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Ecole Nationale Supérieure d’Arts et

Métiers (ENSAM)
Cours de Machines Electriques

Les Transformateurs Monophasés

Mr. BOUOULID Badr


Mr. SALHI Mohamed
Mr. LAGRIOUI Ahmed

TC-3A-2020
ENSAM - MEKNES 3°TC

LE TRANSFORMATEUR MONOPHASE EN REGIME SINUSOÏDAL

1. Fonction du Transformateur

Le transformateur monophasé est un convertisseur statique qui convertit un signal alternatif en un


autre signal alternatif de même fréquence, mais de valeur efficace différente.

i1 i2

˜
u1
˜ u2

Remarques:
˜
et sont les valeurs efficaces des deux grandeurs u1 et u2
Si > : Le transformateur est dit abaisseur de tension
Si < : Le transformateur est dit élévateur de tension
Si = : Le transformateur assure la fonction d’isolement (isolation galvanique) entre la source et
la charge.
2. Notations et Symboles :
2.1 Notations
 Primaire : indice 1 ;
 Secondaire : indice 2 ;
 Grandeurs à vide : indice 0 ;
 Grandeurs nominales : indice n ;
 Grandeurs en court-circuit : indice c-c ;
2.2 Symboles :

i1 i2 i1 i2
i1 i2

u1 u2 Ou bien u1 ou bien u1 u2
u2

Plaque signalétique d’un transformateur


La plaque signalétique d’un transformateur porte les indications nominales de celui-ci.

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 puissance apparente 1 kVA


 fréquence d’utilisation 50 Hz ou 60 Hz
Transformateur monophasé  tension primaire 230 V
 tension secondaire 115 V
N°2536H S= 1 kVA IP21  tension court-circuit 2,6 % U1n
PRI. 230/400V 50/60 Hz  indice de protection IP21
 isolation Classe B
SEC. 115 V Ucc = 2,6 %  protection des personnes Classe 1
 norme IEC 989
Cl. 1 Isol.CI.B IEC 989

NOTA : la classe d’un isolant est fonction de sa tenue en température. Les classes les plus utilisées
sont la B et la F pour les matériels courants, et la H pour les transformateurs de puissance.

Classe Température maxi en ° C NOTA :


A 105 I E C =International Electrotechnique
E 120 Comité
B 130
F 155
H 180
C >180

3. Présentation et Constitution
Un transformateur monophasé est constitué de :
 Un circuit magnétique en matériau ferromagnétique doux et feuilleté ;
 Une bobine de N1 spires alimentée par le réseau (Primaire) ;
 Une bobine de N2 spires qui fournit une tension à la charge (Secondaire).
L’appellation primaire-secondaire correspond au sens prévu pour le transfert d’énergie, mais
un transformateur est réversible.

Primaire Secondaire

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 On adopte la convention Récepteur pour le primaire et la convention Générateur pour le


secondaire.

 Lorsque les courants i1 et i2 entrent par les bornes homologues (•), les flux créés par ces
derniers sont additifs.

4. Modélisation du transformateur
4.1 schéma équivalent d’un transformateur monophasé parfait
Un transformateur est dit parfait lorsqu’il ne provoque pendant son fonctionnement
aucune perte d’énergie, ce qui implique la vérification des trois conditions suivantes :
- Il n’y a pas de pertes par effet Joule dans les enroulements primaire et secondaire,
c’est-à-dire qu’on néglige les résistances des enroulements primaire ( )et
secondaire ( ) ;
- Il n’y a pas de pertes par hystérésis et par courants de Foucault (circuit magnétique
parfait).
- Il n’y a pas de fuites magnétiques (toutes les lignes de champ sont canalisées par le
circuit magnétique)
i1 i2

u1 E1 E2 u2

a. Relation entre les tensions et :


Rappel de la loi de Faraday :
Dans tout circuit électrique soumis à une variation de flux magnétique, elle se crée une f.e.m induite

qui a pour expression : = −

Or la f.e.m induite dans la bobine du primaire de spires : = soit = . Φ (1)

La f.e.m induite dans la bobine du secondaire de spires : =− soit =− . Φ (2)

On peut donc en déduire une relation entre et en fonction de et N2

De (1) : Φ= et de (2) : Φ= donc =−

Dans le cas où le transformateur est parfait, on a :


2
= = ⇒ = =− =−
1

s’appelle le rapport de transformation.

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En utilisant les valeurs efficaces, m s’écrit :

= =

b. Relation entre les courants et :

###⃗ = ∑ ( = ℜ. Φ = 0 soit
#⃗ . %&
,
Comme le circuit magnétique est supposé parfait, le théorème d’ampère nous donne :
∮" . + . = 0 soi = − = − ,
En valeurs efficaces, on peut écrire :

= =

c. Théorème de Boucherot :
Soient S : la section droite du circuit magnétique en m2
f : fréquence du courant alimentant les bobines en Hz

/123
Bmax : l’induction magnétique maximale en T

= . 2. -. .. . Φ = . 2. -. .. . /. 0 = . 2. -. .. . .0
√2
/123
De même pour E2

= − . 2. -. .. . Φ = − . 2. -. .. . /. 0 = − . 2. -. .. . .0
√2

= 4.44. /123 . . .. 0 7
Soit

5
= 4.44. /123 . . .. 0
d. Diagramme de Fresnel :
Lorsque l’on branche une charge aux bornes du secondaire d’un transformateur, c’est celle-ci qui va
imposerle courant I2 et donc le courant I1 ainsi que le déphasage 8.

i1 i2

~
Charge
u1 u2 I1

8
Z U1
U2

I2
=− et =−

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e. Relation entre les puissances :

Puissance apparente : 0 = . = . . = =0
:
1

Puissance active (8 = 8 ) : ; = . . cos(8 ) = . . . cos(8 ) = . cos(8 ) = ;


:
1

Puissance réactive :? = . . sin(8 ) =. 0 . sin(8 ) = 0 . sin(8 ) = ?

4.2 Schéma équivalent d’un transformateur monophasé réel :


Rappel : On a vu dans le cours des circuits magnétiques qu’une bobine à noyau de fer de
spires, alimentée par une tension u1peut être modélisée par :
( ( )
& ( ( )
( (
Comme il est démontré, il existe une
2 F
inductance Lm dans laquelle circule un

%(
DE = C1 .
courant réactif i1r (dit courant magnétisant car
F
B ( ) C1 %
il est quasiment proportionnel au flux
magnétique φ) qui est en quadrature arrière
avec la tension E1

( 2 : composante active de i1
( F : composante réactive de i1
Si on couple cette bobine avec une autre non alimentée :

( ( =0

Le modèle est devenu ainsi :

( ( ) (L ( ) = 0 ( ( )=0

(M = ( &
&
(M2 (MF
DE B ( )
B ( ) C1

GHI.J G B
KG .G(

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∶ DéI(I GHT % I H JB & H I K ( G(


Avec :
⎧ ∶ DéI(I GHT % I H JB & H I I TJH%G(

⎪DE ∶ DéI(I GHT K éI H GH & I K I.
& ∶ H%BT GHT % .B( K ( G( 7
⎨ & ∶ H%BT GHT % .B( K ( G(
⎪ C ∶ H%BT GHT GUHé (IGH
⎪ 1
⎩ ∶ GKKJ % GHI.J G (JH

En branchant le transformateur sur une charge Z, le transformateur est régit par les équations

B ( )= .( ( ) + & . + ( ) = . + & . . +
V ( )
suivantes :
ou bien
B ( ) = − .( ( ) − & . + ( ) ou bien =− . − & . . +
V ( )

= ↔ 1= . Φ et =− ↔ 2
= . Φ
Φ
D’où le diagramme de Fresnel suivant :

C . . = ′ + M

. 8 M
MF

M2 8 C . .
. 8

Hypothèse de Kapp : L’hypothèse de Kapp consiste à négliger le courant i0 devant le courant i1, et
donc de considérer que le circuit magnétique est parfait, ce qui donne un nouveau schéma
équivalent du transformateur réel :
( ( ) ( ( )

& &

B ( )
B ( )

GHI.J G B
KG .G(

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a. Modèle équivalent de Kapp ou schéma équivalent vu du secondaire du transformateur :

Le modèle de Kapp a pour but de transformer le modèle ci-haut à un nouveau modèle dit schéma
équivalent du transformateur vu du secondaire comme le montre le schéma suivant :

Φ
CY
DY Y

~ Y ZY .
8 ]^ DY . 8

Soit = Y − DY . − . CY = Y − DY . − ZY

 Détermination des éléments du Modèle de Kapp :

= − . − & . .
= − . − & . . = [ − . − & . . \− . − & . .
= −[ . + . )− ( & . +& . \ .

Or =  = −[ . + . )− ( & . +& . \
= −[ + .) − ( & + & .\ .
= Y − DY − CY . .

⎧ Y =
⎪ DY = + 7
⎨ CY = & + &
Avec :
⎪Z = C . = Z +Z
⎩ Y Y

Rs : La résistance équivalente ramenée au secondaire


Ls : L’inductance de fuite équivalente ramenée au secondaire
Le schéma équivalent du transformateur peut se mettre sous la forme :

( ( ) ( ( )
CY DY

B ( ) Y = . 1 B ( )

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Si l’hypothèse de Kapp n’est pas vérifiée, la résistance DE et l’inductance C1 ne sont plus négligées et
le transformateur peut être modélisé comme suit :

( ( ) (′ ( ) ( ( )

(M CY DY
(M2 (MF
B ( ) = . 1 B ( )
B ( ) DE C1 Y

4.3 Détermination expérimentale des éléments du schéma équivalent du transformateur réel :


a. Essai en courant continu :
But : détermination de r1 et r2.
Mesure de r1 Mesure de r2
On alimente le primaire par une source DC On alimente le primaire par une source
variable, puis on mesure le courant I1 DC variable, puis on mesure le courant
dans l’enroulement primaire. I2 dans l’enroulement primaire.
I1 I2
A A

V u1 u2 V

Valeur de Valeur de Valeur de


u1 I1 r1 Valeur de Valeur de Valeur de
u2 I2 r2
v1 i1 r11=v1/i1
v1 i1 r21=v1/i1
v2 i2 r12=v2/i2
v2 i2 r22=v2/i2
v3 i3 r13=v3/i3
v3 i3 r23=v3/i3

différentes mesures : =
F _F _F `
Puis on calcule la valeur moyenne des

différentes mesures : =
F _F _F `
Puis on calcule la valeur moyenne des
a
a

b. Essai indiciel :
But : détermination des inductances propres L1 et L2.
Voie A On refait la même chose pour
I1
l’enroulement secondaire
Voie B
u u1

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Voie A : tension
Voie B : courant

Imax
0.95.Imax

C
= 3. t = 3.

On mesure le temps de réponse tr, d’où la valeur de L1. La même démarche est utilisée pour
mesurer L2. Notons que, en négligeant les pertes Fer, les inductances propres L1 et L2 sont égales
respectivement à l1 + Lm et l2 + Lm. Si on détermine Lm (voir ci-dessous), on peut alors estimer les
valeurs des inductances de fuite l1 et l2.

c. Essai à vide (à tension primaire nominale U1n)


But : détermination de b, cd et eb
Montage :
I10 Les mesures
w A U10= U1n Tension primaire à vide

~
U20 Tension secondaire à vide
u1 V U10 U20 V2 I10 Courant primaire à vide
P10 Puissance absorbée à vide

=:
: f
Calcul :
 Rapport de transformation
g
:

 La résistance DE : ;M= . + ;EhF ⇒ ;EhF = ; M − . =


: g
M M ij

⇒ DE = k . ≪ ; M d’où : DE =
: g : g
M
f F ., f kf
Or le terme
 L’inductance magnétisante C1 :
On la puissance apparente à vide : 0 = M. = m; M + ? soit ? = m0 −;M = n
: g
M M M M M
o.

⇒ C1 =
p

. m( p. M) −;M
d. Essai en court-circuit :
But : détermination de cq et rq

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A tension d’alimentation uu réduite soit 2%. p ≤ uu ≤ 10% p , on réalise le montage


suivant :
NB : généralement on règle la tension de telle sorte à avoir au secondaire un courant uu égale au
courant nominal p du transformateur. Soit uu = p .

Montage :
P1cc I1cc I2cc Les mesures
i1cc U1cc Tension primaire en court-circuit
w A1 A2
I1cc Courant primaire en court-circuit

~
I2cc Courant secondaire en court-circuit
u1cc V U1cc U20 i2cc P1cc Puissance absorbée en court circuit

En tenant compte du modèle établi dans le paragraphe 4.2 (page 8), le transformateur est équivalent à :

( uu
(′ uu ( uu

(M CY DY
(M2 (MF

uu DE C1 M = . uu

Calcul : (En négligeant (M devant (′ uu )

xY = mDY + ZY =
1.: yy
, yy
Sachant que : ; uu = ;EhFuu + ;uzV{FhY
L’impédance vue du secondaire :

alimentée sous une tension réduite, on peut négligée ;EhFuu % |GH les ;uzV{FhY .
Les pertes fers sont proportionnelles au carrée de la tension primaire et puisque le transformateur est

D’où ; uu ≈ ;uzV{FhY .

Calcul de DY : ; uu = ; = DY . DY = ,
k yy
uu uu donc
yy

Calcul de ZY : xY = mDY + ZY ⇒ ZY = mxY − DY = ~• , yy € − DY


1.:

ZY ZY
yy

CY = =
2-.

e. Essai en charge :

But : calcul du rendement du transformateur


On branche au secondaire du transformateur une charge Résistive, Inductive ou capacitive et on l’alimente
sous une tension primaire nominale.

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e1. Montage avec charge inductive :


I1 i1 I2
i2
A1 A2

~ u1 V U1 U20 Z=Ru+jXu

Le transformateur peut se mettre sous la forme :

( (′ (

(M ZY DY
(M2 (MF Dz

p DE C1 M = . p
Zz

e2. Diagramme de Fresnel

Φ
Axe y

]^
M
Zz .
ZY . 8
ƒ^ Dz .
8 ]^
Axe x

DY . 8

Charge Inductive :

tension et on note 8 = ‰‰ ŠD
Le courant est en arrière par rapport à la

e3 : calcul de la chute de tension

La projection de ]^• sur l’axe x :


(]^• )‚ = ]^ + cq ƒ^ . „…q(8 ) + rq ƒ^ . q†‡(8 )
La projection de ]^• sur l’axe y :
(]^• )ˆ = rq ƒ^ . „…q(8 ) − cq ƒ^ . q†‡(8 )

Or ]^• = ~(]^• )‚ + (]^• )ˆ


^ ^

= m(]^ + cq ƒ^ . „…q(8 ) + rq ƒ^ . q†‡(8 ))^ + (rq ƒ^ . „…q(8 ) − cq ƒ^ . q†‡(8 ))^

Généralement le terme(rq ƒ^ . „…q(8 ) − cq ƒ^ . q†‡(8 ))^ est très inférieur au terme(]^ +

cq ƒ^ . „…q(8 ) + rq ƒ^ . q†‡(8 ))^d’où

]^• = ]^ + cq ƒ^ . „…q(8 ) + rq ƒ^ . q†‡(8 )

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La chute de tension est définie ainsi : ∆]^ = ]^• − ]^

D’où ∆]^ = cq ƒ^ . „…q(8 ) + rq ƒ^ . q†‡(8 )

Et ]^ = b]Œ − ∆]^

e4 : calcul du rendement :
La puissance fournie à la charge est définie par :
•^ = ]^ . ƒ^ . „…q(Ž^ )
La puissance absorbée par le transformateur est donnée par :

•Œ = •^ + • ••‘’•q = •^ + •d•‘ +•“…”••q

•^ ]^ . ƒ^ . „…q(8 )
Et le rendement :
–= =
•^ + •d•‘ +•“…”••q ]^ . ƒ^ . „…q(8 ) + •d•‘ + cq . ƒ^ ^

Remarque 1 :

Dans la plupart des cas, on calcule le rendement pour :


;EhF = ; M : mesurée à vide sous p si l'essai en charge est sous p

;uzV{FhY = ; uu = ; uu : mesurée au cours de l'essai en cc si le courant uu est le même que celui en


charge

•d•‘ = •“…”••q = cq . ƒ^ ^ ( à ]^ et 8 données)


Remarque 2 : Le rendement est maximum lorsque :

100%

; ˜z™hY

;EhF

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Remarque 3 : Dans le cas d’une charge capacitive :

Charge Capacitive:

tension et on note 8 = ‰‰ Šš
Le diagramme de Fresneldevient : Le courant est en avance par rapport à la

Φ ƒ^ Dz .
Axe y

M ZY .
8
Zz .
8 8 ]^
]^
Axe x

DY .

∆]^ = cq ƒ^ . „…q(8 ) − rq ƒ^ . q†‡(8 ) ]^ = b]Œ − ∆]^


Et la chute de tension :
Et

Remarque 4 :Relation Courant-tension secondaires :

∆ <0
Charge Capacitive

M
∆ >0
∆ >0
Charge Résistive

Charge Inductive

Remarque 5 :Bilan de puissance d’un transformateur monophasé :

; = . . cos (8 )

? = . . sin (8 )
/(&GH % ;B(IIGHT ;
;
0 = . .

; = . . cos (8 ) ;.
—=
; ˜z™hY = DY . ;
? = . . sin (8 ) ;EhF = ≈;M
DE
0 = . .

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