soient A, B et C trois points distincts tels que AB = 5, AC = 3 et BAC
Å ã 3
−−→ −→ −−
→ −→ 
÷ = 5 × 3 × cos π = 15

On a AB.AC = ||AB|| × ||AC|| × cos BAC
3 2

Corollaire
• Si ~u et ~v sont colinéaires de sens contraire, ~u.~v = −||~u|| × ||~v ||.
• Si ~u et ~v sont colinéaires de même sens, ~u.~v = ||~u|| × ||~v ||.
• En particulier, ~u.~u = ~u2 = ||~u||2 (~u2 est appelé le carré scalaire de ~u).

Définition
−→ −
−→
• Deux vecteurs non nuls ~u = AC et ~v = AB sont dits orthogonaux lorsque les droites ((AC)
et (AB) sont perpendiculaires.
• le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur.

Propriété
Pour tous vecteurs ~u et ~v , ~u et ~v sont orthogonaux si et seulement si ~u.~v = 0.

−→ −−

Preuve. Si les vecteurs ~u = AC et ~v = AB sont orthogonaux, le projeté orthogonal de B sur (AC)
est A. Ainsi, ~u.~v = AC × AA = 0.

II. Propriétés du produits scalaires


Propriétés
Ç å Ç å
x x′
Dans un repère orthonormé, pour tous vecteurs ~u et ~v on a ~u.~v = xx′ + yy ′ .
y y′
En particulier ~u.~u = ||~u||2 = x2 + y 2

1
||~u||2 + ||~v ||2 − ||~u − ~v ||2

Preuve. On a ~u.~v =
2
1 2
x + y + x + y − (x − x′ )2 − (y − y ′ )2 = x2 + y 2 + x′2 + y ′2 − x2 − x′2 + 2xx′ − y 2 − y ′2 + 2yy ′
2 ′2 ′2

=
2
1
= (2(xx′ + yy ′ )) = xx′ + yy ′ .
2

Exemple 2. Ç å Ç å
2 1
Soient les vecteurs ~u et ~v dans un repère orthonormé.
−1 3
• ~u.~v = 2 × 1 + (−1) × 3 = −1 √
• ||~u||2 = 22 + (−1)2 = 5 et donc ||~u|| = 5

Exemple 3.
Soient les points A(−3; 8), B(−1; 3), C(0; 7), D(−5; 5) dans un repère orthonormé. On peut vérifier
rapidement å droitesÇ(AB)
Ç si les å et (CD) sont ou non perpendiculaires.
−−
→ 2 −−→ −5 −
−→ −−→ −−→
On a AB et CD et AB.CD = 2 × (−5) − 5 × (−2) = −10 + 10 = 0. les vecteurs AB
−5 −2
−−→
et CD étant orthogonaux, les droites (AB) et (CD) sont donc perpendiculaires.

3
Propriétés
~u, ~v et w
~ sont trois vecteurs et λ est un réel.
• Le produit scalaire est symétrique : ~u.~v = ~v .~u
• Le produit scalaire est bilinéaire : (λ~u).~v = λ(~u.~v ) et (~u + ~v ).w
~ = ~u.w
~ + ~v .w
~

Ç å Ç å Ç å
x x′ x′′
Preuve. Dans un repère orthonormé (O;~i, ~j) , notons ~u , ~v ′ et w ~ .
y y y ′′
• symétrique : ~u.~v = xx′ + yy ′ et ~v .~u = x′ x + y ′ y. or xx′ = x′ x et yy ′ = y ′ y. Ainsi ~u.~v = ~v .~u.
• bilinéairité : (λ~u).~v = λxx′ + λyy ′ et λ(~u.~v ) = λ(xx′ + yy ′ ) = λxx′ + λyy ′ .
~ = (x + x′ )x′′ + (y + y ′ )y” = xx” + x′ x′′ + yy” + y ′ y”
(~u + ~v ).w
et ~u.w ~ = (xx” + yy”) + (x′ x” + y ′ y”) = xx” + x′ x′′ + yy” + y ′ y”.
~ + ~v .w
Les expressions sont donc bien égales.

Exemple 4.
• ~v .(−~v ) = −~v 2 = −||~v ||2
• ~u.(2~u + 5~v ) = 2~u2 + 5~u.~v = 2||~u||2 + 5~u.~v

Propriété
~u et ~v deux vecteurs .
• ||~u − ~v ||2 = ||~u||2 + ||~v ||2 − 2~u.~v
• ||~u + ~v ||2 = ||~u||2 + ||~v ||2 + 2~u.~v
• (~u + ~v ).(~u − ~v ) = ||~u||2 − ||~v ||2
1
||~u + ~v ||2 − ||~u − ~v ||2

• ~u.~v =
4

Preuve.
Ä ä
• ~u.~v = 12 ||~u||2 + ||~v ||2 − ||~u − ~v ||2 ⇔ ||~u − ~v ||2 = ||~u||2 + ||~v ||2 − 2~u.~v . Cela résulte donc de
l’expression du produit scalaire en fonctions des normes.
• ||~u + ~v ||2 = ||~u − (−~v )||2 = ||~u||2 + || − ~v ||2 − 2(−~u).~v = ||~u||2 + ||~v ||2 + 2~u.~v .
• (~u + ~v ).(~u − ~v ) = ~u.~u − ~u.~v + ~v .~u − ~v .~v = ||~u||2 − ||~v ||2
• On a : ||~u +~v ||2 − ||~u −~v ||2 = ||~u||2 + ||~v ||2 + 2~u.~v − ||~u||2 + ||~v ||2 − 2~u.~v = 2~u.~v + 2~u.~v = 4~u.~v

1
||~u + ~v ||2 − ||~u − ~v ||2

On en déduit que ~u.~v =
4

III. Applications du produits scalaires


1. Formules d’Al-Kashi
Propriété
Soit ABC un triangle, avec AB = c, BC = a et CA = b.
A
On a les relations suivantes :

1. a2 = b2 + c2 − 2bc cos A c b

2. b2 = a2 +c2 −2ac cos B

3. c2 = b2 + a2 − 2ba cos C B a C

4
Preuve. de la première formule. On a :
−−→ 2
a2 = ||BC|| A
−−→ −→ 2
= ||BA + AC||
−→ − −→ 2 c b
= ||AC − AB||
−→ −−→ −→ −−

= ||AC||2 − 2AB.AC + ||AB||2
= AB 2 + AC 2 − 2AB × AC × cos(BAC)÷ B C
a

= c2 + b2 + 2bc cos(A)

Exemple 5.
“ = 60o
Dans le triangle DEF on a DE = 4, DF = 7 et D

• Calcul de la longueur EF .
“ = 42 + 72 − 2 × 4 × 7 × 1 = 37.
EF 2 = DE 2 + DF 2 − 2 × DE × DF × cos(D)
√ 2
On a donc DE = 37
• Calcul de la mesure de l’angle E“

2 2 2
DF = DE + EF − 2 × DE × EF × cos(E). “ Donc 72 = 42 + 37 − 2 × 4 × 37 × cos(E).

72 − 42 + 37 1
“ =
D’où cos(E) √ = √ . La calculatrice donne : E“ ≃ 85o
2 × 4 × 37 2 37

2. Théorème de la médiane
Théorème

Soient M AB un triangle et I le milieu du segment [AB] on a : M


2
−−→ −−→ AB
• M A.M B = M I 2 −
4
2 2 −−→ −−→
• M A − M B = 2M I.BA
• M A2 + M B 2 = 2M I 2 + 21 AB 2 A B
I

Preuve. Soit M AB un triangle et I le milieu du segment [AB].


−−→ −−→ −−→ − → −−→ −→
• M A.M B = (M I + IA).(M I + IB)
−−→ − → −−→ − → −→ −

= (M I + IA).(M I − IA) car IB = −IA
= M I 2 − IA2
Å ã
2 AB 2
= MI −
2
2 AB 2
= MI −
− 4
2 2 −→ − →2 −−→ −→2
• MA − MB = M I + IA − M I + IB
−−→ −→  −−→ −→
= M I 2 + IA2 + 2M I.IA − M I 2 + IB 2 − 2M I.IB
−−→ − → −→
= 2M I. IA − IB
−−→ −→ − →
= 2M I. BI + IA
−−→ −−→
= 2M I.BA

5
−−→ − →2 −−→ −→2
• M A2 + M B 2 = M I + IA + M I + IB
−−→ −
→  −−→ −→
= M I 2 + IA2 + 2M I.IA + M I 2 + IB 2 − 2M I.IB
−−→ − → −→
= 2M I. IA + IB + 2M I 2 + 2IA2
AB 2
= 2M I 2 + 2 ×
4
= 2M I 2 + 12 AB 2

Exemple 6. Calculer la longueur d’une médiane.


Dans le triangle RST on a RS = 6, RT =Ç7 et ST = 2 . Soit R ′
2 2
å le milieu [ST ].
ST 1 ST
RT 2 + RS 2 = 2RR′2 + ⇔ RR′2 = RT 2 + RS 2 − .
Ç 2 å 2 2
1 22 59
D’où : RR′2 = 52 + 62 − = .
2 2 2 …
′ 59
Ce qui donne pour mesure de la médiane RR = ≃ 5, 4.
2
Exemple 7. Détermination d’une ligne de niveau.
Soient deux points tels que AB = 6 cm. On souhaite savoir quel est l’ensemble de points M tels que
−−→ −−→
M A.M B = 40.
−−→ −−→ AB 2
M A.M B = 40 ⇔ M I 2 − = 40.
4
62 62
On a : M I 2 − = 40 ⇔ M I 2 = + 40 ⇔ M I 2 = 49 ⇔ M I = 7.
4 4
−−→ −−→
L’ensemble des points M tels que M A.M B = 40 est un cercle de centre I milieu de [AB] et de rayon
7.

3. Caractérisation du cercle
Propriété
M (x; y)
Soient A, B et M trois point du plan.
−−→ −−→
M A.M B = 0 si et seulement si M appartient au cercle
A b
B
de diamètre [AB] I

Preuve. On a : Å ã
−−→ −−→ 2 AB 2 2 AB 2 AB
M A.M B = 0 ⇔ M I − = 0 ⇔ MI = ⇔ MI =
4 2 2
AB
C’est à dire que M appartient au cercle de centre I et de rayon , soit M appartient au cercle de
2
centre I et de diamètre [AB].

4. Centre de gravité
Définition
−→ −−→ −−→ −

On appelle centre de gravité d’un triangle ABC l’unique point G tel que GA+GB+GC = 0

6
Propriété

1. les médianes d’un triangle sont concourantes. B


b

2. Le point de concours des médianes est le centre gra-


vité C′ b
A′
b

b
G
3. Le centre de gravité est situé aux deux tiers d’une C
A b
médiane en partant du sommet dont elle est issue. b
b

B′

Preuve. On note A′ , B ′ et C ′ les milieux respectifs des segments [BC], [AC] et [AB]. Soit G le
−→ −−→ −−→ − →
centre de gravité de ABC. On a alors GA + GB + GB = 0 .
−→ −−→ −−→ − → −→ −→ − −→ −→ −→ − →
Or : GA + GB + GC = 0 ⇔ GA + GA + AB + GA + AC = 0
−→ −− → −→ − →
⇔ 3GA + AB + AC = 0
−→ −− → −→ Comme A′ est le milieu de [BC],
⇔ −3GA = AB + AC
−→ −− → −→
⇔ 3AG = AB + AC
−→ −→ −−→ −−→ −−→ −−→
− −−→ −→ 2 −−→
AB + AC = AA′ + A′ B + AA′ + A′ C = 2AA′ . On en déduit que AG = AA′ .
3
−−→ 2 −−→′ −−→ 2 −−→′
De même on montre que BG = BB et CG = CC .
3 3
En conséquence, G appartient à chacune des médianes du triangle, elles sont donc concourantes
2 2
et le centre de gravité G est leur point de concours. De plus on a AG = AA′ , BG = BB ′ et
3 3
2 ′
CG = CC .
3

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