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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Ecole supérieure d’agronomie Mostaganem

Présenté par :

 BACHIRI Wafa
 AHMED KHODJA Kheira

Spécialité : Gestion et Aménagement des Forets.

Année universitaire : 2020/2021


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Liste des abréviations i
Introduction 1
I. Culture in-vitro 2
I.1. Modalités de propagation in 2
I.1.1. Micropropagation  2
I.1.1.1. Culture d’embryons zygotiques 2
I.1.1.2. Culture de bourgeons et nœuds  2
I.1.2. Organogenèse directe et embryogenèse somatique  2
I.1.2.1. Culture d’embryons zygotiques immatures  3
I.1.2.2. Culture de fragments de Cotylédons  3
I.1.2.3. Culture de feuilles  3
II. Techniques utilisées : ( cas de pistacia vera L) 3
II.1.Culture in vitro d’embryons isolés de Pistacia vera 3
II.1.1.technique de prélèvement et mise en culture des axes embryonnaires  3
II.1.2. Remarque  4
II.1.3. Discussion sur les résultats obtenus  4
II.2. Culture in vitro des segments nodaux  5
II.2.1. Matériel végétal utilisé et méthodes de désinfection  5
II.2.2. Optimisation des conditions de culture  5
II.2.3. Remarque  6
II.2.4. discussion sur les résultats obtenus  6
II.3. Prolifération in vitro de pousses feuillées 6
II.3.1. Matériel végétal utilisé  6
II.3.2. Facteurs étudiés  7
II.3.3. Remarque  7
II.3.4. Discussion des résultats obtenus 7
III. Rhizogenèse et Acclimatation des Vitroplants  8
III.1.1. Matériel végétal 8
III.1.2. Milieu de rhizogenèse  8
III.2. Etude de l’enracinement ex vitro  8
III.2.1. Matériel végétal et technique expérimentale  8
III.3. Acclimatation des vitroplants  9
III.4. Discussion des résultats obtenus 9
Conclusion 10
Références bibliographiques 11
Liste des abréviations

ABA Aacide abscissique


AcJas Acide jasmonique
ADN Acide désoxyribonucléique
AgNO3 Nitrates d’argent
AIA Acide indole acétique
AIB Acide indole butyrique
ANA Acide naphtalène acétique
BAP 6-benzylaminopurine
BSAA Acide 3-benzo[b]selenyl acétique
°C Degré Celsius
CaCl2 bichlorure de calcium
cm Centimètre
g Gramme
g.g-1 Gramme d’eau par gramme de matière sèche
GA3/AG3 Acide gibbérellique
h Heure
h/j. Heure par jour
ha Hectare
j Jour
KIN 6-furful-aminopurine (Kinétine)
l Litre
mg Milligramme
m Mètre
ml Millilitre
µl Microlitre
MS Milieu de Murashige et Skoog (1962)
mT méta-Topoline
NaClO Hypochlorite de sodium
P. Pistacia
pb Paire(s) de bases
PBZ Paclobutrazol
PEG Polyéthylène glycol
pH Potentiel hydrogène
Introduction :

Le pistachier d’Alep est une espèce fruitière de grande importance économique et écologique. Il
peut valoriser les zones arides et semi-arides méditerranéennes. En Algérie, malgré l’abondance
de terrains propices à sa culture, le pistachier est presque délaissé à cause de sa rentabilité à long
terme et surtout d’une insuffisance de plants de qualité destinés aux plantations.

L'extension de la culture du pistachier et son amélioration est tributaire de la mise au point de


techniques fiables de multiplication. Le développement de la culture in vitro du pistachier vrai
(Pistacia vera L.) représente un défi non seulement pour la Tunisie mais aussi à I ‘échelle
méditerranéenne voire internationale. La technique de culture in vitro a toujours été un outil de
prédilection pour la production en masse de plusieurs espèces fruitières et ligneuses (Debergh et
Zimmerman, 1991). Chez le pistachier, et malgré les progrès accomplis dans le domaine
(Barghchi et Alderson, 1989), la culture in vitro se heurte à plusieurs problèmes liés au choix de I
‘explant, à l'initiation aseptique, à la nécrose des bourgeons apicaux, à la régression des
potentialités en subculture, et surtout à l'enracinement et à l'acclimatation des vitroplants
(Martinelli, 1988 ; Gonzalès- Garcia, 1990 ; Abousalim et Mantell, 1994 ; Chatibi et al., 1995).
Les récents travaux entrepris au laboratoire nous ont permis de constater que le rajeunissement
physiologique du pistachier CV. Mateur représente une condition sine qua non aussi bien à I
‘établissement de vitroplants qu'à leur enracinement et acclimatation, les milieux de multiplication
in vitro ayant un effet "à distance" sur la vigueur et la rhizogenèse de la plante. Ainsi, la mise en
culture des pièces cotylédonaires a permis d'acclimater plus d'une centaine de pistachiers CV.
Mateur (Chatibi et al,, 1996).

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I. Culture in-vitro :
sont des cultures d’explants de plantes, sur un milieu synthétique, dans des conditions stériles ,
dans un environnement contrôlé et dans un espace réduit .(Site : cedevit).
I.1. Modalités de propagation in vitro :
I.1.1. Micropropagation :
I.1.1.1. Culture d’embryons zygotiques :
La technique de culture d’embryons isolés a été utilisé pour la micropropagation de nombreuses
espèces végétales.
Chez le pistachier, Abousalim et al, 1992 ont obtenu des bourgeons par culture d’embryons sur un
milieu solidifié avec de l’agar-agar. Ozden-Tokatli et al, 2005 ont également utilisé la culture
d’embryons matures. Ils signalent un taux de contamination d’environ 10% après une désinfection
des graines dans une solution de peroxyde d’hydrogène 10 % (v/v). Les axes embryonnaires
cultivés sur MS additionné de 30g l-1 de saccharose et 7 g l-1 d’agar ont donné 70 – 75 % de
germination après 6 – 7 jours.
Chatibi et al, 1998 ont initié leurs cultures organogènes à partir des feuilles d’embryons
zygotiques. Les graines ont été désinfectées par trempage de 15 minutes dans une solution
d'hypochlorite de sodium (12° chlore actif) additionnée de quelques gouttes de Tween 20. Le
milieu de Quoirin et Lepoivre (1977) contenant 15 g l -1 de saccharose a été utilisé pour la culture
d’embryons isolés.
I.1.1.2. Culture de bourgeons et nœuds :
La micropropagation in vitro à partir de bourgeons apicaux et axillaires est plus utilisée pour la
production commerciale de plantules d'arbres forestiers. La propagation in vitro par
bourgeonnement axillaire a été obtenue à partir de matériel végétal jeune ou adulte chez quelques
espèces de pistachiers : Pistacia terebinthus et P. vera (Pontikis, 1984 ; Gannoun et al, 1995) et P.
mutica (Ghoraishi, 2006).

Chez le pistachier vrai (Pistacia vera L.), les premiers travaux remontent à Barghachi (1982) et
Barghachi et Alderson (1985) qui ont utilisé des bourgeons apicaux et axillaires excisés de
plantules d’environ 2 ans .Ces bourgeons ont été mis en culture sur le milieu de Murashige et
Skoog (MS) en présence de BAP.
L'enracinement des microplants a été réalisé sur un milieu enrichi d'acide indole butyrique (AIB).
I.1.2. Organogenèse directe et embryogenèse somatique :
L’initiation des cultures embryogènes et des embryons somatiques chez le pistachier fruitier a été
testée sur divers types d’explants. Nous présentons ci-dessous les expériences de la littérature.

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I.1.2.1. Culture d’embryons zygotiques immatures :
Zaheer et al, 1989 ont initié des cals embryogènes à partir d’embryons immatures de Pistacia vera
L. Les embryons prélevés par dissection aseptique ont été cultivés sur le milieu MS additionné de
2,4-D et de KIN aux doses respectives de 4 et 2 mg l-1.
Onay et al, 2000 ont réussi la régénération de plantules à partir de cultures embryogènes. Ces
dernières initiées à partir de graines immatures, ont été cultivées sur le milieu de MS additionné de
vitamine BB5 et des phytohormones BAP et ABA.
I.1.2.2. Culture de fragments de Cotylédons :
Hafdi et Abousalim (2000) ont utilisé des fragments de cotylédons, excisés à partir de graines
germées in vitro. Ils ont constaté que l’utilisation de la BAP ou le 2iP combinées au 2,4- D a
favorisé l’induction d’un cal proliférant mais d’une structure granulaire, aucune amélioration n’a
été enregistrée. Ces auteurs préconisent le 2,4-D seul pour l’initiation de l’embryogenèse
somatique à partir de fragments cotylédonaires chez le pistachier
I.1.2.3. Culture de feuilles :
Chatibi et al, 1998 ont obtenu une organogenèse directe par régénération de bourgeons adventifs à
partir de feuilles de vitrosemis âgés de 15 jours. Après élimination de toute présence de
méristèmes ou de bourgeons préexistants, les explants foliaires ont été cultivés sur le milieu de
base de MS additionné de différents régulateurs de croissance (BAP, AIB et ANA).
Onay et Jeffree (2000) ont réalisé l'embryogenèse somatique à partir de feuilles prélevées sur des
plantules d’environ 1 an. Elles ont été désinfectées et cultivées sur le milieu MS (liquide). Les
cals et les embryons somatiques ont été initiés en présence de TDZ ou BAP (0,5 – 4 mg l -1) sous
une photopériode de 24 h de lumière et une température de 25 ± 2°C.
II. Techniques utilisées : ( cas de pistacia vera L)
II.1.Culture in vitro d’embryons isolés de Pistacia vera L :
La production de jeunes pousses par la technique de la culture in vitro d’embryons zygotiques doit
améliorer le taux de succès et réduire considérablement les risques de contamination et
d’oxydation phénoliques in vitro qui souvent observées en micropropagation des espèces
ligneuses.
II.1.1.technique de prélèvement et mise en culture des axes embryonnaires :
Après une désinfection de 10 min dans l’hypochlorite de sodium ,les graines (Figure 1A) sont
maintenues dans l’eau distillée stérile du dernier rinçage pendant une nuit pour augmenter
l’imbibition des cotylédons et faciliter le prélèvement des axes embryonnaires.
Le prélèvement des embryons se fait en ouvrant les graines à l’aide de pinces chirurgicales et en
détachant l’axe embryonnaire du cotylédon auquel il adhère encore (Figure 1B), à l’aide d’un

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scalpel en faisant attention à ne pas endommager les embryons (Figure 1C). Les axes
embryonnaires sont mis en culture sur les différents milieux testés.

Figure 1 : Matériel végétal utilisé


A)- Graines matures désinfectées ; B)- Axe embryonnaire
encore attaché au cotylédon ; C)- embryon isolé du cotylédon
(Barre = 1 cm (A) et 4 mm (C))

II.1.2. Remarque :
Dans cette technique il a ajouté des additives et puis il a observé l’effet de chaque additive et
quelque études , les effets sont comme suite :

 effet du milieu de culture, de la concentration en agar-agar et la dose en


saccharose.
 effet de la l’agent désinfectant et l’intensité lumineuse

 effet du charbon actif sur la croissance des vitro semis

 effet d’une contrainte saline sur le comportement des embryons isoles

 Etude de la tolérance au stress hydrique de pistachier (pistacia vera l.) : effet sur le
développement in vitro des embryons isoles et la croissance des vitro semis.

II.1.3. Discussion sur les résultats obtenus :

La réponse morphogénétique en condition in vitro d’embryons isolés dépend de nombreux


facteurs. la réduction de la concentration en agar-agar a permis une nette amélioration de la
croissance des vitrosemis.

Utilisé à différentes concentrations, le saccharose oriente significativement le développement des


axes embryonnaires du pistachier vrai. Les concentrations de 20 à 40 g l -1 donnent les meilleurs
résultats.
4
une lumière modérée paraît suffire pour un développement équilibré des embryons isolés. Nos
essais ont montré également que l’adjonction de charbon actif dans le milieu de culture a
amélioré significativement la croissance des vitrosemis.

L’utilisation des axes embryonnaires pour évaluer la tolérance du pistachier aux stress abiotiques,
(salin et hydrique) a montré, des taux de développement in vitro et de survie élevés indiquant ainsi
une haute tolérance. D’autre part , le pistachier réduit rapidement son expansion foliaire et sa
croissance aérienne et tend à maintenir le développement de son système racinaire. Les essais
effectués nous ont permis de repérer rapidement les sujets résistants au déficit hydrique et au
stress salin. Cette voie peut être utilisé pour la sélection précoce des génotypes tolérants.

II.2. Culture in vitro des segments nodaux :

Malgré les progrès réalisés en matière de micropropagation de pistachier (Barghchi et Alderson,


1989), bien que modestes comparativement à d’autres essences fruitières, cette technique in vitro
se heurte à plusieurs problèmes, liés le plus souvent à l’initiation aseptique, aux problèmes
d’oxydation du milieu de culture et de nécrose de bourgeons (Abousalim et Mantell, 1994).

Le but de notre étude a été de déterminer les conditions favorables pour l’introduction in vitro à
partir des bourgeons chez Pistacia vera L.

II.2.1. Matériel végétal utilisé et méthodes de désinfection :

Le matériel végétal destiné à l’établissement de culture in vitro est constitué :


 de boutures de nœuds lignifiées ou herbacées selon la période de prélèvement, récoltées
sur des arbres âgés de 30 ans (pieds femelles).
 de pousses herbacées prélevées de jeunes plantules âgées d’environ 6 mois élevés en serre.

Les rameaux et les pousses herbacées sont débarrassés de leurs feuilles puis lavées à l'eau
savonnée. Après, les boutures sont rincées à l’éthanol 70% (v/v) puis désinfectées selon les
protocoles expérimentaux de désinfection. La durée de trempage dans la solution désinfectante
étudiée est en fonction de la nature du matériel végétal utilisé : 10 min pour le matériel juvénile
et 15 min pour le matériel âgé.
II.2.2. Optimisation des conditions de culture :
Les explants mis en culture comprennent le bourgeon avec une portion de tige (1cm). Ils sont
installés sur 15 ml de milieu gélosé coulé dans des tubes en verre de 22 x 150 mm. Le milieu de
culture de base utilisé est celui de Murashige et Skoog, 1962 enrichi de vitamines B 5 (Gamborg et
al, 1968), hydrolysat de caséine (500 mg l-1), AgNO3 (1 mg l-1) et 30 g l-1 de saccharose. Les
milieux ont été solidifiés par agar-agar à 0,7 % (w/v) et autoclaves après ajustement du pH à 5,7
par KOH 0,1 N, pendant 20 min à 113 °C.
5
Enfin de l’expérimentation, le taux de débourrement des bourgeons ainsi que l’aspect
morphologique des tigelles obtenues ont été évalués. Les résultats ont été traités par analyse de
variance (ANOVA) et les moyennes significativement différentes ont été séparées par le test de
Duncan au seuil de probabilité de 5 %.
II.2.3. Remarque :
Dans cette étude il a observé un’effet et une réactivité lequel :
 Effet de la technique de désinfection .
 Réactivité des explants primaires.
II.2.4. discussion sur les résultats obtenus :
La micropropagation du pistachier à partir d’un matériel végétal adulte est délicate. L’état
sanitaire des explants cultivés in vitro est un problème récurrent qui compromet le développement
de la technique. Il a montré que les explants prélevés en printemps d’arbres adultes, sont plus
réactifs que ceux provenant d’un matériel végétal dormant. Ce dernier présente des taux de
contaminations très élevés empêchant le développement in vitro des bourgeons. Des repiquages
successifs rapides (à raison de 2 repiquages par semaine) ont permis l’élimination des composés
phénoliques et l’amélioration de la réactivité des bourgeons. Outre l’effet du type d’explant et son
statut physiologique sur la réactivité des bourgeons. Les meilleurs rendements en bourgeons
débourrés et en rosettes feuillées ont été obtenus avec le milieu MS enrichi de 1 mg l -1 BAP. Le
thidiazuron et la kinétine sont moins efficaces au débourrement et la production de vitropousses de
Pistacia vera L.
II.3. Prolifération in vitro de pousses feuillées :

La multiplication végétative par prolifération in vitro des bourgeons axillaires est la technique la
plus utilisée actuellement pour la production en masse des espèces ligneuses,

L’objectif de travail, est d’améliorer le nombre d’axes végétatifs par rapport à l’effectif total
initialement et un bon aspect qualitatif des vitroplants obtenus, leur permettant d’induire un bon
système racinaire et d’assurer une bonne reprise de croissance lors de l’acclimatation.

II.3.1. Matériel végétal utilisé :

 Les explants
 Les vitrosemis de Pistacia vera L.
 Des segments nodaux (5 à 10 mm de long) contenant un ou deux bourgeons
axillaires,cultivés sur différents milieux de multiplication.

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II.3.2. Facteurs étudiés : 

L’étude dépend sur l’effet de la BAP (N 6 -benzylaminopurine) sur la production des pousses
feuillées ,BAP à différentes concentrations (1 ; 2 ; 4 et 6 mg l -1) ou combinée à : 2 et 4 mg l-1 avec
l’acide indole acétique (AIB à 0,1 mg l-1) ou avec l’acide gibbérellique (GA3 à 1 mg l -1 ).

L’expérience effectuée dans des tubes à essai contenant 15 ml de milieu nutritif.

la cytokinine optimise les résultats au stade de multiplication chez Pistacia vera L., l’influence de
trois cytokinines : la N6-benzylaminopurine (BAP), la kinétine (KIN) et la méta-Topoline (mT) sur
la prolifération des bourgeons et leur croissance en rosettes feuillées a été étudiée. Les
concentrations alors testées ont été de (0,5 ; 1 ; 2 et 4) mg l -1.

Après 30 jours de culture sur les différents milieux nutritifs étudiés, les paramètres suivants ont été
utilisés pour évaluer l’effet hormonal :

 Nombre moyen de pousses axillaires produites par explant primaire ;


 Longueur moyenne de pousses feuillées utilisables (> 10 mm) ;
 Aspects qualitatifs (couleur, hyperhydricité, production de cal,..).
II.3.3. Remarque :
Dans cette technique il a ajouté quelque additives et puis il a observé l’effet de chaque additive ;
les effets sont :
 Effet de la BAP combinée ou non à l’AIB et/ou à la GA 3 .

 Effet des cytokinines.

 Effet d’une seconde subculture.


II.3.4. Discusion des résultats obtenus :
Au cours de la phase de prolifération intensive, qui consiste à induire le développement des
bourgeons axillaires préexistants sur des microboutures, l’étude portée sur l’effet de différentes
concentrations de BAP combinée ou non à l’AIB et/ou à la GA 3 a révélé que la combinaison
bihormonale composée de 4 mg l -1 BAP et 0,1 mg l-1 AIB semble donner des résultats intéressants
aussi bien pour le taux de multiplication que pour l’aspect qualitatif des pousses feuillées
produites. En revanche, l’étude comparative de certaines cytokinines a montré l’effet bénéfique de
la méta-topoline dans l’amélioration du bourgeonnement axillaire chez Pistacia vera L. La
concentration de 2 mg l-1 assure le meilleur rendement et la bonne qualité morphologique des
microplantules obtenues. Cette cytokinine aromatique, se révèle ici une bonne alternative à la
BAP pour la micropropagation du pistachier.
7
III. Rhizogenèse et Acclimatation des Vitroplants :
Chez le pistachier (Pistacia vera L.) la rhizogenèse in vitro présente encore des difficultés liées
principalement aux faibles taux d’enracinement et à la qualité du système racinaire produit in
vitro. Plusieurs méthodes d’enracinement peuvent être envisagées :
 Enracinement in vitro : deux phases « d’induction racinaire » « d’expression racinaire
»
 Enracinement ex vitro : enracinement des microplants
 Enracinement mixte : en deux étapes distinctes : la première consiste en une induction
rhizogène in vitro, tandis que la seconde d’élongation racinaire.
III.1. Etude de l’enracinement in vitro :

III.1.1. Matériel végétal :


Des pousses feuillées produites par bourgeonnement axillaire, ont été utilisées pour les essais
d’enracinement.

III.1.2. Milieu de rhizogenèse :


Les microboutures ont été cultivées dans des bocaux contenant 100 ml d’un milieu Murashige et
Skoog dont les macroéléments ont été dilués de moitié (MS/2), tel que préconisé par Aboussalim
et al. (1991) . Ce milieu renferme également les microéléments et la solution ferrique de MS, les
vitamines B5 de Gamborg et al. (1968), myo-inositol (100 mg l-1), hydrolysat de caséine (500 mg l-
1
), 30 g l-1 de saccharose et 6 g l-1 Bacto-agar Difco. Le milieu est ajusté avant autoclavage à 5,7 à
l’aide de 0,1N KOH.

III.2. Etude de l’enracinement ex vitro :


III.2.1. Matériel végétal et technique expérimentale :
Les microboutures (1-3 cm de longueur) ont été transférées dans un milieu frais dépourvu de
régulateurs de croissance, comprenant 2 g l-1 de charbon actif et ceci dans l’optique d’obtenir des
pousses feuillées lignifiées aptes à l’enracinement ex vitro
Après 30 jours de culture, les microplants ont été lavés à l’eau courante pour éliminer le reste du
milieu de culture. La partie basale des vitroplants (environ 5 mm) est passée dans la poudre
auxinique testée. Les microboutures traitées ont été implantées dans des mottes Fertiss contenant
tourbe-perlite-vermiculite (80-15 -5%), placées dans des minis serres avec couvercles dans une
salle climatisée dont la photopériode est de16 h par cycle de 24h avec une température de 22°C le
jour et 18°C la nuit. L’arrosage des mottes Fertiss est effectué environ 10 jours après la mise en
culture. Il est conseillé d’arroser uniquement quand cela est nécessaire. Généralement, une

8
humidité relative élevée combinée à un arrosage excessif est plus favorables à la pourriture des
microplants.
III.3. Acclimatation des vitroplants :
C’est une phase très critique puisqu’elle concerne le passage des plantules d’un environnement
bien contrôlé à un autre totalement différent, entraînant le plus souvent des modifications
morphologiques, anatomiques et physiologiques. Ces changements d’environnement impliquent le
passage: d’une mixotrophie vers une autotrophie.

Le pistachier vrai est une espèce très difficile à enraciner et à acclimater. Les racines adventives
formées in vitro sont en générale de mauvaise qualité ce qui a entraîné des taux de mortalités
élevés (40-60%) lors de l’acclimatation. Chatibi (1999) rapporte des difficultés lors de
l’acclimatation des plants de Pistacia vera L. enracinés in vitro. La plupart des vitroplants
transférés en serre finissent par se nécroser.

L’enracinement ex vitro des vitroplants de Pistacia vera L. a été effectué sans difficulté dans les
conditions décrites plus haut. Cette technique appliquée pour la première fois chez le pistachier a
permis non seulement d’améliorer le pourcentage de plants enracinés mais aussi la qualité du
système racinaire obtenu (racines fasciculées et ramifiées).

L’application de cette méthode devrait être étendue à bien d’autres espèces ligneuses réfractaires à
l’enracinement.

III.4. Rhizogenèse et acclimatation des vitroplants :


Chez le pistachier, la rhizogenèse in vitro présente encore des difficultés liées principalement aux
faibles taux d’enracinement et à la qualité du système racinaire obtenu. Nos essais ont montré que
Pistacia vera L. s’enracine davantage avec l’ANA qu’avec les autres auxines testées. En outre, la
combinaison auxinique (AIB/ANA) à concentrations égales (1 mg l -1) s’est révélée efficace pour
stimuler la rhizogenèse in vitro chez cette espèce fruitière. Toutefois, les faibles taux
d’enracinement enregistrés ainsi que l’aspect qualitatif des racines produites in vitro souvent de
mauvaise qualité, rendent difficile la reprise de croissance lors de l’acclimatation.

Testé ici pour la première fois chez le pistachier, l’enracinement ex vitro a amélioré
significativement les résultats. En effet, les microplants traités par la poudre auxinique
commerciale « Rhizopon » à 2% d’AIB, produisent un système racinaire satisfaisant. De plus, les
vitroplants enracinés par cette technique ont montré des taux de reprise élevés lors du passage
enserre.

9
Conclusion :

La multiplication in vitro par micropropagation est une alternative de propagation conforme et


rapide pour la multiplication du pistachier. Au terme de cette étude, on peut conclure que le
pistachier comme la plupart des espèces ligneuses est un matériel « plutôt récalcitrant ». En
revanche, l’ensemble des essais effectués a montré que cette espèce fruitière peut être cultivée in
vitro jusqu’à l’obtention de plants acclimatés.

Au stade juvénile, le pistachier fruitier se comporte comme une plante tolérante à la salinité. Outre
leur capacité germinative élevée, les embryons isolés de Pistacia vera L. ont montré une grande
résistance vis-à-vis du sel. Le taux de mortalité le plus élevé (37,1%) a été enregistré avec la plus
forte concentration saline testée (256,6 mM).

En réponse au sel, le pistachier réduit rapidement son expansion foliaire et sa croissance aérienne
et tend à maintenir le développement de son système racinaire.

L'utilisation des axes embryonnaires pour évaluer la tolérance au sel a montré, dès le départ, des
taux de développement in vitro élevés, même sous stress sévère, indiquant que le taux de
développement pourrait être retenu comme critère précoce d'évaluation de la tolérance au sel chez
Pistacia vera L. Ainsi, la stimulation de la croissance racinaire en présence de NaCl semble une
stratégie développée par le pistachier pour limiter le stress salin. De plus, la réduction de la
croissance de l'appareil photosynthétique est un indice de la résistance au sel . La sélection de
vitroplants tolérants à la salinité par le biais de la culture in vitro peut contribuer à obtenir des
clones homogènes et tolérants à la salinité.

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Références bibliographiques

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symptoms in in vitro shoot culture of Pistacia vera L. CV. Mateur. J. Hort. Sci., 69 (2):
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Pistacia vera L. Rev. Rés. Amélior. Prod. Agr. Milieu Aride, 3: 73–79
 Abousalim, A., El Mahboul, B. & Walali, L.D., 1992. Germination in vitro de graines et
croissance de plantules de pistachier (Pistacia vera L.). Rev. Rés. Amélior. Prod. Agr.
Milieu Aride, 4: 17–23.
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Colloque du GREMPA, Cahiers Options Méditerranéennes, Ciheam (éd.), Zaragose,
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Hort. 419: 213–220.
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Citographie :

http://labos.ulg.ac.be/cedevit/plantes-in-vitro/culture-in-vitro/

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