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Histoire

de la
musique Occidentale :
Par François Meulemans, Mona Miodezzky,
1er semestre 2018

Questions :

-
Questions (1à 6)

1) A quoi servait la pratique de la musique dans l’Antiquité grecque?


(fonction de culte/ fonction éducative et sociale/ relation à la danse et à la littérature/
virtuosité).

Instruments et voix se mêlent dans le culte des dieux et diverses occasions de la vie mondaine et
privée. Les instruments les plus nobles sont à cordes, comme la lyre et la cithare ou en grec
“Kithara” ( c’est l’origine du mot “guitare”). Mais “l’aulos” (instrument à anches à double tuyau) a
eu aussi beaucoup de succès. La voix est aussi privilégiée. Dès l’époque du grand Homère, l’auteur
de l’Iliade et l’Odyssée ( 8e siècle av JC), la poésie amoureuse devient chant lyrique ou lyrisme
(accompagné sur la lyre). Au 5ie siècle av JC se développe le genre de tragédie théâ trale où la
musique est très présente (ce genre inspirera l’opéra en Occident).

Plus largement, sous la splendeur d’Athènes, la musique fait partie de l’éducation du bon citoyen.
C’est avec le déclin de l’époque hellénistique (après -300) que triomphe le professionnalisme
virtuose ou le virtuosisme. La musique grecque semble avoir toujours été monodique. Par contre
elle était le plus souvent intimement liée à la danse et la poésie.

Dans l’idéalisme de Platon (428 -348 av JC) dont la conception de la musique théorisée porte sur
l’objectivité, le beau le vrai et le Bon sont indissolublement liés. On imagine aisément à partir de là
que la musique intervient dans l’éducation éthique du citoyen. Prenons un cas concret: le
diatonisme (Système qui procède par tons et demi-tons consécutifs) sera considéré comme le
système le plus “sain”. Les échelles musicales ( les “modes”) seront chacune liées à certaines
vertus. Il convient donc de les utiliser en connaissance de cause, sinon, l’homme -comme l’apprenti
sorcier- risque d’être dépassé par la puissance de la musique. Ce courant de pensée moralisateur
et idéaliste qui explique pourquoi la musique trouve une place si importante dans la formation du
jeune adolescent à Athènes, par exemple, fut parfois contesté par certains qui estimaient déjà dans
l’Antiquité que la musique était plutô t un art de la performance ou le savoir-faire et l’oreille valent
plus que les normes idéales.

2) Dans la civilisation grecque et sa mythologie, certains instruments ont un pouvoir divin,


expliquez.

Ex: la flute de pan:

Pan et Syrinx

Une rapide relecture de l’association de Pan et de Syrinx ( Syrinx = dénomination de la flû te de


pan grecque) montrera que le mythe s’est construit en exploitant le potentiel symbolique originel.
Nous comprendrons alors toute la pertinence de ce couple indissociable au service de la
prospérité des bergers.

Dès le VIIIème siècle avant J.C., un hymne homérique, rapportant une légende plus ancienne, fait
de Hermès l’inventeur de la flû te de Pan .

Un deuxième mythe, plus récent, fait de Pan lui-même l’inventeur de sa flû te : en Arcadie, petite
province grecque d’économie pastorale au centre du Péloponèse, Pan assume le rô le de favoriser
la fertilité des troupeaux. Mais Pan est effrayant et obscène, son érotisme est brutal. Son
apparition déclenche la panique. Il est amoureux de la nymphe Syrinx mais celle-ci préférera se
jeter dans le fleuve Ladon plutô t que de lui céder. A l’endroit où elle disparut poussèrent des
roseaux bruissant sous le vent. L’infortuné Pan en assembla quelques uns et se consola avec cette
flû te qu’il baptisa Syrinx. (le prof dit qu’elle se transforma en roseau)

La grâ ce de Syrinx est désormais entre ses mains, son souffle la fait revivre. D’ailleurs, comment
comprendre la déclaration de Pindare " Pan distille son propre miel " si Pan n’était transcendé par
Syrinx. Au Ve siècle avant J.C., Syrinx est définitivement un attribut du dieu Pan et celui-ci va
maintenant connaître une grande renommée, dépassant largement les frontières de l’Arcadie.

Les vertus symboliques originelles de la flû te de Pan s’expriment pleinement dans ce mythe. En
effet, toutes les flû tes peuvent favoriser les hyménées pastoraux mais, seule, la flû te
polycalame(synonime) a ce pouvoir de rassembler, si nécessaire au dieu Pan. Syrinx, s’opposant à
la panique et plus fort qu’elle, apporte un équilibre indispensable à la fonction de Pan. Par ailleurs,
il faut ajouter que les nymphes étaient aussi associées aux naissances. Voilà qui garantit un peu
plus la fertilité des troupeaux.

Plus tard, Platon écrira : " Il te reste la lyre et la cithare, utiles à la ville, aux champs, les bergers
auront la Syrinx ". On comprend que la nymphe est puissante en son domaine mais que le charme
n’opère pas dans la Cité. Platon ne se trompait pas, la flû te de Pan va être durablement associée au
monde pastoral. Mais ce qu’il faut aussi comprendre, c’est que la charge symbolique sera moins
prégnante dès lors que la flû te sera éloignée de son milieu originel.

3) Décrivez les conceptions musicales de Pythagore et leurs enjeux dans la recherche de


justesse sonore (jusqu'à aujourd'hui).

On attribue à Pythagore ( 6ie siècle avant JC) la découverte des proportions mathématiques entre
les sons. Selon la légende le philosophe-sage grec en aurait eu la révélation en entendant des
forgerons marteler sur leur enclume, de taille différente. De nos jours ( depuis le développement
de l’acoustique aux 17e et 18e siècles), nous expliquons la hauteur des sons de manières physique,
en mesurant leurs vibrations oscillant de manière plus ou moins rapide. Mais Pythagore s’en tient
au constat mathématique qu’on peut facilement vérifier à partir d’une corde. Si l’on divise une
corde en deux, sa moitié produit le son de l’octave. Ses ⅔ donnent la quinte; le rapport de ¾
produit la quarte. Pythagore a construit toute la gamme par échelle des quintes. ( A privilégié le
cycle de quintes pour des raisons mystiques et non scientifiques!)
Il s’était déjà rendu compte que les sons enharmoniques ne s’équivalent pas à moins d’utiliser
notre approximation grossière adoptée sur les claviers de pianos (“le tempérament égal”)
Il a aussi déjà perçu le problème de la tierce naturelle qui n’équivaut pas exactement à deux tons
entiers. A cause de lui considérée comme intervalle imparfaite pendant tout le Moyen Age en
Europe, à l’époque où sa doctrine n’a jamais été remise en cause.
Pour pythagore tout est nombre et les nombres élémentaires qui président aux intervalles
musicaux fondamentaux (unisson, octave, quinte, quarte) se retrouvent dans tout l’univers: Le
Cosmos est donc musical…
Les planètes elles-mêmes dont les mouvements sont réglés forment une harmonie musicale. S’ils
veut atteindre la justesse, l’homme doit se soumettre à l’objectivité mathématique de l’harmonie
universelle plutô t que de juger selon son oreille subjective.
→ Rejoint le mythe d'Apollon.
Prolongée dans l’idéalisme de Platon, cette conception de la musique est donc centrée sur une
théorisation et comporte une dimension morale et éducative.
Pas basé sur le phénomène sensible du son ( matière = illusion / jouissance matérielle trompeuse)
mais sur le système “canonique” qui préside aux consonances (canon= littéralement : règle , loi).

4) Les Grecs ont inventé des systèmes de notation musicale. Reste-t’il suffisamment de
vestiges fiables qui nous permettent aujourd’hui de reconstituer leur musique?

Bien que d’autres civilisations qui disposaient d’un système d’écriture (en Mésopotamie dès
-2000 av JC par exemple) ont sans doute eu une écriture musicale cunéiforme, le plus ancien
extrait de musique antique entièrement lisible qui nous soit conservé est un témoignage grec.
On y retrouve des indications de hauteurs ( lettres en alphabet ionien ), et de rythme au dessus
d’un texte. Il s’agit d’une épitaphe sur une stèle en pierre retrouvée près d’Ephèse. On le retrouve
maintenant conservé au musée de Copenhaege.
Le chant en hommage au défunt Seikilos parle de la fragilité du temps. Chez les Grecs la musique
est intimement liée à la mémoire.

Il y a malheureusement très peu d’autres vestiges d’extraits de musique grecque qui ont été
retrouvés. Ils sont très tardifs. Il n’y a même pas de quoi faire un CD.
Mais on connaît d’autres aspects de la pratique musicale grecque grâ ce à des écrits littéraires ou
théoriques, et aussi toute une iconographie ( sculptures, peintures sur vases etc).

Contexte:
On parle d’une culture qui a culminé aux 5ème et 4ème siècles avant notre ère. Culture reconnue
pour sa puissance guerrière mais aussi pour ses avancées scientifiques, sa philosophie (sagesse
interrogeant le mystère humain), et un “canon” de beauté sublimant toute animalité, même dans
la nudité.

5) La civilisation grecque ancienne a fortement conditionné la culture en Occident. Sur le


plan esthétique, quels sont les aspects de leur héritage qui vous paraissent avoir encore
une actualité et pourquoi?

C’est surtout la conception de la musique chez les Grecs qui a influencé par la suite l’Occident
(pensez simplement à l'étymologie du mot “musique”).
Ces deux aspects sont développés par les Grecs:
1. Le mérite durable de la culture esthétique grecque est d’avoir jeté un pont entre les
musiques plus primitives (de conception magique) et notre tradition occidentale fortement
rationalisée. Enchanteur et immatériel, le son relie l’être humain au divin comme en
témoignent de nombreuses fables de la mythologie.
2. Mais la juste proportion entre les sons ouvre également à la connaissance de l’ordre
cosmique, dont les lois ont quelque chose de scientifique.

(La musique chez les grecques a une réelle puissance sacrée: elle est invention des dieux.
A l’image des dieux les humains sont tiraillés entre deux versants:
>< La musique primitive “dionysiaque” incarne l’ivresse du dieu Dionysos: musique instinctive,
expressive, celle qui sort des tripes, jusqu’à l’orgie et la transe libératrice (catharsis).
>< musique Apollinienne incarne le dieu Apollon, pasteur des troupeaux paisibles, poète et
musicien, meneur des Muses: Beauté de la mesure, satisfaction de la belle forme et de la maîtrise.)

6) La civilisation romaine a-t’elle cultivé la musique?

Contexte:
Au 2ieme siècle av. JC, les romains conquièrent la Grèce.

Pas grand chose à dire au niveau de la musique chez les romains. Plus au niveau de leur
ingéniosité militaire, juridique (droit romain) et architecturale mais
Dans les domaines de la haute culture les Latins ont copié les Grecs.

Ex: Théoricien latin Boèce (480-524) qui dans ses oeuvres (Consolation de Philosophie) a
transmis la logique aristotélicienne en Occident. Résumés compilés de toute la pensée antique
Grecque en latin.
Les romains ont assimilé la mythologie des grecs. Les conceptions pythagoricienne de la musique
a été partiellement assimilée par les intellectuels latins et ensuite aménagée par le christianisme
et ainsi transmise en Occident. Longtemps en occident la musique sera considérée comme une
discipline mathématique.

7) Pourquoi parle-t-on de « théocentrisme » pour désigner la culture du Moyen Âge (avec ses
hauts et ses bas) ? Quelles implications cela a-t-il sur la musique ?

-Théocentrisme :

La société du Moyen Age (V-XVe s.) est théocentriste car organisée autour de la religion : primat de
l'Eglise catholique latine, et pouvoir politique légitimé par le pouvoir religieux. L'Eglise assume un rôle
de domination par l'effort d'expansion de sa civilisation.
En conséquence, la culture médiévale elle-même est théocentriste. Le christianisme imprègne chaque
aspect de la vie en commun, et les structures catholiques maintiennent voire monopolisent un niveau
culturel nourri de recherche spirituelle, assurant ainsi la sauvegarde de la culture, notamment grâce au
monachisme.
La culture savante et écrite reste l'apanage des clercs et est marquée par une vision religieuse de
l'humain. Les intellectuels et artistes sont donc, pour la plupart, des clercs. La philosophie, par exemple,
se manifeste à cette période sous la forme de réflexions sur Dieu et sur la conciliation entre foi et raison.
Le théocentrisme médiéval est donc à double face : d'un côté, répression des idées, notamment
scientifiques, contraires au dogme chrétien et soumission à des règles strictes édictées par les autorités
ecclésiastiques ; de l'autre, un investissement conséquent dans des formes culturelles riches.

- Implications musicales :

Les implications musicales de ce théocentrisme sont diverses.


-En premier lieu, la musique se joue principalement lors des offices religieux. Le plus caractéristique
parmi eux de la liturgie chrétienne est la messe, dont l'Ordinaire a inspiré de nombreuses compositions
sous forme de Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus et qui seront repris dans toute l'histoire de la
musique sous la forme du cycle musical de la « messe ».

-Deuxièmement, l'éducation musicale, réservée aux clercs, se fait par le chant sacré. Dans la cosmologie
théocentriste, la voix humaine, don divin, est la seule adéquate pour louer Dieu et a donc le primat sur
les autres instruments, inventions de l'homme singeant la création divine, dans un élan éventuellement
diabolique.
Cela se marque par la quantité de chants traditionnels de l'Eglise latine (chant grégorien) à une voix
(monodie). La mélodie, anonyme, est conçue comme ornement du texte de prière, primordial et sacré.
Le chant grégorien symbolise donc la tradition conservatrice des textes sacrés.

Le chant monodique évoluera dans la seconde partie du Moyen Age (12e siècle) pour devenir
polyphonique : un cantus firmus (« chant stable), mélodie traditionnelle chantée en valeurs longues, et
une ornementation brodée.
Le cantus firmus exprime la solidité du message sacré par ses valeurs longues, tel un pilier de la foi que
la voix libre peut commenter.

- Troisèmement, la musique doit se faire le miroir de la beauté de la création et du Créateur. Les


mélodies sont alors doublées selon des principes pythagoriciens stricts : à l'octave, la quinte ou la quarte,
seules consonances parfaites admises tout au long du Moyen Âge. Le triton, intervalle d'une quarte
augmentée ou d'une quinte diminuée, est interdit à cause de la dissonance extrême qu'il induit pour une
oreille médiévale, dissonance interprétée comme une expression diabolique.

-Une autre conséquence du théocentrisme de la culture médiévale est l'anonymat du compositeur :


l'artiste travaille pour la gloire de Dieu et au service de la collectivité, dans un acte de piété. La musique
doit refléter la beauté de la création et l'ordre du monde, non l'expression de sentiments humains
individuels.
A la fin du Moyen Âge, le théocentrisme cède progressivement sa place à l'anthropocentrisme,
caractéristique de la Renaissance ; l'individualité de l'artiste et l'importance de sa signature s'affirmeront.
Le développement de la notation musicale et de la polyphonie comme art d'organisation musicale écrite
laissent place à la figure du savant-compositeur.

8) Quelles sont les origines du répertoire du « chant grégorien » en latin ? Comment sa Tradition
s'est-elle imposée en Occident depuis des siècles ?

⁃ Le répertoire du chant grégorien aurait été inventé au 5e siècle par Saint Grégoire. Mais il est en réalité
une invention collective remontant aux premiers siècles du christianisme et progressivement enrichie par
traditions orales. Ce n'est qu'au 9e s. que ses mélodies commencent à être notées.
⁃ 1 au 5e s : christianisme clandestin et persécuté. Chant réduit à mélopées (forme de récitation chantée
autour de quelques notes) pour l'incantation/cantillation des textes sacrées et la psalmodie (chant des
psaumes). Existent quelques hymnes sur textes libres.
⁃ Reconnaissance par l'Empire Romain (313 : Edit de Milan de l'Empereur Constantin) , l'Eglise s'impose
et développe sa culture. Un chant plus virtuose et recherché, confié à des spécialistes (la schola
cantorum, petit choeur) est encouragé par l'influence de Saint Augstin, pour qui la Beauté peut être mise
au service de la prière. La liturgie latine s'organise tout en connaissant des variantes régionales
⁃ (chant milanais et vieux romain en Italie ; hispanique en Espagne ; gallican en Gaule).
⁃ 9e s : Renouveau carolingien (développent d'un enseignement structuré avec Charlemagne). Souhait de
standardisation musicale dicté par préoccupations politiques. La tradition du chant vieux romain est
imposée partout en Occident. Création du mythe de l'invention du chant par le Pape Grégoire (inspiré
par le Saint-Esprit) pour le faire accepter. Développement de la notation musicale pour fixer le
répertoire. Le chant grégorien est chanté dans églises, collégiales et cathédrales, et surtout dans les
abbayes.
⁃ Chanté lors de la messe, rite de commémoration du sacrifice du Christ et office le plus caractéristique de
la liturgie chrétienne. Sa codification dirige le développement du répertoire du chant grégorien.
⁃ La célébration de la messe comprend :
⁃ Le Propre (prières variant au jour le jour : Introït, Graduel, Alleluia..)
⁃ L'Ordinaire : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus.
⁃ Chants ornés : caractère festif de la messe selon le « Temps » liturgique.
⁃ Moines : se retrouvent en communauté pour prier les offices des Heures (Matines, Laudes, Vêpres,
Complies) : style simple et monocorde renvoyant à pratique plus ancienne.

⁃ Répertoire en latin, monodique, diatonique et modal.
⁃ 4 familles de modes grégoriens :
⁃ Protus (= dorien)
⁃ Deuterus (= phrygien)
⁃ Tritus (=lydien)
⁃ Tetrardus (= mixolydien)
⁃ (influence de la théorie grecque mais pratique différente)
⁃ Chaque mode peut être soit authente (mélodie au dessus de la tonique) ou plagal (mélodie autour de la
tonique). => Huit modes ecclésiastiques
⁃ P. ex : Protus authente = dorien ; Protus plagal = hypodorien.
⁃ Peut être syllabique (une note par syllabique) ou mélismatique (vocalises).
⁃ Antiphonique (opposition de deux groupes) ou responsorial (« call & response »)
⁃ Ambitus limité, mélodie par degrés conjoints (peu de sauts, en général quinte)
⁃ Tracé mélodique est phraséologique (phrases s'élancent, culminent, retombent)
⁃ Rythme selon principes d'accentuation latine. Ne semble pas reposer sur régularité périodique => plain-
chant

⁃ Standardisé à l'époque romane mais nouveaux développements au Bas Moyen Âge : a été glosé  : textes
ajoutés sous vocalises, amplifications, embellissements divers. = tropes
⁃ La tradition du chant grégorien s'est parfois laissée contaminer par les influences (accompagnement à
l'orgue, placement de sensibles).

9) À partir du 12ème siècle (un siècle de renouveau en occident), se développent des


monodies poétiques profanes. Quels en sont les caractéristiques et les principaux
représentant?

Répertoire modale (comme le chant grégorien) qui n’exclut pas l’usage d’instruments, la musique
profane est produite par des chanteurs et poètes de « l’amour courtois » chevaleresque. Ces
musiciens sont à la fois auteurs-compositeurs-interprètes de texte et de mélodie.
Leur art se développe en France en plusieurs étapes :
12ième siècle au Sud de la Loire les troubadours s’expriment en langue d’Oc*. (Rudel, Bernard de
Ventadour, Béatriz de Dié) (CD7-9)
Un demi siècle plus tard, le Nord de la Loire devient culturellement dominant, les trouvères s’y
exprime en langue d’Oïl*. (Chrétien de Troyes, Marie de France, Richard Cœur de Lion, au 13ième
Adam de la Halle) (CD10)
Dans les pays germaniques il y a un peu la même évolution influencée indirectement par les
français :
Les Minnesänger (Exemple : Walter von der Vogelweide, Tannhä user) puis les Meistersinger au
15-16ième siècle à Nuremberg (Exemple: Hans Sachs).
Il y a aussi les chants profanes latins de moines itinérants parfois bouffons (« goliards »)

* : « Oc » et « Oïl » sont deux manières de dire « Oui ». « Oc » au Sud de la Loire et « Oïl » au Nord
de la Loire.

10) Comment se développe la polyphonie religieuse à l’époque de l’Art roman (techniques


d’organum) ?

La polyphonie Romane est désignée en latin comme « organum » (chant organisé )


Au 9ième siècle on utilise une Polyphonie parallèle (« organum parallèle ») : les mélodies
grégoriennes sont doublées à l’octave, la quinte ou à la quarte (CD 11).
Vers 1100 le chant grégorien est contrepointé par une seconde voix en mouvement contraire
(technique du « déchant ») la voix qui tient le chant grégorien est généralement plus grave et
s’appelle ténor (teneur en français) sur la teneur ralentie chantée par le choeur (cantus firmus), une
seconde voix (soliste) se livre à un contrechant mélodique avec ornement. On parle d’organum à
vocalises, d’organum fleuri ou mélismatique. (CD14)
Pendant des siècles les chanteurs d’église sont formés à savoir improviser des contrechants par
mouvement contraires et des ornements. Avec le temps cet art se prépare de plus en plus par
écrit. De nombreux manuscrit de polyphonie qui témoigne de cette époque subsiste en Aquitaine,
Sud de la France, et au Nord de l’Espagne.

11) En quoi les techniques de polyphonie se perfectionnent-elles à l’époque où fleurit le


style gothique ? (progrès de coordination rythmique à l’époque de Notre Dame de Paris/
Ars Antiqua/ Ars Nova/ Trecento/ Ars subtilior) :

Du 12e au 15e siècle, l’esthétique Gothique va se développer en France. Epoque où l’écriture


devient de plus en plus importante, on crée la notation musical rythmique, mesurant les temps et
donnant une valeur aux notes pour mieux ordonner les voix.
Fin 12es et 13es, Période appelée ‘Ars Antiqua’. Création de la cathédrale Notre Dame de Paris,
emblème de l’art gothique, dont les principaux écrivains sont Leonin et Perotin. Lieu central de
l’évolution de la « polyphonie primitive » des organum par mouvements contraires (contre-chant
supérieur), l’introduction d’une réelle notation rythmique, dite ‘mensuraliste’ (valeur des notes), les
motets de l’Ars Antiqua (textes), etc.
Puis au 14es, c’est ‘l’Ars Nova’ (1322), où les progrès de la notation rythmique iront jusqu'à une
notation proche de celle de nos jours. Grace à Philippe de Vitry les notes et les silences sont
mesurés, hiérarchisés, binaires, ternaires, composés, donnants plus de possibilités pour les
coordinations de voix, qui utilisent désormais les syncopes, hoquets, isorythmies,
rétrogradations, cadences sensibles, etc. Ainsi, l’époque de l’Ars Nova donne le jour à « la
Messe de Notre Dame » de Guillaume de Machaut (1300-1377), compteur de motets qui apporte le
premier « cycle » de messe Polyphonique.
En Italie, Parallèlement durant le début du 14es, inspiré de la révolution polyphonique Française
une école polyphonique surtout profane se développe, Trecento, dont Landini ( ?-1397) sera le plus
illustre compositeur. Ici c’est la virtuosité lyrique dans les madrigaux et les ballatas, non basés
sur les chants grégoriens.
En Angleterre, même période, la polyphonie dans les cathédrales est calqué sur le modèle Français
mais avec une particularité : l’utilisation de tierces et sixtes parallèles. Figure de proue, John
Dunstable (1380-1453), compositeur contemporain du style gothique « perpendiculaire » Anglais.
Fin du 14es, l’Ars Subtilior est la réaction à l’Ars Nova, un maniérisme savant et expérimentale, ira
plus loin dans les exploitations de la polyphonie avec le chromatisme, plus de complexité
rythmiques dans les écrits et plus de syncopes.

12) Citez 5 instruments couramment utilisés au M-Â dans la musique profane :

Luth, harpe/harpe gothique, lyre, vièle à roue, psaltérion, vièle, galoubet ou flû te, tambour,
portatif, crwth,…

Termes à expliquer :
Légende :
a.c.n. = Ante Christum Natum —> avant
p.c.n = Post Christum Natum —> après

Chute de l'empire romain : l'Empire romain, créé en 27ACN par Octave devenu Auguste, décline dès
le 3e siècle PCN, traversé par les faiblesses économiques, les pressions germaniques et l'influence
croissante de la religion chrétienne. Au 5e siècle, il est divisé entre l'Empire Romain d'Orient, dont la
capitale est Byzance-Constantinople et qui survivra jusqu'en 1453, et l'Empire Romain d'Occident.
Rome y est alors assiégée par les Wisigoths, les Vandales et les Hérules, dont le chef Odoacre déposa en
476 le dernier empereur romain.

Invasions au Moyen Age : Le Moyen Age (476-1453) est traversé par les périodes d'instabilité que sont
les invasions franques, anglo-saxonnes, scandinaves, omeyyades musulmanes.

Renouveau carolingien : Au 9e siècle, période de renaissance de la culture sous les Empereurs


carolingiens, notamment Charlemagne, Louis le Pieux et Charles le Chauve. C'est la première période
de renouveau culturel majeur au Moyen Age, avec notamment le développement d'un enseignement
structuré sous l'influence de Charlemagne, la redécouverte du latin, la sauvegarde d'auteurs classiques et
la promotion des arts libéraux.

Renouveau du 12e siècle : Période de renaissance médiévale et de profondes transformations des


structures culturelles de la chrétienté, dans un contexte de prospérité économique et de renouveau
politique. Les traductions des textes d'Aristote et de ses commentateurs musulmans depuis le grec et
l'arabe, le fleurissement des écoles urbaines, l'essor du droit, de la scolastique et des disciplines
scientifiques, le développement de la littérature courtoise et la naissance de l'art gothique sont des signes
de l'essor intellectuel de l'époque.

Culture cléricale médiévale : Au Moyen Age, les structures catholiques maintiennent voire
monopolisent un niveau culturel nourri de recherche spirituelle, assurant ainsi la sauvegarde de la
culture, notamment grâce au monachisme. La culture savante et écrite reste l'apanage des clercs et est
marquée par une vision religieuse de l'humain. Les intellectuels et artistes sont donc, pour la plupart, des
clercs.

Esthétique de la Renaissance : L'esthétique de la Renaissance est tributaire du passage du


théocentrisme à l'anthropocentrisme. Elle se caractérise par la recherche d'une juste mesure
proportionnée et d'idéal harmonieux et homogène, un désir de dépasser les a priori médiévaux sur base
de l'expérience, dans une valorisation du jugement esthétique humain. En musique, cela passe
notamment par la recherche d'une musique agréable pour l'oreille, « digne de l'audition ». En témoigne
l'ajout de la tierce (majeur ou mineure) aux accords, alors que le Moyen Age privilégiait les accords
d'octave, quarte ou quinte aux consonances considérées plus idéalement harmonieuses, loin des
jugements trop terrestres de l'oreille du pécheur humain.

Humanisme & anthropocentrisme : Mouvements de pensée de la Renaissance (14e-15e s.) Au Moyen


Agee-, la société et la culture se caractérisaient par un théocentrisme où le critère de beauté et de validité
est Dieu et le dogme chrétien. A la Renaissance, dans une résurgence des idées Antiques la place de
l'être humain dans le monde et l'histoire se modifie. L'humain devient la mesure de toute chose,
l'individualisme se développe, la perspective de l'observateur devient la norme dans l'art pictural, les
humanistes valorisent l'homme libre tempérant ses instincts par sa sagesse, la Réforme privilégie un
rapport spirituel individuel à Dieu, la scientificité se développe en privilégiant l'observation sur le
principe d'autorité.

Esthétique de l'époque baroque : L'esthétique baroque se caractérise par sa recherche d'expressivité et


de contraste. Vers 1600 s'opèrent dans le Nord de l'Italie des révolutions musicales déterminantes. La
musique renonce à une pureté idéal de la conception polyphonique et sa recherche d'équilibre, pour
épouser les conflits des passions humaines individuelles et le chatoiement concret des timbres. Elle
deviendra de plus en plus théâtrale, concertante et virtuose, dans une recherche de variété de couleurs et
de contrastes (tel que le clair-obscur pictural), ainsi que d'un style maniéré. L'adjectif barocco signifie
petite perle irrégulière et montre cette recherche d'expressionnisme excentrique, contre l'esthétique trop
parfaite de la Renaissance.

Siècle des Lumières : Mouvement littéraire, philosophique et culturel européen du 18e siècle illustré
par des auteurs tels que Goethe, Kant, Voltaire ou Diderot, et qui se donna comme but de promouvoir
les connaissances et de lutter contre l'obscurantisme, l'intolérance et les abus des Eglises et des Etats au
nom de la Raison. « Les Lumières » promeuvent ainsi le progrès scientifique, la séparation de l'Eglise et
de l'Etat, la tolérance et la liberté individuelle.

Lyre : Instrument de musique à cordes pincées de la Grèce antique, similaire à une harpe, associé au
culte d'Apollon. Après avoir été récitée en chant solo dès l'époque d'Homère (8e s.) la poésie devient à
l'époque de Sappho (6e s.) lyrisme ou chant lyrique, poésie amoureuse accompagnée sur la lyre. Le lyre,
comme la cithare et les instruments à cordes en général, est considérée comme noble et bien
proportionnée.

Cithare : Instrument de musique à cordes pincées de la Grèce antique, associé au culte d'Apollon et
proche de la lyre, et dont le nom grec « kithara  » se retrouve dans le mot « guitare ». La cithare, comme
la lyre et les instruments à corde en général, est considérée comme noble et bien proportionnée.

Aulos : Instrument à vent de la Grèce antique, qui se présente comme un instrument à anche à double
tuyau et se retrouve dans les cultes des dieux et les rites de la Cité. Par rapport aux instruments à cordes
bien proportionnés comme la lyre ou la cithare, l'aulos représente pour les Grecs une sonorité triviale,
associée à la civilisation phrygienne.

Apollon musagète : Dieu grec (fils de Zeus) incarnant la divinité solaire de la lumière, la beauté
ordonnée, la vérité, l'interprétation des rêves et la médecine. Pasteur de troupeaux paisibles, poète et
musicien, il s'accompagne de la lyre ou la cithare et mène les neuf Muses. Il incarne en musique la
beauté de la mesure, la satisfaction de la belle forme et de la maîtrise, contre la musique instinctive,
expressive et cathartique de Dionysos. L'opposition entre monde apollinien et monde dionysiaque a
alimenté toute la tradition occidentale, notamment en peinture et en musique.

Dionysos : Dieu des forces primitives, de la nature féconde, de la chasse, des vignes et du vin dans la
Grèce antique (fils de Zeus et d'une mortelle). Dieu errant entouré par des satyres et n'habitant pas sur
l'Olympe, il représente l'altérité. Dieu du théâtre tragique, il incarne la musique exaltée, instinctive,
expressive et cathartique, faisant intervenir percussions et instruments à vents comme l'aulos. Il s'oppose
ainsi à la musique d'Apollon musagète qui est celle de la beauté de la mesure, de la satisfaction de la
belle forme et de la maîtrise. L'opposition entre monde apollinien et monde dionysiaque a alimenté toute
la tradition occidentale, notamment en peinture et en musique.

Pan : Satyre (faune aux pieds de bouc), compagnon (voire fils selon certaines légendes) du Dieu du vin
Dionysos, connu pour ses relations avec des nymphes comme Echo ou Syrinx. Un récit célèbre relate la
joute musicale entre lui et Apollon, arbitrée par le roi Midas qu'Apollon punit d'avoir préféré son rival
en l'affublant d'oreilles d'âne.

Midas : Roi mythologique grec, arbitre malheureux de la joute musicale entre Pan et Apollon, puni
par ce dernier d'avoir préféré son rival en l'affublant d'oreilles d'â ne.

Homère et aèdes : Aède : Chanteur poète professionel qui chante en solo les poésies épiques et
les épopées racontant les actions merveilleuses de héros.
Homère (8ième siècle a.c.n) est un poète légendaire grec, auteur de « l’Iliade «  et de « l’Odyssée ».

Sappho & lyrisme : Lyrisme : Poésie amoureuse chantée et accompagnée à la lyre (chant lyrique).
Sappho (6ième siècle a.c.n) est la plus célèbre poétesse lyrique.
Euripide & Tragédie : La tragédie théâ trale, pièce ou la musique et le théâ tre se mêlent. La
tragédie inspirera l’opéra en occident. Un des 3 grands tragiques grecs est Euripide (5ième siècle
a.c.n.).

Hymne : dans la tradition chrétienne, chant à la louange de Dieu.

Pythagore : Mathématicien grec (6ième siècle a.c.n). On lui attribue la découverte des proportions
mathématiques entre les sons.

Proportions d’octave, quinte, quarte : Si l’on divise une corde en deux, sa moitié produit le son
de l’octave, ses 2/3 la quinte ; le rapport 3/4 produit la quarte.

Harmonie du cosmos ou musique des sphères : Théorie Pythagoricienne, fondée sur l’idée que
l’univers est régi par des rapports numériques harmonieux, et que les distances entre les planètes
(dans la représentation géocentrique de l’univers) sont réparties selon des proportions musicales.

Tempérament : Tempérer, en musique, signifie qu’on amenuise certains intervalles pour arriver
en général à la division de l’octave en 12 intervalles. On utilise « un tempérament égal » mais du
16ième au 18ième on a utilisé des « tempéraments inégaux ».

Cantillation et Psalmodie : Cantillation (prononciation de la hauteur musicale des voyelles de


chaque mot d’un verset d’un texte sacré) Psalmodie (Technique vocale consistant à réciter un
texte sur une unique note

Roi David : Personnage de la bible juive, deuxième roi d’Israël au 10e s. ACN. Les 150 psaumes de
la Bible juive, recueil de prières poétiques repris par les chrétiens lui ont longtemps été attribués.

Chant (grégorien) responsorial, antiphonique et mélismatique : Antiphonique (opposition de


deux groupes); Responsorial (alternance soliste-assemblée); Mélismatique (vocalises)

« Office des heures » : moments de la journée ou les moines se retrouvent en communauté pour
prier (les Matines, les Laudes, les Vêpres, les Complies)

Messe (Ordinaire et propre) : La messe est l’office le plus caractéristique de la liturgie


chrétienne. Elle contient le Propre (ensemble des prières qui changent tous les jours. Ex:Alleluia,
Introït,...) et « L’Ordinaire » (ensembles de prières invariables Ex: Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus,
Agnus)

Huit modes médiévaux :Le répertoire des chants grégoriens (toujours en latin) est toujours
simplement monodique. Il est diatonique et “modal” c’est à dire qu’il utilise des échelles (ou
gammes) plus nombreuses que nos gammes majeure et mineur. C’est la variété des “modes” qui
confèrent aux divers chants leur couleur propre.

Les modes grégoriens se différencient en 4 Ces modes portent des noms grecs:
familles:
Le “Protus” a pour tonique ré Dorien
Le “deuterus” a comme tonique mi Phrygien
Le “tritus” fa, Lydien
Le “tetrardus”, sol. Mixolydien
(Ce qui reflètent l’influence de la théorie
grecque)

Ces modes sont soit Authente, si la mélodie se déploie au dessus de la tonique , soit plagaux, si la
mélodie se déploie autours de la tonique.
Ex. : Dorien authente , dorien plagal
Ce qui porte leur nombre à huit.

Lettres musicales (pour désigner les sons)


Le Moyen Age hérita du système antique de désignation de sons par des lettres.
A la deuxième moitié du Moyen Age, 10ème siècle, Odon de Cluny s’arrêta à une série de 7 lettres:
r(sol grave) A (la) B (si) C (do) D(ré) E(mi) F(fa) G(sol) qui se répètent ( en minuscules) à l’octave.
La lettre r (gamma) désignait le sol grave. Placée au début de la série elle donna le nom à
l'ensemble: gamme.
Ce système de lettre est toujours courant chez les germaniques et les anglo-saxons.

Hymne à Saint-Jean ( syllabes musicales)


Guido ou Guy d’Arezzo (moine du 11eme siècle)
Guy d’Arezzo remarque que dans la mélodie de l’hymne à Saint-Jean chaque vers débutait sur un
degré plus élevé avec un demi-ton entre le 3e et 4e. Il isola la première syllabe et obtint l’échelle
musicale que nous connaissons bien:
UT RE MI FA SOL LA (!pas de SI)
Mais il ne remplaça pas les lettres (ABCDEFG) par les syllabes: il se servit des syllabes pour
apprendre à ses élèves juste les fameux demi-tons des trois lettres: ABC ou ABC. Sur le demi-ton il
faisait toujours dire Mi-FA afin d’assurer l’intonation; ainsi une même lettre pouvait-elle avoir
trois noms de syllabes différents puisqu’il y avait trois demi-tons.
Ce système encore plus compliqué que cela en réalité se maintint jusqu’au début du 17e siècle. A
cette époque on adopta le SI.

Problème du “si” dans la théorie du moyen age (b-mol ou carré / mi fa)


Le grégorien utilisait deux Si:
- Le Si a un demi-ton du Do (notre si bécarre)
- Le Si à un demi-ton du La (notre Si b)
La même lettre B majuscule ou minuscule désignait les deux sons mais dans des écritures
différentes. Cette histoire du Si (la lettre B) fait comprendre quelle est l’origine de deux de nos
signes d’altérations.
a) Le B arrondi ou B mollis pour sib (illustré par partition avec si b)
b) Le quadratus ou carré pour si bécarre ( partition avec si sans rien)

Clés musicales: Au 12e siècle on utilisa une ligne afin de mieux situer les notes, on plaça au début
de cette ligne une lettre indiquant la note qu’elle représentait: F (fa) C (do) G (sol). Ces trois lettres
par transformation dans l’écriture gothique donnèrent les clefs que nous connaissons aujourd’hui.
Troubadours: A partir du 12eme siècle, la musique profane va trouver des chantres inspirés chez
les poètes de “l’amour courtois” chevaleresque ( particulièrement valorisé comme un idéal, à
l’époque des croisades). Ces chansonniers (au départ souvent nobles et parfois même de sexe
féminin) sont à la fois trouveurs de textes et de mélodie: ce sont bien des auteurs-compositeurs-
interprètes. Cet art s’est développé en plusieurs étapes en France. Ici nous sommes dans la
première étape, celle des “troubadours” (ex Jaufré Rudel), au Sud de la Loire, ils s’expriment dans
la langue d’Oc. Ils ne sont pas du tout à confondre avec des ménestrels-jongleurs (amuseurs
publiques).

Trouvères : Un demi-siècle après les troubadours (rappel: 12eme siècle, France, sud de la loire
dans la langue d’Oc) le chant courtois devient l’affaire des Trouvères (Ex: Chrétien de Troyens,
Marie de France, Richard Coeur de Lion). C’est dans le Nord de la Loire qui devient culturellement
dominante que cela se passe et on y parle la langue d’Oïl. Leur inspiration se transforme
progressivement au contact de réalités plus urbaines.

Minnesänger: Dans les pays germaniques, une évolution parallèle se dessine sous l’influence
indirecte des trouveurs français. (Ex Walther von der Vogelweide)

Meistersinger: Après les minnesä ngers, leurs corporations furent importantes aux 15è-16e
siècles dans des villes comme Nuremberg, bavière, Allemagne. ( par exemple Hans Sachs).
Inspireront les opéras de Wagner au 19e.

Goliards : Clercs/moines itinérants qui écrivaient des chants profanes en latin. Chansons à boire,
bouffonneries, satires politiques, satires d’amour, etc.

Organum : Polyphonie primitive. Ce sont des chants (sacrés) organisés. On y ajoute une/des voix
pour les embellir le plain-chant (teneur) et mettre en valeur l’interprétation.
Organum parallèle : « diaphonie » (9e s.) Les mélodies grégoriennes sont doublées à l’octave,
quinte ou quarte. Intervalles parfaits, les seuls admis au M-Â (selon les principes de Pythagore).
Voix principale au dessus (vox principalis) et voix organale en dessous (vox organa). – CD : 11) quinte
et quartes/ 12) unisson, quinte quarte.

Organum de mouvement contraire : (12es.) Aussi appelé « déchant ». C’est le contrepoint d’une
seconde voix en mouvements contraires. On inverse les voix, le chant grégorien est en dessous.
Les intervalles doivent êtres constants et alternés entre mouvements parallèles/contraires. CD : 13)

Organum mélismatique ou fleuri : Au dessus du  teneur (la mélodie) , qui est chanté par le
chœur, un contrechant (soliste), fait des ornements mélodiques, dit mélisme. La teneur est ralentit
(cantus firmus), laissant la place au soliste pour pouvoir déployer sa virtuosité = organum à
vocalises. Improvisations. CD : 13)

Teneur/ténor : la voix qui tient le chant grégorien, « plain-chant ». Généralement, plus grave que
le contrechant. Chantant des notes parfois très allongées, comme des notes de « bourdon ». NB :
« Plain-chant » : genre musical sacré. Musique vocale, a cappella, monodique, modal, avec rythmique verbale.

Ecole de notre Dame de Paris : Emblème de l’art gothique, construit fin 12es (1160 à 1250). Sera le
lieu où beaucoup de chantres vont écrire d’importantes polyphonies, utilisant des lignes
mélodiques multiples, simultanées et indépendantes, allant jusqu'à 4 voix (tel Perotin CD : 15 et
Mangus Liber de Leonin). Créant un style nouveau en reprenant les techniques de l’organum à
vocalises et des mouvements contraires. Ils introduisent surtout les notions de rythmique et la
notation mensualiste.
Motet à l’époque de l’Ars Antiqua : Au 13es, on ajoute des textes aux organa de Notre Dame. En
français et en latin, religieux et profanes. Du latin « petit texte ». Les motets, utilisant parfois des
superpositions de textes avaient un rythme qui nécessitait une notation plus raffinée, d’où la
création de la « notation mensuelle ». Jugée archaïque par les musiciens du siècle suivant (« ars
antiqua » en latin). Le nom sera et est encore utilisé pour qualifier la musique du 13es. NB : à la
Renaissance, le motet désignera une pièce vocale litugique, qui ne fait pas partie de l’Ordinaire de
la Messe. CD : 16

Notation mensuelle ou mensualiste : créer au 13e pour noter la polyphonie, l’écriture utilise une
valeur hiérarchique qui peut être calculé comme une longueur (longue, brève, semi brève).
Lorsqu’on les divise en trois, on obtient la valeur en dessous X3. Perfectionné au 14es (Ars Nova),
on ajoute des valeurs encore plus courtes (minima, semi minima, fusa, semi fusa). Les mesures
n’existent pas encore, apparaissent des « signes de mesure », où un cercle indique que la mesure
est ternaire, composée si il y a un point au centre, binaire si c’est un demi cercle, composée si il y a
un point au centre. A partir du 15es, les notes sont évidées ou blanchies, similaire à notre notation
actuelle, si ce n’est qu’elles sont en formes de losanges et de carrés.

Cadence à double sensible : Quand le système de « modes » mélodique traditionnel est altéré.
C’est le cas souvent de certaines cadences ou par exemple la tonique et la quinte sont amenées par
un demi ton inférieur. C’est typique de la musique du 14es.

Isorythmie : consiste à reprendre plusieurs fois un pattern rythmique complexe, tout en


modifiant la structure mélodique. Répétition structurelle.

Hoquet : Technique rythmique de composition qui consiste de tronçonner la ligne mélodique par
des petits silences, qui donnent un style un peu haché. Surtout lorsque les notes d’une voix se fait
entendre lors du silence d’une autre. Les silences ne sont pas simultanés aux différentes voix.
(Exemple connu Mr Sandman intro)

Machaut (1300-1377) : Figure emblématique de l’Ars Nova 14es (Art Nouveau). Ecrivain, auteur, de
musique profane (ballades, rondeaux et virelais) et religieuse, compositeur de motets, poète et
clerc lettré. Il écrit des cycles de Messe polyphonique, dont la « Messe de Notre Dame », où des
liens stylistiques unissent les différentes parties de l’Ordinaire rituel de la Messe, notion
artistique. Maître des schémas rythmiques élaborés, il composait les différentes partis tel, en
basse le ténor basé sur le thème grégorien plus rythmé, le contre-ténor souvent au dessus, puis
deux autres voix, plus rapides. Utilisant de nombreuses techniques typiques de l’Ars Nova
(isorythmie, hoquet, syncopassions, etc.) CD : 17
Trecento : Courant artistique Italien du 14es Coïncide avec l ‘Ars Nova, cette école de la
polyphonie Italienne est surtout profane. Mis en avant de la virtuosité lyrique extravagante dans
les madrigaux et ballatas (typique de l’Italie). Avides de la « souplesse virtuose de la vocalisée »,
c’est une approche moins mathématique que la recherche contemporaine Française. CD : 19 –
LANDINI, le plus illustre compositeur Trecento.

Guerre de cent ans : Guerre qui durera de 1337 à 1453 (14es), où l’Angleterre envahit une grosse
partie de la France. La reconquête de la France = Jeanne d’Arc. Egalement durant le milieu du 14es,
période de la crise Européenne avec « Grande Peste » où l’épidémie décima entre autre l’Europe.
Sans oublier que le « Grand schisme » sera aussi à la fin 14es, opposition des Grands Papes de
Rome et d’Avignon.

Ars subtilior : Fin du 14es, en réponse à l’Ars Nova, certains auteurs cherchent une musique
encore plus savante, expérimentale, farfelue, à la fois fascinante mais aussi hermétique. Plus
syncopé, chromatique… Elle reflète une société en crise (‘Guerre de 100ans’, ‘Grande peste’, ‘Grand
Schisme d’Occident’). CD : 18

CD1 :

– Légende : mots en gras = mots repris dans les définitions ou surlignés par le prof dans le
syllabus.

1: Fragment d'un chœur de la tragédie Oreste d'Euripide (480-406 ACN)

Extrait d'un chœur monodique de la tragédie d'Euripide, un des plus grands représentants du
genre. On y entend d'abord des instruments à percussions et une mélodie monodique jouée par un
ou deux instruments, très possiblement l'aulos, cet instrument à anche à double tuyau. On entend
ensuite un chœur reprendre la même mélodie de manière monodique.

Le genre est ici chromatique, en accord avec le texte. La tragédie met en scène le terrible destin
d'Oreste qui tue sa mère pour venger son père Agamemnon. Le rô le du chœur dans la tragédie
grecque consiste à commenter le drame à certains moment en parlant à la première personne
(« je »). Placé entre la scène et le public, le chœur exprime les sentiments du spectateur par
rapport à l'action. Avant le 5e siècle où la musique est très présente dans la tragédie, la poésie
amoureuse ou lyrisme était chantée et accompagnée à lyre au 6e siècle avec notamment la
poétesse Sappho ; au 8e siècle, les poésies épiques comme celles d'Homère étaient récitées en solo
par des professionnels.

Le papyrus nous transmettant ce chœur étant tardif (3e ou 2e s. ACN) et endommagé, se pose la
question de savoir si la musique reflète la pratique musicale de l'époque. L'extrait utilise
cependant les deux types de notations musicales que les Grecs connaissaient, l'une vocale (ici
principalement pour la mélodie), l'autre instrumentale (quelques notes de ponctuation entre les
phrases de chant).

Moyen mnémotechnique : Un grand fracas de percussions finissant par une cymbale, plusieurs
secondes de silence. Puis une mélodie monodique étrange à deux instruments (aulos?) alternant
avec accents d'un instrument à corde (cithare?) et percussion. Silence. Choeur monodique
alternant avec accents d'instruments.

2: Psalmodie liturgique + antienne (Psaumes 24, 7-10) (entre le 1e et le 6e s. PCN)

Psalmodie liturgique monodique chanté par un chœur d'hommes dans les premiers siècles du
christianisme, alors qu'il se développait clandestinement dans les persécutions. Le chant s'y réduit
alors à des mélopées (formes de récitation chantée autour de quelques notes) pour l'incantation
des textes sacrés et la psalmodie (chant des psaumes). Le chant des psaumes attribués au Roi
David dans la Bible juive a très tô t trouvé sa place dans le culte chrétien. Le texte sacré est soutenu
par une récitation musicale simple, stéréotypée et incantatoire (psalmodie), également utilisée
pour d'autres prières.
Ici, le chant du psaume (dialogué en « antiphonie » entre deux groupes) est encadré par le retour
d'une antienne. Au tout début, il y a une intonation par le soliste, à laquelle répond le chœur
complet (pratique « responsoriale »).

Moyen mnémotechnique : Voix de ténor (= d'homme dans les aigü s) psalmodiant une mélodie très
courte, réponse monodique immédiate d'un chœur de ténors. Entre chant et parlé.
On entend :
(Seul) « Procedamus in Pace ! »
(Choeur) « In nomine Christi, Amen ! »
Ressemble typiquement à ce qu'on entend encore aujourd'hui dans une église.

3-6 : Chant Grégorien


Versions de l' « Alleluia » Pascha Nostrum pour le dimanche de Pâques

Mélodie monodique chantée par un chœur d'homme (sauf 5 : chœur de femmes). Chant grégorien
en mode Mixolydien, jubilatoire et mélismatique (avec vocalises).
Le chant grégorien est une tradition de chant chrétien, invention collective trouvant ses origines
dans les premiers siècles du christianisme, enrichi par les traditions orales et mis en notation à
partir du 9e s. Encore chanté dans certaines églises et monastères catholique, son répertoire est
monodique, diatonique et modal.

Quatre enregistrements du même chant : choix esthétiques différents, variantes entre sources
anciennes de notation. On reconnaît la même courbe mélodique.

3) Pratique des moines de Solesmes. Chant grégorien mélismatique.


4) 5) et 6) Reconstitutions de chanteurs et musicologues tentant soit de reconstituer le
rythme authentique de ce chant à l'époque romane (4 & 5) soit de retrouver variantes
encore plus archaïques, influencées par chant plus oriental (6).
4, 5 et 6 sont responsorials.
6 est avec cantus firmus (plain chant)

Moyen mnémotechnique :
1) Chant grégorien qui dit « Alleluia ». Non responsorial, chœur tout du long.
2) Chant grégorien qui dit « Alleluia ». Responsorial mais commence par chœur.
3) Une voix de femme qui chante « Alleluia » et réponse par un chœur de femmes. Rythme et
inflexions de voix. Glissando très marqué (presque blues) sur la dernière syllabe du
premier « Alleluia ».
6) Chant grégorien chantant « Alleluia ». Inflexions de voix. Responsorial, commence par
soliste.

7-9: Chant de troubadour


Jaufré RUDEL, “Lorsque les jours sont longs en mai” (Milieu du 12e siècle)

Chant de troubadour précédé par la récitation d’un extrait de la vie de Rudel, déjà légendaire en
son temps. Rudel fut le chantre d’une vision idéalisée de l’amour ,où l’éloignement de l’être aimé
purifie le désir. Ses textes poétiques ne se veulent pas hermétiques, contrairement à une certaine
tradition du trobar aristocratique (voilà pourquoi le texte de sa vie parle de “pauvres paroles”).
Comme pour le chant grégorien souvent le flou de la notation rend difficile l’authenticité des
restitutions modernes des mélodies de troubadours. A l’époque ces mélodies ont circulé jusqu’en
Allemagne. Dans un de ces chants, le Minnesä nger Walther Von der Vogelweide (1170-1228)
reprend une musique qui semble largement inspirée de cette pièce de Rudel.

Ce répertoire profane (modal comme le chant grégorien mais qui n'exclut pas l’usage
d’instruments) est moins bien conservé que la musique religieuse puisque la notation était
réservée aux “clercs”. Néanmoins à partir du 12eme siècle, la musique profane va trouver des
chantres inspirés chez les poètes de “l’amour courtois” chevaleresque ( particulièrement valorisé
comme un idéal, à l’époque des croisades). Ces chansonniers (au départ souvent nobles et parfois
même de sexe féminin) sont à la fois trouveurs de textes et de mélodie: ce sont bien des auteurs-
compositeurs-interprètes. Cet art s’est développé en plusieurs étapes en France. Ici nous sommes
dans la première étape, celle des “troubadours”, au Sud de la Loire, ils s’expriment dans la langue
d’Oc. Ils ne sont pas du tout à confondre avec des ménestrels-jongleurs (amuseurs publiques).

Moyen mnémotechnique:
Deux premiers: 7& 8
vieille flû te et guitare qui s’accompagne si on entend une intro avec “Tripol” on comprend que
c’est la comtesse de Tripoli dont s’enamoura Rudel par les simples récits des pèlerins qui venaient
à Antioche. Il écrit plein de poèmes pour elle jusqu'à ce qu’il décida de croiser la mer pour la
retrouver mais il tomba malade et ne la connut que sur son lit de mort ou il mourra dans ses bras.

9 Vieil instrument à corde avec homme qui raconte le récit. Peut sonner comme guitare espagnole
gitane. Rythme lent depressif. Il y a un moment ou la “guitare” s’emballe toute seule

10 ADAM de la HALLE, Extraits du jeu de Robin et Marion (“Robin m’aime” et rencontre de


la bergère Marion avec le Chevalier)

Exemple un peu particulier car il ne s’agit pas de simples chants de trouvère mais pièces chantées
insérées dans une pièce théâ trale primitive (un “jeu”).
Le texte fait une satire critique de certains aspects de l’amour courtois aristocratique, souvent
hypocrite. Même la musique prend un tour populaire, par sa construction avec “refrains”. Voilà qui
est assez typique de l'esprit des trouvères par rapport à leurs prédécesseurs les troubadours.

Moyen mnémotechnique:
On entend une fille chanter “Robin mmmhh” pas moyen de se tromper. Et puis le chevalier
intervient. Et ils dialoguent. “Par amour douce pucelle”.

11 Polyphonie médiévale
Organum parallèle à la quinte et quarte “Nos qui vivimus”

Exemple de polyphonies primitives anonymes .


Organum signifie en latin “chant organisé”. Exécuté selon règles précises, mélodies grégoriennes
doublées à l’octave à la quarte ou à la quinte: Seules consonances parfaites admises tout au long
du moyen â ge: les principes pythagoriciens font encore autorité.

Grande évolution des techniques à l’époque romane visible au fil des organums.
Encore aujourd’hui chanté dans certaines églises et monastères catholique, le répertoire du chant
grégorien aurait été inventé au 6ème siècle par le Pape Grégoire-le-Grand (inspiré par le Saint-
Esprit). Mais cela semble un mythe car le chant grégorien est une invention collective qui trouve
ses racines dans les premiers siècles du christianisme, et qui s’est progressivement transformée et
enrichie par traditions orales.

Reconnue ensuite par l’Empire romain ( 313: Edit de Milan , signé par l’empereur Constantin),
l’Eglise s’affirme et s’organise en occident sous l’égide des papes romains. Elle assure la
sauvegarde de la culture (le monachisme = existence des monastères, contribue) . Saint Augustin
(354-430) formule une pensée théologique où la Beauté n’est pas recherche vaine mais peut être
mise au service de la prière.Cela encourage un chant plus virtuose et recherché, confié à des
spécialistes ( qui forment un petit choeur ou Schola cantorum en latin). → Embellissement du
chant grégorien s'appelle “TROPE”
La liturgie latine s’organise peu à peu entre autres avec les réformes du pape Grégoire (540-604).
Mais faute de codification écrite, les mélodies donnent lieu à des variantes régionales.
Au 9ème siècle, dans le cadre du renouveau carolingien (enseignement structuré, Charlemagne),
la tradition du chant “vieux romain” est standardisé partout en Occident. Fait partie des
préoccupations politiques d'où l’invention du mythe d’invention par Pape Grégoire le Grand. C’est
à ce moment là qu'apparaît le besoin d’une notation musicale. Les moines s’y consacrent
particulièrement.

Moyen mnémotechnique: Une voix très grave et une plus aigue avec parfois des coeurs chantent
un truc mortuaire a la quinte et quarte qui dit “Nos qui vivimus”.

CD1.11: Polyphonies primitives anonymes. Organum parallèle à la quinte et quarte. « Nos qui
vivimus ».
(Moyen mnémotechnique : A capella double voix (une aigue, une grave) quinte et quarte dés la
première note puis plusieurs voix.)

CD1.12: Polyphonies primitives anonymes. Oganum « Rec Coelis » (= parallèle mais commence
et fini en unisson)
(Moyen mnémotechnique : A capella deux voix (aigue et grave) uniquement. Commence en
unisson, puis se divise en quinte et quarte.)

CD1.13: Polyphonies primitives anonymes. Déchant « Cunctipotens genitor ». (12es) Mouvement


contraire. Chant du teneur et deuxième voix au dessus en contre-chant. Début du
« contrepoint ».
(Moyen mnémotechnique : A capella, deux voix (très aigue et mi grave) « mi creator », « sofia ».
Voix en contrepoint // et contraire.)

CD1.14 : Polyphonies primitives anonymes. Organum fleuri « Cunctipotens genitor » (12es. St


Marcial de Limoge). Cantus Firmus, on ralentit la voix du teneur et la seconde voix (soliste) fait
des contre-chants mélodiques avec ornements.
(Moyen mnémotechnique : A cappella, deux voix (aigue et mi grave). Première note longue
« cunti » et la voix supérieure fait des ornements. « èh …. ost».

CD1.15: Polyphonie médiévale, Ars Antiqua


PEROTIN, Organum Fleuri quadruple (4 voix) « Sederunt principes » (fin 12es)
Polyphonie médiévale basée sur le graduel grégorien de Noël et écrite pour être chanté à Notre
Dame de Paris en 1199. Ténor, valeurs très allongées, comme des notes de « bourdon ». Tissage
de polyphonie rythmée entre 4 voix ornementales et plusieurs solistes. Techniques d’organum
vocalisé et mouvement contraire.
(Moyen mnémotechnique : première longue note. Plusieurs voix (graves), pas de paroles, « èh »,
brebis bretonnes, les deux voix semblent bouger beaucoup)

CD1.16: Polyphonie gothique, Motet (13e siècle)


Auteur anonyme (époque de l’Ars Antiqua)
(Motet= un organum repris au 13ième siècle et affublé d’un texte en latin ou en français, religieux ou profane)
Motet à superposition de textes, typique du 13ième siècle, conservé dans le manuscrit de
« Bamberg ». Ici le ténor maintient un chant grégorien tandis que les deux voix supérieures
développent chacune un texte différent. Le motet est un organum (=chant organisé) du 13e siècle
reprenant des polyphonies médiévales plus anciennes et affublées d'un texte en latin ou en
français, religieux ou profrane. A partir de la renaissance le motet désignera une pièce vocale
liturgique, qui ne fait pas partie de l’ordinaire de la messe.
(Moyen mnémotechnique : Très rythmique avec des percussions, ça ferait bien préparations de
guerre dans un film médiéval)

CD1.17: Polyphonie gothique, Ars Nova (14es.)


Guillaume de MACHAUT, Agnus Dei de la messe Notre-Dame
Un des premiers exemples où un compositeur met en musique polyphonique tout l’Ordinaire de
la messe; des liens stylistiques lient les différents mouvements.
Le ténor chante un thème grégorien (rythmé ) et est secondé par un contre-ténor.
Les deux voix supérieures sont plus rapides, courant dans l’art polyphonique antérieur.
La partitions montrent des techniques typiques de « l’Ars Nova » : « Isorythmies », syncopations,
et « Hoquets »
(Moyen mnémotechnique : Roi lion du moyen-â ge)

CD1.18: Polyphonie gothique, Ars subtilior (fin 14e siècle)


SOLAGE, « Fumeux fume »
(Baryton courtaud basse, rebec basse)
Exemple chromatiquement étonnant et fort syncopé, se rattache à « l’Ars Subtilitor »
Solage était un poète et polyphoniste français peu après Machaut.
(Moyen mnémotechnique : Y a un type qui joue du kazoo derrière)

CD1.19: Polyphonie gothique italienne, Ars Nova italienne (Trecento), 14e s.


Francesco LANDINI ou Giovanni da FLORENTIA, « Io son un Pellegrin »
(Soprano et vièle)
« Ballata » (Balade, forme ABbaA) du Trecento. La souplesse virtuose de la vocalise contraste avec
les recherches de la même époque, plus mathématiques. « L’Ars Nova » Française et Italienne
partagent un intérêt pour la musique polyphonique profane.
(Moyen mnémotechnique : sorte de violoncelle qui commence seul puis une voix qui dis guiliguili
super vite commence à chanter)

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