Vous êtes sur la page 1sur 54

CREFDES/ 2006 -2007

MARCHES DES CAPITAUX NATIONAUX

Plan de l’exposé

1
Introduction

- Contexte

- Panorama du marché des capitaux

- Théorie des fonds prêtables; Intermédiation/désintermédiation financière

I- Marchés Financiers

I-1 Définition, organisation, Fonction et Rôles des bourses de valeurs, Les marchés
boursiers, Les Valeurs mobilières

I-2 Marchés obligataire, des changes et monétaire

II- Marché financier régional de l'UEMOA

III- Marchés dérivés, Couverture des risques et spéculation


Risques de marchés

Instruments de couverture du risque de marché

Marché à terme

Marché d'options

Swaps

FRA, Caps, Floors et Collars

2
Objectifs du cours

Maîtriser la finalité et le rôle du système financier dans l’économie

Comprendre les différentes théories des marchés de capitaux

Appréhender les mécanismes opératoires et les techniques d’intervention


et de gestion des risques sur les marchés

Evaluer et saisir les opportunités de gestion des produits et actifs


dans la zone UEMOA

Organisation du cours

Exposés théoriques

Travaux pratiques

Documentation

Copie des diapositives de présentation des exposés


Autres éléments de cours

3
Eléments bibliographiques

Ouvrages

- Levasseur M & Simon Y « Marchjés des capitaux: options & NCT »


- Vizzavona P : « Gestion financière & marchés financiers »
- Jacquillat B « l’introduction en bourse » PUF
- Defosse G & Flornoy Y : la bourse des valeurs – PUF
Autres

- Journaux et périodiques
Financial Times, Wall Street Journal, La Tribune, Les Echos
- Net work, Media, sites spécialisés
CNN, Yahoo finance ….

4
INTRODUCTION

Contexte :

Tendances Contemporaines :

– « Financiarisation » croissante de l’économie;

– Economie de papier, de services / versus économie réelle;

– Evolution et bouleversements des marchés :

– marché comptant « primaires» (troc)

– marché comptant modernes (monétarisés)

– marché à livraison différée (forward)

– marché à terme ferme de contrats (futures)

– marché à terme conditionnels

– marché d’échange de prix : swap

– Développement des NTIC

– Libéralisation - Globalisation, mondialisation

5
– Innovations financières

– Capitalisation boursière > PIB

– Volume quotidien transactions / marchés des changes > Réserves


banques centrales

– volumes échanges dérivés > volumes comptants

Capitalisation boursière et PIB en 2005


*en milliards d'euros

UEMOA France USA Royaume Uni


Capitalisation 2,81 1370,1 12042,6 2077,4
boursière
PIB 33 1391,6 8668,7 1421,1

Montant quotidien échangé en moyenne sur les marchés des changes : 3000 milliards
de dollars – Source BRI /
Montant annuel d'échanges de biens et services :4300 milliards de dollars

6
Panorama du marché des capitaux

Structure du marché des capitaux :

– Marché des capitaux :

– Marché financier
– Marché des actions
– Marché des obligations
– Marché hypothécaire
– Marché monétaire
– Marché interbancaire
– Marché des Titres de Créances négociables
– Marché du crédit

7
Approches théoriques :
Intermédiation/désintermédiation; fonds prêtables

E. Shaw-J.Gurley (Money in a theory of finance) :


Finance directe ou intermédiée / Finance indirecte ou désintermédiée :
Relation entre Agents à capacité et à besoin de financement à travers le marché ou le
système bancaire

Théorie des fonds prêtables :

Formation des taux d’intérêt et théorie des fonds prêtables :

– Confrontation entre offre et demande de capitaux; Détermination


simultanée prix d’équilibre( taux d’intérêt) et quantités d’équilibre des
capitaux échangés
– Si la demande de capitaux s’accroît, le taux d’intérêt s’accroît; à cet
accroissement de la demande de capitaux correspond un accroissement de
l’offre de titres et une baisse du prix des titres déjà émis

Théorie des fonds prêtables :


Notion développée par D. H Robertson (« M.Keynes and the rate of interest » -
Essays in monetary theory – 1940)
Taux d’intérêt : prix d’usage des fonds prêtables
Offre de fonds prêtables fonction de:
Epargne S, Désépargne (autofinancement A), Prêts bancaires nets (ΔD
Demande de fonds prêtables en provenance :
Des entreprises pour financer l’investissement brut (I)
De l’Etat pour financer le solde budgétaire (G-T)
Equilibre : I + (G-T) = S+ A+ ΔD + ΔF

8
I- MARCHES FINANCIERS

I-1 Définition, organisation, Fonction et Rôles des bourses de valeurs, Les


marchés boursiers, Les Valeurs mobilières

Au sens large, lieu de rencontre entre les offres et les demandes de liquidités
résultant des décisions financières des agents économiques. Le marché financier
abrite les échanges et assure la cotation des produits financiers : actions,
obligations, produits dérivés

Réduit au marché des valeurs mobilières, le marché financier désigne le marché


boursier où s'échangent principalement les actions et les obligations.

Organisation

- structures institutionnelles de régulation et de surveillance (pôle public): autorités


financières et monétaires….
- structures commerciales (privées) de fonctionnement et d’animation : la bourse
Institution de financement de l’économie

Evolution
-Processus de décloisonnement, de désintermédiation et dérégulation
- marchés transnationaux et transfrontaliers
- standardisation croissante des produits, des supports, des réglementations et des
modes opératoires
Tendance à l’unicité du marché entre bourse valeurs mobilières (actions et
obligations) & bourse de commerce (matières premières agricoles et minérales)

- marché global compartimenté par secteur géographique, nature transactions et


spécialisation basée sur des avantages comparatifs
New York : référence mondiale en matière de valeurs mobilières

- Chicago : place de choix des marchés à terme ou ‘futures ’

- Londres : place leader pour le marché des changes (euro-devise) et pour l’or

9
Fonction et Rôles des bourses de valeurs

● Vecteur de collecte de l’épargne des agents réputés à structurellement à


capacité de financement : ménages; compagnies d’assurance, de sécurité
sociale, caisses de retraite, fond de pension

● Instrument privilégié pour une allocation optimale des ressources au


financement des agents déficitaires : Administration publiques, entreprises ….

● Taille marché boursier plus critique et coût d’intermédiation et de


transformation des ressources minimisés comparativement au financement
bancaire

● Conditions d’efficience du marché boursier, suivant approche


Modigliani&Miller, Modèle d’équilibre des actifs financiers (MEDAF)

● Transparence : publication régulière, actuelle, et fiable d’informations tant au


plan quantitatif que qualitatif, non recours à l’information privilégiée (délit
d’initié)

● Atomicité : grande dispersion des titres entre un très grand nombre


d’opérateurs,

● Taille critique : volume des transactions et capitalisation boursières


importantes

● Représentativité : échantillon statistique significatif de l’espace économique

● Autres effets positifs attendus de la bourse :

● Évaluation récurrente et permanente des entreprises qui y sont


cotées
● Développement de l’émulation, amélioration des performances
● Gestion efficiente : rigueur, efficacité, résultats

10
● Optimisation de l’effet de levier financier de la dette pour
l’entreprise dont les coûts d’endettement sont inférieurs aux
revenus des investissements générateurs de rentabilité
● Gamme élargie de d’opportunités et de supports de placements
pour l’épargnant
● Optimisation gestion de portefeuille : diversification, division du
risque
● A degré de risque donné, maximisation de la rentabilité
globale comprenant le rendement stricto sensu en termes de
coupons sous forme de dividendes/action ou d’intérêt
/obligation, dune part et la plus value éventuelle en termes
d’appréciation du cours ou de la valeur vénale de l’actif
d’autre part
● À un niveau de rentabilité requis, minimisation du risque
(suivant le couple rentabilité risque : la rentabilité est une
fonction croissante du risque qui lui-même est une fonction
croissante du temps et de l’échéance)

● Intermédiaire approprié pour les privatisations

● Couverture risque de taux d’intérêt pour une gestion optimale de


la dette obligataire (Etat, entreprises) à travers l’interface de la
bourse sur le marché produits dérivés grâce aux marchés ) terme
de futures du type MATIF (France), LIFFE ‘Londres); CBOT
(Chicago)=, SOFFEX (Suisse=; SIMEX (Singapour)

● Gestion risque de change lié aux emprunts de prêts en devises,


aux créances et dettes commerciales libellées en monnaie
étrangère

● Gestion risque systématique de marché, inhérent à un portefeuille


d’actions de sociétés cotées grâce aux marchés à terme d’indices
boursiers (Dow Jones, FT 100, DAX, Nikkei, CAC,

● Opportunités de croissance externes : OPA (offre publique


d’achat), OPE (offre publique d’échange) ou OPAE

11
● Travers de la bourse :
– Krach boursier (1929, 1997),
– Dissimulation, manipulation du marché, mauvaise gestion, prolifération
des ‘raiders’ mus par les réalisations de plus values à court terme,
opérations de fusion- acquisition spéculatives

Les marchés boursiers

Exemple de la place financière de Paris


– compartiments du marché des actions :Côte officielle, hors côte, second
marché, nouveau marché
– Opérations sur les marchés financiers
● Marché primaire
● Marché secondaire
● Intervenants
● Création de nouveaux marchés

● Compartiments du marché des actions : côte officielle, hors côte, second


marché, nouveaux marchés
– Côte officielle: Réservée aux valeurs les plus importantes, avec certaines
obligations: mise en circulation d’au moins 500 000 titres, titres en
circulation représentant au moins 25% du capital social de la société;
publication régulière d’informations sur toute l’activité de la société,
critères de rentabilité…
● Hors côte : ouvert aux SA non inscrite à la côte officielle ou à la côte du
second marché, pas de conditions particulières exceptées la publications des
Etats financiers sur les trois derniers exercices
● Second marché : Créé en 1983 en France, facilité l’accès des moyennes
entreprises au marché boursier grâce à des formalités d’inscription réduites

● Exigence de 10% du capital social à diffuser dans le public


● Pas de seuil quantitatif requis relativement à la capitalisation boursière
● Pas de nécessité de notes d’information visée par l’autorité boursière
● Nouveau marché : Créé en février 1996 pour permettre aux PME européennes
à fort potentiel de croissance de s’introduire en bourse , conditions d’accès peu
contraignantes

12
● Opérations sur le marché financier (côte officielle) : marché primaire et marché
secondaire
– Marché primaire : marché d’émission de nouveaux titres, drainage de
l’épargne publique ;

– Introduction en bourse , entre autres, pour lever des capitaux ou rechercher


une image d’attractivité et de solidité conférée par la cotation en bourse

– Marché secondaire : marché de négociation des valeurs mobilières déjà émises


– Échanges d’actions des sociétés cotées
– Évaluation permanente des titres cotés par confrontation de l’offre et de la
demande
– Assure la liquidité et la mobilité de l’épargne du marché
– Transaction sur le marché secondaire : opérations d’achat et de ventes de
valeurs mobilières et formation d’un prix, le cours boursier

– Ordres de bourse : directive d'achat ou de vente


– Ordre au mieux : ordre non assorti d'une indication de prix, ni prix
maximal d'achat, ni prix minimum de vente
– Ordre à cours limité : fixation du prix max pour l'acheteur et du
prix min pour le vendeur
– Ordres de bourse : directive d'achat ou de vente
– Ordre au mieux : ordre non assorti d'une indication de prix, ni prix
maximal d'achat, ni prix minimum de vente
– Ordre à cours limité : fixation du prix max pour l'acheteur et du
prix min pour le vendeur
– Ordre « tout ou rien » : ordre exécuté en totalité pour la quantité
indiquée de titres
– Ordre à déclenchement : achat ou vente à partir d'un cours
déterminé
– Ordre à durée déterminée : valable pour une durée précisée à
l'avance
– Ordre à révocation : Non assortie de durée de durée de validité,
reste valide jusqu'à révocation par le donneur d'ordre
– Opération à terme : marché à règlement mensuel (RM) la
transaction a lieu un jour de bourse, mais le dénouement est
reporté à la liquidation (premier des 7 derniers jours de bourse du
mois) : possibilité d’acheter sans détenir de liquidités ou de vendre
sans détenir de titres

– Spéculation à la baisse:anticipation d’une baisse des cours, vente à terme de

13
titres non détenus mais qu’on escompte acheter à un cours plus faible
– Spéculation à la hausse: anticipation d’une hausse des cours, achat à terme
de titres qu’on pourra revendre avant la liquidation à un cours plus élevé
– Réglementation sur le RM : Dépôts de sommes minimales par les
opérateurs auprès des sociétés de bourse pour garantir la couverture des
transactions envisagées
– Offre publiques d’achat et d’échange (OPA et OPE):

OPA : la société initiatrice offre d’acheter une quantité minimale d’actions lui
permettant de contrôler la société convoitée ou d’y détenir une minorité de
blocage, prix offert supérieur au cours de bourse
OPE : la société initiatrice, en échange de titres visés, propose des titres
existants ou à créer

– Intervenants assurant le fonctionnement sur le marché:


– Conseil de bourse
– Société de bourse
– Autorités des marchés boursiers

-Autres éléments de dynamisation du marché boursier

– Dématérialisation des titres : inscription des valeurs mobilières en compte, avec


pour conséquence l’accélération de leur négociation et du traitement des
opérations
– Développement de la contrepartie : la contrepartie étant l’opération consistant
en l’intervention des institutions financières dans une opération symétrique à
celle de leurs clients. Ce procédé permet d’assurer la liquidité du marché d’une
part, et d’autre part, d’étendre éventuellement la faisabilité d’une opération sur
vingt quatre heures dans le cas où ces institutions interviendraient pour des
opérateurs étrangers
– Ouverture d’un marché continu : cohabitation de deux cotations
– Cotation “à la criée” pour les valeurs les plus actives du règlement mensuel;
marché ouvert de 9h30mn à 11h
– Cotation “assistée en continu”: effectuée à travers un traitement informatisé
des opérations et donc d’une transmission instantanée des ordres, d’une
délocalisation du marché et d’un allégement de coûts

– Développement de nouveaux produits :


● Produits de gestion collective de l”épargne: Organisme de

14
Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) : SICAV
(Société d’Investissement à Capital Variable) et Fonds Communs
de Placements (FCP)
● Nouveaux produits liés aux obligations et aux actions :
– obligations à taux variables, à taux révisables, à bons de
souscription, à coupons zéro, remboursables en action
(ORA) ou assimilabledu trésor (OAT)
– Actions à dividende prioritaire avec ou sans droit de vote,
certificats d’investissement, actions à bons de souscription
d’actions, titres participatifs

– Création de nouveaux marchés: Pour la couverture des risques de


marché pris par les opérateurs, création sur la bourse de Paris, d’une part
d’un Marché à Terme International de France (MATIF), et d’autre part
d’un marché d’options appelé ‘Marché d’Options Négociables de Paris ‘
(MONEP)

Les Valeurs mobilières

● Le marché financier, dans son acception traditionnelle, est un marché sur


lequel se négocie des titres longs : action et obligation

● Action :
– Titre de propriété
– Comporte une valeur nominale, faciale
– Confère à son détenteur un droit de vote
– Confère un droit préférentiel de souscription à d’éventuelles
augmentations de capital
– Droit à une rémunération conditionnelle, aléatoire : dividende
– Droit à un bonus éventuel en cas de liquidation
● Obligation
– Titre de créance, part d’emprunt émis par une entreprise privée ou
publique, une Possibilité d’une prime d’émission (prix d’émission
inférieur à la valeur contractuelle de l’obligation,) et d’une prime de
remboursement (prix de remboursement supérieur à la valeur
contractuelle)
– Donne droit à une rémunération: intérêt ‘coupon’, son remboursement
peut aussi intervenir avant son terme par tirage au sort

15
– Confère un droit de gage sur l’actif social
– Caractéristiques: durée, prix d’émission, taux et modalités de
remboursement
– Distinction entre taux nominal contractuel et taux de rendement actuariel
qui représente la rémunération réelle du titre en tenant compte des tous
les éléments caractéristiques du titre (prix d’émission, prix de
remboursement, modalités de remboursement…)
– Caractère négociable : générer des plus ou moins values, en liaison avec
le taux d’intérêt

● Développement de produits complexes empruntant à la fois des


caractéristiques aux actions, aux obligations ou aux actions et obligations à la
fois :
● Obligation à taux variable: introduites principalement à titre de
couverture des risques liés aux obligations à taux fixe
● Obligations à taux révisables : coupon révisable tous les ans ou
tous les 3 ans
● Obligation à coupon zéro : pas de coupon , prix de souscription
faible, la plus value en capital est substituée à tout autre revenu
● Obligation Assimilable du Trésor (OAT) : la ‘clause
d’assimilation’ donne à l’émetteur , la possibilité d’émettre
ultérieurement de nouvelles tranches d’un même emprunt à des
conditions identiques
● Obligation remboursables en actions (ORA): obligation
obligatoirement remboursable en actions. Le souscripteur
d’obligation est en situation de risques, les taux d’intérêt proposés
sont plus élevés.

● Produits liés aux actions :


– Certificats d’investissement : ils résultent du démembrement des actions
de la société émettrice en deux titres: certificats d’investissement
représentant les prérogatives sur les bénéfices et le droit à l’information;
le certificat de droit de vote
– Actions à dividendes prioritaires sans droit de vote ou avec droit de.

● Produits liés aux actions et aux obligations :


● Obligations remboursables en action
● Obligations convertibles

16
● Bons de souscription
● Obligations remboursables en action (ORA) :
● Versement d'une rémunération fixe
● A terme, remboursement par remise d'actions à l'émetteur
● Obligations convertibles:
● Obligation classique, généralement à taux fixe, donnant au
souscripteur, pendant la période de conversion, la possibilité de
l'échanger contre une ou plusieurs actions de la société émettrice
● Obligation convertible en actions nouvelles ou existantes
(OCEANE): possibilité pour l'émetteur de remettre au moment de
la conversion soit de nouvelles actions émises, soit des actions
déjà émises détenues dans son portefeuille (par suite par exemple
d'un rachat d'actions)
● Bons de souscription :
● titre financier permettant de souscrire pendant une période donnée
, dans une proportion et à un prix fixé à l'avance, à un titre
financier (action, obligation...).
● bon pouvant être attaché à l'émission d'une action ou d'une
obligation: Actions à bons de souscription d'action (ABSA),
obligations à bons de souscription d'action (OBSA), obligations à
bons de souscription d'obligation (OBSO) et actions à bons de
souscription d'obligation (ABSO)
● Après émission des bons, scission en deux parties indépendantes
et cotation séparée: actions ou obligations redeviennent des titres
classiques et bons qui acquièrent une vie propre(Versement d'une
rémunération fixe

17
I-2 Marchés obligataire, Marché des changes et Marché monétaire

I -2-1 - Marché obligataire : Caractéristiques, Prix des titres, Duration

a- Caractéristiques

– Phases de vie d'un titre : Annonce, adjudication, marché secondaire, maturité in


fine
– Principales caractéristiques :
– Émetteur : un Etat dans sa propre devise (emprunt d'Etat), ou dans une autre
devise que la sienne (obligation souveraine)
– Une entreprise du secteur public, collectivités locales, .....
– Une entreprise privée, une association, ou toute autre personne morale

– valeur nominale de l'obligation, appelée le pair ;


– devise d'émission
– date d' échéance (aussi appelée maturité);
– mode de remboursement ou d'amortissement : en une seule fois à l'échéance (in
fine) ou par tranches, ou de façon perpétuelles (mode rare) ;
– le prix de remboursement, c'est-à-dire le montant, en pourcentage du pair, qui sera
remboursé à l'échéance ;
– taux de coupon de l'obligation : il peut être fixe ou variable ou nul (zéro coupon).
Versements périodiques (annuelle généralement) du coupon (intérêt).
– options éventuelles sur une obligation : obligations convertibles,
● Exemples d'obligations : Titres émis par le Trésor américain : Bills 1,
3 et 6 mois (fréquence hebdomadaire), Note 2 ans (fréquence
mensuelle), Note 3 ans (fréquence trimestrielle), Note 5 ans (fréquence
mensuelle), Note 10 ans (10 émissions par an), TIPS (3 émissions par
an)- Agences fédérales US : bullets et discount notes et obligations
Fixbis de la BRI

b- Prix des titres


● Un titre de créance est un actif financier qui procure à son détenteur
(ou coûte à son émetteur) une série de flux monétaires durant son
existence
● Deux type de titres : titre à taux fixe (sensible à la variation du taux
d'intérêt) ; titre à taux variable (insensible à la variation du taux d'intérêt)

● Le prix d'un titre à revenu fixe (P) à un instant donné est égal à la
somme des flux de paiement (io Po) et du principal actualisé au taux du
marché (k).
● Pour un titre à revenu fixe remboursable in fine, ce prix est égal :

18
– P = Σ(io * Po ) / (1+k)t + Po / (1+k)n , t=1.....n
– Sensibilité du prix d'un titre à la variation du taux d'intérêt est égale au rapport de
la variation relative du prix à la variation du taux d’intérêt, c'est l'élasticité prix du
titre , il est exprimé en pourcentage :
– S = (ΔP/P) / (Δi/i)

c- Duration
– Origine : notion introduite pour la première fois par F. MACAULAY en 1938 -
« Some theoretical problems suggested by the movement of interest rate, bond
yield and stock prices in the US since 1856)
– Def : La duration est le temps qu'il faut pour qu'un prêt d'argent apprécié à sa
valeur actuelle soit totalement remboursé ou récupéré par l'investisseur grâce aux
intérêts et aux remboursements du capital payés à des moments différents dans le
temps et ce aux conditions actuelles du marché
– Valeur actuelle d'un titre : somme des flux de paiements en intérêt et principal
actualisés au taux du marché
– Pour un titre à taux fixe remboursable in fine,la valeur actuelle du titre est égale à :
– PA = Σ((io * Po ) / (1+k)t + Po / (1+k)n , t=1.....n
– io : taux d'intérêt à l'émission
– k: taux d'actualisation
– Po : Valeur initiale du titre
– t=1 à n : durée restant à couvrir
– PA : Valeur actuelle
– Duration : somme des flux de paiements actualisés pondérés par l'indice de l'année
divisée par la valeur du titre à l'émission
– Pour un titre à taux fixe remboursable :
– D = ( Σ[((io * Po ) / (1+k)t) + Po / (1+k)n) ] * t ) / Po
– Duration et sensibilité :
– S = D / -(1+k)
– Duration d'un portefeuille : somme pondérée des durations des titres le composant
:
– D = Σ (wi * Di); i=1 à n , i indice du titre , wi: pondération

19
I-2-2 Marché des changes: Caractéristiques et Instruments
a- Caractéristiques
– Lieu de confrontation des offres et des demandes (achat/vente) de devises, c'est à
dire des moyens de paiements de différents pays
– Marché subdivisé en deux compartiments :
– marché interbancaire des changes : comptant, livraison différée, swaps
cambiste, options. Les opérations sont conclues de gré à gré (OTC ou Over
The Counter) et le marché est international
– marchés organisés des changes : achat et vente de contrats de devises
standardisés (montant - échéance) à terme ferme (future)
– Marché Ordre d'importance au niveau mondial : près de 3000 milliards de dollars
échangés quotidiennement
– Marché en continu, décentralisé (excepté futures et options)
– Marché liquide et ouvert à tous les acteurs pour les devises majeures

● Statistiques : contrepartie en pourcentage par devise dans le total des


transactions en 2004:
● US Dollar : 89%
● Euro : 37%
● Yen : 20%
● Livre sterling : 17%
● Franc Suisse : 6%
● Dollar canadien : 4%
● Principaux marchés : Londres, New York, Tokyo, Singapour, Francfort
..........
●Intervenants :
- Banques commerciales et banques d'investissement
- Banques centrales
- Institutions financières non bancaires
- Clientèle privée
● Animateurs : cambistes, courtier, corporate traders
● Fonctionnement : Salle des marchés (dealing room): front office, lieu de
négociation :
Middle office : suivi des risques, validation et enrichissement des opérations
négociées au front office,
Back office : vérification des transactions effectuées, dénouement des
opérations

b- Instruments dérivés des changes


– les opérations à terme ou contrats forward
●opérations à terme sec : opération consistant à acheter ou à

20
vendre une devise pour une échéance déterminée.
● Swap : un swap est une opération qui comporte une transaction
au comptant complétée par une transaction inverse simultanée à
une échéance déterminée.
– les options de change : définition : actif financier qui confère à son détenteur un
droit d’acheter ou de vendre une quantité déterminée d’une devise contre une
autre à un prix fixé d’avance, appelé prix d’exercice. Il peut donc s’agir d’une
option d’achat (call) ou d’une option de vente (put). En contrepartie du droit
accordé par l’option, l’acheteur paye immédiatement à l’émetteur une somme
appelée prime, que l’option soit exercée ou non. Il existe des options dites à
l’américaine (possibilité de les exercer à tout moment pendant leur durée de vie) et
celles dites à l’européenne (possibilité de les exercer seulement à l’échéance). Les
options peuvent faire l’objet d’une négociation de gré à gré sur le marché
interbancaire ou dans le cadre d’un marché standard organisé (part marginale).
● les contrats « future »:
Les contrats « Future » sont représentatifs d’engagement du vendeur de
livrer et l’acheteur de recevoir une certaine quantité de devises à un prix
déterminé le jour de la négociation du contrat
contrats standardisés : échéance, quantité de devise négociée, date de
livraison ou de réception. Possibilité d’annuler ou de compenser
l’engagement avant l’échéance par une seconde transaction inverse à la
première.

II-2-3 Marché monétaire : Caractéristiques, Instruments


a- Caractéristiques

● Organisation :
● compartiments du marché monétaire :

- le marché interbancaire
- le marché des titres de créances négociables
- le marché des produits dérivés.
● marché de gré à gré
– Prêts et emprunts en blanc sans garantie ;
– Pension livrée : Repo (diminutif de"repurchase agreement") ou Reverse
Repo.
● Instruments traits:
- billets de trésorerie
- certificats de dépôts
- bons à moyen terme.

21
● Intervenants :
1. Etablissements de crédit,
2. Banques centrales
3. Trésors
4. Compagnies d'assurance
5. Gestionnaires de fonds
6. Grandes entreprises

● Taux indicatifs du marché monétaire publiés quotidiennement


- T4M ,TMM :taux mensuel moyen du marché monétaire (généralement
le taux moyen des pensions au jour le jour
- TAM : taux annuel monétaire, taux de rendement d'un placement
mensuel renouvelé sur 12 mois à intérêts
- FED funds ;
- Libor Euro, Libor dollar : moyenne arithmétique de taux offerts par les
banques de référence des places de Paris, Londres, ....

b- Instruments

● les FRA, acronyme de Forward Rate Agreement , contrat de gré à gré


permettant de fixer un taux interbancaire dans le futur, par exemple un taux à 3
mois dans deux mois.
● les Swaps de taux d'intérêt, c'est-à-dire des contrats d'échange de taux
d'intérêt, généralement d'un taux fixe contre un taux variable, basés :
1. soit sur des taux au jour le jour constatés et publiés par une banque
centrale ou un organisme professionnel (ex : EONIA) ;
2. soit sur les taux des prêts interbancaires en blanc publiés par une banque
centrale ou un organisme professionnel (ex : les IBOR Interbank Offered
Rate)
3. les contrats à terme, et options sur contrats à terme qui se transigent sur des
marchés organisés comme le LIFE ou Eurex.

III- Marché Financier Régional :

Partie 1 : L’UMOA & BCEAO

22
14 novembre 1973: signature du Traité constituant l'Union Monétaire Ouest Africaine
(UMOA) comprenant le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le
Sénégal, le Togo auxquels s'est jointe la Guinée-Bissau en 1997.
- Les organes qui assurent le fonctionnement de l'UMOA :
-La Conférence des Chefs d'Etat;
- Le Conseil des Ministres;
- La Commission Bancaire;
– Le Conseil Régional de l'Epargne et des Marchés Financiers

La Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) est l'Institut


d'émission commun aux huit (8) Etats membres de l’Union. La BCEAO est un
établissement public international dont le siège est fixé à Dakar. Outre l'émission des
signes monétaires dans les Etats membres de l'Union dont elle a le privilège exclusif,
la BCEAO a en charge:
- la centralisation des réserves de devises de l'Union
- la gestion de la politique monétaire des Etats membres de l'Union
- la tenue des comptes des Trésors des Etats de l'Union
- la définition de la loi bancaire applicable aux banques et aux établissements
financiers

Missions et Objectifs de la BCEAO


– Emission monétaire
– La politique monétaire
– L’organisation et la surveillance de l’activité bancaire
– L’assistance aux Etats membres
– Autres activités

La politique monétaire :
Le dispositif de gestion de la monnaie et du crédit dans l'Union Monétaire Ouest
Africaine est basé sur des mécanismes indirects de régulation de la liquidité
privilégiant les procédures et instruments de marché. Il a pour ultime objectif la
sauvegarde de la valeur interne et externe de la monnaie.
Relativement à cet objectif, la politique monétaire de l'UMOA vise essentiellement à
assurer un meilleur contrôle de la liquidité globale de l'économie et à promouvoir la
mobilisation de l'épargne ainsi que son allocation optimale à l'intérieur de l'Union. Ce
faisant, il en résulte un financement sain et adéquat des économies, sans pression
excessive sur la monnaie centrale qui doit conserver son caractère de ressource
d'appoint.

- Instruments de politique de la monnaie et du crédit


- 1. Ajustement de la liquidité globale de l'économie

23
Les principaux instruments de contrôle de la liquidité bancaire dans l'UMOA sont les
suivants :
- le programme monétaire de la BCEAO ;
- la politique des taux d'intérêt ;
- le système des réserves obligatoires.

1-1 Programme monétaire de la BCEAO

Institué depuis 1975 sous l'appellation de concours global, le programme monétaire a


conservé sa philosophie de base, à savoir contrôler l'expansion globale des crédits en
ajustant la liquidité de l'économie en fonction de l'évolution attendue des agrégats
réels (PIB, prix, finances publiques, balance des paiements), de la situation monétaire
(masse monétaire et ses contreparties) et des objectifs d'avoirs extérieurs fixés par le
Conseil des Ministres de l'UMOA. L'approche est fondée sur l'idée que l'épargne
étant insuffisante dans l'Union au regard des besoins à financer, l'apport de ressources
monétaires est un complément essentiel pour le développement des emplois
bancaires. Lorsque la situation monétaire et celle des prix l'exigent, la Banque
Centrale peut influencer l'évolution des crédits bancaires en ajustant le niveau de ses
propres concours à l'Etat et à l'économie. Autrefois instrument normatif d'appui à la
politique d'encadrement de crédit, le programme monétaire constitue aujourd'hui un
cadre privilégié de détermination des objectifs intermédiaires indicatifs pour la
plupart et de suivi de la mise en œuvre de la politique monétaire.

1-2 Politique de taux d'intérêt

Outre son apport dans la mobilisation de l'épargne en vue d'un financement sain des
économies, la politique des taux d'intérêt contribue à l'utilisation optimale des
ressources financières à l'intérieur des Etats de l'Union. Ainsi, la politique des taux
d'intérêt mise en œuvre en octobre 1989 et renforcée depuis le 1er octobre 1993 avec
la rénovation du marché monétaire, s'attache à promouvoir le recours à la politique
d'open-market, le marché interbancaire et la libéralisation des conditions de banque.
Elle s'articule autour des taux directeurs applicables aux principaux guichets de
refinancement à savoir, le taux d'escompte pour le guichet de réescompte qui est une
procédure d'achat définitif d'effets à douze mois au plus, le taux de pension qui est
une procédure d'achat temporaire d'effets pour 30 jours au plus et le taux du marché
monétaire par appel d'offres à sept jours.

1-3 Système des réserves obligatoires

Prévu par les statuts de la Banque Centrale et les Directives de Politique Générale de
la Monnaie et du Crédit issues de la Réforme de 1975, comme instrument destiné à
compléter le dispositif de contrôle de la liquidité bancaire, le système des réserves
obligatoires est entré en application à compter du 1er octobre 1993, en substitution de

24
l'encadrement du crédit. Conformément aux dispositions arrêtées, l'assiette et les
coefficients de réserves varient en fonction des impératifs de la politique monétaire.
Au démarrage, il a été retenu, pour les banques, un système d'assiette mixte, assis sur
les dépôts à vue et les crédits à court terme (hors crédits de campagne). Depuis le 16
avril 2000, les crédits de campagne et les créances brutes des banques sur l'extérieur
ont été introduits dans l'assiette. Le choix de l'assiette mixte tient compte de la
diversité des situations de liquidité dans les pays de l'Union et procède de la
préoccupation de consolider la collecte des dépôts à terme de manière à favoriser la
mise en place de crédits à moyen et long termes.
Les coefficients de réserves, fixés à l'origine à 1,5% pour les banques, ont varié selon
les pays dans une fourchette allant de 1,5% à 9,0% en fonction de l'évolution de la
conjoncture. S'agissant des autres établissements assujettis, en l'occurrence les
établissements financiers distributeurs de crédit, l'assiette est constituée de l'encours
des crédits octroyés, diminué des concours obtenus auprès du système bancaire. Pour
ces établissements, le coefficient est fixé à 5,0% et est demeuré inchangé depuis
1993.
-2. Contrôle de la qualité du crédit distribué

Le régime des autorisations préalables institué en 1975 a été abandonné en 1989 et


remplacé par un système d'accords de classement qui constitue un outil de contrôle a
posteriori de la qualité des crédits distribués par le système bancaire. L'Institut
d'émission laisse aux banques l'entière responsabilité des crédits qu'elles octroient,
mais en contrepartie seules les créances bancaires bénéficiant d'un accord de
classement peuvent être mobilisées auprès de la Banque Centrale. L'accord de
classement consiste pour la Banque Centrale à effectuer une analyse financière des
entreprises bénéficiaires de crédit, selon des critères connus du système bancaire, afin
de déterminer la qualité du risque qu'elles représentent. En vue de préserver la
liquidité des établissements de crédit ainsi que la qualité de leur portefeuille, il est fait
obligation aux banques de respecter un rapport minimum entre leurs actifs bénéficiant
d'un accord de classement et le total des crédits octroyés. Ce rapport, dit "ratio de
structure du portefeuille", est fixé à 60%.

25
Partie 2 : Marché Financier Régional:
– Organisation et Fonctionnement
– Bourse Régionale des Valeurs Mobilières

I- Organisation

Le 17 Décembre 1993, mandat a été donné à la BCEAO par le Conseil des Ministres
de l'Union de conduire le projet de création d'un marché financier régional.
En Septembre 1998, finalisation du projet et Démarrage des activités de la Bourse
Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), installée en Côte d'Ivoire et disposant
d'une antenne dans chacun des pays membres de l'Union.
La création d'un marché financier régional a été justifié par :
– le besoin croissant de financement à moyen et long terme des entreprises
– l'amenuisement des ressources extérieures depuis notamment la crise de
l'endettement, dans un contexte marqué par une stagnation des recettes fiscales;
– l'absence de produits financiers adaptés aux besoins des investisseurs
institutionnels;
– la faible mobilisation de l'épargne qui crée un décalage entre capacités et besoins
de financement préjudiciable à un financement harmonieux de l'économie.
Les objectifs poursuivis se déclinent comme suit :
– renforcement, diversification et approfondissement du système financier dans les
Etats de l'Union en vue de relever les niveaux de l'épargne intérieure et de
mobilisation des capitaux extérieurs
– allocation plus efficiente des ressources financières dans la sous-région
– renforcement de la structure financière des entreprises au travers une mobilisation
accrue des capitaux de long terme
– réduction des coûts de l'intermédiation financière

- Organisation du marché financier régional :

Le marché comporte deux pôles : un pôle public et un pôle privé

Pôle public : Le Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers


(CREPMF), installé le 20 novembre 1997. Son rôle est de préserver l'intérêt général
en garantissant la sécurité et l'intégrité du marché ; en protégeant l'épargne investie en
valeurs mobilières et en tout autre placement donnant lieu à une procédure d'appel
public dans l'ensemble des Etats membres de l'Union
Equivalents dans le monde : Securities Exchange Commission (SEC) aux USA,
Autorité des Marchés Financiers, Conseil des Marchés financiers et Conseil de
discipline de la gestion financière en France
Le CREMF est un des Organes de l'Union, il est composé comme suit :
- un représentant de chaque Etat de l'Union nommé par le Conseil des Ministres;

26
-le Gouverneur de la BCEAO ou son représentant;
-le Président de la Commission de l'UEMOA ou son représentant;
-un magistrat spécialisé en matière financière, nommé par le Conseil des Ministres
sur une liste proposée par le Président de la Cour de Justice de l'UEMOA ;
-un expert comptable réputé, nommé par le Conseil des Ministres sur une liste
proposée par le Président de la Cour des Comptes de l'UEMOA.
Les membres du Conseil nommés par le Conseil des Ministres ont un mandat de trois
ans renouvelable une fois. Il, comprend trois organes, le Président nommé par le
Conseil des Ministres, le Comité Exécutif présidé par le Président et comprenant en
outre le Gouverneur de la BCEAO ou son représentant et deux autres membres élus
et le Secrétariat Général chargé de l'exécution des décisions du Conseil.
Le Conseil a pour compétence et attribution :
– octroi d'un visa à tout appel public à l'épargne
« est réputé faire appel public à l'épargne les Etats ou toute entité dont les titres
sont disséminés au travers d'un cercle de cent personnes au moins, n'ayant aucun
lien juridique entre elles, qui, pour offrir au public de l'UMOA des produits de
placement, ont recours à des procédés quelconques de sollicitation du public, au
titre desquels figurent notamment la publicité et le démarchage, dont les titres sont
inscrits à la cote de la BRVM ». NB : Exception à la formalité de visa pour les
emprunts émis ou garantis par un Etat ou un groupe d'Etats de l'UMOA qui sont
soumis à une simple formalité d'enregistrement.
– habilitation des structures du pôle privé du marché : le Conseil autorise les
intervenants professionnels (personnes physiques), délivre les cartes
professionnelles et établit la liste des commissaires aux comptes devant certifier
les états financiers des structures relevant de sa tutelle.
– édicter des règlements pour régir le fonctionnement du marché financier ;
– prendre des instructions pour préciser la portée et les modalités pratiques de mise
en œuvre des dispositions réglementaires, dans le sens de la sauvegarde de l'intérêt
général, notamment en matière de publicité, de production "d'informations et
d'états financiers ;
– instruire les plaintes concernant des manquements préjudiciables aux droits des
épargnants et au fonctionnement régulier du marché,
– concilier et arbitrer les différends pouvant opposer des intervenants institutionnels
ou commerciaux à l'occasion des relations professionnelles,
– contrôle des intervenants et des opérations qu'ils effectuent;
– vérification par des contrôles sur pièces et sur place du respect par les émetteurs
de titres des obligations auxquelles ils sont soumis en matière d'appel public à
l'épargne
– pouvoirs de sanctions pécuniaires, administratives et disciplinaires, sans préjudice
des poursuites judiciaires. Ces sanctions sont immédiatement exécutoires et de
plein droit sur l'ensemble des territoires des Etats membres. ers des structures
relevant de sa tutelle.

27
Pôle privé :
1. Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) : démarrage de la bourse en
septembre 1998. La BRVM est une société anonyme disposant d'un capital de
2.904.300.000 francs CFA (part des Etats de l'Union : 13,5%) , bénéficiant d'une
concession de service public, selon des conditions définies par le Conseil des
Ministres de l'Union (option visant à combiner un fonctionnement conforme aux
règles du droit privé avec les exigences d'un service public, assorti d'un monopole).
Ses principales missions sont : organisation du marché boursier, publication des
transactions boursières, diffusion des informations sur la Bourse, promotion et le
développement du marchés. ers des structures relevant de sa tutelle.

Organisation de la BRVM : Siège situé à Abidjan en Côte d'Ivoire et Antennes


Nationales de Bourse (ANB) dans chaque Etat membre de l'Union, liaison
électronique entre Siège et les ANB, connexion à ce système du Dépositaire Central
Banque de Règlement.
Les ANB sont chargées d'assurer les relations publiques de la Bourse Régionale et du
Dépositaire Centrale / Banque de Règlement avec les agents économiques au niveau
national, de diffuser les informations du marché, d'assister les intervenants du
marché, notamment les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation et d'assurer la
promotion du marché financier au niveau local.
De façon plus spécifique, leur rôle consiste à l'acheminement des ordres des SGI vers
le site central et le retour des réponses du site central vers les SGI, puis la gestion des
échanges d'informations entre le site central et les opérateurs commerciaux

2. Le Dépositaire Central/Banque de Règlement ( DC/ BR):


Démarrage de ses activités en septembre 1998, le DC/ BR est une Société anonyme,
distincte de la BRVM, au capital détenu majoritairement par le secteur privé dont les
intermédiaires de bourse. Il a pour mission d'assurer la gestion centralisée des
comptes-titres des SGI ouverts dans ses livres, les compensations des mouvements de
titres et le rôle de Banque de Règlement. Il assure a cet effet, la gestion du processus
règlement-livraison dans son ensemble; les paiements liés à la détention de valeurs
mobilières (intérêt, remboursement, dividendes, etc.); l'intégrité et la continuité du
Marché Régional, en garantissant notamment le règlement de l'ensemble des
transactions(existence d'un fonds de garantie du marché visant à prévenir les défauts
de livraison ou de paiement des adhérents, à travers ce fonds, le DC/BR se substitue,
le cas échéant, à l'adhérent défaillant).
Organisation : Siège du DC/BR localisé à Abidjan, et il est représenté dans chaque
Etat membre par l'Antenne Nationale de Bourse, le DC/BR est doté d'un système
informatique relié à celui de la BRVM par une interface électronique
3. Les intervenants commerciaux :
Il s'agit de structures privées relativement légères, constituées d'une majorité de
participants non contrôlés par les banques, en vue d'instituer une diversification des

28
intermédiaires et d'instaurer une plus grande concurrence au sein du système financier
:
- Les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation (SGI) :
Sociétés commerciales privées, constituées par les opérateurs économiques y compris
les banques. Elles sont actionnaires de la bourse et du dépositaire central et sont
dotées, au démarrage de la bourse, d'un double monopole, celui de l'intermédiation
boursière et celui de la tenue des comptes-titres. Elles fixent librement leurs tarifs
sous réserve de leur homologation par le Conseil Régional.

- Les transmetteurs d'ordres (apporteurs d'affaires) : en général les banques,


mais ouvert à des établissements indépendants après habilitation du Conseil Régional
: réception ordre des clients et leur transmission aux SGI contre une rémunération,
représentée par une rétrocession des courtages et des commissions périodiques de
tenue de comptes, perçus par les SGI.

- Les gestionnaires de portefeuille ou de patrimoine: titulaires de mandats de


gestion par lesquels le propriétaire d'un compte leur donne procuration pour acheter
et vendre des titres en ses lieu et place. Cette fonction est exclusivement ouverte aux
titulaires d'une carte professionnelle délivrée par le Conseil Régional. Les
gestionnaires sont des individus ou des sociétés

- Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) :


organismes spécialisés de placement collectif en valeurs mobilières, ils peuvent être
des structures sans personnalité juridique propre. Dans ce cas, ils sont gérés par une
société de gestion de patrimoine.

Exemple : SOAGA : Société ouest africaine de gestion d'actifs- SA - Capital 500


millions FCFA, (actionnaires : BOAD, CRAE, PROPARCO, AFRICAN
MERCHANT BANK, ECOBANK TRANSNATIONAL, BOA BENIN... - Société de
gestion d'actifs : prise de participation, emprunts obligataires, billets de trésorerie...;
OPCVM, Fonds commun de placement, SICAV (Gestion d'un fonds ouest africain
d'investissement baptisé SICAV Abdou DIOUF doté d'un capital de 8,5 milliards,
créé en avril 2003 , ayant en portefeuille des actions, des liquidités, des obligations...,

II- Fonctionnement du marché financier régional


- Offre de produits financiers
- Visa, Cotation
- Principes de fonctionnement
- Modes opératoires
- Performance

1. Offre de produits financiers:

29
3 types de produits financiers :
1. Actions
2. Obligation
3. Droits : Les droits de souscriptions confèrent à un actionnaire ordinaire,
le droit d'acheter de nouvelles actions à un prix fixé à l'avance..

2. Visa et Cotation
Visa : Conditions d’obtention
L'émission de titres sur le marché financier régional réalisée principalement par voie
d'appel public à l'épargne nécessite l'autorisation préalable du Conseil Régional à
travers l’octroi d’un visa, conformément à la réglementation en vigueur.
Obligation est faite à l’émetteur d’élaborer une note d'information soumise au visa du
Conseil Régional avant sa diffusion dans le public. Le dossier soumis à l'appréciation
du Conseil comporte des renseignements sur l’émetteur (dénomination, répartition du
capital, statuts, activités, organisation etc.) ; les caractéristiques de l'opération; les
états financiers certifiés des trois derniers exercices ainsi que les comptes
d'exploitations prévisionnels des cinq exercices suivant celui de l'émission.

Cas particulier des émissions obligataires :


Pour les entreprises, seules celles constituées sous forme de sociétés anonymes ayant
deux années d'existence, qui ont établi deux bilans régulièrement approuvés et dont le
capital social est entièrement libéré sont autorisées
Obligation pour les émissions obligataires sur le marché financier financier régional
d'une garantie à première demande couvrant la totalité de l'émission

Conditions d’admission à la côte de la BRVM

Cas des titres de capital :


► Conditions générales:
● constitution sous la forme de société anonyme;
● engagement écrit de l'émetteur de diffuser les informations requises par la
Bourse, en particulier la publication des comptes annuels au Bulletin officiel de
la cote (BOC) ;
● engagement écrit de l'émetteur de participer à l'organisation du marché,
notamment financièrement;
● engagement écrit de l'émetteur de se soumettre à la réglementation de la
Bourse;
► Conditions d'admissibilité au premier compartiment:
● représenter une capitalisation boursière de plus de 500 millions de F CFA;
● avoir une marge nette sur chiffre d'affaires, sur chacune des trois dernières
années de 3,0% ;

30
● présenter cinq (5) années de comptes certifiés;
● s'engager à signer un contrat d'animation de marché;
● diffuser dans le public au moins 20% de son capital, dès l'introduction en
bourse; s'engager à publier au bulletin officiel de la cote des estimations
semestrielles de chiffres d'affaires et de tendances de résultats;

► Conditions d'admissibilité au second compartiment :


● présenter une capitalisation boursière de plus de 200 millions de F CFA;
● présenter 2 années de comptes certifiés;
● s'engager à signer un contrat d'animation de marché ;
● s'engager à diffuser dans le public au moins 20% de son capital dans un délai
de deux ans, ou 15% en cas d'introduction par augmentation de capital

- Admission à la cote pour les titres de créances :


● engagement écrit de l'émetteur de diffuser les informations requises par la
Bourse, en particulier la publication des comptes annuels au Bulletin officiel de
la cote;
● l'engagement écrit de l'émetteur de participer à l'organisation du marché,
notamment financièrement;
● l'engagement écrit de l'émetteur de se soumettre à la réglementation de la
Bourse Régionale;
● le nombre minimal de titres à l'émission est de 25.000 ;
● la valeur nominale minimale de l'émission est de 500 millions
Il est à noter que les emprunts des Etats de l'UEMOA sont admis de plein droit à la
cote.

3. Principes de fonctionnement de la BRVM:


● Le marché est de type centralisé, dirigé par les ordres (le cours d'une valeur est
déterminé par la confrontation des ordres d'achat et de ventes collectés avant la
cotation);
● Une cotation par la méthode de fixing : détermination d’un cours unique suite à
la confrontation de tous les ordres d'achat et de tous les ordres de vente
concernés. Ce cours est déterminé une fois par séance. 5 séances organisées par
semaine (méthode de fixing abandonnée dans les grandes bourses au profit
d'une cotation en continu)
● Un marché au comptant : pour passer un ordre de vente, il faut disposer des
titres; pour passer un ordre d'achat, il faut justifier des disponibilités

31
financières. Cet élément est de nature à accroître la sécurité de fonctionnement
du marché en limitant les dérives spéculatives
● Des transactions irrévocables, sans confirmation: la saisie des ordres par les
SGI est, une fois validée par elles-mêmes, irrévocable. Rapprochement des
ordres d'achat et de vente par le système informatique central en vue de
déterminer le cours d’équilibre, au mieux des intérêts du marché, sans
demander de confirmation aux SGI ;
● une garantie de bonne fin des transactions, avec l'institution d'un Fonds de
Garantie et de limites à la fluctuation des cours: la garantie de bonne fin des
transactions nouées sur le marché assure à la SGI qui achète, la certitude de
recevoir ses titres et à la SGI qui vend, celle de recevoir le règlement. Si une
défaillance intervient durant le processus de règlement livraison, le Fonds de
Garantie du Marché s'y substitue pour assurer le dénouement correct de la
transaction. Le Fonds de Garantie du Marché est alimenté par une contribution
des SGI, assise sur le volume de leurs transactions.
Par ailleurs, des limites inférieures et supérieures des cours sont déterminées, avec la
possibilité d'une suspension des cotations d'un titre. L'ensemble de ces mécanismes
est appuyé par une réglementation réprimant les délits d'utilisation d'informations
confidentielles
● Procédures de règlement / livraison :
Titres dématérialisés, Compensation liée aux opérations impliquant des
mouvements sur titres et sur les espèces est assurée par le Dépositaire
central/Banque de règlement. qui gère de manière centralisée, les comptes-titres
des SGI et assure à cet effet les compensations. Il assume également le rôle de
Banque de Règlement pour lequel il s'est attaché les services d'une banque
commerciale de l'Union. Le processus de règlement-livraison se déroule selon les
principes ci-après : -le transfert de propriété des titres est effectué à la date de la
négociation; la livraison des titres et le règlement des espèces sont concomitants; -
le dénouement a lieu un nombre fixe de jours après la transaction (J + 5 au départ
pour un objectif de J + 3 à terme) ; l'irrévocabilité des mouvements comptables..
les mouvements scripturaux, concernant aussi bien les titres que les fonds, sont
irrévocables

4. Modes opératoires:

Démarrage activités de la BRVM : 16 septembre 1998, avec 3 cotations


hebdomadaires : Lundi; Mercredi et Vendredi
Premier système de cotation : Cotation Electronique Centralisée (CEC) : Les SGI
acheminet leurs ordres de bourse à l'Antenne Nationale se trouvant dans leurs pays.
L'Antenne se charge ensuite d'acheminer au site central de la BRVM où s'effectue les
saisies

32
24 mars 1999 : Passage à la cotation électronique décentralisée
12 novembre 2001 : Passage à une cotation quotidienne, 5 séances toutes les
semaines- Les jours fériés respectent la législation du pays où se trouve le siège de la
BRVM, la Côte d'Ivoire

Cotation Electronique décentralisée : Saisie des ordres dans le système de


négociation par les agents des SGI dans les ANB, Cotation et Négociation au site
central, Impression des rapports de transaction par les SGI dans les
ANB,Préparation du BOC et des rapports du DC/BR au site central,Transmission du
BOC et des rapports de la séance aux SGI via les ANB

Négociation au comptant : le fixing:


Processus visant à déterminer le cours coté d'une valeur donnée. Elle se traduit par la
confrontation de tous les ordres préalablement enregistrés , en vue de la
détermination d'un cours unique pour chaque valeur. Critères de détermination du
cours :
● Maximisation des volumes échangés
● Si deux ou plusieurs cours sont établis, le cours retenu est celui qui minimise le
nombre de titres non servis
● Si plusieurs niveaux de prix répondent aux deux précédents critères, le cours
du fixing correspond au prix qui se rapproche le plus du dernier cours côté
● Si après avoir appliqué tous les trois critères, il existe encore une parité entre
deux niveaux de prix, le cours retenu sera le cours le plus élevé

- Dénouement des transactions : Transactions dénouées 5 jours ouvrés après la


cotation
Cotation- négociation au niveau de la BRVM > Transfert électronique et mise à jour
des comptes adhérents (système DC-BR ) > Vérification des mises à jour du DC-BR
, édition des rapports préliminaires par les SGI au niveau des ANB > Edition des
rapports de confirmation (T+1) > T+5 Réglements des transactions par le DC-BR
> Editions des rapports de réglements (T+5) par les SGI au niveau des ANB

5- Performances :

- Bulletin officiel de la côte (BOC):

Cote : Ensemble des cours officiels d'une séance de bourse


Indice boursier : Il donne les tendances (hausse, baisse...) du marché. 2 indices à la
BRVM : BRVM 10 (composé des 10 titres les plus actifs, il est révisé tous les
trimestres) et le BRVM composite (représentant l'ensemble des actions ordinaires
cotés)- Des indices sectoriels sont également calculés et suivis

33
Structuration du BOC :
BRVM 10, BRVM Composite (niveaux fermeture, variation, niveau de fermeture
précédente, Capitalisation boursière, Indices sectoriels : Niveaux et variation ;
Sommaire du marché : action, obligation, droits; Titres les plus actifs; Plus fortes
hausse, plus fortes baisses
Indices boursiers internationaux; Coupons annoncés
Marché des actions : symbole, titre, quantité, Cours (achat/Vente), cours du jour,
volume, valeurs, cours précédent, cours de référence, ....
Marché des obligations:symbole, titre, quantité, cours, volume, valeurs, coupons
courus, type amortissement......
Marché des droits

● Performances :

Marché primaire (en millions de FCFA)


1998 2004
Emprunts obligataires privé 2000 30500
Emprunts obligataires publics 57120 65000
Offre publique d'achat
Offre publique de retrait
Offre publique de vente 8845 11800
Offre publique d'échange
Placement étranger
Placement priv é d'action
Total 60229 107300

Marché secondaire (en millions de FCFA)


1998 2004
Volume de transactions 489163 3025032
Valeur des transactions 10,6 37,2
Capitalisation boursière (en milliards) 1018,9 1283,5
Marché des actions 1018,9 1005
Marché des obligations 278,5
BRVM 10 94,61 102,7
BRVM Composite 98,05 87,61
Nombre de sociétés cotées 35 39
Nombre de lignes d'obligations 13 16

34
Partie 3 : Marché Monétaire & Opérations de refinancement

1 Le Marché Monétaire

2. Opérations de Refinancement

3. La titrisation des concours consolidés

I- Marché monétaire

Au sens strict : marché de l'argent au jour le jour ou à très court terme


Au sens large : élargissement au TCN –
En octobre 1993, il a été mis en place un nouveau dispositif de gestion monétaire
privilégiant des instruments indirects et accordant une importante place au marché
monétaire, lieu privilégié de régulation de la liquidité
A partir de juillet 1996, le marché monétaire est subdivisé en 3 compartiments:
Adjudications périodiques, Marché interbancaire, marché primaire des émissions de
titres

I-1 Adjudications périodiques

Modes d’intervention de la Banque Centrale : injection (concours de la BCEAO aux


intervenants); reprise de liquidités (emprunt auprès des intervenants

Modes opératoires : Opérations organisées à l'initiative de la Banque Centrale


Participants : banques, établissements financiers, BOAD, caisses d'épargne justifiant
d'une autonomie de gestion, Trésor, institutions financières mutualistes et
coopératives disposant d'un compte courant ordinaire à la BCEAO.
Durée de l'adjudication: généralement 7 jours pour les injections et 28 jours pour les
reprises.
Le type d'intervention de la Banque Centrale (injection ou reprise) et les montants
mis en adjudication sont déterminés en fonction de l'évolution prévisible de la
liquidité bancaire et de son impact sur les taux d'intérêt à court terme.

I-2 le Marché interbancaire

Marché où les banques, à l'échelle de l'UMOA, compensent quotidiennement leurs


déficits et excédents respectifs en monnaie centrale moyennant un taux d'intérêt
librement négocié, indexé sur les taux d'intérêt du marché d'adjudication de la
BCEAO.

35
Relativement au nouveau mécanisme de gestion monétaire, ce compartiment est en
voie de dynamisation, les adjudications hebdomadaires organisées par la BCEAO ne
servant qu'à réguler à la marge les transactions sur l'interbancaire
Échéance des prêts contractés : 1 jour à 12 mois
Opérations conclues en blanc, sans garantie notamment pour les prêts à courte durée
Possibilité d’intervention directe de la BCEAO et de manière discrétionnaire, dans le
cadre de sa politique d’open market, aux conditions de taux d'intérêt résultant du
profil des transactions.

I-3 le Marché primaire des émissions de titres de créances négociables (TCN)

Définition : Les titres de créances négociables (TCN) sont des titres émis au gré de
l'emprunteur représentant chacun un droit de créance pour une durée donnée. Ils
correspondent à des dépôts à terme représenté par la remise de fonds par le
souscripteur qui obtient en retour un droit à remboursement à l'échéance convenue.
Les TCN peuvent être matérialisés par des documents représentant le droit de la
créance. Ils peuvent également être dématérialisés; dans ce cas, le droit de la créance
est représenté par inscription en compte d'un intermédiaire habilité.
Catégories de TCN : Les titres de créances négociables (TCN) comprennent les
billets de trésorerie (émis par les entreprises), les certificats de dépôts (émis par les
banques), les bons des établissements financiers et les bons des institutions
financières régionales et les bons du Trésor. Ces catégories de TCN sont définies en
fonction de la nature de l'émetteur.
L'émission de TCN est subordonnée à l'agrément par la BCEAO du programme de
l'émetteur délivré sur la base notamment des garanties de solvabilité offertes. La
durée de vie des billets de trésorerie s'échelonne de 7 jours à 2 ans, celle des autres
titres de 7 jours à 7 ans. La souscription des titres est ouverte à tous les investisseurs
personnes physiques ou morales, résidentes ou étrangères.

Bons de la Banque Centrale : titres émis dans le cadre de la mise en œuvre de la


politique monétaire par l'Institut d'émission et négociable sur le marché monétaire de
l'UMOA. Les bons BCEAO sont émis par voie d'adjudication à taux variables, les
souscriptions étant réservées aux banques et établissements financiers de l'Union.
L'émission de ces bons visent à réguler la liquidité bancaire.

Bons du Trésor : titres à court terme négociables sur toute l'étendue du territoire des
États membres de l'UEMOA, émis par ceux-ci, dans le cadre du financement de leurs
besoins de trésorerie selon un calendrier d'émission arrêté de concert avec l'Institut
d'Emission, notamment par voie d'adjudication avec le concours de la BCEAO
Bons en compte courant à la Banque Centrale : Montant maximum des émissions
déterminé trimestriellement par le Ministre chargé des Finances du pays de l'Union
concerné, de concert avec la Banque Centrale, et en considération principalement de

36
l'évolution prévisible des recettes et dépenses dudit pays. Ces bons sont
dématérilaisés, leur souscription primaire est réservée, par voie d'adjudication, aux
banques, aux établissements financiers ainsi qu'aux organismes régionaux disposant
d'un compte courant à la Banque Centrale. La BCEAO assure, à travers un comité
d'adjudication comprenant 3 représentants de la Banque Centrale et 3 représentants
du Ministère des Finances pour le compte du Trésor, l'organisation matérielle des
émissions. Ce comité procède entre autres au dépouillement des offres. Échéance des
bons: 7 jours à deux ans -Valeur nominale unitaire des bons est fixée à 1 millions de
F CFA ou en multiple de ce montant.

Certificats de dépôt : titres de créances négociables sur le marché monétaire de


l'UMOA, émis par les banques, avec une échéance allant de 7 jours à 7 ans
maximum, sous la contrainte du respect du dispositif prudentiel, notamment en ce qui
concerne le ratio de fonds propres sur risques et le coefficient de liquidité.

Bons des établissements financiers : bons émis par les établissements financiers en
règle vis-à-vis du dispositif prudentiel, en particulier l'encours des bons pour un
même établissement financier est limité par le volume de ses emplois effectués sous
forme de crédits à la clientèle et assimilés. Cette limite correspond au plus élevé des
montants ci-après:
- la moitié de la fraction des emplois susmentionnés dont la durée résiduelle est de
deux ans au plus;
- le quart de l'encours de ces emplois.

Bons des institutions financières régionales : titres de créances négociables émis sur
le marché monétaire de l'UMOA par les organismes financiers régionaux agréés par
la Banque Centrale, en particulier la BOAD. Pour chaque émetteur, l'encours des
bons des institutions financières ne peut dépasser 25 % des financements octroyés à
la clientèle (crédit, vente à crédit, crédit-bail, location avec option d'achat ou de
location simple)- Échéance allant de 7 jours à 7 ans.

Les billets de trésorerie : Titres de créances négociables sur le marché monétaire de


l'UMOA, émis par les entreprises autres que les banques et les établissements
financiers, remplissant les conditions ci-après:
- justifier d'un capital dont la partie libérée est au moins égale à 100 millions de
francs CFA;
justifier de trois années d'existence;
- bénéficier d'un accord de classement auprès de la Banque Centrale ou disposer
d'une garantie dont l'opportunité et le montant sont appréciés par celle-ci;
- disposer d'au moins des états financiers des trois derniers exercices, certifiés par un
commissaire aux comptes agréé.

37
Toutefois, toute entreprise peut être habilitée par la Banque Centrale, à titre
exceptionnel, à émettre des billets de Trésorerie. Échéances : 7 jours à deux ans

TABLEAU RÉCAPITULATIF DES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES


DES TITRES DE CRÉANCES NÉGOCIABLES DE L'UEMOA

Caractéristi Bons Bons du Certificat Bons des Bons des Inst Billets
ques BCEAO trésor s de Ets Fin régionales de
dépôt financier trésorer
s ie
Nature des Banques Ets Institutions Entrepr
émetteurs de Financier financière ise
l'UMOA s de régionales de comme
l'UMOA l'UMOA rciales
et
industri
elles
résiden
tes de
l'UMO
A
Agrément Néant Attribué par l'Institut d'Emission après
examen d'un dossier d'agrément,
comprenant un programme annuel
d'émission
Forme des Dématérialisée Matérialisée ou dématérialisée
titres
Valeur 50 1 million 5 millions ou multiple
nominale millions ou
unitaire ou multiple
multiples
Durée 3 7 jours à 7 jours à 7 ans 7 jours
semaines 2 ans à 2 ans
(modulabl
e)
Rémunérati Libre, taux d'intérêt Libre, taux d'intérêt fixe ou variable, intérêt
on fixe ou variable, peut être précompté si l'échéance est d'un an
intérêt précompté au plus

38
Caractéristi Bons Bons du Certificat Bons des Bons des Inst Billets
ques BCEAO trésor s de Ets Fin régionales de
dépôt financier trésorer
s ie
Technique Adjudicati Adjudicat Gré à gré ou placement par appel public à
de ons à taux ion à taux l'épargne
placement multiples multiples
Gestion, Domiciliation Domiciliation obligatoire auprès d'un
domiciliatio exclusive auprès de intermédiaire agréé pouvant être un
n la BCEAO qui assure établissement de crédit, une société de
la gestion des gestion et d'intermédiation ou une
opérations y relative institution financière régionale
Textes Règlemen Règleme Règlement n°96-03 relatif à l'émission de
applicables t n°96-01 nt billets de trésorerie, de certificats de dépôts,
relatif à n°06/200 de bons des établissements financiers et de
l'émission 1/CM/U bons des institutions financières régionales,
de bons UMOA du 5 juillet 1996
de la du 6
Banque juillet
Centrale 2001
du 5
juillet
1996

2 . Opérations de refinancement
2-1 Règles d'admissibilité au refinancement
1 -Concours susceptibles d'être mobilisés auprès de la BCEAO
-Crédits de campagne
-Crédits garantis par des récépissés ou nantissements de marchandises (campagne),
par des warrants commerciaux ou agricoles (crédits de stockage), par des documents
d'expédition usuels (crédits d'exportation), par des délégations ou nantissements de
marchés publics régulièrement enregistrés par les autorités compétentes, par des
délégations sur attestation de droits à paiements délivrées par les mêmes autorités ou

39
par des dépôts de titres agréés par le Conseil d'Administration de la BCEAO.
-Effets commerciaux ou des chaînes d'effets établis à l'occasion de
.
financement de ventes à crédits. -Crédits de trésorerie.

-Effets représentatifs de crédits à moyen terme.

-Effets représentatifs de crédits à long terme n'ayant au plus que 15 ans à courir.
-Effets publics n'ayant plus que 10 ans à courir conformément aux dispositions de
l'article 15 des statuts de la Banque Centrale.
-Effets publics et autres valeurs mobilières agréés par le Conseil d'Administration et
appartenant en propre aux établissements de crédit.
-Obligations cautionnées souscrites à l'ordre des Trésors Nationaux et ayant 4 mois
au plus à courir.
-Titres d'Etat
-Titres de créances négociables:
2 -Critères d'admissibilité des signatures
Pour être admissibles à la Banque Centrale les concours susvisés (à l'exception des
concours à l'Etat) doivent:
-être garantis par deux signatures notoirement solvables: celle du bénéficiaire
(appréciée sur la base du dispositif des accords de classement) et celle du cédant ou
de l'établissement caution (appréciée sur la base du dispositif prudentiel) ;
-être tirés au minimum à 6 jours de date (prise en pension) et 12 jours de date (avance
marché monétaire) ; être tirés au maximum à 6 mois de date, ce délai pouvant
toutefois être porté à 9 mois (crédits de campagne ou de financement de marchés
publics) et à 12 mois (effets représentatifs de crédits à moyen ou long termes) ;
-être représentatifs d'une créance d'une banque ou d'un établissement financier sur
une entreprise opérant dans l'UEMOA et tenant une comptabilité des opérations
qu'elle effectue.
Le respect de ces critères n'entraîne pas automatiquement l'octroi du concours, d'où le
principe de l'incertitude du refinancement.
L'opportunité du refinancement est appréciée par la BCEAO exclusivement sur la

40
base de la réalité du besoin de trésorerie à couvrir par l'établissement.
3 -montant maximum des concours de la BCEAO
Le montant maximum des concours pouvant être consentis par la BCEAO sur la base
de chaque effet ou titre est fixé comme suit:

-l'intégralité de la valeur nominale de l'effet lorsque celui-ci représente au plus 90 %


du crédit initial;
-90 % du crédit initial lorsque la valeur nominale de l'effet excède ce montant;
-90 % de la valeur nominale des titres.
En outre, le montant total des refinancements de la Banque Centrale ne peut excéder
pour une banque ou un établissement financier 35 % de ses emplois.
4 -gestion des effets mobilisés au portefeuille -
Les effets sont remis à la Banque Centrale, accompagnés de bordereaux établis selon
le guichet et l'établissement de crédit concernés. Sur ces bordereaux, sont mentionnés
les numéros des effets, les noms des souscripteurs, les dates d'échéance et les
montants, le nombre de jours et le montant des agios. Les effets sont insérés dans des
enveloppes sur lesquelles figurent le taux, la date de présentation et la date de rachat.
Ils sont ensuite conservés. Cinq jours avant !'échéance, les effets sont sortis et
retournés au cédant pour l'avertir de l'arrivée du terme s'il s'agit du réescompte (mis
en recouvrement). Pour la pension et les avances garanties, il n'y a pas de mise en
recouvrement, le dénouement s'opère automatiquement, la banque peut toutefois
réclamer ses effets par anticipation. La Banque Centrale débite d'office le compte du
cédant, ce dernier étant censé avoir préalablement constitué la provision nécessaire.

2-2 Les différents guichets de refinancement


La mobilisation des effets présentés à la Banque Centrale peut s'effectuer sur l'un des
4 guichets suivants:
-le guichet de prise en pension sur le marché monétaire;
-le guichet de prise en pension ordinaire; ,
-le guichet du réescompte;
-le guichet des avances garanties ordinaires.

Les caractéristiques de ces guichets sont résumées ci-après:

41
Pension Pension Reescompte Avances
Marché ordinaire garanties
monétaire
Inititiative de BCEAO Demandeur Demandeur Demandeur
l'ouverture du
guichet
Conditions Besoin de Besoin de Idem Idem
d'ouverture liquidité du trésorerie
système justifié de
bancaire l'établissement
demandeur
Durée Durée de Mini: 1 jour 10 jours 1 jour
l'adjudication Maxi: 30 jours 180j -270 j –
(actuellement 360 j
7 jours)
Taux Taux de Taux de Taux Taux
soumission au pension d'escompte d'escompte
Marché
monétaire
Décompte Postcompté Postcompte Précompté Postcompté
d'intérêts

ELEMENTS DE DEFINITIONS
Pension :
La pension est l'opération par laquelle un établissement de crédit obtient d'un autre
établissement de crédit, de la banque centrale ou de tout autre agent économique une
avance de fonds, généralement à très court terme, moyennant la remise d'effets
publics ou privés d'une valeur au moins équivalente à celle de l'avance
momentanément consentie. À l'échéance de la pension,l'emprunteur rembourse
l'avance qui lui a été ainsi faite, rémunère le service rendu et reprend les effets qu'il
avait précédemment cédés.

42
Aval en pension :
Les opérations de mobilisation interbancaires portant aussi bien sur des crédits
interbancaires que sur des titres de créances négociables ont été réalisées pendant
longtemps selon la technique de « l'aval en pension ». Ancêtre de l'opération de
pension, l'aval en pension a été défini comme une « opération par laquelle un
banquier ou un établissement financier obtient d'un confrère ou d'un organisme public
de réescompte une avance de fonds, généralement à très court terme, moyennant
remise d'effets publics ou privés, endossés en blanc, d'une valeur équivalente. Un
bordereau descriptif, couramment appelé aval,accompagne les effets et rappelle le
montant, la durée et le terme convenus » .

Vente à réméré :

- La technique de l'aval en pension aurait pu être utilisée pour


mobiliser aussi bien des effets de commerce, des bons duTrésor que des valeurs
mobilières. En fait, l'aval en pension n'a concerné que ces deux premières catégories
de valeurs à l'exclusion d'autres titres, notamment les obligations qui, jusqu'à une
époque récente, ne donnaient pas lieu à des opérations de mobilisation.
- La vente à réméré est un contrat par lequel le vendeur « se réserve le droit de
reprendre la chose vendue ». L'opération de réméré constitue donc une vente assortie
d'une condition résolutoire purement protestative de la part du vendeur. Celui-ci a
toute latitude pour exercer ou non le réméré pendant le délai de cinq ans qui court à
compter du moment où le contrat de vente est définitif.
- La grande faiblesse de la vente à réméré réside dans un éventuel refus du vendeur
d'exercer l'action de réméré au terme de l'opération de mobilisation, ce qui expose le
prêteur de liquidités à un risque de marché sur les valeurs mobilières vendues à
réméré.

Cas de l'UEMOA
Opération de pension dans l'UMOA :

La pension est l'opération par laquelle un établissement cède à la Banque Centrale,


de manière temporaire mais en pleine propriété, des titres de créance ou effets, pour
une valeur de mobilisation déterminée conformément aux règles d'admissibilité au
portefeuille de la Banque Centrale et par laquelle les deux parties s'engagent l'une à
rétrocéder les titres ou effets concernés, l'autre à les reprendre pour le prix de cession,
augmenté des intérêts calculés au taux de la pension. Le cédant n'est pas tenu de
préciser à l'avance la durée de l'emprunt qu'il souhaite contracter au titre de la
pension qui ne peut toutefois excéder 30 jours renouvelable ; le montant brut lui est
versé.

43
La pension est utilisée par les banques et établissements financiers pour couvrir leurs
besoins de liquidité sur une courte période (30 jours au maximum).

La prise en pension est élargie à toutes les valeurs susceptibles d'être réescomptées.
Les valeurs déposées en pension doivent être endossées en blanc par les
établissements remettants, aucune griffe ou mention pouvant témoigner de leur
passage à la Banque Centrale ne doit y figurer.
Les opérations au guichet de la pension s'effectuent au taux de la pension de la
Banque Centrale. La durée de la pension est de un (01) jour au moins et de trente (30)
jours au plus. Les agios sont calculés prorata temporis à la date de dénouement de la
pension.
Le taux de pension en vigueur depuis le 22 mars 2004 est de 4%

Reescompte :
Le réescompte est l'opération par laquelle, un établissement de crédit cède, à son
initiative, à la Banque Centrale, de manière définitive et en pleine propriété, des
effets ou des titres de créance pour une valeur de mobilisation déterminée
conformément aux règles d'admissibilité au portefeuille de la Banque Centrale,
diminuée des intérêts facturés au taux d'escompte de la Banque Centrale. Pendant
toute la durée du réescompte et jusqu'à son dénouement, la garantie de
remboursement du cédant suit les titres et effets cédés à la Banque Centrale. Les
concours au titre du réescompte sont mis en place en principe jusqu'à l'échéance de
l'effet ou du titre réescompté. Cependant, le cédant dispose de la faculté de procéder à
un dénouement anticipé.

Le réescompte est utilisé par les établissements de crédit pour couvrir leurs besoins
de liquidité sur une longue période (maximum 360 jours).
Toutes les valeurs admissibles au portefeuille de la Banque Centrale peuvent être
prises au réescompte à condition d'avoir une durée de 5 jours au moins. Elles doivent
être livrées à la Banque Centrale pour les titres matérialisés ou virés à un compte-
titres de l'Institut d'émission pour les titres dématérialisés
Les agios précomptés sont calculés au prorata du nombre de jours à courir de la date
de valeur de réescompte à celle de l'échéance.
NB: Perception minimum de 10 jours d'agios pour tout effet
Taux de 4,5% en vigueur depuis le 22 mars 2004

3. TITRISATION DES CONCOURS CONSOLIDES

44
Opération mise en oeuvre par la Banque Centrale, après la crise bancaire de la fin des
années 1980
Objectifs : assainissement du système bancaire, rétablissement d'une certaine
flexibilité des interventions de l'Institut d'émission et renforcement de l'efficacité de
la régulation monétaire
Modes opératoires :
Titrisation des soldes débiteurs et créances gelées des établissements de crédit en
difficulté, sur une durée de 15 ans et au taux de 3 %.
Date d'entrée en vigueur 1 er juillet 1994 avec l'émission de titres publics dans
chacun des Etats de l'Union
Titres d'Etat dévolus à la BCEAO qui en assure la gestion, la liquidité et qui joue le
rôle d'agent financier
Titres garantis par la BCEAO pour le paiement à l'échéance, engagement de la
BCEAO à procéder à leurs rachats auprès de tout investisseur à première demande.
Durée de vie des titres : 12 ans (1994-2006).
Rémunération : Taux d'intérêt est fixé à 5 % dont 3 % à la charge des Etats et 2 % à
la charge de la Banque Centrale. .
Amortissements semestriels et effectués par voie de tirage au sort d'un nombre
déterminé de titres correspondant à l'échéance de règlement

45
IV- Marchés des produits dérivés :

Marchés dérivés, Couverture des risques et spéculation

IV-1-Marchés Dérivés: Définition et Organisation

-1. Définition: Le terme “produits dérivés” désigne l'ensemble des contrats d'achat et
de vente d'actifs réels (matières premières agricoles et minérales ), financiers (actions,
indices boursiers, produits de taux d'intérêt à court, moyen et long terme) et
monétaire ( devises et or monétaire) à terme ferme ou conditionnel et des contrats
d'échange et de swap.
“Marchés dérivés “ désigne l'ensemble des marchés sur lesquels se négocient des
produits dérivés. Ces marchés tirent leur origine de celle des marchés et des produits
au comptant ou originels ou sous-jacents. Ils remplissent une fonction
complémentaire à celle des marchés sous-jacents. En permettant de fixer aujourd'hui
les conditions de prix d'un échange futur (échange de risque), ces marchés servent
surtout à se protéger contre le risque de variation des actifs sous-jacents ou à en
profiter.

- 2. Organisation des Marchés Dérivés :


Deux formes d'organisation principalement : marchés de gré à gré et marchés
organisés-

-marché de gré à gré ou OTC (Over te counter : par dessus le comptoir): marché
décentralisé: les opérateurs entrent en relation les uns avec les autres par téléphone,
telex ou par l'intermédiaire des courtiers. Ces marchés peuvent fonctionner en continu
(24 H sur 24 h pour le marché interbancaire des changes)- Les transactions sont sur
mesure, les quantités, qualités et échéance étant au gré des parties. Aucune autorité de
marché spécifique n'existe sauf sur les marchés monétaires et des changes où
interviennent les banques centrales. Au regard du caractère bilatéral des opérations, il
existe un risque de contrepartie important –
Les opérations effectuées sur ce marché : opération de change à terme, swap ,
opérations de garantie de taux à terme (Forward-Forward, Forward Rate Agreement,
option de taux d'intérêt (CAP, FLOOR et COLLAR) , option de swap -

marchés organisés : marché localisés géographiquement caractérisé par une


présence physique des opérateurs. Ces marchés sont aussi caractérisés par la
développement de systèmes automatisés de négociation et par l'existence de
chambres de compensation qui se portent contreparties en exigeant un dépôt de
garantie préalable et en procédant à des appels de marge dont la fréquence est
fonction de l'ampleur des variations des cours. Des autorités de marchés sont
chargées de définir les règles de fonctionnement et de veiller à leur application

46
-3. Historique

Développement des marchés des produits dérivés :


USA- 1972 : lancement des premiers contrats à terme standardisés sur l'International
Monetary Market de la Chicago Mercantile Exchange (CME).
Europe:- 1982 : le Liffe (London International Financial Future Exchange) - 1982:
MATIF (Marché à terme d'instruments financiers devenu depuis le Marché à Terme
International de France)
Asie et Océanie: années 1990- SIMEX : Singapore International Monetary Exchange-
le TIFFE (Tokyo International Financial Future Exchange)- le SYDNEY FUTURE
Exchange Données en volume et valeur : Montant quotidien net de 65,1 milliards en
contrevaleurs FCFA enregistré sur les marchés dérivés de taux d'intérêt en France en
2001

IV-2- Gestion des risques et spéculation


1. Justification

Gestion du risque : couverture en vue de réduire voire supprimer un risque


préexistant de variation de cours-

Spéculation: réalisation de gain en essayant d'anticiper judicieusement l'évolution des


cours et en pariant sur cette évolution

Risque de marché : risque lié à la variation des cours ou des prix d'une “marchandise”
- en l'occurrence une devise, un taux d'intérêt ou une action – sur les marchés des
capitaux.

Plusieurs types de risques de marché : risque de change, risque de taux d'intérêt et


risque sur les actions

- Risque de change : risque lié à la variation du cours d'une devise par rapport à
la monnaie de référence utilisée. Pour une transaction donnée, ce risque
provient du fait que le
règlement financier de l'opération s'effectue à une parité de change différente de celle
qui avait été retenue lors de l'engagement initial.

- Risque de taux d'intérêt : risque que fait courir, au porteur d'une créance ou
d'une
dette à taux fixe ou variable, l'évolution ultérieure des taux.

47
- Risque sur action : risque que fait courir au détenteur d'un portefeuille
constitué
d'actions, l'évolution ultérieure des cours de bourse-

2- Notion de position
Position de change: Une position de change en devise fait apparaître, par date de
valeur et par nature de devise, les montants à recevoir et à livrer qui résultent des
divers engagements de la société ou de l'opérateur économique. Cette position
indique en permanence l'exposition au risque de change. Pour une banque,
cette position de change est généralement constituée par les opérations de change
au comptant, opérations de change à terme et les prêts et emprunts en devises
Analyse : Position courte/longue, Position courte : montant des devises à
livrer (dettes) supérieur au montant des devise à recevoir (créances) Position longue
: le montant des devises à recevoir (créances) supérieur au montant des devises à
livrer (dettes) NB : Si Quantités à livrer = Quantités à recevoir; on dit que la position
est neutre, fermée ou nulle

Origine d'une position de change :


- exportations facturées en devise; achat à l'importation facturée en devises,
soumission à un appel d'offre établi en devises étrangères;
- opérations financières : emprunt ou prêt dans une devise étrangère, investissement
dans un portefeuille de titres coté sur des bourses étrangères;
– investissements réalisés à l'étranger : flux financiers (dividendes, redevances...) en
provenance des filiales ou établissements implantés à l'étranger; établissement des
comptes consolidés avec l'évaluation des actifs nets

Exemple : Au 31 décembre de l'année 2005, une société exerçant dans le zone CFA
présente :
Dollars à livrer : 3850 ; Dollars à recevoir : 2000; NB : 1$ =550 FCFA
Déterminer la position de cette société et l'impact d'une hausse de 2%

Position de taux d'intérêt


Définition :
Une position de taux d'intérêt est un document qui rassemble toutes les créances et les
dettes existantes (prêts et emprunts), futures (engagements de recevoir ou de livrer)
ou conditionnels (engagements éventuels...) qui font courir un risque de taux à
l'entreprise, l'établissement financier ou l'opérateur

Analyse:
Position courte: L'opérateur est en position courte lorsque le montant nominal des
emprunts

48
est supérieur aux prêts.
Position longue : L'opérateur est en position longue si le montant nominal des
emprunts est
inférieur aux prêts.

IV-3- Opération sur les marchés d'Achats et de Vente d'actifs :


- 3 types d'opérations : couverture, arbitrage, spéculation
Couverture : Les agents économiques en position sur un actif dont le prix est soumis
à des variations importantes redoutent la baisse du prix de l'actif considéré s'ils sont
en position longue et sa hausse s'ils sont en position courte. Pour couvrir le risque de
variation du prix, ils doivent donc fermer leur position en prenant une position
inverse au comptant ou à terme. Les stratégies ci-après peuvent être adoptées :
En position longue:
– Vendre au comptant
– Vendre à terme à livraison différée
– Vendre des contrats à terme
– Acheter des options de vente (PUT)
En position courte :
– Acheter au comptant
– Acheter à terme à livraison différée
– Acheter des contrats à terme
– Acheter des options d'achat (CALL)
Dans la pratique, il est souvent fait recours aux stratégies à terme, celles au comptant
nécessitant la disponibilité d'une trésorerie
Au total, pour couvrir une position sur un actif sous-jacent, il faut donc prendre une
position inverse sur les marchés dérivés

Spéculation : L'opération consiste à demeurer en position longue ou courte sur un


actif lorsqu'on est en position ou à ouvrir une position longue ou courte lorsque l'on
est pas initialement en position sur l'actif considéré, en vue de profiter d'une variation
anticipée du prix de l'actif sous-jacent :
Méthodes d'ouverture d'une position:
Position longue:
– achat au comptant, achat à livraison différée,
– achat contrats à terme; achat option d'achats (CALL),
– vente option de vente (PUT)-
Position courte :
- vendre au comptant,
- vendre à livraison différée,
- vendre des contrats futurs,
- acheter des options de vente (PUT),
- vendre des options d'achat (CALL)

49
Arbitrage : L'opération consiste à profiter des écarts anormaux de prix pour un
même actif sur le même marché , ou sur des marchés de termes différents. Deux types
d'arbitrage sont généralement spécifiés:
i) opération de portage du terme au comptant “reverse cash and carry” : Si le cours à
terme, qui s'établit sur le marché à terme, est supérieur au prix de revient d'une
opération d'achat au comptant et de portage jusqu'au terme, il est intéressant:
● d'emprunter des actifs monétaires,
● d'acheter l'actif considéré au comptant,
● de placer l'actif considéré ou de le stocker,
● de vendre simultanément l'actif considéré à terme et de le livrer à l'échéance

ii) Reverse cash and carry : Si le cours qui s'établit sur le marché à terme est inférieur
au cours au comptant augmenté du coût de portage, il devient indiqué :
● d'emprunter l'actif si l'on n'en dispose pas
● de le vendre au comptant
● de placer les actifs monétaires reçus de la vente
● d'acheter simultanément l'actif à terme et d'en prendre livraison pour
rembourser l'emprunt initial ou reconstituer son stock
Dans le premier cas (i); le cours au comptant augmente (achat) et le cours à terme
baisse (vente) jusqu'à ce que l'écart entre les deux cours reflète le coût de portage
Dans le second cas (ii), le cours au comptant baisse (vente) et le cours à terme
augmente (achat) jusqu'à ce que l'écart entre les deux cours reflète le coût de portage

IV-4 - Opération sur les marchés d'échanges d'actifs ou de swap :

- Swap signifie “échange” ou “troc” : le swap est donc une transaction par laquelle un
opérateur échange une dette ayant certaines caractéristiques contre une dette ayant
des caractéristiques différentes. L'échange peut porter sur devises (swap de change);
taux d'intérêt (swap de taux d'intérêt); soit sur les deux à la fois, devises et taux
d'intérêt (swap mixte ou swap de devises)

Swaps de taux d'intérêt : Un swap de taux d'intérêt est un contrat entre deux
opérateurs qui décident d'échanger leurs conditions d'accès au marché financier . De
manière schématique, les deux parties prenantes se mettent d'accord au jour de la
signature du contrat sur un taux d'intérêt prêteur et un taux d'intérêt emprunteur qui,
appliqués à un principal (ou nominal) fictif de référence , permettent de déterminer le
montant des intérêts à échanger à chaque fin de période.

50
Swaps de devises : Un swap de devises est un contrat entre deux opérateurs qui
décident d'échanger le service de deux dettes (principal et intérêt) libellées dans deux
devises différentes
Swaps de change : Le swap de change est une double opération de change dont l'une
est faite au comptant, et l'autre à terme.

IV-5- Les marchés d'options :


L'option est un contrat qui lie deux parties – un acheteur et un vendeur – dans lequel
l'acheteur acquiert , moyennant le versement d'une certaine somme au vendeur
(appelée prime), le droit, mais non l'obligation, d'acheter (ou de vendre) une quantité
déterminée d'un bien, à un prix convenu et pendant une période de temps définie.
L'acheteur peut donc :
● soit exercer son droit d'acheter (ou vendre) le bien, objet du contrat,
moyennant le versement du prix initialement convenu (appelé “prix
d'exercice”)
● soit ne pas exercer l'option, si l'achat (ou la vente) du bien correspondant sur le
marché
au comptant est plus intéressant pour lui.
Dans ce dernier cas, il perd le montant de la prime, payé lors de l'achat de l’option
De son côté le vendeur reste tributaire de la décision de l'acheteur.

- Caractéristiques de contrats d'option :


- 2 types d'option : option d'achat (CALL) et option de vente (PUT)
● 4 positions de base :
● i) acheter une option d'achat : acquérir le droit d'acheter, à un prix
convenu et à un moment déterminé, une quantité définie du bien;
● ii) acheter une option de vente : acquérir le droit de vendre, à un prix
convenu d'avance et à un moment déterminé, une quantité définie d'un
bien
● iii) vendre une option d'achat : prendre un engagement de vendre à un
prix convenu et à un moment déterminé, une quantité définie d'un bien
(opération liée à la transaction i) )
● iv) vendre une option de vente : engagement d'acheter à un prix convenu
et à un moment déterminé, une quantité définie d'un bien (opération liée
à la transaction ii)

- Option à l'américaine & option à l'européenne


– Option à l'américaine : l'opérateur acheteur de l'option peut exercer son
droit (d'achat ou de vente) à n'importe quel moment, entre la
souscription de l'option et son échéance

51
– Option à l'européenne : le droit d'acheter (ou de vendre) ne peut être
exercé qu'à une seule date : la date d'échéance de l'option

● Les prix d'exercice d'une option : Il peut être défini trois types d'option selon le
prix d'exercice convenu entre les parties :
– Option dite « à la monnaie » : le prix d'exercice est, à un instant donné,
égal au cours de l'actif sous-jacent
– Option dite « dans la monnaie » :
● Pour une option d'achat, le prix d'exercice est inférieur au cours
de l'actif sous-jacent
● Pour une option de vente, le prix d'exercice est supérieur au cours
de l'actif sous-jacent
● Option dite “en dehors de la monnaie”:
– Pour une option d'achat, le prix d'exercice est supérieur au cours de
l'actif sous-jacent
– Pour une option de vente, le prix d'exercice est inférieur à l'actif sous-
jacent

VI- Instruments dérivés

Les opérateurs ont recours à différentes techniques pour se couvrir des risques de prix
:
Instruments de couverture ferme : Forwards, Futures et SWAPS
Instruments de couverture conditionnelle : Options

Instruments de couverture ferme :


Risque de change :
– Opération à terme sec: opération par laquelle un agent économique se garantit
auprès d'une banque le cours auquel il pourra acheter ou vendre une certaine
quantité de devises contre une autre à un taux de change et à une date
convenue d'avance

Risque de taux d'intérêt :


● Forward-forward ou Terme contre Terme : Opération de gré à gré qui permet à
un agent économique de fixer aujourd'hui les conditions de volume et de taux
d'un placement futur à court terme

52
● FRA (Future Rate Agreement sur marché de gré à gré et Forward rate
agreement sur marché de gré à gré) : De façon générale, un FRA permet de
fixer d'avance un taux d'intérêt pour un emprunt ou un prêt à venir. Sur le
marché de gré à gré, il s'agit d'un contrat signé entre deux opérateurs: le
vendeur du FRA se couvre d'un risque de baisse de taux d'intérêt dans l'optique
d'un prêt tandis que l'acheteur d'un FRA se couvre d'un risque de hausse des
taux d'intérêt dans l'optique d'un emprunt. A l'échéance, l'opérateur va prêter
ou emprunter sur le marché des capitaux. Si le taux du marché est différent du
taux garanti, il devra verser ou recevoir de l'autre opérateur la différence entre
les deux taux sur le capital notionnel

Risque sur action :


– Contrats sur indice boursier : Il s'agit de contrats conclus sur le marché
organisé et permettant à un opérateur de prendre une position acheteuse ou
vendeuse à terme sur indice. A l'échéance ce contrat fait l'objet d'une livraison
en liquide. Chaque point de l'indice est valorisé en monnaie

Instrument de couverture optionnel :


Risque de change :
● Option de change : conclue sur le marché de gré à gré, elle donne le droit
d'acheter ou de vendre une quantité déterminée de devises contre une autre
devise à un cours déterminé à l'avance au prix d'exercice moyennant le
versement d'une prime au vendeur par l'acheteur
● Contrat d'option de change : contrat conclu sur les marchés organisés,
standardisé en quantité et échéance donnant à l'acheteur le droit d'acheter ou de
vendre une quantité déterminée de devises contre une autre à un prix d'exercice
donné moyennant le versement d'une prime- Livraison d'actions à l'échéance
au choix de l'acheteur

Risque sur action :


● Options sur actions: Contrat conclu sur les marchés organisés et par lequel un
acheteur achète le droit d'acheter ou de vendre une quantité standard d'actions à
une date prédéterminée et à un prix d'exercice fixé moyennant le paiement
d'une prime
● Option sur indice boursier : Contrat conclu sur les marchés organisés et par
lequel un acheteur achète le droit d'acheter ou de vendre un indice boursier à
une date prédéterminée et à un prix d'exercice fixé moyennant le paiement
d'une prime.- Livraison en argent à l'échéance (chaque point d'indice est
valorisé en monnaie-

53
Risque de taux d'intérêt :
● CAP, FLOOR, COLLAR : opération conclue sur le marché de gré à gré et
permettant à un agent économique moyennant le paiement 'une prime de se
garantir sur une période donnée un taux d'intérêt fixe :
maximum sur un emprunt à taux variable (CAP : taux plafond)
minimum sur un placement à taux variable (FLOOR : taux plancher)
combinaison d'un CAP et d'un FLOOR est un COLLAR

● Option de taux d'intérêt : Contrat conclu sur le marché de gré à gré par lequel
un agent (le vendeur) s'engage à emprunter (PUT) ou à prêter (CALL) un
montant prédéterminé à un taux fixé par avance. La contrepartie (l'acheteur) n'a
pas obligation de prendre livraison des fonds
● Option de swap de taux d'intérêt ou swaption : Contrat conclu sur le marché de
gré à gré entre un vendeur et un acheteur qui confère à l'acheteur le droit mais
non l'obligation de mettre en place à une date donnée un swap de taux d'intérêt
de caractéristiques fixées à l'avance. L'acheteur verse une prime
● Option sur contrat de taux d'intérêt : Contrat d'option conclu sur un marché
organisé dont l'actif sous-jacent est un contrat de taux d'intérêt à court terme et
à long terme

54

Vous aimerez peut-être aussi