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Exercice 2.13.

Soit (X,M) un espace mesurable et soit (un)n∈N une suite de fonctions mesurables de X

dans R. Montrer que les ensembles suivants sont mesurables

A = {x ∈ X, lim n→+∞ un(x)=+∞}, B = {x ∈ X, la suite (un(x))n∈N est born´ee}.

Corrig´e. On a A = {x ∈ X, ∀m ∈ N, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N,un(x) ≥ m}, de sorte qu’en posant

An,m = {x ∈ X,un(x) ≥ m},

il vient A = ∩m∈N

∪N∈N

∩n≥N An,m

qui est mesurable car chaque An,m l’est. De

mani`ere analogue, on a B = {x ∈ X, ∃m ∈ N, ∀n ∈ N, |un(x)| ≤ m} = ∪m∈N

∩n∈NBn,m

avec Bn,m = {x ∈ X, |un(x)| ≤ m}.

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Exercice 2.14.

Soient X,Y deux espaces m´etriques et soit f : X → Y , une application dont l’ensemble des

points de discontinuit´e est d´enombrable. Montrer que f est mesurable (X,Y sont munis

de leur tribu bor´elienne).

Corrig´e. Soit D l’ensemble des points de discontinuit´e de f. L’application F : X\D → Y

d´efinie par F(x) = f(x) est continue. Soit V un ouvert de Y . On a

f −1(V ) = {x ∈ X,f(x) ∈ V } = {x ∈ X\D,f(x) ∈ V } ∪

f −1(V ) ∩ D

= F −1(V ) ∪
f −1(V ) ∩ D

U ∩ (X\D)

f −1(V ) ∩ D

o`u U est un ouvert de X. Or D est mesurable comme r´eunion d´enombrable de points.

Par suite, U ∩ Dc est mesurable. De plus, f −1(V ) ∩ D est d´enombrable, donc mesurable.

Finalement, f −1(V ) est mesurable et d’apr`es le lemme 1.1.4, f est mesurable.

Exercice 2.15.

Soit X un ensemble non vide et M la tribu engendr´ee par les parties {x} o`u x ∈ X.

a. Montrer que A ∈ M si et seulement si A est d´enombrable ou bien Ac est d´enombrable.

b. Si X n’est pas d´enombrable, on pose pour A ∈ M

µ(A)=0, si A est d´enombrable,

µ(A)=1, si A n’est pas d´enombrable.

Montrer que µ est une mesure positive d´efinie sur M.

Corrig´e. Si A est une partie d´enombrable de X, A est r´eunion d´enombrable d’ensembles

`a un ´el´ement et appartient donc `a M. Comme M est aussi stable par passage au

compl´ementaire, on trouve ´egalement que si Ac est d´enombrable, A ∈ M. Consid´erons

N = {A ⊂ X,A ou Ac est d´enombrable}.

Nous venons de d´emontrer que N ⊂M. Par ailleurs N est stable par passage au compl´ementaire,
contient X et toutes les parties `a un ´el´ement. Soit (An)n∈N une suite d’´el´ements

de N . Si tous les An sont d´enombrables, alors ∪n∈NAn est d´enombrable et donc est ´el´ement

de N . S’il existe k ∈ N tel que Ak soit non d´enombrable, alors Ac

k est d´enombrable et

comme
∪n∈NAn

c = ∩n∈NAc

n ⊂ Ac

k,

on obtient que

∪n∈NAn

c est d´enombrable et donc ∪n∈NAn ∈ N . L’ensemble N est donc

une tribu qui contient toutes les parties `a un ´el´ement de X. On obtient donc que M⊂N

et par suite M = N . Ceci ach`eve la d´emonstration de (a).

On a µ(∅) = 0 ; soit (An)n∈N une suite d’´el´ements deux `a deux disjoints de M. Si tous les

An sont d´enombrables, alors ∪n∈NAn est d´enombrable et

µ(∪n∈NAn)=0=

n∈N

µ(An).

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