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Introduction 

:
Les fondations profondes sont celles qui permettent de reporter les charges dues à
l'ouvrage qu'elles supportent sur des couches situées depuis la surface jusqu'à une
profondeur variant de quelques mètres, à plusieurs dizaines de mètres, lorsque le
terrain superficiel n'est pas susceptible de résister aux efforts qui sont en jeu,
constitué par exemple par de la vase, du sable boulant, de la tourbe ou d'une façon
générale d'un terrain très compressible.

Dans ces conditions, il faut rechercher le terrain résistant à une certaine profondeur.
Deux cas peuvent alors se présenter :

a) Les sondages indiquent qu'à une profondeur accessible, on trouve une couche de
terrain ayant une bonne résistance, dans ce cas on réalise des pieux qui seront
enfoncés à travers les mauvais terrains jusqu'au bon sol ;

b) Les sondages montrent que les couches compressibles existent sur une grande
hauteur et que le bon sol est pratiquement inaccessible, on devra admettre que seule
la résistance au frottement empêche l'enfoncement des pieux et ces dernier devront
avoir une longueur tel que cette résistance soit suffisante. On obtient alors une
fondation sur pieux flottants, on doit limiter leur emploi aux cas ou les fondations
directes entraînent des tassements inadmissibles ou pour lesquels des fondations
sur couches profondes résistantes sont pratiquement impossible à réaliser sans
entraîner des dépenses anormales.

Généralement, une fondation est considéré comme profonde si D / B > 10. (Avec D
la longueur de la fondation « pieu », et B sa la largeur). Cette catégorie de fondation
regroupe essentiellement (pieu, caissons, parfois les parois moulés).

Entre les deux extrêmes (fondations superficielles et profondes), on trouve les


fondations semi profondes, (avec un rapport 4 < D / B < 10). La base de ces
fondations se situe au dessus de la profondeur critique, il s'agit essentiellement des
puits.

Il n'y a pas des méthodes de calcul propres à cette catégorie de fondations qui ne
constituent que des cas particulier, il faudra adapter suivant le cas les méthodes
retenues pour les fondations profondes ou pour les fondations superficielles.

I. Fondations profondes

I .1. Définitions

I.1.1 Pieu : un pieu est une fondation élancée, qui reporte les charges de la
structure, sur des couches de terrain de caractéristiques mécaniques suffisantes
pour éviter la rupture du sol.

Les parties principales d'un pieu sont : la tête, la pointe, et le fût compris entre la tête
et la pointe (Fig.I.2).

Les pieux peuvent être classés selon le matériau constitutif (en bois, métal, béton
armé), ou selon leur mode d'installation dans le sol, les principaux types sont
reportés sur l'organigramme (Fig. I.1).

I.1.2 Hauteur d'encastrement (D) : elle est dite aussi « fiche de pieu », elle
représente sa longueur enterrée (Fig.I.2).

I.1.3 Ancrage (h) : c'est la hauteur de pénétration du pieu dans la couche d'ancrage.


Si le pieu est fiché dans milieu homogène (monocouche), l'ancrage est égal à la
hauteur d'encastrement (Fig.I.2).

Fig.I.1 Organigramme donnant les différents types de pieux.

I.1.4 Ancrage critique (Dc) : c'est la profondeur au-delà de la quelle la résistance en


pointe du pieu devient constante avec la profondeur. La valeur de Dc varie avec le
type de sol, elle augmente avec le diamètre du pieu et la résistance du sol. Pour
simplifier et dans les cas courants on pourra adopter les valeurs de Dc

- pour une seule couche de sol Dc = 6B avec un minimum de 3m,

- pour un sol multicouche pour lequel la contrainte effective óv' due au poids des
terrains au-dessus de la couche d'ancrage est au moins égale à 100kPa (environ 7 à
10m de terrain) Dc = 3B avec un minimum de 1.5m ;

I.1.5 Couche d'ancrage : c'est la couche dont la quelle est arrêté la base de la


fondation ou de pieu.

I.1.6 Puits : c'est une fondation creusée à la main, les moyens de forage employés
exigent la présence d'homme au fond du forage. Les parois du forage sont
soutenues par blindage.

Fig. I.2 Schéma représentant les différentes parties d'un pieu.

I.2. Capacité portante d'un pieu isolé soumis à un


chargement axial 

I.2.1 Aperçu théorique 

le chargement verticale d'un pieu se traduit par la mobilisation d'une pression


verticale en pointe, et des contraintes de cisaillement le long du fût du pieu appelé
aussi le frottement latérale.

Considérons un pieu dont la base est située à la profondeur D, dans un sol


homogène, ce pieu dont on néglige le poids est chargé axialement en tête par une
charge Q. si l'on accroît progressivement Q à partir de 0, le pieu s'enfonce en tête de
St, et la courbe représentant Q en fonction de St a l'allure indiqué dans la figure I.3,
avec une charge limite correspondant à la rupture du sol.

Au moment de la rupture, la charge Ql est équilibrée par les réactions limites du sol
suivantes :

Ø Résistance unitaire du sol sous la pointe qp, conduisant à la charge limite de


pointe Qp ;

Ø Résistance qs due au frottement du sol sur la surface latérale du pieu conduisant à


la charge limite par frottement Qf.

Ql = Qp + Qf.

Et l'on a donc :
Fig.I.3 Essai de chargement de pieu. Courbe effort déplacement en tête.

I.2.2 Les méthodes pratiques de détermination de la


charge limite d'un pieu isolé :

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour la détermination de la charge limite


d'un pieu, les plus adaptées sont :

ü Essai de cisaillement en laboratoire, mais elle conduit souvent à des résultats


médiocres.

ü Essai au pénétromètre statique, ils sont très bien adaptés, mais l'utilisation du
pénétromètre statique est limitée aux pieux fichés dans les sols suffisamment
meuble.

ü Essai au préssiomètre Ménard, ils présentent le grand avantage d'être utilisés dans
tous les terrains.

D'autres méthodes peuvent être utilisées tel que l'essai de chargement de pieu, et
l'essai au phicomètre.

Dans ce qui suit, on va s'intéresser aux trois premières méthodes.

I.2.3 Capacité portante d'un pieu à partir des essais en


laboratoire :
v Cas d'un milieu homogène (monocouche) :

Un pieu est fiché dans un milieu homogène, lorsqu'il traverse une seul couche de
même caractéristiques mécaniques, on l'appel aussi un monocouche, dans ce cas
l'ancrage (h) est égale à la hauteur d'encastrement (D).

D'après philipponat (2002), la charge nominale d'un pieu est donnée par la formule
suivante :

Qn = Qp / F1 + Qf / F2

Avec :

Qn : charge nominale du pieu ;

Qp : résistance de pointe ;

Qf : frottement latéral ;

F1 : coefficient de sécurité sur le terme de pointe (F1 = 3) ;

F2 : coefficient de sécurité sur le terme de frottement (F2 = 2).

· Le terme de la pointe :

Qp = A. q u

Avec :

A : aire de la section droite de la pointe du pieu (A= ð R 2).

q u : résistance de pointe à la rupture elle est donnée par :

q u = C. Nc max+ ã . D. Nq max

Avec :

D : longueur du pieu = ancrage.

Nc max, Nq max : coefficients numériques en fonction de l'angle de frottement interne


(annexe).

· Le terme de frottement latéral :

Qf = P (C. D + 1 / 2 ã. D2. tg ö)

Avec :
P : périmètre du pieu (P = 2 ð R.) ;

ã : poids volumique de la couche traversée par le pieu ;

ö : angle de frottement interne.

v Cas d'un milieu hétérogène (multicouche) :

Un pieu est fiché dans un multicouche, lorsqu'il traverse au moins deux couches de
caractéristiques mécaniques différentes. La capacité portante est calculée comme
suit :

· Calcul du terme de pointe :

QP= A. q u

q u = [ Nq . ? (ãi. hi) +1.3 x Nc. C]

Avec :

ãi. : Poids volumique de la couche « i » ;

hi : épaisseur de la couche « i », pour la couche d'ancrage hi = ancrage (h) ;

C : cohésion.

· Calcul du terme de frottement latéral :

Qf = ?Qfi

Qfi : frottement latéral au niveau de la couche « i », on a :

Qfi = (P. hi). [0.5x ãi. hi. tg ö + C]

Remarque :

Dans le cas de présence d'une nappe (sol saturé), on remplace ã par ã' (ã'est le
poids volumique déjaugé ã'= ãsat - ãW).

I.2.4 Capacité portante d'un pieu à partir de l'essai au


pénétromètre statique :

v Cas d'un milieu homogène :

· Calcul de terme de pointe :


Qp= A (á p. q c moy)

Avec :

á p : coefficient relie la résistance de pointe limite à la résistance de pénétromètre


statique ;

qC moy :résistance moyenne de la pointe, selon Begermann: q c moy= ½ (q c 1+ q c 2 )

Avec :

qc1: moyenne de la résistance en pointe sur 3 Ø au dessus de la base du pieu ;

qc2 : moyenne de résistance en pointe sur 1 Ø au dessous de la base du pieu.

(Ø est le diamètre du pieu).

· Calcul de terme de frottement latéral :

Qf = P. D. Fu

Fu : frottement latéral au niveau de la couche d'ancrage, on admet que :

Fu= q c moy (á f / ás)

Avec :

qc moy : résistance moyenne de la pointe ;

á f : coefficient fonction du fût du pieu (annexe ) ;

ás : coefficient fonction du type du sol (annexe );

P : périmètre du pieu ;

D : longueur du pieu.

Donc :

Qn= A/3 (áp x qc moy) + ½ (P. á f. qc moy. D/ ás)


v Cas d'un milieu hétérogène :

· Calcul du terme de pointe :

Qp = A (áp. qc moy)

· Calcul de frottement latéral :

Qf = P x ? hi. x Fui

Avec :

hi : épaisseur de la couche « i » ;

Fui : frottement latéral au niveau de la couche « i ».

On a : Fui= (áf / ás) qc moy

Qn=1/3 (A. áp. qc moy) +1/2 [P. (áf / ás) x ? (qc moy. hi)]

Donc :

I.2.5 capacité portante d'un pieu à partir de l'essai du


pressiomètre Ménard :

La propriété la plus remarquable de la méthode pressiométrique du LCPC, est qu'elle


est applicable à tous les sols et à tous les types de pieux.

La méthode pressiométrique tient compte de l'hétérogénéité du sol en se basant sur


le concept du sol homogène équivalent, caractérisé par une pression limite
équivalente,et entourant un pieu ayant une fiche équivalente cette dernière sert à
classer les fondations comme suit :

· Fondation profonde pour De / B > 5 ;

· Fondations semi- profondes pour 1.5 < De / B< 5 ;

· Fondations superficielles pour De / B< 1.5.

· Calcul de la résistance en pointe :

Qp= A. Kp. Ple

Avec :

Kp : facteur de portance en fonction de la nature du sol et du type de pieu ;


Ple : pression limite nette équivalente, elle est calculé comme suit :

D+3a

Ple= (1/ 3a +b) ? Pl (Z).dZ

D- b

Avec :

a = B/2 si B > 1m, ou a =0.5 si B < 1m ;

b : min (a, h), pour un sol homogène h = b = 0 ;

h :ancrage dans la couche ou se situe la pointe du pieu.

· Calcul du frottement latéral :

Qf = P? qs (Z) dZ.

qs :frottement latérale unitaire limite, il est donné en fonction de la pression limite


nette,il dépend en fait de la nature du sol entourant le pieu (Tab I.4) et du mode
d'installation du pieu (FigI.4).

Tab.1 Détermination des abaques


Fig.I.4 Valeurs du frottement latéral unitaire

I.3 Hauteur d'encastrement équivalent De

La hauteur d'encastrement équivalent D e est un paramètre conventionnel de calcul,


destinée à tenir compte que les caractéristiques mécaniques des sols de couverture
sont généralement plus faibles que celles du sol porteur, elle est définie à partir des
essais de sol en place : pressiomètre, et le pénétromètre statique.

I.3.1 Détermination de De à partir de l'essai au


pénétromètre statique

La hauteur d'encastrement équivalent est donnée par la formule :

De= (1/ qCe) ? qc (Z) dZ

Avec :

D : hauteur d'encastrement réelle du pieu ;

qCe : résistance de pointe équivalente, on a :

D + 3a

qCe = (1 / b + 3a) ? qC (Z) dZ

D- b

qc (Z):résistance de pointe lissée à la profondeur Z.

I.13.2 Détermination de De à partir de l'essai au


pressiomètre Ménard 

De = (1 / Ple) ? Pl (Z) dZ

Avec :

Ple : pression limite nette équivalente définit au paragraphe précédent ;

Pl (Z) : pression limite obtenue à la profondeur Z ;

D : hauteur d'encastrement réelle du pieu.


I.4 Frottement négatif

I.4.1 Description du phénomène

Considérons un pieu traversant une couche molle pour aller s'ancrer dans un
substratum résistant. Si la couche molle est surchargée, par exemple par un remblai,
cette couche va tasser sous le poids de la surcharge. Le sol s'enfonce par rapport au
pieu et non l'inverse comme c'est le cas dans des conditions courantes de
sollicitations des pieux.

S'il y a déplacement, il y a frottement au contact sol / pieu. Il se développe donc un


frottement latéral dirigé vers le bas qu'on appelle frottement négatif.

Les déplacements verticaux du sol (tassements) sont maximaux à la partie


supérieure et diminuent avec la profondeur, à partir d'une profondeur H, le tassement
du sol est égal ou inférieur à l'enfoncement du pieu sous l'effet de la charge qu'il
supporte.

Le point situé à cette profondeur est appelé point neutre N, au de la de ce point le


frottement négatif est nul (Fig.I.4). On admet généralement que si le tassement est
inférieur de 2cm, le frottement négatif est négligé.
Fig.I.5 Frottement négatif sur un pieu.

I.4.2 Calcul du frottement négatif global Q- f

La valeur du frottement négatif global s'obtient en intégrant le frottement négatif sur


toute la hauteur du remblai traversé par le pieu et sur l'épaisseur des couches
compressibles jusqu'au point N.

Q- f = ? P. F-U dZ

Avec :

P : périmètre du pieu ;

N : profondeur du point neutre ;

F-U : frottement négatif unitaire ;

F-U = K0 óv .tg è

Avec :

K0 : coefficient de pression des terres au repos ;

óv : contrainte verticale dû au poids des terres ;


è : angle de frottement sol / pieu.

Ø Valeurs pratiques de K0. tg è

K0. tg è
Type de sol
Argile molle, vase, tourbe. 0.2
Sols pulvérulents (sable et grains) 0.35

I.5 Exemple de calcul des fondations profondes (tour


administrative):

Un système de pieux est conçu pour supporter une tour administrative dans la région
d'El Harrach.

La campagne d'investigation géotechnique a porté sur la réalisation de :

Un (1) sondage carotté de 20 m de profondeur,

Un (1) essai au pénétromètre statique ;

Un (1) essai au préssiomètre Menard.

Le terrain d'assise de la tour est composé d'un remblai d'épaisseur de 5m, sous le
quel repose une couche d'argile très hétérogène de 15m de profondeur, découpée
en cinq (5) sous couches et entrecoupée par une lentille graveleuse de 2m
d'épaisseur (de 10 à 12 m de profondeur).le niveau de la nappe a été décelée prés
de la surface.

Le choix de fondation a porté sur des pieux forés de 80 cm de diamètre et d'une fiche
de 13m, ancrés à 2 m dans la couche d'ancrage (Fig.I.6)

Le bureau d'étude recommande d'excaver 5m de sol (remblai).

Les résultats d'essais en laboratoire réalisés sur des échantillons à différentes


profondeurs, sont récoltés dans le tableau I.
10m M

14m

Fig.I.6 Schéma des différentes couches traversées par le pieu.

Tab. I.2 Les résultas des essais en laboratoire réalisés à différentes


profondeurs.

Epaisseur ãh(t/m3 ) ãd (t/m3) ã' (t/m3 ) C (bars) Ö°°°°°°° Rpmoy (bars)


Couche
(m)
1 5 2.18 1.86 1.15 0.65 16 16
2 4 2.18 1.88 1.16 0.80 21 28
3 2 2.15 1.87 1.16 0.40 21 30
4 3 2.1 1.77 1.09 0.80 22 27
5 1 2.07 1.69 1.04 0.66 22 23

I.5.1 Calcul de la capacité portante du pieu :

· A partir des essais en labo :

Qt = 1/3 Qp + ½ Qf ........... (1)

Ø Calcul du terme de pointe :

Qp = A. qu

A= 3.14. R2 (avec R=0.4 m), donc : A=0.5 m2

qu =[Nq ?(ã'x hi) + 1.3 x Ncx C ]........(2)

Pour les sols de qualité douteuse Terzagui recommande les valeurs Nq ', Nã', Nc' plus
petits que Nq, Nã, Nc ces valeurs sont appelées coefficient réduit de Terzagui, elles
sont déterminées on utilisant :

Ö' = Ö. 2/3 ; C' = C. 2/3.

On a : C= 8 t/m3, donc : C'= 5.33 t/m3.

Ö = 22°°, donc : Ö'= 15° °°°°°

Donc : Nq = 6.53, et Nc = 20.62.

On remplaçant ces valeurs dans la formule (2) on aura : qp = 240 t/m3.

Alors on a : Qp = 0.5 x 240

Donc : Qp = 120 t.

Ø Calcul de terme de frottement latéral :

Qf = ? Qfi, avec : Qfi= (P x hi) (0.5 x ã'. hi. tg Ö'+ c')

P= 2 x ð x R. (P= 2.51 m)

Le frottement latéral calculé au niveau de chaque couche est donné dans le tableau
I.3.

Tab.I.3 frottement latéral au niveau de chaque couche.

hi (m) ã' (t/m3) Ö' (°) C' (t/m3) Qfi (t)


Couche N°
1 5 1.15 11 4.3 60.75
2 4 1.16 14 5.33 60
3 2 1.16 14 2.67 14.86
4 2 1.09 15 5.33 28.18

Le frottement total sera donc : Qf = 163.8 t

Qt= 122 t

On utilisant la formule (1) on aura :

· A partir de l'essai au pénétromètre statique :

L'essai au pénétromètre statique a été réalisé jusqu'au refus, les résultats sont
reportés sur le pénétrogramme de la figure I.7.
Ø Le terme de pointe :

Qp = A (áp. qcmoy)...... (3)

qc moy = (qc1+qc2)/ 2.

qcmoy= 25.5 b.

On a : qc1= 28 b, à 2.4 m au dessus de la base de pieu ;

qc2= 23 b, à 0.8 m au dessous de la base de pieu.

Qp = 63.75 t

Pour les argiles áp = 0.5, on utilisant la formule (3) on aura :

Ø Le terme de frottement :

Qf = P. ? fui. hi,......(4)

fui = (áf / ás).qci

On est dans le cas d'un pieu foré dont le diamètre est inférieur à 1.2 m, donc áf =
0.85.

Pour les sols argileux, ás = 50.

Le frottement latéral calculé au niveau de chaque couche est donné dans le tableau
ci dessous:

hi (m) fui x hi (t / m)
2
fui (t / m )
2.72 5 13.6
4.76 4 19.04
5.1 2 10.2
4.6 2 9.2
? fui x hi = 52.04

Fig.I.7 l'essai au pénétromètre statique

On utilisant la formule (4), on aura : Qf = 131 t

Qt = 87.5 t

Donc :

Qt = Op / 3 + Qf /2, alors :

· A partir de l'essai au préssiomètre Ménard :

Ø Calcule du terme de pointe :

Qp = A. Kp .Ple

Avec :

D+3a

Ple= (1/ 3a +b) ? Pl (Z).dZ

D- b

On a:
a =max (0.8/2, 0.5), donc: a= 0.5 m;

b = min ( a, h) = min ( 0.5, 2), donc : b =0.5m ;

D= 13m.

Fig.I.8 les résultats de 'essai préssiométrique

14.5

Ple = ½ ? Pl dZ

12.5

On sait que la pression limite nette équivalente en pointe du pieu se calcule en


joignant entre les points du profil de Pl (Z) (Fig. I.8), et on calcule la somme des
surfaces des trapèzes entre 12.5 met 14.5 m.

Ple= [(18.4+19.2) x 0.45 /2 + (19.2 + 17.2) x 1 /2 + (17.2 + 16) x 0.45 / 2] / 2

Donc : Ple = 17b.

On a : Kp = 1.2 (pour pieu forés dans les argiles de la classe B selon Fascicule 62).

Qp = 102 t

Donc :

Ø Terme de frottement :

Qf = P? qs (Z) dZ.

La contrainte limite qs du frottement latéral est décrite, d'après le tableau I.1, par la
courbe Q1 de la Fig.I.4.

Les valeurs de qs sont regroupées dans le tableau. I.4

13

Qf = P? qs (Z) dZ.

Tab. I.4 Valeurs de qs (bars) le long du pieu


0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
Z (m)
qs 0.35 0.38 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4

On aura donc :

Qf = 2.51x [(0.35+0.38) x ½ + (0.38 +0.4) x ½ + 11x (0.4+ 0.4) x ½]

Qf =129.36 t

Qt =98.68 t

Qt = Qp /3 + Qf / 2, alors :

I.5.2 Calcul de l'encastrement équivalent De  à partir


de l'essai préssiomètrique:

De = (1 / Ple) ? Pl (Z) dZ

On a :

D = 13m,

Ple = 17 b (calculé déjà).

Donc :

De= [(9+11)/2 + (11+12)/2 + (12+13)/2 + (13+15)/2 + (15+25)/2 + (25+17)//2 +


(17+18)/2 +

(18 +19)/2 + (19+19)/2 + (19+23)/2 + (23+17)/2 + (17+19)/2] / 17

De = 12 m

Donc l'encastrement équivalent est de :

Conclusion :
Nous avons utilisé les trois méthodes pour le calcul de la capacité portante du pieu,
on remarque que les résultats sont très proche les une des autres (Tab.I.5).
Tab.I.5 la capacité portante du pieu à partir des trois méthodes.

Essai au Pénétromètre statique Essai au préssiomètre


Essais en labo
122 t 87.5t 98.68t

L'encastrement équivalent est de 12 m, Puisque De / B > 5, on a bien le


fonctionnement d'une fondation profonde.

II. Fondations semi- profondes


Les fondations semi- profondes sont constituées par des massifs en béton ou béton
armé coulés en pleine fouille. Leur profondeur est comprise entre 2 et 6 m.

Ce mode de fondation est très utilisé lorsqu'une couche, située au dessus du niveau
de la nappe et représentant des caractéristiques mécaniques intéressantes, est
rencontrée à une profondeur modérée. Si la nappe est présente, la réalisation
devient délicate.

Généralement une fondation est considérée comme semi- profonde si : 4 <D / B<10

II. 1 Fondations semi- profondes


soumises à une charge verticale

II.1.1 Détermination de la contrainte


de rupture
Afin de calculer la charge limite de la fondation, il faut déterminer la contrainte de
rupture sur sa base ainsi que le frottement latéral limite sur le fût du massif.
Fig.II.1 Fondation semi- profonde soumise à une charge verticale centrée.

La contrainte de rupture à la base q'PU est donnée par la formule générale ci-


dessous :

q'pu= q'0 + KP . Ple

Avec :

Kp : coefficient de portance correspondant soit à une fondation superficielle soit à une
fondation profonde.

II.1.2 Détermination de la charge


limite en frottement latéral
En l'absence de frottements parasites (frottement négatif), le frottement latéral peut
être pris en compte si le massif de fondation est coulé en pleine fouille. La partie
supérieure est neutralisée sur une certaine profondeur D 0 (Fig. II.1) afin de tenir
compte du dé consolidation du sol en cours de travaux, d'où :

Qsu= P. ? h i. q si

D0
Avec :

P : périmètre de la fondation ;

hi : épaisseur de la couche i ;


q si : frottement latéral unitaire de la couche « i ».

Remarque :

D0 est pris généralement égale à 1.5x B, mais cette valeur semble exagérée lorsque
la largeur de la fondation dépasse 1m, une valeur forfaitaire telle que D 0= 1 à 1.5m
parait plus correcte.

Conclusion générale:
Sous un bâtiment, on peut mettre en place trois principaux types de fondations:

ü des fondations superficielles

ü des fondations semi- profondes

ü des fondations profondes

Le choix de l'une ou l'autre dépend directement du terrain et de la taille de l'ouvrage.


lorsque le sol d'assise est situé a une profondeur telle qu'il ne peut pas être atteint
par des moyens classiques, les charges sont reportées sur lui par l'intermédiaire des
fondations profondes .

Pour cela on utilise généralement des pieux, afin de prendre appui sur le bon sol
situé en profondeur. Ils présentent une force portante élevée mais restent très
sensibles aux contraintes horizontales (cisaillement et flambement)

Dans l'exemple traité le sol d'assise de la tour administrative est constitué d'un
remblai de 5m de profondeur, sous le quel repose un formation argileuse de faible
résistance de 15m de profondeur très hétérogène contenant des lentilles sableuses,
le choix de fondation s'est porté sur des pieux forés de 80 cm de diamètre, et de 13
m de longueur ancré à 2m dans la couche d'ancrage.

La charge nominale des pieux a été estimée à partir de trois méthodes :

Par les essais en laboratoire pour les quels on a une chargé totale de 122 t,

Par l'essai au pénétromètre statique pour lequel on a trouvé une charge de 87.5t ;

Par l'essai préssiométrique, pour lequel on a une charge totale de 98. 68t.

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