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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

PARTIE I
SURVEILLANCE DES MACHINES PAR
ANALYSE VIBRATOIRE

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LES VIBRATIONS DES MACHINES TOURNANTES

I. Introduction
Toutes les machines en fonctionnement produisent des vibrations, images des efforts
dynamiques engendrés par les pièces en mouvement. Ainsi, une machine neuve en excellent état
de fonctionnement produit très peu de vibrations. La détérioration du fonctionnement conduit le
plus souvent à un accroissement du niveau des vibrations. En observant l'évolution de ce niveau, il
est par conséquent possible d'obtenir des informations très utiles sur l'état de la machine. Ces
vibrations occupent une place privilégiée parmi les paramètres à prendre en considération pour
effectuer un diagnostic. La modification de la vibration d’une machine constitue souvent la
première manifestation physique d'une anomalie, cause potentielle de dégradations, voire de
pannes.
Ces caractéristiques font de la surveillance par analyse des vibrations, un outil indispensable
pour une maintenance moderne, puisqu'elle permet, par un dépistage ou un diagnostic approprié
des défauts, d'éviter la casse et de n'intervenir sur une machine qu'au bon moment et pendant
des arrêts programmés de production.

II. Définition d’une vibration


Un système mécanique est dit en vibration lorsqu'il est animé d'un mouvement de va-et-vient
autour d'une position moyenne, dite position d'équilibre. Si l’on observe le mouvement d’une
masse suspendue à un ressort [figure 2 .1], on constate qu’il se traduit par :
• Un déplacement : la position de la masse varie de part et d’autre du point d’équilibre ;
• Une vitesse de déplacement : variation du déplacement par rapport au temps ;
• une accélération : variation de la vitesse par rapport au temps.

La vibration d'une machine
soumise à une force périodique
peut être décrite en termes de Période
déplacement, de vitesse ou
d'accélération. La vitesse du Déplacement
mouvement vibratoire
correspond à la variation de son
déplacement pour une unité de
temps. L'accélération représente
une variation de la vitesse par
unité de temps.

Figure 2.1 : Mouvement d’une masse suspendue à un ressort

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III. Caractéristiques d’une vibration


Une vibration se caractérise principalement par sa fréquence, son amplitude et sa nature.
1. Fréquence
a. Définition
La fréquence est le nombre de fois qu'un phénomène se répète en un temps donné. Lorsque
l'unité de temps choisie est la seconde, la fréquence s'exprime en hertz [Hz]. 1 hertz = 1
cycle/seconde. Une vibration qui se produira 20 fois par seconde aura donc une fréquence f de 20
hertz.
Si la fréquence f d'un phénomène est de 50 hertz, c'est-à-dire 50 cycles par seconde, la durée
d'un cycle (ou période T) est de 1/50ème de seconde. La fréquence f est l'inverse de la période T : f
= 1/T.
b. Remarque
Si l'unité normalisée de la fréquence est l’hertz [Hz], on rencontre parfois des valeurs
exprimées en CPM (cycle par minute) ou RPM (rotation par minute). D'où:

1 CPM 1 RPM
1 hertz = =
60 60
Il est intéressant parfois d'exprimer des phénomènes liés à la rotation en multiple ou ordre de
la fréquence de rotation.
c. Exemple
Un ventilateur tournant à 1500 tr/min possède 16 pales. Ce ventilateur présente un
phénomène de balourd (déséquilibre), du à l’encrassement des pales, se produisant à chaque
rotation. L'axe du rotor est décentré par rapport à l'ouïe de refoulement, ce qui induit des
phénomènes vibratoires qui se produiront au passage de chaque pale.
Calculer la fréquence de rotation du ventilateur : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
Calculer la fréquence de la vibration due au balourd : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………….……

Calculer la fréquence du phénomène vibratoire du au décentrement : ………………………………..……………………………………..…………….……


……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

2. Amplitude
a. Définition
On appelle amplitude d'une onde vibratoire la valeur de ses écarts par rapport au point
d'équilibre et on peut définir :
• l'amplitude maximale par rapport au point d'équilibre appelée amplitude crête (Ac) ou
niveau crête;
• l'amplitude double, aussi appelée l'amplitude crête à crête (Acc) (peak to peak, en anglais)
ou niveau crête-crête ;
• l'amplitude efficace (Aeff) , aussi appelée RMS (Root Mean Square) ou niveau efficace.

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b. Exemples
Cas d’une vibration sinusoïdale
Dans le cas d'une vibration de ………………

type sinusoïdal [figure 2.2],


l'amplitude efficace s'exprime en ……………… …………………
fonction de l'amplitude crête de la
façon suivante: …………………

AC 2
Aeff = =0.707 AC
2

Figure 2.2 : vibration sinusoïdale


Cas d’une vibration quelconque

A
Dans le cas d'une vibration complexe
Ac
quelconque [figure 2.3], il n'existe pas de relation
simple entre la valeur crête de l'amplitude (Ac) et RMS
0
la valeur efficace de l'amplitude (Aeff) qui se T[s]
Acc
définit mathématiquement par la relation:

1 T
Aeff=
T ∫0 x ² (t ) dt
Figure 2.3 : vibration complexe
quelconque
T : durée d’analyse du signal , X(t) : amplitude instantanée .

c. Grandeurs associées à l’amplitude d’une vibration


Une vibration est caractérisée par les trois grandeurs fondamentales : le déplacement x, la
vitesse v et l’accélération γ. Les unités de ces grandeurs en SI et celles utilisées en meures
vibratoires sont données au tableau 2.1

PARAMETRES UNITES S.I. UNITES VIB. CORRESPONDANCES

X ……….. …………. …………………….

v ………… …………. …………………….

γ ……….. ………… 1g = 9.80665 m/s


2

Tableau 2.1 : Unités utilisées pour γ , v et x en SI et en mesure vibratoire.

d. Remarque
La valeur de crête à crête indique la différence entre les amplitudes maximale et minimale du
mouvement. C'est une quantité utile pour déterminer le déplacement d'un composant,
déplacement qui peut être critique pour des considérations de contrainte maximale ou de jeu
mécanique. La valeur de crête donne l'amplitude maximale et s'avère utile dans les mesures
concernant les phénomènes de courte durée; les chocs en sont un exemple. Cependant, elle ne
tient pas compte de l'évolution de la vibration dans le temps.
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La valeur efficace est la mesure la plus intéressante des amplitudes de vibration. En plus de
tenir compte de l'évolution du signal dans le temps, le calcul de la valeur efficace est lié à l'énergie
vibratoire et donc au « potentiel de détérioration » de la vibration.
Le facteur de crête définit le rapport de la valeur de crête d'un signal à sa valeur efficace.
D'après la définition du niveau efficace, le facteur de crête du mouvement sinusoïdal est environ
1,4. Plus la vibration devient impulsive, plus la valeur de crête augmente.
3. Nature d’une vibration
Une machine tournante quelconque en fonctionnement génère des vibrations que l'on peut
classer de la façon suivante:
• Les vibrations périodiques de type sinusoïdal simple [figure 2.4 a] ou sinusoïdal complexe
[figure 2.4 b] représentatives du fonctionnement normal ou anormal d'un certain nombre
d'organes mécaniques (rotation de lignes d'arbres, engrènements,...) ou d'un certain
nombre d'anomalies (déséquilibre, désalignement, déformations, instabilité de paliers
fluides, déversement de bagues sur roulements, ...).
• Les vibrations périodiques de type impulsionnel [figure 2.4 c] sont appelées ainsi par
référence aux forces qui les génèrent et à leur caractère brutal, bref et périodique. Ces
chocs peuvent être produits par des événements normaux (presses automatiques,
broyeurs à marteaux, compresseurs à pistons, ...) ou par des événements anormaux
comme l'écaillage de roulements ou un défaut sur des engrenages, un jeu excessif, ...
• Les vibrations aléatoires de type impulsionnel [figure 2.4 d] peuvent, par exemple, être
générées par un défaut de lubrification sur un roulement, la cavitation d'une pompe, ...

-a- -b- -c- -d-

Figure 2.4 : Nature d’une vibration

IV. Les capteurs de vibration


1. Types et caractéristiques des capteurs
La première étape conduisant à l'obtention d'une lecture de vibration consiste à convertir la
vibration mécanique produite par une machine en un signal électrique équivalent. Cette opération
est réalisée au moyen des capteurs de vibrations. On retrouve parmi les capteurs les plus
couramment utilisés le proximètre (mesure de déplacement), le vélocimetre (mesure de vitesse)
et l'accéléromètre (mesure d’accélération).
Un capteur de vibration est caractérisé principalement par :
• sa bande passante (plage d’utilisation) : plage de fréquences à l’intérieur de laquelle
l’amplitude mesurée par le capteur ne dépasse pas une marge d’erreur fixée par le
constructeur (par exemple + 3 % ou + 3 dB de [3–8000] Hz).
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• sa gamme dynamique (gamme de mesure d’amplitude) : gamme comprise entre la plus
petite et la plus grande amplitude acceptée par le capteur.
• sa sensibilité : relation entre la grandeur électrique délivrée à la sortie du capteur et
l’amplitude du mouvement mécanique qui lui donne naissance (par exemple 8 mV par μm).
Elle est donnée par le constructeur du capteur, généralement sous forme de courbe
d’étalonnage qui devra faire l’objet d’une vérification périodique.
2. Les proximètres
Le proximètre, ou sonde de proximité [figure 2.5], est un
capteur de déplacement sans contact qui produit un signal électrique
directement proportionnel au déplacement relatif de la vibration d'un
arbre ou d'un rotor. Il est monté en permanence à l'intérieur du palier
[figure 2.6]. Les mesures en déplacement ne sont pas quantifiables
dans toutes les gammes de fréquence. Ces mesures seront limitées
aux basses fréquences (< 100 Hz). Figure 2.5 : proximètres et
leur driver
Le capteur de déplacement est utilisé pour toutes
les applications où la surveillance des jeux entre les
arbres et les paliers s'avère essentielle. C'est pourquoi
l'on retrouve des capteurs de déplacement installés sur
la plupart des turbines hydroélectriques et des
turbomachines. A partir des connaissances des jeux
radiaux réels d’un palier ou des jeux axiaux rotor-stator,
il est beaucoup plus facile de déterminer des seuils Figure 2.6 : proximètre monté sur un palier
d’alerte et de danger en terme de déplacement qu’en
terme de vitesse ou d’accélération.
Un exemple de fiche technique de proximètre est illustré en annexe 1.
3. Vélocimetres
Les capteurs de vitesse, ou vélocimetres, sont constitués
d’une sonde à contact dite sonde sismique qui mesure le
mouvement absolu de l’organe sur lequel elle est fixée.
Les vélocimetres les plus courants sont constitués d’une
masse sismique reliée au boîtier par un ressort et solidaire
d’une bobine qui se déplace dans un champ magnétique
permanent crée par un barreau aimanté [figure 2.7]. La
vibration du palier sur lequel est fixé le capteur, génère une
tension proportionnelle à la vitesse de mouvement de la Figure 2.7 : schéma de principe d’un
bobine. vélocimetre.

La fréquence de résonance de ce type de capt


capteurs
eurs se situe généralement entre 8 et 15 Hz et la
gamme dynamique s’étend de 10-20 Hz à 2000 Hz environ.
Un exemple de fiche technique de Vélocimetre proximètre est illustré en annexe 2.

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4. Les accéléromètres
a. Principe
Un accéléromètre piézoélectrique [figure
2.8], est composé d’un disque en matériau
piézoélectrique (quartz), qui joue le rôle d’un
ressort sur lequel repose une masse sismique
précontrainte. Quand la masse se déplace sous
l’effet d’une accélération, elle exerce sur le
disque des contraintes, induisant à la surface
de ce dernier une charge électrique
proportionnelle à cette accélération. Les
accéléromètres piézoélectriques tendent à Figure 2.8 : schéma de principe d’un accéléromètre.
devenir les capteurs de vibration absolue les
plus utilisés pour la surveillance. Ils possèdent les propriétés suivantes :
• Utilisables sur de très grandes gammes fréquentielles.
• Excellente linéarité sur une très grande gamme dynamique (typiquement 140 dB).
• Le signal d’accélération peut être intégré électroniquement pour donner le déplacement et
la vitesse
• Aucun élément mobile, donc extrêmement durable.
Les accéléromètres à électronique intégrée sont semblables aux accéléromètres
piézoélectriques à la différence qu’ils possèdent de manière intégrée un conditionnement de
charge pour délivrer une tension proportionnelle à l’accélération.
Un exemple de fiche technique d’accéléromètre est illustré en annexe 3.
b. Réponse d’un accéléromètre
L’examen de la courbe de réponse
d’un accéléromètre piézoélectrique,
illustrée sur la figure 2.9, montre
l’existence de deux zones :
• une zone de linéarité du capteur :
c’est la plage de fréquences à
l’intérieur de laquelle la réponse
du capteur correspond à
l’amplitude du signal mesurée
avec une bonne sensibilité. Cette Figure 2.9 : courbe de réponse d’un accéléromètre
zone définit la plage de
fréquences pour une bonne utilisation du capteur.
• Une zone englobant la résonance du capteur à l’intérieur de laquelle les mesures
d’amplitude sont amplifiées, de façon non contrôlée. Cette zone sera évitée puisque la
mesure est fausse.

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V. Choix de l’emplacement de capteurs


1. Emplacement
Dans le cas des machines tournantes, les principales mesures seront effectuées le plus
souvent au droit des paliers qui sont les parties fixes les plus directement en relation avec les
efforts appliqués à la partie mobile [figures 2.10 et 2.11] . Ces
efforts sont de deux types :
• Efforts tournants : ce sont les efforts liés à la rotation de
l'arbre, générés par exemple par un balourd ou un
désalignement, et dont les amplitudes seront plus
grandes dans le cas d'une mesure effectuée dans un
plan radial ;
• Efforts directionnels : ce sont des efforts liés à une
contrainte de l’arbre, générés par exemple par la Figure 2.10 : Fixation du capteur
tension d’une courroie (effort directionnel radial [figure sur palier

2.12]), ou un par le contact d’un engrenage conique


(effort directionnel axial).

Figure 2.11 : Choix directionnel pour la prise de mesure


Figure 2.12 : direction favorisée pour
transmission par poulies courroies.
2. Remarques
• Bien que l'effort soit constant dans toutes les directions du plan radial, une mesure dans la
direction radiale horizontale donne une valeur d'amplitude plus forte.
• La lecture des valeurs d’amplitude doit tenir compte du temps nécessaire à la prise d’une
mesure correcte et de l’estimation des fluctuations de niveaux éventuelles.
• Toute remarque au cours de cette évaluation peut être importante et significative d’un
défaut.
3. Consignes pour la fixation des capteurs
• Les capteurs doivent être placés en liaison aussi directe que possible avec les paliers, en
limitant au strict minimum le nombre de pièces assurant l’interface entre l’élément mobile
et le capteur [figure 2.13].
• L’emplacement des points de mesure doit être propre (pas de traces de graisse ou de
peinture) et les surfaces de contact avec les capteurs lisses, planes et perpendiculaires à la
direction de mesure [figure 2.14].
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• Lorsque le palier est difficilement accessible de
façon directe, la prise de la mesure est effectuée par
un capteur au point judicieusement choisi en
fonction des raideurs [figure 2.15].
• Les mesures sont effectuées toujours au même
endroit sur la machine. Les points de mesure sont
repérés, soit par la peinture, soit par la mise en
place de goujons.

Figure 2.13 : Choix de


l’emplacement du capteur

Figure 2.14 : Les surfaces de contact avec les capteurs Figure 2.15 : emplacement du capteur sur
doivent être lisses et planes un palier inaccessible directement

4. Modes de fixation
Les accéléromètres possèdent une réponse linéaire sur une large gamme de fréquences, mais
cette gamme de fréquences peut être considérablement diminuée selon leur mode de fixation
[figure 2.16 ].
Pour que les mesures soient ffiables,
iables, il faut qu’elles soient faites dans une gamme de
fréquences nettement inférieures à la fréquence de résonance du capteur

40 40
35000
30 30
20 20

10 10

0 0
-10
-10 .1 .2 .5 1 2 5 10 20 50 100
-a-
.1 .2 .5 1 2 5 10 20 50 100
Fréquence [Khz]
-b- Fréquence [Khz]

40 40
30 30

20 20

10 10
0 0
-10 -10
.1 .2 .5 1 2 5 10 20 50 100 .1 .2 .5 1 2 5 10 20 50 100
10
-c- Fréquence [Khz]
-d- Fréquence [Khz]

Figure 2.16: réponse d’un accéléromètre en fonction de la fréquence selon le mode de fixation

-a- fixation par goujon -b- fixation par embase collée -c- fixation par aimant -d- fixation par pointe de touche

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VI. Stratégies de surveillance vibratoire


1. Mesure vibratoire en niveau global
Cette stratégie de surveillance consiste à mesurer, à l’aide de capteurs, le niveau global d’un
ou de plusieurs indicateurs (déplacement, vitesse ou accélération), à suivre son évolution dans le
temps et à le comparer a des normes ou des mesures précédentes. Certes, toute évolution est due
à une dégradation de la machine. Cela permet de mettre en évidence l’existence d’une anomalie à
un stade précoce et de faire une première idée des types de défauts qui affectent la machine, mais
ne permet pas d’établir un diagnostic précis.
2. Analyse temporelle
Cette stratégie consiste à suivre, au cours du temps, le comportement vibratoire d’une
machine en fonction de ces paramètres de fonctionnement (étude de la vibration d’une turbine
lors de son accélération ou sa décélération). Ce type de suivi est simple à exploiter lorsque le
signal est simple mais il devient inexploitable lorsque le signal a pour origine des sollicitations
multiples.
3. Analyse spectrale
L’analyse spectrale consiste à relever le signal vibratoire mesuré sur la machine et de procéder
à une analyse systématique pour rechercher la présence d’images vibratoires de l’ensemble des
défauts susceptibles d’affecter l’installation considérée. Cela permet d’accéder au diagnostic, c’est
à dire, d’identifier avec précision la nature de l’anomalie et si possible en préciser la gravité.

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MESURE VIBRATOIRE EN NIVEAU GLOBAL

I. Principe
La mesure des vibrations en niveau global permet de qualifier l’état général d’une machine par
comparaison à des normes ou des mesures précédentes. Cette stratégie de surveillance consiste
en un suivi de l’évolution dans le temps d’un ou de plusieurs indicateurs (déplacement, vitesse ou
accélération). Les vibrations mécaniques sont détectées par un capteur de vibrations, monté sur
le palier de la machine, qui convertit le signal mécanique en un signal électrique qui sera acheminé
à un mesureur de vibrations pour l’analyser et afficher la valeur globale.
Le suivi se fait de deux façons différentes : continu, ou en ligne, ou périodique sous forme de
rondes plus ou moins espacées dans le temps. La périodicité des mesures est adaptée en fonction
de l’évolution des indicateurs. Plus une augmentation est rapide, plus les contrôles doivent être
rapprochés.
Il est obligatoire que les conditions de fonctionnement de la machine ainsi que les conditions
de mesure (vitesse, charge, températures etc.) doivent être rigoureusement identiques d’une
mesure à l’autre.

II. Choix de la grandeur à mesurer


Le choix de la grandeur à mesurer (déplacement, vitesse ou accélération) pour la surveillance
d’une machine tournante dépend essentiellement du défaut recherché et la plage de fréquences
dans laquelle il est susceptible de s’exprimer. La grandeur retenue est appelée paramètre ou
indicateur de surveillance. Le tableau 3.1 donne le domaine de surveillance pour chaque
indicateur.

Indicateur (Niveau global) Domaine de surveillance

Phénomènes lents basses fréquences [2–100 Hz] : balourd,


Déplacement (µm c/c)
désalignement, instabilités de paliers etc.
Moyennes fréquences [1 000 Hz] : balourd, lignage, instabilités de
Vitesse (mm/s eff)
paliers, cavitation, passage d’aubes, engrènement etc.
Phénomènes très rapides Hautes fréquences [20 000 Hz] :
Accélération (g eff)
engrenages, roulements, passages d’ailettes, cavitation…)
Tableau 3.1 : Domaine de surveillance des indicateurs vibratoires

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La figure 3.1 montre les signaux vibratoires (spectres) pris sur une machine en mode
déplacement, vitesse et accélération. Commenter les résultats de mesure
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Figure 3.1 : signaux vibratoires en mode déplacement, vitesse et accélération

III. Prise de mesure


1. Matériel utilisé
Les appareils de mesure sont toujours constitués d’un minimum
de deux éléments [figure 3.2] :
• Le capteur : il transforme une vibration en signal électrique.
• Mesureur ou contrôleur de vibration : il donne l’amplitude
de ce signal
2. Mesureur de vibration
Le mesureur de vibrations est l'instrument le plus simple
Figure 3.2 : exemple
utilisé pour la mesure précise de l'amplitude vibratoire. En effet, il
d’appareil de mesure
s'agit d'un instrument qui affiche une valeur unique indiquant, par
exemple, la valeur efficace de la vitesse dans différentes gammes de fréquences. Il est conçu pour
être utilisé facilement par du personnel d'entretien pour qui la mesure des vibrations n'est qu'une
tâche parmi d'autres.

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Les caractéristiques les plus courantes communes aux différents mesureurs de vibrations
sont :
• une construction robuste et compacte (il peut typiquement être tenu d'une seule main);
• un capteur de vibrations incorporé (le plus courant étant un accéléromètre piézoélectrique
avec ou sans préamplificateur intégré);
• la mesure dans différentes gammes de fréquences comprises habituellement entre 10 Hz
et 10 kHz;
• le choix du paramètre de vibration;
• une gamme de mesure d'amplitudes typiques de l'ordre de 1000/1 (60 dB);
• le choix dans l'affichage de la valeur efficace ou de la valeur de crête ou de la valeur de
crête-à-crête (déplacement).
Deux exemples de fiches techniques de mesureur de vibration sont illustrés en annexe 4 et 5.

IV. Exploitation des mesures


Une valeur de niveau global unique est souvent difficilement exploitable en valeur absolue,
mais nous pourrons par contre les utiliser en relatif, c’est-à-dire que l’évolution dans le temps d’un
niveau global est réellement significative de l’évolution de l'état vibratoire de la machine.
Certes, un niveau très important doit demander des investigations supplémentaires
(diagnostic), mais il n’est pas forcément lié à une anomalie mécanique, alors qu’une forte et
rapide augmentation des amplitudes est toujours liée à une dégradation si toutes les conditions de
fonctionnement sont identiques.
1. Courbes d’évolution ou de tendance
a. Définition
L’évolution dans le temps d’un indicateur vibratoire est représentée par une courbe [figure
3.3] , appelée courbe de tendance. Le résultat de mesure est comparé aux mesures précédentes et
à des seuils prédéfinis.
La courbe de tendance est accompagnée parfois d’une courbe de tendance extrapolée qui
indique la pente de la dégradation et permet, en théorie, d’estimer ainsi une date présumée de
défaillance [figure 3.4] .

Figure 3.3: courbe de tendance Figure 3.4


A : courbe de tendance. B : courbe extrapolée

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b. Exemples

Figure 3.5
Détérioration lente d’un
roulement

Dan

Ala

Figure 3.7 : Surveillance d’un ventilateur (mesure


en ligne)
-1- Déséquilibrage, probablement dû aux
Figure 3.6
dépôts de saleté sur les pales du ventilateur.
Détérioration intempestive d’un roulement
-2- Le ventilateur est partiellement nettoyé.
-3- Le ventilateur est complètement nettoyé.

Indiquer pour chaque courbe l’indicateur choisi, l’échelle utilisée et le type de suivi
Figure 3.5 .…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………
.…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………………………………

Figure 3.6 .…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………

.…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………………………………

Figure 3.7 .…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………

.…………………………………………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………………………………

2. Définition des seuils d’intervention


Le tracé des courbes d’évolution des amplitudes vibratoires doit être complété par une
comparaison des mesures à des seuils d’alarme et de danger.
Seuil d’alarme : déclenche systématiquement une procédure de diagnostic afin de localiser
voir de déterminer l’origine exacte de l’anomalie. Selon la nature et la gravité du défaut, les
modalités de surveillance seront modifiées pour mieux suivre son évolution ou procéder à un arrêt
pour inspection.
Seuil de danger : nécessité de procéder à un diagnostic immédiat de l’état de l’installation.
Arrêt suivi d’une action corrective.
La quantification de ces seuils est très délicate et dépend de nombreux paramètres, tels

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que montage (fondations, châssis, paliers…), tolérance du constructeur, vécu de la machine,
besoins de l’utilisateur... Cependant, des ordres de grandeurs de niveaux acceptables, alarmants
ou dangereux, sont indiqués dans les normes (NF, ISO, VDI, API…). Ces normes [Annexes 6 et 7] ne
doivent être pris que comme des suggestions et non comme une référence absolue. En début de
suivi les seuils peuvent se référer aux normes, mais les seuils ne seront fixés qu’après retour à
l’expérience.
3. Application
Donner les valeurs des seuils d’alarme et de danger pour ces deux machines.
• un tour de puissance 4 KW posé directement sur le sol.
……………..…………………………… ;;;;;;…………………………………………………………………..……………………………………………………………………………………………………………

• une scie à ruban de menuiserie de puissance 20 KW lié au sol par des boulons.
…………...………………………………………………………………………………………………..……………………………………………………………………………………………………………………

4. Suivi de l’évolution des trois indicateurs


Le suivi d’un seul niveau global ne permet pas d’établir un quelconque diagnostic, mais en
comparant l’évolution des différents indicateurs classiques, on peut avec des moyens simples se
faire une première idée des types de défauts qui affectent la machine. Le tableau fourni en
Annexe 8 permet l’interprétation de l’évolution des indicateurs de suivi en mode global.
Par exemple si la mesure effectuée, au même endroit, sur un même palier montre une
évolution importante des indicateurs de déplacement et de vitesse, alors que l’indicateur
d’accélération reste stable ; on peut donc supposer que l’anomalie se situe en basses fréquences
et que le défaut est du à un balourd, un désalignement ou un desserrage du palier.

V. Différents types de suivi


1. Suivi en mode global « large bande »
Pour ce type de suivi les capteurs mesurent l'amplitude sur une plage de fréquences très large,
généralement la bande passante de l'appareil de mesure.

Le niveau global mesuré NG est tel que: NG = a 2 + b 2 + c 2 + .... avec a, b, c, ...les amplitudes
respectives des composantes A, B, C, ... dues aux différents défauts présents dans la machine.
Compte tenu de cette élévation au carré, il est certain que cette valeur de NG est essentiellement
sensible à l'évolution de défauts induisant des vibrations d'amplitude élevée et qu'une évolution
importante d'un défaut induisant des vibrations d'amplitude moindre (mais pas forcément de
gravité moindre) risque d'être complètement masquée. Ce phénomène, nommé l'effet de masque,
est l'écueil le plus sérieux de ce type de suivi et en limite considérablement le domaine
d'utilisation et la fiabilité.
Exemple
Le niveau global initial NG, fourni par un capteur fixé sur l'un des paliers d'une moto-
soufflante [figure 3.8], correspond à des vibrations dues à un déséquilibre (5 mm/s), un mauvais
serrage (1mm/s), un défaut d'engrènement (1 mm/s) et un défaut de roulement (1 mm/s)

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a – Calculer le NG résultant.
……………………………………………………………………………………

………………..……………………………………………………………………

……………………………………………………………………….……………

b – Calculer le NG pour une


variation de 25 % sur le déséquilibre
et commenter le résultat.
……………………………………………………………………………………

……..………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………….…………

…………………………………………………………………………………… Figure 3.8 : Moto-soufflante

……..………………………………………..……………………………………

……………………………………………..…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..…………

c – Calculer le NG pour une variation de 200 % sur le roulement du palier et commenter le


résultat.
…………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………..…………………………………………………………..…………

…………………………………………………………………………………………..……………………………………………………………………..…………………………………………………..………………

…………………………………………………………………………………………..……………………………………………………………..……………………………………………………………..……………

…………………………………………………………………………………………..…………………………………………………………………………………………..……………………………..………………

L'exemple met en évidence le danger de l'effet de masque dans le suivi en mode global «
large bande » ; cette technique privilégie le dépistage de défauts induisant des vibrations de
grande amplitude au détriment des défauts qui induisent des vibrations d'amplitude plus faible,
mais dont la gravité peut être parfois au moins aussi importante.
Il montre aussi combien il est difficile avec ce type de suivi déterminer les seuils d'intervention.
Si l'on arrêtait la machine à un seuil de 4 mm/s, elle pourrait être fréquemment stoppée pour des
problèmes peu importants de balourd et, en revanche, ne pas l'être pour le problème du
roulement, bien que celui-ci présente des signes proches de la casse.
2. Suivi en mode global par bande de fréquence
Pour minimiser le danger d’effet de masque, certains appareils offrent la possibilité de
mesurer les indicateurs à l'intérieur de plusieurs bandes de fréquences définies par l'utilisateur et
de suivre l'évolution du niveau global à l'intérieur de chacune de ces bandes.
Cette technique est aisée à mettre en place et à exploiter lorsqu'il est possible de :
• définir des bandes de fréquences bien dissociées en fonction des principaux défauts
redoutés sur la machine à surveiller;
• fixer, pour chacune de ces bandes, un seuil d'intervention.
Sur la moto-soufflante [figure 3.8], nous pouvons définir:

Page 26
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
• une bande « basses fréquences » pour suivre les défauts de déséquilibre et
désalignement;
• une bande « moyennes fréquences » pour suivre les défauts d'engrènement;
• une bande « hautes fréquences » pour suivre les défauts de roulement.

VI. Limites du suivi en mode global


Le suivi en mode global permet d’appréhender l’état de la machine par une évolution
significative d’une dégradation ou par la comparaison à des seuils d’alarme et de danger, mais ne
permet pas d’établir un diagnostic précis. C’est l’analyse spectrale qui le permettra.

Page 27
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

L’ANALYSE SPECTRALE

I. Introduction
Les mesures des niveaux globaux mettent en évidence l’existence d’une anomalie à un stade
précoce mais ne permettant pas d’accéder au diagnostic, c’est à dire, d’identifier avec précision la
nature de l’anomalie et si possible en préciser la gravité.
L’analyse spectrale repose sur une analyse systématique du signal vibratoire pour rechercher
la présence d’images vibratoires de l’ensemble des défauts susceptibles d’affecter l’installation
considérée. Cela demande une connaissance des caractéristiques cinématiques des différents
organes constitutifs, de leur vitesse de rotation ou mieux encore de leur fréquence de mouvement.

II. Etude préalable du fonctionnement de l’installation


Avant d’entamer la procédure de diagnostic, il faut une étude permettant :
• une bonne compréhension du fonctionnement de la machine et de ses organes ;
• l’établissement d’une fiche cinématique de la machine : calcul des fréquences de rotation
de toutes les lignes d’arbres, des fréquences de défauts de balourds, d’engrènement, de
roulements, … etc.
Un exemple de fiche cinématique est illustré En Annexe 9.

III. Représentation temporelle du signal vibratoire


La première façon de représentation du signal vibratoire délivré par un capteur, est la
représentation en fonction du temps (représentation temporelle). Cette représentation est
utilisée pour suivre le comportement vibratoire d’une machine en fonction de ces paramètres de
fonctionnement (étude de la vibration d’une turbine lors de sa décélération). Ce type de
représentation, aisé à exploiter lorsque le signal est simple (vibration sinusoïdale induite par un
balourd) [figure 4.1], devient vite inexploitable lorsque le signal a pour origine des sollicitations
multiples [figure 4.2].

Amplitude
1 tour

Te
mps

Figure 4.1 : Signal vibratoire sinusoïdal Figure 4.2 : Signal vibratoire


généré par un balourd complexe

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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

IV. Représentation spectrale


1. Principe
Le deuxième type de représentation est la représentation en fonction de la fréquence dans un
diagramme amplitude–fréquence appelé spectre : représentation spectrale. Le signal complexe
F(t) [figure 4.3], difficile à interpréter, est
décomposé en une série de composantes F
sinusoïdales élémentaires définies par
leurs amplitudes et leurs fréquences.
L’outil mathématique utilisé est la t
décomposition en série de Fourier [figure
4.4].

Figure 4.3 : signal périodique complexe

F(t) TA
A
TB
(t)

t [s]
B
(t)

0 0.02 0.04 0.06

Figure 4.4 : Décomposition en série de Fourier de la fonction F(t)

Si cette décomposition est possible, sa


Amplitude
représentation dans le domaine temporel est encore
inexploitable. On cherche à le représenter dans un
diagramme amplitude–fréquence appelé spectre
[figure 4.5]. Avec ce type de représentation, chaque
composante sinusoïdale est définie par son amplitude
et sa fréquence. La représentation spectrale devient
ainsi plus claire et exploitable. Les ordinateurs
utilisent un algorithme qui permet de réaliser f [Hz]
0 50 100 150
rapidement cette transformation sur des données
numériques, c’est la Fast Fourier Transformation (FFT). Figure 4.5 : Spectre correspondant à la
fonction F (t)

Page 29
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
2. Généralisation
Les vibrations réelles sont infiniment complexes, constituées d’un grand nombre de
composantes d’origines multiples et modulées par un grand nombre de paramètres. Néanmoins,
ces vibrations complexes peuvent se ramener à la superposition de composantes élémentaires
purement sinusoïdales représentées chacune par leur amplitude Ai et leur fréquence Fi. La
transformée de Fourier est un des outils utilisés à cet effet. Cette fonction mathématique réalise
une transposition du signal de
l’espace temporel vers l’espace
fréquentiel. La représentation du
signal obtenue est appelée un
spectre en fréquences. La
Jean-Baptiste
Transformée de Fourier est Fourier 1768-
implémentée dans les analyseurs 1830

de spectres sous une forme


appelée FFT (Fast Fourier
Transform). Le spectre final
contient l’ensemble des
fréquences sinusoïdales (raies
discrètes) constituant le signal
Figure 4.6 : Signal temporel et transformation en
vibratoire d’origine [figure 4.6].
spectrerespondant à la fonction F (t)
3. Définition d’un spectre
Un spectre [figure 4.7] est un graphe dans lequel
sont représentées les amplitudes et les fréquences de Amplitude Pic
toutes les composantes vibratoires élémentaires
induites par le fonctionnement d'une machine. Chaque
composante est représentée par un segment vertical
appelé raie dont l'abscisse représente la fréquence et
l'ordonnée, l'amplitude. F1 F2 F3 F4 F5
F
Notons que dans certains cas (raies confondues et
Figure 4.7 : Exemple de spectre
dépassant largement du signal, ...) nous ne parlons
plus de raie, mais de pic.
4. Représentation graphique d’un spectre
Les spectres issus de signaux vibratoires réels sont très riches en raison du grand nombre de
sources vibratoires présentes dans une machine. Par suite, les informations intéressantes dans le
spectre ne correspondent pas forcément aux fréquences présentant des maxima d’amplitude. Des
raies spectrales d’amplitude faibles au regard des autres peuvent être d’un intérêt de premier plan
pour le diagnostic. Afin de pouvoir les visualiser, on utilise pour la représentation des spectres en
fréquences une échelle logarithmique des amplitudes du signal. Ce type de représentation
présente l’avantage de favoriser l’affichage des petites amplitudes et est donc recommandé. La
figure 4.8 présente un spectre avec deux représentations en échelle linéaire et en échelle
logarithmique de l’amplitude d’un signal vibratoire.

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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

Figure 4.8

Représentation en
échelle linéaire et en
échelle logarithmique
de l’amplitude d’un
signal vibratoire

L’ordonnée en décibel montre des composantes de rapport d'amplitude très élevé.


L (en dB) = 10 log (A/A0)2 = 20 log A/A0 avec :
• L est la valeur de la variation de la grandeur mesurée (A, V, D).
• A est la valeur de la grandeur mesurée en unité physique ;
• AR est une valeur de référence dans la même unité, qui peut être fixée
conventionnellement par des normes.
Accélération (ISO R1683) Vitesse vibratoire (ISO R1683) Déplacement
-6 -2 -9 -1 -6
AR=10 m.s VR=10 m.s DR=10 μm

5. Exemple
Sur le spectre
associé au moto-
compresseur de la
figure 4.9, nous notons
qu'un pic d'amplitude
élevée dont la
fréquence est de 50 Hz
(3 000 tr/mn)
correspond à la
fréquence de rotation
du moteur ou du
premier arbre du
multiplicateur; une
augmentation notable
de l'amplitude de cette
composante traduirait
une anomalie au Figure 4.9 : spectre d’un moto-compresseur
niveau de cette ligne
d'arbres, vraisemblablement un déséquilibre.
De même, un pic à 100 Hz (2 fois la fréquence de rotation) est représentatif de l'état
d'alignement de l'arbre du moteur; le pic à 4450 Hz correspond à la fréquence d'engrènement du
multiplicateur (fréquence d'engrènement = nombre de dents x fréquence de rotation de l'arbre
correspondant, soit 89 x 50). L'analyse de cette composante et l'étude de son évolution
permettront de statuer sur l'état de ce train d'engrenages.

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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

V. Transformées de signaux particuliers


1. Cas d’un signal sinusoïdal pur
Le spectre relatif à un signal sinusoïdal pur de période T présente une raie à la fréquence
F=1/T [figure 4.8].

T
F=1/T

Figure 4.8 : Signal sinusoïdal pur et spectre correspondant

2. Spectre de chocs périodiques


Le spectre relatif à un choc périodique présente un peigne de raies à la fréquence du choc
[figure 4.9].

Figure 4.9 : Signal de type choc et spectre correspondant

3. Signal modulé en amplitude.


Sur les machines tournantes bien de défauts se traduisent par une modulation de l’amplitude
du signal vibratoire (engrènement, roulements etc…). Le spectre présente un pic à la fréquence
modulée (porteuse) avec des raies latérales espacées de la fréquence de modulation [figure 4.9].

Tm Fréquence porteuse

Bandes latérales F=1/T


T
Fm=1/Tm

Signal modulant
Signal modulé

Figure 4.10 : Spectre correspondant à une modulation d’amplitude

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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

VI. Le cepstre
Le Cepstre est un outil mathématique qui permet la mise en évidence des périodicités dans un
spectre en fréquence. Il résulte de la transformée de Fourier inverse d’un spectre de puissance. Le
cepstre associe à une famille de raies harmoniques ou un ensemble de bandes latérales une raie
unique dans sa représentation graphique. Il est utilisé pour le diagnostic des phénomènes de de
chocs périodiques (desserrages, défauts de dentures, écaillage de roulements) et des phénomènes
modulation en fréquence ou en amplitude. La figure 4.11 montre le spectre d’un choc du à une
usure d’accouplement et le cepstre correspondant.

F= 1/0,0429= 23,31 Hz

Figure 4.11 : spectre d’un choc du à une usure d’accouplement et le cepstre correspondant.

Page 33
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

ETUDE DES PRINCIPAUX DEFAUTS

I. Introduction
Le diagnostic de l’état d’une machine n’est possible que si l’on connaît les symptômes
vibratoires associés à chaque défaut susceptible d’affecter la machine considérée, c’est à dire si
l’on connaît les images vibratoires induites par ces défauts. La connaissance de ces images
vibratoires et de la cinématique de la machine permet de formuler un diagnostic de l’état de la
machine. Le tableau fourni en Annexe 10 permet la reconnaissance des principales anomalies
pouvant affecter une machine. Malheureusement, une même image vibratoire peut correspondre
à plusieurs défauts. Il faut donc établir la liste de tous les défauts correspondant à chaque image
et, par déduction, entreprendre les analyses complémentaires et rechercher d’autres symptômes
pour se diriger progressivement vers l’hypothèse la plus probable. On se propose dans ce chapitre
d’étudier les images vibratoires des principaux défauts.

II. Déséquilibre : défaut de balourd.


1. Définition
Quel que soit le soin apporté à la construction des
Lieu des Axe de
machines, il n'est pas possible de faire coïncider l'axe
centres de rotation
de rotation avec le centre de gravité de chaque tranche gravité
élémentaire du rotor [figure 5.1]. De cette non-
concentricité, résulte l'application de forces centrifuges
proportionnelle à la vitesse de rotation selon la relation
F= Mr ω2 qui déforment le rotor. On dit que le rotor
présente un balourd. Ce balourd provient Figure 5.1 : Tolérances d’usinage sur
généralement de défauts d'usinage, d'assemblage et de un rotor
montage, ou sont la conséquence:
• d'une altération mécanique : perte d'ailette, érosion ou encrassement, ... [figure 5.2],
• d'une altération thermique : déformation suite à des dilatations différentes des matériaux
constituant le rotor ou à des différences de température localisées ...

Défaut de Défaut d’usinage Encrassement d’un Perte d’ailette d’une pompe


montage
ventilateur

Figure 5.2 : Exemples de défauts induisant un balourd

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2. Mesure
Généralement, le spectre est issu d'une mesure prise radialement (souvent dans la direction
radiale horizontale) [figure 5.3], excepté pour les rotors en porte-à-faux pour lesquels on peut
constater également une vibration dans la direction axiale [figure 5.4].

Rad
Ax
Figure 5.3 : points
de mesure pour un
défaut de balourd

Figure 5.4 : points de mesure pour un


défaut de balourd sur rotor en porte-à-faux

3. Signature vibratoire
Si on mesure l’amplitude du signal vibratoire délivré par un capteur placé sur le palier
supportant un rotor déséquilibré [figure 5.5], on remarque que l’amplitude sera maximale lorsque
la masse sera en haut du rotor et elle sera minimale lorsqu’elle sera en bas, et ainsi de suite, à
chaque tour du rotor. Le signal vibratoire est périodique de période 1 tour, donc de fréquence
égale à la fréquence de rotation du rotor.

1
tour Figure 5.5 : signal
vibratoire généré par un
balourd

Le balourd va induire, dans un plan radial, une


Amplitude
vibration dont le spectre présente une composante
dont la fréquence de base correspond à la fréquence
de rotation fr. Elle représente alors le pic le plus élevé
avec des pics d’amplitudes plus faibles sur les
harmoniques de fr [figure 5.6]. La bande de mesure est
conçue de façon à prendre en compte de légères Fr 2 Fr 3 Fr f [Hz]

variations autour de la vitesse de rotation affichée par


le constructeur. Figure 5.6 : spectre théorique d’un défaut
de balourd

Page 35
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
La figure 5.7 représente un spectre
mesuré sur un moteur tournant à 1502
tr/mn soit 25,03 Hz. On remarque bien
le pic à 25,03 Hz qui correspond bien à
un balourd.

Figure 5.7
Spectre réel d’un moteur
tournant à 1502 tr/mn (25,03 Hz)
traduisant la présence d’un balourd

Remarque
De nombreux défauts, autres que ceux du balourd, s'expriment par une composante
d'amplitude élevée à la fréquence de rotation : c'est l'analyse des phases qui permet de les
différencier. En effet, pour deux points de mesure radiaux (situés à 90° sur un même palier), le
déphasage entre composantes de fréquence égale à la fréquence de rotation est proche de 90°,
dans le cas d'un défaut lié à un balourd.
4. Balourds statique et dynamique
Considérons un rotor bien équilibré. Ajoutons en un endroit de ce rotor une masse M [figure
5.8]. le rotor présentant un balourd va osciller
jusqu'à se placer en "position lourde" vers le bas.
Ce déséquilibre agit aussi s'il n'y a pas de rotation;
on l'appelle alors "balourd statique". Les deux
paliers supportant le rotor vont subir, en même
temps, l'effort centrifuge dû au déséquilibre. Il n'y
aura donc aucun déphasage entre les mesures
Figure 5.8 : balourd statique
prises au même point sur les deux paliers.
Reprenons le cas précédent en remplaçant la masse M par deux masses identiques mais
décalées de 180° et placées à chaque extrémité du rotor. Ce déséquilibre agit aussi pendant la
rotation; on l'appelle alors " balourd dynamique ".
Les deux paliers supportant le rotor vont subir les
efforts centrifuges de façon alternée. Le
déphasage (voisin de 180°) entre les mesures
effectuées au même point sur deux paliers
consécutifs est donc révélateur d'un balourd
Figure 5.9 : balourd dynamique dynamique [figure 5.9].

III. Défaut d’alignement


1. Définition
Le défaut d'alignement est l'une des principales causes de réduction de la durée de vie des
équipements. Il concerne soit deux arbres liés par un accouplement, soit deux paliers soutenant le
même axe.
2. Désalignement d’arbres accouplés
Les axes des deux rotors peuvent présenter un désalignement angulaire au niveau de

Page 36
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l'accouplement ou un désalignement radial (défaut de concentricité) ou la combinaison des deux
[figure 5.10].

Figure 5.10 : défauts d’alignement d’arbres

a. Désalignement radial
Le signal temporel d’un défaut de désalignement à l’allure de la figure 5.11. On retrouve un
phénomène périodique à la fréquence de rotation (période = 1 tour), mais également des
phénomènes se répétant chaque 1/2 tour et 1/3 tour. Cela se traduira le plus souvent par la
présence des composantes de l’ordre 2, 3 ou même 4 fois la fréquence de rotation avec des
amplitudes supérieures à celles de la composante d’ordre 1.
Un défaut d'alignement est révélé par un pic d'amplitude prépondérante à, généralement, 2
fois la fréquence de rotation (parfois 3 ou 4 fois).Il apparaît une vibration dans la direction radiale
de composante d’ordre 2 de la fréquence de rotation (rarement d’ordre 3, voire
exceptionnellement d’ordre 4), avec des amplitudes supérieures aux composantes d’ordre 1
[figure 5.12].
Le même phénomène se manifeste dans la direction axiale.

Amplitude

Fr 2 Fr 3 Fr 4 Fr
Hz

Figure 5.12 : Image vibratoire d’un


Figure 5.11 : Signal temporel d’un défaut d’alignement défaut d’alignement radial

b. Désalignement angulaire
Il apparaît une vibration axiale de composante d’ordre 1, 2, 3 ou 4 de la fréquence de
rotation avec des amplitudes supérieures à celles des composantes radiales correspondantes
[figure 5.13].

Page 37
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Direction
Axiale 90°

Un cycle

Un tour
180°

Direction
270°
Radiale
360°

Figure 5.13 : Images vibratoires d’un défaut d’alignement angulaire

3. Désalignement des paliers


Les axes des deux paliers d'un même corps de
machine ne sont pas concentriques [figure 5.14].
Cette anomalie peut être la conséquence d'un
défaut de montage d'un palier, mais également
d'un mauvais calage des pattes de fixation ou d'une
déformation de châssis (par exemple à la suite de
contraintes thermiques), qui se traduit par une
flexion de l'arbre du rotor.
La manifestation spectrale de ce type de
désalignement est identique à celle du
Figure 5.14 : Désalignement de paliers se
désalignement angulaire. traduisant par une flexion de l’arbre

IV. Défauts de serrage


Le mauvais serrage de la structure de la machine génère des vibrations et un certain bruit. Le
spectre typique mesuré sur une machine dans laquelle il existe un jeu contient un grand nombre
de pic à des fréquences multiples de la fréquence de rotation. Il est également parfois possible de
retrouver des pics à l’harmonique ½ (1/2 x la fréquence de rotation de l’arbre) et ses multiples. Les
causes d’un jeu sont principalement l’usure ou un mauvais montage. Comme exemples de jeu, on
peut entre autre citer : accouplement dont le caoutchouc est usé, paliers montés avec un jeu
excessif, ou boulons cassés (plus de jonction mécanique). Une roue à aubes dont les aubes
touchent la carcasse nous donne un défaut semblable au jeu, amplifié. La figure 5.15 montre un
exemple spectre sur une machine dont le joint de l’accouplement est usé. La fréquence de
rotation est de 24,25 Hz.

Page 38
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

Figure 5.15 : Défaut d’usure d’accouplement

V. Défauts de transmission par courroies


1. Fréquence caractéristique
Le principal défaut rencontré sur ce type de transmission est lié à une détérioration localisée
d’une courroie : partie arrachée, défaut de jointure, [figure 5.16] impliquant un effort ou un choc
particulier à la fréquence
de passage fC de ce
Entraxe a
défaut définie par : D2 , f 2
D1 , f 1
ΠD1 ΠD2
FC = f1 = f2
L L
FC : fréquence de passage de
Courroie de
la courroie.
longueur L
D1 et D2 : diamètres des
poulies 1 et 2. Défaut de courroie
f1 et f2 : fréquences de
rotation des poulies 1 et 2.
L : la longueur de la courroie.
Figure 5.16 : Défaut de courroie

2. Prise de mesure
Généralement, le spectre est issu d'une mesure prise radialement
dans la direction de l’effort de tension de la courroie [figure 5.17].
Une mesure axiale peut, éventuellement, détecter un défaut de
désalignement des poulies.
Figure 5.17 : direction de mesure
favorisée pour transmission par poulies
courroies.

Page 39
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
3. Signature vibratoire
Amplitude
L’image vibratoire donne un pic d’amplitude
importante à la fréquence de passage des courroies,
et ses harmoniques [figure 5.18].
La figure 5.19 montre le spectre réel mesuré sur
une transmission par poulies courroies. On voit bien la
Fc 2 Fc 3 Fc 4 Fc 5 Fc
présence d’un pic à la 2 Fc 2Fc, 3Fc, 4Fc (La fréquence
Fc est de 8,17 Hz). Figure 5.18 : Image vibratoire
théorique d’un défaut de transmission par

Figure 5.19 : spectre réel d’un


défaut de transmission par
courroies (la fréquence de
passage est de 8,17 Hz)

4. Autres défauts
Il existe deux autres types de défauts pour ce mode de transmission:
• Lorsque les courroies sur transmission à courroies trapézoïdales ont subi une usure
importante et qu'elles ont tendance à venir se coincer en fond de gorge, il apparaît une
vibration d'amplitude importante aux hautes fréquences.
• Lorsqu'une ou plusieurs courroies sont insuffisamment tendues, il peut se produire un
phénomène de battement visible sur le spectre, créé par des fréquences de passage des
courroies différentes et très proches les unes des autres; ces différences sont produites par
un glissement plus ou moins important selon la tension exercée sur les courroies.
5. Cas des courroies crantées
Notons que pour les courroies crantées, les fréquences rencontrées sont les mêmes que
pour les engrenages avec, malgré tout, des amplitudes vibratoires moindres du fait de la nature du
matériau qui a tendance à amortir les chocs (voir § V).
6. Application
Les figures 5.20 et 5.21 représentent les spectres des vibrations d’un palier qui guide un
rotor sur lequel est monté une poulie : sans et avec poulie. La fréquence de rotation est de 29 Hz,
la longueur de la courroie est 1060 mm et le diamètre de la poulie est de 78 mm. Interpréter les
deux spectres.
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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
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……………………………………………………………................................................................................................................................................................................
……………………………………………………………................................................................................................................................................................................

Figure 5.20 : spectre de vibration coté Figure 5.21 : Spectre de vibration coté poulie
poulie sans la courroie avec la courroie

VI. Les défauts des engrenages


1. Définition
Un engrenage est composé de l’ensemble de deux roues dentées engrenant l’une avec l’autre,
permettant de transmettre de la puissance entre deux arbres rapprochés avec un rapport de
vitesse constant. Selon la position relative des deux arbres, on distingue trois classes
d’engrenages [figure 5.22]:
• Les engrenages parallèles (les 2 arbres sont parallèles).
• Les engrenages concourants (les 2 arbres sont tels que leurs prolongements se coupent).
• Les engrenages gauches (les 2 arbres occupent une position relative quelconque)
Les dentures d’engrenage peuvent être droites, hélicoïdales ou à chevrons [figure 5.23]. Les
efforts, en conséquence, sont :
• uniquement radiaux sur les engrenages parallèles, à denture droite ou à chevrons,
• mixtes (radiaux et axiaux) sur les engrenages à denture hélicoïdales, les engrenages
coniques et les engrenages à roue et vis sans fin.

Parallèle Concourant Gauche

Figure 5.22 : Différents types d’engrenage

Landolsi Foued Page 41


COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

Figure 5.23 : Efforts sur les dents d’engrenage selon le type de denture

Les amplitudes vibratoires générées par les engrenages à denture hélicoïdale sont
généralement plus faibles que celles générées par les autres types de dentures.
2. Fréquence d’engrènement
Observons un engrenage, composé de deux roues dentées 1 et 2, présentant Z1 et Z2 dents
et tournant aux fréquences F1 et F2. Chaque fois qu’une dent de la roue menante 1 s’engage dans
la roue menée 2, il se produit une prise de charge périodique au rythme d’engagement des dents
selon une fréquence d’engrènement Fe égale à la fréquence de rotation de la roue multipliée par
son nombre de dents.

Fe= F1 . Z1 = F2 . Z2
Fe : Fréquence d’engrènement Amplitude
F1 et F2 : fréquences de rotations des roues 1 et 2
Z1 et Z2 : Nombre des dents des roues 1 et 2.

Si la denture est correcte, le spectre [figure 5.24], est


constitué de composantes dont les fréquences
Fe 2 Fe 3
correspondent à la fréquence d’engrènement ou à ses
Fe
harmoniques.
Figure 5.24 : Image vibratoire d’un
engrenage sain

3. Signatures vibratoires des défauts d’engrènement


a. Détérioration d’une dent
Si l’une des roues présente une dent
Amplitude
détériorée, il se produit un choc dur, à chaque
tour du pignon. Le spectre correspondant [figure
5.25] montre un peigne de raies dont le pas Fr
correspond à la fréquence de rotation du pignon
détérioré s'étalant jusqu'aux hautes fréquences.
Fr Fe
La figure 5.26 montre l’exemple d’un spectre
réel de ce type de défaut. Figure 5.25 : image vibratoire théorique
d’un engrenage présentant une dent détériorée.

Page 42
COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE

Figure 5.26 : spectre réel d’une dent détériorée sur un


engrenage. La fréquence de rotation du pignon est de 8,9 Hz

b. Détérioration de deux dents sur les deux roues


Si les deux roues dentées présentent chacune une dent détériorée, les chocs peuvent être
importants lorsque les deux défauts se rencontrent «coïncidence ». La rencontre s’effectue à la
fréquence Fco, appelée fréquence de coïncidence et telle que :
Fe
Fco= Fe : fréquence d’engrènement
PPCM ( Z 1 , Z 2 )
PPCM : plus petit commun multiple de Z1 et Z2

La fréquence de coïncidence Fco est inférieure aux fréquences de rotation F1 et F2. Le


spectre montre non seulement les deux peignes correspondant aux fréquences de rotation de
chaque roue, mais aussi un peigne de raies de pas correspondant à la fréquence de coïncidence Fco.
c. Détérioration de l’ensemble de dentures
Lorsque l’ensemble de la denture est usé ou détérioré, les chocs se produisent au passage de
chacune des dents. Le spectre est constitué d’un peigne de raies dont la fréquence correspond à la
fréquence d’engrènement, mais
cette fois avec une amplitude Amplitude
beaucoup plus élevée [figure 5.27]. Denture
Le spectre peut présenter des raies neuve
à la fréquence de rotation
correspondant à des équilibrages
imparfaits.
Fe 2 Fe 3 Fe

Figure 5.27 : Image vibratoire théorique d’une denture


usée

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COURS DE TECHNIQUES DE SURVEILLANCE
d. Entraxe insuffisant (jeu insuffisant au fond de denture)
Si l’entraxe des arbres portant les deux roues est insuffisant, il se produit un engrènement en
fond de denture. La dent menante force à l’engagement et au dégagement ce qui provoque une
usure des deux côtés de la denture.
En analyse spectrale ce phénomène se traduit par l’apparition d’une raie d’amplitude
prépondérante à deux fois la fréquence d’engrènement Fe et la disparition partielle, voire totale
de l’amplitude à cette fréquence [figure 5.28].

Amplitude

Fe 2 Fe 3 Fe

Figure 5.28 : Image théorique et


spectre réel d’un engrènement en fond
de denture sur un réducteur (La
fréquence d’engrènement calculée est
Fe= 249,48 Hz).

L'identification de ce phénomène nécessite de s'assurer que les harmoniques d'ordre


supérieur ne sont pas présentes à un niveau élevé : on serait alors en présence d'un choc dur (voir
§ V.3 e-)
e. Jeu de fond de denture trop grand
Un jeu de fond de denture trop grand a
Amplitude
pour conséquence un choc dur à chaque passage
d'une dent à l'autre ("rattrapage" du jeu).
On obtient alors un spectre de choc dur,
périodique, à la fréquence d'engrènement
(présence de nombreuses harmoniques de niveau
Fe 2 Fe 3 Fe k Fe
du même ordre de grandeur) [figure 5.29].
Figure 5.29 : image vibratoire théorique
d’un engrenage présentant une dent détériorée.
Ce jeu trop grand peut être :
• une conséquence de l'usure de la surface de denture, le spectre est alors une "suite
logique" de celui de la figure 5.29 (nombre et niveau des harmoniques élevées).
• dû au montage, le spectre apparaît dès l'origine
f. Défauts induisant une modulation d’amplitude
Si l’arbre ou le pignon présente un défaut d’excentricité, ou de faux rond, il va apparaitre une
modulation d’amplitude du signal vibratoire par la fréquence de rotation due à la modélisation de
l’effort d’engrènement [figure 5.30]. L’image vibratoire théorique [figure 5.31], présente autour de
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la fréquence d’engrènement (fréquence porteuse) ou de ses harmoniques, des raies latérales dont
le pas correspond à la fréquence de rotation de l’arbre qui porte le défaut. C’est ce qu’on appelle
des bandes latérales de modulation d’amplitude. Il faut noter que les amplitudes de ces bandes
latérales sont généralement très faibles devant l’amplitude de la fréquence porteuse (entre 2 et
20 fois inférieures) et ne sont visibles que dans des spectres exprimés en décibel.

Amplitude

• F
e


Fe ou k Fe
-a- -b- •
Figure 5.31 : Image théorique de la modulation
Figure 5.30 : Exemples de défauts d’engrènement
d’amplitude de Fe par Fr
-a- Faux rond d’un pignon
-b- Déformation d’arbre

La figure 5.32 montre le spectre d’un engrenage où l’engrènement (Fe = 199,6 Hz) est
modulée par la fréquence de rotation du de la roue tournante à 9 Hz

Figure 5.32 : Spectre réel d’une modulation d’amplitude

g. Application
La figure 5.33 représente le signal délivré par un accéléromètre sur un palier en direction
radiale d’un réducteur. La vitesse de rotation de l’arbre est de 18,7 Hz. Le pignon présente 13
dents. Interpréter ce spectre

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…………………………………………………………………………………….…
Figure 5.33 : spectre d’un réducteur de vitesse
VII. Les défauts de roulements
1. Fréquences caractéristiques
Les roulements sont parmi les com
composants
posants les plus sollicités des machines et représentent une
source de panne fréquente. Les défauts que l'on peut y rencontrer sont les suivants : écaillage,
grippage, corrosion (qui entraîne l'écaillage), etc. Dans la plupart des cas, la dégradation se traduit
par un écaillage d'une des pistes ou d'un élément roulant du roulement, produisant un choc à
chaque passage. Les roulements défectueux génèrent des vibrations de fréquences égales aux
vitesses de rotation de chaque pièce du roulement. Ils correspondent
correspondent notamment à la rotation des
billes, des rouleaux ou de la cage et au passage des billes sur les bagues.
Pour chaque type de roulement et en fonction de ses cotes de fabrication [figure 5.34], on
peut considérer les fréquences caractéristiques données par les
formules ci-dessous.
• n : le nombre d'éléments roulants (billes, rouleaux ou Ød

aiguilles),
α
• D : le diamètre primitif, ØD

• d : le diamètre des éléments roulants,


• α : angle de contact,

• Fr : la fréquence de rotation de la bague interne (la bague

externe étant supposée fixe) Figure 5.34 : Caractéristiques


géométriques d’un
Ainsi, nous avons : roulement
Fb ext
• La fréquence de passage d'un élément roulant sur un défaut de bague extérieure, " "
est donnée par l'équation suivante:

 d 
Fb ext = 0.5 Fr n 1 −  cos α 
 D 

• La fréquence de passage d'un élément roulant sur un défaut de bague intérieure, supposée

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Fb int
montée sur l'arbre tournant, " "est donnée par l'équation suivante:

 d 
Fb int = 0.5 Fr n 1 +  cos α 
 D 

Fcage
• La fréquence de passage d'un défaut de cage " ", est donnée par l'équation suivante:

 d 
Fcage = 0.5 Fr 1 − cos ∝  donc Fcage = Fb int /n
 D 

• La fréquence de passage d'un défaut de bille (ou de rouleau) sur la bague externe ou sur la
bague interne " Fbille " est donnée par l'équation suivante:

D   d cos α  2 
Fbille = 0.5 Fr 1 −   
d   D  

• Un défaut situé sur une bille entre en contact avec la bague intérieure ainsi qu'avec la
bague extérieure à chaque révolution de la bille. La fréquence du défaut sera donc :

D   d cos α  2 
2 Fbille = Fr 1 −   
d   D  

Aujourd'hui, la plupart des fabricants de roulements fournissent des tables de référence qui
permettent de s'affranchir de ces calculs. Un exemple de bases de données de défauts de
roulement est illustré sur la figure 5.35.
Remarque
Les fréquences de passage sont des
fréquences théoriques sensiblement respectées
tant qu'il y a roulement parfait des billes sans
glissement. Dès qu'il y a amorce de grippage, le
frottement a tendance à ralentir la partie
dégradée. Le défaut se manifeste donc à une
fréquence inférieure à la fréquence calculée.
Cette différence bien que difficile à appréhender
est un élément décisif pour établir l'urgence de
l'intervention, le grippage étant le stade ultime
d'un défaut sur roulement et pouvant amener par
blocage la dégradation brutale du rotor. Figure 5.35 : exemple de bases de données
de défauts de roulements

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2. Signatures vibratoires des principaux défauts
a. Défaut de type écaillage affectant la bague externe
Un défaut de type écaillage affectant la
Amplitude
bague externe d'un roulement a pour image
vibratoire un peigne de raies dont le pas
F
correspond à la fréquence du défaut. À
chaque composante de ce peigne, est
associée une paire de bandes latérales
espacées de la fréquence de rotation, en cas (k -1) Fb ext k Fb ext (k+1) Fb ext
de charge dynamique importante [figure
Figure 5.36 : Image vibratoire théorique d’un
5.36]. défaut de type écaillage sur bague extérieure

b. Défaut de type écaillage affectant la bague interne


Un défaut de type écaillage affectant la Amplitude
bague interne de roulement a pour image
vibratoire un peigne de raies. A chaque F
composante de ce peigne, sont associées
plusieurs paires de bandes latérales
espacées de la fréquence de rotation [figure
5.37]. (k -1) Fb int k Fb int (k+1) Fb int

Figure 5.37 : Image vibratoires théorique d’un défaut


de type écaillage sur bague intérieure

c. Défaut de type écaillage sur un élément roulant


Un défaut de type écaillage sur un Amplitude
élément roulant (bille, rouleau ou aiguille) a
pour image vibratoire un peigne de raies. A F
chaque composante de ce peigne, sont
associées plusieurs paires de bandes
latérales espacées de la fréquence de la
(k -1) Fbille k Fbille (k+1)
cage [figure 5.38].
Figure 5.38 : Image vibratoires théorique d’un
défaut de type écaillage sur un élément roulant

d. Défauts de type déversement de bague


Le défaut de type déversement de bague extérieure [figure 5.39] s’exprime par une
composante fondamentale d’amplitude élevée dont la fréquence correspond à la fréquence du
défaut de la bague déversée, et par des composantes d’ordre supérieur d’amplitude très faible
[figure 5.40]

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Amplitude

Fr

Fbague dév 2 Fbague dév 3 Fbague dév

Figure 5.39 : Défaut de déversement Figure 5.40 : Image vibratoires théorique d’un
des bagues d’un roulement défaut de type déversement de bague

e. Remarque
Il ne faut pas confondre défaut de type écaillage et défaut de type déversement de bague. Le
défaut de type écaillage est un défaut de type choc dont le spectre présente:
• de nombreuses composantes harmoniques jusqu'en hautes fréquences,
• les harmoniques d'ordre n généralement d'amplitude plus grande que la composante
fondamentale.
Le défaut de type déversement de bague est un défaut de type vibration sinusoïdale dont le
spectre présente:
• peu de composantes harmoniques, la composante fondamentale de la fréquence du défaut,
nettement prépondérante par rapport à ses quelques harmoniques.
3. Indicateurs vibratoires spécifiques aux roulements :
La dégradation localisée d’un roulement se manifeste par un choc dur, périodique,
apparaissant à la fréquence du contact situé au niveau de la détérioration.. Les vibrations induites
sont des vibrations de type impulsionnel. L’interprétation des spectres de ces défauts sont parfois
difficiles. Des méthodes spécifiques permettant d’obtenir, par des traitements particuliers, des
valeurs globales significatives de la dégradation de roulement. Les indicateurs utilisant ces
propriétés sont principalement le facteur de crête et le Kurtosis.
a. Facteur de crête
C’est le rapport entre la valeur de crête et la valeur efficace de l’accélération :

Valeur de crête Ac
Facteur de crête = =
Valeur efficace Aeff
Une vibration de type sinusoïdale aura un facteur de crête voisin de 0,707 alors qu’une
vibration de type impulsionnel aura un facteur de crête beaucoup plus important [tableau 3.1].Un
roulement neuf ou en bon état génère une vibration de faible amplitude, aussi bien en valeur
crête qu’en valeur efficace [figure 5.41]. Le facteur de crête reste donc faible. Un défaut localisé
génère une vibration d’amplitude crête forte et amplitude efficace faible, donc un facteur de crête
important. Pour les défauts généralisés, les vibrations générées présentent des amplitudes crête
et efficace fortes, donc, un facteur de crête faible.

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Le défaut majeur de cet indicateur est de présenter environ les mêmes valeurs à l’état neuf et
en fin de vie de roulement.

Aeff
Ac Aeff Ac

Aeff Ac

Aeff Ac

Aeff Ac

Figure 5.41 : Evolution du facteur de crête aux différents stades de dégradation du roulement

b. Le Facteur de défaut de roulement FD


Le Facteur de Défaut Roulement est un traitement spécifique du signal temporel adapté à la
surveillance des roulements :

FD=a.FC+b.Aeff
Combinant les indicateurs Facteur de Crête et Valeur efficace, il présente les avantages
suivants :
• Facteur absolu.
• Détection précoce.
• Peu sensible aux conditions de fonctionnement.
• Valeur croissante sur les 3 phases de la dégradation.
• Utilisation simple et adaptée au diagnostic automatique.
Le Facteur de Défaut Roulement est utilisé pour les machines de 600 à 6000 RPM. Les niveaux
d’alarme recommandés sont : Alerte à 6 et Danger à 9.
L’augmentation du niveau du Facteur de Défaut peut être liée à un défaut de graissage du
roulement. En l’absence d’historique
d’historique d’évolution, on procédera à un test de graissage du
roulement, le Facteur de Défaut chute généralement de manière importante de façon instantanée.
Si le niveau du F.D reste stable à cette valeur dans les heures qui suivent l’opération, il s’agit sans
doute d’un problème de graissage. Dans le cas contraire, il s’agit vraisemblablement d’une usure
du roulement.
c. Distribution de l’amplitude : Kurtosis
Il s'agit d'un traitement statistique du signal temporel des vibrations, se basant sur la courbe
de densité de probabilités de la répartition des niveaux vibratoires d'accélération.
Un roulement en bon état engendre un signal vibratoire dont la distribution de l’amplitude
est Gaussienne avec un Kurtosis voisin de 3. Pour un roulement dégradé, présentant des écaillages,
des indentations ou des jeux importants, l’allure de la distribution de l’amplitude du signal est
modifiée et le Kurtosis K est supérieur ou égal à 4 [figure 5.42].

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Le Kurtosis caractérise
l’écrasement de la courbe de
densité de probabilité du signal
enregistré.
Il est à noter que dans le
cas d’une forte détérioration du
roulement, l’allure de la
distribution de l’amplitude
redevient gaussienne avec K
voisin de 3 mais, aussi une
augmentation importante de
l’amplitude efficace. Comme
pour le facteur de crête, il y a
lieu de tenir compte Figure 5.42 : Evolution du Kurtosis aux différents stades de
simultanément de l’évolution dégradation du roulement
des deux critères : Kurtosis et
amplitude efficace.

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