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Centre 

régional des métiers de l’Education et de la Formation
 Beni‐Mellal

Chimie des solution
S2 

2018/2019

Prof : Khadija HNINI
Les acides et les bases 
• I‐ Les Principales théories des acides et des 
bases 
1‐ Théorie d’arrhénius (1892)
2‐ Théorie de Bransted‐ Lowry
3‐ Théorie de Lewis (1923)
• II‐ Les systèmes acides‐ bases
•définitions des acide et bases d'Arrhenius:

 un acide est une substance qui libère H + en solution aqueuse
 une base est une substance qui libère OH ‐ en solution aqueuse 
le grand mérite d'Arrhenius consiste:
• à avoir expliqué que les solutions aqueuses des
acides et des bases sont des électrolytes
• à avoir réduit la neutralisation entre acides et
bases (hydroxydes) à une seule équation ionique:
inconvénients de la théorie d'Arrhenius:
 le cation H + ne peut pas exister à l'état libre en
solution aqueuse. Vu que ce cation n'a plus de cortège
électronique, sa taille se réduit à celle du noyau (proton).
La forte concentration de charge qui en résulte contraint
l'eau à la fixation de H + par liaison dative avec formation
du cation hydronium (oxonium) H3O +.

 la notion de base se limite aux seuls hydroxydes.


Pourtant l'ammoniac ou les amines peuvent former des
sels avec le chlorure d'hydrogène en phase gazeuse, c'est‐
à‐dire en l'absence de toute intervention de l'anion OH ‐
HCl (g) + nH2O H+ + Cl‐
NaOH (s) + nH2O Na+ + OH‐
Les ions H+ sont responsables du caractère acide.
Les ions OH‐ sont responsables du caractère basique.
La neutralisation d’un acide par une base se ramène à
la réaction: H+ + OH‐ H2O
Le proton H+ n’existe pas en solution aqueuse à l’état
libre mais sous forme d’ion H3O+ appelé hydronium.
HCl + H2O H3O+(aq) + Cl‐(aq)
Certaines substances ne possèdent pas dans leur
formule chimique le groupement OH et se
comportent comme des bases tels que: NH3, NaCO3,
NaCN, NaH.

La théorie d’Arrhenius se limite aux solutions aqueuses


2‐ Théorie de Bransted‐ Lowry
Selon Bronsted: 
Un acide est un donneur de protons. 
Une base est un accepteur de protons. 

NH3 + H2O                 NH4+ (aq) + OH‐ (aq)

NH3 est la base conjuguée de NH4+. 
H2O est l’acide conjugué de OH‐
NH4+ / NH3 et H2O / OH‐ sont appelés couples 
acide‐base.
Différences avec la théorie d'Arrhenius (1892)

 On ne fait plus jouer un rôle important à l’eau ni à un autre


solvant.

 La définition d'une base est liée à celle d'un acide (transfert


de proton) ; l'ion OH − ne joue plus de rôle particulier, il
devient simplement une base parmi d'autres.

 Selon la définition, un acide ne doit pas obligatoirement


s'ioniser dans l'eau ; c'est un composé susceptible de
donner un proton. On envisage ainsi la réactivité de l'acide
et non pas sa structure dans le solvant.
3‐ Théorie de lewis (1923) 
• Un acide est une molécule ou un ion porteur d’une
lacune  électronique c’est un composé électrophile.
C’est un accepteur de doublet d’électron
Une base est une molécule ou un ion donneur de
doublet d’électron. C’est un composé nucléophile.

BF3 acide de lewis
NH3 base de lewis

• Cette réaction acide base se résume par la formation
d’une liaison covalente. Les deux électrons qui assurent
la liaison sont fournis par le même atome, il s’agit de
liaison de coordinence
Cette définition est encore plus générale, tout ion positif est un acide de LEWIS 
et les réactions des complexes sont d’après lui des réactions acide‐
base!!!!!!! mais c’es faut.

Exemple

Remarque: Dans la suite de notre étude nous 
limitons à la définition de BRONSTED des 
acides et des bases.
II‐ SYSTEMES ACIDES‐BASES
1‐ Acide ; base 

• Un acide:
AH             A‐+H +     ou bien        BH+ B +H+

• Une base
A‐+H+ AH     ou bien           B+H+ BH+
 En solution aqueuse, un acide est une substance capable de
protoner H2O en ion hydronium (H3O+).
 En solution aqueuse, une base est une substance capable de
déprotoner H2O en ion hydroxyde (OH‐).

2‐ Couple acido‐basique (Acide/base) dans l’eau
le modèle de bransted Acide       baseconj+ H+ montre que:
 À tout acide (AH ou BH+) correspond une base (A‐ ou B)dite base
conjuguée
 L’ensemble acide/base noté (HA/A‐ ou BH+/B) constitue alors le couple
Acide/ Base conjuguée
 3‐ Ampholyte
C’et un composé qui peut se comporter soit comme un acide, soit comme une
base, les solutions correspondantes sont dites amphothères.
 Exemples:
H2O  H2O/OH‐ ;         HCO ‐
3 HCO3‐/CO32‐
H3O+/H2O   H2CO3/HCO3‐

 4‐ Réaction Acido‐basique
Transfert de proton H+ entre l’acide d’un couple et la base d’un autre couple: 
considérons les couples A1H /A1‐ et A2H/ A2‐
A1H             A1‐+H +     Ka1
A2H             A2‐+H +     Ka2
Lorsque les deux couples sont ensemble, la réaction bilan est:

A1H +  A2‐ A1‐+ A2H


Acide 1+ base2           Base 1+ Acide 2
La réaction qui se produit  est celle qui met en jeu l’acide et la base les plus forts
5‐ Force d’un acide et d’une base.

• Elle est basée sur le degré d’ionisation

• Un acide est d’autant plus fort qu’il a une grande


tendance à céder un proton.

• Une base est d’autant plus forte qu’elle a une plus


grande tendance à accepter un proton.
• En terme de dissociation
 Un acide est dit « fort » s’il est totalement dissocié:
AH +H2O              A‐+H3O +

Ka>1 donc pKa<0. la base conjuguée A‐ de cet acide n’a pas de propriétés basiques             
base dite inactif 

Exemple: pKa (HCl)=‐7

 Un acide faible est partiellement dissocié :

 Une base forte est totalement dissociée en solution
BH+ B +H+

Le pKa de son acide conjugué est plus grande que pKe (pKa>14). Donc B est une 


base plus forte que OH‐, l’acide conjugué BH+ est inactive.

Exemple: NaOH, l’acide conjugué est Na+, son pKa = 17
Exemples d'acides forts
Parmi les acides forts, on trouve :
l'acide chlorhydrique, solution aqueuse du chlorure d'hydrogène
HCl,
l'acide sulfurique H2SO4,
l'acide nitrique HNO3,
l'acide iodhydrique, solution aqueuse de l'iodure d'hydrogène
HI,
l'acide bromhydrique, solution aqueuse du bromure 
d'hydrogène HBr,
l'acide perchlorique HClO4,
l'acide chlorique HClO3,
l'acide permanganique HMnO4,
l'acide manganique H2MnO4.
Ces acides forts se dissocient totalement dans l'eau, de 
sorte que les molécules initiales (HCl, HBr, HI, HNO3, 
HClO4, H2SO4) disparaissent, libérant des cations
hydronium H3O+ et divers anions :
L'acide chlorhydrique libère des ions chlorure Cl− :
HCl + H2O → H3O+ + Cl−. L'acide bromhydrique libère des 
ions bromure Br− :
HBr + H2O → H3O+ + Br−. L'acide iodhydrique libère des 
ions iodure I− :
HI + H2O → H3O+ + I−. L'acide nitrique libère des ions 
nitrate NO3− :
HNO3 + H2O → H3O+ + NO3−. L'acide perchlorique libère 
des ions perchlorate ClO4− :
HClO4 + H2O → H3O+ + ClO4−
Quelques acides sont plus forts que l'acide 
sulfurique et sont appelés pour cela 
superacides, notamment :
l'acide fluoroantimonique HF∙SbF5,
l'acide magique HSO3F∙SbF5,
l'acide trifluorométhanesulfonique ou acide 
triflique HSO3CF3,
l'acide fluorosulfurique ou acide 
fluorosulfonique HSO3F,
l'acide disulfurique (oléum) H2S2O7.
6‐ Constante d’acidité et de basicité  Ka, Kb, pKa et pKb dans 
un solvant aqueux

• Soit l’équilibre de dissociation d’un acide faible dans l’eau :


AH(aq)+H2O(l) 1 A‐(aq)+ H3O+(aq)
2
La constante d’équilibre Kc s’écrit  [A‐]aq [H3O+]aq
Kc=
[H2O] (l) [AH]aq

• En solution aqueuse diluée, on peut considérer que  [H2O] (l) = 55.55M=cte


100g H2O 1mol H2O
• [H2O] (l) = x = 55.6M
1 H2O 18g H2O

[A‐]aq [H3O+]aq
On pose Ka= Kc [H2O] (l) =
[AH]aq
Les valeurs de Ka varient entre 10‐20 à 1010
On utilise habituellement  pKa= ‐log Ka
Acidité croissante        Ka      pKa
• On peut définir la force de base à partir de l’équilibre qui s’établit, la
constante correspondante est Kb.
pour le couple BH+/B
B+H+ BH+
H2O OH‐+ H+
1
• la réaction bilan B(aq)+H2O(l) 2 BH+(aq)+ OH‐(aq)

La constante d’équilibre Kc s’écrit  [BH+]aq [OH‐]aq


Kc=
[H2O] (l) [B]aq

• En solution aqueuse diluée, on peut considérer que  [H2O] (l) = 55.55M=cte


[OH‐]aq [BH+]aq
On pose Kb= Kc [H2O] (l) = Kb mesure la force de la 
[B]aq
base par rapport à l’eau 

On utilise habituellement  pKb= ‐log Kb 
basicité croissante        Kb     pKb
7‐ Relation entre Ka et Kb
• Considérons un couple acido‐basique AH/A‐

Equation bilan de la dissociation de l’acide AH dans l’eau
1 + [A‐]aq [H3O+]aq
AH(aq)+H2O(l) A‐(aq)+ H3O (aq) Ka=
[AH]aq
2
Equation bilan de la dissociation de la base A‐ dans l’eau
A‐(aq)+ H2O(l) 1 AH(aq) +   OH‐(aq Kb=
[OH‐]aq [AH]aq
2 [A‐]aq
[A‐]aq [H3O+]aq [OH‐]aq [AH]aq
Ka x Kb =                            .                          = Ke
[AH]aq [A‐]aq
Donc, pour un acide et sa base conjuguée, Ka et Kb sont liées
Ka x Kb= Ke= 10‐14 à 25°C.
Soit  pKa+pKb= pKe= 14.

Ka ne dépend pas de l’état de système. Mais de la température , elle s’exprime 
sans unité bien que les concentrations  [A]aq, [B]aq et [H3O+]aq soient exprimées en 
mol/L.
Dissociation de l’eau

H2O pure est un mauvais conducteur d’électricité. Appliquons la loi d’action de masse à 
cet équilibre:
‐à 25°C; 1litre d’eau pèse 997g

Donc              [OH‐][H3O+] = K[H2O]2=K(55,4)2=3,24.10‐16(55,4)2=10‐14.

Cette constante Ke est appelée produit ionique de l’eau.

*Ke varie avec la température.
Ke =5,6.10‐14 à 50°C 
Ke = 60.10‐14 à 100°C
Remarque:
Dans toute solution aqueuse, le produit ionique reste constant à température 
donnée.
‐Dans l’eau pure on a
[OH‐] =[H3O+] =10‐7mol/L            à 25°C.
pKa des couples de l’eau 
• Acide H2O/OH‐ H2O(l) 1 OH‐(aq)+ H+(aq)
2
Ka= [OH‐]aq [H+]aq = Ke
pKa=Pke=14
1
Base H3O+/H2O  H2O(l) + H+ (aq) H3O+(aq)
2
[H+]aq
Ka= =1 pKa=0
[H+]aq

Réaction bilan 
H2O(l) + H2O(l) H3O+(aq) +   OH‐(aq

[H3o+]aq[OH‐]aq Kc [H2O]2= [H3o+]aq[OH‐]aq= Ke


La constante  Kc=
[H2O]2
8‐ Constante d’équilibre K d’une réaction acido‐basique
Soit Ka1et Ka2 les constantes d’acidité des couples A1/B1 et A2/B2
A1(aq)+H2O(l) B1(aq)+ H3O+(aq)    et A2(aq)+H2O(l) B2(aq)+ H3O+(aq)

[B1]aq [H3O+]aq [B2]aq [H3O+]aq


Ka1= Ka2=
[A2]aq
[A1]aq
Notons K la constante d’équilibre de la réaction A1(aq)+B2(aq) B1(aq)+ A2(aq)
[B1]aq [A2]aq
K= [A1]aq [B2]aq K= Ka1/Ka2

La même chose pour le cas d’une base dans un milieu aqueux, exemple NH3 , le Kb est la 
constante de basicité:        Kb= [NH4+]aq [OH‐]aq /[NH3]aq Kb est la constante d’équilibre de 
la réaction de la base B avec H2O. 
Remarque: pour les polyacides (ou polybases) on définit plusieurs constantes relatives à 
chacune des fonctions acides (ou bases).
exemple: 
Polyacide  H2SO4 + H2O                HSO4‐+H 3O+       Ka1
HSO4‐ +H2O                 SO42‐ +H3O+      Ka2

Polybase CO32‐ +H2O                H CO3‐ +OH‐ Kb1


HCO3‐ +H2O                 CO2 + OH‐ +H2O Kb2
=
HCO3‐ +H2O                 (CO2, H2O) + OH‐ Kb2
le couple HA/A‐
HA +H2O              A‐+H3O+ Ka=[A‐][H3O+]/[HA]
A‐+ H2O                HA +OH‐ Kb=[HA][OH‐][A‐]
2H2O H3O++ OH‐ Ka Kb=[H3O+][OH‐] = Ke
pKa+ pKb= pKe =14

Plus l’acide est fort            Ka                       pKa
D’une manière générale, en milieu aqueux on considère:
• Un acide fort quand pKa<0.
• Un acide est moyen quand 0<pKa<4
• Un acide est moyennement faible quand 4<pKa<7
• Un acide est faible quand pKa>7
Acide 1 +base 2 base conj1 +acide conj2
[B1]aq [A2]aq
K= =Ka1/Ka2= 10(pka2‐pka1)
[A1]aq [B2]aq
Lorsqu’on met en présence deux couples acide_base, la réaction 
se produit entre l’acide le plus fort et la base la plus forte.
pKa

Base forte
A2H
A2‐

acide fort
A1‐ A1H
Bases fortes et acides
indifférents: OH‐ et la base pKa
Acide indifférent
la plus forte qui peut exister Base forte  Force nulle
dans l’eau. NaOH Na+
Les bases fortes ne peuvent
pas être classés dans l’eau OH‐ 14 H O
2

NH3 9,2 NH +
4

Acides forts 
Bases fortes 
Acides et bases faibles dont 
le pKa est compris entre 0 et 
14: les deux formes AH et A‐
coexistent dans l’eau.
CH3COO‐ 4,8 CH COOH
3

00
Acides forts et bases H2O           H3O+
indifférentes: H3O+ est l’acide
le plus fort qui puisse exister Cl‐ HCl
dans l’eau.
Les acides forts ne peuvent Base indifférente Acide fort 
pas être classées dans l’eau Force nulle Ka
9‐ Notion du pH d’une solution aqueuse. 

Par définition: 
• pH = ‐log [H30+];          pOH = ‐log [OH‐];              pH+pOH = 14
• Echelle de pH
 On a une solution neutre[OH‐] =[H3O+];  [H3O+]= Ke1/2 donc pH= ½ pKe
 On a une solution acide [H3O+]> [OH‐]; [H3O+]> Ke1/2 donc    pH < ½ pKe
 On a une solution basique [H3O+] < [OH‐]; [H3O+]< Ke1/2 donc pH> ½ pKe

½ pKe

[H3O+]> [OH‐] [H3O+] < [OH‐]

[OH‐] =[H3O+]
10‐ Calcul de pH en milieu aqueux
pH d’un acide fort: on écrit les réactions des équilibres chimiques des espèces:
Etat de  Avancement  AH(aq) H2O( l) A‐(aq) H3O+ (aq)
système (mol)
initial 0 c 0 0
intermédiaire c 0 solvant C C
finale cfn 0 c c

À l’équilibre: on aura [H3O+ ] = c                donc     pH= ‐log c


pH d’une base forte: de la même manière :
À l’équilibre: on aura [OH‐ ] = c’         donc   pOH= ‐log c’;   pH = 14+ log c’ 
pH d’une solution d’acide partiellement ionisé: sont partiellement ionisés les acides moyennement
faibles en solution assez concentrée ainsi que les acides faibles et très faibles à toute concentration.

Etat de  Avancement  AH(aq) H2O( l) A‐(aq) H3O+ (aq)


système (mol)
initial 0 c 0 0
intermédiaire αc C‐αC solvant αC αC
finale cfn C (1‐α) αC αC
α: la quantité dissociée de l’acide AH
1er cas α<<1
Ka= [A‐]aq [H3O+]aq/ [AH]aq= cα2/ (1‐α)
Ka= cα2 α= (ka/c)1/2  ;    pH= ‐log [H3O+] = ‐log (Ka.c)1/2 pH= ½ (pKa‐logc)
2eme cas α non négligeable devant 1
Ka= [A‐]aq [H3O+]aq/ [AH]aq= cα2/ (1‐α)              cα2 =Ka(1‐α) équation de second degré en 
α qu’il faut résoudre sachant que 0<α<1, et on déduit pH

 pH d’une solution basique partiellement ionisé: de la même manière qu’un acide
faible , on trouve le pH= ½(14+pKa+logc’).

L’hydrolyse :
C’est la réaction avec un excès d’eau d’un acide ou d’une base faible , l’acide étant 
un cation BH+; la base étant un anion A‐ , dans une réaction de ce type l’eau joue le 
rôle à la fois de réactif et de solvant.
F‐+H2O               HF+OH‐

L’hydrolyse des sels entraine des modifications de la concentration des ions H3O+ et 
OH‐ de l’eau , donc le pH de la solution variera 
Remarques :
 Il ne faut pas confondre un acide (donneur de
proton) et une solution acide ([H3O+]> [OH‐]).
 Le pH mesure l’acidité ou la basicité d’une
solution et non la force de l’acide ou la base en 
solution.
Exemple: Solution S1: HCl (10‐3M)   pH= 3
Solution S2 CH3COOH (1M)    pH= 2.3
Bien que l’acide HCl soit plus fort que l’acide acétique 
CH3COOH, la solution S2 est plus acide que la solution S1
 Le pKa mesure la force d’un acide ou d’une
base conjuguée indépendamment de sa
concentration.
En général 
la détermination théorique du pH d’une solution aqueuse fait appel
aux étapes:
 Faire l’inventaire des espèces présentes et reconnaitre leur
caractère acide, basique ou indifférent.
 Préciser les réactions auxquelles participent ces espèces
 Donner les relations entre les concentrations des à
l’équilibre espèces
‐ L’expression de la conservation de la matière (CM)
‐ L’expression de la neutralité électrique (NE)
‐ La loi d’action de masse appliquée à chacun des équilibres (Ka,Kb, Ke)
 La résolution de n équation à n inconnus peut se simplifier à
travers des approximations dont il faut vérifier la légitimité.
Approximations 

 1ére approximation: milieu acide ou basique
En milieu acide, [H3O+]>> [OH‐] si pH ≤ 6.5
En milieu basique, [OH‐]>> [H3O+] si pH ≥ 7.5

pH
[H3O+]>> [OH‐] 6.5 7.5 [OH‐]>> [H3O+]

 2éme approximation: dépend de la force de l’acide et de la base
Pour un acide fort, [AH]<< [A‐]
Pour un acide faible, [AH]>> [A‐] si pH ≤ pKa‐1 (ou Ka/Ca ≤ 10‐2)
Pour une base forte, [A‐]<< [AH]
Pour une base faible, [A‐]>> [AH] si pH ≥ pKa+1(ou Kb/Cb ≤ 10‐2)
[AH]>> [A‐] [A‐]>> [AH]
pH
AH majoritaire pKa‐1 pKa+1 A‐ majoritaire
• a‐ Solution aqueuse d’un acide fort :
Monoacide fort: pH = ‐log H3O+ = ‐log Ca
Diacide fort: pH = ‐log 2Ca

• b‐ Solution aqueuse d’une base forte :
pOH = ‐log OH‐ = ‐log Cb
Donc pH = 14‐ pOH = 14 + log Cb

• c‐ Solution aqueuse d’un acide faible :
[H3O+]total = [H3O+]acide faible + [H3O+]eau
pH = 1/2 ( pKa – log Ca)

• d‐ Solution aqueuse d’une base faible :
[OH‐]total = [OH‐]base faible + [OH‐]eau
pH = 7 + 1/2 ( pKa + log Cb)
11‐ PH des mélanges 
1‐ mélange de deux acides forts 
Equation obtenue: [H3O+]2‐C[H3O+]‐Ke=0 (même équation que pour l’acide fort)
Un mélange d’acides forts se comporte comme un acide fort unique. La
concentration totale étant simplement égale à la somme des concentrations
individuelles de chaque acide.
C= ∑ci= ∑civi/ (∑vi)
pH= ‐log C pour C > 10‐6.5M
Si C < 10‐6.5 M on devra résoudre l’équation du second degré.

2‐ mélange d’un acide fort et d’un acide faible


Equation obtenue: [H3O+]2+ (Ka‐C1)[H3O+]‐Ka( C1+C2)=0
La résolution de cette équation conduit à [H3O+]≈ C1
Dans ce type de mélange, c’est l’acide le plus fort qui impose son pH et
ceci en réduisant la dissociation de l’acide faible.
1‐ mélange de deux acides faibles 
Equation obtenue: [H3O+]2= Ka1C1+Ka2C2
pH= ‐(1/2) log ( ka1C1+Ka2C2)

2‐ mélange de deux bases


base forte+base forte: pH= 14+ log (C1+ C2)
base forte+base faible: pH= 14+ log (C1)
base faible+base faible: pH= 7‐(1/2) log (C1/ka1+C2/Ka2)
12‐ pH d’une solution d’un sel 
Les sels proviennent de la salification d’un acide par une base et inversement
En milieu aqueux, suffisamment dilué, les sels sont quasiment dissociés.  

 Sel d’acide fort et de base forte (sel neutre)
HCl+NaOH NaCl + H2O 
H2O
en milieu aqueux    NaCl Na+aq +   Cl‐aq
Na+aq et  Cl‐aq sont indifférents           le pH reste de l’eau pure   pH= 7
 Sel d’acide fort et de base faible (sel acide)
(HCl+ NH3 NH4Cl+H2O
H2O + ‐
En milieu aqueux:  NH4Cl            NH 4 aq + Cl aq
Cl‐ion spectateur, NH4+ acide conjugué (faible)    pH (NH4Cl )= pH (NH4+) acide 
faible                       pH= ½ (pKa+ log [NH4+])
 Sel d’acide faible et de base forte (sel basique)
CH3COOH+NaOH CH3COONa + H2O 
H2O
en milieu aqueux    CH3COONa                       CH ‐ +
3COO aq + Na aq
Na+aq est indifférent           le pH est celui de la base faible
pH= ½( pKe+pKa+log [CH3COO‐])

 Sel d’acide faible et de base faible 
CH3COOH     + NH3 CH3COONH4
En milieu aqueux: CH3COONH4 H2O CH3COO‐aq + NH4+aq
Le mélange donne une solution faiblement acide ou faiblement basique   
pH≈7, 
Si [H3O+ ] << C et [OH‐] << C, en faisant le produit Ka1. Ka2  
pH= ½ (pKa1+ pKa2); le pH est indépendant de C
13‐LES SOLUTIONS TAMPONS 

• Définition :
sont des mélanges d’un acide faible et de sa base conjuguée
(pris sous forme de sel) ou d’une base et de son acide
conjugué, pris sous forme de sel.

Une solution tampon est une solution dont le pH varie très peu
par addition d’un acide ou d’une base ou par dilution.
Préparation des solutions tampons
• A‐Les solutions tampons doivent être préparés par 
un mélange d’un acide faible et de sa base 
conjuguée (CH3COOH‚ CH3COONa). 

• B‐ Mélange d’une base faible et de son acide 
conjugué (NH3‚ NH4Cl). 

• C‐ l’addition d’une base forte à une solution d’acide 
faible (NaOH + CH3COOH ‚ NaOH + NH4+Cl‐ ).

• D‐ l’addition d’un acide fort à une solution de base 
faible (HCl + NH3 ‚ HCl + CH3COONa). 
Soit une solution aqueuse contenant
initialement l’acide AH de concentration CA‚ et
sa base conjuguée obtenue par la dissolution
d’un sel NaA de concentration CB.
s

Le couple acide base se trouve en équilibre AH/A‐


CB+ [H3O+]= [A‐]+[OH‐] 
[A‐]= CB+[H3O+] – [OH‐]

[AH]= CA+CB –[A‐]
pH= Pka+ log [base]/ [Acide]

Si pH= pKa [acide] =[base]
Si pH>pKa [Base] > [Acide]             Base prédomine
Si pH< pKa [Base]  [Acide]                acide prédomine
14‐Indicateurs colorés 
• Les indicateurs colorés sont des acides ou des bases faibles,
caractérisés par des couleurs différentes suivant la valeur du pH
du milieu dans lequel ils se trouvent. Le changement de coloration
que subissent les indicateurs, en fonction du pH, s’explique par
une modification de la structure de l’indicateur.
Hin +H2O In‐ + H3O+
Forme acide  Forme basique 
Couleur 1 Couleur 2

‐Si la solution dont on veut connaître le pH est acide, les ions H3O+ déplacent
l’équilibre vers la gauche on aura la couleur 1.
‐Si la solution est basique, ce sera le contraire et on aura la couleur 2
• Les indicateurs les plus courants sont donnés dans le tableau
suivant :
15‐ Manipulation : Titrage acide ‐ base 

Dans cette manipulation on dosera une


solution aqueuse d’acide sulfurique ou
chlorhydrique par une solution aqueuse de
soude de titre connu.
Dosage acido‐basique 

• L’intérêt d’effectuer un dosage acido basique,


c'est‐à‐dire de doser un acide par une base de
normalité connue ou inversement, est de
déterminer les normalités inconnues de la
solution à doser. Pour cela, trois méthodes de
dosage peuvent être utilisées : la volumétrie,
la pH‐métrie et la conductimètrie. Ces trois
méthodes sont basées sur l’identification du
point d’équivalence ou du virage de la
solution.
a‐ Volumétrie 

‐Cette méthode consiste à utiliser, pour repérer


le point d’équivalence, un indicateur coloré
dont la propriété est de changer la coloration
de la solution à doser. Ce changement dépend
d’un certain domaine de pH. C’est pour cette
raison qu’il est toujours important de choisir
un indicateur coloré dont la zone de virage
encadre le point d’équivalence.
‐Le dosage volumétrique s’effectue en général
en deux étapes :
‐ Dosage grossier : fait couler 1cm3 par 1cm3, au
changement de couleur, on note le dernier
volume versé, c’est le volume grossier, le
volume réel est alors compris entre :
Vgrossier ‐1< Vréel <Vgrossier

‐ Dosage précis : Refaire le travail, faire couler


rapidement la solution jusqu'à le Vgrossier‐1,
puis faire couler la solution goutte à goutte.
Au changement de couleur, noter le volume.
b‐ pH‐métrie

• Pour déterminer le point d’équivalence à l’aide


de cette technique, il suffit de tracer la courbe
donnant le pH de la solution à doser en
fonction du volume de la solution versée
(pH=f(V)). Cette courbe présente un point
d’inflexion auquel correspond le volume à
l’équivalence et au voisinage duquel le pH
varie rapidement.
c‐ Conductimètrie : 

• On souhaite doser une solution d'acide chlorhydrique (H3O+(aq)


+ Cl–(aq)) par une solution d'hydroxyde de sodium de
concentration molaire en soluté apporté c1 = 5,0.10‐3 mol.L‐1.
On souhaite suivre le titrage par conductimétrie en mesurant,
pour chaque millilitre de solution titrante versé, la conductivité
σ de la solution dans le bécher et en traçant la courbe
représentative des variations de σ en fonction du volume V1 de
solution titrante versée.
On obtient le tableau de mesures suivant,
donnant la valeur de la conductivité de la
solution en fonction du volume de solution
titrante V1 versé :
• Exploitation des résultats 
1) Equation support du dosage 

• 1. En début de dosage, les espèces chimiques


en présence sont : l’ion sodium Na+, l’ion
chlorure Cl– qui sont tous deux spectateurs,
l’ion oxonium acide H3O+, l’ion hydroxyde
basique HO– et l’eau, espèce amphotère qui
joue ici le rôle de molécule spectatrice.
Il s’ensuit donc une réaction acido‐basique au cours de laquelle l’ion oxonium cède un
proton à l’ion hydroxyde.

2. Le tableau d’avancement au cours du dosage 
de la réaction support du titrage est donc 
2) Courbes théoriques correspondant à chaque ion 
 2‐1/

• Courbe (a) : la quantité de matière de l’espèce ne fait que diminuer dans le bécher,
puis devient nulle. Il s’agit de l’ion oxonium H3O+, qui est consommé tout au long du
titrage par l’ion hydroxyde, puis qui devient réactif limitant après l’équivalence
(quantité de matière nulle).

• Courbe (b) : la quantité de matière de l’espèce est tout d’abord nulle dans le bécher,
puis elle ne fait ensuite qu’augmenter. Il s’agit de l’ion hydroxyde HO‐, qui est d’abord
réactif limitant avant l‘équivalence (quantité de matière nulle), puis qui ne réagit plus
dans la mesure où il n’y a plus d’ion oxonium dans le bécher, et dont la quantité ne fait
donc qu’augmenter après l’équivalence.

• Courbe (c) : la quantité de matière de l’espèce est constante dans le bécher au cours
du dosage. Il s’agit de l’ion chlorure Cl‐ spectateur qui est présent dans le bécher
depuis le début du dosage et qui ne réagit pas.

• Courbe (d) : la quantité de matière de l’espèce ne fait qu’augmenter dans le bécher au


cours du dosage. Il s’agit de l’ion sodium Na+ spectateur qui est continuellement
ajouté de la burette graduée dans le bécher et qui ne réagit pas.
2‐2/
. L’équivalence est donc le point où les réactifs
de la réaction support de titrage sont
totalement consommés, c’est‐à‐dire le point
de discontinuité sur les courbes (a) et (b), au
niveau de leur intersection.
3‐ Exploitation de la courbe expérimentale

• 3‐1. La courbe de suivi conductimétrique σ= f(V1) est


tout d’abord une droite décroissante, puis une droite
croissante de coefficient directeur moins important en
valeur absolue que celui de la droite décroissante.

• 3‐2. A un instant quelconque du titrage, la conductivité 
σ de la solution présente dans le bécher est : 
3. Justifier alors soigneusement à l'aide des
données ci‐dessus l'allure de la courbe
σ= f(V1) avant et après l'équivalence. En
déduire le point particulier de la courbe
correspondant à l'équivalence.
• Avant l’équivalence : 

[H3O+] décroît ; [Cl–] est constante ; [Na+] croît 
(et [HO–] est nulle) 
Dans la mesure où λH3O+˃ λNa+, H3O+ contribue 
davantage à la variation de σ que Na+ : on en 
déduit que le terme λH3O+ [H3O+] décroît 
davantage que le terme λNa+ [Na+] ne croît et la 
courbe σ = f(V1) est donc décroissante. 
• Après l’équivalence : 

[HO–] croît; [Cl–] est constante ; [Na+] croît (et [H3O+] 
est nulle) On en déduit que les termes 
λHO‐[HO‐] et  λNa+[Na+] croissent et la courbe σ= f(V1) 
est donc croissante. 
L’équivalence se situe donc au point de fin de 
décroissance et de début de croissance de la courbe 
σ= f(V1). 
Graphiquement, le volume de solution titrante ajouté à 
l'équivalence se situe à l’intersection des deux droites 
décroissante et croissante (voir graphique du I). On lit 
V1éq = 18,0 mL. 
• 4) Conclusion

A l’équivalence, il y a changement de réactif limitant au


cours du dosage : les réactifs ont été introduits dans les
proportions stoechiométriques de l’équation support
du dosage. Les réactifs sont donc entièrement
consommés à l’équivalence du dosage :

c1V1éq – xmaxéq = 0, donc xmaxéq = c1V1éq et c2V2 – xmaxéq= 0,


donc xmaxéq = c2V2.
En égalisant les deux expressions de xmax, on a :
c1V1éq = c2V2, donc que : C2= C1 V1éq /V2

A.N. : c2=5,0.10‐3 x 18/ 20,0 = 4,5.10–3 mol.L–1 .