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Cet ouvrage vise à fournir aux candidats aux divers examens de l’OBC (Office du

Baccalauréat du Cameroun) des armes méthodologiques nécessaires pour leur permettre


d’affronter avec aisance et sérénité leur épreuve de littérature durant ces échéances. Loin de
vouloir contredire la leçon de la classe, Méthodologies se veut surtout un élément complémentaire
mis au service de celle-ci. Il peut également être exploité par les candidats aux différents concours
qui y découvriront progressivement le « chemin à suivre » – définition étymologique du titre « Meta
– odos » - pour les différents sujets de littérature française et culture générale.

Conçu par un collège de professionnels en la matière, le présent ouvrage a la particularité


d’avoir choisi de regarder l’épreuve au prisme de l’apprenant. C’est ce qui justifie qu’il lui expose
dans une disposition qui frise la perfection, l’ordre dans lequel doivent être conduites les
différentes activités propédeutiques allant des prolégomènes (ensembles des activités
préparatoires) à la rédaction du produit fini à soumettre à l’appréciation de l’enseignant.

C’est encore l’exigence du professionnalisme de l’enseignement qui justifie que


Méthodologie se refuse de réaliser la production écrite des différents exercices littéraires mais
choisisse plutôt de motiver l’apprenant au travail personnel et autonome dans le strict respect d’un
canevas précis, celui que lui proposent ces quelques Pages de L’Excellence littéraire.

Méthodologie se veut donc un exemple à imiter, un guide à suivre au pas pour atteindre la
bonne destination : Le succès aux examens et concours en ce qui concerne l’épreuve de littérature.

L’autre caractéristique de Méthodologie est que le travail ne se limite pas au document


exclusivement car, par la suite, vous pourrez contacter un collectif des enseignants disposés à vous
apporter des solutions aux différentes difficultés que vous pourrez rencontrer au forum Facebook
« Les Méthodiques du Français». Soumettez-nous-y tous vos soucis.

Les auteurs

Professeur des lycées d’enseignement général de formation à l’École Normale


Supérieure de Yaoundé, Julien Arthur NKOTO AKOA, principal auteur de ce document produit
sous ma coordination, est en même temps Chargé de Travaux Dirigés dans la filière Lettres
Modernes Françaises à l’Université de Yaoundé I, institution universitaire dans laquelle il
prépare également sa thèse de doctorat. C’est fort des difficultés qu’il a personnellement
constatées chez ses élèves et étudiants qu’il a décidé de concevoir cet ouvrage facilitateur de
l’assimilation de la méthodologie pratique des trois principaux exercices littéraires que
constituent la dissertation, le commentaire composé et la contraction de texte. C’est une méthode
dont la principale satisfaction naît du caractère « puero-centré » des activités. Ce document se
veut donc ouvrage de chevet pour l’enseignant de Français et guide pratique pour l’apprenant.

Dr Pierre Martial ABESSOLO


Exercice de type 3 : de La DISSERTATION

Habituellement considérée à tort ou à raison comme un exercice élitiste réservé aux seuls
génies, la dissertation n’est pourtant qu’un exercice dont la pratique obéit à une méthode bien
précise. Respecter chacune de ces étapes vous conduit à un travail scientifique harmonieusement
organisé qui ne laisse aucune place au hasard de la connaissance d’un génie. Dans sa première
partie, Méthodologies vous propose le canevas, la démarche détaillée et les activités à mener dans
chacune des étapes de la préparation et de la rédaction d’un devoir de dissertation et de discussion
qu’elle soit d’ordre littéraire ou général. Nous vous souhaitons de vous y délecter. Le bon choix
consiste à choisir un sujet autre que celui qui constitue notre corpus pour mieux vous rendre
compte de l’ampleur du travail à fournir qui, en principe, n’est qu’un jeu.
I – Présentation De L’eXerCiCe

1 – Définition
La dissertation est un exercice littéraire portant sur un énoncé généralement court, le Sujet,
qui pose un problème d’ordre général ou littéraire sur lequel le candidat est appelé à développer une
réflexion cohérente et cohésive à partir d’un travail d’analyse minutieusement élaboré à base
d’arguments convaincants et d’exemples pertinents.
2 – Objectifs
La dissertation vise à développer chez l’élève la capacité de réflexion dans la
compréhension du problème posé par sujet (CS : /6pts). Elle permet en outre d’assurer son aptitude
à trouver et à organiser ses idées dans le développement dudit problème (OI : /6pts). Elle vise enfin
à s’assurer de sa capacité à restituer ses idées dans une langue française dénuée de toute
incorrection orthographique et grammaticale (L : /6pts) dans une écriture d’une lisibilité et d’une
clarté indéfectibles (2pts).
3 – Les types de dissertation
À ne pas confondre avec les types de plan, il existe plusieurs types de dissertation. Selon le
sujet, la consigne peut vous inviter à expliquer, à commenter, à discuter, à analyser, à développer un
thème… on pourra donc citer à cet effet : l’explication, le commentaire, la discussion, l’analyse, et
le développement d’un problème.
4 – La composition d’un sujet de dissertation
Un sujet de dissertation comporte deux subdivisions :
 L’énoncé du sujet, encore appelé jugement, pensée, opinion ou thèse : qui peut être présentée
sous forme de citation ou non. Elle présente une opinion sur un thème donné. C’est la partie qui
pose le problème sur lequel on est appelé à réfléchir.
 La consigne du sujet ou libellé qui oriente le candidat sur le travail à faire, le type de plan à
adopter voire sur le domaine d’application du sujet. On peut également y suggérer une
question, la question centrale à laquelle doit répondre le devoir.
NB : *Il peut arriver que l’énoncé et la consigne se jumellent dans une même phrase sous forme
de question directement adressée au candidat. Il faut alors prendre le soin de distinguer les deux
subdivisions.
*Il peut également arriver que la consigne suggère la problématique à laquelle doit
répondre le devoir. Dans ce cas elle comporte des expressions allant dans le sens de : En vous
demandant si… ; Vous vous demanderez si…

Exemples de sujet :
1- Jean-Paul Sartre écrit : « on n’est pas écrivain pour avoir choisi de dire certaines choses
mais pour avoir choisi de les dire d’une certaine manière. » [Énoncé du sujet]
Expliquez cette affirmation à la lumière de votre expérience de lecteur. [Consigne du
sujet]
2- Peut-on pensez avec Stéphane Mallarmé, répondant au peintre Degas qui se plaignait
d’avoir des idées sans pouvoir les traduire en poésie, que « ce n’est pas avec des idées qu’on
fait de la poésie, c’est avec des mots. » ? [TAF : distinguez l’énoncé du sujet de la
consigne.]

II – L’anaLYse DU sUJet
La précédente partie avait pour but de présenter l’exercice de la dissertation mais
n’abordait en rien la pratique proprement dite de l’exercice. Cette deuxième subdivision vise à
présenter tout le travail qui doit être élaboré au brouillon. C’est donc une étape présentant les
prolégomènes qui précèdent la rédaction.
L’analyse du sujet vise la construction du plan détaillé du corps devoir. Elle passe, outre la
lecture, par l’exploitation de la consigne, la reformulation de l’énoncé du sujet, l’identification du
problème posé par le sujet, la formulation de la problématique, la recherche des idées pour
s’achever avec la construction du plan détaillé du corps du devoir. Pour faciliter la compréhension
de l’étape analytique du sujet, il apparait judicieux de fonder notre explication sur un sujet corpus.
Ces étapes permettent d’assurer la compréhension du sujet et l’organisation des idées.

Corpus : Yves Berger affirme : « la littérature et la vie ne font pas bon ménage. Comment [le]
pourraient-elles si la première tourne le dos à la seconde ? ».
Appréciez ces propos à la lumière de votre expérience de lecteur des œuvres littéraires.

Après une lecture d’imprégnation du sujet, il faut envisager son analyse qui s’ouvre par la
volonté d’assurer une bonne compréhension et s’achève par la recherche et l’organisation des idées.

A – PHASE DE LA COMPRÉHENSION DU SUJET


L’ensemble des activités de cette phase est notée sur 6points. Elle a pour principal objectif
d’amener le candidat à formuler correctement la problématique pour s’assurer d’avoir évité le hors-
sujet. Elle passe par des étapes secondaires qui sont développées dans l’ordre chronologique dans
lequel le candidat doit les exécuter.

1 – L’interprétation de la consigne du sujet


Elle permet de combler deux attentes non moins importantes. Il s’agit de savoir quel est le
type de plan qu’il faut appliquer à notre sujet et quel est le domaine d’application du sujet. (Il peut
également arriver que la consigne présente la question problématique à laquelle nous devrons
répondre).
a- Les types de plan
Identifier le type de plan nous permet au préalable de déterminer le ou les objectifs que
notre développement devra atteindre. Quel que soit le type de dissertation on ne distingue de
manière générale que deux types de plan identifiables par la présence de certains verbes et
expressions au sein même de cette consigne. On peut ainsi avoir :

- le plan analytique : dont le développement ne vise qu’un seul objectif : justifier, montrer le bien-
fondé de la thèse (de la pensée formulée dans l’énoncé du sujet). Ce type de plan restreint le travail
du candidat à trouver les arguments et illustrations qui permettent de soutenir et d’étayer la thèse de
l’auteur.

Un sujet qui fait appel à un plan analytique se reconnaît par la présence dans la consigne
des verbes tels que : analyser, expliquez, illustrer, étayer, montrer que, démontrer que, justifier…
cependant, ces verbes doivent être employés seuls. Ils ne doivent pas être suivis d’un verbe
dialectique.

NB : Il est à noter que les consignes analytiques d’une manière générale s’appliquent
aux citations dialectiques (qui présentent les deux aspects du problème posé). Le travail attendu
du candidat se limite donc à l’explication, à la démonstration, au développement progressif de
cette pensée.
-le plan dialectique : dont le développement vise deux objectifs : la justification de la thèse du
sujet et la discussion. Il faut noter que si la justification veut montrer la pertinence de la pensée
formulée dans l’énoncé du sujet, la discussion vient la compléter en évitant de la contredire mais en
montrant ses limites. Le plan dialectique vise à construire une nouvelle idée qui naît du choc de la
thèse et de l’antithèse.
Un sujet dialectique se reconnaît par la présence dans sa consigne des verbes tels que : discuter,
juger, apprécier, et des expressions telles que : dans quelle mesure…? Peut-on dire… ? Pensez-vous
que… ?
NB : le plus souvent la consigne de type dialectique s’applique à une citation analytique qui
propose un seul aspect du problème posé. Le candidat devra donc trouver le deuxième aspect qui
naît des limites de ce premier et qui lui permettront de bâtir son antithèse.
Le verbe « commenter » (donner des explications, des interprétations et des opinions à
propos d’un évènement, une situation ou un sujet particulier /se livrer à des remarques,
généralement malveillantes à propos de...1) est un verbe bien complexe. Il exige normalement un
plan dialectique. Cependant, en parcourant les sujets d’examen, on le retrouve associé à un verbe
dialectique du genre « commenter et discuter » ; ce qui, en principe, ne devrait pas être. On s’en
tiendra donc à l’énoncé du sujet. S’il contient les deux aspects du problème posé, le candidat
construira un plan analytique. Si par contre il n’expose qu’un seul aspect, le candidat construira un
plan dialectique.

Exemple : notre corpus convoque un plan dialectique car sa consigne demande


d’apprécier. Le développement du problème comportera donc obligatoirement une thèse et une
antithèse.
Évaluation : Quel type de plan convoque ce sujet de dissertation suivant.
« Toute œuvre littéraire est une fiction qui colle sans cesse sur les réalités quotidiennes. »
Tout en illustrant votre argumentation par des exemples pertinents tirés des œuvres
littéraires, expliquez cette affirmation de Antoine de Saint-Exupéry.
b – Le domaine d’application du sujet
Il est important de délimiter le champ d’application du sujet pour éviter l’extension de son
développement. Il est donc conseillé de bien observer la consigne qui quelquefois invite le candidat
à ne choisir ses exemples que dans un genre littéraire ou un domaine précis. Le domaine
d’application d’un sujet est le lieu où le candidat doit puiser des exemples pour illustrer ses
arguments. Il peut tout aussi avoir une influence notoire sur le choix des arguments permettant de
soutenir ou de réfuter une thèse. Ainsi, traiter un sujet dans un domaine autre que celui dans lequel
la consigne vous invite à travailler revient à construire une argumentation hors sujet.

Exemple : Notre corpus nous invite à n’utiliser que des exemples issus des œuvres littéraires
que nous avons déjà lues sans distinction de genre.

2 – La formulation de la problématique
Tout sujet de dissertation pose un problème, c’est-à-dire une difficulté, qu’il faut découvrir
pour prétendre sa compréhension. La découverte de ce problème passe par les étapes suivantes :
 La reformulation du sujet
 L’identification (découverte) du problème
 La formulation des questions dont les réponses serviront de solutions au problème posé par le
sujet.

*Manipulation du corpus.

a- La reformulation de l’énoncé du sujet


Lorsqu’elle est bien conduite, elle doit permettre au candidat de lire aisément le problème
posé. C’est une réécriture facilitée de la pensée proposée dans l’énoncé du sujet. Elle passe par les
étapes ci-après :
 -Les termes dits clés ont été saisis en gras dans le sujet
 -définition contextualisée des termes-clés :

1
Encyclopédie Multimédia Encarta 2007 (Dicos)
* littérature : c’est un art / ensemble des productions écrites ou orales qui portent la marque des
préoccupations esthétiques / œuvres littéraires.
* vie : réalité quotidienne / réel / vécu quotidien.
* tourner le dos : se détourner de / refuser / rejeter / ne pas se préoccuper de
* première : littérature // * seconde : vie
* ne pas faire bon ménage : se rejeter / ne pas s’accommoder / ne pas s’associer.
- Reformulations possibles du sujet : l’ensemble des productions écrites et orales portant la
marque des préoccupations esthétiques ne s’accommode pas des réalités quotidiennes. Il s’en
détoure / la littérature n’entretient aucun rapport avec le réel, elle relève uniquement de la fiction.
b -La découverte du problème ou thème central du sujet
C’est la difficulté que présente le sujet. C’est le thème sur lequel la pensée proposée dans
l’énoncé du sujet ne constitue qu’une thèse, le point de vue de son auteur sur ce référent qui peut
s’inscrire implicitement ou explicitement dans cet énoncé.
Il apparaît clairement que le sujet corpus pose le problème des relations entre la littérature et le
réel. Il peut donc être formulé de plusieurs manières. Cependant il est question d’un seul et même
problème : le réel et l’imaginaire dans une œuvre littéraire ; fiction et réalité dans la littérature ;
l’intervention du réel dans la création littéraire.

Remarque « bonifiant » très importante relative aux problèmes littéraires à connaître


absolument

Il est important, pour traiter un sujet de dissertation, d’être cultivé dans le domaine de la littérature. Cette culture
littéraire s’acquiert par un amour de la lecture des œuvres et ouvrages littéraires. Elle vous permet non seulement
de découvrir divers arguments pour soutenir votre thèse sur un problème littéraire donné, mais encore de posséder
des exemples variés en vue d’illustrer clairement ces arguments. On distingue ainsi une multitude de problèmes
littéraires pouvant être posés dans les sujets de dissertation. Ceux que nous vous proposons ci-après avec des
éventuelles orientations n’en constituent qu’une infime partie :

1 - La création littéraire : Le problème de l’intervention du réel dans la création littéraire vise à montrer
comment l’écrivain parvient à combiner harmonieusement les éléments fictifs et des éléments réels dans la
composition de son œuvre. Il invite donc à réfléchir sur les deux sources d’inspiration que constituent la réalité (le
réel) et la fiction (l’imaginaire) dans une œuvre littéraire. Il vise à montrer qu’une œuvre littéraire n’est ni irréelle ni
réelle mais vraisemblable. Le candidat dans une synthèse peut mettre l’accent sur les procédés dont usent les
auteurs pour réaliser cette merveilleuse combinaison : la transformation, la déformation, la transposition de la
réalité qui lui permettent de s’offrir toute sorte de bifurcation dans la réalité durant son processus de création.

2 - Les fonctions (rôles/importance) de la littérature (l’œuvre littéraire/l’écrivain) : Ce problème


invite le candidat à s’interroger sur les différentes fonctions qu’une œuvre littéraire peut assurer de la part de
l’écrivain et auprès du lecteur. Pour y répondre on tiendra compte des fonctions relatives à la visée purement
artistique d’une œuvre littéraire (esthétique – ludique – distractive…) et celles qui assignent à l’art une utilité
sociale et chères aux écrivains engagés (lyrique – satirique – didactique (éthique)…). Pour trouver facilement ces
fonctions, il est conseillé pour le candidat d’adopter personnellement et tour à tour la position de l’écrivain et celle
du lecteur afin de mesurer l’acte de création et sa visée.

3 - L’engagement littéraire : c’est un problème qui réoriente celui des fonctions de la littérature dont il dérive. Il
invite le candidat à se demander si une œuvre d’art, fille d’une société donnée connaissant divers fléaux, devrait se
détourner de ces tares pour ne s’orienter que vers ce divertissement qui procure du plaisir au lecteur. Ou, au
contraire, en qualité d’art, la littérature ne devrait-elle pas se contenter de créer pour promouvoir la beauté et
procurer du plaisir aux lecteurs ? C’est un thème au centre du débat littéraire entre Parnassiens – adeptes de l’art
pour l’art – et les écrivains engagés pour qui la littérature est une arme permettant de combattre les problèmes
sociaux dans le respect des normes esthétiques.

4 - La puissance de la littérature : ce thème invite le candidat à s’interroger sur l’impact réel qu’une œuvre
d’art peut avoir sur la réalité sociale. Il devrait donc se demander si la littérature, quelle que bonne que soit la
volonté de l’auteur, constitue une force, une puissance concrète capable d’agir sur la réalité sociale pour la
transformer, l’améliorer. Il se doit donc, dans un premier temps et en fonction du sujet, dans le strict respect des
consignes méthodologiques, de montrer qu’une œuvre littéraire demeure avant tout un acte abstrait incapable,
malgré le désir de délation qui anime son auteur, de transformer le monde. D’autre part, le candidat devrait, avec
des illustrations bien ciblées à l’appui, montrer qu’il y a bien des œuvres qui ont eu un impact ayant conduit à des
prises de décisions essentielles dans le sens de l’amélioration de la condition humaine.

5 - La temporalité/l’universalité d’une œuvre d’art : la pensée caractéristique de ce thème est celle d’Antonin
Artaud qui déclare que « Les chefs d’œuvre du passé sont bons pour le passé ; ils ne sont pas bons pour nous ». Il
invite donc le candidat à se demander si une œuvre littéraire n’a d’impact que dans son contexte de parution. En
d’autres termes, une œuvre littéraire n’est-elle donc que fille de son époque et/ou de la société dans laquelle elle
paraît ? N’existe-t-il pas des œuvres à caractère atemporel dont l’influence traverse le temps et l’espace ? Le
développement du candidat se fondera donc sur l’actualité d’une part ou la pérennité d’autre part des thèmes
(problèmes sociaux développés) et des normes esthétiques relatives aux divers genres pour montrer qu’il est certes
vrai que certaines œuvres sont propres à leur chronotrope mais qu’il en existe également qui sont atemporelles
(demeurent d’actualité) et universelles.

NB : Chacun des problèmes ci-dessus sommairement présentés peut s’inscrire dans un sujet à plan soit analytique
(expose les deux aspects que le candidat ne se contentera que d’expliquer et d’illustrer pour en démontrer la
pertinence) soit alors dialectique (n’exposant qu’une seule thèse. L’Antithèse sera ainsi constituée des limites de la
thèse formulée dans l’énoncé du sujet). Il est dangereux d’aborder un sujet avec un problème préconçu auquel on
voudrait forcément adapter le sujet proposé.

Fin du bonus et suite des activités.

c-La formulation de la problématique :


La problématique est l’ensemble des questions que l’on se pose autour d’un problème.
C’est en répondant à ces questions que l’on trouve la solution au problème. Autour du problème de
l’intégration du réel dans une œuvre littéraire et en tenant compte de l’énoncé du sujet qui considère
que la littérature relève de l’imagination puisqu’elle se détourne du réel, on peut donc se poser la
question de savoir : l’œuvre littéraire ne s’inspire-t-elle pas aussi du réel ? est-il possible de créer
ex nihilo (à partir de rien) ? la littérature peut-elle se détourner de la société qui la fait naître ?
l’œuvre littéraire relève-t-elle uniquement de la fiction ?

NB : *Ne pas perdre de vue que cette étape constitue le tournant de la compréhension du
sujet. Il faut de ce fait être attentif à tous les mots du sujet, éviter de se tromper de sens.
*Il faut faire la différence entre la formulation de la problématique d’un sujet à plan
dialectique qui peut admettre pour réponse « oui/non » et celle d’un sujet à plan analytique
qui invite à la démonstration, à l’explication ou à une pure analyse.
NB : Pour un sujet qui convoque un plan analytique, les questions qui constituent la problématique
ne devraient nullement admettre oui et/ou non pour réponse. Ces questions doivent convoquer
l’explication, l’analyse, la démonstration. Elles doivent donc être introduites par des termes et
expressions telles que : En quoi ; Comment, Qu’est-ce qui ; Dans quelle mesure ; Pourquoi… Ces
questions sont portées sur les différentes étapes de notre démonstration, de notre explication.
Par contre, les sujets à plan dialectique devraient pouvoir admettre oui (pour la thèse) et
non (pour l’antithèse) comme réponse. Il est conseillé de formuler la première question dans une
phrase interrogative-négative indirecte permettant d’envisager la thèse. On y retrouvera donc, les
termes de la négation à valeur restrictive tels que « ne…que / se limite, uniquement
(exclusivement/seulement…), se mesure… ». La deuxième question quant à elle devrait
permettre d’envisager l’antithèse. Elle doit s’inscrire dans une phrase interronégative directe
sous entendant une addition éventuelle à travers l’usage « ne…pas également (aussi / en même
temps…). La troisième question (éventuelle) devrait permettre d’envisager la synthèse, car elle
devrait être la question mitoyenne qui unit la thèse et l’antithèse.
Évaluation : Après avoir déterminé son domaine d’application, formulez la problématique des
sujets ci-dessous proposés :
*Aragon assertait que « le merveilleux en littérature est que pour faire comprendre la réalité,
l’artiste est obligé d’inventer. Ce mensonge lui permet alors de révéler la réalité dans toute sa
nudité ».
Expliquez cette affirmation à l’aide de votre expérience de lecteur d’œuvres romanesques.

*Poète français partisan de l’idéologie parnassienne, Théophile Gautier, dans La Demoiselle de


Maupin, écrit : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est
laid. »
Partagez-vous l’idée selon laquelle une œuvre d’art ne devrait être d’aucune utilité à la
société dans laquelle vit son auteur ? Vous illustrerez votre argumentation par des exemples tirés
des œuvres poétiques inscrites au programme des classes du second cycle des lycées et collèges.

Une fois la problématique bien formulée, il nous revient de trouver les idées qui vont nous
permettre de répondre aux questions problématiques : d’où la deuxième série d’activité relevant de
notre analyse du sujet.

B – PHASE DE LA RECHERCHE ET DE L’ORGANISATION DES IDEES.

Cette phase comporte deux activités fondamentales et des plus essentielles dans la
préparation du développement du problème posé par le sujet. Elle permet d’obtenir le matériau
devant servir à la résolution du problème posé, découvert, à la réponse aux questions de la
problématique. Le candidat est donc invité à ce niveau à trouver ces idées et à les organiser ensuite
pour pouvoir prétendre à la rédaction du devoir.

1 – La recherche des idées.


Cette étape convoque notre culture littéraire ou générale selon le domaine de définition du
sujet. Elle fait, en outre, appel à notre maîtrise de l’objet d’étude. Il est ainsi conseillé, puisque c’est
toujours une étape élaborée au brouillon, de noter toutes les idées qui nous semblent bonnes pour la
résolution du problème de peur de les oublier. Et si possible de diviser sa feuille de brouillon en
deux parties si le sujet est dialectique pour relever de part et d’autre les idées de la thèse et de
l’antithèse. Chacun des arguments trouvés ici doit être suivi d’au moins un exemple tiré du domaine
d’application que nous avons délimité. Trouvez les différente idées revient à exploiter tour à tour :

a) L’énoncé du sujet : Elle fournit ou permet de trouvères idées principales des différentes
parties du corps du devoir. Si le sujet convoque un plan analytique, Toutes les idées
principales susceptibles de diriger les parties y sont inscrites et reliées ou séparées par des
connecteurs logiques. D’où la nécessité d’une bonne maîtrise de l’analyse logique d’un
énoncé. Si par contre le plan est dialectique, l’énoncé du sujet dans sa globalité constitue
l’idée-prise de position de la première partie. Celle de la seconde naître des limites de cette
première.
b) Notre maîtrise du problème posé : Elle nous fournit les idées directrices des paragraphes,
secondaires aux idées principales. Cette maîtrise permet donc de mieux exposer les
différents aspects de l’idée principale.
c) Notre culture générale : Elle nous guide dans le choix des arguments qui viennent
soutenir, c’est-à-dire, expliquer et justifier les idées directrices dans les paragraphes.
d) Le domaine d’application : Il permet de choisir les exemples dans des œuvres en
conformité avec les exigences de la consigne du sujet et éviter ainsi le hors-sujet dans le
choix de ces illustrations.

2- La construction d’un plan détaillé


Le développement d’un devoir de dissertation s’organise en parties (au moins deux)
subdivisées chacune en paragraphes (au moins deux par partie) et reliées entre elle par une
transition.

a– La partie : elle développe une idée force, l’Idée Prise de Position (IPP) générale de la partie, qui
est présentée dans une introduction partielle qui annonce également les idées qui seront développées
dans les paragraphes et clôturée par une conclusion partielle. L’idée prise de position, en elle-
même, apparaît comme une affirmation gratuite qui n’aura de valeur véritable qu’une fois soutenue
par des arguments et des exemples développés dans les paragraphes.
b – Le paragraphe : il développe une idée secondaire à l’idée prise de position (idée directrice).
Mais dans le cadre du paragraphe, cette idée apparaît également comme une affirmation gratuite.
Elle doit donc être soutenue par des arguments pertinents qui sont eux-mêmes illustrés
progressivement par des exemples convaincants. C’est donc dire qu’un paragraphe doit comporter
obligatoirement trois types d’idées :
 *l’idée directrice pour laquelle le paragraphe tout entier est bâti ;
 *les idées – arguments qui servent de preuves à l’idée directrice qu’ils soutiennent en
l’expliquant pour la justifier. Il faut un minimum de deux arguments dans chacun des paragraphes ;
 *les idées exemples : ce sont des idées qui illustrent progressivement les arguments par des
situations concrètes ou des éléments extraits des œuvres littéraires lues. L’argument ne perdra sa
gratuité que s’il est illustré par des exemples. Le candidat fera attention à ne point confondre
d’auteur, de titre d’œuvre ou d’époque car ici, l’exactitude est une exigence de qualité.

c – La transition : c’est l’enchaînement, le passage d’une idée à une autre dans votre devoir. C’est
une phase intermédiaire qui vous permet de passer d’une partie du corps d’un devoir de dissertation
à l’autre en tirant une conclusion rapide sur les idées développées dans la partie précédente et
annonçant tout de go explicitement ou implicitement l’idée-prise de position de la partie suivante.
La transition établit donc une concession, une addition ou une opposition entre la conclusion de
la partie précédente et l’introduction de celle suivante. C’est généralement une phrase qui
comporte une proposition subordonnée concessive introduite par : bien que, certes…mais…, malgré
que…, même si… et suivie d’une formulation interro-négative.

*Manipulation du corpus
La recherche des idées est ici associée à la construction du plan détaillé du
développement d’un devoir de dissertation. Cependant, pour chacune des deux parties identifiées
à l’aide de l’analyse de la consigne, nous présenterons exclusivement le plan d’un paragraphe.
Vous pourrez vous en inspirer pour bâtir la suite du plan.
Première partie : IPP= une œuvre littéraire est une production de l’esprit ; elle relève avant tout de
la fiction de par ses éléments constitutifs.
Paragraphe 1 : ID : les personnages et le cadre spatial de certaines œuvres littéraires peuvent être
inventés, créés par l’auteur qui par la même occasion se fait un démiurge.
Argument 1 : le personnage peut être défini comme un « être de papier » dont la vie commence et
s’achève dans les pages d’une œuvre. Il a une existence quel nul ne peut prouver ni vérifier. C’est
donc un être fictif.

Exemple 1 : le personnage de Ben Du Toit dans Une Saison blanche et sèche d’André Brink n’est
qu’une pure création.

Exemple 2 : dans La Croix du Sud de Joseph Ngoué, Wilfried Hotterman n’est qu’une pure illusion
auctoriale qu’on ne rencontre nulle part ailleurs que dans cette pièce théâtrale et ce que l’on en sait
ne dépend que de ce que l’auteur a dit de lui.

Argument 2 : certains auteurs choisissent souvent pour des raisons diverses de faire évoluer leurs
personnages dans un cadre spatial inventé de toute pièce et n’existant nulle part sur le globe
terrestre.

Exemple 1 : dans Les Chauves-souris de Bernard Nanga, Afrika ba’a de Medou Mvomo ou encore
Ville Cruelle de Eza Boto, les personnages évoluent respectivement dans les lieux nommés
« Eborzel », « Afrika ba’a » ou encore « Tanga », censés se retrouver au Cameroun. Or en fait ce ne
sont que des espaces fictifs, transformés ou inventés par l’auteur.

Exemple 2 : la bourgade de Yonville dans Madame Bovary de Gustave Flaubert répond à ces
mêmes caractéristiques fictives dans la littérature française.

NB : chacun des arguments ci-dessus présentés peut être renforcé par une citation.

T.A.F. : Bâtir le plan du deuxième paragraphe visant à dégager d’autres éléments constitutifs
fictifs d’une œuvre littéraire. Pour le bon équilibre formel, le deuxième paragraphe doit
comporter exactement le même nombre d’idées.

Deuxième partie : IPP = une œuvre littéraire va bien au-delà de la fiction pour s’inspirer des
réalités du vécu quotidien qui constitue pour elle une seconde source d’inspiration. Cela peut
également se justifier par certains de ses éléments constitutifs.

Paragraphe 1 : ID : les personnages, même si quelques fois sont fictifs au même titre que les lieux
de l’action, ne sont pas des créations à partir de rien. Ils sont créés à partir d’un modèle préexistant.

Argument 1 : les personnages des œuvres littéraires peuvent être anthropomorphes ou zoomorphes.
Ils sont donc créés le plus souvent à l’image de l’homme vivant dans une société, avec un nom, une
famille, une fonction sociale pour ne citer que ces caractéristiques-là.

Exemple 1 : c’est le cas de Ben du Toit qui a une existence similaire à celle d’un être réel. En effet,
père d’une famille comportant un garçon et deux filles et professeur d’histoire dans un lycée de
Johannesburg, Ben présente le caractère de plusieurs hommes qui existent réellement dans la
société.

Exemple 2 : dans le cas d’une œuvre autobiographique, le personnage correspond à un être


réellement existant qui raconte une histoire vraie parce que vécue.

Argument 2 : certains auteurs, désireux de faire vrai, de rendre leurs œuvres plus réalistes, décident
de situer l’action de leurs œuvres dans un cadre spatial vérifiable, car existant réellement sur la carte
du globe terrestre.
Exemple 1 : c’est le cas dans Une Saison blanche et sèche du romancier sud-africain André Brink,
qui décide de faire évoluer ses personnages dans le contexte social de l’Afrique du Sud, bien
identifiable à travers les villes de Johannesburg, de Pretoria ou encore de Soweto.

Exemple 2 : on peut aussi bien citer les villes d’Obala, de Yaoundé ou encore de Douala dans le
roman Mâ de l’écrivain camerounais Gaston-Paul Effa ou encore de Paris et de Rouen dans
Madame Bovary de Gustave Flaubert.

T.A.F. : Bâtir le plan du deuxième paragraphe visant à dégager d’autres éléments constitutifs
réalistes d’une œuvre littéraire. Pour le bon équilibre formel, le deuxième paragraphe doit
comporter exactement le même nombre d’idées.
Après avoir bâti le plan détaillé du devoir, nous devons passer à la phase rédactionnelle de
notre devoir de dissertation.

Évaluation : Exercez-vous à bâtir le plan détaillé du sujet suivant :


Parlant de son rôle d’écrivain, Aimé Césaire déclarait : « Ma bouche sera la bouche des
malheurs qui n’ont point de bouche et ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent dans le cachot du
désespoir ».
Expliquez et discutez cette assertion. Vous illustrerez vos arguments par des exemples
issus des œuvres poétiques et théâtrales que vous avez lues ou étudiées.

III – réDaCtion D’Un Devoir De Dissertation


Un devoir de dissertation présente trois subdivisions majeures. Les exposant à ses étudiants
en faculté, le Pr Emmanuel Soundjock Soundjock affirme : « A l’introduction, on dit ce qu’on va
faire ; au développement, on fait ce qu’on a dit ; et à la conclusion, on dit ce qu’on a fait.» précisant
ainsi de manière simplifiée le rôle respectif assigné à chacune de ces subdivisions. Cependant,
chacune de ces tâches est accomplie avec une démarche bien précise.

Structure globale du devoir à deux parties :

*L’introduction générale

*L’introduction partielle 1
*Un minimum de deux paragraphes

-Conclusion partielle 1
*Une transition concession/opposition/addition
-Introduction partielle 2

*Minimum de deux paragraphes


*La conclusion partielle 2

*La conclusion générale.

Structure globale du devoir à trois parties :


*L’introduction générale

*L’introduction partielle 1
*Un minimum de deux paragraphes
-Conclusion partielle 1
*Une transition concession/opposition/addition
-Introduction partielle 2

*Un minimum de deux paragraphes

-Conclusion partielle 2
*Une transition concession/opposition/addition
-Introduction partielle 3

*Un maximum de deux paragraphes (généralement une synthèse se réalise en un paragraphe)


*La conclusion partielle 3

*La conclusion générale.

NB : Les éléments en gras sont les fondamentaux que l’on présente généralement dans tous les
fascicules. Or, le bon sens voudrait que l’IPP soit exposée et expliquée ailleurs que dans un
paragraphe qui lui est dirigé par une idée directrice. C’est ce qui justifie la nécessité d’une
introduction partielle qui implique celle d’une conclusion.

1 – Rédiger une introduction de dissertation


L’introduction d’un devoir de dissertation comporte obligatoirement trois subdivisions
présentées dans un seul paragraphe cohérent et cohésif. Il y est question tour à tour d’amener le
sujet, de poser le problème et d’annoncer le plan du développement.
a – Comment amener le sujet : c’est un préambule qui est censé conduire le correcteur vers le
problème posé par le sujet. Il n’existe pas une façon nomenclaturée d’amener le sujet. Cependant,
certaines indications peuvent être proposées au candidat qui peut choisir d’amener son sujet :

 En partant de la définition du terme objet d’étude qui est souvent le terme le plus
important du sujet. Cependant, cette définition doit être orientée vers le sens que le mot prend dans
le sujet et on peut faire usage, à la suite de cette définition, du sens reformulé de l’énoncé du sujet.
Exemple : La littérature est avant tout un art. En tant que tel, elle peut être considérée comme l’ensemble des
productions orales et écrites qui portent la marque des préoccupations esthétiques. C’est ce qui justifie que, dans la
composition de son œuvre, l’écrivain ait recours à son imagination .
 En partant d’une citation autre que celle présentée dans l’énoncé du sujet, soit parce
qu’elle épouse, s’oppose ou encore complète son sens et cela en tenant compte du type de plan à
adopter. Un plan analytique par exemple ne saurait convoquer une citation opposée pour amener le
sujet. Cependant, il faut ôter toute gratuité à l’affirmation que constitue cette citation par une brève
explication.
Exemple : Dans le souci de préciser les deux sources d’inspiration d’une œuvre littéraire, Antoine de Saint-Exupéry
affirmait que « Toute œuvre littéraire est une fiction qui colle sans cesse sur les réalités quotidiennes ». Cette assertion
annonce clairement que la littérature est une harmonieuse combinaison des faits imaginaires et réels.

 En partant d’un aspect général du problème posé vers un aspect particulier ou


inversement. Ce qui permet de réduire ou d’étendre quelque peu le domaine de définition du sujet.
Ainsi par exemple, un sujet qui pose un problème propre à l’art ne sera pas développé en tant que
tel car nous n’étudions pas en classe les sept arts mais uniquement la littérature. Il est donc opportun
de partir de l’aspect globalisant de l’art vers un aspect plus particularisant de la littérature.
Exemple : L’on assimile généralement la littérature à tous les autres arts dont la peinture, la sculpture,
l’architecture, le cinéma, la danse ou encore la musique en établissant un rapport étroit qu’elle
entretiendrait avec la réalité sociale. Or, bien que n’étant pas une création ex nihilo, il faut avant tout
considérer une œuvre littéraire comme une production de l’esprit qui relève de l’imagination créatrice de
son auteur.

 En provoquant un choc de thèses opposées dans un débat sur le thème principal du


sujet. Le candidat ne se contentera pas d’évoquer le thème. Il doit par la suite préciser les deux
positions antagonistes qui font débat sur ce thème.
Exemple : La question des sources d’inspiration d’une œuvre littéraire est souvent inscrite au centre de plusieurs
débats dans les milieux littéraires où elle ne fait toujours pas l’unanimité. Si certains estiment qu’une œuvre littéraire
est une reproduction des faits de la société dont elle est fille, d’autres, par contre, la considère comment le fruit de
l’imagination de l’écrivain qui se fait demiurge.

b – Poser le problème : il s’agit de mettre en pratique l’analyse du sujet car le problème est
préalablement dégagé avec les questions qui peuvent faciliter sa résolution. On peut, d’une manière
plus classique, poser le problème en trois étapes :

 Recopier fidèlement la citation si elle est courte ou alors reproduire en d’autres termes son
contenu sémantique en la condensant par sa paraphrase si celle-ci est étendue ;
 Présenter clairement le problème, la difficulté posée, le thème central sur lequel porte le
sujet ;
 Formuler les questions de la problématique (deux questions bien formulées sont largement
suffisantes mais trois permettant de lire implicitement chacune des subdivisions du corps du
sujet à venir sont conseillées)

c – Annoncer le plan : il ne s’agit pas de dire comment nous traiterons notre devoir, mais de dire ce
que nous ferons dans le développement, plus clairement, il faut présenter les idées qui vont diriger
les différentes parties de notre développement et que, plus haut, nous avons appelées IPP.

Pour relier ces trois subdivisions, on doit faire usage de petites formules, des « expressions
connectiques » qui assurent la cohésion de notre devoir. Ainsi,

 Pour présenter la citation qui pose le problème, on peut dire :


-« C’est certainement dans la même logique que A affirme que : « … »
-« N’est-ce pas dans la même optique que A assertait que : « … »
-« Or, s’opposant à cette conception, A pense que : « … »
-« C’est peut-être pour s’inscrire dans ce débat que A affirme que « … »
-« Il n’est donc pas surprenant d’entendre A déclarer que : « … »
-« On comprend dès lors que A considère que : « … »
-« C’est ce qui pourrait justifier que A asserte que « … »
* Pour présenter le problème proprement dit, faites par exemple usage de « il se pose ainsi le
problème de …/ Cette réflexion nous interpelle sur la question de…/ Cette déclaration invite à
réfléchir (attire notre attention) sur … »
* Pour formuler la problématique, dire par exemple et de manière simple : « nous pouvons dès
lors nous poser la question de savoir si/comment (formuler la première question dans une phrase
interrogative indirecte). Autrement dit, (formuler la deuxième question dans une phrase
interrogative-négative directe) ? En d’autres termes, (formuler si possible la troisième question dans
une phrase interro-négative directe ? »
*Pour annoncer le plan à la suite des questions de la problématique, il est conseillé de
présenter le plan comme un moyen de répondre à cette question en disant par exemple : « pour
répondre à cette question, nous montrerons tour à tour X et Z »
*À la suite d’un problème, disons plutôt : « l’examen (l’analyse) de ce problème exige que
nous analysions d’abord A, ensuite B et enfin C »/ tour à tour A, B et C.

T.A.F. : en prenant appui sur le travail préalablement élaboré, rédigez une introduction de
dissertation du sujet corpus.
Après avoir rédigé au brouillon votre introduction, il est conseillé de procéder directement à
la rédaction de votre conclusion. Cela vous permettra de mieux contrôler les idées que vous
développerez plus tard dans les paragraphes.

Exemple d’introduction :
L’on assimile généralement la littérature à tous les autres arts dont la peinture, la sculpture, l’architecture, le
cinéma, la danse ou encore la musique en établissant un rapport étroit qu’elle entretiendrait avec la réalité sociale. Or,
bien que n’étant pas une création ex nihilo, il faut avant tout considérer une œuvre littéraire comme une production de
l’esprit qui relève de l’imagination créatrice de son auteur. C’est ce que voudrait certainement montrer Yves Berger
lorsqu’il considère que « la littérature et la vie ne font pas bon ménage. Comment le pourraient-elles si la première
tourne le dos à la seconde ? ». Autrement dit, la littérature n’entretient aucun rapport avec le réel, elle relève
uniquement de la fiction. Cette déclaration attire notre attention sur la question du réel et de l’imaginaire dans une
œuvre littéraire. Nous pouvons dès lors nous poser la question de savoir si l’œuvre littéraire relève uniquement de la
fiction. Autrement dit, l’œuvre littéraire ne s’inspire-t-elle pas aussi du réel ? En d’autres termes, la littérature peut-elle
se détourner de la société qui la fait naître ? La réponse à cette question exige que nous montrions à travers des
éléments constitutifs internes qu’une œuvre littéraire relève de la fiction, d’une part, et qu’elle s’inspire de la réalité,
d’autre part.

2 – Rédiger une conclusion


La conclusion d’un devoir de dissertation est loin d’être un dépotoir où l’on range, où le
candidat vient exposer les arguments nouveaux ou les idées omises dans le développement. Elle
s’organise de manière plus classique en trois étapes dont deux obligatoires et une facultative. Mais
dans le souci de la bonne assimilation de ce qu’il y a à faire, vous pouvez procédez ainsi qu’il suit :
 Rappel du problème voire de la problématique : (cette étape qui ne figure habituellement
que dans des dissertations philosophiques peut renforcer la qualité de votre conclusion).
a - Bilan des analyses du développement : présenter le bilan du développement revient de la
manière la plus simple à rappeler progressivement et dans une expression variée les principales
idées du corps de ce devoir. Les candidats doivent y rappeler le parcours en exposant ici les
Idées-prise de position des parties et les idées directrices des paragraphes dans l’ordre où elles
ont été développées dans le corps du devoir. Le candidat pourra s’appuyer pour les introduire de
petites formules qui sous-entendent un rappel.

Exemples : Notre analyse qui s’achève [et qui portait sur le problème de […] s’est articulée
(structurée/organisée…) autour de deux principales idées (principaux points/principales
préoccupations). D’une part, nous avons développé [IPP1] à travers [ID1] et [ID2]. D’autre part,
nous avons montré que [IPP2] à travers [ID1] et [ID2].

Pour répondre à la question de savoir si [rappeler la question centrale de la


problématique], nous avons montré dans un premier temps que [rappeler l’IPP1] car [rappeler
l’ID1] pour [rappeler l’ID2]. Dans un second temps, notre analyse nous a permis de souligner que
[rappeler IPP2] dans la mesure où [rappeler ID1] dans le but de [rappeler ID2].

b - Solution(s) au problème posé : Présenter la solution au problème posé revient à


proposer une réponse à la question problématique préalablement formuler à l’introduction. Cette
solution doit découler directement du bilan dont elle concilie les deux parties en guise de conclusion
logique. De ce fait, plutôt qu’en début de la conclusion comme on aura pu le lire dans divers
documents et fascicules proposés aux élèves, c’est ici que le conclusif trouve sa place. Le candidat
pourra donc introduire sa solution par des formules conclusives telles que :
- De tout ce qui précède [donc du bilan], il découle que [proposer la solution]
- Il apparaît en fin de compte que…
- Il apparaît clairement au terme de cette analyse que…
- En somme (en définitive), nous retiendrons que…
- Parvenu au terme de cette analyse, il convient de retenir que…

c - Ouverture du débat : Éventuellement, vous pouvez réorientez la solution ainsi obtenue vers un
autre problème que celle-ci pourrait soulever à son tour et qui pourrait faire l’objet d’un autre devoir
de dissertation. La question soulevée évitera de ce fait de revenir sur le problème que l’on vient de
résoudre. Elle découle plutôt de cette solution et soulève également un aspect qui y apparaît comme
limite.
Exemple : s’il est vrai que [rappel reformulé de la solution], on peut tout de même se demander
si [question nouvelle soulevant un problème autre que celui qui a été développé dans le corps du
devoir].

T.A.F. : En vous servant de l’analyse du sujet (problématique + plan), les conclusions partielles
du corps du devoir, rédigez une conclusion dans laquelle vous proposerez une solution au
problème posé par le sujet en répondant à la question de la problématique. Vous pourrez si vous
le voulez terminer votre conclusion en posant un problème qui naît de cette solution.

Exemple de conclusion :
Notre analyse qui s’achève et qui portait sur le problème de l’intervention du réel dans la création
littéraire s’est articulée autour de deux idées force. D’une part, nous avons montré qu’une œuvre littéraire
relève de la fiction car l’auteur peut y procéder à la création des éléments constitutifs tels que les
personnages, les lieux et temps de l’action ainsi que l’intrigue. D’autre part, nous avons souligné les limites
de cette pensée en relevant que la création de ces éléments ne se faisait pas ex nihilo ; car, l’écrivain
s’inspire des réalités du vécu quotidien pour y parvenir. Il apparaît clairement, au terme de cette analyse,
que la littérature, à travers ses œuvres, constitue une association, une fusion harmonieuse de la fiction et de
la réalité. S’il est vrai que la fiction littéraire s’inspire des faits quotidiens, on peut donc être amené à se
demander si celle-ci constitue un acte gratuit. En d’autres termes, quel rôle joue une œuvre littéraire au sein
de cette société qui la fait naître ?

3 – Rédiger un paragraphe
Le travail ici est exclusivement pratique car la structure d’un paragraphe a été présentée
plus haut lors de l’analyse du sujet et dans la construction du plan détaillé du corps d’un devoir. Le
paragraphe doit permettre de soutenir une idée au moyen des arguments logiques ou d’autorité
soutenus par des exemples. Les connecteurs logiques devront assurer la cohésion (logique que
doivent entretenir les éléments d’un ensemble) et la cohérence (absence de contradiction logique,
harmonie entre les divers éléments d’un ensemble) du fond et de la forme de notre paragraphe. A
titre de rappel, il comporte :
 *l’idée directrice pour laquelle le paragraphe tout entier est bâti ;
 *les idées – arguments qui servent de preuves à l’idée directrice qu’ils soutiennent et
expliquent. Il faut un minimum de deux arguments dans chacun des paragraphes ;
 *les idées exemples : ce sont des idées qui illustrent progressivement les arguments par des
situations concrètes ou des éléments extraits des œuvres littéraires lues. L’argument ne perdra sa
gratuité que s’il est illustré par des exemples.
Un paragraphe doit s’achever par une petite phrase conclusive et transitive. C’est-à-dire
qu’en même temps qu’elle sert de conclusion à tout le paragraphe, elle annonce l’idée qui sera
développée dans le paragraphe suivant.

Exemple de paragraphe : (Vous prendrez le soin dans votre devoir, de souligner tous les titres des
œuvres et ouvrages mentionnés). Ce paragraphe est bâti sans citation et se fonde exclusivement sur
les éléments structuraux.

Les personnages et le cadre spatial de certaines œuvres littéraires peuvent être inventés, créés par l’auteur
qui par la même occasion se fait un démiurge. En effet, le personnage peut être défini comme un « être de
papier » dont la vie commence et s’achève dans les pages d’une œuvre. Il a une existence quel nul ne peut
prouver ni vérifier. C’est donc un être fictif. Le personnage de Ben Du Toit dans Une Saison blanche et
sèche d’André Brink, par exemple, n’est qu’une pure création. Il en est de même dans La Croix du Sud de
Joseph Ngoué, où Wilfried Hotterman n’est qu’une pure illusion auctoriale qu’on ne pourrait rencontrer
nulle part ailleurs que dans cette pièce théâtrale et, ce que l’on en sait ne dépend que de ce que l’auteur
aura préalablement dit de lui. Par ailleurs, Certains auteurs choisissent souvent pour des raisons diverses de
faire évoluer leurs personnages dans un cadre spatial inventé de toute pièce et n’existant nulle part sur le
globe terrestre. C’est ce qui justifie que dans Les Chauves-souris de Bernard Nanga, Afrika ba’a de Medou
Mvomo ou encore Ville Cruelle de Eza Boto, les personnages évoluent respectivement dans les lieux
nommés « Eborzel », « Afrika ba’a » ou encore « Tanga », censés se retrouver au Cameroun. Or en fait ce
ne sont que des espaces fictifs, transformés ou inventés par l’auteur. C’est également le cas de la bourgade
de Yonville dans Madame Bovary de Gustave Flaubert répond à ces mêmes caractéristiques fictives dans la
littérature française. Les personnages et les lieux de l’action ne sont pour autant pas les seuls éléments
constitutifs d’une œuvre littéraire.

4 – L’introduction et la conclusion partielles ; la transition

a) L’introduction et la conclusion partielles

L’introduction partielle présente l’IPP dans une première phrase. Elle annonce par la suite et
préférentiellement de manière implicite les idées à développer dans chacun des paragraphes qui
structurent cette partie. La conclusion quant à elle présente le bilan des principales idées
développées dans une partie. Elles constituent chacune un petit paragraphe placé en tête et à la
queue d’une partie. Elles obéissent aux structures détaillées suivantes :

Introduction partielle : IPP+ID1+ID2

Exemple : Dans la composition de son œuvre, l’écrivain procède à la création d’un certain nombre
d’éléments constitutifs qui permettent de penser que l’œuvre littéraire relève de la fiction. Il s’agit le plus
souvent des circonstances dans lesquels se déroule l’action de celle-ci et au nombre desquels d’une part, les
personnages et les lieux de l’action, et d’autre part, le temps des évènements et l’intrigue.

Conclusion partielle : Rappel ID1+Rappel ID2 =Rappel IPP.

Exemple : Cette première articulation de notre devoir nous a permis de montrer qu’une œuvre littéraire
regorge d’éléments qui relèvent de l’imagination créatrice d’un auteur. Nous y avons par exemple relevé le
caractère imaginaire des personnages, des lieux et du temps de l’action ainsi que de l’intrigue dans
certaines œuvres. Aussi peut-on conclure qu’une œuvre présente un caractère fictif.

La transition entre les parties : Rappel ID1+Rappel ID2 = IPP1+relation logique+IPP2+ID1+ID2


Ou encore cette forme plus simplifiée : rappel IPP1+connecteur logique+annonce IPP2

Quelques conseils pratiques liés à la rédaction et à la présentation


 Lors de la rédaction de votre devoir, vous ne devez jamais faire usage de la première
personne du singulier pour vous désigner, car le devoir doit paraître objectif. Votre raisonnement
doit être scientifiquement vérifiable. De ce fait, vous ferez usage du pronom indéfini « on » ou du
pronom personnel « nous ». Ce dernier représente humblement le locuteur.
 Quant à la présentation, vous devez savoir que la première qualité d’un bon devoir réside
dans sa lisibilité. Il faut donc vous distinguer par la qualité de votre main d’écriture et par l’aération
suffisante de votre copie. Les alinéas doivent permettre de distinguer les paragraphes. Vous devez
également laisser suffisamment d’espace entre les trois subdivisions principales de votre devoir. Les
titres des œuvres et ouvrages mentionnés doivent être soulignés. Les sous-titres, comme les titres
des poèmes sont placés entre guillemets. Pour le cas particulier de la citation du texte poétique, une
barre oblique permettra de délimiter les vers dans votre devoir.
BONUS (pour l’enseignant)

FICHE DES TRAVAUX DIRIGÉS DE LITTERATURE FRANÇAISE

Type d’exercice : Méthodologie de la dissertation

Sujet 1 : Dans sa volonté de clarifier la valeur d’un écrivain relativement à son rôle social, Joubert
affirme : « Les écrivains qui ont de l’influence ne sont que des hommes qui expriment parfaitement
ce que les autres pensent et qui réveillent dans les esprits des idées ou des sentiments qui tardaient
à éclore ».
Quelle(s) réflexion(s) personnelle(s) cette assertion vous inspire-t-elle ? Vous illustrerez
votre argumentation par des exemples tirés des œuvres littéraires que vous avez lues ou étudiées.

OBJECTIF 1 : CONSTRUIRE LE PLAN DETAILLE DU CORPS D’UN DEVOIR DE


DISSERTATION

Séance I : compréhension du sujet [notée sur six (6) points]


Étapes :
 Lecture du sujet
 Exploitation de la consigne : identifier le type de plan et le domaine d’application.
Le type de plan : ce sujet convoque un plan dialectique
Le domaine d’application : La consigne du sujet ne limite pas le choix des illustrations dans un
genre précis. On pourra donc puiser dans les genres majeurs et leurs sous-genres.

 Reformulation de l’énoncé du sujet


Reformulations possibles :
 Pour Joubert, l’importance d’un écrivain ne se mesure que par sa capacité à se faire porte-parole de
ses semblables pour éveiller leurs consciences sur les maux qui minent la société.
 Selon Joubert, l’écrivain important doit être utile à sa société à travers son œuvre en y éveillant la
conscience de ses semblables sur les multiples fléaux qui la minent.
 Ne seront considérés comme importants que les écrivains dont l’œuvre est mise au service d’une
cause sociale.

 Formulation de la problématique
- Dégager le problème
Problème posé : Cette réflexion soulève le problème de l’importance (utilité/rôle/fonction) d’un
écrivain (par conséquent de la littérature).
- Formuler les questions
Problématique : on peut se poser les questions suivantes permettant d’envisager les deux parties du
corps du devoir :
 L’importance d’un écrivain ne se limite-t-elle que (se mesure-t-elle
exclusivement/uniquement/seulement) par sa capacité à se faire porte-parole de ses semblables pour
éveiller leurs consciences sur les maux qui minent la société ?
 En qualité d’artiste, l’écrivain ne devrait-il pas également se soucier des préoccupations esthétiques
relatives à la composition de son œuvre ?
Séance II : organisation des idées [notée sur six (6) points]

Construction du plan détaillé du corps du devoir

Première partie.
IPP1 : L’écrivain est d’abord un homme qui vit dans une société qui peut connaître des problèmes.
À travers son œuvre, il se doit d’être utile à celle-ci en posant les problèmes qui la minent dans le
but d’y provoquer, susciter un changement.
Premier paragraphe
ID1 : L’écrivain doit, à travers ses productions, poser les problèmes sociaux.
IArg1 : Il doit procéder à la description des manifestations de ces fléaux dans l’intrigue de son
œuvre en vue de les dévoiler, de les dénoncer. C’est la mission satirique de l’œuvre littéraire.
IEx1 : Dans Une Saison Blanche et Sèche, le romancier Sud-Africain André Brink procède à la
description des horreurs de la ségrégation raciale en général et de l’Apartheid en particulier dans
son pays l’Afrique du Sud.
IEx2 : Jacques Prévert décrit, pour, les décrier les manifestations et conséquences de la guerre en
France en présentant celle-ci comme une entreprise meurtrière dans son recueil de poèmes Paroles,
particulièrement dans le poème « Barbara ».
IArg2 : Il doit être l’éveilleur des consciences qui attire l’attention de ses semblables sur le
caractère néfaste des tares et travers ainsi dévoilés.
IEx1 : Le poème « Lettre à mes amis » extrait de Balafon est un moyen pour Engelbet Mveng
d’attirer l’attention de ses frères africains sur la nature hypocrite et intéressée des relations que
l’Europe en particulier et l’Occident en général entretient avec le continent noir.
IEx2 : Guillaume Oyono Mbia se sert de sa pièce théâtrale Trois Prétendants… un mari pour
interpeller ses compatriotes camerounais sur le caractère expansif de la dot devenue un moyen de
commercialisation des jeunes pour le mariage au détriment du mariage et de l’amour sensé conduire
cette union.

NB : Il est à noter que la recherche des ID est guidée par les questions « comment » et « pourquoi » autour de l’IPP
pour découvrir progressivement le procédé dans l’œuvre et la visée sociale. Il en est de même pour trouver les IArg.
On formule les questions « comment » et « pourquoi » autour des ID.

Évaluation : Complétez le plan détaillé ci-dessous en trouvant pour chacun des arguments des
exemples susceptibles d’attester de leur pertinence dans des œuvres littéraires relevant du
domaine d’application du sujet.

Deuxième paragraphe.
ID2 : La délation opérée par l’écrivain a pour objectif majeur de susciter le changement de la triste
condition humaine.
IArg1 : Il doit être le moralisateur capable de proposer des solutions aux problèmes sociaux et
conférer ainsi une portée éthique, didactique à son œuvre.
IEx1 :
IEx2 :
IArg2 : Il doit viser une amélioration de la triste condition humaine afin de faire progresser
l’humanité vers la perfection.
IEx1 :
IEx2 :

Deuxième partie.
IPP1 : L’écrivain est avant tout un artiste et en tant que tel, il devrait également, voire
prioritairement se soucier des normes esthétiques qui régissent la composition de son œuvre.
Premier paragraphe
ID1 : L’écrivain doit avoir recours à son imagination, à la fiction pour créer un univers onirique
propre à le détourner de la triste réalité quotidienne.
IArg1 : Il doit procéder à la création/transformation/transposition des circonstances (personnages /
lieux / temps / action) de l’action dans l’intrigue de son œuvre.
IEx1 :
IEx2 :

Arg2 : Il doit viser la évasion de ses lecteurs en les plongeant dans cet univers artificiel qu’il aura
préalablement créé en vue de le distraire, lui offrir un moment de détente.
IEx1 :
IEx2 :

Deuxième paragraphe.
ID2 : L’écrivain devrait pouvoir procurer du plaisir de ses textes à ses lecteurs par la beauté
esthétique de ses œuvres.
IArg1 : Il doit respecter ou renouveler les canons esthétiques qui régissent l’inscription de son
œuvre dans les divers genres littéraires et leurs sous-genres.
IEx1 :
IEx2 :
IArg2 : Il devrait toucher la sensibilité du dilettante par la forme de son texte, la belle musicalité de
ses vers/phrases… qui confèrent à son texte une certaine beauté.
IEx1 :
IEx2 :

OBJECTIF 2 : REDIGER UN DEVOIR DE DISSERTATION

Séance 1 : rédiger le corps du devoir (maitrise de la méthodologie, langue et expression [notée


sur six (6) points]

 Structure de la partie
 Introduction partielle
Seule la première partie du corps du devoir mérite d’avoir une introduction car celle de la
deuxième partie s’associe à la conclusion de la première pour former la transition.
L’écrivain est d’abord un homme qui vit dans une société qui peut connaître des problèmes. À travers son
œuvre, il se doit d’être le porte-parole dont l’utilité permet de poser les problèmes qui la minent dans le but d’y
provoquer, susciter un changement.

 Les paragraphes (structure)


L’écrivain doit, à travers ses productions, poser les problèmes sociaux. En effet, Il doit procéder à la
description des manifestations de ces fléaux dans l’intrigue de son œuvre en vue de les dévoiler, de les dénoncer. C’est
la mission satirique de l’œuvre littéraire. C’est justement ce que fait André Brink dans Une Saison Blanche et Sèche.
Le romancier Sud-Africain procède à la description des horreurs de la ségrégation raciale en général et de l’Apartheid
en particulier dans son pays l’Afrique du Sud. C’est également ce qui pousse Jacques Prévert à décrire, pour les
décrier les manifestations et conséquences de la guerre en France en présentant celle-ci comme une entreprise
meurtrière dans son recueil de poèmes Paroles, particulièrement dans le poème « Barbara ». Par ailleurs, L’écrivain
doit être l’éveilleur des consciences qui attire l’attention de ses semblables sur le caractère néfaste des tares ainsi
dévoilées. Ainsi, Le poème « Lettre à mes amis » extrait de Balafon est un moyen pour Engelbet Mveng d’attirer
l’attention de ses frères africains sur la nature hypocrite et intéressée des relations que l’Europe en particulier et
l’Occident en général entretient avec le continent noir. C’est également le cas chez Guillaume Oyono Mbia qui se sert
de sa pièce théâtrale Trois Prétendants… un mari pour interpeller ses compatriotes camerounais sur le caractère
expansif de la dot devenue un moyen de commercialisation des jeunes pour le mariage au détriment du mariage et de
l’amour sensé conduire cette union. La délation des tares sociales dans le but d’y éveiller la conscience de ses
semblables ne constituent pour autant pas le seul aspect utilitariste de l’œuvre littéraire.
 La conclusion partielle
Pour un devoir à deux parties, seule la deuxième mérite d’avoir une conclusion partielle car
celle de la première se trouve comprise dans la transition qui unit les deux parties.
Cette seconde subdivision de notre travail qui s’achève nous a permis de montrer qu’une œuvre littéraire
relève avant tout du domaine artistique. Ainsi, l’écrivain se doit recourir à son imagination, à la création pour pouvoir
procurer du plaisir à ses lecteurs.
 La transition
Première possibilité : Il apparaît, en clair, que l’œuvre littéraire peut être considérée comme un moyen par
lequel l’écrivain se rend utile à sa société. Il peut ainsi y poser les problèmes qui la minent dans le but d’y susciter un
changement. Cependant, La littérature est avant tout un art et en tant que tel, elle devrait également se soucier des
normes esthétiques qui régissent la composition de son œuvre.

Deuxième possibilité : Bien que l’écrivain puisse mettre son œuvre au service d’une cause sociale qui l’invite
à poser les problèmes sociaux en vue d’y susciter un changement, il n’en demeure pas moins vrai que celle-ci relève du
domaine artistique. Et, ainsi, elle doit être un moyen de promouvoir la beauté, l’esthétique en vue de procurer du
plaisir à ses lecteurs.
Évaluation 2 :
S’appuyer sur le plan détaillé pour rédiger une partie du développement. Vous ne
manquerez pas de faire usage, pour soutenir vos arguments, d’arguments d’autorité (citation).

Séance 2 : rédiger l’introduction et la conclusion


A – structure de l’introduction
- Le préambule : amener le sujet
- La problématique : poser le problème
- Le plan : structure globale du corps du devoir
Exemples
[La question du rôle de l’écrivain s’inscrit régulièrement au centre d’importants débats dans les
salons littéraires. Ainsi, prenant position dans ce débat, Théophile Gautier considère qu’ « il n’y a vraiment
de beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid », démettant ainsi l’œuvre d’art de toute
préoccupation utilitaire dans la société.]//[ Pourtant, le contraste dans la prise de position transparaît
clairement dès lors que Joubert affirme que « Les écrivains qui ont de l’influence ne sont que des hommes
qui expriment parfaitement ce que les autres pensent et qui réveillent dans les esprits des idées ou des
sentiments qui tardaient à éclore ». Cette déclaration attire notre attention sur la question de l’importance
d’un écrivain. On est ainsi amené à se poser la question de savoir si l’importance d’un écrivain ne se limite
qu’à (se mesure-t-elle exclusivement/uniquement/seulement par) sa capacité à se faire porte-parole de ses
semblables pour éveiller leurs consciences sur les maux qui minent la société.]//[ Autrement dit, en qualité
d’artiste, l’écrivain ne devrait-il pas également se soucier des préoccupations esthétiques relatives à la
composition de son œuvre ? La réponse à cette question exige que nous analysions d’une part, la fonction
utilitaire, sociale de l’écrivain et, d’autre part, sa mission artistique relative à la composition de son œuvre.]

[La littérature est avant tout un art. En tant que telle, elle peut être définie comme l’ensemble des
productions orales et écrites qui portent la marque des préoccupations esthétiques. En même temps, elle est
à la fois fille d’une société qui connaît des problèmes dont elle peut également se charger de proposer des
solutions. Pas étonnant donc d’entendre Joubert déclarer qu’un écrivain n’est important que s’il met son
œuvre au service d’une cause sociale juste en s’y faisant porte-parole de ses semblables pour attirer leur
attention sur ces fléaux qui entravent l’évolution harmonieuse de l’humanité. Il se pose ainsi le problème de
la fonction que doit assurer un écrivain à travers son œuvre. Nous pouvons donc être amené à nous
demander si la seule mission susceptible d’être assurée par un écrivain est doit être relative à son utilité
sociale. Autrement dit, un écrivain n’est-il pas avant tout un artiste dont la principale mission est de recourir
à son imagination pour procurer du plaisir à ses lecteurs ? L’analyse de ce problème s’articulera autour de
deux principales idées. Nous montrerons tour à tour qu’un écrivain peut être utile à son chronotope et que
cette utilité ne peut passer outre les exigences esthétiques.

Évaluation :
En prenant appui sur les éléments dégagés lors de l’analyse du sujet (définition du mot
objet d’étude, reformulation du sujet, problématique et idée prise de position) construire
l’introduction.

B – structure de la conclusion
- Bilan du développement (somme des conclusions partielles)
- Solution au problème posé : réponse claire à la question problématique
- Éventuellement on procède à une réorientation du débat. La solution doit
nous amener à soulever un autre problème qui découle de la solution préalablement présentée sous
forme de question.
Exemple :
Pour répondre à la question de savoir si l’importance d’un écrivain se mesure exclusivement par sa
capacité à se faire porte-parole de ses semblables pour éveiller leurs consciences sur les maux qui minent la
société, nous avons montré dans un premier temps qu’un écrivain doit être utile à sa société en posant les
problèmes qui s’y rencontre pour susciter un changement capable d’améliorer la triste condition humaine.
Dans un second temps, notre analyse nous a permis de souligner que l’écrivain doit également se soucier de
la valeur artistique de son œuvre dans la mesure où il doit avoir recours à son imagination dans le but de
créer un univers susceptible de procurer du plaisir au lecteur. De tout ce qui précède, il découle clairement
qu’un écrivain, à travers son œuvre, devrait être utile à sa société dans le strict respect des canons
esthétiques qui régissent la composition d’une œuvre littéraire combinant ainsi harmonieusement des
préoccupations artistiques et sociales. Cependant, s’il est vrai que, la littérature s’inspire du contexte dans
lequel vit son auteur, on peut tout de même se demander si les problèmes posés sont toujours d’actualité.
Autrement dit, une œuvre littéraire peut-elle toujours être d’actualité ?

NB : Ces subdivisions dans le cadre d’une dissertation philosophique peuvent être précédées d’un
rappel du problème posé par le sujet tout en évitant de reproduire les phrases de l’introduction.

Évaluation :
En vous servant de l’analyse du sujet (problématique + plan), les conclusions partielles
du corps du devoir, rédigez une conclusion dans laquelle vous proposerez une solution au problème
posé par le sujet en répondant à la question problématique. Vous pourrez si vous le voulez terminer
votre conclusion en posant un problème qui naît de cette solution.

La lisibilité de la copie : présentation : deux (02) points

EVALUATION FINALE :
Rédaction d’un devoir de dissertation à partir d’un autre sujet proposé.

Nb : Note sur la discussion

Faites-vous à l’idée que la discussion qui relève de la contraction de texte est


une dissertation à part entière qui convoque uniquement, exclusivement un plan
dialectique c’est-à-dire nécessitant dans son développement une thèse, une antithèse et
une synthèse. Son but est de bâtir un point de vue mitoyen entre un point de vue qu’on
justifie d’abord et ses limites qu’on présente par la suite. Cependant, elle se trouve
inscrite dans un exercice que l’on nomme « contraction ». Elle nécessite donc une
précision et une concision dans l’exposition des arguments et des exemples. Elle s’inscrit à
la suite du résumé ou de l’analyse d’un texte qui peut ou non vous fournir des arguments
de la thèse du sujet. Pour un meilleur développement, nous vous demanderont d’attendre
avec patience la parution du 3ème numéro de Méthodologies.

Elle comporte donc dans sa structure les éléments suivants :

*L’introduction générale

*L’introduction partielle 1
*Deux paragraphes

-Conclusion partielle 1
*Une transition concession/opposition/addition
-Introduction partielle 2

*Deux paragraphes
*La conclusion partielle 2

*La conclusion générale.

Application :
Nous sommes parvenus à la fin de ce premier exercice de Méthodologies. Notre souci
premier est de vous satisfaire. Cependant, vous proposer un modèle d’introduction, de
paragraphe, de conclusion ou un devoir tout entier rédigé constitue pour nous un acte anti
pédagogique car le plus souvent, l’apprenant a tendance à reproduire fidèlement non pas la
méthode mais le devoir de l’enseignant. Dans le désir de ne pas échouer dans notre mission qui
est de vous conduire à la pratique, nous mettons à votre disposition un collège d’enseignants
prêts à réagir à toutes vos préoccupations à l’adresse internet à vous indiquée au pied de la page.
Mais prêcher par l’exemple nous a poussés à réaliser pour vous certains aspects démonstratifs de
la pratique qui est attendue de vous. Exercez-vous entre temps avec les sujets proposés ci-après.

Sujet 1 : « On définit l’écrivain tantôt comme un rêveur qui nous aide à nous évader dans
un monde imaginaire et enchanteur, tantôt comme un alchimiste du verbe, tantôt comme un
esprit clairvoyant et lucide, inquiéteur de conscience et chantre de l’espérance. »
De toutes ces définitions, de Helmont Pofancis, quelle est celle qui correspond le
mieux à votre conception du statut de l’écrivain dans la société ? Vous répondrez à cette
question dans un développement organisé, appuyé sur des exemples tirés des œuvres déjà
lues ou étudiées.

Sujet 2 : Yves Péres écrit : « Un poète en un sens, est un homme qui garde toujours le don
de s’étonner […] il nous aide à comprendre le monde en aiguisant nos sens, en nous rendant plus
sensibles devant la vie. »
En vous fondant sur votre connaissance des textes poétiques, vous direz ce que vous
pensez de cette conception de la poésie.

Sujet 3 : Albert Camus écrit : « Nous autres, écrivains du XXème siècle, ne serons jamais seuls.
Nous devons savoir au contraire que nous ne pouvons nous évader que dans la misère commune, et
que notre seule justification, s’il en est une, est de parler dans la mesure de nos moyens pour ceux
qui ne peuvent le faire. »
Quelle(s) réflexion(s) personnelle(s) cette pensée vous inspire-t-elle ? Vous répondrez à
cette question à en vous demandant si la mission d’un écrivain ne se limite qu’à se faire le porte-
parole de ses semblables pour dénoncer les fléaux qui minent la société.

Sujet 4 : Un directeur de troupe théâtrale affirme : « Notre volonté est de mettre en scène la société,
de la présenter et de provoquer vis-à-vis d’elle des regards critiques, c’est une fonction du théâtre.
Mais en même temps, le théâtre est le lieu où se libèrent les forces de l’imagination, où s’organise
le rêve. Ces deux fonctions ne sont pas contradictoires »
Expliquez et illustrez cette assertion à la lumière de votre expérience de lecteur des pièces
théâtrales sans vous limiter à un seul sous genre.

Sujet 5 : Un critique littéraire asserte : « Je me contenterai de souligner que j’appartiens à la race


des écrivains pour qui le livre est un acte, non une simple observation, un simple enregistrement.
Rien de moins gratuit que ma littérature ; je donnerai mon coup d’épaule pour aider les hommes à
se désembourber de la barbarie et à progresser. »
Pensez-vous que la littérature puisse se réduire à n’être qu’un simple acte propre à
combattre les maux qui minent la société ? Vous illustrerez votre argumentation par des exemples
tirés de votre expérience de lecteur.

Sujet 6 : « L’artiste est le dernier à se faire des illusion au sujet de son influence sur le destin des
hommes. Dédaigneux du mauvais, il n’a jamais pu empêcher le triomphe du mal. Soucieux de
donner du sens, il n’a jamais pu empêcher les sanglants non-sens. L’art n’est pas une puissance, il
n’est qu’une consolation ».
Expliquez et discutez cette déclaration de Thomas Mann en vous appuyant sur des œuvres
lues ou étudiées.

Sujet 7 : « L’œuvre littéraire tire sa grandeur de la tentative du créateur de refaire le monde, c’est-
à-dire, de refuser la vie, de décaper la vie de sa couche de laideur, pour la rendre plus belle. Cet
engagement, bien qu’essentiellement artistique, porte nécessairement la marque de son
enracinement ».

Appréciez cette opinion en puisant vos exemples dans votre culture littéraire.
La section ci-après vous propose des sujets avec analyse et plan global. Votre tâche consiste à
en faire un devoir rédigé complet en respectant tous les indications méthodologiques.
Sujet 1 :
« Pour l’artiste, et en dépit de ses convictions politiques les plus fermes, en dépit même de
sa bonne volonté de militant, l’art ne peut être réduit à l’état de moyen au service d’une cause qui
le dépasserait, celle-ci fût-elle la plus juste, la plus exaltante ; l’artiste ne met rien au-dessus de son
travail, et il s’aperçoit vite qu’il ne peut créer que pour rien ».
Expliquez et discutez cette affirmation d’Alain Robbe-Grillet, à l’aide d’exemples précis
tirés de votre expérience de lecteur.

Sujet 2 :
Critique littéraire contemporain, Neiluj Ruhtra déclare : « le théâtre, à travers la lecture ou
la représentation, est, certes et avant tout, le lieu où se libèrent les forces de l’imagination du
dramaturge en vue de procurer du plaisir au lecteur/spectateur. Mais en même temps, il doit
conduire l’homme à la catharsis dans le souci de bâtir une société plus juste ».
Sans vous limiter à un seul sous genre théâtral, vous expliquerez cette assertion à la lumière
des pièces théâtrales que vous avez lues ou étudiées.
Orientations pour la correction des deux sujets ci-dessus proposés :
Sujet 1 :
*Type de plan : dialectique ; le développement doit comporter une thèse, une antithèse et
éventuellement une synthèse.
*Domaine d’Application : l’ensemble des œuvres littéraires sans distinction de genre.
*Problème posé : L’Art pour l’art / l’engagement littéraire / la fonction (rôle/importance/objectif)
de la littérature (écrivain/œuvre littéraire/art/artiste).
*problématique : l’acte de l’écriture n’est-il qu’un acte gratuit au service de l’art ? l’écrivain
(l’artiste) ne peut-il pas mettre son œuvre (son art) au service d’une cause qu’il défend ? La
littérature ne peut-elle pas se charger d’une fonction utilitaire permettant de défendre une
cause ?/En tant que fille de la société, la littérature doit-elle se détourner des maux que rencontre
celle-ci ?
Plan possible :
Ière partie : Montrer que la littérature est avant tout un art qui se doit se charger d’une mission
purement artistique.
1 – Elle est le lieu de la création où se libèrent les forces de l’imagination.
*création des lieux / des personnages / de l’intrigue / imprécision du temps…
2 – Elle vise à distraire et à divertir le lecteur en le plongeant dans un univers onirique
*fonction distractive / évasion du lecteur des réalités de la triste condition humaine.
3 – Elle obéit à des normes esthétiques bien précises
*inscription du texte dans un genre littéraire / respect ou non-respect des normes de composition de
certains genres (canons esthétique).

IIème partie : Montrer que la littérature peut permettre à l’écrivain de défendre une cause, qu’elle
peut être une arme dont se sert l’écrivain pour :
1 – Poser les problèmes sociaux
*dénonciation par l’évocation et la description des manifestations en vue d’éveiller la conscience
des lecteurs.
2 – Proposer des solutions à ces problèmes
*donner des enseignements/des leçons de vie aux divers lecteurs
3 – Susciter un changement, une amélioration ou une dégradation des rapports sociaux.

Synthèse : Établir une concession entre ces deux thèses en montrant que la littérature combine des
préoccupations artistiques, esthétiques et sociales, utilitaires, éthique.
Sujet 2 :
*Type de plan : Analytique (développement de la thèse de l’auteur en deux parties)
*Domaine d’application : les œuvres théâtrales (s’assurer que les illustrations ne sont pas
exclusivement tirées d’un sous-genre théâtrale).
*Problème : les fonctions du texte théâtral.
Problématique : Quelles sont les fonctions du théâtre ? Comment le théâtre concilie-t-il les
différentes fonctions qui lui reconnaît Neiluj Ruhtra ?
(NB : S’assurer de la bonne formulation de la problématique qui doit être purement analytique sans
laisser entendre des limites éventuelles)
Plan possible : Appliquer le plan ci-dessus (sujet 1) au théâtre(les particularités du théâtre doivent
être mises en exergue) en laissant la liberté au candidat de commencer par la partie de son choix.

Sujet 3 : La dissertation littéraire


À la fin de son œuvre Les Mots, Jean-Paul Sartre écrit : « Longtemps j'ai pris ma plume
pour une épée, à présent je connais notre impuissance. N’importe : je fais, je ferai des livres ; il en
faut ; cela sert tout de même. »
Appréciez cette assertion à la lumière de votre expérience de lecteur des œuvres
relevant des trois genres littéraires majeurs.

Type de plan : Dialectique


Domaine d’application : Les œuvres romanesques, poétiques et théâtrales (le sujet imposent
que les trois genres soient cités dans le devoir)
Reformulation du sujet : Ce sujet peut être perçu de deux manières possibles par le
candidat :
- Malgré l’incapacité de son œuvre à agir concrètement contre les problèmes sociaux,
l’écrivain doit continuer de produire des œuvres utiles à la société.
- Malgré son désir de continuer à produire des œuvres pouvant être utile à la société,
l’écrivain doit se rendre à l’évidence de l’incapacité de celle-ci à agir concrètement
(dans le combat contre les problèmes sociaux.)
NB : La seconde reformulation constitue la bonne manière d’appréhender ce sujet car le constat
de l’impuissance de l’œuvre à agir comme une arme vient après l’acte de création, de production
de l’œuvre. On comprend plus aisément dès lors que pour Jean-Paul Sartre, l’écrivain produit des
œuvres utiles mais celles-ci ne constituent pas une puissance capable de changer le monde.
Problème : ce sujet invite à réfléchir sur le problème de la capacité (incapacité) de l’œuvre
littéraire à transformer le monde/La puissance de la littérature/ L’impact d’une œuvre
littéraire sur la société.
NB : ceux des candidats qui développeront donc le thème de la fonction (rôle, importance…)
de l’écrivain dans la société ne feront qu’effleurer le nœud du problème et se retrouveront par
conséquent hors-sujet.
Problématique : La littérature ne constitue-t-elle pas une puissance capable de changer le
monde ? Les œuvres littéraires n’ont-elles réellement jamais contribué à corriger certains
fléaux qui entravaient l’évolution de l’humanité ?
Plan possible pour le développement de ce sujet
I - Première partie (soutenir la thèse de l’auteur) : Montrer que malgré désir de délation
qui anime son auteur, malgré sa volonté de combattre les maux qui minent la société, l’œuvre
littéraire ne constitue pas une puissance capable d’agir concrètement et de transformer le
monde.
1 – Mettre en évidence la volonté d’un écrivain à produire des œuvres utiles à la
société à travers une orientation qui engage son œuvre dans la lutte contre les problèmes
sociaux (ses fonctions lyrique, satirique, didactique, éthique)
2 – Montrer donc que, malgré cette volonté d’agir, malgré cette action abstraite,
l’écrivain ne dispose pas d’un moyen pour agir concrètement contre ces fléaux dont il décrit
les manifestations pour mieux les décrier.
II – Deuxième partie (Le dépassement, les limites de la thèse de Jean-Paul Sartre) :
Montrer que, dans l’histoire du monde combinée à celle de la littérature, il existe des œuvres
qui ont un impact positif sur la société en permettant d’éradiquer certains fléaux qu’elles
dénonçaient.
1 – Montrer, avec des exemples à l’appui (Une saison blanche et sèche ; Le Dernier jour
d’un condamné ; Black boy ; L’exécution ; Les Mouches etc.), qu’il existe des œuvres qui ont
transformé positivement et concrètement la société au-delà de la simple dénonciation.
2 – Montrer avec Sartre que le simple fait de dire témoigne de la volonté d’agir
et constitue par ce même fait un acte concret qui interpelle non pas la conscience collective
mais individuelle de chacun des lecteurs
EXERCICE DE TYPE i :
De la contraction de texte

Aussi présente dans les épreuves concours nationaux que la dissertation, la contraction de
texte, sujet de type 1 dans les épreuves de l’OBC, se caractérise surtout par l’intensité du travail à
fournir. D’une part, elle invite le candidat à contracter un texte donné en en faisant un résumé ou
une analyse. D’autre part, elle lui impose une discussion sur un énoncé – l’un des plus importants
parce qu’il propose très souvent la thèse soutenue par l’auteur ou porte sur le thème central –
extrait du texte initial. Ce document, loin de revenir sur la méthodologie de la discussion qui
épouse celle de la dissertation dans les sujets obéissant exclusivement au plan dialectique, vous
propose des indications méthodologiques susceptibles de vous pousser à aborder et à réussir
votre sujet de contraction de texte.
I – Présentation De L’eXerCiCe

1 – Définition : Contracter c’est resserrer, rétrécir, raccourcir, réduire en un moindre volume un


élément plus étendu. La contraction de texte est donc un exercice littéraire d’analyse de texte qui
invite le candidat à réduire en un volume moindre le nombre de mots contenus dans un texte
donné sans en modifier le contenu sémantique. Elle l’invite à restituer avec fidélité le message de
ce texte tout en variant sa forme, en faisant usage d’un lexique qui lui est propre. Cet exercice
nécessite donc une fidélité dans le fond du texte et une variation de sa forme.

2 – Objectifs : La contraction de texte vise à développer l’esprit de synthèse. Elle permet d’assurer
la capacité à restituer fidèlement avec précision et concision et dans une expression variée,
l’essentiel du message véhiculé dans un texte plus étendu. Elle permet, en outre, de s’assurer de la
capacité du candidat à lire un texte et à l’analyser dans le souci de le débarrasser de tout le
superflu, l’accessoire pour ne retenir que ce qui est essentiel.

3 – la composition d’un sujet de contraction de texte : un sujet de contraction de texte comporte


deux principales parties. Il s’agit de :
- la contraction proprement dite : elle porte sur un texte généralement de type
argumentatif ou explicatif contenant entre 500 et 700 mots. C’est ce texte que le candidat est
appelé à contracter c’est-à-dire, en faire, en fonction de la consigne, un résumé ou une analyse
dans le strict respect des principes de chacun de ces exercices ; des principes qui vous seront
précisés, explicités dans la suite de la démarche méthodologique.
- la discussion : c’est un sujet de dissertation d’ordre général à plan exclusivement
dialectique qui porte sur un énoncé extrait du texte préalablement contracté. En tant que telle, sa
préparation et sa rédaction obéissent à toutes les étapes de la méthodologie de la dissertation (cf.
N°1 de Méthodologies). L’extrait choisi comme énoncé du sujet de discussion est très souvent
fondamental, significatif pour la compréhension du texte à contracter du fait que la thèse défendue
par l’auteur y est souvent explicitement ou implicitement inscrite.

II – L’anaLYse DU teXte

Analyser un texte à contracter consiste à élaborer un ensemble d’activités secondaires


visant à faciliter une parfaite compréhension du texte. Ces activités peuvent se ramener en deux
principales phases qui précèdent la rédaction du devoir proprement dit. Il s’agit de la phase de
compréhension et de celle de décomposition du texte.

Corpus : (texte de base sur lequel s’appuie le travail pratique)


Les esprits géométriques sont souvent faux dans le train de la vie ordinaire ; mais cela
vient même de leur extrême justesse. Ils veulent trouver partout des vérités absolues, tandis
qu’en morale et en politique, les vérités sont relatives. Il est rigoureusement vrai que deux et
deux font quatre ; mais il n’est pas de la même évidence qu’une bonne loi à Athènes soit une
bonne loi à Paris. Il est de fait que la liberté est une chose excellente : d’après cela, faut-il
verser des torrents de sang pour l’établir chez un peuple, en tel degré que ce peuple ne la
comporte pas ?

En mathématiques, on ne doit regarder que le principe, en morale que la conséquence.


L’un est une vérité simple, l’autre une vérité complexe. D’ailleurs, rien ne dérange le compas
du géomètre, et tout dérange le cœur du philosophe. Quand l’instrument du second sera aussi
sûr que celui du premier, nous pourrons espérer de connaître le fond des choses ; jusque-là il

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faut compter sur des erreurs. Celui qui voudrait porter la rigidité géométrique dans les
rapports sociaux deviendrait le plus stupide ou le plus méchant des hommes.

Les mathématiques, d’ailleurs, loin de prouver l’étendue de l’esprit dans la plupart des
hommes qui les emploient, doivent être considérées, au contraire, comme l’appui de leur
faiblesse, comme le supplément de leur insuffisante capacité, comme une méthode
d’abréviation propre à classer les résultats dans une tête incapable d’y arriver d’elle-même.
Elles ne sont en effet que des signes généraux d’idées qui nous épargnent la peine d’en avoir,
des étiquettes numériques d’un trésor que l’on n’a pas compté, des instruments avec lesquels
on opère, et non les choses sur lesquelles on agit…

Mais si, exclusivement à toute autre science, vous endoctrinez un enfant dans cette
science qui donne peu d’idées, vous courrez le risque de tarir la source des idées même de cet
enfant, de gâter le plus beau naturel, d’éteindre l’imagination la plus féconde, de rétrécir
l’entendement le plus vaste. Vous remplissez cette jeune tête d’un fracas de nombres et de
figures qui ne lui représentent rien du tout ; vous l’accoutumez à se satisfaire d’une somme
donnée, à ne marcher qu’à l’aide d’une théorie, à ne faire jamais usage de ses forces, à
soulager sa mémoire et sa pensée par des opérations artificielles, à ne connaître et finalement
à n’aimer, que ces principes rigoureux et ces vérités absolues qui bouleversent la société.

On a dit que les mathématiques servent à rectifier dans la jeunesse les erreurs du
raisonnement. Mais on a répondu très ingénieusement et très solidement à la fois, que pour
classer des idées, il fallait premièrement en avoir ; que prétendre arranger l’entendement d’un
enfant, c’était vouloir arranger une chambre vide. Donnez-lui d’abord des notions claires et
ses devoirs moraux et religieux ; enseignez-lui les lettres humaines et divines. Ensuite, quand
vous aurez donné les soins nécessaires à l’éducation du cœur de votre élève, mettez-y de
l’ordre, si vous voulez, avec la géométrie.

En outre, est-il bien vrai que l’étude des mathématiques soit si nécessaire dans la
vie ?s’il faut des magistrats, des ministres, des classes civiles et religieuses, que font à leur état
les propriétés d’un cercle ou d’un triangle ? On ne veut plus, dit-on, que des choses positives.
Hé, grand Dieu ! qu’y a-t-il de moins positif que les sciences, dont les systèmes changent
plusieurs fois par siècle ?

Chateaubriand, Le Génie du christianisme, 3e partie, Livre II, chapitre 1, 1804.

A – PHASE DE LA COMPREHENSION DU TEXTE


Assurer la compréhension du texte à contracter revient à organiser, commencer votre
travail en quatre ou cinq étapes successives s’impliquant les unes les autres.

1 – Lire le texte
La lecture du texte est une activité incontournable qui permet non seulement de
s’imprégner du texte mais encore de relever certains de ses aspects caractéristiques tels que le
thème, le système énonciatif, la thèse défendue, et éventuellement, la thèse réfutée par l’auteur.

2 – Découvrir du thème du texte


Après la lecture du texte, le candidat doit être capable de formuler clairement l’idée
développée dans le texte. Découvrir le thème d’un texte revient à répondre à la question de savoir
de quoi parle le texte. Cette question permet de découvrir le référent textuel principal qui peut
explicitement ou implicitement s’inscrire dans l’énoncé.
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Manipulation du corpus : Le texte corpus parle de L’importance, la nécessité des mathématiques
dans la vie d’un être humain.

3 – Formuler (éventuellement) la thèse réfutée


La thèse, c’est un point de vue sur un thème donné. La thèse réfutée est donc celle que
combat l’auteur dans son texte. Très souvent, elle ne s’inscrit pas explicitement dans l’énoncé.
Mais certains auteurs choisissent de l’exposer en début bien avant d’entamer leur argumentaire.
Elle est souvent attribuée dans ce cas à la généralité. Par ailleurs, certaines stratégies
argumentatives telles que l’examen critique ou encore la réfutation conduisent l’auteur à exposer
les arguments sur lesquels s’appuient les adeptes de la thèse réfutée. L’auteur, dans ce cas, oppose
à chacun de ces contre-arguments et de manière progressive un argument permettant de construire
sa propre thèse.
Manipulation du corpus : La thèse réfutée ne s’inscrit pas explicitement dans cet énoncé. Mais
implicitement il se lit que Les mathématiques sont absolument utiles, nécessaires dans l’éducation
et la vie quotidienne d’un être humain.

4 – Formuler la thèse défendue par l’auteur


Cette étape consiste à formuler clairement le message exprimé par l’auteur, c’est-à-dire
l’opinion de celui-ci sur le thème développée dans le texte. Le candidat doit de ce fait se demander
que pense l’auteur de ce thème. Si le thème est généralement un groupe nominal ou un nom, la
thèse, elle, s’inscrit dans une phrase verbale à structure complète.
Manipulation du corpus : l’auteur défend la thèse selon laquelle : Les mathématiques ne sont pas
d’une absolue nécessité pour la formation morale, politique, intellectuelle et professionnelle de
l’individu.

5 – Observer le système énonciatif


Il s’agit de remarquer l’implication ou non à travers des indices explicites qui se réfèrent
au locuteur dans le texte car, si ce dernier est explicitement présent, cette présence est explicite
devra plus tard être reconduite dans le cas précis du résumé de texte.
Manipulation du corpus : La présence du locuteur dans ce texte est explicitement signalée par
l’usage du pronom personnel « nous » dans le second paragraphe. Dans le résumé, ce système
énonciatif doit être reconduit.

B – PHASE DE LA DECONSTRUCTION DU TEXTE : DISTINGUER L’+ESSENTIEL


DE L’ACCESSOIRE
L’objectif visé par cette phase d’activités est celui de retenir l’essentiel d’un texte
argumentatif. Pour y arriver, le candidat doit, afin de distinguer les idées essentielles de celles qui
sont accessoires, maîtriser la structure globale d’un texte argumentatif et celle d’un paragraphe
relevant de ce type de texte. Il convient ainsi d’exposer, d’une part, le circuit d’une argumentation
et l’importance des connecteurs logiques.

1 – Dégager le circuit argumentatif


Dégager le circuit argumentatif du texte à contracter revient à procéder à une lecture
progressive du texte paragraphe après paragraphe afin de relever les arguments sur lesquels
s’appuie l’auteur pour soutenir sa thèse afin de montrer la pertinence, la justesse de celle-ci. Pour
cela, il est nécessaire de rappeler prioritairement la structure normale d’un texte argumentatif en
prenant le soin de distinguer les idées essentielles de celles accessoires.

a – La structure d’un texte argumentatif


Il développe un thème à travers une thèse que l’auteur soutient par des arguments
progressivement illustrés par des exemples. L’objectif ainsi visé est de convaincre de la justesse de
la thèse que l’on défend.

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b – La structure du paragraphe argumentatif
Il développe une idée secondaire à la thèse de l’auteur et que nous pourrons dans le cadre
de notre travail appeler Idée directrice (ID) ou Idée maîtresse (IM). C’est pour cette idée que le
paragraphe est construit. Cette idée directrice est soutenue par un certain nombre d’arguments
(IArg) qui lui sont secondaires car ils l’expliquent ou la justifient. Chacun des arguments ainsi
exposés est illustré par des exemples (IEx) qui lui confèrent une valeur de par leur pertinence.
L’exemple achève de convaincre le lecteur de la pertinence de l’argument qui soutient l’idée
directrice de tout le paragraphe. Ces différents types d’idées sont reliées entre elles par des mots
outils, chevilles appelées connecteurs logiques et qui indiquent la relation logique entre les idées.

c – Les idées essentielles d’un texte


Si dégager le circuit argumentatif du texte revient à reconstituer la suite des arguments et
exemples qui, explicitement ou implicitement viennent à l’appui à la thèse de l’auteur et
éventuellement à celle qu’il réfute, retenir l’essentiel par contre nous invite à ne retenir de tout le
propos de l’auteur que : le thème, la thèse, les idées directrices et les arguments. Et, ainsi, de
chacun des paragraphes, on ne retiendra que l’idée directrice et les arguments. Il est conseillé au
candidat de les reformuler directement dans des phrases verbales complètes et correctes. Le
danger ici consiste à recopier les phrases du texte au lieu de retenir les idées exprimées dans
celles-ci. Il faut donc éviter le plagiat à ce niveau.

d – Les idées accessoires du texte


Ce sont les exemples qui ont une valeur purement illustrative. Ceux-ci n’ont aucune place
dans la construction de notre contraction. Il en est de même pour les reprises des mêmes idées
dans le texte conçues par l’auteur pour marquer l’insistance et ainsi attirer l’attention du lecteur
sur le point focal ou sur un point secondaire important dans sa démonstration.

2 – Repérer la stratégie argumentative et le mode de raisonnement


Dans une argumentation, le but visé par l’auteur peut être de démontrer, de convaincre,
de persuader ou de délibérer.
 Démontrer : La démonstration implique un raisonnement basé sur des faits
vérifiables ou des données objectives ; dans ce cas-là, les arguments sont
irréfutables car ils sont liés à des données scientifiquement vérifiables. Les
arguments sont présentés de façon logique et la rigueur est essentielle qui implique
une mise en ordre particulière.
Modes de raisonnement :
- le plus utilisé ici est le raisonnement par déduction : les arguments se suivent
logiquement et vont du général vers le particulier.
- Le raisonnement inductif part de l’exemple pour aboutir à des conclusions
d’ordre général
- Le raisonnement par l’absurde : il consiste à développer un argument afin
d’aboutir à une conclusion identifiée comme fausse.
Procédés :
. Peu ou absence de marque de subjectivité : celui qui parle s’efface au profit des
faits qu’il expose
. De nombreux connecteurs logiques structurent le raisonnement pour faciliter sa
compréhension.
. Usage d’un présent à valeur de vérité générale pour conférer un caractère
irréfutable à ses idées.
 Convaincre : elle consiste à obtenir l’adhésion du destinataire par la voix de la
raison. Une démarche intellectuelle, des connaissances partagées sont nécessaires

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entre celui qui parle et celui qu’il cherche à convaincre. Des éléments objectifs
permettent un échange de points de vue.
Modes de raisonnement :
- Le raisonnement par analogie : il consiste à mettre en relation des situations
différentes par leur contexte mais similaire dans leur déroulement. La conclusion
nait de cette mise en parallèle.
- Le raisonnement par concession : il consiste à admettre une partie des
arguments de l’adversaire ; la thèse contraire (généralement celle que l’auteur
défend) se développe en réfutant l’autre partie de l’argument.
Procédés :
- Des connecteurs logiques permettant de nuancer le propos ;
- Des figures d’opposition permettant de confronter les points de vue ;
- Des parallélismes.
 Persuader : c’est une stratégie qui consiste à obtenir l’adhésion du destinataire par
la voie des sentiments. La stratégie d’argumentation choisie cherche à produire des
émotions chez le destinataire de manière à obtenir qu’il partage la même opinion
que le locuteur.
Procédés :
- Interpellation du destinataire ;
- Usage des arguments ad hominem (invocation des raisons personnelles : vie
privée, physique, personnalité pour attaquer la thèse de l’adversaire)
- Usage des figures d’insistance ;
- Fréquence des marques de la subjectivité du locuteur ;
- Lexique des sentiments.
 Délibérer : c’est une stratégie qui consiste à poser un problème et à examiner les
différentes manières d’y répondre. Le débat fait état de divers points de vue
représentés alors par plusieurs personnages. Il peut également s’agir d’un débat
intérieur ou d’une réflexion personnelle.
Procédés :
- Usage des phrases exclamatives et interrogatives ;
- Usage des figures d’opposition ;
- Les modes et temps verbaux permettant d’exprimer l’hypothèse
(conditionnel/futur)
- Usage des modalisateurs d’incertitude.
Évaluation : déterminer la stratégie argumentative et le mode de raisonnement adoptés par René
Chateaubriand dans le texte corpus.

Manipulation du corpus :
Il est conseillé au candidat de procéder au relevé des idées essentielles dans des phrases
verbales à structure complète et en les reformulant immédiatement.
Notre corpus est bien particulier parce qu’il présente les deux thèses et leurs arguments.
Nous relèverons de ce fait, d’une part, les arguments pour la thèse de l’auteur en bleu et, d’autre
part, les contrarguments qui servent à défendre la thèse réfutée en violet et en italique.

a) Les mathématiques sont extrêmement justes et conduisent à des vérités absolues.


b) La rigidité du raisonnement mathématique ne peut convenir à la complexité du caractère
humain.
c) Il n’existe aucune adéquation entre les mathématiques et la vie quotidienne, notamment dans
le domaine de la morale et la politique où il n’existe que des vérités relatives.
d) Les mathématiques sont le signe même de l’intelligence humaine et une méthode
d’optimisation de la pensée.
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e) Les mathématiques réduisent l’esprit humain à élaborer des raisonnements stériles et
constituent en fait une entrave à la réflexion et une réduction du potentiel intellectuel,
spirituel et intuitif de l’homme.
f) Les mathématiques sont une limitation apportée au pouvoir d’imagination de l’enfant et à
l’autonomie de sa capacité de réflexion en lui évitant toute forme de raisonnement complexe.
g) Les mathématiques permettent de corriger les erreurs de jugement chez l’enfant.
h) Pour mieux raisonner, il faut posséder la matière sur laquelle raisonner. L’éducation morale,
religieuse ou littéraire, qui fournit à l’individu des notions sur lesquelles les mathématiques
pourront introduire rigueur et logique, est nécessaire et incontournable.
i) Les mathématiques constituent une aide pour la vie professionnelle.
j) Les mathématiques sont inutiles dans l’exercice d’un bon nombre d’activités
professionnelles.

Évaluation : *Précisez dans quel paragraphe du texte chacune des idées ci-dessus a été
relevée.
*Relevez les exemples qui sont successivement développés dans le texte : ont-
ils une valeur illustrative ou argumentative ?

2 – Retenir les relations logiques


Le texte présente généralement une multitude de relations logiques c’est-à-dire la nature
de la liaison, le rapport de sens qu’entretiennent entre elles les idées du texte. Ces relations
peuvent rester implicites en étant simplement indiquées par la ponctuation. Mais le plus souvent,
elles sont indiquées par des mots outils de natures diverses appelés connecteurs logiques. Ces
relations et les connecteurs qui les expriment sont consignés dans le tableau ci-après :

Relations logiques Coordonnants Subordonnants Prépositions


(conjonctions et
pronoms relatifs)
Addition Et, en outre, de plus, Outre, en plus de
aussi, par ailleurs,
d’ailleurs
Explication/justification En effet, car Parce que, puisque, A cause de, en raison
étant donné que de, du fait de, grâce à
comme
Exclusion/restriction Ni…ni, ou, ne… que, Sauf, excepté,
seulement hormis, sans, à
l’exclusion de
Conséquence Donc, par conséquent, Au point que, de sorte Assez…pour
aussi, c’est pourquoi que, si bien que
Concession Certes, cependant, Bien que, quoique, Malgré, en dépit de,
néanmoins même si au lieu de, au-delà de
Opposition Mais, en revanche, Bien que, quoique, Contre, au contraire
par contre, au tandis que, alors que
contraire
Comparaison Autant que, Autant de…autant
plus…que, ainsi que, de…
de même que, tel que,
comme
Hypothèse/condition Si, au cas où, En cas de…

Illustration

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Évaluation : Relevez les connecteurs logiques employés dans le texte puis déduisez la relation
logique exprimée entre les idées par chacun d’un. Quelle est la relation logique qui
prédomine ? Par quels autres mots peut-on remplacer ces connecteurs sans changer la nature
de la relation logique ? Quelles sont les relations logiques qu’il faut maintenir dans le texte
contracté ?

III - reDaCtion D’Un Devoir De ContraCtion De teXte : LES PRINCIPES


DU resUMe et De L’anaLYse
Dans la pratique de la contraction de texte au secondaire, on distingue deux exercices
possibles qui ne sont nullement proposés à la fois au choix du candidat. La consigne d’écriture lui
impose un exercice qu’il est contraint de produire. Il peut s’agir du RESUME ou de l’ANALYSE
de texte. Le nom de l’exercice précède la consigne et est repris au sein de celle-ci.
Ainsi, pour mieux produire un résumé ou une analyse de texte le candidat doit avoir une
parfaite maîtrise des principes qui régissent la rédaction de l’un et de l’autre de ces deux exercices
bien distincts. Ces principes se fondent sur quatre principaux points qui permettent de distinguer
l’analyse du résumé. Il s’agit du nombre de mots, de la disposition des idées, du système
énonciatif et de la structure du devoir.

1 – Le Nombre de mots
Le résumé de texte se rédige généralement au quart (1/4) du nombre de mots du texte
initial. L’analyse de texte, quant à elle, se produit au tiers (1/3) du nombre de mots du texte initial.
Une marge de tolérance de 10% (du ¼ ou du 1/3) en plus ou en moins est admise. De plus en plus,
les épreuves indiquent le nombre de mots que doit contenir le texte contracté mais le calcul du
pourcentage de la marge de tolérance est souvent laissé aux soins du candidat. Il est donc très
important, en fonction de l’exercice, de délimiter le nombre de mots.
Exemple : soit un texte de 600 mots à contracter :
*le nombre de mots de son résumé se calcule ainsi qu’il suit :
600/4=150 ; 150*10/100=15 ; 150+15=165 ; 150-15=135 Résumé=/135-165/ mots.
*le nombre de mots de son analyse se calcule ainsi qu’il suit :
600/3=200 ; 200*10/100=20 ; 200+20=220 ; 200-20=180 ; Analyse=/180-220/ mots.

2 – Le Système énonciatif
Dans un résumé de texte, le style est personnel, c’est-à-dire que le candidat se substitue à
l’auteur. Il reproduit, à cet effet, le système énonciatif du texte initial. Il fonctionne lui-même
comme un élément du texte qu’il contracte. Ainsi, si l’auteur a fait usage de la première personne,
il faut que celle-ci réapparaisse dans son résumé. Toute référence à l’auteur est donc prohibée.

Dans une analyse de texte, le candidat est un élément externe qui rend compte de sa lecture
du texte sans s’impliquer et tout en s’empêchant d’y ajouter des commentaires personnels. Le
style ici est totalement impersonnel. Le candidat traduit en ses propres termes, le contenu du texte
de l’auteur en laissant entendre que les idées ne sont pas de lui mais celui qui a écrit le texte et à
qui il fait régulièrement référence pour exposer les idées essentielles du texte. Il peut donc utiliser
des expressions ci-après :
- Dans ce texte extrait de… l’auteur parle de…
- Il s’oppose à ceux qui considèrent que… (si la thèse réfutée est formulée) parce que…
- Pour lui,…
- Il considère que…
- Il affirme que…
- Il soutient fermement que…
- Il ajoute que…
- L’auteur conclut que…

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3 – L’Ordre de la disposition des idées
Dans un résumé de texte, la disposition des idées obéit à un ordre chronologique. C’est-à-
dire que le candidat est contraint de respecter et de suivre le schéma, le circuit argumentatif du
texte initial, sa structure. Les idées essentielles retenues réapparaissent dans le même ordre qu’à
l’intérieur du texte initial, du début vers la fin.
Dans une analyse, la disposition des idées obéit à un ordre logique. En effet, le candidat
peut être appelé à refaire, à réorganiser la structure du texte initial dans son texte contracté en
respectant la logique de l’argumentation. Ainsi, il exposera d’abord le thème central du texte,
ensuite la thèse que l’auteur défend, puis les arguments qui soutiennent la thèse de l’auteur, enfin
il présente la conclusion à laquelle l’auteur aboutit. Si par contre le texte présente deux thèses
(thèse soutenue et thèse réfutée), il est recommandé d’exposer tour à tour et dans cet ordre : le
thème, la thèse réfutée et ses arguments, la thèse soutenue et ses arguments pour finir avec la
conclusion à laquelle il aboutit. Cette dernière consiste souvent à montrer la pertinence de la thèse
soutenue par l’auteur.

4 – La Structure de texte contracté


Quel que soit l’exercice, le type de contraction à rédiger, le résumé ou l’analyse, le texte se
contracte en un bloc dans un paragraphe unique cohérent et cohésif qui restitue fidèlement le
message du texte initial sur le plan du fond mais avec une forme variée, un vocabulaire propre au
candidat. Cependant, dans le cas particulier de l’analyse d’un texte à deux thèses (thèse défendue
et thèse réfutée), le candidat peut structurer son analyse autour de deux paragraphes exposant pour
le premier, le thème central du texte, la thèse réfutée, ses arguments, et pour le second, la thèse
explicitement soutenue, défendue par l’auteur, ses arguments et la conclusion à laquelle l’auteur
parvient dans son texte.

Ces principes permettant de distinguer le résumé de l’analyse de texte sont résumés dans le
tableau ci-après :

N Les principes des Principes du Résumé Principes de l’Analyse


exercices
1 Le Nombre de mots ¼ du nombre de mots du 1/3 du nombre de mots du
texte initial texte initial

2 Le système énonciatif Celui du texte initial : style Troisième personne :


personnel permettant au style impersonnel faisant
candidat de se substituer à du candidat un élément
l’auteur extérieur qui rend compte
de sa lecture du texte
3 L’ordre de la disposition L’ordre chronologique L’ordre logique
des idées
4 La structure de texte Un paragraphe unique Au trop deux
contracté paragraphes.

Évaluation : - En prenant appui sur le travail préalablement mené, en respectant les principes ci-
dessus indiqués et en s’efforçant d’éviter le plus possible les répétitions, produisez un résumé de
notre texte corpus.

- Produisez également une analyse de texte en respectant la logique de


réorganisation suivante du texte. Vous respecterez également les principes de l’analyse
préalablement présentés.

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- Déterminer l’intervalle du nombre de mots que doit contenir chacun de ces
exercices, puis précisez le nombre de mots que comportent tour à tour votre résumé et votre
analyse.

L’importance, la nécessité des mathématiques dans la vie d’un être humain.

*Les mathématiques sont absolument utiles, nécessaires dans l’éducation et la vie quotidienne
d’un être humain.
-Les mathématiques sont extrêmement justes et conduisent à des vérités absolues
-Les mathématiques sont le signe même de l’intelligence humaine et une méthode d’optimisation
de la pensée.
-Les mathématiques permettent de corriger les erreurs de jugement chez l’enfant.
-Les mathématiques constituent une aide pour la vie professionnelle.

*Les mathématiques ne sont pas d’une absolue nécessité pour la formation morale, politique,
intellectuelle et professionnelle de l’individu.
-La rigidité du raisonnement mathématique ne peut convenir à la complexité du caractère humain.
-Il n’existe aucune adéquation entre les mathématiques et la vie quotidienne, notamment dans le
domaine de la morale et la politique où il n’existe que des vérités relatives
-Les mathématiques réduisent l’esprit humain à élaborer des raisonnements stériles et constituent
en fait une entrave à la réflexion et une réduction du potentiel intellectuel, spirituel et intuitif de
l’homme.
-Les mathématiques sont une limitation apportée au pouvoir d’imagination de l’enfant et à
l’autonomie de sa capacité de réflexion en lui évitant toute forme de raisonnement complexe.
-Pour mieux raisonner, il faut posséder la matière sur laquelle raisonner. L’éducation morale,
religieuse ou littéraire, qui fournit à l’individu des notions sur lesquelles les mathématiques
pourront introduire rigueur et logique, est nécessaire et incontournable.
-Les mathématiques sont inutiles dans l’exercice d’un bon nombre d’activités professionnelles.

NB : Quelques conseils pratiques pour la réduction du nombre de mots.

Il peut arriver qu’après avoir élaboré tout ce travail, le nombre de mots de votre texte
contracté dépasse de loin ou alors n’atteigne pas l’intervalle requis par la consigne. Dans ce cas,
souvenez-vous, loin de toute panique, de ces quelques techniques de réduction du nombre de
mots :

 Les propositions subordonnées relatives sont des subordonnées adjectives. Elles peuvent
donc être remplacées par des adjectifs qualificatifs ou des compléments de noms et,
inversement pour le cas contraire.
 Les subordonnées conjonctives pures (complétives) sont des subordonnées nominales qui
peuvent se substituer par des noms ou groupes nominaux dans le cadre de la contraction.
 De même, les subordonnées circonstancielles sont des subordonnées adverbiales pouvant
être remplacées par des adverbes ou groupes nominaux exprimant la même circonstance.
 Le candidat peut également faire usage des termes génériques, globalisants, des
hypéronymes pour remplacer les énumérations qui se réfèrent à un même ensemble
logique.
 Il faut également éviter trop de répétitions des mêmes groupes nominaux qui peuvent être
substitués par des pronoms.

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NB : LE DECOMPTE DES MOTS

Dans son ouvrage, Le Bon Usage, Maurice Grevisse définit le mot comme « une suite de
sons – ou de lettres, si on envisage la langue écrite – qui a une fonction dans une phrase et qui ne
peut se diviser en unités plus petites répondant à la même définition ». Cette définition permet de
comprendre que, lors du décompte des mots, à la fin de la rédaction du résumé ou de l’analyse,
les noms composés de mots séparés ne pourront pas être considérés comme un mot mais on y
considérera le nombre de mots qui composent le groupe. Exemple, Le « chemin de fer » sera
composé des mots : chemin, de, fer (trois mots qui constituent un nom) ; « arc-en-ciel » même si
l’on observe une exception, devrait être considéré de la même manière.

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FICHE DE TRAVAUX DIRIGES : analyse du texte et préparation a la
réDaCtion D’Un résUMé et D’Une anaLYse De teXte

Il est conseillé au candidat de procéder au relevé des idées essentielles dans des phrases verbales
à structure complète et en les reformulant immédiatement.

k) Les mathématiques sont extrêmement justes et conduisent à des vérités absolues.


l) La rigidité du raisonnement mathématique ne peut convenir à la complexité du caractère
humain.
m) Il n’existe aucune adéquation entre les mathématiques et la vie quotidienne, notamment dans
le domaine de la morale et la politique où il n’existe que des vérités relatives.
n) Les mathématiques sont le signe même de l’intelligence humaine et une méthode
d’optimisation de la pensée.
o) Les mathématiques réduisent l’esprit humain à élaborer des raisonnements stériles et
constituent en fait une entrave à la réflexion et une réduction du potentiel intellectuel,
spirituel et intuitif de l’homme.
p) Les mathématiques sont une limitation apportée au pouvoir d’imagination de l’enfant et à
l’autonomie de sa capacité de réflexion en lui évitant toute forme de raisonnement complexe.
q) Les mathématiques permettent de corriger les erreurs de jugement chez l’enfant.
r) Pour mieux raisonner, il faut posséder la matière sur laquelle raisonner. L’éducation morale,
religieuse ou littéraire, qui fournit à l’individu des notions sur lesquelles les mathématiques
pourront introduire rigueur et logique, est nécessaire et incontournable.
s) Les mathématiques constituent une aide pour la vie professionnelle.
t) Les mathématiques sont inutiles dans l’exercice d’un bon nombre d’activités
professionnelles.
Évaluation : produire un résumé du texte corpus en respectant la disposition des idées ci-dessus.
DU RESUME DE TEXTE A L’ANALYSE

L’importance, la nécessité des mathématiques dans la vie d’un être humain.

*Les mathématiques sont absolument utiles, nécessaires dans l’éducation et la vie quotidienne
d’un être humain.
-Les mathématiques sont extrêmement justes et conduisent à des vérités absolues
-Les mathématiques sont le signe même de l’intelligence humaine et une méthode d’optimisation
de la pensée.
-Les mathématiques permettent de corriger les erreurs de jugement chez l’enfant.
-Les mathématiques constituent une aide pour la vie professionnelle.

*Les mathématiques ne sont pas d’une absolue nécessité pour la formation morale, politique,
intellectuelle et professionnelle de l’individu.
-La rigidité du raisonnement mathématique ne peut convenir à la complexité du caractère humain.
-Il n’existe aucune adéquation entre les mathématiques et la vie quotidienne, notamment dans le
domaine de la morale et la politique où il n’existe que des vérités relatives
-Les mathématiques réduisent l’esprit humain à élaborer des raisonnements stériles et constituent
en fait une entrave à la réflexion et une réduction du potentiel intellectuel, spirituel et intuitif de
l’homme.
-Les mathématiques sont une limitation apportée au pouvoir d’imagination de l’enfant et à
l’autonomie de sa capacité de réflexion en lui évitant toute forme de raisonnement complexe.
-Pour mieux raisonner, il faut posséder la matière sur laquelle raisonner. L’éducation morale,
religieuse ou littéraire, qui fournit à l’individu des notions sur lesquelles les mathématiques
pourront introduire rigueur et logique, est nécessaire et incontournable.
-Les mathématiques sont inutiles dans l’exercice d’un bon nombre d’activités professionnelles.
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Évaluation : produire un Analyse du texte corpus en respectant la disposition des idées ci-dessus.

Sujet proposé à l’une des mini sessions intensives du collège Vogt par Mme Solange Colette
Ezo’o Ngah

La littérature africaine, comme peut-être toutes les littératures, est née sous le signe de
l’engagement. Elle est née de la volonté de protester contre l’injustice sociale ; cette littérature en
langue française a voulu dire au colonisateur que nous n’acceptons pas d’être ses esclaves, d’être
des sous-hommes. Cette logique se poursuit car l’engagement est permanent. Mais il change de
forme à chaque étape historique. Aujourd’hui, le monde va mal, mais l’Afrique va plus mal que le
reste du monde. Il faut dire pourquoi le continent est en proie à tant de guerres civiles, pourquoi il
y a des coups d’États, pourquoi toutes les calamités s’abattent ainsi sur le continent.

Le rôle de l’écrivain est d’abord de s’interroger sur cela pour situer les responsabilités. Et
situer les responsabilités c’est le plus difficile : est-ce la culture africaine qui est responsable ?
pour moi la réponse est non. La culture africaine a des aspects intéressants et il faut la préserver.
Est-ce que ce sont les dirigeants africains ? je dirai oui, mais j’ajoute : les dirigeants africains en
complicité avec leurs maîtres qui se trouvent à Washington, à Paris, à Londres, un peu partout
dans le reste du monde. Ce que doit viser l’écrivain, c’est de parler avec son public. Parce que la
littérature africaine s’adressait aux Occidentaux, pour leur dire que nous n’acceptions pas la
condition qu’ils nous imposaient. Mais parfois, j’ai l’impression qu’après quarante ans
d’indépendance, nous continuons à nous adresser aux Occidentaux. C’est dire que chaque fois que
nous nous regardons dans le miroir, nous voyons notre image, mais derrière notre image, nous
voyons l’image de l’homme blanc. C’est cela le problème.

La défense de la culture africaine est nécessaire plus que jamais. Malheureusement, les
hommes de culture sont à l’origine de la situation désastreuse que connaît aujourd’hui l’Afrique.
Le génocide de Rwanda a été précédé d’une préparation idéologique. Et ce sont les intellectuels
qui ont encouragé la logique d’extermination. En Côte d’Ivoire, ce sont les universitaires qui
dirigent en ce moment. Il ne faut pas croire que les intellectuels sont absents des processus qui
détruisent le continent. Malheureusement, ils sont au cœur de ces évènements. Prenez n’importe
quel intellectuel africain. Si vous grattez un peu, vous voyez l’homme politique. Cela dit, il y a
quand-même des Africains, des hommes de culture qui ne sont pas tentés par l’action politique.
On peut donner l’exemple MONGO BETI et Ferdinand OYONO. Le premier refuse de
pactiseravec le régime camerounais. Il parle, il dénonce jusqu’à la mort. OYONO, lui, écrit deux
ou trois livres. On le nomme ministre, et il se tait pendant quarante ans. Je pense que le principal
devoir de l’intellectuel, c’est de savoir demeurer intellectuel avec ce que cela implique comme
difficulté. Il faut accepter les privations, la pauvreté. C’est cela notre problème. La situation est si
difficile que pour survivre, chacun est prêt à tout. Or, pour survivre, on est prêt à négocier ses
idées et à les renier, on cesse d’être intellectuel et on court après les dirigeants. Il est important
pour un intellectuel de bien se positionner comme un intellectuel d’abord et de dénoncer dans un
second temps ce qu’il y a à dénoncer : les guerres, la mal gouvernance, la dictature, la corruption,
etc. il doit dénoncer et être de ce fait un exemple. MONGO BETI a été un exemple comme
CHEIK ANTA DIOP a été un exemple, comme MANDELA reste un exemple à suivre.

L’écrivain n’est pas un démagogue. Il doit être un citoyen indépendant, désintéressé,


honnête et dont la parole est crédible. Il ne dit pas qu’il possède des solutions. Il décortique la

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réalité : il ouvre les yeux de la population et lui dit : « Mon rôle consiste à vous ouvrir les yeux ;
maintenant à vous le résultat du problème ». Cela aide donc la société à aller de l’avant.

Boris DIOP, propos recueillis par Tchad Culture, N’Djamena, 2004.

Questions et propositions de réponses

1) Repérez la carte d’identité du texte et sa structure externe en indiquant tous les éléments y relatifs.
R) La carte d’identité du texte est constituées par les éléments suivants :
- Le nom de l’auteur : Boris DIOP
- Le titre de l’ouvrage : La revue Tchad Culture
- Le lieu et la date de publication : N’Djamena 2004.
En ce qui concerne sa structure externe, l’extrait comporte quatre paragraphes.

2) Quel est le thème structurant du texte ? formulez-le dans une phrase nominale aussi précise que possible.
R) Ce texte a pour thème, la fonction (le rôle / l’engagement) de la littérature africaine.

3) Quelle est la thèse soutenue par l’auteur ? Énoncez-là dans une phrase verbale correcte.
R) L’auteur soutient la thèse selon laquelle : la littérature africaine a pour mission de sensibiliser le public
africain en vue d’un mieux-être.

Bien vouloir vous exercer en traitant des sujets ci-après proposés.


Sujet de type 1 : Contraction de texte et discussion
Sans trop simplifier les choses, il me semble que l’on puisse distinguer trois dispositions
psychologiques du lecteur : plus simplement trois façons de lire.
La première est d’y rechercher une diversion de la vie : on prend un livre, le soir, quand on
est fatigué d’une journée de travail, pour y trouver un agrément de l’imagination, une pente facile
de l’intelligence, vers des objets qui l’amusent, vers des problèmes artificiels propres à la
détourner des questions concrètes que lui pose durement le travail professionnel, l’action sociale
ou la méditation morale. Ainsi fait, par exemple, la lecture de romans policiers – et je ne vais pas
commencer par dire du mal des romans policiers, et par me brouiller avec ceux qui en usent, je me
ferai du premier coup trop d’ennemis ! J’admets parfaitement que l’on pratique cette méthode de
lecture récréative, que l’on cherche à étendre à beaucoup d’autres ouvrages, dont certains ne sont
pas sans mérite : je ne conteste nullement le talent de Georges Simenon, ou de Marcel Pagnol, ou
de Pierre Benoît (…)
Une seconde façon de lire, analogue à la première, mais plus raffinée est de demander à
l’œuvre littéraire une pure jouissance esthétique : par conséquent, encore, une diversion de la vie
mais à un niveau plus élevé, où le plaisir de goûter une belle musique de la phrase, de subtiles
consonances d’images, un ordre parfait de la pensée quelles que soient d’ailleurs la signification
morale ou la tendance spirituelle des textes. Ainsi lit le dilettante, le fin lettré, et de préférence
dans de beaux volumes, dont il caresse amoureusement les reliures de plein cuir et dont il
collectionne les éditions de prix. J’ai trop de bons amis et de charmants dans les esprits. Je
remarque seulement – et je ne pense pas que les jeunes gens d’aujourd’hui me contestent – qu’elle
convient mieux à des périodes de calme et de bonheur qu’à des époques de crise et d’inquiétude
(…) mais il est naturel aussi qu’en ce milieu tragique du XXème siècle (…) nous ayons, à l’égard
des livres, des exigences plus dramatiques. D’où la troisième façon de lire : celle qui nous mets
devant l’œuvre comme devant une expression singulière réfléchie et parlante des mouvements de
la conscience humaine et des questions que nous ne pouvons manquer de nous poser, quand nous
voulons trouver des raisons de vivre et un style moral.

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Je remarque en passant que les auteurs qui supportent ce genre de lecture sérieuse sont
ceux qui finissent par demeurer au faîte de l’histoire des lettres : Montaigne, Pascal, Montesquieu,
Voltaire, Rousseau, Chateaubriand, Balzac, Péguy, pour ne parler que de la France (…)
Certes, il ne m’échappe pas que cette méthode a ses limites et périls. Elle expose
notamment à ne s’attacher, dans les œuvres, qu’au contenu moral, à des idées, à une doctrine, à un
« message », pour employer un mot dont on abuse quelque peu aujourd’hui ; et ainsi, à omettre
l’aspect purement artistique, les réussites formelles ; les vertus du style (…). Mais c’est ici qu’il
convient de distinguer les choses et d’éviter les malentendus. Je parlais tout à l’heure de ces
qualités et de la forme pure, ces réussites ou ces virtuosités verbales qui intéressent, en dehors de
la chose signifiée, le dilettante et l’esthète : valeurs qu’il est beau de sentir, mais légitime aussi de
peu considérer, car elles ne sont pas encore le style. Le style, chez un authentique écrivain, n’est
pas un verni plus ou moins brillant jeté sur la pensée, un ornement extérieur à elle, une rhétorique
indépendante de la logique ; le Style est le mouvement même de la pensée, l’expression de ce qu’il
y a en elle de plus profond, de plus subtil et de singulier.

Pierre Henri Simon, Témoin de l’homme.

I – Analyse (8pts)
Le texte ci-dessus comporte 686 mots. Faites-en une analyse en 228 mots. Une marge de 10% en
plus ou en moins vous sera tolérée. Vous indiquerez, à la fin de votre analyse, le nombre de mots
employés.

II – Discussion (10pts)
Pensez-vous avec Pierre Henri Simon qu’ « on prend un livre […] pour y trouver un agrément de
l’imagination, une pente facile de l’intelligence vers des objets qui l’amusent, vers des problèmes
artificiels propres à la détourner des questions concrètes » ?

« L’Appel du 18 juin 1940 »


Le gouvernement français, après avoir demandé l’armistice, connaît maintenant les
conditions dictées par l’ennemi. Il résulte de ces conditions que les Forces françaises de terre, de
mer et de l’air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire
français serait entièrement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance
de l’Allemagne et l’Italie. On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une
capitulation, mais encore un asservissement. Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la
capitulation ni la servitude pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt
supérieur de la patrie.

Je dis l’ « honneur », car la France s’est engagée à ne déposer ses armes que d’accord avec
ses alliés. Tant que ses alliés continueront la guerre, son gouvernement n’a pas le droit de se
rendre à l’ennemi. Le gouvernement polonais, legouvernement norvégien, le gouvernement
hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur
territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis «Le bon sens », car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui nous
avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite
des opérations, l’esprit d’abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait

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perdre la bataille de France ; mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d’or,
il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses et qui dominent les mers. Il nous reste
les gigantesques possibilités de l’industrie américaine. (…)

Je dis « l’intérêt supérieur de la patrie » car cette guerre n’est pas une guerre franco-
allemande qu’une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut
prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd’hui le resteront demain. (…) Si les forces de la
liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se
serait soumise à l’ennemi ?

L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie commandent donc à tous les
Français libres de continuer le combat, là et où ils seront et comme ils pourront.

CHARLES DE GAULLE, Appel du 18 juin 1940.

Après avoir répondu aux questions suivantes, vous ferez de ce texte tour à tour un résumé puis une
analyse dans le strict respect des indications méthodologiques :

1) À quel type appartient le texte ci-dessus ?


2) Quel est le thème central développé par l’auteur ?
3) Quelle est la thèse explicitement soutenue par l’auteur ?
4) Quelle thèse combat-il ? est-elle explicitement ou implicitement exposée ?
5) Sur quels arguments s’appuie l’auteur pour soutenir cette thèse ? (Reformulez ces idées
dans des phrases verbales sans employer des expressions qui se réfèrent à l’auteur)
6) La présence de l’auteur est-elle explicite ou implicite ? justifiez votre réponse.

Texte 2 :

Ceux qui jugent et qui condamnent disent la peine de mort nécessaire.


D’abord – parce qu’il importe de retrancher de la communauté sociale un membre qui lui a
déjà nui et qui pourrait lui nuire encore. – s’il ne s’agissait que de cela, la prison perpétuelle
suffirait. À quoi bon la mort ? vous objectez qu’on peut s’échapper d’une prison ? Faites mieux
votre ronde. Si vous ne croyez pas à la solidité de vos barreaux de fer, comment osez-vous avoir
des ménageries ? Pas de bourreau où le geôlier suffit.
Mais, reprend-on, - il faut que la société se venge, que la société punisse. – Ni l’un ni
l’autre. Se venger est de l’individu, punir est de Dieu. La société est entre les deux. Le châtiment
est au-dessus d’elle, la vengeance au-dessous. Rien de si grand ni de si petit ne lui sied. Elle ne
doit pas « punir pour se venger » ; elle doit corriger pour améliorer. Transformez de cette façon la
formule des criminalistes, nous la comprenons et nous y adhérons.
Reste la troisième et la dernière raison, la théorie de l’exemple. – il faut faire des
exemples ! Il faut épouvanter par le spectacle du sort réservé aux criminels ceux qui seraient tentés
de les imiter ! – voilà bien à peu près textuellement la phrase éternelle dont tous les réquisitoires
des cinq cents parquets de France ne sont que variations plus ou moins sonores. Eh bien ! nous
nions d’abord qu’il y ait exemple ! nous nions que le spectacle des supplices produise l’effet qu’on
en attend. Loin d’édifier le peuple, il le démoralise, et ruine en lui toute sensibilité, partant toute
vertu. Les preuves abondent, et encombreraient notre raisonnement si nous voulions en citer.

Victor HUGO, Le Dernier jour d’un condamné, Préface.

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I – ACTIVITES PREPARATOIRES / 12 pts.

Après avoir minutieusement lu le texte, le candidat répondra aux questions suivantes.

1- Quel est le thème central développé par l’auteur ? Formulez-le dans une phrase nominale.
2- a - Dégagez la thèse que combat Victor Hugo (celle des criminalistes) dans ce texte dans
une phrase verbale.
b – Relevez les trois arguments qui permettent de soutenir cette thèse.
3- a - Quelle est la thèse explicitement soutenue par l’auteur ? Formulez-la dans une phrase
verbale.
b - Relevez les trois principaux arguments utilisés par Victor Hugo pour soutenir cette
thèse. (Reformulez ces idées dans des phrases verbales sans employer des expressions qui
se réfèrent à l’auteur)
4- Combien de mots doit comporter le résumé de ce texte ? précisez l’intervalle en accordant
la marge de tolérance.
5- Relevez les connecteurs logiques employés dans le texte tout en indiquant la relation
logique exprimée par chacun.
6- Quels sont la stratégie argumentative et le mode de raisonnement déployés par Victor
Hugo ?

II – CONTRACTION DE TEXTE : LE RESUME /8pts.


À partir du travail préparatoire ci-dessus élaboré, produisez un résumé de ce texte. Vous
voudrez bien indiquer à la fin, le nombre de mots employés.

Texte 3 :

Tout spectacle tragique est le spectacle d’un conflit. Un « drama », disent les Grecs, une
action. Un conflit coupé de chants d’angoisse, d’espoir ou de sagesse, parfois de triomphe, mais
toujours, et jusque dans les chants lyriques, une action qui nous rend haletants, parce que nous y
participons, nous spectateurs, suspendus entre la crainte et l’espoir, comme s’il s’agissait de notre
propre sort : le heurt d’un homme de quatre coudées (de deux mètres), dit ARISTOPHANE, d’un
héros contre un obstacle donné comme infranchissable et qui l’est, la lutte d’un champion, contre
une puissance enveloppée de mystère – une puissance qui la plupart du temps, avec ou sans raison,
écrase le lutteur.

Les hommes qui la soutiennent ne sont pas des « saints », quoiqu’ils mettent leur recours en un
dieu juste. Ils commettent des fautes, la passion les égare. Ils sont emportés et violents. Mais ils
ont tous quelques grandes vertus humaines. Tous, le courage : plusieurs, l’amour de leur pays,
l’amour des hommes ; beaucoup, l’amour de la justice et la volonté de la faire triompher. Tous
encore, ils sont épris de grandeur.

Ils ne sont pas des saints, ils ne sont pas des justes : ils sont des héros, c’est-à-dire des hommes
qui, à la pointe de l’humanité, illustrent par leur lutte, illustrent en actes, l’incroyable pouvoir de
l’homme à résister à l’adversité, de renverser le malheur en grandeur humaine et en joie – et cela,
pour les autres hommes, et d’abord pour ceux de leur peuple.

Quelque chose est en eux qui exalte en chacun des spectateurs auxquels s’adresse le poète, qui
exalte encore en nous la fierté d’être homme, la volonté et l’espoir de l’être toujours davantage, en

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élargissant la brèche ouverte par ces hardis champions de notre espèce dans l’enclos de nos
servitudes.

« L’atmosphère tragique, écrit un critique, existe toujours dès que je m’identifie au


personnage, dès que l’action de la pièce devient mon action, c’est-à-dire dès que je me sens
engagé dans l’aventure qui se joue… Si je dis « je », c’est mon être entier, mon destin entier qui
entre en jeu. »

Contre quoi donc se bat le héros tragique ? il se bat contre divers obstacles auxquels les
hommes se heurtent dans leur activité, les obstacles qui gênent le libre épanouissement de leur
personne. Il se bat pour qu’une injustice ne soit pas, pour qu’une mort n’ait pas lieu, pour que le
crime soit puni, pour que la loi d’un tribunal l’emporte sur le lynchage, pour que les ennemis
vaincus nous inspirent la fraternité, pour le mystère des dieux ne soit plus mystère mais justice, à
tout le moins pour que la liberté des dieux, si elle doit nous rester incompréhensible, n’offense pas
la nôtre. Simplifions : le héros tragique se bat pour que le monde soit meilleur ou, s’il doit rester
tel qu’il est, pour que les hommes aient plus de courage et de sérénité pour y vivre.

Encore ceci : le héros tragique se bat dans le sentiment paradoxal que les obstacles qu’il
rencontre dans son action sont à la fois infranchissables et nécessaires à franchir, du moins s’il
veut rejoindre sa propre totalité, accomplir cette périlleuse vocation de grandeur qu’il porte en lui,
cela sans offenser ce qui subsiste encore dans le monde divin de jalousie (némésis), sans
commettre la faute de démesure (hybris).

Le conflit tragique, c’est donc une lutte engagée contre le fatal dont il s’agit, pour le héros qui
l’engage, d’affirmer et de montrer en acte qu’il n’est pas fatal ou ne le restera pas toujours.
L’obstacle vaincre est mis sur sa route par une puissance inconnue sur laquelle il n’a pas de prise
et que, dès lors, il appelle divine. Le nom le plus redoutable qu’il donne à cette puissance est celui
du Destin.

La lutte du héros tragique est dure. Si dure qu’elle soit et si condamné d’avance que paraisse
l’effort du héros, il l’entreprend – et nous, public athénien, spectateur moderne, nous sommes avec
lui. Il est très frappant que ce h éros tragique ait une grandeur frappée : le plus souvent il meurt.
Mais il se passe ceci : cette mort, bien loin de nous désespérer, comme nous nous y attendions, au-
delà de l’horreur qu’elle nous inspire nous remplit de joie. Ainsi fait la mort d’Antigone,
d’Alceste, d’Hippolyte et de bien d’autres. Et tout au long du conflit tragique, il s’est passé ceci :
nous avons participé à la lutte du héros avec un sentiment d’admiration et, je dirai d’étroite
fraternité. Cette participation, cette joie ne peuvent signifier qu’une chose – puisqu’enfin nous
sommes des hommes – c’est que la lutte du héros contient jusque dans sa mort-témoignage une
promesse, la promesse que l’action du héros contribue à nous affranchir du Destin. Sinon, le
plaisir tragique, spectacle de notre malheur, resterait incompréhensible.

André BONNARD, De L’Iliade au Panthéon

Après avoir répondu aux questions suivantes, vous ferez de ce texte tour à tour un résumé puis une
analyse dans le strict respect des indications méthodologiques :

1) À quel type appartient le texte ci-dessus ?


2) Quel est le thème central développé par l’auteur ?
3) Quelle est la thèse explicitement soutenue par l’auteur ?

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4) Existe-t-il une thèse combattue explicitement ou implicitement exposée ?
5) Sur quels arguments s’appuie l’auteur pour soutenir cette thèse ? (Reformulez ces idées
dans des phrases verbales sans employer des expressions qui se réfèrent à l’auteur)
6) La présence de l’auteur est-elle explicite ou implicite ? justifiez votre réponse.

Ce texte comporte environ 800 mots. Vous le résumerez en 200 mots. Une marge de 10% en
plus ou en moins sera tolérée. Vous voudrez bien indiquer le nombre de mots utilisés à la fin de
votre résumé.

Texte 4

La question est fréquemment posée par les écrivains eux-mêmes : parler de soi n’est guère
aisé. Au fond de toute entreprise autobiographique résident des motivations variées. Certains
d’entre eux les avouent, les étudient, d’autres les dissimulent ou les taisent. Dans tous les cas,
l’autobiographie semble obéir à une nécessité impérieuse. Il est ainsi possible de les répertorier.

Il s’agit d’une création organisée autour du désir, du besoin, de mieux se connaître, de mieux
se comprendre. Si l’on veut être compris, pardonné ou réhabilité, il est évidemment nécessaire de
composer un portrait exact et fidèle de soi-même. Si l’on veut, comme Rousseau, que le lecteur
cesse d’être un être hostile, il faut naturellement cerner tous les aspects de sa propre personnalité
afin de permettre à autrui de comprendre ses motivations. Le « connais-toi toi-même » de Socrate
doit donc être le résultat d’un lent travail d’introspection, d’un retour sur soi. Le récit de vie
permet alors, en faisant revivre le passé, en le « réactualisant » momentanément grâce à l’écriture,
de mieux déchiffrer le présent, de deviner les motivations profondes d’un moi parfois obscur ou
mené par un inconscient dont de nombreux auteurs devinent l’existence mais, écrivant avant
Freud, n’ont pas la certitude de l’existence.

L’autobiographe essaye aussi de donner un sens à sa vie en s’abîmant dans une contemplation
de lui-même. Michel Leiris rappelle dans la préface de L’Age d’Homme, en 1939, qu’il est bien
difficile d’échapper à la complaisance et à l’envie de s’admirer et de se faire aimer. Mais le lecteur
peut remarquer que l’un des buts recherchés par ces auteurs semble bien être le plaisir narcissique
de s’admirer. Si pour le XVIIe siècle, « le moi est haïssable » si Pascal reproche à Montaigne de
vouloir se « peindre », c’est sans doute parce que les Classiques ont mesuré la vanité de cette
ambition orgueilleuse. Faire son propre portrait, se perdre dans l’observation détaillée de soi,
n’est-ce pas vouloir s’admirer sans fin ? Le défi final du prologue de Rousseau ne correspond-il
pas à ce besoin narcissique de se trouver exceptionnel ?

L’écrivain cherche souvent à se justifier, il lui semble nécessaire d’expliquer ses actes, de
mieux cerner, et donc, de mieux montrer ses motivations. Ce projet s’inscrit alors dans une
perspective apologétique : Montaigne, dès son adresse liminaire au lecteur, rappelle qu’il désire
être mieux connu de ses proches, Chateaubriand n’exprime pas autre chose dans sa préface.

L’auteur désire parfois même se confesser ; désirant là encore être mieux compris, il se « met à
nu », se dévoile totalement, avouant ses fautes, même celles dont le public n’avait jamais eu
connaissance. Cette perspective s’inscrit dans la dialectique religieuse du pardon. Saint Augustin
se peint en pêcheur pour mieux révéler sa conversion, Rousseau pour s’innocenter, à défaut de
l’être par Dieu ou par autrui.

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L’auteur cherche fréquemment à donner une image de la condition humaine ; par ses défauts,
ses erreurs, mais également ses qualités et ses réussites, il rappelle aux lecteurs qu’il est
exemplaire de l’humanité, un élément identique à lui mais également dissemblable. Les peurs, les
bonheurs partagés au fil de la lecture, les identifications et distanciations successives permettent à
ces deux êtres d’entrer dans une véritable relation. Ainsi, l’écrivain et son public combattent-ils
ensemble la solitude. Écrire pour soi, c’est s’offrir en pâture mais, c’est aussi se dévoiler. Mais
s’exhiber sert aussi à mieux dénuder l’autre, c’est dépasser le statut d’illustration pour devenir un
exemple et, parfois un modèle.

L’autobiographe tente souvent d’échapper à la mort par l’écriture. Raconter sa vie, la publier,
la donner o lire et à méditer à un public offre une occasion unique de vaincre l’oubli. Tout écrivain
sait que, tant qu’il aura des lecteurs, il existera. Échapper au néant, demeurer dans la mémoire
d’individus de toutes les époques, voilà bien l’un des buts recherchés et avoués. Chateaubriand
comme Montaigne, évoque le fait le fait qu’il écrit au seuil de la mort.

L’écriture de soi est donc généralement présentée comme une entreprise assumée par l’auteur-
narrateur-personnage. Mais d’autres buts peuvent également être identifiés. Bien que certains
écrivains ne le reconnaissent pas, ils sont nombreux à chercher à échapper à certaines de leurs
peurs.

Christine SEUTIN et alii, Français, Paris, Éditions Vuibert, 2003, www.Vuibert.fr

Ce texte comporte 709 mots. Vous l’analyserez en 237 mots. Une marge de 20 mots en plus ou
en moins sera tolérée. Vous indiquerez à la fin de votre analyse le nombre de mots utilisés.

Texte 5 : Sujet complet de contraction de texte.


Récemment, je me suis permis de mettre en doute l’utilité des ordinateurs dans les classes
du primaire et du secondaire. Eh ben je me suis fait drôlement gronder. Bon j’ai reçu un paquet de
lettres me traitant de coincé du disque dur, de handicap profond du « rom », allant jusqu’à se
demander s’il ne faudrait pas envisager ma stérilisation.
Mais je maintiens que l’achat massif d’ordinateurs pour équiper les écoles et les lycées
n’est une bonne affaire que pour les marchands d’ordinateurs. Qu’il ya bien d’autres urgences, et
que l’ordinateur n’est qu’un petit accessoire guerre plus pertinent qu’un taille-crayon électrique ou
qu’un double décimètre à vapeur. Si les fabricants de matériel informatique n’étaient pas
accessoirement parmi les plus riches de la planète, les dirigeants politiques seraient peut-être
moins prompts à devenir leurs représentants de commerce. Je veux par-là dire que si le fabricant
du double décimètre à vapeur était l’homme le plus riche du monde, il y aurait de fortes chances
pour que les ministres de l’éducation nationale de tous les pays riches nous serinent en
chœur : « le double décimètre à vapeur est une formidable chance pour la jeunesse ».
Ce qui est important, dans une salle de classe, tient en deux mots : le professeur, les élèves.
Entre l’élève et le prof, il va se passer quelque chose : indifférence, hostilité, affection ; passion.
Outre le savoir transmis, il s’agit là d’une indispensable sortie de l’univers familial vers l’univers
tout court. Les philosophes grecs d’avant Platon se méfiaient de l’écrit au point que nous ne
connaissons leur pensée que par les fragments rapportés par leurs successeurs. Ils tenaient à ce que
l’enseignement passe par la présence du maître et de l’élève. Ils avaient peur que le savoir
transmis par l’écrit soit figé, privé de vie, et que le doute, instinctivement exprimé dans un
dialogue, soit absent d’un enseignement uniquement livresque, réduisant le savoir à un corpus de
connaissances indiscutables. Les sentiments qui accompagneront la transmission du savoir
marqueront pour la vie l’intérêt que l’on portera à telle discipline. Qui d’entre nous n’a pas eu au

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moins un professeur qui nous a fait entrevoir le plaisir qu’il y aurait à devenir savant dans sa
discipline ? or l’expérience de ces affinités est sans doute ce qu’il y a de plus important dans la
vie. Ce sont elles qui nous permettent de nous diriger par la suite vers ce qui nous rend heureux,
plutôt que vers ce qui nous rend malheureux. Avancer l’un vers l’autre – la femme vers l’homme,
l’ami vers l’ami, l’élève vers le prof, l’adversaire vers l’adversaire en vue d’une paix possible – ne
surmontant les obstacles de nos différences, c’est l’apprentissage même de la vie. S’apprivoiser au
savoir commence par s’apprivoiser à l’autre et au savoir qu’il détient. Or, pour emprunter le
langage de la psychanalyse, les conditions pour que le transfert s’effectue, aucune machine au
monde ne pourra sérieusement les réunir.
Philippe VAL, Socrate ou Bill Gates, Fin du siècle en solde.

I – Résumé /8pts
Ce texte comporte 484 mots. Résumez-le en 142 mots. Une marge de 10% en ou en moins sera
tolérée. Indiquez, à la fin du résumé, le nombre de mots employés.

II – Discussion /10pts
Pensez-vous avec Philippe Val que « L’achat massif d’ordinateur pour équiper les écoles et les
lycées n’est une bonne affaire que pour les marchands d’ordinateurs » ?
III – Présentation /2pts.

Texte 6
Il est impossible, dans notre malheureux globe, que les hommes vivant en société ne soient
pas divisés en deux classes, l’une des riches qui commandent, l’autre des pauvres qui servent ; et
ces deux se subdivisent en mille, et ces milles ont encore des nuances différentes.
Tous les pauvres ne sont pas absolument malheureux. La plupart sont nés dans cet état, et
le travail continuel les empêche de trop sentir leur situation : mais quand ils la sentent, alors on
voit des guerres, comme celle du parti populaire contre le parti du sénat à Rome, celle des paysans
en Allemagne, en Angleterre, en France. Toutes ces guerres finissent tôt ou tard par
l’asservissement du peuple, parce que les puissants ont l’argent, et que l’argent est maître de tout
dans un État : je dis dans un État, car il n’en est pas de même de nation à nation. La nation qui se
servira le mieux du fer subjuguera toujours celle qui aura plus d’or et moins de courage.
Tout homme naît avec un penchant assez violent pour la domination, la richesse et les
plaisirs, et avec beaucoup de goût pour la paresse : par conséquent tout homme voudrait avoir
l’argent et les femmes ou les filles des autres, être leur maître, les assujettir à tous ses caprices, et
ne rien faire, ou du moins ne faire que des choses très agréables. Vous voyez bien qu’avec ces
belles dispositions il est aussi impossible que les hommes soient égaux qu’il est impossible que
deux prédicateurs ou deux professeurs de théologie ne soient pas jaloux l’un de l’autre.
Le genre humain, tel qu’il est, ne peut subsister, à moins qu’il n’y ait une infinité
d’hommes utiles qui ne possèdent rien du tout : car, certainement, un homme à son aise ne quittera
pas sa terre pour venir labourer la vôtre ; et, si vous avez besoin d’une paire de souliers, ce ne sera
pas un maître de requêtes qui vous la fera. L’égalité est donc à la fois la chose la plus naturelle et
en même temps la chose la plus chimérique […]
Chaque homme, dans le fond de son cœur, a droit de se croire entièrement égal aux autres
hommes : il ne s’ensuit pas de là que le cuisinier d’un cardinal doive ordonner à son maître de lui
faire à dîner ; mais le cuisinier peut dire : « Je suis un homme comme mon maître, je suis né
comme lui en pleurant ; il mourra comme moi dans les mêmes angoisses et les mêmes cérémonies.
Nous faisons tous deux les mêmes fonctions animales. Si les Turcs s’emparent de Rome, et si
alors je suis cardinal et mon maître cuisinier, je le prendrai à mon service ». Tout ce discours est

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raisonnable et juste ; mais, en attendant que le Grand Turc s’empare de Rome, le cuisinier doit
faire son devoir, ou toute société humaine est pervertie.
À l’égard d’un homme qui n’est ni cuisinier d’un cardinal ni revêtu d’aucune autre charge
dans l’État ; à l’égard d’un particulier qui ne tient à rien, mais qui est fâché d’être reçu partout
avec l’air de la protection ou du mépris, qui voit évidemment que plusieurs monsignori n’ont ni
plus de science, ni plus d’esprit, plus de vertu que lui, et qui s’ennuie d’être quelquefois dans leur
antichambre, quel parti doit-il prendre ? Celui de s’en aller.
Voltaire, Dictionnaire philosophique, Article « Egalité », 1765.
Texte 7 : Le sport, miroir de notre société ?
Le sport dans les sociétés contemporaines structure une part importante de la vie publique.
Créateur d’évènements, il occasionne des rassemblements de masse et des manifestations qui
rythment le temps collectif. Depuis le début du XXème siècle, le sport est passé d’une pratique
personnelle relevant du domaine des loisirs à un phénomène social d’une ampleur considérable en
raison de l’engouement collectif qu’il suscite.

Le sport permet la manifestation des passions individuelles et collectives ; il provoque chez


les spectateurs des réactions de ferveur qui ne sont pas sans rappeler la fonction dionysiaque des
festivités rituelles dans l’antiquité. Le besoin de se réjouir ensemble, d’éprouver ensemble espoir
et déception, de se sentir associé à une aventure collective, fédère un très large public au-delà
même des supporters, compensant ainsi peut-être le recul des grandes fêtes religieuses du passé
qui réunissaient périodiquement les communautés.
Le sport est révélateur des règles et modèles qu’une société essaie de se donner. Il propose
des activités pratiquées dans le monde entier selon les règles identiques pour tous : il apparaît
comme un vecteur d’intégration sociale en permettant à chacun réussir selon ses talents personnels
et crée des liens pacifiques entre les pays lors des compétitions qui suscitent un intérêt planétaire.
Lieu d’apprentissage de la vie en société, mais aussi échappatoire possible aux pesanteurs sociales,
lieu de réintégration, le sport offre des modèles physiques, façonne des modes vestimentaires, et
influence fortement notre rapport à l’apparence et au corps. Il fait émerger des figures de héros,
d’idoles ou d’aventuriers qui modèlent également notre représentation d’un certain idéal : goût de
l’effort, maîtrise de soi, engagement, esprit d’équipe, valeurs traditionnelles de l’olympisme.
Néanmoins, le sport nous envoie l’image de certaines dérives. Enjeu d’intérêts
économiques majeurs, le sport peut faire prévaloir le goût du spectacle sur toute autre finalité, u
point d’ouvrir la porte à des tricheries diverses. Lieu de rassemblement, il peut aussi devenir lieu
de débordements identitaires dégénérant en violence ouverte. Lieu de manifestation d’enjeu
national, le sport peut devenir nationaliste, et être instrumentalisé par les pouvoirs politiques et
économiques de tous bords. Domaine de recherche et d’innovation, il peut conduire vers la
manipulation des corps pour améliorer artificiellement les performances.
Les débats actuels offrent un reflet de nos espoirs et de nos peurs quant à l’avenir de notre
société. Doit-on craindre que les problèmes rencontrés (relation à l’argent, dopage, violence,
vedettariat douteux, etc…) révèlent la perte des valeurs sociales ou peut-on continuer de voir dans
le sport une des formes positives que peuvent prendre les rapports humains ?
Sources : http//www.site-magister.com/bts/resume-htm

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Exercice de type 2 :
DU commentaire composé
Cette dernière partie est exclusivement consacrée à la pratique des textes, au
Commentaire composé. À la fois facile et compliqué, c’est un exercice qui nécessite une parfaite
maîtrise de la méthodologie et de la langue française. Cet exercice vient justifier explicitement la
notion de décloisonnement qui caractérise l’enseignement moderne du Français. Car, il est à la
fois littérature, langue et méthodologie. Trouvez en ce guide des indications méthodologiques
nécessaires pour l’initiation et la pratique de cet exercice.

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I – PRÉsentation De L’eXerCiCe
1 – Définition :
Le mot « commentaire » signifie donner des explications, des interprétations et des
opinions à propos d’un évènement, une situation, un sujet particulier ou un texte donné. Le
commentaire composé peut ainsi se définir comme un exercice littéraire qui vise la construction
du sens d’un texte à partir des éléments qui le structurent. Ce commentaire est dit composé parce
qu’il allie, dans son développement, le fond (le sens) et la forme (les mots et les relations qui les
unissent) du texte c’est-à-dire qu’il sert de l’un pour mettre l’autre en évidence. Il peut partir de la
forme vers le fond (démarche onomasiologique) ou du fond vers la forme (démarche
sémasiologique). Quelle que soit la démarche choisie le commentaire composé nécessite une
parfaite maîtrise du fonctionnement des outils linguistiques.

2 – Objectifs :
Le commentaire composé est un exercice qui vise à développer chez le
lecteur/candidat une autonomie dans sa lecture des textes ; il vise également à développer chez ce
dernier le sens du jugement personnel. Il permet en outre d’apprécier l’aptitude à :
-observer avec objectivité, précision et nuance un texte ;
-définir une attente de lecture à partir d’indices prélevés dans le texte ;
-vérifier pour les valider, les hypothèses de lecture ainsi formulées de manière à construire
progressivement une signification, un sens possible du texte étudié.
-construire après cette vérification, une analyse de fond fondée sur la forme ou une justification de
la forme par le fond.

3 – La composition d’un sujet de commentaire composé :


Un sujet de commentaire composé comporte deux parties :
- Le texte : il est de nature littéraire et extrait d’une œuvre (poétique-romanesque ou
théâtrale) inscrite au programme du niveau d’étude pour les élèves du lycée. Il doit comporter
entre 250 et 400 mots s’il est en prose ou alors 20 à 30 vers. C’est cet énoncé que nous sommes
appelés à observer, à expliquer ou si possible à émettre une opinion personnelle.
- La consigne : c’est la partie du sujet qui oriente sur le travail à faire. Elle propose
un sens possible du texte, mais vous laisse la latitude de pouvoir construire un autre sens. Le
candidat n’est donc pas tenu de prendre en compte les éléments que lui propose la consigne qui
peut également suggérer des traits caractéristiques (outils linguistiques) à travers lesquels se lit
les sens proposé.

Exemples de sujet : cet exemple est également l’un des corpus sur lesquels nous nous appuierons
pour l’analyse du sujet. Il s’agit de l’analyse d’un extrait du roman Une Saison blanche et sèche
d’André Brink

Que j’étais stupide et puéril !


Aujourd’hui, je me rends compte que c’est le pire de tout : je ne peux plus discerner
mon ennemi, lui donner un nom. Je ne peux pas le provoquer en duel. Ce qui se dresse
contre moi n’est pas une personne, ni un groupe de personnes, mais une chose
amorphe, une puissance invisible, omniprésente, qui inspecte mon courrier et branche
mon téléphone sur table d’écoute, endoctrine mes collègues et monte mes élève contre
moi, lacère les pneus de ma voiture et peint des signe sur ma porte, tire des coups de
feu chez moi et m’envoie des bombes par la poste, une puissance qui me suit où que
j’aille, jour et nuit, qui me laisse frustré, m’intimide, joue avec moi, d’après des règles
instaurées, qui varient selon son caprice.
Rien que je puisse faire. Pas de contre-attaque puisque je ne sais même pas où mon
sombre ennemi se trouve, quand il bondira sur moi. Il peut me détruire où il le veut,
quand il le veut. Tout dépend de son bon vouloir. Il peut déclarer qu’il avait

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simplement envie de me faire peur, qu’il est fatigué de jouer avec moi et que
désormais il me laissera tranquille. Il peut décréter que ça n’est que le début et qu’il
va me pousser dans mes retranchements jusqu’à ce qu’il puisse faire de moi ce qu’il
veut. Où et quand cela aura-t-il lieu ?
Je ne peux pas continuer, Stanley. Je ne peux plus rien faire. Je suis fatigué, épuisé.
Je ne désire que la paix, pour me retrouver, pour avoir du temps à consacrer à ma
famille.(Texte)
André Brink, Une Saison blanche et sèche, 3ème partie, chapitre 7,
1979.(Paratexte)

Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé.


Vous pourrez par exemple analyser l’état d’esprit du héros en proie à une insécurité
généralisée. (Consigne)

II – L’anaLYse DU TEXTE
Le commentaire composé passe par une analyse minutieuse du texte qui vise la
construction du plan détaillé du corps de notre devoir. Pour analyser le texte, il faut y appliquer
une lecture méthodique qui nous permettra de partir de l’émission, de la formulation des
hypothèses de sens vers la construction d’une idée générale, d’un sens objectif en exploitant les
divers outils linguistiques, les différents aspects formels du texte lui-même. Il est conseillé
d’analyser le texte en partant de la forme dont on dispose vers le sens, le fond qu’on essaie de
dégager. En d’autres termes exploiter la démarche onomasiologique. L’analyse du texte présente
un objectif prioritaire et pratique qui consiste à construire le plan détaillé du corps du devoir. Cette
analyse passe donc par les étapes suivantes :

A – PHASE DE LA COMPREHENSION DU TEXTE


La phase de la compréhension du texte commande une lecture méthodique du texte. Cette
lecture nécessite quatre principales activités :

1 –la formulation des hypothèses de sens


Elle passe par une lecture découverte. Il faut en effet appliquer au texte deux types de
lectures séparées par une étape non moins importante. La première est une lecture globale
d’imprégnation qui nous met au contact du texte. Elle permet également de formuler les premières
impressions de lecture, d’émettre des hypothèses de sens que le reste du travail s’accordera à
vérifier. L’hypothèse de sens est une idée générale potentielle du texte que l’on formule en
répondant à la question : de quoi s’agit-il dans ce texte ? La deuxième lecture est plus
investigatrice car elle doit nous permettre de repérer des outils linguistiques, des axes de lecture à
partir d’un relevé pertinent d’indices textuels.

Manipulation du corpus : après une lecture d’imprégnation, on peut proposer des hypothèses de
sens suivantes :
 L’affrontement entre deux forces inégales
 L’état d’âme du héros
 Le constat de son impuissance face à la férocité de son ennemi…
Pour arriver à mettre en évidence, à vérifier ces hypothèses de départ, il faut procéder à
un repérage des outils linguistiques sur lesquels l’auteur se serait consciemment ou non appuyer
pour exprimer ces idées.

2 – Le processus de vérification des hypothèses de sens


Après avoir émis des hypothèses de sens de départ, il faut procéder à leur vérification dans
un travail progressif élaboré en quatre étapes dans une grille méthodique d’analyse à quatre
colonnes contenant les quatre activités à mener.

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a - Le repérage et choix des outils d’analyse : il s’agit de retrouver dans le texte des entrées
pertinentes, des traits caractéristiques capables d’aider dans le processus de vérification de cette
hypothèse. Ces entrées sont des éléments de la langue française et c’est la raison pour laquelle ils
sont appelés « outils linguistiques ». On peut par exemple lire un texte en passant par :
*La communication à travers l’énonciation (qui parle ? à qui ? où ? quand ? comment ?, les
registres (familier, courant ou soutenu) de langue, les fonctions (expressive/émotive,
impressive/conative, poétique, référentielle, métalinguistique ou phatique) dominantes du langage
dans le texte, les contenus manifestes (explicites) et latents (implicite : présupposé ou sous-
entendus), le référent et ses substituts ;
* La morphosyntaxe à travers les modes et temps verbaux (qui permettent, à travers leurs valeurs
textuelles, d’observer le déroulement chronologique), les connecteurs et les relations logiques et
chronologiques, la structure des phrases, l’usage des pronoms personnels et possessifs, la
ponctuation émotive ;
* La sémantique lexicale à travers les champs lexicaux (qui peuvent permettre de dégager les
thèmes du texte), les champs sémantiques, les connotations, les relations sémantiques
(synonymie/antonymie) entre les mots ; l’emploi d’un vocabulaire évaluatif [mélioratif
(appréciatif) ou péjoratif (dépréciatif)] ou encore l’alternance entre les deux ;
*La rhétorique par les figures (d’analogie, de substitution, d’opposition, d’insistance,
d’amplification ou d’atténuation) de style, les tonalités du texte, la typologie de texte, les sonorités
ou encore le rythme…
C’est ce qui justifie la nécessité d’une parfaite maitrise des outils de la langue française
dans la pratique du commentaire composé. Trois à quatre entrées suffisent pour l’analyse d’un
texte. Quelquefois ces traits caractéristiques nous sont proposés dans la consigne d’écriture mais
sans contrainte aucune sur leur usage.

 Manipulation du corpus : La lecture de ce texte extrait du roman d’André Brink peut


passer par une multitude d’entrées (outils linguistiques). Nous allons ainsi retenir
l’énonciation, les temps verbaux, la structure des phrases, les champs lexicaux, les
figures de style. Cependant signalons ici que le reste des étapes de la manipulation du
corpus sera présenté dans un tableau d’analyse : la grille méthodique.

b – L’illustration des outils linguistiques : Cette étape consiste à retrouver des indices textuels,
des éléments (mots et expressions) qui témoignent, qui attestent de la pertinence, donc de la
présence de chacun des outils linguistiques choisi. Une attention particulière peut être accordée au
nombre d’occurrences de chaque l’élément car la domination de l’un ou de l’autre peut s’avérer
significative et sujette à des interprétations.

c – L’analyse des illustrations : Elle apparaît comme une déduction logique qui permet de
déterminer ce à quoi renvoient les illustrations préalablement relevées du texte. Car en exploitant
par exemple l’entrée des champs lexicaux, nous procédons d’abord par un relevé de tous les
termes (synonymes, de la même famille, du même domaine) qui désignent (vocabulaire de la
dénomination) ou qui décrivent, caractérisent (vocabulaire de la caractérisation) une même réalité
dans le texte avant de dire de quel champ lexical il est question, révéler sa nature et son rôle dans
le texte. L’analyse précise ainsi la valeur habituelle d’usage des indices relevés.

d – l’interprétation : Elle prend en compte les illustrations et l’analyse du texte. Il s’agit de donner
à la notion, au concept ou à l’idée dégagée dans l’étape analytique une signification dans le texte,
l’expliquer afin de montrer son importance dans le mécanisme du texte. L’interprétation fait de ce
fait appel au bon sens. Mais on évitera surtout de sortir du texte. Mais montrer l’importance de cet
élément dans la compréhension progressive du sens du texte. En un mot, il s’agit d’appliquer,
d’adapter la valeur habituelle d’usage au cas spécifique du texte étudié pour trouver une
signification à l’usage de l’outil d’analyse choisi.
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N.B. : ces quatre étapes peuvent être développées dans un tableau à quatre colonnes
que nous appellerons la grille méthodique et qui en se présente ainsi qu’il suit :

Outils linguistiques Illustrations Analyses Interprétations


(entrée) (indices textuels)
Énonciation (qui parle ?) *pronoms personnels : Ce sont des déictiques Dans le texte, Ben du Toit
Je(11), me(08), moi(06), personnels qui désignent le s’adresse à Stanley Makhaya.
m’(02) ; héros qui est ici « Ben du L’abondance et la récurrence
(à qui parle-t-il ?) *adjectifs possessifs : Toit » des indices de la première
personne et leur dominance
mes(03), ma(03), mon(04) nous amènent à penser que le
Stanley Ce nom propre désigne le locuteur s’épanche, extériorise
récepteur qui est Stanley ses états d’âmes, l’inquiétude
Makhaya et la peur ; il les livre à
Stanley.
Temps verbaux Imparfait Temps qui permet de Ben du Toit évoque trois
décrire une situation étapes : il décrit une situation
passée qui a débuté dans le passé se
poursuit et dont il ne connait
Présent Présente à valeur
pas l’issue. La situation
énonciative décrit les faits présente l’amène à constater
qui ont lieu au moment où les erreurs commises dans le
Ben parle passé et qui hypothèquent,
Futur Permet d’envisager influenceront certainement son
l’avenir, d’émettre une avenir.
hypothèse sur son avenir.
Les structures de phrase *les phrases simples Courtes phrases employées Les structures de phrase
par l’auteur pour parler de permettent de constater la
Ben du Toit faiblesse de Ben décrite
*les phrases complexes Longues phrase employées dans des phrases simples
pour décrire l’ennemi qui comparativement à
se dresse devant Ben. l’étendue de la force de la
puissance de son ennemi
présentée dans les phrases
complexes.
Champs lexicaux Ennemi, provoquer, duel, se Termes et expressions qui Dans l’affrontement qui
dresser contre, endoctriner, décrivent et renvoient à l’oppose au système
monter contre, tirer des coups l’affrontement et qui d’Apartheid matérialisé par
de feu, bombes, intimide, constituent donc son la section spéciale de la
contre-attaque, bondir sur,
champ lexical. police, Ben du Toit
détruire, faire peur, pousser
dans les retranchements, annonce sa volonté
d’abandonner le combat
Ne peux plus, rien que je Termes et expressions qui constatant la surpuissance
puisse faire, faire peur, constituent le champ d’un ennemi qui agit sur lui
fatigué, pousser dans les lexical de l’abandon, du de manière violente.
retranchements, fatigué, découragement. L’association de ces trois
épuisé… champs lexicaux permet de
constater que le héros est
Ennemi, duel, tirer des Termes et expressions une proie car il évolue dans
coups de feu, bombes, construisant le champ une insécurité.
intimide, bondira sur moi, lexical de la violence
détruire
Figures de style Ce qui se dresse contre L’hyperbole : figure De manière à exagérer Ben
moi n’est pas une d’amplification qui traduit, Du Toit présente un portrait
personne, ni un groupe de marque l’exagération. qui témoigne de la
personnes, mais une chose puissance, du caractère
amorphe, une puissance quasi invincible de son
invisible, omniprésente, ennemi.

 Conseil pratique : il est important, pour commencer l’analyse d’un texte à commenter de
s’interroger d’abord sur son système énonciatif pour voir la présence de l’émetteur et du
récepteur est explicitement marquée. Cela permet une meilleure approche de l’énoncé.

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3 – la validation des hypothèses de départ
Elle permet de transformer en idée vérifiable du texte, les hypothèses de sens formulées au
début de l’analyse. Cette activité invite ainsi le candidat à réaliser une confrontation entre ces
hypothèses et l’ensemble des idées construites dans l’étape de l’interprétation des analyses et à ne
retenir comme idées que texte que celles des hypothèses qui s’y trouvent inscrites. Il est à noter
qu’au bout de l’exploitation des entrées, certaines idées auxquelles le candidat n’a pas pensé au
moment de la formulation des hypothèses peuvent surgir : celles-ci doivent directement être
considérées comme idées du texte puisqu’elles sont déjà vérifiées.

4 – Le regroupement des hypothèses validées en centres d’intérêt


Il s’agit de mettre ensemble autour de deux ou trois principales idées, celles des hypothèses
qui convergent parce qu’elles portent, développent un même aspect du texte proposé. Il est ici
conseillé de constituer deux centres d’intérêt pour les deux parties du corps du devoir. Chaque
centre d’intérêt devra comporter deux sous-centres pour diriger les deux paragraphes de cette
partie. Aussi devrait-on exploiter la structure suivante qui semble bien pratique :

CI1 : La description de l’affrontement entre Ben et son ennemi


SCI1 : la présentation des forces antagonistes
SCI2 : Les techniques de dissuasion de l’ennemi de Ben.

CI2 : L’expression de l’abandon du combat par Ben


SCI1 : L’expression de l’état d’esprit de Ben
SCI2 : L’expression de la volonté d’abandon du combat.
[CI= centre d’intérêt / SCI= sous-centre d’intérêt]

5 - la construction du sens
Le sens dont il est question ici c’est l’idée générale du texte. C’est l’un des sens possibles
du texte qui est vérifiable à l’aide des outils linguistiques qui relèvent de la forme du texte. Il est
question de dégager avec assurance le référent (thème central) et le message du texte en associant
harmonieusement les deux centres d’intérêt préalablement constitués.

 Manipulation du corpus : Dans ce texte extrait du Chapitre 7 de la troisième partie


d’Une Saison blanche et sèche, il est question d’une réplique d’un dialogue entre Ben et
Stanley et où le personnage central de l’œuvre s’épanche. Il extériorise ses états d’âme qui
traduisent la peur, l’hésitation, l’abandon dans le combat qui l’oppose à la section
spéciale de la police. En plus, cette réplique montre l’insécurité dans laquelle évolue ce
dernier, victime de la violence que lui fait subir un ennemi surpuissant.

B – PHASE DE L’ORGANISATION DES IDEES : La construction du plan détaillé

L’objectif global de cette phase consiste à associer le fond et la forme du texte proposé en
passant de la lecture méthodique au composé dont la consigne recommande fortement de ne point
dissocier le fond de la forme du texte. Rappelons que dans l’analyse du texte en quatre étapes, les
outils linguistiques et leurs illustrations relèvent de la forme du texte alors que les analyses et les
interprétations constituent son fond. Il s’agit donc de bâtir un plan qui allie ces deux aspects
fondamental et formel.

1 – Structure globale du corps du devoir


Le développement d’un devoir de commentaire composé s’articule autour de deux à quatre
idées appelées centres d’intérêt. Ce sont des idées secondaires qui développent chacune un aspect
de l’idée générale de tout le texte. Un centre d’intérêt n’est pertinent que s’il est justifié par des

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outils linguistiques, et illustré par des indices textuels. Il peut également être subdivisé en sous-
centre d’intérêt, et constituer, dans ce cas, lui-même une idée qui dirigera toute une partie.
2 – Structure de la partie d’un corps du devoir
Ainsi que dans une dissertation, le corps du devoir devra s’organiser en parties subdivisées
en paragraphes et reliées entre elles par une transition. Chacune des parties devra respecter la
structure suivante :
a – l’introduction partielle : elle expose, présente le centre d’intérêt qui va être développé,
le définit et précise les aspects sur lesquels insisteront les paragraphes.
b - les paragraphes : il développe un sous-centre d’intérêt qu’il doit progressivement
présenter, justifier la pertinence et expliquer
c – la conclusion partielle : elle sert en même temps de conclusion et de transition car elle
présente également le centre d’intérêt à développer dans le paragraphe à venir.

3 – Structure du paragraphe
Le paragraphe d’un devoir de commentaire composé doit obéir à la structure suivante :

 Présentation du sous-centre d’intérêt + explication.

 Matérialisation du sous-centre d’intérêt par l’(ou des)outil(s) linguistique(s) à travers


le(s)quel(s) se manifeste le sous-centre d’intérêt en cours de développement : la
manifestation formelle (sur la forme) de l’aspect fondamental (dans le fond) développé.

 Illustration de cet outil linguistique par des indices textuels : la matérialisation de


l’outil d’analyse ayant permis de mettre l’idée en exergue lors de l’analyse détaillée.(on évitera à
ce niveau d’insister sur le nombre d’occurrences excepté le cas où il faut montrer la dominance, la
prévalence d’un élément textuel comparativement à un autre).

 L’analyse des indices textuels : elle consiste à dégager la valeur habituelle de


l’usage des indices que l’on a préalablement relevés du texte. Par exemple : Dans l’étude des
temps verbaux, l’analyse du relevé des verbes conjugués au présent de l’indicatif consiste à
préciser la valeur d’usage (vérité générale, narrative, énonciative, futur proche) que revêt ce
temps verbal dans le texte particulier que l’on étudie et expliquer en quoi consiste cette valeur.

 Interprétation qui vise à montrer l’impact du sous-centre d’intérêt dans le texte et à


expliquer son développement par l’auteur. Elle découle donc directement de l’analyse préalable. Il
est important de repréciser ici que c’est l’adaptation de la valeur d’usage à la particularité du texte
que l’on analyse. Dans l’exemple précédent, si le présent revêt par exemple une valeur
narrative, il faut maintenant que l’interprétation vienne préciser ce que l’on raconte et si
possible, la nature du récit.

 Phrase conclusive et transitive qui conclut le développement du sous-centre


d’intérêt et annonce celui qui sera développé dans le paragraphe suivant.

Nb : le paragraphe d’un devoir de commentaire composé se présente sur le plan formel comme
tout autre paragraphe en un bloc cohérent et cohésif.

Manipulation du corpus – Le plan du commentaire de ce texte peut se construire ainsi qu’il suit :

Centres d’intérêt Sous-centres Outils Indices Analyse Interprétation


d’intérêt d’analyse textuels
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la présentation Champ Affrontement d’un
des forces lexical homme seul face à
La description de 1 antagonistes. un ennemi
Temps
I l’affrontement surpuissant.
verbaux
entre Ben et son
Les techniques Champs Volonté de
ennemi
2 de dissuasion de lexicaux plonger Ben dans
l’ennemi de Figures de la peur absolue.
Ben. style
L’expression de Énonciation Expression de la
L’expression de 1 l’état d’esprit de peur, de la crainte
l’abandon du Ben Ponctuation d’un être seul.
II combat par Ben L’expression de Champs Constat de son
2 la volonté lexicaux impuissance face à
d’abandon du Structures et son ennemi.
combat. types de
phrase

Évaluation : En vous appuyant sur la grille méthodique préalablement bâtie, remplir le


tableau ci-dessus récapitulatif du corps du devoir.

III - RÉDaCtion D’Un Devoir De CoMMentaire COMPOSÉ


Un devoir commentaire composé, de par sa forme, se présente comme une dissertation qui
porte, non pas sur un énoncé court, un sujet mais, sur un texte littéraire. C’est donc dire qu’il
comporte trois (03) subdivisions majeures : l’introduction, le développement et la conclusion.
Même si chacune des parties présente des étapes qui lui sont propres, il doit pour autant exister
entre elles une exigence de cohérence et de cohésion.

NB : structure globale du devoir

*L’introduction générale

*L’introduction partielle 1
*Un minimum de deux paragraphes

-Conclusion partielle 1
*Une transition concession/opposition/addition (connecteur logique)
-Introduction partielle 2

*Minimum de deux paragraphes


*La conclusion partielle 2

*La conclusion générale.

1 – Rédaction d’une introduction.


L’introduction d’un devoir de commentaire composé présente trois subdivisions rédigées
dans un paragraphe unique en un bloc cohérent et cohésif. Il s’agit tour à tour de : situer le texte,
présenter l’idée générale et annoncer le plan en présentant les centres d’intérêt qui vont être
développés.
a – La situation du texte : De la manière la plus simple, on situe le texte en exploitant les
éléments du paratexte. On les observe afin de fournir les informations suivantes :
 Le nom de l’auteur

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 Le titre de l’œuvre et éventuellement son idée générale, le thème structurateur développé
dans l’œuvre
 Le genre littéraire auquel l’œuvre appartient
 La date de publication qui permet aussi de déterminer l’époque, le siècle de l’auteur
 Le courant littéraire dans lequel s’inscrit l’œuvre dans laquelle le texte est extrait
 Le titre du texte, s’il en possède.
 Particularité de l’écriture de l’auteur (caractéristique esthétique ou thématique).

En d’autres termes, situer un texte à commenter revient à présenter :


 L’auteur en précisant : son nom, sa qualité d’écrivain dans le genre littéraire auquel
appartient l’œuvre, sa nationalité, son époque, le courant littéraire dans lequel s’inscrit son
œuvre, la particularité de son écriture.
 L’œuvre dans laquelle le texte est extrait : en précisant : son titre, son genre littéraire, sa
date de publication, ses principaux thèmes relatifs à l’idée générale du texte à commenter.
 Le texte à commenter en précisant : son titre (s’il en possède) ou ses références, son nature
et/ou son type de texte.

NB : on peut, avant de présenter ces éléments, partir du contexte social, littéraire ou historique de
la rédaction et de la publication de l’œuvre ou du texte à commenter. On peut encore partir des
caractéristiques de l’esthétique de l’auteur ou alors de la thématique centrale de l’œuvre ou du
texte étudié. Rappelons ici que ce texte est extrait d’une œuvre inscrite au programme scolaire.
Manipulation du corpus :
Nom de l’auteur : André Brink
Qualité d’écrivain : romancier engagé
Nationalité : sud-africain
Époque : XXème siècle
Particularité de l’écriture : écriture caractérisée par une volonté manifeste de dénoncer les fléaux
qui minent la société sud-africaine.
Titre de l’œuvre et thèmes structurateurs : Une Saison blanche et sèche ; la ségrégation raciale,
l’apartheid en Afrique du Sud
Genre littéraire : le Roman.
Date de publication : 1979, XXème siècle.
Courant littéraire : Le réalisme.
Idée générale de l’œuvre : dénonciation des horreurs de l’odieux système ségrégationniste de
l’Apartheid.
Référence du texte : chap.7, 3ème partie.
Exemples :
 André Brink est un écrivain Sud-Africain du XXème siècle. En 1979, il publie un roman
intitulé Une Saison blanche et sèche, œuvre dans laquelle il se soulève contre la
ségrégation raciale en général et l’apartheid en particulier en Afrique du Sud. Dans ce
texte extrait du Chapitre 7 de la Troisième partie…
 Le combat contre les inégalités sociales a marqué, à travers les époques, la volonté des
écrivains de voir naître une société plus juste. C’est dans cette logique que s’inscrit la
stigmatisation de la ségrégation raciale dans des sociétés où le nègre vit l’ostracisme
absolu. C’est justement le combat que s’est choisi le romancier sud-africain André Brink
dans son œuvre Une Saison blanche et sèche publiée en 1979. Il se dresse principalement
contre les horreurs de l’odieux système Apartheid en livrant à ses lecteurs le récit de la fin
tragique de Ben du Toit. Dans cet énoncé fortement significatif extrait du chapitre 7 de la
troisième partie de ce roman…
b – La présentation de l’idée générale
Présenter l’idée générale, c’est répondre à la question : « de quoi s’agit-il? » en exposant l’idée
générale du texte ou de l’extrait du texte à commenter qui est le sens construit du texte à l’aide de

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la lecture méthodique. Il faut y dire avec précision qui parle ? Quel est le référent et quel est le
message ? Sans y ajouter d’autres explications (on présente d’abord le référent et on résume en
une courte phrase l’ensemble des informations que l’auteur souhaite transmettre). On peut
également y évoquer le récepteur si la présence de ce dernier est explicite dans le texte.
Manipulation du corpus :L’auteur met en scène le personnage de Ben du Toît en proie à une
insécurité généralisée dans le combat qui l’oppose à la section spéciale de la police.

c – La présentation du plan
Annoncer le plan du développement d’un devoir de commentaire composé c’est présenter
les deux ou trois centres d’intérêt à travers lesquels sera développée l’idée générale du texte à
étudier. On pourra dans la mesure du possible et surtout lorsque l’analyse a été bien réalisée et le
plan bien bâti, associer à chaque centre d’intérêt les outils linguistiques qui vont permettre sa
lecture dans le corps du devoir.
Manipulation du corpus : L’analyse de ce texte s’articulera successivement autour de trois
principaux centres d’intérêt à savoir l’affrontement, l’insécurité et l’état d’âme du locuteur.

Évaluation
En vous inspirant de l’analyse du texte corpus, de son paratexte, du sens construit et du
plan global du devoir (centres d’intérêt), rédiger une introduction de commentaire composé.

Exemples d’introduction
 Le combat contre les inégalités sociales a marqué, à travers les époques, la volonté des
écrivains de voir naître une société plus juste. C’est dans cette logique que s’inscrit la
stigmatisation de la ségrégation raciale dans des sociétés où le nègre vit l’ostracisme
absolu. C’est justement le combat que s’est choisi le romancier sud-africain André Brink
dans son œuvre Une Saison blanche et sèche publiée en 1979. Il se dresse principalement
contre les horreurs de l’odieux système Apartheid en livrant à ses lecteurs le récit de la fin
tragique de Ben du Toit. Dans cet énoncé fortement significatif extrait du chapitre 7 de la
troisième partie de ce roman, l’auteur met en scène le personnage de Ben du Toît en proie
à une insécurité généralisée dans le combat qui l’oppose à la section spéciale de la police.
L’analyse de ce texte s’articulera successivement autour de trois principaux centres
d’intérêt à savoir l’affrontement, l’insécurité et l’état d’âme du locuteur. L’analyse de ce
texte nous permettra de montrer tour à tour comment s’expriment l’affrontement,
l’insécurité et l’état du locuteur.

 André Brink est un écrivain Sud-Africain du XXème siècle. En 1979, il publie un roman
intitulé Une Saison blanche et sèche, œuvre dans laquelle il se soulève contre la
ségrégation raciale en général et l’apartheid en particulier en Afrique du Sud. Dans ce
texte extrait du Chapitre 7 de la Troisième partie il met en scène le personnage de Ben du
Toît en proie à une insécurité généralisée dans le combat qui l’oppose à la section spéciale
de la police. Faire de ce texte un commentaire composé exige que nous mettions en
exergue les moyens par lesquels Brink procède d’une part à La description de
l’affrontement entre Ben et son ennemi, et d’autre part comment il procède à la
description de l’affrontement entre ces derniers.

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2- Rédaction d’un paragraphe de commentaire composé.
Un paragraphe de commentaire composé développe un aspect particulier d’un centre
d’intérêt choisi. On doit y mettre en évidence la manifestation de cet aspect dans le texte en
prenant soin de le justifier par des éléments de langue pertinents et, surtout par des illustrations
tirées du texte. Il s’agit de présenter par quel(s) procédé(s) le centre d’intérêt s’exprime dans le
texte, de les analyser, de les interpréter objectivement.
Un paragraphe s’ouvre par la présentation du centre d’intérêt et/ou de son aspect
particulier qu’on désire mettre en évidence puis, selon la démarche choisie (onomasiologique ou
sémasiologique), on procède à sa justification par des outils linguistiques qu’on illustre et qu’on
analyse avant d’associer une interprétation personnelle mais dans les limites du texte de cette
manifestation. Il nécessite donc la maîtrise des faits de langue et de leurs effets dans le texte.
On peut égalementy insérer des citations tirées du texte à commenter sans se contenter
d’une explication linéaire ou de la paraphrase. Chaque aspect de la forme du texte évoqué doit
permettre de dégager un aspect du fond donc du centre d’intérêt développé.

Un paragraphe peut donc obéir à la structure suivante :


Présentation du centre d’intérêt + explication + matérialisation du sous-centre d’intérêt par un ou
deux outils d’analyse + illustration de chaque outil d’analyse par des indices textuels + analyse
progressive des indices textuels+ interprétation logique des illustrations + interprétation
personnelle de la valeur textuelle de l’outil linguistique + conclusion transitive.
Cette structure répond à l’exigence de la consigne d’écriture. Elle commande au candidat
de ne point dissocier le fond de la forme. Cela revient à dire qu’elle l’invite non pas à développer
l’idée, mais à montrer par quels procédés, par quels outils formels l’auteur a développé cette idée,
et comment en a-t-il fait usage pour le développement de cette idée ? En d’autres termes, le
paragraphe doit montrer comment l’auteur s’est servi de la langue pour développer le sous-centre
d’intérêt.
Évaluation
En vous inspirant de l’analyse du texte corpus, et sur la construction du plan détaillé,
rédiger un paragraphe de commentaire composé.
Pour mieux présenter le combat qui oppose Ben du Toit à la section spéciale de la police
sud-africaine dans ce texte, l’auteur procède d’entrée de jeu à la présentation des forces en
présence. Il apparait très clairement que ce sont des forces antagonistes déséquilibrées de par la
toute-puissance du serviteur du système décrié par l’écrivain. C’est cet aspect qui est mis en
exergue par l’usage des procédés divers au nombre desquels, les champs lexicaux, les structures
de phrase et les temps verbaux. Tout d’abord, le texte présente deux principales structures de
phrase : les phrases simples et complexes. Elles permettent respectivement de présenter Ben dans
sa faiblesse et la section spéciale de la police dans toute sa puissance, une force presque
surhumaine et irrésistible.[ce paragraphe est inachevé : veuillez vous exercer à le complèter]

3 - Rédaction d’une conclusion de commentaire composé


La conclusion d’un commentaire composé est le lieu du devoir où l’on présente le bilan, la
synthèse du développement et où l’on peut montrer l’influence du texte sur le lecteur. Ainsi elle
doit comporter généralement deux subdivisions qui sont d’ailleurs obligatoires.
 Le bilan des analyses et interprétations : c’est le rappel des principaux centres d’intérêt
sur lesquels s’est articulé le corps de notre devoir. Cependant, on prendra le soin d’éviter de
reproduire les mêmes formules que dans l’introduction ou dans le corps du devoir et ces éléments
doivent nous permettre de confirmer l’idée générale présentée à l’introduction. Outre la formule
conclusive qui n’est pas obligatoire, ces éléments peuvent être précédés par un rappel de la
situation du texte.

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 Les intérêts du texte : un intérêt est un enseignement que l’on dégage du texte, et cet
enseignement se situe dans un domaine précis de la science. On pourra ainsi dégager d’un texte,
des intérêts littéraire, didactique, historique, sociologique, linguistique, psychologique,
philosophique… cependant, il ne s’agit pas d’énoncer simplement le ou les intérêts mais
d’expliquer également son fondement, de justifier sa pertinence dans le texte et dans notre analyse,
car l’intérêt résulte de l’analyse du texte.

Ainsi par exemple, l’intérêt philosophique peut être fondé sur la vision du monde de l’auteur
relativement à l’idée développée ; l’intérêt linguistique, sur l’usage que l’auteur fait des outils
linguistiques ; littéraire sur le développement particulier d’un thème, la manifestation de
l’esthétique d’un courant et/ou d’un genre littéraire ; l’intérêt didactique sur l’enseignement que le
lecteur dégage du texte ; l’intérêt historique sur l’évocation d’un fait historique marquant ; l’intérêt
psychologique sur le caractère d’un personnage, etc…

LE COMMENTAIRE COMPOSE : SYNTHESE METHODOLOGIQUE


Le commentaire composé est un exercice littéraire d’analyse de texte qui vise à rendre
l’élève autonome dans sa lecture des textes de manière à pouvoir construire l’un des sens qui se
cachent dans les mots et leur agencement. C’est donc un exercice qui considère le texte comme un
tout, une structure, un ensemble dont les éléments (les mots et leurs sens) se combinent.
Pour rédiger un commentaire composé, il est nécessaire qu’on passe par l’analyse du texte,
à travers une lecture minutieuse qui nous permet de repérer les faits de langue et leurs effets de
sens. Cette lecture est dite méthodique. On n’y est pas obligé de considérer le sens proposé par la
consigne du sujet car, il est l’un des sens possibles mais celui que nous construisons – autant que
celui que l’on nous propose – n’aura de valeur que s’il est illustré par indices textuels manifestant
des outils linguistiques pertinents.
On pourra donc, après l’analyse partir du fond vers la forme (démarche sémasiologique) ou
de la forme vers le fond (démarche onomasiologique) lors de la rédaction.

Bravo ! Vous venez d’achever la lecture de ce second exercice de « Méthodologies ».


Après la dissertation, vous avez certainement manifesté l’envie découvrir également le
commentaire composé que vous venez de parcourir. Cependant, nous ne serons réellement fier
de notre travail que si vous appliquez avec aisance nos indications méthodologiques sur
d’autres textes tirées des œuvres inscrites au programme de votre niveau d’étude. Exercez-vous
avec les textes et analyse de textes ci-après proposés.

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« Mai » in Alcools de Guillaume Apollinaire.

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin


Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or les vergers fleuris se figeaient en arrière


Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement


Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte trainée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines


De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes.

Guillaume Apollinaire, Alcools, Gallimard, 1913.


Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous
montrerez, par exemple, comment le poète exprime le regret du caractère éphémère de la beauté
en établissant une analogie entre la femme et la fleur.

Orientations : exploitez Les figures d’analogie (Comparaison, métaphore, personnification),


d’opposition (Antithèse), et de substitution (métonymie du tout par la partie), les temps verbaux
(Présent et imparfait de l’indicatif), Les champs lexicaux (beauté, nature, déplacement).

« Le Pont Mirabeau » L’amour s’en va comme cette eau courante


Sous le pont Mirabeau coule la Seine L’amour s’en va
Et nos amours Comme la vie est lente
Faut-il qu’il m’en souvienne Et comme l’Espérance est violente
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
Les jours s’en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Les mains dans les mains restons face à face Ni temps passé
Tandis que sous Ni les amours reviennent
Le pont de nos bras passe Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Des éternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure.
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, « Le pont Mirabeau », Alcools, 1913


.
62

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Vous ferez de ce texte un commentaire composé sans dissocier le fond de la forme. Vous
pourrez, si vous le voulez, montrer comment le poète évoque l’impact de la fuite du temps sur l’amour.

Orientations : exploitez L’énonciation (L’émetteur et le récepteur), Les champs lexicaux (passage/


temps/ amour), Les figure de l’analogie (comparaison/personnification)…

« Les colchiques »
Le pré est vénéneux mais jolie en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas


Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement


Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

Guillaume Apollinaire, Alcools, Gallimard, 1913.


Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous
pourrez, si vous le voulez, montrer par quel(s) procédé(s) Guillaume Apollinaire recrée le mythe de la
femme-fleur en assimilant le regard sa bien-aimée aux colchiques.

Orientations : exploitez Les figures d’analogie (métaphore/comparaison), d’opposition (l’antithèse qui


ouvre le poème), Les champs lexicaux (beauté et danger), la valeur d’usage du présent de l’indicatif, les
connotations appréciatives (caractérisation méliorative et/ou péjorative).

« La Chanson du mal-aimé » in Alcools de Guillaume Apollinaire


Acte I, Scène 6 in La Croix du Sud de Joseph Ngoué, Les Classiques africains, 1984

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FICHE DE TD BONUS POUR L’ANALYSE DU TEXTE ET L’ELABORATION
D’UN COMMENTAIRE COMPOSE
Objectif 1 : construire le sens du texte à commenter
Séance 1 : Lecture méthodique du texte à commenter
Étape 1 : Formuler les hypothèses de sens.
Activités :
*Exploiter le titre si le texte en possède
*exploiter ses aspects visuels
*lire le texte
*dire de quoi pourrait parler le texte en formulant quatre à six hypothèses de sens.

Étape 2 : vérifier les hypothèses de sens dans une grille d’analyse méthodique suivante :
Outils linguistiques Illustrations Analyses Interprétations
(entrée) (indices textuels)
(Énonciation)

(Les figures de style)

(Les champs lexicaux)

Activités :
*Lire le texte une fois de plus (crayon à la main)
*Repérer trois à quatre outils d’analyse pertinents dans le texte
*illustrer progressivement les outils d’analyse repérés par des indices qui les matérialisent
dans le texte.
*Analyser progressivement les indices relevés du texte
*Interpréter progressivement les analyses réalisées des indices textuels.

Étape 3 : Valider les hypothèses de sens


Activité unique : confronter progressivement les hypothèses de sens de départ à la colonne
d’interprétation pour ne retenir comme idées du texte que celles des hypothèses qui s’y trouvent
matérialisées.
Étape 4 : Construire un sens objectif du texte
Activité unique : associer de manière cohérente les hypothèses de sens validées de manière à dire
clairement qui parle, à qui, de quoi et quel en est le message dans le texte.

Séance 2 : De la lecture méthodique au commentaire composé.


Objectif 1 : construire le plan détaillé d’un devoir de commentaire composé.
Étape 1 : Dégager deux à trois principales idées (centres d’intérêt) du texte.
Activités :
*Regrouper les hypothèses validées en deux ou trois centres d’intérêt
NB : Chaque hypothèse validée peut constituer un centre ou un sous-centre d’intérêt du texte.
*Scinder chaque centre d’intérêt en deux sous-centres d’intérêt.
Étape 2 : associer le fond et la forme du texte
Activités
*Compléter le tableau suivant en présentant à l’aide de la grille préalable d’analyse:

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- la matérialisation de chaque sous-centre d’intérêt par des outils d’analyse qui ont
permis sa mise en évidence
- les illustrations de chaque outil d’analyse par des indices textuels
- les analyses proposées aux illustrations
- les interprétations proposées à l’usage de ces indices textuels dans le texte.
Centres d’intérêt Sous-centres Outils Indices Analyse Interprétation
d’intérêt d’analyse textuels
1
I
2

II
2
Objectif 3 : Produire un commentaire composé
Séance 1 : développer un sous-centre d’intérêt
Activités : Rédaction d’un paragraphe. Lecture, correction et consolidation
Séance 2 : rédiger une introduction et une conclusion
Activités : Rédaction de l’introduction et de la conclusion, lecture / correction /
renforcement.
Séance 3 : Rédiger une introduction, une conclusion partielle et une transition.
Évaluation : produire un devoir de commentaire composé.

APPLICATION DE LA FICHE DE TD SUR DES TEXTES


(le candidat se devra de suivre le cheminement en s’appuyant sur un texte différent)

Texte 1
Dans une fausse comme un ours
Chaque matin je me promène Que je m’ennuie entre ces murs tout nus
Tournons tournons tournons toujours Et peints de couleurs pâles
Le ciel est bleu comme une chaîne Une mouche sur le papier à pas menus
Dans une fosse comme un ours Parcourt mes lignes inégales
Chaque matin je me promène
Que deviendrais-je ô Dieu qui connais ma douleur
Dans la cellule d’à côté Toi qui me l’as donnée
On y fait couler la fontaine Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Avec les clefs qu’il fait tinter Le bruit de ma chaise enchainée
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à côté Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison
On y fait couler la fontaine L’Amour qui m’accompagne
Apollinaire, Guillaume, Alcools, « A la Santé », (sections III et IV), 1913.

Objectif 1 : construire l’idée générale du texte à commenter


Séance 1 : Lecture méthodique du texte à commenter

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À la fin de l’analyse, l’élève doit être capable de montrer par quels procédés le poète exprime
la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers carcéral.
Étape 1 : Formuler les hypothèses de sens.
Activités :
*Exploiter le titre si le texte en possède
*exploiter ses aspects visuels
*lire le texte
*dire de quoi pourrait parler le texte en formulant quatre à six hypothèses de sens.
La lecture du texte proposé peut permettre d’envisager comme possibles idées développées dans le
texte, les hypothèses de sens suivantes :

- La présentation d’un problème nocif à la santé


- Un toast porté à l’occasion d’une cérémonie
- La description de la vie en prison
- L’expression de la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers carcéral
- La dénonciation des conditions de détention dans les prisons
- La déploration de l’intervention divine
- L’expression des souffrances endurées par les prisonniers
- Revendication de l’amélioration des conditions de vie dans les prisons.
Étape 2 : vérifier les hypothèses de sens dans une grille d’analyse méthodique suivante :
Cette étape transversale laisse deux possibilités de conduire les activités au candidat. D’une
part, il peut choisir progressivement les hypothèses et procéder à leur vérification en recherchant
dans le texte le ou les outils d’analyse qui pourraient éventuellement permettre de les valider.
D’autre part, il peut choisir d’aller dans le texte pour retrouver les outils d’analyse, les illustrer, les
analyser puis les interpréter avant d’établir une confrontation permettant de valider ou d’invalider
une hypothèse. Cette deuxième méthode semble plus appropriée pour les apprenants.
Activités :
*Lire le texte une fois de plus (crayon à la main)
*Repérer trois à quatre outils d’analyse pertinents dans le texte
*illustrer progressivement les outils d’analyse repérés par des indices qui les matérialisent
dans le texte.
*Analyser progressivement les indices relevés du texte
*Interpréter progressivement les analyses réalisées des indices textuels.
Le présent corpus peut se lire à travers une multitude d’outils. On pourra citer :
L’énonciation, les types (ou modalités) de phrase, les champs lexicaux, les temps verbaux ou encore
les figures de style… L’exploitation de trois entrées peut être largement suffisante. Les quatre
activités de l’analyse de texte se combinent mieux dans la grille méthodique ainsi qu’il suit :
Outils linguistiques Illustrations Analyses Interprétations
(entrée) (indices textuels)
1) Les types de -La phrase déclarative : La phrase déclarative Le poète se sert de la
phrase «Dans une fausse comme un permet généralement phrase déclarative pour
ours/Chaque matin je me d’apporter une informer, présenter à son
promène » ; « Dans la cellule information, de lecteur les conditions de
d’à côté/On y fait couler la renseigner le récepteur
vie dans l’univers
fontaine » ; « Une mouche sur du message.
carcéral.
le papier à pas menus/Parcourt
mes lignes inégales »

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-La phrase exclamative : Le type de phrase À travers ce type de
«Que je m’ennuie entre ces exclamatif permet au phrase, Guillaume
murs tout nus/Et peints de locuteur d’extérioriser Apollinaire extériorise
couleurs pâles » une émotion, un son inquiétude sur sa
sentiment ou un état
condition de prisonnier
d’âme suite à une
situation donnée. où prévaut l’ennui

-La phrase interrogative : C’est une interrogation Le poète interroge Dieu


« Que deviendrais-je ô Dieu
rhétorique que le poète se qu’il tient pour
pose et qui permet responsable de la
qui connais ma douleur/Toi généralement de susciter condition humaine sur
qui me l’as donnée » la réflexion chez son
son avenir qu’il croit
récepteur.
incertain
-La phrase impérative : La phrase impérative est Le poète sollicite la pitié de
«Prends en pitié mes yeux sans une modalité jussive Dieu et son intervention
larmes ma pâleur/Le bruit de permettant de formuler pour améliorer la triste et
ma chaise une injonction pouvant pénible condition dans
enchainée » ; « Prends en pitié exprimer un ordre, un laquelle vivent « tous ces
surtout ma débile raison/Et ce conseil ou une pauvres cœur battant dans
désespoir qui la gagne » supplication comme c’est la prison »
cas ici.

Les figures de style -« Dans une fausse comme Ces deux expressions Apollinaire établit une analogie
comportent des entre lui, le prisonnier dans une
un ours/Chaque matin je me cellule et un ours en fosse pour
comparaisons une figure
promène »(02 occurrences) relever leur similitude du point
d’analogie permettant de
-« Le ciel est bleu comme une de vue de la privation de
relever d’une part une
chaîne » liberté. Aussi relève-t-il le
similitude et d’autre part contraste entre le ciel symbole
un contraste entre un de la liberté et les chaînes,
comparé et un marque de la claustration.
comparant.
-« Dans une fausse comme Ces vers mettent en Le poète met l’accent,
un ours/Chaque matin je me exergue une figure tour à tour, à la manière
promène » (02 occurrences) d’insistance : la d’un refrain, sur la
-« Dans la cellule d’à répétition des mêmes
côté/On y fait couler la répétition.
activités à longueur de
fontaine » (02occurrences) jours et sur la pitié qu’il
-« Prends en pitié… »
(02occ.) sollicite.
Les champs lexicaux -« fosse (2occ), cellule Ces termes et L’association de ces
(2occ), chaîne, clefs, geôlier, expressions constituent trois champs lexicaux
murs, chaise enchaînée, le champ lexical de la permet de lire la
prison » prison, de la
claustration. volonté de l’auteur de
-« chaque matin (02occ), Ces termes constituent le décrire à ses lecteurs la
toujours, aille et revienne, champ lexical de la souffrance et la
ennuie, pâle, pâleur, monotonie et de l’ennui lassitude qui résulte de
désespoir » la monotonie de la vie
-« chaîne, cellule, ennuie, Ces termes et dans un univers
douleur, pitié (02occ), expressions constituent carcéral.
larmes, enchaînée, pauvres le champ lexical de la
cœurs, débile raison » souffrance (morale et
physique).

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NB :Le texte qui nous a été proposé présente une richesse formelle qui vous aurait par exemple conduit à
l’exploitation d’entrées différentes de celles pour lesquelles nous avons opté. Vous auriez donc, par exemple, pu
exploiter les temps et modes du verbe, d’autres figures de style, la forme du poème, etc. Cela permet de voir que le texte
n’a pas un sens figé ni préconstruit.

Étape 3 : Valider les hypothèses de sens


Activité unique : confronter progressivement les hypothèses de sens de départ à la colonne
d’interprétation pour ne retenir comme idées du texte que celles des hypothèses qui s’y trouvent
matérialisées.

En confrontant nos hypothèses de départ à la colonne des interprétations de notre grille d’analyse, il
s’avère que seules sont validées comme idées vérifiées du texte, celles ci-après :
- La description de la vie en prison
- L’expression de la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers carcéral
- La dénonciation des conditions de détention dans les prisons
- La déploration de l’intervention divine
- L’expression des souffrances endurées par les prisonniers
- Revendication de l’amélioration des conditions de vie dans les prisons

Étape 4 : Construire une idée générale objective du texte


Activité unique : associer de manière cohérente les hypothèses de sens validées de manière à dire
clairement qui parle, à qui, de quoi et quel en est le message dans le texte.
On pourra pour formuler l’idée générale dégager d’abord le thème structurateur du poème
ensuite, le message de l’auteur et enfin les mettre ensemble ainsi qu’il suit :
 Thème : Les conditions de vie des prisonniers.
 Message : Le poète décrit pour s’en plaindre la lassitude et la souffrance provoquées par la
monotonie due aux mauvaises conditions de détention des prisonniers.
 Idée générale(telle qu’elle peut être formulée dans l’introduction) : Dans cet extrait du poème « A la
Santé », Guillaume Apollinaire s’attaque à l’univers carcéral. En effet, il procède, sous une tonalité
élégiaque telle une plainte adressée à Dieu, à la description de la lassitude et la souffrance
provoquées par la monotonie due aux mauvaises conditions de détention des prisonniers.
NB : Cette première série d’activités de votre commentaire composé devrait vous prendre un
maximum de 1 heure 20 minutes.

Séance 2 : De la lecture méthodique au commentaire composé.


Objectif 1 : construire le plan détaillé d’un devoir de commentaire composé.
Étape 1 : Dégager deux à trois principales idées (centres d’intérêt) du texte.
Activités :
*Regrouper les hypothèses validées en deux ou trois centres d’intérêt
NB : Chaque hypothèse validée peut constituer un centre ou un sous-centre d’intérêt du texte.
*Scinder chaque centre d’intérêt en deux sous-centres d’intérêt.
Étape 2 : associer le fond et la forme du texte
Activités
*Compléter le tableau suivant en présentant à l’aide de la grille préalable d’analyse :
- la matérialisation de chaque sous-centre d’intérêt par des outils d’analyse qui ont
permis sa mise en évidence

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- les illustrations de chaque outil d’analyse par des indices textuels
- les analyses proposées aux illustrations
- les interprétations proposées à l’usage de ces indices textuels dans le texte.

Les six hypothèses validées par notre grille méthodique à travers des outils d’analyse
pertinents peuvent se regrouper en deux principaux centres d’intérêt ainsi qu’il suit :

 Centre d’intérêt I : L’expression de la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers


carcéral.
- Sous-centre d’intérêt 1 : La description de la vie en prison
- Sous-centre d’intérêt 2 : L’expression des souffrances endurées par les prisonniers

 Centre d’intérêt II : Supplication de l’intervention divine pour l’amélioration de la vie


dans l’univers carcéral
- Sous-centre d’intérêt 1 : La déploration de l’intervention divine
- Sous-centre d’intérêt 2 : La revendication de l’amélioration des conditions de vie
dans les prisons.
Centres d’intérêt Sous-centres Outils Indices textuels Analyse Interprétation
d’intérêt d’analyse
1 -« Dans une fausse Le poète met
Ces vers mettent
Le poète le comme un
matérialise ours/Chaque matin je l’accent, tour à
en exergue une
par l’usage de me promène » (02 figure tour, à la manière
occurrences)
Guillaume divers -« Dans la cellule d’à d’insistance : la
d’un refrain, sur
Apollinaire procédés tels côté/On y fait couler la la répétition des
que les figures fontaine »
répétition.
procède d’entrée mêmes activités à
de jeu à la de style et les (02occurrences)
description de la
champs -« Prends en pitié… » longueur de jours
lexicaux. (02occ.)
vie en prison au et sur la pitié qu’il
-« chaque matin Ces termes
quotidien. sollicite. Cette
D’entrée de jeu, (02occ), toujours, constituent le
est marquée par
le poème « A la aille et revienne, champ lexical de la
Santé » ennuie, pâle, monotonie et de la monotonie
apparait l’ennui des habitudes et
I
pâleur, désespoir »
comme le lieu des faits
de l’expression
la lassitude due quotidiens.
à la monotonie 2
de la vie dans Le poète décrit
l’univers par la suite les
carcéral par le souffrances
poète. physique et
morale endurées
par les
prisonniers à
cause de cette
monotonie.

1
Pour remédier à
Il apparaît par cette triste
la suite que situation, l’auteur
pour le poète, de Calligrammes
l’amélioration ne manque pas
de solliciter
de la vie dans
l’intervention
l’univers
divine.

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carcéral ne
II peut passer que
la haute
intervention de 2 La prière qu’il
Dieu. formule ainsi se
fonde
principalement
sur sa quête de
l’amélioration des
conditions de vie
dans les prisons.

Objectif 3 : Produire un commentaire composé


Séance 1 : développer un sous-centre d’intérêt
Activités : Rédaction d’un paragraphe. Lecture, correction et consolidation

Guillaume Apollinaire procède d’entrée de jeu à la description de la vie en prison au


quotidien. Une existence caractérisée particulièrement par la monotonie des activités. En effet, le
poète le matérialise par l’usage de divers procédés au nombre desquels les figures de style et les
champs lexicaux. Les répétitions présentes dans les expressions« Dans une fausse comme un
ours/Chaque matin je me promène » (02 occurrences) ; « Dans la cellule d’à côté/On y fait couler
la fontaine » (02occurrences) ou encore « Prends en pitié… » (02occ.)lui permettent de mettre en
exergue une figure d’insistance qui décrivent la répétition des mêmes activités au fils de la vie
des détenus. Une répétition qui finit par friser provoquer, susciter de l’ennui chez ces derniers. Le
poète renforce par ailleurs cette description par des termes qui constituent le champ lexical de la
monotonie et de l’ennui et parmi lesquels « chaque matin (02occ), toujours, aille et revienne,
ennuie, pâle, pâleur, désespoir ».Il apparait très clairement que dans ce texte, le poète met
l’accent, tour à tour, à la manière d’un refrain, sur la répétition des mêmes activités à longueur de
jours et sur la pitié qu’il sollicite. Cette est marquée par la monotonie des habitudes et des faits
quotidiens.

Séance 2 : rédiger une introduction et une conclusion


Activités : Rédaction de l’introduction et de la conclusion, lecture / correction /
renforcement.
L’introduction
 La poésie, dans l’esprit préromantique et romantique, se présentait comme le
domaine privilégié de l’expression des sentiments propres à l’auteur et à l’humaine
condition. Elle devient pourtant, avec les modernes et le XXème siècle, un moyen de
revendications et de réclamations sociales multiples. C’est ce qui justifie que certains poètes,
en l’occurrence Guillaume Apollinaire, s’en servent pour exprimer le ras-le-bol de certaines
situations dans leurs sociétés. Il publie à cet effet un recueil de poèmes intitulé Alcools, dans
lequel prévaut certes, un lyrisme personnel à peine masqué, mais où il oriente la poésie sur
la voie des questions sociales. Le poème « A la santé » en est justement l’illustration parfaite
dès lors que son auteur y évoque les conditions de vie des prisonniers. En effet, Le poète
décrit pour s’en plaindre la lassitude et la souffrance provoquées par la monotonie due aux
mauvaises conditions de détention des prisonniers. L’analyse de cet extrait s’articulera
autour de deux principaux centres d’intérêt. D’une part, nous montreront par quels procédés
le poète exprime la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers carcéral, et d’autre

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part, comment il en arrive à la supplication de l’intervention divine pour l’amélioration de la
vie dans cet univers.

La conclusion
 Cette analyse du poème « A la santé » s’est structurée autour de deux principaux
centres d’intérêt. Nous y avons ainsi montré dans un premier temps que dans ce poème,
l’auteur procède à l’expression de la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers
carcéral à travers la description de la vie en prison et l’expression des souffrances endurées
par les prisonniers. Dans un second temps, il nous est revenu de montrer par quels
procédés Apollinaire passe pour implorer l’intervention divine pour l’amélioration des
conditions de vie dans les prisons de France. Il apparaît enfin de compte que ce poème
décrit pour s’en plaindre la lassitude et la souffrance provoquées par la monotonie due aux
mauvaises conditions de détention des prisonniers. Ce texte devient ainsi intéressant sur
deux plans. Dans le domaine littéraire, il est caractérisé par le désir du poète de s’éloigner
des normes esthétiques classiques de la poésie en se détournant de la ponctuation et de la
régularité du vers. Par ailleurs, la revendication de l’amélioration des conditions de vie
dans la société française lui confère une portée sociale.

Séance 3 : Rédiger une introduction, une conclusion partielle et une transition.


Évaluation : produire un devoir de commentaire composé.

L’introduction partielle1
Dans ce poème, Guillaume Apollinaire exprime d’une manière particulière la lassitude due à
la monotonie de la vie dans l’univers carcéral. Pour ce faire, il procède à la description de la vie en
prison pour extérioriser les souffrances endurées par les prisonniers.

La conclusion partielle2
Cette seconde section de notre analyse qui parvient à sa fin nous a permis de montrer par
quels outils le poète procède pour supplier l’intervention de Dieu afin d’améliorer les conditions la
vie dans l’univers carcéral français.
La transition
La première étape de notre analyse nous a permis de montrer dans que, dans ce poème,
l’auteur procède à l’expression de la lassitude due à la monotonie de la vie dans l’univers carcéral à
travers la description de la vie en prison et l’expression des souffrances endurées par les prisonniers.
Pourtant, si cet acte de dénonciation interpelle les hommes dans leur indifférence et leur inertie
relativement à ces conditions de vie, Apollinaire en appelle également au Tout Puissant pour
solliciter son intervention.

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Fiche de td n°2

CORPUS : texte extrait du poème « Lettre collective », in Balafon de Engelbert MVENG


(1972).
Ils m’ont dit,
Mes frères, de vous répondre qu’en Afrique,
On n’aime pas les hommes comme on aime ses colonies,
Comme on aime les peuples protégés,
Les peuples grands enfants dormant sous la tutelle.
A l’abri des soucis, des dangers,
A l’abri d’eux-mêmes, absents de leur destin,
Avec le grand manteau des sollicitudes et des assistances,
Avec le déploiement des deux ailes de l’ « amitié »,
Comme un grand firmament de léthargie…
On n’aime point les hommes,
Comme des perles rares,
Comme des bêtes exotiques,
Comme des esclaves affranchis, ou des protégés sous la tutelle,
On aime les hommes
Parce qu’ils sont hommes,
Tout simplement,
Comme nous.

En Afrique,
On admire la technique, la science, les machines,
On admire les avions, les fusées, les spoutniks,
Car demain nous aussi nous voguerons vers la lune,
Nous irons danser sur les étoiles,
La danse du rendez-vous des mondes rassemblés
De tous les firmaments par nos voix africaines…,
On admire les spoutniks
On craint les bombes atomiques
Et la haine au cœur de l’homme blanc
Berçant ses rêves dévastateurs,
De la clameur qui monte des cendres d’Hiroshima !
Mais en Afrique,
C’est l’homme
L’homme que l’on aime,
Parce qu’il est homme
Tout simplement,
Comme nous !...

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Sans dissocier le fond de la forme et en


restant attentif à l’énonciation, aux champs lexicaux et aux effets de style, vous montrerez comment
le poète évoque le douloureux de la colonisation pour exprimer sa crainte de voir grandir une
nouvelle relation entre l’Afrique et l’Occident malgré les progrès scientifiques et techniques.

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ANALYSE DU TEXTE
Objectif global : Construire le plan détaillé du corps du devoir.
I – PHASE DE LA COMPREHENSION DU TEXTE
Objectif : Construire une idée générale objective et vérifiable au texte proposé.
Activités :
1 – Lecture du texte

2 – Formulation des hypothèses de sens.


Il pourrait, dans cet extrait du poème « Lettre collective », être question de :
*Message collectif adressé par le poète au nom de l’Afrique aux peuples occidentaux.
*Évocation du douloureux souvenir de la colonisation.
*Expression de la crainte d’une nouvelle relation amicale entre l’Afrique et l’Occident.
*Expression de l’admiration de l’Afrique pour les PST réalisés par l’Occident.
*Analogie entre les conceptions occidentale et africaine de l’amitié.
*Dénonciation de l’hypocrisie de l’Occident dans ses rapports avec l’Afrique.
*Valorisation de l’humanisme des Africains.

3 – processus de vérification des hypothèses de sens


Outils Indices textuels Analyse des indices Interprétation des
d’analyse analyses
Énonciation -les pronoms Ce sont les marques de
personnels : « nous »(04occ), l’émetteur qui se réfèrent
*Qui parle ? « m’ »
-le pronom indéfini « on » au poète Engelbert Mveng
(ayant valeur de « nous ») et à ses frères africains.
(6occ) Le poète Engelbert Mveng
-adjectifs possessifs : « mes », se fait porte-parole de ses
« nos » frères africains pour
adresser un message aux
*A qui ? -le pronom personnel « vous » Ce sont les indices du peuples asiatique, européen
-le pronom indéfini « on » récepteur renvoyant à et américain.
(ayant valeur de « vous »)
(03occ) Kong-Fu-Tseu, Roland-
Roger et Moteczuma,
représentants respectifs
des continents asiatique,
européen et américain.
« technique », Ces termes et expressions
« science », « avions », constituent le champ
« spoutniks », lexical des progrès
« fusées », « bombes scientifiques et
atomiques » techniques.
« soucis », « danger », Ces termes et expressions Le poète évoque le triste et
« affranchis », constituent le champ douloureux souvenir de la
colonisation pour exprimer
Champs « haine », « bombes lexical de la crainte. sa crainte de voir naître
lexicaux atomiques », « rêves une nouvelle relation entre
dévastateurs ». l’Afrique et l’Occident
« colonies », « peuples Ces termes et expression malgré l’admiration de ses
frères pour les avantages
protégés », « tutelle », constituent le champ
des progrès scientifiques et
« esclaves », lexical de la colonisation. techniques.
« affranchis », « homme
blanc », « Afrique »,
« dévastateurs »
« frères », « aime », Termes et expressions

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« sollicitudes », constituant le champ
« assistances », lexical de l’amitié.
« amitié », « protégés »
Forme affirmative : L’auteur décrit la
« on aime les hommes conception africaine de
parce qu’ils sont homme l’amitié. Engelbert Mveng remet en
comme nous » question le caractère
Formes de Forme négative : « on Ces phrases marquent le intéressé et hypocrite de
phrase aime pas les hommes refus du poète de l’amitié chez les
comme on aime ses s’accommoder de la Occidentaux pour valoriser
l’humanisme des Africains,
colonies. » ; « on n’aime conception occidentale de une amitié fondée sur la
point les hommes comme l’amitié. valeur et nature humaine
on aime des perles de son alter ego.
rares »
Forme emphatique : Cette phrase permet au
« c’est l’homme, poète d’attirer l’attention
l’homme que l’on aime sur l’humanisme des
parce qu’il est homme » Africain.
« On admire…” Cette construction
“On admire…” constitue une anaphore qui
“On admire…” permet au poète de
marquer implicitement son
insistance sur l’admiration
des Africains à l’égard des
progrès scientifiques et
Figures de techniques. En même temps qu’il attire
style « On n’aime pas les l’attention sur l’admiration
hommes comme on aime des Africains pour les
ses colonies/Comme on L’ensemble de ces progrès scientifiques
aime les peuples expressions renferme des réalisés par l’Occident, le
poète souligne surtout la
protégés…/comme un comparaisons qui différence manifeste qui
grand firmament de établissent une analogie, existe entre la conception
léthargie » ; « on n’aime un rapprochement entre un occidentale de l’amitié qu’il
point les hommes comme comparé (l’amour de juge intéressée et celle
des perles rares/Comme l’homme) et un comparant africaine plutôt humaniste.
des bêtes (l’amour des biens
exotiques/Comme des matériels) d’une part ; et
esclaves… » ; « on aime d’autre part un comparé
les hommes parce qu’ils (l’homme quel qu’il soit)
sont hommes tout et un comparant (nous=les
simplement comme Africains) par
nous » ; « L’homme que l’intermédiaire d’un outil
l’on aime parce qu’il est de comparaison.
homme tout simplement
comme nous »

4 – Validation des hypothèses : confrontation avec la colonne des interprétations


Cette confrontation permet de retenir les hypothèses ci-après comme idées du texte :
*Message collectif adressé par le poète au nom de l’Afrique aux peuples occidentaux.
*Évocation du douloureux souvenir de la colonisation.
*Expression de la crainte d’une nouvelle relation amicale entre l’Afrique et l’Occident.
*Expression de l’admiration de l’Afrique pour les PST réalisés par l’Occident.
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*Analogie entre les conceptions occidentale et africaine de l’amitié.
*Dénonciation de l’hypocrisie de l’Occident dans ses rapports avec l’Afrique.
*Valorisation de l’humanisme des Africains.

5 – Regroupement des hypothèses validées en Centres d’intérêt


 Centre d’intérêt N°1 : Évocation du douloureux souvenir de la colonisation occidentale
en Afrique.
-sous-centre d’intérêt N°1 : Expression de la crainte d’une nouvelle relation amicale.
-sous-centre d’intérêt N°2 : Expression de l’admiration des Africains pour les PST.
* Centre d’intérêt N°2 : La dénonciation de l’hypocrisie occidentale.
-sous-centre d’intérêt N°1 : L’analogie entre les conceptions occidentales et africaine de
l’amitié.
-sous-centre d’intérêt N°2 : La valorisation de l’humanisme des Africains.

6 – Construction de l’idée générale du texte


Thème central du texte : L’amitié/la fraternité universelle.
Message : Le poète évoque le douloureux souvenir de la colonisation pour dénoncer et
refuser une nouvelle relation amicale fondée sur la conception occidentale.

II – PHASE DE L’ORGANISATION DES IDEES


Objectif : Associer le fond et la forme du texte à commenter.
L’ensemble des activités de cette phase se trouve consigné dans le tableau ci-après que vous êtes
appelé à compléter en remplissant la colonne des illustrations en vous appuyant sur la grille
méthodique de la phase d’analyse.
Centres d’intérêt Sous-centres Outils Indices textuels Analyse Interprétation
d’intérêt d’analyse
1 Le poète met
Les figures Une anaphore qui l’accent sur le désir
de style marque l’insistance, de ses frères
attire l’attention sur africains d’accéder
l’admiration des et d’exploiter
I Africains. positivement les
Engelbert Le poète PST occidentaux
Mveng exprime pour développer par
évoque le l’admiration de eux-mêmes leur
triste et ses frères continent afin de
douloureux africains pour pouvoir apporter du
souvenir de la les Progrès leur au grand
colonisation scientifiques et « rendez-vous des
occidentale en techniques Des termes et mondes
Afrique réalisés par les expressions qui rassemblés »
occidentaux. Les champs constituent le
lexicaux champ lexical des
PST
2 Mveng se fait Mveng et ses frères Le poète se fait
porte-parole de L’énonciatio africains porte-parole de ses
ses frères pour n frères africains pour
Les peuples
souligner leur extérioriser leur
asiatique, européen
crainte de crainte commune de
et américain
devoir vivre une voir germer une
Les champs Champ lexical de la
nouvelle amitié nouvelle amitié
lexicaux crainte.
avec les peuples entre leur terre et
de l’Occident. Le champ lexical de les autres continent,
l’amitié. au souvenir des
Champ lexical de la souffrances
colonisation endurées pendant la
colonisation et des

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dégâts de leurs PST
sur Hiroshima.
1 L’auteur établit Comparaison qui
Le poète une analogie Figures de souligne le
dénonce entre les style contraste entre la Cette analogie
II conceptions conception de permet ainsi au
l’hypocrisie
occidentale et l’amitié en occident poète de mettre à nu
des peuples africaine de et celle des le caractère
occidentaux l’amitié pour Africains. intéressé de l’amitié
dans leurs dire son refus de Phrases négatives chez les
relations avec s’accommoder à Formes de qui permettent au Occidentaux qui ne
le continent la conception phrase poète de souligner se rapprochent de
noie. intéressée des le refus de ses l’Afrique que pour
peuples de ses frères de s’aliéner à piller et exploiter
amis. la conception ses richesses
occidentale de naturelles.
l’amitié.
L’historien et Phrase affirmative
2 homme d’Eglise qui présente aux
camerounais Occidentaux la Indigné par
valorise conception africaine l’hypocrisie des
l’humanisme du de l’amitié. Occidentaux,
peuple africain Phrase négative qui Mveng prend sur
qui considère présente le lui de valoriser
l’homme au- Les formes caractère l’humanisme et
delà de tout de phrase déshumanisant de la l’altruisme qui
intérêt. conception caractérisent
occidentale de l’Africain. Aussi
l’amitié chante-t-il donc
Phrase emphatique cette amitié vraie
qui marque pour la célébrer.
l’insistance du
poète sur la
considération de la
valeur humaine en
Afrique.
Travail à faire : le tableau ci-dessus présente le plan détaillé du corps du devoir de
commentaire composé sur ce texte extrait du poème « lettre collective ». il vous revient donc
de :
1) Produire une introduction du devoir
2) Produire tous les éléments du corps du devoir (une introduction partielle, les deux
paragraphes de la première partie, une transition, les deux paragraphes de la
deuxième partie, une conclusion partielle)
3) Produire une conclusion du devoir.
4) Envoyer le devoir en ligne pour correction à l’adresse électronique signalée au bas de
la page si vous possédez vous-même une adresse électronique. Les meilleurs devoirs
seront non seulement primés mais retenus pour être publiés avec votre nom dans la
prochaine édition du livre.
Les paragraphes devront (par exemple) obéir à la structure suivante :
PRESENTATION DU SCI +EXPLICATION+
MATERIALISATION DU SCI PAR LE/LES OUTIL(S) D’ANALYSE+
ILLUSTRATION DES OUTILS D’ANALYSE PAR DES INDICES TEXTUELS+
ANALYSE DES INDICES TEXTUELS+
INTERPRETATION DES ANALYSES+
PHRASE CONCLUSIVE/TRANSITIVE.

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À paraître dans les jours prochains du même collectif des auteurs :

DE L’EXCELLENCE EN LANGUE FRANÇAISE : LES CONNAISSANCES


NECESSAIRES POUR ABORDER ET TRAITER L’EPREUVE A L’EXAMEN

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