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DRAINAGE THORACIQUE

I/- DEFINITION : Vidange continue des épanchements aériens ou liquidiens de


la plèvre
 Drainage médical : Au lit du malade à thorax fermé
 Au cours d’une intervention systématisé sur le thorax ou après ouverture
accidentelle de la plèvre
Le premier type garde un petit côté aveugle et le second est fait sous contrôle
de la vue, mais les bases physiologiques sont les mêmes pour les deux types.
II/- BASES PHYSIOLOGIQUES : Les fonctions pleurales sont :
 Sécrétion
 Résorption
 Fonction macrophagique et immunologique
 Fonction mécanique
1. Sécrétion : Par la plèvre en permanence d’un film liquidien qui
facilite le glissement des 2 feuillets l’un sur l’autre, lors des
mouvements respiratoires, fonction indispensable.
2. Résorption : Par réseau lymphatique sous pleuraux permettant la
disparition des épanchements liquidiens de petit volume, Si volume
important ce système est débordé avec réaction inflammatoire et
fibrose tjs rétractile avec risque d’IR restrictive, Un phénomène latéral
est parfois observé, si hémothorax mal drainé, source de fibrinolyse
locale et autoentretien de l’hémorragie, nécessitant une thoracotomie
et lavage pleural à ciel ouvert.
3. Fonction macrophagique et immunologique : source de réaction
inflammatoire au voisinage du drain,
4. Fonction mécanique :
 Vide pleural constant accolant les 2 feuillets permettant
au poumon de suivre les mouvements respiratoires
 Pressions variables en moyenne de –15 cm de H2O à
l’inspiration à –5 à l’expiration, Il s’ensuit une pénétration
d’air dans la cavité, suivant l’importance de
l’épanchement le poumon se rétracte, réduisant à néant
la fonction respiratoire.  C’est pourquoi le drain doit être
étanche et irréversible
 Lors des efforts de toux, la pression augmente à plus de
50 cm de H2O, cette pression peut servir de moteur à la
vidange pleurale, D’autre part la simple pression de la
colonne liquidienne produite par siphonnage d’un bocal
placé à 60 cm de H2O au-dessous du plan thoracique,
suffit à vider les épanchements.
 A noter la grande sensibilité de la plèvre à l’infection.

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III/- QUALITES DU DRAINAGE : Un drainage doit répondre impérativement à
plusieurs critères ; Il doit être :
 Etanche : sans quoi l’air pénétrera dans la plèvre par des
interstices ou par le drain lui-même !
 Irréversible : Pour interdire toute remontée de liquide ou d’air
 Stérile : Cette notion doit être présente à l’esprit aussi bien
pdt la pose du drain que lors des pansements ou autres
manipulations
 Eventuellement aspiratif : Ne s’applique pas aux drains après
pneumonectomies
IV/- SYSTEME DE DRAINAGE :
A/- LES DRAINS :
1. Drains en caoutchouc :
 Donnent une meilleure et surtout une plus rapide symphyse
locale
 Créent facilement des réactions inflammatoires voire
suppurations au point de pénétration dans le thorax
 Celles-ci sont d’autant plus gênantes
que le drainage est maintenu plus longtemps
2. Drains en polychlorure de vinyl et en silicone : sont beaucoup mieux
tolérés au point de pénétration, ils présentent comme inconvénients de «ne
pas s’exclurent »
3. Caractères particuliers des drains :
 Gradués sur leur longueur (en général en cm)
 Ayant des œillets latéraux
 Opaques aux RX
 NB : Le calibre est exprimé en Charrières(8 graduations Charrières =
1mm)un drain de 24 Charrières =8mm de diamètre extérieur.
4. Les drains –trocart ou trocart cathéter : Présentation unique de tout le
matériel pour drainage en urgence, l’ensemble est constitué par un drain
qui se rétrécit à son extrémité pour épouser la pointe conique d’un trocart
guide en aluminium placé dans la lumière, une boule équipe la partie
proximale du trocart et permet de guider celui-ci dans sa progression.
 Drain de Joly : variante ; plus court et n’existe qu’en petit calibre
 L’usage unique de ces drains facilite leur stockage
B/- RACCORDS : éléments intermédiaires entre drain et tuyau allant aux
bocaux, raccord lisse ou crénelé.
C/- TUYAUX DE RACCORDEMENT : Transparent
D/- BOCAUX : Contenant un liquide stérile (500 à750 ml)
 SENS DU MONTAGE : Est impératif : le tube d’évacuation branché sur le
drain doit plonger dans le liquide, Chaque bocal présente un bouchon
qui laisse passer deux tubes ; tube lié au drain qui est long et un court
tube relié au système aspiratif. L’ensemble constitue la base d’une
aspiration irréversible.
Bocal placé sur le sol plus bas qu’à 60 cm de l’orifice d’entrée du drain
dans le thorax, Lors des efforts inspiratoires violents, la dépression ne
dépasse pas 30 à 40 cm de H2O, on est à l’abri d’un passage de liquide du
bocal vers la plèvre.

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Quand plusieurs drains sont placés sur un même patient, Chacun d’eux
peut être relié séparément ou bien en un seul ; par l’intermédiaire d’un ou
éventuellement de deux raccords en Y.
E/- SYSTEME D’ASPIRATION : Le montage comprend le bocal de réception
et un bocal accessoire annexe ; bocal de sécurité.
Les conditions de fonctionnement du drainage aspiratif :
 En aucun cas, l’aspiration ne doit être branchée directement au drain
thoracique
 Contrôle continu de la dépression ; trop faible elle est inefficace, trop
intense, elle est douloureuse avec risque d’aggravation des fuites
parenchymateuses qui sont fréquentes après exérèses
 Une dépression trop forte aplatit les tuyaux et annule ses propres
effets :
 Gros drain : 50 à 150 cm d’eau
 Petit drain : 300cm d’eau
F/- VALVES ANTI-RETOUR :
 A simple étage ; facilitent le transport et la levée précoce du
malade
 A double étage ; peuvent servir de pompe aspirante lors du
transport du malade.
EN CONCLUSION :
Les drains doivent être de gros calibre
Le montage doit être irréversible, le sens du montage sera
fréquemment surveillé.

V/- DRAINAGE THORACIQUE A THORAX FERME :


A/- RAPPEL ANATOMIQUE :
1. En dehors la peau et les muscles forment une barrière facilement
franchie.
Le plan costal sous-jacent est interrompu par l'EIC ; où passe le paquet
vasculo-nerveux protégé par une gouttière creusée au bord inférieur de
la côte.
Pour ne pas blesser l’artère intercostale lors de la traversée pariétale, il
suffit de garder le contact avec le bord supérieur de la côte inférieure de
l’espace choisi.
2. La plèvre : sac à cavité virtuelle, plaquée en dedans sur le poumon,
latéralement sur les différents éléments pariétaux, et un drain peut
facilement se faufiler entre elle et la paroi.
En dedans le poumon se laisse lui aussi aisément perforer, donc après
traversée de l’EIC ; on prendra bien soin de diriger le drain parallèlement
à la paroi dans la cavité pleurale, Mais surtout, sauf extrême urgence, on
ne placera un drain qu’après avoir vérifier par une RX la réalité de
l’épanchement pleural à drainer.
3. En bas les coupoles diaphragmatiques : représentent une limite
mouvante suivant les phases respiratoires
l’aspect classique en inspiration forcée fait croire qu’elles se trouvent
au-dessous des mamelons
En fait en expiration forcée et dans de nombreux cas pathologiques la
coupole remonte au-dessus du mamelon ; expliquant ainsi la blessure
du foie à droite, de la rate et de l’estomac à gche

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La règle est donc en pratique courante de ne pas ponctionner ou placer
un drain au-dessous de la ligne mamelonnaire.
4. Les éléments dangereux en dedans et en haut ne sont pas le cœur ou
les gros vaisseaux mais les vaisseaux sous-claviers et mammaires
internes.
En fait tous les éléments dangereux se trouvent en dedans ou au-
dessous du mamelon, Si donc on trace une croix ; branche verticale et
horizontale passant par le mamelon, on s’aperçoit que seul le cadran
supéro-externe est exempt des rapports dangereux.
Le point de ponction proposé est situé :
 Sur la ligne axillaire antérieure
 Au bord postérieur du muscle grand pectoral
 Au-dessus du mamelon.
Ce point se trouve généralement dans le quatrième espace
intercostal
B/- Le drainage est un acte chirurgical ; la plus grande asepsie est
indispensable
1. Matériel : emballé en une double enveloppe stérile avec
 bistouri
 porte aiguille
 seringue étanche et aiguille pour anesthésie locale
 deux pinces type KOCHER pour clamper le drain
 aiguille de fil serti
 aiguille triangulaire
 jeu de trocart
 Eventuellement ; compresses stériles, paire de gants et champs
perforé
 drains, tuyaux de siphonnage et raccords prêts à l’usage
2. installation du malade
 DD, couché ou demi-assis
 Bras du côté à drainer maintenue derrière la tête pour bien dégager la
ligne axillaire moyenne
 Rasage et asepsie soigneuse de la région qui est protégée par un champ
perforé
 Anesthésie locale ; large peau d’orange puis progression oblique en
infiltrant chaque plan jusqu’à atteindre la cavité pleurale, aiguille bute
en général sur la côte et on rase alors son bord supérieur en infiltrant le
périoste, muscles intercostaux, tissus sous-pleuraux puis la plèvre
pariétale
 Sitôt la plèvre perforée on perçoit un e moindre résistance au niveau du
piston de la seringue, A cet instant deux gestes sont nécessaires :
 On repère par l’aiguille l’épaisseur de la paroi
thoracique
 On aspire avec la seringue, faire la preuve
irréfutable de la réalité de l’épanchement recherché
 Si on draine un pneumothorax ; de grosses bulles d’air doivent
être aspirées aisément.
 Si on drain un hémothorax ; plusieurs cc de sang pvt être
aisément aspirés

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 Mais si on retire avec difficultés quelques cc d’air ou de sang
aéré, c’est que l’aiguille est dans le poumon et il vaut mieux
rechercher un autre point de ponction après nouvel examen
radiologique.
 Après cela : incision de la peau et du tissu sous-cutané par bistouri
froid, 1 à 2cm juste assez pour que le drain ou trocart pénètrent à
frottement doux.
3. Drain trocart(drain cathéter) :
 On saisit le drain monté à deux mains
 Main droite tient le pommeau : pousse le drain
 Main gche : garde-fou ; son index repère l’épaisseur pariétale
mesurée précédemment
 Avec une force certaine mais retenue on traverse la paroi thoracique,
des mouvements de vrille du poignet facilitent cette pénétration, lors
de ce temps le drain fait avec la paroi un angle de 60° environ, l’EIC
franchi, l’obliquité doit être modifiée, le trocart est rapproché de la
paroi afin que l’extrémité intra-pleurale regarde vers l’apex et non
pas vers le médiastin
 On fait alors glisser le drain sur le mandrin, jusqu’à ce que le dernier
trou soit dans la cavité pleurale, le mandrin est retiré est le drain est
clampé
4. Drain de MONOD  : Pour pénétrer une seule main suffit, l’index sert encore
de garde-fou
 Après traversée de l’espace
 De la main dte, on retire le mandrin pdt que le pouce gche obstrue
l’orifice du trocart
 Après clampage du drain près de son extrémité proximale, il est
introduit dans le trocart
 Au cours de cette manœuvre l’air est bruyamment aspiré, il faut
attendre à ce que un flot inonde le lit ou le tablier de l’opérateur si
c’est un hémothorax
 A ce stade le trocart de MONOD est tjs en place pour l’enlever ; il faut
disposer d’une seconde pince
 On vérifie tout d’abord que la première est placée à une distance de
la paroi supérieure à la longueur du trocart
 Ce trocart est retiré
 Dés que son extrémité distale sort de la peau, la seconde pince
clampe le drain en dedans de cette extrémité
 La première pince est retirée, on enlève le trocart, on adapte le
raccord puis le tuyau relié au bocal
 Fixation du drain par :
 Procédé simple de fil en U passé aux angles de l’incision ; une
double boucle serrée assure l’étanchéité pariétale
 Le reste du fil est lacé autour du drain, la double boucle servira
à fermer l’orifice cutané lors de l’ablation du drain.
 Le drain peut être déclampé : pour éviter une trop brutale dépression
intrathoracique et une attraction du médiastin gênante et
douloureuse ; on laisse le drain en siphonnage plusieurs minutes
avant de le brancher à l’aspiration.

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 Réglage de la pression d’aspiration : Se fait avant le branchement du
tuyau relié au système d’aspiration, cette opération sera faite chaque
fois qu’une dépression trop forte est constatée sur le mouvement
après le branchement
C/- INCIDENTS :
 Drain inefficace car dans la paroi : intérêt de la RX post opératoire
 Lésions exceptionnelles des vaisseaux intercostaux : pvt conduire à une
thoracotomie pour ligature vasculaire
 Drain butant dans le médiastin ou caillot obstruant la lumière
 CAT :
 Retirer aseptiquement un drain trop enfoncé
 Essayer avec une seringue stérile de décailloter en aspirant
vigoureusement un drain bouché
 GESTES PROSCRITS :
 Enfoncer un drain (partiellement dans la paroi)
 Injecter un liquide même stérile dans un drain pour tenter de le
déboucher
 EN PRATIQUE : Un drain mal placé doit être retiré et remplacé.
D/- INDICATIONS :
 Epanchements idiopathiques ; aériens sanglants ou mixtes
 Pleurésies sérofibrineuses ou purulents(le drain est dans ces cas le
premier temps du lavage pleural)
 Plaies pénétrantes ou traumatismes thoraciques ; indication majorée
si blessé intubé et ventilé
 Polytraumatisé avec épanchement thoracique qui doit subir une
intervention extrathoracique, on évitera ainsi la survenue d’un
épanchement compressif.
E/- LIMITES ET CONTRE-INDICATIONS :
 Epanchements cloisonnés
 Hémothorax ancien cailloté et presque tjs infecté ; qui est une
indication d’une évacuation thoracique à ciel ouvert après toilette
pleurale et éventuelle décortication,
Les risques infectieux sont minimisés et les séquelles pleurales
beaucoup moins invalidantes.

VI/- DRAINAGE PLEURAL A THORAX OUVERT :


A/- BUTS :
 Retour instantané du poumon à la paroi
 Evacuation permanente des épanchements postopératoires
 Restauration dés la fin de l’intervention d’une mécanique
ventilatoire normale
 faciliter la cicatrisation des sites opératoires
 prévenir les séquelles d’un épanchement liquidien
 Le drainage d’une cavité de pneumonectomie a pour but à court terme
d’éviter les déplacements médiastinaux.

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B/- GENERALITES :
 L’importance du pneumothorax dépend peu de la taille de la brèche
pariétale mais :
 De l’état de la plèvre ; absente ou partielle, s’il existe une
symphyse pleurale
 Des conditions de la ventilation per-opératoire
 Si ventilation spontanée : la pression intra-pleurale est tjs < la
pression atmosphérique ; si ouverture pleurale large, il y a
entrée massive d’air avec risque de détresse respiratoire
immédiate, si l’ouverture pleurale est minime l’entrée d’air est
progressive, pvt s’accompagner de bruits de succion
caractéristiques qui précédent la gêne respiratoire, mais la
détresse est exceptionnelle.
 Si malade intubé : et ventilé ; l’effraction pleurale n’est tjs
évidente avec PNO discret, pvt être important et mal toléré, la
mise en pression positive permanente peut éviter ce PNO ou
l’évacuer en gonflant le poumon.
 Le drainage pleural peut assurer un rôle triple :
 Restauration de la mécanique ventilatoire normale ; en
ramenant le poumon à la paroi dés la fin de l’intervention
et en l’y maintenant
 Facilite la cicatrisation du site opératoire en accolant le
poumon aux surfaces cruentées
 Prévient les risques infectieux et les séquelles d’un
épanchement postopératoire.
C/- BASES PHYSIOPATHOLOGIQUES ET ANATOMIQUES  :
1. PHYSIOPATHOLOGIE :
 L’air plus léger que le poumon, s’accumule au point le plus élevé ; au
sommet chez les sujets assis et en antérieur chez les sujets couchés,
donc le drainage des épanchements gazeux se fera par un drain en
situation antérieure et supérieure.
 Les liquides plus lourds, se collectent à la base ; sur le diaphragme chez
les sujets assis et en arrière dans la gouttière paravertébrale chez les
sujets couchés, donc on drainera ces épanchements avec un drain
postérieur et inférieur.
2. ANATOMIE :
 La coupole diaphragmatique remonte en expiration jusqu’au 4EIC
antérieur ; les orifices des drains postérieurs doivent au voisinage du
plan diaphragmatique (7 EIC sur la LAM 8 EIC sur la LAP) pour éviter
l’exclusion du drain postérieur et les séquelles induites par les
adhérences du diaphragme.
 Il existe dans la région axillaire moyenne, une zone privilégiée, dans
cette région triangulaire à sommet axillaire ; limitée en avant par le
grand pectoral et en arrière par le grand dorsal et le grill costal n’est
séparé de la peau que par le grand dentelé, C’est dans cette région que
le drain sera le mieux toléré ; car sa traversée pariétale respectera la
mécanique de l’épaule

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3. DRAINS CHIRURGICAUX : dont les critères sont :
 Assez rigide pour ne pas se collaber sous forte aspiration
 Assez souple pour ne pas être trop agressifs pour la paroi et les
viscères
 Son épaisseur ne doit pas être trop grande afin que le diamètre utile
soit suffisant
 Son diamètre extérieur lui permet de traverser la paroi sans contraintes
 Le même type de drain doit être utilisé pour l’air et les liquides
4. EN PRATIQUE :
 Drains utilisés : aspect d’un segment de tubule de filière externe 28 à32
pour l’adulte et de 18 à 28 pour l’enfant, de 50 cm de longueur avec
œillets latéraux toutes les 3 cm environ
 Pose du drain : par petite contre-incision légèrement < au diamètre du
drain avec mise en place d’un fil d’attente en U
 Tunnelisation pariétale de dehors en dedans guidée par la main
endothoracique ; à laide d’une pince longue ou par le drain lui-même si
son extrémité est rigide
 Mise en place et maintien éventuel du drain
 Branchement du drain au système d’aspiration dés le début de la
fermeture pariétale, clampage du drain antérieur temporairement
 L’anesthésiste réinsuffle deux fois le poumon :
 La première fois en position latérale
 La seconde fois après remise en position de DD.

D/- INDICATIONS :
1. GENERALES :
 Thoracotomie sans effraction pulmonaire : drain postérieur et inférieur
suffit
 Thoracotomie avec effraction pulmonaire : deux drains sont mis ; l’un
antéro-supérieur et l’autre postéro-inférieur
2. CAS PARTICULIERS :
 Utilisation d’un troisième drain : Si lavage pleural continu ; Ce drain est mis
au niveau du 3 EIC en avant et descend dans le cul de sac antérieur.
 Drainage électif :
 Suture trachéale ou bronchique précaire, une fuite gazeuse située à
distance du drain (telle que cavité capitonnée)
 Perforation œsophagienne : un assez gros drain est mis au contact
de la réparation, en situation déclive ; facilitant l’accolement du
poumon et permettant l’organisation de la fistule secondaire
éventuelle
 Drainage pleural controlatéral : Cas d’ouverture accidentelle ou
délibérée de la cavité pleurale opposée ; mise en place d’un drain
souple transmédiastinal
 Drainages associés :
 Thoracique : Cas de décollements pariétaux importants ; un drain
pariétal complémentaire sera svt utilisé.
 Abdominal : thoraco-phréno-laparotomie ; un drain abdominal sera
associé, la suture diaphragmatique doit être étanche.
 Cervical : Cervicosternotomie ; drain facultatif

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 DRAINAGE DES PNEUMONECTOMIES :
Un drain peut être laissé dans la cavité pleurale c’est un drain liquide, doit
demeuré fermé en permanence et ne jamais être branché à un système
d’aspiration ; vu le risque de l’arrêt cardiaque par attraction du médiastin vers
la paroi, Lorsque la quantité de liquide deviendra trop importante on ouvre le
drain pour permettre l’évacuation de ce liquide, on peut ouvrir ces drains
systématiquement matin et soir
 DRAINAGE DES THORACOTOMIES ITERATIVES : Les drains doivent être
changer ; en utilisant les mêmes orifices dans les 48 heures, au-delà de ce
délai on utilisera d’autres trajets en fermant les premiers.
3. DRAINAGE DES OUVERTURES PLEURALES ACCIDENTELLES  :
 Effraction pleurale :
 Si chirurgie extrathoracique(pariétale ou médiastinale) le problème
est simple :
 Si ouverture reconnue : drainage pleural
 Si ouverture méconnue : surveillance radiologique
postopératoire
 Chirurgie des confins thoraciques : problème plus difficile :
 Ouverture méconnue : surveillance postopératoire et si
risque (chirurgie de la première côte, de la fente de
LARREY, chirurgie du hiatus et chirurgie lombaire)
l’épanchement n’est évident que tardivement.
 Si l’effraction est reconnue : la CAT dépend de
l’importance et du caractère septique ou aseptique de
l’intervention  et quatre éventualités se présentent :
 Effraction minime et chirurgie aseptique : exsufflation
 Effraction minime et chirurgie septique : drainage est
souhaitable
 Effraction large avec chirurgie septique ou
aseptique : drainage systématique
E/- COMPLICATIONS :
1. Lors de la pose du drain : Hémorragie des vaisseaux intercostaux ;
exceptionnelles si drain correctement mis
CAT :
 ablation du drain, mise en place d’un autre drain
 hémostase directe par un point en X
 si nécessaire ligature du pédicule vasculaire
2. Pdt le drainage :
 Trajet :
 Fuite liquidienne : le long du drain à partir de la cavité pleurale
CAT : Parfaire le drainage liquidien, si nécessaire en retirant légèrement
le drain et assurer l’occlusion cutanée temporaire en serrant le point en
U
 Infection : Retirer le drain avec pansement à plat et drainage à
distance
 Emphysème sous-cutané : Parfaire le drainage gazeux en retirant
légèrement le drain antérieur, pansement compressif de la
thoracotomie, drainer par pleurotomie une poche résiduelle du
sommet.

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 Cavité pleurale :
 Caillotage : Réintervention.
 Epanchement résiduel et drain en apparence exclu : retirer le drain
de qlqs cm et tenter de le rendre de nouveau perméable en écrasant
le tubule à plusieurs reprises «traite du drain », Si malgré cela il
demeure exclu ; ablation du drain et drainer par pleurotomie
antérieure un épanchement gazeux, ponction ou drainage par voie
axillaire ou postérieure un épanchement liquidien.
 Suppuration : Parfaire le drainage avec éventuel lavage par
pleurotomie complémentaire s’il existe une poche pleurale.
 Viscères intrathoraciques :
 Fuites gazeuses : persistante parfois entretenue par le trajet du drain
qui mis au contact d’une effraction parenchymateuse périphérique ;
l’empêche de cicatriser.
CAT : mobiliser l drain et réduire puis augmenter l’aspiration, enlever le
drain après le dixième jour en laissant l’orifice de drainage ouvert, si la
RX ne montre pas de poche pleurale résiduelle.
 Fistule digestive : Certains chirurgiens viscéraux préfèrent drainer
au bocal sans aspiration

3. A l’ablation du drain : Rentrée d’air, vérifier le décollement par RX. Drainage


itératif éventuel.
4. Après ablation du drain :
 Poche pleurale secondaire : drainage itératif par pleurotomie
 Symphyse costo-diaphragmatique : facilité par la situation de l’orifice
d’entrée du drain au sommet de la coupole, rançon du drainage, de la
parésie postopératoire du diaphragme et des dépôts fibrineux, doit
être prévenue par une rééducation diaphragmatique précoce et
prolongée.

F/- SURVEILLANCE :
 Courbe des pertes quotidiennes ou parfois horaires, il faut surtout
veiller à l’étanchéité du système et constater sa perméabilité :
 Etanchéité : se recherche à la vue et par pince, et rechercher les
pertes pulmonaires au niveau de la paroi ; en pinçant l’orifice cutané
et rechercher les fuites au niveau du bocal ou des tuyaux.
 Perméabilité : Se vérifie par la remise en siphonnage (à condition que
le tuyau ne soit pas lui-même bouché) si drain perméable on
constate des oscillations de la colonne liquidienne lors des
mouvements respiratoires ; ces oscillations sont amplifiées par les
secousses de toux.
 Changement des bocaux : Quotidien

G/- ABLATION DU DRAIN : Lorsque le drainage a atteint sont but ou qu’il soit
devenu inefficace ; il faut l’enlever :
 Quand il ne bulle plus depuis 24 heures !
 Lorsque les pertes liquidiennes journalières sont inférieures à 100 cc

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 Il est plus prudent de pratiquer une épreuve de clampage de 24 à 48
heures et de vérifier par un cliché que l’épanchement n’a pas
récidiver
Ablation se fait de façon aseptique et sous forte aspiration

VII/- CONCLUSION :
Le drainage pleural est un geste actuellement parfaitement codifié, a insister
sur quelques points :
 Sauf urgence, contrôle radiologique préalable
 Repérage soigneux du point d’introduction
 Succession de gestes dans l’ordre
 Contrôle radiologique après mise en place
 Surveillance clinique au moins quotidienne
 Surveillance radiologique régulière.

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