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Chapitre 02 – Coagulation et Floculation

Les objectifs relatifs à la qualité sont de satisfaire aux normes prescrites par les
autorités responsables (normes physiques, chimiques, bactériologiques). Dans le
respect de ces normes, on vise à préparer une eau qui n’est pas dure, ni incrustante
(entartrante) et qui n’est pas corrosive.
D’une manière générale, les traitements nécessaires doivent être conçus en fonction
de l’usage de l’eau d’une part et, d’autre part, en fonction des caractéristiques de
l’eau brute.

1. PROCEDES DE TRAITEMENT DE L’EAU


Il existe une large gamme de procédés de traitement, il reste au concepteur d’une
station de traitement à faire un choix approprié des traitements utiles et de les classer
dans un ordre optimal. Les principaux procédés sont illustrés dans le tableau 2.1.

Tableau 2.1 : Procédés de traitements de l’eau.


Procédé Objectif (Pollution visée)
Aération Enlèvement des gaz et matières volatiles.
Dégrillage Elimination des matières grossières et objets flottants.
Tamisage Elimination des matières grossières en suspension.
Microtamisage Réduction de la teneur en planctons
Dessablage Elimination des sables
Déshuilage, Ecumage Enlèvement d’huiles, d’écumes, de matières flottantes.
Sédimentation simple Réduction des matières en suspension aptes à se déposer
Coagulation –floculation- Clarification, décoloration, désinfection partielle,
sédimentation précipitation chimique
Filtration rapide, F. lente Clarification, désinfection partielle
Chloration, Ozonation Désinfection, Oxydation, Décoloration, Suppression
d’odeurs.

T. HADBI : Enseignant, Département d’Hydraulique, FGCA, UHBB Chlef


Précipitation chimique Adoucissement, suppression d’ions toxiques ou
indésirables.
Echange ionique Adoucissement, Déminéralisation, suppression d’ions
toxiques indésirables radioactifs.
Adsorption sur charbon Décoloration, suppression d’odeurs, de mauvais goûts,
actif de matières organiques, toxiques ou indésirables.
Correction chimique par Correction de pH, de la dureté, réduction de
Adjuvants l’agressivité.
Osmose inverse Purification générale, dessalement, déminéralisation.
Electrodialyse Dessalement.
Distillation Purification générale, dessalement, dessalement,
déminéralisation.
Ultrafiltration Purification partielle.
Irradiation aux rayons Désinfection.
U. V.

Les différents procédés de traitement de l’eau peuvent çetre classer comme suit :
- Des traitements préparatoires, ou prétraitements : le dégrillage, le tamisage
et le déssablage…
- Des triatements radicaux exigent des ouvrages plus complèxes qu’on peut
qualifiier de traitements majeurs : coagulation-floculation suivi de décantation,
filtration sur sable, oxydation et désinfection au chlore ou à l’ozone…
- Des traitements d’affinage ou complémentaires qui apportent des corrections
nécessaires ou souhaitables à l’eau déjà purifiée : correction du pH, adsorption
sur charbon actif, chloration finale.
Eau brute

Dégrillage
s Prétraitement
Dessablage

Sédimentation
simple
Préchloration
éventuelle
Coag./floc.-
Traitements majeurs

Décantation

Filtration rapide
sur sable

Désinfection au
Cl2 ou O3
d’affinage Traitements

Adsorption sur CAG

Chloration

Eau traitée

Figure 2.1 : présentation schématique d’une filière de traitement d’une eau de surface.
2. LES PRETRAITEMENTS
Les eaux brutes doivent généralement subir, avant leur traitement proprement dit, un
prétraitement qui comporte un certain nombre d'opérations uniquement physiques ou
mécaniques. Il est destiné à extraire de l'eau brute la plus grande quantité possible
d'éléments dont la nature ou la dimension constituerait une gêne pour les traitements
ultérieurs. Dans le domaine du traitement des eaux naturelles, ces procédés ne
constituent en général qu’un préalable à un traitement physicochimique plus poussé.

2.1. Dégrillage
Le dégrillage, premier poste de traitement, indispensable aussi bien en eau de surface
qu'en eau résiduaire. Il doit être localisé dans le regard de rive, au poste de pompage
d’eau brute ou à l’entrée de l’usine de traitement. Le dégrillage, permet :
- de protéger les ouvrages aval contre l'arrivée de gros objets susceptibles de
provoquer des bouchages dans les différentes unités de l'installation (poste de
pompage, conduite et installation de traitement);
- de séparer et d'évacuer facilement les matières volumineuses charriées par l'eau
brute, qui pourraient nuire à l'efficacité des traitements suivants, ou en
compliquer l'exécution.
Dans les stations de traitement, on peut distinguer:
 dégrillage fin, pour écartement inférieur à 10 mm,
 dégrillage moyen, pour écartement de 10 à 40 mm,
 prédégrillage, pour écartement supérieur à 40 mm.
Les grilles sont composées d’un ensemble de barres métalliques dont l’espacement
est calculé suivant la nature de l’eau à traiter. Le dégrillage est assuré par :
- des grilles à nettoyage manuelle : Elles sont composées de barreaux droits,
rounds ou rectangulaires, généralement inclinées de 60° à 80° sur l’horizontale
pour faciliter le raclage.
Figure 2.2 : Grille automatique droite Figure 2.3 : Grille automatique courbe
- des grilles à nettoyage mécanisé : Elles sont constituées de barres fixes
verticales ou inclinées, et équipées d’un système de raclage mécanique.

 Par principe, la vitesse de passage à travers la grille doit être suffisante pour
obtenir l'application des matières sur la grille, sans provoquer une perte de
charge trop importante, ni entraîner un colmatage en profondeur des barreaux
ou un départ des matières avec le flot; les vitesses de passage entre barreaux
communément admises sont de l'ordre de 0,60 à 1,0 m.s-1 en moyenne, avec
des valeurs de 1,20 à 1,40 m.s-1 au débit maximal.
 Le fonctionnement du dispositif de nettoyage de la grille est généralement
discontinu. Il peut être commandé par un système cyclique à cadence (1 min à
1 h) et durée (1 à 15 min) réglables, à partir d'un indicateur de perte de charge
différentiel, ou, mieux, par une combinaison des deux systèmes.

2.2. Dessablage
Le dessablage a pour but d'extraire des eaux brutes les graviers, sables et particules
minérales plus ou moins fines, de façon à éviter les dépôts dans les canaux et
conduits, à protéger les pompes et autres appareils contre l'abrasion, à éviter de
perturber les stades de traitement suivants.
Le domaine usuel du dessablage porte sur les particules dont la granulométrie égale
ou supérieure à 200 m.
L'étude théorique du dessablage se rattache à celle de la décantation des particules
grenues.
Le dessableur des eaux de surface est généralement rectangulaire du type couloir. La
section transversale est fonction de la vitesse horizontale d'écoulement désirée: cette
vitesse sera supérieure à la vitesse critique d'entraînement des particules déposées si
l'on désire effectuer une évacuation hydraulique des sables, inférieure si l'on prévoit
une évacuation par raclage de fond.
La surface horizontale se calcule en divisant le débit maximal à véhiculer par la
vitesse de sédimentation Vc, des particules de plus petite dimension à retenir,
corrigée en fonction de la vitesse horizontale d'écoulement choisie.

2.3. Tamisage
Il consiste de faire passer l’eau à travers un filtre dont les mailles sont assez fines
(dégrillage poussé) de façon à retenir les matières en suspension flottantes, les débris
végétaux, les herbes….
Il existe deux modes de tamisages :
 Macro-tamisage
Les éléments filtrants sont constitués de tôles perforées ou, le plus souvent, de toiles à
mailles croisées en acier inoxydable ou en tissu synthétique, présentant des
ouvertures de 0,15 à 2 mm.
Les tamis sont réalisables sous forme de tambours de 1,5 à 6 m de diamètre ou de
bandes de 1 à 3 m de largeur et dont la hauteur de 3 à 15 m est adaptée aux rivières à
niveau variable.
Selon le sens de circulation de l'eau, le système de lavage par pulvérisation est situé
au-dessus du filtre ou à l'intérieur. Une goulotte évacue les effluents de lavage.
Dans les deux cas, la mise en place de panneaux en forme de dièdres ou de
demicylindres permet d'accroître la surface spécifique de filtration. La capacité de ces
appareils peut aller jusqu'à plusieurs milliers de m3.h-1.
 Microtamisage
Les toiles filtrantes, en tissu synthétique, ont des ouvertures de mailles de 30-40,μm à
150 ,μm. Elles sont montées sur des tambours. Les équipements de lavage doivent
assurer une pulvérisation plus intense sur la toile du fait de risques de colmatage
accrus par les sables et limons fins. L'étanchéité des joints doit être assurée plus
sévèrement.

A
2

3
1 45

Coupe A - A
A

1 – déversoir 4 – arrivée de l’eau


2 – rampe de jets d’eau 5 - Eau non microtamisée
3 – cuve 6 - Eau microtamisée

Figure 2.3 : Schéma d’un Microtamis à tambour


2. LES TRAITEMENTS SECONDAIRES
L'eau contient de nombreux composés qui peuvent se regrouper en trois catégories :
 Matières en suspension
Ces produits peuvent être d'origine minérale (sables, limons, argiles, ...) ou organique
(produits de la décomposition des matières végétales ou animales, acides humiques
ou fulviques par exemple). A ces composés s'ajoutent les micro-organismes tels que
bactéries, plancton, algues et virus. Ces substances sont responsables, en particulier,
de la turbidité et de la couleur ;
 Matières colloïdales (moins de 1 micron)
Ce sont des MES de même origine que les précédentes mais de plus petite taille, dont
la décantation est excessivement lente. Elles sont également génératrices de turbidité
et de couleur ;
 Matières dissoutes (moins de quelques nanomètres)
Ce sont généralement des cations ou des anions. Une partie de la matière organique
est également sous forme dissoute. On trouve aussi des gaz (O2, CO2, H2S, ...).

Les procédés de coagulation et de floculation facilitent l'élimination des MES et


colloïdales. Celle-ci est réalisée dans une étape ultérieure de séparation solide liquide:
décantation, flottation ou filtration.

2.1. Coagulation, floculation et Décantation


Ils sont nécessaires pour clarifier les eaux contenant des colloïdes. Cette clarification
se subdivisera en trois étapes :
- coagulation : déstabilisation des particules colloïdales et formation de
micromicelles constituées d’hydroxyde métallique et de colloïdes ;
- floculation : rassemblement des micro-micelles sous forme séparable de la phase
aqueuse ;
- séparation des phases solide et liquide par décantation ou flottation
2.1.1. Coagulation
2.1.1.1. Stabilité des suspensions colloïdales
Les colloïdes sont des particules impossibles à décanter naturellement. En effet,
les colloïdes sont soumis à deux grands types de forces :
- force d'attraction de Van der Vaals, liée à la structure et à la forme des colloïdes
ainsi qu'à la nature du milieu ;
- force de répulsion électrostatique, liée aux charges superficielles des colloïdes.
La difficulté de séparation des colloïdes présents dans une eau par simple
décantation provient du fait que ces particules, se trouvent dans l’eau à l’état de
particules chargées électriquement (toujours négativement dans les eaux
naturelles). La répulsion mutuelle exercée par ces particules les empêche de
s’agglutiner sous l’effet des forces d’attraction naturelle (appelées à cette échelle
forces de Van der Waals) et d’acquérir ainsi une dimension suffisante pour devenir
décantables. On dit alors que la suspension est stable.
La stabilité d'une suspension colloïdale dépend du bilan des forces d'attraction et de
répulsion.

ES

Figure 2.4 : Stabilité d'une suspension colloïdale


Pour déstabiliser la suspension, il faut franchir la barrière énergétique ES. Pour cela,
et afin de favoriser l'agglomération des colloïdes, il faut diminuer les forces de
répulsion électrostatique. C'est la coagulation qui réalise cette déstabilisation.

2.1.1.2. Théorie de la double couche


Les colloïdes présents dans l'eau brute sont très généralement chargés négativement.
Afin de neutraliser cette charge négative de surface, des ions positifs, présents dans
l'eau brute ou ajoutés, viennent former une couche autour du colloïde.
En fait La Théorie de STERN considère la formation de deux couches comme suit :
Une couche d'ions positifs recouvre intégralement la surface du colloïde et
assure la neutralité de l'ensemble (couche adhérée)
Une deuxième couche d'ions positifs recouvre la couche adhérée. Ces ions sont
inégalement répartie autour du colloïde; la neutralité est obtenue à plus grande
distance (couche diffuse).

2.1.1.3. Le potentiel Zêta


Le rapprochement de deux particules colloïdales engendre des forces de
répulsion électrostatique, qui l'emportent sur les forces d'attraction de Van der Waals.
Le colloïde se déplace avec une partie de sa double couche. Le colloïde se
caractérise donc par deux potentiels.
- E : Potentiel à la surface du colloïde ou potentiel thermodynamique.
- Z : Potentiel à la surface du plan de cisaillement ou potentiel électrocinétique.
Ce potentiel Z, encore appelé potentiel Zéta, régit le déplacement des
colloïdes et leur interaction mutuelle.
Dans la théorie de la double couche, la coagulation par introduction
d'ions positifs trivalents abaisse le potentiel zêta jusqu'à obtention du potentiel
critique, à partir duquel les forces d'attraction l'emportent, permettant ainsi la
coagulation.
Figure 2.5 : Évolution du potentiel électronégatif en fonction de l’éloignement de la particule
dans le cas de l’eau brute

2.1.1.4. Mise en œuvre de la coagulation


Description de phénomène
La coagulation consiste à ajouter à l’eau un électrolyte permettant de
neutraliser les charges négatives qui sont à l’origine du maintien en suspension
stable. On utilise généralement des sels d’un métal trivalent, Fe3+ ou Al3+.
Les charges positives de l’ion métallique neutralisant les charges négatives du
colloïde, les particules peuvent alors se rassembler sous l’effet des forces attractives
de Van der Waals qui conduit à l’adsorption des colloïdes naturels coagulés.
Chimie de la coagulation
Il est souvent important de connaître l’influence de l’emploi d’un coagulant sur les
caractéristiques physico-chimiques de l’eau traitée. Le taux de traitement et la valeur
du temps de séjour peuvent être déterminées par un essai de floculation (Jar test)
Les réactifs coagulants les plus généralement utilisés sont :
 Sulfate d’alumine (ou, mieux, d’aluminium) : Al2(SO4)3 18H2O
Présentation :
- cristallisé (poudre, grains, noisettes, pains, etc.)
- solution à 600 ou 720 g · L–1 environ de sulfate d’alumine cristallisé.
En clarification d'eaux de surface, suivant la qualité des eaux, les doses utilisées
varient de 10 à 150 g.m-3 exprimés en produit commercial solide [Al2(S04)3,18 H2O].
 Chlorure ferrique : FeCl3
Présentation :
- sublimé ou cristallisé : FeCl3 ou FeCl3 6H2O ;
- solution à 600 g · L–1 de FeCl3 environ.
Autres réactifs parfois mis en œuvre : Sulfate ferreux : FeSO4 7H2O, Sulfate
ferrique : Fe2(SO4)3 9H2O, Aluminate de sodium : NaAlO2.

Coagulation au sulfate d’aluminium (cas le plus courant)


La précipitation de l’hydroxyde d’aluminium (qui formera les micro-micelles
en englobant les colloïdes déchargés électriquement) résulte d’hydrolyse du produit
coagulant et de neutralisation de l’acidité ainsi libérée par l’alcalinité (TAC) de l’eau.
La réaction globale qui a lieu est :
Al2(SO4)3 + 3Ca(HCO3)2  3CaSO4 + 2Al(OH)3 + 6CO2
On constate que 1 mole de Al2(SO4)3, soit 342 g de correspondent à 666 g de
produit commercial cristallisé [Al2(SO4)3 18H2O].
Et, 1 mole de sulfate d’aluminium  2Al3+, soit 6 charges positives
1 eq = 666/6 = 111 g ; 1 meq·L–1 = 111 mg·L–1
1 °F = 0,2 meq·L–1 = 22,2 mg·L–1
Ou encore 1 g·m–3 = 1 mg·L–1 = 1/22,2 = 0,045 °F
On déduit finalement que 1 g·m–3 (ou 1 mg·L–1) de sulfate d’aluminium
commercial (correspondant à 0,45 oF) : diminuent le TAC de 0,045 oF.

La diminution du TAC et la libération de CO2 libre abaissent le pH de l’eau ;


dans les eaux très douces et acides, où l’alcalinité est insuffisante, l’emploi d’un
réactif alcalin comme la chaux permet la neutralisation de l’acide fort libéré et le
maintien d’un pH favorable à la précipitation totale de l’hydroxyde d’aluminium.
La réaction qui a lieu :

Al2(SO4)3 + 3Ca(OH)2  3CaSO4 + 2Al(OH)3

Coagulation au chlorure ferrique


La réaction globale du coagulant avec l’alcalinité de l’eau sera :

2FeCl3 + 3Ca(HCO3)2  2Fe(OH)3 + 3CaCl2 + 6CO2

2.1.2. Floculation

2.1.2. 1. Description de la floculation


La floculation est l'agglomération des particules "déchargées" en microfloc,
puis en flocons volumineux et décantables, le floc. Cette floculation peut être
améliorée par l'ajout d'un autre réactif: le floculant ou adjuvant de floculation.
Deux phénomènes de transport régissent la floculation :
La floculation péricinétique liée à la diffusion brownienne des particules (agitation
thermique).
La floculation orthocinétique est liée à l'énergie dissipée au cours d’un brassage
modéré de l’eau (agitation forcée).
Celle dernière, a beaucoup plus d’intérêt car, elle permet d'obtenir le floc volumineux
séparable physiquement.
Dans la pratique, on utilise un gradient de vitesse G. il se définit comme étant le
gradient de vitesse moyen des particules au sein de multiples tourbillons produite par
le brassage. Le gradient de vitesse est donné par :

𝐏
𝐆=√
𝐕. 

G : Gradient de vitesse moyen (S-1)


P: Puissance réellement dissipée (W)
 : Viscosité dynamique du liquide (kg/m.s)
V : Volume occupé par le fluide (m3)
2.1.2. 2. Aspects pratiques de la floculation

La floculation est effectuée dans des enceintes, munies de systèmes d'agitation,


appelées floculateurs. Suivant les applications ou les fluides à traiter, le système
d'agitation, le volume du réacteur et l’énergie dissipée sont différents.

La cuve, le système d'agitation et les équipements annexes, sont conçus pour


que l'ensemble des paramètres géométriques permette :
- d'éviter les zones mortes (zone de dépôt dans le fond par exemple),
- de récupérer, sous forme de turbulence, l'énergie dissipée (utilisation de déflecteurs
- de ne pas avoir de court-circuit entre l'entrée et la sortie du fluide.
Il y a deux familles de floculateurs :
- floculateurs avec un organe mobile d’agitation (Floculateurs agités),
- floculateurs à chicanes ou statiques.

a. Les floculateurs à hélice (Floculateurs agités ou Floculateurs


a pâles)
Le mobile est constitué d'une hélice, à arbre vertical, à 3 ou 4 pales, entraînée
directement par un ensemble motoréducteur avec, le plus souvent, un variateur de
vitesse.

a) à écoulement radial b) à écoulement axial


Figure 2.6 : Types de floculateurs de base
Dans ce type de floculateur, l’agitation est causée par un ensemble de pâles.
La puissance transmise par les pâles est donnée par :
1
P = C . 2 .  . A . V3
p r

P : puissance transmise (W) ;


Cp : Coefficient de trainée (égale 1,8 pour les pâles plates) ;
A : Surface de la pâle (m2) ;
 : Masse volumique du liquide (kg/m3) ;
Vr : vitesse relative de la pâle par rapport à la vitesse du liquide, soit 0,75 x la
vitesse de la pâle (m/s)
b. Les floculateurs statiques
Beaucoup moins utilisés que les précédents, ils sont conçus de manière à ce
que l'écoulement du fluide à traiter subisse des changements brusques de direction.
Les pertes de charge résultantes fournissent l'énergie nécessaire à la floculation. Ce
dispositif est réservé aux installations rustiques.

Figure 2.6 : Système de floculation à canal chicane (Floculateur à barrières).

La puissance dissipée sous forme de brassage est donné par :

P = . Q. g. h
P : puissance transmise (W)
;
g : accélération de la pesanteur ;
Q : débit volumique du liquide ;
h : dénivellement de l’eau donné par :
2
h = (n + 1) 𝑉1 + 𝑛 𝑉2
2
2. g 2. g
n: nombre de chicane ;
V1 : vitesse linéaire de l’eau en direction parallèles aux chicanes ;
V2 : vitesse linéaire à l’extrémité chicanes.

Les floculants

La formation du floc étant amorcée par l’introduction du coagulant, mais aussi par
l’emploi de certains produits appelés floculants. Les floculants sont aussi appelés
adjuvants de coagulation ou de floculation.

Des polymères minéraux (silice activée) et des polymères naturels (amidon,


alginate) ont d'abord été utilisés. Mais, l'apparition de polymères de synthèse très
diversifiés a fait évoluer considérablement les performances de la floculation.

Le taux de traitement à mettre en œuvre est donné, comme pour le coagulant, par un
essai de floculation.

2.1.3. Jar test (essai de floculation)


La coagulation est optimale pour une introduction de charges électriques positives
correspondant à l’annulation du potentiel zêta des colloïdes.
Ce test a pour but de rechercher la nature et les doses de réactifs qui permettent de
traiter une eau dans les meilleures conditions : coagulants et floculants, ajustement du
pH, etc...
On expérimente un seul réactif à des doses différentes; à l’aide un floculateur de
laboratoire, permettant d'agiter simultanément, à une vitesse bien déterminée, le
liquide contenu dans une série de béchers pour que les résultats soient comparables. Il
faut en effet que la vitesse de rotation soit identique dans tous les béchers ayant
chacun un volume de 1 litre ;
L’essai est effectué pendant 20 minutes environ.
En plus de la détermination de la dose de coagulant, ces essais permettent de
visualiser la floculation et de connaître ses effets aussi bien sur l'eau décantée que sur
les boues.
Remarque : d’autres précisions seront acquises dans une manipulation au laboratoire.

Figure 2.7 : Floculateur à commande électrique, variateur de vitesses et minuterie.