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Distillation

La distillation est une opération unitaire qui a pour but de séparer deux ou plusieurs constituants d’un
mélange en se basant sur les différences de volatilité de divers constituants.
Cette opération est réalisé en mettant en contact une phase liquide et une phase vapeur et on utilise la
faculté, plus ou mois grande pour chaque produit, de passer d’une phase dans une autre. La phase
vapeur est produite par évaporation en fournissant de la chaleur au système.
La distillation est réalisée dans des appareils conçus pour assurer le meilleur contact possible entre la
phase liquide et la phase vapeur et comportant plusieurs étages : ce sont des colonnes ou tours de
fonctionnement.

Le principe de fonctionnement d’une colonne à distiller est simple. A pression constante dans la
colonne, les équilibres de phases se déplacent à l’aide d’un gradient de température crée par :
- Un condenseur, source froide, qui crée un flux de liquide froid descendant dans la colonne.
- Un bouilleur, source chaude, générant un flux de vapeur chaude montant dans la colonne
Pour assurer les transferts de matière et de chaleur entre ces deux flux, des éléments de contact sont
placés à l’intérieur d’une virole.
Ils sont constitués soit par :
- Des plateaux, dont le principe de base est de faire barboter la vapeur dans une rétention liquide
provoquée par un barrage coupant la phase liquide. On considère que la vapeur et le liquide qui
quittent un même plateau sont en équilibre

- Des garnissages, de nature variée, dispersant les deux phases et assurant une bonne surface
d’échange entre les fluides circulant à contre courant.

A chaque étage de contact, les différents constituants du mélange à fractionner se répartissent dans la
phase vapeur et la phase liquide de manière spécifique. Il en résulte une séparation élémentaire qui,
répétée, permet d’obtenir la séparation désirée.
Globalement, à partir d’un mélange de charge contenant deux ou plusieurs constituants, la distillation
permet d’obtenir :
- un distillat, constitué principalement des constituants les plus volatils
- un résidu, contenant essentiellement les composés les plus lourds.

1- Description d'une colonne à plateaux:


Une colonne de distillation à plateaux typique est constituée des éléments suivants :

1
- La colonne : c'est une virole cylindrique dont le diamètre dépend de la capacité de traitement (il
peut varier de quelques centimètres jusqu'à 16m). Sa hauteur peut atteindre quelques dizaines de
mètre et dépend surtout de la facilité de séparation et de degré de séparation.
- Les plateaux : ils sont liées à la paroi de la colonne et ont le rôle d'assurer un contact intime entre
les vapeurs et les liquides circulants à l'intérieur de celle ci.
- Le bouilleur : c'est principalement un échangeur (évaporateur) dont le rôle est de fournir la
chaleur nécessaire à la séparation.
- Le condenseur : il permet de soutirer le distillat et de renvoyer un reflux sous forme liquide vers la
colonne.
L'alimentation est introduite dans la colonne dans une zone dite d'expansion. La section au dessus
est appelée section d'enrichissement ou de rectification et celle de dessous, section d'épuisement
ou de stripping. Le produit le plus volatil à tendance à monter vers les étages supérieures pour
obtenir un distillat riche en ce produit alors que le moins volatil se concentre au bouilleur d'où est
soutiré comme résidu.

QC
1
2

D, xD, hD
F, z, IF

VB, yB
N
LN, xN

LB, xB, hB
QB

Figure 1 Colonne à plateaux

Conventions et indications :
- Les compositions sont celles de produit le plus volatil
- Les étages sont numérotés du haut vers le bas (l'étage supérieur est le N°1)
- Les étages sont supposées théoriques (efficacité est le N°1) et on suppose que le liquide et la
vapeur sortant de chacun d'entre eux sont en équilibre thermodynamique.
- Le reflux est un liquide identique au distillat (même composition, même température etc)
- L'indice i sera réservé à ce qui sort de l'étage i (ex L2=débit du liquide sortant de l'étage 2)
- Le taux de reflux est R = LR/D
- L'enthalpie de la vapeur sera noté H alors celle du liquide sera h

2 - La méthode de Mc Cabe et Thiel :


Cette méthode est basée sur la connaissance des données d'équilibre sous la forme y = f(x) et sur les
hypothèses suivantes :

2
- Le condenseur est total (il transforme la vapeur V1 en un liquide bouillant en lui en levant
seulement sa chaleur latente).
- La colonne est adiabatique (pertes thermiques par les parois sont négligeables)
- L'alimentation rentre dans la colonne sous forme de liquide bouillant.
- Les chaleurs de mélanges sont nulles.
- Les chaleurs molaires de vaporisations des mélanges des deux constituants sont voisines.

2-1 La section d'enrichissement :


Considérons l'enveloppe I de la figure suivante et faisant les bilans qui lui sont propres en régime
permanent :

Q
c

V
1
y
1

D,X , hD
D

L
R

Envellope I

L i , X i, h i V ,y , H i+1
i+1 i+1
Figure 15 Section d'enrichissement.

Bilan de matière global : Vi+1 = Li + D (2.1)


Bilan du plus volatil yi+1Vi+1 = xi+1Li +xDD (2.2)
Bilan thermique Vi+1HI+1 = Lihi + hDD + QC (2.3)

Les hypohèses 2, 4 et 5 impliquent que le débit de la vapeur qui provient de l'étage i+1 rencotre un
liquide sur l'étage i, qui est à une température légérement inférieure, se condense compétement pour
fair évaporer un débit de vapeur Vi qui sortira de cette étage, on a alors :
Vi+1 = Vi (2.4)
Pour un étage quelconque de cette section :

3
L i-1 , X i-1 , h i-1 Vi , y , H
i i
Etage i

V , y ,H L , X i, hi
i+1 i+1 i+1 i

Figure 16 Entrées / Sorties d'un étage.

Les bilans étage par étage à partir du haut sont donc :


LR + V2 = V1 + L1
L1 + V2 = V2 + L2

Li-1 + Vi+1 = Vi + Li
Avec Vi+1 = Vi
Li = Li-1 = LR (2.5)
Conséquences :
- Le débit de la vapeur qui monte dans la section d'enrichissement est constant, il a pour valeur (
faisant le bilan du condenseur) :
V = V1 = LR + D (2.6)
- Le débit du liquide qui descend est aussi constant, il est égal à LR
- En remplaçant dans l'équation (2.2) on obtient :
LR D
yi 1  xi  xD (2.7)
LR  D LR  D
ou encore :
R x
yi 1  xi  D (2.8)
R 1 R 1
C'est une droite dite droite opérationnelle d'enrichissement (D.O.En). Elle peut être tracée dans le
même diagramme avec la courbe d'équilibre. Elle lie les points de coordonnées (xi,yi+1) alors que la
courbe d'équilibre lie (xi,yi). La D.O.E. pivote selon la valeur de R autour du point (xD,xD) La
détermination du nombre d'étage théorique peut être faite graphiquement comme indiqué par la figure
suivante.:

4
1
(X ; y )
1 1
y1 = y
D
1

y
2
2

y3
3

D.O.E

X
D x=y
R+1
C.E

X1 XD
(O , O) X
2

Figure 17 Construction pour une section d'enrichissement.

2-2 - La section d'épuisement :


Considérons l'enveloppe II de la figure suivante représentant la section d'épuisement.

V ,y ,H
L j-1 , X j-1 , h j-1 j j j

Envellope II

N V
N+1

L N , XN
L B, X B, h B

Q
B

Figure 18 Section d'épuisement

Bilan de matière global : Lj-1 = Vj + LB (2.9)


Bilan du plus volatil xj-1 Lj-1 = yj Vj +xBLB (2.10)
Bilan thermique QB+ hj-1Lj-1 = LiHj + hBLB (2.11)

5
L'utilisation des hypothèses comme précedement conduisent à :
Vj=Vj-1 (2.12)
Et les bilans étages par étage conduisent à :
Lj-1 = Lj = …..= LR + F (2.13)
(2.13 est valable par ce que F est entièrement liquide, voir plus loin le cas général de l’alimentation)
conséquences :
* Le débit du liquide qui descend dans la section d’épuisement est constant il vaut (en faisant
un bilan global sur toute cette section) :
L' = LR + F
 Le débit de vapeur qui monte dans cette section est aussi constant et vaut (en faisant un bilan
global sur toute cette section) :
V' = L' = LR + F-LB (2.14)
 Les équations (2.9) et (2.10) permettent d'écrire :
( LR  F ) x j 1 LB x B
yi   (2.15)
LR  F  LB LR  F  LB
qui est l’équation de la droite opérationnelle d’épuisement (D.Q.Ep), elle pivote sur le point (xB , xB)
et admet une pente supérieure à 1 et lie les points de coordonnées (xj-1, yj) . Sa représentation sur un
môme diagramme que la courbe d’équilibre permet de déterminer le nombre d’étage théoriques et
leurs compositions . La construction graphique se fait comme indiqué sur la figure suivante

C.E

y -1
N

y
N
D.O.EP

C=y
y
B

y=X
B

X XN 1
(O . O) B

Figure 19 Construction pour une section d'épuisement.

2.3. Détermination du nombre d’étage théoriques


Bilan global de la colonne

6
Q
c

D,X ,h
D D

D, z, IF

Envellope III

L B, X B, h B

Q
B
Figure 7. Enveloppe du bilan global.

Bilan matière global F = D + LB (2.16)


Bilan du plus volatil z F = xD D + xB LB (2.17)
Bilan thermique QB + IF F = Qc + hD D + hB LB (2.18)

- Intersection des deux droites opérationnelles

Soit (x , y) le point d’intersection de ces deux droites, en remplaçant dans les deux équations (2.7) et
(2.15) et en réarrangeant on a
(xLR + DxD)/(LR + D) =(xLR + xF - LBxB)/(LR + F - LB)
En remplaçant F par (2.16) au dénominateur du 2ème membre et en simplifiant on obtient
DxD = xF - LBxB
et par (2.17) on obtient x=z

Les deux droites se rencontrent donc sur la verticale x = z (z étant la composition de l’alimentation
supposée à l’état de liquide bouillant)

- Construction globale de Mc Cabe & Thiel


Sur un même diagramme, on trace la courbe d’équilibre et les deux droites opérationnelles . on
commence la construction par le haut de la colonne partant du point (xD , xD) . Les étages théoriques
sont représentés par des gradins, au départ, entre la courbe d’équilibre et la droite opérationnelle
d’enrichissement, et par la suite celle d’épuisement. Le dernier gradin doit contenir la composition du
résidu xB et représentera alors le bouilleur (Voir illustration sur la figure 8)

7
1

Alimentation
2
D.O.En

x=y
X 3
D
R+1

D.O.EP
B

X z XD 1
(O , O) B
Figure 8. Construction globale

Remarques
1. La construction de la figure 8 suppose que l’alimentation est introduite au bon endroit (exactement
à l’étage correspondant à l’intersection des 2 droites opérationnelles). C’est pour cela que le
rabattement des gradins change de droite opérationnelle là ou x = z. Pour une colonne avec une
mauvaise localisation de l’alimentation on pourrait avoir plus d’étages que ce qu’il en faut. Le
rabattement dans ce dernier cas comme dans le premier change de droite d’appui dès que l’étage ce
l’alimentation est atteint indépendamment de la composition de celle-ci.

2.La résolution graphique précédente pourrait être faite analytiquement en utilisant les équations des
deux droites opérationnelles et de la relation d’équilibre. Ce calcul doit être fait étage par étage
commençant soit par le haut ou par le bas de la colonne. Cette méthode est due à Lewis et Sorel.

3. Le bouilleur peut être considéré comme un étage théorique puisqu’il est siège d’un équilibre
liquide vapeur. La vapeur produite dans celui-ci et qui remonte dans la colonne est substantiellement
plus riche en produit plus volatil que le résidu (l’indice B peut être changé par N+1).

4. Le condenseur total n’est pas un étage théorique.

5. Un condenseur partiel peut être considéré comme un étage théorique. Dans ce cas et en général
on sous tire de ce condenseur une vapeur de composition yD et en recycle vers la colonne un reflux
liquide de composition xD. Il suffira alors de commencer la construction de Me Cabe et Thiel à partir
du point (yD , YD).

8
V ,y
1 1

D,y
D

L R , XD

Figure 9. Condenseur partiel

y=y
D
C

y
1
1

D.O.E

y 3
D x=y
R+1
C.E

X1 y
XD D 1
(O , O)

Fig. 10 Construction dans le cas d’un condensateur partiel

3. Importance et limites du taux de Reflux.

Le reflux est indispensable pour assurer l’alimentation de la section d’enrichissement par un débit
liquide qui permet d’arroser ses plateaux et. Par suite permettre un contact liquide - vapeur dans cette
section. Le taux de reflux R ne peut donc jamais être nul.
L
R R
D
Rmin  0, 

3.1. Reflux total.


Lorsque la totalité du distillat est retournée vers la colonne sous forme de reflux nous aurons :

R
D  0, R , 1
R 1

9
Les deux droites opérationnelles se retrouvent confondues avec la bissectrice et le nombre d'étages est
alors minima1. La construction qui s’en suit est la suivante.

C.E

x=y

D.O.EP

X z XD 1
(O , O) B

Figure 11. Nombre minimum d’étages

3.1. Taux de reflux minimal.


Lorsque le taux de reflux diminue la droite opérationnelle d’enrichissement pivote vers le haut.
Lorsque cette droite rencontre la courbe d’équilibre en x = z le nombre d’étages nécessaire à la
séparation est infini. C’est cette situation qui permet d’obtenir le taux de reflux minimal (si la courbe
d’équilibre n’admet pas de point d’inflexion), en déterminant la pente de cette droite limite ou son
ordonnée à l’origine qui est yO = xD/(Rmin+l). Dans les cas où la courbe d’équilibre n’est pas régulière
Rmin sera donné par la plus grande des deux valeurs déterminées par l’alimentation et par le point
d’irrégularité (voir figures).

10
1

C.E
Pinch

X
D
R +1
min

C.E

X=y

(O . O) Z XD 1

Figure 12. Rmin courbe d’équilibre régulière.

C.E

X
D
R +1
min

(O . O) Z 1

Figure 13. Rmin courbe d’équilibre irrégulière.

11
3.2. Taux de reflux optimal.
Le coût dune unité de distillation est principalement composé des frais d'investissement et de ceux de
fonctionnement.

- Au voisinage de Rmin le nombre d’étages est très grand résultant dans une colonne d’investissement
très grand.

- En augmentant R le nombre d’étages diminue mais la quantité de vapeur circulant dans la colonne
augmente nécessitant des diamètres plus grand [V  D( R  1)]. La taille du condenseur et du
bouilleur augmentent aussi avec R, ceci conduit, à une variation décroissante puis croissante des
frais d'investissement

- Les frais de fonctionnement sont approximativement proportionnels à (R + 1) et correspondent


surtout à la consommation de la vapeur au niveau du bouilleur

- Il existe donc un taux de reflux optimum et pour un avant projet ou dans le cas de manque de
données économiques on adopte R=1,5Rmin.
Frais

Frais total

Frais d'investissement

Frais de fonctionnement
R
Rmin Rop
Figure 14 Taux de reflux optimum

4 Cas général de l’alimentation :


Supposons que l’alimentation est formée d'un mélange liquide vapeur et analysons la modification à
apporter aux équations des deux droites opérationnelles et leur intersection La zone d’expansion se
présentera alors comme suit
V

m
L, x VF,YF
F(LF,VF)
V', y
ZF,IF
IF, xF m+1

L', xm+1 V', y


Figure 15 Cas général de l'alimentation

12
Les équations des deux droites opérationnelles sont

L D
D.O.En y x  xD (2.19)
V V
L' L
D.O.Ep y  x  B xB (2.20)
V' V'
avec L’=L+LF (2.21)
V=V’+VF (2.22)

Pour l’alimentation on a

F = VF + LF
IF F = HF VF + hF LF

On peut caractériser cette alimentation


V I  hF
Soit par :  F  F (2.23)
F H F  hF
Notons (x,y) les coordonnées du point d’intersection des deux droites opérationnelles et cherchons
son lieu géométrique; Les équations (2.19) (2.20) et (2.17) donnent

Vy +L’x = Lx + V’y + DxD + LBxB


= Lx + V’y + Fz

D’où: (V -V’)y = (L-L’)x + Fz


Et par les relations (2.21) et (2.22) on a alors
yVF =LFx +Fz
Et en utilisant la définition de q on tire :
q 1
y x z (2.25)
q 1 q 1
c’est l’équation d’une droite dite d’alimentation (Feed-line) qui défini le lieu géométrique de
l’intersection des deux droites opérationnelles . Elles rencontre la première bissectrice au point ( z , z )

Droite d'alimentation

D.O.En

xD
Rmin  1

xD D.O.EP

R 1

xB z xD
Figure 16 Cas général de l'alimentation

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Signification de q :
En utilisant les relations (2.23) et (2.24) on a :
HF  IF
q  1 
H F  hF
H F  I F : Chaleur à fournir à ne mole de l'alimentation pour transformer en état de vapeur saturée
H F  hF : Chaleur latente de vaporisation d'une mole d'alimentation.
q0  Vapeur surchauffée
q0  Vapeur saturée
0  q 1  Mélange liquide - vapeur
q 1  Liquide bouillant
q 1  Liquide froid (sous bouillant)

LB
LF
LV

Vsat
z

VSur

z
Figure 17 Etats de l'alimentation

Pour la construction de Mc Cabe & Thiel, il suffit de tracer la droite d'alimentation et de baser sur
cette droite pour faire les déterminations précédentes ( Nombre d'étage, Rmin et tout autre calcul).

3- Distillation discontinue :
L'appareillage de rectification discontinue se compose des éléments suivants:
- un bouilleur: c'est un réservoir chargé au départ du mélange à distiller
- un dispositif de chauffage du bouilleur
- une colonne de rectification
- un condenseur

3-2 Bilan matière


La quantité introduite dans l'appareil est : Lx
Au cours de la distillation, en untemps dt, on vaporise une masse dL et la concentration du composé le
plus volatil diminue de dx dans la liquide résiduel.
Il reste dans la phase liquide après un certain temps dt :
(L-dL)(x-dx)
Le distillat contient alors :
dL(y+dy)
Le bilan pour le constituant le plus volatil s'écrit :
Lx = (L-dL)(x-dx) + dL(y+dy)
En négligeant les termes dLdx et dLdy on obtient :

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Lx = Lx-xdL+ydL-Ldx
(x-y)dL = -Ldx
dL dx

L ( y  x)
en intégrant cette équation entre L1 et L2, x1 et x2 l'équation devient :
x2
L dx
ln 2  
L1 x1 y  dx
la relation qui lie xet y est l'équation d'équilibre :
x
y
1  x(  1)
On obtient :
L1 1  x1 1  x2 
ln  ln   ln 
L2   1  x2 1  x1 
varie en fonction de x et les calculs sont réalisés sur des intervalles (x1,x2) petits en prenant une valeur
moyenne de  , considérée comme constante, sur ces petits intervalles.
Pour les mélanges usuels, les solutions des équations reliant la composition et la quantité de résidu
liquide en fonction de la composition initiale sont connus.

3-3 Bilan énergétique :


Le bilan enthalpique permet de déterminer ces quantités :
L : la masse ou le débit de la charge liquide,
D : la masse ou le débit de distillat obtenu;
W : la masse ou le débit de résidu;
LhL+QB = DhD+WhW+QC

Aspects industriels du procédé de la distillation


Les différents types de colonne:
a/ Colonne à plateaux:
On a déjà parlé des plateaux perforés. Deux autres grands types de plateaux existent: les plateaux à
cloches et les plateaux à clapets. Dans les plateaux à cloches la calotte force la vapeur à barboter dans
le liquide et un trop plein assure l’écoulement du liquide. Le principe des plateaux à clapets est
identique mais au lieu d'être fixés les organes permettant le barbotage (les clapets) sont mobiles. Ces
Plateaux sont plus légers que ceux à cloches. Les plateaux peuvent être en verre, en métal ...

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b/ Colonne à garnissage:
La colonne est remplie d’objets de forme déterminée disposés en vrac (selles de Berl, anneaux
Raschig ...). ou empilés régulièrement selon une structure (treillis métallique par exemple). Les
matériaux utilisés sont divers: grès, métal, verre, graphite, plastique ... Le graphite permet notamment
la rectification de produits chimiques agressifs. Les éléments de garnissage sont posés sur des grilles
étudiées pour laisser le maximum de passage libre. La colonne est souvent composée de plusieurs
tronçons de garnissage entre lesquels on intercale des recentreurs chargés de ramener le liquide vers le
centre de la colonne (il a naturellement tendance à se rassembler sur les parois). Des grilles de calage
sont également utilisées pour empêcher les éléments de garnissage d'être soulevés et déplacés sous
l'effet d'une brusque poussée de vapeur de bas en haut.

Autres éléments de l'appareillage:


a/ Procédé discontinu:
On donne quelques indications:
- bouilleur: sa dimension doit être suffisante pour traiter toute la charge à rectifier. Le chauffage à la
vapeur s'effectue par l'intermédiaire d'une double enveloppe d'un serpentin ou d'une épingle.
- condenseur : il est souvent en position pratiquement horizontale. On distingue le condenseur total et
le condenseur partiel. Dans un condenseur total (échangeur tubulaire le plus fréquemment) toutes les
vapeurs sont condensées en un liquide se séparant ensuite entre reflux et distillat (refroidi dans un
échangeur avant stockage). Dans un condenseur partiel (serpentin le plus souvent) seule une fraction
des vapeurs condensées constitue le reflux, l’autre partie passe dans un condenseur réfrigérant
(échangeur tubulaire en position verticale) et constitue le distillat. Ce condenseur est placé dans la
partie supérieure de la colonne. Le condenseur partiel est intéressant dans le cas de liquides corrosifs
ou dangereux, le reflux étant alors réglé par le débit d’eau froide et non pas par des vannes.
b/ Procédé continu:
On donne quelques indications:
- bouilleur: il est assez petit mais de taille suffisante pour vaporiser le «lourd». Souvent un échangeur
tubulaire vertical est relié au bouilleur (système de thermosiphon). Le niveau de liquide est maintenu
constant dans le bouilleur: le résidu est soutiré par trop-plein ou par une vanne de régulation.
- condenseurs: voir procédé discontinu
Choix du procédé de rectification:
Le procédé discontinu est réservé plutôt à de faibles productions, à des productions différentes ou
lorsque le nombre de constituants à séparer est important. Il nécessite un investissement moindre car il
est plus simple à mettre en œuvre.

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Le procédé continu a un coût d'investissement beaucoup plus important. Il est par contre d'un coût de
fonctionnement beaucoup plus faible quand les productions sont importantes. Il est par contre assez
sophistiqué ce qui le rend peu adapté à des productions différentes.
On choisit le type de colonne en fonction des avantages et inconvénients des plateaux et des
garnissages:
Garnissage :
- coût moindre
- perte de charge plus faible
- rétention plus faible
- plus petit nombre d’étages qu’une colonne à plateaux pour une même hauteur.
Les colonnes à garnissage sont donc intéressantes en discontinu, sous pression réduite et en cas de
besoin d'un nombre d'étages assez faible.
Plateau x:
- coût élevé
- perte de charge importante à cause de la couche de liquide sur le plateau
- rétention forte (le liquide reste souvent en fin d'opération sur les plateaux)
- grand nombre d’étages disponibles
Les colonnes à plateaux sont donc plus intéressantes en continu, sous la pression atmosphérique ou
sous une pression élevée et en cas de besoin d'un nombre d'étages important.
Parmi les plateaux possibles, les plateaux perforés sont les moins chers et ont la plus faible rétention.
Ils ont l'inconvénient de poser des problèmes au démarrage des colonnes en raison d'un débit
minimum de vapeurs à atteindre pour éviter le reflux du liquide à travers les trous. Les plateaux à
clapets sont moins coûteux que les plateaux à cloches (ils peuvent être resserrés davantage) et
provoquent également une perte de charge plus faible. On réserve donc généralement les plateaux à
cloches à des usages particuliers.
Remarques : la rétention est le volume de liquide et de vapeur condensée retenu dans la colonne et le
condenseur; ce volume doit être le plus faible possible.

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