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Généralités sur le droit de la concurrence

Sommaire :
Introduction

Partie I : Le droit de la concurrence…………………………………………………………………………………… 3

1-Définition du droit de la concurrence………………………………………………………………………………3

2-Evolution historique du droit de la concurrence………………………………………………………………4

a- La concurrence et la libre concurrence dans le droit marocain………………………….……4


b- Le conseil de la concurrence…………………………………………………………………..………………5
c- La concurrence déloyale dans le droit et l’économie islamique…………………….…..……9

Partie II : La politique de la concurrence ……………………………………………………………………..……10

1-Qu’est-ce que la politique de concurrence ……………………………………………………………….……10

2-Dans quelle mesure est-elle une politique industrielle ? ………………………………….…….………10

3-Comparaison entre les américains les européen et les marocains …………………….…….....…12

a- Accord entre firmes………………………………………………………………………………….….………12


b- Position dominante et abus de position dominante………………………………….….………14
c- Contrôle de concentration ………………………………………………………………………….……...16

Partie III : La concurrence et le marché marocain ……………………………………………………………18

1-Notion du marché ………………………………………………………………………………………….….…………18

2-Les différents types de marché en économie…………………………………………………………………18

a- Le monopole……………………………………………………………………………………….……….………19
b- L'oligopole…………………………………………………………………………………………………..………19
c- La concurrence monopolistique………………………………………………………………….….……19
d- La concurrence parfaite………………………………………………………………….……………………19

3-Fonctionnement du Marché économique au Maroc……………………………………….……….……20

4-Concurrence interne……………………………………………………………………………………….……………21

a- Activité en force concurrence ………………………………………………………….………….………21


b- Les activités en manque de concurrence ………………………………………….…………………22
c- Les pratiques anti- concurrentielles ……………………………………………….………….…….…23

5-Concurrence externe……………………………………………………………………………….………..…………23

Conclusion

Bibliographie

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Généralités sur le droit de la concurrence

Introduction

L’exercice des activités commerciales et économiques en général se réalise dans un


environnement juridique marqué par les principes de la liberté du commerce et de la
concurrence. Cet aspect essentiel du droit commercial général doit être abordé en dépassant
le paradoxe qui peut résulter de ce que l’affirmation du principe de liberté paraît menacé par
le volume de réglementation destinée à encadrer cette liberté. En réalité, il faut considérer
qu’il s’agit là du moyen d’en assurer la protection

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Partie I : Le droit de la concurrence


1- Définition du droit de la concurrence

Le droit de la concurrence est l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre les
entreprises et le fonctionnement du marché. Il protège la libre concurrence en réprimant les
pratiques contraires aux usages honnêtes du commerce, les coalitions illicites et les abus de
position dominante. Il garantit la liberté du commerce et l’industrie qui habilite tous ceux qui
désirent de développer une activité économique de leur choix. Il garantit également la libre
confrontation entre les opérateurs économiques.

Le droit de la concurrence a donc pour le but le maintien d’une concurrence effective sur le
marché.

Le champ d’application du droit de la concurrence :

Marché : La théorie économique préconise le marché en tant que mode de répartition des
biens et services. Ce marché permet la maximisation du bien-être collectif malgré les
tentations égoïstes auxquelles chaque acteur économique est soumis. En confrontant l’offre à
la demande, un équilibre s’établit par la « main invisible » qui assure une allocation optimale
des ressources disponibles. En effet, les demandeurs peuvent faire jouer la concurrence entre
les offrants de manière à ce que ceux-ci soient obligés d’offrir des biens et produits à des prix
et à une qualité concurrentielle sous peine d’être évincés du marché. Cette organisation
permet par ailleurs d’inciter à la recherche et au développement.
Pour que ce marché puisse fonctionner, certaines conditions doivent être remplies à savoir :

 Les biens et services offerts sur le marché doivent être homogènes.


 Les consommateurs doivent disposer de toutes les informations

Entreprise : entité qui exerce une activité économique. Juridiquement autonome a pour
objectif de produire des biens et des services pour le marché.

Ce que recherche le droit de la concurrence moderne, c’est l’efficacité économique. Il va


limiter les concentrations de pouvoir entre plusieurs entreprises (sorte de monopole collectif)
ou bien les monopoles détenus par une seule entreprise. En effet, lorsqu’une entreprise est
seule sur le marché ou bien que plusieurs opérateurs économiques se concertent pour
adopter une même ligne de conduite concurrentielle, il y a immanquablement une hausse des
prix, une augmentation de son ou de leur surplus et une baisse du surplus des
consommateurs.

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2- Evolution historique du droit de la concurrence


Aux États-Unis :

L’histoire du droit de la concurrence commence véritablement aux États-Unis avec la


promulgation du Sherman Act en 1890. De nombreux travaux ont permis d’éclairer les
origines de cette première loi fédérale de l’antitrust Américain (voir Thorelli, 1954, Chandler,
1977, Scherer, 1990 et 2000, Stigler,
1982, Toinet et al., 1989 et Kempf, 1992).

En 1914 l’adoption de la deuxième loi fédérale Clayton Act (1914)


En matière de politique de la concurrence, les Etats-Unis font figure de pionnier : la politique
antitrust voit le jour au niveau fédéral en juillet 1890 avec l’adoption du « Sherman act ». Ce
texte législatif est relatif aux comportements d’entente et de position dominante est né dans
un contexte historique très particulier car le continent américain est marqué à la fin du XIX
siècle par la concentration industrielle donnant naissance à de véritables géants dans les
secteurs tels que les pétroles, la sidérurgie ou l’industrie électrique1

En France :

Le même mouvement se produisit beaucoup plus tard en France puisqu’il fallut attendre le
décret du 09 Aout 1953 pour voir apparaitre un premier dispositif, encore très limité, de
maintien et de rétablissement de la concurrence.2

Avant 1791 le système économique était corporatiste, donc dépourvu de toute concurrence.
Le 02 et 17 mars 1791 la publication de décret Allarde (principe de liberté du commerce et de
l’industrie).
La loi de Chapelier du 14 et 17 juin 1791 (fin des corporations).
En 1982, le libre échange
En 1986, le principe de la liberté des prix est devenu un principe juridique.

a- la concurrence et la libre concurrence dans le droit marocain :


La concurrence se définit comme la compétition économique qui se joue sur un même marché
pour atteindre une fin économique déterminée.3
La concurrence est la loi du commerce. Les agents économiques peuvent utiliser tous
procédés pour attirer ou retenir la clientèle qui est l’élément essentiel du fonds de commerce.

La libre concurrence est un principe général du droit. Elle constitue une application
particulière d’un autre grand principe : celui de la liberté du commerce et de l’industrie, tant il

1
Emmanuel Gombe, la politique de la concurrence ED la découverte, Paris, 2002 P61
2
CHAMPAUD C., les sources du droit de la concurrence, Etudes Houin, Paris, 1985, P61
3
Mohammed EL MERNISSI, « le conseil de la concurrence organe de régulation de la concurrence », revue
marocaine de droit et d’économie de développement, N°49, 2004, page249.

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est vrai que la concurrence n’est concevable que si les agents économiques peuvent
développer librement leurs activités.4

Champ d’application de la loi 06-99 :

L’article 2 alinéa 1er dispose : « cette loi s’applique à toutes les activités de production, de
distribution et de services ».
 Au niveau des pratiques anticoncurrentielles :
En application de l’article 6 et 7 de la loi 06-99, certains accords peuvent constituer des
pratiques anticoncurrentielles.

L’article 6 et 7 loi 06-99 prohibe toutes les actions concertées, conventions, ententes ou
coalitions expresses ou tacites qui ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de
restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché notamment lorsqu’elles
tendent à limiter l’accès au marché ou limiter ou contrôler la production, répartir les marchés
ou les sources d’approvisionnement…

L’article 7 interdit expressément les pratiques anticoncurrentielles, la loi prohibe l’exploitation


abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises d’une situation de dépendance
économique dans laquelle se trouve un client ou un fournisseur ne disposant d’aucune autre
alternative. La loi prévoit une liste de ces pratiques : refus de vente, ventes liées…5
 Au niveau des pratiques restrictives :
La loi prohibe ces pratiques en interdisant le prix de revente imposé, les ventes liées, les
conditions de vente discriminatoires, le refus de satisfaire aux demandes des acheteurs de
produits ou aux demandes de prestations de services.

 Au niveau du contrôle préventif des opérations de concentration :


La loi permet le contrôle de ces opérations dans le secteur de la distribution en application de
la notion de concentration. La notion d’influence déterminante permet d’appréhender sous
l’angle du contrôle des concentrations toutes les formes modernes d’intégration contractuelle
de sous-traitance, de franchise. Le contrôle peut donc viser toute opération qui permet de
placer une ou plusieurs entreprises sous la dépendance d’un autre même en l’absence d’un
lien capitalistique

b- Le conseil de la concurrence

Les lois préparant les transitions au Maroc dans la cadre du passage de l’économie planifiée à
l’économie libérale.

1- Loi n° 1997-13 relative aux regroupements d’intérêt économique.

4
Ibid.
5
Mohamed Hicham BOUAYAD, « les objectifs de la politique de la concurrence entre les flux de la pensée
théorique et les considérations de pragmatisme économique », la lettre d’information du conseil de la
concurrence marocain, MOUNAFASSA, N°4, mai 2010, page 04.

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2- Loi n° 1997-17 du 15 février 2000 relative à la protection de la propriété industrielle.


3- Dahir n° 1-97-84 du 23 kaada 1417 (2 avril 1997) portant promulgation de la loi relative à
l’organisation de la région.
4- La loi n° 23-13 modifiant et complétant la loi 17-97 relative à la protection de la propriété
industrielle promulguée par le dahir n° 1.14.188 du 27 moharram 1436 (21 novembre 2014).
5- Dahir n° 1-97-65 du chaoual 1417 (12 Février 97) portant promulgation de la loi 53-95
instituant des juridictions de commerce.

La présentation du conseil de la concurrence impose d’abord de situer son rôle dans le cadre
de la politique économique et sociale du Maroc. Plus que jamais et plus particulièrement lors
de la dernière décennie, le Maroc aspire à mieux se positionner en tant que pays émergent au
sein d’un monde aux mutations infinies. Manifestement, il a progressé dans cette voie parce
qu’il est devenu conscient des impératifs d’ancrage à la globalisation des économies, donc des
défis de la mondialisation et de ses répercussions sur les plans stratégique, politique et
organisationnel.6
Le Maroc reste en fait fidèle aux principes et fondements de l’économie de marché, ce qu’il a
toujours mis en évidence tout en veillant à la nécessité de la réguler et de la moraliser.

C’est dans ce cadre qu’il convient de situer l’activation du rôle du conseil de la concurrence à
partir du 20 Aout 2008, sachant que si la loi 06-99 concernant la liberté des prix et la
concurrence a été mise en œuvre depuis le début de l’année 2001, le volet le concernant est
resté sans application réelle jusqu’à l’installation de ses membres par le premier Ministre en
janvier 2009 Maintenant que le Maroc dispose d’un conseil de la concurrence, précisons que
la loi 06-99 confère au conseil la mission de contribuer à la régulation de la gouvernance
économique.

La législation a créé un conseil de concurrence qui a des attributions consultatives afin de


donner des avis, des conseils ou des recommandations en matière de pratiques
anticoncurrentielles.

Il est à signaler que la quasi-totalité des autorités de la concurrence, de par le monde, a une
position d’instances décisionnelles. C’est pour cela que le conseil de la concurrence du Maroc,
tout en accomplissant sa tâche dans le cadre de la loi en vigueur, recommande aux autorités
de tutelle la mise en harmonie des prérogatives et attributions du conseil avec les normes
internationales en le faisant passer du statut de conseil à celui d’une autorité indépendante,
décisionnelle et bénéficiant du droit d’auto-saisine et d’enquête ( Dahir du 30juin 2014
portant promulgation de la loi 20-13 relative au conseil de la concurrence).

6
Mohammed EL MERNISSI, op.cit., pages 250-251.

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Elargissement du champ d’intervention du conseil de la concurrence

 De nouveaux cas de saisine du Conseil de la concurrence

Le Conseil de la concurrence est désormais en mesure de s’autosaisir de toutes les questions


affectant la concurrence au Maroc.
Outre les chambres professionnelles, le Gouvernement et les collectivités locales, les
entreprises sont désormais habilitées à saisir directement le Conseil de la concurrence afin
que celui statue sur des pratiques anticoncurrentielles.

Elles ne sont plus dépendantes de l’assentiment de leurs concurrents pour que les chambres
professionnelles saisissent le Conseil de la concurrence.

 Une nouvelle pratique anticoncurrentielle per se, l’interdiction des prix abusivement
bas

A l’instar du droit français et européen de la concurrence, la pratique de prix abusivement bas


de produits ou de services vendus aux consommateurs n’est plus uniquement sanctionnée en
cas de position dominante d’une entreprise mais devient une infraction en tant que telle dès
lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d'éliminer à terme
un marché, ou d'empêcher d'accéder à un marché, une entreprise ou l'un de ses produits.

 Les personnes publiques ayant des activités économiques soumises aux mêmes
règles de la concurrence que les personnes privées

Les personnes publiques assurant une mission de service public à caractère économique ne
sont plus exclues du champ d’application de la régulation : elles sont expressément soumises
à la loi n°104-13 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

 Prise en compte de nouveaux paramètres économiques

De nouveaux critères pourront justifier l’obligation de notifier un projet de concentration au


Conseil de la concurrence : en plus du seuil de notification de 40% de part de marché réalisé
par les entreprises parties à l'opération, le dépassement d’un seuil réglementaire du chiffre
d’affaires mondial ou national des parties à une opération de concentration peut être pris en
considération.

Par ailleurs, les accords d’importance mineure (règle dite de minimis) qui ne restreignent pas
sensiblement le jeu de la concurrence, notamment les accords entre les PME, sont exclus du
contrôle des pratiques anticoncurrentielles. Les seuils fixant ces accords d'importance
mineure seront précisés par les textes réglementaires d’application en attente de publication.

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Nouveaux pouvoirs conférés au conseil de la concurrence

 Trois pouvoirs : pouvoir décisionnel, pouvoir d’enquête et pouvoir de sanction

L’ensemble du nouveau fonctionnement du Conseil de la concurrence a pour objectif de


pallier les écueils constatés lorsque cette institution n’était qu’un organe consultatif.

Le Conseil de la Concurrence dispose dorénavant également d’un véritable pouvoir


décisionnel en matière de concentrations et de pratiques anticoncurrentielles (ententes
anticoncurrentielles et abus de position dominante, pratiques de prix abusivement bas).
Outre le pouvoir d’instruire, le Conseil de la concurrence peut mener des enquêtes
concernant les pratiques anticoncurrentielles et le contrôle des opérations de concentration
économique.

A ce sujet, on rappellera quelques faits évoqués dans le rapport annuel du Conseil de la


concurrence de l’année 2013. Ce dernier avait relevé de forts indices d’ententes et sollicité
des services administratifs compétents (Direction des Prix et de la Concurrence) pour
enquêter sous autorisation judiciaire. Ces demandes étaient restées sans suite.

Enfin, le Conseil de la concurrence est dorénavant habilité à prendre des mesures


conservatoires et à prononcer des sanctions pécuniaires pouvant représenter jusqu’à 10% du
chiffre d’affaires mondial ou national de l'entreprise contrevenante (ou des parties
impliquées).

On observe qu’en vertu de ces nouvelles attributions, le contrôle des concentrations tel qu’il
avait été opéré dans le cas du projet de fusion des cimentiers Lafarge et Holcim notamment,
ne relève plus désormais de la seule appréciation du chef du gouvernement.

On rappelle qu’à l’époque où la décision du chef du gouvernement a été prise d’autoriser la


fusion, les décrets d’application des lois 114-12 et 20-13, conférant de nouvelles attributions
au Conseil de la concurrence, n’étaient pas publiés et que pour cette raison ce nouveau
dispositif légal n’était pas entré en vigueur.

 Le maintien définitif du principe du contrôle des prix pour certains services et


produits

La réforme a passé sous silence l’aspect temporaire du maintien de la liste de produits et


services dont les prix sont réglementés par l’Administration après consultation du Conseil de
la concurrence. Pourtant, la loi n°06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence avait
été amendée en vue de limiter à quatre ans l’établissement d’une liste de produits et de
services dont les prix seraient réglementés.

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Généralités sur le droit de la concurrence

 Le pouvoir de recommander à l’Administration des mesures d’amélioration de la


concurrence sur le marché

Le Conseil de la concurrence est en mesure de donner son avis ou entreprendre toute étude
concernant la concurrence et surtout, de recommander à l’Administration de mettre en
œuvre les mesures nécessaires à l’ouverture des monopoles de fait ou de droit à la
concurrence.

c- La concurrence déloyale dans le droit et l’économie islamique

La question de la concurrence déloyale n’est pas directement traitée par le droit islamique, il
s’attache surtout aux relations entre le commerçant et le client, en posant différents principes
directeurs (Interdiction de la fraude, interdiction de la tromperie, loyauté de la relation
contractuelle et respect de la parole) la finance islamique n’appréhende pas non plus
directement les questions liées aux rapports concurrentiels.

Les différents postulats qui fondent l’économie et la finance islamique permettent de mettre
en avant leur pleine compatibilité avec le théorie de la concurrence déloyale ainsi, et au
même titre que les système économique capitalistes, le système musulman promeut le libre-
échange et les pleine liberté du commerce encadré par le principe de protection de les
propriété et d’interdiction de l’appropriation sans cause légitime de ce qui appartient à autrui
qui implique l’interdiction de l’usure et de la spéculation.

Le droit marocain vient interdire la concurrence déloyale tout en consacrant la liberté des prix
et du commerce (dahir n° 1-00-225 du 2 rabii I 1421 portant promulgation de la loi 06-99 sur
la liberté des prix et de la concurrence BO, 6 juillet 2000) dans ce cadre, l’art 184 de le loi 17-
97 relative à la protection de la propriété industrielle interdit la concurrence déloyale dans les
termes suivant :

Dahir n°1-00-19 du 9 kaada 1420 (15 Février 2000) portant promulgation de la loi n° 17-97
relative à la production de la propriété industrielle.

« Constitue un acte de concurrence déloyale tout acte de concurrence contraire aux usages en
matière industrielle ou commerciale » sont notamment interdits :

1-tous faits quelconques de nature à créer une confusion par n’importe quel moyen avec
l’établissement, les produits, activités industrielles ou commerciales d’un concurrent.

2-Les allégations fausses dans l’exercice du commerce de nature à discréditer l’établissement,


les produits ou l’activité industrielle ou commerciale d’un concurrent.

3-Les indications ou allégations dont l’usager dans l’exercice commerce est susceptible
d’induire le public en erreur sur la nature, le mode de la fabrication les caractéristiques,
l’aptitude à l’emploi ou la quantité des marchandises.

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Généralités sur le droit de la concurrence

Apparait alors que dans l’absolu, le système musulman ce n’est pas excessivement éloigné du
droit occidental et l’économie conventionnelle.

Partie II : La politique de la concurrence


1 – Qu’est-ce que la politique de concurrence
La politique de la concurrence est une politique inspirée par l’économie et appartient au
politiques économique, c’est l’ensemble des objectifs réalisés par les pouvoir publics et
économique afin de lutter contre un phénomène qui touche à la concurrence économique.
Donc c’est un processus permanant par lequel les entreprises sur un marché essayent de
prendre l’avantage sur leurs concurrents. Sauf que dans certains cas qui vont parvenir à
prendre le dessus sur leurs concurrents le font avec des moyens injustifiables par exemple
lorsque deux entreprises décident de fixer les prix ensemble « cartel », il n’y a absolument
aucune contrepartie pour les consommateurs par contre les prix vont augmenter.
La politique de concurrence s’assure que sur le marché les entreprises qui de livrent une
compétition de tous les instants le fond en usant de leurs mérites
Le but de la politique de concurrence n’est pas de protégé les petits, ni de protégé les
concurrents, son but c’est de protéger un processus.

1- Dans quelle mesure est-elle une politique industrielle ?


Au niveau du discours des responsables des politiques économiques européennes, il y a
l’affirmation d’une complémentarité entre les deux politiques. En particulier, la politique de
concurrence est présentée comme un instrument pour la réalisation des objectifs de
croissance. Ce type de discours suggère que non seulement les considérations de politique
industrielle peuvent être prises en compte dans l’analyse concurrentielle menée par les
Autorités de concurrence dans le cadre du droit communautaire ou national de la
concurrence, mais aussi que la politique de concurrence a un rôle à jouer dans la politique
industrielle. Techniquement, cela se traduit par le fait que l’efficience défense peut impliquer
la prise en compte des gains d’efficacité tant statique que dynamique. Les gains d’efficacité
statique dans des fusions ou des accords de coopération entre entreprises sont par excellence
les économies d’échelle et de gamme de nature technologique, et réduisent le niveau du coût
par unité produite. Par contre, les gains d’efficacité dynamique sont des synergies qui
permettent aux entreprises d’améliorer leur performance, tant en termes de coûts, de
qualité, de service ou de variété, et ce de manière continue. Le rôle des gains d’efficacité
dynamique est surtout souligné pour les produits et les marchés qui se développent
rapidement et pour lesquels la concurrence autre qu’en matière de prix est importante, parce
que les consommateurs peuvent avoir beaucoup plus à gagner par l’innovation et par la

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Généralités sur le droit de la concurrence

qualité que par la baisse des prix des produits existants. Une politique moderne de
concurrence peut incorporer un objectif de promotion de la compétitivité et de la croissance
ou que, à tout le moins, si l’objectif prédominant de la politique de concurrence est le bien-
être du consommateur, l’intérêt du consommateur est difficilement compatible avec le
soutien et la protection d’entreprises inefficaces. La littérature relative aux intangibles est
également pertinente à cet égard. L’analyse des intangibles constitue une vision plus large
s’étend aux effets des dépenses en matière de publicité, de commercialisation et de capital
humain sur la croissance et la rentabilité des entreprises. Ces dépenses importantes
consacrées à des actifs incorporels, qui peuvent être des coûts fixes et irrécupérables
considérables, devraient être prises en compte dans la mise en œuvre de l’efficiency defence :
les gains d’efficacité même statiques ne se limitent pas aux économies d’échelle de nature
technologique, mais peuvent aussi porter sur les économies de coûts fixes que pourrait
entraîner la concentration. Outre la pertinence des investissements intangibles pour la
politique de concurrence et la politique industrielle, cette littérature souligne que la hauteur
des investissements intangibles requis peut entraîner un accroissement de la taille minimale
optimale des entreprises ce qui, pour les autorités de concurrence, devrait laisser la porte
ouverte à des fusions menant éventuellement à des tailles, et à des parts de marché, fort
élevées. A cet égard, il est très intéressant de souligner que l’activité réglementaire de l’Union
européenne en matière de politique de concurrence et même la jurisprudence en droit de la
concurrence reflètent bien cette volonté d’inscrire la politique de concurrence dans la logique
des impératifs de la politique industrielle.

Le jeu de la concurrence nécessite la présence d’un nombre suffisant de compétiteurs sur le


marché, ce qui légitime certaines interventions de politique industrielle en particulier dans le
cas d’activités à rendements croissants. Evidemment, il ne faut pas soutenir artificiellement la
présence d’entreprises inefficaces et sanctionnées par le marché. C’est pourquoi la politique
industrielle ne peut être justifiée que pour des actions de soutien ponctuelles accompagnées
de plans de redressement. Il convient toutefois de prendre garde à ce que la politique de la
concurrence n’interdise pas simultanément le soutien à un groupe en difficulté et sa reprise
ou fusion avec un concurrent plus performant (au nom du maintien de la concurrence). Outre
la viabilité des entreprises bénéficiaires de la politique industrielle, la nature des rendements
d’échelle de l’activité considérée doit également être examinée de près. Quand les

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Généralités sur le droit de la concurrence

rendements sont croissants, la production à moindre coût exige qu’une seule entreprise soit
présente sur le marché. La concurrence n’est donc pas souhaitable ; la solution préconisée
consiste alors à créer un monopole régulé. En pratique, il est difficile de réguler un monopole
et certains ne peuvent pas l’être au niveau mondial. La politique industrielle en faveur d’un
second, ou troisième, producteur est alors justifiée dès lors qu’elle arbitre correctement entre
l’efficacité productive et les gains que permet la concurrence (meilleure qualité, prix plus bas,
incitation à l’innovation, etc.).
3 - Comparaison entre les américains les européen et les marocains :

Objet de la Cas américain Cas européen Cas marocain


législation
Accords entre firmes -Section 1 du Article 81 du traité La loi 104-12
Sherman CE relative à la liberté
Act (1890) des prix et de la
-Section 3 du concurrence
Clayton
Act (ventes liées,
distribution
exclusive)
Position dominante Section 2 du Article 82 du traité Loi No 06-99 sur la
et Sherman CE liberté des prix et de
abus de position Act (1890) la concurrence
dominante
Contrôle des -Clayton Act, Règlement no 4064 l’article 12 de la loi
concentrations section 7 (1914) de décembre 1989 104-12
– Celler-Kefauver (modifié en 1997)
Act (1950)
– Hart-Scott-Rodino
Act (1976)

a- Accord entre firmes

Cas américain :

Section de 1 er septembre act 1890 :

Section 1: Every contract, combination in the form of trust or otherwise, or conspiracy, in


restraint of trade or commerce among the several States, or with foreign nations, is declared
to be illegal.

Long title: An act to protect trade and commerce...

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Généralités sur le droit de la concurrence

Enacted by: the 51st United States Congress

Tout contrat, toute combinaison sous forme de confiance ou autrement, ou de complot,


visant à restreindre les échanges commerciaux entre les différents États, ou avec des nations
étrangères, est déclaré illégal.
Titre long: Loi visant à protéger les échanges commerciaux ...
Adopté par: le 51e Congrès des États-Unis

Section 3 du Clayton act (ventes liées, distribution exclusive) :

Section 3 of the Clayton Act limits the use of certain types of contracts involving goods when
the impact of these contracts may substantially lessen competition or tend to create a
monopoly. These contracts may be per se illegal if monopolistic behavior is present.

L’article 3 de la loi Clayton limite l’utilisation de certains types de contrats portant sur des
biens lorsque l’impact de ces contrats peut sensiblement réduire la concurrence ou créer un
monopole. Ces contrats peuvent être en eux-mêmes illégaux si un comportement
monopolistique est présent.
Cas européen :

Article 81 du traité CE :

Sont incompatibles avec le marché commun et interdits tous accords entre


entreprises, toutes décisions d'associations d'entreprises et toutes pratiques
concertées, qui sont susceptibles d'affecter le commerce entre États membres et qui
ont pour objet ou pour effet d'empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la
concurrence à l'intérieur du marché commun, et notamment ceux qui consistent à:

a) fixer de façon directe ou indirecte les prix d'achat ou de vente ou d'autres


conditions de transaction;

b) limiter ou contrôler la production, les débouchés, le développement technique ou


les investissements;

c) répartir les marchés ou les sources d'approvisionnement;

d) appliquer, à l'égard de partenaires commerciaux, des conditions inégales à des


prestations équivalentes en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la
concurrence;

e) subordonner la conclusion de contrats à l'acceptation, par les partenaires, de


prestations supplémentaires qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux,
n'ont pas de lien avec l'objet de ces contrats.

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Généralités sur le droit de la concurrence

2. Les accords ou décisions interdits en vertu du présent article sont nuls de plein
droit.

3. Toutefois, les dispositions du paragraphe 1 peuvent être déclarées inapplicables:

- à tout accord ou catégorie d'accords entre entreprises,

- à toute décision ou catégorie de décisions d'associations d'entreprises,

- à toute pratique concertée ou catégorie de pratiques concertées qui contribuent à


améliorer la production ou la distribution des produits ou à promouvoir le progrès
technique ou économique, tout en réservant aux utilisateurs une partie équitable du
profit qui en résulte, et sans:

a) imposer aux entreprises intéressées des restrictions qui ne sont pas indispensables
pour atteindre ces objectifs;

b) donner à des entreprises la possibilité, pour une partie substantielle des produits en
cause, d'éliminer la concurrence.

Cas marocain :

La loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence :

La loi cite les cas des zones géographiques où la concurrence par les prix est limitée en raison
soit de situations de monopole de droit, soit du soutien accordé par l’administration à certains
secteurs ou produits à la production ou à la commercialisation, soit de difficultés durables
d’approvisionnement.

b- Position dominante et abus de position dominante

Cas américain :

Section 2 du sherman act 1890 :

Approved July 2, 1890, The Sherman Anti-Trust Act was the first Federal act that outlawed
monopolistic business practices. ... Several states had passed similar laws, but they were
limited to intrastate businesses. The Sherman Antitrust Act was based on the constitutional
power of Congress to regulate interstate commerce.

Approuvée le 2 juillet 1890, la Sherman Anti-Trust Act est la première loi fédérale à interdire
les pratiques commerciales monopolistiques. ... Plusieurs États avaient adopté des lois
similaires, mais elles étaient limitées aux entreprises intra-étatiques. La Sherman Antitrust Act
était fondée sur le pouvoir constitutionnel du Congrès de réglementer le commerce entre
États.

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Généralités sur le droit de la concurrence

Cas européen :

Articles 82 du traité CE :

Est incompatible avec le marché commun et interdit, dans la mesure où le commerce


entre États membres est susceptible d'en être affecté, le fait pour une ou plusieurs
entreprises d'exploiter de façon abusive une position dominante sur le marché
commun ou dans une partie substantielle de celui-ci.

Ces pratiques abusives peuvent notamment consister à:

a) imposer de façon directe ou indirecte des prix d'achat ou de vente ou d'autres


conditions de transaction non équitables;

b) limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice


des consommateurs;

c) appliquer à l'égard de partenaires commerciaux des conditions inégales à des


prestations équivalentes, en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la
concurrence;

d) subordonner la conclusion de contrats à l'acceptation, par les partenaires, de


prestations supplémentaires qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux,
n'ont pas de lien avec l'objet de ces contrats.

Cas marocain :
L'abus de domination économique est interdit sous ces deux formes, l'exploitation abusive
d'une position dominante sur le marché d'une part, et d'autre part, l'exploitation abusive
d'une situation de dépendance économique dans laquelle se trouve un client ou un
fournisseur ne disposant d’aucune autre alternative équivalente.

L'abus de domination peut notamment consister en refus de vente, en ventes liées ou en


conditions de vente discriminatoires ainsi que dans la rupture de relations commerciales
établies, imposer directement ou indirectement un caractère minimal au prix de revente d’un
produit ou d’un bien etc.

Prix abusivement bas

L’article 8 de la loi 104-12 prohibe «les offres de prix abusivement bas par rapport aux couts
de production, de transformation et de commercialisation, dès lors que ces offres ou
pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’éliminer un marché, ou d’empêcher
d’accéder à un marché, une entreprise ou l’un de ses produits.»

Cette pratique était déjà interdite par la loi 06-99 qui la considérait comme une forme d’abus
de position dominante. La nouvelle loi, quant à elle, traite des prix abusivement bas comme

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Généralités sur le droit de la concurrence

pratique anticoncurrentielle à part entière. Elle se trouve de ce fait interdite sans qu’il soit
nécessaire de prouver la position dominante de son auteur.

c- Contrôle de concentration :

Cas américain :

Clayton act section 7 (1914):

Section 7 of the Clayton Act prohibits mergers and acquisitions where the effect "may be
substantially to lessen competition, or to tend to create a monopoly."

L'article 7 de la loi Clayton interdit les fusions et les acquisitions dans lesquelles "peut avoir
pour effet de réduire sensiblement la concurrence ou de créer un monopole".

Celler-kefauver act 1950:

Celler–Kefauver Act is a United States federal law passed in 1950 that reformed and
strengthened the Clayton Antitrust Act of 1914, which had amended the Sherman
Antitrust Act of 1890. ... The Celler–Kefauver Act prohibited that practice if competition
would be reduced as a result of the asset acquisition.

La loi Celler – Kefauver est une loi fédérale américaine adoptée en 1950 qui réformait et
renforçait la loi Clayton Antitrust de 1914, qui avait modifié la loi Sherman Antitrust Act de
1890. ... La loi Celler – Kefauver interdisait cette pratique si la concurrence était réduite à la
suite de l’acquisition d’actifs.

Hart-scott-rodino act 1976:

Enacted by President Ford as a set of amendments to existing U.S. antitrust laws, such as the
Clayton Antitrust Act, the Hart-Scott-Rodino Act requires parties to notify the Federal Trade
Commission and Department of Justice of large mergers and acquisitions before they occur
with the filing of an HSR Form, also called ...

Telles que la loi Clayton Antitrust, la loi Hart-Scott-Rodino exige des parties qu'elles notifient à
la Federal Trade Commission et au ministère de la Justice les grandes fusions et acquisitions
avant qu'elles ne surviennent. Le dépôt d'un formulaire HSR, également appelé.

Cas européen :

Règlement n 4064 de décembre 1989 modifié en 1997 :

Les opérations de concentration de dimension communautaire sont soumises à une


procédure formelle de traitement de concentrations. Dans certains cas, toutefois, la

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Généralités sur le droit de la concurrence

Commission a préféré introduire une procédure simplifiée de traitement applicable à


certaines opérations de concentration et à certaines restrictions définies comme "liées et
nécessaires" à la réalisation des opérations de concentration. Le cas échéant, les entreprises
peuvent aussi démontrer leur bonne volonté vis-à-vis de la Commission en adoptant des
mesures correctives destinées à réduire le pouvoir de marché des parties à la concentration, à
éviter la création d'une position dominante et à rétablir ainsi les conditions d'une concurrence
effective.

Cas marocain :

Le législateur marocain soumet au contrôle, les opérations de concentrations économiques


les plus significatives mettant potentiellement en danger la concurrence sur le marché en
cause. Ainsi, l’article 12 de la loi 104-12 dispose que : Toute opération de concentration doit
être notifiée au conseil de la concurrence par les entreprises et les parties concernées, avant
sa réalisation. Cette obligation s’applique lorsqu’une des trois conditions suivantes est réalisée
:

Le chiffre d’affaires total mondial, hors taxes, de l’ensemble des entreprises ou groupes de
personnes physiques ou morales parties à la concentration est supérieur au montant fixé par
voie réglementaire ;

Le chiffre d’affaires total, hors taxes, réalisé au Maroc par deux au moins des entreprises ou
groupes de personnes physiques ou morales concernés est supérieur au montant fixé par voie
réglementaire ;

Les entreprises qui sont parties à l’acte, ou qui en sont l’objet, ou qui lui sont
économiquement liées ont réalisé ensemble, durant l’année civile précédente, plus de 40%
des ventes, achats ou autres transactions sur un marché national de biens, produits ou
services de même nature ou substituables, ou sur une partie substantielle de celui-ci.

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Généralités sur le droit de la concurrence

Partie III : La concurrence et le marché marocain


1- Notion du marché

Lieu formel ou virtuel sur lequel sont échangés des biens et services de nature diverse. Par
extension, on qualifiera de marché, l'ensemble des consommateurs réels et/ou potentiels
d'un bien ou d'un service. " La définition du marché consiste à identifier un ensemble de
marques concurrentes. Ceci implique avant tout la définition de l'ensemble des marques ou
des produits à prendre en compte dans toute analyse [...] La définition d'un marché nécessite
également l'identification des consommateurs concernés (ceux qui peuvent hésiter entre les
produits) et les occasions d'usage des produits, le concept de substitution étant étroitement
lié à la situation d'usage "
2- Les différents types de marché en économie

Un marché est un mécanisme de régulation économique favorisant l'adaptation de l'offre à la


demande pour une catégorie de biens ou de services. Décryptage des différents types de
marché en économie.
 Le monopole
 L'oligopole
 La concurrence monopolistique
 La concurrence parfaite

Afin de pouvoir décrire chaque type de marché, il faut dresser la liste des caractéristiques les
définissant, à savoir :

Les produits concernés et leur homogénéité ou hétérogénéité.


La liste des vendeurs : locaux, à distance...
Les acheteurs : ceux qui sont déjà présents, les potentiels...
Le type de livraison
Le déroulement de la livraison : coûts, assurances, etc.
- Le lieu de la livraison : fret, etc.
En règle générale, en économie, on définit un marché en fonction des acheteurs et des
vendeurs qui font vivre le marché.

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Généralités sur le droit de la concurrence

a- Le monopole
On parle de monopole quand, sur un marché libre, il n'y a qu'un seul vendeur pour de
nombreux acheteurs, car il n'existe pas de produits de substitution. Le produit vendu par le
monopoleur est le seul.
Dans un marché de type monopole, on distingue le monopole dans le marché privé et le
monopole dans le marché public. Il s'agit de deux problématiques tout à fait différentes, car
les premiers résultent bien souvent du dépôt d'un brevet alors que les deuxièmes
apparaissent, en principe, pour la sauvegarde d'un intérêt d'ordre général.

b- L'oligopole
Un oligopole est un type de marché assez fréquent. C'est un marché d'un produit qui est
vendu par très peu de vendeurs en comparaison au grand nombre d'acheteurs. Vu que le
produit est le même, tous les vendeurs doivent mettre le même prix, car si l'un décidait de
vendre le produit à un prix plus fort, il perdrait directement ses clients. Mais tout n'est pas si
simple, car le comportement que les « rares » vendeurs du produit vont avoir les uns envers
les autres peut enclencher des situations différentes :
- Entente : les vendeurs s'entendent.
- Price-leadership : l'un des vendeurs agit en tant que leader, il fixe un prix et les autres le
suivent.
- Guerre des prix : les vendeurs déclarent la guerre des prix entre eux afin d'essayer de
s'éliminer les uns les autres.

Les cartographies économiques du Conseil de la concurrence sont un chantier majeur. Depuis


son démarrage en août 2008, le régulateur a réalisé 13 études sectorielles faites soit en
interne ou par des sociétés de conseil comme Mazars: télécoms, industrie pharmaceutique,
audiovisuel, subvention étatique à la promotion immobilière, finance, ciment, grande
distribution, huile de table... Opérateurs, marché, état de la concurrence y sont sondés avec
souvent un constat récurrent. Ces secteurs connaissent une assez forte concentration. Elle se
traduit par 2 ou 3 entreprises qui détiennent le pouvoir du marché: part, chiffre d’affaires...
c- La concurrence monopolistique
Il s'agit, ici, d'un marché où plusieurs vendeurs proposent des produits qui ne sont pas tout à
fait pareils, mais très similaires. Par conséquent, chaque vendeur peut imposer son prix, mais
il faut tout de même qu'il fasse attention aux autres, car les produits sont semblables. C'est le
cas de nombreux produits du quotidien : lessive, dentifrice, etc.

d- La concurrence parfaite
On parle de concurrence parfaite quand le marché est libre, le produit homogène et qu'il y a
un nombre important de vendeurs, mais aussi d'acheteurs. Ce sont les trois principales
caractéristiques qui définissent ce qui pourrait être davantage un modèle d'analyse théorique
plus qu'un vrai marché.

3- Fonctionnement du Marché économique au Maroc

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Généralités sur le droit de la concurrence

L'économie du Maroc est une économie de marché d'inspiration libérale. L'État joue
néanmoins un rôle non négligeable dans l'émergence économique du pays avec sa stratégie
d'industrialisation. Le PIB du Maroc a connu un taux de croissance annuel moyen de 4% sur la
dernière décennie et a atteint 118.5 milliards $ en 2017.

Le Maroc est le troisième producteur et premier exportateur mondial de phosphates, rentrée


importante en devises pour le pays. Il détient, et de loin, les premières réserves mondiales
avec 50 milliards de tonnes. C'est également une puissance agricole (En 2012, le pays occupe
respectivement le 6e rang mondial, le 4e et le 3e en ce qui concerne les exportations
d'agrumes, de tomates et d'olives de table. Il est à la 10e place pour l'huile d'olive).

Les grandes réformes et les grands chantiers entamés par le pays ont donné de bons résultats,
notamment avec la hausse continue du PNB, et cela même durant les mauvaises saisons
agricoles dues à des périodes de sécheresse aiguës.

L'économie marocaine dispose aujourd'hui d'un cadre macroéconomique sain susceptible de


constituer un levier efficace pour la réalisation des objectifs de croissance durable, de
résorption du chômage13 et de réduction de la pauvreté, qui est de l'ordre de 5%14. Selon le
ministère de l'économie, le Maroc a enregistré en 2015 une inflation de 1,6 % et une
croissance de 4,8 %15 tirée par une bonne année agricole, un chiffre supérieur aux prévisions
de la loi de finances 2015 qui tablait sur une croissance de 4,4 %.

Le taux de chômage des jeunes serait de 26,5% en 2017, un taux qui culmine à 42,8 % en
milieu urbain16. Environ 80 % des emplois sont informels et les écarts de revenus très élevés.
En 2019 le Maroc est 123e sur 188 pays au classement mondial de l’indice de développement
humain (IDH), derrière l'Algérie (83e) et la Tunisie (97e). Il est le pays le plus inégalitaire
d’Afrique du Nord selon l'ONG Oxfam17.

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Généralités sur le droit de la concurrence

4- Concurrence interne
a- Activité en force concurrence

GASOIL

La libéralisation du marché du Carburants en décembre 2015 au Maroc n’a pas bien


abouti, la variation du prix à l’échelle international n’est pas applique de la même manière au
niveau national. La baisse des couts internationaux ne se répercute pas automatiquement sur
les prix au public et dans les mêmes proportions. « Dans les pays où la compétition est rude,
une baisse des couts de 50% se traduit par un recul des prix de ventes de 15 à 19% »

Certains professionnels ont confirmé la hausse de leur marge de profit, particulièrement les
deux premières années de libéralisation, ces marges ont oscillé entre 1.20 DH et 1.45 DH le
litre réparties entre les distributeurs en gros et les stations-service

Page 21
Généralités sur le droit de la concurrence

Le Conseil de la concurrence considère que les niveaux des marges cités peuvent être
considérés comme « excessifs », au regard de l’article 4 de la loi n° 104-12. Toutefois, il se
réserve le droit « de fournir ses propres indications chiffrées qu’il considère correspondre à
l’état réel de la structure des prix et des marges ». Ces chiffres seront dévoilés à « l’occasion
de l’examen en cours de la saisine relative au contrôle des pratiques commerciales des
sociétés qui opèrent sur le marché des hydrocarbures. »

En activant la libéralisation « en l’absence d’un Conseil de la concurrence opérationnel à


l’époque, le gouvernement a livré le marché à lui-même sans que ce dernier ne soit
accompagné par un dispositif de régulation concurrentielle qui veille, contrôle et sanctionne,
le cas échéant, les manquements et infractions aux règles du droit de la concurrence
(ententes, abus de positions dominantes

b- Les activités en manque de concurrence

MARCHE FERROVIAIRE

Avant 1963 la construction des voies à écartement normale a été confié à trois compagnies
concessionnaires privés : -la compagnie franco -espagnole de chemins de fer de Tanger à Fès. -
la compagnie des chemins de fer du Maroc (CFM) -la compagnie des chemins de fer (CMO).
Depuis le premier janvier 1963, l'État a concédé l'exploitation de son réseau ferroviaire «
d'intérêt général » à l’Office National des Chemins de Fer par le rachat des concessions,
l’ONCF assure alors un monopole.

MARCHE DU TABAS

Le marché du tabac était libéralisé en 2011 mais la loi protège toujours la régie publique du
tabacs (imperial tabacco) Selon la loi, tout nouvel entrant sur le marché devra vendre à un prix
minimum de 27,13 DH à l’heure actuelle, ce qui prive les concurrents d’Imperial Tobacco de
82% des volumes du marché. Pour batailler sur les 18% du marché restant, les importateurs
doivent, de plus, investir lourdement

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Généralités sur le droit de la concurrence

Aujourd’hui le Conseil de la concurrence qui vient à leur secours en dénonçant non seulement
des dysfonctionnements dans l’analyse des exigences réglementaires d’accès au marché, mais
en mettant également l’accent sur les dispositions d’ordre législatif à même de constituer une
entrave à la libre-concurrence à travers la fixation d’un prix minimum pour les produits d’un
nouvel entrant sur le marché

c- Les pratiques anti- concurrentielles

LA VENTE A PERTE

La vente à perte est une pratique consiste à vendre un produit en dessous de son cout de
revient ou d’achat

L’ENTENTE

L’entente est définie par la loi marocaine comme une « action ou tacite, sous quelque forme
que ce soit », qui a pour objet de « fausser le jeu de la concurrence sur un marché ».

L’objectif recherché par les entreprises à travers une entente est, soit de limiter l’accès au
marché à d’autres entreprises, soit de répartir le marché, soit de contrôler la production

5- Concurrence externe

Libre échange Maroc Turquie

L’accord du libre-échange entré en vigueur en 2006 cet accord n’a été bénéfique que pour les
turcs avec une hausse importations de la Turquie et une baisse exportations. Le constat est
alarmant. Du textile et habillement à l’électroménager, en passant par la cosmétique et
l’agroalimentaire, les produits d’origine turque sont partout sur le marché marocain. En douze
ans, les importations de Turquie ont été multipliées par près de 4. De 5,5 milliards de DH en
2006, elles caracolent à 19,3 milliards en 2017. Sur les neuf premiers mois de l’année, elles
totalisaient déjà 15,5 milliards de DH, et devraient égaler ou dépasser le chiffre de l’année
précédente.

Page 23
Généralités sur le droit de la concurrence

Conclusion

L’économie marocaine s’est engagée très tôt dans la voie du libéralisme et de l’économie
de marché. Depuis deux dernières décennies ses efforts pour moderniser ses infrastructures
matérielles, techniques, juridiques et sectorielles se sont intensifiés. Nombre de réformes visant la
libéralisation et la mise à niveau du tissu économique, sont entreprises pour être au diapason des
évolutions économiques du monde moderne. C’est dans ce cadre global que le droit et la politique de
la concurrence sont conduits pour accompagner et soutenir les efforts de l’économie sur la voie de la
libéralisation, de l’ouverture, de la modernisation, de la compétitivité et du progrès économique.

Le droit de la concurrence reste peu usité au Maroc. L’institution chargé de sa mise en


application et établie selon l’exigence de la législation, est inactive. Une assistance technique
considérable et des formations en analyse économique pour le personnel institutionnel de
réglementation, seront nécessaires pour en faire une autorité durable, œuvrant dans la promotion de
la concurrence et de la protection du consommateur.

La législation marocaine relative à la concurrence a besoin d’être précisée et clarifiée. Ces


améliorations ne nécessitent pas forcément une modification de la loi. Elle peut être faite par
l’adoption de décrets d’application qui viendraient préciser certains points encore vagues.

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Généralités sur le droit de la concurrence

Bibliographie :

Ouvrages :

 Emmanuel Gombe, « la politique de la concurrence ED la découverte », Paris, 2002


 CHAMPAUD C., « les sources du droit de la concurrence », Etudes Houin, Paris, 1985
 Ibid.
 Bernard Saintourens, « Droit des affaires », Edition 2002-2003
Textes législatifs :

 Loi 104-12 relative à la liberté du prix et de la concurrence.


 Loi 20-13 relative au conseil de la concurrence.

Revues juridiques :
 Mohammed EL MERNISSI, « le conseil de la concurrence organe de régulation de la
concurrence », revue marocaine de droit et d’économie de développement, N°49
Rapports :

 Mohamed Hicham BOUAYAD, « les objectifs de la politique de la concurrence entre les


flux de la pensée théorique et les considérations de pragmatisme économique », la lettre
d’information du conseil de la concurrence marocain, MOUNAFASSA, N°4, mai 2010
 Amal LAMNIAI, « le rôle du juge en matière de régulation de la concurrence », rapport de
l’atelier « la concurrence dans le secteur de la distribution », ministère des affaires
économiques et générales, direction de la concurrence et des prix, CASABLANCA, jeudi 14
décembre 2006

Préparé par:
Hajoui Loubna
El hayyani Meriem
Bouaoudad Kamal
Bentaher Aziza
Eljadiri Nouha
Garmaji Hanane
Laarif Nizar

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