de Lavallaz Pierre Délétroz Raphy

Ecublens, le 24 mai 1994

CHROMATOGRAPHIE

0. Tables des matières

1. Introduction

p. 2

2. Notions générales de chromatographie

p. 2

3. Chromatographie ionique de déplacement 3.1. Partie théorique 3.2. Partie expérimentale 3.3. Discussion des résultats p. 7 p. 7 p. 5

4. Chromatographie d'adsorption 4.1. Partie théorique 4.2. Partie expérimentale 4.3. Discussion des résultats p. 8 p. 9 p. 8

5. Chromatographie ionique sur colonne (HPLC) 5.1. Partie théorique 5.2. Partie expérimentale 5.3. Discussion des résultats p. 12 p. 13 p. 12

6. Conclusions générales

p. 13

7. Bibliographie

p. 14

sur capillaire..). alcool.. La phase mobile La phase mobile. la chromatographie était née. hydrocarbures. etc. en 1906. En général. dite éluant.. n-hexane. Le processus chromatographique est le résultat d'adsorptions et de désorptions répétées lors de la traversée de la phase mobile à travers la phase stationnaire.). silice)).apolaire : par exemple. Elle ne se limite plus à de la séparation liquide sur colonne... GC. avec fluides surcritiques. peut elle aussi être polaire ou apolaire. rempli de carbonate de calcium. elle se décline de toutes les manières : HPLC. on utilise en général une phase stationnaire polaire (gel de silice) avec une phase mobile apolaire (ex. alumine.la chromatographie ionique de déplacement . plus les pics du chromatogramme sont étroits et distincts.. eau... et l'éluant polaire (ex. résines échangeuses d'ions. Il s'aperçut que son tube de verre. .la chromatographie d'adsorption . La chromatographie par échange d'ions se fait avec une phase mobile constituée par un tampon aqueux dont le pH et la polarité peuvent être réglés pour modifier les temps d'élution. alors que les grosses particules donnent des pics avec une allure plus "gaussienne" et plus rapprochés. . Introduction C'est totalement par hasard que.. THF. Elle peut être : . Quelquefois cependant. avec toutes les variations de phases stationnaire et mobile que cela implique. Les 3 aspects de cette technique que nous nous proposons de mieux cerner sont : . Depuis. Notions générales de chromatographie La chromatographie est avant tout une méthode physique de séparation dans laquelle les composants à séparer sont répartis entre deux phases. la séparation obtenue est due aux différences de temps de passage entre les différents composés de la solution. le botaniste russe Tswett inventa la chromatographie en voulant filtrer des pigments végétaux. CCM. séparait différents composants de ses pigments qu'il put alors récupérer séparément. Et c'est pourquoi la chromatographie est à l'heure actuelle la meilleure technique de séparation et un des "must" en chimie analytique. Dans la chromatographie d'adsorption.2 1. La taille et le tassement des ces derniers dans une colonne (granulométrie) ont une très grande importance sur le résultat final.la chromatographie ionique sur colonne (HPLC) 2. on observe que plus les particules sont petites et serrées dans la colonne. etc..polaire : par exemple. l'une d'entre elles est constituée par un lit de matériau stationnaire. les particules ont une taille allant de cinq à une soixantaine de microns. on fait appel à la chromatographie à polarité de phases inversée : la phase stationnaire est apolaire. la chromatographie a fait de gigantesques progrès. au travers duquel s'infiltre la deuxième phase mobile. La phase stationnaire La phase stationnaire peut beaucoup varier. gel de silice. On la trouve généralement sous forme de "grains" (parfois de gel (ex.

qui permet de séparer des composés de différente polarité (séparation). -OH. le but même de la chromatographie est de jouer sur toutes les interactions possibles entre les trois éléments (on remarquera que la chromatographie liquide se distingue de la chromatographie gazeuse qui n'inclut pas d'interactions entre le soluté et la phase mobile (gaz vecteur inerte)). Les interactions Les interactions possibles sont extrêmement nombreuses et ne sont. ..B. On l'utilise avec un éluant de polarité à peu près égale ou légèrement inférieure que celle du soluté. N. les phénomènes de surface sèment décidément la discorde parmi les scientifiques ! Attardons-nous un peu sur les différents facteurs qui peuvent influencer les temps de rétention de différents composés. qu'il occupe s'il est libre (front inférieur) ou déloge s'il est déjà occupé (milieu de bande). L'élution . comme (par affinités d'adsorption croissantes) -CH3 . phase mobile et phase stationnaire.le courant de la phase mobile finit par décrocher le soluté ( ésorption) qui "vogue" jusqu'au prochain d groupemement hydroxyle. -F. -NH2 . -NO2 .l'O nucléophile du groupement hydroxyle fixe assez volontiers un site électrophile du soluté (adsorption) . à l'heure actuelle...3 La chromatographie d'adsorption (on écarte les résines ioniques) repose sur une règle cruciale : il ne doit pas y avoir de réactions chimiques entre soluté. 1) Le facteur le plus important est probablement l'existence dans la phase stationnaire de groupements polaires. Les produits d'arrivée sont les produits de départ ! Par contre. Citons le gel de silice Si-OH. pas totalement bien comprises. On peut greffer différents groupes fonctionnels autres que OH sur le Si.

Nous nous y attarderons au chapitre 5. forces de Debey et forces de London. l'O du groupement hydroxyle : doté d'une charge partielle négative ( -). . Ces forces peuvent jouer un grand rôle : on peut remarquer. sont fabuleuses ! Ces notions établies. Ces équilibres répétés tout le long de la colonne peuvent être modélisés par la notion de "plateaux théoriques" (on imagine la colonne constituée par de nombreuses "tranches" (plateaux) où s'établit chaque fois un équilibre). La hauteur des pics (ou mieux. Ces adsorptions-désorptions répétées sont régies en général par des lois d'équilibre : les composés du soluté se séparent entre la phase mobile et la phase stationnaire selon un équilibre : A mobile ⇔ A stationnaire On définit ainsi un "coefficient de partage" k = [A stationnaire] / [A mobile]. nous pouvons revenir à des considérations un peu plus "macroscopiques" ! Allure du chromatogramme Les composés qui sortent les uns après les autres peuvent être récupérés sur un détecteur qui peut tracer le chromatogramme. 3) Les résines échangeuses d'ions poussent en quelque sorte ces interactions au maximum. à ce niveau. plus le composé a d'affinité avec la phase stationnaire et plus son temps de rétention est grand. Le nombre de ces derniers varie de quelques centaines pour les colonnes simples. il peut facilement interagir avec la partie δ+ éventuelle du soluté. plus k est grand. puisqu'elles n'hésitent pas à échanger certains de leurs ions contre d'autres. Ainsi donc. comme exemple. on voit comment ces différentes interactions peuvent modifier le temps de passage des différents composés du soluté (les composés les plus retenus sortent en dernier).4 2) Outre l'activité des groupements hydroxyles. Ce sont des forces de type électrostatique entre les différents dipôles (permanents (Keesom) ou induits (Debey. il faut aussi compter sur la participation de forces de Van der Waals (forces de Keesom. et jusqu'à des centaines de milliers avec des capillaires ! Les séparations. sur lesquelles nous ne nous attardons pas). London)). Nous δ étudierons un peu plus en détail ce phénomène dans le chapitre 4. à quelques milliers pour la chromatographie gazeuse. leur aire) est proportionnelle à la concentration du composé.

-CH2 -NR2 ). Chromatographie ionique de déplacement 3. -SO3 -.. Partie théorique Nous développons ici un type particulier de chromatographie : les résines échangeuses d'ions. -CH2 -NR3 +. comme des polystyrènes) capables d'échanger des ions contre d'autres selon leur affinité pour la résine. et qui échange très volontiers ses protons contre des cations métalliques. se référer aux ouvrages spécialisés : la littérature ne manque pas !). 3. puisqu'elle ne nous servira à rien pour les manipulations à suivre. nous ne nous étalerons pas ici. On rappellera succinctement le principe d'une telle résine (pour des détails. On établit alors de nombreuses formules mathématiques à partir de ces chromatogrammes.).. -COO-. Ces résines peuvent échanger des cations (ex.1. largeur de pic. càd le temps "minimal" qu'il faut à l'éluant pour traverser la colonne ... Citons la résine très utilisée que nous avons d'ailleurs utilisée pour notre manipulation : la résine sulfonate qui.. et il est totalement inutile d'en parler ici. Ces résines ont la particularité de posséder des groupements fonctionnels (en général fixés sur une structure organique. initialement. càd le temps total depuis l'injection pour qu'il sorte en bas de colonne .tM est le temps d'élution de la phase mobile.5 . La théorie devient vite compliquée.tM) De nombreuses autres variables peuvent être définies (volume de rétention.) ou des anions (ex.tR est le temps de rétention d'un composé. . càd le temps qu'il passe réellement adsorbé (= t R .tR' est le temps de rétention réduit du composé. est sous forme d'acide sulfonique. On rajoutera enfin que de nos jours les chromatographes sont toujours (sauf à l'UNI !) accompagnés d'intégrateurs qui intègrent immédiatement l'aire sous les pics..

le complexe anionique [MG3 ]. On utilise alors des réactions de complexation pour faire la différence.est décomposé au contact de la résine acide : [MG3 ].+ NH4 + + M2+ .+ NH4 + + 2 H+ → 2 GH + G.+ NH4 + + 2 NH4 + . les ions ont des affinités trop semblables pour pouvoir les séparer sur des colonnes de grandeur raisonnable (on ne veut pas une colonne de 2 km !). déplace peu à peu les cations dans la colonne et permet leur séparation. On citera le "zwitterion" possible (selon le pH) avec ce composé : Le pH est ajusté de façon suffisamment basique pour être en présence de l'anion glycinate (aminoacétate) H2 NCH2 -COO. . il s'établit un équilibre entre les différents complexes (qui peuvent alors circuler librement) : MII2+ + [M IG3 ]⇔ MI2+ + [M IIG3 ]- cet équilibre est déplacé dans le sens du complexe le plus stable . par la règle d'équilibre. il y a désorption des cations M2+ emprisonnés dans la résine par formation d'anions complexes qui peuvent alors circuler librement (la résine ne capte pas les anions) : 3 NH4 + + 3 G+ M2+ ⇔ [MG3 ].dans la zone contenant les ions M 2+ des différents métaux.au front inférieur de la zone. Souvent. Ni2+ et Cu 2+.6 L'échange est régi par un équilibre : M + + H+ SO3 ⇔ H+ + M+ SO3 ( = dans la résine) L'affinité pour la résine varie donc d'un cation à l'autre : ainsi K+ < Ca 2+ < Al3+ (densité de charges -). et H+ + < K+.: G-). C'est justement ce cas de figure auquel nous avons affaire. qui ont une affinité semblable pour la résine sulfonique utilis ée.au front supérieur. Voir Brunisholz p. L'éluant est une solution de glycinate d'ammonium H2 N-CH2 -COO-NH4 +. Nous voulons séparer en une seule fois les trois cations Co 2+. < Na L'éluant est un acide qui.200-204 pour les détails.

inutile de préciser que ceci est une approximation "sans scrupule" ! 3. La "traversée" de la colonne est très lente.272.9 mg Co 2+ . 100-200 Mesh). En plus de la séparation. qui nous avait cependant causé des problèmes lors de la mise en place et l'introduction de la prise (donc..0428 M composé Cobalt (rouge) Nickel (vert) Cuivre (bleu) En mg dans le ballon 100 ml : 3.3. On utilise une solution étalon composée de : . puis rouge(Co).Ni2+ 0. de très nombreuses sources potentielles d'erreurs. On utilise donc deux très longues et fines colonnes (qu'on suppose être de même diamètre). mise en garde contre les résultats.008 M 0.008 M .008 M . le sont-elles exactement ?.05 cm 0. Bref..on a supposé les deux colonnes de même diamètre.5 ml. sauf la nôtre. . Partie expérimentale Voir les détails d'appareillage dans le Brunisholz p.0 mg Cu 2+ 0..15 cm 0.nous avons eu des problèmes au début de notre expérience.7 Ainsi. le composé qui forme les complexes les plus stables passe le plus clair de son temps sous forme anionique. on peut mettre en rapport la longeur de la bande avec la concentration du ion. lors du contrôle matinal. elles étaient toutes "vides".).80 cm 1. Discussion des résultats On fera tout d'abord remarquer que les concentrations calculées sont totalement approximatives : comment en effet distinguer clairement le début et la fin de chaque bande ? De plus..85 cm 2.008 M 0. Grâce à la solution étalon. même sous légère pression. on peut établir le tableau suivant : Solution standard longueur moyenne concentration 1.. . et donc déterminer cette dernière d'une solution inconnue en comparaison d'une solution étalon connue. .143.le tassement de la résine n'est pas exactement le même dans les deux colonnes. donc méfiance envers les résultats ! ..200-204. les colonnes ont été abandonnées pendant toute la nuit.008 M La prise est de 2.008 M Solution inconnue longueur moyenne concentration 2. On met donc en rapport la longeur de chaque bande avec la concentration de l'élément.127. qu'on remplit avec une résine sulfonique (Dowex 50 W X 8. verte (Ni). C'est donc le Cu 2+ qui forme les complexes les plus stables.Cu 2+ 0. et traverse donc le plus facilement la résine.0245 M 0.Co 2+ 0.45 cm 6. La même prise est faite avec la solution inconnue (aussi à partir d'un ballon 100 ml).2. Les 3 bandes se suivent dans l'ordre suivant : bleue (Cu).0217 M 0.15 cm .8 mg Ni2+ .

Partie expérimentale Voir feuille "Chromatographie d'adsorption" pour plus de détails.(incolore) . La bande jaune du dichromate reste immobile en sommet de colonne. et on utilise alors H2 SO4 2 M pour qu'il se décide à descendre. Les deux titrages se résument dans le tableau suivant : MnO4 essai 1 essai 2 moyenne 7.1 ml Cr2 O7 278.8 Comme dernière remarque.5 M. Il nous faut rappeler qu'on obtient l'alumine (Al2 O3 ) par déshydratation des hydroxydes d'Al à basse température (~450°C). Chromatographie d'adsorption 4. Le permanganate et le dichromate sont ensuite titrés par Na 2 S2 O3 0. 4. On remarque cependant à la fin que m ême une élution prolongée ne peut redonner sa blancheur originelle à la colonne : un peu de dichromate est indélogeable. Toutes ces formes ont de nombreuses opportunités d'interactions avec des molécules polaires comme MnO4 .+ 8 H+ 2 S2 O3 2. après adjonction de KI en excès. Faisons tout de même remarquer que ce procédé de changement d'éluant est très courant en chromatographie de séparation (très souvent aussi. c'est aussi elles qui fournissent la plupart du temps l'eau désionisée de nos laboratoires (traitement sur une résine cationique/anionique mixte).+ 2 I. on augmente graduellement la concentration de l'éluant.9 ml 7. Partie théorique Quittons un moment les résines échangeuses d'ions pour revenir à une phase stationnaire non réactive. L'élution se fait d'abord avec HNO3 0. ce qui déplace différents composés).7 ml 81.+ I2 → → Mn 2+ + 5/2 I2 + 4H2 O S4 O6 2.15 ml Réaction du MnO4 KI en excès : Na 2 S2 O3 : MnO4 .2.+ 5 I. On utilise ainsi souvent le gel de silice (cf chapitre 2).3 ml 6.5 M : elle permet d'éluer le permanganate.01 M. 4. Le permanganate (bande violette) est élué tout d'abord avec HNO3 0.6 ml 80.et Cr2 O7 2-. il faut alors avoir recours à H2 SO4 2 M pour éluer ce dernier. Cette alumine a plusieurs formes d'hydratation allant de AlO-OH à Al(OH)3 . nous tenterons d'expliquer pourquoi dans le paragraphe "discussion des résultats". en plus des nombreuses qualités de séparation qu'elles offrent. mais ne parvient pas à déplacer le dichromate. Les deux essais sont faits avec une prise de 20 ml de solution inconnue (à partir d'un ballon 100 ml).1. on rappellera l'utilité des résines échangeuses d'ions. ou l'alumine : c'est cette dernière que nous utiliserons pour séparer un mélange de permanganate (MnO4 -) et de dichromate (Cr2 O7 2-).

Cet O. mais beaucoup plus.pour 1 Cr2 O7 20. on dira que le titrage du dichromate est un vrai exercice d'équilibriste : y'a pas intérêt à être daltonien pour espérer voir le virage bleu/vert . dû assurément aux pertes pendant la chromatographie. ayant une forte densité de charges négatives. Discussion des résultats Avant toute chose..pour 1 MnO4 0. ! A voir ces chiffres. 1) le plus évident est donné par l'interaction des O δ. On peut voir dans l'alumine deux "sites d'attache" pour un composé polaire. on se dit quand même que la molarité de Na 2 S2 O3 ne devait pas être 0.+ 6I. particulièrement pour le Cr (colonne encore jaune).9 mg Mn dans le ballon de 100 ml (ou 7.9 Le bilan final est : 5 S2 O3 2. mais comme on dit.91 Quand on titre directement les deux produits. vraiment ridiculement petit. Ce qui suit n'est bien qu'une tentative d'explication. heureusement.. malheureusement. la phase stationnaire et le soluté.7 = 8.vert/bleu ! A part le titrage.1E-4 M) Réaction du Cr2 O7 2KI en excès : Na 2 S2 O3 : Le bilan final est : Cr2 O7 2.+ I2 → → 2 Cr3+ + 3 I2 + 7 H2 O S4 O6 2.01 M ⇒ 0.9/34.13358 mmol Cr2 O7 20. Donc.68E-3 M) Le rapport Cr/Mn est donc : 3. on trouve en gros les mêmes chiffres légèrement supérieurs. peut attirer des cations très δ+ comme Mn ou Cr.Al(OH)3 ).1 ml Na 2 S2 O3 0.071 mmol MnO4 pour 20 ml pour 100 ml 7. Examinons tout d'abord les interactions possibles entre l'alumine et les solutés.des groupes hydroxyles de l'alumine (sous sa forme hydratée. le rapport Cr/Mn reste inchangé. pas très important. AlO-OH. 4.+ 14H+ 2 S2 O3 2.071 mmol Na 2 S2 O3 ⇒ Donc 3.+ 2 I- 6 S2 O3 2. nous allons maintenant essayer de trouver pourquoi HNO3 n'arrive pas à éluer le dichromate et pourquoi il faut recourir à H2 SO4 pour le faire. elle est peut-être totalement fausse.0142 mmol MnO4 0.01 M ⇒ 0. c'est la participation qui compte ! Elle a du moins le mérite de faire voir certaines interactions possibles entre la phase mobile.3.01 M.8015 mmol Na 2 S2 O3 ⇒ Donc 34. dont on rappelle ici la structure : . prière de ne pas regarder les concentrations et les mg.7 mg Cr dans le ballon de 100 ml (ou 6. mon collègue titreur ne sait plus quelle solution il a utilisée.15 ml Na 2 S2 O3 0.6679 mmol Cr2 O7 2pour 20 ml pour 100 ml 80.

et Cr2 O7 2-. 2) On peut aussi voir une réactivité chez Al2 O3 déshydratée. De même pour le Cr. les deux Al n'ont pas une configuration fermée (à 8 électrons de valence) : ils prennent donc un caractère électrophile.10 L'interaction peut donc être : On voit déjà le gros avantage pour le Cr : il peut "s'attacher" à deux groupes hydroxyles. OH-Cr). Que se passe-t-il maintenant avec les éluants acides ? 1) Les protons libérés peuvent affaiblir la liaison OH-Mn (resp. de nouveau. et provoquer la désorption du cation métallique : . en effet. on remarque qu'une molécule de dichromate peut s'attacher sur deux Al en même temps (avec 2 O). et donc on peut se dire qu'il sera plus difficile de l'y déloger. qui pourrait bien être satisfait par les O nucléophiles de MnO4 .

5 M descend dans la colonne... est un adversaire bien plus coriace. il a la force d'arracher Mn7+. mais Cr2+.11 Même raison sur Al2 O3 déshydratée. 2) On peut imaginer que la base conjuguée de l'acide aide aux désorptions. On utilise alors un acide diprotique et de plus grande concentration (H2 SO4 2 M) : . attaché en tout cas à deux endroits. aussi grâce à une interaction électrostatique : et pour le dichromate : On peut conclure ainsi : Quand HNO3 0.

. elle a au moins le mérite de tenir debout.La plus grande quantité d'H+ a plus de chances d'affaiblir les interactions. L'élution se fait avec l'acide phtalique HOOC .. il est le moins retenu et sort donc le premier.Mais surtout : Pour détacher un dichromate.COOH (pKa 1 = 4.).+NR3 -CH2 ⇔ Y. viennent ensuite respectivement les NO3 . le dichromate reste toujours attaché par l'un de ses Cr.a l'opportunité d'arracher en même temps les deux Cr. elle permet des analyses très fines en des temps remarquablement courts. il est vrai que si toutes les interactions ci-dessus agissent simultanément. il faudrait 2 molécules d'HNO3 qui attaquent en même temps les deux Cr pour les détacher. il faut détacher ses deux Cr en même temps . le dichromate s'incruste définitivement dans la résine ! Voilà donc une belle tentative d'explication : quel que soit le verdict.(CH2 )5 . Partie théorique La chromatographie ionique sur colonne (HPLC : High Performance Liquid Chromatography) est un peu l'aboutissement de la chromatographie liquide : en remplaçant la gravité et la pression atmosphérique par de hautes pressions (facilement autour de 100 bars.59) qui permet de déplacer les anions. Le dernier pic est dit "pic système" : on suppose que c'est comme si la colonne "crachait" tout ce qui restait (à vérifier. avec d'autres constantes d'équilibre. Chromatographie ionique sur colonne (HPLC) 5.et les SO4 2-. NB : les premiers pics "fous" du chromatogramme sont dits les pics d'injection : ce sont tous les ions (partic.47. On utilise pour cela le chromatographe ionique décrit dans le polycopié "Chromatographie ionique sur colonne" et une colonne remplie d'une résine fixeuse d'anions de forme ammonium-quaternaire. Le système interne du chromatographe marche selon ce schéma : . Partie expérimentale Voir le polycopié "Chromatographie ionique sur colonne" pour plus de détails. Notre manipulation consistera à séparer les chlorures (Cl-).a la constante de partage la plus faible (tellement faible que ce ce type de résine est souvent régénérée avec des chlorures).. Nous ne reviendrons pas sur la théorie des résines échangeuses d'ions (cf chapitre 3).2. pka 2 = 5. sinon. cations) qui n'ont pas été retenus dans la colonne (et arrivent tous en même temps sur le détecteur).+ Cl . Les équilibres sont : Cl. Il a donc beaucoup plus de chances de déloger le dichromate.+NR3 -CH2 - Idem pour les nitrates et sulfates. 5. nitrates (NO3 -) et sulfates (SO4 2-) de différentes eaux et d'en analyser les concentrations. En fin de colonne est placé un détecteur qui mesure la conductivité électrique de la solution (variant selon la concentration de l'anion) et permet de tracer le chromatogramme caractéristique.+ Y. jusqu'à 450 bars !). H2 SO4 a beaucoup plus de chances : le groupement SO4 2. Comme le Cl.12 .1. On remarquera cependant que certaines molécules de dichromates restent attachées définitivement. 5. Statistiquement. Elle démontre en tout cas la finesse et la difficulté des phénomènes de surface.

il a fallu donc faire un nouveau standard avec une sensibilité moindre.0000 ppm 13.8824 ppm 11.8 cm 1.0000 ppm 10.9 cm 6.1034 ppm 9.7769 ppm hteur NO3 7.9138 ppm 5.l'eau du Lac contient relativement pas mal aussi de chlorures (heureusement.10 ppm Puis. On suppose ensuite que la concentration est proportionnelle à la hauteur du pic (vrai si le pic est symétrique).4675 ppm 7.7647 ppm 10.8 cm 15.SO4 2.2 cm 11.2078 ppm 3.1 cm 16. ce qui permet de déterminer les différentes concentrations.0000 ppm 6.10 ppm .8 cm 2.8 cm dépassé dépassé 16. ces derniers sont en effet produits principalement par les engrais. .NO3 .9628 ppm ? ? 6. Les résultats sont résumés dans le tableau suivant (graphes en dernière page) : Eaux standard robinet de la Sorge du Lac Evian hteur Cl12.5 cm conc Cl5.0000 ppm 2. Discussion des résultats On remarque que : .7 cm 1.7 cm 1.1169 ppm hteur SO4 21.13 On fait une courbe d'étalonnage avec les concentrations suivantes : .4 cm conc NO3 10.l'eau de la Sorge contient beaucoup de chlorures et passablement de nitrates.3.1765 ppm Pour l'eau de la Sorge et celle du Lac.0 cm 1. c'est pas encore la mer morte !) .7 cm 2. les chlorures étaient trop importants.7922 ppm 2.9 cm conc SO4 210. Eaux standard de la Sorge du Lac hteur Cl5. on passe toutes les solutions à analyser (nettoyage à l'eau désionisée avant chaque analyse).0 cm 1.4 cm conc Cl5.5882 ppm 11.Cl5 ppm .

nous pouvons rajouter. Il n'empêche qu'on peut parfois émettre des réserves quant à la rapidité et l'aspect quantitatif limité de la chromatographie.M."La chromatographie et ses applications". On ajoutera que la mise en place d'une colonne est assez délicate.).. et de donner des résultats spectaculaires. A. Skoog/West . Ettre/R. A. Braithwaite/F. J. Prof Brunisholz . est-ce une valeur due à un produit de solubilité particulier des sulfates dans toutes les eaux naturelles ? En dehors de ces analyses.J.Précis d'analyse quantitative.Polycopié "Chromatographie ionique sur colonne" . Berthillier . qu'il est très aisé d'utilisation.S. Conclusions géné rales Plusieurs remarques peuvent être faites sur la chromatographie : C'est actuellement la meilleure méthode de séparation connue.H. pour avoir nous-mêmes eu le privilège d'utiliser cet appareil. Yost/L. propre. Conlon .Chimie général. Prof Roulet .Feuille "Chromatographie d'adsorption" .. 7. qui a encore une longue vie devant elle.93 ."Pratique de la chromatographie liquide". R. J."High-performance liquid chromatography". vol. la chromatographie gazeuse en particulier permet d'analyser des composés extrêmement compliqués (très nombreuses substances). enfin de la chimie facile et agréable ! 6. et que la mesure visuelle des longeurs des bandes est assez hasardeuse."Chromatography : concepts and contrasts". comparé par exemple à celui d'une distillation fractionnée. La chromatographie prend alors tout son intéret. La chromatographie est donc une méthode fiable.D. Ces désagréments disparaissent heureusement avec un appareillage moderne.W. Smith . cette dernière ne permet d'ailleurs pas de séparer des produits thermosensibles."Chemical analysis".les sulfates sont partout à la concentration ~10 ppm."Analytical chemistry". Knox . d'autant plus que son coût par analyse reste modéré (l'appareil est tout de même assez cher à l'achat. avec des quantités d'analyse infimes. Miller .14 . Bibliographie ."Chromatographic Methods".

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