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Le béton

Introduction
Le béton est le matériau le plus utilisé dans les travaux de construction grâce à ses performances
et ses caractéristiques, il permet une résistance et une durabilité dans le temps, des bonnes
propriétés thermiques et acoustiques et une bonne tenue au feu. À l’état frais, il est maniable
permettant plusieurs formes, dimensions et textures. De point de vue cout, il est économique
et s’adapte aux besoins de l’utilisateur, en fonction des performances recherchées.

Composition
Le béton est un matériau composite constitué
par un squelette solide (gravier et sable), de
ciment et d'eau. Le ciment mélangé avec de
l’eau donne une pâte qui enrobe les granulats
pour former un corps compact. Les adjuvants
et les additions sont utilisés pour changer selon
le cas et l’utilisation quelques caractéristiques
du béton. Le tableau ci-dessous présente le
volume en pourcentage de différents Figure 3-1 : composition du béton
constituants pour un béton courant.

Constituants Eau Air Ciment Granulats


Volume (%) 14-22 1-6 7-14 60-78

Tableau 3-1 : pourcentage des constituants d’un béton courant

2.1 Ciment
Il existe 5 types de ciments qui varient de CEM I jusqu’à CEM V. Chaque type a une utilisation
bien déterminée selon la spécificité de l’ouvrage confectionné.
Le dosage de ciment est déterminé en fonction de plusieurs paramètres tel que l’emplacement
et la nature de l’ouvrage, la résistance demandée, les actions climatiques auxquelles il doit
résister.
2.2. L’eau
La présence de l’eau est indispensable afin d’assurer la réaction d’hydratation de ciment et pour
offrir au mélange une ouvrabilité à l’état frais.
Néanmoins, la quantité utilisée pour gâcher le mélange doit être bien calculée pour éviter un
excès d’eau causant l’affaiblissement de la résistance du béton à l’état durci ainsi la diminution
de sa durée de vie.
L’eau de gâchage doit être propre, pas de matières organiques, chimiques, d’impuretés ou de
sels dissous dans l’eau. L’eau de robinet peut être utilisée par contre le gâchage à l’eau de mer
est strictement interdit.
La quantité d’eau dépend des facteurs suivants :

- Le dosage en ciment et en granulats


- La consistance du béton à l’état frais)

Dans la plupart des cas, la quantité d’eau utilisée dans 1 m3 de béton, varie entre 150 et 200
l/m3. La quantité d’eau est calculée en supposant que les granulats sont secs, dans le cas
contraire, on doit prendre en considération la quantité d’eau contenue dans les granulats.

2.3 Les granulats


Les granulats utilisés doivent respecter les conditions suivantes :
- La propreté du gravier et surtout du sable, déterminée par l’essai de l’équivalent de sable
afin de déterminer le pourcentage de floculat et d’impuretés qui doivent être limitées au
maximum.
- La granulométrie, qui désigne la distribution des grains dans un échantillon, ce
paramètre influence la compacité du béton, un bon choix des dimensions utilisées
permet d’assurer l’enrobage demandé des armatures.

3.4 Les adjuvants (norme NF EN 934-2)


Les adjuvants peuvent faire partie des constituants du béton, leur utilisation permet d’améliorer
le comportement et les caractéristiques du béton à l’état frais et durci. Ils permettent de faciliter
la mise en œuvre, d’augmenter les résistances mécaniques, d’éliminer le risque de phénomène
de gel-dégel…...

Propriétés du béton
Il faut connaitre les propriétés du béton à l’état frais, pour une meilleure mise en œuvre, et à
l’état durci, pour s’assurer de la valeur de sa résistance et sa durabilité dans le temps.
3.1. Essais sur le béton frais
À l’état frais, le béton est caractérisé par son ouvrabilité qui désigne la facilité de l’introduire
dans les moules et les coffrages et à assurer un enrobage correct des armatures.
Un excès d’eau est très néfaste car il peut causer le ressuage qui se présente sous forme d’un
film d’eau très mince à la surface de l’élément juste après le bétonnage, cette couche d’eau est
responsable d’apparition et de développement des fissures après évaporation.
Un excès en eau peut causer :
- Augmentation de la porosité, ainsi une diminution de la compacité donc de la résistance
à l’état durci.
- Un risque de ségrégation des constituants du béton.
- Un retrait augmenté.

3.1.1. Essai du cône d’Abrams (NF EN 12350-2)


L’ouvrabilité est évaluée par la détermination de la consistance du béton par la méthode du
cône d’Abrams ou « slump test », cet essai est réalisé sur chantier pour chaque coulage d’un
élément, il consiste à mesurer l’affaissement d’un volume de béton de forme tronconique. Il est
valable pour les valeurs d’affaissement comprises entre 1 et 21 cm. Le cône a une base de
diamètre 20 cm, une partie supérieure de diamètre 10 cm et son hauteur est 30 cm, le béton est
introduit en 3 couches, chaque couche est piquée 25 fois à l’aide d’une tige métallique. Le
moule est ensuite soulevé verticalement et rapidement d’une façon verticale pour éviter les
mouvements latéraux ou de torsion.

Figure 3-2 : matériel et exécution de l’essai


Figure 3-3 : méthodologie de l’essai de consistance du béton

Pour classer le béton selon la valeur d’affaissement au cône d’Abrams on considère le tableau
ci-après établit en se référant à la norme (NF EN 206-1)

Tableau 3-2 : Évaluation de l’ouvrabilité par rapport à l’affaissement au cône.

Classe S1 S2 S3 S4 S5
Consistance De 10 à 40 mm De 50 à 90mm De 100 à De 160 à ≥ 220
150mm 210mm
Ferme Plastique Très plastique fluide très fluide
apparence

Utilisation Ouvrages avec Ouvrages avec Ouvrages sans Ouvrages sans Voiles
forte pente faible pente pente avec pente (voiles complexes,
(escaliers) (dalle pleine mise en place avec forte fondations
vibrée) simplifiée densité
(fondations…) d’armatures)

3.1.2. Essai Vébé (NF EN 12350-3)


L’essai de cône d’Abrams ne permet pas de déterminer la consistance des bétons très fermes
surtout dans le cas d’un affaissement presque nul. On peut utiliser l'essai Vébé dans ce cas, qui
se réalise selon les étapes suivantes :

1. Introduction du béton dans le cône d’Abrams


2. Soulèvement du cône et mesure de l’affaissement (A)
3. Ecrou du disque horizontal desserré, mise en marche du vibrateur et mesure du temps
en secondes.
4. Noter le temps nécessaire au béton pour couvrir la toute la face intérieure du disque.

Le temps t, exprimé en secondes définit la consistance Vébé, 5 classes de consistance sont


définis par la norme ENV 206 comme suit :

Tableau 3-3 : classes de consistance de l’essai Vébé.

Classe Vébé V0 V1 V2 V3 V4
Temps (s) > 31 30 – 21 21 - 11 10 - 5 <4
NOTE : La consistance de béton varie dans le temps, pour pouvoir interpréter et comparer les
essais, il faut que le temps écoulé, entre la fin du gâchage et le début de l’essai, soit identique
pour tous les échantillons

Figure 3-4 : mode opératoire de l’essai Vébé.

3.1.3. Essai d'étalement sur table (NF EN 12350-5)


L’essai d’étalement est valable pour les valeurs de consistance qui varient entre 340 mm et 600
mm. Pour les valeurs qui n’appartiennent pas à cet intervalle, l’essai n’est plus valable. Le
principe consiste à introduire le béton en 2 couches dans un moule tronconique fixé sur un
plateau carré, chaque couche est piquée 10 fois à l’aide d’une tige métallique.
Le moule tronconique possède un diamètre inférieur de 200 mm, un diamètre supérieure de130
mm et une hauteur de 200 mm. On retire le cône puis on met le béton sous l’effet des chocs
provoquées par le plateau qui effectue 15 chocs de suite pendant 30 secondes.

Figure 3-5 : dimension de la moule tronconique.


L’interprétation des résultats de l’essai ne peut être effectuée que si la forme obtenue après les
chocs est plus ou moins circulaire avec absence de ségrégation.
La consistance est obtenue en calculant la valeur moyenne entre les diamètres de la galette dans
les deux sens, la valeur est arrondie à 10 mm prés. L’expression de la consistance est la
suivante :
𝑑1 + 𝑑2
Étalement = 2

Les différentes étapes de l’essai, ainsi que la méthode de mesure de l’étalement sont illustrées
par la figure ci-dessous.

Figure 3-6 : étapes suivies pour réaliser l’essai d’étalement sur table

Selon la valeur trouvée, on peut classer le béton selon 4 classes qui varient de F2 à F5 comme
s’est indiqué par le tableau ci-dessous.
Tableau 3-4 : Classes d’étalement

Classe Diamètre d’étalement en mm


F2 de 350 à 410
F3 de 420 à 480
F4 de 490 à 550
F5 de 560 à 620

Conservation des éprouvettes (NF EN 12390-2)


Les éprouvettes confectionnées possèdent une forme cylindrique avec un diamètre de 16 cm et
une hauteur de 32 cm. Après bétonnage, les éprouvettes doivent être correctement conservées,
pour éviter le risque de ségrégation et d’apparition des fissures prématurés, le moule doit être
protégé contre les chocs et l’action des agents climatiques, notamment, le vent et le soleil pour
une durée minimale de 16 heures et un maximum de 3 jours, à une température constante de
20°C ± 5°C.
Après démoulage, les éprouvettes doivent être introduites dans un bain d’eau qui offre une
température constante d’environ 20 °C, elles sont retirées juste avant l’essai d’écrasement, ou
elles sont conservées dans une chambre humide tel que l’humidité relative HR > 95%

3.2. Essais sur béton durci


Le béton a un excellent comportement en compression, toutefois il est faible en traction, ce qui
justifie l’utilisation des armatures d’acier pour améliorer son comportement.
Le béton possède encore un comportement fragile, car soumis à une charge rapidement
croissante, il se rompt sans alerte (absence de déformations importantes). Afin de l’utiliser
judicieusement, il faut bien connaitre ses propriétés mécaniques.

3.2.1. Résistance à la compression (NF EN 12390-3)


L'essai a pour but de connaître la résistance à la compression du béton, avant de commencer
l’essai, il faut retirer l’éprouvette de l’eau, bien l’essuyer pour éviter l’excès d’humidité, la
centrer dans la machine, éliminer les particules de la surface qui peuvent empêcher le contact
entre le plateau et l’éprouvette, enfin soumettre l’éprouvette à une
charge croissante jusqu'à la rupture.
La valeur de la résistance à la compression est définie par le rapport
entre la charge à la rupture et la section circulaire de l'éprouvette ci-
dessous :
Figure 3-7 : éprouvette cylindrique en
𝐹𝑟𝑢𝑝𝑡𝑢𝑟𝑒
𝑅𝑐 = (𝑀𝑃𝑎) béton
𝑆𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛
𝜋𝐷2
Avec 𝑆 =
4

3.2.2. Résistance à la traction


Pour déterminer la résistance du béton en traction, les 3 essais suivants peuvent être réalisés :
- Traction directe
- Traction par flexion
- Traction par fendage
L'essai le plus utilisé est la traction par flexion qui consiste à
appliquer une charge concentrée au milieu de la partie
supérieure de l'éprouvette, et deux autres charges
concentrées chacune appliquée au tiers de la portée comme
s’est indiqué sur le schéma suivant :
Figure 3-8 : Essai de traction par
flexion

Figure 3-9 : justification de l’emplacement d’acier dans une poutre.

Variations volumiques
Dès l’instant de son gâchage, le béton est considéré comme le siège des réactions physico-
chimiques qui peuvent induire des variations dimensionnelles.

4.1. Retrait
Le retrait hydraulique avant prise et en cours de prise : Il est causé par l’évaporation rapide
d’une certaine partie de l’eau, cette évaporation est due d’une part, à la forme de l’élément
bétonné surtout pour le cas d’un plancher où la surface est importante par rapport à l’épaisseur,
d’autre part aux conditions climatiques de l’atmosphère au moment de bétonnage temps chaud
ou vent violent. Le non arrosage et mouillage des corps en contact avec le béton frais (coffrage,
briques….) peut causer aussi un retrait.
La cure de béton est indispensable pour limiter le retrait, il s’agit d’ajouter une fine couche
d’eau en dessus de l’élément afin de stopper l’évaporation, un mélange compact encore permet
de limiter d’une façon considérable le retrait.
Le retrait hydraulique à long terme : Il se manifeste par un départ lent de l’eau en atmosphère
sèche. Il augmente quand la finesse et le dosage en ciment augmentent.
Le retrait thermique : Il est dû à des baisses rapides de température provenant :

- Soit du ciment lui-même lors de son hydratation aux premiers âges, qui provoque une
élévation de température, suivie de son refroidissement.
- Soit des variations climatiques du milieu.
 Solutions

Il faut protéger le béton contre l’évaporation de l’eau et la dessiccation soit en incorporant les
adjuvants ou en utilisant les méthodes de cure.
Plus Le béton est compact plus le retrait est minimisé, ce qui dépend de la répartition granulaire,
et du pourcentage des éléments fins dans le béton.

4.2. Le fluage
Le béton est utilisé pour résister à l’action des charges dans le temps, dont l’importance et la
dimension varient selon l’ouvrage et son exploitation. D’une façon générale le béton se
comporte comme un matériau viscoélastique lorsqu’il est soumis à une charge de longue durée,
au moment de l’application de la charge, il subit une déformation instantanée, qui est par la
suite suivie d’une déformation lente. La déformation lente se poursuit dans le temps pour se
stopper après quelques années, ce phénomène est connu sous le nom de fluage.
Sous l’action d’une charge maintenue dans le temps la déformation apparait et continue petit à
petit, puis elle atteint une valeur constante après environ 3 ans. La figure ci-après illustre les
différentes déformations dimensionnelles dans un béton dans le temps.

Figure 3-10 : Déformations dimensionnelles du béton.

Fabrication et mise en œuvre du béton


Les méthodes de fabrication du béton sont décidées selon les contraintes spécifiques à chaque
chantier. Aujourd’hui dans la majorité des cas, le béton est commandé à partir des centrales à
béton de BPE surtout pour les grandes quantités, dans le cas des petits volumes, le béton est
confectionné sur chantier dans des bétonnières.
L’appellation « Béton Prêt à l’Emploi » noté BPE, désigne un béton dosé et malaxé dans des
installations fixes dans une centrale, puis livrés à l’aide des engins sur les lieux d’utilisation.
La composition d’un BPE varie selon les spécificités de l’ouvrage à couler, la centrale s’en
charge de livrer un béton conforme aux exigences du client grâce à des contrôles effectués
durant toutes les étapes de production ce qui permet de s’assurer de la qualité du béton produit.
Le matériel utilisé pour le transport du béton ne doit pas impliquer des chocs mécaniques durant
le trajet afin d’éviter le risque de ségrégation dans le béton, il doit être encore nettoyé
périodiquement pour éviter l’effet néfaste des corps étrangers dans le béton.
Il faut également éviter une hauteur de chute importante pendant le bétonnage pour avoir un
béton homogène.
Rôle de la vibration
La vibration du béton au cours du coulage a plusieurs rôles, elle est réalisée par des vibrateurs
internes, dans le cas des éléments courants où ils permettent de vibrer facilement le béton, et
les vibrateurs externes qui sont attachés sur le coffrage, ils sont utilisés dans le cas de mise en
œuvre des bétons secs ou fortement ferraillés. La vibration permet :
– une mise en œuvre facile et un enrobage correcte des
armatures.
– Amélioration de la compacité, par l’élimination des vides et
des cavités.
La vibration commence au moment de mise en œuvre du béton
par l’introduction de l’aiguille dans le béton et en la remontant Figure 3-11 : Vibration du béton

plusieurs fois dans tous les endroits. Les parois verticales


(voiles, poteaux….) nécessitent une vibration par couches ne
dépassant pas 50 à 60 cm. Lors de vibration, le vibrateur doit
être introduit verticalement entre 10 à 15 cm dans la couche
précédente, on stoppe la vibration dans les cas suivants :
- Le béton cesse de tasser
- Le dégagement de bulles d’air cesse
- Le bruit émis par le vibrateur se stabilise
- La laitance commence à apparaître en surface et Figure 3-12 : méthode de vibration

possède une couleur brillante.

Les type des bétons


D’une façon générale, le béton peut être classé en 3 types, selon la valeur de la masse volumique
- Béton très lourd : 𝜌 > 2500 kg/m3.
- Béton courant : 𝜌 ∈ [2000 – 2500 kg/m3].
- Béton léger : 𝜌 ∈ [500 - 1800 kg/m3].
Tableau 3-5 : Caractéristiques et domaine d’application de différents types de béton

Type de béton Caractéristiques Domaine d’application


Bétons de granulats légers – Faible valeur de masse – Allégement des ouvrages
volumique (de 1000 à 1 800 –isolation thermique et
kg/m3) phonique
–bonne résistance mécanique
Bétons isolants légers – masse volumique réduite – murs, parois isolantes,
– béton de polystyrène – conductivité thermique chape légères et isolantes
expansé réduite à très réduite de
– béton mousse (0,3 à 0,16 W/m.°C)
– béton cellulaire
Bétons légers caverneux – masse volumique réduite –Absorption des bruits,
– béton caverneux de –absorption acoustique réduction des bruits
granulats légers – perméabilité à l’air d’impact (écrans
– béton de bois acoustiques, chapes
–béton de liège flottantes, etc.)
Bétons à hautes performances – résistance en compression – éléments soumis à des
(BHP) renforcée (50 à 100 MPa) conditions
– porosité réduite environnementales
–performances mécaniques sévères.
améliorées autorisant une –éléments structuraux très
réduction de section des élancés porteurs ou
éléments (poutres, poteaux, fortement chargés
murs)
– grande durabilité (gel,
érosion, corrosion, etc.)
Bétons de fibres métalliques – résistance à la traction –voussoirs de tunnel
améliorée – dallages, caniveaux,
– plus grande déformabilité à regards, etc.
la rupture
bonne résistance aux chocs
Bétons de fibres synthétiques – limitation du retrait – dallages, éléments de
murs

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