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Introduction :

Le portefeuille de la dette publique est souvent le portefeuille financier le plus


important du pays. Il contient fréquemment des montages financiers complexes, et peut faire
peser un risque substantiel sur le compte de patrimoine de la nation. En outre, s’il est gros et
mal structuré, il rend le pays plus vulnérable aux chocs économiques et financiers et est
souvent l’une des principales causes des crises économiques. Reconnaissant le rôle important
que la gestion de la dette publique peut jouer en aidant les pays à affronter les chocs
économiques et financiers, le Comité monétaire et financier international a demandé aux
services du FMI et de la Banque mondiale de mettre au point, en collaboration avec les
experts nationaux, un ensemble de directives sur la gestion de la dette publique afin d’aider
les pays à réduire leur vulnérabilité financière.

I. Généralité de la dette publique


- Définition de la dette publique :

La dette publique, parfois également appelée dette souveraine est la dette de l’Etat.
Elle représente la totalité des engagements d’un Etat à une date déterminée, elle est le résultat
des flux de ressources empruntées et remboursées par un Etat jusqu’à cette date. Pour faire
face à ce déficit un Etat emprunte sur les marchés financiers a la différence d’un ménage un
Etat n’emprunte généralement pas auprès d’une banque mais émet des titres, essentiellement
des obligations sur les marchés. Il s’engage à rembourser ces obligations, en payant
des intérêts à une date future et si le déficit est un flux la dette est un stock.  Pour mesurer la
dette publique, on la rapporte au produit intérieur brut (PIB). Ainsi, on peut comparer la dette
publique à la taille de l’économie et dette publique à la taille de l’économie.

- Types de dette publique :

On distingue deux type de dettes à savoir la dette intérieure et la dette extérieure.

 Dette intérieure : désigne la dette contractée à l’intérieur des frontières nationales


auprès d’un créancier intérieur. Elle est exprimée en monnaie nationale.
 Dette extérieure : désigne l’ensemble des engagements financiers pris par les agents
économiques d’un pays (Etat, institutions financières, ménages) auprès de créanciers
étrangers. Cette catégorie subdivise en deux formes distinctes : dette extérieure privé
dont l’emprunteur est un organisme privé, et dette extérieure publique où
l’emprunteur représente un Etat ou un organisme public.

La dette extérieure subdivise à son tour en trois types différents :

 La dette multilatérale, dont les créanciers sont des institutions financières


internationales, comme le FMI, la Banque Mondiale ou les banques régionales de
développement.
 La dette bilatérale, dont les créanciers sont les gouvernements ou leurs institutions
compétentes, en particulier les agences de crédit à l’exportation.
 La dette privée, dont les créanciers sont des banques commerciales, des porteurs
obligataires.
- Les caractéristiques de la dette publique :

On trouve trois caractéristiques :

 La première caractéristique, est que la dette doit être publique et ne doit pas
apparaître comme personnelle.
 La seconde caractéristique, liée par bien des aspects à la précédente est la
continuité. La dette publique n’existe qu’à partir du moment où les engagements
pris par un gouvernement sont par principe respectés par leurs successeurs.
 La troisième caractéristique concerne la connaissance de la dette. La notion de
dette publique ne trouve en effet un certain achèvement que dans la mesure où elle
acquiert une relative stabilité et unité cela suppose qu’elle soit bien identifiée.

II. Introduction a la gestion de la dette publique :


- Gestion de la dette publique :

La gestion de la dette publique consiste à établir une stratégie de gestion de la dette de


l’Etat capable de modifier le montant de financement voulu au coût le plus faible possible à
moyen et long terme, conformément à un degré prudent de risque. L’objectif fondamental
de la gestion de la dette consiste à assurer au trésor un financement stable et durable tout en
réduisant, à terme, le coût et les risques, y associés, en favorisant un arbitrage entre les
sources de financement internes et externes et en contribuant au développement du marché
des valeurs du trésor. Afin d’assurer une bonne gestion de la dette publique, l’Etat mis en
place de multiples mesures. Il peut établir un cadre juridique définissant les principaux
critères à appliquer lors des activités de gestion de la dette ainsi que les instances
compétentes autorisées à emprunter, et les types d’instruments admissible. En effet, le cadre
juridique doit être clair et transparent. Il répartit les responsabilités entre les ministères des
finances, la banque centrale, ou un organisme distinct de gestion de la dette . Dans ce cadre,
le FMI et la banque mondiale ont élaboré un certain nombre de caractéristiques souhaitables
en vue d’une bonne gestion de la dette publique :

 Accès du public aux informations relatives aux procédures d’élaboration et


de communication des politiques de gestion de la dette et l’encours et
composition de cette dernière.
 La mise en place d’une stratégie de gestion de la dette qui vise à minimiser
les risques .
 La mise en place d’un cadre de gestion des risques, c’est-à-dire un cadre qui
permet au gestionnaire de la dette publique de définir et de gérer les
arbitrages entre les coûts et les risques prévus du portefeuille de la dette
publique .
 Développement et bon fonctionnement d’un marché de titres publics
performant, c’est-à-dire que les gestionnaires de la dette devraient s’assurer
que leurs politiques et opérations soient compatibles avec la mise en place
d’un marché de titres publics performants.
III. La dette publique en Algérie :
- L'évolution de la dette extérieure en Algérie :

L’Algérie a beaucoup emprunté dans les années 80 pour financer, la consommation et


les projets à faible rendement en appui d’un complexe industriel vaste inefficace. Les
autorités algériennes optaient dès 1991, dans le cadre du premier accord de confirmation
signé entre le fonds monétaire international et l’Algérie, pour un reprofilage de la dette et
continuaient à honorer tous les paiements de la dette extérieure jusqu’à ce qu’ils atteignent 85
% des recettes d’exportation. La situation des paiements extérieurs est alors devenue intenable
et, en avril 1994,  l’endettement étranglait le pays vu sont poids qui est arrivé a 70% du PIB,
son service colossal, sa structure dominée dès 1990 par des crédits fournisseurs à court terme
de 1 à 3 ans et sa mauvaise gestion par les autorités qui refusaient un rééchelonnement global.

 l’Algérie a conclu en septembre 1995 un très bon accord avec les banques
commerciales sur les conditions du rééchelonnement de la dette commerciale qui a été
approuvé par tous les participants en juin 1996. L’accord couvrait les dettes échues entre 1994
et 1997, y compris toutes les dettes précédemment rééchelonnées à l’exclusion de celles dues
aux sociétés de crédit-bail japonaises. Ainsi, l’Algérie a pu économiser au total près de 16
milliards de dollars de trésorerie, un énorme ballon d’oxygène. Combiné à l’apport du FMI et
des autres bailleurs de, l’Algérie a reçu un total de 30,6 milliards de dollars entre 1994 et
1997. Ces ressources ont permis de financer des importations de biens de consommation, bien
intermédiaires et des équipements, allégé considérablement la dette extérieure et fait repartir
la croissance qui est passée de 2% en 1993 à plus de 4% en 1995 et 1996. Une combinaison
opportune de prix plus élevés et d’une expansion de la production de pétrole ont permis de
dégager un énorme excédent du compte des transactions extérieures . l’Algérie a conclu un
accord en 2016 pour un montant de 5 milliards de dollars, accord renouvelé en 2018 et arrivé
à expiration en décembre 2019. En vertu de cet accord, l’Algérie devait transférer 5 milliards
de dollars au FMI en cas de requête de ce dernier. Dans l’intérim, les ressources restent donc à
la disposition du pays. En contrepartie, l’Algérie devait recevoir un taux d’intérêt d’au moins
1% alors que les taux d’intérêt internationaux étaient négatifs.

A fin 2020, la dette extérieure devrait atteindre 3,7 milliards de dollars (soit 2,1% du
PIB). La dette extérieure du pays est donc sous contrôle.

- L'évolution de la dette intérieure en Algérie :

La dette intérieure du pays, une montée préoccupante liée directement aux


déséquilibres budgétaires profonds et à l’absence de volonté de prise en charge des faiblesses
structurelles des finances publiques. La dette intérieure se compose de bons du Trésor et
d’obligations, ainsi que de l’encours de la dette achetée à des entreprises publiques. Les 2/3 de
l’encours de titres du trésor sont détenus par la banque centrale et le reste par des banques
(principalement publiques) et des compagnies d’assurance. La montée spectaculaire de la
dette intérieure est due d’abord et avant tout au creusement du déficit global du Trésor qui est
passé entre 2000 et 2020 de 1,3% du PIB à 14,1% du PIB, en raison d’une politique
budgétaire expansionniste et de l’absence de réformes pour reprendre le contrôle des finances
publiques du pays qui souffrent de quatre vulnérabilités, notamment

 Compte tenu de la durée de vie des ressources pétrolières et du besoin de


consolidation budgétaire le pays couvre difficilement ses dépenses de base avec les
recettes fiscales.
 La faiblesse des recettes fiscales. 
 Le poids de certaines dépenses courantes. 
 L’inefficience des dépenses en capital.
 La structure inadéquate de financement du déficit budgétaire qui ne répond à aucune
stratégie de soutien à la croissance et à l’emploi.

Pour ce qui est de la dette publique intérieure elle-même, elle est passée de 4958
milliards de DA (26% du PIB) en 2017 à 9301 milliards de DA (soit 46,3% du PIB) en 2019,
dont la moitié constitue des garanties du gouvernement central. En 2020, la dette intérieure
devrait atteindre 11,301 milliards de DA (soit 52,4% du PIB). Vu les urgences de la pandémie
qui se poursuivra en partie en 2021, le poids de l’endettement va s’accroître pour atteindre
environ 13,300 milliards de DA (59,9% du PIB).Une situation de crise et des perspectives
défavorables au vu de nos besoins de financement futurs.

Conclusion :

Des pays situés à différents niveaux de développement doivent doter leur bureau de la
dette de structures organisationnelles différentes. Pour un emprunteur d’un pays développé
qui fait appel aux marchés, il peut être souhaitable de séparer la fonction de gestion de la dette
de la politique budgétaire et de surveillance, tandis que dans un pays ayant des sources de
financement «mixtes», il peut être important que ces deux aspects soient intégrés. Quel que
soit le degré de développement d’un pays, il doit, d’une façon ou de l’autre, organiser son
bureau de gestion de la dette.

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