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Institut Méditerranéen de l’Eau

Les aquifères fossiles au sud de la Méditerranée


Etat synthétique des connaissances
Caractéristiques et contraintes d’exploitation

Avec la participation de :
Sommaire

1. PREAMBULE ..............................................................................................................................3
2. DEFINITION ET PROBLEMATIQUE DES AQUIFERES NON RENOUVELABLES ..........................................5
2-1 Définition des aquifères à ressources non renouvelables .........................................5
2-2 La problématique de l’exploitation des nappes fossiles ...........................................7
3. PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DES SYSTEMES AQUIFERES ........................................................11
3-1 Les systèmes aquifères fossiles au sud de la Méditerranée ....................................11
3-2 Système Aquifère du Sahara Septentrional..............................................................12
3-2-1 Présentation générale ............................................................................................12
3-2-4 Les perspectives et le devenir de la ressource ..................................................15
3-3 Système aquifère de Nubie ........................................................................................16
3-3-1 Présentation générale ............................................................................................16
3-3-2 Développement de l’exploitation........................................................................18
3-3-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères ...........................................................19
3-3-4 Les perspectives et le devenir de la ressource ..................................................19
3-4 Système aquifère du Murzuk ........................................................................................20
3-4-1 Présentation générale ............................................................................................20
3-4-2 Développement de l’exploitation........................................................................21
3-4-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères ...........................................................22
3-5 Bassin de Taoudéni-Tanezrouft.....................................................................................22
3-5-1 Présentation générale ............................................................................................22
3-5-2 Développement de l’exploitation........................................................................24
3-6 Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien .................................................24
3-6-1 Présentation générale ............................................................................................24
3-6-2 Développement de l’exploitation........................................................................26
3-6-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères ...........................................................27
4. BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE ........................................................................................................28

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1. PREAMBULE
Les grands bassins sédimentaires recèlent des ressources en eau très importantes. Leur
répartition est liée aux structures géologiques, leur alimentation est étroitement dépendante
des conditions climatiques qui prévalent dans les zone considérées.

Ces systèmes aquifères complexes sont du type multicouche, caractérisé par plusieurs
réservoirs plus ou moins séparés par des niveaux peu perméables, leur puissance totale
peut atteindre plusieurs milliers de mètres.

Ces aquifères sont captifs, la plupart du temps, avec des niveaux d’eau ascendant souvent
jaillissant, avec des pressions importantes a la surface du sol.

Leur alimentation est liée aux précipitations sur les affleurements situés à la périphérie des
bassins ; en zone désertique ou subdésertique leur modicité ne permet pas d’assurer
l’alimentation de ces aquifères, encore moins de renouveler les volumes exploités.

On qualifie alors ces aquifères de « nappes souterraines non renouvelables ou


fossiles », car elles ne sont pas ou peu réalimentées (cf. fig.1).

L’exploitation de leurs ressources relève d’une stratégie minière similaire à celle des autres
matières premières minérales, procurant les mêmes avantages économiques mais soumises
aux mêmes inconvénients.

Ces ressources en eau ont une importance majeure pour les régions et les pays concernés
car elles représentent la seule alternative, en l’absence d’eau de surface, hormis le
dessalement des eaux dont les coûts énergétiques restent encore élevés.

De ce fait, l’exploitation des ressources en eaux souterraines non renouvelables, quelle que
soit son importance, jusqu’à un éventuel « tarissement », doit être le résultat d’une parfaite
connaissance technique des systèmes hydrogéologiques assortie d’une stratégie et d’une
politique concertée avec les régions et les états voisins et ce, afin de bien analyser les
conséquences et anticiper les mesures compensatoires à mettre en œuvre.

Dans les zones désertiques du sud de la Méditerranée, depuis le Maroc et la Mauritanie


jusqu’en Egypte, l’exploitation les nappes fossiles constituent la seule ressource aisément
mobilisable, aussi ces pays ont-ils développé, à des degrés divers, une stratégie raisonnée
d’exploitation en fonction de choix socio économiques.

3
Fig. 1 Aride et semi arides régions de la Méditerranée, avec les zones touchées par la
sècheresse de 2005

D’après WWWF Auen-Institute, Germany

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2. DEFINITION ET PROBLEMATIQUE DES AQUIFERES NON
RENOUVELABLES

2-1 Définition des aquifères à ressources non renouvelables

Les nappes souterraines ne sont jamais strictement non renouvelées, toutefois lorsque la
pluviométrie est inférieure à 100 mm/an, avec des périodes sans pluies dépassant 30 mois,
on considère que l’alimentation est très faible à nulle et que le renouvellement des
ressources n’est plus en relation avec l’activité humaine (plusieurs centaines d’années).

De ce fait :

• Les ressource en eaux souterraines non renouvelables impliquent que le taux moyen
d’alimentation de l’aquifère soit très faible, mais en contre partie avec des réserves
totales très importantes (plusieurs km3 souvent),

• Les eaux sont qualifiées de fossiles car on considère qu’elles se sont infiltrées
dans le sol depuis des millénaires (période Holocène au Sahara), sous des
conditions climatiques différentes de l’actuel et ont été stockées durant cette période,

• On parle de surexploitation lorsque les volumes exploités sur le long terme


excèdent le renouvellement de la ressource, le niveau de la nappe baisse, les
réserves diminuent avec des impacts environnementaux indésirables,

• Une exploitation d’eau souterraine est dite de type minier lorsque les ressources ne
sont pas renouvelées, ce qui implique une diminution des réserves.

(D’après J.Margat, Foster, Custodio, Kemper et LLamas)

Sur le plan hydrodynamique les systèmes aquifères concernés comportent trois


zones distinctes de l’amont vers l’aval (Fig. 2 et 3) :

- une zone ou les formations aquifères affleurent en surface, la nappe est libre et
une recharge très rare et limitée peut intervenir lors d’épisodes pluviométriques
violents,

- une zone profonde d’accumulation (réservoir) et de transit ou la nappe est


souvent captive et dans laquelle la recharge est négligeable,

- une zone de résurgence ou, soit les terrains aquifères apparaissent à nouveau en
surface provoquant un affleurement de la nappe (oasis et/ou zones de sources), soit
du fait de la présence d’une barrière de terrains peu perméables, la nappe remonte
très lentement en surface sous l’effet de la pression hydrostatique, le débit est faible
et l’évaporation provoque l’accumulation de sels (origine des chotts).

5
Fig.2 Coupe schématique d’un système aquifère fossile avec émergence de la nappe dans l’oasis

(D’après (D’après UNESCO/AIH, Non-renewable Groundwater Ressources)

La recharge occasionnelle provient de crues sur les vallées sèches (wadi), la réserve d’eau
s’est constitue lors de périodes humides de l’Holocène il y a au moins 10 000 ans. La
circulation des eaux est lente avec une zone d’affleurement de la nappe constituant l’oasis.
Les eaux douces sont « stratifiées en fonction de leur âge ».

Fig.3 : Coupe schématique d’un aquifère fossile avec remontée de la nappe et


formation de chotts

(D’après UNESCO/AIH, Non-Renewable Groundwater Ressources)

Le système aquifère est confiné sous une couverture argileuse et peu perméable, la nappe
remonte vers la surface par effet de drainance pour créer des zones de chotts ou sebkhas
saumâtres.

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Les nappes souterraines fossiles constituent un enjeu très important dans les pays
sahariens et subsahariens en l’absence d’autre ressource en eau tout particulièrement
en Afrique du Nord et dans la Péninsule Arabique.

Tableau 1 : Importance de l’exploitation des ressources eaux souterraines non renouvelables


au sud et au sud est de la Méditerranée

Eaux souterraines (Mm 3/an


Pays Années de Eaux souterraines Exploitation Dont eau fossile
référence /besoins totaux (%) totale
Algérie (2000) 54% 2 600 1 680
Arabie Saoudite 1999 (1996) 85% 21 000 17 800
Bahreïn 1999 (1996) 63% 258 90
Egypte 1999 (1996) 7% 4 850 900
UAE 1999 (1996) 70% 900 1 570
Jordanie 1999 (1996) 39% 486 170
Libye 1999 95% 4 280 3 014
Oman 1999 (1991) 89% 1 644 240
Qatar 1999 (1996) 53% 185 150
Tunisie 2000 59% 1 670 460
Yémen 1999 (1994) 62% 2 200 700

Source : J.Margat (1995, 1998, 2004), UN-FAO (1997), UN-ECSWA (1999)

2-2 La problématique de l’exploitation des nappes fossiles

Le principal impact de l’exploitation des aquifères non renouvelés est un abaissement


progressif de la pression hydrostatique et donc du niveau de l’eau qui a pour principales
conséquences :

Dans les zones ou la nappe est proche de la surface du sol – nappe libre - (oasis, vallées
sahariennes ou présahariennes..) :

- l’approfondissement des niveaux d’eau dans les oasis, les palmeraies et les zones de
cultures.

- l’assèchement des galeries drainantes (foggaras, khétaras, khanats),

- des diminutions de débits pouvant aller jusqu’au tarissement des sources dans les
zones de résurgence de l’aquifère

Dans les zones ou la nappe est profonde – nappe captive :

- la diminution des pressions d’eau en tête de forage, avec pour corolaire une diminution
progressive de l’artésianisme et la nécessité d’un pompage de plus en plus profond,

- localement peuvent apparaitre des affaissements du sol lié à la baisse des pressions
hydrostatiques.

7
Par ailleurs toute exploitation intensive modifie les conditions hydrodynamiques de
circulation des eaux souterraines à l’intérieur des systèmes, avec l’accroissement des
transferts verticaux entre niveaux (drainance) et l’accélération ou l’inversion de flux latéraux
ce qui peut provoquer :

- l’invasion des eaux douces de l’aquifère par des flux d’eaux saumâtres,

- l’accroissement des flux de transit et l’impact éventuel de l’exploitation au-delà des


frontières entre Etats.

Etant donné la grande extension des aquifères fossiles (plusieurs milliers de km2) ils
s’étendent sur plusieurs Etats, ainsi toute exploitation au niveau d’un pays peut impacter la
ressource de pays voisins. On parle alors de ressources et d’aquifères transfrontaliers.

Des exemples d’effets de l’exploitation intensive de nappes fossiles sont présentés aux
figures 4 et 5 ci après.

Ils montrent le tarissement progressif des sources de Netzaoua en Tunisie sous l’effet d’une
exploitation intensive du complexe aquifère du Sahara Septentrional en Algérie (SASS) en
particulier (Fig. 4) et l’abaissement lent mais irréversible du niveau de la nappe en Egypte
sous l’effet de l’exploitation en augmentation constante de la nappe des Grés de Nubie
(NAS) en Libye (Fig.5).

Fig. 4 Effets de l’accroissement des prélèvements sur


l’Aquifère du Sahara Septentrional (SASS) sur des sources en Tunisie

(D’aprés « Non-Renewable Groundwater Resources A guide book on socially-sustainable management for water-
policy makers» Unesco-IAH- GW – MATE, World Bank)

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Fig.5 Effets de l’accroissement des prélèvements sur l’aquifère
des Grés de Nubie (NAS) sur les niveaux piézométriques en Egypte

(D’après « Non-Renewable Groundwater Resources-A guide book on socially-sustainable


Management for water- policy makers» Unesco-IAH- GW – MATE, World Bank)

Face à ces contraintes particulières les Etats, consciemment ou nom et de façon plus
ou moins concertée ont opté pour l’une trois solutions alternatives suivantes :

- une « surexploitation programmée » entrainant une baisse très progressive de la


ressource, ce qui permet de mettre en place au cas par cas des solutions alternatives (choix
économiques et recyclage de l’eau, transferts et dessalement d’eau),

- une « surexploitation massive mais raisonnée », qui entrainera une disparition plus
rapide de la ressource exploitable, mais qui nécessite, dés à présent, l’étude technico-
économique de la mise en place d’alternatives possibles à moyen et long terme,

- une exploitation progressive, car fonction de l’évolution des besoins qui restent parfois
modestes, mais « sans planification particulière »

D’une façon générale les Etats dont le territoire est le plus concernés par une ressource
donnée, l’Algérie et la Libye en l’occurrence pour les deux grands aquifères sahariens
(SASS et NAS), ont opté pour l’une des deux premières solutions.

En ce qui concerne les Etats les moins concernés, c’est la troisième alternative qui prévaut
dans la plupart des cas, il n’en reste pas moins qu’ils restent parfois très dépendants de
l’option choisie par les pays voisins.

Quelle que soit l’option retenue, la diminution puis le tarissement de la ressource


exploitable est inéluctable à plus ou moins long terme.

De ce fait toute exploitation d’aquifère non renouvelable implique, de la part des Etats
une exploitation raisonnée, c'est-à-dire accompagnée d’une réflexion technique

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sociologique et financière sur les solutions de substitution envisageables qu’il
conviendra de mettre en place à plus ou moins long terme.

Une concertation entre les Etats concernés par un système aquifère donné est
également nécessaire. Tel est le cas au moins pour les deux systèmes les plus
important du sud de la Méditerranée, à savoir :

¾ Le Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS) qui concerne l’Algérie, la


Tunisie et la Libye,

¾ Le Système de Grés de Nubie (NASS), qui concerne la Libye, l’Egypte, le Soudan


et le Tchad.

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3. PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DES SYSTEMES AQUIFERES

3-1 Les systèmes aquifères fossiles au sud de la Méditerranée

Au sud de la Méditerranée les cinq plus importants aquifères fossiles sont :

- Le Système aquifère du Sahara Septentrional (SASS)


- Le Système aquifère de Nubie (NSAS)
- Le Système aquifère du Murzuk
- Le Bassin de Taoudéni-Tanezrouft
- Le Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien.

(cf. Fig.6)

Ils concernent, à des degrés divers, des Etats du Maghreb et du Maschrec (Algérie, Tunisie,
Egypte), et du sud du Sahara (Sénégal, Mauritanie, Gambie, Tchad, Soudan).

Il existe d’autres systèmes tout aussi importants au Moyen Orient tel que le Saq (Arabie et
Jordanie) et en Australie par exemple (le Grand bassin Artésien).
Fig.6 Principaux aquifères fossiles au sud de la Méditerranée

(D’après OSS et UNESCO 1997)


Nota : les bassins d’Errachidia (H), d’Irhazer Iulmeden (F) et du Lac Tchad (G) n’ont pas été pris en compte

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Ces systèmes aquifères revêtent une grande importance en termes de ressource en
eau et d’extension territoriale.

Tableau 2 : Caractéristique des principaux aquifères fossiles au sud de la Méditerranée

Pays Extension Taux de Réserves Exploitation Références


Système aquifère concernés (km2) renouvellement exploitables moyenne récentes
(principal) annuel (%) (Mm3) (M3/an)
Système aquifère Algérie, Tunisie,
du Sahara Libye 1 000 000 1.4 10-5 1 280 000 2 560 Pallas et Salem
Septentrional (1999), OSS (2003)
(SASS) ANRH 2003
Système aquifère Libye, Tunisie UNESCO-IHP
de Nubie Egypte, Tchad 2 200 000 1.3 10-5 14 460 000 2 170 000 (2600) Bakhbakhi,
(NSAS) OSS (2003)
Lybie, Niger, Salem (1992),
Bassin du Murzuk Algérie 450 000 0.7 10-5 60 à 80 000 1 750 OSS (2003)

Bassin de Mali, Mauritanie,


Taoudéni- Algérie 2 000 000 3.1x10-4
Tanezrouft
Sénégal,
Bassin sénégalo Mauritanie, 200 000 9 10-5 480 à 580 000 265 Khouri (1990),
mauritanien Gambie OSS (2003)

3-2 Système Aquifère du Sahara Septentrional

3-2-1 Présentation générale

Le Système aquifère du Sahara Septentrional (SASS) occupe une superficie dépassant le


million de kilomètre carré inégalement répartis entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.

D’une puissance pouvant atteindre 1600 m, il comporte deux réservoirs principaux :

• Le Continental Intercalaire, regroupant des terrains du Jurassique Inférieur et du


Crétacé Inférieur (équivalant des Grés de Nubie),

• Le Continental Terminal avec des formations carbonatées allant du Crétacé


Supérieur au Paléocène et l’Eocène, ainsi que les séries détritiques du Miocène.

Tableau 3 : Principales particularités du système aquifère

Bassin Aire totale Type et Constitution Puissance


Dénomination Pays ou km 2 structure hydrogéologique maxi. (m)
région
Système ALGERIE 1 019 000 CI : Continental
aquifère du (DZ) Dont : Système Intercalaire
Sahara TUNISIE Sahara DZ : 70% multicouche CT : Complexe 1600
Septentrional (TN) (endoréi LY : 22% (CI et CT) Continental
(SASS) LIBYE (LY) que) TN : 8% Terminal

(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontalier de l’Afrique du Nord et du Sahel 2003-
2004)

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Etant donné le climat saharien qui prévaut sur la zone, l’alimentation du système aquifère à
partir des précipitations sur l’affleurement au nord des deux bassins (Atlas Saharien, Dahar
et Neflous) est très faible. Les écoulements de surface sont quasi inexistants.

Fig.7 Carte hydrogéologique simplifiée de l’aquifère du Sahara Septentrional

(D’après « Non renewable groundwater resources et guide book on socially-sustainable management for water- policy makers
Unesco-IAH- GW – MATE, World Bank)

Le SASS recèle donc une ressource importante, mais pour l’essentiel non renouvelable,
pour lequel le pays le plus concerné est l’Algérie, mais qui est également partagé avec le
Tunisie et la Libye.

3-2-2 Evolution de l’exploitation

Le système aquifère du Sahara Septentrional est reconnu et exploité par 8000 points
ouvrages, dont 5000 en Algérie, 2000 en Tunisie et prés d’un millier en Libye.

Son exploitation à considérablement évolué avec l’accroissement des besoins et l’évolution


des techniques :

• Jusqu’à la fin du XIXème siècle cette exploitation restait superficielle, l’aquifère était
exploité sur les sources et « écrémé » par des puits et foggaras dans les oasis, pour
des usages essentiellement agricoles,

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• Progressivement cette exploitation s’est intensifiée avec l’évolution des techniques
de forage et la connaissance des réservoirs liés à la recherche pétrolière,

• Elle s’est très fortement intensifiée au cours des dernières décennies pour répondre à
l’accroissement des besoins qui se sont diversifiés pour l’irrigation et l’eau potable,
mais également l’industrie et le tourisme.

En 2000 les prélèvements totaux sur le SASS étaient évalués à 2,5 milliards de m3/an, dont
1,45 pour l’Algérie, 0,55 en Tunisie et 0,5 en Libye. L’exploitation pour l’agriculture reste
prédominante dans les trois pays.

Fig.8 Evolution de l’exploitation sur l’aquifère du Sahara Septentrional de 1950 à 2000

3-2-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères

Les observations ont permis de mesurer l’évolution, probablement irréversible, du fait de


l’intense exploitation qui s’est développée ces trente dernières années.

¾ L’artésianisme, n’a cessé de diminuer sous l’effet de la multiplication des puits et


des forages. La conséquence a été un passage progressif de l’exploitation
gravitaire (sources et foggaras) ou lié au jaillissement de la nappe sur les forages
profonds, à une exploitation par pompage, ce qui a par ailleurs accru
l’exploitation.

Le quasi tarissement des sources issues du complexe terminal en Tunisie, à


partir des années 1990, illustre parfaitement cette problématique,

¾ La piézométrie, sa baisse est la conséquence de l’intensification de l’exploitation.


Elle s’est accentuée à partir des années 1980 avec la multiplication des forages et la quasi
généralisation du pompage avec :

- une forte accentuation des les zones ou la nappe est captive (45 à 65 m en 50 ans),

14
- moins élevée (15 à 30 m en 50 ans) là ou la nappe est libre.

¾ La salinité, les risques d’envahissement des réservoirs d’eau douce par des
eaux saumâtre issus de terrains salifères sont élevés compte tenu de la
modification des écoulements souterrains provoqués par l’exploitation intensive
(drainance entre réservoirs du complexe par ex.).

3-2-4 Les perspectives et le devenir de la ressource

Le complexe aquifère du Sahara Septentrional est relativement bien connu du fait des
programmes d’études nationaux (ANRH) et internationaux dont il a fait l’objet en particulier
avec le soutien des agences des Nations Unies (PNUD et UNESCO, cf. bibliographie
sélective). Une importante base de données a été constituée, elle comporte plus de 6000
forages, 600 sources et foggaras avec des données piézométriques sur plus de 50 ans.

Les derniers projets ont permis de mettre au point une modélisation hydrodynamique du
complexe calé sur les observations de terrain. Ce modèle permet désormais d’élaborer des
scénarios réalistes d’exploitation.

Un mécanisme de concertation au niveau du bassin a été mis en place entre les trois Etats
concernés en vue d’assurer la gestion des ressources (cf. Fig.9).

Au delà de ces résultats qui permettent de procéder à des choix techniques, mais aussi
socio-économique qui conditionnement le devenir et la durabilité de la ressource, il
conviendrait que ces décisions soient accompagnées d’une réflexion prospective par rapport
a une évolution tendant vers une diminution de la ressource.

Fig. 9 Organigramme de la structure de gestion inter-état du SASS

15
3-3 Système aquifère de Nubie

3-3-1 Présentation générale

Le système aquifère nubien (NSA) est constitue d’une série de couches aquifères qui sont
interconnectées et s’étendent sur plus de 2 millions de km2 entre la Lybie, l’Egypte le
Soudan et le Tchad (cf. Fig 10 et 11).

Il se présente sous forme d’une épaisse série sédimentaire continentale constituée :

- de terrains anciens d’origine détritique depuis le Paléozoïque jusqu’au Cénomanien,


connus sous le nom de Grés de Nubie (NSAS),

- de formations carbonatées tertiaires, qui recèlent un l’aquifère qui englobe la Libye et


l’Egypte, il est connu sous le nom de post nubien (PNAS).

L’épaisseur de ces formations s’accroit depuis quelques mètres au nord du Soudan pour
atteindre 2500 m prés de l’oasis de Siwa.

Tableau 4 Principales particularités du système aquifère

Bassin ou Aire totale Constitution Puissanc


Dénomina Pays région km 2 Type hydrogéologiq e maxi.
tion ue Structure (m)
EGYPTE (EG) 2 200 000 Cambro-
Aquifère LIBYE (LY) Sahara EG : 37.6% Sédimentaire Ordovicien à
des grés SOUDAN (SD) (endoréique) LY : 34.6% Système Oligocène 3600
de Nubie TCHAD (TD) SD : 17.1% multicouche Grès
(NAS) TD : 10.7% continentaux
prédominants
(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontalier de l’Afrique du Nord et du Sahel 2003-
2004)

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Fig. 10 Carte hydrogéologique synthétique de l’aquifère des Grés de Nubie

(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontaliers de l’Afrique du Nord et du Sahel
2003-2004)

17
3-3-2 Développement de l’exploitation

Pour un volume d’eau exploitable évalué globalement à 14 459 km3, l’exploitation du


système serait de 2,17 km3/an (évaluation 2002, cf. bibliographie).

La majeure partie de l’eau exploitée est utilisée pour l’irrigation au travers de plusieurs
grands projets agricoles tant en Libye (transfert vers le nord) qu’en Egypte (New Valley)
essentiellement.

La Libye a engagé depuis plusieurs années un grand projet de transfert d’eau depuis
l’aquifère des Grés de Nubie vers la zone côtière pour développer l’irrigation et
sécuriser l’alimentation en eau potable.

Tableau 5 Répartition des ressources du NAS dans les 4 Etats

Pays Volume d’eau Volume d’eau Total des


emmagasiné * récupérable prélèvements
Egypte 252 210 5 180 1.029
Libye 208 280 5 920 0.852
Tchad 47 810 1 630 0.000
Soudan 33 880 2 610 20288
Total 542 180 15 340
* coef. D’emmagasinement 10-4 dans la partie captive, porosité Efficace 7 % dans la partie libre
Source CEDARE/IFAD 2002

Fig.11 Bloc diagramme du Système Aquifère nubien

18
3-3-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères

Les effets de l’exploitation croissante du complexe aquifère sont les mêmes que ceux
constatés sur le SASS en terme de baisse de niveau, assèchement de sources et obligation
de pompages de plus en plus importants pour compenser la baisse de pression
hydrostatique.

Les modifications d’écoulements souterrains qui en résultent augmentent les échanges entre
niveaux aquifère provoquant un danger potentiel sur la qualité des eaux.

En zone côtière toute surexploitation du réservoir carbonaté accroit d’autant les risques
d’intrusions salines.

Par rapport aux Etats voisins, si au stade actuel l’exploitation ne parait pas avoir modifié
profondément les flux transitant par les frontières, toute intensification significative est
susceptible d’avoir un impact accru au-delà des frontières.

3-3-4 Les perspectives et le devenir de la ressource

Dans le cas particulier du Système aquifère de Nubie, si les grands projets développés en
Libye et en Egypte ne semblent pas devoir modifier sensiblement les transfert de part et
d’autre des frontières, leur ampleur est susceptible d’avoir, à un terme plus ou moins proche,
un impact significatif et quasi irréversible sur la ressource. Ce qui implique, de la part des
Etats une réflexion accélérée sur la prospective d’après « eaux souterraines ».

Par contre dès 1991 une autorité commune pour l’étude et le développement du système
aquifère a été mise en place. En 1998 le Soudan et le Tchad ont intégré cette structure et, à
l’issue de l’exécution d’un programme d’action régional, une convention de coopération a été
mise en place entre les quatre Etats

Fig. 12 Evolution dans le temps de l’exploitation totale du NASS

(D’après « Non renewable groundwater resources et guide book on socially-sustainable management for
water- policy makers Unesco-IAH- GW – MATE, World Bank)

19
3-4 Système aquifère du Murzuk

3-4-1 Présentation générale

Avec une superficie de l’ordre de 450 000 km2 le Bassin de Murzuk est l’un des plus
importants au sud de la Méditerranée. La majeure partie de sa superficie se situe en Lybie
(435 000 km2) mais il présente des affleurements bordiers de terrains anciens au Tchad,
Niger et Algérie (cf. Fig 13).

Les deux principaux niveaux aquifères se situent en Libye principalement au Fezzan :

• L’aquifère inférieur dans les formations gréseuses du dévonien et du cambro-


ordovicien, il couvre l’ensemble du bassin,

• L’aquifère supérieur correspond aux formations gréseuses du Trias, du jurassique


et du Crétacé Inférieur.

Ces deux réservoirs sont séparés par des séries d’argiles et marnes correspondant au
Carbonifère et Silurien dans certaines parties du bassin.

Tableau 6 : Principales particularités du système aquifère

Aire totale Constitution Puissance


Dénomination Pays Bassin ou km 2 Type hydrogéologique maxi. (m)
région Structure
450 000 - Grés dévonien et
Système aquifère Libye (Ly), LY : 97% Sédimentaire cambro-ordovicien,
de Murzuk Niger (NE) Fezzan NE : 3% bicouche - grés du Trias, 2 000
jurassique et Crétacé
Inférieur.

(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontalier de l’Afrique du Nord et du Sahel 2003-
2004)

Le volume des réserves aquifères totales est évalué à 4 800 km3, pour 60 à 80 km3 de
ressources exploitables sur une durée de l’ordre de 50 ans. Le taux de renouvellement
est très faible état donné l’extrême modicité des apports d’eaux de surface dans les zones
d’affleurement des grés du Dévonien et du Cambro - Ordovicien.

Les données piézométriques disponibles montrent un écoulement souterrain orienté du Sud-


ouest vers le Nord-est et un exutoire de la nappe vers les sebkhas qui se prolongent à
travers de nombreuses dépressions.

Fig.13 Carte hydrogéologique du Bassin du Murzuk

20
(D’après Ph. Pallas et O. Salem)

3-4-2 Développement de l’exploitation

L’exploitation de l’aquifère se situe entièrement en Libye. Les zones périphériques


situées au Niger (bassin du Djado), Algérie et Tchad n’ont pas d’exploitation significative.

Tableau 7 : Evaluation de l’exploitation du bassin de Murzuk en Libye

Aquifère Eau potable Irrigation Total


(hm3/an) (hm3/an) (hm3/an)
Aquifère des grés 8 373 381
inférieurs (Paléozoïque)
Aquifère supérieur 50 1323 1373
(Mésozoïque)
Total 58 1696 1754
(Ph. Pallas et M.O Salem 1999)

21
3-4-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères

L’exploitation intensifiée depuis les trois dernières décennies pour l’agriculture, provoque
une baisse accélérée de niveaux des aquifères et peut provoquer, à terme une
dégradation de la qualité chimique des eaux.

La piézométrie des aquifères du Murzuk montre une tendance générale vers une baisse
continue.

Fig.14 Baisse piézométrique dans les aquifères du bassin du Murzuk

(GWA, 2000)

3-5 Bassin de Taoudéni-Tanezrouft

3-5-1 Présentation générale

D’une superficie de 2 000 000 km2, le Bassin de Taoudéni-Tanezrouft est entièrement


saharien et endoréique (cf.Fig.15).

Il occupe une grande partie du Sahara occidental et s’étend sur la partie septentrionale du
Mali et de la Mauritanie, ainsi que sur la partie méridionale de l’Algérie. Au sens large le
bassin atteint le Sénégal à l’ouest, le Burkina Faso au Sud et et le Niger à l’Est. Mais les
aquifères continus sont principalement localisés en Algérie et en Mauritanie.

22
Tableau 8 : Principales particularités du système aquifère

Aire totale km 2 Constitution Puissance


Dénomination Pays Type hydrogéologique maxi. (m)
Structure
2 000 000 Multicouche Depuis le Primaire
Bassin de Mauritanie (MR) MR : 25% Continental (infra cambrien)
Taoudéni- Algérie (DZ) DZ : 18% Terminal Jusqu’au Mésozoïque 1500 à 2000
Tanezrouft Mali (ML) ML : 57% + et Quaternaire
Continental
Intercalaire

Le système aquifère de Taoudéni s’étend depuis les formations primaires jusqu’au


Quaternaire.

Les formations sédimentaires primaires sont souvent recristallisés et constitue des aquifères
de fissures peu productifs. Celles datées du Secondaire, Tertiaire et Quartenaire donnent
lieu à des aquifères continus qui s’étendent en Mauritanie et au Mali.

Ces dernières formations sont différentiées en quatre niveaux aquifères comportant :

- le Continental Terminal individualisé,


- le Continental intercalaire et terminal indifférenciés,
- le Crétacé supérieur-Eocène Inférieur,
- le Continental Terminal-Quaternaire.

Fig. 15 Schéma stratigraphique de la partie ouest du bassin de Taoudéni

(Extrait de Zimmermann, 1960)

De par sa situation saharienne le Bassin de Taoudéni ne reçoit comme cours d’eau


permanent que le fleuve Niger qui traverse le bassin sur 1700 km dont l’infiltration est
estimée à 12 600 x 10 6 m3/an.

Le Continental intercalaire / Continental Terminal s’étend au Mali sur 208 800km2, ses
ressources renouvelables sont estimées à 0.3x 10 6 m 3/an, pour des réserves totales
estimées à 966 x 10 6 m3, la salinité des eaux est très variable.

Le Continental terminal/Quaternaire s’étend au Mali sur 202 800 km2, les ressources
renouvelables sont estimées à 23.5 x 10 6 m3, pour des réserves totales évaluées à 844 x
10 6 m3. Les eaux sont le plus souvent douces.

23
3-5-2 Développement de l’exploitation

Les aquifères discontinus des terrains recristallisés fournissent des débits modiques variant
de 1 à 20 m3/h.

Par contre les nappes des terrains sédimentaires ont des ressources importantes.
L’exploitation du Bassin de Taoudéni intervient presqu’uniquement au Mali.

Tableau 9 : Caractéristiques de l’exploitation du Bassin de Taoudeni

Aquifère Epaisseur Réserves Exploitation (10 3 m3/an)


aquifère exploitables Eau Cheptel Irrigation Total
(m) (hm3) potable
CT/Quaternaire 25-100 4 530 11 795 11 076 5 897 28 768
Crét.Sup./Eoc.Inf. 40-100 1 786 404 638 259 1 301
CI/CT 50-100 4 016
CI 60-100 5 490 3 967 758 259 1 332
(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontaliers de l’Afrique du Nord et du
Sahel 2003-2004)

L’exploitation ne montre pas de développement notable mettant en évidence des impacts sur
la piézométrie des aquifères et la qualité des leurs eaux.

Des risques peuvent néanmoins être localisés sur es champs captant en terme
d’abaissement des niveaux et de dégradation de la qualité des eaux.

3-6 Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien

3-6-1 Présentation générale

Le bassin côtier sénégalo-mauritanien s’étend depuis la Guinée-Bissau au sud jusqu’à la


limite du Sahara Occidental au nord (cf.Fig 16).

Il forme un arc ouvert sur l’Atlantique sur plus de 1 400 km de longueur. Sa limite est
constituée par les affleurements du socle de la chaine des Mauritanides.

Il couvre une superficie totale de 300 0000 km2, dont environ 159 000 au Sénégal, 111 000
en Mauritanie, 9 900 en Gambie et 20 100 en Gambie

24
Tableau 9 : Principales particularités du système aquifère

Constitution
Dénomination Pays Bassin ou Aire totale km 2 Type hydrogéologique
région Structure
Trarza en 300 000
Bassin sénégalo- Sénégal (SN) Mauritanie, SN : 53% Sédimentaire Continental terminal
mauritanien Mauritanie (MR) Ferlo au MR : 37% multicouche et sables du
(Maestrichtien) Gambie (GM) Sénégal GW : 6.7% Maestrichtien
Guinée-Bissau GM : 3.3%
(GW)
(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des aquifères transfrontaliers de l’Afrique du Nord et du Sahel 2003-
2004)

Le système et du type multicouche et s’étend depuis de Sénonien Supérieur au quaternaire.

Trois niveaux au moins sont bien différenciés, ils comportent :

a) Les sables du Maestrichtien, présents sur la quasi totalité du bassin, ils reposent en
général sur le socle paléozoïque. Au Sénégal ils renferment un aquifère captif de
grande extension, comportant une frange salée sur sa partie occidentale, en
Mauritanie les eaux sont salées au droit du champ captant d’Idini qui alimente
Nouakchott. En Guinée Bissau dans la zone ou le Maestrichtien affleure
l’alimentation de l’aquifère n’est pas négligeable avec une pluviométrie de 1000
mm/an.

Au Sénégal les réserves totales sont évaluées entre 300 et 400 milliards de m3, pour
des ressources exploitables évaluées de 10 à 20 milliards.

b) La nappe du Continental terminal et de l’Oligo-Miocène, au Sénégal comme en


Mauritanie la nappe du Continental terminal est constituée de niveaux de sable et de
grés avec des intercalations d’argiles. En Guinée Bissau, le Continental terminal est
constitué de sables, calcaires et grés parfois intercalés de marnes.

Dans les zones de Trarza en Mauritanie et du Ferlo au Sénégal cette nappe présente
la particularité d’avoir une piézométrie en creux que certains attribuent a une
remontée de l’eau vers la surface par capillarité qui n‘est pas compensée par
l’alimentation. Le Continental Terminal est sollicité presqu’exclusivement en
Mauritanie

25
Fig. 16 Carte hydrogéologique du Bassin sénégalo-mauritanien

(D’après ISARM-AFRICA Ressource en eau et gestion des l’aquifères transfrontaliers de l’Afrique du Nord et du
Sahel 2003-2004)

3-6-2 Développement de l’exploitation

L’exploitation du Bassin sénégalo-mauritanien est vouée essentiellement à l’eau potable et à


l’élevage (pastoralisme), avec depuis la sécheresse des années 1970 une tendance plus
nette pour l’irrigation.

La nappe des sables maestrichtiens est exploitée quasi exclusivement au Sénégal, alors que
le Continental Terminal est sollicité en Mauritanie avec des prélèvements importants à Idini

26
pour l’alimentation en eau de Nouakchott, l’Oligo-Miocène est aquifère au sud du Sénégal et
surtout en Guinée Bissau.

¾ Au Sénégal, les seules exploitations de la société des eaux sont évaluées à 75


millions de m3/an (SONES 1990), avec l’élevage et l’industrie le total de
l’exploitation serait vde l’ordre de 180 millions de m3/an,

¾ En Mauritanie, les prélèvements de la société des eaux (SNDE) sont de 42 000


m3/jour à IDINI et de 6 200 m3/jour à Boulanouar,

¾ En Gambie et Guinée Bissau pratiquement toutes les villes et villages sont


alimentés par les eaux souterraines.

3-6-3 Impact de l’exploitation sur les aquifères

Le suivi piézométrique du complexe aquifère est très fragmentaire et effectué de façon


continue sur les seuls champs captant pour l’eau potable.

Toute surexploitation a pour effet d’abaisser les niveaux piézométriques localement mais
peut également provoquer une avancée et une pollution progressive des réservoirs
aquifères par les eaux salées.

27
4. BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

Système Aquifère du Sahara Septentrional

- PNUD. 1983. Actualisation de l’étude des ressources en eau du Sahara Septentrional. Projet RAB
80/011,
- PNUD. 1987. Ressources en eau dans les pays de l’Afrique du Nord. Projet RAB/011,
- UNESCO.1972. Etude des ressources en eau du Sahara Septentrional. Nappe de la Djeffara. Projet
ERESS,
- UNESCO. 1972. Etude des ressources en eau du Sahara Septentrional. Nappe du Continental
Intercalaire. Projet ERESS,
- UNESCO. 1972. Etude des ressources en eau du Sahara Septentrional. Nappe du Complexe
Terminal. Projet ERESS,
- OSS. 2003. le système aquifère du Sahara Septentrional. 3 vol. Hydrogéologie, base de données et
modèle mathématique du SASS.

Système aquifère de Nubie

- El Ramly, 1983. Water resources study of zone V – Al Kufra and Sirt basins. Socialist People Libyan
Arab Jamahirya . Technical report of the secretariat of Agricultural Reclamation and Land
developpement, Tripoli,
- Sahata A, 1982, Hydrogeology of the great Nubian Sandstone Basin, Egypt. Q.J. London,
- Thorweihe V. 1986, Nubian Aquifer System,
- OSS 1996, Groundwater Resource of the Nubian Aquifer System. OSS technical report Paris,
- CEDARE, 2002, Regional strategy fort the utilization of the Nubian Sandstone Aquifer System,
- Bakbakhi M. 2002, Nubian Sandstone Aquifer System, Resource Evaluation.

Système aquifère de Murzuk

- 1976, Evaluation of Water Consoming Projects in Murzuk District, Secretariat of Dams and Water
Ressources,
- 1977, Evaluation of Grounwater resources in Fezzan, Secretariat of Dams and Water Ressources,
- 1982, Hydrogeological study of Wadi Shati, Al Jufra and Jabal Fazzan. Secretariat of Dams and
Water Ressources,

Bassin de Taoudéni-Tanezrouft

- 1986, Carte des potentialités des ressources en eaux de l’Afrique Occidentale et Centrale
(BRGM/CIEH),
- Schéma Directeur de la mise ebn valeur des ressources en eau du Mali (Projet
PNUD/DTCDMLI/84/005),
- 1990, Les eaux souterraines de Mauritanie (Projet PNUD/DCT/MAU/87/008),
- 1997, Synthèse des connaissances hydrogéologiques des bassins du Sud du Sahara (Diagana B.
OSS),

28
Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien

- 1991, Schéma Directeur pour le secteur eau et assainissement de la République de Guinée Bissau,
PNUD/ONU/DGT.1991,
- 1993, Synthèse des ressources en eau de la République du Sénégal, cartographie des systèmes
aquifères (piézométrie-géométrie, salinité), PNUD/DAD/SG,
- 1997, Aquifères des grands bassins : Synthèse des connaissances hydrogéologiques des grand s
bassins au sud du Sahara OSS / Diagana B,
- 1997, Gestion des eaux internationales en Afrique sub-saharienne. Bilan diagnostic de la gestion
intégrée des eaux et des contraintes environnementales dans la vallée du fleuve Sénégal, Diagana B.
et A./PNUD/DASDG/RAF/94/01C

Autres :

- 2007, Mediterranean Groundwater Report – Technical report on groundwater management in the


Mediterranean and the Water Framework Directive (EUWI MED, European Commission),
- Non renewable groundwater resources - A guide book on socially-sustainable management for
water- policy makers (Unesco, IAH, GW – MATE, World Bank,
- Ressources en eau et gestion des aquifères transfrontaliers de l’Afrique du Nord et du sahel

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Juin 2008

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