Vous êtes sur la page 1sur 20

Université Cadi Ayyad

Faculté des Sciences Semlalia


Département de Chimie

Master Spécialisé : Ingénierie de l’Assainissement et


Management de l’Environnement

MANUEL DE TRAVAUX PRATIQUES


Module

TECHNIQUES DE TRAITEMENT DES EAUX USEES


INDUSTRIELLES

Préparé par :

Pr A.Yaacoubi
Pr M.Bouchdoug
Pr N. EL HADIRI
Sommaire

Recommandations …………………………………………...1

Manipulation I :
Traitement physico-chimique des eaux industrielles…………2
Essai de coagulation-floculation

Manipulation II :
Décoloration des eaux usées industrielles par adsorption……....8

Manipulation III :
Dephosphatation d’une eau usée par Précipitation…………….13

Annexe……………………………………….………………..17
Recommandations

Pour votre sécurité et celle des autres et pour la bonne marche des TP, observez les consignes
suivantes à ce sujet :
- Portez une blouse ;
- Réfléchissez avant d’agir ;
- Manipulez avec délicatesse en respectant les consignes relatives de chaque
manipulation ;
- Ne jetez jamais les produits insolubles dans les éviers, des flacons de récupérations de
produits chimiques sont mis à votre disposition ;
- Il est interdit de déplacer le matériel et les flacons de produits chimiques d’une
paillasse à une autre ;
- Il est interdit de fumer ou de manger dans une salle de travaux pratiques.

Avant de quitter la salle de TP


- Laissez la paillasse ainsi que la verrerie en parfaite état de propreté ;
- Fermez les robinets d’eau et de gaz ;
- Rangez le matériel ;
- Toute casse ou défectuosité du matériel doit être signalée.

Important :

- Il est indispensable de préparer la manipulation que vous aurez à effectuer avant de


venir en salle de TP ;
- La façon de travailler est très importante et une note sera attribuée à chaque étudiant ;
- Toute absence non justifiée sera sanctionnée.
Traitement physico - chimique des eaux industrielles
Essai de coagulation - floculation

La turbidité et la couleur d'une eau sont principalement causées par des particules très
petites, dites particules colloïdales. En général, la turbidité est causée par des particules de
matière inorganique, alors que la couleur est imputable aux particules de matière organique et
aux hydroxydes de métaux. Les colloïdes (particules chargées et de faibles dimensions),
dotées d’une grande stabilité, n'ont pas tendance à s'accrocher les unes aux autres et peuvent
rester en suspension dans l'eau durant de très longues périodes, et même traverser un filtre très
fin. Leur élimination est du ressort de la coagulation/floculation.

Principe

La coagulation est la déstabilisation des particules colloïdales par addition d’un


réactif chimique (le coagulant) essentiellement un sel de fer ou d’aluminium.
La floculation est l’agglomération des particules «déchargées» en microflocs, puis en
flocons volumineux, ces flocons peuvent être éliminés par décantation, flottation ou filtration.
Cette étape peut être amélioré par l’ajout d’un floculant ou adjuvant de floculation
(polymères, silice activée, amidon, alginates…).
Généralement, le processus de coagulation est appliqué à l’eau brute pré-traitée. De ce
fait, il constitue l’un des procédés les plus importants dans les filières de traitement des eaux
naturelles et industrielles.
Le processus de coagulation/floculation est habituellement constitué de :
- L’injection et le mélange de coagulant neutralisant la charge électrique (potentiel zêta)
des colloïdes. Un mélange efficace est rapide (120 t/min.) du coagulant et des eaux est
indispensable pour assurer une bonne dispersion et une meilleure utilisation du réactif. Le
temps habituellement utilisé est d'une à deux minutes.
- L’agglomération des particules coagulées en grands flocs décantables. Ceci est accompli
en agitant lentement l’eau pour permettre aux solides formés d’augmenter de taille pour
pouvoir les retirer par décantation. On utilise généralement une agitation lente (30t/min.)
pendant 15 à 30 minutes.
- La décantation des matières floculées par séparation gravimétrique (20 à 30 min.)

Le choix et le dosage du coagulant à utiliser, pour une bonne élimination des matières
colloïdales des eaux, sont décidés à partir des résultats des évaluations en laboratoire obtenus
à partir d’un test de floculation (appelé jar test).
Objectifs :

Réaliser un essai de coagulation/floculation, en utilisant deux coagulants, un floculant


et un charbon actif en poudre, dont le but de déterminer les conditions optimales permettant
d’éliminer les particules colloïdales contenues dans une eau industrielle. Ainsi, au cours de
cette manipulation seront déterminés :
- Le taux de traitement pour chaque réactif
- Le pH optimal
- L’efficacité des coagulants
- Le rôle du floculant
- La masse et la qualité de boue formée
- Le rôle de l'introduction des additifs (microsable, boue, argile, charbon actif en poudre)
sur la coagulation floculation et sur la matière dissoute.

L’efficacité du traitement sera estimée en suivant la turbidité et la couleur de l’effluent


après 20 min. de décantation. Ces indications peuvent être complétés avec d’autres
renseignements (pH, % de boues après décantation, vitesse de sédimentation, matière
organiques…)

Réactifs :
· Eau à traiter
· Sulfate d’aluminium Al2(SO4)3,18 H2O : solution à 10g/l
· Chlorure ferrique FeCl3 : solution à 10 g/l
· Polyélectrolyte : solution 1g/l
· Charbon actif en poudre
· Solution HCl 2N
· Solution NaOH 2N.

Appareillage :
· Jar test
· Turbidimètre
· Spectrophotomètre
· Balance de précision
· pH-mètre
· Système de filtration et papiers filtres (0.45 mm)
· Verrerie courante de laboratoire
Mode opératoire :

- Essai 1 : Préciser le coagulant utilisé


Dans une série de béchers (jar test) :
- Introduire 500 ml d’eau à traiter
- Ajuster le pH à environ 6 à l’aide de la solution d’HCl (ou NaOH)
- Ajouter alors des doses croissantes (entre 0 et 50 mg/l) du coagulant
Al2(SO4)3,18 H2O (ou FeCl3) et agiter rapidement (120t/min.) pendant 2 min.
- Réduire l’agitation à 30 t/min. et laisser le mélange sous agitation lente pendant
20 min., observer, de temps en temps, pour détecter la formation et la qualité des flocs
- Arrêter l’agitation et laisser le mélange reposer pendant 20 min.
- Prélever, à l’aide d’une pipette, un volume d’environ 50 ml du surnageant sur lequel
on mesure la turbidité (Ti) et la couleur (Ci).
- Filtrer sur filtre préalablement pesé, sécher à 110°C et peser la quantité de boue
obtenue.
Connaissant la turbidité (T0) et la couleur (C0) initiales, déterminer l’efficacité du
traitement (T0 – Ti) x 100 / T0, (C0 – Ci) x 100 / C0 et la dose optimale.

NB : Des binômes travailleront avec Al2(SO4)3,18H2O et les autres avec FeCl3. Pour la
comparaison des performances et la rédaction des comptes rendus, utiliser les données de
vos collègues.

- Essai 2
Dans une série de béchers (jar test) :
- Introduire 500 ml de la même eau
- Ajuster le pH à environ 6 à l’aide de la solution d’HCl (ou NaOH)
- Ajouter la dose optimale en coagulant déterminée par le premier essai
- Ajouter, pendant l’étape de floculation, des doses croissantes (entre 0 et 1 mg/l) du
floculant et suivre les mêmes étapes que précédemment. Dans cet essai, les informations
qualitatives sont très importantes.

- Essai 3
Dans une série de béchers (jar test) :
- Introduire 500 ml de la même eau
- Ajuster le pH à environ 6 à l’aide de la solution d’HCl (ou NaOH)
- Ajouter la dose optimale en coagulant déterminée par le premier essai
- Ajouter la même dose (1g/l) en additif (boue, sable, silice, argile, charbon actif)
- Faites les mêmes étapes que précédemment. Pour la détermination de la coloration, si
nécessaire filtrer l’échantillon.
Expression des résultats :

- Essai : 1

N° bêcher 1 2 3 4 5 6
Dose de coagulant
(mg/l)
Turbidité
(NTU)
(T0 – Ti) x 100 / T0
Coloration
(C0 – Ci) x 100 / C0
Masse de boue (mg)

- Essai : 2

N° bêcher 1 2 3 4 5 6
Dose du floculant
(mg/l)
Turbidité (NTU)
(T0 – Ti) x 100 / T0
Coloration
(C0 – Ci) x 100 / C0
Masse de boue (mg)

- Essai : 3

N° bêcher Témoin polymère silice sable argile Charbon


Dose du charbon
actif (mg/l)
Turbidité (NTU)
(T0 – Ti) x 100 / T0
Coloration
(C0 – Ci) x 100 / C0
Questions :

1) Tracer, sur le même graphe, la courbe représentative de l’efficacité du traitement en


fonction de la dose coagulant pour les deux réactifs utilisés
2) Déterminer le taux de traitement et comparer les deux réactifs
3) Discuter l’effet de la coagulation/floculation sur la matière colloïdale et la coloration
4) Pourquoi doit on se placer à un pH voisin de 6, si on veut être plus rigoureux, que doit
on faire?
5) Montrer et discuter l’effet du pH sur la coagulation/floculation
6) Commentez les différences entre la coagulation avec les sels de fer et les sels
d'aluminium
7) Quels sont les critères de choix d'un coagulant
8) Si on veut faire le même essai sur des eaux naturelles destinées pour la potabilisation,
quel serait, à votre avis, le coagulant le plus adéquat? justifier votre réponse.
9) A votre avis, le traitement par coagulation/floculation est –t-il efficace vis-à-vis de
a. La pollution organique dissoute
b. La pollution minérale dissoute (métaux en traces)
c. La pollution azotée
d. La pollution phosphorée
10) Tracer la courbe (T0 – Ti) 100 / T0 et (C0 – Ci) 100 / C0 = f(dose floculant) et
discuter le rôle du floculant
11) Tracer la courbe masse de boue en fonction de la dose du coagulant et du floculant et
commenter
12) Tracer la courbe (T0 – Ti) 100 / T0 et (C0 – Ci) 100 / C0 = f(masse de l'additif) et
discuter le rôle des matériaux utilisés (microsable, charbon actif, boue…) sur la
coagulation/floculation
13) Quel est l’effet du charbon actif sur la matière dissoute
Décoloration des eaux usées industrielles
par adsorption

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

Le but de cette manipulation est la determination de certaines propriétés d’adsorption d’un


charbon actif en poudre (cinétique d’adsorption, surface spécifique en m2/g, taux et type de
mécanisme d’adsorption) qui sont importantes pour optimiser l’élimination des contaminants
organiques peu ou pas biodégradables des eaux usées.

PARTIE THEORIQUE
1. Introduction
L’adsorption est l’un des moyens de traitement mis à la disposition du traiteur d’eau pour
éliminer les matières organiques non biodégradables.
La mise en contact d’une solution aqueuse organique avec la surface d’un solide adsorbant a
pour conséquence, la fixation d’une quantité de moles (na) de la molécule organique.
La capacité d’adsorption ou de fixation que possède un solide dépend :

ü De la surface développée par le solide appelée surface spécifique (m2/g) ;


ü Des concentrations initiale C0 et finale Ce de la molécule organique en
solution ;
ü Du temps de contact (cinétique d’adsorption) entre la solution de la molécule
organique et le solide adsorbant ;
ü De l’affinité de la surface du solide vis à vis de la solution organique

La courbe représentative des variations de la fonction na = f (Ce) à température constante


s’appelle une isotherme d’adsorption

2. Equations couramment utilisées pour représenter les isothermes


· Equation de FREUNDLICH (empirique)

na /mc = K . Ce 1/n et log na /mc = log K + 1/n . logCe


na = n0 – ne nombre de moles de molécules organiques fixées par le charbon
n0 nombre de moles molécules organiques initiales
ne nombre de moles molécules organiques finales
Ce Concentration finale molécules organiques en mole/L
mc Nombre de grammes de charbon
K et n Constantes à température constante (°C)
K Le degré d’affinité entre les molécules organiques en solution et le charbon
1/n a plusieurs signification selon sa valeur :
. si 1/n = 1 : on dit que la molécule organique est dissoute dans le solide
. si 1 á1/n á 10 : on dit que la molécule organique est adsorbée de manière
physique et chimique sur le solide
. si 1/n est proche de 15 : l’adsorption chimique de la molécule organique
par le solide est prépondérante
· Equation de LANGMUIR

L’idée sur laquelle repose la théorie de Langmuir est que la limite d’adsorption atteinte quand
on augmente la concentration, doit correspondre à une saturation de la surface S du charbon,
par le nombre nm mole(s) de la molécule organique :

S = nm . N . sm

nm nombre maximum de mole organique nécessaire pour saturer le solide


(charbon) : mole/gramme
N 6,023 x 10 23 molécules/mole
sm Surface qu’occupe une molécule à saturation du solide : m2/molécule
(déterminée par expérience ou estimée par la formule de BET).
La Formule de BET

sm = 2 √3 . 10 16 ( M ) 2/3
4√2 x N x r

M Masse molaire de la molécule adsorbée en g/mole.


r Masse volumique de la molécule adsorbée en g/cm3 à t (°C) de l’expérience

Le calcul de nm se fait aussi à partir de l’équation de Langmuir :

na / nm = b x Ce ou 1/ na = 1/ nm + 1/ b.nm . 1/ Ce
1 + b x Ce

Coefficient d’adsorption de Langmuir ou constante d’équilibre


b d’adsorption qui reflète l’affinité entre les molécules organiques et le solide
PARTIE EXPERIMENTALE

1- Matériel et réactifs
· Bain marie · Balance
· Agitateur mécanique · Charbon actif
· Thermomètre · Solution du colorant.
· ErlenMeyer 10x100 mL · Pipettes : 5 ; 10, 20et 25 mL
· Fioles jaugées : 2 x 200 et 6 x 100ml · Papier wattman
· Béchers : 6x100 m · 2 Eprouvettes 50 mL
· 2 Entonnoirs en verre avec support
· Colorimètre x x x x x x x x x x
2- Mode opératoire

La concentration du colorant en solution peut être déterminée par mesure de l’ absorbance


A de la solution par un spectrophotomètre à une longueur d’ onde λm correspondante au
maximum d’ adsorption du colorant . Ceci nécessite dans un premier temps l’étalonnage de
l’appareil, c’est-à-dire, de déterminer le domaine de A ou la courbe A=f (C) est une droite.
Celle ci est ensuite utilisée pour déterminer les concentrations inconnues à partir de la mesure
de l’absorbance A des échantillons d’eaux étudiés.

2.1- Etalonnage du colorimètre.

- A partir d’une solution de bleu de méthylène (So) de concentration 200 mg/L, préparer par
dilution dans une fiole de 100 mL des solutions de bleu de méthylène S1, S2, S3, S4, S5 de
concentrations respectives en mg/L : C1 = 150, 100, 80, 50; 10.

- Fixer la longueur d’onde du colorimètre à la valeur λm = 664 nm.

- Réglage de zéro de A0 : remplir une cuve avec de l’eau distillée, et placer la cuve dans le
colorimètre. On note l’absorbance A0 de l’eau. On ramène A0 à 0.

- Déterminer les absorbances A des solutions précédentes : S0, S1, S2, S3, S4, S5

A0 A1 A2 A3 A4 A5

C0 C1 C2 C3 C4 C5

- Tracer la courbe A = f (C); en déduire la pente K de la partie linaire (droite d’étalonnage).


2.2 – Tableaux de mesures des A des solutions de colorant.

50 mL de chaque solution précédente sont placés dans un erlen de 100 ml sec et contenant
la même masse de charbon 100 mg environ. Les Six erlens bouchés sont agités pendant 1
heure à la température ambiante. Après, filtrer les solutions et récupérer les filtrats dans
des erlens secs. La concentration de chaque solution C’ à l’équilibre d’adsorption est
déterminée à partir des absorbances A’ déterminées par le colorimètre .

A’0 A’1 A’2 A’3 A’4 A’5

C’0 C’1 C’2 C’3 C’4 C’5

RESULTATS

1 . Le temps de contact entre le colorant et le charbon est de 1H. Justifier ce choix.

2 . Montrer que : na = (C0 - Ce) . Vsolut /mc

3 .Tableaux des résultats

S0 S1 S2 S3 S4 S5
n0
ne
na
1/ Ce
1/ na

4. Représenter graphiquement :
a. 1/ na = f(1/ Ce)
b. déterminer la pente et l’ordonnée à l’origine de la droite tracée

5. Déterminer nm et b à partir de la droite 1/ na = f (1/ Ce)

6. Calculer le taux d’adsorption du colorant par le charbon actif.

7. Estimer la section d’encombrement sm du bleu de méthylène. Sa masse volumique r= 1.1 g/cm3


et M = 319,86 g/mol.

8. Calculer la surface spécifique (m2/g) du charbon actif.


9. Le charbon actif est l’ adsorbant le plus utilisé dans le domaine de traitement des eaux
industrielles. Est-ce que le charbon que vous avez utilisé présente un intérêt industriel ? Justifier
votre réponse.

10. A partir de l’équation de FREUNDLICH :


a. Représenter log na/mc = f(logCe).
b. Déterminer les constantes K et 1/n.
c. Que peut on conclure sur le mécanisme d’adsorption du colorant sur le charbon.
Dephosphatation d’une eau usée
par Précipitation

Le phosphore est l’un des éléments essentiels à la vie, c’est un élément indispensable à la
croissance des organismes vivants. Il n’est pas en soi un élément dangereux pour
l’environnement. Mais, à partir du moment où les eaux usées en contiennent trop, le
phosphore sous forme de phosphate, favorise sélectivement le développement de certaines
espèces au détriment des autres et l’écosystème meurt d’indigestion.

Les phosphates rejetées dans la nature proviennent surtout :


- des rejets industriels (les effluents d’industries agroalimentaires, d’abattoirs, de
laveries industrielles, d’industries de traitement des surfaces et des industries
chimiques spécialisées,..)
- des rejets agricoles, principalement les engrais
- des rejets domestiques (rejets physiologiques humains, produits de nettoyage,..)

Les phosphates peuvent être éliminés des eaux usées par précipitation chimique à l’aide de
sels de fer, d’aluminium. L’efficacité du traitement dépend de plusieurs facteurs on peut citer
la nature du réactif employé, le rapport molaire, le pH..

Ce TP a pour but la dephosphorisation d’une eau usée par un procédé physico-chimique : la


précipitation chimique.
L’influence de certains facteurs sur le rendement de l’élimination du phosphore sera
examinée :
- la nature de réactif de précipitation : deux réactifs seront utilisés (FeCl3 et Al2(SO4)3,18
H2O).
- l’effet de la variation du rapport molaire Fe/P et Al/P.

Principe
Le traitement du phosphore par voie physico-chimique consiste à précipiter le phosphore
dissous (les orthophosphates, généralement la forme soluble de phosphore prédominante aussi
bien dans les effluents bruts que dans les effluents traités).
La formation du précipité se fait en contact des cations apportés par ajout de réactifs à base de
fer ou d’aluminium. Ensuite la séparation du phosphore particulaire se fait par décantation ou
filtration.

Réactions chimiques mises en jeu


La précipitation des orthophosphates par les sels de fer et d’aluminium conduit à des
phosphates métalliques (AlPO4 et FePO4). La solubilité des précipités obtenus est en fonction
du pH. Le pH optimal pour AlPO4 se situe dans la gamme 5,5-6,5 et pour FePO4dans la
gamme 5-6.
Les réactions chimiques dominantes sont :
2PO43- (aq) + Al2(SO4)3 2AlPO4 + 3SO43-(aq)
PO43- (aq) + FeCl3 FePO4 + 3 Cl- (aq)
Ces réactions permettent de déterminer stoechiométriquement les quantités du réactif
nécessaire, Ainsi une mole de Fe (Al) est nécessaire pour précipiter une mole de P.
En pratique le rapport molaire à appliquer Fe/P (Al/P) est supérieur pour tenir compte des
réactions compétitives qui se font en parallèle de la précipitation. Les ions ferriques ou
aluminiums précipitent en parallèle avec les ions hydroxydes et les ions carbonates de l’eau
pour former des précipités d’hydroxydes de fer ou d’aluminium.
Fe3+ + 3 OH- Fe(OH)3
Fe3+ + 3 HCO3- Fe(OH)3 + 3 CO2
Al3+ + 3 OH- Al(OH)3
Al3+ + 3 HCO3- Al(OH)3 + 3 CO2

Réactifs
· Eau à traiter (environ 100 mg de P/l)
· Réactifs de précipitation : chlorure de fer, sulfate d’alumine
· Réactifs pour le dosage des orthophosphates
- Solution d’acide ascorbique
Acide ascorbique………………………2g
Eau distillée……………………q.s.p 100ml
- Réactif combiné:
500 ml de solution d’acide sulfurique (d=1,84) à 20% environ
50 ml de solution d’émétique ( 0,274g deTartrate double d’antimoine et de potassium
dans 100 ml d’eau distillée)
150 ml de solution de molybdate d’ammonium à 40g/l
- Solution mère étalon à 100 mg/l de phosphore :
phosphate monopotassique desséché au préalable à l’étuve à 100°C……439,4 mg
eau distillée………………………………..………………………q.s.p 100 ml
- Solution fille étalon à 1 mg de phosphore : diluer au 1/100 la solution
précédente avec de l’eau distillée au moment de l’emploi

Mode opératoire :

1- Précipitation des orthophosphates :


Dans une série de béchers de 500 ml, introduire 250 ml d’eau à traiter, ajouter des quantités
croissantes du FeCl3 de telle manière à avoir des rapports molaires entre 1 et 3. ajuster le pH à
environ 6 à l’aide d’une solution de NaOH (ou HCl) . Laisser précipiter puis filtrer le
mélange.
Procéder de la même façon en utilisant le sulfate d’alumine.

2- Dosage des orthophosphates dans l’eau


Principe : En milieu acide et en présence de molybdate d’ammonium, les orthophosphates
donnent un complexe qui, réduit par l’acide ascorbique, développe une coloration bleue
susceptible d’un dosage colorimétriques. Certaines formes organiques pouvant être
hydrolysées au cours de l’établissement de la coloration et donner des orthophosphates, le
développement de la coloration est accélérée par l’utilisation d’un catalyseur, tartrate double
d’antimoine et de potassium.
a- Etalonnage :
Introduire dans une série de tubes de 50ml :

Numéro des tubes T 1 2 3 4 5 6


Solution étalon de P (1mg/l) (ml) 0 1 2 4 6 8 10
Eau bidistillée (ml) 10 9 8 6 4 2 0
Correspondances en mg de P 0 0,1 0,2 0,4 0,6 0,8 1

Introduire dans chaque tube 0,5 ml de solution d’acide ascorbique, agiter, puis ajouter 2 ml de
réactif co6mbiné, mélanger soigneusement, Attendre 30 minutes la stabilisation de la
coloration et e4ffectuer les mesures au spectromètre à la longueur d’onde de 700 ou 800 nm
en cuve de 1 cm.

b- Détermination :
Introduire 0,5 ml d’eau a analyser dans un tube compléter à 10 ml, puis poursuivre comme
pour les solutions étalons.

Expression des résultats


1/ Droite d’étalonnage

Solution étalon
Concentration
Absorbance

2/ Précipitation avec FeCl3

Rapport molaire
Rapport massique
Masse du précipitant
Concentration de P
dans le filtrat (mg/l)
Ci/Co

3/ Précipitation avec Al2(SO4)3,18 H2O)

Rapport molaire
Rapport massique
Masse du précipitant
Concentration de P
dans le filtrat (mg/l)
Ci/Co
Questions :
1/ Tracer la courbe d’étalonnage et calculer la pente de la droite
2/ Déterminer la teneur en phosphore des différents échantillons.
3/ Déterminer la taux d’élimination du phosphore pour les deux précipitants.
4/ Discuter l’influence de la nature du réactif de précipitation employé.
5/ Représenter le rendement d’élimination en fonction du rapport molaire pour chaque réactif
de précipitation.
6/ Quel est l’effet du rapport molaire sur l’efficacité du traitement
ANNEXE

Spectroscopie par absorption de la lumière

Principe :
- Déterminer la concentration d’un élément à doser formant un complexe coloré avec un ou
plusieurs réactifs et donnant une absorption maximum de la lumière à une longueur d’onde
spécifique.
- La concentration de l’élément étant proportionnelle à la coloration donnée
- Le principe d’une mesure d’absorption est de déterminer l’atténuation d’intensité provoquée
sur le faisceau monochromatique de radiations par l’interposition de la substance, il s’agit
donc d’une méthode par différence.

Description du spectrophotomètre (Colorimètre) :

(4)

(2) (3)
(1) (5)

Sortie signal électrique vers


carte électronique

1/ Source de radiation : fournit une puissance constante de rayonnement continu dans le


domaine de longueur d’onde choisi.
La valeur de l’intensité de la source n’intervient pas, il suffit qu’elle soit constante dans le
temps (alimentation stabilisée)

2/ Lentille : permet de focaliser la lumière

3/ Filtre interférentiel / Permet de sélectionner une longueur d’onde spécifique donnant une
absorption maximum pour chaque dosage.

4/ Cuve de mesure : Cellule dans laquelle se trouve la substance absorbante à mesurer.

5/ Cellule photo-électrique : Elle reçoit le faisceau terminal et transforme le rayonnement en


courant électrique dont l’intensité est fonction de l’intensité du rayonnement reçu
Lois d’absorption de la lumière :

Io I

Cuve de mesure cellule photo-électrique

1/ Transmission

I
T = -------
Io
On l’exprime le plus souvent en %
- L’extinction nulle correspond à T = 100%
- L’extinction totale correspond à T = 0

NB : La transmission n’est pas directement proportionnelle à la concentration C de la


substance absorbante.

2/ Densité optique

Loi de Beer lambert

Io
D = Log ------- = εlC
I
ε: Coefficient d’extinction (il varie avec la longueur d’onde λ).
l : épaisseur de la cuve de mesure (trajet optique)
C : concentration de la substance absorbante.

3/ Application de la loi de Ber Lambert


Relation de la densité optique avec la concentration de l’élément à doser

Do

0,5

Cx C

- Courbes différentes pour chaque méthode colorimétriques. On s’arrange toujours


pour travailler dans la partie linéaire de la courbe, c’est à dire d’une façon générale
jusqu’à environ une densité optique de 1.