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24/01/2011

ENIM MINI-PROJET DE LA MECANIQUE DE ROCHES

Encadré par M.A.LMBARKI | SRAY ZINELABIDIN


MESKINI REDA
Mini-projet de la mécanique de roches

Table des matières

I-Classifications de Bieniawski ............................. 4


I-1-Théorie ........................................................ 5
I-2-Application ................................................. 8
II-Classifications de Barton ................................ 11
II-1-Théorie................................... 11
II-2-Champ d’application........................... 13
Conclusion .......................................................... 19

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Mini-projet de la mécanique de roches

Introduction
Parmi les problèmes qui se posent au projeteur que ce soit de génie mineur ou de
génie civil, celui de la détermination des caractéristiques du soutènement d'un
ouvrage souterrain ou la vérification de sa stabilité est l'un des plus délicats et des
plus difficiles à aborder. L’absence de règles dans le domaine est souvent
compensée par le jugement et l'appréciation de l'ingénieur.

Aucune des méthodes actuelles ne peut prétendre résoudre l'infinité des cas qui
s'offrent au projeteur. Néanmoins, il est possible de définir des domaines
préférentiels d'utilisation pour chaque méthode de calcul.

A cet égard, nous allons voire, tout d’abord la méthode de barton (Q-système) et
puis après, une simulation par des applications.

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Mini-projet de la mécanique de roches

I-Méthodes de dimensionnement : Méthodes de RMR (Bieniawski)

Classifications de Bieniawski
Généralités

Nom: Bienawski
Niveau projet: Avant-projet
Année: 1973

Hypothèses

Type de milieu : Discontinu, massif rocheux


Contraintes : Non-défini
Section tunnel : Quelconque
Comportement: Quelconque (classification empirique)
Profondeur relative : Quelconque

Bieniawski du South Africain Council for Scientific and Industrial Research


(CSIR), en 1973, proposa une classification du massif, en vue d'y creuser une
galerie souterraine, combinant des facteurs tels que le RQD, le pendage des
discontinuités ainsi que leur remplissage.

I-1-Théorie :
Comme toute méthode empirique, Bieniawski tient compte de certains
paramètres dans sa classification (Hoek & Brown. 1980; Baroudi, 1988; Bouvard
& al. 1988) qui sont :

 La résistance de la matrice rocheuse

Bieniawski reprend la classification de la résistance à la compression uniaxiale de


la roche intacte proposée par Deere.

Comme alternative, il propose également l'évaluation par le test de la charge


ponctuelle dans lequel une carotte est chargée suivant un diamètre par deux
pointes en acier (Broch & Franklin, 1972). On en déduit le "point load index" Is
(parfois appelé Indice Franklin)

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Et la résistance à la compression uniaxiale par :

Avec : -P la charge pour rompre l'échantillon de roche


-D le diamètre de la carotte (en mm)

 La Qualité de la roche via RQD de Deere

RQD est le Rock Quality Designation de Deere:


A partir d'un sondage carotté, d'un diamètre de l'ordre de 50 mm, le RQD est
calculé sur la longueur de passe de sondage :

R.Q.D. Qualité de Roche


R.Q.D. < 25 % Très mauvaise
25 % < R.Q.D. < 50 % Mauvaise
50 % < R.Q.D. < 75 % Moyenne
75 % < R.Q.D. < 90 % Bonne
90 % < R.Q.D. < 100 % Très bonne
Tableau 1
RQD de Deere

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 L'espacement des discontinuités de la roche

Le terme discontinuités reprend ici les joints, failles, stratifications et autres plans
de faiblesse. A nouveau. Bieniawski s'inspire de la classification proposée par
Deere.

Description Espacement Etat du massif


Très large > 3m Solide
Large 1m à 3m Massif
Moyennement serrée 0.3m à 1m A blocs
Serrée 50 mm à 0.3m Fracturé
Très serrée < 50 mm Ecrasé-broyé
Tableau 1
Classification de l'espacement des diaclases (Deere, 1964)

 La qualité des discontinuités de la roche

Ce paramètre prend en considération l'ouverture des joints, leur continuité, leur


rugosité et la présence éventuelle de matériaux de remplissage.

 Les conditions hydrologiques

Des tentatives de prise en considération de l'influence de l'eau souterraine sur la


stabilité des excavations, sont présentées sous diverses formes :
-une mesure du débit d'eau entrant dans l'ouvrage
-le rapport entre la pression d'eau dans les joints et la contrainte principale
maximale
-une observation qualitative des venues d’eau.

 L'orientation des discontinuités

Ce dernier paramètre est traité séparément, car l'influence de l'orientation des


joints se marque différemment suivant le type d'application; à savoir les tunnels,
les talus ou les fondations. Remarquons que la valeur prise par cette note
d'ajustement est le fruit d'une estimation qualitative.
Comme aide à la décision dans le cas des tunnels, on se référera à un tableau
d'orientation

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Direction perpendiculaire à l'axe du Direction parallèle


tunnel à l'axe du tunnel

Creusement du tunnel Creusement du tunnel Pendage Pendage Pendage


dans le sens du pendage dans le sens inverse du 45° - 90° 20° -45° 0° - 20°
pendage
Pendage Pendage Pendage Pendage
45° - 90° 20° - 45° 45° - 90° 20° - 45°

Très Favorable Moyen Défavorable Très Moyen Moyen


favorable défavorable
Tableau 1
Orientation des discontinuités

Les divers paramètres de la classification ne contribuent pas de manière


équivalente au comportement du massif rocheux. C'est pourquoi, à partir de son
expérience, Bieniawski leur a affecté un indice de pondération.

1. Résistance de la Roche

Résistance à la Indice Franklin


Note
compression (MPa) (MPa)
<1 0
1-5 non utilisable 1
5 - 25 2
25 - 50 1-2 4
50 - 100 2-4 7
100 - 250 4 - 10 12
> 250 > 10 15

2. R.Q.D.

R.Q.D. (%) Note


< 25 3
25 - 50 8
50 - 75 13
75 - 90 17
90 - 100 20

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3. Espacement des joints

Espacement des joints Note


< 60 mm 5
60 - 200 mm 8
0,2 - 0,6 m 10
0,6 - 2 m 15
> 2m 20

4. Nature des joints

Nature des joints Note


Remplissage mou > 5 mm
Joints ouverts > 5 mm 0
Joints continus
Surfaces lustrées ou remplissage < 5 mm ou Joint ouvert 1 à 5
mm 10
Joints continus
Surfaces légèrement rugueuses, Epaisseur < 1 mm
20
Epontes altérées
Surfaces légèrement rugueuses, Epaisseur < 1 mm
25
Epontes non altérées
Surfaces très rugueuses non continues, Epontes en contact
30
Epontes non altérées

5. Venues d'eau

Pression d'eau/
Débit sur 10
Contrainte Hydrogéologie Note
m (l/min)
principale
problèmes sérieux de venues
> 125 > 0,5 0
d'eau
25 - 125 0,2 - 0,5 pression d'eau modérée 4
10 - 25 0,1 - 0,2 saturé 7
< 10 < 0,1 humide 10
aucune venue
0 complètement sec 15
d'eau

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6. Orientation des joints

Pendage 0° - 20° -5
Direction parallèle à Pendage 20° -45° -5
l'axe du tunnel Pendage 45° - 90° -12
Pendage 20° -
Creusement du -10
45°
tunnel dans le sens
inverse du pendage Pendage 45° - -5
Direction 90°
perpendiculaire à l'axe Pendage 20° -
du tunnel -2
Creusement du 45°
tunnel dans le sens 0
du pendage Pendage 45° -
90°

I-2-Application par un logiciel :


Paramètres liés au massif
Résistance de la roche à la compression : 50-100 MPa
R.Q.D (classification de Deere) : < 25%
Espacement des joints : < 60 mm
Nature des joints : Remplissage mou > 5 mm ou Joints
ouverts > 5 mm, Joints continus

Venues d'eau (p°d'eau/ contrainte principale) : > 0,5

Orientation des joints : Pendage 0° - 20°

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Résultat :

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II-Méthodes de Q-système (Barton) :

Classifications de Barton
Généralités

Nom: Barton
Niveau projet: Avant-projet
Année: 1974

Hypothèses
Type de milieu : Discontinu, massif rocheux
Contraintes : Non-défini
Section tunnel : Quelconque
Comportement: Quelconque (classification empirique)
Profondeur relative : Quelconque

La méthode de Barton est une classification empirique des massifs rocheux. Le


principe de cette classification est le même que celui de la classification de
Bienawski, c'est à dire "noter la qualité du massif rocheux par l'intermédiaire de
paramètres". La qualité du massif rocheux est représentée par l'indice Q, calculé à
partir de six paramètres.
Le Q-system permet aussi de définir le mode de soutènement à mettre en place, à
condition de connaître la valeur de Q, la largeur de l'excavation et la fonction de
l'excavation.
La connaissance de Q permet également par corrélations de calculer différents
paramètres comme les RMR équivalents, le module de déformabilité (Em), la
pression s'exerçant sur le soutènement au niveau du toit et des parois et la vitesse
des ondes P.

II-1-Théorie :
Généralités
A partir de l'analyse de plus de 200 cavités souterraines (principalement des
tunnels routiers et hydroélectriques), Barton, Lien et Lunde du Norwegian
Geotechnical Institute (NGI), ont proposé un indice pour la détermination de la
qualité d'un massif rocheux en vue du percement d'un tunnel.
La valeur de ce coefficient Q est déterminé par 6 paramètres de la façon suivante
( Hoek & Brown, 1980; Baroudi, 1988; Bouvard & al, 1988) :

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où :

-RQD est le Rock Quality Designation de Deere.


-Jn est l'expression du nombre de familles principales de
discontinuités.
-Jr caractérise la rugosité des faces des joints.
-Ja définit le degré d'altération des joints (épaisseur du joint et nature
du matériau de remplissage).
-Jw spécifie les conditions hydrogéologiques : importance des venues
d'eau et pression.
-SRF (Stress Reduction Factor) précise l'état des contraintes dans le
massif.

Barton & Al donnent les commentaires suivants, qui permettent d'expliquer le


regroupement des paramètres par paire:

 1) Le premier rapport (RQD/Jn) représente la structure du massif rocheux


et est une mesure de la taille moyenne des blocs rocheux.
 2) Le second rapport (Jr/la) représente la résistance au cisaillement entre
les blocs. Il est directement proportionnel à la rugosité des faces des joints
(élément favorable pour la stabilité du tunnel car il en résulte une forte
dilatance lors du cisaillement) et inversement proportionnel à l'épaisseur du
joint (élément pouvant être extrêmement défavorable car un remplissage en
argile sera caractérisé par un angle de frottement très faible).
 3) Le troisième rapport (Jw/SRF) reprend deux paramètres de contraintes.
Jw est une mesure des pressions d'eau, qui agissent bien entendu à
l'encontre de la résistance au cisaillement des joints, suite à une réduction
de la contrainte normale effective; et SRF est une mesure:

-du poids des terrains à soutenir lorsque le tunnel est creusé dans un massif
présentant des discontinuités.
-du champ des contraintes préexistantes dans le cas d'une roche saine.
-de la charge induite par le fluage de roches plastiques.
Ce dernier rapport, difficile à évaluer, apparaît donc comme un facteur
empirique décrivant les "contraintes actives" dans le massif rocheux.

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L'indice Q peut varier de 0.001 à 1000. Les Q sont regroupés en 9 classes.


Chaque classe correspond à une qualité de massif rocheux (cf. tableau ci
dessous).
Les classes de Q se représentent sur une échelle logarithmique.

Valeurs Qualité du massif


400-1000 Exceptionnellement bonne
100-400 Extrêmement bonne
40-100 Très bonne
10-40 Bonne
4-10 Moyenne
1-4 Mauvaise
0,1-1 Très mauvaise
0,01-0,1 Extrêmement mauvaise
0,001-0,01 Exceptionnellement mauvaise
Table 1: classification de la qualité de la roche

Contrairement à la classification de Bieniawski, le Q-system a connu très peu de


modifications depuis sa publication.
Les seuls changements ont eu lieu au niveau du paramètre SRF avec un
changement de valeur dans le cas de roches compétentes et sous de très fortes
contraintes.

II-2-Domaine d'application du Q-system


 détermination du mode de soutènement
 détermination des efforts
 détermination du mode de déformabilité du sol
 détermination de la vitesse des ondes P

1. Détermination du mode de soutènement

Afin de pouvoir relier leur "Tunnelling Quality Index" Q à des


recommandations de soutènement dans les ouvrages souterrains, Barton &
al ont défini une grandeur supplémentaire qu'ils appellent la dimension
équivalente De de l'excavation:

avec ESR (Excavation Support Ratio) étant un facteur dépendant de la


finalité de l'excavation, autrement dit, du degré de sécurité recherché pour
la stabilité. Des valeurs sont suggérées dans la table 2.

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Type d'excavation ESR


A.Ouvertures temporaires dans les mines 3-5
B.Ouvertures permanentes dans les mines 1.6
Conduites forcées pour usines hydroélectriques
Galeries pilotes pour grandes excavations
C.Chambres de stockage 1.3
Tunnels routiers et ferroviaires d'importance mineure
Tunnels d'accès
Cheminées d'équilibre
D.Centrales électriques 1.0
Tunnels routiers et ferroviaires d'importance majeure
Abris souterrains
Têtes et intersections de galeries
E.Centrales nucléaires souterraines O.8
Aménagements sportifs et publics
Entreprises
Table 2 : Excavation Support Ratio (ESR) pour divers types d'ouvrages souterrains
[Barton & al, 1974]

Barton a proposé une relation empirique donnant la portée maximale (en


mètres) en deçà de laquelle la cavité peut rester stable sans soutènement:

Lorsque la portée d'une excavation excède la portée limite prédite par


l'équation ci-dessus, il est nécessaire d'installer un système de soutènement
en vue de maintenir le massif rocheux entourant l'excavation dans des
conditions acceptables de stabilité. En 1974, Barton, Lien et Lunde ont
proposé 38 catégories de support (à base de boulonnage, de béton projeté,
de revêtement en béton, ou de toute autre combinaison de ces types de
renforcement) en fonction des paramètres Q et de De.

Le graphique représentant les 38 classes de soutènement est représenté ci-


dessous.

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Ces catégories sont déterminées à l'aide de la valeur de Q, et du quotient De.


Les soutènements sont ensuite déterminés en fonction de la classe de soutènement
et à l'intérieur de cette classe à partir des valeurs de sous paramètres comme
(RQD/Jn), (Ja/Jr) et (De).
Les techniques de soutènement ont évolué depuis 1974. Au début les techniques
utilisées étaient le boulonnage local, le boulonnage systématique, le béton projeté
par voie sèche accompagné de treillis soudés, et du revêtement en béton coffré.
Vers 1993 le graphique représentant les différentes classes de soutènements a été
modifié : les 38 classes ont été remplacées par des catégories plus vastes, et les
techniques nouvelles ont été introduites.
En effet, le béton projeté par voie humide et le béton projeté avec fibres d'acier
ont remplacé le béton projeté associé au treillis soudé existant. Le boulonnage
local, le boulonnage systématique et les revêtements en béton coffré sont toujours
utilisés.
2. Détermination des efforts
La valeur de l'indice Q est utilisée dans le calcul de la pression qui s'exerce sur le
soutènement. Au niveau de la voûte la pression s'exprime de la façon suivante :

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Cette équation peut être améliorée avec l'introduction du paramètre Jn et


l'équation (4) est remplacée par l'équation (5) :

On remarque que les équations (4) et (5) sont équivalentes quand le massif
rocheux présente 3 familles de discontinuités.
Quand il y a moins de trois familles de discontinuités l'équation (5) donne une
valeur inférieure à celle donnée par l'équation (4), et quand il y a plus de trois
familles de discontinuités c'est l'inverse.
Au niveau de la paroi, des observations ont montré que la pression qui s'exerce
sur le soutènement est égale au tiers de la pression qui s'exerce au niveau de la
voûte, en supposant un état de contrainte "normal" :

Un nouvel indice Qp est recalculé. Il correspond à l'indice Q mais au niveau des


piédroits et se nomme "Wall quality" ou "indice de qualité au niveau des
piédroits". La valeur de Qp se calcule à partir de Q :

Pour obtenir la pression exercée sur le soutènement au niveau des piedroits on


introduit Qp dans les équations (4) et (5).

3.Détermination du module de déformabilité du massif

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Le Q-system permet de calculer le module de déformabilité du massif.


Pour un même massif rocheux il existe trois valeurs de module de déformabilité :
un module minimum (Emin), un module maximum (Emax) et un module moyen
(Emoy).
Ces 3 modules peuvent être calculés à l'aide de l'indice Q:

Barton présente aussi la formule ci-après qui permet de calculer Em à partir de


l'espacement des discontinuités (S), de la raideur normale des joints (Kn) et du
module de déformabilité de la roche intacte (Ei) :

La raideur normale des joints Kn est la pente de la droite n = f(Vn), où n est la


contrainte normale et Vn la déformation normale équivalente, lors d'une essai de
serrage.
Toutes les formules précédentes permettent de calculer Em dans le cas
d'excavation avec soutènement. Pour des excavations sans soutènement le module
de déformabilité est calculé à l'aide de la largeur de l'excavation (SPAN) et du
coefficient ESR

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4.Détermination de la vitesse des ondes P

Certaines personnes utilisent l'indice Q pour calculer la vitesse des ondes P. (cf.
référence bibliographique 4)

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Conclusion :
Intérêts

La liste des paramètres géotechniques utilisés contraint le projeteur à une


description exhaustive et quantitative du massif encaissant.
La définition des paramètres, même arbitraire, permet de normaliser la
terminologie, ce qui facilite la comparaison des conditions rencontrées sur
différents sites.
L'application de ces méthodes empiriques donne toujours des informations au
concepteur, qui fort de son expérience peut envisager un schéma de soutènement.
Limites

L'estimation globale de la qualité d'un massif rocheux, tout comme la pondération


des paramètres dans les classifications de Bieniawski et de Barton sont très
arbitraires et subjectives.
Certains paramètres descriptifs du massif rocheux sont difficiles à quantifier;
mais il semble illusoire qu'une plus grande subdivision des classes puisse mieux
décrire le massif.
Les praticiens s'accordent pour avancer que les méthodes empiriques
convergentes dans les cas extrêmes: très bon massif rocheux ne nécessitant pas de
soutènement systématique, massif rocheux très fracturé et déconsolidé nécessitant
un soutènement lourd. Entre ces extrêmes, de grandes variations peuvent être
notées : une roche peut être décrite de "bonne" tenue par une classification et de
"mauvaise" tenue par une autre; ce qui a évidemment une influence sur le choix
du soutènement. Par exemple, chez BIENIAWSKI certains paramètres sont
ignorés comme la rugosité des fractures, l'angle de frottement du matériau de
remplissage et les contraintes tectoniques du massif. Les roches gonflantes n'y
sont pas non plus traitées.
D'autre part, les méthodes empiriques trouvent leurs limites dans les cas où les
critères de déformabilité jouent un grand rôle. Elles n'intègrent d'ailleurs pas les
développements récents des procédés de présoutènement et de renforcement du
front de taille (pré-voûte, voûte parapluie, boulonnage du front, jet-grouting, ...).
Applications

Les classifications géotechniques des massifs rocheux sont donc des outils d'aide
à la décision, mais leur application pratique doit susciter une attention critique
chez les projeteurs. Parmi les méthodes empiriques, les plus couramment utilisées
sont celles de Bieniawski (CSIR), de Barton (NGI), de la classification de l'AFTES et aux
Etats-Unis celle de Terzaghi; et ce probablement pour les raisons suivantes:

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Mini-projet de la mécanique de roches

 Voilà plus de nombreuses années qu'elles sont utilisées de par le monde.


Elles se sont avérées efficaces et de nombreuses données sur leur
application sont disponibles.
 Etant donné qu'elles sont mondialement acceptées, elles font en quelque
sorte office de convention; ce qui facilite la comparaison de divers projets.
 Finalement, elles rendent possible une estimation des paramètres de
déformabilité et de résistance du massif rocheux.

Dans la pratique ces méthodes seront utilisées simultanément au stade de l'avant-


projet pour analyser les différences et les convergences des résultats. Le projet ne
retiendra ensuite que trois ou quatre classes de qualité de rocher dont la définition
sera adaptée au site. A chacune des classes sera associé un type de soutènement
dont la nature et le dimensionnement seront au besoin vérifiés par le calcul.

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