Vous êtes sur la page 1sur 6

La chimie est une science de la nature qui étudie la matière et ses

transformations, et plus précisément1 :

les éléments chimiques à l'état libre, atomes ou ions atomiques. Elle étudie
également leurs associations par liaisons chimiques qui engendrent notamment des
composés moléculaires stables ou des intermédiaires plus ou moins instables. Ces
entités de matière peuvent être caractérisées par une identité reliée à des
caractéristiques quantiques et des propriétés précises ;
les processus qui changent ou modifient l'identité de ces particules ou molécules
de matière, dénommés réaction chimique, transformation, interaction, etc. ;
les mécanismes réactionnels intervenant dans les processus chimiques ou les
équilibres physiques entre deux formes, qui permettent d'interpréter des
observations et d'envisager de nouvelles réactions ;
les phénomènes fondamentaux observables en rapport avec les forces de la nature qui
jouent un rôle chimique, favorisant les réactions ou synthèses, addition,
combinaison ou décomposition, séparation de phases ou extraction. L'analyse permet
de découvrir les compositions, le marquage sélectif ouvre la voie à un schéma
réactionnel cohérent dans des mélanges complexes.
La taille des entités chimiques varie de simples atomes ou molécules nanométriques
aux édifices moléculaires de plusieurs dizaines de milliers d'atomes dans les
macromolécules, l'ADN ou protéine de la matière vivante (infra)micrométrique,
jusqu'à des dimensions parfois macroscopiques des cristaux. En incluant l'électron
libre (qui intervient dans les réactions radicalaires), les dimensions de
principaux domaines d'application se situent dans son ensemble entre le femtomètre
(10−15 m)2 et le micromètre (10−6 m).

L'étude du monde à l'échelle moléculaire soumise paradoxalement à des lois


singulières, comme le prouvent les récents développements nanotechnologiques,
permet de mieux comprendre les détails de notre monde macroscopique. La chimie est
qualifiée de « science centrale »3 en raison des relations étroites qu'elle possède
avec la biologie et la physique. Et elle a évidemment des relations avec les champs
d'applications variés, tels que la médecine, la pharmacie, l'informatique et la
science des matériaux, sans oublier des domaines appliqués tels que le génie des
procédés et toutes les activités de formulation.

La physique, et surtout son instrumentation, est devenue hégémonique après 1950


dans le champ de la science de la nature. Les avancées en physique ont surtout
refondé en partie la chimie physique et la chimie inorganique. La chimie organique,
par l'intermédiaire de la biochimie, a partagé des recherches valorisant la
biologie. Mais la chimie n'en garde pas moins une place incontournable et légitime
dans le champ des sciences de la nature : elle conduit à de nouveaux produits, de
nouveaux composés, découvre ou invente des structures moléculaires simples ou
complexes qui bénéficient de façon extraordinaire à la recherche physique ou
biologique. Enfin l'héritage cohérent que les chimistes défenseurs marginaux des
structures atomiques ont légué aux acteurs de la révolution des conceptions
physiciennes au début du xxe siècle ne doit pas être sous-estimé.

Tubes à essai contenant des solutions et des précipités.

La combustion : exemple d'une réaction chimique complexe.

Sommaire
1 Étymologie et Histoire
1.1 Étymologie
1.2 Origines
1.3 Évolution avant l'apparition d'une science mécaniste
1.4 Représentations de l'atome et de la molécule
1.5 Méthodes physiques d'identification de composés chimiques au XXe siècle
1.6 Quelques personnalités de la chimie et de la physico-chimie
2 Disciplines
3 Concepts fondamentaux
3.1 Structure de la matière
3.1.1 Élément
3.1.2 Atome
3.1.2.1 Isotope
3.1.3 Molécule
3.1.4 Liaison chimique
3.1.5 Corps pur
3.1.6 Composé chimique
3.1.7 Ion
3.1.8 Complexe
3.2 Quantité de matière et mole
3.3 Chimie expérimentale
3.4 Réaction chimique
3.4.1 Solution et émulsion
3.4.2 Oxydoréduction et électrochimie
3.4.3 Acide et base
3.4.4 Synthèse chimique
3.4.4.1 Chimie des polymères
3.5 Lois chimiques
4 Enseignement
4.1 France
4.2 Québec
4.3 Suisse
5 Industrie
6 Recherche
6.1 Institutions ou associations nationales et sociétés professionnelles
6.2 Prix
7 Applications et toxicologie
7.1 De la chimie en bien et en mal
7.2 Santé et environnement
7.3 Risques et réglementation
8 La chimie fantasmée
8.1 Littérature
8.2 Audiovisuel
8.2.1 Séries télévisées
9 Notes et références
10 Voir aussi
10.1 Articles connexes
10.2 Bibliographie
10.2.1 Ouvrage de découverte
10.2.2 Une science expérimentale
10.2.3 Enseignement général, initiation ou formation à quelques spécialités de
la chimie
10.2.4 Revues, handbook et traités encyclopédiques
10.2.5 Dictionnaires
10.2.6 Histoire et ouvrages jalons d’une époque
10.3 Liens externes
Étymologie et Histoire
Articles détaillés : Histoire de la chimie, Alchimie et Histoire de la découverte
des éléments chimiques.
Étymologie
Trois étymologies sont fréquemment citées, mais ces hypothèses peuvent être reliées
:

l'une égyptienne, kemi viendrait de l'ancien égyptien Khemet, la terre. Il se


retrouve aussi dans le copte chame « noire » puisque dans la vallée du Nil, la
terre est noire. L'art de la kemi, par exemple les poisons minéraux, a pu
influencer la magie noire4 ;
la racine grecque se lie à χυμεία, khumeia, « mélange de liquides » (χυμός, khumos,
« suc, jus »)5 ;
enfin, le mot « chimie » proviendrait de l'arabe al kemi, ‫( الكيمياء‬littéralement la
kemia, la « chimie »6), venant du grec χεμεία, khemeia, qui signifie « magie noire
», mot lui-même venant de l'égyptien ancien kem qui désigne la couleur noire.
Notes

Al kem signifie aujourd'hui en arabe 'la quantité', attestant que la chimie passe
par une précoce approche quantitative de la matière, couvrant indistinctement le
champ des premiers procédés chimiques comme celui du dosage en pharmacopée.
Khem(et) désigne la terre pour les anciens Égyptiens. La chimie se présente comme
l'art de la terre et le savoir sur la terre.
En persan, « Kimiya », « kimyaw » ou « Kamyâb » pour les Iraniens d'aujourd'hui,
signifie rare. Rhazès (Razi), l'alchimiste perse du ixe siècle, cherchait à obtenir
un élément rare capable de transformer les métaux en or.
Origines

Schéma de distillation au laboratoire.


La distillation fractionnée sert à séparer des corps chimiques de différentes
volatilités. Le recueil méticuleux de phases vapeur semble l'une des plus anciennes
opérations chimiques connues.
L'art d'employer ou de trier, préparer, purifier, de transformer les substances
séchées mises sous forme de poudres, qu'elles proviennent du désert ou de vallées
sèches, a donné naissance à des codifications savantes. Initialement d'abord
essentiellement minérales. Mais les plantes éphémères et les arbres pérennes du
désert, et leurs extraits gommeux ou liquides nécessaires aux onguents, ont été
très vite assimilés à celles-ci, par reconnaissance de l'influence des terres et
des roches.

Outre la connaissance du cycle de l'eau et des transports sédimentaires, la


maîtrise progressive des métaux et des terres, les Égyptiens de l'Antiquité
connaissent beaucoup de choses. Parmi elles, le plâtre, le verre, la potasse, les
vernis, le papier (papyrus durci à l'amidon), l'encens, une vaste gamme de couleurs
minérales ou pigments, de remèdes et de produits cosmétiques, etc. Plus encore que
les huiles à onction ou les bains d'eaux ou de boues relaxants ou guérisseurs, la
chimie se présente comme un savoir sacré qui permet la survie. Par exemple par
l'art sophistiqué d'embaumer ou par le placement des corps des plus humbles dans un
endroit sec.

L'art de la terre égyptien a été enseigné en préservant une conception unitaire.


Les temples et les administrations religieuses ont préservé et parfois figé le
meilleur des savoirs. Le pouvoir politique souverain s'est appuyé sur les mesures
physiques, arpentage et hauteur hydraulique des crues, peut-être sur la densité du
limon en suspension, pour déterminer l'impôt et sur les matériaux permettant les
déplacements ou la mobilité des armées. Le vitalisme ou les cultes agraires et
animaux, domaines appliqués de la kemia, ont été préservés dans des temples, à
l'instar d'Amon, conservatoire des fumures azotées et de la chimie ammoniacale
antique.

Signes alchimiques des sept métaux : Étain (Jupiter), Plomb (Saturne), Or (Apollon,
soleil), Cuivre (Vénus), Mercure, Argent (Diane, Lune), Fer (Mars).

Les alchimistes, par Pietro Longhi, 1757


Les savants musulmans7 supposaient que tous les métaux provenaient de la même
espèce. Ils croyaient à la possibilité de la transmutation et cherchèrent en vain
dans cette perspective l'obtention de « l'al-iksir » qui prolongerait la vie.
« Dans le même temps, guidés par des préoccupations plus pratiques, ils se
livraient dans leurs laboratoires à des expérimentations systématiques des corps.
Disposant de tableaux indiquant les poids spécifiques, ils pouvaient en les pesant,
les distinguer, les reconnaître par des analyses sommaires et, quelquefois même les
reconstituer par synthèse. [...] Ils trouvèrent des teintures pour colorer les
tissus, les mosaïques et les peintures, si parfaites qu'elles ont gardé leur
fraîcheur millénaire. »
« Les Arabes allaient faire connaître au monde l'usage des parfums, en apprenant à
extraire les parfums des fleurs. À Chapur, on distillait toutes les essences selon
les techniques zoroastriennes : narcisse, lilas, violette, jasmin… Gur était réputé
pour ses eaux parfumées et fabriquait des eaux de fleur d'oranger et de rose à base
de rose d'Ispahan. Samarkand était célèbre par son parfum de basilic, Sikr par son
ambre. Le musc du Tibet, le Nénuphar d'Albanie, la Rose de Perse demeurent des
parfums aussi prestigieux que légendaires. »
« En mélangeant la soude (Al-qali) avec le suif ou l'huile, les Arabes fabriquèrent
les premiers savons et créèrent une des plus magnifiques industries de Bagdad, qui
devait s'étendre rapidement sur l'Égypte, la Syrie, La Tunisie et l'Espagne
musulmane. L'islam avait fait si bien que le goût du bien-être gagna toutes les
classes de la société et que la production ne suffit plus à la consommation. Le
besoin d'inventer l'industrie des succédanés ou ersatz se fit sentir à ce moment-là
»7 »
Nos repères de pensée taxonomique sont profondément influencés par les
civilisations grecques puis hellénistiques, férues de théorisations, qui ont
lentement esquissé de façon sommaire ce qui encadre aux yeux profanes la chimie, la
physique et la biologie. Elles ont laissé les techniques vulgaires au monde du
travail et de l'esclave. L'émergence de spiritualités populaires, annexant l'utile
à des cultes hermétiques, a promu et malaxé ses bribes de savoirs dispersés.
Incontestablement, les premiers textes datés tardivement du ier siècle et iie
siècle après Jésus-Christ comportent à l'exemple de l'alchimie médiévale la plus
ésotérique, une partie mystique et une partie opératoire8. La religiosité
hellénistique a ainsi légué aussi bien le bain-marie, de Marie la Juive que
l'abscons patronage d'Hermès Trismégiste, divinité qui prétendait expliquer à la
fois le mouvement et la stabilité de toute chose humaine, terrestre ou céleste.

Évolution avant l'apparition d'une science mécaniste


Au cours des siècles, ce savoir empirique oscille entre art sacré et pratique
profane. Il s'est préservé comme l'atteste le vocable chimia des scolastiques en
1356, mais savoir et savoir-faire sont souvent segmentés à l'extrême. Parfois, il
est amélioré dans le monde paysan, artisan ou minier avant de devenir une science
expérimentale, la chimie, au cours des troisième et quatrième décennies du xviie
siècle. Au même titre que la physique, le prodigieux essor de la pensée et de la
modélisation mécanistes, font naître la chimie sous forme de science expérimentale
et descriptive9. Riche de promesses, la chimie reste essentiellement qualitative et
bute sur le retour incessant des croyances écartées.

Les alchimistes ont subsisté jusqu'en 1850. Ils étaient acceptés par les croyances
communes, poursuivant la quête de la pierre philosophale et continuant l'alchimie
sous une forme ésotérique. La rupture entre la chimie et l'alchimie apparaît
pourtant clairement en 1722, quand Étienne Geoffroy l'Aîné, médecin et naturaliste
français, affirme l'impossibilité de la transmutation. La chimie expérimentale et
l'alchimie diffèrent déjà radicalement ; donc il devient nécessaire de pouvoir
distinguer ces deux termes restés dans le langage.

La chimie a connu une avancée énorme avec Antoine Lavoisier qui l'a promue au rang
de science exacte. Lavoisier reste dans l'Histoire comme celui qui a découvert la
combustion par le dioxygène (1775). Pour le philosophe Thomas Samuel Kuhn, il
s'agit d'une révolution scientifique majeure, qui a donné naissance à la chimie
moderne10.
Les biographies des savants français et étrangers se trouvent dans les articles
répertoriés dans la Catégorie:Chimiste ou de la Liste de chimistes.

Représentations de l'atome et de la molécule


Article détaillé : Atome.

John Dalton à son modeste bureau de laboratoire mancunien.


L'étude de la matière a naturellement conduit les premiers chimistes des années
1620-1650 à modéliser sa composition, puisant librement, mais non sans méfiance
dans une abondante tradition antique. À la suite de Van Helmont, ces adeptes
mécanistes de la contingence maîtrisent déjà la notion de gaz, tiennent compte du
facteur de la température et parviennent à expliquer sommairement la pression de
vapeur d'un corps et les mélanges miscibles des fluides. John Dalton, persévérant
expérimentateur, continuateur de la première lignée mécaniste partiellement
abandonnée, a le premier essayé de donner une définition moderne de la notion
d'atome. L'atome constitue une particule fondamentale ou une combinaison de
plusieurs d'entre elles. En 1811, Amedeo Avogadro affirme que le volume d'un gaz
quelconque à pression et température constante contient le même nombre de
particules, qu'il dénomme molécules intégrantes ou constituantes11.

L'obstination de nombreux chimistes souvent incompris, tel Berzelius en pionnier de


l'électrovalence dès 1812, a servi pour réaffirmer la possibilité d'une
modélisation à la fois mécaniste et géométrique par le biais d'une architecture
atomique. Auguste Laurent, proposant pour des séries homologues de molécules
organiques un même squelette constitué d'atomes, était cruellement dénigré par les
maîtres des laboratoires12. Mais malgré la suprématie et l'influence politique des
équivalentistes, le revirement s'opère. Ce dernier est porté par la reconnaissance
des vieux succès de l'électrochimie préparative depuis Humphry Davy et Michael
Faraday et la volonté de corréler quantitativement nombre d'espèces chimiques et
masse d'un corps pur.

Représentation de l'atome d'oxygène selon le modèle de Bohr : autour du noyau, les


électrons en orbite.
Le congrès de Karlsruhe organisé en 1860 par les amis de Friedrich August Kékulé
von Stradonitz et de Charles Adolphe Wurtz ouvre la voie à des conventions
atomiques13. Son influence éveille une intense recherche de classification des
éléments qui débouche notamment sur les classifications périodiques de Mendeleïev
et de Meyer. Elle entraîne un renouveau d'intérêt pour les molécules14. Kékulé et
Kolbe en chimie organique, Le Bel et van 't Hoff en chimie générale et plus tard
Alfred Werner en chimie minérale établissent les fondements de la représentation en
structures moléculaires15.

Les orbitales atomiques représentées par les nuages électroniques probabilistes et


modélisées à l'aide des équations de la mécanique quantique, le meilleur outil
théorique actuel pour décrire le comportement des liaisons quantifiées des atomes
et molécules.
Les travaux de Joseph John Thomson, découvreur de l'électron en 1897, prouvent que
l'atome est constitué de particules électriquement chargées. Ernest Rutherford
démontre par sa célèbre expérience en 1909 que l'atome est surtout composé de vide,
son noyau, massif, très petit et positif, étant entouré d'un nuage électronique.
Niels Bohr, précurseur de la modélisation atomique, affirme en 1913 que les
électrons circulent sur des « orbites ». Lorsque James Chadwick découvre les
neutrons, la théorie quantique fondée au début de l'entre-deux-guerres sur le
modèle rival d'Erwin Schrödinger renforcée par les compléments matriciels de Werner
Heisenberg, l'affinement théorique de Wolfgang Pauli a déjà pris son envol. Et ce,
malgré les contestations appliquées et systématiques d'Albert Einstein. Des années
1930 à notre xxie siècle, la mécanique quantique explique le comportement de
l'atome et des molécules.

Méthodes physiques d'identification de composés chimiques au xxe siècle

Un spectromètre de masse.
Au xxe siècle, l'essor des mesures physiques a facilité aux chimistes la
caractérisation des composés avec lesquels ils travaillent. Auparavant, la réaction
chimique et un nombre restreint de techniques physico-chimiques s'imposaient en
ultime recours pour détecter ou caractériser une molécule. Maintenant, il existe
diverses méthodes de mesures. Parmi elles, la chromatographie, la spectrométrie
électromagnétique (infrarouge, lumière visible ou UV), la masse, de résonance
magnétique nucléaire. Sans oublier aussi d'inclure les microscopies électroniques
et autres analyses par diffraction de rayons X ou par diffusion de particules et,
dans des cas d'observation contrôlée sur surface plane, la microscopie par champ de
force. Toutes ces possibilités ont permis une identification plus aisée. Elles
offrent souvent la possibilité de remonter à la structure géométrique des molécules
et de leurs assemblages et de connaître leur composition isotopique. Parfois même
de « voir » par le multiplicateur instrumental la molécule, de la (dé)placer ou de
suivre des réactions (photo)chimiques en temps réel de plus en plus brèves. Ces
progrès physico-chimiques ont permis de grandes avancées tout particulièrement en
biochimie où les édifices étudiés restent complexes et les réactions variées.

Quelques personnalités de la chimie et de la physico-chimie

Vous aimerez peut-être aussi