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(Institut des Nations pour la Formation et la Recherche)

PROGRAMMES DE FORMATION DE L’UNITAR SUR LES ASPECTS


JURIDIQUES DE LA GESTION FINANCIERE ET DE LA DETTE

METHODES ALTERNATIVES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS

Document n° 14

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TABLE DE MATIERES

INTRODUCTION

CHAPITRE 1 :

METHODES ALTERNATIVES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS ----------- 4

CHAPITRE 2 :

MECANISMES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS ET


DROITS CONSTTUTIONNELS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE---------------- 18

PROFIL DE AUTEURS----------------------------------------------------------------------- 30

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INTRODUCTION
L’Importance croissante de l’arbitrage et du règlement des différends dans le contexte
africain traduit l’essor du commerce et des échanges internationaux et donne une
indication sur les méthodes préférées de règlement des différends internationaux-
tendance dont le développement va probablement se poursuivre au cours du 21ème
siècle. Depuis les années 1970, la participation des pays en développement à
l’arbitrage a connu une croissance fulgurante. Il est par conséquent important pour les
avocats, les conseils juridiques et les autorités représentant les pays en développement
de se familiariser avec les questions et les problèmes qui constituent les enjeux des
différentes étapes de l’arbitrage international.

Le présent exposé s’inscrit dans la suite d’un atelier de l’UNITAR organisé du


11 au 15 septembre 2000 à Harare au Zimbabwe sur l’Arbitrage et le Règlement des
Différends en Afrique Subsaharienne.

L’Atelier a été organisé à l’intention de 27 hauts cadres et experts de niveau


moyen venus d’Angola, Botswana, Ethiopie, Ghana, Kenya, Lesotho, Mozambique,
Nigéria, Rwanda, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Ouganda, Zambie et du
Zimbabwe. Les participants ont été choisis parmi d’éminents avocats et d’autres cadres
des Paquets Généraux chargés des négociations, de l’élaboration des textes, de la
révision des textes ou impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’élaboration des
contrats internationaux de toute nature ; de hauts responsables des Ministères de la
justice ; toutes personnes responsables de projets (appels d’offres, négociation de
contrats, etc.) dans le Ministères ayant de très fortes chances de faire appel aux
entrepreneurs internationaux tels que le Ministère des Travaux Publics, le Ministère
des Transports, le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Ministère des Finances,
ceux chargés des projets d’infrastructure (électricité, routes, télécommunications,
adductions d’eau, traitement des ordures et des eaux usées, etc.) ; tous les hauts cadres
des sociétés publiques qui sont parties prenantes dans les échanges internationaux (y
compris les sociétés des télécommunications, les banques, les sociétés du bâtiment et
travaux publics, etc) ; des représentants des Facultés de Droit des Universités qui
pourraient s’intéresser à l’arbitrage international ; des représentants de sociétés
savantes régionales en droit qui s’intéressent à l’arbitrage international ; et des
magistrats qui pourraient s’intéresser à l’arbitrage international.

Les objectifs de l’atelier étaient d’amener les participants à se familiariser avec


les différents types de mécanismes de règlement des différends internationaux, y
compris : l’établissement de la méthode appropriée de règlement des différends ;
l’élaboration des clauses d’arbitrage et d’autres clauses de règlement des différends ;
et une introduction aux aspects procéduraux d’un arbitrage ainsi que les questions de
procédure et de fond impliquées. Pour aborder certaines des questions qui intéressent
spécifiquement les pays en développement, les règles CNUDCI, la convention ACP et
l’arbitrage dans le secteur de la construction ont été présentés et examinés de façon
détaillée.

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Le présent document est le résultat des questions examinées et débattues à
l’atelier de Harare. Il comprend deux chapitres rédigés par les deux conférenciers de
l’atelier, Dr Vinod K. Agarwal et M. Bolalaji Owasanoye. Nous leur sommes
reconnaissant pour l’intérêt qu’ils portent à nos activités de formation et pour leur
précieuse contribution à ses activités.

Nous formons le vœu que le présent document soit utile aux lecteurs et stimule
leur réflexion.

Marcel A. Boisard
Directeur Exécutif de l’UNITAR

METHODES ALTERNATIVES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS

Par Vinod K. Agarwal

Il y a plusieurs méthodes de règlement des différends entre deux parties. La


première et la plus importante méthode consiste à en saisir les tribunaux. Quand un
différend naît entre deux personnes du même pays, le forum établi pour le régler
existe. Les deux parties peuvent porter le contentieux devant les tribunaux crées par la
loi du Pays. En général, c’est par cette méthode que les citoyens d’un même pays ont
le plus souvent obtenu le règlement des différends les opposant à leurs concitoyens.

Lorsqu’un différend naît entre deux personnes citoyennes de deux pays


différents, un problème se pose. Les deux parties peuvent saisir les tribunaux locaux
de l’un quelconque des deux pays pour régler leur différend. Mais cette approche peut
avoir ses propres problèmes. Le premier problème à trait à la compétence des
tribunaux. Les lois régissant la compétence des tribunaux dans un pays ne sont pays
faites en tenant compte des contentieux transnationaux. Normalement, ces lois et
tribunaux locaux sont conçus pour régler les problèmes locaux. C’est-à-dire, les
contentieux opposant deux citoyen du même pays. L’autre problème. C’est la
différence entre les systèmes judiciaires des deux pays. Le problème devient grave si
le pays de l’une des parties au différend suit le système juridique d’inspiration anglo-
saxonne appelé « Comme Law » et que l’autre pays applique le système du droit civil.
En dépit du travail énorme abattu par de nombreuses organisations et institutions
internationales, l’unification ou l’harmonisation des systèmes juridiques différents
relève encore d’un rêve lointain. Le problème suivant est celui du choix de la loi
applicable à un accord et aux différends subséquents entre les parties. La disponibilité

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des biens du défendeur dans la juridiction concernée constitue également un élément à
prendre en compte. La raison est que l’exécution du jugement dans toute autre
juridiction pourrait s’avérer un processus long et fastidieux. L’absence d’un traité
prévoyant l’exécution de jugements étrangers entre les deux pays peut faire que le
jugement devienne un papier inutile, nul et nul effet. Si dans le jugement le débiteur
se trouve être un organisme public de cet autre pays, l’exécution du jugement pourrait
avoir affaires à l’invocation de l’immunité qui protège les biens publics. Dans certains
pays, les biens publics jouissent d’une immunité. L’établissement du fait, devant un
tribunal de ce pays, que l’organisme public débiteur avait lui-même renoncé
expressément à son droit à l’immunité sera une tâche herculéenne. En dehors de ces
difficultés, il y a les problèmes classiques tels que les retards indus dans
l’administration de la justice, les formalités de procédure compliquées, le transport de
toutes les preuves et des témoins d’un pays à l’autre, les coûts élevés des poursuites
judiciaires, les imperfections judiciaires, etc, que l’on ne saurait négliger. Compte tenu
de ces difficultés et d’autres problèmes, chacune des deux parties évite d’avoir à
comparaître devant les tribunaux du pays de l’autre partie.

C’est pour ces raisons que les méthodes alternatives de règlement des différends
voient leur popularité croître en matière de règlement des différends opposant des
parties appartenant à deux pays différents. La popularité de ces méthodes est telle que
certaines personnes commencent déjà à l’appeler méthodes « appropriées » plutôt que
méthodes « alternatives » (ou de remplacement) de règlement des différends. Les
méthodes alternatives de règlement des différends présentent des avantages clairs et
nets par rapport à un procès en justice en bonne et due forme. Le procès et un
processus qui se déroule dans les salles d’audience des tribunaux. Les salles
d’audience sont ouvertes au public. Tout le monde peut entrer dans une salle
d’audience et suivre à sa guise les débats sur n’importe quelle affaire. En règlement
alternatif des contentieux, les débats se découlent en privé. Ils ne sont pas ouverts au
public – Ce qui leur assure la confidentialité. De plus, pour engager le processus de
règlement alternatif des contentieux, l’accord préalable des parties au litige constitue
une condition essentielle. Alors que le procès est un processus formel et rigide
opposant des adversaires, les méthodes alternatives de règlement des différends
peuvent être moins conflictuelles, moins formelles et plus souples. Dans le procès, les
règles régissant la preuve et les règles de procédure doivent être rigoureusement
respectées. Selon les méthodes alternatives de règlement des différends, la procédure
est simple et les règles formelles de procédure et de la preuve ne s’appliquent pas. De
même, en procès, les parties ne participent pas au processus de choix des juges. Ceux-
ci sont nommés et payés par l’Etat. Ces juges ne sont spécialistes en aucune matière
spécifique ni en aucune banche spécifique du droit. Ce sont des généralistes qui
traitent de tous les types d’affaire. En général, les médiateurs ou arbitres et les autres
personnes qui contribuent au règlement des différends par le recours aux méthodes
alternatives sont choisis et payés par les parties au litige concerné. Ces parties peuvent
fixer les critères de compétence technique, de qualification et d’expérience
professionnelle à remplir et ils peuvent insister pour que la personne qui a une
compétence technique dans un domaine particulier soit nommée seul. A l’exception de
rares cas ou de situations spécifiques, les règlements obtenus par le recours aux

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méthodes alternatives de règlement des différends ne font l’objet d’aucune
contestation ou recours en procédures judiciaire. Par ailleurs, les méthodes alternative
de règlement des différends présentent les avantages classiques tels que le fait que leur
processus est moins cher, administre une justice diligente et donne même la passibilité
de choisir le lieu de règlement du litige.

Les méthodes alternatives de règlement des différends ont été jugées


satisfaisantes et sont hautement appréciées non seulement dans le règlement des
différends entre deux parties appartenant à deux pays différents, mais également et
couramment dans le règlement de litiges opposant des concitoyens.

La règlement alternatif des différends comprend une série de méthodes de


règlement de litige entre les parties. La disponibilité ou le déploiement d’une méthode
alternative spécifique de règlement de contentieux dans un cas spécifique dépend d’un
certain nombre de facteurs. La clause prévoyant le règlement alternatif des différends
dans l’accord conclu par les parties, la disponibilité de gens maîtrisant bien le
processus de règlement alternatif des différends, l’appui apporté par le système
juridique d’un pays aux méthodes alternatives de règlement des différends, le cadre
institutionnel national et international pour le règlement alternatif des différends, la
disponibilité des facilités infra-structurelles nécessaires, etc, jouent un rôle significatif
dans le choix d’une méthode donnée de règlement de contentieux. La méthode la plus
importante, la plus populaire et la plus communément utilisée c’est l’arbitrage.

ARBITRAGE

L’Arbitrage est l’une des plus vieilles méthodes de règlement de litiges entre
deux parties. Il a existé sous une forme ou sous une autre dans chaque pays depuis
toujours. Comme processus de règlement des différends, l’arbitrage offre de nombreux
avantages aux deux parties.

Dans le domaine de l’arbitrage, il y a trois documents internationaux. Mais tous


ces trois documents traitent de l’exécution des décisions arbitrales étrangères. Le
premier c’est le protocole sur les clauses d’Arbitrage signé à Genève le 24 Septembre
1923 (communément appelé Protocole de Genève, 1923). Il a 8 articles. Il a été ratifié
par 30 Etats. Mais il n’est pas très apprécié par les Etats, pour des raisons évidentes.

Le deuxième c’est la Convention sur l’Exécution des Décisions Arbitrales


Etrangères signées à Genève en 1927 (communément appelée Convention de Genève,
1927). Cette convention a amendé certains aspect du Protocole de Genève. Aux termes
de la convention, « Chaque Haute Partie contractante (ou Etat) est invité à reconnaître
le caractère contraignant et d’exécuter, conformément aux règles de procédure en
vigueur sur son territoire, la décision arbitrale rendue sur le territoire d’un autre Etat
partie à la convention, conformément à un accord couvert par le Protocole. »

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Enfin, il y a la Convention sur la Reconnaissance et l’Exécution des Décisions
Arbitrales Etrangères signée à New York le 10 juin 1958 (Communément appelée
Convention de New York). Cette Convention a donné plus de liberté aux parties dans
le choix de l’autorité arbitrale et des procédures d’arbitrage. Elle a essayé de régler les
difficultés que les parties rencontraient dans l’exécution des décisions arbitrales
étrangères. La convention de New York a réduit et simplifié les conditions que doit
remplir la partie qui sollicite la reconnaissance ou l’exécution d’une décision arbitrale.

Il y a un autre document international, la convention de 1965 sur le Règlement


des Différends Relatifs aux Investissements entre les Etats et les Ressortissants
d’Autres Etats, signée à Washington en 1965 (communément appelée Convention
CNUDCI 1965). Elle s’applique seulement aux différends relatifs aux investissements
entre un pays et les investisseurs d’un autre pays qui ont réalisé des investissements
dans ce premier pays.

Il y a également un certain nombre de conventions et de protocoles régionaux


tels que la Convention Européenne sur l’Arbitrage Commercial International, 1961, la
Convention Inter Américaine sur l’Arbitrage Commercial International signée le 30
Janvier 1975 (communément appelée Convention de Panama).

Au plan international, la commission des Nations Unis sur le Droit du


Commerce International (CNUDCI) a élaboré un modèle du droit de l’arbitrage dans le
commerce international. Le modèle a été élaboré après de longues délibérations dans
diverses réunions de la commission en plénière au cours de sa 18ème session annuelle et
a été adopté le 21 juin 1985. L’Assemblée Générale des Nations Unies dans la
résolution 40/72 du 11 décembre 1985 a recommandé « que tous les Etats examinent
attentivement le Modèle du Droit de l’Arbitrage dans le Commerce International en
vue d’étudier l’opportunité l’harmonisation du droit des procédures arbitrales et
d’examiner les besoins spécifiques des pratiques qui ont cours en matière d’arbitrage
dans le commerce international ». A ce jour, un grand nombre de pays ont adopté le
Modèle du Droit de l’Arbitrage dans le Commerce International mis au point par la
CNUDCI. Ils l’ont intégré dans leurs législations nationales sur l’arbitrage – Ce qui a
contribué à l’harmonisation du droit de l’arbitrage dans ces pays.

En plus du Modèle du Droit de l’Arbitrage dans le Commerce International, la


CNUDCI a également élaboré et publié les « Règles d’Arbitrage de la CNUDCI » -
document exhaustif et fouillé. Ces règles ont été adoptées par l’Assemblée Générale
par sa résolution 31/98 du 15 Décembre 1976, c’est-à-dire bien avant l’adoption du
Modèle du Droit de l’Arbitrage dans le Commerce International. L’article 1 de ces
Règles prévoient « Lorsque les parties à un contrat ont convenu par écrit que les
différends relatifs audit contrat sont soumis à l’arbitrage conformément aux règles
d’Arbitrage de la CNUDCI, ces différends sont réglés conformément aux dites
Règles, sous réserves des modifications que les parties peuvent adopter par écrit de
commun accord ». Par conséquent, les parties à un accord peuvent adopter les Règles
d’Arbitrage de la CNUDCI en vue du règlement de leurs différends internationaux. En

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dehors de l’élaboration et de la publication de ces documents, la CNUDCI en tant que
telle ne fournit pas de facilités d’arbitrage.

La CNUDCI a également publié les « Notes de la CNUDCI sur l’Organisation


des Procédures d’Arbitrage ». Les notes ont été finalisées à sa 29ème session tenue à
New York en mai – juin 1996. Aux termes du premier paragraphe de ces notes,
« l’objet des notes est d’aider les praticiens de l’arbitrage en listant et en décrivant
brièvement les questions sur lesquelles des décisions bien programmées dans le temps
sur l’organisation des procédures d’arbitrages peuvent être utiles ». Ces notes donnent
des directives sur tous les aspects des procédures d’arbitrage tels que les services
administratifs pouvant être nécessaires à l’exercice des fonctions du tribunal arbitral ;
les dépôts pour ce qui concerne ses coûts ; la confidentialité des informations relatives
à l’arbitrage, l’éventuel accord y afférent ; l’acheminement de la communication écrite
entre les parties et les arbitres ; la définition des questions en jeu ; les preuves
documentaires ; les témoins ; l’enregistrement et la notification des décisions
arbitrales, etc.

L’institution la plus importance et la plus vieille dans le domaine de l’arbitrage


c’est la chambre de Commerce Internationale de Paris. La cour d’Arbitrage
Internationale de la Chambre de Commerce Internationale est l’organe d’arbitrage de
cette institution. La Cour ne règle pas elle-même les litiges. Son rôle consiste à
apporter les facilités nécessaires au règlement arbitral des contentieux d’affaires à
caractère international, conformément aux Règles d’Arbitrage de la Chambre de
Commerce internationale (CCI) si un accord d’arbitrage entre les parties le prévoit.

En plus de la CCI, l’autre organisme international qui traite de l’arbitrage c’est


le Centre International pour le Règlement des Différends relatif aux Investissements.
Ce Centre a également élaboré des règles d’arbitrage. Comme il a été relevé plus haut,
il est compétent pour le règlement uniquement des différends portant sur les
investissements et non les autres contentieux commerciaux.

Par ailleurs, presque tous les pays ont chacun un (e) ou plusieurs organismes ou
institution(s) qui donnent des facilités pour le règlement des différends commerciaux
tant nationaux qu’internationaux. Il convient de citer juste à titre d’exemples
notamment l’Association Américaine d’Arbitrage (AAA), la Cour d’Arbitrage
International de Londres (CAIL), la Cour Permanente d’Arbitrage International, le
Centre d’Arbitrage International de Hong Kong, l’Office Coréen d’Arbitrage
Commercial, le Centre Régional d’Arbitrage de Kouala Loumpour, le Centre
d’Arbitrage et de Médiation de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle
de Genève, le Centre International de Règlement Alternatif des Différends de New
Delhi, le Conseil Mondial des Arbitres et des Médiateurs de New Delhi, etc. La
plupart de ces organisations ont mis au point leurs propres règles d’arbitrage. Elles
mettent à disposition les facilités d’arbitrage moyennant le paiement des coûts
conformément à leurs règles respectives. Les parties à un accord d’arbitrage peuvent
adopter dans ledit accord toute institution de leur choix pour régler leurs différends.

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L’une des conditions essentielles du règlement d’un litige par voie d’arbitrage
c’est l’existence d’un accord d’arbitrage entre les parties. L’accord d’arbitrage peut se
faire sous la forme d’une clause d’arbitrage inséré dans un accord ou se conclure dans
un accord à part entière. Plusieurs institutions qui traitent de l’arbitrage ont élaboré des
clauses d’arbitrages qu’elles ont insérées dans leurs règles pour adoption par les patries
dans leurs accords d’arbitrage. Voici quelques exemples de clause d’arbitrage :
Chambre de Commerce Internationale

« Tous les différends nés de ou se rapportant au présent contrat sont définitivement


réglés conformément aux Règles d’Arbitrage de la Chambre de Commerce
Internationale par un ou Plusieurs arbitres nommés conformément aux dites Règles ».

Centre International d’Arbitrage commercial de British Columbia.

Tous les différends nés de ou se rapportant au présent contrat ou relatifs à tout


rapport défini lié audit contrat ou qui en découle sont soumis à l’arbitrage qui les
règlent définitivement conformément aux règles du Centre International d’Arbitrage
Commercial de British Colombia. L’autorité qui nomme (les arbitres) est le Centre
International d’Arbitrage Commercial de British Colombia . L’affaire est réglée par le
Centre International d’Arbitrage Commercial British Colombia conformément à ses
procédures de règlement des cas en application des Règles du Centre International
d’Arbitrage Commercial de British Colombia »

Le lieu d’arbitrage est Vancouver, British Colombia.

Les questions suivantes doivent également retenir l’attention des parties en vue
de leur prise en compte dans les dispositions arbitrales des contrats :
- La loi applicable ou régissant le contrat ;
- Les lois de procédure ;
- Le nombre des arbitres ;
- Les qualifications des arbitres ou de l’arbitre président y compris mais
non exclusivement la langue, la formation technique, la nationalité et la
formation juridique ;
- La langue ou les langues d’arbitrage.

Cour d’Arbitrage International de Londres

« Tout différend né de ou se rapportant au présent contrat, y compris toute question


relative à son existence, sa validité ou son expiration, est soumis à l’arbitrage et réglé
définitivement par arbitrage conformément aux Règles de la Cour d’Arbitrage
International de Londres – Règles supposées être prises en compte implicitement dans
la présente clause ».

Institut d’Arbitrage des Pays Bas.

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« Tous les différends se rapportant au présent Contrat ou aux contrats
subséquents qui en découlent, sont définitivement réglés conformément aux Règles
d’Arbitrage de l’Institut d’Arbitrage des Pays Bas.

De plus, plusieurs questions être prévues :

« Le tribunal arbitral comprend un / trois arbitres (s)


« Le lieu d’Arbitrage est la ville de ___________ »
« La procédure arbitrage est menée en langue ____________ »
« Le tribunal arbitral décide à l’amiable »
« La consolidation des procédures arbitrales avec d’autres procédures arbitrales
pendantes aux Pays Bas, conformément à l’article 1046 du Code de Procédure Civile
Nerlandaise est exclue »

Chambre de Commerce de Zurich.

« Tous les différends nés de ou se rapportant au présent accord, y compris les


différends sur sa conclusion, son effet contraignant, son amendement et son expiration
sont réglés, en dehors des tribunaux judiciaires, par un tribunal arbitral (ou tribunal de
trois arbitres /d’un arbitre) conformément aux Règles d’Arbitrage International de la
Chambre de Commerce de Zurich. (Facultatif : la décision du tribunal arbitral est
définitive et les parties renoncent à toute contestation de la décision arbitrale,
conformément à l’article 192 des statuts du Droit Privé International »)

Il n’a pas été proposé de discuter davantage du thème d’arbitrage, étant donné
que l’arbitrage fera l’objet des discussions pendant les quatre prochains jours de cet
atelier.

ARBIRTAGE EXPEDITIF

L’arbitrage expéditif n’est qu’une forme d’Arbitrage parmi tant d’autres. En


fait, c’est un arbitrage lié au temps. Il peut être adopté pour régler les litiges tant
nationaux qu’internationaux. Beaucoup d’institutions nationales et internationales
accordant des facilités d’arbitrage ont mis au point dès règles d’arbitrage expéditif.
Ces règles décrivent de façon détaillée la procédure d’arbitrage expéditif. Les parties
peuvent adopter les règles d’arbitrage expéditif de tout organisme national ou
international pour le règlement rapide de leurs différends en peu de temps. L’accord en
vue du règlement des différends par voie d’Arbitrage expéditif est le même que celui
de l’Arbitrage classique, sauf qu’en plus de la clause d’arbitrage, l’accord précise que
les parties ont opté pour un arbitrage expéditif.

En général, sous réserve de l’accord entre les parties, le tribunal arbitral


expéditif comprend un seul arbitre. Mais rien n’empêche que le tribunal arbitral
expéditif ait plus d’un arbitre. Si les parties le veulent, il peut même avoir trois
arbitres. Dans ce cas, le troisième arbitre est ce qu’on appelle « arbitre président ». La

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procédure de nomination et de contestation d’arbitre (s) est la même que dans
l’arbitrage classique, sauf que toutes ces mesures doivent se prendre dans le délai
prescrit.

Le processus d’arbitrage expéditif s’enclenche lorsqu’une partie notifie à l’autre


son intention d’engager l’arbitrage expéditif et que l’avis ainsi donné est reçu par cette
autre partie. Le requérant doit soumettre sa réclamation au tribunal arbitral dans les 15
jours qui suivent la date de constitution dudit tribunal arbitral. De même, l’autre partie
doit présenter sa défense, y compris sa demande reconventionnelle s’il y en a,d ans les
15 jours qui suivent. Dans les 15 autres jours qui suivent, les parties peuvent soumettre
leur réplique. Le tribunal arbitral fixe le délai de jugement de l’affaire. Il devrait aussi
rendre sa décision 15 jours au plus tard après la clôture des débats. La décision
arbitrale doit être motivée, sauf accord contraire des parties.

La caractéristique essentielle de l’arbitrage expéditif est que le délai est fixé


pour toute mesure que les parties ou l’arbitre ou les arbitres doivent prendre. Les
parties ne sont pas autorisées à solliciter l’extension des délais ou l’ajournement de
quelque affaire que ce soit par le tribunal arbitral. Les parties sont sensées adhérer à
ces délais. Si le requérant ou plaignant ne respecte pas les délais pour des raisons
jugées insuffisantes, le tribunal arbitral peut mettre fin à la procédure. Si le défendeur
ne respecte pas les délais pour des raisons jugées insuffisantes, le tribunal arbitral est
compétent pour poursuivre la procédure en l’absence de la partie défaillante.

CONCILIATION

La conciliation est le processus suivant lequel une ou plusieurs personne (s)


indépendante (s) est/sont choisie(s) par les parties à un accord, généralement par
consentement mutuel, au moment de la conclusion de l’accord ou subséquemment
lorsqu’il y a eu un litige entre ces parties, pour œuvrer au règlement de leur différend
par consensus entre les parties en recouvrant à diverses techniques de persuasion et à
d’autres méthodes similaires. C’est un processus de confiance et de foi. Parfois et dans
certains système, on l’appelle également médiation. Il peut y avoir des différences
techniques et juridiques entre la conciliation et la médiation mais aux fins du présent
exposé, le terme « conciliation » est utilisé pour décrire les deux processus, à savoir la
conciliation et la médiation. La conciliation est un moyen efficace de règlement
alternatif des différends et peut utilement servir au Règlement de litiges tant nationaux
qu’internationaux, sauf que dans la conciliation en matière de litiges internationaux
certains faits prennent plus d’importance qu’ils n’auraient en conciliation locale.

La Commission des Nations sur le Droit du Commerce International (CNUDCI)


a élaboré et distribué les « Règles de Conciliation ». Ces Règles de Conciliations ont
été adoptées par la (MUDCI à sa 13ème session après examen et observations des
gouvernements et des organisations intéressées. L’Assemblée Générale de Nations
Unies les a également adoptées par la résolution 35/52 du 4 décembre 1980. Les

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Nations Unies ont recommandé l’utilisation des Règles de conciliation de la CNUDCI
dans les cas où un litige naît dans le contexte des relations commerciales internationale
et les parties souhaitent un règlement à l’amiable dudit litige par voie de conciliation ».
Les Règles de Conciliation de la CNUDCI comprennent 20 articles.

Les pays qui ont adopté le Modèle du Droit de l’Arbitrage dans le Commerce
International de la CNUDCI ont également adopté les Règles de Conciliation de la
CNUDCI ou des autres institutions internationales et ont adopté une loi composite
appelée la Loi sur l’ Arbitrage et la Conciliation. Cette Loi prévoit le règlement des
différends par le recours à l’une ou l’autre méthode, à savoir l’arbitrage et la
conciliation.

Beaucoup d’autre organisations et institutions internationales ont publié des


règles de conciliation aux fins de règlement des différends entre les parties. La
Chambre de Commerce Internationale a publié les « Règles de Conciliation
Facultative ». Le préambule de ces Règles déclare que « le règlement est une solution
souhaitable pour les contentieux d’affaires à caractères international ». La chambre de
Commerce Internationale et dicte par conséquent ces Règles de Conciliation
Facultative en vue de faciliter le Règlement de ces différends à l’amiable ».

Le Processus de conciliation peut être engagé par l’une quelconque des parties
au litige. Lorsqu’une partie invite l’autre au règlement de leur différend par voie de
conciliation, on dit que la procédure de conciliation est engagée. Quand l’autre partie
accepte cette invitation, la procédure de conciliation démarre. Mais si l’autre partie
rejette l’invitation, il n’y a pas de procédure de règlement du différend par voie de
conciliation. En général, un seul conciliateur est nommé par consentement muel des
parties. Si les parties ne s’entendent pas sur cette nomination, elles peuvent recouvrir à
l’appui de toute institution internationale ou nationale pour la désignation d’un
conciliateur. Rien n’empêche la désignation de deux ou plusieurs conciliateurs. Dans
une procédure de conciliation à trois conciliateurs, chaque partie en désigne un et le
troisième conciliateur est nommé par consentement mutuel des parties. Contrairement
à l’arbitrage où le troisième arbitre est appelé arbitre président, le troisième
conciliateur n’est pas appelé conciliateur président. Il est tout juste le troisième
conciliateur. Le conciliateur est réputé impartial et mène la conciliation de manière
impartiale. Il est guidé par les principes d’objectivité, d’équité et de justice et par ce
que lui inspirent le domaine professionnel ou d’activité concerné, les circonstances qui
entourent le litige en cause y compris toute pratique d’affaires précédente entre les
parties. Le conciliateur n’est pas lié par les règles de procédure et de la preuve. Il ne
rend pas une décision arbitrale ou une ordonnance. Il s’attache à parvenir à un accord
acceptable pour les parties par consentement mutuel sur le litige qui les oppose.
L’accord ainsi réalisé est signé par les parties et authentifié par le conciliateur. Dans
certains systèmes juridiques, l’accord réglant ainsi le différend entre les parties a reçu
le statut de décision arbitrale. En cas de non-consensus entre les parties et d’échec de
la procédure de conciliation, les parties peuvent recourir à l’arbitrage.

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Un conciliateur ne devrait pas agir, après la fin de la procédure de conciliation,
comme arbitre sauf accord explicite des parties. De même, les débats en procédure de
conciliation sont confidentiels par nature. Les Règles de conciliation de la plupart des
institutions internationales prévoient que les parties ne s’appuient pas ou ne présentent
pas comme preuve en procédure arbitrale ou judiciaire, (a) les points de vue exprimés
ou les suggestions faites pour un éventuel règlement dans le cadre de la procédure
conciliation ; (b) les aveux de l’une quelconque des parties au cours de la procédure de
conciliation ; (c) le fait que l’une quelconque des parties ait manifesté son intention
d’accepter une proposition de règlement faite par le conciliateur ; et que le conciliateur
ne peut être présenté comme témoin dans aucune procédure arbitrale ou judiciaire de
cette nature.

CLAUSE MODELE DE CONCILIATION (UNITAR)

« Lorsqu’en cas de différend né de ou se rapportant au présent contrat, les


parties souhaitent rechercher un règlement dudit différend à l’amiable par voie de
conciliation, la conciliation s’opère conformément aux Règles de conciliation de la
CNUDCI, telles qu’elles sont actuellement en vigueur.

Clause Modèle de Conciliation

« En cas de litige entre parties né de ou se rapportant au présent contrat, ou


relatif à tout rapport juridique y afférent, les parties conviennent de le soumettre à un
seul conciliateur pour règlement à l’amiable. Le conciliateur est désigné par
consentement mutuel des parties. Si les parties ne parviennent pas à un accord, le
conciliateur est nommé par ___________ (donner le nom de toute personne ou
institution).

La conciliation est menée conformément aux Règles de Conciliation de _____


(donner le nom de toute institution).

(Les parties peuvent préciser les critères spécifiques de compétence technique,


de qualification et d’expérience, si nécessaire, du conciliateur)

MINI – PROCES

Le règlement des différends par cette méthode alternative s’appelle le mini-


procès. C’est un mécanisme relativement nouveau en matière de règlement des
différends. On l’appelle parfois « échange d’informations ». Il n’a rien à voir avec un
procès en procédure pénale ou autre. En fait, dans ce processus, on ne rend pas une
décision. Plusieurs institutions nationales et internationales accordant des facilités
d’arbitrage et de médiation ont élaboré des règles pour le « mini-procès ». Les parties à

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un différend peuvent choisir et adopter toute institution de cette nature et ces règles en
vue du règlement de leur litige par voie de « mini-procès ». C’est également un
processus lié au temps. On pense que dans une situation normale, tout le processus de
mini-procès peut être mené à son terme dans les 90 jours qui suivent l’enchenchement
de processus.

La grande différence entre la conciliation et le mini-procès est que dans la


conciliation, le conciliateur s’attache à parvenir à un accord entre les parties.

Dans le mini-procès, le conseiller neutre éclaire les hauts responsables


stratégiques des parties sur les atouts et les lacunes de la situation de chacune des
parties par rapport au différend en cause. Ainsi, éclairés, ces hauts responsables
peuvent prendre la décision appropriée sur le litige. Selon les Procédures du Mini-
procès de l’Association des Arbitres Américaines, «---- le mini-procès est une méthode
structuré de règlement de différend suivant laquelle les hauts responsables des parties à
un différend juridique se retrouvent en présence d’un conseiller neutre et après
audition des arguments au fond de chaque partie au litige, essayent d’élaborer un
Règlement, volontaire »

Le processus de mini-procès peut être engagé par l’une ou l’autre partie au


différend. Lorsqu’une partie invite l’autre par écrit à un mini-procès en précisant
l’objet du différend, le processus de mini-procès est en passe d’être engager. Quand
l’autre partie accepte l’invitation par écrit, la procédure de mini-procès est considérée
engagée. Mais si l’autre partie rejette l’invitation, il n’y a pas de procédure de mini-
procès. En général, un seul conseiller neutre est nommé pour régler le litige entre les
parties. Si elles le veulent, les parties peuvent désigner plus d’un conseiller neutre.
Le(s) Conseiller(s) neutre(s) est/sont désigné(s) par les parties par consentement
mutuel. Si les parties ne veulent pas désigner leur(s) propre(s) conseiller(s) neutre(s)
ou ne parviennent pas à un accord sur un nom spécifique, elles peuvent recourir à
l’appui de toute constitution nationale ou internationale à et effet. Le conseiller neutre
doit avoir des connaissances techniques et juridiques ainsi que l’expérience dans le
domaine de l’objet du litige. Le mini-procès est également un processus lié au temps.

En mini-procès, les parties expliquent d’abord leur cas et le conseiller examine


ensuite la nature du contentieux avec les hauts responsables des deux parties. En cas
de nécessité, il peut également discuter de l’affaire avec les experts, s’il y en a,
proposés par les parties. Ensuite, il donne son avis sur les atouts et les lacunes des
arguments de chaque partie, les aspects de l’affaire qui sont assez claires et ceux qui
sont incertains.

Le conseiller neutre répond également aux questions posées par les


responsables des deux parties et rapporte les éclaircissements sollicités. Le processus
permet aux parties d’avoir une meilleure compréhension des problèmes et du fond des
arguments de chaque camp. Les responsables engagent alors des discutions entre eux
en vue de parvenir à un règlement. Le conseiller neutre participe à ces discutions
comme facilitateur et nom comme un juge du contentieux. Le mini-procès s’achève

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quand les parties parviennent à un règlement de commun accord ou lorsque le
conseiller neutre fait une déclaration écrite tendant à dire que les efforts en vue du
règlement du litige par voie de mini-procès ne se justifient plus.

CLAUSE MODELE DU MINI-PROCES

« Les parties tentent de régler tout litige, toute divergence ou réclamation né(es)
de ou se rapportant au présent accord par voie de négociations. En cas d’échec, elles le
règlent par voie de mini-procès. L’unique conseiller neutre est choisi par les parties par
consentement mutuel. Si les parties ne s’entendent pas sur un nom, le conseiller neutre
est choisi par ________ (donner le nom de toute institution). Le mini-procès est mené
conformément aux règles de procédures de mini-procès de ____________ (donner le
nom de toute institution).

Si le différend n’est pas réglé par voie de mini-procès dans les 20 jours qui
suivent son engagement, ou aucune des parties ne participe à cette procédure, le
différend est soumis à l’arbitrage ».

EVALUATION D’EXPERTS (INGENIEURS)

Certains contrats, notamment ceux relatifs aux projets de construction


complexes et à long terme, adoptent le système de nomination d’« Experts » pour le
règlement des différends pouvant naître desdits contrats. Les experts sont
généralement des ingénieurs des travaux de construction ou en génie civil qui sont
régulièrement disponibles sur le site des travaux et ont pour mission de régler les
différends entre les parties dans un délai raisonnable. Des « Experts » peuvent
également être désignés aux fins de règlement des différends relevant d’autres types de
contrat. Les qualifications et l’expérience requises d’un expert dé pendent de la nature
du contrat et du différend né dudit contrat.

Les Experts sont sensés être impartiaux. Ils s’engagent à interpréter les
dispositions du contrat et/ou à en expliquer les implications pratiques. En général, un
seul expert est nommé mais rien au plan juridique n’empêche la nomination d’un
conseil d’Experts comprenant deux ou trois experts. Dans les contrats de travaux de
construction, l’Expert est en général nommé par l’Employeur. Avant cette nomination,
il est souhaitable que l’Entrepreneur soit consulté et que son avis soit dûment pris en
compte.

L’Expert peut donner son avis ou faire son évaluation en cours d’exécution du
contrat ou même après l’expiration du contrat. Les Experts nommés en application des
présentes dispositions ne sont pas liés par les règles de procédure ou de la preuve. Ils
ne rendent pas des décisions arbitrales ou des jugements. Ils émettent leur avis ou font
leur évaluation en fonction des faits et des circonstances du litige opposant les parties.
Les avis émis par les Experts ne lient pas les parties sauf si celles-ci ont de commun

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accord habilité l’Expert à faire des évaluations ayant force exécutoire. Dans ce cas, les
décisions de l’Expert lient les parties en cause. Un Expert doit émettre son avis ou
établir son évaluation dans le délai prescrit par les parties dans la clause pertinente du
contrat.

Les principaux avantages de ce système sont que si un différent naît entre les
parties, l’Expert chargé du règlement dudit différend est immédiatement disponible. Le
temps qu’il aurait fallu pour désigner un Expert est gagné. Il s’agit aussi d’un
processus lié au temps. De plus, en cas de contentieux entre les parties à un contrat, les
travaux n’en souffrent pas. L’Entrepreneur est tenu de poursuivre l’exécution du
contrat avec toute la diligence requise et pendant ce temps, le litige en cause se règle.
Par conséquent, quand survient un contentieux entre l’Employeur et l’Entrepreneur, les
rapports contractuels ne s’arrêtent pas.

La Chambre de Commerce Internationale a créé une organisation appelée le


Centre International de l’Expertise Technique. Les fonctions du Centre sont
notamment de collaborer avec les institutions ou organisations similaires, d’identifier
et de fournir les experts dans divers domaines techniques en vue du règlement des
différends entre les parties.

La Fédération Internationale des Ingénieurs Conseils (FIDIC) a élaboré « Les


Conditions de Contrat pour les Travaux de Génie Civil ». La Condition 67 contient
une clause « d’Expertise » qui prévoir le règlement des différends par les soins d’un
Expert Ingénieur. Ceux qui veulent avoir une clause « d’Expertise faite par un Expert
Ingénieur » dans leurs accords de règlement des différends peuvent s’y référer ou
l’adopter.

CONSEIL DE REGLEMENT DES DIFFERENDS

Le Règlement des Différends par le recours aux Conseils de Règlement des


Différends constitue une autre méthode alternative de règlement des litiges. Il est
couramment utilisé dans les contrats à long terme impliquant des travaux de
construction et dans les contrats similaires. Le règlement des différends par recours à
ces conseils est rapide, bon marché et évite la perturbation des travaux de
construction. Le conseil de Règlement des Différends est en général crée ou mis en
place immédiatement après la signature du contrat. Ses fonctions s’exercent dans une
informalité relative.

Il a de nombreuses caractéristiques intéressantes qu’on ne retrouve


généralement pas dans les autres méthodes alternatives de règlement des différends.

Premièrement, le Conseil de Règlement des Différends comprend généralement


trois membres. Aucune procédure ne prévoit un conseil à un seul membre comme dans
le cas des arbitres. Deuxièmement, l’Employeur et l’Entrepreneur ont chacun le droit

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de désigner un membre au Conseil de Règlement des Différends. Le membres du
Conseil choisi par l’Employeur doit être approuvé par l’Entrepreneur et le membre
choisi par l’Entrepreneur doit être approuvé par l’Employeur. Autrement dit, le
Conseil de Règlement des Différends est en fait constitué par les deux parties par
consentement mutuel. Ce qui écarte tout litige subséquent entre les parties sur le choix
des membres du Conseil. Cette approbation requise de chacune des parties viser à
obtenir la foi et la confiance dans le Conseil de Règlement des Différends et ses
recommandations. Le troisième membres déjà choisi doit être approuvé par les parties.
Quatrièmement, la plupart des mesures telles que le choix des membres, la nomination
d’un membre, etc doivent être prises dans les délais prescrits. Si une partie ne prend
pas la mesure qui s’impose dans le délai présent, elle perd le droit de choisir le
membre concerné et celui-ci est choisi par l’Autorité chargée des nominations.
Cinquièmement, avant leur prise de fonctions, les membres du Conseil signe une
Déclaration d’Acceptation. Une fois cette déclaration signée, les membres sont
considéré comme ayant été dûment choisis conformément à la procédure prescrite par
la présente clause. Sixièmement, le conseil n’est habilité qu’à faire des
« Recommandations » aux parties. Les recommandations n’ont pas force exécutoire –
les parties sont libres de les rejeter. Dans ce cas, la partie non satisfaite peut recourir à
l’arbitrage. Septièmement, le Conseil n’est pas lié par les règles de procédure et de la
preuve. Huitièmement, si aucune partie n’exprime son désaccord avec les
recommandations du conseil dans les 14 jours suivant leur réception, les
recommandations deviennent finales et lient les parties à l’accord. Neuvièmement, les
recommandations ne sont pas considérées secrètes et confidentielles. La clause prévoit
expressément que les recommandations du conseil sont recevables comme preuves
dans toute procédure juridique ou judiciaire subséquente entre les parties tels que
l’arbitrage, le procès, etc – Ce qui n’est pas le cas avec les éléments découverts par le
conciliateur. La procédure de conciliation est considérée comme secrète et
confidentielle et ne sauraient se divulguer dans aucune procédure juridique ou
judiciaire opposant les parties. Dixièmement, le Conseil a des membres qui sont sensés
être des spécialistes ou être techniquement qualifiés dans le domaine des travaux de
construction. Enfin, sur accord des parties, un Conseil de Règlement des Différends
peut également agir comme tribunal d’arbitrage.

Il n’y a aucune législation, aucune réglementation dans aucun pays régissant la


constitution et le fonctionnement des conseils de Règlement des Différends. Le
Conseil n’est non plus administré par aucune institution nationale ou internationale
fournissant les facilités d’arbitrage ou d’autres méthodes alternatives de règlement des
différends. Le Conseil est purement une institution contractuelle. Par conséquent, la
clause prévoyant sa création dans un accord doit couvrir tous les aspects de sa
création, de sa composition et de son fonctionnement et dont être exhaustive.

Le meilleur exemple de la clause sur le Conseil de Règlement des Différends se


trouve dans les Documents d’Appels d’Offres Standards pour les Travaux Public
élaborés et publiés par la Banque Mondiale. Ceux qui veulent adopter les Conseils de
Règlement des Différends dans leurs accords peuvent adopter cette clause avec les
modifications ou adaptations appropriées. C’est une clause complète à tous égards.

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En dehors des méthodes alternatives de règlement des différends présentées
plus hauts, d’autres méthodes telles que Med-Arb, Medaloa, Partnening, etc sont
également adoptées par les parties de temps en temps. L’objectif est que le litiges
doivent se régler à l’amiable, dans la justice et le plus tôt possible, quelle que soit la
méthode adoptée par les parties pour ce faire.

MECANISMES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS ET DROITS


CONSTITUTIONNELS EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE.

Par Bolaji Owasanoye.


Les désaccords et l’incompréhension sont les caractéristiques essentielles des
relations humaines au plan tant national qu’international. La possibilité pour que les
litiges naissent est encore plus élevée quand les parties sont issues des contestes
culturels, économiques et politiques différents et relèvent de systèmes juridiques
différents.
Etant donné que les différends constituent une donnée si essentielle des
relations humaines, beaucoup de pays ont des mécanismes pour les régler de manière à
préserver la cohésion, la stabilité économique et politique de l’Etat. Il en est
particulièrement ainsi des différends commerciaux parce que le commerce est le
moteur de la croissance.

Le système de règlement des contentieux par prononcé de sentence ou par


procédure judiciaire civile tel que nous le connaissons aujourd’hui a té conçu pour le
règlement des litiges entre citoyens. Dans chaque pays du monde, le système judiciaire
local a connu son propre développement. Mais le système judiciaire moderne à travers
le monde a été influencé par le système de la Common Law venue d’Angleterre parce
que l’Angleterre à un moment donné était la puissance qui régnait sur le monde,
exportant sa culture, ses idées et son système de gestion des affaires publiques au reste
du monde à travers les activités de ses célèbres explorateurs. Ce système de Common
Law a été exporté à de nombreux pays en développement, anciennes colonies
Britanniques. En particulier de nombreux pays africains au Sud du Saharra, anciennes
colonies britanniques ont gardé le système de règlement des différends hérité des
anciennes puissances coloniales.

Ce qui précède ne veut pas dire que les pays africains n’avaient pas leurs
propres systèmes endogènes de règlement des différends avant l’arrivée de la
colonisation. En fait, comme nous le verrons, le système traditionnel africain de
règlement de conflit est de par sa nature et ses caractéristiques plus proche de
l’arbitrage que du système colonial de prononcé autoritaire de jugement. Mais comme
les juristes africains sont formés dans le système de la Common Law caractérise par ce
prononcé de sentence, et qui est intégré dans le système de gouvernance par la
constitution fondée sur les cours et tribunaux les juges, les règles de procédure et
l’exécution des jugements, les juristes africains ont dû s’appuyer sur le système de la

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Common Low et à lui faire plus confiance plus qu’à toute autre forme de règlement
des différends.

Mais le système de règlement des différends de la Common Law est très connu
pour ses innombrables lacunes, surtout en matière de contentieux commercial. Les
lacunes sont le retard dans le procès, les fastidieuses règles de procédure, la corruption
des magistrats et des personnels de justice dans certains pays, les coûts du procès, la
publicité qui entoure les débats et les jugements, etc, Alors que les pays développés
ont pu mettre en place des mécanismes de règlement des litiges qui ont réduit l’impact
des lacunes susmentionnées et s’adapter à la modernité et aux exigences de la
croissance économique, de nombreux pays en développement, notamment ceux
d’Afrique ont encore des systèmes anachroniques hérités de la colonisation. L’une des
raisons de cet état de choses est que les juristes de ces pays sont conservateurs et
préfèrent régler les différends par voix judiciaire qui leur est plus familière, en dépit
de tous ses problèmes. L’autre raison est qu’ils ne maîtrisent pas les formes modernes
de règlement des différends. En dépit de l’imposition du système judiciaire étranger et
de sa promotion par les juristes africains formés en Grande Bretagne, beaucoup
d’africains continuent de faire confiance au système traditionnel de règlement des
différends bien que la portée de son application au contentieux commercial soit
limitée.

Formes Alternatives de Règlement des Différends.

Les lacunes du système judiciaire dans le règlement des différends ont été à
l’origine de l’émergence d’autres méthodes de règlement des différends maintenant
communément Méthodes Alternatives de Règlement des Différends (MARD). Le très
grand avantage des MARD par rapport au système judiciaire classique est que toutes
les techniques alternatives peuvent être appliquées en tout début du litige, ce qui
permet aux parties d’exprimer leurs points de vue et la participation des décideurs au
sein de leurs propres organisations bien avant que l’objet du litique n’empoisonne les
rapports humains et cause des dommages irréparables.

Les MARD sont diverses et leurs processus se chevauchent mais elles sont
toutes conçues comme des solutions de remplacement en matière de règlement des
différends, par rapport au procès et complètent l’arbitrage qui est la MARD la plus
populaire. Les MARD comprennent la négociation, l’évaluation précoce et objective
ou l’enquête objective, la conciliation, la médiation, le mini-procès, le med-arb, etc.
L’élément clé est que toutes ces méthodes sont conçues pour aider les parties à régler
leurs différends d’une façon créative et la plus adaptée au litige en cause. Certaines
personnes pensent que les MARD vont remplacer le système judiciaire mais compte
tenu de ce que les tribunaux de nombreux ressorts ne sont pas en mesure de régler tous
les litiges de manière satisfaisante pour les justiciables, les MARD seront acceptées
comme un complément au système judiciaire.

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Négociation.

C’est un processus volontaire et informel par lequel les parties à un litige


parviennent à un accord mutuellement acceptable. Comme son nom l’indique, les
parties recherchent les meilleures options pour chacune d’elles et cette recherche
aboutit à un accord . Selon leur choix, le processus peut être privé. Dans ce processus,
elles peuvent recourir ou non aux services d’avocats et il n’ y a aucune limite aux
arguments, preuves, intérêts, pouvant être pris en compte.
.
Evaluation / Enquête objective et Précoce.

C’est un processus informel dans lequel une tierce personne neutre est choisie
par les parties au litige pour faire des enquêtes sur l’affaire en cause et soumettre un
rapport ou venir présenter des preuves à un autre forum tel que le tribunal d’arbitrage.
Les résultats de l’enquête neutre ne sont pas contraignants mais ils sont recevables
comme preuves a un procès ou à un autre forum. La méthode est particulièrement utile
dans le règlement des différends scientifiques, techniques, sociologiques ou
économiques complexes. Le recours à un enquêteur neutre évite les problèmes liés au
positionnement stratégique qui caractérise le procès voire même le processus
d’arbitrage.

Conciliation.

C’est un mécanisme qui permet de sonder les possibilités d’entente des parties à
un litige. Une tierce personne, le conciliateur, est nommé qui discute du litige avec les
parties concernées et élabore une solution fondée sur ce qui à ses yeux représente un
compromis équitable. La solution présentée aux parties est examinée à la lumière de
tous les documents pertinents et le conciliateur rencontre ensuite chacune des parties
séparément pour présentation orale de ses arguments. Le Conciliateur peut consulter
en privé les parties aussi fréquemment que nécessaire pour parvenir à une solution. La
procédure est donc assez souple pour s’adapter à ce processus. Le conciliateur tâche de
donner satisfaction à toutes les parties. Pour ce faire, il ou elle recherche le consensus
et tout en ne dictant pas une solution aux parties, il ou elle forge une solution qui
comble leurs attentes. Ceci peut se comparer à la médiation dans laquelle les parties
sont amenées à élaborer elles-mêmes la solution à leur problème.

Médiation.

Les parties à un litige recherchent la médiation lorsqu’elles sont prêtes à


discuter ouvertement et honnêtement du litige. Habituellement dans un litige, les
intérêts et les préoccupations sont divers. Il est courant qu’on procède à une
compensation créative à laquelle un tribunal classique ne peut pas se prêter. Le facteur
qui sous-tend la médiation est que les parties ont un pouvoir de négociation et qu’il est
essentiel de préserver la poursuite des relations entre les parties après le litige. Le
procès est dont à éviter.

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Compte tenu des facteurs, présentés ci-dessus, une partie neutre, le médiateur,
est appelé à aider les parties au litige à trouver une solution au problème. Le médiateur
contrôle le processus et les parties en contrôlent le résultat. Un médiateur ne peut pas
imposer une décision aux parties. Dans une réunion de médiation typique, le médiateur
ouvre la réunion en donnant des orientations sur son déroulement, qui va parler, quand,
pour combien de temps et la durée de la réunion. Les parties sont invitées à confirmer
leur bonne foi dans le processus, leur confiance en ce processus et de convenir que tout
ce qui sera dit sera confidentiel et par conséquent irrecevable dans toute procédure
subséquente. Après quoi, les parties prennent la parole l’une après l’autre pour
présenter leurs points de vue sur le litige. Le médiateur sollicite des éclaircissements
en cas de nécessité. Si nécessaire, le médiateur peut rencontrer chaque partie
séparément dans un endroit Confidentiel pour évaluer sa position, identifier ses intérêts
réels, examiner les options ou contribue à l’élaboration d’une solution éventuelle. Cela
s’appelle médiation de la navette. Le processus peut prendre plusieurs réunions avant
l’aboutissement à une solution. La médiation a plusieurs variantes mais les plus
communément utilisées sont : la médiation fondée sur les droits qui met l’accent sur
les droit juridiques des parties, la médiation fondée sur les intérêts qui met l’accent sur
les intérêts et les questions urgentes du litige et la médiation thérapeutique qui met
l’accent sur la capacité des parties à régler le problème ou sur les aspects sentimentaux
et subjectifs du litige.

Une bonne médiation donne aux parties l’occasion de forger une solution
créative à leur différend dans une approche qui privilégie l’avenir et non le passé. Ses
principaux avantages sont notamment que les parties contrôlent le processus,
choisissent leur médiateur et évitent un procès en justice.

Mini –Procès.

C’est un processus privé et abrégé dans lequel les avocats ou conseillers


juridiques présentent aux parties au litige pour les aider à évaluer les atouts et les
lacunes de leurs positions respectives et pour les aider à parvenir à une décision sur
l’opportunité ou non d’en saisir les tribunaux judiciaires. En général, il y a une tierce
personne, le conseiller juridique, qui émet un avis non contraignant sur les points
juridiques, les faits et les preuves de l’affaire et sur son issue probable en procédure
judiciaire. Les avocats peuvent alors se servir de cette information pour arriver à une
conclusion.

Il s’agit d’un processus de règlement en deux étapes qui commence sous forme
de médiation mais qui peut monter d’un cran et devenir un processus d’arbitrage en
utilisant la partie neutre comme arbitre rendant une décision arbitrale.

Système coutumier Africaine de Règlement des Différends.

La loi coutumière est généralement connue pour son acceptation comme la


norme d’usage communautaire. Une communauté peut accepter certaines coutumes

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comme ayant un caractère contraignant pour les membres de la communauté. En
Afrique, les lois coutumières peuvent être acceptées par les membres d’un groupe
ethnique particulier et peuvent de ce fait être considérées comme lois coutumières de
cette ethnie. La loi coutumière n’est pas écrite et l’une de ses caractéristiques les plus
appréciée est sa souplesse, en dehors du fait qu’elle constitue une norme d’usage
acceptée. Dans un procès au Nigéria, le Tribunal a déclaré,

« L’une des caractéristiques les plus remarquables de la coutume endogène en


Afrique de l’Ouest ---- c’est sa souplesse ; elle semble avoir fait l’objet, depuis
toujours, de la recherche de la diligence et elle se montre incontestablement capable de
s’adapter aux changements des circonstances sans perdre totalement son intégrité ».

Le règlement des différends était l’une des principales fonctions du système de


gestion coutumière des affaires de la communauté. Ce rôle était assuré par les anciens
ou le chef et visait à préserver la cohésion sociale. Dans son fonctionnement, le
mécanisme africain de règlement des litiges ressemblait beaucoup à l’arbitrage en ce
sens que le règlement des différends n’opposait pas des adversaires. Toute personne
qui estimait que le litige en cause menaçait la paix de la communauté pouvait engager
le processus. Dans ce processus, les parties ont l’occasion de présenter leurs arguments
et d’exprimer leurs attentes mais la décision finale revient aux anciens. Alors que
l’arbitrage de type Occidental est intéressant de par son caractère privé, l’arbitrage
coutumier n’est pas privé. Il est organisé pour huiler les rapports sociaux et la
communauté est présente. L’autre différence est que le processus est attentif au genre
en ce sens que les femmes étaient exclues du règlement communautaire des différends
piloté par les hommes. Les parties sortaient du processus avec des rapports préservés
et quand une partie obtenait gain de cause, toute la communauté en était témoin et
veillait à l’exécution de la décision. L’exclusion de la communauté ou l’ostracisme
menaçaient gravement toute partie qui n’appliquait pas la décision. L’exécution d’une
décision arbitrale communautaire ne posait donc aucun problème.

Mais, ce processus présente plusieurs lacunes dans la société moderne. L’une de


ces lacunes est que le processus s’applique essentiellement aux litiges fonciers et
familiaux. Il se prête difficilement à une application aux transactions commerciales
monétisées et en tout cas, ne saurait s’appliquer aux transactions commerciales
internationales.

Par ailleurs, il est fondé et tourné vers la communauté et ne couvre pas les
transactions dans lesquelles les parties sont issues des cultures différentes. Le manque
de confidentialité pourrait être un inconvénient en ce sens que les parties pourraient ne
pas souhaiter que la communauté se mêle de leurs affaires.

L’Arbitrage est l’une de nombreuses méthodes d règlement des différends mais


c’est incontestablement la plus populaire. Il est défini dans le Halsbury’s Laws of
England (dictionnaire de droit positif anglais)comme, « la référence dans un litige ou
l’opposition entre au moins deux parties sur un problème pour règlement après

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audition des deux parties comme en justice, par une personne ou des personnes
autres(s) d’une juridiction judiciaire compétente ».

De même, un grand auteur a dit :

« Lorsqu’une ou plusieurs personnes conviennent de ce qu’un différend ou un


potentiel différend entre elles soit régler d’une manière juridiquement contraignante
par une ou plusieurs personnes impartiale (s) comme en justice, c’est-à-dire sur
présentation des preuves à elle(s), l’accord s’appelle un accord d’arbitrage ou une
soumission à l’arbitrage lorsqu’un différend survient et il est porté devant cette
personne ou ces personnes pour règlement, la procédure s’appelle un arbitrage, et la
décision prise s’appelle décision arbitrale ».

L’arbitrale est une méthode volontaire de règlement alternatif des différends


appliquée sur les contrats tant nationaux qu’internationaux. L’arbitrage se fonde sur
l’accord actuel et futur des parties de soumettre tout contentieux entre elles à
l’arbitrage. Il ressort clairement des définitions qui précèdent que les parties à un
contrat peuvent choisir de régler tout différend né entre elles sans recouvrir aux
tribunaux classiques. Les raisons pour lesquelles l’arbitrage est préféré au recours aux
tribunaux sont exposées plus haut.

Pour les accords commerciaux internationaux, cette préférence de l’arbitrage


s’explique par d’autres importantes raisons. L’arbitrage international, comme c’est
bien reconnu maintenant, s’est développé après la seconde guerre mondiale et est
devenu populaire comme méthode alternative de règlement des litiges dans des
contrats dont les parties étaient issues des cultures différentes ; l’une connaissant bien
le système juridique en cause tandis que l’autre était plus sceptique et n’y faisait pas
confiance. Dans des cas pareils, la seule solution de rechange viable était l’arbitrage
international. En d’autres termes, l’arbitrage à l’avantage supplémentaire que dans les
contrats internationaux, il donnait aux parties l’occasion de choisir un forum neutre par
rapport à leurs systèmes juridiques nationaux.

La base du processus d’arbitrage c’est l’accord d’arbitrage ou la clause


d’arbitrage qui a été volontairement insérée et signée par les parties. Par exemple, la
loi nigériane sur l’Arbitrage et la Conciliation prévoit à son article 1 (a-c),

« Tout accord d’arbitrage doit être écrit dans un document signé par les parties
ou par échange de lettres, télex, télégrammes, ou autres moyens de communication qui
donne un enregistrement de l’accord ou dans l’échange de points de réclamation et de
défense dans lequel l’existence d’un accord d’arbitrage est invoquée par une partie et
n’est pas niée par l’autre partie ».

Article 1 (2) « toute référence dans un contrat à un document contenant une


clause d’arbitrage constitue un accord d’arbitrage si ledit contrat est écrit et la
référence est faite de manière à faire de la clause une partie intégrante du contrat ». En
common Law, les parties pouvaient convenir oralement de soumettre un accord à

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l’arbitrage et cet accord oral était valable. Mais en vertu de la disposition ci-dessus,
tout accord d’arbitrage doit être écrit. L’article 1 (1) © de la loi implique que une
allégation de l’existence d’un accord d’arbitrage non démentie par l’autre partie
constitue un accord écrit.

La disposition ci-dessus des statuts d’arbitrage au Nigéria est typique et est en


fait fondée sur le modèle du droit d’arbitrage de la CNUDCI que beaucoup des pays
ont adopté. Il ressort d’un examen attentif de la disposition qu’un accord d’arbitrage
peut se conclure de plusieurs façons et l’accord peut se conclure au cours des
négociations sur l’objet de l’accord ou après qu’il y ait eu effectivement un litige. Il ne
fait aucun doute qu’il vaut mieux conclure l’accord d’arbitrage avant la naissance d’un
litige car dès qu’il y a litige, il est beaucoup plus difficile aux parties d’être
raisonnables dans les négociations.

Comme le processus est volontaire, l’accord d’arbitrage peut comprendre


plusieurs choses mais doit couvrir les aspects importants des attentes des parties. La
clause doit s’élaborer avec soins pour permettre aux parties d’arbitrer en cas de
nécessité. Lorsqu’il y a une loi sur l’arbitrage, les questions devant être couvertes dans
l’accord peuvent être identifiées et ceci peut suffire pour l’arbitrage au plan national.
Mais pour l’arbitrage international, les lois nationales étaient souvent insuffisantes
pour traiter de l’arbitrage international. Par conséquent, des clauses modèles ont été
élaborées et proposées dans des traités et dans les règles d’arbitrage de certaines
institutions. Par exemple, la Commission des Nations Unies sur le Droit du Commerce
International (CNUDCI) crées par l’Assemblée Générale des Nations Unis en 1966
pour contribuer à la levée ou à la réduction des obstacles au commerce international a
proposé dans ses projets de règles, la clause suivante :
« Tout différend, toute controverse ou réclamation né de ou se rapportant au présent
contrat, ou à la violation, à l’expiration ou à l’invalidité dudit contrat est réglé(e) par
voie d’arbitrage conformément aux Règles d’Arbitrage de la CNUDCI, telles
qu’actuellement en vigueur.

L’Autorité chargée des nominations est b_______________ (préciser)


Le nombre des arbitres est de un ou trois (choisir)
Le lieu d’arbitrage est _____________ (préciser) »

L’autre point important qui doit être couvert par l’accord d’arbitrage c’est la loi
applicable. Les parties doivent inclure la loi applicable au contrat dans l’accord
d’arbitrage si la loi applicable n’a pas été couvert ailleurs dans le contrat principal.
Cela aide aussi à faire en sorte que la décision arbitrale soit finale et inattaquable.

Bien que nous n’ayons pas examiné les conditions en détail, chacune de ces
conditions doit être minutieusement étudiée car leur non-applicabilité pourrait frustrer
toutes les attentes des parties. Par exemple, le lieu choisi pour l’arbitrage doit être un
lieu qui assure juridiquement les conditions de non-ingérence et doit être accessible
aux deux parties dans des conditions plus ou moins équitables. Le plus petit détail doit

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donc être pris en compte pour tirer le meilleur parti de l’accord. La clause doit être
claire et sans ambiguïté.

Une fois que les points fondamentaux sont couverts dans un accord d’arbitrage,
une partie qui obtient une décision arbitrale à une décision définitive, inattaquable,
sauf pour des raisons spécifiques prévues par la loi. Le dégré d’exercice des droits
prévus dans la présente clause dépendra de la loi régissant l’accord et du fait ou non
pour les parties d’être ressortissants de pays ayant signé la convention de New York.
Le principe du caractère définitif de la décision arbitrale est l’un des facteurs qui
opposent les défenseurs de l’arbitrage et ceux qui militent en faveur des droits
constitutionnels. L’argument avancé est que chacun a le droit, garanti par la
constitution, de saisir les tribunaux pour obtenir le règlement de son différend. Par
conséquent, tout accord qui empêche une personne de porter son affaire devant les
tribunaux doit être anticonstitutionnelle. Le principe sous-jacent est qu’un accord
d’arbitrage est inférieur, dans la hiérarchie des textes juridiques, à un droit d’accès
aux tribunaux pour règlement des litiges garanti par la constitution (texte juridique
suprême). Par conséquent, un accord d’arbitrage ne fait pas obstacle et ne saurait faire
obstacle à l’exercice du droit de saisir les tribunaux judiciaires.

Arbitrage et Droits Constitutionnels

L’accès au tribunal est un droit constitutionnel reconnu dans les pays civilisés.
L’article 34 du chapitre 2 sur les droits du citoyen dans la constitution de l’Afrique du
Sud, Loi n° 108 de 1996 prévoit,

« Chacun a le droit d’obtenir que tout différend qui peut se régler en application
de la loi soit jugé et tranché dans un procès public devant un tribunal, ou le cas
échéant, une autre cour ou un autre forum appropriés ».

De même, l’article 6 et de la constitution fédérale du Nigéria prévoir que les


cours et les tribunaux nigérians sont investis des pouvoirs judiciaires de la Fédération.
En particulier, l’article 6 (6) (b) prévoit que les pouvoirs judiciaires « s’étendent à
toutes les affaires opposant des particuliers, ou entre le gouvernement ou les Pouvoir
Publics et toute personne au Nigéria, et à tous actes, toute procédure s’y rapportant,
pour le règlement de toute question relative aux droits civils et aux obligations de
ladite personne ».

Le principe est lié au concept de l’indépendance du Pouvoir Judiciaire et de la


séparation des pouvoirs selon laquelle un pouvoir d’Etat, par exemple le parlement ne
peut pas évincer la compétence des tribunaux par une loi qui de ce fait porte atteinte
au rôle des tribunaux. De même, dans la Common Law, un accord des parties tendant à
écarter la compétence des tribunaux a été rejeté par les tribunaux et déclaré contraire à
l’ordre public bien que la Common Law reconnaisse le recours à l’arbitrage pour
régler les différends.

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En dépit de ces principes, les parties ont depuis longtemps exécuté les accords
d’arbitrage par lesquels elles avaient convenu de ne pas recourir au procès encas de
litige relatif à l’application du contrat. Dans le Common Law, bien que l’arbitrage soit
reconnu, il y avaient des réserves quant à sa portée. Dans l’affaire Lee contre
Showman’s Guild en grande Bretagne, Lord Denning a déclaré,

« ---------- Les parties ne peuvent pas convenir de frustrer les tribunaux


judiciaires de leur compétence. Elles peuvent évidemment convenir de laisser les
questions de droit, et de fond, à la décision du tribunal arbitral local. Elles peuvent en
effet, faire du tribunal arbitral, l’arbitre final sur les questions de droit. Mais elles ne
peuvent pas empêcher que les décisions dudit arbitre final soient examinées par les
tribunaux et cours judiciaires. Si les parties cherchent par un accord mutuel à
soustraire la loi de la compétence des tribunaux et cours judiciaires pour la confier à
un tribunal privé sans possibilité de recours aux tribunaux et cours judiciaires encas
d’erreur, ledit accord est de ce fait contraire à l’ordre public, nul et de nul effet ».

Cette importante déclaration d’un juriste aussi célèbre que le feu Lord Denning
a eu un impact profond sur l’attitude des juristes des pays en développement à l’égard
des accords d’arbitrage. En particulier, On s’interroge sur la finalité d’un accord
d’arbitrage qui empêche les parties de recourir aux tribunaux judiciaires pour
réexamen judiciaire. Mais les raisons qui ont fait que l’arbitrage, à l’instar des autres
MARD, soit très appréciée et préféré au procès n’ont pas disparu. Dans de nombreux
pays, le procès coûte cher et constitue une voie sinueuse pour l’exercice d’un droit
juridique car en dehors du retard, il y a le problème du formalisme rigide, de la
publicité, de la corruption dans de nombreux systèmes judiciaires, et s’agissant des
différends commerciaux internationaux, il y a le problème des multiples juridictions
que les parties doivent saisir. Bien que l’on rencontre aussi ces problèmes plus ou
moins dans le processus d’arbitrage, l’arbitrage présente l’avantage que les parties
peuvent maîtriser l’impact desdits problèmes dans une certaine mesure.

L’arbitrage n’est pas totalement dépourvu d’inconvénients. Premièrement, il y


a le fait que de part sa nature d’acte privé, il échappe au contrôle de l’Etat. Pour
aggraver cet état de choses, ses débats sont secrets, la décision arbitrale est privée et
peut ne pas être motivée. Elle peut ne jamais être publiée et, en cas de publication, elle
ne porte pas les noms des parties. Bref, elle est trop secrète pour rassurer.
Deuxièmement, il y a le fait que son utilisation a connu une croissance exponentielle
pour s’étendre au-delà des domaines traditionnels du commerce pour couvrir les
domaines tels que les actes dommageables ou préjudices, l’assurance, les pratiques
médicales non conformes, etc, à telle enseigne qu’exclure le droit de regard des
tribunaux et cours judiciaires pourrait empêcher les parties d’exercer de très précieux
droits constitutionnels.

En dépit de ces inconvénients, l’arbitrage se pratique dans la plupart des


juridictions conformément à la législation mise en place par l’Etat. Par implication,
l’arbitrage fait partie intégrante du système juridique du pays concerné et la loi
autorise les décisions arbitrales à être définitives et sans recours devant les tribunaux et

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cours judiciaires, l’arbitrage est de ce fait fondé à avoir sa validité juridique. Ce qui est
plus important encore c’est le fait qu’en matière des transactions commerciales
internationales les investisseurs ne vont probablement pas investir dans les pays où la
possibilité de règlement des différends est hypothéquée par des règles de procédure
fastidieuses et lentes et où ce processus de règlement se butte à d’autres obstacles du
genre identifié ci-dessus.

L’argument final c’est que dès qu’une parie a signé un accord d’arbitrage qui
rend la décision arbitrale définitive et sans recours devant les juridictions judiciaires,
sauf raisons expresses, aucun tribunal judiciaire ne doit recevoir aucune action
engagée par une partie plaignante. Cela constituerait une violation de l’esprit dudit
accord d’arbitrage, une violation supplémentaire du contrat, une perte des ressources
dépensées pour parvenir à l’arbitrage et la victoire de la partie perdante.

Conclusion :

Comme méthode de règlement des différends, l’arbitrage devrait fascinait les


juristes africains. Car comme on peut le voir dans les tableaux ci-dessous, l’arbitrage
est à plusieurs égards proche des méthodes traditionnelles africaines de règlement des
litiges. Le fait que l’arbitrage ne bénéficie pas d’une promotion suffisante en Afrique
n’est imputable qu’au conservatisme qu’inspire le système de la Common Law.

Bien que les mécanismes africains de règlement des différends ne soient pas de
nature à se prêter à une application aux différends commerciaux, à l’exception peut-
être des litiges fonciers communautaires, ces mécanismes jettent une lumière sur les
options disponibles en dehors du système judiciaire de la common Law. En les
comparant à l’arbitrage et aux paramètres d’un procès, les juristes, notamment ceux
des pouvoirs publics devraient être en mesure d’éclairer leurs gouvernements sur la
nécessité et la base de l’arbitrage dans les accords commerciaux, particulièrement ceux
à caractère international.

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DIFFERENCES ENTRE LES METHODES ALTERNATIVES.
OCCIDENTALES ET AFRICAINES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS

N° METHODES OCCIDENTALES METHODES AFRICAINES


1 Débats confidentiels Débats ouverts à tout le monde dans la
communauté
2 Réservés aux parties au litige Résultat fondé sur la communauté
(qui peuvent rejeter la médiation)
3 Aucun pouvoir de sanction reconnu à la Sanction communautaire et pouvoirs
communauté reconnus à la Société
4 Consensus entre les parties Consensus intracommunautaire
5 Pris en compte des émotions des parties Pris en compte des normes sociales
6 Eléments non spirituels (serments) Intégration non spirituelle
7 Sans discrimination fondée sur le sexe Discrimination fondée sur le sexe
8 Souples Adaptées à la culture
9 Médiation Médiation-Arbitrage
10 Médiateurs professionnels Anciens
(dans l’accomplissement des rôles)
11 Tout le monde gagne dans la décision Décision souvent fondée sur le bien
finale contre le mal
12 A tout moment Au moment opportun
13 Paie les Médiateurs Bénévolat
14 Consultation restreinte Consultation restreinte
(Médiateur et une partie seulement) (Anciens uniquement)
15 Formation assurée Apprentissage par l’expérience
16 Accords signés Communauté, témoin des décisions
adoptées.

AVANTEGES
N° MARD-OCCIDENTALES MARD-AFRICAINES
1 Adaptées à un contexte multiculturel Tient compte des réalités culturelles
2 Lé Médiateur n’influence pas la solution Application du respect des Anciens
3 Règlement consensuel des problèmes Libre participation démocratique et
consensuelle
4 Souples Application élargie et étendue
5 Guérison émotionnelle Réconciliation interpersonnelle et
intercommunautaire
6 Confidentialité Débats ouverts, exposent les autres à la
justice sociale
7 Moins chères et plus rapides que le Moins chères, plus rapides et au service
procès de la paix

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INCONVENIENTS.

N° MARD OCCIDENTALES MARD AFRICAINES


1 Non axées sur la communauté Difficultés en contextes multiculturels
2 Accord préalable des parties avant La solution ne vient pas des parties au
médiation/arbitrage litige
3 Ne s’appliquent pas au cas relevant du Applicables dans la plupart des cas
droit pénal
4 Trop fondée sur l’individu Les fermes sont exclues du processus
5 Difficile de sanctionner dans l’accord -

Source : Manuel de l’Atelier NIALS ADR, Mars 1997.

Il va sans dire que le désir des pays en développement d’attirer les


investissements étrangers ne peut se réaliser que s’ils assurent la promotion de
l’arbitrage international car il y a une préférence pour l’arbitrage international quand
un différend oppose les ressortissants de deux pays différents. Il faut commencer par la
promotion d’une législation qui reconnaît l’arbitrage comme une partie intégrante du
système juridique et non comme une opposition audit système. Deuxièmement, les
pays qui n’ont pas encore adopté les instruments internationaux largement reconnus en
la matière doivent le faire. Il s’agit de la loi Modèle de la CNUDCI, des Règles
d’Arbitrage de la CNUDCI et de la convention de New York de 1958 sur l’Exécution
des Décisions Arbitrales Etrangères. Les Règles de la Loi Modèle peuvent être
modifiées en vue de leur adaptation à l’environnement national en cas de nécessité.

. Enfin, étant donné que la pratique de l’arbitrage est une pratique ancienne dans
les pays développés, la plupart des arbitrages ont lieu dans ces pays où les experts sont
recrutés sur place, avec tout ce que cela peut impliquer en matière de préjugé. Par
ailleurs, l’absence des lois appropriées dans les pays en développement favorise cette
pratique. En actualisant et en améliorant leurs connaissances dans le domaine de
l’arbitrage dans le commerce international à travers les séminaires et les ateliers de
formation tels que ceux de l’UNITAR et du PNUD et leurs partenaires régionaux, les
juristes de l’Afrique au Sud du Sahara consolident leur confiance pour opérer dans ce
domaine. Ils sont également d’avantage en mesure de promouvoir les institutions
régionales telles que le Centre Régional du Caire pour l’Arbitrage dans le Commerce
International (CRCICA), le Centre Régional d’Arbitrage de Kouala Loumpour
(KLRCA) et le Centre Régional de Lagos pour l’Arbitrage dans le Commerce
International (LRCICA), tous ouvrant à la promotion du Règlement des différends
Commerciaux Internationaux conformément aux principes adoptés dans les
instruments internationaux mentionnés ci-dessus.

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PROFIL DES AUTEURS

Dr. Vinod K. AGARWAL est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en droit
de l’Université de Bombay en Inde. Il est également titulaire d’un certificat de droit
comparé de l’Institut des Etudes Européennes de l’Université de Bruxelles et a suivi la
formation dispensée hors siège par l’Académie du Droit International de la Haie. Il a
été professeur vacataire ou étranger à l’Institut d’Etudes Supérieures de Droit de
l’Université de Londres. Il est actuellement Secrétaire Général du Centre International
du Règlement Alternatif des Différends de New Delhi après son départ du
gouvernement indien où il tenait le portefeuille de la Justice et des Entreprises. Il a
occupé plusieurs postes dans les gouvernements de l’Inde. Il a fait partie de plusieurs
délégations gouvernementales de l’Inde chargées de négocier en Inde et à l’étranger
les accords de crédit signés par les entreprises publiques telles que la Banque du
Développement Industriel de l’Inde, La Société de Financement des Industries de
l’Inde, la Société de Financement des Chemins de Fer de l’Inde, le Shipping Crédit
and Investment Corporation, la National Gas Comission, Air India, Indian Ailines, etc
avec les institutions financières internationales et autres telles que la Export-Import
Bank du Japon, Export-Import Bank de la Corée, Export-Import Bank of America,
Caisse Nationale de Crédit Agricole SA Paris, Banque Paribas, Kreditanstalt für
Wiederanfban, chase Manhattan Asie. Comme membre du Gouvernement de l’Inde, il
était notamment responsable de l’étude, du visa et de la négociation des accords de
crédit internationaux signés entre les débiteurs indiens et les créanciers et autres
institutions financières internationales. Il participait également aux négociations
comme délégué du gouvernement indien et conseillait le gouvernement sur diverses
questions juridiques et sur la manière de conduire le procès et l’arbitrage.

Monsieur Bolaji OWASANDOYE

Il a seize ans d’expérience professionnelle comme praticien du droit, professeur


et chercheur (de 1985 à 2000) ainsi qu’encadreur des travaux dirigés aux cycles de
Licence et de maîtrise. Comme chercheur à l’Institut Nigérian d’Etudes Supérieures en
Droit, il a fait plusieurs études sur le droit et enseigné l’élaboration des textes
juridiques et législatifs à l’Institut de Formation Permanente en Droit où il a par
ailleurs enseigné la négociation des contrats internationaux, les aspects juridiques de la
Dette et de la gestion financière, les droits de l’homme et la formation en droit, le
renforcement des capacités des opérateurs des marchés financiers et des capitaux.
Depuis 1995, il est consultant de l’UNICEF sur la mise en œuvre de la convention des
Nations Unies sur les Droits de l’Enfant. Il participe à l’élaboration de la législation
sur l’enfant au Nigéria. Depuis 1995, il est également le Chef du Département du Droit
Commercial et de la Propriété qui est chargé d’élaborer et de mettre en œuvre les
programmes de formation à la régulation de l’économie au Nigéria. Il est maître de
recherche depuis 1998 et a publié plusieurs articles et libres sur la dette et la gestion
financière./-

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