Vous êtes sur la page 1sur 14

Ecole nationale de Commerce et de Gestion

Master Finance et Gouvernance des


organisations

Master : FGO
Matière : Gestion Fiscales
Professeur : ETTAHIRI YOUNES

Système Fiscal Marocain : Evolution


historique et particularité socioéconomique

Préparé par :

Ayoub MHAMDI

Fatiha LAMALLAOUI

Yassine MADANI

Meryem MASSAOUDI
Plan sommaire

INTRODUCTION

I. Aperçu de l’évolution historique du système fiscal


marocain
1. Régime fiscale avant le protectorat : (Avant 1912)

2. Régime fiscale pendant le protectorat : (1912-1956)


3. Régime fiscale au lendemain de l’indépendance : (1956-1983)

4. Le système fiscal moderne : (après 1983)

II. Les caractéristiques du système fiscal modernes et la


particularité socioéconomique
1. Les caractéristiques du système fiscal modernes
2. La particularité socioéconomique

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE
Introduction :
De l’indépendance en 1956 jusqu'en 1984, le système fiscal marocain en vigueur était hérité du
protectorat français. Les responsables marocains ont attendu le milieu des années 1980 pour
réformer un système fiscal complexe et aux multiples défaillances.
La réforme fiscale des années 1980 constitue un grand tournant dans l’évolution du système
fiscal marocain. Elle en a profondément modifié l’architecture générale. Les impôts synthétiques
comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’impôt sur les sociétés (IS) et l’impôt général sur le
revenu (IGR) se sont substitués aux impôts cédulaires en vigueur. La mise en œuvre de la
réforme fiscale des années 1980 s’est accompagnée d’une série d’aménagements qui ont
débouché notamment sur la réduction des taux d’imposition, l’élargissement de l’assiette fiscale,
la réduction de la charge fiscale et la simplification de la gestion fiscale.
Deux autres dates charnières dans l’évolution du système fiscale marocain sont à souligner : les
assises fiscales de 1999 ainsi que les assises fiscales de l’année
2013les séries de réformes et d’aménagements fiscaux qui les ont suivies.
I. Aperçu de l’évolution historique du système fiscal
marocain :
Les institutions fiscales de l’état marocain, et les règles juridiques qui régissent le domaine des
finances publiques sont le résultat d’une longue évolution historique. L’administration avant le
protectorat, pendant la période coloniale et puis après l’indépendance. Ces transitions ont donné
naissance, finalement, à une fiscalité moderne qui est l’émanation de la volonté d’intégrer
l’économie marocaine dans les normes internationales.

Trois périodes clés ont marqué l’Histoire du système fiscal marocain :

1- Régime fiscale avant le protectorat : (Avant 1912)


Même avant le protectorat, l’instauration de la fiscalité marocaine est le résultat de la pression
budgétaire, découlant de la situation des finances publiques qui s’est dégradée pour plusieurs
raisons liées à l’accroissement des dépenses, à savoir, les dépenses engendrées par les
affrontements militaires, le développement des relations commerciales entre le Maroc et les pays
Européennes et les dettes extérieurs, qu’à la réduction des recettes qui ont mis le Maroc face à un
seul refuge qui est le recours à l’impôt.

En effet, le système fiscal marocain, dans cette période, était constitué par les principaux
prélèvements ou contributions suivantes :

a. La ZAKAT:
La zakat a pour fonction de purifier les revenus et les biens des musulmans. C’est une somme que
chaque musulman productif doit verser, indiquant ainsi sa solidarité avec sa communauté.

Le coran qui a institué la ZAKAT n’a fixé cependant aucune règle de perception. Ainsi, La Zakat
n’était pas dotée de mécanismes de recouvrement contraignant établi par les pouvoirs
administratifs. Elle s’agit d’un acte purement volontaire entrepris par les croyants à fin de
permettre aux personnes méritant cette aumône de subvenir à leurs besoins vitaux.

b. L’AACHOUR:

C’était une forme de Zakat prélevée sur les revenus agricoles. Les terres productives soumises à
l’autorité de l’Etat étaient frappées d’un prélèvement égal à 10% des récoltes et des fruits.

c. LA DJEZIA:

La Djezya ou « capitation » est un impôt versé par les non musulmans pour bénéficier de la
protection du Sultan Musulman. C’est une contribution imposée aux citoyens pour financer la
défense et la protection de la partie.

d. Le KHARAJ:

Littéralement le produit de la terre. C’est un impôt foncier sur les terres que les non musulmans
continuent à exploiter même si elles sont devenues des propriétés musulmanes. La valeur du
Kharaj est généralement estimée par le Sultan qui déterminait la part des récoltes qu’il choisit de
partager avec eux.

e. La HEDYA:

Est une donation faite aux souverains à l’occasion des cérémonies religieuses. Si la Hediya apparait
au début comme des cadeaux volontairement offerts par les tribus au Sultan, elle serait devenue
obligatoire sous forme de redevances de souveraineté.

f. LA HARKA, La MOUNA, La SOUKHRA, GHORAMA et La TOUIZA:

✓ La HARKA est e contingent demandé à une tribu par le sultan lorsqu’il voulait entreprendre
une exploitation militaire.

✓ La MOUNA et la SOUKHRA sont les fournitures de vivre aux armées du sultan ou des
commissions remises par la tribu aux fonctionnaires qui séjournent sur son territoire pour quelque
motif que ce soit.

✓ La GHORAMA est La conséquence financière d’un dommage causé par un membre d’une
tribu. Elle découle du principe de la responsabilité collective.

✓ La TOUIZA est un impôt de prestations qui permettait de réaliser des équipements d’intérêts
commun ou d’effectuer des travaux de servitudes.

G- Le MEKS:

Tromper quelqu’un sur le marché est d’ailleurs le premier sens du verbe « MAKASA ». Le MEKS
est donc une taxe variée sur les opérations du commerce intérieur.

H- Le TERTIB:

Le TERTIB ou « l’organisation » s’inscrit dans le cadre d’une réforme fiscale moderniste. Cette
réforme visait à instaurer un nouvel impôt sur les biens qui remplace l’ancien système basé sur la
ZAKAT, l’ACHOUR et les autres taxes de souveraineté.

Cette nouvelle réforme consistait aussi à suivre une politique fiscale basée sur la justice et
l’égalité ; ‘Généralisation de l’impôt, fixation du montant de l’impôt agricole à payer par chaque
tribu pour limiter le droit de l’appréciation des gouverneurs...’

En effet, le TERTIB a été déclaré dans une conjoncture intérieur particulière, et à un moment ou
les pressions français sur les frontières Est et du pays se faisait de plus en plus sentir.

2- Régime fiscale pendant le protectorat : (1912-1956)


Cette période s’était caractérisée par la réforme du système fiscale à la suite de la
détérioration progressive des finances du Maroc et à l’aggravation de son endettement. Ainsi, le
protectorat fera de l’impôt le principal instrument d’intervention économique qui s’est traduite par
la mise en place d’un système fiscale inspiré du système français.
Ce système consacrait les dispositions de l’Acte d’Algésiras, celle du traité du protectorat et
l’expérience des pratiques antérieures.

Cette réforme s’était manifestée par la conservation de certains impôts, la modification, la


création et l’annulation d’autres :
✓ La conservation des droits de porte, les droits de marché et les droits de douane.
✓ Le réaménagement de Tertib par un dahir régissant et réglementant cet impôt.
✓ La création de la taxe de transaction, la patente, la taxe urbaine et l’impôt sur le bénéfice
professionnel…
✓ L’annulation des impôts de souveraineté.
L’avènement de l’indépendance du Maroc fera de l’impôt un moyen de solidarité nationale et
un instrument de politique économique.

3- Régime fiscale au lendemain de l’indépendance : (1956-1983)


L’indépendance du Maroc est un événement majeur qui va changer le cours des évènements.
L’instauration d’un régime de monarchie constitutionnelle s’est accompagnée d’un changement
de la philosophie de l’impôt, dorénavant fondée sur le consentement, la solidarité et l’incitation
économique.1

Six ans après que le Maroc a obtenu son indépendance, une première constitution a été adoptée le
7 juillet 1962. Ainsi L’article 53 de cette constitution stipule que le parlement vote la loi de
finances dans les conditions prévues par le dahir portant loi organique des finances.
Ainsi, cette loi de finance prévoit et autorise pour chaque année civile, l’ensemble des ressources
et des charges de l’Etat que seules les lois de finances dites « rectificatives » peuvent encours de
l’année modifier.
Les lois de finances promulguées depuis les débuts des années 60 jusqu’au milieu des années 80
comportait de nombreux aménagements et réformes dont voici les principales :
▪ Les produits de consommations ont été soumis à des taux distincts de ceux de l’Acte
d’Algésiras.
▪ La taxe sur le chiffre d’affaire a été instituée le 30 décembre 1961, en remplacement de la
taxe sur les transactions.
▪ La soumission de la population active travaillant du secteur public et privé à un prélèvement
sur les traitements et salaires.
▪ La patente et l'impôt sur les bénéfices professionnels (en remplacement de l’impôt sur les
bénéfices des activités patentables) s’appliquait aux personnes physiques ou moral, quel que soit
leur nationalité, qui exercent une profession libérale, industrielle et commerciale.
▪ De nombreuses réformes fiscales ont été instaurées qui visent à construire un système fiscal
qui promouvrait le développement de la production et des investissements.

4- le système fiscal moderne : (après 1983)

1
(Analyse de la décision fiscale au Maroc, Noureddine Bensouda, 2009, éditions la croisée des
chemins, page 127).
Depuis le milieu des années 80, le système fiscal Marocain a connu une évolution, et une profonde
réforme dont l’objectif primordial attendu était l’élaboration d’un système fiscale moderne,
cohérent, harmonisé, efficient et plus latitudinaire. Donc, l’architecture globale du système fiscal
Marocain s’est rapprochée des grands systèmes d’imposition connus dans le monde occidental.
Les objectifs des principes qui ont été énoncés par la loi-cadre n° 3-83 relatives à la réforme fiscale
adoptée sont les suivants :
✓ La mise en place d’un système qui assure d’une part une meilleure répartition de la charge
fiscale et un élargissement de l’assiette et la réduction des taxes, et d’autre part, un renforcement
des garanties que la loi accorde aux contribuables ;
✓ Le remplacement de la taxe sur les produits et les services par la TVA en 1986 ;
✓ La suppression des impôts catégoriels appliqués par la nature de revenu et leur remplacement
par l’IS en 1988 et de L’IGR en 1990.
En effet, d’autres taxes, à savoir la TPA, la TPCVM, la TPPRF et la CRPEF ont été créées.
Après l’organisation des premières assises nationales sur la fiscalité en 1999, certaines taxes ont
été abrogées (CRPFE) et d’autres ont été intégrés dans l’IS ou l’IGR (TPA, TPI, TPCVM, TPPRF),
les impositions à des taux libératoires ont été maintenu ce qui ne permettait pas de répondre
totalement à l’objectif d’une imposition global dite équitable.
Les réformes fiscales qui ont été introduites par les lois de finances successives de 2000 à 2011,
afin de mettre en place un ensemble de mesures de simplification, de modernisation et
d’harmonisation du système fiscale, aient pour conséquences :
- Elaboration du livre des procédures fiscales en 2005
- Elaboration du livre d’assiette et de recouvrement en 2006
- Regroupement des textes fiscaux dans un même volume : Le Code Général des Impôts édité
en 2007
- Elaboration de la note circulaire globale publiée en 2011…
Parmi les principes de la nouvelle constitution (en 2011), le principe d’égalité devant l’impôt et
ses corollaires posé par l’article 39 et le principe de l’égalité devant l’impôt posé par l’article 75
de la constitution 2011.
Actuellement, les principaux impôts et taxes sont régis par deux textes :
✓ Le Code Général des Impôts.
✓ La loi de finances n° 70-19 pour l’année budgétaire 2020.
Depuis les années 80, le Maroc a réalisé de grandes avancées au niveau de son système fiscal.
Nous disposons d’un système moderne, une modernité qui se vérifie, notamment, par l’existence
d’un code général des impôts unique qui regroupe toutes les dispositions fiscales régissant
l’ensemble des impôts marocains, tous les aspects techniques relatifs à ces impôts et taxes comme
l’assiette, l’évaluation, le recouvrement et le contentieux, tous les avantages fiscaux qui prennent
la forme d’exonérations, de taux réduits, d’abattements, alors que ces avantages fiscaux étaient
autrefois dispersés dans des textes spéciaux. Notre système fiscal a connu aussi des avancées
importantes concernant les garanties données aux contribuables, notamment en matière de
contrôle, ainsi qu’au niveau de la simplification et de la transparence. Ainsi, Le système fiscal
marocain est toujours en mutation ; cette dynamique est le reflet de l’évolution de l’économie et
de la société et la grande vitesse avec laquelle le monde et les technologies évoluent.
II. Les caractéristiques du système fiscal modernes et la
particularité socioéconomique

1. Les caractéristiques du système fiscal modernes marocain :

L’expression ‘’ système fiscale’’ est utilisée aujourd’hui par la plupart des fiscalistes pour désigner
‘’L’ensembles des impôts appliqués à un moment donné dans un pays déterminé’’.2

Le système fiscal étant le pourvoyeur principal des recettes de l’Etat, son poids sur l’économie
est assez lourd. Un bon système fiscal est simple, peu coûteux, équitable et il minimise les
distorsions économiques.

Le système fiscal marocain, dans sa pratique, est basé sur le principe de déclaration, la plupart des
impôts supposent une initiative de déclaration de la part des assujettis (IS, TVA, etc.). D’autres
impôts, plus simples à cerner à la base, sont plutôt prélevés à la source (IR sur les salaires,
prélèvements sur les placements financiers), sur une base également déclarative par les organismes
responsables des prélèvements (Employeurs, Banques etc.).

La fiscalité revêt une importance particulière dans un pays tel que le Maroc qui ne dispose pas de
ressources naturelles et où les charges de l'Etat sont financées quasi exclusivement par l'Impôt.

a. L’impôt :

« L’impôt est une prestation pécuniaire, prélevée régulièrement par voie d’autorité, à titre définitif,
et sans contrepartie directe, en vue de couvrir les charges publiques ». (Georges Vedel)

« L’impôt est régi par un principe qui est celui de l’égalité des citoyens devant les charges
publiques».3

‘’L’impôt est, donc, un prélèvement obligatoire sans contrepartie directe et effectué par l’Etat ou
les collectivités locales à titre définitif en vue de financer les dépenses de l’Etat. Il se caractérise
par trois critères:

- La contrainte: Le contribuable est obligé par la loi de payer l’impôt.

- Absence de contrepartie directe: Toute la collectivité bénéficie des investissements réalisés par
l’Etat et financés sur la base de l’impôt.

- L’impôt est payé d’une façon définitive: Le contribuable ne doit pas s’attendre au
remboursement d’un impôt légalement payé ’’.4

2
https://www.universalis.fr/encyclopedie/impot-histoire-de-l-impot/

3
https://blog.valoxy.org/differences-y-a-t-entre-taxe-impot/
4
http://cabinetnadiaabdessalam.ma/2018/12/03/droit-des-impots/
b. Le rôle de l’impôt :

✓ le rôle économique :

- Le rôle économique de l’impôt réside dans le fait d’accorder certaines exonérations fiscales dans
le but d’encourager les investisseurs à investir. En effet, Certaines entreprises sont exonérées de
payer l’impôt, soit parce qu’elles sont nouvellement créées ou pour les encourager à produire plus
(secteur artisanal).

✓ Le rôle financier :

- Le rôle financier de l’impôt réside dans le fait qu’il serve à couvrir les dépenses de l’Etat.

- Au Maroc, comme pour tous les pays sous-développés, l’impôt sert à rembourser la dette.

✓ Le rôle social :

- En principe l’impôt sert à atténuer les inégalités des revenus. Les revenus faibles sont exonérés
et au fur et à mesure que les revenus augmentent l’impôt augmente…

- Aussi, étant donné que l’impôt permet de financer les besoins collectifs, on dit qu’il a un rôle
social.

c. Classification des impôts :

✓ La classification fonctionnelle Impôts directs :

Il s'agit d'impôt qui touche et qui concerne directement des éléments constants ou répétitifs tels
que le revenu, le bénéfice... Ex : IR, IS.

Impôts indirects : ils touchent des éléments intermittents (T.V.A) ; ces impôts sont supportés par
les consommateurs, mais ils sont versés à l'Etat grâce à un intermédiaire.

TVA, droit de douane.

Les droits d’enregistrement et de timbre.

✓ La classification administrative :

- Une fiscalité immobilière.

- Une fiscalité des personnes physiques.

- Une fiscalité des entreprises.

2. Les particularités du système fiscal marocain :


Le défi du développement social et économique, de réduction de la pauvreté et de réalisation du
bien-être social laisse les Etats en recherche continue de politiques de gouvernance économique
et financière adéquates, capables de mobiliser des ressources nationales.
La fiscalité est un outil fort à la disposition des puissances publiques, surtout dans les pays en
voie de développement, pour orienter la politique économique vers la réalisation de la croissance
et le progrès économique et social.
La recherche de systèmes fiscaux adéquats aux structures économiques et sociales des pays est
une préoccupation pour répondre aux objectifs de compétitivité (attractivité du pays par sa
fiscalité), d’équité (acceptation sociale) et d’efficacité (générer des ressources pour fonctionner).
a. Une fiscalité qui s’articule de manière forte avec les autres axes des politiques publiques
pour répondre aux objectifs de la justice sociale :

‘’L'équité est un sentiment de justice naturelle et spontanée, fondée sur la reconnaissance des
droits de chacun, sans qu'elle soit nécessairement inspirée par les lois en vigueur. Ce sentiment se
manifeste, par exemple, lorsqu'on doit apprécier un cas particulier ou concret sans se laisser guider
par les seules règles du droit. C'est une forme de justice qui prend plutôt en considération l'esprit
de la loi que la lettre, pour en tempérer les effets ou la faire évoluer si, comme dit Aristote, "elle
se montre insuffisante en raison de son caractère général".
L'équité est donc un état d'esprit qui veut aller au-delà de ce qui est juste sur le plan légal et peut
dont s'opposer à la loi lorsque celle-ci présente des lacunes ou s'avère inadaptée, voire injuste.
L'équité est sous-tendue par un principe de justice non-écrit, antérieur aux lois et supérieur à celles-
ci. Il est donc très difficile de définir ce qui est équitable.

En matière politique ou économique, l'équité est le principe qui conduit à corriger


des inégalités que subissent des personnes ou des groupes défavorisés ».

« L'équité fiscale est la situation caractérisée par la « juste » répartition des contributions fiscales
entre les contribuables. Par extension, c'est l'objectif de la politique fiscale visant à modifier la
répartition des revenus dans le sens de la justice ».

Donc l’équité fiscale est la répartition la plus juste et équitable de la charge fiscale en foncions des
facultés contributives des citoyens. Ce principe de la capacité contributive compte à ce que chaque
contribuable soit appelé à contribuer aux finances publiques selon sa capacité contributive et non
en fonction de sa consommation effective en services publics. Selon ce principe les fonds
nécessaires au financement de l'Etat doivent être prélevés d'une manière qui répartit équitablement
la charge fiscale entre tous les citoyens et agents économiques. Le caractère équitable de la
perception comprend deux approches qu'il convient de distinguer :

• L’équité horizontale : Se fonde sur le principe selon lequel les personnes physiques ayant
une capacité contributive égale, plus exactement jouissant d’un même revenu global devaient
acquitter un impôt égal. Autrement dit, toutes les personnes qui se trouvent dans la même situation
devraient être traitées de la même manière.

Ainsi les contribuables ayant une capacité contributive égale (mais pas nécessairement une utilité
égale des consommations des services collectifs) paient des montants égaux d'impôt. « Ce
qu'importe ici c'est la capacité contributive et non pas la valeur de l'étalon de mesure choisi. En
effet les individus qui disposent d'un revenu égal (si celui-ci est choisi comme étalon) n'ont pas
nécessairement la même capacité contributive car leurs situations personnelles peuvent être
différentes. C'est pourquoi, il est usuel de corriger l'étalon de mesure par des déductions qui
prennent en considération les particularités de chaque contribuable ».

• L’équité verticale : Elle exprime l’idée selon laquelle les personnes physiques ayant des
revenus globaux élevés supportent une charge fiscale proportionnellement plus forte que ceux
disposant de revenus inférieurs. C’est à dire que les personnes qui se trouvent dans des situations
différentes soient traitées d'une manière judicieusement différente. Encore une fois, ce critère est
étroitement lié au principe d'imposition qui repose sur la capacité contributive.
Ainsi, « les contribuables qui ont une capacité différente s'acquittent d'un impôt plus ou moins
élevé, sans toutefois que ces différences soient arbitraires. Cependant, aucun critère scientifique
ne permet de définir le degré approprié d’inégalité ; on est donc porté à se fonder sur des jugements
de valeur.
Le principe de la capacité contributive concerne l'égalité du traitement fiscal en termes d'utilité et
non en valeur monétaire : chaque prélèvement fiscal entraîne un sacrifice, c'est-à-dire une
diminution de l'utilité (totale) provenant du revenu ou de la base d'impôt choisie. Le but est
d'égaliser le sacrifice exigé de chaque contribuable ».

➔ L’équité fiscale Une des objectifs de la loi de finance 2020, Après la lecture
des recommandations des 3ème Assises, une loi-cadre sur la fiscalité a été préparée afin de
concrétiser 10 recommandations majeures pour encadrer la réforme fiscale de 2020 jusqu’à 2024.

Cette phase de cadrage dans le contexte des assises devrait anticiper les défis de réduction des
inégalités et de promotion de l’égalité des citoyens devant la loi, sans aucune discrimination, avec
une priorité à la lutte contre l’impunité en matière de fraude fiscale.

Selon le journal Media24, le ministre de l’économie et des finances a mis l’accent sur 10
principales recommandations liées étroitement au principe d’équité fiscale et qui font
l’unanimité. Il s’engage à les mettre en œuvre à partir de la loi de finances 2020, et sont les
suivantes :
1. ’Consacrer dans le texte fiscal l’équilibre des droits et des obligations entre l’administration
fiscale et le contribuable, et durcir les sanctions en cas de fraude fiscale.
1. Intégrer la fiscalité de l’Etat, la fiscalité locale et la parafiscalité dans un seul Code Général
des Impôts. Simplifier la fiscalité locale et harmoniser ses bases d’imposition et ses procédures
avec la fiscalité de l’Etat, notamment pour la taxe professionnelle pour enlever tout frottement à
l’investissement.
2. Garantir la neutralité de la TVA par la suppression de l’effet du butoir sous conditions de
la conformité et de l’élargissement de l’assiette ;
3. Le ministre de l’économie et des finances a indiqué: "J'ai pris note de la forte demande
exprimée à propos de la baisse du taux marginal de l'IS pour certains secteurs afin de dynamiser
la création d'emplois et de favoriser l'innovation".
4. Normaliser progressivement les régimes appliqués à l’export, aux Zones franches
d’exportation et à Casablanca Finance City;
5. Abandonner progressivement la cotisation minimale en fonction du retour à la conformité
des déficitaires chroniques ;
6. Augmenter le taux marginal des activités protégées ;
7. Regrouper l’impôt sur le revenu et la taxe professionnelle dans une contribution
professionnelle unique pour les petits commerçants et artisans qui exercent des activités
génératrices de faibles revenus.
8. Réaménager le barème de l’IR au fur et à mesure de l’élargissement de l’assiette de cet
impôt et l’amélioration de la part de l’IR professionnel pour soutenir nos concitoyens à bas revenu
et les classes moyennes.
9. Accélérer la modernisation de l’administration fiscale par le parachèvement de la
dématérialisation, la professionnalisation des métiers et la promotion des valeurs d’éthique et de
transparence. ‘’
Nul ne peut garantir, jusqu’à temps, la performance de ces mesures dans la réalité, car elles ne sont
appliquées qu’à partir de l’année 2020, et leur effet n’apparaitra qu’après une longue durée. Donc,
il est difficile de les évaluer, mais dans cette partie on va essayer quand même de donner quelques
interprétations et quelques prévisions qui puisent dans de bain de l’équité.
b. Une fiscalité qui encourage le secteur productif et l’investissement :
La réforme principale concernant le secteur productif concerne la TVA qui, comme exposé ci-
dessus, représente aujourd’hui un vrai problème pour le tissu productif du pays et un frein sérieux
à l’investissement. Il faudra revenir à un principe fondateur de ce type d’impôt, à savoir sa
neutralité pour le tissu productif. Ainsi, quelle que soit la politique de taxation et de taux que l’Etat
décide, l’entreprise productrice ne doit jamais supporter une TVA que sur la valeur ajoutée qu’elle
créée. Toute entreprise qui a un crédit TVA doit être remboursée sans délai, de façon à ne pas la
pénaliser par des frais financiers indus, et ne pas obérer sa capacité d’investissement. Cela réglera
définitivement le problème du butoir. Concernant les crédits TVA existants à ce jour, elles
devraient être transformées en créance sur l’Etat, à rembourser sur une période de 10 ans,
éventuellement sans intérêt
c. Une fiscalité permettant d’instaurer un climat de confiance entre l’administration fiscale et
les contribuables :
L’amélioration du climat de confiance entre l’administration fiscale et l’administration des impôts
passe nécessairement par une plus grande transparence et une meilleure lisibilité des règles. Ainsi,
la publication de barèmes d’imposition pour l’immobilier, la clarification des règles de
détermination des résultats des entreprises, la possibilité d’interroger l’administration fiscale
préalablement à des opérations d’investissement, d’acquisition ou de vente de biens sont de nature
à diminuer l’aléa fiscale et à restaurer la confiance. La clarification des règles de détermination
des résultats imposables, en concertation avec les secteurs d’activité concernés, est également de
nature à diminuer l’aléa fiscal pour les entreprises, et de diminuer les litiges et les frustrations. Ce
travail peut être mené sur la base de benchmarks internationaux, faisant ainsi gagner à notre pays
davantage de visibilité et de la lisibilité de son système fiscal, améliorant ainsi notablement son
appréciation en matière de climat des affaires. Par ailleurs, les barèmes appliqués à certains impôts
étant peu transparents et laissés souvent à l’appréciation des agents des impôts, le sentiment
général est que le système est inéquitable et injuste.
d. Une fiscalité qui permet de réduire le champ de l’informel :
Au-delà des insuffisances des règles fiscales qui s’appliquent aux secteurs productifs, la lutte
contre la concurrence déloyale des opérateurs qui exercent dans l’informel, c’est à dire en dehors
de l’économie organisée, constitue une priorité. Concernant l’informel, il faut davantage porter
l’attention non aux personnes qui en font une activité de survie, mais plutôt aux circuits en amont
qui les alimentent et qui constituent de vrais dangers pour l’économie nationale. Il s’agit pour
l’essentiel des importateurs qui sous déclarent les marchandises importées pour échapper à la
TVA, des circuits de distribution occultes qui échappent à tout impôt, et des producteurs qui lèsent
leurs employés en ne les déclarant pas et par conséquent en les privant de toute couverture sociale
possible
Conclusion :

Le système fiscal marocain à travers plusieurs étapes de la non-réglementation à la


règlementation, d’un système traditionnel à un système moderne.
Aujourd’hui le système fiscal marocain est considéré parmi les système des payes les plus
avancés : c’est un système qui comporte des mesures d’incitation fiscal aux investisseurs, à la
création des entreprises, et garantissant les droits des contribuables, malgré ces caractéristiques,
il comporte aussi des contraintes
Références

- Article de M. Hafid Barka et M. Mohammed Saber Hassainate , La


Lente Evolution Du Système Fiscal Marocain : Les Faits Et Les
Enseignements, édition 2018
- Commission permanente chargée des affaires économiques et des
projets stratégiques Note de cadrage : Le système fiscal marocain,
développement économique et cohésion sociale.
- Noureddine Bensouda « Analyse de la décision fiscale au Maroc »,
2009, éditions la croisée des chemins.
- La Commission Permanente chargée des Affaires Economiques et des
Projets Stratégiques, Un Système Fiscal, pilier pour le Nouveau Modèle
de Développement, Auto-Saisine 39/2019
- www.cese.ma