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Chapitre 01 - Généralités et normes

1 - COMPOSITION DE L’EAU

1.1 - Physique de l’eau H


La structure de l’eau dépend de son état physique.
L’état gazeux (vapeur) correspond exactement à la forme
H2O et en particulier au modèle angulaire (figure 1). Mais les
O 105°
états condensés (liquide et glace) sont plus compliqués et c’est
cette complication qui explique leurs propriétés anormales.
A l’état solide, l’arrangement élémentaire consiste en une H
molécule d’eau centrale et quatre périphériques, l’ensemble
Figure 1.1 : Structure
affectant la forme d’un tétraèdre. de l'eau à l'état
vapeur.
A l’état liquide, il y a association de plusieurs molécules par liaisons
particulières dites liaisons hydrogène, chaque atome d’hydrogène d’une molécule
d’eau étant lié à l’atome d’oxygène de la molécule voisine.

1.2 - Etats des impuretés dans l’eau


Les impuretés que renferme une eau rencontrée dans la nature sous les trois états :
solide, liquide, ou gazeux, peuvent être caractérisées par la taille qu’elles prennent en
solution dans l’eau (figure 2). Cette taille peut être celle d’une particule isolée ou
celle d’un amas structuré.
200 µm
100 µm
100 nm
0,1 nm

10 µm
20 µm
10 nm

1 mm
2 mm
1 nm

1 µm
2 µm

1 cm

Matières dissoutes Matières colloïdales Matières en suspension


Argile < Limon > Sable
< Fin >< Moyen >< Gros
Bactéries Pollen Plancton

Fumées Brouillard Brume Pluie

Figure 1.2 : Dimensions de diverses particules

T. HADBI : Enseignant, Département d’Hydraulique, FGCA, UHBB Chlef


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1.3 - Composition de l’eau et indicateurs de qualité


Les eaux naturelles constituent un milieu complexe. La qualité des eaux est largement
affectée par le couvert végétal, les pratiques agricoles, l’urbanisation et plus
généralement par l’activité économique développée dans les paysages où elles
coulent. Les paramètres de qualité les plus importants pour le traitement des eaux
sont les suivants :

 Paramètres organoleptiques
Les paramètres organoleptiques sont ceux que le consommateur perçoit
immédiatement. Ces paramètres se rapportent à la couleur, la saveur, l’odeur et la
transparence de l’eau.

 Matières en suspension (MES)


En dehors des matières dissoutes, les eaux naturelles contiennent plus
particulièrement des particules en suspension. Ces particules, dont la taille varie de
quelques dizaines de nanomètres à quelques centaines de μm, sont constituées
d’éléments minéraux et organiques en provenance des sols ou des résidus d’activité
humaine.
Les teneurs élevées en MES peuvent empêcher la pénétration de la lumière, diminuer
l’oxygène dissous et limiter alors le développement de la vie aquatique, en créant de
déséquilibres entre les diverses espèces.
Les dépôts dans les zones calmes peuvent entraîner des développements anaérobies,
avec leurs conséquences habituelles.

 Turbidité
La turbidité d’une eau est due à la présence des particules en suspension, notamment
coloïdales : argiles, limons, grains de silice, matières organiques, etc. L’appréciation
de l’abondance de ces particules mesure son degré de turbidité. ; elle peut être
favorisée par la pluviométrie.
La turbidité engendre les mêmes conséquences que les MES proprement dites.

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 Température
La température d’une eau potable devrait être inférieure en été et supérieure en hiver
à la température de l’air. Pour que l’eau potable soit désaltérante sa température doit
se situer entre 8 et 15 °C ; entre 20 et 25 °C, elle désaltère mal.
Pratiquement, la température de l’eau n’a pas d’incidence directe sur la santé de
l’homme. Cependant, une température supérieure à 15 °C favorise le développement
des micro-organismes dans les canalisations en même temps qu’elle peut intensifier
les odeurs et les saveurs. Par contre, une température inférieure à 10°C ralentit les
réactions chimiques dans les différents traitements des eaux.

 Oxygène dissous
La teneur de l’oxygène dissous dans l’eau dépasse rarement 10 mg/l. Elle est fonction
de l’origine de l’eau : les eaux superficielles peuvent contenir des quantités
relativement importantes proches de la saturation, par contre, les eaux profondes n’en
contiennent le plus souvent que quelques mg/l.
Des faibles teneurs en oxygène, peuvent entraîner une altération organoleptique de
l’eau. Dans les milieux à faible taux de renouvellement (lacs, retenues de barrages,
etc.) la teneur en oxygène dissous a tendance à diminuer avec la profondeur, et des
phénomènes anaérobies peuvent se développer dans les fonds.
Les phénomènes d’autoépuration naturelle dans les eaux superficielles sont fonctions
des teneurs en oxygène dissous.

Autoépuration (ou auto-purification) :


Processus naturel, biologique, chimique et physique au cours duquel un milieu pollué
retrouve son état initial non pollué. Grace à ce phénomène, les cours d'eau se
débarrassent de la pollution faible par le biais de micro-organismes.

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 Gaz carbonique (anhydride carbonique, CO2)


Généralement les eaux de surface ne contiennent pas plus de 10 mg/l d’anhydride
carbonique. Toutefois, les eaux ayant une activité biologique intense (lacs, étangs,
canaux….) sont susceptibles d’avoir des teneurs de plusieurs dizaines de mg/l. Les
eaux souterraines peuvent aussi présenter des teneurs élevées probablement liées à
l’activité bactérienne des sols.
Le CO2 est une composante majeure de l’équilibre calco-carbonique.
L’équilibre calco-carbonique
Pour une teneur donnée en hydrogénocarbonates de calcium et de magnésium, il
existe une quantité nécessaire d’anhydride carbonique pour stabiliser les
hydrogénocarbonates et éviter la précipitation des carbonates. Cette quantité est
connue sous le nom d’anhydride carbonique équilibrant. Si une eau contient une
quantité supérieure à cette quantité nécessaire, cet excès constitue l’anhydride
carbonique agressif.
Par contre, dans le cas où la quantité d’anhydride carbonique libre est inférieure à la
quantité théorique d’anhydride carbonique équilibrant, il y aura précipitation des
carbonates et incrustation.
Exemple: pour le cas des hydrogénocarbonates de Calcium, la réaction qui a lieu :

CaCO3  CO 2  H 2O  Ca ( HCO3 )

Toutefois, la présence de CO2 dans les eaux peut être schématisée comme suit :
CO2

CO2 lié CO2 libre

HCO-3 CO- -3 CO2 agressif CO2 équilibrant

Figure 1.3 : Formes de présence d’anhydride carbonique

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 Potentiel d’hydrogène (pH)


Le pH d’une eau représente son acidité ou son alcalinité ; à pH 7 une eau est dite
neutre, à un pH inférieur à 7 une eau dite acide et à un pH supérieur à 7, elle est dite
basique.
Le pH des eaux naturelles est lié à la nature des terrains traversés, il varie
habituellement entre 7,2 et 7,6. D’une façon générale, les eaux très calcaires ont un
pH élevé et celles provenant de terrains pauvres en calcaire ou siliceux ont un pH
voisin de 7 et quelquefois inférieur (env. 6).

 Matières dissoutes (Substances dissoutes)


Il s’agit essentiellement des sels minéraux qui sont dissociés par l’eau, qui est un
solvant pratiquement universel. Une partie de la matière organique est également
sous forme dissoute.
Les sels minéraux dissous se trouvent dissociés dans l’eau en cations et anions et
représente la minéralisation de l’eau.
Minéralisation d’une eau
Est la somme des teneurs des cations et anions exprimée en mg/l.
Les principaux ions présents peuvent être classés selon leur fréquence de présence
décroissante :
Tableau 1.1 : Principaux Cations et Anions présents dans les eaux naturelles.
Cations et masse atomique (g/mole) Anions et masse atomique (g/mole)
Calcium (Ca++) 40 Hydrogénocarbonates (HCO3-) 61
Magnésium (Mg++) 24 Chlorures (Cl-) 35,5
Sodium (Na+) 23 Sulfates (SO4--) 96
Ammonium (NH4+) 18 Nitrates (NO3-) 62
Fer ferreux (Fe++) 56 Fluorures (F-) 19
Potassium (K+) 39 Phosphates (PO4-3) 95

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Emploi du milli-équivalent
Pour faciliter les calculs et pour permettre d’établir des bilans ioniques
caractéristiques, on a pris l'habitude d'évaluer les résultats des analyses non pas en
grammes par litre mais en équivalents grammes par litre. Le sous multiple est le
milli-équivalent (meq.l-1).
Le milliéquivalent par litre (meq.l-1) est la quantité de l'électrolyte considéré
dissoute dans un litre de solution égale au millième de l'équivalent-gramme de cet
électrolyte.
L'équivalent-gramme est le quotient de la masse molaire d'un corps par le nombre
de charges de même signe portées par les ions que libère en solution aqueuse une
molécule de ce corps.
Par exemple, la masse molaire du chlore étant de 35,5 g, si une eau contient 2 g de
chlore par litre, on peut exprimer ce résultat en écrivant qu'elle contient
2
= 0,05634 équivalent − gramme, de chlore par litre
35.5
1
Soit 56,34 milliéquivalent de chlore par litre (56,34 meq.l-1)
Degré français
Dans la pratique du traitement de l'eau il est d’usage d’employer des unités plus
petites que le milliéquivalent gramme pour tenir compte de l’ordre de grandeur des
concentrations en jeu, on utilise le degré français qui correspond à un cinquième du
milliéquivalent-gramme ou l’équivalent en CaCO3.
1 meq.l-1= 5 °F
1° F = 10 mg/l CaCO3

 Conductivité électrique
La conductivité électrique d’une eau (γ) est la conductance d’une colonne d’eau
comprise entre deux électrodes métalliques de 1 cm2 de surface et séparées l’une
de l’autre de 1 cm.

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La mesure de la conductivité électrique permet d’évaluer rapidement mais très


approximativement la minéralisation globale de l’eau et d’en suivre l’évolution.
Relation entre la conductivité et la minéralisation
Conductivité < 100 µs/cm → Minéralisation très faible
100 µs/cm < Conductivité < 200 µs/cm → Minéralisation faible
200 µs/cm < Conductivité < 333 µs/cm → Minéralisation moyenne
333 µs/cm < Conductivité < 666 µs/cm → Minéralisation moyenne accentuée
666 µs/cm < Conductivité < 1000 µs/cm → Minéralisation importante
Conductivité > 1000 µs/cm → Minéralisation élevée

 Dureté totale de l’eau (titre hydrotimétrique TH)


La dureté ou titre hydrotimétrique d’une eau correspond à la somme des
concentrations en cations métalliques à l’exception de ceux des métaux alcalins et de
l’ion hydrogène. Dans la plupart des cas la dureté est surtout due aux ions calcium et
magnésium auxquels s’ajoutent quelquefois les ions fer, aluminium, manganèse,
strontium.
TH = r [Ca++] + r [Mg++]
L’intérêt de cette détermination réside dans le fait qu’une eau dure n’est pas
directement utilisable ; une teneur élevée nuit à la cuisson des légumes et à la bonne
utilisation des savons ordinaires.
Une faible dureté ne permet pas l’élaboration de couche carbonatée assurant le plus
souvent une protection des canalisations contre certains risques de corrosion ; par
contre, une dureté élevée constitue un risque important d’entartrage des canalisations.

 Alcalinité d’une eau (Titre alcalimétrique complet TAC)


Elle est mesurée par la somme des anions hydrogénocarbonates (HCO 3-), carbonates
(CO3--) et hydroxydes (OH-) alcalins (Na) ou alcalino-térreux (Ca, Mg)) et exprimée
par le titre alcalimétrique complet.
Dans le cas des eaux naturelles, l’alcalinité est purement bicarbonatée (HCO 3-).

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 Matières organiques
En dehors des pollutions résultant des activités humaines, les matières organiques
susceptibles d’être rencontrées dans les eaux sont constituées par des produits de
décomposition d’origines animales ou végétales, élaborées sous l’influence des
microorganismes.
L’inconvénient des matières organiques est de favoriser l’apparition de mauvais goût
et des saveurs désagréables.

 Micropolluants
Oligo-éléments : Les oligo-éléments sont principalement des cations ou des anions
qui se présente dans les eaux en faible quantité, mais dont le rôle est très important.
Les principaux sont : cuivre, zinc, cobalt, manganèse, argent, aluminium, molybdène,
sélénium…...
Métaux lourds : Les métaux lourds sont largement répandus dans la nature (les
rôches), essentiellement sont : le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure, le
sélénium, l’arsenic.
Les détergents : Les détergents sont des composés tensio-actifs synthétiques dont la
présence dans les eaux est due aux rejets d’effluents urbains et industriels.
Matières phénoliques : La présence des phénols dans l’eau a, le plus souvent, pour
origine les pollutions industrielles (usines chimiques, cokeries, papeteries, raffineries,
pétrochimie…). Les revêtements bitumineux des canalisations peuvent, lors des
réparations et des mises en service, introduire dans le réseau des quantités de phénols.
Les pesticides : On désigne généralement sous ce terme, les produits utilisés pour
lutter contre les organismes qui portent atteinte à la santé publique, ou qui s’attaquent
à tous les stades et de toutes les manières aux ressources végétales ou animales
nécessaires à l’alimentation humaine. On distingue : les insecticides, les fongicides,
les herbicides, etc…

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 Micro-organismes vivants
L’eau ne doit pas contenir aucun germe pathogène. Les germes recherchés
proviennent de la contamination d’origine fécale et sont : Bacille de Coli ou
Eschérichia Coli ; Entérocoque ; Clostridium Sulfitoréducteur ; Bactériophages
fécaux ; Streptocoques fécaux.

2 - QUALITE DES EAUX DE DIFFERENTES ORIGINES


Les réserves disponibles d'eaux naturelles sont constituées des eaux souterraines
(infiltration, nappes), des eaux de surface retenues ou en écoulement (barrages, lacs,
rivières) et des eaux mer.

2.1 - Eaux souterraines


Les eaux souterraines ont, pendant longtemps, été synonymes "d'eaux propres" et
répondant naturellement aux normes de potabilité. Ces eaux sont en effet moins
sensibles aux pollutions accidentelles.
Les eaux souterraines peuvent contenir des éléments à des concentrations dépassant
largement les normes de potabilité. Ceci est dû à la composition du terrain de
stockage. On peut citer : Fe, Mn, H2S, F...
Les eaux souterraines doivent être traitées avant distribution toutes les fois que la
concentration d'un ou plusieurs éléments dépasse la valeur autorisée par les
règlements en vigueur.

2.2 - Eaux de surface


Elles ont pour origine, soit des nappes profondes dont l'émergence constitue une
source de ruisseau, de rivière, soit les eaux de ruissellement. Ces eaux se rassemblent
en cours d'eau, caractérisés par une surface de contact eau-atmosphère toujours en
mouvement et une vitesse de circulation appréciable. Elles peuvent se trouver
stockées en réserves naturelles (lacs) ou artificielles (retenues, barrages) caractérisées

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par une surface d'échange eau atmosphère quasiment immobile, une profondeur qui
peut être importante et un temps de séjour appréciable.
Tableau 1.2 : Principales différences entre eaux de surface et eaux souterraines.
Caractéristique Eaux de surface Eaux souterraines

Température variable suivant saisons relativement constante


Turbidité, MES variable, parfois élevée faible ou nulle (sauf en
(vraies ou colloïdales) terrain karstique)

Couleur liée surtout aux MES (argiles, algues...) liée surtout aux matières en
sauf dans les eaux très douces et solution (acides humiques par
acides (acides humiques) exemple)
Minéralisation globale variable en fonction des terrains, des sensiblement constante en
précipitations, des rejets... général nettement plus élevée
que dans les eaux de surface de
la même région
Fe et Mn généralement absents, sauf en généralement présents
divalents (à l'état profondeur des pièces d'eau en état
dissous) d'eutrophisation
CO2 agressif généralement absent souvent présent en grande
quantité
O2 dissous le plus souvent au voisinage de la absent la plupart du temps
saturation. Absent dans le cas d'eaux
très polluées
H2S généralement absent souvent présent
NH4 présent seulement dans les eaux présent fréquemment sans être
polluées un indice systématique de
pollution bactérienne
Nitrates peu abondants en général teneur parfois élevée
Silice teneur en général modérée teneur souvent élevée
Micropolluants présents dans les eaux de pays généralement absents, mais une
minéraux et développés, mais susceptibles de pollution accidentelle subsiste
organiques disparaître rapidement après beaucoup plus longtemps
suppression de la source
Éléments vivants bactéries (dont certaines pathogènes), ferrobactéries fréquentes
virus, plancton (animal et végétal)
Solvants chlorés rarement présents souvent présents

Caractère eutrophe fréquent Accentué par les non


températures élevées

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2.3 - Eaux de mer et eaux saumâtres


Ces eaux sont caractérisées par une salinité importante, qui peut varier selon les
origines (tableau 2).
Tableau 1.3 : Salinité des eaux de mers selon leur origine.

origine salinité g.l-1


Mer Baltique 17
Atlantique et Pacifique 32à35
Mer Méditerranée 38 à 40
Mer Rouge 43 à 45
Mer Morte 270

Certaines caractéristiques physiques de l'eau de mer sont particulièrement


importantes: turbidité et matières en suspension. Elles sont très variables selon la
localisation.
En pleine mer, les MES sont représentées essentiellement par le zooplancton et le
phytoplancton, dont la valeur est de quelque mg.l-1.
Près des rivages: la teneur en sable peut être importante selon l'agitation (vent,
marées) et la profondeur (présence d'un plateau continental). De plus, à proximité des
agglomérations, la pollution par des rejets urbains et industriels peut devenir
prépondérante. Le tableau 3 donne la composition d'une eau de mer "standard".
Tableau 1.4 : Analyse standard d'eau de mer - pH = 8,2 - 8,3.
Anions mg.l-1 méq.l-1 Cations mg.l-1 méq.l-1

chlorure Cl- 19 880 560 calcium Ca2+ 440 22


sulfate S042- 2 740 57 magnésium Mg2+ 1315 108
nitrate N03- - - sodium Na+ 11040 480
bicarbonate HC03- 183 3 potassium k + 390 10
bromure Br - 68 0,9 strontium 1,3 0,3
22 871 620,9 13186,3 620,3

Salinité totale: 36,4 g.l-1

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Chapitre 01 - Généralités et normes

3 - NORMES DE QUALITE DES EAUX


L’eau mise à disposition du consommateur doit avoir été traitée de façon à être « apte
à l’usage prévu », c’est-à-dire répondre à la réglementation en vigueur. Il est donc
nécessaire de traiter l’eau chaque fois que l’un des paramètres analytiques est
supérieur aux normes en vigueur dans le pays considéré.
Le concept « Normes de Qualité de l’eau » est utilisé pour l'eau potable ou autres
usages domestiques, industriels ou agricoles nécessitant une eau aux caractéristiques
particulières.
Généralement, pour qu’une eau soit potable (propre à la consommation), elle doit
répondre à des normes de qualité. Ces normes s'appuient sur des travaux médicaux
établissant les "doses maximales admissibles" (quantités de substances qu'un
individu peut absorber sans risque, tous les jours de sa vie, avec une marge de
sécurité confortable).

3.1 - Règlementation internationale pour l’eau potable


L’OMS (Organisation mondiale de la santé) établit, pour chaque paramètre, des
recommandations qui peuvent être adaptées dans chaque pays, en fonction de l’état
sanitaire et des conditions économiques, pour aboutir aux normes réglementaires
nationales.
Dans l’Union Européenne, la qualité des eaux potables est définie par une directive,
que tous les États membres doivent ensuite transposer en droit national. La directive
initiale datait de 1980 et a été transposée en droit français le 3 janvier 1989 ; elle
définissait des niveaux-guides et des concentrations maximales admissibles pour
64 paramètres.

3.2 – Organisation des normes de potabilité


Les normes sont réparties en sept groupes :

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 Les paramètres organoleptiques


Ces paramètres concernent la couleur, la transparence, la saveur et l'odeur de l'eau.
Cependant ces critères n'ont pas de valeur sanitaire directe. Une eau peut être trouble,
colorée ou avoir une odeur particulière et néanmoins être consommable.

 Les paramètres physico-chimiques :


Il s'agit des caractéristiques telles que le pH de l’eau et sa température. Ces
caractéristiques sont en relation avec la structure naturelle de l'eau.

 Les paramètres concernant les substances indésirables


Ce sont des substances dont la présence est tolérée en faible quantité. Parmi ces
substances, on peut trouver des éléments qui ne causent que des désagréments pour
l'usager mais d'autres peuvent avoir une incidence sur la santé.

 Les paramètres concernant les substances à effets toxiques connus


Les normes fixées sont sensiblement inférieures aux seuils considérés comme
acceptables en toxicologie, c'est pourquoi les teneurs tolérées sont extrêmement
faibles. Ces paramètres concernent le plomb et le chrome entre autres.

 Les paramètres microbiologiques :


L'eau ne doit pas contenir de bactéries ou de virus pathogènes. Par contre, les germes
banals y sont admis mais en faible quantité, en effet, puisque l'eau est un milieu
vivant, une vie bactérienne inoffensive et limitée y est normale.

 Les pesticides et produits apparents :


Beaucoup de substances appartiennent à cette catégorie ; leur présence dans l'eau est
limitée à de très petites quantités.

 Les paramètres concernant les eaux adoucies ou déminéralisées :


Les eaux adoucies ou déminéralisées doivent tout de même contenir une teneur
minimale en calcium ou en magnésium (pour la dureté) et en carbonate ou en
bicarbonate (pour l’alcalinité).

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3.3 – Réglementation Algérienne


Paramètres de qualité de l’eau de consommation humaine
Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire (Alger, le 17
Rabie Ethani 1432 correspondant au 22 mars 2011).

Tableau 1 : PARAMETRES AVEC VALEURS LIMITES

GROUPE DE PARAMETRES PARAMETRES UNITES VALEURS LIMITES


Aluminium mg/l 0,2
Ammonium mg/l 0,5
Baryum mg/l 0,7
Bore mg/l 1
Fer total mg/l 0,3
Fluorures mg/l 1,5
Manganèse g/l 50
Nitrates mg/l 50
Nitrites mg/l 0,2
Oxydabilité mg/l O2 5
Phosphore mg/l 5
Acrylamide g/l 0,5
Paramètres chimiques
Antimoine g/l 20
Argent g/l 100
Arsenic g/l 10
Cadmium g/l 3
Chrome total g/l 50
Cuivre mg/l 2
Cyanure g/l 70
Mercure g/l 6
Nickel g/l 70
Plomb g/l 10
Sélénium g/l 10
Zinc mg/l 5

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GROUPE DE PARAMETRES PARAMETRES UNITES VALEURS LIMITES


Hydrocarbures polycycliques g/l 0,2
aromatiques
(H.P.A) totaux
fluoranthène,
benzo (3,4) fluoranthène,
benzo (11,12) fluoranthène,
benzo (3,4) pyrene,
benzo (1,12) pérylène,
indéno (1 ,2,3-cd) pyrène.
benzo (3,4) pyrène g/l 0,01
Hydrocarbures dissous ou g/l 10
émulsionnés extraits au CCI4
Phénols g/l 0,5
Benzène g/l 10
Toluène g/l 700
Ethylbenzène g/l 300
Xylènes g/l 500
Styrène g/l 100
Agents de surface réagissant au mg/l 0,2
bleu de méthylène
Paramètres chimiques
Epychlorehydrine g/l 0,4
Microcystine LR g/l 0,1
Pesticides par substance
individualisée
- Insecticides organochlorés
persistants, organophosphorés
et carbamates, les herbicides,
les fongicides, les P.C.B. et g/l 0,1
PC.T

à l'exception de aldrine et
dieldrine 0,03
Pesticides (Totaux) g/l 0,5
Bromates g/l 10
Chlore mg/l 5
Chlorite mg/l 0,07
Trihalométhanes (THM) (Total)
Chloroforme, Bromoforme, g/l 100
Dibromochlorométhane,
Bromodichlorométhane

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GROUPE DE PARAMETRES PARAMETRES UNITES VALEURS LIMITES

Paramètres chimiques (suite)Chlorure de vinyle g/l 0,3


1,2 - Dichloroéthane g/l 30
1,2 - Dichlorobenzène g/l 1000
1,4 - Dichlorobenzène g/l 300
Trichloroéthylène g/l 20
Tetrachloroéthylène g/l 40
Radionucléides Particules alpha Picocurie/l 15
Particules béta Millirems/an 4
Tritium Bequerel/l 100
Uranium g/l 15
Dose totale indicative (DTI) (mSv/an) 0,1
Paramètres microbiologiques Escherichia Coli n/100ml 0
Entérocoques n/100ml 0
Bactéries sulfitoréductices y
compris les spores n/20ml 0

Tableau 2 : PARAMETRES AVEC VALEURS INDICATIVES

VALEURS
GROUPE DE PARAMETRES PARAMETRES UNITES
INDICATIVES
Couleur mg/l Platine 15
Paramètres organoleptiques
Turbidité NTU 5
Odeur à 12°C Taux dilution 4
Saveur à 25°C Taux dilution 4
Alcalinité mg/l en CaC03 500
Calcium mg/l en CaC03 200
Chlorures mg/l 500
Concentration en Unité pH ≥ 6,5 e t ≤ 9
ions hydrogène
Conductivité à 20°C S/cm 2800
Dureté mg/l en CaC03 200
Potassium mg/l 12
Résidu sec mg/l 1500
Sodium mg/l 200
Sulfates mg/l 400
Température °C 25

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