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ENIM Génie Mécanique

TP4 : Ecrasement d’un lopin


cylindrique élastoplastique
(Examen de TP 2013-2014)

4.1. But :
L'objectif de ce TP est la simulation d’un des plus anciens procédés de mise en forme des
métaux et alliages métalliques : le forgeage, environ 5000 ans avant J.-C. !

Fig.1. Lopin (d80 h100) ; Galet (épaisseur 50 mm)

4.2. Description du problème :


On considère un cylindre droit à base circulaire, de diamètre d = 80mm et de hauteur
h = 100mm, comprimé dans une presse selon la direction axiale avec une vitesse constante de
1m/s (voir Fig. 1). Les matrices supérieure et inférieure de cette presse sont des cylindres de
diamètre D = 200mm. Durant l’opération, on considère que les deux matrices se déplacent
verticalement pour venir réduire de moitié la hauteur du lopin. Le comportement du matériau
constitutif de ce dernier est élasto-plastique à écrouissage isotrope non linéaire. Une courbe
d’identification expérimentale du comportement est fournie. L'interface entre la pièce et les
plateaux de la presse sera modélisée ou bien par un frottement parfait (contact collant) ou
alors sans frottement (cas lubrifié).

On souhaite définir la valeur de l'effort de forgeage nécessaire pour déformer


plastiquement cette pièce.

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4.3. Modélisation du problème :

4.3.1. Géométrie et maillage :


Quelles sont les symétries vérifiées par ce problème ?
Quel est alors le modèle de lopin ?
Quel est le modèle de matrice ?
Quels sont les types de Part adoptés pour le lopin et pour les outils ?

4.3.2. Comportement du matériau :


Lors d’un essai de traction uniaxiale, les contraintes et les déformations suivantes ont
été mesurées :

Déformation  Contrainte 
nominale (%)  nominale (Pa) 
0  0
0,095  2,00E+08
2,5  2,40E+08
5  2,80E+08
10  3,40E+08
15  3,80E+08
20  4,00E+08

Tab.1. Déformations et contraintes nominales d’un essai de traction uniaxiale

Fig.2. Variation de la contrainte nominale en fonction de la déformation nominale lors d’un


essai de traction uniaxiale

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Il est à noter que ces mesures expérimentales sont les valeurs nominales de la contrainte
et de la déformation alors qu’on doit fournir à Abaqus la contrainte vraie et la déformation
plastique vraie. Pour convertir ces mesures, on utilise les formules suivantes :
true = nom (1+nom ) et true = Ln(1+nom ).

Calculer ces valeurs, en déduire le module de Young E puis calculer les déformations
plastiques vraies.
Pour le coefficient de Poisson, il est de 0.3, quand à la masse volumique, elle est de
7800 kg/m3.
A noter que pour les Output Request PE représente les composantes de la déformation
plastique alors que PEEQ donne la valeur de la déformation plastique équivalente.

4.3.3. Type de calcul :


Est-ce qu’il s’agit d’un calcul HPP ou en grandes déformations ? Justifier votre réponse.
Quels sont les trois modules d’Abaqus disponibles dans cette licence ?
Quel est le module le plus adéquat pour la réalisation de cette étude ? Justifier votre
réponse.

4.3.4. Gestion du contact :


4.3.4.1. Comprendre le contact :

Pour bien définir le contact, il faut commencer par analyser le problème pour savoir dans
quelle "case" le ranger :
 Veut-on représenter un contact entre deux pièces modélisées en volumique, ou
entre une pièce en volumique et une en surfacique, ou bien entre deux pièces en
surfacique, ou encore entre une pièce et elle-même ?
 Peut-on assumer que les déplacements et glissements relatifs entre les pièces
sont infinitésimaux, ou bien sont-ils d'un ordre de grandeur comparable aux
pièces elles-même ?
 Y a-t-il du frottement, et faut-il en tenir compte ?
 Peut-on supposer que l'une des pièces est rigide, ou bien les déformations des
deux pièces doivent-elles être prises en compte ?

Pour répondre à ces questions, voici quelques indications :

a- Corps déformables ou non ? Comment définir mes zones de contact ?


On peut définir des surfaces rigides soit par l'intermédiaire d'un maillage déjà existant,
auquel on attribuera un statut de "corps rigide", soit par l'intermédiaire d'une formule
analytique (type segments en 2D, cylinder ou revolution en 3D).
Dans les deux cas on définit un REF NODE, qui associe à chaque corps rigide un noeud de
référence, auquel seront par exemple imposées les conditions aux limites.

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Dans le cas de figure le plus général tous les corps en présence sont considérés comme
déformables.

Reste donc à définir le set d'éléments à inclure dans la surface de contact, ainsi que la
"face" qui devra être prise en compte. Si la pièce est modélisée par des éléments 2D, le code
doit savoir si le contact a lieu du côté de la normale sortante (SPOS) ou entrante (SNEG). Si
le modèle est volumique, il faut soit spécifier manuellement un numéro de face, soit, plus
simplement, laisser le code identifier automatiquement les faces externes du solide en
question.

b- Définition et nature des interactions :

Maintenant que ces surfaces sont définies "par pièce", il est nécessaire de préciser
quelles sont les interactions susceptibles d'avoir lieu en spécifiant le coefficient de frottement.
On peut évidemment définir plusieurs types d'interaction, et plusieurs coefficients de
frottement sur un même modèle (par exemple un coefficient de frottement sous tête dans le
cas d'un assemblage vissé et un autre pour le frottement entre les deux pièces maintenues par
la vis).

c- Maitre ? Esclave ?
Lorsque deux pièces sont en contact, l'une doit être déclarée maitre, et l'autre esclave.
La surface maitre est utilisée, via sa normale, pour la définition de la direction de
contact. Les nœuds de la surface esclave n'ont pas le droit de pénétrer la surface maitre, alors
que l'inverse est (en principe) possible.
Le choix de cette hiérarchie dépend des critères suivants :
- si l'un des corps est infiniment rigide, c'est lui qui sera choisi comme maitre ;
- si les deux sont déformables, la pièce la plus rigide et/ou maillée le plus grossièrement
sera choisie comme maitre (nb : il s'agit ici de la rigidité -locale- de la structure et non
simplement du matériau qui la constitue).

d- Petit ou grand glissement ?


La formulation la plus générale du contact entre deux pièces fait appel à une hypothèse
dite de "grand glissement" (finite sliding). Elle autorise tout déplacement relatif (translation
comme rotation) entre surfaces en contact. Elle est cependant coûteuse en temps de calcul.
Sous certaines conditions bien spécifiques, on peut alléger le problème en faisant une
hypothèse de "petit glissement" (small sliding). Les rotations relatives peuvent toujours être
arbitrairement grandes, mais les déplacements sont contraints : chaque nœud d'une surface
esclave ne doit au cours de l'analyse interagir qu'avec un même élément de la surface maitre.

Ainsi selon le choix du CONTACT PAIR et du STEP, on choisit généralement entre


trois cas :
1- Finite sliding : Déplacements relatifs arbitraires entre surfaces
*CONTACT PAIR, SMALL SLIDING=NO

*STEP,NLGEOM

2- Small sliding : Petits déplacements relatifs entre surfaces en contact, mais on garde
la possibilité de grandes déformations

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*CONTACT PAIR, SMALL SLIDING=YES
...
*STEP,NLGEOM

3- Infinitesimal sliding : Petits déplacements relatifs, et petites déformations


*CONTACT PAIR, SMALL SLIDING=YES
...
*STEP

e- Quelques astuces
Le paramètre UNSYMM=YES de la carte STEP peut être utile pour régler les
problèmes de convergence en cas de variation importante de la direction de la normale à la
surface maître entre deux éléments consécutifs, ce qui est le cas si le maillage est trop
grossier.
Il est fréquent que dans les simulations faisant intervenir du contact certaines pièces ne
soient pas contraintes avant que le contact ne soit établi. Il peut alors être utile d'introduire un
amortissement visqueux artificiel, via les cartes
*CONTACT CONTROLS,APPROACH
pour l'affecter à une contact pair en particulier, ou
*CONTACT CONTROLS,STABILIZE
pour un amortissement "global".

De plus, si le frottement est « fort » (f>0.2), il est recommandé d’utiliser également


*STEP,UNSYMM=YES

4.3.4.2. Définir le contact :


Rappelons à présent la procédure de définition des contacts dans le CAE :

1. Double cliquer sur “Interaction Properties” dans le model tree


a. Choisir un nom et sélectionner “Contact” pour le type

b. Dans Mechanical tab sélectionner “Tangential Behavior”


Choisir la formulation du frottement (par exemple “Frictionless” si pas de frottement)

c. Dans Mechanical tab sélectionner “Normal Behavior”


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A noter que ici, lorsque les surfaces où on définit les interactions ne sont pas en contact
au départ du calcul, on change “constraint enforcement method” en“Penalty”.

2. Double cliquer sur “Interactions” dans model tree


a. Nommer l’intéraction, sélectionner “Surface to surface contact”, et cliquer continue
b. Pour la surface maitre sélectionner la portion du dessous de la géométrie et cliquer
sur Done
c. Selectionner la couleur de la surface correspondant à la surface de dessus
d. Pour la surface esclave, choisir le type “Surface”
e. Sélectionner la portion supérieure et cliquer Done
f. Sélectionner la couleur de la surface correspondant à la face inférieure
g. Vérifier sinon changer contact interaction properties en celles crées précédemment

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Préciser votre choix : Finite ou Small sliding ?

4.3.5. Post-traitement :
Donner les géométries initiale et finale du problème.

Visualiser les contours de contrainte équivalente de Von-Mises et les contours de


déformation plastique équivalente de l’incrément final.

Visualiser les évolutions de la contrainte équivalente de Von-Mises et de la déformation


plastique équivalente à différents stades de l’écrasement.

Pour l’incrément final, tracer les allures de la contrainte équivalente de Von-Mises et de


la déformation plastique équivalente en fonction du rayon du lopin, pour une hauteur
correspondant au milieu du lopin, ainsi qu’à la surface supérieure.

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Tracer l’évolution de la force de forgeage en fonction de l’écrasement du lopin.

Tracer l’allure de l’évolution de la contrainte de cisaillement à l’interface en fonction de


la déformation plastique.

4.3.6. Bibliographie :
Ce problème a été étudié par de nombreux auteurs. Citons Al-Khattat, Détraux, Charlier,
Taylor et Becker, Gelin et Picart, Habraken, Lush et Anand, Cheng et Kikuchi et bien d’autres
(plus d’une quarantaine en 1982 d’après Taylor et Becker).

Bon travail

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Notation
Cet examen de TP est noté de la façon suivante :
- 5 points : note personnelle du travail lors de la séance de TP (avec réponse aux
questions sur feuille ci-dessous)
- Un rapport de TP par groupe de 3 à 4 personnes à remettre au plus tard une semaine
après l’examen de TP avec une partie commune notée sur 10 (I. Introduction, II. But
du TP, III. Présentation du problème, V. Analyse et comparaison des résultats, VI.
Conclusion) et une partie personnelle notée sur 5 (IV. i. Etude numérique de l’étudiant
i : Hypothèses et Résultats) munie en Annexe du rapport d’Abaqus (dans le module
Visualisation, cliquer dans le menu sur Plug-ins puis sur Tools puis sur Report
Generator.

Réponses aux questions


NOM et Prénom :

Groupe :

I. Modélisation du problème :

I.1. Géométrie et maillage :

Quelles sont les symétries vérifiées par ce problème et qu’impliquent-elles comme


simplifications pour l’étude de celui-ci ?

…………………………………………………………………………………………………
……

…………………………………………………………………………………………………
……

Quelle est alors la géométrie du modèle du lopin ? Préciser les dimensions

…………………………………………………………………………………………………
……

Quelle est la géométrie du modèle de matrice ? Préciser les dimensions

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…………………………………………………………………………………………………
……

Quel est le type du Part adopté pour le lopin ?

…………………………………………………………………………………………………
……

Quel est le type du Part adopté pour la matrice ?

…………………………………………………………………………………………………
……

I.2. Comportement du matériau :

Calculer les déformations et les contraintes vraies, en déduire le module de Young :

E=

Puis calculer les déformations plastiques vraies. Résumer les résultats dans le tableau ci-
dessous :

Déformation  Déformation  Contrainte vraie 


vraie (%)  plastique vraie (%) (Pa) 
 
 
 
 
 
 

I.3. Type de calcul :

Est-ce qu’il s’agit d’un calcul HPP ou en grandes déformations ? Justifier votre réponse.

…………………………………………………………………………………………………
……

Quels sont les trois modules d’Abaqus disponibles dans cette licence ?

…………………………………………………………………………………………………
……

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Quel est le module le plus adéquat pour la réalisation de cette étude ? Justifier votre
réponse.

…………………………………………………………………………………………………
……

…………………………………………………………………………………………………
……

…………………………………………………………………………………………………
……

I.4. Gestion du contact :

Quel type de modélisation avez-vous choisie pour l’interface : un frottement parfait


(contact collant) ou sans frottement (cas lubrifié) ?

…………………………………………………………………………………………………
……

Préciser votre choix pour le glissement : Finite ou Small sliding ?

…………………………………………………………………………………………………
……

II. Post-traitements :

Quelle est la contrainte équivalente maximale de Von-Mises à l’incrément final et à quel


endroit?

…………………………………………………………………………………………………
……

Quelle est la déformation plastique équivalente maximale à l’incrément final et à quel endroit
?

…………………………………………………………………………………………………
……

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Quelle est la contrainte de cisaillement maximale à l’incrément final et à quel endroit ?

…………………………………………………………………………………………………
……

Quelle est la force de forgeage ?

…………………………………………………………………………………………………
……

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